Municipales : Un candidat RN veut former les enfants au tir

Source : https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Municipales-Face-aux-menaces-islamistes-un-candidat-RN-veut-former-au-tir-les-enfants-1671978

..ce n'est pas nouveau...!

...un peu d'histoire ...proposé par le Col. Jean-Pierre Mugg - le 04/02/2020.


BATAILLONS SCOLAIRES. (1881-1892)

 

Après la guerre de 1870 qui vit l’Alsace Lorraine annexée par l’Allemagne un très fort sentiment patriotique se développa en France avec la création du« Souvenir français » en Alsace et sur tout le territoire un fort désir de revanche.

 

C’est dans ce contexte que furent mis en place les « Bataillons scolaires ».

 

L’Idée était de confier aux écoles primaires de la République la mission de susciter un fort sentiment patriotique et de prodiguer aux jeunes « futurs citoyens soldats » une formation militaire et les rudiments du tir.

Le Ministre de la Guerre, le Général Fabre s’exprima ainsi à la chambre de députés lors de la séance du 14 Juin 1881 :

« Le service de trois ans, tel qu’il existe dans un autre pays doit, pour porter ses fruits, avoir été précédé pendant longtemps d’un dressage préliminaire spécial acquis à l’école.

Il faut donc développer l’instruction, l’instruction à tous les degrés, et surtout l’instruction militaire civique.

Cette préparation est nécessaire ; elle est même indispensable avant de réduire le service de trois ans. »

Mr Paul BERT, Libre penseur et républicain, député gambettiste, il est associé à Jules Ferry dans la fondation de l'école laïque. Paul Bert est donc un héros de la république française. De

nombreuses rues portent son nom.

Il fut un grand promoteur de l'égalité républicaine, va s’adresser aux instituteurs le 18 sept 1881 lors d’un banquet républicain.

 

L’ennemi est clairement désigné c’est l’Allemand. Il faut se préparer à le combattre.

Il est décidé de mettre sur pied des Bataillons Scolaires.

Dans la pratique chaque école primaire devient une compagnie d’infanterie.

Les municipalités achètent des petits fusils pour équiper les enfants. L’instituteur et des bénévoles initient les écoliers au maniement d’armes et au défilé et de petits stands de tir réduit installés dans les cours d’écoles permettront d’enseigner les rudiments du tir à courte distance.

« Les exercices militaires de la jeunesse doivent être complétés par la pratique du tir à courte portée. Ce tir s’exécute sans danger dans les cours d’école avec le fusil de petit calibre,. Il convient en outre de créer des sociétés de tir dans toute les communes. Toutes les sociétés de gymnastique doivent joindre la pratique du tir à leurs exercices. Les sociétés de tir qui existent

doivent faire usage des armes de guerre à courte ou longue portée, puisque l’enseignement du tir est donné spécialement en vue de la guerre »

Ça a le mérite d’être clair !

 

Le fusil de l’époque était le fusil modèle 1874 dit « fusil système Gras » du nom de l’ingénieur qui l’avait mis au point.

 

Il fallait donc doter les écoles de ces fusils. On les appela « fusils scolaires » Il s’agissait d’une reproduction réduite (1,14m) du fusil en usage dans l’armée d’après le « système Andreux ».

La maison ANDREUX située 11 rue de Malte à Paris réalisa cette arme ; Elle se proclamait : «  Fournisseur du Ministère de l’Instruction Publique pour les Lycées, collèges et écoles ; Du Ministère de la Guerre pour le Prytanée Militaire de La Flèche ; du Ministère de l’Intérieur pour lesco lonies pénitentiaires et les établissements de l’Assistance Publique.

 

Il était proposé des fusils d’exercice et des fusils de tir.

Deux fusils d’exercice, l’un poli et l’autre bronzé. Et deux fusils de tir, un petit modèle et un grand modèle.

A cela il était possible d’ajouter une baïonnette, un ceinturon avec porte épée.

 

J’ai pu voir différentes variantes allant du simple fusil tout en bois réalisé par le charron du coin en passant par un modèle avec canon en tôle enroulée, voire avec une vraie petite culasse permettant d’effectuer des démontages remontages.

Certains avec tenons baïonnettes d’autres sans.

La Maison Andreux se proposait de fournir également les drapeaux de Bataillons. La Maison Godillot faisait de même.

 

Mon grand père né en 1888 a « servi » dans le bataillon scolaire de son canton.

Il habitait Attignéville, une toute petite commune de la plaine des Vosges, prés de la Meuse. Les fusils étaient tout en bois car les armes Andreux étaient sans doute trop chères. L’exercice était supervisé par l’instituteur et le charron du village. Certains dimanches le Bataillon constitué de plusieurs écoles se rassemblait au chef lieu de canton.

Mon digne grand père fit son service à Toul dans l’artillerie en 1908.

Rappelé en 1914 il traversa la guerre comme maître pointeur sur 75 puis 155 dans le secteur de Verdun et revint gazé.

 

Par ailleurs dans les années 50, j’allais souvent rendre visite avec mes parents à un couple d’instituteur d’un petit village vosgiens prés de Vittel à Mandres sur Vair. Ils habitaient dans l’école. Je jouais donc dans la cour avec leurs enfants. Sous le préau se trouvaient toujours fixées au mur les portes cibles des « bataillonnaires » !!!

 

J’y suis repassé il y a quelques années et par curiosité je suis allé voir.

Ils avaient disparus sans doute enlevé par un « anti armes non violent »

 

En conclusion, on ne peut que constater que la République de Paul Bert et Jules Ferry n’hésitait pas à désigner l’ennemi et à préparer ses « enfants » à devoir l’affronter les armes à la main. C’était compatible avec « Les valeurs de la République ».

 

De nos jours désigner l’ennemi est déjà un pas que toute notre classe politique est incapable de franchir sans de compliquées précautions oratoires et envisager de préparer la jeunesse à le combattre c’est tout simplement inenvisageable…..

 

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