Un débat très révélateur

...par Thierry Meyssan - le 04/05/2017.

 

Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux - Du 11-Septembre à Donald Trump


Si l’on veut bien regarder le débat du second tour de l’élection présidentielle pour ce qu’il était censé montrer —c’est à dire non pas les programmes, mais les personnalités des deux candidats—, celui du 3 mai aura été très révélateur : les Français s’apprêtent à choisir comme président pour les cinq prochaines années un brillant acteur qui ne s’intéresse pas à eux.

 

Source : http://www.voltairenet.org/article196233.html


Lors des débats précédents pour le second tour de l’élection présidentielle, les deux candidats abandonnaient la rhétorique de leur campagne et se posaient en possible présidents. Ils ne devaient pas tant expliquer une nouvelle fois leur conception de la France que montrer leurs capacités personnelles à former une équipe, à garder leur sang-froid et à défendre l’Intérêt général.

 

Ce ne fut pas du tout le cas le 3 mai 2017. Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont empoignés comme des charretiers, poursuivant le combat de leur campagne.

 

Cette violence verbale incontrôlable atteste, de mémoire d’électeur, une fracture sans précédent du pays. Ce dialogue de sourds entre ses leaders ne peut que conduire leurs électeurs aux mains. À l’évidence, la France sera dans les prochaines années le théâtre d’un vaste affrontement de rue, d’une révolution, voire d’une guerre civile.

 

Nous connaissons tous le diagnostic : d’un côté des gens aisés, travaillant dans le tertiaire, habitant des centres-villes et consommateurs d’animations culturelles ; de l’autre des citoyens pauvres, travaillant dans le primaire et le secondaire, habitant des banlieues ou des campagnes, privés d’avenir et de services publics. Et, bien entendu, quantité de gens entre ces deux pôles, redoutant de basculer dans le second.

 

Selon Madame Le Pen, ses électeurs sont les victimes d’une dissolution progressive de la Nation et de la République dans la globalisation. Selon Monsieur Macron, ses électeurs, en s’enrichissant, sont devenus les vainqueurs de la modernité et des exemples à suivre.

Les téléspectateurs, sonnés par la violence du débat du 3 mai, n’ont pas observé les qualités dont faisaient preuve les deux candidats.

 

Marine Le Pen est apparue affranchie de son éducation d’extrême-droite, à la fois mère maternante et sévère. Avocate, elle s’est montrée soucieuse de justice sociale et a placé son talent au service de la « France d’en-bas ». Elle ne dispose pas d’un esprit brillant capable d’éclairer des salons parisiens, mais d’un discernement clair qui lui permet instantanément d’éliminer la verroterie et les élucubrations.

 

Emmanuel Macron est un esprit supérieur, bien plus intelligent que sa rivale, souvent charmeur, parfois cassant. Homme de théâtre, il maîtrise l’illusion. C’est une personnalité narcissique, souvent malveillante, dénuée de scrupules et de remords. Il s’est amusé à se jouer de sa rivale en se posant comme le chevalier blanc face à l’enfant travesti d’un monstre nazi.

 

À l’issue de cette longue campagne, débat télévisé inclus, il est probable que Monsieur Macron sera élu par la coalition de la « France d’en-haut » et de ceux qui espèrent la rejoindre. Mais rien ne permet d’anticiper la manière dont se dérouleront les élections législatives de juin.

La logique selon laquelle les Français devraient donner une majorité de députés au président qu’ils viennent d’élire pourrait se heurter au réveil des forces qui ont été éliminées au premier tour de l’élection présidentielle. Il n’est donc pas exclu que le charme se brise plus rapidement que prévu et qu’Emmanuel Macron soit immédiatement contraint à composer avec d’autres.

 

Quoi qu’il en soit —que le président Macron préside seul ou qu’il gouverne en associant ce qui reste de l’UMP et du PS—, le gouffre qui sépare les deux France va continuer à se creuser et à s’élargir. Les citoyens qui souhaitent défendre l’Intérêt général, c’est-à-dire la République, n’ont d’autre choix que de s’organiser pour résister, derrière la cheffe élue de l’opposition, Marine Le Pen, et de se préparer à exercer le pouvoir. Ils doivent admettre que le temps de la courtoisie est fini et que la colère gronde.

 

Thierry Meyssan


VOTER OU NE PAS VOTER, VOILA LA QUESTION...

par le Gal. Bertrand Binnedijk - le 29/04/2017.

Chers amis
 
Il fallait bien quelques jours de méditation silencieuse pour réfléchir à l'avenir et discerner ce qu'il convient de faire dans la situation impossible où nous nous trouvons. 
 
François Fillon était le meilleur candidat pour la France et j'assume pleinement le soutien que je lui ai apporté.
 
Ne nous trompons pas sur le diagnostic à porter sur son échec : il a été évincé d'abord et avant tout en raison des idées qu'il portait, qui sont globalement les nôtres, des idées qui révulsent cette gauche boboïsée, libérale et libertaire qui va de Daniel Cohn-Bendit à Alain Juppé, en passant par Hollande, NKM  et ... Emmanuel Macron.
 
Le soir même de l'échec, Les Rats, lire LR, ont immédiatement fait allégeance à EM, avec un unanimisme écœurant, FF compris malheureusement. Consternant!
 
La bassesse des ambitions le dispute à la médiocrité des esprits! Le calcul est évident : faire-barrage-à-la-menace-de-l'extrême-droite-forcément-fascisante dans un premier temps, en espérant en tirer quelques bénéfices aux législatives pour sauver sièges et prébendes, voire plus si affinités. 
 
C'est vraiment prendre les Français pour des c...s que de prétendre leur faire croire qu'en mai, on vote pour Macron, et qu'en juin, on vote contre!  D'ailleurs, on entend même déjà parler d'une future grande coalition...Les masques tombent.
 
C'est jour de soldes au magasin du déshonneur. 
 
L'appel au vote dit "républicain" illustre parfaitement la lobotomisation des esprits machiavéliquement installée dans le logiciel mental de la droite "fréquentable" par Mitterrand. 
 
C'est ce qui explique que depuis de si nombreuses années, la "droite française" demeure sous l'influence morale de la gauche, ne s'en distinguant plus que sur les affaires économiques, et encore.
FF voulait rompre le maléfice. On connait la suite.
 
Alors, que faire le 7 mai?

Nous aurons le choix entre quatre possibilités : s'abstenir, voter blanc, voter EM ou MLP. Le choix est réellement cornélien car, selon moi, aucun ne répond aux besoins vitaux de la France .
 
On peut s'abstenir, montrant ainsi son dépit et/ou son désintérêt pour cette élection. C'est parfaitement honorable.
 
Pour ma part, je ne le ferai pas, car quand on a le privilège de pouvoir voter, on a, me semble-t-il, le devoir de s'en servir, par égard pour tous ceux qui, dans le monde, en sont privés. "La démocratie est le pire des systèmes, à l'exception de tous les autres" (Winston Churchill). 
 
On peut aussi voter blanc. Mettre dos à dos dans la même enveloppe les bulletins des deux candidats dans lesquels on ne se reconnait absolument pas. 
 
C'est un choix empreint d'amertume, mais également tout aussi respectable et compréhensible. On a moralement et légitimement le droit de ne pas apporter son suffrage à des candidats avec lesquels on ne se reconnait aucune valeur en commun. 
Vouloir, comme d'aucuns l'écrivent de façon bien péremptoire, obliger moralement quelqu'un à choisir absolument constitue une insidieuse atteinte au droit à la liberté de conscience. Et nous savons combien cette liberté fondamentale, intimement liée à la dignité imprescriptible de la personne humaine telle que nous l'a léguée le christianisme, est gravement menacée actuellement! 
 
Mais on peut aussi choisir de voter pour l'un des deux candidats en lice. Choisir entre la peste et le choléra, entre des candidats auxquels nous nous sommes opposés de toutes nos forces. Des candidats pour lesquels je n'ai personnellement jamais eu la moindre appétence.
 
Mais peut-être que l'intérêt supérieur de la France et notre conscience morale nous invitent-ils à choisir le moindre mal, pour sauver ce qui peut encore l'être, essayer de s'opposer au déclin de la France?
 
Il convient alors de procéder à une comparaison même sommaire des programmes qui, tous les deux, comportent de toute façon leur part de démagogie et de promesses irréalisables. 
 
Le programme économique d'EM est plus proche de celui de FF. Pour autant, sa "vision" (ou celle des ses mentors?) est celle d'une économie toujours plus ouverte à la mondialisation heureuse qui, depuis des décennies, bénéficie aux seules grandes métropoles en laissant l'arrière-pays au bord du chemin, au cri de "marche ou crève!".
 
Pour sa part, MLP veut "protéger" les Français d'une paupérisation continue des classes moyennes et populaires. 
Le but est louable et nécessaire, mais les moyens annoncés pour le faire ne sont pas à la hauteur des réalités économiques et monétaires.
Qu'on le veuille ou non, les règles internationales s'imposent à notre pays. Le financement de notre économie n'est pas franco-français. Depuis des décennies, la France a développé une telle addiction au surendettement, qu'il est impossible de débrancher les tuyaux sans provoquer des dégâts plus graves que la maladie à guérir. MLP le sait bien qui a conditionné une sortie hypothétique de l'Europe à un référendum qui est loin d'être gagné.
 
Le programme économique de MLP ne me semble pas tenir la route et elle ne pourra pas le mettre en œuvre.
 
Pour autant, je suis d'accord avec elle pour réformer cette machine européenne qui s'est emballée, faute de vouloir se souvenir des racines qui fondent sa culture et son Être même. Oui à l'Europe des nations du général De Gaulle, mais non à l'ectoplasme dans lequel cette belle idée s'est dévoyée. 
 
Mais il n'y a pas que l'économie. Il y a aussi la vision politique.
 
De toute évidence, EM s'inscrit dans la continuité de son créateur Hollande. Le flou prédomine et l'on ne l'a pas entendu parler de rupture avec le suivisme américain, ni de rupture idéologique vis à vis de la Syrie, de l'Iran ou de la Russie, grandes nations que nous poursuivons de notre vindicte mâtinée d'arrogance! 
 
Par ailleurs, la France n'ayant, paraît-il, pas de culture propre, il n'y a pas lieu pour elle de chercher à rayonner, d'autant plus que, coupable de crimes contre l'humanité, elle est condamnée àindéfiniment expier ses fautes en renonçant à ce qui fut son génie propre qui fit d'elle pendant des siècles un phare de l'humanité. 
 
Pour ce qui la concerne, MLP semble déterminée à redonner à la France la voix indépendante qui fut la sienne à une époque où celle-ci n'avait pas honte d'elle-même et osait dire non. Ellechausse pour ce faire les bottes du Général, même si ce n'est pas la même pointure! Elle parle de grandeur et de fierté recouvrée et entend que la France soit respectée par les Grands de ce monde.
 
C'est une belle ambition. Mais il faudra s'en donner les moyens.
 
Concernant la très épineuse question de l'immigration pas vraiment contrôlée, cette dernière devrait se poursuivre avec EM, surtout avec une Europe transformée en courant d'air, avec les conséquences communautaristes que l'on sait. L'infongibilité dans notre culture européenne de la religion-civilisation musulmane, tout à fait respectable par ailleurs, n'est manifestement pas un problème. 

Bien sûr qu'il existe un devoir moral d'accueillir le pauvre et l''émigré, mais à proportion de nos capacités d'accueil. C'est du simple bon sens. Inversement, tout immigré a un devoir de respect vis à vis du pays d'accueil. Ce n'est qu'à cette condition qu'il pourra se fondre harmonieusement dans la communauté nationale. Les différents papes, invoqués par certains, ne disent pas autre chose.
C'est quand même un petit-fils d'immigré qui écrit!
 
MLP quant à elle se dit déterminée à limiter l'immigration de masse.
 
Il ne parait pas a priori scandaleux de vouloir préserver le caractère propre de notre pays qui sera, sinon,immanquablement dilué sous un flot non maitrisé d'arrivants. Il ressort des devoirs régaliens de l’État d'assurer la paix et la tranquillité de la population. D'autres démocraties le font, les EU en premier, qui n'ont pas attendu monsieur Trump pour le faire! 
 
Pour autant, c'est une dimension très importante du programme de MLP qui peut mettre mal à l'aise l'électeur potentiel, non pas tant sur le fond que sur la forme. L'insistance à montrer du doigt l'étranger tend à en faire le bouc émissaire d'une crise occidentale qui trouve d'abord, selon moi, ses racines dans la perte de ses repères anthropologiques, culturels et spirituels. La vague migratoire actuelle, qui est bien une réalité, ne doit pas pour autant cacher nos propres responsabilités. "Et l'on cria haro sur le baudet!" (La Fontaine).
 
Enfin, nous sommes en présence de deux visions éthiques radicalement opposées. Et c'est sans doute là, selon moi, le point le plus discriminant entre nos deux candidats.
 
Avec EM, nous sommes assurés de poursuivre sur la voix tracée depuis trente ans, allant de transgressions en transgressions,tout les jours un peu plus loin, tous les jours un peu plus graves, tous les jours anesthésiant un peu plus les consciences individuelles et collectives, pour banaliser inconsciemment l'inacceptable :
Dans sa lettre aux LGBTI du 16 avril 2017, il s'engage en particulier :
  • à favoriser la Procréation médicalement assistée(PMA) au profit des couples de lesbiennes, 
  • « à ce que les enfants issus de la GPA nés à l’étranger voient leur filiation reconnue à l’état-civil français »
 
Même si EM s'est officiellement prononcé contre toute légalisation de la GPA en France, je suis convaincu que, compte tenu de la teneur de cette lettre et d'autres très révélatrices de sa pensée profonde en termes d'éthique familiale, il finira par céder aux lobbys de la GPA, selon la pratique de la progressivité de la transgression évoquée supra! Il ne faut pas être naïf, voire complice.
 
Ce sera une façon de normaliser, au sens de faire entrer dans les normes admises :
  • d'une part, la marchandisation du corps de la femme  ramené au rang de simple outil de production, asservissant les plus pauvres et donnant lieu à l'exploitation éhontée de la misère,
  • et d'autre part, la réification ( ou chosification) des enfants, ramenés au rang de banal produit de consommation, achetable sur catalogue.
 
