Analyses, commentaires, ITW.


Triste campagne...!


Peu (ou pas du tout) commenté par les médias,

par le Gal. Dominique Delawarde - le 03/04/2017.

 

Le général SOUBELET, seule caution militaire ralliée à Macron en février le quitte le 28 mars.

 

L'idylle aura duré un mois.

 

Évoquant les raisons de sa décision de ne plus accorder son soutien au candidat d’En Marche !, le général Soubelet explique qu’il n’apprécie pas «le caractère hétéroclite des ralliements» ainsi que l’incohérence entre l’envie de renouveau et l’intégration du «gouvernement qui est en train de mourir».

 

Le général Soubelet a fait part de son intention de se présenter aux législatives «sans étiquette» et de ne plus accorder son soutien au candidat d'En Marche.

Dans une interview, le général Soubelet parle d'Emmanuel Macron et dévoile les raisons de sa décision. Ainsi, le général déclare ne pas apprécier le caractère hétéroclite des ralliements et, plus précisément, celui du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian il y a quelques jours de cela. C'est justement cela qui a servi, d'après lui, d'élément déclencheur à sa décision.

 

« Vous savez, c'est compliqué de dire d'une part qu'on veut renouveler le personnel politique

et puis de prendre des poids lourds du PS et du gouvernement qui est en train de mourir, qui est

en train de s'échouer avec les élections qui arrivent. Ce n'est pas très cohérent. Le renouveau, c'est aussi le renouveau des têtes politiques qu'elles soient du PS ou ailleurs », a-t-il déclaré.

 

D'ailleurs, il souligne également dans cette même optique que « si l'on prend des gens qui

ont fait de la politique depuis 30 ou 35 ans, ce n'est pas du renouveau et on ne peut pas faire du

neuf avec du vieux, c'est impossible ».

 

En même temps, en parlant de la personnalité d'Emmanuel Macron, le général trouve que le

candidat d'En Marche! n'a pas un discours mensonger mais «le souci: c'est qu' il n' est pas maître ».

« Il [Emmanuel Macron, ndlr] a besoin aussi — et on peut le comprendre politiquement —

d'avoir une certaine assise et d'avoir des gens d'expérience. Mais après la question c'est qui et

pourquoi. Et à ce stade on ne le sait pas », explique-t-il.

 

Par ailleurs, évoquant les ralliements possibles du PS à En Marche, M. Soubelet affirme qu'il

ne souhaite pas prendre le risque même s'il est évident que tout le monde n'aura pas sa place au

gouvernement.

 

« Il y a personne qui peut le dire, mais c'est un risque que je ne souhaite pas courir parce

qu'il est hors de question que je cautionne un PS bis dans le mouvement En Marche ! Je ne suis

pas sûr que tous ceux qui rallient ne soient pas au gouvernement ou n'auront pas de grosses

responsabilités. Mais moi, je ne prends pas le risque ».

 

Le ralliement du général Bertrand Soubelet à Emmanuel Macron, annoncé au mois de

février dernier, avait fait du bruit. Et son retrait, évoqué dans une lettre, devrait en faire encore plus.

 

Dans une lettre rendue publique, le général « macroniste » a fait la lumière sur ses inquiétudes en

affirmant que la continuité de l'actuel gouvernement ne correspondait pas à sa conception du

changement. Invité dans Les Grandes Gueules sur RMC, M. Soubelet a annoncé qu'il se présenterait « sans étiquette » aux législatives. Au mois d'avril, le général sortira un livre, intitulé «Sans autorité, quelle liberté ? ».


Qui est E. Macron ?

Macron, cabinet noir et médias à la dérive...!


F. Fillon et la Russie

...par Xavier Moreau - le 23/03/2017.

Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonnes, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide.

Installé en Russie depuis 15 ans, il dirige la société LinkIT Vostok. 

Il est l'auteur de la "Nouvelle Grande Russie" et "Ukraine, Pourquoi la France s'est trompée"

 

Source : http://www.stratpol.com/fillon-russie


À l’usage de ceux qui envisagent de voter MACRON !

Par Christian ROGER et Bertrand BINNENDIJK - le 24/03/2017

 

 

Et oui, Fillon n'est pas le chevalier blanc tant espéré. Comme ses congénères, FF a eu le tort d'user des facilités offertes par un système laxiste.

De plus, il a été bien maladroit avec ses déclarations fracassantes qui visaient Sarkozy.

Pourtant, celles-ci, rapprochées de sa faible défense depuis le début, tendent à prouver

rétrospectivement que FF s'est toujours senti dans son bon droit, d'où le sentiment d'injustice qui l'accable. FF n'est pas foncièrement malhonnête mais plus probablement imprudent.

 

Bien. Mais une fois que l'on a dit cela, que nous reste-t-il comme perspectives politiques, les seules qui comptent pour la France. Le vrai débat, le seul qui compte réellement, c'est de savoir si Emmanuel Macron serait le Président qu'il faut à la France?

 

1°) Si vous pensez que le futur président doit être quelqu'un qui a oublié de faire sa déclaration d'ISF pour plusieurs millions d'euros, mais qui jouit d'une impunité médiatique et juridique, grâce à la protection de son proche ami M. Drahi, propriétaire des principaux journaux et chaines de TV qui accablent FF depuis le début, alors, vous avez raison, votez Emmanuel Macron.

 

2°) Si vous pensez qu'en application de projets tout à fait officiels, européens et onusiens, de remplacement de la population européenne, il faut accroître encore l’immigration non européenne pour pallier les déficits démographiques, alors, vous avez raison, votez Emmanuel Macron.

 

3°) Si vous pensez que l'ouverture incontrôlée de nos frontières à une immigration de masse, essentiellement musulmane ne pose à court terme aucun problème à la cohésion nationale, sauf pour des petits Français que l'on ose plus appeler de souche, au front bas et obstiné, rétrogrades et bêtement attachés à leurs traditions pluriséculaires que d'autres haïssent au plus haut point, alors, vous avez raison, votez Emmanuel Macron.

 

4°) Si vous considérez que l'on peut cracher impunément sur l'honneur de la France, son histoire, ses œuvres, son armée, tous ceux qui se sont dévoués dans nos anciennes colonies, son peuple en quelque sorte, en se livrant à de pitoyables repentances éhontées dans le seul but de draguer un électorat musulman, alors, vous avez raison, votez Emmanuel Macron.

 

5°) Si vous pensez que, vraiment, il n'y a pas de culture française, et que donc la France n'a jamais rayonné sur le monde au point d'être reconnue comme LE pays phare, aimé, admiré, envié, élébré, copié, adulé, visité de l'art, de la littérature, de la peinture, de l'architecture, de la sculpture, de la gastronomie, que sais-je encore, alors, vous avez raison, votez Emmanuel Macron.

 

6°) Si vous pensez qu'il est bon pour l'économie française que de grands groupes financiers internationaux et autres fonds de pension anglo-saxons viennent essorer nos entreprises déjà exsangues avant de les jeter comme de vulgaires citrons pressés, laissant cyniquement derrière eux des millions de chômeurs, alors, vous avez raison, votez Emmanuel Macron.

 

7°) Si cela ne vous fait VRAIMENT rien de soutenir un candidat rallié, poussé, vanté, payé, adulé, monté en épingle, mis sur orbite, manipulé par Robert Hue, Pierre Bergé, Najat Belkassem, Christiane Taubira, Bernard Kouchner, Alain Minc, Jacques Attali, Gérard Collomb, Daniel Cohn Bendit, François de Rugy, Bertrand Delanoé, des palanquées de députés et sénateurs socialistes et tant d’autres, quasiment tous de gauche et volontaires pour continuer l’œuvre de Hollande, alors, vous avez raison, votez Emmanuel Macron.

 

8°) Si vous pensez comme l’avocat JP Mignard, grand ami de hollande, que « Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important », alors, votez Macron !

 

9°) En fait, si vous pensez que la France n'existe pas, qu'elle n'a pas d'âme, qu'elle n'en a jamais eue et qu'elle n'en aura jamais plus et qu'elle ne se résume qu'à quelques arpents d'une terre autrefois bénie, seulement vouée désormais à une mondialisation anonyme qui écrase l'Homme dans sa dignité profonde, au seul profit de l'enrichissement de ses mentors, alors, vous avez vraiment raison, votez Emmanuel Macron !

 

Mais si toutes ces raisons ne vous plaisent pas, alors réagissez à cette lamentable entreprise d'enfumage! Ressaisissez-vous! Réagissez et refusez de vous laisser intoxiquer !

 

Votez François Fillon, même s'il nous a déçus, parce qu'il est le seul à avoir préparé, pensé et annoncé un programme, critiquable à certains égards, mais néanmoins le seul à vouloir remettre la France sur pied dans (presque) toutes ses dimensions, politiques, diplomatiques, économiques et culturelles.

 

Tant pis si l'enthousiasme doit céder le pas à la raison et au bon sens! Ce qu'il faut à notre pays, c'est un chef, capable d'affronter les combats de titans qui se préparent. D'une certaine manière, l'épreuve vécue par FF l'y aura d'une certaine manière préparé ! 

 

Les seules batailles qu’on est sûr de perdre sont celles qu’on se refuse à engager.

 

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Qui est vraiment E. Macron ?


Une non révolution du nom d'Emmanuel Macron

Par E. Brunet - le 17/03/2017.


Ce qu'a déclaré François Fillon devant les juges

«Mesdames les Juges,

Monsieur le Juge,

Il est de mon devoir de répondre à la convocation que vous m'avez adressée. Quels que puissent être mes désaccords sur la méthode qui a présidé à la détermination de la date de cet interrogatoire, le respect dû à l'autorité judiciaire s'impose à chacun d'entre nous.

Il est également de mon devoir de venir aujourd'hui devant vous afin de vous affirmer: oui, j'ai employé mon épouse et la réalité de son travail est indéniable.

Cette réalité a été confirmée dans le détail par plusieurs personnes qui ont travaillé à ses côtés durant de nombreuses années.

Il est faux de prétendre que tout le monde ignorait que mon épouse était collaboratrice parlementaire. Plusieurs témoins vous confirment la réalité de ce travail, qui correspond en tous points aux déclarations de mon épouse devant les enquêteurs. Il est tout aussi faux de prétendre que son emploi à La Revue des Deux Mondes n'avait aucune réalité. La seule personne qui l'affirmait a été contredite. En définitive, depuis l'origine, la charge de la preuve a été renversée, me mettant dans l'obligation, contrairement à la règle, de démontrer mon innocence, c'est-à-dire l'effectivité du travail de mon épouse, quelles qu'en aient été les formes.

Pendant toutes ces années, mon épouse a travaillé à mes côtés et aux côtés de mon suppléant pour assurer une parfaite continuité entre lui et moi.

De la gestion de mon courrier en lien avec ma secrétaire à la tenue de l'agenda, mon épouse était présente aux événements locaux, aux inaugurations, manifestations sportives et culturelles dans la Sarthe, aux remises de décorations, son travail a pris de nombreuses formes. Pour citer l'un des témoins entendu par les enquêteurs, “sa force c'était d'être un relais au quotidien accessible et direct à tout moment”.

Nous avons versé de nombreux messages électroniques qui prouvent la réalité du travail réalisé et confirment point par point ce que mon épouse déclarait aux enquêteurs lors de son audition.

Nous avons versé la preuve des réunions auxquelles elle assistait, sa présence indéniable et fondamentale à mes côtés dans l'exercice de ma vie d'élu et la conduite de mes activités politiques.

Nous avons versé des attestations précises et circonstanciées.

La réalité de ce travail est établie, l'emploi de mon épouse comme collaboratrice parlementaire n'était pas fictif et il n'appartient pas à l'autorité judiciaire de porter une appréciation sur la qualité ou la teneur de ce travail.

Entendons-nous bien et dissipons tout malentendu. Les élus ne bénéficient pas d'une immunité absolue confinant à l'impunité dans l'emploi des ressources mises à leur disposition par le Parlement. Bien entendu, ce n'est pas le cas.

Les mots, cependant, ont encore un sens. “Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.” L'article 16 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen a gravé dans le marbre la séparation des pouvoirs, fondement même de nos institutions, de la démocratie et donc de l'autorité judiciaire elle-même.

Dès lors que l'emploi de mon épouse n'était pas fictif, ce que démontre le dossier, il n'est pas possible, sans violer cette séparation des pouvoirs, de porter un jugement sur le travail d'un parlementaire et la manière dont celui-ci s'organise avec ses collaborateurs parlementaires.

Je vous renvoie à cet égard à la réponse faite par le Président de l'Assemblée Nationale aux enquêteurs le 13 février 2017. Interrogé par réquisition des enquêteurs sur les niveaux de rémunération des collaborateurs parlementaires bénéficiant d'un lien familial avec un élu, mon collègue Monsieur Claude Bartolone a refusé de répondre “au nom du principe de séparation des pouvoirs”.

Je ne demande ni dérogation, ni faveur, mais simplement le respect du Droit. Je m'inquiète d'ailleurs que vous n'ayez pas pris connaissance de deux notes sur les faits et sur le droit applicable que mon avocat avait déposées auprès du Procureur national financier et que celui-ci ne vous a pas transmises. Est-il conforme aux principes que de mener un interrogatoire dans de telles conditions? J'ai le droit de me défendre sur toutes les preuves en possession de la justice, sur le fondement d'une analyse exhaustive des éléments saisis et sur un travail d'enquête complet. On ne lutte jamais à armes égales avec le soupçon.

Vous avez décidé de me convoquer de façon précipitée pour des faits remontant pour certains à près de vingt ans. Vous savez que je consacre mes journées à faire campagne pour l'élection présidentielle qui aura lieu dans quarante jours. Je respecte les institutions judiciaires et la charge que la loi vous confie. J'attends d'être traité comme tous les citoyens de notre pays, sans précipitation et avec le seul souci que la justice soit rendue en toute impartialité. Le code de procédure m'offrait le choix de répondre à vos questions, de me taire ou de faire une déclaration. C'est le calendrier de cette procédure, en plein cœur de la campagne présidentielle, qui m'impose le choix de cette déclaration.»

Commentaire introductif de la journaliste ayant rédigé cet article : 

EXCLUSIF - Le candidat Les Républicains à la présidentielle a été mis en examen, ce mardi matin, dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs. «Je ne demande ni dérogation, ni faveur, mais simplement le respect du Droit», explique-t-il notamment.

 

Convoqué par les juges d'instruction ce mardi matin, le candidat Les Républicains à la présidentielle, François Fillon, a, selon nos informations, refusé de répondre sous le format de l'interrogatoire et a lu une déclaration à l'issue de laquelle il a été mis en examen pour «détournement de fonds publics», «recel et complicité d'abus de biens sociaux» et «manquement aux obligations déclaratives à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique». Voici le contenu de la déclaration en intégralité.( ci-dessus)

...vous aurez noté, évidemment, que la mise en examen ne précise à aucun moment "soupçon  d'emploi fictif" et pourtant, ce terme est repris par tous les titres y compris "Le Figaro"...Il serait peut-être temps de "remettre les pendules à l'heure".

Il est évident que Mme Fillon a effectivement assuré la charge d'assistant parlementaire ... sinon nous pouvons faire confiance à nos média "impartiaux" pour révéler le ou les noms de ceux qui auraient fait "le boulot" à sa place, mais ils s'en gardent bien et continuent à nous tromper.

JMR

Source : http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/03/14/35003-20170314ARTFIG00231-ce-qu-a-declare-francois-fillon-devant-les-juges.php


Au Voleur ! On nous vole une élection !

par Christian Vanneste - le 15/03/2017.

 

Au voleur ! On a volé… la démocratie. Il suffit d’écouter une émission du prétendu « service public », en l’occurrence « Mardi politique » pour s’en convaincre.

Hier, une journaliste, qui a peut-être manqué une carrière de commissaire politique, recevait Marine Le Pen. Le sujet devait être l’élection présidentielle. Non, la situation de la France, son déclin, les problèmes et les solutions, les programmes des candidats ne l’intéressent pas prioritairement.

Seules les « affaires » paraissent d’abord la préoccuper. Roselyne Febvre entame donc l’interrogatoire de la candidate en la questionnant sur la mise en examen de François Fillon. Les affaires prendront 15 minutes sur les 40 de l’émission. Elles permettront d’évoquer avec un mépris mal dissimulé « l’épouse, les costumes, les enfants » du candidat républicain, de constater avec regret « qu’il va rester là », et enfin de déplorer l’atteinte ainsi portée à l’exemplarité par un homme voulant être Président de la République. Peut-il continuer dans ces conditions ? demandera-t-elle même à son invitée.

Celle-ci se voit alors obligée de rappeler qu’une mise en examen n’est pas une condamnation, et que la présomption d’innocence ne doit pas être oubliée. Bien sûr elle ne rate pas l’occasion de décocher trois flèches en direction du concurrent en difficulté : d’abord, il aime l’argent ; ensuite, son programme est d’une grande brutalité ; enfin, il s’est mis lui-même dans la nasse en ayant par rapport à la justice une attitude ambiguë. Sur ce dernier point, elle a raison. La chronologie de l’action judiciaire suscite à l’évidence le soupçon d’une manipulation politique. Cela est patent pour François Fillon, mais aussi pour le Front National. En ne se rendant pas à la convocation des juges, la présidente du FN est cohérente et la journaliste souligne aussitôt sa tendance à croire au complot.

 

Le CSA s’inquiète de l’avance considérable de François Fillon dans le temps d’antenne. On en arrive à ce paradoxe que les heures passées à affaiblir le candidat sur des sujets qui ne concernent en rien la campagne présidentielle vont être prises en compte à son détriment.

Le supplice chinois des informations livrées au goutte-à-goutte, jour après jour, par le duo médiatico-judiciaire et la précipitation finale de la mise en examen font penser à une corrida : on a commencé avec les picadors du « canard »; on a continué avec les passes de muleta du parquet ; et les juges ont porté l’estocade… sauf que le taureau n’a pas quitté l’arène et continue à vouloir se battre en dépit des convenances et des attentes du microcosme.

Le déplacement opéré du terrain politique au judiciaire est une perversion volontaire et gravissime de la démocratie. François Fillon avait été désigné comme le candidat de la droite et du centre à l’issue des primaires. Les « révélations » du canard sur des faits largement antérieurs s’inscrivaient dans la campagne et pouvaient peser sur l’opinion des électeurs. La séparation des pouvoirs aurait dû inciter la justice à attendre la fin de la période électorale avant d’intervenir afin de ne pas apporter son « crédit » aux imputations formulées.

D’habitude, elle sait prendre son temps. Il faut rappeler que le Parquet National Financier créé par le ministère Taubira à la suite de l’affaire Cahuzac, qui a conduit l’enquête, avec les fuites que l’on sait, n’est pas indépendant dans le cadre d’une « autorité » judiciaire qui justement n’est pas un pouvoir en France. Les élus bénéficient de la légitimité que leur octroie le peuple. Même lorsque la justice s’intéresse à leurs fautes éventuelles, ses fonctionnaires doivent le faire avec fermeté, mais aussi avec le respect qu’ils semblent, comme les journalistes, avoir quelque peu oublié.

 

Mon expérience personnelle a forgé mon opinion à ce sujet.  C’est au bout de quatre ans que je suis sorti totalement blanchi du procès qui m’était fait. Lors d’une audience, j’avais subi le discours aberrant d’une avocate générale, du parquet donc, me reprochant d’être un député qui ne respectait pas la loi. En l’occurrence, les propos qui m’étaient reprochés étaient ceux que j’avais initialement tenus à l’Assemblée pour m’opposer à une loi. Par une sorte de petit coup d’Etat, un fonctionnaire de justice venait donc interdire à un élu du Peuple de remplir sa mission. Il est plus que temps que cette inversion des légitimités cesse.

 

Il est clair que François Fillon a du goût pour une certaine aisance, que c’est un homme attaché à l’élégance de sa tenue. Sa manière de vivre au niveau de responsabilité qui a, depuis longtemps, été le sien n’a rien de choquant. Beaucoup d’activités infiniment moins utiles au pays procurent une richesse ostentatoire plus contestable. Beaucoup de personnages qui ont frayé avec le monde politique, en ont fait partie ou entretiennent avec lui des relations incestueuses, bénéficient de situations privilégiées, de niches confortables et de parachutes dorés.  Notre République bananière des copains et des coquins mérite davantage l’attention de la justice que le salaire de Madame Fillon. L’activité politique, avec ses risques, demande une certaine sécurité financière. J’ai gagne huit procès. Ceux-ci ne concernaient que ma parole et mon honneur. Le bilan financier est néanmoins lourdement négatif et m’a contraint à beaucoup de prudence dans mon engagement dans des campagnes politiques. Cette retenue est-elle « démocratique » ? Je ne le crois pas.

 

Tout porte à croire que François Fillon sortira indemne de cet acharnement judiciaire. Ni les salaires des assistants parlementaires qui n’entrent nullement dans la compétence du PNF, ni les soutiens d’ordre privé ne sont susceptibles d’entraîner une condamnation. Les recours contre la procédure prendront du temps. Le mal aura été fait dans l’opinion. Si François Fillon n’est pas présent au second tour des présidentielles, on aura volé leur élection aux Français.

 

LE FIGARO - Emmanuel Macron ou l'esthétique du vide (1/2)

par Caroline Galactéros - le 13/03/2017.

 Première partie de ma tribune parue dans le FigaroVox.

« Penser printemps » et se mettre en marche vers l'abîme… Prise dans les miasmes d'une galopante infection « par le bas », la campagne présidentielle est toujours menacée de confiscation par la médiatisation acharnée et jubilatoire des plus petits côtés de notre classe politique. L'on connaît la tête de turc favorite de ce jeu de massacre triste: François Fillon, bouc émissaire idéal d'une déréliction morale au long cours de l'ensemble de nos élites publiques, qui escamote commodément le débat politique sur le fond c'est-à-dire sur l'essentiel: les voies et moyens du redressement national de notre pays abîmé. « L'affaire » a été construite et entretenue à cette fin, comme le point focal sur lequel devait se concentrer toute l'attention de nos concitoyens placés sous hypnose collective et progressivement menés au précipice comme un troupeau inconscient à l'abattoir ou des rats à la mer au son du flutiau d'un « sauveur » de rencontre. Sur la question de l'exemplarité en politique, soyons clairs: on peut être légitimement déçu de comportements qui ont la vie dure et sont devenus indéfendables en cette époque de transparence et d'exigence « éthique » serinée comme un mantra à l'oreille de nos concitoyens. Celui qui se consacre à la chose publique doit s'astreindre à une forme d'exemplarité personnelle, ne serait-ce d'ailleurs que pour être libre et invulnérable aux coups bas portés par ses adversaires politiques ou ses « proches » prompts à quitter son navire au premier coup de vent. Souhaitons que l'on n'en arrive pas au ridicule puritanisme de nos cousins américains car l'incohérence est en l'homme structurelle, et rarissimes sont ceux qui ne peuvent être un jour mis en porte-à-faux entre leurs convictions et leurs pratiques intimes. D'un chef d'État l'on attend de l'autorité, de la vision et le sens précisément de l'État et de l'intérêt général. Peu nous chaut le prix ou la provenance de ses costumes.

 

Le rebond permis par la ferveur du rassemblement du Trocadéro le 5 mars dernier ne doit surtout pas être interprété comme un quitus ou un blanc-seing.

 

Il faut toutefois être lucide: cette exaspération populaire qui monte et se cristallise sur la question de la probité de nos représentants trahit un lourd sentiment d'abandon des Français qui voient leurs dirigeants obnubilés par la conservation de leur mandat et leurs petits jeux de pouvoir plutôt que dédiés à l'amélioration du sort de leurs mandants ou au relèvement de la France dans un monde qui se reconfigure à grande vitesse et sans nous. Attention donc! Le rebond permis par la ferveur du rassemblement du Trocadéro le 5 mars dernier ne doit surtout pas être interprété comme un quitus ou un blanc-seing. François Fillon doit impérativement garder sa ligne et, en écartant fermement de ses équipes refondées les « fluctuants » et opportunistes non fiables, montrer qu'il a pris la mesure du coup de semonce, entendu la déception et mérité le pardon. Car il n'y aura pas de seconde chance. L'attente est trop grande. Les Français et la France ont besoin d'un véritable espoir, d'une vision claire portée par un homme de trempe entouré de lieutenants intègres et solides.

L'exigence est donc là, vibrante. Mais cette hargne à fouiller les poubelles est suspecte. L'acharnement médiatique pour « informer » les Français sur ces sujets à la fois importants et très secondaires escamote l'ampleur des enjeux nationaux véritables qui sont économiques mais plus encore culturels, identitaires et stratégiques. Il ne fait que pourrir le débat public, le rabaisser, nourrir l'indignation, le mépris et in fine l'indifférence ou la férocité. Il décentre évidemment le regard d'autres turpitudes, veut rendre inaudible le seul programme réformiste sérieux et viable - celui de la droite de gouvernement - et installer une alternative prétendument unique entre un vote extrémiste de droite encore un peu (mais de moins en moins) frappé d'infamie dans l'inconscient politique collectif, et une soi-disant nouvelle offre politique, un « ni gauche ni droite » qui aurait en main la martingale pour nous sortir du marigot où 5 ans de socialisme (et bien d'autres faiblesses auparavant) nous ont embourbés. Enfin, cette diversion permet d'oublier une évidence: le jeune homme qu'on veut nous faire tenir pour un homme d'État et d'expérience verse, par tous ses actes et propos, dans une démagogie inédite.

 

Dans ce paysage de désolation et d'oubli décomplexé des intérêts nationaux, il est une autre grande illusion qui monte : celle d'une « gauche » prétendument nouvelle.

 

Il fait en outre le jeu d'un populisme sans scrupule qui n'est plus l'apanage des seuls extrêmes. Car dans ce paysage de désolation et d'oubli décomplexé des intérêts nationaux, il est une autre grande illusion qui monte: celle d'une « gauche » prétendument nouvelle, qui d'ailleurs ne s'identifie plus comme telle mais joue la synthèse politique novatrice et s'incarne dans cette figure si jeune, lisse et affable qu'on veut la croire fraîche, pure, propre, innocente même des errances de ses prédécesseurs. Une nouvelle gauche qui se veut l'émanation même de la postmodernité innovante et tolérante, celle d'un mondialisme heureux et d'un multiculturalisme béat. Une gauche « en marche » qui veut nous faire prendre sans la moindre vergogne, le mouvement vibrionnaire pour du progrès, l'opportunisme pour un syncrétisme radieux, la démagogie d'un programme fourre-tout pour une ambition nationale, bref des vessies pour des lanternes.

