Faire taire la "Grande Muette" et ses retraités...!


 

 

...Tout à commencé en Décembre 2014...

Monsieur Gilbert ROGER, sénateur de Seine-Saint-Denis, n'apprécie pas l'éditorial du Général (2s) A. Martinez...

 

 

 

Mais, avant d'aller plus loin, je vous laisse apprécier le parcours "professionnel" de cet élu de la Nation.

http://www.senat.fr/senateur/roger_gilbert11054l.html

 

Je ne permettrai pas le moindre commentaire...chacun appréciera...! JMR

 


Editorial du Gal. A Martinez 

( adressé aux Sénateurs, aux Députés de l'Assemblée Nationale ainsi qu'aux Députés Européens)


 

Alors que les citoyens sont accaparés par leurs difficultés quotidiennes liées à la situation économique qui s'aggrave et que les mécontentements se manifestent un peu partout et alors que le monde politique, lui, semble – c'est ahurissant – déjà plongé dans la préparation de la prochaine élection présidentielle, un cumulonimbus, annonciateur d'un gros orage, est en train de grimper dans un ciel déjà bien gris. Il pourrait même s'agir d'une véritable tempête qui se prépare et qui conduira bientôt, si rien n'est corrigé, à un véritable séisme. Et ce séisme pourrait provoquer une crise d'autant plus importante qu'il se produira là où personne ne pouvait l'imaginer, c'est à dire dans nos armées. La Grande Muette est, en effet, aujourd'hui, à son corps défendant car ce n'est pas dans sa culture, acculée à pousser un grand coup de gueule. Car la crise qui frappe nos forces armées est aujourd'hui dramatique. Peut-être est-il utile et nécessaire de rappeler respectueusement à nos responsables politiques de tous bords et aux élus de la Nation que nos armées sont chargées d'assurer la première des missions régaliennes de l’État, c'est à dire la défense de la nation et de ses intérêts dans le monde ; c'est ce à quoi s'engagent d'ailleurs avec abnégation et résolution ceux qui servent sous l'uniforme. Et nos officiers qui assument des fonctions de commandement et de responsabilités le font dans des conditions de plus en plus difficiles

aujourd'hui, à tous les niveaux. 

                  Nos forces armées n'en peuvent plus, depuis qu'avec la fin de la Guerre froide nos responsables politiques, pour la plupart manquant de vision à long terme car peu portés, peu inspirés ou peu intéressés par les concepts de géopolitique et de géostratégie, ont considéré qu'il était temps d'engranger les dividendes de la paix, démontrant ainsi qu'ils n'avaient rien compris à la conduite des affaires dans un monde régi par les rapports de force. " Si vis pacem, para bellum ". Sage parole, car c'est parce que l’État consent un effort pour disposer d'une défense efficace que la nation peut vivre en paix avec tous les bienfaits qui en découlent. C'est donc bien l'effort de défense qui produit des dividendes dont le plus précieux est la paix elle-même ; l'absence de protection ne peut favoriser la production de dividendes ; dans ce cas, il n'y a pas de dividendes à engranger.              

Car si la Guerre froide n'existe plus, les menaces, elles, n'ont pas disparu pour autant, bien au contraire ; elles sont devenues différentes et multiformes. Et paradoxalement, nos forces armées n'ont, depuis vingt-cinq ans, jamais été autant lourdement engagées pour faire la guerre à l'extérieur. Pourtant, elles sont confrontées depuis à une baisse drastique et continue de leurs budgets qu'on pourrait même qualifier de véritable purge forcée depuis deux ans, à un allongement des programmes, à une réduction continue des achats de nouveaux matériels ou armements sans parler des réductions d'effectifs inconsidérées, autant de facteurs qui affaiblissent considérablement et dangereusement notre outil militaire et mettent, à terme, sérieusement en péril la sécurité de la France et de ses intérêts. 

         C'est ainsi que depuis vingt-cinq ans, pour donner une simple image illustrative et parlante, l'armée de terre a perdu plus des deux-tiers de ses effectifs (!), l'armée de l'air plus de la moitié de ses avions de combat (!) et la marine opère avec un porte-avions indisponible au moins dix-huit mois tous les sept ans (!)

        C'est ainsi qu'en vingt cinq ans notre pays qui consacrait 3 % de son PIB à la Défense n'en consacre plus que moins de 1,5 (!) Déjà avec le Livre Blanc de 2008 un lourd tribut était imposé à nos armées avec notamment une réduction de 54 000 hommes à réaliser entre 2009 et 2014. On pouvait penser qu'un arrêt serait alors décidé ensuite dans le démantèlement de notre outil militaire après cette sérieuse saignée. Mais c'était mal connaître l'inconséquence de nos responsables politiques qui depuis de très nombreuses années considèrent les budgets de la Défense comme une variable d'ajustement. Alors même que la rédaction d'un Livre Blanc pour la Défense est établi pour marquer

le passage à une nouvelle époque marquée par des changements géostratégiques et géopolitiques dans le monde qui nécessitent une réorganisation de notre modèle de défense (celui de 2008 était le troisième depuis la naissance de la Vème République) et alors même que les mesures décidées en 2008 n'étaient encore pas toutes réalisées, les nouveaux gouvernants décidaient l'élaboration d'un nouveau Livre Blanc dont on pouvait deviner le but.

         Finalement, sur le seul plan des effectifs, en dix ans (le résultat de ces deux Livres Blancs et des deux Lois de Programmation Militaire (LPM) couvrant la période 2009-2019), c'est 80 000 hommes que les armées auront perdu (!). Ce n'est plus une saignée, c'est une hémorragie insupportable qui pourrait conduire à une réaction dont nul ne peut prédire à ce stade la nature.

