Détestable mystification...

...par Maxime Tandonnet - Le 24/07/2019.

Vu Greta Thunberg devant les députés, sur LCI. Hallucinant spectacle de la politique française, poussée au paroxysme de la médiocrité. Il faut voir la scène, tant elle est surréaliste. Une personne demande à la nouvelle icône européenne: « Cela vous gène-t-il d’intervenir dans cette enceinte le jour même de la ratification du CETA » – traité de libre échange contesté sur le plan de ses effets en matière d’environnement. « Je me fous de la date« , répond-elle (I don’t care – la traduction étant édulcorée), « je ne suis pas au courant, je suis venue le jour où l’on m’a invitée ». Et fusent, pour ces paroles qui expriment tout le ridicule de la situation, les applaudissements du marécage bien pensant.

 

L’enfumage bat son plein : A l’affichage, une opération médiatique de grande ampleur en faveur de l’environnement, destinée à recouvrir un choix, la ratification du CETA, considéré par certains experts – dont un ancien ministre de l’écologie –  comme désastreux pour l’environnement. Communication ? Non, le mot est inexact. Il est possible de communiquer sans mentir, sans manipuler ni se moquer du monde. Une beau spectacle solennel pour masquer une décision scandaleuse qui va dans le sens contraire. Le sujet de fond noyé dans le grand-guignol politico-médiatique: tout un symbole de la nouvelle politique française. Nous sommes dans la mystification.

 

La classe politique s’est divisée sur cette opération. Les réseaux sociaux comme une partie des milieux dirigeants se déchaînent contre toute critique envers le discours de Greta Thunberg à l’Assemblée. Et fusent les accusations les plus démentielles (« chasse aux sorcières, obscurantisme, repli nationaliste, mépris des jeunes, etc. »). Les titres de la presse grégaire rivalisent en sous entendu destinés à ringardiser les critiques « Qui GT gène-t-elle ? »

Nul n’en veut à l’adolescente bien évidemment et ce n’est pas elle qui est en cause. Mais comment ne pas s’interroger sur le mécanisme, manigancé  ou spontané, qui porte jusqu’au rang de chef de l’Etat, accueilli devant le Parlement français, une jeune fille « normale » de 16 ans et sur l’étrange illusion collective -mirage – qui pousse un segment de l’opinion à ressentir en elle une sorte d’apparition providentielle ?

 

Et que penser de ces élus du suffrage universel, chevronnés, supposés incarner la Nation et qui se confondent en applaudissements au pied de nez de cette adolescente dont le message final tient en trois mots « I don’t care« .   Et surtout au vu du spectacle offert par l’Assemblée nationale, comment qualifier, comment nommer cette étrange mixture de cynisme (la mystification du 23 juillet sur l’environnement), de conformisme, de fanatisme et de bêtise? La médiocrité sans doute, même si le mot paraît faible, un niveau de médiocrité probablement sans équivalent dans l’histoire récente.

 

Maxime TANDONNET

 

Source : https://maximetandonnet.wordpress.com/2019/07/24/detestable-mystification/

 

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 https://www.causeur.fr/greta-thunberg-paris-lyssenko-climat-163743

 

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