C'est inacceptable!
 
Je m'étonne de trouver sous la plume de personnes très honorables revendiquant leur catholicité active l'idée selon laquelle ce risque avéré demeurerait secondaire par-rapport-au danger-que-fait-peser-le-FN-sur-la-démocratie! 
 
En quoi croyons-nous donc si toutes ces atteintes passées et à venir à l'essence même de l'anthropologie humaine ne comptent pour rien?
 
Pour sa part, MLP affirme vouloir réhabiliter la famille et s'opposer à la GPA pour les couples de lesbiennes. Et elle est le seul personnage politique à avoir annoncé clairement vouloir remettre en cause la loi Taubira. FF n'avait pas osé aller aussi loin! 
 
J'arrêterai là la comparaison des programmes, car ils comportent tous les deux des zones d'ombre telles qu'il parait difficile de trancher entre les deux candidats.
 
Je préfère alors me pencher sur la personnalité propre des personnes, pour essayer de discerner leur être profond que l'on peut tenter de deviner à travers leur comportement public, leur gestuelle, leur présence physique, leur aptitude à débattre, etc. qui sont autant de révélateurs du psychisme profond des gens.
 
Si l'on observe MLP, sa maitrise d'elle-même est impressionnante, même ou surtout lorsqu'elle était entourée de ses adversaires qui concentraient la plupart de leurs attaques sur elle. Sans parler des journalistes dont le moins qu'on puisse dire, est qu'ils ne la ménagent pas! Elle manifeste toujours un grand sang-froid, une maitrise d'elle-même et une détermination farouche à défendre ses idées. Même si on y adhère pas, son discours est toujours articulé et cohérent. D'elle émane une véritable autorité naturelle. Ce que révélait déjà son passé politique.
 
Il n'en est pas de même pour EM. Même si ce dernier est plutôt bien fait de sa personne et joli garçon, son comportement ne manque pas d'interroger sur sa stature réelle et son aptitude à revêtir le costume.
 
Nous avons tous pu observer son comportement excessif dans ses meetings, ses yeux exorbités, son regard fixe, ses postures christiques et ses hurlements, toutes choses qui, à son âge, trahissent à l'évidence un manque flagrant de maitrise de soi. 
Ses déclarations d'amour au public répétées ad nauseam ne sauraient tenir lieu de vision politique. Ce qui lui a tenu lieu de discours dimanche soir conjuguait à la fois la fatuité du personnage et la vacuité de la pensée. Il perd ses moyens lorsqu'il sort de ses discours appris à l'avance. Plusieurs d'entre vous s'en sont fait la remarque.
 
Peut-on l'imaginer tenir tête à des dinosaures tels messieurs Trump,Poutine et madame Merkel? 
 
Si je dois le définir, c'est le mot de freluquet qui me vient immédiatement à l'esprit! EM est une création pour perpétuer le hollandisme sous d'autres oripeaux. Il est une marionnette dont les fils sont à l'évidence tenus par les lobbys qui l'ont propulsé sur la scène politique.
 
Mais il n'a pas la carrure pour représenter la France sur la scène internationale. Peut-on l'imaginer chef des armées, responsable du feu nucléaire? Sera-t-il capable de faire face avec maitrise de soi aux inévitables crises internationales, se confronter psychologiquement à des adversaires comme Daesh, Erdogan. 
On l'a vu à Alger!
 
Non, Emmanuel Macron n'a pas la stature d'un homme d’État. François Hollande non plus. Ne recommençons pas la même erreur!

C'est la raison, et la seule, pour laquelle, le 7 mai, je voterai Marine Le Pen. Sans enthousiasme.
 
Chers amis, je me permets de vous exhorter à rompre avec l'hypnose de la pensée unique imposée par la gauche
 
Réapproprions-nous notre liberté de penser. A chacun de se forger son jugement propre, fruit d'un authentique discernement.
 
Alors, mais alors seulement, chacun sera à même de choisir librement, en toute conscience.
 
 
Bertrand Binnendijk

Il est encore temps de dégonfler la baudruche !

...par Christian Vanneste - le 23/04/2017.

Les Français ont fait preuve d’un grand civisme en participant très nombreux au scrutin présidentiel pour le premier tour. Ils ont un certain mérite en raison d’une campagne qui aura été minée par la manipulation éhontée du pouvoir à l’encontre de François Fillon.

Le grand nombre des candidats et l’incertitude sur l’issue pourtant décisive du vote d’aujourd’hui qui sélectionne deux d’entre eux et élimine les autres aura sans doute motivé nombre d’électeurs inquiets de ne pas voir leur famille politique présente au second tour. On peut en revanche s’interroger sur le sens des responsabilités de beaucoup des électeurs d’aujourd’hui.

 

Le vote en faveur de Macron est absurde. Dénué d’expérience, bouée de sauvetage d’un exécutif socialiste en perdition, il a bénéficié d’un soutien médiatique disproportionné et a tiré les bénéfices de l’opération orchestrée contre son rival le plus sérieux. Son absence de programme cohérent, la difficulté qu’il aura à réunir une majorité pour gouverner, sa propension à dire tout et son contraire, et enfin la faute inexpiable d’avoir sali son propre pays à l’étranger auraient dû l’exclure. Les Français ont placé en tête non un homme politique expérimenté mais un produit médiatique dont l’obsolescence est programmée à court terme.

 

François Fillon qui avait été plébiscité par les primaires de la droite et du centre avait pris le risque de proposer des mesures de redressement énergiques en comptant sur la force du patriotisme. Cela n’a pas suffi, car face à une manoeuvre déloyale qui n’est pas sans rappeler le méchant procès fait à Giscard sur les prétendus diamants de Bokassa, il a dû affronter deux handicaps : lui-même et son parti. Manifestement, quelques soient le courage et la ténacité dont il a fait preuve, François Fillon est plus un homme de gouvernement que de campagne. Il aurait dû dire au parquet : la campagne est lancée, circulez, il n’y a rien à voir, comme l’a fait Marine Le Pen et dénoncer une manipulation qu’il a mis un certain temps à percevoir.

 

Quant aux « républicains », ils ont été égaux à eux-mêmes, d’une nullité sans faille. Au lieu de faire bloc autour d’un candidat désigné haut-la-main par les primaires, ils se sont divisés. Certains ont fait allégeance à Macron très rapidement, d’autres se sont ostensiblement mis à l’écart, d’autres encore ont multiplié les déclarations destructrices, d’autres enfin ont manifesté peu de combativité. La foule enthousiaste du Trocadero devra s’en souvenir ! Mon opinion est fondée depuis longtemps sur mon expérience dans ce parti.

 

On voit aujourd’hui s’imposer un jeune produit de la gauche énarchique. Ses parrains sont Attali, à qui Sarkozy avait confié une commission qui a été le tremplin du personnage et  Jouyet qui a été son mentor à l’Elysée après avoir été ministre lors de la stupide ouverture à gauche. On peut remercier Nicolas Sarkozy et sa clairvoyance légendaire.

Ce soir, le lamentable  Raffarin appelait à se rassembler derrière le candidat de gauche qu’il appelait affectueusement en citant son prénom. On peut espérer que dans le marasme qui touche la droite ce soir, on trouve l’occasion de faire naître une vraie droite, délivrée des opportunistes qui se disent centristes. Ceux-ci sont dépourvus d’idées et de valeurs et prêts à se rallier à tout pour conserver leur part de pouvoir. La vraie droite s’appuie, elle,  sur le patriotisme des gaullistes, le goût de l’initiative responsable des libéraux et sur les valeurs morales et familiales du christianisme. Elle s’était engagée derrière François Fillon. Elle ne peut soutenir l’héritier de Hollande, celui qui est allé en Algérie parler des « crimes contre l’humanité » de notre pays au mépris de la réalité et de l’honneur de nos compatriotes rapatriés, le faux libéral et vrai socialiste, le partisan hypocrite de la GPA à l’étranger et reconnue en France.

 


L’élection de Macron ...

...par Roland Hureaux - le 19/04/2017.

Essayiste

Ecole normale supérieure (Saint-Cloud)

Institut d'études politiques (IEP)

Ecole nationale d'administration (ENA)

Agrégé d’histoire 

Sous-préfet

Diplomate

Conseiller technique

à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR)

Conseiller Cabinet du président de l’assemblée nationale (Philippe Séguin)

Cabinet du Premier ministre (Edouard Balladur)

Professeur associé à l’Institut d’études politiques de Toulouse

Rapporteur à la Cour des Comptes. 

Ouvrages

Un avenir pour le monde rural (1993) - Pour en finir avec la droite (1998) - Les hauteurs béantes de l’Europe (1999) - Le temps des derniers hommes (2000) - Les nouveaux féodaux (2004) - Jésus et Marie-Madeleine (2005) - L’actualité du gaullisme (2007) - L’Antipolitique (2007) - La grande démolition (2012) - Gnose et gnostiques des origines à nos jours (2015)


L’élection de Macron sonnerait le glas de la démocratie 

 

Il se peut que les observateurs qui, suivant les sondages qui donnent Emmanuel Macon vainqueur de la présidentielle de 2017 n’aient pas compris ce qu’une telle victoire aurait de subversif pour la démocratie française.

Certes, formellement, l’élection serait régulière.

Mais elle aurait été obtenue à un prix qui ne pourrait laisser qu’un goût amer.

 

Une manipulation judicaire 

D’abord la manipulation judicaire partie de l’Elysée qui a abouti à affaiblir considérablement François Fillon. Une fois posé l’usage de l’alternance démocratique, depuis longtemps admis dans notre pays, il paraissait naturel qu’après un quinquennat de Hollande particulièrement désastreux – au point d’interdire au sortant de se représenter - le candidat de la droite de gouvernement, François Fillon, désigné au terme d’une primaire incontestée, prenne la relève avec ses équipes.

Pour des raisons qui restent à éclaircir, Hollande et son entourage ne l’ont pas admis. Turpitudes à cacher, affaiblissement du sens républicain, égoïsme sordide, Hollande a décidé de remettre en cause cet usage en mettant tous les moyens de l’Etat, les moyens judicaires en premier lieu, en marche pour détruire l’image du candidat dans l’opinion, dans l’espoir de conserver l’Etat PS qu’il avait mis en place.

S’il est vrai qu’au début, Hollande a espéré réaliser cette opération pour lui-même, son retrait et la faiblesse du candidat socialiste ont fait qu’elle a profité à Emmanuel Macron. Ce dernier ne pouvait pas ne pas être au courant de ces manigances : proche de Jean-Pierre Jouet, secrétaire général d’Elysée que l’on dit au centre de la manœuvre, ayant eu le secrétaire général adjoint Boris Vallaud, mari de Najat Vallaud-Belkacem comme chef de cabinet à Bercy, quand il était à la tête d’une administration fiscale qui n’a pas de secret pour son patron, le candidat Macron apparaît au cœur d’une manipulation dont il est le premier bénéficiaire.

Est-il utile de dire qu’en ayant la haute main sur le parquet financier, qu’il a créé et où il a effectué les premières nominations, et en permettant son instrumentalisation politique, Hollande n’a pas respecté, c’est le moins qu’on puisse dire, l’article 64 de la Constitution selon lequel "le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire ?" 

On pourra alléguer que Francis Fillon aurait pu se défendre mieux. Il reste que la manœuvre qui a déstabilisé sa candidature est sans précédent dans une République où le pouvoir judiciaire était tenu par la loi et par la coutume à l’écart de la politique et où les présidents de la République successifs n’avaient jamais dans le passé utilisé de tels moyens.   

 

Une presse dont le pluralisme est évacué 

L’autre dévoiement auquel Macron devrait, s’il était élu, son élection, est la quasi-unanimité de la presse écrite et audio-visuelle en sa faveur – contre François Fillon.

Cela aussi est sans précédent dans la démocratie française.

L’affaire Fillon n’aurait pas eu le retentissement que l’on sait si la presse ne s’en était délectée hors de toute mesure, pendant des semaines et des semaines, avec une insistance sans proportion avec la gravité toute relative des faits. 

Une telle unanimité tient sans doute à la sociologie journalistique dont la formation orientée et l’esprit grégaire tel qu’il s’est développé dans les écoles de journalisme et les salles de rédaction, plus le terrorisme intellectuel interne au milieu, assurent une large majorité aux plumes de gauche et d’extrême-gauche, même dans les journaux classés à droite, dont témoignent tous les sondages

Elle tient aussi à l’accaparement des médias par des groupes financiers diffusant presque tous une idéologie libérale-libertaire, compatible avec la gauche, et qui pouvait être hostile à ce que représente François Fillon : la bourgeoisie catholique enracinée de filiation gaulliste. On sait les sentiments favorables pour Macron de gens comme Pierre Bergé et Xavier Niel, patrons du Monde et del’Obs, Bernard Arnault, patron des Echos et du Parisien, Vincent Bolloré, patron de Canal Plus, François Pinault, patron duPoint et naturellement des patrons de toutes les chaînes publiques. On sait aussi par quelles manœuvres Macron ministre des finances s’est acquis l’appui de Patrick Drahi bénéficiaire d’une autorisation d’achat de SFR qui représente un avantage de plusieurs milliards et qui possède, BFM, Libération, L’Express. Le candidat Macron s’est attiré d’autres sympathies moins connues dans la presse régionale : Jean-Michel Baylet, Michel Lucasa.

 

Nous savons depuis deux siècles que la démocratie est inséparable du pluralisme de la presse. Cette unanimité des médias en faveur d’un seul candidat, au détriment des dix autres, est le signe d’une dégénérescence profonde de notre héritage démocratique. Il y a un précédent, l’unanimité de la presse nord-américaine en faveur d’Hillary Clinton. Elle n’a certes pas empêché Trump d’être élu mais elle l’empêche de gouverner. Là aussi une vieille démocratie est en train de déraper dangereusement.   

A l’appui de la presse s’ajoutent les moyens financiers colossaux dont semble bénéficier le candidat Macron et dont l’origine demeure mystérieuse. Là aussi nous nous trouvons en rupture avec une époque où la répartition de ces moyens n’était certes pas égalitaire mais où elle était plus équilibrée.

