La charge de la preuve

Le 11/01/15


         Un immense cortège est prévu tout à l’heure à Paris, auquel je ne me joindrai pas parce que je déteste toutes les manipulations et c’en est une, visant notamment à remettre en selle un président failli en forçant tout le monde à se

réunir à lui par antiphrase, au nom du rejet de ce qu’évidemment tout le monde rejette. ! Le Front national ne fonctionnant plus comme repoussoir, la gauche vient d’en recevoir du ciel un autre encore plus efficace, le terrorisme, qu’elle exploite

sans vergogne comme argument politique via le thème du « refus de l’amalgame », donc celui de l’union obligatoire de tous contre trois fous seulement, et par conséquent de l’effacement de toutes ses fautes à elle et de toutes les lignes de partage observables objectivement dans la société française et l’humanité dans son ensemble. 

 Aux réalités objectives, qui présentent des distinctions, des divisions, et même des oppositions, on prétend substituer un unanimisme forcé, fondé sur l’exploitation médiatique d’une émotion, habillé des défroques d’une rhétorique incantatoire proclamée « républicaine », et orchestré à grand bruit pour étouffer le son de toute nuance possible : bien pensants de tous les pays, unissez vous... ou je tire, comme le disait avec humour pour expliquer le lénino-stalinisme un détournement du slogan de Marx. Si vous ne défilez pas en troupeau avec à la

boutonnière le badge « Je suis Charlie », c’est que vous êtes méphitique... et qu’on doit à bon droit vous bannir du lien social, à défaut d’avoir une Sibérie où vous éliminer comme répugnant social-traître. « Tous ensemble, tous ensemble, Oui, Oui », hurlent les slogans implicites, vocalisés par le président, tandis que le père  fouettard Valls menace subliminalement d’indignité nationale ceux qui ne reprendraient pas après lui les patenôtres de valeurs qu’il va répétant à grands coups de « Euh » comme autant de paroles d’exorciste! Bien joué. Trop bien joué, car c’est malsain. Il faut appeler un chat un chat et dire les choses dans leur vérité, qui est beaucoup plus simple et factuelle que ne

le donne à ressentir cet énorme cinéma de l’émotion collective !

Trois enragés ont commis un crime aberrant, on les a liquidés, on a bien fait. Ils l’ont fait par fanatisme islamiste, c’est un fait qu’il faut apprécier, mesurer, nommer et réduire à ses exactes proportions quelles qu’elles soient, mais certainement pas noyer sous des incantations qui, sous prétexte d’éviter l’amalgame, mélangent tout. Ils l’ont hautement et publiquement revendiqué comme tel, en dépit de tous les efforts des faiseurs d’opinion pour estomper ce trait pourtant capital de leur action !

        Les musulmans formant 10% de la population française, il est physiquement impossible et impensable que l’on puisse assimiler ces quelque 6 Millions de personnes à ces trois psychopathes, et il est donc ridicule de jouer à en conjurer le risque. Mais inversement, il est tout à fait frauduleux de gommer le fait patent que de telles aberrations ne procèdent que de la prédication islamique(1).

        Les frères Kouachi n’ont pas tué nos caricaturistes préférés par un mouvement de folie ou parce qu’ils étaient nés « dans des quartiers démunis », mais par un développement logique et résolu de leur foi musulmane portée à toutes ses conséquences. Tous les musulmans, Dieu merci, ne se portent pas à ces extrémités, mais ces extrémités sont l’un des aboutissements possibles, et même nécessaires, de la foi islamique, puisque celle-ci punit par exemple de mort l’apostasie, démontrant son caractère potentiellement totalitaire — et comment

ne serait-elle pas de nature totalitaire, puisque son nom même d’Islam suppose la soumission intégrale consentie à une force suprême appelée Allah, en face de laquelle rien ne compte ni ne vaut ? Staline, Mao ou l’Angkar étaient de même trempe, et nombreux étaient d’ailleurs les occidentaux à l’époque à trouver cela très bien, comme nombreux sont aujourd’hui les musulmans à trouver le Djihad

sympathique, sans pratiquer personnellement plus l’égorgement de leurs semblables que les braves communistes français ne servaient dans les rangs criminels du NKVD.

