Le 20/04/2015.

A propos de l'audition du CEMAT le 08 avril dernier.

 

     Je vais tenter de faire un rapide résumé de cette intervention devant les sénateurs de la commission de Défense et d'en extraire quelques éléments qui m'ont paru significatifs. 

 

     En premier lieu, le CEMAT dresse le constat :

     * "Sentinelle" + OPEX, le contrat du livre blanc de 2013 est largement dépassé, avec 12 000 hommes en OPEX et 7 à 10 000 Hommes en OPINT.

     L'ENI est le même à Gao qu'à Paris et les actions de guerre se rapprochent du territoire national. Il y a donc grand risque de prolonger « Sentinelle » sans renforts.

     Une première évaluation chiffre à 77 000 hommes les effectifs nécessaires. Il faut donc un renfort de 11 000 hommes ajoutés aux 66 000 disponibles actuellement.

     La « réserve » se heurte au problème de « citoyenneté ». Le réserviste est un « chômeur » en puissance... et nombreux sont ceux qui ne se vantent pas de leur engagement au service de la Nation.

     Plus que jamais, l'actualisation de la LPM doit nécessairement prendre en compte l'équilibre entre missions et moyens.

     Le contexte semble favorable et les événements récents ont initié une certaine volonté voire une nécessité de remontée en puissance car l'adéquation entre les missions et les moyens a franchi les limites.

     La nouvelle articulation des moyens de l'Armée de Terre , « Au contact » a reçu l'approbation du MINDEF.

La réorganisation s'effectuera autour de sept commandements :

     * Un commandement territorial

     * Un commandement des forces spéciales

     * Un commandement « formation et entrainement ».

     * Quatre commandements spécialisés. (RENS, Cyber, Log et Maintenance)

     Les forces opérationnelles seront organisées en deux divisions à trois brigades Inter-Armes :

Pour les "anciens" et plus de simplicité, je reprendrai une vieille terminologie :

     * Deux brigades « blindées » équipée de chars « Leclerc » rénovés

     * Deux brigades « méca » équipées de « Jaguars » et de « Griffons ».

     * Deux brigades d'infanterie « légères » regroupant des unités « parachutistes » et « Montagne ».

     * Une brigade Aéro-combat.

 Tout cela est me semble très cohérent, mais le seul problème et non des moindres réside dans la décision politique au plus haut niveau : 

« Le Président de la République n'a pas encore décidé.... ! »

     - Fera-t-il preuve pour une fois de courage politique ?

     - Tentera-t-il un fois de plus, une fois de trop, la « synthèse » entre la Défense et Bercy ?

     - Ou pire, renverra-t-il la décision au placard des promesses électorales non tenues ?

     Le temps presse car il faut recruter 5 000 hommes d'ici la fin de l'année 2015, changer la culture d'une institution qui est en « marche arrière » depuis trop longtemps et enclencher la « marche avant »... !

« Si l'on ne fait rien, nous n'aurons plus d'Armée « Serval » dans cinq ans. Si l'on perd certains savoir faire, c'est définitif »

 

Souhaitons beaucoup de courage, de force de persuasion...et de chance au Général Bosser...!

 

JMR

 

 


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