Communiqué du Gal. A. Martinez

Le 20/07/2017.

Chers amis,

Après la diffusion de mon éditorial du 18 juillet, et après la démission du général de Villiers le 19 juillet, j'ai diffusé le 20, sur Twitter, un communiqué que je vous transmets en pièces jointes seulement aujourd'hui, car je souhaitais pouvoir vous communiquer avec ce dernier mes deux interventions réalisées sur Sputnik France le 20 juillet et sur radio Courtoisie le 21 juillet. S'agissant de cette dernière, elle a été mise en ligne aujourd'hui par Riposte laïque et son titre est consacré à Sébastien Jallamion interrogé dans le journal et qui vient d'y publier son livre "A mort le flic". Pour votre information, mon intervention commence à 49 min 40 s. 

Bien cordialement.

Antoine MARTINEZ


 

Comme cela était prévisible, le général Pierre de Villiers a donc démissionné. Sa décision est

celle d'un homme blessé qui a su crier jusqu'au bout la vérité à ceux qui ont en main la destinée

de la France mais qui n'ont pas pris la mesure de la mission qui est la leur et qui trahissent les

idéaux de la nation. Le geste de ce valeureux soldat estimé et respecté par tous mérite d'être

salué. Sa décision, logique et cohérente témoigne de son sens des responsabilités, du devoir et

de l'honneur.

 

Cependant, cet événement, jamais connu sous la Vème République, révèle une crise majeure

qui couvait et qui s'est installée, probablement durablement, entre une partie de l'élite politique

et l'institution militaire qui est, avant tout, au service de la nation. Et l'élément déclencheur

revient au Chef de l'Etat lui-même qui, par son discours ravageur et humiliant a offensé non

seulement le général de Villiers mais l'ensemble du monde militaire. Il a, en effet, commis une

faute grave qui est indubitablement une marque de faiblesse qu'il dévoile et qui sera lourde de

conséquences. Car il jette ainsi le doute sur ses capacités et son aptitude à appréhender les

vraies menaces qui pèsent non seulement sur la vie de nos soldats en opérations, faute de

moyens suffisants et adaptés, mais sur la vie des citoyens français sur leur propre territoire du

fait de son refus, comme son prédécesseur, de reconnaître l'ennemi.

 

C'est pourquoi, les trois chefs d'état-major des trois armées (Terre, Air et Marine) qui ont été

solidaires jusqu'ici du général de Villiers auraient dû le suivre en démissionnant à leur tour pour

créer un choc salutaire. Peut-être le feront-ils dans les tout prochains jours. Car il faut rappeler

aux responsables politiques qu'ils ont – ils semblent l'avoir oublié – des devoirs à l'égard de la

nation. Le pouvoir légal qu'il détiennent ne leur permet pas de faire n'importe quoi.

 

Cela dit, le président de la République a nommé un nouveau Chef d'état-major des armées, le

général Lecointre. Dont acte. Mais cela ne clôt pas cette crise et le nouveau Chef d'état-major

ne peut pas accepter n'importe quoi. Après le général de Villiers, il en va de sa crédibilité, de

l'estime et de la confiance des militaires dont il prend à présent le commandement. Mais comme

l'autorité, la confiance et l'estime ne se décrètent pas. Sa tâche sera donc difficile et délicate.

Car le Chef de l'Etat ne semble toujours pas avoir bien compris les causes de cette crise en

déclarant que le rôle du Chef d'état-major des armées n'est pas de défendre un budget. Chacun

sait, et les militaires plus que tout autre, que c'est le ministre de la Défense – pardon, des

Armées – qui en est chargé (il n'aura échappé à personne que depuis le début du quinquennat,

le ministre des Armées est aux abonnés absents). Il n'en reste pas moins qu'il revient au Chef

d'état-major des armées de répondre honnêtement aux questions des parlementaires,

représentants du peuple, membres des commissions concernées et de leur dire non pas sa

vérité mais la vérité sur la situation de nos armées, surtout lorsque le pays est en guerre.

Et il faut bien qu'en dernier ressort, les citoyens soient informés de la situation. C'est le devoir du

Chef d'état-major des armées, que cela plaise ou pas, même au président de la République.

 

Général (2s) Antoine MARTINEZ

 

 


Écrire commentaire

Commentaires : 0