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Colonel à la retraite

Cahiers de doléances : rien de nouveau au royaume de France ?

Le 24/01/2019

Vous avez envie de participer au grand débat national, donner votre contribution aux cahiers de doléances ? Oui, mais vous êtes à court d’idées. Bon, vous pouvez toujours, évidemment, pomper sur votre voisin et pratiquer sans vergogne le copier-coller. Une autre suggestion, plus originale, c’est d’aller voir ce que nos ancêtres écrivirent en 1789 dans nos provinces avant que ne se rassemblent, à Versailles, les États généraux. Vous risquez d’être surpris par certaines de ces doléances, vieilles de 230 ans, qui résonnent curieusement avec l’actualité, si tant est que vous fassiez un effort de transposition…

« Qu’il soit arrêté… que la France est une monarchie héréditaire dans la maison régnante, de mâle en mâle, par ordre de primogéniture.

Que le pouvoir d’établir des impôts appartient à la nation seule.

 

Que la liberté de la presse soit autorisée, avec les modifications nécessaires pour maintenir l’ordre public, les mœurs et la religion.

 

Qu’il ne soit fait aucun emprunt que du consentement de la nation.

 

Que la justice soit rapprochée des justiciables ; en conséquence qu’il soit érigé des cours souveraines à une distance convenable.

 

Que le déficit soit déterminé d’une manière invariable.

 

Qu’examen soit fait des titres des pensions et gratifications, pour éteindre celles qui ne sont pas fondées sur des services rendus à l’État, et réduire celles qui sont exorbitantes.

 

Que dans les impôts à établir, ceux sur les biens-fonds* n’écrasent pas la classe indigente, par leur poids ou leur inégalité ; ceux sur les personnes atteignent principalement les rentiers et capitalistes, et ceux sur les consommations tombent principalement sur les marchandises étrangères et de luxe.

 

Que les différents droits de péage sur les rivières, les routes et à l’entrée des villes soient supprimés.

Que la paie du soldat soit augmentée…

 

Que dans les examens des chirurgiens qui se destinent au service des campagnes, il soit apporté autant d’attention et de sévérité que pour ceux qui s’établissent dans les villes.»

 

Tiré du Cahier des plaintes et doléances des trois ordres de la Province de Bresse. Ces plaintes et doléances sont celles du tiers état, rassemblées par les trente et un commissaires nommés par cet ordre et d’après les cahiers particuliers des paroisses et communautés de la Province. Elles furent largement consenties par les représentants des ordres du clergé et de la noblesse.

 Source : https://www.bvoltaire.fr/cahiers-de-doleances-rien-de-nouveau-au-royaume-de-france/ 


Lutte contre les groupuscules d’extrême droite : et contre les groupuscules d’extrême gauche, on fait quoi ?

Le 25/01/2019

Jean-Luc Mélenchon peut être content de lui : le groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale a obtenu, en vertu de son « droit de tirage pour la session 2018-2019 », sa commission d’enquête sur les groupuscules d’extrême droite. La demande remontait à novembre dernier. Les députés Insoumis avaient signé une proposition de résolution dans ce sens. Selon l’exposé des motifs de cette résolution, « depuis quelques mois, des groupuscules d’extrême droite agissent en toute impunité dans le pays ». La République en danger, et tout ça…

Première remarque : n’y a-t-il que ces groupuscules qui agissent en toute impunité ?
Prenons l’exemple des violences commises par les Black Blocs à l’occasion de la manifestation du 1er mai 2018. Ils étaient environ 1.200, cagoulés, vêtus de noir, armés de cocktail Molotov, de pavés. A-t-on vu, alors, une commission parlementaire se créer pour lutter contre les groupuscules d’extrême gauche qui, tout autant, peut-être plus que les groupuscules d’extrême droite, ont pour « premières victimes » « nos jeunes, lycén-ne-s et étudiant-e-s » (sic) ? Certes, les députés communistes déposèrent, dès le 4 mai 2018, une demande de création de commission pour « faire la lumière sur les conditions dans lesquelles s’est déroulé le défilé du 1er mai 2018″. Mais il s’agissait là de chercher les responsabilités en amont, les dysfonctionnements de l’État qui amenèrent à ces violences. Pas d’enquêter sur les groupuscules en cause. Dans l’exposé des faits, il est question de « groupuscules » sans, du reste, préciser « d’extrême gauche », et si l’on y évoque, à juste titre, la nécessité de « mettre un terme à ces violences répétées lors des manifestations », les députés communistes se gardent bien de parler de « dissolution » de ces groupuscules.

Le parallélisme des formes ne serait donc pas le fort de la gauche ? Mais c’est comme ça depuis toujours. Par exemple, à gauche, on fait la révolution. À droite, des coups d’État. Pas pareil.

Mais revenons à la résolution des Insoumis qui a conduit à la création de cette commission. Des exemples incontestables de violences émaillent cet exposé mais l’opération pacifique de Génération identitaire au col de l’Échelle, l’an passé, pour interdire la violation de notre frontière par des clandestins est citée comme l’une de ces actions violentes. L’on y cite même l’université d’été de l’Action française au château d’Ailly, en août 2018 ! De là à ce que les funérailles du comte de Paris passent pour factieuses… L’accusation de racisme, antisémitisme, sexisme et homophobie est évidemment portée indistinctement sur ces « groupuscules », ce qui reste probablement à démontrer pour chacun d’eux. Mais amalgamons tout ça dans un grand tout « groupuscules d’extrême droite », et roule la charrette !

Bien sûr, on ne peut s’empêcher de penser qu’avec la création d’une telle commission, si l’on peut donner indirectement un coup de griffe au Rassemblement national, on ne va pas se gêner non plus. Selon, toujours, ce même processus de l’amalgame : qui dit groupuscule d’extrême droite dit extrême droite. Qui dit extrême droite dit droite extrême, et qui dit droite extrême dit droite nationale, etc… Vous connaissez la suite. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils se garderont bien d’enquêter, comme l’a suggéré la députée de l’Hérault Emmanuelle Ménard, sur « tous les groupes violents sans distinction d’appartenance politique ».

