Coup d’Etat manqué en Turquie

Etats-Unis, Russie : tout le monde savait, mais tout le monde n’en tire pas profit !

par Caroline Galactéros - le 21/07/2016.


 

Docteur en Science politique, ancien auditeur de l'IHEDN, elle a enseigné la stratégie et l'éthique à l'Ecole de Guerre et à HEC.

 

Colonel de réserve, elle dirige aujourd'hui la société de conseil PLANETING et tient la chronique "Etat d'esprit, esprit d'Etat" au Point.fr.

 

Elle a publié "Manières du monde. Manières de guerre" (éd. Nuvis, 2013) et "Guerre, Technologie et société" (avec R. Debray et V. Desportes, éd. Nuvis, 2014).

 

Polémologue, spécialiste de géopolitique et d'intelligence stratégique, elle décrit sans détours mais avec précision les nouvelles lignes de faille qui dessinent le monde d'aujourd'hui.


Au lendemain de l’attentat de Nice, le coup d’Etat avorté en Turquie a paru surprendre tout le monde. Les Occidentaux se sont jetés sur les réseaux sociaux – notamment "Périscope" qui permettait de suivre en vidéo et en direct les événements – alors que les chaînes d’information en continu semblaient largement démunies.

A leur décharge, les éléments d’information semblaient alors largement manquer. Qui étaient les commanditaires, quels en étaient les principaux acteurs? Etait-ce une branche islamiste rivale (la fameuse confrérie Gülen) ou des nationalistes laïcs de tradition kémaliste traditionnellement implantés au sein de l’Armée, lassés et fragilisés par la dérive autoritaire du régime ?

 

Deux thèses assez radicales et paraissant s’exclure ont rapidement émergé.

La première – très proche d’une certaine mythologie de Guerre froide – attribuait aux Etats-Unis et à la CIA la paternité de ce coup d’Etat, organisé via « l’Etat profond » (Deep State), appuyé sur l’armée et commandité politiquement par la confrérie Gülen.

Une autre théorie est apparue : le président turc Recep Erdogan aurait organisé lui-même son propre coup d’Etat pour le transformer en coup d’éclat et asseoir définitivement son pouvoir en détruisant toute forme de dissidence au sein de l’Etat profond turc comme de l’administration au sens le plus large ainsi que des médias. Il me paraît difficile de croire de manière exclusive à aucune de ces deux théories “pures” d’un coup d’Etat venu pour l’une de l’extérieur ou réalisé pour l’autre sous faux drapeau. Je préfère en rester à l’analyse froide et dépassionnée des intérêts. Il faut donc raison garder et partir des informations dont on dispose pour dégager quelques éléments de sens.

 

Il semble plus que probable que les Occidentaux, notamment les Américains, savaient qu’un tel coup d’Etat se préparait.

Rappelons que l’Ambassade de France, ainsi que notre consulat avaient fermé leurs portes dès le 13 juillet pour « raisons de sécurité ». Par ailleurs, la tradition des coups d’Etat est ancienne en Turquie (notamment en 1960,1971, 1980, 1997) et, historiquement, aucun coup d’Etat réussi dans ce pays n’a eu lieu sans l’aval des Etats-Unis. Il faut garder à l’esprit que la Turquie est la base avancée de l’OTAN au Sud de l’Europe et que, durant la Guerre froide, le pays était d’une importance stratégique pour Washington. Son poids est demeuré cardinal, a fortiori dans le contexte actuel d’une déstabilisation du Moyen-Orient et d’une rivalité régionale (et globale) forte avec la Russie.

 

Si on ne connaît toujours pas bien les contours exacts du Deep State turc, on sait que ses racines plongent dans l’époque kémaliste, lorsque les élites laïques ont cherché à se protéger, notamment via l’armée. Mais c’est surtout après la Seconde Guerre mondiale que le Deep state a été organisé par Washington pour contrer le risque d’un changement de régime en Turquie et prévenir tout basculement du pays à l’Est. Dans le cadre des opérations clandestines GLADIO de la CIA en Europe, nombre de militaires turcs ont été directement formés par les Américains tandis que le Pentagone prenait une influence considérable au sein des forces armées turques. Le Deep State se serait étendu également aux civils, qu’il s’agisse d’importants acteurs économiques, de hauts fonctionnaires dans l’administration ou d’hommes politiques. Certaines mafias seraient également entrées dans ce système opaque. Depuis la Guerre froide, le Deep State, d’obédience nationaliste et kémaliste, aurait ainsi éliminé nombre d’opposants politiques et largement contribué à la lutte contre les Kurdes. Je vous invite à lire notamment l’enquête extraordinaire du NewYorker sur “l’Etat profond” riche d’anecdotes … Ainsi, ses “membres” utilisaient des Renault blanches comme “signature”. Dans certaines villes à forte présence kurde, la seule présence d’une Renault blanche pouvait vider une rue en l’espace de quelques secondes. En 1996, une voiture a été victime d’un accident de la route. Trois de ses quatre occupants furent tués. Parmi eux, un tueur ultra-nationaliste, un vendeur de drogue, un ancien chef de la police d’Istanbul et un membre du Parlement : une sorte de symbole de ce qu’était alors l’Etat profond en Turquie.

 

Par ailleurs, on sait aujourd’hui que l’organisateur du coup d’Etat serait le Général Akın Ozturk, commandant de l’Armée de l’Air entre 2013 et 2015, tenu pour proche de Fethullah Gülen, ancien allié mais aujourd'hui rival de Recep Erdogan (il vit depuis 1999 en exil aux Etats-Unis). C’est donc au sein de l’Armée de l’Air que le coup d’Etat a été préparé et l’on sait que la base aérienne d’Incirlik a joué un rôle important pour ravitailler en vol les F-16 utilisés pendant le putsch. Base aérienne qui depuis sa mise en service en 1955 accueille des éléments de l'United States Air Forces in Europe servant de support aux opérations de l'OTAN et aujourd’hui aux opérations contre la Syrie.

