Affaire "Grivaux"

"Foutez-moi ça dans l'avion"

...par le Col. Georges Michel - le 16/02/2020.


, vous connaissez ? Vous avez dû le voir si vous êtes accro des interminables débats commentant l’actualité, les commentaires de l’actualité, voire les commentaires des commentaires de l’actualité. Jusqu’à récemment, l’homme n’était connu que de ceux qui s’intéressaient à la vie politique de l’Eure. C’est-à-dire pas grand monde, si on n’habite pas dans l’Eure… Et encore. Après avoir vagabondé du Parti radical de gauche au Parti socialiste, il entend l’appel de Macron, rejoint La République en marche et décroche la timbale en se faisant élire député, en 2017, dans l’élan que l’on sait. Depuis 2018, il vice-préside le groupe de La République en marche à l’Assemblée nationale et se coltine régulièrement les plateaux télé pour apporter la bonne parole, non sans talent.

Vendredi dernier, mission délicate : Questel était dépêché sur LCP après le renoncement de  à briguer la mairie de Paris pour les raisons que l’on sait. La meilleure défense étant l’attaque, le député de l’Eure n’y va pas par quatre chemins et s’en prend vigoureusement à  par qui, dit-on, le scandale serait venu. « Qu’on foute ce mec dehors ! Il est réfugié politique, il se comporte comme un salopard. S’il y a une première chose à faire, c’est de le mettre dans un avion direction la Russie et il verra avec M. Poutine s’il peut faire ce genre de connerie. » Disons-le tout net, le Piotr Pavlenski n’inspire pas spontanément la sympathie. Pourtant, début 2017, il était venu se réfugier en France avec sa famille. Paraît qu’il était persécuté par Poutine. « Artiste performeur », entre autres excentricités, l’homme s’était cloué les choses de la vie sur la place Rouge. Faut reconnaître, un, qu’il faut en avoir, deux, en vouloir.

Aussitôt arrivé en France, il avait tenté d’incendier la porte d’une succursale de la Banque de France à Paris. Les gens ont de ces idées, parfois ! Depuis 2017, il semblerait qu’on n’entendait plus trop parler de l’artiste. C’est donc un retour en fanfare qu’il nous fait. Jusque-là, l’homme était un persécuté de l’odieux régime de Poutine. Un a priori sympathique entourait forcément le personnage. Mais voilà que ce galeux crache dans la soupe en jetant l’opprobre sur l’un des premiers apôtres d’EM ! Ça, ça ne passe pas. On est quasiment dans le crime de lèse-majesté. Ravaillac et Damiens, à côté, on est au niveau de l’incivilité, de la contravention de 4e catégorie, au pire, du rappel à la loi. Bourreau, fais chauffer les tenailles. Remarque, il aimera peut-être, le Piotr… Deux sacralités s’entrechoquent, du coup. Celle qui touche, de près ou de loin, à  – or, ne l’oublions pas, Griveaux tenait le dais le jour du sacre. Celle du droit d’asile qui, tout d’un coup, devient beaucoup moins sacré et négociable.

Alors, extrapolons. Élargissons la problématique, comme on dit. Prenons au mot les recommandations de Bruno Questel. Foutez-moi ça dans l’avion ! Direction ? Où vous voulez, mais ailleurs. Loin. Tiens, chez eux. Ils verront si, là-bas – chez eux, quoi -, on peut faire ce genre de connerie, si on a ses trois repas et la télé en prison. Précisons qu’outre politicien, Bruno Questel fait aussi avocat, comme métier.

 

 

Source : https://www.bvoltaire.fr/affaire-griveaux-foutez-moi-ca-dans-lavion/?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=0157ef6244-MAILCHIMP_NL&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-0157ef6244-31040957&mc_cid=0157ef6244&mc_eid=c2875309d7

 


"Griveaux nox" - Poème

...par le Col. Jean-Jacques Noirot - le  16/02/2020

 

Oh! combien de gredins, combien de tire-laines,

Qui sont partis joyeux vers des urnes lointaines,

Par un clic graveleux se sont évanouis ?

Combien ont disparu, triste et just’infortune,

Dans un mépris sans fond, en promettant la lune,

Sous l’aveugle scandale à jamais enfouis ?

 

Où sont-ils ces gredins, sombrés dans nos mémoires ?

Ô twits, que vous avez de lugubres histoires,

Twits odieux redoutés des hommes à genoux.

Vous nous les racontez pour meubler nos soirées,

Et c’est ce qui leur fait ces voix désespérées,

Qu’ils entonnent  le soir, en se tournant vers nous.

LIRE AUSSI : 

Agonie de la macronie : ça tourne à la grande branquignolade !