        Une chose est certaine : l'orage gronde, car trop c'est trop.

        A ceux qui, en raison de leur aveuglement et de leur surdité, ne comprendraient pas ce vent de révolte qui monte, il est peut-être nécessaire d'apporter un éclairage instructif sur ses raisons. 

       1. Le Président de la République, chef des armées, a décidé de sanctuariser notre effort de défense. Or, au-delà des artifices de communication, les faits montrent qu'il n'en est rien. En effet, ce qui a été décidé c'est de geler le budget de la Défense jusqu'en 2016 à son niveau de celui de 2013. C'est donc d'une baisse continue dont il s'agit puisqu'il n'est pas tenu compte de l'inflation. Par ailleurs, curieusement, ce budget gelé n'est même pas financé par des ressources garanties puisque son montant a été établi en y incluant des rentrées exceptionnelles (2,2 Mds €) qui, chacun le sait, ne seront pas au rendez-vous. C'est ainsi qu'objectivement, le pourcentage du PIB consacré à notre effort de défense va continuer à descendre, et il est à craindre qu'il le fasse jusqu'à 1,1 % (!) en fin de LPM qui ne sera de toutes façons pas respectée comme les précédentes.

      2. Selon nos autorités politiques, les nouvelles déflations d'effectifs (34 000 hommes) au cours de la LPM entre 2014 et 2019 n’entraîneraient pas une diminution de nos capacités. On croit rêver devant un tel déni de la réalité. Et ce déni révèle une méconnaissance totale de la cohérence et du fonctionnement d'une force armée au combat. Nos camarades de l'armée de terre sont certainement les plus touchés car, manquant d'un minimum de culture militaire, comme la plupart de nos concitoyens, nos élites politiques les considèrent comme des pions peu spécialisés et donc interchangeables sur le terrain en fonction des besoins, ce qui est complètement faux. Un

fantassin n'est pas un cavalier qui lui-même n'est pas un artilleur. Ils ne sont pas interchangeables. Pour chaque opération, il faut combiner tout ou partie de régiments – qui ne sont pas interchangeables – pour constituer des forces cohérentes. Et pour que les forces engagées puissent mener leurs opérations avec succès, il faut disposer en réserve d'effectifs suffisants pour assurer les relèves, remettre en condition les unités relevées, en avoir d'autres en alerte, assurer l'instruction, l’entraînement, l'aguerrissement des autres. C'est la cohérence de notre outil de combat qui est donc dangereusement menacée. Par ailleurs, n'oublions pas que nos soldats pourraient être forcés d'intervenir sur notre propre territoire contre les milliers de djihadistes que nous abritons.

      3. Nos forces armées n'en peuvent plus de s'entendre dire que la Défense doit participer à l'effort budgétaire actuel. Car, que s'est-il passé depuis une trentaine d'années sans discontinuer ? Faut-il rappeler que la part du PIB consacrée à la Défense est passée dans ce laps de temps de 3 % à moins de 1,5 % ? C'est le seul secteur de l’État qui obéit et remplit en temps et en heure les objectifs chiffrés qu'on lui fixe ce qui a ainsi permis de réaliser depuis trente ans plus que des dizaines de milliards d'économies sur la Défense. Et ces économies réalisées sur la Défense ont-elles permis d'améliorer la situation du pays ? Non, puisque les budgets successifs de l’État continuent d'être votés systématiquement en déficit, accroissant mécaniquement une dette publique qui se chiffre à 2 000 Mds € (!). Ce qui conduit l’État à devoir payer chaque année, pour les seuls intérêts de la dette, environ 48 Mds € (!), c'est à dire l'équivalent de plus d'un budget et demi de la Défense (!). En revanche, ce sont des milliards d'euros qui sont gaspillés, chaque année, à fonds perdus, par exemple pour couvrir des dépenses de toutes sortes sans cesse croissantes causées par une immigration extra-européenne incontrôlée ou par l’Éducation nationale incapable de remplir sa mission car n'ayant pas compris que la solution à son échec et à ses problèmes ne doit pas être cherchée dans ses moyens mais dans son organisation et ses méthodes de travail.

        4. Face à ces gaspillages irresponsables comparés au démantèlement suicidaire de notre outil militaire, les langues se délient aujourd'hui pour dénoncer le comportement des hommes politiques qui considèrent que l'armée est une administration comme une autre. Un outil d'autant plus maniable que le statut des militaires leur interdit d'user du droit de grève ainsi que les prises de position politiques.C'est ainsi qu'ils usent et abusent du sens développé de l’intérêt général ancré chez nos militaires, car inhérent à leur culture marquée par le sens du devoir, de la discipline et de l'obéissance. Et, s'agissant de nos chefs militaires, non seulement ils sont soumis au devoir de réserve, pour ne pas dire muselés, mais ils ne sont pas écoutés par les responsables politiques. Ils savent pourtant de quoi ils parlent. Ils sont, par ailleurs, des citoyens comme les autres et devraient pouvoir, dans une démocratie développée, s'exprimer périodiquement en dehors des instances habituelles. Au lieu de cela, leur point de vue ne compte pas et c'est même un manque de considération dont ils sont l'objet.

En effet, que penser de l'audition du chef d'état-major des armées (CEMA) devant les membres de la Commission de la Défense de l'assemblée nationale, l'année dernière, pour la préparation de la loi de finances 2014 ? Sur les 70 députés qui la composent, à peine 20 % étaient présents.