On notera tout de même, parmi les vingt-six membres de cette commission, la présence du délicieux M’jid El Guerrab. Vous vous souvenez de lui ? Ce député ex-LREM des Français d’Afrique du Nord et de l’Ouest avait porté des coups de casque à un cadre du Parti socialiste, Boris Faure, le 30 août 2017, ce qui avait valu à ce dernier un traumatisme crânien et une hospitalisation en soins intensifs. Sorti de l’hôpital, Boris Faure avait déclaré : « M’jid El Guerrab aurait pu tuer, il reste député. » Ainsi va la vie. Le 25 août 2018, ce même M’jid El Guerrab participait à l’université d’été de La France insoumise à Marseille. Il avait alors déclaré à Marianne : « Je connais bien les Insoumis, je suis derrière eux dans l’Hémicycle. On mène certains combats ensemble. » On voit ça.

 

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/lutte-contre-les-groupuscules-dextreme-droite-et-contre-les-groupuscules-dextreme-gauche-on-fait-quoi/

 


Grand débat national : bonne nuit, les petits !

Le 26/01/2019

Le marchand de sable va passer

On leur avait dit d’arrêter de « faire de la pédagogie », que les Français ne sont pas des enfants et que la France n’est pas une école élémentaire. Mais c’est plus fort qu’eux. C’est, surtout, plus fort que LuiLui ? Emmanuel Macron, évidemment.

Jeudi, à Bourg-de-Péage, dans la Drôme, il s’est invité dans un débat du grand débat. Avec de vraies gens comme dans la vraie vie. Triés sur le volet ? On n’en sait rien. Disons, déjà, comme l’aurait dit M. de Lapalisse, que ceux qui n’avaient pas envie de se farcir un long monologue présidentiel ne sont pas venus. Ça doit éliminer pas mal de monde, quand même. La sélection naturelle a du bon ! Mais, disons-le, par convention de manœuvre, ces gens, c’était vous, nous, bref, des Français, les Français. Et Il nous a fait son show. Ça, on commence à être habitué et à se lasser. On a compris qu’il veut renouer le contact avec les Français, si tant est qu’il l’ait jamais eu (les meetings de campagne, façon show évangéliste, ça n’était pas vraiment la France qu’on retrouve depuis deux mois dans la rue).

Donc, faire accessible. Parler simplement. Parfois trivialement, pour ne pas dire plus. Est-ce pour autant qu’il faut parler aux Français de manière paternaliste ? « Les vraies réformes, elles vont avec la contrainte, les enfants », s’exclame le Président pour expliquer qu’il a été élu démocratiquement et que, donc, il était tout à fait légitime pour appliquer son programme. Euh, dis-donc, Manu, t’es qui, toi, pour nous interpeller ainsi ? Même de Gaulle, qui avait passé l’âge d’entamer une carrière de dictateur lorsqu’il devint président de la République, ne s’adressera jamais ainsi aux Français. Question d’époque. D’éducation, peut-être, aussi. Il paraît qu’Emmanuel Macron n’est pas né avec une cuillère en or dans la bouche (c’est lui-même qu’il l’a dit durant cette séquence drômoise). Mais en argent, tout de même : son père ne poussait pas un wagonnet au fond d’une mine et sa mère ne s’épuisait pas à faire des lessives au lavoir par des moins dix l’hiver, puisque tous deux étaient médecins. Comme quoi la cuillère en argent ou en or ne fait pas tout en matière d’éducation. Loin de là, semble-t-il. Car est-ce bien élevé de s’adresser ainsi à ses compatriotes, dont certains pourraient être vos parents ?

Tiens, je pense à une chose, puisque j’évoquais le général de Gaulle (esprit d’escalier, es-tu là ?) : il me semble que la dernière fois qu’un chef de l’État a appelé les Français « enfants », c’était le maréchal Pétain à l’occasion de la Noël 1940. « Serrez-vous, ce soir, autour de moi, pour que cette France, une France neuve et saine, grandisse et se fortifie… Bon Noël, mes enfants. Et vive la France ! » Bon, Macron – pardon, Monsieur le Président de la République – n’a pas dit « mes enfants » mais « les enfants ». Nuance. C’est vrai. Il n’empêche, le mot est lâché. Et les enfants, ça fait quoi ? Des enfantillages. Donc, on est bien d’accord, les enfants, vous arrêtez votre chahut, vous vous mettez en pyjama, vous vous brossez les dents et je viens vous raconter une belle histoire avant que Nounours n’arrive avec le marchand de sable. Bonne nuit, les petits !

 

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/grand-debat-national-bonne-nuit-les-petits/

 


La République en marche, le parti de l’ordre ? On se pince…

Le 27/01/2019.

Emmanuel Macron et La République en marche remontent dans les sondages. Si les élections européennes avaient lieu aujourd’hui, le parti du Président arriverait en tête, avec ou sans liste des gilets jaunes. On a bien compris que l’objectif majeur pour le pouvoir est que le dimanche 26 mai soir, LREM soit en tête. Même si c’est à un poil du Rassemblement national, peu importe. Même si cela doit représenter 10 % du corps électoral, peu importe. Même si c’est une victoire à la Pyrrhus, peu importe. Vous vous débrouillez comme vous pouvez, les enfants, mais il faut être en tête.

Alors, faisons de ce mouvement « protéiforme » des gilets jaunes qui nous a affaiblis une force. Une liste « gilets jaunes » aux élections européennes ? Bonne idée. La démocratie doit pouvoir s’exprimer. Et si cela peut allier l’utile à l’agréable, on ne va pas se gêner : le Rassemblement national perdrait trois points, selon le dernier sondage de l’institut Elabe. Pas besoin d’avoir fait dix ans d’études de sciences politiques pour comprendre ce qui est « cousu de fil jaune », pour reprendre l’expression d’Éric Zemmour.