 

Oyez! Oyez, bonnes gens! Que chacun ferme les yeux, prononce les paroles magiques, fasse allégeance et croie avec la Foi du charbonnier ce que cet illusionniste nous promet. Il y en a pour tous les goûts. Qu'avons-nous à perdre, tombés si bas? Alors, vive la «troisième voie» à la française!»Notre nouveau Blair crève l'écran, comme lui exalté mais aussi fade, sans couleur, sans odeur, sans saveur, sans convictions ni colonne vertébrale surtout, qui l'obligeraient à faire des choix. Il est souriant, confiant, omniprésent, « habité », les bras ouverts, offrant son amour à chacun, lui disant ce qu'il veut entendre. C'est la nouvelle icône d'un « Flower power » irradiant saupoudré d'un doigt de « French touch » ! Certains commentateurs ou aficionados sont si hallucinés qu'ils vont jusqu'à lui trouver des points communs avec Churchill, Pompidou et même le Général, dont les mânes sont outrageusement profanées pour les besoins de la cause! On a si bien décérébré la jeunesse française qu'elle ne connaît plus notre Histoire quand elle ne la hait point, et peut donc gober les comparaisons les plus ahurissantes. Il ne suffit pourtant pas de dire «je vous ai compris» pour prétendre à la stature gaullienne, surtout quand on pratique le grand écart facial quotidien, que l'on racole les votes et les subsides en insultant son propre pays à l'étranger et que l'on «va aux voix» comme on va au marché. D'ailleurs une ambition si dévorante fait parfois trébucher et avouer dans un souffle: c'est « parce que je veux être président, (que) je vous ai compris et (que) je vous aime ». Ah bon ? On aurait voulu croire que c'était pour servir la France qu'il prétendait vouloir en comprendre le peuple !!! L'ambition eut cette fois raison de l'opportunisme.

 

Emmanuel Macron est une forme vide. Une forme pleine d'un vide qui le remplit et lui permet d'irradier avec un talent certain l'affect pur.

 

Le succès d'Emmanuel Macron prend appui sur l'inculture et la panique qui ont saisi notre peuple trop longtemps méprisé par un pouvoir socialiste qui lui parle de rassemblement et de cohésion tout en déconstruisant méthodiquement tous les vecteurs de ceux-ci pour éparpiller la France « façon puzzle » en communautés de votants revanchards et féroces. Il a « appris » l'histoire sans doute mais ne semble pas la ressentir. Il confesse d'ailleurs volontiers qu'« il n'y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse ». Il faut donc conspuer l'identité de la France et parler « d'appartenance » dans un clin d'œil électoraliste appuyé au communautarisme galopant qui défigure et mine notre pays. « Le socialisme nouveau » est arrivé, à grand renfort de marketing politique. Il escamote opportunément un bilan présidentiel et socialiste cataclysmique, dont l'impétrant est l'un des grands artisans, ce dont on finit par douter tant il a l'air de sortir des langes ! Surtout, il relègue dans un cul de basse-fosse les notions rétrogrades de nation, de peuple, de souveraineté et bien sûr celle d'intérêts nationaux. L'Histoire ? Une vieille lune inutile ! L'inscription d'un peuple dans le passé et la continuité d'une nation millénaire et le souvenir de figures héroïques ? Scandale !! La grandeur d'un empire enfui et certainement faillible, mais qui sut aussi porter le développement matériel, humain, culturel et l'idéal politique national alors vivant de la France à des contrées déshéritées en leur offrant les bases d'une indépendance qu'elles n'ont pas toujours sue ou voulu entretenir ? « Un crime contre l'humanité » ! Tout est possible, tout est dicible, tout doit être audible, même le plus faux ou le plus intellectuellement indigent, du moment que cela satisfait des clientèles électorales hypnotisées par des logorrhées aux accents christiques… Des clientèles qu'il faut ainsi fasciner et mobiliser pour rester aux manettes et parachever la déconstruction nationale tout en posture et sans vision.

 

N'importe qui peut trouver dans les éléments de programme d'Emmanuel Macron ce qui lui paraîtra répondre à ses préoccupations prioritaires. Une véritable auberge espagnole. Emmanuel Macron est une forme vide. Une forme pleine d'un vide qui le remplit et lui permet d'irradier avec un talent certain l'affect pur. Il peut, il doit dire tout et son contraire puisqu'il appelle de fait l'électeur de quelque bord qu'il soit à établir avec lui un lien supérieur, de l'ordre de la pure croyance, de la transcendance. Mais c'est d'incarnation véritable que nos électeurs ont aujourd'hui un besoin vital, l'incarnation d'une immanence, celle de la France immortelle et actuelle qui vibre en chacun d'entre nous et qu'il faut ranimer. La source vive de la cohésion et de la dynamique d'un nouveau départ pour notre pays est là. Il ne s'agit pas de susciter la Foi mais de partager des convictions et de les mettre en œuvre pour sauver notre société, une société de culture et de structure.


LE FIGARO - Emmanuel Macron ou l'esthétique du vide (2/2)

par Caroline Galactéros - le 13/03/2017.

 

Deuxième partie de ma tribune parue dans FigaroVox.

 

Le candidat « en marche » ne promet pourtant rien moins que « la révolution » et la « réconciliation de l'ambition avec le réel ». Beau programme. Comment ? On verra plus tard. Cela ne vous rappelle pas quelqu'un ? Dans les faits, ce renouveau tonitruant de la social-démocratie par une fusion assumée avec la logique libérale dans tous les domaines assume l'ubérisation de la société et des individus, donc la précarité comme horizon et la stupidité de clivages manichéens entre « ouverture » et « fermeture », entre « progressistes » et « conservateurs », c'est-à-dire en fait entre ceux qui acceptent leur disparition dans un sans-frontièrisme enfiévré et une totale soumission à la dérégulation financière, et ceux qui ne s'y résolvent point. Sans même jouer à se faire peur en imaginant un instant ce que pourrait donner un tel président sur la scène internationale face à des figures telles que D. Trump, V. Poutine ou encore Xi Jing Ping, comment ignorer que sa popularité démontre la gravité de la crise du politique en France. Nos concitoyens sont si désorientés, si dégoûtés qu'ils paraissent prêts à toutes les aventures, même si nombreux sont encore ceux qui sentent combien le choix de mai prochain signera soit l'amorce de notre relèvement collectif, soit l'engloutissement progressif des derniers anticorps sociétaux et culturels protégeant encore notre corps national de l'implosion.

 

Il faut en outre s'inquiéter que cette offensive destructrice trouve un allié inattendu mais de poids dans une partie des « élites » économiques de notre pays. Celles-ci tombent dans le piège évangélisateur macronien avec une déconcertante naïveté, confondant agitation jeuniste et progrès sociétal, se croyant « dans le vent » alors qu'elles risquent de creuser dangereusement les fractures nationales par un vote irresponsable. Il existe en effet, chez une partie de la couche supérieure de la bourgeoisie française, qui travaille beaucoup, contribue énormément, prend des risques et vit bien mais sans opulence, une volonté de s'identifier aux très grands entrepreneurs, notamment ceux du numérique qui prétendent repousser les frontières de la modernité et modeler le futur humain. Ces « e-stars » sont leurs héros, qui effectivement vivent eux dans une couche sociale marquée par la fluidité, l'effacement des frontières physiques, financières et politiques et n'ont que mépris pour les États qui gênent leurs ambitions… ou s'y prêtent trop servilement. La couche immédiatement inférieure de cette élite veut croire à ces figures de proue et se figure qu'un Emmanuel Macron peut les en rapprocher. Tout à cette identification valorisante, ces patrons ne voient même plus l'imposture politique colossale que le leader d'En Marche! personnifie et qui devrait suffire à dégonfler sa baudruche, même si l'actuelle transhumance empressée des pachydermes socialistes qui le rallient toute honte bue est déjà à elle seule une terrifiante démonstration.

 

Macron prétend incarner une modernité radieuse alors qu'il est le rejeton tardif prétendument « émancipé » d'une génération politique qui n'a fait que mentir éhontément à son électorat initial.

 

Cette classe moyenne très supérieure ne veut pas voir le gouffre qui la séparera toujours de ses richissimes « modèles 3.0 ». Emmanuel Macron prétend incarner une modernité radieuse et généreuse alors qu'il est le rejeton tardif prétendument « émancipé » d'une génération politique qui n'a fait que se déconnecter d'avec le monde réel et mentir éhontément à son électorat initial, y compris sur le thème de la souveraineté nationale ou du patriotisme économique. Car il faut enfin évoquer d'autres gravissimes renoncements qui traduisent chez ce courant macroniste une idéologie tenant la défense de nos intérêts nationaux pour inutile voire nocive. Comment oublier en effet que notre « show man », alors secrétaire général adjoint de l'Élysée, a été l'un des principaux (p)artisans de la grande braderie des intérêts industriels français lors de la cession de la partie la plus rentable et surtout la plus stratégique du groupe Alstom - sa branche énergie - en décembre 2014 à General Electric, au terme d'une opération américaine de ciblage et de déstabilisation que l'Élysée a non seulement laissé faire mais finalement accélérée ? A cet égard, l'excellent rapport (ouvert) du CF2R (Centre Français de Recherche sur le Renseignement) de décembre 2014 mérite une lecture attentive. Âmes patriotes s'abstenir. Ces gouvernants, par naïveté ou dogmatisme occidentaliste, veulent ignorer la violence de la guerre économique entre nations, y compris alliées, peut-être parce qu'ils ne croient plus à celles-ci et sont incapables de prendre la mesure des enjeux - en l'espèce la lutte à mort pour la domination du marché mondial de l'énergie.

 

Après Alstom, et peut-être demain Technip, c'est aujourd'hui Airbus qui semble de plus en plus échapper à la France qui en a été pourtant à l'origine, au profit de l'Allemagne et derrière elle, des États-Unis et de la Grande Bretagne. La récente nomination d'un nouveau directeur technique d'Airbus Group américain et surtout ancien de la DARPA (Defense Advanced Research Program Agency - annexe du Pentagone en charge des techniques de pointe en matière d'armement: robotique, drones, satellites) laisse songeur et devrait allumer des clignotants à tous les étages du palais de l'Élysée. La réciproque serait inconcevable, les États-Unis ayant prudemment légiféré en ce sens. Désormais les fonctions majeures de la direction du Groupe Airbus sont donc noyautées par les Allemands, Américains et Britanniques. La direction de la Stratégie, déjà en retrait depuis la réorganisation du groupe opérée par Tom Enders en 2014, perd son encombrant et brillant directeur historique français et le tour est joué! Certes le siège est transféré à Toulouse. Pour nous faire plaisir, les Français étant notoirement plus sensibles aux symboles qu'aux réalités. Tom Enders a aussi créé Airbus Defense & Space (ADS), réunion d'Astrium et de Cassidian dont le siège est à Munich avec un management presque exclusivement allemand. La partie électronique de cette entité a été cédée au fond américain KKR alors même que Thalès était candidat. Un fonds qui a recruté en 2013 l'ex-directeur de la CIA David Petraeus... L'État français est pourtant actionnaire du groupe à hauteur de 11 % et Airbus est une création française qui doit son essor à des investissements publics très importants… du contribuable français. Mais dès que l'on parle d'intérêts nationaux, on est immédiatement taxé de pensée rétrograde, étriquée et chauvine. Pourtant qui ne comprend que l'évolution du pouvoir au sein d'un tel groupe est essentielle pour notre pays ? Rappelons que la désindustrialisation aidant, l'aéronautique représente aujourd'hui - sous-traitants inclus - le tiers de l'emploi industriel civil français.

 

Si la boue actuelle échoue à recouvrir totalement la campagne et à la neutraliser jusqu'au vote, il y a fort à parier que l'élection ne se fera pas (ou peu) sur des enjeux économiques directs.

 

Ce ne sont que deux exemples parmi bien d'autres, mais ne nous y trompons pas: avec un Emmanuel Macron au pouvoir, c'est une idéologie globalisée qui risque de triompher définitivement. La France finira par devenir elle aussi « une forme vide », un village Potemkine-musée pour touristes aventureux et pour des Français que l'on gavera de blabla sur le « patriotisme économique » tout en défaisant tout ce qui a construit et manifeste encore notre puissance et notre influence. La pâte à modeler des populations et des territoires se substituera alors définitivement aux socles résilients du peuple et de la nation. « C'est le progrès, c'est l'avenir ! Ayez confiance ! » nous dira le jeune président.

 

Si la boue actuelle échoue à recouvrir totalement la campagne et à la neutraliser jusqu'au vote, il y a fort à parier que l'élection de notre prochain président ne se fera pas (ou peu) sur des enjeux économiques directs (chômage, croissance, impôts). Les électeurs croient de moins en moins aux promesses politiciennes, dans un sens comme dans l'autre d'ailleurs. Qu'on leur promette de l'argent sans effort ou des réformes sérieuses, ils semblent avoir une foi limitée dans la capacité de leurs représentants à agir en conséquence, ou dans celle d'un président à tenir avec autorité les remuants attelages gouvernementaux. Le choix sera vraiment celui d'une stature présidentielle, d'un homme capable de tenir bon sur des enjeux culturels et régaliens. Le premier d'entre eux, n'en déplaise aux prophètes enfiévrés du multiculturalisme hors sol, c'est celui de l'identité culturelle actuelle et souhaitable de la France, relevant de ce que l'on pourrait appeler le socle charnel, immatériel mais bien concret, de la Nation, ce qui fait que l'on « fait corps » collectif viable, et que l'on peut persister dans l'être et se différencier comme ensemble historique, culturel, politique et social par rapport aux autres acteurs étatiques. Ce sont donc les questions de la cohérence du projet de redressement et de la vision pour notre pays à horizon de 10 ans qui sont premières. Tout le reste en découle. Dans ce cadre, la question de ce que la France doit assumer et conserver de ses racines chrétiennes comme pôle référentiel implicite et structurant de toute notre réalité collective est centrale, et celle de la défense de notre souveraineté, celle enfin de l'indépendance et de notre projection comme État et comme puissance dans le monde sont cardinales. Cela peut paraître stratosphérique à certains mais nos concitoyens eux, font le lien entre l'immédiat et le lointain, entre le local et le global, entre le quotidien et l'horizon. Ils ont besoin de se sentir partie d'un tout plus grand qu'eux et sentent que l'efficacité sociale n'est possible que dans le cadre d'un projet national ambitieux. Peut-être leurs enfants n'auront-ils plus cette exigence et il faut s'en inquiéter, mais le socle actuel tient encore et la perception des menaces diverses est vive. Enfin la question sécuritaire au sens le plus large sera centrale: la place, la solidité, la capacité de défense et de contre-attaque de notre pays n'est pas un sujet réservé aux géostratèges. Cela concerne chacun d'entre nous. Pour l'heure, tout a été démoli avec une ahurissante désinvolture, un dogmatisme et une toute aussi grande morgue. Au terme de ce quinquennat dramatique, nous ne sommes plus écoutés ni attendus, encore moins espérés dans le monde. On nous voit comme des naïfs et des opportunistes. Beau bilan! Tout est donc à rebâtir et c'est impossible sans une idée claire et assumée de ce qui nous constitue, de ce qui doit être préservé et de ce qui fait la singularité française.

 

Cela ne se passera pas comme ça. Nous avons le choix. Pas seulement entre Charybde et Scylla.

 

Source : http://galacteros.over-blog.com/2017/03/le-figaro-emmanuel-macron-ou-l-esthetique-du-vide-2/2.html

 


Ni gauche, ni droite ? Mon oeil !

par Christian Vannest - le 11/03/2017.

Jamais sans doute une campagne présidentielle dans notre pays n’aura été autant soumise à la manipulation des médias majoritairement enclins à soutenir le faux-nez du système présenté comme le bousculant alors qu’il en est le représentant caricatural.

 

Parmi les astuces utilisées, il y a ce poncif du « ni droite, ni gauche » qui séduit tous ceux que la polémique politique fatigue et qui fait rêver à un pays pacifié et uni. C’est évidemment une illusion qui demande beaucoup de naïveté chez celui qu’elle séduit et plus encore de cynisme chez celui qui s’en sert pour tromper les électeurs.

 

Certes, la référence illustre au Général de Gaulle sert de caution à cette idée fausse. « Ce n’est la droite, ce n’est pas la gauche, la France » disait-il lors de la campagne de 1965. Mais cette phrase doit être replacée dans son contexte. D’abord, l’homme qui parle est exceptionnel. Il a vraiment incarné le pays entre 1940 et 1945, rejoint d’abord par des patriotes souvent d’extrême-droite, puis par des communistes jusqu’à ce qu’à la Libération la Résistance rassemble la quasi-totalité des sensibilités politiques qui n’avaient pas frayé avec la collaboration. Cette dimension historique donnait à de Gaulle la stature d’un monarque républicain soucieux de « l’intérêt supérieur de la patrie », au-delà de toute obédience idéologique ou d’allégeance partisane.

Cela dit, son principal adversaire, François Mitterrand, lui, était bien le candidat des gauches. Quant à Jean Lecanuet qui l’avait mis en difficulté au premier tour et voulait, lui aussi, dépasser les clivages, il était l’initiateur de ces candidats du vide, chez qui la formule creuse est dominante. Ils prétendent s’opposer à un système et annoncent seulement le renoncement du pays.

 

Lecanuet, c’était la fin du gaullisme et la dissolution de la France dans le mirage européen.

On voit aujourd’hui où ces slogans aussi vagues que sympathiques ont mené. De Gaulle était, quoi qu’il en dise, à droite dans la mesure où ses adversaires étaient de gauche, et aussi d’extrême-droite, notamment en raison de sa politique algérienne.

Il condamnait le régime des partis, et donc l’opposition stérile entre les partis de gauche et de droite, lorsque ceux-ci privilégient leurs intérêts partisans au détriment de l’intérêt général, mais se situait bel et bien à droite de la pensée politique, celle qui préfère le national à l’international, l’unité du pays à la lutte des classes et à la confrontation des intérêts catégoriels, le bien commun à la satisfaction des désirs individuels, la préservation de l’héritage culturel et de l’identité nationale au « métissage » destructeur, la famille et la vie, qui assurent la pérennité du pays, à l’individualisme suicidaire.

 

La tentative du candidat Macron de dépasser le clivage droite-gauche relève évidemment de l’arnaque. La gauche a été tellement nulle et funeste sur le plan économique qu’elle n’a plus de marge de manœuvre sociale.

Ses candidats idéologiques, Hamon ou Mélenchon, pratiquent à un tel point le déni du réel, le manque de bon sens, en paraissant ignorer les problèmes de la dépense publique, de l’endettement, et de la compétitivité qu’ils sont hors-jeu.

Le Président Hollande a donc sorti de son chapeau un candidat qui allie une vision plus réaliste de l’économie aux priorités sociétales de gauche. Macron est le candidat du système.

C’est celui du microcosme, des bobos et des communicants de gauche, dont le portefeuille est libéral et le cerveau libertaire.

Il suffit de lire ses propositions dans les domaines où les valeurs de droite sont les plus affirmées pour s’en convaincre. Son insistance sur la préservation de la loi Taubira, sur l’adoption et la PMA au profit des homosexuels, sur la confirmation de la circulaire Taubira qui protège la GPA à l’étranger est éclairante.

Rien d’étonnant à ce que Bergé le soutienne, celui qui n’aurait pas pleuré si une bombe avait éclaté au passage de la « Manif pour Tous ». Curieuse manière de dépasser les clivages que de mépriser à ce point les centaines de milliers de Français qui s’étaient mobilisés contre le mariage unisexe.

Même chose pour l’immigration. Il s’agit pour lui de la conforter plutôt que de la réduire. D’abord, il la minimise, ensuite il envisage les moyens de la faciliter. Elle est bien sûr à ses yeux un bienfait plutôt qu’un danger.

Même chose encore pour la sécurité, avec le retour illusoire de la police de proximité, dans un contexte où elle est devenue impossible dans de nombreux quartiers.

Globalement, ce « Gribouille » ne perçoit pas le malaise général qui monte dans le peuple français et prétend le traiter avec plus d’Europe et de mondialisation quand c’est la perte de souveraineté et de protection qui angoisse la majorité des Français, ceux de la France périphérique, dont parle Christophe Guilluy.

 

Depuis trop longtemps, la France qui pense, qui enseigne, qui écrit, « qui grouille, grenouille et scribouille »,  a préféré avoir tort avec Sartre que raison avec Raymond Aron. C’est pourquoi la droite partisane a toujours eu du mal à se dire de droite. Elle a préféré affirmer n’être ni libérale, ni conservatrice. La vraie droite, la droite de pensée, est orpheline dans notre pays. Elle doit aujourd’hui choisir entre un Front National souverainiste mais démagogue et irréaliste sur le plan économique et François Fillon en qui elle place son espérance, mais qui, à peine lui a-t-elle manifesté son adhésion se voit obligé de se recentrer.

C’est pourtant lui qu’elle doit soutenir car il est le seul à garantir le redressement du pays par sa solidité personnelle, son expérience et son programme. C’est lui qui incarne le renouveau d’un pays qui n’a d’avenir que s’il retrouve la puissance.

 

Source : http://www.christianvanneste.fr/2017/03/11/ni-gauche-ni-droite-mon-oeil/

 


FILLON : Chronologie d'un piège, ou le résultat d'un complot politico-judiciaire.

 

Ces informations mériteraient d'être vérifiées...Les lecteurs sont donc appelés à la prudence.

Merci. JMR

 

Acte 1 : 19 décembre 2013, Jean-Louis Nadal, ancien conseiller au cabinet de Robert Badinter, ex-inspecteur général des services judiciaires dous Elisabeth Guigou, qui a requis l'ouverture d'une enquête à l'encontre de Christine Lagarde devant la Cour de Justice de la République, qui en 2012 soutient le candidat François Hollande, est nommé par ce même François Hollande à la tête de la haute Autorité pour la transparence de la Vie Publique.

 

Acte 2 : le 1er février 2014 - Création du parquet national financier par Christiane Taubira

 

Acte 3 : Eliane Houlette est proposée par Christiane Taubira le 14 janvier 2014 comme procureur du parquet national financier

 

Acte 4 : le 31 janvier 2014 Ariane Amson est nommée substitut du procureur du PNF

 

Acte 5 : 04 juillet 2014, Jean Michel Hayat, membre du syndicat de la magistrature, conseiller au cabinet de Ségolène Royal de 1997 à 2000, ... et également mari d'Adeline Hazan, présidente du syndicat de la magistrature de 1986 à 1989, ex-eurodéputée et ancienne maire PS de Reims, est nommé président du TGI de Paris

 

Acte 6 : 09 septembre 2014, Jean Michel Hayat crée la 32e chambre correctionnelle dédiée aux affaires traitées par le PNF.

 

Acte 7 : 01 septembre 2015, Peimane Ghaleh-Marzban, un très proche de François Hollande est nommé président de la 32ème chambre correctionnelle du TGI de Paris.

 

Acte 8 : 10 septembre 2015, Jean Louis Nadal est chargé de signaler les cas suspects à la 32ème chambre du TGI de Paris.

 

Acte 9 : 13 juin 2016, Jean-Pierre Jouyet embauche comme conseillère pour la justice à l'Élysée Ariane Amson qui quitte le PNF. Elle est la compagne de Pierre Heilbronn, qui lui devient directeur adjoint de cabinet de Michel Sapin.

 

Acte 10 : novembre 2016, un dossier est constitué à l'Elysée sur la base des fiches de salaire et déclarations de revenus des époux Fillon transmis par Pierre Heilbronn et suivi par Boris Vallaud, le mari de Najat Vallaud Belkacem.

 

Acte 11 : 15 décembre 2016, Thomas Cazenave, ex Directeur de Cabinet d’Emmanuel Macron est nommé Secrétaire Général Adjoint de l’Elysée. Il remet le dossier à Jouyet.

 

Acte 12 : François Hollande transmet le dossier à Gaspard Gantzer, de la même promotion Senghor à l’ENA qu'Emmanuel Macron, en lui recommendant d'en faire « bon usage »

 

Acte 13 : 09 janvier 2016, le dossier est transmis simultanément par Gaspard Gantzer à Michel Gaillard, directeur de la Rédaction du Canard Enchaîné et à Eliane Houlette par Ariane Amson.

 

Acte 14 : 25 janvier 2017, soit le même jour où « l’enquête du Canard enchainé » est publiée, une enquête préliminaire est ouverte par le parquet national financier pour des chefs de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits.

 

Acte 15 : Le 5 février 2017, les copies des PV d'audition des époux Fillon sont récupérés auprès du PNF par Ariane Amson et transmis par Gantzer aux journalistes du Monde, Davet et Lhomme.

 

Acte 16 : 15 février 2017, Jean-Louis Nadal transmet au PNF un signalement concernant un soupçon de déclaration incomplète de François Fillon à la HATVP.

 

Acte 17 : 24 février le PNF ouvre une information judiciaire devant le risque de prescription encouru par le vote de la loi du 16 février 2017.

 

Acte 18 : 25 février 2017, Jean Michel Hayat, président du TGI désigne Serge Tournaire, le magistrat qui a mis en examen Nicolas Sarkozy, malgé l'avis contraire de van Ruynbeck dans l'affaire Bygmalion, comme premier juge d'instruction.

 

Acte 19 : 28 février 2017, le juge Tournaire signifie à Fillon une convocation pour le 15 mars 2017 en vue d'audition, c'est à dire vraisemblablement pour un placement en garde à vue et une mise en examen 

 

 

Maxime KAEPPELIN


Dictature médiatico-judiciaire

...par Jean-Yves Le Gallou - le 10/03/2017.

 

Homme politique, créateur et président de la fondation Polémia.

Jean-Yves Le Gallou n’est pas de ceux qui hurlent avec la meute. Il le prouve une fois encore en dénonçant la « forfaiture » des juges qui parasitent la campagne présidentielle. Au-delà de cela, il aborde la véritable question qui est celle de la censure permanente, par la justice, des décisions du pouvoir politique, au point que les juges s’approprient les pouvoirs exécutif et législatif.


Et il en appelle à une limitation de la faculté de censure du Conseil constitutionnel. Retrouvez ici l’entretien accordé par Jean-Yves Le Gallou à l’hebdomadaire Minute.
Polémia.


« Minute » : Quel regard portez-vous sur le développement d’affaires judiciaires concernant Marine Le Pen et François Fillon en pleine campagne pour l’élection du président de la République ?

