La France bientôt sans électricité ?

...par Jean-Marc Frenove - Le 20/11/2020.

Source : Bd. Voltaire

Je reprends le début de mon article du 25 septembre (1), car il n’y a pas à y changer un iota :
« Depuis quarante ans, c’est-à-dire depuis la fin de la présidence Giscard d’Estaing, la France est exportateur d’électricité.
Vitrine de l’excellence française, jamais le moindre problème, jamais le moindre accident.
Et une électricité parmi les moins chères du monde.
Ah mais ! Il fallait que cela cesse. On a arrêté d’autorité les deux réacteurs de Fessenheim qui fournissaient 75 % de l’électricité d’Alsace-Lorraine.
Et aujourd’hui zéro.
Pas un seul ministre, pas un seul média pour dire à M. Macron qu’il allait priver d’emploi 3.000 personnes et transformer en désert une petite ville où le bonheur était palpable. »

Mais aujourd’hui, alerte rouge. Le 19 novembre, sur BFM TV, Barbara Pompili, notre génial ministre de la Transition écologique, ne dit pas qu’il va y avoir des coupures d’électricité cet hiver, mais qu’elle va « avoir recours à une certaine régulation ». Elle précise qu’elle « travaille » (?) avec les industries pour qu’elles puissent arrêter leur production à certains moments.

 

On ne saurait être plus hypocrite.

Car, en réalité, RTE, le gestionnaire du réseau, a annoncé, s’il fait très froid, des coupures tournantes de deux heures par paquets de 200.000 foyers ou plus.
Tel est le résultat de la fermeture de Fessenheim.
À ce niveau de bêtise (je parle de M. Macron), les bras nous tombent, mais Mme Pompili va le battre sur le poteau.
Car elle a annoncé, en outre, qu’elle « travaille avec EDF pour replanifier les arrêts de centrales » (sous-entendu centrales nucléaires).
Donc, elle annonce dans la même phrase qu’on va manquer d’électricité et qu’on va fermer d’autres centrales nucléaires.

Répétons quelques vérités que les béotiens du château ignorent :

1) Le nucléaire n’émet aucune fumée, aucun gaz à effet de serre.
2) Le nucléaire prouve tous les jours, en France, depuis quarante ans, qu’il est décidément très sûr.
3) Il est pilotable, accélère ou ralentit selon les besoins.
4) 1 gramme d’uranium produit autant d’énergie qu’1 million de grammes de charbon ou de pétrole, donc, en vertu de la loi de Lavoisier, émet 1 million de fois moins de déchets. Tous les déchets (200 tonnes par an pour 70 réacteurs) sont récupérés et non pas dispersés dans l’environnement.
5) On sait recycler l’uranium au sein d’un surgénérateur, ce qui permettrait d’avoir 1.000 ans de réserve d’énergie. La France avait les meilleurs ingénieurs et était la plus avancée dans ce domaine, mais un certain Jospin a fait fermer Superphénix à Creys-Malville.
6) Dans l’histoire de l’humanité, aucune énergie n’a fait moins de morts que l’énergie nucléaire, que ce soit par accidents ou par pollution de l’air.

Le vrai défaut du nucléaire, c’est qu’il ne rapporte rien aux grandes entreprises transnationales.

Ces grandes entreprises ont tout intérêt à casser les centrales nucléaires pour les remplacer par n’importe quoi qu’on va proposer aux naïfs.
Ainsi, en Allemagne, les associations écologiques ont passé un pacte faustien (et rémunéré) avec le tout-puissant cartel du charbon et de l’acier (qui avait financé Hitler et été condamné à Nuremberg pour crimes de guerre) (2) et ont faire renaître une colossale industrie du charbon dont personne ne se scandalise.
Ainsi, en France, ces mêmes associations ont obtenu un programme délirant d’éoliennes et de photovoltaïque dont la Cour des comptes a écrit que son coût était faramineux et son résultat dérisoire en termes de production d’électricité.
Elle aurait pu ajouter : et nul du point de vue du réchauffement climatique, puisque l’électricité française est déjà décarbonée.

Non, vraiment, les écolos c’est le pays des fous.

(1) Boulevard Voltaire, 25 septembre 2020 Le retour des centrales à charbon, un crime français
(2) Krupp et ses associés furent condamnés, en 1948, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Jean-Marc Frénove, Les merveilleuses centrales à charbon allemandes : autopsie d’un crime.

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