Il n’empêche qu’avec ou sans liste « gilets jaunes », le parti du Président monte dans les sondages. Pourquoi ? C’est toujours la même chose. Un truc qui marche pas mal, en France : le parti de l’ordre. Le joker qui marche du feu de Dieu. C’est l’économiste Jacques Sapir qui fut l’un des premiers à voir venir le coup. Le 5 janvier, il publiait une tribune sur Sputnik dans laquelle il soulignait le fait que, moins de deux ans après qu’Emmanuel Macron s’était présenté comme le candidat du « parti en mouvement », il s’affirmait désormais comme le Président du « parti de l’ordre ». Et il est vrai que la répétition des manifestations, samedi après samedi, les violences, les dégradations de biens publics et privés en marge des manifestations des gilets jaunes ne peuvent que jouer, à la longue, en faveur du pouvoir. En gros, ça commence à bien faire. Alors, Castaner joue et surjoue son rôle de « premier flic de France ». Le pouvoir joue, surjoue la carte du parti de l’ordre.

Mais il s’agit là d’un ordre immédiat, superficiel : celui qui permet de rassurer le « bourgeois » qui a envie d’aller faire ses courses sans encombres le samedi après-midi et de trouver de l’essence à la pompe. Alors même qu’Emmanuel Macron et La République en marche s’apprêtent à remettre en cause un ordre bien plus important, un ordre essentiel, naturel. En effet, lorsqu’on envisage de légaliser la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes, mesure qui ouvrira immanquablement la voie vers la gestation pour autrui au profit des couples d’hommes, lorsqu’on veut abolir les souverainetés nationales historiques au profit d’une hypothétique « souveraineté européenne », est-on bien légitime pour s’ériger en défenseur de l’ordre, à longueur de plateaux télé, comme le font les élus du parti présidentiel, notamment au lendemain de l’acte XI ? « L’ordre doit revenir », assène, martial, le député LREM de Paris Sylvain Maillard sur BFM TV

Les héritiers de Mai 68 encostardés qui s’érigent en défenseurs de l’ordre : certainement l’une des grandes impostures de notre époque. Il serait temps que les défenseurs de l’ordre essentiel et naturel se réveillent et comprennent bien ce que représentent et incarnent Emmanuel Macron et son parti. Et mettent en cohérence leurs convictions essentielles avec leurs intentions de vote… et, in fine, leur vote.

 

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/la-republique-en-marche-le-parti-de-lordre-on-se-pince/

 


Lois anti-casseurs : en marche vers Vichy ?

Le 31/01/2019.

La France vit-elle une dérive autoritaire ? On peut se poser la question quand une ONG comme Amnesty International, dès le 17 décembre dernier, publiait un rapport titrant « Usage excessif de la force lors des manifestations des gilets jaunes ». Quand Christophe Castaner déclare, dans une interview, le 11 janvier, que « ceux qui viennent manifester dans des villes où il y a de la casse qui est annoncée savent qu’ils seront complices de ces manifestations-là ». Des propos que l’avocat Marine Le Pen avait qualifiés de « nouvelle provocation verbale » et d’« ineptie juridique qui attente gravement à notre État de droit ». Ineptie tout court, pourrait-on même carrément dire, si on prend la peine de relire attentivement les propos du ministre de l’Intérieur.

C’est fou, d’ailleurs, comme on devient vite complice d’un crime ou d’un délit dans le système intellectuel castanero-macronien : par exemple, vous êtes contre le traité d’Aix-la-Chapelle ? Vous voilà, subitocomplice des crimes du passé ! Dixit Macron. Et, du reste, on peut se demander si la création d’une loi pour faire la chasse aux « fake news » – aux « infox », comme on dit désormais – ne relève pas de la même démarche intellectuelle : pour peu que l’on arrive à faire passer une opinion pour une fausse nouvelle, on arrivera bien à faire taire en amont les velléités d’opposition, tout comme Castaner essaye d’empêcher en amont les velléités manifestantes. Une sorte de principe de précaution qu’on voudrait voir appliquer par ailleurs : par exemple, pour lutter contre le terrorisme islamiste…

Et n’est-ce pas cette démarche, que l’on pourrait qualifier de dérive, que le député UDI Charles de Courson vient de dénoncer à l’Assemblée au sujet de la proposition de loi anti-casseurs ? Charles Amédée du Buisson de Courson ? Pas spécialement un gauchiste ! Ce député UDI de la Marne depuis 1993, bien connu pour ses prises de position contre la dérive de la dépense publique, se caractérise par son indépendance d’esprit et la rigueur de son jugement. Aussi, lorsqu’il s’exprime, sa parole porte. Le projet de loi sous les yeux, il lance dans l’Hémicycle : « Une autorité administrative [le préfet] va priver un individu de sa liberté de circulation et de manifester au motif qu’il y a une présomption – bon, on va lui interdire -, des raisons sérieuses de penser – qui apprécie les raisons sérieuses ? L’autorité administrative ! Bon, bah, allons-y ! -, de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public… Mais où sommes-nous, mes chers collègues ? C’est de la dérive complète. On se croit revenu sous le régime de Vichy. Mais oui, vous êtes présumé, par votre attitude, être résistant, donc on vous entaule. Voilà ! Par l’autorité administrative ! Mais où sommes-nous ? Mais réveillez-vous, mes chers collègues ! » Propos qui ont, évidemment, soulevé le tollé dans les bancs de la majorité. Mais M. de Courson sait de quoi il parle car il sait d’où il vient : avec un père résistant et un grand-père, le marquis Léonel de Moustier (1882-1945), qui fut l’un des rares députés à avoir refusé les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940, qui s’engagea dans la Résistance, fut déporté et mourut des suites de sa déportation.