Jean-Yves Le Gallou : Pour apprécier la situation, il faut faire un effort d’imagination et se télétransporter. Imaginons qu’il y ait une élection présidentielle en Russie et que, tous les deux jours, l’un des deux principaux candidats d’opposition, ou les deux, soit perquisitionné, convoqué chez les juges, mis en examen ou que ses proches se trouvent dans cette situation. Evidemment, l’ensemble des médias mondiaux, les médias français au premier chef, crierait à l’atteinte à la démocratie. Sauf que ce que je viens de décrire ne se passe pas – et ne s’est pas passé – dans la Russie de Vladimir Poutine mais se déroule actuellement dans la France de François Hollande…

Le décret de Manuel Valls mettant sous le contrôle du gouvernement la cour de cassation démontre qu'il ne voit en la loi qu'un outil politique.

Le décret de Manuel Valls mettant sous le contrôle du gouvernement la Cour de cassation démontre qu’il ne voit en la loi qu’un outil politique.

La séparation des pouvoirs exige que le pouvoir judiciaire reste dans son lit et qu’en tout cas, en période électorale, il fasse preuve d’un minium de retenue. Or ce n’est pas du tout à cela qu’on assiste mais, au contraire, à un véritable séquençage des opérations judiciaires en fonction du calendrier électoral et de l’intérêt de la presse pour une « feuilletonnisation » des supposées « affaires » Fillon et Le Pen.

En polluant délibérément la campagne électorale, les juges commettent une forfaiture.

Les scandales ne touchent que François Fillon et Marine Le Pen. Parce qu’il n’y aurait rien, en ces temps de grand déballage, sur Emmanuel Macron ?

Pendant ce temps-là, en effet, quid d’Emmanuel Macron ? Quid de son rôle dans la vente à des intérêts étrangers d’Alstom et de Technip ? Quid de son rôle dans la vente de SFR à Patrick Drahi par l’intermédiaire de Bernard Mourad, qui est maintenant « conseiller spécial » auprès de Macron dans sa campagne présidentielle, ce qui est là, pour formuler les choses de façon aimable, aux limites du conflit d’intérêts ?

Quid encore de ses frais de bouche considérables lorsqu’il était ministre ? Quid encore du décalage entre les revenus qu’il a perçus de 2010 à 2012 – autour de 3 millions d’euros ! – alors qu’il officiait chez Rothschild, et le patrimoine qu’il déclare aujourd’hui, étonnamment faible ? Qu’a-t-il fait de cet argent ? L’a-t-il flambé ? L’a-t-il planqué ? De vraies questions sont posées sur Internet, notamment sur crises.fr, mais quasiment aucune dans les médias « mainstream »…

Marine Le Pen a fait jouer son immunité parlementaire, pour ne pas déférer aux convocations des juges, pas François Fillon, qui s’y rendra et risque donc d’être mis en examen. L’immunité parlementaire est-elle une bonne règle ?

Une règle de base de la démocratie parlementaire, au demeurant pas toujours bien comprise des électeurs qui la tiennent pour un privilège qu’il faudrait abolir, est celle des immunités.

Les immunités parlementaires ont été conçues pour protéger les élus de l’arbitraire des pouvoirs, que ce soit celui du pouvoir exécutif ou celui du pouvoir judiciaire. L’immunité n’est pas un privilège, c’est une sorte de garde-fou qui protège leur liberté et leur capacité à représenter leurs électeurs.

Pendant très longtemps on ne levait pas les immunités, hormis dans des cas tout à fait exceptionnels, et, ceci est très important, uniquement dans des dossiers détachés de l’action politique de l’intéressé. Or il est évident que l’emploi d’attachés parlementaires n’est pas détaché de l’action politique.

On peut gloser à l’infini sur les supposés « emplois fictifs » au Parlement européen, on ne peut pas dire que garde du corps de Marine Le Pen, c’est un emploi fictif ! Quand Marine Le Pen va au Parlement européen à Strasbourg ou à Bruxelles, elle a autant besoin de son garde du corps que lorsqu’elle est en France ou n’importe où ailleurs ! La poursuivre pour cela, c’est du délire.

Au-delà du délire, il y a manifestement une autre catégorie, celle de l’abjection peut-être, que vient d’atteindre le Parlement européen en levant l’immunité de Marine Le Pen à propos d’un tweet par lequel elle avait diffusé, évidemment pour le condamner, la photo d’un acte de barbarie islamiste. Ce devrait tout de même être le droit d’un responsable politique d’informer sur la barbarie islamiste ! Eh bien non ! Une majorité de députés au Parlement européen a estimé qu’elle devait en répondre devant la justice !

Que pensez-vous de ce qu’on appelle la « jurisprudence Balladur », qui contraint tout ministre mis en examen à démissionner et s’étend maintenant à un candidat à la présidence de la République qui pourrait être mis en examen ?

Cette « jurisprudence », c’est celle du lâchage en bande organisée.

Elle est parfaitement grotesque, d’autant que si on appliquait à tout le monde, de façon stricte, le Code pénal qui fait plus de trois mille pages, ce sont vingt millions de personnes que l’on pourrait mettre en prison. On ne le fait pas parce qu’il y a le critère de l’opportunité des poursuites, qui fait qu’on poursuit ou qu’on ne poursuit pas. Par exemple, Emmanuel Macron n’a peut-être pas été toujours en parfaite régularité vis-à-vis du fisc mais on ne l’a pas poursuivi, ce que je peux comprendre par ailleurs.

Je note à cet égard que le Code pénal s’est considérablement étendu au cours de ces quarante dernières années, en même temps que la délinquance et le désordre ne cessaient de progresser. Ce qui tend à prouver que là n’était peut-être pas le problème…

Concernant le financement des partis et des campagnes politiques, on a multiplié les textes de façon tellement complexe qu’on peut toujours trouver des motifs pour mettre en examen telle ou telle personne. Et après ? Depuis quand une mise en examen signifie-t-elle qu’on est coupable ? érard Longuet a été mis en examen durant une vingtaine d’années et, au final, il n’a jamais été condamné ! Ça a juste brisé en partie sa carrière politique…

Cette « jurisprudence Balladur » est donc d’une stupidité sans nom puisqu’elle revient à laisser au juge le pouvoir de décider qui peut être ministre – et maintenant qui peut être candidat – en fonction du zèle qu’il aura mis ou des moyens que la police aura déployés pour s’intéresser à tel homme politique plutôt qu’à tel autre.

Je suis persuadé que si on appliquait à Emmanuel Macron les mêmes méthodes que celles employées à l’égard de Marine Le Pen ou de François Fillon, il serait très exactement dans la même situation. Et au final, on annulerait l’élection présidentielle faute de candidat ?

Vous estimez que le droit est devenu tellement complexe que nul n’est en mesure de le respecter à la lettre et qu’il suffit de vouloir trouver la faille pour la dénicher ?

Il y a un mélange de pointillisme et de favoritisme.

D’un côté, si vous payez le café au bistrot de votre poche à trois colleurs d’affiches au lieu de le faire régler par votre mandataire financier et sans prendre le ticket de caisse, votre compte de campagne peut être rejeté !

De l’autre, vous pouvez être candidat à l’élection présidentielle, faire la une de tous les newsmagazines chaque semaine – ou, quand ce n’est pas vous, votre femme ! –, bénéficier donc d’une gigantesque publicité sans que vous ayez aucune obligation d’en imputer le coût à votre compte de campagne, qui dépasserait de toute façon très vite le plafond des dépenses autorisées !

De même voit-on, à l’approche de chaque campagne pour les élections municipales, les mairies sortantes subventionner des associations qui mènent ensuite des actions militantes – et éventuellement des procès – contre les adversaires de la mairie sortante.

De même encore interdit-on aux partis d’être financés par des entreprises, mais, dans le même temps, les médias s’appuient sur les travaux d’associations financées par ces mêmes entreprises pour démolir le programme des candidats qui ne leur plaisent pas. L’exemple le plus criant est celui de l’Institut Montaigne, toujours cité comme source de référence pour ses travaux sur l’immigration, sur l’islam, sur l’économie, etc., et qui est financé par les plus grandes entreprises !

François Fillon a parlé d’une entreprise d’« assassinat politique » à son encontre, ce qu’Alain Juppé lui a d’ailleurs reproché. Qu’en pensez-vous ?

Il y a évidemment une manœuvre politique derrière l’opération anti-Fillon, qui n’était pas le candidat du Système. Mais le candidat du Système, Alain Juppé, a été démoli par les médias alternatifs et les réseaux sociaux, et les électeurs de la primaire se sont prononcés pour François Fillon parce qu’il leur paraissait représenter un courant plus conservateur sur le plan des valeurs. C’est ce qui a déplu et la campagne de démolition de Fillon a été engagée au lendemain de sa victoire à la primaire et elle a été relayée à l’intérieur des Républicains.Ceux qui lâchent actuellement Fillon sont les hommes politiques les plus dépendants des médias, qui ne doivent leur petite notoriété qu’à la complaisance des médias à leur égard, laquelle est proportionnelle à leur complaisance vis-à-vis du politiquement correct.

Il semble qu’il y ait une rage du Système après le Brexit et après l’élection de Trump. La présidentielle française est marquée par cette volonté du

Conseil d'Etat - Section sociale, mars 2015

Conseil d’Etat – Section sociale, mars 2015

Système de prendre sa revanche à tout prix en essayant de faire élire Macron ou, jusqu’à lundi matin, en essayant de remettre en selle Alain Juppé.

Si le second tour oppose Marine Le Pen à Emmanuel Macron, vous verrez comment la machine médiatico-judiciaire va se déchaîner. Avec, probablement, la révélation de nouvelles affaires accompagnées de leurs lots de perquisitions et de mises en examen, et, pourquoi pas, de mises en détention.

Le débat s’est focalisé un instant sur le pouvoir des juges dans la campagne mais la question de fond n’est-elle pas plutôt celle du pouvoir des juges sur toutes les décisions politiques, dans la mesure où chaque décision ou presque fait l’objet d’un contentieux ?

On peut citer de nombreux exemples. La gestation pour autrui est interdite en France ? Pas grave ! Il se trouvera toujours un juge pour « légaliser » une gestation pour autrui réalisée à l’étranger.

S’il est un domaine sur lequel le rôle du juge est central, c’est celui de l’immigration. Depuis quarante ans, la politique migratoire de la France n’est absolument pas décidée par les élus, ni par les ministres, mais par les juges.

Je vais prendre un exemple très concret et méconnu. On nous dit que le regroupement familial est la faute majeure de Valéry Giscard d’Estaing. C’est tout à fait injuste. S’il est vrai que Giscard, Jacques Chirac étant premier ministre, a instauré le regroupement familial en 1976, il est revenu dessus en 1979, alors que Raymond Barre était à Matignon et Christian Bonnet au ministère de l’Intérieur. Or cette décision a été cassée par le Conseil d’Etat, qui a interprété à sa manière la Convention internationale des droits de l’enfant !

Autre exemple : aujourd’hui, 97% des clandestins ne sont pas expulsés – ils ne sont pas « reconduits à la frontière » –, parce que chaque procédure fait l’objet d’un recours et que les juges trouvent toujours l’élément de procédure qui permet de rendre ce renvoi impossible. C’est du délire judiciaire !

Lorsque le préfet du Pas-de-Calais a voulu démanteler une partie de la « jungle de Calais », des associations, évidemment subventionnées, ont contesté cet arrêté. A ce moment-là, on a assisté à cette scène tout à fait surréaliste d’un juge administratif se baladant dans la jungle entouré d’une forêt de micros et de caméras, et prenant une décision qui interdisait la destruction de certains « lieux de vie » (des cabanes appelées mosquées par exemple) ! Là, c’est ce juge qui a exercé le pouvoir exécutif !

De manière générale, ce sont les juges qui exercent le pouvoir législatif puisque toute la législation sur l’immigration est susceptible d’être censurée par le Conseil constitutionnel, qui lui-même interprète à sa manière les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme, qui elle-même a sa lecture politiquement correcte de textes extrêmement généraux.

On est bien loin de Montesquieu et de la séparation des pouvoirs : avec l’appui des médias, l’autorité judiciaire est en train d’accaparer la réalité du pouvoir. Et les idiots utiles prétendent qu’il serait interdit de la critiquer.

Que proposez-vous ?

Il faut bien prendre conscience d’une chose : nous ne sommes plus en démocratie, nous sommes dans une dictature médiatico-judiciaire.

Il faut donc rendre le pouvoir au peuple, en redonnant aux parlementaires la possibilité de faire des lois sans être censurés par le Conseil constitutionnel, qui n’est d’ailleurs que le bras armé du Conseil d’Etat, et en instaurant la possibilité de faire les lois par référendums – y compris par des référendums d’initiative populaire.

Et abroger la loi Pleven, afin que le débat puisse se réinstaurer. Aujourd’hui, au nom de cette loi, des hommes politiques comme des intellectuels ne peuvent plus s’exprimer sous peine d’être poursuivis, ce qui arrive très régulièrement comme l’ont montré les cas de Robert Ménard ou d’Eric Zemmour, pour ne citer que les plus connus. Il ne peut y avoir de débat que si les différentes opinions ont le droit de s’exprimer. Et cela, ce n’est pas possible avec la dictature judiciaire.

Les juges appliquent la loi votée par le Parlement…

Sauf que la loi pénale, dans toute la tradition juridique française, est d’interprétation stricte, alors que la loi Pleven est d’application extensive pour ce qui est politiquement incorrect, et de non-application pour ce qui est politiquement correct.

Quand Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, déclare, comme elle l’a fait en 2015 : « On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que cela change », c’est un délit (d’incitation à la discrimination raciale et sexuelle) si on applique la loi Pleven, mais là, elle n’est pas appliquée.

La lecture dominante des textes est toujours la lecture politiquement correcte. Elle est donc une lecture militante. C’est vrai pour la liberté d’émettre une opinion comme c’est vrai pour la liberté d’installation des migrants.

Mais pour ce qui concerne les décisions du Conseil constitutionnel ?

Il faut revenir à la Constitution d’origine de la Ve République.

Comment cela ?

Le général De Gaulle s’était opposé à ce que le Conseil constitutionnel interprète et censure les lois en fonction de principes généraux. Il voulait simplement que le Conseil constitutionnel vérifie la conformité des lois aux articles de la Constitution, qui sont précis, et non pas en interprétant à leur sauce des textes beaucoup plus généraux.

Conseil constitutionnel - Réunion des sages

Conseil constitutionnel – Réunion des sages

Or il y a eu un coup d’Etat constitutionnel en 1971 quand le Conseil constitutionnel a décidé d’étendre sa compétence en appréciant les lois au regard de textes généraux qu’il interprète à sa manière : préambule de 1946 d’abord, puis Déclaration des droits de l’homme de 1789, et enfin conventions internationales sur les droits de l’enfant, les droits des réfugiés, etc., la Convention européenne des droits de l’homme et j’en passe.

Ce coup d’Etat de 1971 a été mené par Gaston Palewski, qui avait été directeur de cabinet du général De Gaulle et était un gaulliste de stricte obédience qui a fait cela par hostilité à l’égard de Georges Pompidou. Petit motif, immenses conséquences…

Par vengeance, Gaston Palewski, qui était alors président du Conseil constitutionnel, a introduit le germe de la destruction de la Constitution du général De Gaulle ! Jules Monnerot appelle cela l’hétérotélie : le résultat est très différent de l’objectif qu’avait son auteur…

Il faudrait donc en revenir à la situation antérieure à ce « coup d’Etat » de 1971 ?

On fait dire ce qu’on veut aux textes et, cela, Donald Trump l’a bien compris.

Le président Trump a nommé à la Cour suprême un juge qualifié d’« originaliste ». Ce n’est pas parce qu’il est original, mais parce qu’il estime que l’on doit se limiter à une lecture extrêmement stricte de la Constitution des Etats-Unis et de ses amendements, et non pas en multiplier les interprétations, qui permettent tout et son contraire.

On l’avait vu avec la question de la ségrégation raciale. Dans les années 1960, la Cour suprême a imposé la déségrégation. Or, en 1857 (arrêt Dred Scott versus Sanford), cette même Cour suprême avait cassé une décision du Congrès des Etats-Unis (le compromis du Missouri) limitant l’esclavage à certaines parties du territoire, car elle estimait que c’était contraire au droit de propriété, protégé par le 5e Amendement de la Constitution ! Vous voyez que l’on peut faire dire aux textes ce que l’on veut. Si je rappelle cela, c’est à destination des imbéciles qui sacralisent les décisions des cours constitutionnelles.

Il faut donc revoir ce qu’on appelle le « bloc de constitutionnalité », de sorte que la validité des lois ne puisse plus être appréciée par le Conseil constitutionnel que sur la base des articles de la Constitution de la Ve République, et non plus en fonction de textes généraux auxquels on fait dire ce que l’on veut en fonction de l’esprit du temps.

Jean-Yves Le Gallou
Propos recueillis par Antoine Vouillazère

8/03/2017 

Source : http://www.polemia.com/nous-sommes-dans-une-dictature-mediatico-judiciaire/


Lettre au "Canard enchaîné"

...par le Col. Yves Logette - le 09/03/2017.

Yves Logette

38 rue de la Carrière 57.600 Forbach

 

à

 

Canard enchaîné,

173 rue St Honoré 75051 Paris cedex 01

 

Lettre de remerciements au Canard enchaîné.

 

Cher Monsieur Canard, Je te remercie de nous avoir informés des agissements frauduleux de cet escroc de Fillon. Et dire que j’allais voter pour ce voleur ! Bêtement, je n’avais regardé que son programme et ne savais pas qu’il avait utilisé des fonds publics pour financer ses frais de fonctionnement. Il se défend en disant que cet argent est accordé à tous les parlementaires et qu’ils peuvent l’utiliser comme bon leur semble.

Oui, mais il a rémunéré son épouse alors qu’il aurait pu faire un chômeur de moins en embauchant une personne extérieure à sa famille. Il y a donc, tu as raison, enrichissement personnel.

Remarque, s’il avait gardé cette enveloppe à son propre profit, comme il en a le droit, le résultat aurait été le même, c’est le couple Fillon qui aurait bénéficié de cet argent.

 

Certes, compte tenu de la charge de travail d’un parlementaire, il ne peut pas tout faire lui-même par manque de temps, entre les séances à l’assemblée, les réunions en commissions diverses, les réponses à l’innombrable courrier, aux sollicitations diverses, les résumés des multiples dossiers reçus, les préparations écrites des interventions, etc…donc, il lui faut un assistant et ce n’est pas son épouse car c’est Monsieur …

 

Ah oui, au fait, qui est-ce ? tu le sais, toi mon cher Canard et garde cette info pour la curée finale : « c’est Monsieur Untel qui a fait le travail d’assistant parlementaire pour François Fillon, ce n’est donc pas Pénélope ». Et Paf, la preuve imparable d’emploi fictif ! 

 

En effet, j’approuve totalement ta stratégie de distiller les infos (que tu as reçues en bloc d’un informateur bien introduit à Bercy) au compte goutte, semaine après semaine, au lieu de tout divulguer d’un coup, sinon on oublierait que ce monsieur Fillon doit être écarté de l’élection présidentielle. Rendez-vous compte, un candidat qui veut bouleverser le système actuel et remettre de l’ordre dans la maison France, c'est-à-dire revenir sur les acquis sociaux, la gabegie des dépenses et les saines relations entre les pouvoirs politique, médiatique et judiciaire ! Un type qui ose mettre en avant le risque islamique alors que le vivre ensemble a fait ses preuves, qui s’affiche chrétien – horreur – et patriote –honteux – et surtout qui allait véritablement engager des économies au niveau de l’Etat au lieu de faire simplement de la Com électoraliste comme tout candidat sérieux qui oubliera vite ses promesses face aux réalités des freins internes.

 

Bref, tu as raison de nous tenir en haleine, semaine après semaine, de ses turpitudes financières inadmissibles, même si rien d’illégal n’a pu être prouvé pour le moment (continuez à chercher, SVP).

Tu relances très justement les attaques en dévoilant que ce candidat aurait obtenu un prêt auprès d’un ami. Ce qui, avouons-le, est un scandale ! D’ailleurs, quand j’ai emprunté auprès de mon oncle la somme qui m’a permis d’acheter une voiture, j’aurais dû me méfier mais, heureusement, je ne suis pas candidat aux élections.

 

Ainsi, tes révélations successives nous ouvrent les yeux sur ce voyou qui voulait casser la baraque. On connait ton impartialité et on sait que cette stratégie de communication différée a pour conséquence de tripler à chaque fois tes ventes de journaux mais ce n’est pas le but recherché car nous savons aussi que tu n’es pas lié au nombre de ventes puisque, comme la plupart de tes confrères, tu bénéficies d’une confortable subvention d’argent public … euh, non, pardon, je veux dire une juste allocation de soutien à l’indépendance de la presse.

 

François Fillon, outre le fait d’être le seul (sinon, tu nous l’aurais dit, n’est-ce pas ?) à embaucher des membres de sa famille pour l’aider, se prétend légitime, démocratiquement, à se maintenir dans la course car il aurait été élu par plus de 4 millions d’électeurs de la droite et du centre puis conforté par des dizaines, voire centaines, de milliers de manifestants au Trocadéro. C’est faire fi de la morale en politique qui, seule, doit guider nos choix. Ainsi, que n’avons-nous suivi les conseils de la presse éclairée de choisir Alain Juppé qui, lui, est blanchi de toute condamnation car il a purgé sa peine pour avoir utilisé, pour son parti, des permanents censés travailler à la ville de Paris. Cette même presse, dont tu n’es pas bien sûr, qui a les yeux doux, désormais, pour le novice de « En Marche ». 

 

Mon cher Canard, tu as raison de fustiger l’emploi honteux d’argent public mais j’ai un doute subitement car je suis moi-même dans le même cas que Fillon. Figure-toi que ma pension de retraite, ayant fait une carrière militaire, m’est versée tous les mois en puisant dans le pot commun d’argent public, issu lui-même des impôts des Français. J’ai honte tout d’un coup de cet abus !

 

J’ai hâte maintenant de lire, chez tous tes confrères via internet (tu vois, je n’ai même pas la peine d’acheter ton journal) la suite de ce feuilleton judiciaire dont tous les éléments fuitent très judicieusement pour nous informer sur ce qui doit guider notre choix, à savoir tout sauf le programme des candidats. Monsieur Macron n’a-t-il pas dit lui-même que « c’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne » ?

 

Vite, cher Canard, fais-nous saliver avec les révélations sur le financement, forcément illégal, du château de la famille Fillon, sur ses liens douteux avec le milieu des voitures de course et que sais-je encore.

 

Ton éthique te permet de taire tes sources et heureusement sinon les adversaires du candidat auraient beau jeu d’attaquer tes indicateurs. Où irait-on s’il était possible de savoir d’où viennent les coups ? Peut-être même qu’un jour, quand il sera trop tard, apprendrons-nous, par tes soins car tu n’instruis pas qu’à charge, n’est-ce pas, qu’il n’y a rien à reprocher à ce menteur. Pour ma part, je te livre mon nom en clair. Ma voiture est payée et le fisc ne m’a pas encore contacté. 

 

Pour être franc, mon cher Canard, je dois t’avouer que tes agissements m’ont dégoûté et que je continue à soutenir la candidature de François Fillon. C’est bête, hein ? Tant d’efforts pour rien. Salutations cordiales.

 

Yves Logette

citoyen enfin informé

le 09 mars 2017

 

Copie à mes nombreux amis.

 


Le vote Macron ou un suicide français annoncé

...par Régis Desmarais - le 01/03/2017.

 

Observateur de la vie politique et de l'évolution de nos sociétés. Indéniablement, nous sommes entrés dans une ère de profonds changements. Ce constat a conduit Régis Desmarais à créer, avec Jacques Ansberg, Irocblog (http://irocblog.wordpress.com), un blog qui donne à voir différemment l'actualité et permet d'entamer un dialogue avec les citoyens.

Sur Médiapart/Les blogs, Régis Desmarais exprime ses points de vue en développant une réflexion débutée sur Irocblog ou à l'inverse entame une réflexion sur Médiapart puis la poursuit (ou pas) sur l'autre blog.


Les prochaines élections présidentielles françaises seront indéniablement un tournant dans l’histoire politique de notre pays et dans celle de la Vème République. Ces élections donnent l’étrange impression d’un suicide français tant l’issue annoncée par les sondeurs contient en elle tous les germes des futures impuissances et paralysies du pays.

Une campagne électorale atypique

 

Pour la première fois dans l’histoire de la Vème République, le Président sortant ne se représente pas, acculé par le bilan catastrophique de son quinquennat.

 

Pour la première fois, l’un des favoris à cette élection a surgi tout récemment dans le monde politique ; il ne représente que lui et se targue de l’inutilité d’un programme dès lors que l’élection présidentielle serait, selon lui, la rencontre (mystique) entre un homme et le peuple.

 

Pour la première fois, le parti au pouvoir aborde cette élection dans un état calamiteux et nul ne doute qu’il implosera après cette élection.

 

Pour la première fois, la candidate du Front National bénéficie d’une situation acquise en tenant entre ses mains son ticket de participation au second tour, ticket que personne ne semble remettre en question.

 

Enfin, pour la première fois, le candidat de la droite, choisi démocratiquement, fait l’objet depuis début février 2017 d’une campagne de dénigrement de sa personne d’une intensité inégalée dans l’histoire de la Vème République.

 

Ultime particularité de cette campagne : l’absence de débat sur les sujets de fond, sur les programmes des candidats et surtout sur l'adéquation des projets avec les besoins du pays et des Français. Tout s’articule autour des sentiments des uns et des autres, de la cote d’amour ou de la décote d’amour de tel candidat. Une forme de superficialité linéaire, plane et irrationnelle, organise les discours dans le cadre de cette élection. La campagne électorale a définitivement pris les habits de son époque : les profondeurs du tweet, la versatilité du buzz et le décrochage avec la vie réelle.

 

Depuis plusieurs semaines, on ne parle que de l’usage par François Fillon, de l’enveloppe budgétaire accordée à chaque parlementaire pour rémunérer ses assistants en oubliant de dire que cette enveloppe forfaitaire est accordée à tous les parlementaires et est dépensée par ces derniers.

François Fillon n’a pas extorqué des fonds publics en se faisant attribuer des enveloppes supplémentaires et illégales, il a simplement fait usage de ce que la loi lui accordait. Après, nous basculons dans le concours de vertu et de moral quant à l’appréciation de l’usage fait de cette enveloppe qui, de toute façon, aurait été dépensée d’une manière ou d’une autre. Chacun place les curseurs de la morale selon ses propres critères.