        5. Ce laminage ininterrompu de notre outil militaire conduit aujourd'hui à deux dangers gravissimes :

                - une détérioration de nos capacités opérationnelles qui a atteint un niveau critique mettant en danger la vie de nos soldats engagés en opérations. Cette détérioration a d'ailleurs déjà mené à une rupture irréversible des capacités dont la conséquence pour nos forces armées se traduit par un déclassement stratégique extrêmement préjudiciable pour la France et dangereux pour la défense de nos intérêts dans le monde ;

                 - une perte de confiance du personnel à l'égard de ses chefs, responsables jusque-là de la défense de ses intérêts, les syndicats étant interdits. Le risque est donc réel de voir se développer des mouvements de contestation car il s'agit d'hommes et de femmes soumis dans leur travail quotidien à d'énormes difficultés auxquelles s'ajoutent celles de leurs familles confrontées, au moins, sinon plus, aux mêmes problèmes que tous nos concitoyens. Le " Silence dans les rangs ! " dont jouissaient et abusaient les hommes politiques pour user des budgets des armées à leur guise risque bientôt de ne plus fonctionner. Et les chefs militaires qui ont le sens du devoir et de l'intérêt général l'ont probablement compris. Il y a déjà quelques mois, des démissions au plus haut niveau avaient été envisagées.

       Alors,sous quelle forme se produira ce grand coup de gueule de la Grande Muette qui semble désormais inévitable (démissions ? militaires dans la rue (rappelons-nous la manifestation des gendarmes en novembre 2001) ? contestations ? désobéissance ?) Une chose est certaine : les gouvernements successifs étaient sereins s'agissant de la gouvernance des armées. Les directives n'y souffraient d'aucun retard dans leur application. Le petit doigt sur la couture du pantalon, les talons qui claquent, c'est l'image qu'ils retiennent du soldat. Il se pourrait aujourd'hui, si les chefs militaires soucieux de l'intérêt général et de l'avenir de notre outil de défense refusent de nouvelles

décisions visant à imposer des restrictions supplémentaires, que ce scénario idyllique ne soit plus d'actualité.

 

Général (2s) Antoine MARTINEZ

 

 


La réaction de Monsieur G. Roger !

 From: g.roger@senat.fr
Subject: Re: Editorial Général (2s) Antoine MARTINEZ décembre 2014
Date: Sat, 13 Dec 2014 18:46:18 +0100
To: antoinemartinez17@hotmail.com

On ne démantèle  pas, on organise selon un plan précis face aux nouvelles guerres. 
Contrairement aux incohérences du passé 
Gilbert ROGER
Sénateur
Vice-Président de la commission des affaires étrangères,de la Défense et des forces armées
Envoyé de mon iPhone

Réponse du Gal. A. Martinez


 

 

 

From: antoinemartinez17@hotmail.com

To: g.roger@senat.fr

Subject: RE: Editorial Général (2s) Antoine MARTINEZ décembre 2014

Date: Mon, 15 Dec 2014 13:58:23 +0100

 

 

 

Bien-sûr que si. On démantèle. Comment expliquez-vous le fait que le Sénat n'ait pas voté le budget 2015 de la Défense ? Comment expliquez-vous la décision de présenter un nouveau Livre Blanc après les élections de 2012 alors que les mesures de celui de 2008 (réduction de 54 000 hommes) n'étaient encore pas totalement réalisées ? Entre 2009 et 2019 les armées auront perdu 80 000 hommes qui s'ajoutent aux réductions déjà subies depuis la fin de la Guerre froide, et je ne parle même pas du matériel.

80 000 hommes !

 

A côté de cela c'est une véritable gabegie à laquelle nous assistons depuis de nombreuses années, avec des gaspillages insensés qui se chiffrent en dizaines de milliards chaque année, avec par exemple:

 

- une enveloppe qui dépasse le montant du budget de la Défense affectée à la Formation professionnelle et qui est dépensée sans aucune efficacité, donc en pure perte, car elle n'est pratiquement pas orientée vers les chômeurs;

 

- une politique (?) de l'immigration qui coûte (= déficit) chaque année plus qu'un budget de la Défense avec des conséquences désastreuses pour l'unité de la nation (communautarisme, islamisation de la société, bombes à retardement qui éclateront inévitablement avec les milliers de djihadistes présents sur notre sol, qui plus est français puisqu'ils obtiennent automatiquement la nationalité française à leur majorité);

 

- une Education nationale incapable de remplir sa mission malgré toujours plus de moyens et de milliards dépensés sans résultat, bien au contraire, car elle n'a pas compris que son échec, depuis longtemps, n'est pas lié à un manque de moyens mais à son organisation, à ses méthodes de travail, au règne des "experts" du pédagogisme. Ajoutons également les mesures insensées mises en place depuis plus de trente ans (ELCO - Enseignement de la Langue et de la Culture d'Origine) au profit des enfants immigrés et qui sont un frein puissant à leur intégration. Mesures jamais remises en cause malgré deux rapports (vingt ans d'écart entre les deux) du Haut Conseil à l'Intégration. Il y a là également un vrai danger pour l'avenir car nous nous orientons vers une libanisation de notre société, sans réaction de la part de nos responsables politiques;

 

- une réforme territoriale qui risque de coûter encore plus cher avec 13 régions au lieu de 22, car une fois encore on a mis la charrue avant les bœufs. L'objectif à viser est de faire des économies, donc de réduire le nombre d'élus. Eh oui, pourquoi ne le ferait-on que dans les armées ? Manifestement on n'en est pas là. 