A ces deux dimensions qui ont infléchi le résultat des urnes, s’ajoutent, dans une pénombre plus difficile à scruter, les pressions internationales qui s’exercent en faveur de Macron, soldat sans états d’âme de tous les réseaux qui se sont attachés au fil des ans à réduire la souveraineté de la France : OTAN (avec ses têtes nord-atlantiques pro Clinton), Union européenne, Allemagne, sans compter les réseaux propres à la haute finance dont le candidat est issu.

 

Perméabilité d’une personnalité apte à se plier à tous les conditionnements et qui semble à bien des égards immatures ? Conditionnement propre à la dernière génération de Sciences Po, style Richard Descoings ? Exigences impitoyables de certains commanditaires hors du champ des radars ? Il faut bien dire que, sur aucun sujet, Macron n’a pris la moindre distance par rapport aux idées dominantes dans le monde occidental : immigration, euro, russophobie, libre-échange, éducation, idées libertaires etc. Au point apparaître comme un candidat formaté à l’avance pour imposer à la France ce qui dans la plupart des domaines suscite le rejet du peuple.

Connaissant ces rejets de plus en plus violents, qu’attestent de nombreux sondages, les forces qui appuient Macron semblent avoir choisi de passer outre, de passer à la vitesse supérieure pour imposer aux Français un président qui reflète leurs idées : celles des maîtres du monde. En raison de la difficulté même de l’entreprise, ils n’ont pas lésiné sur les moyens.

 

Ce sont ces moyens qui ont permis au candidat Macron, grâce à des méthodes de communication adaptées et sans doute cher payées, quoique parfois ridicules, de faire illusion au point que la distance abyssale entre ses vraies idées et les aspirations profondes du peuple français n’apparaisse pas au grand jour.

Rien ne dit que leurs yeux ne s’ouvriront pas avant le second tour. Il est dans la logique de la Ve République telle que l’a voulue le général de Gaulle que le peuple français n’élise pas son président sans un face à face ultime où il regarde les yeux dans les yeux celui auquel il va confier son destin. Mais si d’aventure tel n’était pas le cas, et que Macron soit quand-même élu, le réveil serait rude.

Les Français ne pourraient qu’avoir le sentiment de s’être fait forcer la main avec de moyens déloyaux.

Comment ne verraient-ils pas dans cette élection un véritable hold-up sur la république ?

Compte tenu de la place de la France dans l’histoire de la démocratie, ce serait là le signe d’une crise grave de celle-ci.

Il n’est pas sûr qu’une telle élection acquise avec de tels moyens, ne prélude pas à un rejet violent et rapide du nouveau président.

 

Source : http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/du-cote-des-elites/item/3088-l-election-de-macron-sonnerait-le-glas-de-la-democratie


L'école, grande absente...

...par Malika Sorel-Sutter - le 21/04/2017.

 

Essayiste

Ancien membre du Collège du Haut Conseil à l'Intégration

Ingénieur de l’École Polytechnique d’Alger

Troisième cycle de gestion de l’Institut d’Études Politiques de Paris (Major de promotion) 

Membre du jury du 'Grand prix de l’impertinence' de la Fondation prospective et innovation, présidé par le recteur Christian Forestier, administrateur général du CNAM.

Membre de la commission laïcité du Haut Conseil à l’Intégration.

Membre du conseil d’administration de l’association de géopolitique et de défense Géostratégies 2000 

Ouvrages 

Le Puzzle de l’intégration. Les pièces qui vous manquent - Fayard/Mille et une nuits (2007)

De quoi l’avenir intellectuel sera-t-il fait ? Ouvrage collectif - Le Débat, Gallimard (2010)

Immigration-Intégration : le langage de vérité - Fayard/Mille et une nuits (2011)


"L'école, cette grande absente de la campagne présidentielle"

 

 

La campagne pour l'élection présidentielle s'achève. Selon l'enquête d'Harris Interactive pour la Fondation pour l'innovation politique, elle déçoit une majorité d'électeurs. 80 % d'entre eux la jugent "décevante", et 76 % "ratée". En réalité, nous n'avons pas eu de vraie campagne présidentielle. Nous avons été dépossédés par les médias de l'élection qui est à nos yeux la plus importante, car elle dessine les contours de la société française que nous voulons pour demain.

Parmi les sujets qui auraient dû être versés à la délibération collective aux côtés de la résorption de notre dette abyssale figure celui de l'école, car c'est à l'école que se construit l'avenir de la France. C'est à l'école qu'incombe la délicate mission de former les citoyens de demain à partir des enfants qui lui sont confiés et qui ne sont pas tous éduqués, loin s'en faut, avec le même référentiel de principes et de valeurs. C'est aussi à l'école qu'incombe la lourde responsabilité de préparer les adultes qui participeront demain à créer de la valeur pour assurer la croissance, dans un monde en rapide évolution où plus que jamais, la maîtrise des savoirs devient un enjeu pour épouser les mutations du marché de l'emploi.

 

Il existe un grand impensé de l'école, c'est la rapide augmentation de la proportion des jeunes d'origine étrangère dans la démographie scolaire et ses conséquences sur l'école et sur l'ensemble de notre société. Cette évolution démographique a été analysée par les démographes Michèle Tribalat et Bernard Aubry. Entre 1968 et 2011, cette proportion est passé de 13,1 à 26,8 % pour les communes de 10 000 à 30 000 habitants ; de 14,2 % à 36 % pour les communes de 30 000 à 50 000 habitants ; de 14,3 % à 36,5 % pour les communes de 50 000 à 100 000 ; et pour les communes dont la population excède 100 000 habitants, cette proportion des jeunes de moins de 18 ans d'origine étrangère est passée de 14,8 % à 33,5 %. Ces chiffres ne sont qu'une photographie. Dès 2011, on notait que 46,2 % des enfants qui naissaient en Île-de-France avaient au moins un parent né à l'étranger. En Provence-Alpes-Côte-d'Azur ces naissances représentaient 32,5 %, et en Alsace 31,2 %.

 

À l'automne 2016, l'Insee communique les chiffres qui dessinent le nouveau visage de la France: depuis 2011, les naissances d'enfants issus de deux parents nés en France ont diminué de 7,8 %, tandis que celles d'enfants dont l'un ou les deux parents sont nés à l'étranger ont augmenté de 6 %.

Selon le politologue Jérôme Sainte-Marie, "l'immigration est devenue un enjeu total. Il ne s'agit pas, dans l'esprit de plus en plus de citoyens, d'une question isolée des enjeux économiques, sociaux et culturels, mais d'un sujet qui synthétise un rapport au monde". Je n'ai eu de cesse d'en faire la démonstration au long de mes publications. Non pour porter quelque accusation que ce soit contre les immigrés et leurs descendants, qui deviennent souvent eux-mêmes otages d'une situation qui les dépasse ; mais pour tracer la voie qui permettra à la France de relever les redoutables défis auxquels elle se trouve confrontée. Penser que l'évolution de la démographie scolaire n'a qu'une incidence mineure sur notre devenir, c'est gravement sous-estimer ces défis que notre société, et en première ligne ses enseignants, doivent relever si l'on souhaite éviter la partition de la France. "Car c'est quand même ça qui est en train de se produire : la partition", constate le Président François Hollande, qui s'en inquiète dans ses confidences aux journalistes Davet et Lhomme.

 

Lorsque l'enfant rencontre ses premiers instituteurs, ses parents, premiers éducateurs qu'il trouve sur son chemin, lui ont déjà imprimé leur marque. L'élève n'entre jamais à l'école à l'état d'une page blanche sur laquelle son enseignant peut librement écrire, et ses parents continueront d'écrire sur cette page même lorsque le corps enseignant aura entamé la mission qui lui est confiée par la République. Pour l'élève, les problèmes surgissent dès lors que les valeurs de sa culture familiale sont "contraires aux traditions de la société du pays d'accueil", pour reprendre les mots d'un rapport des instances européennes de 1987. En 2007, la commission du linguiste Alain Bentolila qui planche sur l'école maternelle évoque à son tour l'existence d'un "risque transculturel pour tout enfant de migrant ou pour les enfants venus d'ailleurs" et soulève pour ces derniers la question de la compatibilité culturelle entre l'école et la maison.

 

Longtemps, l'attention du plus grand nombre s'est focalisée sur le collège. Avec les piteux résultats que nous connaissons: le déclassement de la France dans le programme international PISA qui mesure les acquis des élèves, auquel il convient désormais d'ajouter un sentiment de honte: la France est au dernier rang des pays de l'OCDE pour le respect de la discipline en classe. Les conditions de la transmission des savoirs ne sont plus réunies. Pourtant les données étaient déjà connues, qui attestaient du fait que les élèves se trouvant en difficulté à l'entrée au collège l'étaient déjà en quasi-totalité dès leur entrée au CP. L'égalité des chances se prépare dès la maternelle. Le collège n'est que l'heure de vérité. C'est l'étape de la scolarité où explosent tous les problèmes qui se sont accumulés. Celle où il n'est plus possible de dissimuler le fait que les apprentissages ne peuvent réussir sans la maîtrise des prérequis.

 

Dès la petite enfance, de nombreuses actions doivent être conduites simultanément. Il est primordial d'aider chaque enfant à se construire des attaches affectives et culturelles avec notre société. Cela se fait par la lecture de contes qui permettent de se construire un imaginaire qui plonge ses racines dans la culture franco-européenne. Par l'acquisition d'un répertoire de comptines et de chansons enfantines françaises. Cela passe également par un apprentissage exigeant de la langue française basé sur des écrits de bonne qualité littéraire. Comme l'avait fort bien pensé le professeur Michel Zorman, le dictionnaire de mots maîtrisé par le très jeune enfant va jouer un rôle décisif, de même que sa maîtrise du code alphabétique de la langue. D'où la nécessité d'instaurer, dès la grande section et jusqu'à la fin du CE1, un entraînement soutenu dans l'apprentissage de la lecture puis de l'écriture. Aujourd'hui, le plus souvent, seuls les enfants qui ont eu le privilège d'évoluer dans un milieu familial dont l'usage de la langue française n'est pas atrophié, disposent d'une chance d'aborder les apprentissages de l'école primaire sur leurs deux jambes. Les autres trébuchent dès les premières semaines. Parmi eux, certains se relèveront. D'autres seront traînés de classe en classe en attendant l'âge légal de fin de la scolarité obligatoire.

 

Combien de parents ou de grands-parents savent-ils qu'en une poignée de décennies, les élèves du primaire ont perdu l'équivalent d'une année d'enseignement du français? Les volumes horaires d'enseignement de la langue française doivent être rétablis à l'école primaire aussi bien qu'au collège. Alain Viala, qui présidait la commission chargée de réformer les programmes d'enseignement du français, avait reconnu que la modification des programmes d'enseignement du français introduite en 2000 avait pour préoccupation première le public de l'immigration extra-européenne. Cette réforme tant décriée avait été accusée, à juste titre, d'empêcher un grand nombre d'élèves de parvenir à habiter et investir une langue désormais le plus souvent présentée comme un simple corps inerte à disséquer. L'approche des linguistes, qui a toute sa place dans le cycle de l'enseignement supérieur, doit être pourchassée et éliminée de tous les cycles précédents. Il en va de l'appropriation de la langue française par le plus grand nombre d'enfants. La langue n'est pas un banal outil de communication: elle est le véritable véhicule de la pensée, de la vision et de la représentation des autres et du monde.

 

Il nous faut également écarter la querelle éducation/instruction, tant elle est devenue, au fil de la transformation de notre société, surréaliste. L'esprit de responsabilité commande la conjugaison des efforts de la famille et de l'école, d'autant qu'éducation et instruction s'entremêlent étroitement. Les parents doivent comprendre que leur intérêt et celui de leurs enfants est d'accompagner le travail des enseignants, de le faciliter. Il n'est pas nécessaire de comprendre soi-même le contenu des programmes scolaires. Seulement de s'acquitter, avec esprit de responsabilité, de son rôle de parent de préparer son enfant à être réceptif et toujours respectueux des enseignants, des autres élèves et de son environnement.

Les remises en cause de nos principes républicains de liberté individuelle, d'égalité homme-femme et de laïcité sont le plus souvent, à tort ou à raison mais là n'est pas le sujet, le fait de commandements religieux qui se retrouvent placés au-dessus des lois de la République. Comme le disait Régis Debray au Père Jean-Michel Poffet lors d'une discussion au Salon du livre de Paris en mars 2008, "l'intrusion de Dieu dans cette bagarre est une catastrophe. Pourquoi? Parce qu'on transige sur des intérêts, on négocie en ce qui concerne un territoire. Sur le sacré, on ne transige pas." Ceux qui préconisent l'enseignement du fait religieux à l'école se comportent, sans nécessairement en avoir conscience, en apprentis-sorciers qui jouent avec la paix dans notre société. L'enfer est souvent pavé de bonnes intentions ; les problèmes auxquels nous sommes confrontés ne résultent en aucune manière d'une ignorance à laquelle la simple pédagogie serait à même de remédier.

 

Pour remettre nos enseignants en capacité d'assurer pleinement leur mission, l'école doit être impérativement de nouveau protégée des querelles des hommes. La laïcité est la digue qui protège la France. Ceux qui travaillent à l'affaiblir porteront une responsabilité face à l'Histoire. Les hommes passent ; leurs écrits et prises de position au sein de la cité demeureront.

La question de la liberté est vitale, car elle conditionne l'innovation et la croissance de demain. C'est la liberté de pensée qui permet de repousser sans cesse les portes de l'imaginaire et du possible. La liberté est le sein nourricier de l'innovation. Le doute, avec son questionnement sous-jacent, éveille la curiosité, qui libère la pensée et incite à aller de l'avant. La capacité à douter est une des caractéristiques fortes de l'esprit occidental auquel l'écrivain Édouard Glissant rend un vibrant hommage : "La pensée occidentale s'allie somptueusement à la puissance et au désir de découverte. La passion de la découverte est une spécificité occidentale". Je confirme.