Qu’un député de haut lignage parlementaire, issu d’une famille dont les « preuves » sont incontestables, ose parler de « dérive complète » aurait peut-être dû interpeller « quelque part » les « petits marquis » de la Macronie au sujet de cette question des libertés fondamentales dans notre pays.

Apparemment, non : le texte a été adopté par l’Assemblée.

Mais l’on est rassuré : Castaner, qui s’y connaît, a dit qu’il « ne faut pas caricaturer ».

 

Source : https://www.bvoltaire.fr/lois-anti-casseurs-en-marche-vers-vichy/?mc_cid=e0745efed2&mc_eid=c2875309d7



Laurent Nuñez contre les adorateurs du régime de Vichy

Le 02/02/2019.

Nous avons eu droit aux factieux, aux séditieux, aux émeutiers, aux chemises brunes. Voici, maintenant, les adorateurs du régime de Vichy. Répondant à l’opposition virulente du député UDI Charles de Courson à la loi anti-casseurs, évoquée ici même, il y a deux jours, le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez, a expliqué doctement au micro de RTL, vendredi matin, que le député de la Marne ne comprend pas ce qui se passe actuellement dans notre pays. « Cette loi vise à écarter les adorateurs du régime de Vichy. »

Dans la série « Des vessies pour des lanternes », on atteint des sommets. Ce qui a fait bondir l’avocat Gilles-William Goldnadel, bien connu des lecteurs de Boulevard Voltaire et pas spécialement adorateur dudit régime : « Il y avait longtemps qu’on ne nous avait pas fait avaler notre petite pastille de Vichy. » Un peu confus dans ses propos, Nuñez ajoute : « C’est plutôt dans ce sens-là, je veux dire, la référence au régime de Vichy. » Et pour les adorateurs du régime de Staline ou de Castro, pendant que nous y sommes, on fait quoi ? Et la béquille de Castaner d’insister lourdement : « Nous avons aussi des adorateurs du régime de Vichy qui sont parmi les casseurs. » S’il nous dit qu’il y a des adorateurs du régime de Vichy parmi les casseurs, c’est que c’est vrai. M. Nuñez est un homme bien informé, qui ne dit pas n’importe quoi. La preuve, la semaine dernière, après que le gilet jaune Jérôme Rodrigues avait été blessé à l’œil, il affirmait qu’« il n’avait aucun élément qui » lui permettait « de dire qu’il y a eu usage du lanceur de balle de défense à cet endroit-là et qui aurait touché monsieur Rodrigues », précisant, très pro, que « les 32 tirs ont été filmés, y compris les 18 qui ont eu lieu à la Bastille et à ce moment-là, nous n’avons pas de tir de lanceur de balle de défense ». Bon, en fin de semaine, on apprenait qu’un policier avait reconnu, dans un rapport, avoir fait usage du LBD sur un manifestant qui jetait des projectiles sur les policiers, mais pas sur Jérôme Rodrigues. Déclaration qui venait sérieusement contredire les propos très affirmatifs du secrétaire d’État.

Donc, des adorateurs du régime de Vichy. Et les 1.200 Black Blocs du 1er mai 2018, c’est des adorateurs du régime de quoi ? Cela dit, nous avons bien le député de Vaucluse Adrien Morenas, dont l’ignorance crasse fait peine à voir, qui voit en quelque sorte dans les Scouts unitaires de France de la graine de fachos. Il faudrait, du reste, qu’il en parle à son collègue et néanmoins président de groupe à l’Assemblée, le délicieux Gilles Le Gendre. Cet ancien de Sainte-Croix de Neuilly n’est autre que le frère d’Olivier Le Gendre (1950-2014), l’un des fondateurs desdits Scouts unitaires de France. Pendant qu’il y est, il pourrait même le faire auditionner par la commission parlementaire chargée d’étudier les groupuscules d’extrême droite !

Certaine voit des nains partout, Emmanuel Macron la main de Poutine dans la culotte de chaque gilet jaune et Nuñez des adorateurs du régime de Vichy dans les casseurs. On a envie de leur demander si c’est de la bonne. On ne saurait trop leur recommander de prendre leurs pastilles… de Vichy.

 

 

Source : https://www.bvoltaire.fr/laurent-nunez-contre-les-adorateurs-du-regime-de-vichy/?mc_cid=db4ee5f429&mc_eid=c2875309d7

 


Diplomatie franco-allemande : soumission

Le 06/02/2019.

Mais à quoi joue donc Emmanuel Macron avec le siège de la France au Conseil de sécurité de l’ONU ? Ce siège de membre permanent obtenu parce que la France était à la table des vainqueurs en 1945 : ça plaît, ça plaît pas, mais c’est comme ça et c’est l’Histoire. En mars, la France présidera le Conseil de sécurité et, en avril, ce sera au tour de l’Allemagne (en temps que membre élu pour deux ans) de le présider, toujours pour un mois, puisque telle est la durée de cette présidence tournante.

À l’occasion de cette conjonction des planètes, la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies à New York vient de publier un petit clip de propagande intitulé « Dans un mois, une présidence du Conseil de sécurité historique ». Ce petit film nous explique que « pour la première fois aux Nations unies, DEUX pays assurent une présidence conjointe du Conseil de sécurité » : France et Allemagne. Tout ceci sur fond de la photo du général de Gaulle embrassant le chancelier Adenauer, suivie immédiatement de celle de Macron et Merkel. Ça fait toujours bien d’invoquer les grands ancêtres en faisant croire que l’on s’inscrit dans leur lignée. C’est le principe des grandes usurpations.