Ce qui est certain, c’est que les défendeurs autoproclamés de la vertu omettent des dérives bien plus graves et mettent tout sur le même plan : usage d’une enveloppe budgétaire plafonnée et accordée légalement, ouverture de comptes bancaires à l’étranger, tentatives d’échapper à la loi fiscale, détournements de fonds publics pour des usages personnels ou rétribution d’une permanente d’un parti par le Parlement européen. Tout est amalgamé et analysé sans hiérarchisation des fautes : l’usage discutable d’une enveloppe budgétaire semble aussi grave ,sinon plus, que les tentatives des uns pour échapper à l’impôt ou le détournement de crédits publics par d’autres (ce que n’est pas l’affaire Fillon).

 

On ne parle que de cela et on ne parle pas de l’avenir de la France. Nous sommes plongés dans des échanges irrationnels où l’accessoire prend le pas sur l’essentiel. Pourtant, la question de l’avenir de notre pays devrait nous occuper tant les perspectives dessinées par les sondages sont anxiogènes à bien y réfléchir.

 

Le vote Macron et le retour des vieux briscards de la politique

Pour la première fois, sauf erreur de ma part, l’un des favoris à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron, est un homme apparu récemment dans le paysage politique français. Le 26 août 2014, Emmanuel Macron est dévoilé aux yeux du grand public lors de sa nomination au poste de ministre de l’économie et des finances. Pour un public plus averti, Emmanuel Macron est remarqué le 15 mai 2012, à l’occasion de sa nomination au poste de secrétaire général adjoint de l'Élysée. Enfin, pour les plus curieux et les plus attentifs, Emmanuel Macron a surgi sur les radars du monde politique lors de son soutien à Jean-Pierre Chevènement au premier tour de l'élection présidentielle de 2002. Puis, il devient membre du parti socialiste et il s’engage aux côtés de François Hollande en 2006. Lors de l'élection présidentielle de 2007, il fait partie du groupe les Gracques, composé d’anciens patrons et de hauts fonctionnaires, lesquels appellent à une alliance entre Ségolène Royal et …. François Bayrou ! Et oui, déjà Bayrou...

 

Aujourd’hui, Emmanuel Macron se déclare non socialiste. Il a fondé son mouvement et, soutenu par les Attali, Bergé, Hermand et autres, se présente à l’élection présidentielle de 2017.

Une partie du public se pâme devant M. Macron et accepte mal les critiques adressées à cette icône glamour de la Web-politique. Pourtant, on est en droit de s’interroger sur la manière dont le pouvoir sera exercé si M. Macron est élu à la présidence. M. Macron essaye de faire venir à lui toutes celles et tous ceux qui seraient prêts à le servir. Le vent des sondages fait gonfler les voiles des radeaux avec lesquels les ralliés à M. Macron quittent leurs navires historiques : transfuges du PS, valises du Modem portées par un Bayrou les yeux luisants de la perspective du pouvoir, élus de divers partis et membres esseulés de la société civile. Toute cette transhumance sur les terres du « web-mystique à la rencontre du peuple » constitue une foule bigarrée dont la culture et les intérêts divergent.

 

Le problème, c’est que pour gouverner et mettre en place les réformes radicales dont la France a besoin, il faut des équipes soudées, motivées et en accord avec les objectifs à atteindre.

La première contrainte de M. Macron sera de rendre la contrepartie des soutiens qui lui auront été apportés au cours de cette élection. Cette contrepartie s’appelle le pouvoir et notamment les portefeuilles ministériels. A coup sûr, nous aurons un gouvernement dit de coalition car il faudra rassembler des sensibilités variées. L’effectif de ce Gouvernement atteindra très certainement celui du Gouvernement Rocard II qui était un Gouvernement soutenu par une coalition donc dans l’obligation de distribuer des titres : 21 ministres et 31 secrétaires d’Etat. M. Macron doit déjà avoir une liste de 52 personnes dont il faudra acheter un semblant d’obéissance en leur attribuant un maroquin.

 

Un ministre est à la tête d’un ministère : la mise en œuvre des politiques publiques passe par l’administration. Aux yeux des politiques, cette dernière a besoin d’être stimulée et d’être encadrée si ce n’est surveillée. Il faut donc se doter de cabinets ministériels efficaces dans le rôle d’intermédiaire entre le ministre et l’administration. En règle générale, et nonobstant les tentatives de régulation par M. Jospin du nombre de conseillers techniques, les cabinets ministériels peuvent compter en moyenne 25 conseillers par membre du Gouvernement. Evidemment, ce nombre varie selon l’importance du ministère : les conseillers sont plus nombreux à Bercy qu’à l’Environnement. Matignon, pour sa part, peut même avoir un cabinet composé de 56 personnes. Retenons cette moyenne de 25 conseillers par membre du Gouvernement même si M. Macron devra distribuer beaucoup de hochets après son élection. Nous arrivons à un total de 1300 agents ! (52*25). Déjà on se pose une question : M. Macron se présente comme l'incarnation du renouveau en politique, un homme neuf, mais pourra-t-on en dire autant de ces 1300 conseillers techniques dont le rôle sera primordial et essentiel ? Ajoutons aussi les conseillers du Président de la République. François Hollande a un cabinet composé officiellement de 33 agents. M. Macron doit trouver au moins 1333 hommes et femmes de confiance et si possible « neufs » comme lui.

 

Du point de vue politique, il faut un Gouvernement (52 membres) et une majorité à l’Assemblée nationale pour gouverner. Il y a 577 députés. La majorité est à 289 députés mais par sécurité, il convient de porter ce chiffre à 300 députés. Nouveau défi pour M. Macron : il est hors parti politique mais il va devoir présenter des hommes et des femmes se revendiquant de lui dans 577 circonscriptions. Fichtre, pour un homme seul et nouveau hors parti, l’épreuve n’est pas facile. Que va-t-il se passer ? Parions que le béarnais va placer les membres du Modem un peu partout sous l‘étiquette glamour « Avec Macron, En Marche ! ».

 

M. Macron, homme sans parti, doit donc trouver 352 hommes et femmes politiques pour le seconder au plus près. Ajoutons les 1333 conseillers techniques, et nous obtenons 1685 individus qui seront la garde rapprochée de M. Macron.  M. Macron va donc devoir puiser dans les ralliés en tout genre dont le point commun est de ne pas être nouveaux en politique et d’être même pour beaucoup, des vieux habitués des couloirs et antichambres du pouvoir. Pour le renouveau de la politique, les Français doivent réaliser que c’est raté et que si on leur vante cette qualité du vote Macron, cela est une arnaque digne d’un vendeur ambulant d’aspirateurs.

 

Le vote Macron ou le suicide français

L’Assemblée Nationale de demain sera une Assemblée composée principalement des hommes et des femmes du béarnais lequel fera peser tout son poids sur les réformes, leur calendrier et leur audace. Cette future majorité sera courte et composée principalement de représentants du parti centriste et de transfuges divers et variés. En conséquence, le principal travail du Gouvernement sera de rassembler des parlementaires aux intérêts divergents autour de chaque projet de loi soumis au vote de l’Assemblée. Chaque projet de loi devra être préalablement et longuement discuté avant d’obtenir un consensus au sein de cette majorité de circonstance.

 

Demain, le Gouvernement de la France passera la plus grande partie de son temps à négocier ses projets auprès d’une majorité parlementaire laquelle ne se rassemblera que sur le plus petit dénominateur commun car il faudra convaincre tout le monde de voter. En clair, aucune réforme d’importance ne sera adoptée avec pareille composition de l’Assemblée Nationale. La France, après l'inutile quinquennat de François Hollande, va vivre un nouveau quinquennat de paralysie durant cinq longues années. Le problème, c’est que le monde change à toute allure et pas forcément en bien : l’élection de Donald Trump est lourde de conséquence en matière internationale, le Brexit va faire trembler l’Europe voire conduire à son éclatement, la crise migratoire va s’accentuer, le terrorisme n’est pas encore jugulé et dans l’incertitude du monde de demain, la France sera absente car toute occupée à la seule gestion des affaires courantes, seul espace de pouvoir autorisé par le vote Macron.

 

A la fin du 3ème trimestre 2016, la dette française était de 2 160,4 milliards d'euros, soit 97,6% du PIB. La charge de la dette était, toujours en 2016, de plus de 44 milliards d’euros.

Cette charge de la dette est très fortement liée à l’évolution des taux d’intérêt. La montée actuelle des taux pour la France pourrait accroître la charge de la dette de 9 milliards d’euros par an et encore, à condition d’une envolée des taux limitée. Il n’est pas incongru de penser que si la France n’arrive pas à peser de son poids dans les évolutions du monde (post-Brexit, etc) et si elle n’arrive pas à se réformer, alors un sort similaire à celui de la Grèce attend notre pays.

 

Pour toutes ces raisons, la candidature Macron, présentée comme une occasion de changement salutaire pour la France, est une imposture dont notre pays ne se relèvera sans doute pas.

Une chose est sûre car les chiffres parlent d’eux même : voter Macron ce n’est pas voter pour un homme nouveau et des politiques nouvelles : voter Macron c’est porter au pouvoir tous les transfuges qui hantent depuis de longues années les antichambres du pouvoir.

Rien de neuf sous le soleil, les turpitudes resteront les mêmes. Alors, on aura beau mettre en examen François Fillon pour une affaire bien mineure au regard des multiples autres scandales qui ont émaillés la vie politique, la France n'y trouvera pas son compte et notre vieux pays ne s’en remettra sans doute pas. La morale sera sans doute sauvée sur une affaire mineure mais le pays aura sombré.

 

Régis Desmarais

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/regisdesmarais/blog/010317/le-vote-macron-ou-un-suicide-francais-annonce


... Chez Fillon, chez Macron

...par Malika Sorel-Sutter - le 05/03/2017.

Essayiste

Ancien membre du Collège du Haut Conseil à l'Intégration

Ingénieur de l’École Polytechnique d’Alger

Troisième cycle de gestion de l’Institut d’Études Politiques de Paris (Major de promotion)

 

Membre du jury du 'Grand prix de l’impertinence de la Fondation prospective et innovation, présidé par le recteur Christian Forestier, administrateur général du CNAM.

Membre de la commission laïcité du Haut Conseil à l’Intégration.

Membre du conseil d’administration de l’association de géopolitique et de défense Géostratégies 2000 

Ouvrages 

Le Puzzle de l’intégration. Les pièces qui vous manquent - Fayard/Mille et une nuits (2007)

De quoi l’avenir intellectuel sera-t-il fait ? Ouvrage collectif - Le Débat, Gallimard (2010)

Immigration-Intégration : le langage de vérité - Fayard/Mille et une nuits (2011)

 


"Fillon veut continuer la France quand, pour Macron, la culture française n'existe pas"

 

 

FIGAROVOX - Quelles sont les orientations de Macron et Fillon à propos des questions régaliennes et culturelles, en particulier concernant la question de l'intégration ?

Avant l'intégration, il convient d'aborder l'immigration. Fillon veut "réduire l'immigration légale au strict minimum" et que le Parlement adopte chaque année des "quotas limitant le nombre d'étrangers qui pourront être admis en France, en fonction de nos besoins économiques et de nos capacités d'intégration." Macron s'est rendu à Berlin pour y rendre un vibrant hommage à la politique d'accueil d'Angela Merkel. Rappelons que l'Allemagne a accueilli 1,1 million de demandeurs d'asile sur la seule année de 2015. L'approche de Macron est dangereuse. Concernant les propositions de François Fillon, je ferai observer, au vu de l'expérience qui a été la mienne au sein du Haut Conseil à l'intégration (HCI), que le Parlement n'est pas le mieux placé pour décider des entrées sur notre territoire. Cette décision, en raison même des conséquences sur le présent et l'avenir de la nation, doit relever du domaine réservé du chef de l'Etat.

 

Venons-en à l'intégration. Pour les citoyens, "intégration" signifie "intégration culturelle". C'est le résultat d'un processus qui conduit, lorsqu'il réussit, à l'assimilation. C'est l'appropriation des normes collectives et leur transmission à ses propres descendants. Or, Emmanuel Macron a décrété qu' "il n'y a pas de culture française". L'intégration est son angle mort, ce qui explique son positionnement par rapport à la laïcité. Manuel Valls balayé, plus aucun candidat de gauche ne porte l'exigence, incontournable pour préserver le vivre ensemble, du respect de la laïcité. François Fillon est dans une approche opposée. Référence aux valeurs, donc à l'identité française. Il évoque la nécessité de respecter le Code civil qui "fait mention à plusieurs reprises de l'exigence d'assimilation". Il lui reste à en tirer les conséquences. La démocratie suppose l'existence d'un corps politique. Or, citoyenneté et identité ont été dissociées. Elles doivent de nouveau coïncider. Il est aujourd'hui bien plus aisé d'obtenir la nationalité française qu'un titre de séjour. C'est une hérésie.

 

Le programme de Macron reste flou. A-t-il réellement une ligne définie sur ces questions ?

Son programme n'est ni flou ni inconnu. Il a précisé à plusieurs reprises avec clarté la ligne qui était la sienne : mondialiste et multiculturelle. D'où son positionnement cohérent sur les flux migratoires et la culture française : une France aux portes et fenêtres battantes placée sous le règne de la culture buffet. Chacun dépose ses plats sur la table et n'y puise que ce qui lui sied.

 

Existe-t-il également un vrai clivage en matière d'éducation ?

Ils se rejoignent dans la prise de conscience que la réussite ou l'échec scolaire se jouent très tôt. Mais ni l'un ni l'autre n'identifient les vraies sources de ce drame. Et, en effet, cela se joue dès la maternelle, en grande partie au travers du dictionnaire de mots maîtrisés par le jeune enfant ainsi que par l'attitude des parents vis-à-vis de la culture de l'école. Vont-ils l'accompagner ou, sans le vouloir, entraver les enseignants dans leur mission en raison de l'existence de problèmes de "compatibilité culturelle entre l'école et la maison" (voir le rapport Bentolila de 2007)?

Concernant leurs programmes, je distingue deux volets : la transmission culturelle et la pure gestion.

Dans le premier, il n'y a guère de point commun entre les deux candidats, et pour cause. Pour l'un, la culture française n'existe pas, quand l'autre s'inscrit dans une volonté de continuer la France d'un point de vue culturel. Par contre, tous deux prônent une plus grande autonomie du système éducatif, pensant - à tort - que là réside l'un des principaux remèdes à la régression scolaire. Or les innombrables alertes remontées au HCI ont montré que l'urgence commande, tout au contraire, de tourner le dos à la libéralisation de notre système éducatif. De veiller à l'unicité des programmes et à un contrôle effectif des connaissances à travers tout le territoire. De faire en sorte que le corps enseignant continue de dépendre hiérarchiquement du ministère, et non des chefs d'établissement. Si l'État avait promptement réagi pour soutenir les enseignants à chaque fois que l'un d'eux s'est trouvé confronté à une remise en cause des contenus ou du bien-fondé des principes républicains (laïcité, égalité filles-garçons), nous n'en serions pas là ! Combien d'enseignants, voulant signaler des situations anormales, se sont vu accuser de ne pas savoir "tenir leur classe", de ne pas être suffisamment "accommodants", parfois abandonnés par leurs chefs d'établissement et leurs autorités académiques. Certains ont abdiqué, quand ils ne se sont pas convertis au relativisme culturel pour avoir la paix. Si j'avais été ministre de l'Éducation nationale, j'aurais aussitôt installé une ligne directe entre le cabinet et le corps enseignant afin que chacun puisse obtenir écoute et soutien. L'Éducation est le domaine régalien par excellence.

 

Que vous inspirent les propos de Macron sur la guerre d'Algérie ?

Du sel sur des plaies non cicatrisées. Une accusation qui alimente la bataille des mémoires et la pente victimaire. Une accusation lourde à l'encontre de la France qui se trouve invalidée dès qu'on compare la démographie algérienne entre 1830 et 1962. À l'évidence, l'objectif était de séduire une partie de l'électorat issu des anciennes colonies vibrant encore à l'unisson de la terre de ses ancêtres. Cette accusation susceptible de dresser les uns contre les autres est d'une gravité extrême à l'heure où la France se trouve en guerre, ciblée par des terroristes qui justifient leurs actes par ce qu'elle est et ce qu'elle a été.

 

Macron rejoue-t-il la stratégie Terra Nova de François Hollande ?

Il suffit d'analyser ses propositions et l'électorat qu'il cible pour le comprendre. Macron s'inscrit dans la continuité de cette stratégie qui avait donné lieu à la refondation des politiques d'intégration en 2013 par Jean-Marc Ayrault. Avant d'accoucher de cinq rapports qui nous promettaient, en guise de projet de société, l' "apprentissage d'un savoir-faire avec l'hétérogénéité et dans la conflictualité", cette refondation s'était d'abord appuyée sur le rapport "La grande nation pour une société inclusive" du conseiller d'État Thierry Tuot, qui y moquait l'attachement des Français à leurs grands principes : "Droits et Devoirs ! Citoyenneté ! Histoire ! Œuvre ! Civilisation Française ! Patrie ! Identité ! France ! [...] Au XXIe siècle, on ne peut plus parler en ces termes à des générations de migrants [...] on ne peut plus leur tenir un discours qui fait sourire nos compatriotes par son archaïsme et sa boursouflure." Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, c'est au même Thierry Tuot qu'Emmanuel Macron confie une mission de réflexion et de propositions.

 

D'après les sondages, les Français jugent Marine Le Pen plus crédible sur ces questions...

Marine Le Pen a beaucoup fait évoluer son parti sur les points abordés ici depuis l'époque où le député Jean-Marie Le Pen déclarait, à l'Assemblée nationale, le 28 janvier 1958 : "Ce qu'il faut dire aux Algériens, si nous voulons en faire des Français, ce n'est pas qu'ils ont besoin de la France, mais que la France a besoin d'eux." Il y affirmait que "sur l'essentiel, les préceptes de la religion musulmane sont les mêmes que la religion chrétienne" et s'interrogeait : "Qui peut évaluer en milliards de dollars ou de roubles ce que vaut pour une nation le fait d'avoir dix millions de citoyens de plus ?"

Aujourd'hui, Marine Le Pen regarde un certain nombre de réalités en face. Mais le "on est chez nous" scandé à tout-va dans ses meetings signale que le logiciel de ses troupes est resté à l'heure du seul droit du sang. Or les véritables artisans de la décomposition française sont les apprentis-sorciers occidentaux (donc "de souche") de la mondialisation, pour qui l'immigration a été une véritable aubaine. Ce sujet ne se réglera pas par un lapidaire "on est chez nous".

 

Le FN est au plus haut. François Hollande a-t-il une responsabilité dans cet état de fait ?

Dans le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande s'interroge : "Comment on peut éviter la partition ? [...] Car c'est quand même ça qui est en train de se produire : la partition." Hollande "pense, depuis le début de l'année 2015, que le thème de l'identité sera au cœur de la prochaine échéance présidentielle."

Ma conviction est qu'aujourd'hui un certain nombre d'opérations de diversion sont mises en œuvre pour empêcher que ce thème soit versé au débat.

En ce domaine, la gauche est la première responsable de la décomposition française. Or, François Hollande le dit : "Emmanuel Macron, c'est moi !" Si ce thème venait à être versé au débat, Macron en serait comptable.


Paru sur Figarovox,  5 mars 2017

 

Source : http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/du-cote-des-elites/item/3032-fillon-macron


Vous n'aurez pas notre Liberté de penser...!

...par François-Xavier Serraz 

 

Auditeur de l'IHEDN, est diplômé de l'IEP de Paris.

 

Après un début de carrière au sein du groupe Drouot, il intègre successivement la Banque industrielle et mobilière privée, Paribas et Neuflize Schlumberger Mallet.

Il prend en 2000 la direction de la gestion privée de la Banque d'Orsay, puis rejoint en 2010 la BESV en tant que directeur délégué de l'activité gestion privée.


 

A vous, journalistes militants, complaisants ou peureux, héritiers trop gâtés d’un dur et noble métier que vos anciens ont parfois accompli au péril de leur vie, auquel nombre de vos anciens ont donné leur vie, j’adresse ce message au nom de tous nos concitoyens épris de droiture, d’Honneur et de Liberté.

 

Depuis quelques semaines, certains d’entre vous, une majorité écrasante en fait, ont intenté un procès au candidat légitimement désigné par l’élection à la primaire de la droite et du centre, François Fillon, investi démocratiquement par près de quatre millions de français pour porter leur projet à l’élection présidentielle.

Ce procès, vous le lui avez intenté en dépit de la Justice, de la démocratie et de l’honneur, car vous savez parfaitement qu’il n’a en rien enfreint la Loi !

Quand le Parquet National Financier s’est auto-saisi le soir-même de la parution d’un article de votre volatile de confrère, vous ne vous êtes pas indignés devant cette procédure illégale, fondée sur des motifs inopposables en droit à un député de la Nation, ce que vous savez parfaitement.

 

Quand le même Parquet, dépendant du pouvoir exécutif, a ordonné une perquisition à l’Assemblée Nationale, vous ne vous êtes pas indignés devant cette violation de la séparation des pouvoirs, garantie de notre liberté constitutionnelle, ce que vous savez parfaitement.

 

Quand les procès verbaux de l’enquête de police ont été divulgués dans « Le Monde », vous ne vous êtes pas indignés devant cette violation du secret de la procédure, alors-même que les avocats du candidat n’y avaient pas eu accès, ce que vous savez parfaitement.

 

Quand le même parquet a transmis le dossier à trois juges d’instruction faute de motifs permettant de déferrer le candidat devant le tribunal correctionnel, vous avez tenue pour acquise sa culpabilité alors que le dossier est juridiquement vide, ce que vous savez parfaitement.

 

Quand les juges ont convoqué le candidat « aux fins de mise en examen » sans procéder aux audiences préalables d’usage, vous avez annoncé sa mise en examen, que seuls, les juges peuvent décider de prononcer ou non, ce que vous savez parfaitement.

 

Quand d’éminents professeurs de droit, des avocats, des magistrats ont fait savoir que cette procédure était illégale d’un bout à l’autre, que les sommes incriminées n’étaient pas de l’argent public, que la qualification d’emploi fictif n’était pas applicable à la rémunération versée par le candidat à son épouse et à ses enfants, qu’il n’y avait pas d’enrichissement personnel pour une rémunération acquise de droit, quoiqu’il en fasse ensuite, vous n’en avez rien dit, alors que vous le savez parfaitement.

 

Quand le Président de la République a transgressé sa réserve à trois reprises pour soutenir l’indépendance de la Justice, vous ne vous êtes pas étonnés qu’il confonde la Justice et le ministère public, car le Parquet National Financier, dépendant du pouvoir exécutif, n’est pas « La Justice », ce que confirme constamment la Cour Européenne des Droits de l’Homme, ce que vous savez parfaitement.

 

Quand le Président de la République a tenu ces mêmes propos de soutien que les plus hauts magistrats de la Cour de Cassation ont récusés, vous n’avez pas rappelé ses propos diffamatoires à l’encontre des juges dans ses confidences à deux journalistes du « Monde », affichant un mépris inacceptable de la Justice dont il est pourtant garant de l’indépendance, ce que vous savez parfaitement.

 

Vous qui revendiquez votre « liberté d’expression » à longueur d’année, vous l’avez curieusement sacrifiée aux ordres d’un pouvoir en perdition dont le seul but est d’éliminer le candidat qui a toutes les chances de remporter cette élection présidentielle, ce que vous savez parfaitement.

 

Sur vos antennes, vos plateaux de télévision, dans les colonnes de vos journaux, vous avez jour après jour distillé vos sentences, vos condamnations, votre indignation de vierges effarouchées devant la résistance inattendue du candidat, en le calomniant lui, son épouse et ses enfants, en déformant la vérité, et vous poursuivez ce travail de manipulation, de propagande et de mensonges dans le seul but de parvenir à l’abattre, ce que vous savez parfaitement.

 

Sur vos antennes, vos plateaux de télévision, dans les colonnes de vos journaux, quand toute la France découvre par internet et les réseaux sociaux l’incroyable népotisme de nos dirigeants politiques actuels, vous ne leur avez pas demandé de comptes alors qu’ils ont placé leurs épouses, leur progéniture et leurs proches dans des emplois publics pour lesquels ils n’avaient pas la qualification requise ni même, parfois, la présence physique nécessaire, ce que vous savez parfaitement.

 

Sur vos antennes, vos plateaux de télévision, dans les colonnes de vos journaux, vous affichez une complaisance et une servilité douteuses à l’égard du candidat « en marche », quand les révélations d’un livre très documenté faisant peser sur lui, alors ministre des finances, une forte présomption de détournement de fonds publics et d’emplois fictifs, devraient à tout le moins vous faire réagir à défaut d’une enquête du Parquet National Financier, cette fois compétent pour la diligenter, ce que vous savez parfaitement.

 

Quand le peuple des électeurs de François Fillon à la primaire, grossi par tous ceux qui l’ont rejoint depuis, entend manifester son soutien au candidat lapidé par vos sarcasmes et vos terribles faux jugements et cyniquement abandonné par de grands élus de la Nation, vous l’accusez préventivement de « sédition », pour tenter encore d’enrayer sa volonté démocratique qui est en train de vous échapper, ce que vous savez parfaitement.

 

Mais ce que vous ne savez pas, car vous ne savez pas tout, c’est que cette colère qui monte comme un tsunami, c’est la colère de ceux qui ont fait la France dans laquelle vous vivez confortablement aujourd’hui, savourant cette liberté dont vous ignorez le prix, car vous êtes ignorants de beaucoup de choses essentielles que vos écoles de journalisme ne vous ont pas apprises.

Cette colère, c’est celle des jacqueries des « croqants » et « va nu pieds » contre la gabelle royale, c’est la colère des sans-culottes contre le parti de l’étranger, c’est la colère des chouans et des vendéens pour défendre leur Foi, c’est la colère de la Garde à Waterloo contre la lâcheté, c’est celle de la Commune de Paris contre la trahison, c’est enfin la colère des cadets de Saumur, des maquisards des Glières ou de Saint-Marcel contre l’envahisseur ! C’est la colère de tous ceux qui refusent qu’on leur vole leur Liberté, cette colère bien française qui monte des entrailles de notre Histoire pour terrasser tous les totalitarismes qu’on prétend leur imposer, pour lutter contre l’injustice et la tyrannie, la lâcheté et les compromissions, quels que soient leurs visages, barbares ou parés de toutes les séductions comme aujourd’hui. Vous pensez sans doute que votre campagne contre L’expression du suffrage universel va enfin aboutir au but que vous poursuivez, inconscients que vous êtes de ce qu’il produira dans notre pays !

