Au moins trente soldats de plus dans chaque régiment (une compagnie pour l'infanterie), promet le général Bosser

 

 Le 02/07/2015


Le général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'armée de terre, est resté ferme sur les prix et surtout les annonces au cours d'un échange intervenu ce jeudi 2 juillet. Le gros des informations concernant les terriens interviendra le 14 juillet (nouvelle répartition des régiments au sein des brigades, 1 400 recrutements d'ici 2016 et évolution marquante à la Légion étrangère)... De Sentinelle aux chantiers de rentrée de l'armée de terre, petit tour d'horizon.

 

On a tout de même appris qu'entre 30 et 50 personnels au minimum intégreront chacun des régiments de l'armée de terre. " Leur nombre dépendra de l'engagement opérationnel du régiment. " Une façon de n'oublier personne même si " tous les régiments d'infanterie compteront une compagnie supplémentaire d'ici fin 2016 ".

 

Mais il faut déjà recruter 11 000 soldats d'ici fin 2016. L'objectif devrait être tenu en 2015 (5 000) sans ternir la qualité des nouveaux engagés (2,1 candidats pour un poste en 2014, 1,9 jusqu'ici en 2015).

 

Comment améliorer Sentinelle ?

 

Les grands axes de travail du CEMAT à la rentrée seront l'organisation des forces Sentinelle avec celles du ministère de l'Intérieur. Où et comment l'armée peut-elle " agir en propre " ? Avec des réservistes dans les territoires désertés par l'armée ? La réflexion est ouverte.

 

L'intégration dans les esprits terrestres, que le territoire national est une mission comme une autre, reste une priorité, " un point clé du nouveau modèle ", rappelle le CEMAT. " Nous avons de 10 à 12 000 personnels en opérations extérieures, 7 à 10 000 à l'intérieur. Un soldat d'aujourd'hui sait qu'il sera en janvier au Tchad et en juillet à Paris. " " Nous sommes très attentifs à la manière dont ils remplissent cette mission et on s'organise pour garder une forme d'adhésion. " A la rentrée de septembre, trois grands pôles de vie dans la région parisienne participeront de cet effort " pour tenir dans la durée ".

 

Il entend aussi ouvrir les brigades de la force terrestre à l'international avec des partenariats sur le modèle de la 11e brigade parachutiste avec le 16th Air Assault britannique. " Il faut développer ce contact avec des proches alliés. Peut-être qu'un jour, nous aurons besoin de capacités étrangères que nous n'avons plus. Comme avec l'Espagne, les hélicoptères lourds."

 

Travailler avec les industriels

 

Le champ industriel doit être plus imprégné par l'opérationnel. Les signes de faiblesse du moteur de l'hélicoptère Caracal dans le Sahel (19 hélicoptères pour 7 % de disponibilité et 53 millions d'euros de maintien en condition opérationnelle) sont aussi réglés par des échanges directs entre militaires et industriels. " Des officiers du 5e RHC sont allés dans l'entreprise Turboméca de Pau pour analyser les problèmes moteur. Pour moi, cette question est réglée. " Le CEMAT veut être également associé avec la DGA à la réflexion autour du successeur du drone tactique (SDTI) et sur le remplaçant du FAMAS.

 

La réserve et l'expérimentation du Service militaire volontaire (SMV) sont les autres dossiers qui occuperont une armée de terre en pleine révolution interne...

 

" Si les faits sont avérés, c'est grave "

 

Le général Bosser a enfin évoqué les gravissimes accusations de viols sur mineurs par des soldats français en Centrafrique et depuis ce week-end au Burkina Faso. Les deux soldats (des éléments des forces spéciales n'appartenant pas à l'armée de terre) incriminés dans le dernier cas ont été rapatriés et placés en garde à vue. " Je pense d'abord aux victimes et à leur famille. Ensuite, je pense à l'institution militaire. Entendre traiter des soldats français de " violeurs ", c'est très dur à supporter. Dans les deux affaires, si les faits sont avérés, c'est grave. Et si ce n'est pas avéré dans le cas centrafricain, c'est grave aussi. "




Commentaires : 0