Une initiative, en tout cas, qui s’inscrit tout à fait dans l’esprit et la lettre du traité d’Aix-la-Chapelle, signé le 22 janvier dernier. En son article 8, ne lit-on pas : « L’admission de la République fédérale de l’Allemagne en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies est une priorité de la diplomatie franco-allemande. » Il y a avait une diplomatie française. Il y avait une diplomatie allemande. Il y a donc une diplomatie franco-allemande. Bismarck n’en aurait sans doute pas demandé autant ! Un traité, du reste, dans lequel l’Allemagne gagne tout et la France rien. Le jour – encore hypothétique, certes – où l’Allemagne accédera à ce Saint des saints qu’est le club restreint des membres permanents du Conseil de sécurité, que restera-t-il à la France pour peser face à une Allemagne déjà toute-puissante économiquement ? Notre armement nucléaire ? C’est la France qui le finance mais, toujours par ce traité, c’est l’Allemagne qui pourrait aussi en bénéficier, puisqu’il est bien spécifié, dans l’article 4, que la France et l’Allemagne « se prêtent aide et assistance par tous les moyens dont ils disposent, y compris la force armée, en cas d’agression armée contre leurs territoires » Ce n’est pas une option, c’est une obligation.

Mais revenons à cette « présidence conjointe ». La page Twitter de notre Représentation à New York, est pour le coup, pleine d’enseignements. Un twitto demande une explication sur ce clip et publie, malicieusement, un extrait du texte publié sur le site du gouvernement, à l’issue de la signature du traité, afin de lutter contre les fausses nouvelles : « Jamais aucun “partage” ou “cession” du siège français au profit de l’Allemagne n’a été mentionné ou envisagé. » Réponse de la Représentation à New York : « En effet, aucun “partage” de siège n’a été mentionné ou envisagé. En mars et avril, chaque pays présidera chacun son tour, selon les règles du Conseil. » Donc, le clip officiel raconte n’importe quoi. Pas très convaincu, un autre twitto pousse dans ses retranchements la Représentation : « Donc, la France ne partagera mais cédera son siège temporairement au profit de l’Allemagne ? Soyez précis dans vos réponses. » Réponse de la Représentation : « La France ne cédera pas son siège. La France présidera en mars, l’Allemagne en avril. Et nous avons décidé de présider conjointement durant ces deux mois, pour renforcer nos positions. » Au passage, cela va d’abord renforcer les positions de l’Allemagne, mais bon…

Un autre twitto résume parfaitement la situation : « On partage notre siège mais sans le partager. C’est orwellien. » À quand Merkel venant présider le Conseil des ministres à l’Élysée ? Ce qui était inenvisageable, hier, devient possible, aujourd’hui, et sera obligatoire, demain. Accoutumer…


France-Italie : c’est la guerre ?

Rien ne va plus entre la France et l’Italie, ou tout du moins entre les deux gouvernements et, plus précisément encore, entre Emmanuel Macron et le duo Salvini-Di Maio. La France (fait rare) vient de rappeler son ambassadeur pour consultation. Ce n’est pas encore la guerre mais, dans l’échelle des mesures diplomatiques, en cas de litige entre deux pays, ce n’est pas rien. Ce n’est pas rien, d’autant que nous avons affaire à deux pays frontaliers, deux pays fondateurs et membres de l’Union européenne, deux pays membres de l’OTAN.

Qui a fait l’œuf, qui a fait la poule – ou le coq – dans cette brouille macro-romaine ? Difficile à dire mais les faits sont là. Et Emmanuel Macron – pour une fois ! – n’est peut-être pas le seul responsable. Nous ne remonterons pas à la guerre des Gaules mais, plus modestement, à celle que Nicolas Sarkozy fit en Libye en 2011 avec le coup de pouce qu’elle apporta à l’accélération du chaos migratoire dans le monde méditerranéen. Phénomène que l’Italie, malgré elle, dut subir, de par sa géographie, en première ligne, des années durant et seule. En septembre dernier, le ministre de la Défense italien Elisabetta Trenta (du Mouvement 5 étoiles) avait, du reste, pointé cette responsabilité française en déclarant : « Il est indéniable qu’aujourd’hui ce pays [la Libye] se retrouve dans cette situation parce que quelqu’un, en 2011, a privilégié ses intérêts. » Allusion on ne peut plus claire.

Et puis, évidemment, il y a eu ces échanges d’amabilités, de part et d’autre des Alpes, depuis que les « populistes » sont arrivés au pouvoir en Italie. Au cœur de cette brouille, la question migratoire. Le 21 juin dernier, depuis Quimper, Macron se lançait dans une « envolée de bois vert » qui désignait, entre autres, clairement, Salvini : « Vous les voyez monter, comme une lèpre, un peu partout en Europe, dans des pays où nous pensions que c’était impossible de les voir réapparaître. Et les amis voisins, ils disent le pire, et nous nous habituons ! » Salvini, qui n’a pas fait ses classes dans la diplomatie ou chez une dentellière, répondait, quelques jours après : « Si l’arrogance française pense transformer l’Italie en camp de réfugiés pour toute l’Europe, peut-être en versant quelques euros en pourboire, elle se fourvoie complètement. » Il ajoutait : « Nous sommes peut-être des populistes lépreux, mais moi, les leçons, je les prends de qui ouvre ses ports. Accueillez les milliers de migrants et après on en reparlera. » Et l’on pourrait citer encore bien d’autres échanges d’amabilités, au sabre ou à fleuret moucheté.

La question migratoire est évidemment au cœur de cette chamaillerie entre cousins latins. Mais, plus largement, ne doit-on pas y voir deux conceptions de l’Europe qui s’affrontent ? D’un côté, une vaste plate-forme d’échanges financiers et commerciaux, reliée au grand tout et n’importe quoi mondial, où les hommes sont finalement des consommateurs-producteurs interchangeables ? Ou bien une civilisation qui trouve ses racines à Rome et Athènes, constituée d’une mosaïque de nations millénaires ? Salvini ne lit peut-être pas Paul Valéry dans le texte comme Macron, mais il a sans doute l’intuition que les civilisations sont mortelles.