 

L’ancien chef du bureau de renseignement de l'état-major turc, Ismail Hakki Pekin, adéclaré que les services spéciaux américains étaient derrière le putch : “Cette organisation n'aurait pas osé entreprendre le coup d'État sans en informer les États-Unis. Je considère que les services spéciaux américains sont derrière cette tentative ".Et de préciser : “Le fait qu'une tentative de coup d'État était imminente ne laissait aucun doute. On attendait le Conseil militaire et ces gens devaient être destitués, les listes étaient déjà établies. Je crois qu'ils l'ont entrepris car ils savaient qu'une deuxième opportunité ne se présenterait pas”.

 

Si rien ne permet toutefois d’affirmer que la CIA était directement derrière le coup, tout porte à croire que les services américains savaient qu’il se préparait.

 

Quels étaient alors les intérêts des Américains ? Lancer un avertissement à Erdogan, dont les élans néo-ottomans à la fois islamistes et nationalistes, la prise d’autonomie de plus en plus grande, le double jeu de moins en moins discret et défendable vis à vis de l’Etat islamique comme la lutte contre les Kurdes syriens soutenus par Washington commençaient à fortement agacer ? Un coup de semonce pour empêcher son rapprochement récent avec Moscou et lui rappeler “qui l’avait fait roi” ? Dans cette hypothèse, la suite des événements ne sert pas forcément Washington. Le président turc sort non seulement victorieux mais populairement renforcé de cette tentative de déstabilisation et/ou d’intimidation. Les Américains pensaient-ils vraiment que le coup d’Etat réussirait ? Le caractère quelque peu amateur des actions putschistes, notamment concernant les cibles envisagées laissent penser que tout n’a pas été planifié pour une réussite. Pensaient-ils pouvoir installer en Turquie un régime d’équilibre entre les islamistes pro-Gülen et les forces laïques kémalistes ? Là encore, ce serait un désaveu. Toutes les hypothèses laissent en réalité peu de conséquences heureuses pour Washington, dont les relations avec Ankara risquent de s’envenimer gravement au moins à court terme : les Américains seront obligés de refuser l’extradition de Gülen (une interdiction assimilée à un acte de guerre, dixit le Premier ministre turc) tandis que les Turcs vont plus que jamais jouer la carte d’un complot de la CIA.

 

Mais les Américains n’étaient probablement pas les seuls à savoir … car il en était probablement de même du côté turc !

 

Les Turcs savaient qu’un coup d’Etat se préparait (grâce aux Russes ?) : une manière pour Erdogan de tendre un piège aux putschistes et de transformer le coup d’Etat en coup d’éclat.

Notons que le Premier ministre turc a été le premier à s’exprimer, avant les putschistes qui feront passer ensuite un message à la télévision, pour annoncer que le gouvernement allait réagir et que tout allait être fait pour inverser le mouvement. Dans la chronologie des événements, le moment de basculement est venu de l’appel d’Erdogan via FacebookTime lors duquel il a appelé les Turcs à sortir dans les rues pour empêcher le coup d’Etat. Son message a été alors massivement relayé par les mosquées. Le mouvement des pro-Erdogan a été particulièrement rapide et visible toute la nuit via l’application Periscope : les rues et les places se sont remplies, laissant les putschistes tout à fait démunis.

 

Notons que le message des Etats-Unis appelant à “soutenir les institutions démocratiquement élues” en Turquie (autrement dit le camp d’Erdogan) est arrivé assez tard dans la soirée (vers 1h du matin heure française), c’est-à-dire à un moment où Washington était certain que le coup d’Etat avait échoué. Un long moment d’attente qui n’a certainement pas plu à Ankara.

 

Il semble que les putschistes étaient une minorité assez mal organisée, proche de la confrérie Gülen, et en réalité qu’ils furent forcés d’agir en urgence car “une opération anti-Gulen dans l'armée était planifiée pour le 16 juillet” (propos de l'écrivain Ahmet Sik rapportés par Georges Malbrunot). Un mandat d’arrêt avait ainsi été signé la veille par le président turc contre un certain nombre de haut gradés, révèle également le grand reporter du Figaro. Les services secrets turcs étaient inquiets et avaient décelé des mouvements inhabituels au sein de l’armée turque la veille : autrement dit, Erdogan était bien prêt à tendre un piège aux putschistes, ce qui peut expliquer la confiance du Premier ministre turc dans ses déclarations dès le début du coup.

 

Si les putschistes n’ont pas pu s’organiser suffisamment, certaines de leurs actions auraient pu être décisives. Comme le rapporte Asli Aydintasbas, chercheur au European Council on Foreign Relations, un groupe de forces spéciales a tenté de liquider le président turc qui était alors dans un hôtel de Marmara où il passait ses “vacances”. Quand les membres putschistes des forces spéciales sont arrivés, Erdogan n’avait quitté les lieux que depuis une petite heure. Il s’en est donc fallu de peu. D’après The Avionist, l’avion où se trouvait ensuite Recep Erdogan a été suivi par des F-16 putschistes et n’aurait pu s’en sortir par chance qu’en donnant les codes de vol de Turkish Airlines !