 

Je pourrais continuer à présenter d'autres exemples mais je ne voudrais pas abuser de votre temps. Simplement, avec les seuls exemples cités, on atteint déjà la centaine de milliards qui ne sont manifestement pas dépensés à bon escient. 

 

En vous remerciant, je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments distingués.

 

Général (2s) Antoine MARTINEZ 

 


Monsieur Glibert Roger récidive le 16/11/2015

Extrait de l'audition du CEMA du 16 novembre 2015.

http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20151116/etr.html#toc9

 

 

<<....M. Gilbert Roger. - Je ne crois pas avoir entendu les sénateurs de cette commission dire autre chose que leur confiance et leur soutien à nos armées. J'aimerais que la réciproque fût totalement vérifiée : or des militaires retraités critiquent sans cesse la politique menée ! Avez-vous compétence et qualité pour les rappeler à l'ordre ? Je regrette l'absence de relations entre mon département et l'armée : ne pourrait-on pas relancer des opérations de recrutement au niveau départemental ? Enfin, l'actualisation de la programmation militaire est tout de même appréciable si on la compare à une RGPP qui « tirait à vue » sur les effectifs.....>>

 


Réaction du Président de l'ASAF.


Lettre ouverte du Général (2s) Henri PINARD-LEGRY président de l'ASAF à Monsieur le sénateur Gilbert ROGER.

Posté le vendredi 22 janvier 2016

 

Paris le 17 janvier 2016

 

 

Le général (2s) Henri Pinard Legry,

président de l’Association de soutien à l’armée française (ASAF)

à

Monsieur le sénateur Gilbert Roger,

vice - président de la Commission des affaires étrangères,

de la défense nationale et des forces armées du Sénat.

 

 

Monsieur le sénateur,

 

Comment, en tant que vice-président de la Commission des affaires étrangères, de la défense nationale et des forces armées, avez-vous pu tenir des propos aussi décalés, biaisés et pour tout dire affligeants, à l’encontre des « militaires retraités », lors de la dernière audition du chef d’état-major des Armées ?

Il ne vous aura pas échappé que ce dernier n’a pas répondu à votre question estimant sans doute qu’elle était hors de propos. J’ose croire que le silence des autres sénateurs sur ce sujet était la marque d’une désapprobation polie et gênée.

 

> Car enfin, arguant que vous n’avez pas entendu « les sénateurs de la commission dire autre chose que leur confiance et leur soutien aux armées », vous vous êtes permis de demander au général de Villiers de rappeler à l’ordre « des militaires retraités qui critiquent sans cesse la politique menée ».

 

> L’utilisation de cette apparente et fausse réciprocité serait-elle la marque d’un esprit incohérent, voire sectaire ou ségrégationniste, oubliant que les militaires en retraite sont des citoyens français qui ont les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres ? Ils ne sont pas tenus au silence et bénéficient donc comme tous de la même liberté d’expression.

D’ailleurs, n’est-il pas paradoxal que vous refusiez la liberté d’expression aux soldats qui ont servi leur pays pendant des décennies au risque leur vie, au moment où le président de la République place au rang de héros nationaux, au titre de défenseurs de la même liberté d’expression, des caricaturistes qui ont si souvent dénigré, insulté et injurié, en toute impunité et pendant des décennies, de nombreuses institutions françaises, souvent régaliennes, dont l’armée et ceux qui y servaient ?

 

> Monsieur le sénateur, votre intervention, caricaturale dans sa forme, est injustifiée sur le fond. Pourquoi des citoyens ayant reçu une longue formation militaire, acquis une riche expérience opérationnelle et possédant une connaissance approfondie des questions de Défense, devraient taire leurs réflexions, critiques et contre propositions sur des mesures prises par un gouvernement quel qu’il soit quand ils estiment, de manière argumentée, que ces choix sont mauvais pour la France et son armée ? Il y a parmi ces anciens militaires des experts dans les multiples champs relatifs à la Défense y compris hors du domaine strictement opérationnel comme celui des relations internationales pour n’en citer qu’un.

 

> Faut-il vous préciser que ces militaires ont des préoccupations qui ne se limitent pas au court terme en vue d’une éventuelle élection ou réélection ? Ils estiment de leur devoir, y compris au terme de leur service actif, de sensibiliser et d’expliquer aux Français certains sujets concernant leur Défense, mais aussi de les alerter sur les risques et si nécessaire de dénoncer les insuffisances et carences de notre armée susceptibles de mettre en cause nos engagements d’aujourd’hui et demain notre indépendance.

 

> A cet égard, ne voyez-vous pas que les événements contredisent chaque jour certains des choix faits en dépit des réalités, alors qu’ils avaient été dénoncés par ces mêmes militaires ? C’est ainsi le cas des contrats opérationnels fixés dans le dernier Livre blanc qui sont incohérents au regard des menaces identifiées dans ce même document, d’une loi de programmation militaire 2014–2019 inadaptée aux besoins réels des armées, de l’engagement trop tardif en RCA avec trop peu de moyens pour tenter de remplir une mission ambiguë sans véritable vision politique pour ce pays, pour ne prendre que quelques exemples.

 

> Votre brève intervention ne fait que renforcer ma conviction sur le devoir d’expression des militaires. Aussi je puis vous assurer que l’ASAF, avec ses milliers d’adhérents, de collaborateurs et de sympathisants, civils et militaires, va continuer son action avec une détermination accrue. Elle le fera hors de toute polémique avec pour seule finalité de contribuer à améliorer la connaissance et la compréhension de l’armée et des questions de Défense par le plus grand nombre de nos citoyens et à renforcer la cohésion de la Nation, quitte à dénoncer les contrevérités, démasquer les manipulations, critiquer les mauvaises décisions, quand bien même ces actions nuiraient à la popularité de responsables politiques ou aux intérêts de leurs partis.