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Griveaux, victime d'une délation banalisée

http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2020/02/griveaux-victime-dune-delation.html


Dégueulasse : Vous avez dit dégueulasse ?

...par le Col. Georges Michel - Le 19/02/2020.


« Le droit pénal ne peut pas tout, même devant des propos déshonorants et dégueulasses. » Propos de l’avocat pénaliste Éric Morain, recueillis par Le HuffPost, après la dernière embardée médiatique de . Chargé du service de nettoyage après Griveaux, le ministre de l’Intérieur réglait son compte sur RTL, ce mercredi matin, à son ex-petit camarade , premier secrétaire du Parti socialiste.

« Les politiques doivent rester des femmes et des hommes, sinon ils se coupent de la réalité. » Jusque-là, rien à dire. Castaner va nous la faire dans l’humain, le compatissant, dans la bienveillance, comme on disait à la haute époque macronienne. Quelque chose trempé dans l’eau bénite, du genre : « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre, nous ne sommes pas en bois (on a vu), dans ce corps fragile bat un petit cœur saignant », etc. Et puis, immédiatement, au virage, le petit tacle, la petite frappe, sur le registre allusif : « J’ai été surpris d’entendre à votre micro Olivier Faure, que je connais bien et que j’ai accompagné dans ses divorces. J’ai été étonné de ses leçons de morale. »

D’abord, de quelles leçons de morale s’agit-il ? La veille, le premier secrétaire du Parti socialiste avait déclaré, sur la même antenne, que Griveaux avait fait preuve d’une « légèreté incroyable ». Le moins qu’on puisse dire. Ajoutant : « Quand vous êtes un homme ou une femme publique, un décideur public, un ministre, vous devez prendre toutes les précautions d’usage pour ne jamais être à la portée des maîtres chanteurs. » Cela ne s’appelle pas une leçon de morale mais tout simplement une recommandation de prudence. À aucun moment Olivier Faure n’a émis le moindre jugement de valeur sur les prouesses de Benjamin Griveaux devant son ordinateur ou son téléphone portable. Une leçon de morale, cela aurait été, par exemple : « Pas de boogie-woogie avant de faire vos prières du soir. » Que voulez-vous, comme souvent chez Castaner, cette terrible difficulté à employer les mots corrects pour qualifier une situation.

Ensuite, en quoi l’allusion aux divorces de Faure apporte-t-elle quelque chose au débat ? D’ailleurs, comment comprendre ces propos ? Comme ceci, par exemple : « Il ne manque pas d’air, Olivier Faure. Il donne des leçons de morale alors qu’il est divorcé. » Serait-il scandaleux de divorcer ? Si oui, il y a du souci à se faire au plus haut niveau de l’État… L’on comprend, alors, qu’Olivier Faure estime que Castaner a « commis une faute grave » et demande au président de la République de convoquer son homme de main.

« Le droit pénal ne peut pas tout, même devant des propos déshonorants et dégueulasses. » Pas tout, mais un peu, quand même. Par exemple, comme dans cette affaire remontant à 1995, évoquée par Marianne, l’an passé, dans laquelle un certain Christophe Castaner, secrétaire général adjoint de la mairie d’Avignon, avait été impliqué. Une sordide affaire de diffusion de bande dessinée à caractère pornographique à l’occasion des élections municipales, où l’on voyait Marie-Josée Roig, candidate RPR à la mairie, caricaturée en dinde et se faisant empapaouter par Alain Dufaut, aujourd’hui sénateur de Vaucluse. À la sortie du procès, l’avocat de Marie-Josée Roig avait déclaré, lit-on dans la presse régionale de l’époque, « ce qui est dégueulasse, c’est que Marie-Josée Roig n’a pas été attaquée sur ses fonctions d’élue, de député ou de candidate, mais en sa qualité de femme »« Dégueulasse » : il y a, comme ça, des mots qui ne se démodent pas.

 

 

Source : https://www.bvoltaire.fr/degueulasse-vous-avez-dit-degueulasse/?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=d8aa8bb2ff-MAILCHIMP_NL&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-d8aa8bb2ff-31040957&mc_cid=d8aa8bb2ff&mc_eid=c2875309d7

 


« C’est très improbable que les Russes aient manipulé Piotr Pavlenski »

...par Frédéric Pons - le 20/02/2020.

Au micro de Boulevard Voltaire, Frédéric Pons, grand spécialiste de la Russie, revient sur les rumeurs de complot russe dans l’affaire Griveaux.

Il fait également un point sur la situation politique en Russie et les relations entre la France et la Russie et dénonce en particulier ceux qui, parmi « les élites françaises », veulent « ostraciser Vladimir Poutine ».

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