Le tsunami des flux migratoires de cultures non européennes a placé l'école face à des difficultés inédites, auxquelles elle n'était pas préparée. Remettre les savoirs au centre du système éducatif permettra à une grande partie des enfants d'accepter de saisir la main de l'enseignant, y compris lorsque ce dernier diffère de son propre parent de par les connaissances qu'il transmet. C'est là que se situe le nœud du problème, d'autant que, comme le note la sociologue finlandaise Jouni Välijärvi dans un rapport de l'Unesco, "on sait que les performances des élèves ont pour moteur le capital culturel et les centres d'intérêt qu'ils apportent de chez eux à l'école". Lorsque l'enfant rejette la main de l'enseignant, la réussite de l'élève relève alors du miracle.

 

Source : http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/en-france/item/3094-l-ecole-grande-absente


COMMISSAIRES DE LA MORALE

...par le Gal. François Torrès - le 09/04/2017.

 

UN RETOUR EN FORCE

 

La révolution française avait mis en place les premiers commissaires politiques de l’histoire chargés de contrôler que les militaires ne dévient pas de l’idéal révolutionnaire. En 1918, Trotsky avait créé cette fonction dans l’armée rouge pour maintenir strictement la hiérarchie militaire sous la coupe des idéologues d’octobre rouge, prévenir les risques de dissidence et assurer directement la propagande communiste auprès des unités militaires.

 

Plus tard Staline les utilisa pour purger l’armée rouge des cadres jugés politiquement douteux. Mais l’esprit critique et la force de caractère qui incitent à la rébellion allant de pair avec la qualité des hommes, les purges eurent l’effet collatéral d’éliminer de nombreux officiers compétents que Staline dut rappeler de ses prisons quand l’armée rouge était en difficulté face au 3ième Reich à Stalingrad.

 

La 11ième élection présidentielle de la 5ième République aura été marquée par le retour en force d’une catégorie particulière de Commissaires. Ceux de la morale, petits soldats de la désinformation et de l’arnaque politique pour abattre François Fillon, le seul candidat – le pire est que tous les commentateurs sérieux, connaissant pourtant ses failles et ses fragilités, ont fini par l’admettre – ayant une stature, un programme, un discours, une maîtrise de soi et une tonalité de chef d’Etat.

 

Diffusant à jets continus une rengaine univoque sur l’air offusqué de la dignité et de l’honneur bafoués, tous les médias ou presque se sont faits les porteurs de valise d’une opération de communication à deux faces, strictement symétriques.

 

L’une destinée à promouvoir comme un « tube » de midinette à succès un jeune narcissique immature empêtré dans d’immenses contradictions personnelles et politiques, imbu de son succès médiatique fabriqué et dont l’absence de colonne vertébrale pourrait, s’il est élu, annoncer d’autres catastrophes à venir pour la France, déjà embourbée dans le déni.

 

L’autre ayant pour but d’éliminer un homme dont l’expérience politique nationale et internationale est infiniment plus riche que celle de n’importe quel autre candidat et qui, au bout d’une vie de service public, a décidé, droit dans ses bottes, il est vrai un peu trouées, de sortir le pays de l’anesthésie, de nommer les défis qui accablent les Français et de leur proposer un chemin pour extirper de leurs esprits la fatalité du déclin.

 

D’une part une nouvelle dose de stupéfiant ; de l’autre un réveil roboratif.

 

Mais rien n’aura été négligé pour enfoncer les Français dans la confusion et les culpabiliser par avance du « risque immense » qu’ils prendraient de placer à la tête du pays « un homme aussi indigne » tel que François Fillon. Harcèlement judiciaire, violation du secret de l’instruction, désinformation systématique, manipulation des images, embuscade télévisée organisée par David Pujadas et la télévision publique avec la complicité d’une virago pornographe échappée de l’entre soi « bobo » rejouant sans cesse « au nom du peuple » un nouvel acte factice de la terreur révolutionnaire.

 

Et, à, l’inverse, complaisance souriante à peine critique pour les contradictions du météore de la politique française, banquier d’affaires aux dents longues badigeonné à l’huile sympathique de la sociale démocratie, reconverti, comme par magie, à la sensibilité miséricordieuse pour la détresse populaire.

 

Quand François Fillon alerte sur l’état de nos banlieues, les commissaires de la morale crient au racisme porteur de guerre civile tout en attisant, par leurs démagogies multiculturelles, les incendies de la haine de la France. Quand, mettant en garde contre la faillite des comptes et la proximité inéluctable d’une déroute budgétaire, il suggère quelques économies, on hurle au loup et à la « purge », tout en proposant de creuser encore les déficits.

 

Quand le Sarthois parle de fierté française on le traite d’affreux nationaliste, au moment même où la classe des intellectuels « déconstructeurs » de la France, trouve toutes les indulgences au voyage à Alger de l’étoile filante, ayant craché en terre étrangère sur l’histoire du Vieux Pays à seule fin de racoler le vote des banlieues.

 

Cet acharnement se développe sans discontinuer grâce à quelques ferrailleurs et hommes de main qui organisent avec la presse les fuites de l’instruction des « affaires » de François Fillon, manipulent la justice au nom d’une vision idéologique de leur charge, à moins que ce ne soit par copinage de caste, tandis que la férocité opiniâtre du lynchage est encore attisée par des journalistes indignes et tourmenteurs incapables de s’extraire des poubelles où ils se sont eux-mêmes plongés, confits dans leurs incessantes leçons de morale. 

 

En province, François Fillon rassemble chaque fois plusieurs milliers des Français enthousiastes dans des salles pleines à craquer, mais la télévision d’Etat et ses supplétifs repassent en boucle la dizaine de tapeurs de casseroles convoqués à l’entrée des meetings ; Pas un mot sur l’ambiance et la ferveur populaire. A l’inverse, filmant avec complaisance les prestations « télé-évangéliques » de l’apprenti gourou aux idées creuses et flottantes, jamais on insiste sur les sièges vides et les déçus qui, s’ennuyant des litanies ampoulées et creuses de Macron, s’éclipsent avant la fin.

 

Pire encore, la lèpre de l’autocensure sous l’œil vigilant des ayatollahs de la secte médiatique menace de se répandre comme une épidémie.

 

Le 4 avril, évoquant des risques juridiques de diffamation, (sic) LCI a retiré de son site internet l'émission «La Médiasphère» du 3 avril, très critique à l'égard de Marine Le Pen, mais surtout d'Emmanuel Macron. Comme s’il était inconvenant de trop critiquer le météore politique fabriqué par le parti socialiste, alors que depuis plus deux mois, François Fillon est victime d’un harcèlement qui bafoue à la fois la présomption d’innocence et le secret de l’instruction sans que jamais personne ne s’en offusque. 

 

Quand à Strasbourg, François Fillon parle de la transmission des valeurs culturelles du pays oubliées par les intellectuels hors sols experts de la déconstruction de l’histoire de France et de sa culture propre, le hululement des hyènes médiatiques n’évoque que « l’enfarinage » ; tandis que le Monde, épicentre de la média sphère politiquement correcte allergique à l’évocation des racines, n’a évoqué que le deuxième sujet du candidat LR : l’Europe des Etats.

 

Mensonge par omission qui, dit Alain Finkelkraut, détruit tout espoir de débat politique sérieux puisqu’une partie des intellectuels adeptes de la table rase et du flottement liquide des situations semblent être devenus sourds aux sujets de l’appartenance, des racines, de la permanence et du temps long.

 

Mais puisqu’il est question de morale, parlons-en, tout en prenant soin de garder un œil sur l’état de la France, de l’Europe et du monde, sujets que les commissaires de la morale évoquent si mal et si peu tant ils ne parviennent pas à détacher leurs obsessions de la fange dans laquelle ils se complaisent.

 

Eclatement de l’Europe, menaces sur l’Euro, crises migratoires, montée de l’intégrisme islamiste, déclin de l’Occident, chaos à nos portes, en Afrique et au Moyen Orient, ébranlement de l’Amérique, retour à la guerre froide et conflits en Ukraine, impérialisme turc, unité britannique en question, risques de montée aux extrêmes en Syrie et en Corée du Nord et, par-dessus tout, en France, chômage record, déchirement irrémédiable du tissu national et prémisses de guerre urbaine.

 

Il faut être hypnotisé pour ne pas voir que nous sommes arrivés à une très dangereuse croisée des chemins, tandis qu’en amont de la présidentielle les ayatollahs de la vertu française, commissaires d’un nouveau genre, croyant que la politique est un linge immaculé, s’intéressent presque uniquement aux costumes de François Fillon et à l’emploi parlementaire de sa famille. 

Pourtant, même Sarkozy, Alain Juppé, JP Raffarin, Gérard Larcher et Edouard Balladur en conviennent enfin, F Fillon est de très loin le meilleur, d’autant qu’on ne voit pas où serait l’extrême déshonneur à faire travailler ses proches, quand la honte et l’indignité sont non seulement entrées en force à l’Elysée en 2012, mais ont aussi été psychanalysées et décortiquées, secrets d'Etat compris, par deux journalistes spécialistes de la violation du secret de l'instruction.

 

Oui, puisque la morale est devenue le principal et indépassable critère présidentiel, il est difficile de trouver des symptômes plus probants de l’effondrement de la vertu politique, abimée dans les sombres marécages de l’indécision et du nombrilisme.

 

Décidément, ne pas voter François Fillon c’est manquer une occasion historique que les Français ne retrouveront pas de si tôt. Un homme de cette trempe, porteur d’un programme exhaustif et élaboré par l’expérience et la durée, capable de rester debout dans ses bottes abimées et, depuis plus de deux mois imperturbable sous une impitoyable mitraille, ne se trouve pas sous les sabots du premier cheval venu. En tous cas on n’en voit pas dans l’offre politique actuelle. / FT

 

Source : http://www.unispourlafrance.org/commissaires-de-la-morale


La fin du système des partis

...par Jean-Claude Paye - le 20/04/2017.

 

Sociologue.

 

Dernier ouvrage publié en français : De Guantanamo à Tarnac . L’emprise de l’image(Éd. Yves Michel, 2011).

 

Dernier ouvrage publié en anglais : Global War on Liberty (Telos Press, 2007).

La candidature d’Emmanuel Macron ne vise pas à constituer un nouveau parti, Les Démocrates, face aux Républicains, comme aux États-Unis. Il s’agit plutôt de créer un mouvementisme sans objet qui permette de préserver les intérêts de la classe dirigeante. « En marche ! » donc, vers la dissolution de la République française dans la globalisation consumériste.

 

Source : http://www.voltairenet.org/article196073.html

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Emmanuel Macron : la Révolution de l’eau tiède

 

La déclaration d’Emmanuel Macron, se présentant comme le candidat « anti-système », a surpris les Français, car il avait été nommé secrétaire général adjoint de l’Élysée en 2012, puis ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique dans le gouvernement Manuel Valls II, en 2014. Il n’a d’ailleurs démissionné de cette dernière fonction que pour avoir les mains libres, afin de se présenter à l’élection présidentielle. Cette auto-désignation nous dit cependant quelque chose d’important sur l’évolution de la structure politique. Qu’Emmanuel Macron se sépare du régime des partis politiques comme mode de gouvernance du pays est une évidence. Pourtant, cette prise de distance, vis-à-vis des partis constitués, ne fait pas de lui un candidat anti-système, car le « système » qui se met en place n’est plus celui des partis, mais bien celui d’une gouvernance politique directe des États nationaux par les acteurs économiques dominants et les structures politiques internationales.

 

D’ailleurs l’intervention de l’« anti-système » apparaît de plus en plus prégnante dans le déroulement des élections françaises. Le scénario initié par François Hollande se répète, une candidature qui apparaît d’abord comme prématurée, puis la liquidation inespérée de son concurrent, Dominique Strauss Khan, contre lequel il n’avait aucune chance. Cette fois, c’est le candidat de la droite François Fillon, grandissime favori de l’élection présidentielle, qui voit sa réussite subitement impactée par une affaire d’emploi prétendument fictif, existant depuis des dizaines d’années, mais que l’on vient inopinément de découvrir. Dans les deux cas, ces interventions providentielles, destinées à rétablir la morale ou les bonnes mœurs et incidemment à liquider le politique, remettent en selle des candidats qui n’ont aucune velléité de se démarquer, même d’un cheveu, de la politique impériale. Ce sont les candidats les plus malléables qui bénéficient de ces actions du destin. Dans le cas de Macron, on a même un candidat parfaitement « liquide », entièrement construit par l’anti-système et ses médias. Ainsi, « l’anti-système » se montre avant tout comme une restructuration, par le haut, de la représentation politique.

 

La liquidation programmée du PS

Le positionnement du candidat Macron s’inscrit dans une tendance forte, particulièrement visible au sein du Parti socialiste français, celle de l’auto-implosion. Sa candidature posée en dehors du Parti n’est que le dernier avatar d’une série d’événements qui montrent une volonté interne de liquidation de cette structure. François Hollande ne disait-il pas déjà en 2015 : « Il faut un acte de liquidation. Il faut un hara-kiri. Il faut liquider le PS pour créer le parti du Progrès ». Le premier ministre Manuel Valls s’est également présenté comme partisan d’un « front républicain », pour une fusion des listes électorales au niveau des primaires dans les circonscriptions ou le Front national risquerait de l’emporter. On ne peut donc être étonné de sa dernière déclaration selon laquelle il voterait Emmanuel Macron, pour barrer la route à l’extrême droite.

 

Invité par Matteo Renzi à la fête de l’Unità, le Premier ministre français avait aussi déclaré : « Il n’y a pas d’alternative à gauche, la seule autre donne c’est le Front National. C’est ça et rien d’autre qui doit occuper l’esprit de tous les socialistes. ». Ou encore, au micro de BFM-TV :« À chacun de se dire : est-ce qu’il y a une politique alternative à ce que nous faisons ? Oui, il y en a, il y a ce que propose l’extrême-droite ».

 

L’organisation de la légitimation repose sur la diabolisation d’un parti politique, le Front National, devenu pourtant semblable aux autres, depuis son aggiornamento de parti fasciste en organe du « meilleur des mondes ». Le programme n’a plus d’importance, seule compte la capacité, auto-proclamée et authentifiée par les médias, d’empêcher le Front national d’arriver au pouvoir. Macron s’inscrit dans cette ligne politique. Il en est son point d’aboutissement. Cette hypostase lui assure sa légitimité et enlève toute crédibilité à toute autre candidature.