 

On voit ainsi que le coup d’Etat était bien sérieux, mais que, dans la mesure où les services turcs avaient été alertés, les putschistes ont du accélérer la cadence et se sont assez vite retrouvés piégés. Sans unité de l’armée, sans direction précise, ils n’ont pas reçu le soutien de l’opposition politique. Le rouleau compresseur de la police, des services secrets et de l’AKP ont fait le reste dans les heures et les jours qui ont suivi : Erdogan est aujourd’hui le maître incontesté de la Turquie. L’Armée et l’administration (justice, enseignement, médias, etc...) ont été vidées de leurs éléments d’opposition. On parle d’une purge touchant plus de 50 000 personnes et toujours en cours.

 

Un dernier élément à prendre avec des pincettes dans la mesure où, primo, il est extrêmement récent et secundo qu’il vient de sources iraniennes. D’après FARS News Agency, les services secrets turcs auraient été avertis de l’imminence du coup d’Etat … par leurs homologues russes ! Il faut raison garder : les Turcs savaient probablement pour le coup d’Etat, avec ou sans les informations des Russes. Il est néanmoins possible qu’avec les moyens de détection dont les Russes disposent en Syrie, notamment sur leur base aérienne d’Hmeimim, ils aient intercepté des informations qu’ils ont ensuite transférées aux autorités turques. Autrement dit encore, même si cette information n’est pas confirmée, le fait même qu’elle ait été “délivrée” par les Iraniens illustre le mouvement extrêmement rapide, depuis un mois, de rapprochement entre la Russie et la Turquie (sans oublier Israel qui tente d’y trouver son intérêt) et peut-être même avec l’Iran, ce qui pourrait annoncer un tournant dans la crise syrienne, mais a minimane doit pas faire l’affaire de Washington…

Erdogan devrait rencontrer son homologue en Russie dès cet été, probablement en août. Les sanctions économiques entre les deux pays (qui impactent beaucoup l’économie turque déjà affaiblie par la dégradation du climat sécuritaire et ses conséquences sur le tourisme) devraient être levées, ce qui est déjà partiellement le cas, et il n’est pas improbable que le projet de “Turkish Stream” (gazoduc délivrant du gaz principalement russe via la Turquie, gelé à la suite de la crise russo-turque de 2015) reprenne son cours.

Plus que jamais, la Russie apparaît comme un acteur central au Moyen-Orient, qui parvient, malgré son engagement direct aux côtés de Bachar el-Assad en Syrie, à parler avec toutes les parties prenantes. Inversement, les Etats-Unis en pleine campagne présidentielle, paraissent sur la défensive, contraints de s’acheminer en Syrie vers un compromis avec les Russes (John Kerry était à Moscou pour parler de coopération militaire et du Front Al-Nosra le jour du coup d’Etat manqué !) et il semble évident que le président turc n’a pas l’intention de faire les frais ou de se laisser marginaliser par un éventuel accord global russo-américain qui aurait pour lui des conséquences régionales. Le nouveau rapport de force en Turquie pourrait risquer d’affaiblir davantage encore leurs positions de négociation.

 


Comment Poutine a fait « échec et mat » au coup d'état d'Obama en Turquie



La tentative ratée du coup d'État en Turquie, qui a été mis en œuvre par l'armée américaine, de concert avec l'OTAN, va précipiter un changement sans précédent au Moyen-Orient. Le coup d'État était voué à l'échec dès le début, car son plan d'exécution était défectueux. Comme résultat, les comploteurs de la CIA, du MI6 et du Mossad ont réussi à éloigner la Turquie de l'Axe Anglo-Sioniste (AAS [1]) et l’ont rapprochée de l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghai) et des BRICS. Poutine savait depuis un certain temps ce qui se tramait, il a réuni suffisamment de données entre ses mains pour avertir les Turcs en temps voulu, tout en les protégeant efficacement contre les armes des comploteurs.

 

Cette évolution géopolitique unique fera probablement basculer tout l'équilibre du pouvoir mondial loin de l'AAS et vers l’OCS. En raison de la position hautement stratégique de la Turquie au Moyen-Orient, et en particulier sa taille, son l'emplacement, et sa fonction comme "porte de l'Orient", celui qui la contrôle efficacement contrôle l'ensemble de l’échiquier régional. Les récents flux et reflux cataclysmiques des immigrés ont considérablement accentué cette dynamique internationale.

La décision des États-Unis de mettre en œuvre un coup d'état à partir de la base aérienne d’Incirlik se révélera désastreux pour leurs régimes bellicistes, qui veulent contrôler TOUTE la région du Moyen-Orient et achever leur projet de « Grand Israël ». Un tel fiasco absolu des affaires étrangères américaines et  de la CIA doit avoir été miné de l’intérieur des États-Unis par un « contre Coup d'État » d’agents doubles.

En fin de compte, non seulement le coup d'État a été étouffé par le peuple turc lui-même, mais les conspirateurs anglosionistes ont fourni au président Recep Tayyip Erdoğan un excellent prétexte pour nettoyer complètement la maison. C’est exactement ce qu'il  fait depuis qu'il a repris le pouvoir à la suite du coup d'État avorté. De plus, utiliser les officiers supérieurs turcs de la base aérienne américaine d'Incirlik était aussi stupide, car cela signifiait, pour tout le monde, que le coup d’état est libellé « CIA & Company ».

Pour les non initiés, il est important de comprendre à quel point la Turquie est vitale à l'OTAN, et surtout à l'avancement du projet du Grand Israël. Les ramifications proches et lointaines, et les profondes répercussions de cette tentative de coup d'État manqué révéleront leurs conséquences pour l'Occident lorsque toute la poussière sera retombée. Et c’est ÉNORME !

 

Pourquoi ce Coup ?