          Ce n’est donc pas à la communauté nationale à faire la preuve qu’elle se garde de tout amalgame, mais bien aux musulmans à abjurer solennellement toute propension de leur religion à fomenter le moindre islamisme, a fortiori le moindre intégrisme, et a fortiorissime le moindre terrorisme. Le font-ils ? Non, parce que par récurrence, s’ils s’y attelaient, ils seraient forcés d’en venir à une remise en cause du principe même de leur foi, qui repose sur la prévalence incontestée d’une transcendance dont ils se piquent d’avoir le secret, via le Coran.

Or, c’est le contraire qui se passe : l’idéal de cette foi est en plein expansion, engendrant comme il est inévitable tous les développements dont elle est porteuse, fût-ce à titre homéopathique.

          C’est assurément le cerveau dévoyé de quelques illuminés, manipulés ou pas, qui commet les crimes (par dizaines de milliers quand même — c’est avoir la vue et la mémoire courte que de s’en tenir aux 18 morts de Paris, quand depuis des décennies on égorge, lapide, esclavagise et massacre au nom de l’Islam dans le monde entier, et que le transport aérien est grevé par des contraintes de sécurité (2)

imputables à la seule menace de terroristes islamistes). Mais c’est dans la nature même de la foi telle qu’elle est portée à incandescence dans cette religion-là et presque aucune autre de nos jours (2) que réside la souche de cette folie meurtrière.

          Le vrai combat n’est donc pas d’appeler tout le monde à une fraternité de façade destinée à former un pavois pour la réélection du président le plus calamiteux de l’histoire républicaine, mais de dénoncer la cause du mal dans la sortie de la foi hors de son cadre indiscutablement légitime de la piété personnelle et subjective. N’importe qui peut croire n’importe quoi, et le faire si bon lui semble en compagnie de coreligionnaires dans les conditions prévues par la Loi, mais la portée de cette foi n’a à aucun titre, nulle part et d’aucune manière, à dépasser les limites de son éthique privée. Le seul impact qu’il est tolérable de lui consentir dans l’espace public est la bienfaisance qu’elle est parfois de nature à inspirer, et qu’il appartient aux ministres des cultes d’en tirer comme une conséquence naturelle. C’est ce que font les papes, c’est ce que prônent d’éminents recteurs de mosquées, de savants rabbins, mais ce n’est pas du tout ce

que professent maints imams, ayatollahs et autres inspirateurs d’un piétisme musulman menant directement au crime.

        Eviter l’amalgame, ce n’est pas fermer les yeux et se clore les lèvres, c’est dénoncer l’existence bien réelle de cette prétention religieuse à régir le monde en commençant par diriger la conduite de ses fidèles, là où elle s’exerce, c’et à dire de nos jours essentiellement dans certains cercles musulmans. Elle a existé un peu partout. Aujourd’hui, c’est au sein de l’Islam qu’elle sévit, qu’elle doit être dénoncée et combattue avec la plus extrême rigueur, au nom de cette laïcité fondatrice qui permet cultes et dulies dès lors qu’ils renoncent à prétendre primer sur le pacte strictement humain et laïque qu’est la vie courante de l’humanité.

        Il est certainement bon de défiler aujourd’hui pour affirmer haut et fort que nous rejetons le fanatisme, l’islamisme en particulier qui prétend nous interdire de jouir de notre liberté, dont la liberté de penser et de dire est le nerf même.

L’attaque contre Charlie Hebdo doit être traitée comme un 11 septembre encore plus grave, car le défi porté ne se borne pas à défier l’insolence de la puissance, mais bien à châtier le principe même de la liberté, qui est le véritable antonyme de la soumission à un dogme, et la véritable conquête de la modernité. 