 

La fin du système des partis

La tendance à l’effacement du système des partis, particulièrement explicite en ce qui concerne le PS, se vérifie aussi au niveau du parti républicain, même si le processus de décomposition est moins avancé et a dû faire l’objet d’une aide extérieure par le biais de l’opportune « affaire » Fillon. Cependant, le processus était déjà bien engagé, comme nous le montre le système des « primaires ».

 

Le candidat d’un parti n’est plus désigné par ses militants, mais peut être élu par tout un chacun, et ainsi par les membres d’un parti concurrent. Le candidat n’est donc plus celui d’un parti, mais celui de l’ensemble des Français, même celui de ses opposants. Ce ne sont plus les organisations politiques qui s’affrontent, mais de simples personnalités, non plus porteuses d’un programme, mais d’une image façonnée par les médias. Du choc des idées, on passe à la concurrence des images.

 

Nous nous trouvons dans une nouvelle configuration de la « scène politique » , de l’espace de la représentation politique. Nous passons d’un système organisé autour d’un parti de masse dominant ou d’une structure binaire de deux organisations « alternatives », gauche et droite, à un mode de gouvernance qui abandonne le système des partis et qui, dans les faits et dans le langage, rejette le politique.

 

Une crise de représentation partisane n’est pas un phénomène unique dans le paysage politique français. Il existe plusieurs références historiques, dont celle du bonapartisme instaurant le Second empire, ou, plus près de nous, l’instauration de la Cinquième République en 1958 par le général De Gaule. Cependant, le phénomène actuel est autre. Les deux exemples cités relèvent d’un coup de force extérieur face à l’appareil législatif. Aujourd’hui, nous assistons à un processus interne d’auto-démantèlement de l’ensemble de la structure d’État.

 

Si hier, la crise de représentation des partis a conduit à un renforcement effectif de l’Exécutif, aujourd’hui, l’augmentation de ses prérogatives aboutit à un accroissement purement formel de son pouvoir, car il ne travaille pas pour son propre compte, mais pour celui d’organisations supra-nationales, des structures intermédiaires de l’Empire, tels que l’Union Européenne, le Conseil de l’Europe ou l’Otan. L’appareil exécutif national, dans son viol permanent du Parlement, apparaît comme un simple relais. Ainsi, parler de crise de représentation des partis politiques n’est pas suffisant. Il ne s’agit plus d’un fait lié à une conjoncture politique particulière, mais d’un événement d’ordre structurel.

 

Primauté de l’image

Le phénomène de la candidature Macron révèle une mutation dans l’exercice du pouvoir d’État, à savoir la fin de toute médiation avec la société civile. Les différents lobby se substituent aux partis. Les grandes entreprises ont la capacité de défendre directement leurs intérêts, contre la grande majorité de la population, sans que la décision prise prenne la forme d’une défense de l’intérêt collectif.

 

Autrement dit, la classe économiquement et politiquement dominante devient également la classe régnante, celle qui occupe les devants de la « scène politique », de l’espace de la légitimation. La classe dominante gère directement ses intérêts et promotionne ouvertement ses candidats. Le processus de légitimation de cette procédure ne relève plus de la représentation, mais du marketing, la scène politique se confondant avec celle des médias.

 

La candidature Macron est ainsi le symptôme d’une société capitaliste avancée, dans laquelle les rapports sociaux sont complètement transformés en rapports entre choses, entre marchandises. Les divergences exprimées par les différents candidats se réduisent à la compétition des images, à la concurrence des marchandises. Ainsi, Macron se place hors langage. Chacun peut mettre ce qu’il veut entendre dans ce qui est dit. Il ne nous demande pas d’adhérer à un discours, mais de regarder son image et d’être en fusion avec elle.

 

Il n’y a plus de place pour la politique et la confrontation de points de vue divergents, mais à un abandon de sa vie privée et publique, afin de s’adapter aux changements permanents des rapports de production et à la fluidité renforcée des forces productives, c’est à dire aux exigences, constamment renforcées de la rentabilité du capital.

 

« En marche » vers une société « moderne-liquide »

Comme un inventaire à la Prévert ne forme pas un programme, rien n’est déterminé. Au nom de la nécessaire adaptation à la « modernité », est promue la propension à tout accepter, à renoncer à tout acquis social. Ainsi, tous les espoirs sont permis pour ses commanditaires, aucune limite n’étant fixée a priori à leurs futures exigences.

 

Macron s’inscrit dans une idéologie de la « société moderne-liquide » , telle qu’elle a été saisie par le sociologue Zygmunt Bauman, celle du changement permanent en vue de s’adapter à la fluidité des choses. Alors, l’absence de cohérence interne du « programme » se présente positivement, comme une possibilité d’adaptabilité constante, comme une fluidité, a priori préexistante à la conscience des choses, permettant d’intégrer toute mutation. La réforme du Code du travail réalisée par le gouvernement Hollande, dans lequel il occupait un poste clé, en est une première étape. Casser le rapport de force et la capacité de résistance des travailleurs, est la condition préalable pour réaliser l’adaptabilité permanente des travailleurs aux exigences du patronat. Non seulement Emmanuel Macron s’inscrit dans la continuité de l’action du gouvernement sortant, mais il la magnifie, lui donnant sa véritable dimension, celle de la « société liquide ». Cette dernière se caractérise par l’absence de projet précis, sinon de gouverner pragmatiquement. Ce type de gouvernementalité ne peut que donner une place encore accrue aux « experts », renforçant la tendance déjà bien affirmée de gestion de la chose publique par ordonnances, ainsi que par l’emploi de la procédure du 49-3 [1], déjà abondamment utilisée par le gouvernement sortant.

 

Ici, point d’alternative, le « hors-système » se résume à une capacité revendiquée d’adaptabilité à toute mutation sociale, quelle qu’elle soit. La fluidité exprimée se reflète dans le nom même de son mouvement « En marche ! », une injonction qui ne précise aucunement vers quoi elle se dirige, mais qui nous indique qu’il s’agit d’abandonner toute résistance à la machine économico-politique.

 

Jean-Claude Paye

      

[1] L’article 49 alinéa 3 de la Constitution, dit d’« engagement de responsabilité », permet au gouvernement de faire passer le texte qu’il présente, sans vote, sous couvert du rejet de la motion de censure que l’opposition se doit de déposer pour la forme, avec peu d’espoir de réussite. 


Petites réflexions pré-électorales

...par le Lcl Quentin Deurbergue - le 20/04/2017.

 

« Mettre de l’ordre dans sa tête, c’est mettre de l’ordre dans sa vie et devenir capable de préférer la logique aux impulsions » (Ghislaine Wettstein-Badour).

 

A l’approche des échéances présidentielles et législatives, il devient urgent pour les électeurs de « préférer la logique aux impulsions », et de se donner la peine de discerner l’essentiel de l’accessoire

dans les enjeux à venir, si nous voulons avoir une chance de sortir le pays de l’ornière.

 

A l’heure actuelle, le problème essentiel de l’Etat français est son surendettement : 2200 milliards d’Euros, qui pèse sur tout le reste des actions à entreprendre, tant il est vrai que « l’Etat est d’abord un état de finances ». De plus, cette dette s’accroît chaque année, les dépenses dépassant chaque année les recettes de 80 à 100 milliards d’euros, du fait que depuis longtemps les gouvernements successifs ont renoncé à équilibrer leurs budgets.

 

Ce surendettement massif qui met en péril notre souveraineté est à l’origine de l’accroissement de la pression fiscale dont le niveau devient difficile à supporter pour les entreprises comme pour les hauts salaires des particuliers. Elle décourage le développement des entreprises, qui sont tentées de plus en plus par la délocalisation, et accélère la fuite des capitaux. L’ISF, impôt totalement contreproductif, est le symbole et le couronnement de ce processus.

 

Ne disposant pas des capitaux pour se développer, les entreprises sont d’autant moins disposées à embaucher du personnel que ce dernier, avec les charges qu’il représente, est trop coûteux depuis le passage aux 35 heures payées 39. D’où un accroissement du chômage qui n’a pas cessé depuis les années quatre-vingt pour atteindre aujourd’hui des sommets, avec plus de 5 millions de chômeurs. Les gouvernements successifs n’ont jamais voulu attaquer le problème que par des procédés électoralement indolores, comme des dispositifs d’accès à l’emploi sans efficacité et en fait payés par l’Etat, une indemnisation accrue du chômage et l’accroissement indéfini du nombre des fonctionnaires. Les gouvernements de gauche se sont acheté ainsi des électeurs avec l’argent du contribuable, sans que jamais les gouvernements de droite aient le courage de revenir sur ce processus.

 

Le livre « A tout fonctionnaire son chômeur » du polytechnicien Bernard Zimmern, qui date de 1998, est plus que jamais d’actualité vingt ans plus tard. En effet, pour rétribuer les 500 000 fonctionnaires supplémentaires embauchés depuis le début du 21 ème siècle, la seule solution a été d’accroître encore et toujours l’endettement et la pression fiscale, avec comme résultat des entreprises toujours moins compétitives et toujours moins disposées à embaucher, quand elles ne se délocalisent pas, et une progression consécutive du chômage.

 

Surendettement et chômage de masse sont donc liés. Il faut donc réduire la dette, et pour cela, la seule solution est de réduire les dépenses de l’Etat. Celui-ci doit cesser de dépenser plus qu’il ne gagne, et pour cela réduire le poste le plus lourd, celui des rétributions de la fonction publique, en supprimant progressivement au moins 400 000 fonctionnaires. L’Etat n’a pas non plus vocation à faire vivre, grâce à des subventions s’élevant à des dizaines de milliards chaque année, de nombreuses associations qui prolifèrent comme des parasites en n’hésitant pas dans certains cas à saboter l’action du gouvernement. Il serait bon que les associations vivent désormais des subsides de leurs membres et non des largesses incontrôlées d’un Etat irresponsable.

 

Pour améliorer la compétitivité des entreprises comme celle de la fonction publique, il faudra

également que les salariés coûtent moins cher, donc sortir du carcan des 35 heures, et accepter de travailler à nouveau 39 ou 40 heures. Il faudra également travailler plus longtemps, soit jusqu’à 65 ans, si l’on veut pouvoir espérer équilibrer les régimes de retraites, ce qui est quand même normal quand on constate l’allongement de l’espérance de vie en progression permanente.

 

De même, en matière de sécurité sociale, il n’est pas possible de continuer à creuser le déficit. Là

aussi, il faudra équilibrer les comptes en revenant sur la gratuité de nombreux actes, à commencer par ceux accordés aux étrangers. Ces actes ne sont de toute façon jamais gratuits pour les contribuables.

 

Tout ceci est peut-être électoralement rebutant, mais c’est quand même la seule solution pour sortir la France de l’ornière.

 

Le reste ? La Défense, la sécurité intérieure, l’Education, la Culture, la situation de la France dans

l’Union Européenne, la politique étrangère de la France, tous ces aspects importants de l’action de

l’Etat peuvent être également débattus, mais ils dépendront forcément avant tout de la situation des finances de l’Etat, sans lesquelles rien ne sera possible.

 

« L’Etat est d’abord un Etat de finances ».

 

Cela nous donne pour résumer un programme électoral :

- Réduction de 400 000 minimum du nombre des fonctionnaires ;

- Large réduction des subventions aux associations ;

- Suppression de l’ISF ;

- Réduction des charges des entreprises ;

- Fin des 35 heures et retour aux 39 heures, y compris dans la Fonction publique ;

- Retour des retraites à 65 ans.

 

Tout ceci nous donnera les bases d’une diminution drastique du chômage et d’un nouveau départ pour l’économie du pays.

 

Cette ébauche de programme n’a rien d’original. Elle ne fait que reprendre des idées avancées depuis plus de 15 ans par la plupart des spécialistes de la question. Pour suivre la logique de ce raisonnement, il n’est même pas nécessaire d’être un spécialiste. Comme le disait en substance Margareth Thatcher : « Un père de famille responsable qui s’occupe correctement des affaires de son foyer dispose du bagage nécessaire pour être Premier ministre ».

 

A vous de voir lequel des onze candidats en lice pour la magistrature suprême correspond le mieux à ce programme.

 

Et si cela ne vous plait pas, personne ne peut vous empêcher de « préférer les impulsions à la

logique », mais ce serait dommage pour l’avenir du pays.

 

Quentin Deurbergue


Des anti-Fillon suicidaires

...par Roland Hureaux - le 05/04/2017.

Essayiste

Ecole normale supérieure (Saint-Cloud)

Institut d'études politiques (IEP)

Ecole nationale d'administration (ENA)

Agrégé d’histoire 

Sous-préfet, Diplomate, Conseiller technique à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR)

Conseiller

     Cabinet du président de l’assemblée nationale (Philippe Séguin)

     Cabinet du Premier ministre (Edouard Balladur)

Professeur associé à l’Institut d’études politiques de Toulouse

Rapporteur à la Cour des Comptes.  

Ouvrages

Un avenir pour le monde rural (1993) - Pour en finir avec la droite (1998) - Les hauteurs béantes de l’Europe (1999) - Le temps des derniers hommes (2000) - Les nouveaux féodaux (2004) - Jésus et Marie-Madeleine (2005) - L’actualité du gaullisme (2007) - L’Antipolitique (2007) - La grande démolition (2012) - Gnose et gnostiques des origines à nos jours (2015)


 

Il est étonnant de voir comment les puissants de ce monde, dotés de moyens supérieurs, d'une stratégie fortement pensée, peuvent s'aveugler sur leurs vrais intérêts.

On se souvient de ce célèbre tableau de Breughel montrant une file d’aveugles marchant ensemble au précipice. C'est ce qu’évoquent les manœuvres par lesquelles l’appareil gouvernemental s’efforce d'assassiner politiquement Fillon, allant jusqu’à une instrumentalisation de la justice sans précédent en période électorale qui nous rapproche des pratiques totalitaires (1). Le but de ces manœuvres est clair : faire élire par tous les moyens Macron à la présidence de la République.