Pour les puissances occidentales, ce coup fatal était une initiative du genre : AVANCE ou CRÈVE.

Elles savaient qu'elles seraient incapables de procéder à leur ordre du jour du Nouvel Ordre Mondial vers un Gouvernement Mondial tant qu’Erdoğan reste au pouvoir. Elles ont à peine toléré qu'il s'installe en tant que président, et sont bien conscientes de ses ambitions pour restaurer un Califat turc sur l’ensemble de l’Asie Centrale turcophone et même sur une partie du Moyen-Orient arabe. Par conséquent, leur tentative de coup d'État très précipitée était un effort de « TOUT ou RIEN »,  qui a maintenant condamné leurs plans de reprise totale du Moyen-Orient.

Poutine lui-même savait à quel point ce schéma était désespéré, et c’est tout à fait délibérément qu’il s’est placé du côté d’Erdoğan, sachant que la trahison des États-Unis ramènerait la Turquie vers la Russie, l’OCS et les BRICS. Le Kremlin savait aussi que la Turquie n'a pas non plus d'avenir avec l'Union européenne, tout comme sa relation avec l'OTAN se trouve maintenant compromise. La Russie bénéficierait grandement de toutes les retombées géopolitiques et a activement soutenu la Turquie à travers le nettoyage post-coup d'État.

 

Beaucoup de pays s’attendaient au coup d’État. Seule la Russie a agi efficacement

Le coup d'État turc a été initialement prévu pour le mois Août 2016, car il était « planifié » qu’à cette date, le gouvernement grec allait entrer en crise et qu’il devait, lui aussi, tomber. De cette façon, l'ensemble des Balkans serait entré dans une phase d’instabilité critique, avec comme résultat l'installation de gouvernements fantoches inféodés aux États-Unis et la consolidation d’un nouveau rideau de fer entre l’Europe sous tutelle US et la Russie.

Le jour J, et comme par un hasard extraordinaire, toutes les TV du monde de l’AAS étaient connectées en « live » sur Istanbul et Ankara. Il n'y avait pas un seul pays qui ne savait pas qu’un coup d'État était en cours en Turquie (à l'exception des Turcs eux-mêmes qui se demandaient pourquoi y il y avait des chars sur le pont du Bosphore). La date exacte du Coup n’était pas précisément connue, mais une indication précieuse a été donnée lorsque la journaliste Christiane Amanpour, s’est déplacée avec son équipe de CNN, à Ankara et à Istanbul,  deux jours seulement avant le Coup.

En effet, le Pentagone a une relation spéciale avec CNN. Il leur permet généralement de savoir quand les États-Unis vont mettre en exécution un « coup » contre une nation étrangère, afin que CNN puisse mettre en place ses équipes et faire ses reportages « bien orientés » et en direct. C’est pour cela que Christiane Amanpour de CNN a réussi à devenir une « persona non grata » dans plusieurs pays; car, quand elle se pointe dans un pays, c’est qu’une catastrophe imminente va s’abattre sur ce pays. La Turquie ne fait pas exception.

La Russie, l'Iran, la Syrie, et d’autres pays étaient tous au courant qu’un coup d'État en Turquie, conduit par les USA, était en préparation.

A cet effet, Moscou a envoyé l'un des conseillers officiels de Poutine, Aleksandar Douguine, à Ankara. Le voyage a été top secret, personne à Téhéran, à Damas ou même à Moscou n’était au courant, seuls quelques très proches de Poutine le savaient.

Aleksandar Douguine était l'homme qui a été envoyé à Ankara pour avertir les dirigeants turcs, mais aussi pour leur donner une longue liste de personnes impliquées dans le coup d'État.

 

Le Coup a commencé un mois auparavant après que certains des conspirateurs ont été découverts

Bien avant le Coup, le gouvernement turc a secrètement demandé à ses tribunaux d'émettre des ordres d'arrestation contre 2.000 militaires (marine et armée de l'air) après qu'il soit devenu évident que quelque chose de louche se préparait. Les tribunaux ont refusé, et en plus, quelques-uns des juges impliqués dans le coup d'État ont averti des généraux de haut rang que le gouvernement suspectait un coup, et qu’il était sur leur piste.  En conséquence, malgré le fait qu’ils n’étaient pas tout à fait prêts pour un coup d'État, il fallait lancer le Coup.

 

Les pilotes qui ont abattu le SU24 sont impliqués dans le Coup

Pendant des mois, Moscou a suivi les communications de données et de voix des pilotes turcs responsables de l'attentat contre du jet russe SU24. Moscou a ainsi découvert que les deux pilotes qui ont abattu le SU24 sont des agents de la CIA. En détruisant l’avion russe, sur l’ordre de leurs supérieurs américains, ils voulaient brouiller les relations, qui étaient plutôt bonnes,  entre Ankara et Moscou. Les États-Unis utilisent ainsi  la tactique britannique éprouvée du «diviser pour régner». Dans la base aérienne d’Incirlik, il y avait plusieurs dizaines d'officiers turcs qui étaient, en fait, des agents américains. Tous ont été, plus tard, arrêtés.

Initialement, l'équipe interne d'Erdogan n'a pas été informée de l'arrivée de Douguine en Turquie.

Pour éviter toute sorte de suspicion ou d'attirer l'attention, le conseiller de Poutine, Douguine, a fait un voyage compliqué : de Moscou à Astana (Kazakhstan), puis d’Astana à Téhéran, puis de Téhéran à Damas, puis de Damas à Nicosie et enfin de Nicosie à Ankara. Là, il a rencontré l'homme de confiance le plus proche d'Erdogan, le maire d’Ankara, Melih Gokcek.