Vous vous trompez, comme toujours, car l’intelligence et le discernement des français sont solides, qui vous le témoigneront dimanche prochain au Trocadéro, la « Place des droits de l’Homme » !

Alors, quand François Fillon sera élu Président de la République, vous viendrez avec ces élus déserteurs d’aujourd’hui, toute honte bue, devant vos micros, vos caméras, vos ordinateurs, nous expliquer que sa victoire est logique, qu’elle est gaulliste ou gaullienne ! Vous le parerez de toutes les qualités, qu’il a, et son épouse avec lui ; vous le flatterez comme vous flattez aujourd’hui l’héritier de François Hollande, en vils flagorneurs du pouvoir en place que vous êtes pour protéger vos petites rentes !

 

Mais ce que vous ne savez pas, c’est que nous n’oublierons pas, nous, les français, ce que vous nous avez fait vivre de tortures par votre mauvaise foi, vos mensonges, vos calomnies ; alors, nous cesserons d’acheter vos journaux dont nous n’avons pas besoin, nous cesserons de lire vos tribunes sans intérêt, souvent mal écrites et vides de sens ; nous n’écouterons plus vos radios de propagande car elles nous écoeurent de vos bavardages et de vos sarcasmes incessants et insignifiants ; nous ne regarderons plus vos chaînes – si bien nommées - de télévisions qui exhalent à longueur de soirée votre auto-satisfaction narcissique de donneurs de leçon sans épaisseur ni talent.

Non, ce que vous ne savez pas, c’est que nous pouvons vivre sans vous et que quelque soit votre prétendu pouvoir ou contre-pouvoir, nous aurons toujours le choix de vous dire Non, en appuyant simplement sur une télécommande ou en passant devant un kiosque sans s’arrêter, pour ne plus jamais risquer d’avilir notre Liberté.

 

Non, vous n’aurez pas notre liberté de penser !

 

François-Xavier Serraz

 


Lettre ouverte à ceux qui sont déboussolés et à ceux qui se réjouissent


Affaire Fillon : le tueur s’appelle Macron


D'abord, voyons un peu...

...comment sont organisés les meetings d'E. Macron.

...Belle performance technique et médiatique. Mais, il me semble que ces grands professionnels de la communication ne travaillent pas pour les "beaux yeux d'E. Macron"...

Qui finance ces shows ?

Quels sont les objectifs...au-delà de l'élection ?

L'Histoire nous le dira peut-être un jour. En attendant, le Bon Peuple est littéralement pris en otage et manipulé par des gens et des organisations peu recommandables ?

En fin de compte, je suis bien naïf sans doute, mais complètement horrifié...!

 

JMR

 

En fait, la réponse est peut-être ci-dessous...

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Communiqué

 

....de M. Jean Paul Garraud, Avocat général près la Cour d'appel de Poitiers.

 

L'ouverture d'information est faite contre X .

 

C'est un point très important car s'il y avait, selon la loi, des "indices graves ou concordants" contre F. Fillon, le Procureur national financier était dans l'obligation de le viser dans le réquisitoire introductif qui saisit les juges d'instruction.

 

Cela veut donc dire très simplement qu'il n'y a pas les éléments en l'état du dossier pour mettre en examen François Fillon.

 

L'enquête va donc se poursuivre, dirigée maintenant par des juges d'instruction.

Comprenez bien qu'une mise en examen n'a donc pas été requise.

Contrairement à ce que j'entends sur BFM et ailleurs, cette ouverture d'information contre X signifie qu'il n'y a ni charge, ni indice grave ou concordants contre lui à l'issue d'une enquête rondement menée .

 

Et pour que les juges, à présent saisis, mettent en examen, il leur faudrait donc des éléments complémentaires à l'enquête préliminaire.

Cette enquête a pourtant été déjà très fouillée.

Je ne vois pas dans ces conditions quel élément nouveau surgirait qui aurait pu échapper au PNF...

 

C'est donc plutôt une bonne nouvelle mais les médias nous disent exactement le contraire !

Cqfd pour la démonstration de l’ignoble manipulation dont Fillon et nous électeurs sommes victimes.

 


Vers un coup d’Etat Institutionnel ? … ça y ressemble bien !

 

...par Philippe Auberger - le 03/03/2017. 

 polytechnicien, énarque, ancien député de l'Yonne, ancien maire de Joigny

 

 

            A la demande de mes proches, j’ai préparé ce message que vous pouvez largement diffuser auprès de vos amis et sur les réseaux sociaux. 

            Pourquoi l’ouverture d’une information judiciaire contre X, qui vise en fait M. et Mme. Fillon et leurs enfants ne peut prospérer ?

            Le Parquet national financier (PNF) a décidé d’ouvrir une information judiciaire pour «  détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel, trafic d’influence et manquement aux obligations de déclaration à la Haute Autorité sur la transparence de la vie publique ». Je note que dans cette incrimination il n’est nullement question d’emploi fictif.

 

            1° Détournement de fonds publics.

            Il n’y a pas eu de détournement de fonds publics : pour qu’il y ait détournement, il faut que François Fillon ait pu librement disposer de ces fonds, ce qui n’est pas le cas. Les fonds destinés à rémunérer les assistants parlementaires sont des fonds budgétaires : l’Assemblée Nationale les vote sous le titre 1 « Pouvoirs publics » dans la loi de Finances. Elle en a ensuite la libre disposition et elle seule. Elle décide de l’utilisation de ces crédits, selon ses propres règles dont elle assure elle-même le contrôle. Elle paie les crédits, sur les indications du député qui choisit librement ses assistants parlementaires. Jamais ces fonds ne sont détenus, à aucun moment, par le parlementaire lui-même.

 

            Ces fonds ne sont pas des « fonds publics », au sens de la législation budgétaire et financière. Ces fonds ne sont pas soumis aux règles de la comptabilité publique, ils ne sont pas payés par un agent comptable public (le payeur de l’Assemblée n’appartient pas à cette catégorie) et leur emploi ne relève pas du contrôle de la Cour des Comptes. Les comptes de l’Assemblée Nationale font l’objet d’un examen annuel d’une Commission des Comptes ad hoc au sein de l’Assemblée.

 

            Dès lors, on ne peut parler ni de détournement, ni de fonds publics, l’incrimination de détournement de fonds publics ne résiste pas à l’analyse juridique, ni même celle de recel.

 

            Il n’y a aucune possibilité pour l’institution judiciaire de contrôler l’emploi de ces fonds, du fait de la séparation des pouvoirs, pouvoir parlementaire d’une part, pouvoir judiciaire d’autre part : c’est au Bureau de l’Assemblée Nationale de fixer les règles d’utilisation des crédits, c’est à lui et à lui seul d’en contrôler l’application. C’est un principe constitutionnel. Ces règles s’imposent à tous, y compris à l’Autorité judiciaire.

 

            La situation est très différente d’une situation d’emplois fictifs comme l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris : en effet dans ce dernier cas, les règles de la comptabilité publique s’appliquent, les sommes sont versées par un comptable public et le contrôle est assuré par la Chambre régionale des Comptes.

            Il n’y a qu’un cas où, à ma connaissance, la justice pourrait être saisie : si le Bureau de l’Assemblée Nationale décidait de porter plainte pour escroquerie, ce qui n’est manifestement pas le cas ici.

 

            2° Trafic d’influence et manquement aux obligations de déclaration. 

            Cela vise, à ma connaissance, les activités de conseil que François Fillon a pu exercer dans un passé récent. Saisi par les députés écologistes, le Médiateur de l’Assemblée Nationale, qui est chargé par le Bureau de l’Assemblée des problèmes de déontologie, vient de répondre aux intervenants qu’il avait examiné soigneusement le dossier et qu’il n’y avait aucun manquement au regard de la législation sur les conflits d’intérêt (rappel : législation dite Cahuzac !). Dès lors comment les juges d’instruction pourraient-ils déclarer le contraire ?

 

              3° Abus de biens sociaux et recel.

            Il s’agit, à ma connaissance, de l’affaire dite «  de la revue des Deux Mondes ». La revue des Deux Mondes est, depuis des lustres, la propriété d’une personne physique. Dans ce cas, elle peut exercer librement cette propriété et salarier qui elle veut, quand elle veut, sans que l’on puisse parler d’abus de bien social ou de recel. 

 

            Conclusion.

            Sur la base des faits connus, la Justice ne dispose d’aucun moyen juridique pour mettre en examen M. et Mme. Fillon. Si elle avait ces moyens, elle aurait fait une citation directe en correctionnelle au lieu de faire traîner l’affaire à loisir, de mobiliser trois juges d’instruction et de manipuler l’opinion publique à coup de communiqués de presse.

 

            Ce qui est plus grave, c’est qu’elle est encouragée dans cette manipulation par le Garde des sceaux, lequel était auparavant Président de la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale et à ce titre gardien de notre Constitution et du Règlement de l’Assemblée ; or il sait parfaitement que l’Assemblée est totalement libre de l’utilisation des fonds budgétaires qu’elle vote et que l’Autorité judiciaire n’a aucun pouvoir de contrôle en ce domaine.

 

            Il s’agit en définitive d’une opération délibérée d’instrumentalisation de la Justice, afin de perturber gravement la campagne présidentielle de celui qui a obtenu le soutien de millions d’électeurs lors de la primaire de la droite et du centre. C’est une atteinte insupportable à l’exercice libre et démocratique de l’expression du suffrage universel, laquelle est garantie par la Constitution. En aucun cas, nous ne pouvons, nous ne devons l’accepter.

 

                                                          Philippe AUBERGER

                                                  Membre honoraire du Parlement

                         Ancien Rapporteur général du Budget à l’Assemblée Nationale

 

La valse à trois temps....

...Ou la manipulation des élections présidentielles de 2017...Ou la manipulation des élections présidentielles de 2017

...par Patrice Buffotot - le 04/02/2017.

 

Chercheur en science politique (Université de Paris 1), directeur de l’Observatoire européen de sécurité et de la revue électronique Défense & Stratégie.

Auteur de 4 éditions (1995,1998, 2001 et 2005) de La défense en Europe à la Documentation française.

 

Le général de Gaulle a voulu l’élection du président de la République au suffrage universel pour lui donner plus de légitimité mais aussi pour empêcher les manipulations comme c’était le cas sous la IV république. De Gaulle estimait qu’il était plus difficile de manipuler des millions d’électeurs que quelques centaines de députés et sénateurs. Les réseaux et groupes de pression ont réussi à reprendre la main et à manipuler ces millions d’électeurs depuis le début des années 70.

Ces manipulations ont commencé avant le départ du général de Gaulle avec l’affaire Markovic en octobre 1968. L’objectif était de déstabiliser le probable successeur du général de Gaulle, Georges Pompidou. La manipulation a échoué. Lors des élections de 1974, on a assisté à l’élimination de Jacques Chaban Delmas grâce à la publication de sa déclaration d’impôts. En 1981 les manipulations ont été multiples. Elles commencent dès 1979 avec la publication par le Canard Enchaîné le 10 octobre d’un article révélant l’affaire des diamants de Bokassa dans le but discréditer le président Valéry Giscard d’Estaing. C’est un argument qui a été largement utilisé pendant la campagne de 1981. Mais les manipulations ont été multiples. En effet au second tour de 1981, le Parti communiste français a fait voter sur ordre de Moscou pour le candidat de droite, Valéry Giscard d’Estaing tandis qu’à droite, le chef du parti gaulliste, Jacques Chirac a appelé en sous-main à voter pour le candidat de gauche, François Mitterrand. En 1988, l’homme à abattre était Raymond Barre et de multiples rumeurs ont circulé, notamment sur sa femme, d’origine hongroise, qui était un agent du KGB. En 1995, c’était Edouard Balladur qu’il fallait éliminer. Des réseaux ont fait voter des électeurs de gauche pour J. Chirac au premier tour afin d’éliminer Balladur qui est arrivé en troisième position, derrière Chirac.

La manipulation la plus réussie a été celle des élections présidentielles de 2002, où l’homme à éliminer était cette fois Lionel Jospin du parti socialiste. Deux candidatures ont été notamment suscitées et organisées (en fournissant des hommes et un financement) à savoir celle de Jean-Pierre Chevènement (qui a obtenu 5,32 % des suffrages exprimés) et celle de Christiane Taubira (2,31 des SE) qui sera remerciée sous la présidence Hollande. L’objectif de ces deux candidatures était de capter une partie des voix de l’électorat de gauche. Résultat : Lionel Jospin n’a obtenu que 16,17 % des SE. Les deux candidatures lui ont coûté 7,63 % des SE. Ces suffrages manquants, pouvaient facilement l’aider à dépasser J. Chirac qui a obtenu 19,88 % des SE. Le piège a donc bien fonctionné, Jospin n’arrive que troisième derrière J. Chirac, avec un retard de 3,6 % des SE. Il est donc éliminé pour le second tour. Chirac qui se retrouve face à J-M Le Pen, n’a pas besoin de faire campagne. Il refuse tout débat à la télévision et avec l’organisation d’une vaste campagne antifasciste notamment au sein de la jeunesse, il est élu dans un fauteuil avec 82 % des suffrages.

La question que l’on doit se poser est : « Qui voulait l’élimination de Jospin ? ». Un réseau a organisé une déstabilisation du candidat socialiste pour faire réélire Jacques Chirac. L’autre question est pourquoi et au profit de quels intérêts ?

Nous venons d’assister en janvier 2017, juste avant la campagne officielle des élections présidentielles, à une vaste entreprise de manipulation qui se décompose en trois opérations distinctes que l’on peut appeler la « Valse à trois temps ».

1- Premier temps : éliminer François Fillon le plus dangereux.

On s’aperçoit que le candidat à abattre est François Fillon, le candidat désigné par les primaires de droite le 27 novembre 2016 et qui avait jusqu’à présent une forte probabilité de gagner.

Une première manipulation a eu lieu dès le premier tour des primaires. Elle a consisté à faire participer des électeurs de gauche pour voter en faveur d’Alain Juppé et ainsi éliminer Sarkozy au premier tour (Fillon n’avait aucune chance de gagner selon les sondages). Ils sont revenus au second tour pour éliminer cette fois F. Fillon mais la manœuvre a échoué. Cette opération avait été préparée par une longue campagne médiatique en faveur de Juppé donné favori dans tous les sondages, et ce bien avant le premier tour des primaires.

Une seconde manipulation devient alors nécessaire. L’objectif est de délégitimer Fillon auprès de ses électeurs potentiels afin qu’ils renoncent à voter pour lui en semant le doute. Il fallait le toucher dans son intégrité. Les informations révélées par le Canard enchaîné du 25 janvier 2017 montrent que l’opération a nécessité l’accès à des informations provenant des services de l’État notamment celles concernant les salaires payés par le directeur de la Revue des Deux mondes, Marc de Lacharrière à l’épouse de F. Fillon.

Une piste commence à se dessiner, ce serait des membres du sérail de l’ancien ministre Macron, proches de l’Élisez, qui seraient à la manœuvre mais tout cela est difficilement prouvable. Un d’entre eux aurait rencontré le mardi 9 janvier 2017 Michel Gaillard, directeur du Canard Enchaîné, et ami de François Hollande pour lui remettre les informations en sa possession.

En tout cas, la justice s’est saisie en un temps record de l’affaire. La procureure du Parquet national financier, Madame Houlette1 annonce l’ouverture d’une enquête le jour même (le 25 janvier) de la parution du Canard Enchainé pour « détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel ». Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les infractions financières.

Cette campagne de déstabilisation est particulièrement efficace et F. Fillon a deux solutions : soit il démissionne mais dans ce cas le parti des Républicains va devoir choisir un nouveau candidat (le fameux plan « B ») mais cette opération est risquée car les rivalités sont telles que le parti peut éclater. Fillon était en effet le seul à assurer l’unité. La solution alternative est de continuer le combat contre vents et marées mais il prend le risque de perdre des élections qui étaient jusqu’à présent « imperdables ». La droite est prise dans un piège et il n’existe aucune bonne solution.

Si Fillon dévisse dans les intentions de vote et tombe en dessous de 20 %, la poursuite de la campagne de révélations et de dénigrement suffira pour le disqualifier définitivement. Son discours devient inaudible dans les médias qui ne parlent que des « affaires » et non de son programme. Au cas où F. Fillon persisterait à vouloir rester candidat, et remonterait dans les sondages, le réseau à l’origine de ces manipulations n’aurait plus qu’à appliquer ce qu’il avait fait en 2002, à savoir promouvoir des candidatures concurrentes, capables de lui siphonner suffisamment de voix pour qu’il ne soit pas présent au second tour, comme cela avait été le cas pour Lionel Jospin. Dans cette configuration, il n’est pas évident que la candidature de F. Bayrou soit souhaitable car il prendrait plus de voix à Macron qu’à Fillon. Des sondages ont certainement été commandés pour déterminer le(s) meilleur(s) candidat(s) capable(s) de déstabiliser Fillon Les vocations ne manqueront pas.

C’est le cas par exemple de Michèle Alliot-Marie qui se prépare depuis longtemps mais aussi de bien d’autres. F. Fillon a déjà baissé dans les sondages et il suffira de lui faire perdre deux ou trois points pour l’éliminer.

2- Deuxième temps : éliminer Manuel Valls à gauche

Une troisième opération vise la gauche. Elle a consisté à éliminer l’ancien premier ministre Manuel Valls lors des primaires de la gauche au profit de Benoît Hamon, un apparatchik socialiste marqué idéologiquement très à gauche et faisant rêver les militants avec le salaire universel.

Il est étonnant d’entendre le soir du premier tour des primaires de gauche, la Haute autorité annoncer les résultats à 20H30 en pourcentages qui ne bougeront pas malgré le dépouillement de centaines de milliers de bulletin. Certains experts expliquent cet étrange phénomène par la forte culture de fraude du parti socialiste. Et de citer comme exemple l’élection à la tête du parti socialiste de Martine Aubry contre Ségolène Royal après un trucage des résultats. Ces méthodes dignes des pratiques de l’Union soviétique consistant à fixer les résultats la veille du scrutin, ne sont dénoncées par aucun leader socialiste. Comment se fait-il que M. Valls n’ait pas contesté les résultats ? Il semble avoir joué un rôle de figurant dans un scénario écrit à l’avance. Faire élire Hamon, marqué idéologiquement très à gauche, n’est pas neutre. Il est évident qu’il ne risquera pas de prendre voix à Macron, ce qui aurait été différent si Manuel Valls avait été désigné. Il aurait en effet chassé sur les mêmes terres et lui aurait pris une partie de ses électeurs. Il est d’ailleurs fort probable que l’on assiste au ralliement d’une partie des socialistes du clan Valls à la candidature de Macron.

Quant à Benoist Hamon, il est conscient qu’il n’a aucune chance aux élections présidentielles mais il vise la conquête du parti socialiste et à sa recomposition. On sait depuis longtemps que les congrès socialistes se gagnent à gauche, c’est ce qui s’est passé aux primaires, qui ont été en réalité le substitut à un congrès socialiste en vue de sa reconstitution.

On comprend que toutes ces manipulations à droite et à gauche ont pour seul objectif de dégager la voie à la candidature Macron. D’un côté on cherche à affaiblir, voir éliminer le candidat Fillon par une campagne médiatique en montant des affaires. De l’autre côté, à gauche, on dégage l’espace politique pour Macron en éliminant M. Valls au profit de B.Hamon.

3- Troisième temps : Faire élire Emmanuel Macron

L’objectif est bien de faire élire Macron. Ce dernier est lancé comme un produit marketing depuis plusieurs mois en insistant sur son aspect « moderniste », « jeune », « branché », le candidat « Geek » qui comprend l’évolution du monde et de la technique.

Quels sont les ralliements à Macron ? Une rapide analyse des divers ralliements à sa candidature nous donne une idée des forces qui se positionnent derrière le candidat. On trouve la vieille garde des imposteurs politiquement corrects : L.Joffrin, Pierre Bergé, BHL, J.Attali, A.Minc, B.Kouchner, D.Cohn-Bendit. Ils vont recevoir le renfort de socialistes de droite mais aussi des centristes et même des Républicains comme l’ancien directeur de campagne de Bruno Lemaire, Jérôme Grand d’Esnon ou l’ancienne ministre Anne-Marie Idrac.

E. Macron présente l’avantage de réaliser la synthèse entre le libéralisme économique et le libéralisme culturel.

Dans le domaine économique, il est pour la dérégulation, la fin du salariat, l’ubérisation de la société, la suppression des nations et des frontières et pour une immigration massive bienfait pour l’économie, etc.

Dans le domaine culturel, c’est un libertaire dont le fondement idéologique est la doctrine relativiste. Il est pour une société multiculturelle, le libéralisme des mœurs, la fin de la famille traditionnelle, le droit des minorités etc.. Le profil des personnalités qui se rallient à Macron illustre bien l’idéologie véhiculée par le candidat qui pour amalgamer des voix de gauche comme de droite se doit de rester dans le flou.

Les conséquences politiques

Les primaires ont été la première victime de cette manipulation. Les médias nous avaient vantés l’intérêt des primaires comme étant une grande avancée de la démocratie pour la désignation des candidats. Alors pourquoi ont-elles été « court-circuitées » ? Ce sont en effet les candidats hors primaires qui survivent : à savoir Mélenchon, Macron et Le Pen. Tous ceux qui ont participé ont été éliminés (Sarkozy, Juppé, et peut être même celui qui a été élu, F. Fillon. Le phénomène est identique à gauche avec Valls et Hamon). Les primaires apparaissent aux yeux des citoyens comme un subtil jeu de bonneteau pour voler leurs voix et un « piège à cons » pour les politiques qui se sont prêtés au jeu.

La seconde victime est la classe politique qui est une fois de plus déconsidérée par le déballage des affaires. Ceux qui ont commencé à jouer à lancer des « boules puantes » comme disait le général de Gaulle, ont ouvert la boîte de Pandore des « révélations » sur les candidats, situation qui peut devenir très vite incontrôlable. Les médias ne devront pas alors se plaindre du « populisme » qui monte dans la société française.

Les troisièmes victimes sont les grands partis de gouvernement qui structurent la vie politique française, à savoir le parti socialiste et le parti des Républicains qui ne résisteront pas à l’onde de choc des primaires et à l’échec de leurs candidats aux prochaines présidentielles.

Qui manipule et pour quels intérêts ?

François Fillon nous donne une piste. Il déclare le 1er février à son équipe qu’il s’agit d’un "coup d’État institutionnel" contre sa candidature à la présidentielle, et provient "de la gauche", sans plus de précision Un réseau effectivement sévissait à gauche lors de la manipulation de 2002. Mis en place sous les présidences de F. Mitterrand, il a prospéré sous J. Chirac. C’est la raison pour laquelle il l’a fait réélire à tout prix au détriment du candidat du parti socialiste. Pourquoi ce réseau a-t-il préféré un radical-socialiste à un socialiste ?

En 2017, il semble que ce réseau ait rallié d’autres forces convergentes pour faire élire Macron. Il est certain que ce dernier comme J. Chirac en son temps sera redevable à ces réseaux de son élection. Quel deal a-t-il passé avec eux ? La question centrale est donc de savoir ce que cherchent à obtenir ces réseaux en faisant élire leur candidat (Chirac en 2002 et Macron en 2017) au point d’organiser des manipulations sophistiquées.

Il y a des enjeux financiers auxquels se sont agrégés des enjeux idéologiques en 2017. Si l’on prend l’exemple de 2002, J. Chirac une fois élu, a laissé les coudés franches à ce réseau dans les domaines économique et financier. Il semble évident qu’avec Macron qui prévoit de « libéraliser » (en réalité « casser ») de nombreux secteurs de l’économie française, ce réseau prédateur pourra se partager des pans entiers de l’économie française.

A cela s’ajoutent les enjeux idéologiques. Il est important pour eux de défendre la doctrine relativiste au sein de la société française qui est remise en question actuellement dans le monde occidental. Il s’agit de défendre notamment la poursuite de la législation en faveur des minorités en lien avec des groupes de pression internationaux. Il est évident que le conservateur catholique Fillon était l’antithèse de leur modèle de société et qu’il fallait l’éliminer à tout prix pour ces deux raisons. C‘est donc non seulement un modèle économique mais aussi un modèle de société qui se cachent derrière cette manipulation.

 

Source : http://www.france-catholique.fr/La-valse-a-trois-temps-Ou-la.html


"Abandonner une course pour un pilote, ce n'est pas naturel...!"

Interview de F. Fillon par le "Midi Libre" - le 02/03/2017.

 

Vous avez révélé mercredi votre prochaine mise en examen et vous prenez le pays à témoin.

Livrez-vous une course contre la montre contre la justice ?

Je suis candidat. Et quel que soit le calendrier judiciaire, je m'en remets au suffrage universel. C'est au peuple français de décider qui sera le prochain président de la République. Je me rendrai donc aux convocations des juges, parce que je suis respectueux de nos institutions. Mais la justice n'a pas à dicter le calendrier démocratique.

 

Vous avez parlé d'« assassinat politique ». N'est-ce pas une façon de vous victimiser à l'heure

où les sondages vous donnent perdant dès le premier tour ?

Je ne me victimise pas. Je constate, comme beaucoup de juristes, que je fais l'objet d'un traitement singulier de la part de la justice. Comme s'il fallait à tout prix m'abattre. J'assume mes

responsabilités. Et je me bats. J'ai déjà montré pendant la campagne de la primaire que je savais

résister à la litanie des mauvais sondages qui, au bout du compte, ont été démentis par le vote. Je ne me détermine pas en fonction d'eux. J'en appelle aux Français. Parce que cette affaire dépasse, et de loin, mon sort personnel : c'est la liberté des Français à choisir leur président de la République que je défends.

 

Ce soir, vous êtes à Nîmes, comme le prévoyait votre calendrier. S'agit-il pour vous de

montrer que votre campagne reprend son cours normal ?

J'étais hier après-midi au Salon de l'agriculture, je viens aujourd'hui à Nîmes, samedi je présenterai les grandes lignes de mon projet lors d'une grande réunion de la société civile, à Aubervilliers. Et dimanche, tous mes soutiens se retrouveront sur le parvis des Droits de l'Homme à Paris, au Trocadéro, pour un grand rassemblement populaire destiné à marquer leur volonté d'être respectés dans cette campagne présidentielle.