 

Que les coups soient bien évidemment partis des plus hauts sommets de l’Etat, qui en doute ? On rappelle que les parquets et spécialement le parquet financier créé par Hollande sont aux ordres directs du gouvernement. Et personne n’imagine évidemment que ces manœuvres visant à casser Fillon aient pour but de faire élire Hamon !

 

Le monde entier suit de près l’élection présidentielle française car son enjeu géopolitique est fondamental : il s'agit de savoir dans quel camp se situera la France le 7 mai prochain. Cela ne signifie pas que les anti-Fillon reçoivent des ordres de l'étranger : la doxa euro atlantiste des élites occidentales est suffisamment homogène pour que ses représentants français, dans les sphères politique ou médiatique, puissent suivre leur ligne propre tout en étant en phase avec celle de leurs mentors internationaux. 

 

Sachant le désastre du quinquennat Hollande, les caciques de la gauche auraient pu se contenter d'accepter le jeu démocratique normal : le parti au pouvoir ayant échoué, c'est à l'opposition de prendre les rênes. Jusqu'à la prochaine alternance. Fillon ne représente d’ailleurs aucun risque de bouleversement majeur du statu quo : aucune remise en cause du libre-échange, de l’Europe de Bruxelles, ni de l’euro. Son programme de rigueur, si décrié, est au contraire le seul moyen de sauver, à supposer qu'on veuille la sauver, la monnaie unique d’une débâcle générale. Sa prudence sur le plan sociétal ne devrait pas inquiéter.

 

Mais cela n'a apparemment pas suffi aux tenants de la pensée dominante. Ils veulent désormais un alignement sans réserve. Or Fillon a une faille : il ne considère pas Poutine comme un ennemi. Il n'est nullement question qu'il s'inféode à lui mais le seul fait qu'il ait pris ses distances par rapport à la rage néoconservatrice antirusse suffit à le rendre suspect.

La moralité politique étant en baisse généralisée, les gens de gauche en place n'acceptent pas non plus de perdre leurs places et, avec Fillon, ils seraient obligés de les céder à d'autres. Avec Macron, qui a été pendant tout le quinquennat un des plus proches collaborateurs de Hollande et qui demeure fondamentalement un des leurs, ils les garderaient.

 

Un jeu très risqué 

Pourtant ces gens qui veulent tout gagner risquent de tout perdre.

Au début de l’année, personne ne doutait que François Fillon l'emporte largement, il était clair en tous les cas qu'il était le seul à battre facilement Marine Le Pen au second tour. Ceux qui ont voulu le déstabiliser s'imaginent qu'il en irait de même avec Macron, voire Hamon. Quelle grave erreur !

 

Nous n’hésitons pas à dire qu'en déstabilisant François Fillon, ils ont pris le risque de mettre au second tour un candidat qui peut être battu par Marine Le Pen. Certes les sondages donnent aujourd'hui à Macron une certaine avance sur Fillon au premier tour et une victoire large sur Marine Le Pen au second. Mais s'y fier serait ignorer un certain nombre de données fondamentales qui rendent cette prévision aléatoire.

 

Entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, il ne s'agira pas d’un concours de diplômes ou de compétence ni de beauté, pas même de programmes, au sens technique. Ce sera un concours de légitimité et il se jouera dans un face à face qui sera une épreuve de vérité. L'affrontement, qui aurait été amorti avec Fillon, compte tenu de ses positions moyennes, sera d'une violence inouïe.

On ne saurait en effet imaginer deux candidats plus antithétiques :  

Marine Le Pen ne veut plus d'Europe (celle de Bruxelles). Macron veut en rajouter une couche.

Marine Le Pen veut arrêter l'immigration. Macron qui vient de féliciter Merkel sur ce chapitre (ce que n'a jamais fait Hollande), lui ouvre les bras.

Deux sujets existentiels sur lesquels, comme sur d’autres, au moins 60 % des Français sont aujourd’hui du côté de Marine Le Pen.

 

Comment réussir ce concours de légitimité quand on accuse la France de crime contre l'humanité, qu’on nie l'existence d'une culture française ou qu'on fait un discours en anglais à Berlin ? Comment prétendre être le chef d'un peuple en le mettant en accusation au banc de l'histoire ou en crachant sur ses totems ? Macron qui aime tant l'anglais n'a visiblement pas compris ce que veut dire leadership. Il est vrai qu'on ne l'apprend pas à l'Inspection des finances. Dans ce concours, tout ce que la campagne virevoltante de Macron s’évertue à cacher viendra au jour. Il n'est pas certain qu’il gagne alors la partie.

 

Le sociologue Marc Abélès (2) a mis en relief le concept d’éligibilité. Une donnée complexe de nature anthropologique qui sous-tend la mécanique électorale. Il est douteux qu'avec ses prises de position sur l'histoire et la culture françaises, Macron soit vraiment "éligible". D'autant que les meilleurs experts pensent que la question identitaire sera décisive dans cette élection (3).

A côté de la légitimité, il y a l'arithmétique électorale. Même si la gauche n'aime pas Fillon, personne ne l’y déteste assez pour ne pas voter pour lui au second tour dès lors qu'il s'agira de "faire barrage au Front national" : il n'aurait ainsi pas de mal à faire le plein des voix de Dupont-Aignan à Mélenchon.

 

Ce n'est pas si certain pour Macron : une partie des Républicains excédés par les coups portés à leur candidat - et qui commencent à comprendre d'où ils viennent -, sanctionnera Macron en votant au second tour pour la candidate du Front national. Quant à la gauche de la gauche, ceux qui auront voté Mélenchon ou Poutou, comment imaginer qu'ils voteront pour un candidat issu de la banque Rothschild, figure accomplie du "social-traître". Au mieux ils s'abstiendront.

Ajoutons qu'après le Brexit et l'élection de Trump, Macron est tout sauf dans le sens d’histoire.

 

Ceux qui ont fait le calcul qu’en déstabilisant Fillon, ils auront Macron apportent la preuve de leur aveuglement sur les véritables dynamiques de l'opinion. Macron reste le candidat des élites mondialisées, "hors sol", vivant dans un cocon qui les rend étrangères à un peuple toujours suspect de "populisme".

Leurs erreurs d’appréciation dans les votes anglais et américain déjà signalés, plus celle, en France, du référendum de 2005, ne leur suffisent pas.

Au demeurant, quel mépris du peuple d'imaginer que par le matraquage médiatique, beaucoup d'argent, une communication très professionnelle destinée compenser le vide du propos (car jusqu' ici Macron n'ose pas dit ce qu’il est vraiment) et des prestations scéniques de saltimbanque inspiré, on puisse faire avaliser par le peuple français des options qui, jusqu'à la caricature, résument tout ce qu'ils rejettent.

 

Les réseaux nationaux ou internationaux qui ont voulu déstabiliser Fillon parce qu’ils ne le trouvaient pas assez à leur goût pourraient bien, à ce jeu, avoir Marine le Pen. Ce n'est sûrement pas le résultat qu'ils recherchaient.
 
(1) Rappelons qu'en 1965, le général de Gaulle avait refusé de réactiver la procédure engagée à l'encontre de François Mitterrand qui était toujours en examen pour outrage à magistrat, soupçonné d’avoir organisé un faux attentat contre lui-même. Autre temps, autres mœurs.
(2) Marc Abélès, Jours tranquilles en 89, ethnologie politique d'un département français, Paris, Éditions Odile Jacob, 1988.
(3) Article de Jérôme Sainte-Marie, Le Figaro, 22 février 2017

 

Source : http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/du-cote-des-elites/item/3071-des-anti-fillon-suicidaires


Stratégie de l’attention et stratégie de la tension :

les médias, les juges et l’extrême gauche à la manœuvre pour la présidentielle de 2017

...par Michel Geoffroy - le 15/04/2017.

Monopoliser l’attention pour promouvoir la marque Macron

La stratégie de l’attention vise à promouvoir la candidature d’Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle. Elle consiste à mettre en scène en permanence le candidat surgi de nulle part et son mouvement prétendu, En Marche !, par le truchement des médias et des instituts de sondage. La stratégie de l’attention a correspondu au matraquage publicitaire du produit Macron.

Les médias ont rendu Macron omniprésent pour diffuser dans l’opinion la conviction qu’il serait présent au second tour de l’élection présidentielle, ce qui ne va pourtant pas de soi.

Les médias ont scénarisé ses moindres faits et gestes comme ses meetings préfabriqués. Ainsi, par exemple en février, BFMTV a diffusé au total autant de minutes de meetings du fondateur d’En Marche… que de l’ensemble de ses quatre principaux concurrents réunis ! Comme d’habitude, d’ailleurs, puisque depuis sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle, tous les meetings d’Emmanuel Macron sont diffusés en intégralité sur la première chaîne d’information en continu. Ce qui est bien loin d’être le cas pour les autres candidats (1).

Tout comme ils ont scénarisé les ralliements successifs dont Emmanuel Macron bénéficiait, afin de suggérer l’idée d’une dynamique politique à son profit.

Les sondages ont fermé la boucle promotionnelle

Les instituts de sondages ont ensuite donné la réplique aux campagnes médiatiques en faisant apparaître les bons scores du candidat : les commanditaires étant les mêmes (2), la machine promotionnelle fonctionnait donc en boucle !

Elle a donc permis d’enfermer les électeurs dans une bulle médiatique, destinée à leur faire croire ce qu’on leur disait : les sondages paraissant confirmer les dires des journalistes et ces derniers commentant les résultats qui allaient dans le bon sens… CQFD.

Favoriser les outsiders, mais au profit de Macron

La stratégie de l’attention a aussi concerné, dans un second temps, les « petits » candidats.

Tant qu’il s’agissait de promouvoir le produit Macron on les a réduits au silence médiatique. Mais cela a changé à partir du débat télévisé à 11 du 4 avril 2017. En effet, pour exister, les petits candidats, en majorité plutôt à droite, ont tenu à marquer leurs différences critiques vis-à-vis de François Fillon et Marine Le Pen : ils sont donc susceptibles de leur ôter des voix au premier tour et c’est pourquoi on s’efforce aussi de les encourager.

La stratégie de l’attention assure maintenant la promotion de Jean-Luc Mélenchon. Il s’agit de faire croire que l’intéressé talonnerait dans les intentions de vote François Fillon, afin de suggérer l’absence de dynamique au profit du candidat de la droite et du centre. Ce qui serait pour le moins étrange compte tenu de l’état de l’opinion et de la réalité du terrain. Mais le produit Mélenchon a aussi pour fonction de marginaliser un peu plus le candidat du PS, Benoit Hamon, pour présenter le moment venu Emmanuel Macron comme l’ultime recours de la gauche face à la droite ou à « l’extrême droite ».

L’extrême gauche en renfort du Système

Si la stratégie de l’attention bénéficie avant tout à la gauche, la stratégie de la tension vise, elle, prioritairement François Fillon au premier tour. Elle visera, bien sûr, encore plus Marine Le Pen si celle-ci se qualifie au second tour. La tension incombe principalement au service action de l’oligarchie : l’extrême gauche.

L’extrême gauche concentre en effet ses attaques sur ces deux candidats, comme on l’a bien vu lors du débat télévisé du 4 avril 2017. Emmanuel Macron, pourtant le candidat de l’oligarchie financière, du libre-échangisme et du patronat, n’a quasiment pas été attaqué par Philippe Poutou et Nathalie Arthaud !

Comme à son habitude, l’extrême gauche démontre ainsi une nouvelle fois son rôle de brise-glace au service du néo-capitalisme libéral et libertaire, car elle ne combat concrètement en Europe que ceux qui s’opposent à l’avancée de celui-ci : les nationaux, les patriotes et les identitaires, bien sûr au nom de l’antifascisme !

Pousser la droite à la faute

Les médias mainstream se transforment également en procureurs dès qu’il s’agit d’interviewer François Fillon ou Marine Le Pen : car ces entretiens combatifs, autre composante de la stratégie de la tension, ont pour but de pousser ces candidats à la faute, alors que, bien sûr, on ne procède jamais ainsi avec Emmanuel Macron. Bien au contraire, on vole à son secours !

La classe médiatique cherche en réalité à renouveler, 30 ans après, l’affaire du « détail », qui fut instrumentée contre Jean-Marie Le Pen en 1987.

Mais la stratégie de la tension ne se limite pas à la propagande télévisée : elle se déroule aussi dans la rue, comme on l’a vu à Bordeaux ou à Nantes. Les groupes d’extrême gauche s’efforcent de perturber systématiquement les réunions des candidats : celles de François Fillon avec des casseroles et celles de Marine Le Pen avec des manifestations et des violences de la part des prétendus antifas.

Les antifas : un ballet bien rodé

Le scénario de ces opérations de guérilla politique et urbaine est désormais bien rodé :

Les violences cherchent d’abord à intimider les soutiens des candidats pour les dissuader de se rendre à leurs réunions. Elles peuvent servir ensuite de prétexte à une interdiction des réunions au motif de « troubles à l’ordre public », par les élus ou les préfets bien-pensants. Elles suggèrent surtout qu’une victoire des candidats de droite ouvrirait la voie à l’affrontement civil et social.

Les médias couvrent, en outre, systématiquement ces opérations d’obstruction, en particulier lorsque les perturbateurs sont expulsés, afin de suggérer que la violence se situe du côté des organisateurs de la réunion (3) et, donc, que les vrais extrémistes, ce sont eux. Le but inavoué et cynique de ces violences est aussi de fabriquer des martyrs antifas qui permettront d’enclencher de grandes manifestions émotionnelles « contre le racisme, la xénophobie et l’extrême droite » entre les deux tours pour remobiliser le peuple de gauche (4).

Dans la majorité des cas, enfin, et bien que nous soyons sous un régime d’état d’urgence, l’action des groupes d’extrême gauche bénéficie d’une abstention bienveillante des pouvoirs publics, qui ressemble beaucoup à une complicité.

Quoi de plus normal quand l’appareil d’Etat se mobilise en faveur du candidat officiel du Système : Emmanuel Macron !

