Reconstruire notre Défense


Ce texte du général Pierre-Dominique d'Ornano a pour but de souligner à nos conci­toyens les mesures qui doivent rapidement être prises pour que la France puisse faire face aux menaces militaires auxquelles elle est confrontée.

Le club des sentinelles de l'agora, dont l'auteur est le président, regroupe des officiers supérieurs et généraux des trois armées, de sensibilités diverses, mais ayant de multiples expertises et membres de nombreuses associations et institutions de Défense


 

À la confrontation Est-Ouest a succédé un désordre mondial qui a permis les ambi­tions les plus insolentes et les attaques meurtrières les plus déterminées. Le quo­tidien du monde est devenu franchement dangereux. Aucun artifice ne peut plus désormais masquer l'ampleur des défis que l'Europe et surtout la France vont de­voir impérativement relever.

Trois horizons menaçants

       D'abord le réveil à l'Est : il est le fruit d'une politique inféodée aux intérêts des États-Unis. Ceux-ci, désireux d'interdire tout rapprochement de l'Europe avec la Russie, ont entraîné une escalade dangereuse de part et d'autre. Le continent européen est durablement déstabilisé à ses marches orientales, sans qu'aucune solution pragmatique ne perce le plafond de verre d'une morale de posture qui ne peut effacer la pauvreté de notre réflexion géopolitique.

       Les désordres de l'aire arabo-persique et du sud de la Méditerranée, quant à eux, sont devenus en moins de vingt ans le second horizon de nos soldats. Tant au Proche-Orient qu'au Maghreb et dans la vaste zone sahélienne, ils se nourrissent autant du ressentiment de civilisations maltraitées par la modernité occidentale que du souvenir de la contrainte coloniale. Appuyés sur le courant salafiste du sun­nisme wahhabite, attisés jusqu'à plus soif par le conflit israélo-palestinien, ces désordres, qu'on se décide enfin à qualifier de guerre, appartiennent désormais au temps long et frappent jusqu'au ceur de notre civilisation, de notre territoire.

       Ce troisième horizon, avant tout national, si l'on n'y porte pas remède, sapera la solidité même de la Nation, rendant illusoire de penser regagner, un jour, notre liberté d'action et notre rang, même en Europe.

Dans ce contexte qui se dégrade inexorablement, les gouvernements européens ont été incapables de définir une même politique étrangère et de sécurité conforme à leurs intérêts. La rédaction de nos Livres blancs successifs n'a fait qu'entériner les visées d'une économie de comptables jouant du militaire pour ajuster d'impossibles équilibres budgétaires.

 

"Personne, pas même l'Europe, ne viendra régler nos problèmes domestiques"

 

Trois volets d'effort

       Devant l'incapacité de la France, appelée à durer, d'obtenir de ses partenaires un concours militaire substantiel, il faut que notre pays reconstruise et maintienne un dispositif militaire qui soit réellement capable de faire face, sans attendre obligatoirement un secours de l'étranger souvent payé de la désillusion et au final de l'échec.

Le maintien d'une dissuasion crédible.

       La défense ultime de nos intérêts vitaux d'abord. Elle est assurée depuis les années 60 par une capacité de dissuasion nucléaire qui doit rester l'ultima ratio de notre politique de défense. En l'absence d'accords effectifs sur le désarmement nucléaire global et face aux multiples risques de prolifération, la dissuasion nucléaire reste encore l'unique rempart crédible à opposer aux perturbateurs atomiques.

Une protection du territoire national renforcée.

Le choc des attentats de janvier dernier révèle ce que d'aucuns dénonçaient depuis longtemps : la faiblesse du volet prioritaire de notre Défense, celui qui permet d'assurer la protection de nos concitoyens sur le territoire national. La puissance publique a le devoir régalien de mettre à la disposition de la sécurité du territoire les forces indispensables mais aussi d'élaborer une politique de reconstruction de la cohésion nationale. Ce sont les deux faces d'une même ambition collective.

Une capacité d'intervention hors de nos frontières remise à hauteur des défis

Le troisième grand volet de notre défense est la projection des forces.

Cette capacité majeure devrait être destinée à peser tant sur les affaires du monde, comme nous l'oblige notre statut de « grande puissance moyenne » et notre qualité de membre permanent du Conseil de sécurité, que de contribuer à la défense bien comprise de nos intérêts nationaux comme européens. Elle concerne aussi ceux de notre « clientèle » historique toujours bien présente notamment dans cette Afrique subsaharienne rongée par des querelles sans fin. Se désintéresser de cette dernière ne serait ni raisonnable ni pragmatique.

Les moyens qui sont affectés à cette projection de forces ..........

 

       ....Vous trouverez la suite de cet article parmi d'autres tout aussi captivants dans le n° 107 de la revue "Engagement" distribuée par l'ASAF pour la modique somme de 5 €.

 

<<Rendez-vous sur le site http://www.asafrance.fr/>>