Lettre n°11/2018.

Le sens du sacrifice

"Le sens du sacrifice" : Lire la dernière lettre de l'ASAF

Le sens du sacrifice 

 

 

Comprendre hier

11 novembre 2018, 80 chefs d’État s’avancent ensemble, à pied, sous la pluie, vers l’Arc de Triomphe, et s’inclinent devant la dalle sous laquelle repose le Soldat inconnu. Quel plus bel hommage pour ce Poilu Mort pour la France ? Quelle plus grande marque de reconnaissance du monde à la France, pour avoir défendu la liberté avec tant de ténacité !

C’est bien une armée, composée de millions de soldats, qui a combattu pendant plus de 4 ans dans des conditions effroyables pour, avec ses alliés, freiner, arrêter puis repousser un ennemi conquérant venu de l’est afin de nous envahir et nous imposer sa volonté. Cette armée, avec celles de ses alliés, a résisté et a vaincu grâce au courage de ses soldats, à la valeur supérieure de son commandement, au soutien indéfectible de la Nation tout entière. Bref, dans l’adversité elle a tenu car, unie, elle était invincible.  

Ces soldats se battaient pour défendre leur terre, leur famille, leur patrie, l’héritage qu’ils avaient reçu des générations précédentes comme le firent avant eux leurs aïeux face à d’autres invasions. Ils se battaient aussi pour la liberté à l’instar des compagnons de Jeanne d’Arc. Inlassablement, ils sont montés à l’assaut des tranchées ennemies derrière leurs chefs pour briser les chaînes qui enserraient la France sur plus de 750 km, de la mer du Nord à la Suisse, jusqu’au jour où, sous les coups de boutoir répétés, ces chaînes cédèrent.


Se souvenir aujourd’hui

Un siècle plus tard, le chef des armées françaises a voulu parcourir le front où se déroulèrent ces combats acharnés. Ce fut d’abord Strasbourg, symbole du retour des provinces perdues après la défaite de 1870, puis le village des Éparges où son Maire a su décrire, dans l’intimité, avec autant de passion que de talent, la violence des combats où furent tués ou blessés des dizaines de milliers d’hommes - dont Maurice Genevoix - pour la conquête d’une crête. Le Président y a exprimé un superbe hommage aux Poilus. Il a visiblement médité sur les champs de bataille où s’est joué le destin de la Patrie.

Mais au-delà de cette « itinérance », et dans les profondeurs de la Nation, c’est tout le pays, notamment les plus jeunes Français, qui se sont mobilisés pour découvrir leur passé à travers l’histoire de leur famille, de leur quartier, de leur village pendant la Grande Guerre. D’innombrables actions ont été menées avec l’appui de la mission du Centenaire. Si elles n’ont pas toujours fait « la une » de l’actualité, elles ont cependant remué en profondeur les jeunes générations en leur permettant de découvrir leur passé, de renforcer leur sentiment d’appartenance à la communauté nationale. Il ne s’agissait pas de générer chez eux la haine de l’ennemi mais une admiration croissante pour ces aïeux, ces Anciens, qui à 20 ans ont accepté de donner leur vie pour eux.

Les polémiques sont bien peu de choses au regard de ces immenses sacrifices et douleurs !
Seule la France, qui paya le plus lourd tribut au regard de sa population, pouvait rassembler autant de nations autour d’elle le 11 novembre 2018. Jamais, en effet, aucun peuple d’un pays démocratique n’a accepté, dans l’Histoire, un tel taux de sacrifice. Les 40 000 étrangers qui sont venus s’engager en France témoignent que le monde reconnaissait alors la France comme étant le pays de la Liberté. Ce qui fera écrire à de Gaulle dans ses Mémoires : « Il existe un pacte multiséculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde. »


Agir
 pour demain

Après cette victoire si chèrement acquise, la paix ne fut pas au rendez-vous espéré. La paix ne se décrète pas, elle se construit et les armes doivent la garantir en permanence. La France, saignée à blanc par ces 52 mois de guerre, était affaiblie, épuisée. Sa démographie était insuffisante, les destructions matérielles considérables et les dettes contractées auprès des Américains durent être remboursées très vite. Notre pays fut contraint d’accepter certaines exigences des Alliés et des promesses qui ne seront pas tenues. La paix a été perdue. 20 ans après le traité de Versailles, la Seconde Guerre mondiale éclatait.

Une nation unie, une armée forte sont nécessaires à un peuple qui veut rester libre : tels sont les enseignements essentiels de la Grande Guerre pour aujourd’hui, tout comme la nécessité du courage à tous les niveaux, l’amour de sa patrie jusqu’au sacrifice et la conscience qu’elle est un héritage à enrichir et à transmettre. Bref, être un peuple fier et assumant sans aucune réserve son Histoire est une condition indispensable pour être ouvert et comprendre les autres peuples.

Les menaces n’ont pas cessé depuis la Seconde Guerre. La réconciliation franco-allemande marque la fin d’une guerre de 75 ans avec les Allemands. Mais pour demain, que constate-t-on ? Un nouveau totalitarisme : l’islamisme, des Alliés dont nombre d’intérêts divergent, des champs de compétition, d’affrontement, de bataille nouveaux et la guerre hors limite dont parlent les Chinois.

Face à cette situation, la France doit viser l’excellence dans tous les domaines car elle sait qu’elle pèse moins de 1% de la population mondiale. Pour autant elle dispose d’atouts considérables souvent mal valorisés. Il lui faut mieux s’organiser, faire preuve de plus de méthode et de constance dans les choix stratégiques ainsi que dans l’action. La France doit donc d’abord être forte. Mais elle sait que certains défis à relever exigent d’elle de s’associer à d’autres nations.

La France doit contribuer à faire émerger une « Communauté des nations européennes » au sein de laquelle ceux qui veulent développer des projets en commun s’associeront à l’instar de Galileo, le GPS européen, qu’aucun pays n’aurait pu réaliser seul, et qui, achevé ensemble, donne à chaque État une plus grande indépendance. Cette communauté des nations européennes doit avoir pour objectif de renforcer l’indépendance des nations d’Europe, de préserver leur identité, de garantir leur Défense et leur liberté.

La paix sans la liberté s’appelle l’esclavage et cette liberté, jamais acquise, se défend au quotidien, dans tous les domaines de l’activité des hommes.

  

LA RÉDACTION de l’ASAF

 

Source : https://www.asafrance.fr/item/le-sens-du-sacrifice-lire-la-derniere-lettre-de-l-asaf.html

 

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