 

> En revanche l’ASAF continuera de soutenir tout ce qui contribue à renforcer la défense de l’intégrité du territoire et nos intérêts stratégiques, la protection de la population, l’indépendance de la Nation et la fierté des Français. Les hommes et les femmes, qui ont fait à 20 ans le choix de servir par les armes leur pays au risque de leur vie, ne peuvent se résoudre à le voir de plus en plus menacé et fragilisé, sans réagir et sans mettre au service de leurs compatriotes leurs réflexions libres sous tendues par une longue expérience des crises et des conflits.

 

> Monsieur le sénateur, j’estime que les propos publics que vous avez tenus ne font pas honneur à votre haute fonction et que vous avez de la sorte trahi la confiance que vous ont accordée vos électeurs. C’est à cause de telles paroles incongrues et méprisantes visant une catégorie de Français que la défiance des citoyens envers la classe politique battra hélas de nouveaux records.

 

> Soyez assuré du respect que je porte aux sénateurs dès lors que leur action porte la marque du service exclusif des intérêts supérieurs de la France.

 

 > Copie à:

> - Monsieur le sénateur Gérard Larcher, président du Sénat

> - Monsieur le sénateur Jean-Pierre Raffarin, président de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat

> - Monsieur le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des Armées


 

 ....Enfin, ma modeste contribution du 25 janvier, expédiée, entre autres destinataires, aux 57 sénateurs de la commission des Affaires Etrangères, de la Défense et des Forces Armées du Sénat.

 

 

A l'attention de Monsieur le Sénateur Gilbert Roger.

 

  Monsieur le Sénateur,

 

 Lors de la dernière audition du Chef d'Etat Major des Armées, vous avez cru bon de lui demander de rappeler à l'ordre « des militaires retraités qui critiquent sans cesse la politique menée ».

Auriez-vous oublié que tous ces « militaires retraités »,  étaient maintenant de simples citoyens, simples électeurs disposant de la liberté d'expression inscrite dans notre Constitution.

En outre, ces retraités dont vous réclamez le silence, ont passé de l'ordre de trente années de leur vie dans les forces Armées, au SERVICE de la Nation, prêts au sacrifice suprême.

A ce titre, ils s'inquiètent des dérives des politiques de Défense de ces dernières décennies.

Ils expriment leurs inquiétudes et font tout leur possible pour témoigner et informer leurs concitoyens moins au fait des problèmes de Sécurité Nationale.

Aussi, j'approuve totalement les termes de la lettre du Général Pinard-Legris et je ferai tout mon possible pour la diffuser le plus largement possible.

Pour compléter votre information sur un des problèmes d’actualité qui préoccupe les militaires, même s'ils sont à la retraite, je vous communique la lettre du Colonel (er) Yves Logette : « De l'Honneur... ! »

Pour une vision d’ensemble de nos inquiétudes, vous pourriez consulter les nombreux sites sur le sujet de Défense Nationale, en particulier celui de l’ASAF ou le mien : www.officierunjour.net.

 

 

Avec tout le respect que je dois à votre fonction.

 

 


Réaction du Général Thomann

Le 26/01/2016.


Date: Tue, 26 Jan 2016 

From: jclthomann

To: contact@gilbert-roger.fr

Subject: Audition CEMA

 

 

Monsieur le Sénateur,

 

J'ai découvert avec un certain étonnement votre intervention dans le cadre de l'audition du 

CEMA devant la commission du Sénat dont vous êtes membre.

Il se trouve fort heureusement que le général CEMA n'a aucune autorité sur les militaires en retraite , généraux compris, et en particulier sur ceux que vos confrères ont fait passer de la position statutaire de 2° section à celle de retraité.

Mais savez-vous ce qu'est la 2° section ?

 

Sur le fond, je trouve que les mêmes qui ont sacralisé les journalistes anarchistes de Charlie, 

jusqu'à leur conférer la Légion d'Honneur, en violant au demeurant délibérément le code qui 

fonde cette décoration, et justifient cette attitude par la mise en avant de la liberté d'expression, quelles qu'en soient les formes, sont des plus mal placés pour demander qu'on interdise aux militaires retraités de s'exprimer !

D'autant plus que les officiers auxquels vous faites allusion sont de toute évidence beaucoup plus compétents que vous sur les problématiques (graves) de défense qui les préoccupent.

A l'inverse de Clemenceau, je pense que les questions de défense sont des choses beaucoup trop sérieuses pour être confiées aux politiques, tout du moins à ceux dont vous êtes certainement un éminent représentant.

Veuillez agréer, Monsieur le Sénateur, l'expression de ma grande considération pour le Sénat 

et de ma grande commisération pour ceux de ses membres que l'exercice de la démocratie dérange.

 

 

Général de Corps d'Armée (en retraite) Jean Claude THOMANN

 

Ancien commandant des Forces terrestres

 


Lorsqu’un sénateur veut « caporaliser » les retraités militaires

Par le col. Georges Michel - Le 27/01/2016.

 

 

 

Le 16 novembre dernier, la commission des affaires étrangères, de la défense nationale et des forces armées auditionnait le général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), au sujet du projet de budget 2016 de la Défense.

 

À cette occasion, le CEMA en profita pour donner son appréciation de situation au lendemain des attentats ainsi que ses préoccupations et ce, en toute transparence et vérité.