Selon une vieille tradition du KGB, rien ne vaut une réunion en face-à-face. Ayant recueilli des masses de données au cours des derniers mois, les Russes savaient exactement quand, qui et comment le coup allait commencer.

Dans l'intérêt d'une meilleure relation russo-turque et d’une confiance mutuelle, Erdogan a donc été officiellement mis en garde. L'avertissement était aussi psychologique parce qu'il est venu «juste à temps», et a été conçu pour montrer à Erdogan et à la Turquie qui sont leurs vrais amis.

D'où la rencontre face à face.

Rien n’obligeait Poutine à faire ce qu'il a fait. Il aurait pu mettre en garde les Turcs 10 minutes avant le coup d'État, ou ne pas les avertir du tout et laisser tout simplement les Américains agir à leur guise. Mais Poutine a agi en fonction de deux critères essentiels (a) la sécurité de la Russie et (b) la sécurité mondiale, c'est-à-dire en évitant la troisième guerre mondiale.

 

Les chasseurs turcs avaient l’avion d’Erdogan dans leur viseur, mais…

Après un silence complet durant 24 heures suivant le début du Coup, les médias américains contrôlés par le Pentagone et la CIA, y sont allés à plein régime avec la propagande habituelle, lorsqu’il est devenu évident que leur coup avait échoué. Nous les avons vus préparer à la hâte des scripts décrivant comment Erdogan aurait simplement mis en scène « son » coup d'État, afin  de saisir «plus de pouvoir», ajoutant que son avion présidentiel était en vue des F16 turcs. Mais si personne ne tira un coup de feu contre lui, cela montre bien que c’était un faux Coup.

Mais la réalité est autre.

Primo et surtout, les avions qui ont été envoyés contre l’avion d’Erdogan, ont décollé de la base d’Incirlik, qui était totalement contrôlée par les États-Unis et l'OTAN.

Deuxio, à aucun moment, les États-Unis n’ont fait le moindre effort pour mettre en garde le gouvernement turc au sujet du coup d'État, alors qu’ils savaient que des avions de chasse décollaient d’Incirlik et se dirigeaient droit sur l’avion d’Erdogan!

En effet, l'avion de M. Erdogan avait été suivi par plusieurs avions turcs avec l'intention de l'abattre. Mais ce que le «media» n’ont pas voulu nous dire, c’est que 7 avions de combat russes et deux systèmes de missiles S400 dans le nord de la Syrie ont traqué les jets turcs, et les ont avertis : au moindre coup de feu contre l’avion d’Erdogan, tous les avions turcs, où qu’ils soient dans le ciel turc, seraient immédiatement abattus. Ceci est la raison pour laquelle les jets turcs n’ont jamais tiré, ils étaient eux-mêmes dans le collimateur des chasseurs et des fusées russes. Au moindre coup de feu, ils auraient été abattus.

Le maire d'Ankara n'a pas perdu une seconde. Il est sorti sur CNN et a furieusement annoncé que Washington était derrière le coup d'État. Et oui, il avait reçu des Russes toutes les informations nécessaires avant son annonce. Il était le troisième fonctionnaire turc de haut rang pour accuser les États-Unis de mener le coup dans un laps de 20 minutes.

 

Pourquoi Erdogan purge des généraux, des juges ...

Bien que le gouvernement turc ait ses propres suspects, il a aussi reçu une grande liste de Moscou. Voilà pourquoi l'ambassadeur américain à Ankara se cache pratiquement dans la clandestinité et quand on le voie, il ne sait que bégayer. Mais la chose la plus intéressante est le fait que plusieurs généraux turcs ont déjà admis avoir pris part au coup. Ils ont également expliqué le rôle que les États-Unis ont joué.

Les déclarations politiques que nous avons entendues à Washington ont une crédibilité zéro, selon leur habitude.

Il n'y a aucune explication comment 42 hélicoptères ont disparu d’Incirlik. On saura plus tard qu’ils ont rejoint une armada qui devait envahir la Turquie. C’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement turc  a encerclé la base avec 2.500 policiers, a coupé l'alimentation électrique pour l'ensemble la base, pour dire aux États-Unis "nous savons ce que vous faites", et nous tenons vos soldats sous notre protection ». L’armada sera stoppée net par Obama.

 

Hannibal GENSERIC

 

[1]  L’Axe Anglo-Sioniste (AAS)

L'Axe Anglo-Sioniste est représenté, d'abord et avant tout, par les principaux pays anglophones du monde: États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande et Israël. Les pays européens membres de l'OTAN, comme l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas sont sous le joug de l'AAS. Il en est de même  de tous les pays scandinaves, des pays du Rim d'Asie Pacifique : Corée du Sud, Taiwan et les Philippines, et des pays suivants : L’Arabie Saoudite, la Turquie, l'Égypte, la Tunisie, le Maroc le Pakistan, le Koweït, la Jordanie, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Qatar sont aussi sous la tutelle de l'AAS.

Le Gouvernement mondial de l’Ombre est une organisation ultrasecrète, aux mains de la MAFIA KHAZARE qui est une organisation sioniste supranationale qui contrôle complètement l'AAS, l'Union européenne, l'OTAN, et beaucoup d'autres entités institutionnelles qui constituent la matrice du contrôle mondial.

Source : http://themillenniumreport.com/2016/07/bombshell-expose-the-u-s-military-used-incilirk-air-base-to-stage-failed-coup-in-turkey/#more-32420

Hannibal GENSERIC


Turquie. Comment la CIA a préparé et conduit son Coup d’État raté

le 11/08/2016.