Quoi de plus normal, puisque l’extrême gauche fait, toujours, le jeu du pouvoir et qu’elle se compose, pour l’essentiel, des rejetons de l’oligarchie !

Attention et tension marchent de concert

Attention et tension se complètent. Attention au profit de la gauche, tension contre la droite.

La stratégie de l’attention a, par exemple, permis de mettre le projecteur, dès le début de la campagne, sur les démêlés judiciaires prétendus du couple Fillon. L’attention a, en d’autres termes, été focalisée sur la tension créée par le pouvoir judiciaire contre le candidat de la droite et du centre, et a renforcé les effets de la manœuvre. Et l’attention focalisée sur ces affaires a permis de mettre sous tension la candidature de François Fillon, afin de suggérer qu’il n’était plus le bon candidat.

Comme la médiatisation systématique des menées de l’extrême gauche renforce ses effets en lui donnant une dimension nationale qu’elle n’a pas.

On fera évidemment de même contre Marine Le Pen, si nécessaire, le moment venu, et sans doute, en pire.

Reste à savoir si ces belles machinations, qui restent avant tout des créations médiatiques et donc des artifices, réussiront à modifier en profondeur l’électorat. Réponse les 23 avril et 7 mai prochains.

Michel Geoffroy
14/04/2017

Notes :

Marianne du 21 février 2017.

  1. L’IFOP a même publié, le 6 avril dernier, un sondage en oubliant… d’ôter le logo En Marche ! qu’il portait.
  2. Comme on l’a vu, par exemple, lors de la réunion de Marine Le Pen à Ajaccio.
  3. Cette expression est un oxymore puisque la gauche a abandonné le peuple et que le peuple vote désormais principalement à droite !

Source : https://www.polemia.com/strategie-de-lattention-et-strategie-de-la-tension-les-medias-les-juges-et-lextreme-gauche-a-la-manoeuvre-pour-la-presidentielle-de-2017/


...pour se détendre un peu...

par le Gal. Dominique Delawarde - le 12/04/2017.

Montgolfière

 

Un homme, dans la nacelle d'une montgolfière, ne sait plus très bien où il se trouve.

 

Il descend et aperçoit une femme au sol. Il descend encore plus bas et l'interpelle :

« Excusez-moi, madame, pouvez-vous m'aider, je ne sais plus où je me trouve et j'ai promis à un

ami de le rejoindre à midi ? »

 

La femme lui répond :

« Vous êtes dans la nacelle d'un ballon à air chaud, à environ 10 m du sol. Vous vous trouvez

exactement à 49°, 28' et 11'' nord et 8°, 25' et 23'' est. »

 

« Vous devez être ingénieur », dit l'homme.

 

« Je le suis, en effet, lui répond la femme, mais comment avez-vous deviné ? »

 

« Eh bien, dit-il, tout ce que vous m'avez dit a l'air techniquement parfaitement correct, mais je n'ai

pas la moindre idée de ce que je peux faire de vos informations, et, en fait, je ne sais toujours pas où je me trouve. Pour parler ouvertement, vous ne m'avez été d'aucune aide. Pire, vous avez encore retardé mon voyage ».

 

La femme lui répond : « Vous devez être le fameux Macron !».

 

« Oui, dit-il, comment avez-vous deviné ? »

 

« Elémentaire, dit la femme, vous ne savez ni où vous êtes, ni où vous allez. Vous avez atteint votre position actuelle en chauffant et en brassant une énorme quantité d'air. Vous avez fait une promesse, sans avoir la moindre idée de comment vous pourriez la tenir et vous comptez maintenant sur les gens situés en dessous de vous pour qu'ils résolvent votre problème.

 

Votre situation avant et après notre rencontre n'a pas changé, mais, comme par hasard, c'est moi

maintenant qui, à vos yeux, en suis responsable.

 

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...et pour terminer, une petite vidéo...à voir absolument !

 

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MERCI mon Général, pour ce moment de détente. JMR


Macron ou la France...

...par François-Xavier Bellamy - le 08/04/2017.

 

Professeur de philosophie

Ecole Normale Supérieure (Ulm)

Maîtrise en éthique et en philosophie politique - Paris IV Sorbonne

Agrégé de philosophie

 

Chargé de mission pour les études au cabinet du Ministre de la Culture et de la Communication (2006-2007)

Conseiller technique au cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice (2008-2009) 

Depuis 2008 : maire adjoint (sans étiquette) à Versailles, délégué à la Jeunesse et à l'Enseignement supérieur

Ouvrages

Les Déshérités ou l'urgence de transmettre (2014)


Macron ou la France qu’on oublie

 

L’éloge exalté du multiculturalisme par Emmanuel Macron et la caution apportée par François Bayrou à ses déclarations sur la culture sont très préoccupants, explique le professeur de philosophie*.

 

Le 26 février, François Bayrou déclarait au cours d’une émission : "Il y a une culture française, et j’en suis le défenseur." Le 2 avril, devant les caméras, volte-face : "La culture française n’existe pas." Il aura suffi d’un mois, et d’un ralliement, pour ce nouveau reniement : avec de tels "défenseurs", la France a de quoi s’inquiéter… Sur le fond, un tel déni de réalité laisse incrédule. Comment M. Bayrou, agrégé de lettres, peut-il choisir d’ignorer à ce point ce qui fait la France ? Un tel propos peut bien se donner une façade savante, il est pourtant démenti par les faits, et par tous ceux qui hors de France ne peuvent même pas comprendre un tel débat. Car le monde entier sait qu’il y a une culture française ; il n’y a que nous pour le nier !

Notre pays est toujours la première destination touristique au monde, et ce n’est pas grâce à Orly et au RER B. Si 83 millions de visiteurs étrangers sont venus l’an passé en France, en dépit de nos infrastructures vieillissantes, de l’insécurité et de la menace terroriste, c’est parce que la France est pour eux d’abord un patrimoine, une architecture, des œuvres d’art, un art de vivre - bref, une culture, qui vaut qu’on traverse la planète pour venir s’émerveiller. Il n’y a que M. Macron pour dire sans plaisanter : "L’art français, je ne l’ai jamais vu." Ingratitude des héritiers qui refusent leur propre héritage…

 

Ce cas d’aveuglement volontaire ne doit pas prêter à sourire : il est le symptôme d’un déni très profond, dont les conséquences sont graves, qui se font sentir depuis plusieurs décennies déjà. Rien de nouveau en effet dans cette dépression française ; et M. Macron ne fait que rajeunir la voix qui porte le même discours démoralisant, un discours tellement vieux au fond qu’il ne voit plus d’avenir pour la France que dans son euthanasie. N’être plus qu’un hub où l’on entre et sort de façon indifférente, jusqu’à ce multiculturalisme dont le discours de Marseille a constitué une sorte d’éloge halluciné, en ne définissant plus les Français que comme une juxtaposition de communautés définies par leurs origines extérieures.

C’est au nom de ce projet que M. Macron devait dire et répéter qu’il n’y a pas de culture française. Non pas parce que c’est vrai, mais parce qu’il le faut, au nom de l’accueil de l’autre, de la diversité sans différences, de la mondialisation heureuse - bref, au nom du progrès. Rien de nouveau finalement dans cet espoir apolitique d’une disparition des nations : En marche ! est l’aboutissement de la fascination postmoderne pour l’universelle mobilité d’un monde sans frontières, et c’est tout logiquement que M. Macron nous demande nos voix pour diriger un pays dont il dit qu’il n’existe pas.

 

Mais ce déni de soi, pavé de bonnes intentions, est fondé sur un contresens tragique. Pour s’ouvrir vers l’extérieur encore faut-il avoir une intériorité ; pour accueillir encore faut-il demeurer et pour partager avec l’autre avoir quelque chose à offrir. On ne peut que mettre en danger l’unité d’une société quand on en retire ce qui peut fonder le commun. Or la culture est le seul bien qui puisse être infiniment partagé sans que personne n’en soit lésé : et c’est cet héritage commun qu’une parole politique irresponsable condamne depuis trop longtemps.

Le déni dont M. Macron se fait aujourd’hui l’avocat est déjà responsable de la crise éducative profonde que nous traversons : des millions de jeunes grandissent dans notre pays, auxquels nous n’avons pas transmis la maîtrise d’une langue, d’une histoire, d’une pensée - d’une culture par laquelle leur vie pouvait s’enraciner, devenir féconde et s’élargir aux dimensions de la cité. Comment s’intégrer à un pays dont on dit qu’il n’a pas de culture et pas d’identité ? Comment se reconnaître dans une histoire dont on affirme qu’elle n’a rien produit, sinon des crimes contre l’humanité ?

 

La culture ne peut pas diviser, au contraire : ce n’est qu’en elle que nous pourrons puiser des raisons d’aimer la France, sans chauvinisme sectaire, mais pour partager largement son aventure singulière. Pourquoi sinon être français, et pourquoi le devenir, si la France n’existe pas ? Car la France est une culture. L’un des plus grands écrivains à l’avoir épousée, Milan Kundera, l’expliquait ainsi : "L’ambiance spirituelle de toute ma jeunesse tchèque fut marquée par une francophilie passionnée." Et si cette passion résiste encore, dans le monde entier, même aux erreurs et aux fautes de notre pays dans l’histoire, c’est parce que "l’amour de la France ne résidait jamais dans une admiration des hommes d’État français, jamais dans une identification à la politique française ; il résidait exclusivement dans la passion pour la culture de la France : pour sa pensée, sa littérature et son art". Kundera avertissait déjà : une mondialisation qui nie les cultures ne pourra qu’aboutir à l’effacement de la France, "et l’indifférence à la France deviendra francophobie".

Il est malheureux que des responsables politiques français n’entendent pas aujourd’hui cet avertissement. Pour l’avenir de notre pays, et du monde auquel notre héritage peut encore apporter des sources singulières de vie et d’inventivité, la culture française n’a pas droit au suicide. Voilà éclairé, par la tentation du déni, l’enjeu de cette élection. Toute culture est fragile, nous le savons, et celle que nous avons reçue l’est plus que jamais aujourd’hui - comme l’écrivait Kundera : "Une raison de plus d’aimer la France ; sans euphorie ; d’un amour angoissé, têtu, nostalgique."

 

* Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie et auteur de "Les Déshérités ou l’urgence de transmettre" (Plon, 2014).


Il parle d’or, mais pas d’argent…

...par le Gal. Jean Salvan - le 03/04/2017.

 

Officier, général de corps d'armée

Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr

Ecole d’Etat-Major 

Ecole supérieure de guerre (ESG)

Commandant la IVème Région militaire

Général de corps d’armée (1988)

Représentant français auprès du Commandement Centre-Europe de l’OTAN (1986-1988) 

Commandant de la 1ère Division blindée (1983-1985)

Commandant du 3ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine

Professeur à l’Ecole supérieure de guerre

Membre correspondant du Muséum d’Histoire Naturelle en 1964

Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées de droit public

Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux (1989-1994) ("Société et Défense") 

Président de l’Union des blessés de la face (les Gueules cassées) (1995-2002)

Ouvrages 

Liban 1978, les Casques bleus de la France (1979) - L’avifaune du Gard et du Vaucluse (1983) -

La paix et la guerre (1992) - Soldat de la guerre, soldat de la paix (2005)

Distinctions

Grand Officier de la Légion d’Honneur

Croix de la Valeur Militaire

Commandeur de l’Ordre du Cèdre du Liban

Croix d’Honneur en or de la Bundeswehr


Le 18 mars au matin, monsieur Macron, un favori des médias pour la prochaine élection présidentielle, annonçait son programme en matière de défense. Comme aurait dit mon grand-père : "il parle d’or mais pas d’argent".

Monsieur Macron entend assumer ses responsabilités, avec un langage martial, citant Foch et de Gaulle : "Ma vision de la France, c’est celle d’une nation… qui a une vocation mondiale. Je refuse la tentation du repli sur le territoire et même sur le continent européen... J’assumerai pleinement mon rôle de chef des armées… et de responsable de la dissuasion". Il entend donc rester dans l’OTAN, maintenir nos liens avec nos alliés, rétablir les conseils de défense franco-allemand, au niveau du président et de la chancelière, conseils tombés hélas en désuétude.

Pour lui, la situation géopolitique mondiale doit tenir compte du caractère imprévisible de l’actuelle administration américaine, d’une Russie agressive, d’une Chine qui veut être respectée en Asie, d’un Moyen-Orient chaotique et d’un terrorisme militarisé. Cela dit, monsieur Macron n’évoque pas ses fins et buts politiques ou stratégiques au Proche et au Moyen-Orient ou en Afrique. Pourquoi  y engager nos forces ?

Certes, monsieur Macron veut une défense forte, modernisée, où la dissuasion nucléaire joue une partition clé. Il entend conserver une force opérationnelle de 77  000 hommes. Il serait conscient de l’usure de nos armées : "Elles sont utilisées aux maximum de leurs capacités, nos forces n’ont plus le temps de se reposer ni de s’entraîner… Nous ferons décroître progressivement l’opération Sentinelle en fonction de l’évolution de la menace terroriste." 

Cerise sur le gâteau, monsieur Macron propose le rétablissement d’un service militaire universel, court, d’un mois, dès que les jeunes Français auront atteint l’âge de 18 ans "pour qu’ils aient l’occasion, même brève, de connaître la vie militaire… pour refonder le lien Armée-Nation".

Il convient de rappeler qu’une classe d’âge est de 700 à 800 000 jeunes gens. Il faudrait donc en incorporer 65 000 environ chaque mois : ce serait possible dans des conditions rustiques dans nos camps militaires. Le hic, c’est l’encadrement, au minimum un officier et trois sous-officiers pour 30 recrues. Il conviendrait donc de recruter de 600 à 700 officiers et autour de 2 000 à 2 200 sous-officiers. Le Monde du 21 mars dernier évoque un coût de 15 milliards d’euros pour la mise en place et de 2 ou 3 milliards annuels pour le fonctionnement. Où trouver cet argent, alors que monsieur Macron envisage de ne porter le budget de la défense à 2  % du PIB qu’en 2025 ?