         C’est au nom de cette pierre angulaire de la société humaine, explicitement frappée en tant que radical même du principe opposé à l’Islam, qu’il faut symétriquement attaquer non pas bien sûr les musulmans, qui sont nos frères comme tous autres, mais le principe de l’idée qu’ils se font du monde, parce qu’il est totalitaire et insupportable, avant même d’être criminel comme il l’est sur la

tête de tant de milliers de victimes un peu partout dans le monde. De la même manière, le Stalinisme devait être combattu non pas seulement à cause des crimes colossaux du communisme, mais en tant que principe totalitaire, et le nazisme de même.

         C’est un combat d’idées, de principes, de fond, qui ne vise ni le milliard de musulmans en tant que communauté humaine, ni a fortiori aucun d’entre eux en tant que personne (pas plus qu’on n’en voulait aux Russes en tant que nation ni en tant qu’individus d’être les dépositaires malheureux du Mal absolu que fut le communisme). Mais c’est un combat à soutenir, l’inverse même du sirupeux et

vain dialogue des religions dans lequel s’envasent ONU et UNESCO sans voir qu’en promouvant le dialogue, elles valident les religions, et donc ipso facto le principe même de la maladie qu’il s’agit de guérir. L’inverse absolu aussi du jamboree médiatico- « républicain » orchestré par la Gauche pour se replacer pathétiquement au centre d’un pays qui était en passe de l’éjecter pour longtemps.

         C’est aux musulmans à prouver qu’ils abjurent le totalitarisme inhérent à la Foi poussée trop loin, exactement comme il a appartenu aux Allemands d’abjurer le nazisme pour participer à la communauté des nations, ou aux Russes, aux Chinois, aux Cambodgiens, de renier le totalitarisme communiste pour entrer de plain pied dans la société mondiale.

         Il ne s’agit évidemment pas d’une guerre ouverte (3), mais d’une guerre froide intransigeante à faire aux doctrinaires des salafismes, wahabismes et autres intégrismes musulmans — et tant pis s’ils ont du pétrole. Les intérêts de l’humanité et de la dignité humaine méritent qu’on endure un peu de gêne pour les faire prévaloir enfin de manière définitive.

 

Philippe RATTE



1 )A t’on jamais vu le moindre membre de la communauté chinoise ou indochinoise à Paris s’en prendre à qui que ce soit au nom d’une religion ? Les orthodoxes menacent-t’ils quelque catholique que ce soit ? Qui pratique l’enlèvement de jeunes filles au Nigeria et le massacre de chrétiens un peu partout ? 

Certainement pas les animistes ni les bouddhistes...

 

2 )On sait que la foi chrétienne occasionna en son temps des massacres et tortures restés légendaires, que des Hindouistes rendent des points aux plus fanatiques des musulmans, que certains Loubavitch ne sont pas des enfants de chœur, et qu’en Tchétchénie il ne faisait pas bon être musulman. L’Islam n’ donc pas, dans l’histoire, le monopole de la barbarie, mais en ce moment, c’est lui qui en entretient la flamme de la manière la plus active, par le simple fait de son expansion en tant que religion conquérante. Les religions en recul sont davantage portées à composer avec le reste du monde.

 

3 ! Même si à la guerre déclarée et déclenchée avec des moyens militaires par Daesh, AQMI, AQPA ou Boko Haram il est parfaitement justifié de répliquer avec des moyens militaires écrasants, drones compris, pour assurer l’attrition impitoyable de ces ennemis du genre humain, comme en 1945 on alla jusqu’à Berlin tant qu’Hitler fut vivant et le IIIè Reich encore debout, ou jusqu’à lancer une deuxième bombe sur Nagasaki faute qu’Hiroshima eût fait entendre raison assez promptement aux militaires nippons.