En tout cas, le rappel de notre ambassadeur à Rome est une manière, pour Emmanuel Macron, de mettre en scène, de se mettre en scène, à quatre mois des élections européennes, dans ce combat de titans qu’il souhaite voir s’engager en Europe contre les populistes et où il serait le héros du camp du bien. Visiblement, les prises de position pro-gilets jaunes, tant de Salvini que de Di Maio, ont agacé Paris qui ne digère pas cette ingérence. Il est vrai qu’Emmanuel Macron s’y connaît en ce domaine. Ne déclarait-il pas, en janvier dernier, que l’Italie « mérite des dirigeants à la hauteur » ? À l’heure où sont écrites ces lignes, Salvini et Di Maio se disent prêts à rencontrer Macron. Tragédie ou comédie que tout cela ? « Comediante ! » « Tragediente ! » disait le pape Pie VII de Napoléon. Que disent nos deux Italiens de notre Président ?


Voile islamique en entreprise : la complaisance d’Emmanuel Macron

Soyons clair :
petit 1, Emmanuel Macron ne l’est pas sur la question du voile islamique ;
petit 2, il est en campagne électorale. Et en campagne, toute voix est bonne à prendre.
Jeudi soir, à Pessac (Gironde), le grand débat national avait pris des couleurs de soirée privée : pour participer, il fallait être une femme (voilée ou pas), président de la République ou garde du corps. Ça doit être ce qu’on appelle une société inclusive. Pour ça, peut-être aussi que la salle était tellement peu remplie que les caméras n’ont même pas pu le cacher aux téléspectateurs.

Alors, nous avons eu droit à la scène touchante de cette dame voilée qui a dénoncé la discrimination dont elle serait victime. Là, Marlène Schiappa frémit et tend l’oreille : on est au cœur de son sujet, vu que le Président, au dernier remaniement, lui a refilé en sus le dossier des discriminations. « Je ne trouve pas de travail car le gouvernement a fait une circulaire pour m’interdire de travailler, tout simplement, parce que je porte un foulard », explique la dame voilée. On notera la manière quelque peu biaisée de présenter le « dossier » : c’est ce qu’on doit appeler l’accroche. À l’écouter un peu vite, cette femme serait victime d’une mesure individuelle. Elle précise, néanmoins son cas : « J’ai fait le choix de mettre un foulard, donc je n’ai pas le droit de travailler dans l’administration. » Eh oui, car les agents publics qui travaillent au service et au contact des usagers sont soumis à une obligation de neutralité. Voici ce que dit la loi du 13 juillet 1983, modifiée par celle du 20 avril 2016 : le fonctionnaire « dans l’exercice de ses fonctions est tenu à l’obligation de neutralité. Le fonctionnaire exerce ses fonctions dans le respect du principe de laïcité. À ce titre, il s’abstient notamment de manifester, dans l’exercice de ses fonctions, ses opinions religieuses. » Sauf à changerla loi, la messe est dite, oserions-nous dire à cette dame. Ce que, objectivement, Emmanuel a rappelé très clairement.

Mais c’est après que cela s’est gâté. La dame voilée d’ajouter : « Cette interdiction est arrivée aussi dans les entreprises, toutes les entreprises. On n’a plus le droit de travailler parce qu’on a un foulard. Donc, on nous empêche de travailler, du coup, on fait de nous des assistés… On nous rejette de la société, on nous exclut… » Et là, Emmanuel Macron, très sûr de lui, est parti, bille en tête, sur la grand-route des approximations. D’aucuns ont même parlé de « fake news » ! « La loi, il n’y a aucune loi qui prévoit que, dans une entreprise, on n’a pas le droit d’être embauché parce qu’on a un signe de religion… Je veux tout simplement, ici, rétablir la vérité. »

Sauf que la vérité, ce n’est pas tout à fait cela. La loi Travail, dite El Khomri, de 2016 qui fut discutée, votée, promulguée alors qu’Emmanuel Macron était encore ministre de l’Économie (mais il avait, sans doute, déjà la tête ailleurs…) reconnaît aux entreprises le droit de restreindre « la manifestation des convictions des salariés » à travers une clause de neutralité dans le règlement intérieur. La loi offre donc une certaine liberté en ce domaine aux entreprises : ce qui devrait pourtant plaire à Emmanuel Macron ! Du reste, la Cour de cassation, en novembre 2017, avait rendu une décision qui permet à un employeur de licencier un employé pour port du voile, sous certaines conditions, notamment que le règlement intérieur prévoie la « clause de neutralité ».

Emmanuel Macron est en campagne, disions-nous. Le 5 février 2017, dans un discours, il évoquait une rencontre faite à la gare :  » …une jeune femme est venue me voir en me disant “Moi, on m’empêche de travailler avec le voile”. Ce ne sont pas les règles de la République. Et accepter qu’elle perde un peu de cette liberté, c’est accepter que nous perdions de la nôtre. » C’était à Lyon, premier grand discours de campagne. Déjà en campagne, déjà approximatif, déjà très compréhensif, aussi, envers le port du voile…

 

Source : https://www.bvoltaire.fr/voile-islamique-en-entreprise-la-complaisance-demmanuel-macron/?mc_cid=20a0021fe0&mc_eid=c2875309d7

 


Pie XII, pape d’Hitler ? On le saura peut-être bientôt…

...le 05/03/2019.

Les archives du Vatican ? C’est comme le secret des Templiers, l’homme au masque de fer ou le sexe du chevalier d’Éon : rien de tel pour attiser les fantasmes collectifs. Des fois que, sur un rayon poussiéreux, soit déposé le grimoire prouvant que le Christ était un extra-terrestre… Et les archives du pontificat de Pie XII, cela doit forcément être explosif ! Car on devine quel est LE sujet central.