Monsieur Macron est-il conscient de l’état de nos forces ? Le général Desportes rappelait récemment que notre Défense s’écroule : 40 % des hélicoptères sont indisponibles, les munitions manquent, les immeubles sont mal entretenus, l’entraînement est insuffisant,… etc.

Nos armées n’ont pas besoin de discours, mais d’une thérapie budgétaire de choc.  Comme je l’écrivais il y a trente ans : "les véritables choix stratégiques, c’est dans les budgets militaires qu’ils sont inscrits."

 

Jean SALVAN

Officier général (2S)

 

Source : http://www.asafrance.fr/item/libre-opinion-de-2.html


Lettre ouverte aux candidats à l'élection présidentielle

...par le Gal. Antoine Martinez - le 08/04/2017.

 

Pour qui a servi l'Etat et la Nation sous l'uniforme, il est sidérant, affligeant et révoltant de constater l'absence de vision à long terme et le manque de clairvoyance de la classe politique

depuis de nombreuses années et particulièrement depuis 2012 face aux réels dangers qui menacent notre société. Car le rôle premier du politique est d'assurer l'unité de la nation et la

protection et la sécurité de ses citoyens. Or, en raison de politiques laxistes en matière d'immigration de culture islamique contraires aux intérêts du peuple français – et des peuples européens – cette unité est en voie d'éclatement et la vie des citoyens mise en grand danger car le loup est à présent installé dans la bergerie. Et le loup c'est l'islam, non pas l'islamisme mais l'islam, conquérant, violent et fidèle à ses textes fondateurs qu'il applique à la lettre avec comme objectif l'établissement du califat mondial avec sa conséquence, l'imposition de la loi islamique c'est à dire la Charia. Le président de la République lui-même ne le reconnaît-il pas dans ses confidences à deux journalistes lorsqu'il évoque la partition en cours de notre pays dans un aveu pathétique d'impuissance et d'inaction coupables ? Vous ne pouvez pas l'ignorer. Vous n'avez pas le droit d'occulter ce grave sujet car c'est de l'avenir de notre identité, de nos valeurs, de notre continuité historique, de notre civilisation dont il s'agit. En l'espace de seulement une quarantaine d'années nos élites politiques ont mis en péril plus de mille cinq cents ans d'histoire du peuple français. Ne pas l'admettre et ne pas vouloir corriger cette erreur, c'est refuser la réalité et engager le pays vers une future confrontation dramatique car le biculturalisme en voie

d'installation sur notre sol y mènera inévitablement. Et face à l'islamisation du pays qui consiste à

laisser introduire et imposer progressivement à notre société les règles de vie islamiques qui se

traduisent par l'application de la Charia, un principe de précaution s'impose. Et ce principe de

précaution a pour nom « désislamisation » car la Charia a été jugée incompatible – donc l'islam

est incompatible – avec la démocratie par la CEDH en 2003 et n'a donc pas droit de cité en

France qui n'est pas terre d'islam. Ce processus de désislamisation doit donc être engagé au plus

tôt, dans le respect de l'état de droit, c'est à dire en faisant appliquer la loi y compris par la force

et en mettant en œuvre une panoplie de mesures adaptées à l'objectif visé sur les court, moyen

et long termes. Car il faut stopper l'islamisation criminelle de la France, puis en inverser le

processus en provoquant, voire en imposant le départ de ceux – nombreux – qui n'ont pas leur

place dans notre pays. C'est une nécessité vitale pour l'avenir de la nation et de la démocratie.

Les faits sont, en effet, têtus. 

 

Tout d'abord, il faut aller à la racine du mal pour comprendre cette guerre qui est menée par

l'islam sur notre propre sol et sur celui de l'Europe. Car c'est bien les versets du Coran qui appellent au meurtre des infidèles. C'est bien les versets du Coran qui institutionnalisent

l'infériorité des femmes et qui les cantonnent au rang de simples objets sexuels et matrices de

reproduction. C'est bien le Coran qui refuse la laïcité. Et le Coran, cette constitution politico-

religieuse, est incompatible avec la Constitution française : des centaines de versets sont, en

effet, non seulement en opposition frontale avec notre culture mais sont même susceptibles

d'action pénale dans la mesure où ils constituent une évidente provocation à la haine, à la

violence, à la discrimination, au racisme, au sexisme, à l'antisémitisme. Il ne s'agit pas là

d'interprétations viciées de l'islam ; c'est une simple lecture objective et factuelle du texte sacré.

Et le terrorisme qui nous frappe est l'un des modes d'action à la disposition du djihad offensif dont l'usage est préconisé par le prophète. On ne peut donc pas vivre avec qui vous veut du mal. Ne pas l'admettre est suicidaire. C'est pourquoi non seulement toutes les mosquées salafistes

doivent être détruites mais toute nouvelle construction doit être refusée, car une mosquée n'est

pas un lieu de culte habituel mais un lieu où on prêche la Charia et qui abrite une école coranique

– véritable fabrique de djihadistes – où on enseigne dès le plus jeune âge la haine des non-

musulmans. Il faut donc faciliter et encourager la hijra, c'est à dire le départ vers un pays

musulman comme le prescrit le Coran quand le croyant ne peut pas pratiquer un islam « sain »

dans un pays mécréant.

 

Ensuite, au cas où vous ne seriez pas convaincus ou que vous préféreriez continuer à pratiquer

la politique de l'autruche, il faut rappeler quelques évidences qui sont le résultat de cette politique

laxiste et aveugle menée depuis une quarantaine d'années en matière d'immigration massive,

incontrôlée et injustifiée issue de pays régis par l'islam. Ce résultat c'est aujourd'hui la

radicalisation d'habitants du territoire français sous l'emprise continue d'imams dégénérés qui

n'auraient jamais dû pouvoir prêcher sur notre sol. C'est ainsi qu'une partie de plus en plus

importante de cette population n'a pas l'intention de s'intégrer à la communauté nationale

puisqu'elle a été éduquée dans le principe d'appartenance à l'oumma et dans la haine non

seulement de la France et des Français mais également des Européens. Et le carnage du 13

novembre 2015 à Paris réalisé par un commando de djihadistes composé en partie de jeunes

« Français » issus de l'immigration confirme bien l'existence d'une cinquième colonne qui a tissé

sa toile sur le sol européen. Vous ne pouvez pas ignorer les conséquences de ces dérives. Vous

ne pouvez pas refuser la prise de décisions propres à enrayer cette spirale mortelle pour la nation.

Car il existe sur notre sol, entre ces islamistes volontaires pour le djihad (plusieurs dizaines de milliers d'individus dangereux aujourd'hui, il faut être lucide) et une population d'origine immigrée de confession musulmane respectueuse des lois, un cercle intermédiaire composé de millions de personnes – dans les « Molenbeek » de la République qui n'ont rien de commun avec la France – plus ou moins acquises aux premiers et prêtes à les aider à des degrés divers.

Vous auriez tort de ne pas considérer cette menace d'autant qu'une étude récente publiée en septembre dernier par l'Institut Montaigne et qui aurait dû vous interpeller est pour le moins très inquiétante. Elle n'a cependant entraîné aucune réaction de la part de ceux qui nous gouvernent. Hormis l'estimation du nombre de musulmans sur notre sol (3 à 4 millions) largement

sous-évaluée car il est en réalité plus proche de 10 millions, ce sont les pourcentages fournis qui

sont alarmants. En effet, près de 30 % d'entre eux sont très radicalisés et utilisent leur « religion »

comme un outil de rébellion contre la France et l'Occident et sont prêts à se battre contre nos

valeurs et nos lois qu'ils ne reconnaissent pas et pour imposer la Charia. Et 30 %, cela représente

1 million (avec l'estimation de l'étude) mais plutôt 3 millions (30 % de 10 millions). Alors, ne pas

vouloir évoquer ce sujet brûlant est une grave erreur et même une faute. Et le prochain président

de la République ne manquera pas d'y être confronté rapidement car l'ennemi frappera et frappera encore.

 

Enfin, la classe politique dans son ensemble détient une grande responsabilité dans l'évolution

funeste de la situation qui était pourtant prévisible avec l'acceptation au milieu des années 1970

de mesures insensées comme le regroupement familial ou la mise en place des ELCO

(Enseignement de la Langue et de la Culture d'Origine) au sein de l'Education nationale, mesure

qui a constitué et qui constitue toujours un frein puissant à l'intégration des jeunes issus de

l'immigration. Mais ceux qui nous ont gouverné et qui nous gouvernent aujourd'hui sont d'autant

plus impardonables que cette évolution funeste de la situation était ouvertement préparée depuis

longtemps par les stratèges de l'islam et que rien n'a été entrepris pour l'enrayer. Car si

l'islamisation de notre société a pu progresser silencieusement et efficacement par le biais de

l'immigration de travail c'est parce que les stratèges des 57 pays musulmans de l'OCI

(Organisation de la Coopération Islamique) y ont décelé une marque de faiblesse des pays

européens les incitant à élaborer une nouvelle stratégie au service de la conquête. Et cette

dernière, la « Stratégie de l'action culturelle islamique à l'extérieur du monde islamique »

(document de 132 pages accessible à tous), réfléchie, élaborée, affinée pendant plusieurs

années et qui a été adoptée officiellement en 2000, à Doha au Qatar, prescrit aux musulmans un

certain nombre de règles à respecter et à promouvoir. Parmi celles-ci, le refus de l'intégration

dans les sociétés occidentales et de l'abandon de leur culture et mode de vie qui ne doivent pas

être pollués par une culture étrangère à l'islam. On en voit aujourd'hui le résultat avec un vivre

ensemble devenu une utopie car il est non seulement refusé mais le communautarisme a été

favorisé et facilité par le laxisme et le manque de clairvoyance de nos responsables politiques.

Plus grave, des ministres de la République n'appliquent-ils pas cette stratégie culturelle islamique

en instaurant l'apprentissage de l'arabe dès le CP et en permettant aux salariés de manifester

leurs convictions religieuses au sein même de l'entreprise ? C'est pourtant bien ce qui est prescrit

dans le document de l'OCI ! Vous ne pouvez donc pas accepter cette trahison et refuser de voir la

réalité et les conséquences pour l'avenir de la nation française et du pays qui est engagé sur la

voie de la libanisation si vous persistez à ne pas corriger le cours de l'histoire.

Gouverner, c'est prévoir et c'est également savoir décider lorsque la patrie, c'est à dire la terre de

nos pères, cette terre charnelle qui n'a pas vocation à être partagée avec un autre peuple que le

sien, est en danger. Et aujourd'hui elle est en sérieux danger. Plus de 60 % des Français estiment

d'ailleurs que l'islam est incompatible avec notre société. Alors, avant que l'irréparable ne se

réalise et pour que « la guerre civile qui vient » n'ait pas lieu, vous devez réagir. Et ceux à qui la

France a confié son épée doivent briser le silence pour rappeler aux responsables politiques leurs

devoirs à l'égard de la nation française et pour provoquer le sursaut avant qu'il ne soit trop tard

(cf. « Quand la Grande Muette prendra la parole » essai préfacé par Ivan Rioufol - éditions Apopsix).

 

Général (2s)AntoinMARTINEZ

 

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Le refus d'alternative

...par Jean-Yves Le Gallou

 

Ancien député européen, essayiste.

 

Président de Polémia.

La campagne présidentielle est prise en étau :

doublement prisonnière du Léviathan judiciaire et du Léviathan médiatique.

 

La campagne présidentielle est prise en étau : doublement prisonnière du Léviathan judiciaire et du Léviathan médiatique.

Pour le système dominant, il n’y a pas d’alternance possible : ni au mondialisme, ni au libre-échangisme, ni à l’immigrationnisme, ni à la nécessaire rupture avec la culture et les traditions nationales.

Dans ces conditions, les élections ne sont qu’un simulacre.

Un simulacre que les oligarchies financières, médiatiques et judiciaires ont

choisi de scénariser et de feuilletoniser.

 

En évacuant autant que faire se peut tout débat de fond.

Avec une méthode simple : pourrir, divertir, ahurir.

 

Pourrir : les médias mettent systématiquement en une des affaires à deux

balles. À condition qu’elles concernent François Fillon ou Marine Le Pen (pour Macron, des questions à plusieurs millions ou plusieurs... milliards d’euros n’intéressent aucun journaliste ni magistrat).

L’objectif est double : salir et pousser ainsi les électeurs à s’abstenir ou à recourir à des « votes refuges » : cela tombe bien, les « petits » candidats – Lassalle, Dupont-Aignan, Asselineau ou Cheminade – chassent sur les terres de Fillon.

 

Divertir : pour Macron, pas question de parler d’affaires (déclarations contradictoires sur son patrimoine, ISF, vente de SFR à Drahi, livraison d’Alstom aux intérêts US) mais on « peopolise ». Mimi Marchand, spécialiste des people, a rencontré le couple Macron lors d’un dîner organisé par Niel (groupe Le Mon

de) et sa compagne Delphine Arnault (LVMH, Les Échos, Le Parisien).

Et elle a pris en charge leur « storytelling » : le jeune premier et sa « cougar » font la une des magazines. Maillot Hawaï, polo et boxer-short sur Paris Match.

En attendant Gala et les conseils minceur de Brigitte Macron. C’est beau, c’est émouvant et... cela évite de parler de choses sérieuses.

 

Ahurir et faire frémir : comme trois précautions valent mieux qu’une, les médias complètent le dispositif en promettant le chaos économique et social si Marine Le Pen était élue. Et appellent sans attendre à se rassembler autour du banquier Macron pour « faire barrage » au retour des heures les plus sombres de notre histoire.

 

Le rejet du système est tel et la méfiance envers les médias si grande que le succès de leur enfant chéri n’est, malgré tout, pas encore assuré. Reste, tout de même, une question : que pourraient faire de différent Marine Le Pen ou François Fillon sans remettre en cause le pouvoir judiciaire et le pouvoir médiatique qui sont sortis de leur lit ?

Comment rétablir la séparation des pouvoir ? Montesquieu, reviens !

Comment rétablir la liberté d’expression et retrouver le pluralisme dans les médias ?

On aimerait en entendre davantage, faute de quoi le vote présidentiel risquerait de ne pas changer grand-chose...

 

Jean-Yves Le Gallou

 

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