Edito du Président de la Saint Cyrienne

Paris le 18 mai 2015

 

Il est des dossiers difficiles, celui sur l'honneur du soldat ou, ici, de l'honneur de l'officier en est un. Vous pourrez lire de belles pages écrites par des officiers encore élèves à l'ESM et d'autres par des officiers ayant l'expérience du commandement, voire du commandement au feu. Je me garderai d'oublier les plus anciens qui, en dépit de leur sagesse, brûlent de passion dès que l'on évoque l'honneur. Pour ma part, je définis ce dernier comme le comportement qui vise à mettre en accord ses actions avec ses principes. Ceci à l'avantage de pouvoir s'appliquer à un officier mais aussi à d'autres catégories d'hommes et de femmes. Le respect de la mission, la discipline, le courage, l'esprit de sacrifice, l'esprit de corps et le respect des autres, autant de principes que je partage très certainement avec beaucoup d'autres qui commandent ou ont commandé.

 

L'honneur implique aussi soumission et estime. Soumission au drapeau qui représente notre patrie et qui dans chaque formation porte sur ses soies la gloire de nos armes et de nos anciens. C'est pourquoi ceux qui insultent ou qui ont insulté à un moment quelconque les trois couleurs de la France ne peuvent pas trouver grâce. Que certains soient surpris d'une telle virulence, je n'en ai cure car elle est toutefois infiniment moins violente que celle qui emportait tous les combattants regroupés dans bien des combats pour protéger notre drapeau, le relever, le porter en avant et finalement le faire flotter. Tous, nous avons expliqué à nos recrues le sens de l'importance des trois couleurs nationales durant des prises d'armes chargées de symbole. Les drapeaux et étendards ne s'inclinent que devant le Président de la République chef des Armées. C'est dire l'immense responsabilité de ce dernier pour qu'un message fort et clair, en appui de la loi, soit toujours adressé aux Français, afin que ceux-ci comprennent, génération après génération, le respect dû au drapeau.

 

Rendre les honneurs, outre ceux qui sont dûs au Président, Premier ministre, ministre de la Défense et aux autorités militaires, aux soldats tombés morts pour la France en faisant leur devoir fait partie du cérémonial militaire. Attention en ces temps troublés à ne pas tout confondre au risque d'une grave perte de sens ; ainsi une victime n'est pas un héros et réciproquement. Une victime suscite la compassion, et c'est normal, un héros réalise une action exceptionnelle très souvent avec l'aide de ceux qui font leur devoir avec honneur. Au moment de commémorer le soixante-dixième anniversaire de la Libération, qu''il serait grand de donner en exemples aux Français de jeunes résistants, compagnons de la Libération, jeunes héros immortels !

 

Pour faire face au terrorisme, nos troupes sont engagées en Afrique et en Irak, d'autres le sont sur le territoire national. De nombreux membres de notre association sont à la tête de leurs hommes pour remplir des missions délicates et souvent dangereuses ; nous les soutenons avec cette régularité qui s'appelle la fidélité à notre engagement de jeune saint-cyrien. Ils ont l'honneur de porter les armes de la France.

 

Les autorités politiques ont pris conscience de la nécessaire adéquation missions-moyens, il était temps. Nous suivrons avec attention et même vigilance les mesures prises en ce sens pour que cela se concrétise dans la durée, c'est notre devoir, tout simplement.

 

Alors en avant, même en serrant les dents et qui sait, un jour, avec le sourire !

 

Général de corps d'armée (2s) Dominique DELORT

 

 



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