Beaucoup a été écrit sur l’échec de la tentative de coup d’État en Turquie du 15 juillet. Le gouvernement Erdogan a pointé comme premier responsable de ce coup, l’exilé Fethullah Gülen installé à Saylorsburg, Pennsylvanie, et a officiellement demandé son extradition pour faire face à des accusations devant les tribunaux turcs. Washington refuse jusqu’à présent. Comme une enquête nationale massive de la police et les forces de sécurité continue à l’intérieur de la Turquie, de nouveaux détails accablants émergent presque quotidiennement sur le rôle clé joué par la CIA derrière son agent Gülen Fethullah et son mouvement (appelé Féto pour Fethullah Terrorist Organization in Turkish) et l’armée américaine.

Maintenant, les rapports des médias turcs notent que le mentor de Gülen, l’ »ancien » homme de la CIA Graham E. Fuller, avec un autre «ancien» de la CIA et proche associé de Fuller, Henri J. Barkey, étaient dans un hôtel de luxe sur l’une des îles des Princes de la mer de Marmara, à une vingtaine de minutes d’Istanbul, dans la nuit du 15 Juillet.



 

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Alors que Washington continue de nier catégoriquement toute implication dans la tentative de coup d’État de Juillet, les médias turcs révèlent des informations détaillées sur l’implication de personnalités américaines comme organisatrices du coup d’État. Elles comprennent l’ancien commandant de la Force assistance à la sécurité internationale de l’OTAN (Afghanistan), le général d’armée John F. Campbell. Et maintenant de nouvelles révélations nomment Henri J. Barkey, un ancien agent de la CIA, maintenant basé comme professeur à l’Université Lehigh à Bethlehem, en Pennsylvanie, soit à 26 miles ou 30 minutes de la maison du Fethullah Gülen par la route PA-33.

 

Selon le journal Istanbul Yeni Safak, dans la nuit du 15 Juillet, Henri Barkey et un groupe de 17 autres personnes, pour la plupart non turques, se sont rencontrées pendant des heures dans une pièce fermée à l’hôtel Splendid Palas sur l’île des Princes en dehors d’Istanbul, et auraient suivi l’évolution du coup d’État à la télévision au milieu de leurs entretiens à huis clos, selon le témoignage du personnel de l’hôtel. Le document cite une source du renseignement de la Police de Istanbul, qui a rapporté que Barkey tenait une réunion à l’hôtel avec 17 cadres supérieurs, pour la plupart étrangers, le 15 Juillet, le jour de l’échec tentative de coup d’État en Turquie.

 

Selon la direction de l’hôtel, Barkey a tenu une « réunion qui a duré des heures jusqu’au matin du 16 Juillet dans une salle spéciale. Ils ont suivi la tentative de coup d’État sur les chaînes de télévision « , a déclaré le personnel de l’hôtel de police.

 

Graham E. Fuller aussi ?

D’autres rapports de journalistes indépendants turcs bien informés disent que parmi les membres présents avec Barkey la nuit du coup d’État, il y avait un ancien officier supérieur de la CIA et mentor de Fethullah Gülen, Graham E. Fuller, ancien chef de station de la CIA en Turquie. Ce ne serait pas une surprise. Fuller et Barkey sont tous deux anciens associés de la CIA à Langley. Les deux ont une longue implication dans les affaires turques. Ils ont même coécrit un livre, la question kurde de Turquie.

 

En effet, il semble quelque chose a récemment piqué le rusé vétéran de 78 ans de la CIA, Fuller. Il affirme avoir pris sa retraite de l’agence il y a les années, quand il est allé à la RAND Corporation, une société très liée à la CIA. Pourtant, il est ressorti de l’ombre pendant l’attentat du marathon de Boston pour essayer de réfuter des liens vers les deux frères tchétchènes accusés de cet événement. Fuller avait du admettre que les frères Tsarnaev avaient un oncle, « oncle Ruslan », alias Ruslan Tsarnaev, un ancien employé de la société Halliburton en Asie centrale, société de Dick Cheney, et qui avait vécu dans la maison de Fuller pour un temps quand « l’oncle Ruslan » a été marié à la fille de Fuller. Bizarre, ou bien juste une «coïncidence» ? Certainement …

 

Pourtant, si Fuller n’a pas voulu attirer l’attention sur lui-même, il aurait mieux fait de se taire et laisser passer l’orage. Pas très professionnel pour un vétéran, un revenant de la CIA.

 

Maintenant Fuller, à nouveau dans son blog personnel, se précipite pour nier être derrière Fethullah Gülen et le coup d’État turc. Pourtant, son blog est un hymne décousu d’éloges pour son protégé, Gülen. Il écrit que « Gülen est un apolitique, il est plus un soufi, une tradition mystique et sociale. Gülen est intéressé par le changement social lent et profond, y compris l’enseignement supérieur laïc …En regardant la tentative de coup d’État ratée de manière spectaculaire contre Erdogan, la semaine dernière, je crois qu’il est peu probable que Gülen en soit le cerveau. » .

 

Jamais, à ma connaissance, Erdogan, n’a déclaré que Gülen « est le cerveau derrière le coup d’État ». Il a déclaré que les réseaux Gülen y ont joué des rôles clés. Les cerveaux, en utilisant charitablement le mot, étaient ailleurs, assis à Tampa, en Floride (siège Centcom) et à Langley, en Virginie (siège de la CIA).

 

Malgré la tentative maladroite de Fuller pour protéger Gülen, il a été établi que la même organisation Gülen soutenue par la CIA, après l’effondrement de l’Union Soviétique dans les années 1990, se précipita vers la création d’écoles Gülen à travers les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale, de Turquie, de Tchétchénie et même au Daghestan en Russie, en Ouzbékistan, au Kirghizistan et en Xingjiang, en Chine.

