Le magazine « Causeur » rompt le consensus médiatique sur le climat

...par Benoît Ritaud - le 06/03/2019.

Jusque là, dans le paysage médiatique français, aucun média d’importance ne soutenait une position critique sur l’alarmisme climatique. Les choses viennent de changer avec le nouveau numéro du mensuel Causeur (n°66, mars 2019), qui affiche la couleur.

Un premier domino avant d’autres retournements ?

« La dévotion congédie la discussion« , lance Élisabeth Lévy qui, dans son éditorial d’ouverture d’un dossier de plus de trente pages, distingue le réchauffement constaté des apocalyptiques projections futuristes : « le domaine de la vérité incontestable ne saurait être étendu aux hypothèses pour le futur« .

Si, comme on peut s’y attendre, le magazine offre de la question un point de vue décapant, il ne s’agit pas à proprement parler d’un engagement climato-réaliste, mais plutôt d’une ouverture de débat. Dans l’une de ces formules dont elle a le secret, Élisabeth Lévy estime qu' »il est curieux de vouloir sauver la diversité du vivant et de se soucier si peu de celles des idées.« 

On se réjouit donc de lire un article de François Gervais. Celui-ci reprend quelques unes des idées exposées dans son dernier ouvrage paru dans notre collection « Grandeur nature » des éditions de l’Artilleur (L’Urgence climatique est un leurre, 2018) : la Terre verdit grâce au CO2, l’évolution du climat n’a rien de catastrophique, les coûts de la transition énergétique française sont prohibitifs et inutiles.

Ces doutes sur la transition énergétique, de plus en plus audibles depuis quelques mois, sont brillament développés par un nouveau venu dans l’arêne : Loïk Le Floch-Prigent. Dans son excellente interview (qui vaut mieux que son titre en forme d’alerte sur la démographie), l’ancien PDG d’Elf est impitoyable aussi bien avec les énergies renouvelables qu’avec le « tout-voiture électrique » ou le renoncement à nos ultimes centrales au charbon. Si enfin quelques industriels lucides daignent prendre la parole publiquement pour donner leur avis sincère, c’est que tout n’est pas perdu.

Signalons encore un article très bien tourné de l’un des conférenciers de la Contre-COP24, Bertrand Alliot, qui mène une critique serrée des étages successifs de l’alarmisme climatique (y a-t-il vraiment de quoi s’inquiéter ? Si oui, sait-on vraiment quoi faire ? Si oui, les solutions sont-elles applicables ?), puis se livre à une démolition en règle de l’idée d' »état d’urgence climatique ». « Finalement, écrit-il, l' »objet climatique » tend à soustraire la politique à l’Histoire et à organiser un défilé d’incertitudes, tandis qu’il n’offre aucune prise à l’instinct de survie.« 

 

Au milieu de tout cela, les deux pages accordées à François-Marie Bréon (bien connu de nos services pour estimer que la question climatique s’oppose à la démocratie) pour défendre l’orthodoxie giécienne font pâle figure. Les responsables du dossier pensaient sans doute équilibrer un peu les propos en lui donnant la parole. En pratique, l’auteur n’a fait que réciter son mantra de manière caricaturale, tel un dévôt à jamais sourd aux objections qui lui sont présentées. Son titre, « Le changement climatique c’est maintenant », révèle à lui seul un point de vue resté figé dans une époque, celle du « consensus » et des « certitudes ». Une époque qui s’éloigne, inexorablement.

Source : https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2019/03/06/le-magazine-causeur-rompt-le-consensus-mediatique-sur-le-climat/

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