Le général de Villiers rappela la nécessité d’« être attentifs à ces femmes et ces hommes qui enchaînent les missions sans se plaindre, qui supportent les dysfonctionnements de LOUVOIS avec courage, qui font passer leur devoir avant leurs droits ; ils ont besoin de notre reconnaissance et de notre soutien ».

 

En réaction à ces propos de haute tenue, Gilbert Roger, inconnu au bataillon, sénateur socialiste de Seine-Saint-Denis et vice-président de cette commission, prononça des mots qu’un commissaire politique sous d’autres cieux et en d’autres temps aurait pu tenir : « Je ne crois pas avoir entendu les sénateurs de cette commission dire autre chose que leur confiance et leur soutien à nos armées. J’aimerais que la réciproque fût totalement vérifiée : or, des militaires retraités critiquent sans cesse la politique menée ! Avez-vous la compétence et qualité pour les rappeler à l’ordre ? »

 

Réciproque ? Rien que ça. La loi exige beaucoup des militaires : notamment discipline, loyauté et neutralité. Elle peut même exiger le sacrifice suprême. Mais elle ne va tout de même pas jusqu’à ce degré absolu d’abnégation qui exigerait d’eux reconnaissance et soutien aux sénateurs ! La loi est dure mais pas cruelle…

M. Roger, qui pourtant ne ressemble en rien à un sénateur de la Rome antique (c’est le moins que l’on puisse dire), rêve peut-être de voir inscrit sur les drapeaux et étendards des armées un truc du genre « SPQG : Senatus Populusque Gallicus » ? Allez savoir…

 

Rappel à l’ordre ? Rien que ça, aussi. « Mais faites donc quelque chose, général », semble dire celui que des mauvaises langues pourraient prendre pour la réincarnation du caporal Casse-Pompon chanté par Brel. L’honorable membre – qui plus est vice-président – de la commission ad hoc ignore-t-il qu’un militaire en retraite est… un retraité et qu’à ce titre, aucun lien de subordination ne le lie à l’institution, qu’il est un citoyen comme un autre ? Aussi, en vertu de quelle loi M. Roger – élu dans un département où la loi semble souvent faite uniquement pour ceux qui obéissent à la loi ! – voudrait-il que les militaires à la retraite se taisent ?

 

On a envie de dire à ce sénateur, et pour reprendre mot pour mot les paroles récentes de son petit camarade Cazeneuve au sujet de son autre petite camarade Taubira : sous la V° République, il n’est pas interdit à des militaires en retraite d’avoir un cerveau, des convictions et de les exprimer… Mais aussi, sous la V° République, il n’est pas interdit non plus à un sénateur de se taire plutôt que de dire des incongruités (ça, ce n’est pas du Cazeneuve, dommage).

Notez que le général de Villiers n’a pas répondu à la question du sénateur Roger.

 

Georges Michel

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/georgesmichel/lorsquun-senateur-veut-caporaliser-retraites-militaires,234431?mc_cid=6168a5d281&mc_eid=117cf71dc1


Le Lieutenant-Colonel (er) Régis Ollivier  - le 26/01/2016

 

Museler les militaires retraités : "Sénateur Gilbert Roger, vous m'avez donné la gerbe..."

 

http://lecolonel.net/museler-les-militaires-retraites-senateur-gilbert-roger-vous-mavez-donne-la-gerbe/

 


Copie du message envoyé par le général Claude ASCENSI au sénateur Gilbert ROGER

Une réponse directe au deuxième degré.

 

 

Monsieur le sénateur,

 

Quelques-uns de mes camarades, officiers généraux en deuxième section ou  "en retraite" (comme on dit maintenant) ont cru devoir s’exprimer de manière un peu vigoureuse en réponse à votre souhait de voir limiter leur liberté d’expression.

 

Ces réactions m'ont contrarié, je dois vous le dire sans détours : où irions-nous, en effet, si n'importe qui pouvait désormais s'exprimer sur n'importe quoi ? Pensez-donc : voici des gens qui n'ont passé qu'une quarantaine d'années sous l'uniforme et qui, brutalement, s'estiment en mesure de porter des jugements péremptoires sur des dossiers dont ils ignorent le premier mot.

 

 

Inconscience et ignorance guident leurs propos.

Inconscience d'abord : non seulement ils mettent en péril par leurs écrits  les institutions de la République, mais encore ils portent atteinte au moral des armées par leur mise en cause des mesures prises pour améliorer notre défense.

 

Ignorance ensuite : sur le plan stratégique, comment n'ont-ils pas compris que les réductions d'effectifs et de budget décidées depuis vingt ans n'avaient d'autre but que de réduire les tensions dans le monde  et décourager les recours à la force en prêchant par l'exemple ? Les résultats parlent d'eux-mêmes et nous pouvons nous féliciter aujourd'hui de vivre dans un monde apaisé où la voie montrée par la France a été largement suivie par d'autres nations.

 

Ignorance également dans le domaine des méthodes modernes de management qui exigent des regroupements générateurs d'économies et d'efficacité. Certes le progrès ne va pas sans quelques accrocs et certains mauvais esprits ont cru bon, au vu des dernières réformes en matière de soutien, de se plaindre de perte d'autonomie, de dilution de responsabilités, de délais prohibitifs et de ressources insuffisantes. Mais ce ne sont là que maladies de jeunesse, je n'en doute pas.

Le logiciel Louvois aurait pu fournir à ces mauvais coucheurs un autre exemple de contrariété, mais, à vrai dire, que peuvent peser quelques embarras financiers pour quelques dizaines de milliers de familles face  à l'immense progrès que représente une gestion centralisée et modernisée.