Le pape François, qui recevait lundi les archivistes du Saint-Siège, a donc annoncé qu’il allait autoriser l’ouverture partielle des archives secrètes du pontificat le plus controversé du XXe siècle. Un pontificat qui s’ouvrit le 2 mars 1939, à quelques mois du déclenchement du second conflit mondial, et s’acheva en 1958. Le plus controversé ? Enfin, pas à son époque. « Pie XII, glorifié de son vivant de façon effarante, est le dernier pontife d’une dynastie de papes-rois », écrivait Robert Serrou, auteur du livre, paru en 1992, Pie XII. Le pape-roi. Hiératique, le visage émacié, prêtre, roi et prophète, aristocrate né – il appartenait à la noblesse noire -, ce pontife était vraiment souverain et n’engageait pas vraiment à faire des selfies lors des audiences hebdomadaires ! C’était l’époque. Lorsqu’il meurt à Castel Gandolfo, le 7 octobre 1958, âgé de 82 ans, Pie XII était considéré par beaucoup comme un saint. N’aurait-il pas eu, d’ailleurs, des visions du Christ ? C’est ce que rapporte Serrou dans son livre. A la fameuse sœur Pascalina, en 1954, il aurait confié : « Madre, je vais vous dire un secret, Tardini* le sait, mais peut-être doute-t-il. J’ai vu le Seigneur. Tout le monde me croit perdu. Mais mon heure n’est pas venue. » Ses funérailles furent grandioses et… télévisées, vues par des millions de téléspectateurs. Une première.

À sa mort, le ministre des Affaires étrangères de l’État d’Israël, Golda Meir, déclara : « Pendant la décennie de terreur nazie, quand notre peuple a subi un martyre terrible, la voix du pape s’est élevée pour condamner les persécuteurs et pour invoquer la pitié envers les victimes… Nous pleurons un grand serviteur de la paix. » On pourrait, du reste, multiplier les témoignages d’éminents représentants de la communauté israélite sur les prises de position du pape face à la Shoah. Mais moins de cinq ans après sa mort, c’était la curée. La pièce Le Vicaire, de l’Allemand Rolf Hochhuth, représentée pour la première fois en 1963, critiqua sévèrement le grand silence de l’Église, et notamment du pape durant la Seconde Guerre mondiale. La « légende noire » était lancée pour ne plus s’arrêter. Ce pape était celui d’Hitler. Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) de 2007 à 2013, écrivait cependant, dans Actualité juive en 2010, dans un article pourtant peu complaisant à l’égard de Pie XII : « Il ne fait pas de doute, contrairement à une légende noire, que Pie XII s’est opposé à la doctrine nazie de l’inégalité des races, si contraire aux fondements même du christianisme ; il l’a exprimé en particulier dans l’encyclique Mit brennender Sorge, écrite par lui [en fait, en partie], publiée pendant le pontificat de Pie XI et lue dans les églises allemandes. »

Au passage, on pourrait s’étonner que le reproche fait de nos jours d’avoir été passif et silencieux sur la Shoah s’applique aussi sévèrement à Pie XII. En tout cas bien plus sévèrement qu’à l’égard de Churchill, Roosevelt, Staline et de Gaulle. Ils savaient, on le sait. En 2012, France 3 diffusait un documentaire intitulé « Ce qu’ils savaient. Les alliés face à la Shoah ». La réalisatrice, Virginie Linhart, expliqua alors au Parisien : « Il ne s’agit pas de porter un jugement a posteriori ni de remettre en cause les grands hommes mais de comprendre comment ils ont mené la guerre. » On aimerait la même objectivité pour Pie XII, que l’on juge depuis bientôt soixante ans. Espérons que l’ouverture des archives de son pontificat permettra de faire entendre un autre son de cloche : à Rome comme dans le monde.

Domenico Tardini (1888-1961), proche de Pie XII. Jean XXIII le créa cardinal et nomma secrétaire d’État en 1958

 

Source : https://www.bvoltaire.fr/pie-xii-pape-dhitler-on-le-saura-peut-etre-bientot/?mc_cid=89a687e2b7&mc_eid=c2875309d7



La petite fessée de l'ONU à E. Macron.

...le 07/03/2019

Franchement, ça la fiche un peu mal : la France, patrie des droits de l’homme, vient de se prendre une petite fessée par l’ONU au sujet des violences policières à l’occasion des manifestations des gilets jaunes. La France qui donne des leçons de morale à la Terre entière, se faire réprimander comme une vulgaire république bananière qu’elle n’est pas ! Où va le monde ? 

 

Notre pays figurerait même sur une liste où l’on trouve aussi Haïti et le Venezuela. Vexant, tout de même. « Est-ce bien raisonnable ? », s’est interrogé, sur Twitter, Christophe Castaner. En effet, Haïti a connu, en février dernier, des manifestations contre la vie chère et la corruption. D’« inacceptables actes de violences », en marge de ces rassemblements, ont d’ailleurs été dénoncés par la mission de l’ONU pour l’appui à la justice (MINUJUSTH), présente sur place, et ses partenaires, dont la France. Quant au Venezuela, le ministre de l’Intérieur a beau jeu de rappeler que Maduro interdit l’entrée de l’aide humanitaire dans son pays. « Est-ce bien raisonnable ? » Comparaison n’est pas raison, et est-il bien raisonnable de comparer la situation de la France à celle de ces pays, disons bien plus troublés que le nôtre. Est-ce à dire qu’à l’ONU, on perdrait la boule ? 

 

Le 14 février, déjà, les « experts indépendants » des droits de l’homme de l’ONU dénonçaient, dans un rapport, des « restrictions graves aux droits des manifestants “gilets jaunes” ». Mais, au fait, d’où viennent ces experts ? Le président est un Coréen (du Sud !), Seong-Phil Hong. Michel Forst est français, ancien directeur général d’Amnesty International France, ancien secrétaire général de la CIMADE, ancien secrétaire général de la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Clément Nyaletsossi Voulé, lui, est togolais, rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association. Aucun Russe parmi ces experts et, pour l’instant, la main de Benalla n’est pas évoquée !