 

En 1999, Fuller, alors à la RAND, a préconisé l’utilisation des forces islamistes de Gülen afin de promouvoir les intérêts des États-Unis en Asie centrale contre la Chine et la Russie. Il a déclaré: «Notre politique de pilotage de l’islamisme contre nos adversaires a fonctionné merveilleusement bien en Afghanistan contre les Russes. Les mêmes méthodes et doctrines peuvent encore être utilisées pour déstabiliser ce qui reste de la puissance russe, et surtout pour contrer l’influence chinoise en Asie centrale. »

 

Le livre de Fuller, "Nouvelle Géopolitique de la Turquie : Des Balkans à l’Ouest de la Chine", a été publié en 1993, juste au moment où l’organisation de Gülen établissait une chaîne « d’écoles Gülen » ciblant les enfants des élites de la région en Asie centrale jusqu’au Xinjiang dans l’ouest de la Chine, régions dans lesquelles résident beaucoup de Ouighours turciques musulmans. Au milieu des années 1990, plus de soixante-quinze « écoles Gülen » se sont répandues au Kazakhstan, au Tadjikistan, en Azerbaïdjan, au Turkménistan, au Kirghizistan, en Ouzbékistan, et même en Russie (au Daghestan et au Tatarstan) au milieu du chaos de l’ère postsoviétique du poivrot Boris Eltsine.

En 2011, Osman Nuri Gündeş, ancien chef du renseignement extérieur du MIT turc, la « CIA turque, » et conseiller en chef du renseignement du Premier ministre Tansu Ciller au milieu des années 1990, a publié un « livre bombe » qui n’a été autorisé qu’en langue turque. Dans ce livre Gündeş (âgé de 85 ans et à la retraite), a révélé que, dans les années 1990, les écoles islamistes de Gülen qui surgissaient à travers l’Asie centrale fournissaient la base pour infiltrer des centaines d’agents de la CIA agissant sous le couvert d’enseignants de langue anglaise. Selon Gündeş, le mouvement Gülen « abritait 130 agents de la CIA » dans ses écoles au Kirghizistan et en Ouzbékistan, sans compter les autres pays et régions cités ci-dessus.

 

La divulgation complète?

Puis Fuller admet quelque chose du genre « Il me semble que tu protestes trop « . Il écrit: «La divulgation complète: Il est de notoriété publique que j’ai écrit une lettre en tant que citoyen privé dans le cadre de la demande de carte verte américaine de Gülen en 2006 indiquant que je ne croyais pas que Gülen constituait une menace pour la sécurité des États-Unis … »

 

Bien sûr, les espions de Langley, par nature, ne font jamais de «divulgation complète». Il omet que sa lettre a été co-signée par un deuxième vétéran senior de la CIA, George Fidas, et par un homme présumé de la CIA, alors ambassadeur américain en Turquie, Morton Abramowitz, lui-même membre du conseil de « George Soros international Crisis Group ». Sibel Edmonds, ancienne traductrice turque du FBI et «dénonciatrice», cita les noms d’Abramowitz et de Graham E. Fuller, dans le cadre d’une sombre cabale au sein du gouvernement des États-Unis qu’elle a découverte. Cette cabale utilisait les réseaux en Turquie pour soutenir un «état profond » criminel à travers le monde turcophone, d’Istanbul en passant par la Fédération de Russie jusqu’en Chine.

 

Le réseau qu’elle a documenté inclut une participation importante dans le trafic d’héroïne d’Afghanistan, peut-être l’une des sources de lagrande richesse de Gülen.

 

Fuller omet également de dire que l’intervention de la CIA réussie de Fuller pour obtenir un statut spécial permanent de la carte verte de Gülen a été opposée par le Département d’État américain dont les avocats ont déclaré: «En raison de la grande quantité d’argent que le mouvement Gülen utilise pour financer ses projets, il prétend qu’il a conclu des accords secrets avec les gouvernements d’Arabie Saoudite, d’Iran, et de Turquie. On soupçonne que la CIA est un co-payeur dans le financement de ces projets. « 

 

L’idée que Graham E. Fuller serait impliqué dans la présente tentative de coup d’État CIA-Gülen a encore plus de crédibilité, avec cette autre déclaration de Fuller qui, lorsque la CIA jouait un rôle clé dans la guerre en Afghanistan, dans les années 1980, contre l’Union Soviétique, a recruté un jeune saoudien nommé Oussama ben Laden pour superviser la formation en terrorisme des djihadistes islamistes au Pakistan.

 

Le but de l’admission inhabituelle de Fuller sur son blog est clairement de montrer que ni lui, Fuller, ni son protégé, Gülen n’ont quelque chose à voir avec le coup d’État. Il faut alors lui demander: «Graham E. Fuller, où étiez-vous dans la nuit du 15 Juillet? »

 

Le général aux 2 milliards $

Des détails ont également émergé concernant le rôle qu’a joué une figure militaire clé qui orchestrait les militaires turcs dans le coup d’État manqué. Selon Yeni Safak, un journal proche d’Erdogan, le général américain John F. Campbell, ex commandement de l’ISAF en Afghanistan, n’a pas pris sa retraite en Mars pour aller cultiver son jardin et jouer au golf. On lui a donné une mission secrète quelques huit mois avant le recrutement des dirigeants militaires turcs du coup d’État. Déjà alors, on prévoyait l’élimination de Erdogan et son remplacement par Gülen. Ils rapportent que Campbell avait fait, depuis Mai, au moins deux visites secrètes en Turquie pour des réunions top secret dans la base militaire d’Erzurum et dans la base aérienne de l’OTAN d’İncirlik.