 

Avez-vous pensé, ce mercredi matin, à abandonner la course à l'Élysée ?

Abandonner une course, pour un pilote, ce n'est pas naturel.

 

Avez-vous consulté Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ?

J'ai parlé avec eux et avec tous ceux qui me soutiennent. J'ai écouté les prudents, j'ai senti le soutien des courageux. J'ai pris ma décision en conscience. Et je m'y tiendrai avec le soutien de tous les Français qui ne veulent pas se laisser voler l'élection présidentielle.

 

Selon vous, y a-t-il une orchestration de votre et si oui, qui est à la manœuvre ?

Je ne peux que m'étonner de la rapidité de la procédure : une enquête préliminaire ouverte moins de 24 heures après la parution du Canard enchaîné, une perquisition dans mon bureau dans la foulée et aujourd'hui, l'annonce de ma prochaine mise en examen.

 

Qu'est-ce qui pourrait vous faire renoncer ? Une attaque judiciaire à l'encontre de votre épouse ?

Cette décision de continuer le combat, nous l'avons prise ensemble. Nous affronterons l'adversité

ensemble comme nous l'avons toujours fait.

 

Contrairement à Marine Le Pen, vous dites que vous vous rendrez devant les juges le 15 mars.

Que pensez-vous de son attitude ?

C'est sa conception de la politique, ce n'est pas la mienne.

 

Dimanche, vous avez dénoncé un climat « de quasi-guerre civile » qui serait organisé par le

gouvernement. Jeudi à Nîmes, un appel à manifester a déjà été lancé par le PCF et d'autres

organisations de gauche. Vous sentez-vous menacé dans cette campagne ?

Cette campagne électorale se déroule dans un climat de violence détestable et je ne suis pas le seul à le subir. Les manifestations violentes à Notre-Dame-des-Landes, contre la loi El Khomri, le blocage des lycées parisiens... Cela relève de la responsabilité du Premier ministre et du gouvernement que d'assurer l'ordre public. Alors oui, j'accuse le gouvernement de laisser prospérer cette violence, qui ne peut que profiter aux extrêmes.

 

Il y aura plus de 3 000 personnes à Nîmes. Si vous avez réussi à resserrer les rangs dans vos

troupes, cela semble plus difficile de rassurer au-delà...

Partout où je me déplace, les salles de meeting sont archipleines. Et ceux qui me soutiennent -

militants, élus ou simples citoyens attachés à la démocratie - redoublent de détermination pour faire campagne. Ils ne veulent pas se laisser voler la victoire. Ce qu'ils veulent, c'est redresser la France.

Et ils sont convaincus que seul mon programme est en mesure d'y parvenir. Mon objectif, c'est le

plein emploi et pour cela, il faut des mesures fortes, que je suis le seul à proposer.

 

À Maisons-Alfort vous avez ciblé Emmanuel Macron. Est-ce votre principal adversaire dans

cette élection ? Encore plus depuis le ralliement de François Bayrou à sa candidature ?

Je me bats pour la victoire et mes adversaires sont tous ceux qui ne disent pas la vérité aux Français.

Ceux qui leur font croire qu'on peut payer tout le monde à ne rien faire, ceux qui leur font croire

qu'on peut s'en tirer en continuant la politique de François Hollande, ceux qui imaginent qu'on va

faire fortune en sortant de l'euro. Quant à François Bayrou, je m'étonne qu'il ait choisi un candidat

auquel il reprochait, il y a seulement quelques mois, d'être la marionnette de la finance. Cela en dit

long sur la solidité de ses convictions qui sont indexées sur le nombre de circonscriptions qu'on lui offre. Drôle de façon de faire pour quelqu'un qui distribue si facilement les leçons de morale.

 

Vous serez jeudi soir dans le Gard, le seul département qui a placé Marine Le Pen en tête du

premier tour en 2012. Comment séduire cet électorat-là ?

J'ai confiance dans l'intelligence des Français. Je sais leur inquiétude, leur colère souvent, leur

désespoir parfois. Et toujours ce sentiment que tout se décide loin d'eux, qu'ils ne font que subir des contraintes et que l'avenir de leurs enfants n'est pas assuré. C'est pour eux que je me bats. Parce que nous devons retrouver le plein emploi en donnant à nos entreprises leur compétitivité.

Le taux de chômage atteint, ici, 14 %. Comment l'endiguer ? Par une dégressivité des allocations ?

Contre le chômage, il faut d'abord créer de l'emploi. C'est tout l'objectif de mon programme

économique, avec une baisse massive des charges, avec un assouplissement du marché de l'emploi, avec la simplification des normes... Il faut aussi améliorer la formation: l'apprentissage, qui est le meilleur vecteur d'accès à l'emploi pour les jeunes, est l'une des pistes pour aider les jeunes à s'insérer dans la vie professionnelle. Concernant la dégressivité des allocations, qui doit

s'accompagner d'un suivi personnalisé des chômeurs, c'est une façon d'inciter à la reprise d'un

travail.

 

Quel message avez-vous délivré aux agriculteurs ?

J'ai entendu depuis longtemps leur message. Je leur ai dit que mon projet de baisse des charges leur permettra d'être plus compétitifs, comme toutes les entreprises, et que je les libérerai des normes inutiles qui les étouffent. Je propose aussi une nouvelle Pac qui inclut la préférence communautaire.

 

Vous serez accueilli par le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, qui a soutenu Sarkozy lors de

la primaire. Mais ce dernier, comme Juppé, s'engage peu derrière vous...

Au contraire, Nicolas Sarkozy comme Alain Juppé sont à mes côtés. Je regrette que certains aient préféré arrêter le combat. Mais cela n'entame pas ma détermination.

 

 

À moins de deux mois du scrutin, vous semblez condamnés, vous et les autres candidats, à

batailler pour la deuxième place au premier tour. La France a-t-elle à ce point changé ?

La France est abîmée par cinq années d'un quinquennat socialiste qui a exaspéré la droite et déçu la gauche. Comment ne pas comprendre que les Français soient déboussolés ? La gauche a explosé, le Front national prospère sur ses décombres. Mais la primaire de la droite a montré que nos électeurs étaient prêts à se mobiliser pour défendre un projet ambitieux et innovant, que j'ai l'honneur de porter devant tous les Français aujourd'hui. Au fond, leur seul désir, c'est qu'on leur dise et qu'on leur prouve qu'il y a dans ce pays une force qui ne demande qu'à se déployer, pour peu qu'on lui en donne les moyens. C'est mon projet pour la France : lui redonner espoir et envie.

 

Source : http://www.midilibre.fr/2017/03/01/exclusif-francois-fillon-j-ai-pris-ma-decision-en-conscience,1473205.php


Résistance !

...par Christian Vanneste -  le 01/03/2017.

 

Professeur de philosophie au LICP de Tourcoing. Il à été adjoint à la culture de sa ville, conseiller régional Nord Pas de Calais, vice président de la communauté urbaine de Lille et député de la 10 éme circonscription du Nord pendant 3 mandats.. Profondément attaché à sa région, à la Vallée de La Lys et aux 6 villes de sa circonscription (Bousbecque, Halluin, Linselles, Neuville-en-Ferrain, Roncq et Tourcoing), il à cœur d’en défendre, avec fierté, le patrimoine, l'identité et les traditions, et d'en promouvoir le dynamisme économique et l'emploi.

 

François Fillon a lancé un appel à la résistance.

C’est le mot qui convient ! Il a ajouté que ce n’était pas lui qui était en cause, mais la démocratie, c’est-à-dire le pouvoir légitime du Peuple face aux réseaux, aux coteries, aux connivences qui prétendent l’en priver à leur profit. François Fillon propose un programme énergique de redressement national.

Le trio du déclin est à l’oeuvre pour l’empêcher de le mettre en oeuvre, non pas en en discutant point par point les mesures, mais en assassinant le candidat, en le poussant à ne pas se présenter. C’est manqué, et cela révèle d’ailleurs un candidat dont le courage et la fermeté sont des atouts pour un futur Président de la République.

 

Ce trio, tout le monde le connaît. Il se compose de l’entourage du lamentable chef d’Etat actuel, de son secrétariat général, plus habile à monter des coups qu’à servir l’intérêt supérieur du pays. Il comprend un certain nombre de magistrats politisés, nommés par l’actuel pouvoir et qui attendent de son maintien, à travers d’autres personnes, le couronnement de leurs ambitions de carrière. L’étonnante rapidité des procédures en dehors de tout élément irréfutable et la volonté manifeste de perturber le calendrier électoral, au mépris de la séparation des pouvoirs et de l’autorité judiciaire, de la part de ces fonctionnaires dénués de la moindre légitimité populaire sont des atteintes violentes à la démocratie. On aimerait que la justice fonctionne plus vite et avec plus de fermeté face à la délinquance et au crime que pour obéir aux commandes politiques du pouvoir. Enfin, il y a les médias, ce chœur hypocrite qui a préféré à la campagne en vue de l’élection du Chef de l’Etat, à partir de l’analyse et de la comparaison des programmes, la démolition systématique du candidat Fillon et l’appui stipendié à Macron.

 

Il y a bien longtemps déjà que l’autorité judiciaire est en question dans notre pays. Elle n’y est pas le troisième pouvoir. Ses fonctionnaires ne sont pas élus. Son indépendance est une plaisanterie. Le Parquet est aux ordres et les juges peuvent être incompétents malgré des pouvoirs exorbitants.

Ils peuvent être soucieux de leurs promotions ou mus par leurs penchants idéologiques. Leur seule excuse est, c’est vrai, le scandaleux manque de moyens de la justice française.

François Fillon est harcelé depuis de longues semaines par un Parquet National Financier qui a systématiquement trahi la loi en transmettant de prétendues informations à des journalistes proches du pouvoir, ceux-là mêmes que le « président » abreuvait de confidences déplacées et inopportunes.

Chacun se souvient du désastre judiciaire d’Outreau, le plus connu, mais nullement le seul. Eric Zemmour parlait du »Coup d’Etat des Juges », un titre qui prend tout son sens aujourd’hui.  »

Les juges ont réinventé le pouvoir absolu, irréprochable et irresponsable », y écrivait-il.  Ils prétendent ainsi décider de qui peut ou non avoir le droit de se présenter à l’élection présidentielle.Il faut clairement les remettre à leur place.

Marine Le Pen ne répondra pas à leur convocation , et elle a raison.

François Fillon respectera les formes et s’y rendra, mais n’en tiendra aucun compte et il a raison plus encore.

En 2012, après un échec électoral que j’estimais injuste, j’avais moi aussi subi l’acharnement du Parquet pour des propos qui pourtant avaient été confirmés par Serge Klarsfeld. Le procureur a été débouté, mais a fait appel, et à nouveau échoué. Que de temps  et de moyens perdus pour satisfaire une justice réduite à la vengeance politique ! Cette expérience me rend particulièrement solidaire de François Fillon. C’est le Peuple qui doit décider, et non les fonctionnaires de justice, notamment ceux qui ont montré leur partialité avec le « mur des cons » sur lequel j’ai eu l’honneur de figurer.

 

Enfin, il y a le vrai pouvoir, celui du microcosme, de ce petit nombre de personnes qui créent l’atmosphère politique du pays, de ces gens qui contrôlent nombre de médias parce qu’ils en sont propriétaires, ou parce qu’ils monopolisent la parole sur les chaînes du prétendu service public. Que Minc, Attali, Bergé, Drahi, Cohn-Bendit et d’autres se retrouvent à soutenir le même candidat devrait faire réfléchir. C’est l’alliance du mondialisme et de la décadence. C’est le syndicat de faillite de la France.

Il faut avoir lorsqu’on écoute leurs voix la même distance critique que celle qu’on pouvait avoir en écoutant Radio-Paris à une certaine époque. C’est la voix du renoncement ! La lourde insistance de leurs commentaires est un signe qui ne trompe pas. Les mots répétitifs destinés à altérer la candidature de François Fillon masquent mal l’absence de véritable argument. J’étais à une époque « sulfureux ». Pour quelqu’un qui n’a jamais été condamné, n’est-ce pas étrange ? De même, Fillon est « empêtré », « dans ses bobards » ( Libération) « dans ses commentaires » ( Le Monde), « dans une affaire d’emplois fictifs » ( Europe 1), « une affaire qui tire notre famille politique vers le bas » conclut BFM qui a trouvé, avec un ravissement mal contenu,  un sénateur républicain demandant à mi-voix au candidat de se retirer.  Fillon est « rattrapé », comme on rattrape un voleur « par la polémique » (France Info), « par le système » ( Europe n°1). Empêtré et rattrapé ! Si on ajoute qu’il est « mal barré », que sa campagne connaît des « flottements », du « cafouillage », et qu’il faut « un plan B », on voit que le langage du dénigrement systématique est mobilisé pour faire fuir l’électeur et décourager le militant.

 

C’est cet excès même qui doit aujourd’hui soulever la résistance salutaire. Il en va de notre capacité à tous de résister à la manipulation et de faire gagner la démocratie !

 

Source : http://www.christianvanneste.fr/2017/03/01/resistance/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+christianvannestefr+%28Christian+Vanneste%29

 


Communiqué de F. Fillon - 01/03/17

Chers amis,

Vous trouverez ci-dessous la déclaration de François Fillon qui nous appelle tous à la mobilisation face aux manœuvres qui visent à l’écarter de l’élection et à priver les Français du débat et de l’alternance indispensables.

Fidèlement,

Bernard Accoyer,

Secrétaire général des Républicains


Cliquez ici pour voir la vidéo

 

Mesdames et messieurs,

Mon avocat a été informé que je serai convoqué le 15 mars par les juges d’instruction afin d’être mis en examen.

Il est sans exemple, dans une affaire de cette importance, qu’une convocation aux fins de mise en examen soit lancée quelques jours à peine après la désignation des juges, sans qu’ils aient pris connaissance du dossier ni procédé à des investigations supplémentaires, sur la simple base

d’un rapport de police manifestement à charge, c’est-à-dire pour condamner.

Les seuls cas que l’on connaisse sont ceux où les personnes reconnaissaient les faits et demandaient leur mise en examen pour avoir accès au dossier.

 

Mais je ne reconnais pas les faits.

 

Je n’ai pas détourné d’argent public.

 

J’ai confié, comme près du tiers des parlementaires, des travaux à mes proches parce que je savais pouvoir compter sur leur confiance et leurs compétences.

Ils m’ont effectivement assisté et je le démontrerai.

 

Cette convocation s’inscrit dans la ligne d’une enquête menée dès le début exclusivement à charge.

Depuis l’origine, et contrairement à ce qui a été dit, je n’ai pas été traité comme un justiciable comme les autres.

L’enquête préliminaire a été ouverte en quelques heures.

Les procès-verbaux, contrairement à la Loi, ont été immédiatement communiqués à la presse sans qu’à aucun moment le Garde des Sceaux ne s’en émeuve.

L’Etat de droit a été systématiquement violé.

La presse s’est fait l’écho des convictions des enquêteurs et d’elles seules.

Les arguments de fait que j’ai présentés n’ont pas été entendus, ni relayés.

Les arguments de droit, partagés par des grands professeurs de droit et par un ancien secrétaire général du conseil constitutionnel, ont été écartés d’un revers de la main.

La présomption d’innocence a complètement et entièrement disparu.

Que je ne sois pas un justiciable comme les autres, on le voit au simple  choix de cette date du 15 mars, deux jours avant la clôture des parrainages, entièrement calculée pour m’empêcher d’être candidat à la présidentielle, et, au-delà, pour empêcher que la droite et le centre disposent d’un tel candidat.

Les avocats ont demandé que la chambre de l’instruction de la cour d’appel statue immédiatement sur les irrégularités nombreuses et graves  de la procédure.

Cela leur a été refusé.

Nombre de mes amis politiques, et de ceux qui m’ont soutenu à la primaire et ses 4 millions de voix, parlent d’un assassinat politique.

C’est un assassinat en effet, mais par ce déchaînement disproportionné, sans précédent connu, par le choix de ce calendrier, ce n’est pas moi seulement qu’on assassine. C’est l’élection présidentielle.

C’est le vote des électeurs de la droite et du centre qui est fauché.

C’est la voix des millions de Français qui désirent une vraie alternance qui est muselée.

C’est le projet du redressement national que je porte qui est expulsé du débat.

C’est la liberté du suffrage et c’est la démocratie politique elle-même qui sont violemment percutées.

.Je veux qu’il ne subsiste aucun doute à cet égard : je me rendrai à la convocation des juges.

Je suis respectueux de nos institutions, je ne désespère pas de la justice, même si ce que nous venons d’en voir n’est pas de nature à nous rassurer.

Je leur dirai ma vérité, qui est la vérité.

Mais aujourd’hui, c’est à vous mes compatriotes que je m’adresse d’abord.

Au-delà de la procédure judiciaire, c’est au peuple français et à lui seul que j’en appelle désormais. À ceux qui me suivent comme à ceux qui me combattent.

C’est au peuple français que je m’en remets, parce que seul le suffrage, et non une procédure menée à charge, peut décider qui sera le prochain président de la république française.

Je ne céderai pas. Je ne me rendrai pas. Je ne me retirerai pas. J’irai jusqu’au bout parce qu’au-delà de ma personne, c’est la démocratie qui est défiée.

 

Je vous demande de me suivre.

Ce n’est pas de moi qu’il s’agit, de mes droits, ou de la présomption d’innocence. C’est de vous, dont la volonté souveraine ne peut être annulée, annihilée, détruite.

Je serai au rendez-vous que la démocratie, et elle seule, nous donne, pour choisir notre avenir collectif.

J’y serai avec une détermination redoublée.

Je ne permettrai pas que le seul choix qui nous soit collectivement donné soit celui de la folle aventure de l’extrême droite ou de la continuation du hollandisme.

Je n’accepte pas que tout s’organise pour nous amener, un pas après l’autre, dans la voie du renoncement, du déclin, de l’oubli de ce qui fait notre grandeur nationale.

La France est plus grande que nous.

Elle est plus grande que mes erreurs.

Elle est plus grande que les partis pris d’une large part de la presse.

Elle est plus grande que les emballements de l’opinion elle-même.

Et c’est parce que je suis totalement décidé à servir cette France là que je m’opposerai, de toutes mes forces, à ce que le hasard ou le calcul décident de son sort et de l’avenir des Français au moment d’une consultation décisive.

Je vous le dis avec gravité, ne vous laissez pas abuser.

Ne laissez personne vous priver de votre choix.

Parce que votre voix seule doit décider de notre avenir commun, et parce que ma volonté de servir est plus grande que les accusations qui sont portées contre moi, je vous demande de résister.

Je le fais. Ma famille le fait malgré tous les tourments. Ma famille politique le fera, et au-delà d’elle, tous ceux qui croient qu’à la fin, seul le peuple peut décider.

Oui, je serai candidat à la présidence de la république, et nous tirerons de ces épreuves, avec tout ce qu’elles comportent de juste et d’injuste, le surcroît de force qu’il nous faut pour l’emporter et redresser notre pays.

 

François Fillon

 

Source : http://www.republicains.fr/actualites_declaration_francois_fillon_20170301

 

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Déclaration F Fillon 01 03 2017.pdf
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"Tentative de coup d’état judiciaire"

...par Jean-Paul Garraud - le 02/03/2017.

 

 Magistrat et homme politique français, né le 27 février 1956 à Toulouse (Haute-Garonne). Il est député UMP de la 10e circonscription de la Gironde de juin 2002 à juin 2012.

Le candidat des Républicains aux législatives sur la Xe circonscription girondine défend bec et ongles le maintien de François Fillon

Jean-Paul Garraud devrait inaugurer très bientôt sa permanence de campagne, sur l’esplanade François Mitterrand à Libourne, dans laquelle trône en vitrine un tee-shirt floqué François Fillon. Depuis le début du Pénélopegate, l’ancien député (2002–2012) et candidat des Républicains sur la dixième circonscription girondine, reste inflexible sur sa défense du prétendant à l’Elysée.

Ce mercredi encore, dans un communiqué, le magistrat (l’avocat général à la Cour d’appel de Poitiers s’est mis en disponibilité pour sa campagne), dénonce carrément "une tentative de coup d’état judiciaire, ni plus, ni moins."

"Non sens juridique"

"En droit, l’enquête pénale se terminant par une ouverture contre X signifie qu’il n’y a ni charge, ni indice grave ou concordant contre quiconque. Une convocation pour mise en examen sans aucun élément nouveau et sans en passer par une garde à vue est un non sens juridique même si c’est possible, estime-t-il. Cela démontre, avec la date de convocation au 15 mars (!), deux jours avant la clôture du dépôt de candidatures pour la présidentielle, que la procédure est complètement orientée et que la Justice prend en otage l’élection présidentielle."

Lorsqu’on lui demande si, selon lui, la presse est instrumentalisée dans cette affaire, il se montre catégorique: "Oui, je pense que la presse est instrumentalisée par le cabinet noir de l’Elysée au profit de Macron, soit complice pour certains médias."

"François Fillon est parfaitement innocent"

François Fillon avait annoncé il y a quelques semaines qu’il se retirerait s’il était mis en examen. Il ne se retire finalement pas. Comment les Français peuvent-ils lui faire désormais confiance ? "Face à cette tentative d’assassinat politique et de prise en otage de l’élection présidentielle par le judiciaire, François Fillon qui n’a été entendu que comme témoin, qui est parfaitement innocent, n’imaginait pas un instant une convocation pour mise en examen, qui plus est deux jours avant le délai butoir du dépôt des candidatures. S’il se retirait, on volerait au peuple de la droite et du centre cette élection. Il ne peut en être question."

Selon Jean-Paul Garraud, "cette mise en examen se terminera par un non-lieu. Il n’existe aucune infraction." "Curieusement, livre-t-il également, le détournement d’argent public constitué par la protection policière de l’amie du Président de la République, de l’ordre de 400 000 euros par an, ne fait l’objet d’aucune enquête…"

 

Source : http://www.sudouest.fr/2017/03/01/selon-jean-paul-garraud-fillon-est-victime-d-une-tentative-de-coup-d-etat-judiciaire-3239299-2966.php 


Dégueulasse !


Sur les ruines de la démocratie


Macron peut-il gagner ?

...par Michel Pinton - le 25/02/2017.

Ecole Polytechnique

École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE)  

Fonctions diverses de direction d’entreprises

Maire de Felletin (Creuse) (1995 - 2008) 

Fondateur, Délégué général puis Secrétaire général de l’Union pour la Démocratie Française (UDF)

Député au parlement européen

 

A titre bénévole,

Fondateur, Vice-président puis Président de France-initiative (réseau d’aide à la création d’entreprises)

   

La candidature d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République suscite l’intérêt d’une partie importante de l’opinion publique. Les sondages lui accordent une audience remarquable –quelque 20% des intentions de vote- et lui font espérer sa qualification pour le 2ème tour de l’élection présidentielle. Alors il se trouverait seul face à Marine Le Pen  et selon ces mêmes sondages, l’emporterait aisément.

Les deux mois qui restent à courir sont-ils susceptibles de confirmer cet aboutissement ? Apporter une réponse nécessite une analyse précise à laquelle je vais me risquer ici.

 

Il convient d’abord d’observer que Macron n’est rien d’autre qu’un candidat centriste, au sens le plus traditionnel de ce terme. Il représente une résurgence des tentatives électorales menées jadis par Lecanuet, Giscard, Barre et enfin Bayrou. Le fait qu’il vienne du centre-gauche alors que tous ses prédécesseurs étaient issus du centre-droit ne change pas grand-chose à la nature de son programme. En définitive, sa campagne s’inspire des trois principes posés par Giscard il y a près de cinquante ans : Macron est centriste (c'est-à-dire à égale distance de la droite et de la gauche), libéral et européen. S’il se singularise, c’est surtout par des bourdes de débutant comme il l’a fait au sujet de notre passé colonial ou de l’immigration.

Les candidats centristes à l’élection présidentielle ont tous échoué sauf un et une seule fois. C’était Giscard en 1974. Macron peut-il renouveler l’exploit de son illustre ancêtre politique ? Considérons successivement les facteurs qui lui sont favorables et ceux qui le desservent.

 

L’actuel candidat du centre est aidé par une chance que ses aînés n’ont pas connue. Ses rivaux les plus dangereux ont le plus grand mal à faire marcher leurs troupes. A sa droite, Fillon est embourbé dans des affaires qui sapent son autorité et son crédit. A sa gauche, Hamon ne parvient pas à donner un nouvel élan à un parti socialiste démoralisé et divisé. Le champ s’ouvre largement pour celui qui proclame sa volonté de réunir les modérés des deux rives contre les extrémistes Le Pen et Mélenchon. Ce n’est pas tout. Macron dispose d’atouts qui lui sont propres : il est encore plus jeune que Giscard en 1974 et déborde d’une vitalité contagieuse. Enfin il a montré un savoir-faire remarquable dans sa façon de tourner à son profit les évènements à mesure qu’elles se présentaient. Telles sont les raisons qui expliquent son envolée dans les intentions de vote.

           

Mais, précisément, son succès se ramène pour l’essentiel à l’exploitation de circonstances heureuses. Le processus électoral ne se limite pas à cela. Il obéit aussi à des évolutions en profondeur qui cheminent lentement, de façon souterraine et dont la puissance l’emporte sur celle de la conjoncture. Un candidat qui se fait le champion des valeurs centristes, libérales et européennes se place-t-il dans un courant d’opinion qui le porte aujourd’hui autant qu’elle le faisait il y a dix ans encore ? 

Il est facile de voir que le centrisme est, en tant que force politique, presque mort. Il est loin, le temps où Giscard rassemblait sans difficultés les soutiens de partis organisés et de parlementaires accourus de diverses formations, y compris de droite. Aujourd’hui Macron s’agite dans le vide. Son allié le plus prestigieux, Bayrou, est un lui aussi un homme seul. Les comités hâtivement constitués sous l’égide "d’En marche !" n’ont aucun enracinement populaire, aucune expérience militante, aucun réseau d’élus. Leur activisme bruyant cache mal leur maigre influence.

        

Libéral ? Le candidat l’est et son programme en témoigne. Mais est-ce vraiment à plus de libéralisme que les Français aspirent ? C’était peut-être vrai il y a dix ans. La crise qui a éclatée en 2008 a changé leurs attentes. Aujourd’hui le libéralisme est synonyme de pouvoir arbitraire des banquiers, d’inégalités excessives, de délocalisations, chômage et immigration incontrôlée. On veut restreindre son empire, pas l’augmenter. Et Macron n’ajoute rien à son prestige par son appartenance passée au monde des privilégiés de la haute finance.