 

Dans ce rapport, accablant pour la France, étaient dénoncées « les restrictions aux droits » qui ont « entraîné un nombre d’interpellations et de gardes à vue, fouilles et confiscations de matériel de manifestants, ainsi que des blessures graves causées par un usage d’armes dites “non létales” »… Soit ces experts sont des rigolos ou ont commis un rapport à charge et la France doit le dire haut et fort. Soit… Mais que disait, mercredi, Benjamin Griveaux, lors de sa conférence de presse hebdomadaire ? « Lorsque les Nations unies s’expriment […] la moindre des choses, c’est de les écouter et de les prendre en considération. » Soit.

 

Cette petite humiliation internationale pour Emmanuel Macron (mais il faut beaucoup d’humiliation pour faire un peu d’humilité !) est d’autant plus grande que le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a demandé instamment à la France une « enquête approfondie » sur les violences policières pendant les manifestations des gilets jaunes. Or, qui est ce haut-commissaire ? Une « sous-secrétaire désœuvrée qui s’est exprimée un jour où elle s’ennuyait », comme l’a tweeté Jean-Michel Aphatie ? Non, Michelle Bachelet, ancienne présidente de la République du Chili de 2014 à 2018 et fille du général d’armée aérienne Alberto Bachelet, arrêté, torturé et mort en prison sous Augusto Pinochet. Michelle Bachelet fut, d’ailleurs, elle-même emprisonnée avec sa mère. On imagine qu’elle a donc quelques compétences en matière de droits de l’homme, même si elle n’a pas le bonheur d’être française (elle l’est quand même un peu par son ascendance paternelle). Avouons qu’une leçon d’un « expert » russe, hongrois ou italien, par exemple, aurait été bien mieux venue. Mais on ne choisit pas toujours ses experts.

 


Églises profanées et vandalisées : le silence « monacal » du pouvoir

Le 08/03/2019.

La semaine dernière, une stèle commémorant l’ancien emplacement de la synagogue de Strasbourg était endommagée. Avant tout résultat d’enquête, on criait au loup antisémite. Pour apprendre, une semaine après, que l’acte était accidentel… Devra-t-on, désormais, parler d’antisémitisme accidentel pour éviter le ridicule à toutes les bonnes âmes qui s’émeuvent par réflexe au moindre graffiti ?

Dimanche dernier, la prestigieuse basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France, subissait des dégradations : grand orgue endommagé, des vitraux brisés. Cela n’a rien à voir, mais rappelons qu’il y a quelques mois, la basilique avait subi l’outrage de migrants, soutenus par l’extrême gauche, qui avaient manifesté dans le sanctuaire comme dans la rue. Comme dans la rue où l’on casse les vitrines, dans l’église on casse des vitraux ! Mercredi, c’est un lieu de culte catholique plus modeste, l’église paroissiale de Reichstett en Alsace, qui a subi des dégradations : un vitrail centenaire brisé, des portes forcées, des vitres cassées. Des inscriptions à caractère satanique à la craie ont été retrouvées sur les murs de l’église. BFM TV, ce vendredi, rappelait qu’en 2018, 90 % des dégradations d’édifices religieux concernaient des bâtiments chrétiens : 878 exactement. Les statisticiens auront beau jeu d’expliquer que cette proportion est normale car (pour l’instant) les lieux de culte les plus nombreux en France sont chrétiens, et principalement catholiques.

Notons, tout de même, que le ministre en charge des Cultes, Christophe Castaner, ne semble pas avoir l’émotion compulsive sur Twitter qu’on peut lui connaître par ailleurs. Pas le moindre tweet ministériel pour condamner de la façon la plus ferme ces actes ignobles et inadmissibles dans une République qui assure à toutes et à tous la liberté de croire ou de ne pas croire. Des actes, qui, croyez le bien, ne resteront pas impunis, etc. Enfin, vous connaissez la chanson… Il est vrai qu’on ne connaît pas encore leurs auteurs et qu’il faut se garder de toute précipitation et surtout d’amalgame, n’est-ce pas. Une marche vespérale à la lumière des bougies n’est donc pas appropriée. Et puis, il se peut aussi que le ministre ait usé son crédit mensuel de superlatifs et d’hyperboles et finisse par être à court.

Cela dit, Christophe Castaner est tout excusé, quand on écoute les propos plutôt lénifiants du président de la Conférence des évêques de France, Mgr Pontier, archevêque de Marseille. Interrogé par Le Point, la semaine dernière, sur la série de profanations d’églises dans le pays, le prélat se voulait rassurant. Et quand des politiques, comme Ciotti, dénoncent une « cathophobie qui gagne tous les milieux et conduit à des violences », l’archevêque répond benoîtement : « Je ne vois pas quels faits permettent à ces politiques de tenir un tel discours. » Vu comme ça, effectivement… Comme disait le prophète Jérémie, « ils ont des yeux mais ne voient point ».

En un temps lointain, on ferma et transforma en parc à fourrage les églises. Bien longtemps après, un certain clergé up to date voulut en faire des lieux de vivre ensemble enrubannés de papier crépon où l’on se regardait le nombril plutôt que de regarder le bon Dieu. Puis, donc, aujourd’hui, le retour des vandales. Et pire que tout : le temps de l’indifférence. Grande pitié des églises de France, pour reprendre le titre d’un livre de Barrès !

 

 

Source : https://www.bvoltaire.fr/eglises-profanees-et-vandalisees-le-silence-monacal-du-pouvoir/?mc_cid=a8ff161fb3&mc_eid=c2875309d7

 

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