Le journal rapporte également en détail, comment Campbell aurait supervisé un financement de 2 milliards $ pour graisser la patte des officiers turcs participant au Coup. Ils ont écrit que la branche Nigériane de la United Bank of Africa (UBA) était la base principale pour les transactions d’argent pour les comploteurs: «Des millions de dollars ont été transférés du Nigeria à la Turquie par un groupe de personnel de la CIA. L’argent, qui a été distribué à une équipe spéciale de 80 personnes de la CIA, a été utilisé pour convaincre les généraux pro-coup. « 

 

Pour 2 milliards $ sans doute, vous pouvez acheter un tas de généraux. Le même rapport indique que la CIA a utilisé la forte présence de réseaux « Gülen cemaat » pour le Coup prévu en Turquie centrale et orientale. Le rapport Yeni Safak décrit le témoignage de ceux qui sont capturés, comment les militaires ont été recrutés parmi les officiers turcs de la base aérienne d’Incirlik: « Les supporters, qui ont également été classés comme «ceux qui marchent avec nous », ont reçu une énorme somme d’argent. Tous les soldats et les officiers de cette catégorie ont été considérés comme les membres dévoués du groupe terroriste FETO (Gülen Organization.w.e.)

Des sources de journalistes indépendants turcs ont dit que l’infiltration de la CIA dans l’armée turque avait eu lieu depuis des décennies, dans le cadre du processus d’élimination des généraux kémalistes nationalistes qui pourraient s’opposer à une Turquie islamiste dirigée par Gülen. Selon ces rapports, les recrues Gülen de rangs inférieurs dans l’armée ont été secrètement pistonnées lors des examens d’entrée aux écoles militaires pour assurer leur admission dans les rangs des officiers. Ces sources estiment que, avant le 15 Juillet, peut-être plus de 50% des cadres supérieurs de l’armée turque étaient des généraux Gülenistes.

 

L’image émergente de Gülen et de son organisation est à peine ce que Graham E. Fuller décrit comme «une tradition apolitique, plus soufi, mystique et sociale.» En fait Gülen a été contraint de fuir vers les États-Unis à la fin des années 1990, lorsque la police secrète turque a enregistré un sermon à huis clos par Gülen à ses plus proches disciples dans lequel il aurait dit: «vous devez vous déplacer dans les artères du système sans que personne ne remarque votre existence jusqu’à ce que vous occupiez tous les centres de pouvoir … vous devez attendre le moment où vous êtes au complet, et lorsque les conditions sont réunies, alors nous pourrons assumer le monde entier … vous devez attendre jusqu’à ce que vous avez obtenu tout le pouvoir d’État … en Turquie … » C’est un discours classique des Frères Musulmans.

 

Dunford fonce vers la Turquie

Il doit y avoir un feu réel derrière toute la fumée sortant de Turquie et du gouvernement Erdogan depuis le coup d’État manqué. Le Chef des États-Majors conjoints des États-Unis, Joseph ‘Fightin Joe’ Dunford, se précipite vers la Turquie pour une visite inattendue le 31 Juillet.

Pour la première fois depuis le coup d’État, le 29 Juillet, le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé publiquement le général Joseph Votel, commandant du Commandement central américain de « connivence avec les comploteurs. ».

Lors d’un séminaire think-tank tenu le 28 Juillet à l’Institut Aspen de Washington, Votel avait déclaré: «Nous avions certainement eu des relations avec un grand nombre de dirigeants turcs, des chefs militaires en particulier. Et donc je suis préoccupé par l’impact sur ces relations alors que nous voulons continuer à aller de l’avant « , en référence aux prisonniers militaires arrêtés en Turquie. Erdogan lui a répondu:« Ce n’est pas à vous de prendre pareille décision. Qui êtes-vous? Restez à votre place! « 

 

Comment M. Erdogan va maintenant aller de l’avant et avec quels pays, qu’il retire officiellement la Turquie de l’OTAN, que ce soit après sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, s’il va changer le soutien de la Turquie pour renverser le régime Assad en Syrie et se rapprocher de la Russie et loin de l’Ouest, la totalité de la position géopolitique des États-Unis à travers le Moyen-Orient en Eurasie aussi loin que la Russie et même la Chine pourrait devenir une catastrophe pour les comploteurs arrogants et pour les vieux patriarches ennuyeux de la CIA et leur protégé cacochyme Gülen.

Les prochains mois seront clairement critiques dans les moyens les plus inimaginables.

 

F.William Engdahl

 

“New Eastern Outlook”

Traduit par Hannibal GENSERIC

source: http://numidia-liberum.blogspot.fr/2016/08/turquie-comment-la-cia-prepare-son-coup.html

 


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Commentaires : 1
  • #1

    Leroy (mercredi, 03 août 2016 09:08)

    Quelles que que soient les dessous des cartes, le basculement brutal de la Turquie qui se rapproche de Moscou, et par là, de Téhéran, va conduire un changement profond de la donne géopolitique.
    Il est grand temps que la France réagisse - espérons que le conseil de défense de ce matin va traiter la question - et :
    - refuse clairement l'entrée de la Turquie dans l'UE
    - soutienne sans ambigüité les kurdes autant d'Irak que de Syrie en impliquant autant Washington que Moscou
    - revoit sa politique envers la Russie
    - étudie les apports de intégration dans l'OTAN (autre que des postes de généraux)
    Malheureusement nous sommes en campagne électorale, comme les USA et l'Allemagne, tandis que le Royaume Uni est en plein Brexit : Poutine joue et gagne