Enfin, il y a l’Europe. Il n’est pas besoin de longs développements pour montrer qu’elle n’attire plus grand monde. Malade de ses contradictions, paralysée par ses erreurs, elle offre le triste spectacle d’un projet brisé. Macron propose d’aller plus loin dans l’intégration des Etats du continent. C’est une recette éculée qui n’a aucune chance de séduire une part significative de l’électorat.

 

Au total, les évolutions profondes de notre époque vont contre les idées du candidat Macron. Elles le vouent à un reflux massif des intentions de vote qui le portent aujourd’hui sur le devant de la scène. Il a réussi à échapper à son destin jusqu’à présent grâce à une suite inattendue de circonstances heureuses et parce que son projet était mal identifié. Il serait hasardeux de prédire que cette double chance lui sourira encore, semaine après semaine, jusqu’à l’échéance du 23 avril.

 

Source : http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/du-cote-des-elites/item/3022-macron-peut-il-gagner


Macron, symbole de l’escroquerie d’un monde politique en perdition


Soutenir F. Fillon...

par le Gal.  Bertrand Binnedijk


Chers amis,

 

Les mails que plusieurs d'entre vous m'ont envoyés pour exprimer leur ressentiment à l'égard de François Fillon (FF) m'amènent à essayer d'apporter quelques éléments de réflexion dépassionnés.

 

Il s'agit d'arguments de bon sens fondés à la fois sur une prise de recul par rapport aux événements incriminés et sur l'évidente nécessité de choisir celui qui porte le meilleur programme pour la reconstruction de la France.

 

1. Premièrement, que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre à FF. Je veux parler de ceux qui n'ont jamais payé une facture en liquide, privant ainsi l'Etat de rentrées fiscales, qui n'ont jamais commis d'excès de vitesse mettant en danger la vie des autres, qui n'ont jamais utilisé de moyens contraceptifs prohibés par notre sainte Eglise, qui n'ont jamais fêté Pâques avant les Rameaux, qui n'ont jamais menti, trompé, médit, abusé de leur autorité, etc, etc...

 

2. Deuxièmement, en droit comme en morale, il ne faut jamais perdre de vue la notion

d'imputabilité. Je m'explique : une faute est d'autant plus grave (imputable) que son auteur a conscience de sa faute. C'est ce qu'un juge digne de ce nom cherchera à déterminer dans un procès équitable. Le Pape François ne dit pas autre chose dans Amoris laetitia. Il n'existe pas de péché en soi. Il faut toujours le replacer dans son contexte.

 

3. Donc, troisièmement, il n'est pas juste de faire au seul FF le procès de pratiques certes

immorales mais néanmoins légales qui sont le fait de l'immense majorité des élus.

C'est le cadre réglementaire de ces pratiques qu'il convient de condamner et de réformer. Je souligne d'ailleurs qu'à part le distingué M. Bayrou, les élus de tous bords rasent plutôt les murs et se gardent curieusement de hurler avec les loups !

 

4. En fait, la question est de savoir si une élection sert à élire un saint ou un dirigeant

politique. l'Histoire nous enseigne que malheureusement, les deux sont très rarement

compatibles. La dernière fois que la France a été dirigée par un saint, elle l'a payé très cher ! Je fais allusion au fait qu'en restituant ces domaines français au roi d'Angleterre, le bon roi Saint Louis, a semé les germes de l’effroyable guerre de cent ans dont on sait le lot de malheurs qu'elle attira sur notre malheureux pays !!

 

5. Il faut donc s'interroger sur ce qui motive un tel déchainement médiatique. Le tort de

FF n'est pas d'avoir fait comme ses pairs, ce dont ceux qui l'attaquent se foutent éperdument. Son véritable péché, sa faute impardonnable, c'est de croire dans des valeurs jugées passéistes par les tenants de la pensée unique. FF aime la France et veut lui redonner sa fierté et sa place dans le monde. Et ça, c'est inacceptable pour ceux qui l'attaquent avec pour seule obsession le métissage, le multiculturalisme, la repentance et la haine de nos valeurs chrétiennes et humanistes !

 

6. Et si l'on se penche sur les programmes des candidats, seul celui de FF est considéré

comme sérieux et susceptible de redresser la France face aux défis colossaux qui se présentent à elle : la lutte contre l'islamisme, le redémarrage de la machine économique, seule condition de la réduction du chômage, les enjeux internationaux, etc.

 

7. En comparaison, le programme d’Emmanuel Macron brille toujours par son absence.

En dehors de postures et d'envolées lyriques, son discours est creux et a de quoi inquiéter ceux qui envisagent de voter pour lui. 

 

8. Quant à celui de MLP, s'il comporte de bonnes idées sur l'immigration, qui n'en seront

pas moins très difficiles à mettre en œuvre, son projet économique est totalement délirant, imprégné des idées gauchisantes de Florian Philippot, avec en particulier la remise de l'âge de la retraite à 60 ans !

 

9. Comme FF est inattaquable sur son projet global, il fallait l'attaquer sur sa dimension

morale et familiale par ses détracteurs qui n'en ont rien à foutre. Une attaque magistralement orchestrée par ces journaux qui nous haïssent et nous traitent dans la boue depuis la manif pour tous. Et pourtant, de façon surprenante, beaucoup d'entre nous leur accordent du crédit sans se rendre compte du fait qu'ils sont manipulés "à l'insu de leur plein gré".

 

En conclusion, voter Macron, c'est voter Hollande, sous un autre masque.

C'est se renier soi-même.

Voter MLP, c'est aussi voter Macron, car c'est lui qui sera élu s'il est au deuxième tour.

Dans tous les cas, il faudra en assumer les conséquences catastrophiques après un

quinquennat de la même eau. On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas.

Sans doute avions-nous hissé FF sur un piédestal. Sa chute nous a ramenés brutalement sur

terre !

François Fillon est un homme politique comme un autre. Mais avec une différence essentielle.

Il est le seul à avoir une véritable stature d'homme d'Etat.

 

Si vous êtes d'accord avec ce qui précède, faites circuler ce mail le plus largement possible.

N'ayez pas peur !!!

Et si vous n'êtes pas d'accord, faites circuler quand même. Cet acte de clémence vous sera

rendu au centuple.

 

Bertrand Binnendijk

Officier général

St. Cyr 1972/1974

 


Election présidentielle et Défense nationale.

par le Col. Gilles Lemaire - le 23/02/2017.



La sécurité du pays qui fonde les devoirs régaliens de l’Etat semble recueillir l’attention des postulants à la présidence de notre pays, et par là même à la fonction de chef des armées. Dans le contexte présent, la majorité d’entre eux s’accorde pour constater que les deux registres, tant  sécurité intérieure qu’extérieure, nécessitent un effort substantiel de la part de l’autorité publique pour restaurer une situation devenue inquiétante après des lustres d’abandon.

Cependant, si les projets s’attardent sur les réponses concernant la dégradation de la sécurité publique, sur ce qui parait devoir corriger les faiblesses des forces de police et de l’appareil judiciaire (augmentation des effectifs, des places de prison, etc.), peu s’aventurent sur le registre de la Défense et de la sécurité extérieure. Celui-ci paraît hermétique à une classe politique qui s’investit peu pour éclairer le débat. Tous évoquent une nécessaire mais bien hypothétique Europe de la défense pour éluder toute réponse. La tyrannie de l’immédiateté sévit encore, alors que la Défense résulte d’une lente et patiente construction.

 

Or, le moment est critique. Les menaces persistent, d’autres se font jour. Le front de la lutte contre l’islamisme radical s’inscrit dans la durée tandis que des bruits de bottes résonnent en Europe de l’Est, que des tensions persistantes sont ressenties dans la zone du Pacifique-Ouest, tandis que le champ de conflits inédits s’ouvre dans les domaines de la cyberdéfense et celui du spatial. Ces derniers nécessitent des efforts substantiels se surajoutant au dispositif du moment. Bouleversements inattendus qui nous rappellent que l’histoire est un chaos qui nous promène de surprises en surprises. Dernier avatar : l’Amérique semble vouloir se départir du rôle de protecteur qui lui était dévolu depuis la fin du dernier conflit mondial et la montée de la guerre froide. L’Europe droguée à la protection quasi-gratuite, se voit maintenant fermement invitée, après les semonces réitérées de son grand allié, d’assurer le coût de sa défense dans une Otan renouvelée. Chaque membre se voit fermement invité à y consacrer 2 % de son PIB.

 

Une bonne part des candidats à l’élection présidentielle fait allégeance à ce chiffre. Celui-ci était déjà implicitement mentionné depuis l’arrêt des coupes budgétaires consécutif à nos récentes interventions dans les conflits ouverts au Proche-Orient et en Afrique subsaharienne. Le réaménagement en 2015 de la loi de programmation freinant la diminution des effectifs[1] marquait une inflexion dans ce sens. Si tous semblent d’accord pour relever les dépenses de sécurité du pays, certains diffèrent cependant cette échéance à 2025. Peu signalent quels sont les domaines sur lesquels il faudra porter effort. Le halo nimbé de promesses sociales toujours plus exaltantes les unes que les autres noie cette partie du discours et annonce les futurs et trop habituels renoncements. Les espoirs fondés sur la récente inflexion à la hausse risquent bien d’être déçus.

Il serait donc pour le moins responsable d’annoncer ce qui justifie la poursuite de cette inflexion, en soulignant son aspect prioritaire, en évitant de faire référence à une loi de programmation déjà dépassée dans le contexte international sus-signalé. « Le costume est déjà taillé au plus juste » selon le général de Villiers, notre actuel chef d’état-major des armées[2].

A ceci doit être signalé que le chiffre de 2 % requis concerne les pays membres non pourvus d’une dissuasion nucléaire autonome et donc uniquement de moyens conventionnels, comme notre voisin allemand par exemple. Pour notre pays, il s’agit donc d’atteindre le chiffre requis, auquel il faudrait ajouter et non inclure le coût de notre dissuasion nucléaire. Bien évidemment, nous en sommes bien loin.

 

Constat à produire : ce chiffre sera difficile à tenir au regard des prochaines échéances de renouvellement de ladite dissuasion. Il va falloir de nouveau investir. Celle-ci coûte actuellement entre 3 et 4 milliards par an sur un budget devant évoluer de 31,4 à 34 milliards d’Euros de 205 à 2019, selon la loi de programmation en cours. Il est difficile de chiffrer ce coût car, par exemple, le porte-avions Charles de Gaulle ou les appareils de l’armée de l’air dédiés à cette fonction sont largement utilisés pour les missions plus conventionnelles de l’intervention extérieure. Ils sont en double emploi. En outre, les charges d’entretien varient chaque année. Pour l’heure, ces chiffres sont ceux d’une période de non-investissement. Avec le renouvellement, nous risquons fort de retomber aux 5 milliards minimum que nous dépensions antérieurement dans les phases de développement et de montée en puissance de nos FN[3]. Il manquera donc au minimum 1 à 2 milliards annuellement par rapport au budget actuel, et il faut cependant faire face à la modernisation de nos forces conventionnelles. Ce débat du maintien ou non du niveau de notre dissuasion, cœur de notre dispositif de Défense, est rarement abordé[4] !


Dernier point peu relevé : notre marine (qui n’a toujours qu’un seul porte-avions) a-t-elle des moyens suffisants pour assurer la sécurité de notre immense espace maritime qui constitue incontestablement un champ d’expansion économique signalé par beaucoup[5]? Devons-nous brader cet héritage au constat de note incapacité à en assurer la sécurité comme cela a failli être le cas récemment pour une de nos dépendances de l’Océan Indien[6] ? Obnubilés par la guerre de faible intensité menée contre les organisations terroristes de l’Islam radical, nos gouvernants semblent vouloir ignorer que la guerre est aussi imprévisible que multiforme et qu’il faut se préparer à bien pire. Cela ne s’improvise pas, comme il en a été pour les derniers coups de pouces donnés par l’administration descendante au budget Défense, autant par surprise que contrainte et forcée, et au total insuffisamment.

 

La crédibilité des candidats à l’élection présidentielle exige la prise de conscience de cette part essentielle du plan de charge de la gouvernance à venir. Bien évidemment ce plan de charge implique des choix qui s’avèrent douloureux sinon difficilement tenables face aux discours populistes de tous bords. Celui-ci doit être défendu autrement que par des allusions mais par des arguments fondés et chiffrés, avec la conviction que nécessite cette « ardente obligation » face aux rêves éveillés proposés par certains rhéteurs, dont la compétence relève du monde du spectacle et de l’illusion.   

 


Gilles LEMAIRE
Colonel (ER)
Contributeur à la revue ENGAGEMENT de l’ASAF
(
www.asafrance.fr)

 

 [1] Sans pour autant stopper cette diminution.

[2] Cf. audition à l’assemblée nationale du CEMA, le général de Villiers, 15 octobre 2016, qui insiste pour accélérer ce processus

[5] Cf. l’article récent de Nicolas Baverez in « Le Point » n°2319 du 16-02-17, « La mer, trésor national méconnu ».

[6] Voir la récente affaire du traité de l’île de Tromelin, promise de fait à être cédée à Maurice. http://www.lefigaro.fr/international/2017/01/16/01003-20170116ARTFIG00140-le-destin-de-l-ile-francaise-de-tromelin-entre-les-mains-des-deputes.php

 


François Fillon : appel de juristes contre un coup d’Etat institutionnel

Le 19/02/2017.

Plusieurs juristes (avocats et professeurs de droit) se sont mobilisés pour rédiger cet appel à propos des manœuvres employées à l’encontre de François Fillon.

 

Source : http://www.atlantico.fr/decryptage/francois-fillon-appel-juristes-contre-coup-etat-institutionnel-geoffroy-vries-philippe-fontana-andre-decocq-2967969.html/page/0/1


 

Les termes de" coup d’Etat institutionnel" définissent parfaitement les manœuvres employées à l’encontre de François Fillon, pour tenter de l’empêcher, à tout prix, de concourir à l’élection présidentielle.

 

Le pouvoir a dévoyé le droit pénal et la procédure pénale pour tenter de détruire la réputation de son principal adversaire ; le but de cette vaste opération étant de favoriser l’élection d’un successeur déjà coopté, faux nez d’une candidature sociale-démocrate ou sociale-libérale qui était d’avance vouée à l’échec.

 

Le candidat de la droite et du centre était jugé dangereux car il avait déjà recueilli la confiance de plusieurs millions de ses compatriotes lors de primaires irréprochables.

 

Il fallait donc, pour tenter de le discréditer, lui imputer à délit des faits qui ne tombent manifestement pas sous le coup de la loi. L’allégation d’un "détournement de fonds publics" est contraire aux termes du code pénal et incompatible avec les principes constitutionnels.

Contraire aux termes du Code pénal d’abord : le texte qui définit ce délit, l’article 432-15, ne vise, comme auteurs possibles de celui-ci, qu’une "personne dépositaire de l’autorité publique" ou "chargée d’une mission de service public", qu’un "comptable public" ou un "dépositaire public", qualités que n’a évidemment pas un parlementaire.

 

Au surplus, il est plus que douteux que les sommes versées à un parlementaire pour organiser son travail de participation au pouvoir législatif et au contrôle du pouvoir exécutif puissent être qualifiés de fonds publics.

 

Contraire aux principes constitutionnels ensuite : à celui de la séparation des pouvoirs, seul garant du caractère démocratique des institutions et obstacle à la tyrannie. L’indépendance dont dispose le parlementaire, y compris dans la gestion de ses crédits destinés à rémunérer ses collaborateurs, n’est pas un simple caprice. C’est le préalable nécessaire à l’une de ses missions constitutionnelles qu’est le contrôle de l’exécutif. Pour préserver le principe de séparation des pouvoirs, les assemblées disposent, comme elles l’entendent, de leurs crédits de fonctionnement. Incriminer l’emploi discrétionnaire de ces dotations serait s’en prendre à l’exercice de la fonction d’un parlementaire, s’attaquer par là-même au principe constitutionnel de l’indépendance des assemblées parlementaires, corollaire de la séparation des pouvoirs. Pour l’exécutif, prétendre contrôler l’utilisation des dotations d’un parlementaire au moyen d’une procédure pénale enfreint donc ce principe.

 

Dans le cas de François Fillon, l’atteinte à la Constitution est d’autant plus grave que la procédure pénale est engagée illégalement. En admettant qu’il y ait eu violation du règlement d’une assemblée parlementaire, une enquête n’aurait pu être menée que par le bureau de l’assemblée en cause. C’est bien d’ailleurs la procédure qu’a retenue le Parlement européen pour sanctionner une candidate à l’élection présidentielle française.

 

A plus forte raison, le pouvoir ne pouvait-il laisser le parquet national financier (PNF) se saisir d’une telle enquête (ou l’y inciter) ? Il saute aux yeux que les faits allégués contre le candidat n’entrent pas dans les chefs de compétence énumérés par l’article 705 du code de procédure pénale (loi du 6 décembre 2013) de ce ministère public : non seulement ces faits ne répondent à la définition d’aucune des infractions mentionnées dans ces chefs de compétence, mais encore nul ne saurait prétendre sérieusement qu’ils présentent "une grande complexité", au sens dudit article.

 

C’est encore au prix d’une double erreur que le président de la République se retranche derrière l’indépendance de la justice. D’abord, les officiers du ministère public ne sont pas "la justice", la Cour européenne des droits de l’homme leur dénie l’appartenance à l’autorité judiciaire. Ensuite, ils ne sont pas statutairement indépendants du gouvernement, mais subordonnés au ministre de la Justice.

 

Il y a pire. Le bras armé du pouvoir, en l'espèce, est ce parquet national financier. Il est un organe d'exception au sens technique du terme, un organe à compétence dérogatoire au droit commun, limitativement définie. Faut-il rappeler sa genèse, à savoir le refus du pouvoir de se conformer au fonctionnement régulier du ministère public, faute d'avoir réussi à museler un procureur général de la Cour de Paris trop indocile à ses yeux (il est loin le temps où les tenants de ce pouvoir socialiste remettaient en cause le caractère exceptionnel de certaines juridictions, comme les cours d'assises spéciales en matière de terrorisme, sans parler de la Cour de sûreté de l'Etat) ?

 

Dès le début de l'enquête visant François Fillon, le parquet national financier s'est comme ingénié à justifier la suspicion légitimement née de cette origine : la précipitation avec laquelle l'enquête a été ouverte, sans même le respect d'un délai suffisant pour lire à tête reposée le Canard enchaîné laisse perplexe ; surtout, la publication dans Le Monde par deux "journalistes" familiers du président de la République, de son secrétaire général etc., des procès-verbaux de l'enquête à peine sont-ils clos, au mépris de secret de l'enquête, démontre irréfutablement une collusion entre les officiers du ministère public ou leurs délégataires et ces "investigateurs". Le même journal combat d'ailleurs les moyens de défense constitutionnels invoqués par la défense de François Fillon en faisant appel à un civiliste…

 

Dans leur acharnement, ceux qui ont ourdi cette machination ont pourtant négligé ou sous-estimé un risque : celui d'une action engagée contre l'Etat, en application de l'article L.141-1 du Code de l'organisation judiciaire, en réparation du dommage causé par le fonctionnement défectueux du service public de la justice au cas de faute lourde. En effet, il ne se discute pas que la violation du secret de l'enquête ou de l'instruction en matière pénale constitue un fonctionnement défectueux du service public de la justice et que le rôle actif ou passif du parquet dans cette violation caractérise une faute lourde.

 

Il reste que la tentative de déstabilisation et de disqualification du candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle est sans précédent par sa violence et par l'implication ouverte de l'Etat.

 

Sans doute dans le passé d'autres candidats ont-ils été visés par des attaques venant pour la plupart des mêmes journaux : affaire Markovic, diamants de Bokassa, affaire Clearstream. Mais jamais le pouvoir en place n'avait orchestré la campagne avec une pareille impudence.

 

Au-delà du seul piétinement de la présomption d'innocence, principe dont s'enivrent constamment les zélateurs de l'actuel pouvoir, pour refuser d'endiguer la délinquance ordinaire, ce sont tous les principes essentiels d'un Etat démocratique qui sont bafoués.

 

Au-delà de la défense du candidat François Fillon, aucun juriste ne peut cautionner ce dévoiement voulu et partisan des institutions, préalable à un "coup d'Etat permanent". Ni la magistrature, ni la police n'ont vocation à servir de supplétifs à un pouvoir moribond.

 

C'est pourquoi les juristes signataires de cet appel entendent alerter leurs compatriotes sur cette forfaiture et ses dangers pour la démocratie. Ce n'est pas une poignée de substituts militants trop zélés qui feront obstacle aux millions de Français qui ont déjà choisi démocratiquement François Fillon comme candidat de la droite et du centre. Nous n'acceptons pas un coup d'Etat institutionnel, au profit de l'héritier désigné par le pouvoir.

 

Philippe FONTANA

Avocat au barreau de Paris 

André DECOCQ

Professeur émérite à l'Université Panthéon-Assas 

Geoffroy de VRIES

Avocat au barreau de Paris 

Yves MAYAUD

Professeur émérite à l'Université Panthéon-Assas 

Serge GUINCHARD

Professeur émérite à l'Université Panthéon-Assas, ancien recteur 

Pauline CORLAY

Professeur agrégé des facultés de droit, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation 

Guillaume DRAGO

Professeur à l'Université Panthéon-Assas Paris II 

Guillaume MASSE

Avocat au barreau de Paris 

Jean-Luc ELHOUEISS

Avocat au barreau de Paris, Maître de conférences 

Georges BONET

Professeur émérite à l'Université Panthéon-Assas 

Raymonde VATINET

Professeur émérite à l'Université Panthéon-Assas 

Anne-Marie LE POURHIET

Professeur de droit public à l'université Rennes-I 

Bernard de FROMENT

Avocat au barreau de Paris

 


Fillongate : une seule issue, la colère du peuple !

par Aline Lizote - le 13/02/2017.

Aline Lizotte, philosophe, théologienne et enseignante d'origine Québécoise, habite Solesmes et dirige l'AFCP (l'association pour la formation chrétienne de la personne) : Oui, jusqu'à quand abuserez-vous de notre patience 

 

1- L'affaire Fillon, qui semble se tasser, mais non se régler, dépasse largement la personne même de l'ancien premier ministre. C'est toute une partie de l'électorat qui a été prise à la gorge et qui devient l'otage d'un pouvoir occulte, dont on pressent qu'il existe et que l'on ne saurait nommer. Les faces sont masquées, non identifiables, les complots rampent, les acteurs les plus impliqués se réjouissent de leur coup, les vrais auteurs espèrent que cette invraisemblable comédie aura pour eux son happy end. Les élus de la Droite s'énervent et demanderaient à leur chef de se retirer. Voir leur champion anéanti devant leurs yeux n'a rien d'agréable. Le chef est là pour leur faire partager la victoire, non pour les amener à la défaite. L'assemblée triomphante de La Villette est déjà oubliée Il ne faut pas gagner hier, il faut gagner demain ! Et demain, leur répètent les sondages du moment, est incertain. Qu’attend-on ? Que le Parquet financier proclame un jugement ? Oui, mais ce Parquet, qui a été d’une célérité inhabituelle pour intervenir, pourrait, pour les mêmes raisons, être d’une lenteur épuisante à donner ses conclusions ! Et les élections approchent ! Sur les lèvres et dans les cœurs, une seule question : Fillon s'en sortira-t-il ? Comme si s'était la bonne question !

 

(1 Quousque tandem, Catilina, abutere patientia nostra ? est une expression latine tirée de la première des quatre Catilinaires de Cicéron. Elle signifie : «Jusques à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ?» Ces mots violents constituent l’exorde du premier discours contre Catilina prononcé par Cicéron le 8 novembre 63 av. J.-C. pour démasquer et punir la deuxième conspiration de Catilina, une tentative de coup d'État contre la République romaine. Catilina était impudemment présent ce jour-là parmi les sénateurs, alors que sa tentative d'assassinat de Cicéron et son complot venaient d'être découverts).

 

> Pour trouver la réponse, changer la question

> Supposons le scénario le plus sombre : Fillon retire sa candidature à la présidence, il se désiste de la campagne électorale et, avec sa femme, ils partent quelques mois dans les Caraïbes. Les enquêtes du Parquet financier n'auront plus aucun intérêt et, dans six mois environ, un non-lieu sera probablement prononcé. Plus personne ne s'intéressera aux emplois supposément fictifs de Penelope ! Autrement dit, ce n’est pas aux actes légaux ou moraux du candidat que l'on s'intéresse. Mais c'est au candidat qui a remporté le vote incontestable que l'on sait, au soir de la primaire de la Droite, et qui représente une force politique dangereuse ! Et ce candidat n'est pas seul ! Il a déjà derrière lui quelques millions de citoyens qui ont manifesté avec leurs pieds et leurs mains quel type de personnalité, quel choix de société, quelle sorte de gouvernement ils souhaitaient. Ce n'était pas une force en fin de course ! C'était une force en début de course. Une force qui ne pouvait que grandir, se développer, et vaincre ! Cette force-là, il fallait la miner, la disséminer, l'anéantir, la faire mourir !

 Il fallait dès maintenant lui couper sa voie électorale, lui voler son droit de s'exprimer. L'affaire Fillon, ce n'est pas une attaque maladroite sur la réputation d'intégrité d'un homme : c'est la spoliation concertée du droit moral du vote, l'attaque camouflée de l'authenticité d'une démocratie politique. François Fillon s'en sortira-t-il ? Non, si l'on continue à se centrer sur cette question. Car tout a été fait pour qu'il ne s'en sorte pas !

 

Comprendre le processus

Pour comprendre l'importance de la stratégie, il faut analyser minutieusement le processus. Le Canard enchaîné reçoit un dossier. Lequel ? De qui ? Le saura-t-on jamais ?

Si, comme le laisse entendre la rumeur publique, c'est une fuite du Service des Impôts, ce dossier donne au journal une matière sur laquelle travailler. Car les salaires de Madame Fillon ont été déclarés. On fait simplement l'impasse sur cette faute grave contre l'obligation du secret professionnel, une faute grave qui relève du Code pénal ! Il faudra, un jour, faire la lumière sur cette faute grave.