L'ignorance de ces perpétuels insatisfaits s'étend même – me croirez-vous ! – au domaine opérationnel. Certains d'entre eux n'osent-ils pas s'inquiéter d'effectifs insuffisants, de matériels vétustes, de taux de disponibilité  aberrants, de manque de préparation opérationnelle, voire même de surchauffe en termes d'emploi.

On aura tout entendu, je vous l'accorde …

 Il faut donc que des mesures énergiques soient prises pour mettre fin à ces insupportables dérives et faire rentrer dans le rang ces "retraités" aigris  qui s'épanchent sur des sujets qu'ils ne maîtrisent pas. La seule mesure efficace, à mon sens, serait de leur interdire définitivement de s'exprimer sur tout sujet relatif à la défense et de leur fixer un champ d'action correspondant à leurs compétences : le sport, la littérature et les carnets mondains.

 

 Je serais heureux de vous soutenir dans cette entreprise et vous prie d'agréer, Monsieur le sénateur, l'expression de la haute considération due à votre rang.

 

 Général de corps d'armée (2° Section) Claude ASCENSI

 

(28/01/2016)

 

Source : http://www.asafrance.fr/item/copie-du-message-envoye-par-le-general-claude-ascensi-au-senateur-gilbert-roger.html


Réponse de la Fédération des Opex de Bretagne au sénateur.


 

Fédération des Opex de Bretagne

 

 

 

 

Col ® Daniel PÉRÉ

1, residence Rubertois

35310 CINTRÉ

02.99.64.08.58

Courriel « daniel.pere@neuf.fr »

 

Cintré, le 29 janvier 2016 N° 004 /FOB / Bretagne / 01

 

Lettre de retraités militaires

à

Monsieur le sénateur Gilbert Roger,

vice-président de la Commission des affaires étrangères de la défense nationale et des forces armées

 

Monsieur le sénateur,

 

     Il n’est pas dans les règles de préséances militaires de parler après son chef. La lettre que vous a adressée le général Henri Pinard Legry étant, en elle même parfaitement claire tant dans l’esprit que dans la forme de ce qui est. Nous avons pourtant estimé nécessaire de le faire pour que vous compreniez bien qui nous sommes, nous, les militaires retraités.

 

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau statut général des militaires, nous ne sommes plus en position statutaire de ‘non-activité’. Position qui nous obligeait, comme nos camarades d’active, à respecter le sacro-saint devoir de réserve et donc de nous taire. En contrepartie, nous voyions nos retraites augmenter au même rythme que les soldes des actifs. Considérant ce fait comme exorbitant du droit commun le législateur, que vous êtes, a considéré que les militaires retraités ne devaient plus bénéficier d’une position statutaire réglementaire. En contrepartie, leur retraite devait être, comme pour tous les fonctionnaires, indexée sur le coût de la vie.

 

Cette absence de position statutaire a relégué les militaires retraités au rang de ‘civils’ ordinaire. De fait le législateur que vous êtes a réussi à gagner de l’argent, mais, en contrepartie il a gagné le droit de se faire rappeler à l’ordre par les militaires retraités qui, vous l’avez bien compris, usent et abusent avec une certaine délectation de cette situation qu’ils n’ont pas cherchée.

 

Enfin, grâce à vous, législateur, libre de nos propos, nous considérons comme un devoir, usant de nos compétences diverses et variées, pour critiquer ce qui doit l’être, chacun dans son domaine de compétence dans l’intérêt supérieur de la Nation, au service du peuple. Les généraux en matière de stratégie, de doctrine d’emploi des forces. Les officiers, dont les officiers supérieurs, brevetés ou non, en matière de tactique, de droit international. Les sous-officiers en matière technique, de logistique, de maintenance, d’administration. Les militaires du rang sur les conditions de vie de la troupe. Pour ne citer que les compétences les plus ‘emblématiques’ dans lesquelles nous excellons et que les armées des autres pays nous envient.

 

Tous, sans exception, bien que retraités, nous nous considérons toujours comme étant au service militaire de la France. Nous sommes désagréablement surpris qu’en votre qualité de vice-président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, avant d’interpeller notre Chef d’État-Major des Armées (nous disons bien ‘notre’), vous ne vous soyez pas rappelé que les armées, bien que subordonnées aux ‘politiques’, ont deux missions fondamentales non négociables, au service du peuple.

 

La première est l’importante transmission des traditions militaires, celles qui amènent un soldat à accepter d’offrir sa vie à la France, à la Patrie et au peuple. La seconde, celle de garantir l’indépendance de la France pour la Liberté du Peuple. Cette dernière mission peut amener les armées à s’affranchir de la subordination du politique si celui-ci remet l’indépendance de notre pays entre les mains d’autorités étrangères. Cela ne peut arriver, nous direz-vous. Erreur, cela peut se passer et est déjà arrivé, il vous suffit de vous remémorer la prise de position du général de Gaulle le 18 juin 1940, lorsque le maréchal Pétain s’est soumis au national socialisme d’Hitler. Vous en connaissez l’issue.

 

Vous comprendrez donc, Monsieur le sénateur que, nous ne nous tairons pas. Notre liberté d’expression est entière et ‘subordonnée’ à personne, le CEMA le sait. Mais, vous pouvez compter sur nous, plus que jamais, pour « continuer à critiquer sans cesse la politique menée », chaque fois que cela sera nécessaire, avec l’objectivité qui nous caractérise, mais aussi avec l’opiniâtreté, la constance et la régularité qui nous mènent au combat.

 

Vous avez pourtant, par votre intervention irresponsable et profondément indigne, réussi à faire connaître au peuple, la cohésion des « militaires retraités » et leur capacité à réagir et à se fédérer lorsqu’ils sont, usons du mot, ‘attaqués’. Soyez-en chaleureusement remercié. Attendez vous donc, à nous entendre continuer à critiquer la politique menée à venir, si elle mérite de l’être, n’en déplaise à quiconque combien même serait-il sénateur, député ou encore ministre, car nous servons la France, ses intérêts supérieurs qui sont et doivent être ceux, exclusifs, du peuple.

 

Soyez assuré, Monsieur le sénateur du respect que nous portons à la haute fonction que vous devriez représenter au sein du Parlement de la République.

 

Signé :

Colonel ® Péré (terre)

Major ® Bonte (terre)

Maitre-principal ®Dufée (marine)

Adjudant-chef ® Mora (terre)

Adjudant-chef ® Bonacchi (terre)

Maréchal des logis-chef ® Pipelier (gendarmerie)

Maréchaux des Logis-chefs ® Jean-Roch et Gaëlle Bolloch (terre)

Sergent-chef ® Sautreau (Air)

Maréchal des Logis ® Guenezan (terre)

Caporal-chef de première classe ® Lartaud (terre)

 

Membres bénévoles de la fédération des Opex de Bretagne

 


Télécharger l'Original :

Télécharger
Réponse au sénateur.pdf
Document Adobe Acrobat 295.6 KB

Quand Le Drian demande aux militaires de "la fermer" !

par le Gal. Jean-Pierre Fabre Bernadac - le 08/03/2016.


Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a demandé que le général Christian Piquemal, ancien patron de la Légion étrangère, poursuivi pour participation à une manifestation anti-migrants interdite, soit mis à la retraite. À cette fin, un conseil de discipline a été convoqué pour que le gradé de la deuxième section, statut des officiers généraux qui ne sont plus en activité mais toujours à la disposition de l’armée, soit mis en retraite, a-t-il été indiqué lundi dans son entourage. Les officiers de la deuxième section sont en effet soumis à un devoir de réserve qui n’a « visiblement pas été respecté »dans le cas du général, a ajouté la source ministérielle.

Il faut donc considérer que, même à 75 ans, un général doit continuer à « fermer sa gueule » sinon c’est la garde à vue et les tribunaux. Pourtant c’est bien aux militaires que les gouvernements ont recours lors d’une crise grave, comme actuellement avec l’opération « Sentinelle ». On comprend mieux pourquoi les derniers sondages du CEVIPOF montrent un niveau record de confiance accordé aux armées : 81 %, soit près de huit fois plus que les politiques qui culminent à 12 %.

Le métier militaire est un sacerdoce, tout soldat quel que soit son grade doit se sentir investi d’un devoir envers le pays. Prêt à donner sa vie, il ne peut et ne doit se taire dans des moments où l’existence de son peuple est remise en cause ; même si cela n’arrange pas la classe politique, le citoyen chez le militaire doit prendre le dessus. L’engagement d’un général envers la nation, y compris en deuxième section, lui donne une légitimité incontestable pour exprimer son point de vue sur les questions qui concernent la sécurité et l’avenir de l’hexagone.

Le ministère comprend cela et en a peur aussi travaille-t-il à une réforme du Code de Défense, afin de prendre directement la décision de placement en retraite pour les généraux, après discussion avec le chef d’état-major, sans passer par un conseil de discipline. Il sait trop bien que ce dernier, régit par ses pairs, ferait obstacle à une telle décision. Le but derrière cette mesure est de faire taire la « grande muette ».

Il y a tout lieu de penser que le général de corps d’armée Pierre Coursier et les généraux Antoine Martinez et Jean du Verdier, tous trois en 2e section, qui ont écrit au Président de la République, comme mentionné dans un de mes articles précédents, vont eux aussi faire les frais de cette chasse aux sorcières. Que voulez-vous, il faut prendre des mesures contre ces « dangereux extrémistes » si violents à la différence des migrants illégaux et des « no borders » !

 

 

Cette tentation discriminatoire ne peut qu’envenimer les rapports entre la classe politique et les armées. Il sera de plus en plus difficile de faire taire cette dernière et ce n’est pas le livre du Général Soubelet, « Tout ce qu’il ne faut pas dire », à paraître le 24 mars, qui va atténuer le feu qui couve en Gendarmerie et dans les Armées. Il faut rappeler que ce Général de Corps d’Armée de la Gendarmerie avait osé dire, en 2013, devant une commission parlementaire que la sécurité était mal ou pas assurée en France… Résultat, il avait été écarté de ses responsabilités et muté à la tête de l’Outre Mer.

 

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/jeanpierrefabrebernadac/drian-demande-aux-militaires-de-fermer,243718?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=49250f9112-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-49250f9112-30359529&mc_cid=49250f9112&mc_eid=a39069390b

Partager cette page :

Écrire commentaire

Commentaires : 1
  • #1

    Major Bonte (samedi, 06 février 2016 18:51)

    C’est avec un incommensurable plaisir que je constate, qu’enfin, nos trois catégories plutôt que de se chamailler s’unissent pour la défense de notre cher pays.
    Quelque chose vient de se passer à Calais avec l’arrestation du GCA Piquemal.
    Je crois que cela ne sera pas sans conséquence.
    Nous avons cette force d’être au service du peuple en servant notre pays à l’ombre de notre glorieux drapeau.
    Merci d’avoir inséré notre lettre qui est, vous l’avez constaté, le fruit de l’entente de soldats de tout grade.
    Seuls, l’honneur et le service de la France, pour le bien du peuple, nous guident. Quelle chance nous avons d’avoir été, d’être et de resté des soldats.