 

Le journal commence son «travail». Il ne s'agit pas seulement de comptabiliser les montants et d'aligner les jours de travail. Il s'agit de faire de cette «matière» non un simple fait, mais une cible médiatique. Véritable mob trigger (déclencheur de la populace), le Canard enchaîné est spécialiste en ce domaine : rappelons-nous les diamants de Bokassa évalués bien au-dessus de leur valeur, les emplois fictifs reprochés à Juppé, etc. La technique est simple : dépouiller les faits de tout leur contexte, de toutes les circonstances réelles qui les entourent. Les rendre totalement nus. On exagère les chiffres – montant brut et non net –, on minimise les périodes de rémunération, on évite de dire que le geste est légal, que les montants ont été déclarés aux impôts. On présente Madame Fillon comme une «bonniche», alors qu'elle est juriste de profession, capable de fournir une contribution professionnelle à son mari, membre du Conseil municipal de son village, etc.

Le fait, une fois dépouillé de toutes les décisions humaines qui l'ont engendré, réduit à sa seule matérialité, devient ainsi une pâture bonne à être jetée aux chiens. L'on est sûr de l'effet qu'il produira, de l'effet que l'on veut qu'il produise. À partir de ce moment, l'homme politique pris dans les filets dans lesquels on l'a enfermé sera condamné, quoiqu'il fasse pour rétablir la vérité humaine de ses actes. Tout ce qu'il dira se retournera contre lui. Fillon dit qu'il n'y a qu'un compte en banque, au Crédit agricole de Sablé. On dit qu'il ment ! Obligatoirement, il doit avoir un compte administratif et un compte personnel ! Qu'il veuille simplement affirmer qu'il n'a pas de compte caché à Singapour, à Genève ou à Kuala-Lumpur ! Peu importe ! Il ne peut pas dire qu'il n'y a qu'un compte, puisqu’il en a deux ! Madame Fillon dit, en 2007, qu'elle n'a jamais été l'assistante parlementaire de son mari, autrement dit, elle ne joue, ni ne veut jouer, les Carla Bruni ou les Cherie Blair. On ne veut retenir qu'une chose : elle n'a pas travaillé pour son mari !

 

Ce processus est connu ! C'est celui de tous les accusateurs publics, depuis Marc-Antoine, le Sanhédrin, Cromwell, Fouquier-Tinville et aliis. Contre ce processus, la défense est perdue d'avance ! Plus Fillon tentera de se défendre, plus il s'enfoncera ! Plus on se demandera s'il en sortira, moins il en sortira.

Ce n'est pas Fillon qui est vraiment accusé ! C'est le peuple lui-même ! C'est le peuple que le hollandisme finissant, moribond, a méprisé, ignoré, injurié, trompé, qui est attaqué. C’est ce peuple, qui a commencé à dire qu'on abuse de sa patience, qui est bafoué ! Ce peuple qui veut en finir avec les conciliabules des «énarques», avec les théories sociologiques des Pierre Bourdieu en matière d'éducation, avec les manipulations des Taubira et de ses amis, qu'on veut à tout prix faire taire. Ce peuple à qui l'on veut opposer un Macron télégénique, sans assise politique, sans expérience de gouvernement, aux théories économiques de Thomas Piketty.

 

Une façon de s'échapper du filet !

Tant que la Droite se dissociera de son chef et qu'elle continuera à douter d'elle-même, elle est finie. Bientôt, avant la fin de la campagne électorale, elle sera morte ! Ce ne sont ni les Juppé, ni les Larcher, ni les Bayrou, ni aucun autre qui maintenant, à 70 jours des élections, peuvent remplacer Fillon.

François Fillon a mis trois ans à construire son programme, il a parcouru toute la France, il a interrogé toutes les catégories d'électeurs. Il a bâti un programme en consultant des experts et des hommes de terrain. On a tout à fait le droit de critiquer ses solutions, tout-à-fait le droit de dire sur quoi l'on n'est pas d'accord. On ne peut, tout de go, faire le jeu du pouvoir occulte, le mettre sur une tablette et croire que l'espoir que l'on a mis en sa personne se reportera sur un quelconque valet qui endossera sa livrée ! C'est de la pure folie. Forcer le retrait de Fillon pour la Droite, c'est se suicider. Une bonne partie des électeurs, dégoûtés, ne voteront pas ! L'absentéisme aidant, ni Macron, ni encore moins Hamon, plus rien n'empêchera le FN de l'emporter.

Et si Macron, par miracle, l'emportait ? La République serait-elle gouvernable, face à quelle Assemblée législative ?

 

Il n'y a qu'une façon de sortir du tunnel ! Une seule ! La COLÈRE. 

Le peuple français doit dire qu'il en a assez d'être méprisé. Il doit le dire, haut et fort. Il doit le dire avec colère, c'est-à-dire avec la véritable vertu qui régule la colère : la vengeance. Car, la vengeance, nous dit saint Thomas, est la vertu de la colère (S.Th., IIa-IIae, q. 108). Elle a comme objet de détruire le mal, pour que le bien soit possible. Le peuple doit le dire non seulement dans le secret des urnes, mais il doit le dire partout, en famille, dans les salons, à l'usine, à son cercle d’amis. Il doit dénoncer les accusations fausses, dénoncer les manœuvres qui spolient ses droits. Il doit reprendre les mots d'ordre de son hymne national : Aux armes citoyens ! Non pas s'armer de Kalachnikovs, mais se munir du bouclier de la vérité dans l'intelligence, du feu de l'amour du bien commun dans la volonté, du courage dans l'irascible et de la tempérance dans les moyens.

Autrement, nous deviendrons un peuple d'esclaves ! Et cela, ce n'est pas français !

 

Aline Lizotte


Echec d’un assassinat politique : et maintenant ?

par Jean-Batiste Noé - Historien.



 

Le coup d’État mené contre François Fillon et la famille politique de la droite et du centre a échoué : celui-ci demeure le candidat de son camp et sa base de soutien est toujours aussi forte.

Et maintenant, que peut-il se passer ?

Je maintiens le terme de coup d’État, que j’ai été un des premiers à utiliser. D’autres ont parlé d’assassinat politique, ce qui revient au même : on a tenté d’assassiner un concurrent pour imposer un autre concurrent, à savoir Emmanuel Macron. Je maintiens qu’il s’agissait bien d’un coup d’État, c’est-à-dire une tentative de prise de pouvoir par la force, menée contre une personne légitimement élue (par les primaires), le coup venant de l’intérieur de l’appareil étatique (de l’Élysée).

En d’autres temps, celui-ci aurait réussi. Pourquoi a-t-il échoué ?

Pour plusieurs raisons. D’abord, grâce aux primaires ; c’est leurs conséquences inattendues. François Fillon n’a pas été choisi par un appareil de parti, mais par un processus démocratique qui a mobilisé un nombre de personnes sans précédent (plus de 4,5 millions de votants). Il tire sa légitimité de candidat de ce processus démocratique. Donc, seul un autre processus démocratique aurait pu lui retirer son investiture, et certainement pas un Politburo convoqué à la hâte.

 

Deuxième facteur de l’échec de cet assassinat, les réseaux sociaux. Quand les médias (presse, télévision, radio) se sont livrés à un acharnement hystérique et irrationnel, ce sont les réseaux sociaux qui ont porté la résistance, soit des soutiens déclarés à François Fillon soit des personnes neutres, mais choquées par une telle manipulation de l’opinion. C’est par les réseaux sociaux que les contre-informations ont pu circuler et que les personnes attachées à François Fillon ont découvert qu’elles n’étaient pas seules. Aujourd’hui, face à des médias incapables d’informer et devenus hystériques et manipulateurs, les réseaux sociaux sont les sentinelles de la démocratie. C’est eux qui transmettent l’information et qui l’échangent. Le pire peut y circuler, comme les rumeurs infondées, mais ce ne sera jamais pire que ce que font les médias (nous y revenons plus bas).

 

Et maintenant ?

François Fillon a donc survécu à une crise politique sans précédent dans le dernier siècle de notre vie politique. Et maintenant, que peut-il se passer pour lui ? Au plus fort de la crise, il a démontré qu’il était un chef, ce dont beaucoup doutait. Il a réussi à conserver son calme et sa capacité d’analyse, à maintenir son camp uni quand les couteaux commençaient à s’aiguiser, à garder un très solide socle d’adhésion (20% au plus bas de l’étiage). Ces qualités de chef ont révélé aux Français un François Fillon qu’ils ne connaissaient pas. Cette épreuve, à défaut de le tuer, l’a révélé. On comprend que ces qualités sont celles d’un chef d’État. Compte tenu de ce qui attend la France dans les cinq prochaines années : lutte contre l’islamisme, éclatement de l’UE, guerres tribales sous-jacentes, ces qualités sont indispensables. Dans ces crises qui risquent d’éclater, il faudra avoir les vertus de calme, de sérénité, de force et de lucidité qu’il a démontrées.

 

Quels résultats au premier tour ?

Une élection présidentielle regroupe environ 37 millions de votants. Il faut au moins 20% des voix, soit 7,4 millions, pour atteindre le second tour (ce fut le cas de toutes les élections précédentes). Aux primaires, ce sont près de 4,5 millions de personnes qui ont voté, soit 12,8% du corps électoral. C’est une base extrêmement solide, que François Fillon pourra élargir sans peine. S’il reste faible, il fera entre 20% et 25% des voix au premier tour. Je ne serai pas surpris que, comme aux primaires, il fasse un gros score et dépasse les 30%. La manipulation est tellement évidente et écœure tellement de Français qui comprennent que l’on veut leur voler l’élection pour leur imposer un candidat, qu’il est probable qu’une révolte démocratique ait lieu et se traduise par un vote élevé dans les urnes.

Marine Le Pen fera entre 20% et 25% des voix, ce qui correspond à la base électorale du FN aujourd’hui.

En troisième position, Benoît Hamon, autour de 15%, qui arrivera à mobiliser les fidèles du Parti socialiste. Jean-Luc Mélenchon devrait faire autour de 10%.

 

La baudruche Macron ?

Quant à Emmanuel Macron, je vois mal comment il pourrait faire plus de 10%. Écrivant cela, je prends le risque d’être démenti et de me tromper lourdement puisque les sondages le donnent à 20% en ce début de février. Mais plusieurs faits me font faire cette analyse.

D’une part, il n’a aucun programme et il est peu probable qu’il en sorte un dans les deux mois qui nous séparent du premier tour. Certes, certains votent pour une personne ou une attitude, mais un programme est malgré tout indispensable, même s’il est purement démagogique.

D’autre part, il n’a ni parti ni équipe. Or, on ne gagne pas une campagne seul, surtout une présidentielle. Il faut des personnes sur le terrain pour tracter, pour défendre dans les dîners en ville, pour soutenir. Ici, il n’a rien. Ce ne sont pas ces maigres soutiens, Pierre Bergé, Alain Minc et Jacques Attali qui pourront changer grand-chose.

Les chiffres d’Emmanuel Macron sont largement exagérés. Pour son meeting à la porte de Versailles, il annonçait 15 000 personnes, ce que tous les médias ont repris. L’Opinion a découvert le pot aux roses et a démontré qu’il n’y avait que 8 000 personnes. Et parmi elles, combien d’intermittents du spectacle payé par les entreprises organisatrice de meeting pour faire nombre ? C’est une pratique courante quand on cherche à remplir les salles. Les sondages qui le donnent à 20% émanent de la société Elabe, propriété de Patrick Drahi, ami et soutien de Macron. Macron lui a permis d’acheter SFR lorsqu’il était ministre de l’Économie. Drahi possède également BFM. Que l’on me permette de douter de la fiabilité de ces sondages.

Enfin, Macron n’a pas de base territoriale. Or, je soutiens que le vote lors d’une élection nationale n’est pas sociologique, mais territorial (j’ai expliqué cela ici). La base territoriale de Macron c’est Paris et Lyon, cela reste tout de même très faible.

On retiendra aussi qu’en mars 2002, Le Monde donnait Jean-Pierre Chevènement qualifié pour le second tour. Finalement, il fit à peine 5%.

Dernier point, plus la campagne avancera, plus Macron apparaîtra pour ce qu’il est : le fils spirituel de François Hollande. En 2007, nous avons eu l’épouse, Ségolène Royal (qui le soutient), en 2012, le mari, François Hollande, en 2017, le fils. Bravo pour le renouvellement.

 

Le grave problème posé par les médias

Il nous faut enfin parler du grave problème posé par les médias, tant ceux-ci se révèlent de plus en plus dangereux pour le maintien de la démocratie et des libertés publiques en France.

La façon dont ils ont traité la crise syrienne est absolument effrayante. Jamais ils n’ont tenté une présentation objective des faits (ce qu’on leur demande). Dès le début, ils ont pris faits et causes contre Bachar Al-Assad ; pourquoi ? Ils ont multiplié les mensonges, les omissions et les contre-vérités (l’usage des armes chimiques en septembre 2013 n’émanait pas du camp Assad, mais des islamistes). Pourquoi un tel parti pris ?

Nous ne leur demandons pas cela, nous leur demandons de nous informer sereinement et nous dire la vérité.

Ils ont continué avec le traitement du référendum en Angleterre et de l’élection présidentielle aux États-Unis. Ils ont pris parti contre le Brexit et contre Donald Trump (bravo la lucidité). Pourquoi nous agonir d’insultes contre Donald Trump ? Nous ne sommes pas citoyens américains et nous ne votons pas à cette élection. Nous attendons des médias qu’ils nous présentent les candidats, leur programme, les raisons de leur soutien et les évolutions. Jusqu’au bout, ils ont martelé que Clinton serait gagnante. Le New York Times, lui, s’est excusé auprès de ses lecteurs.

Dans l’attaque contre François Fillon, ils ont présenté comme frauduleux des faits qui sont tout à fait légaux. Pourquoi ? Par incompétence ou par volonté de manipulation ?

Pourquoi ne parlent-ils pas de l’usage fait par Emmanuel Macron de son budget de ministre au profit de son association En Marche ? Pourquoi ne parlent-ils pas du fiasco de la gestion de Poitou-Charentes par Ségolène Royal, lourdement épinglée par la Cour des Comptes, et du plus grand fiasco encore du retrait de l’écotaxe ? (1 milliard d’euros de coût pour le contribuable).

 

Les médias sont devenus la Pravda officielle du régime. Résultat : de moins en moins de gens achètent des journaux et quasiment tous les titres sont en situation de faillite. Ils survivent grâce à l’argent public ou à l’effacement de leur dette (Macron a effacé celle du Canard Enchaîné).

Il faudra bien un jour régler cette question des médias, car ils deviennent dangereux pour la démocratie. L’État n’a pas besoin d’avoir une dizaine de chaînes de télévision (France 2, France 3, France 5, Arte, France O, France 24, France Info, TV5) et autant de stations de radio. Que les ministères aient une chaîne You Tube pour relayer les vidéos des ministres, rien de plus normal. Que l’on dépense des milliards d’euros d’argent public pour nourrir des médias incapables de fournir une information fiable et non partisane est choquant.

A chacun de s’abonner à la chaîne qu’il souhaite ou au journal qu’il aime. Que l’on rende l’argent aux Français et que l’on ferme ces radios et ces télévisions qui n’apportent rien.

 

Sans informations fiables, il n’y a pas de démocratie possible ni de société de liberté. Les vrais journalistes devraient se révolter contre cela, dénoncer ce système et se regrouper pour fonder de vrais médias d’information, non de propagande. Le risque est sinon de laisser enfler les rumeurs et les théories du complot. La rupture technologique actuelle permet de créer facilement une radio, d’ouvrir des sites d’information, en se passant des distributeurs, des NMPP et de l’impression. Nous ne sommes qu’au début de ce processus. Lors de la présidentielle de 2007, les réseaux sociaux n’existaient pas. Que de changements en dix ans. Le métier de journaliste va profondément changer dans les dix ans à venir. Espérons que cela soit pour le bien, c’est-à-dire pour fournir une vraie information, faite pour informer non pour manipuler.

 

Addendum 13/02/2017

Pour répondre à certaines observations : j’essaye, ici, d’analyser les choses de façon rationnelle et étayée. Je puis me tromper dans mes analyses, il y a peut-être des choses que je ne vois pas : à chacun d’en juger. 

Mais deux choses me gênent dans cette affaire :

1/ Le lynchage médiatique, comme tous les lynchages, où l’on présente une personne comme coupable dans le déni de la présomption d’innocence et le recul d’une enquête.

Hélas, nous sommes trop sujets à ce genre de chose. Je pense, entre autre et dans des genres différents, à l’affaire d’Outreau ou bien au lynchage subi par le Professeur Sylvain Gouguenheim avec son livre Aristote au Mont Saint-Michel.

C’est non seulement injuste mais cela crée un climat d’hystérie collective qui est néfaste pour tous.

2/ La perte de la rationalité et de la réflexion. Depuis les Grecs, la démocratie est liée au logos, à la raison. L’hubris, la colère, souffle sur les passions et aboutit à la tyrannie. Sans réflexion, sans logique, nous ne pourrons pas maintenir notre liberté et notre démocratie.

Chacun est libre de soutenir le candidat qu’il souhaite, c’est le principe même du suffrage universel, mais que cela se fasse dans la réflexion et le respect de l’autre camp. 

Le vote ne doit pas dégénérer en guerre civile ni l’élection devenir une guerre civile permanente.

Ce sont là des pistes de réflexion qui me paraissent essentielles pour l’avenir de nos libertés et de notre démocratie.


Affaire Fillon : Analyse d'un ancien de la Cour des Comptes.

par Antoine Brunet - le 16/02/2017.

Réflexions éclairées d'un ancien de la cour des comptes.

 

 

J'ai comme vous été assommé par la cataracte médiatique du Penelopegate.

Mais ensuite j'ai enquêté et réfléchi. Voici quelques éléments à cet égard. S’ils vous paraissent valables, vous pouvez les faire circuler. Amitiés à tous,

A BRUNET

 

 

 

Je n’épiloguera pas dans cette note sur l’aspect médiatique des choses, que chacun connait puisque c’est l’essentiel de ce que traitent les médias. La présente note vise au contraire à tenter d’analyser et d’éclaircir le fond du dossier.

. y a-t-il emploi fictif?:

A mon avis non: c'est impossible pour plusieurs raisons, l'accusation ne tient pas.

    . d'abord est-ce que Pénélope a réellement travaillé ?

La réponse est nécessairement oui. M Fillon, comme tous les députés, ne peut pas travailler sans assistant parlementaire, dont le rôle est à la fois divers et très chargé: suivre l'actualité, préparer des notes de synthèse ou des dossiers sur des sujets complexes, préparer les discours amendements et interventions à l'Assemblée, recevoir l'énorme courrier d'un parlementaire et rédiger les réponses, écouter les solliciteurs, représenter le député localement quand il est indisponible, préparer l'emploi du temps et suivre les rendez-vous et déplacements, ...

Bref, il faut quelqu'un de fort calibre et ayant du temps disponible. C'est un travail qui relève du niveau “Administrateur civil” de la fonction publique. J'ai fait du Cabinet ministériel, je n'ai jamais autant travaillé.

Or à aucun moment le Canard n'a dit: « le travail était fait en réalité par Mr X, Mlle Y et Mme Z, donc pas par Pénélope ». C'était pourtant le seul moyen de prouver que Pénélope n'aurait rien fait. Et à ma connaissance, personne n'a cité le nom d'autres assistants parlementaires que Mme Fillon. Si donc elle était bien la seule, comment imaginer qu'elle n'ait pas fait le travail ? Comment le député Fillon aurait-il pu fonctionner ?

Ainsi l'accusation d'emploi fictif paraît peu vraisemblable.

    . ensuite, même si Pénélope n'avait pas travaillé, y aurait-il détournement de fonds publics ?

La réponse est non, car jusqu'en 2012, les fonds concernés étaient privés : personne n'obligeait M Fillon à dépenser son enveloppe destinée à payer un ou plusieurs assistants. Il pouvait garder les fonds entièrement pour lui, leur emploi était totalement libre. Une fois ces fonds arrivés sur son compte bancaire, il en avait la libre disposition. C'était des fonds privés, comme son salaire de député.

Donc il ne pouvait y avoir détournement, puisque le parlementaire en avait le libre emploi, sans avoir à en rendre compte à personne. Et encore moins de détournement de fonds publics, puisque ces fonds étaient privés.

Ce régime de libre utilisation des fonds a cessé fin 2012. Depuis 2013, les sommes non utilisées à payer un ou plusieurs assistants parlementaires reviennent à l'Assemblée. A partir de cette date les fonds sont « fléchés », leur nature est un peu différente. Ne cherchons pas à en dire davantage, puisque les faits sont antérieurs à ce changement de régime : à partir de 2013 Mme Fillon a cessé d'être rémunérée par son mari. M Fillon a expliqué qu'il avait cessé de le faire parce qu'il avait senti monter la réprobation publique contre ces emplois familiaux, pourtant légaux, et que, pour tenir compte de cette inflexion de l'opinion, il avait pris d'autres personnes pour remplacer son épouse.

Ainsi la qualification de détournement de fonds publics ne peut être retenue.

 

. si enfin cette qualification était néanmoins retenue, l'auteur des faits pourrait-il être poursuivi en justice ?

La réponse est non car les faits sont trop anciens. De tels "délits" (emplois fictifs, détournement de fonds publics) se "prescrivent" par trois ans. Après trois ans on ne peut plus les poursuivre. Or les faits remontent largement à plus de trois ans. Rien que pour ce motif la procédure diligentée à grand fracas contre Fillon est « bidon ». Si la PJ avait été honnête, elle aurait refermé le dossier en 24 heures en disant: les faits sont prescrits et ne peuvent plus être poursuivis. Et on n'en parlait plus.

Au lieu de cela, elle fait durer l'affaire, sans aucune chance d'aboutir, ni sur le fond ni sous l'angle de la prescription, uniquement pour ternir la réputation du candidat qui apparaissait bien placé pour gagner l'élection, et dégoûter les électeurs de voter pour lui.

 

    . passons à présent au plan moral, qui est celui qui est le plus retenu par le public et le plus “lourd à porter” : Y a-t-il eu népotisme ?

Oui au sens littéral. Mais cette situation est légale, organisée et encadrée par les assemblées parlementaires. Plus de 200 parlementaires emploient des membres de leur famille comme assistants parlementaires, sans que personne n'y ait trouvé à redire. Cette pratique est sans doute regrettable, mais on ne peut en accuser M Fillon sans devoir en accuser aussi les autres parlementaires qui sont dans le même cas et sans ouvrir une enquête judiciaire à leur encontre. Ce que ni les médias ni la justice ne font.

 

Y a-t-il eu rémunération abusivement élevée ?

La réponse est non, les rémunérations pratiquées sont normales : il convient pour les apprécier de considérer la totalité de la période dénoncée par les médias. Si on rapporte ces salaires « énormes », aux quelque 25 ans de mandat de député ou sénateur (hors périodes de poste de ministre), ils ont été en moyenne autour de 2.400 E nets par mois.

Ce montant est à comparer à la rémunération mensuelle d'un Administrateur civil (= catégorie A), qui va de 2.100 E bruts en début de carrière à 3.600 E (et davantage pour le hors classe, le hors échelle…) sans les primes qui s’y ajoutent, et qui sont en moyenne de 20% du traitement brut. On peut comparer le net de Pénélope au brut d'un administrateur sans les primes.

Un assistant parlementaire a été interrogé à la TV, pour savoir si la rémunération de Pénélope était excessive. Il a répondu que si cela avait été lui l'assistant de Fillon, pendant toute la période en question, cela aurait coûté plus cher que les sommes énoncées par le Canard enchaîné. Je l'ai vu et entendu moi-même.

Ceci n'a été repris par aucun média.

 

Pour résumer :

. le travail d'assistant parlementaire a bien dû être fait par quelqu'un, et si ce n'est par Pénélope, par qui d'autre a-t-il été fait ? Il n'y a pas d'emploi fictif.

. les fonds, à l'époque des faits étaient d'emploi libre et, par conséquent, n'étaient pas des « deniers publics », mais des fonds privés. Il ne peut y avoir de « détournement de fonds publics ».

. les faits allégués sont prescrits et ne peuvent être poursuivis. Il ne peut y avoir d'enquête de police et encore moins de mise en examen.

. l'emploi de membres de la famille est légal et largement pratiqué par des parlementaires de tous bords, dont aucun n'est poursuivi,

. les rémunérations étaient normales pour le poste concerné.

 

Tout ceci montre qu'on est devant une bulle médiatique doublée d'un détournement de procédure par l'autorité publique, consistant à faire durer une enquête judiciaire « bidon », dans le seul but de persuader une opinion non informée que les faits étaient immoraux et délictueux, afin de fausser l'élection présidentielle.

S'agissant des médias, rien de surprenant. On se souvient que lors de l'élection de Hollande, les médias s'étaient entendus pour réaliser chacun de leur côté un « vote blanc » anonyme de leurs personnels, reproduisant celui qu'ils avaient émis pour le scrutin réel. Résultat : 85 % avaient voté Hollande.

S'agissant des pouvoirs publics, rien d'étonnant non plus quand on connaît le respect de la gauche pour la légalité, la présomption d'innocence et la moralité.

 

Alors, pour qui voter ?

 

Procédons à la revue des choix possibles :

 

. à l'extrême gauche, Mélenchon, le candidat du « peuple ».

Son programme économique est désastreux, fondé sur le gonflement du smic et des prestations sociales, le recrutement massif de fonctionnaires, le matraquage fiscal, la fermeture des frontières et le reniement de la dette publique. Ce programme est idéal pour accélérer les délocalisations des entreprises comme des hommes et femmes ayant reçu une instruction supérieure, c'est à dire pour vider le pays de sa substance.

Et pour financer tout cela, on répudierait nos dettes (les banquiers n'avaient qu'à pas nous prêter, c'est de leur faute ! Sic) et on emprunterait à la Banque de France.

Ce programme est inspiré de celui de Hugo Chavez au Vénézuela, qui a fait en peu d'années de ce pays prospère, assis sur un immense gisement de pétrole, un des pays les plus pauvres du monde. La fermeture des frontières françaises par des droits de douane élevés est un suicide collectif, quand on sait que la part du commerce extérieur est d'à peu près la moitié du PIB. En même temps, c'est la hausse assurée des prix intérieurs du fait des droits de douane, de l'inflation dûe aux emprunts à la Banque de France (interdits par les règles européennes, donc, sortie de l'Europe), de la perte de compétitivité, sans compter les mesures de rétorsion inévitables du reste du monde envers nous.

Bref, évitons Mélenchon.

Au plan moral, rappelons-nous que l'intéressé s'est déclaré opposé à ce qu'on demande aux candidats de publier leurs revenus, parce que son patrimoine est de plusieurs millions et qu'il gagne environ 30.000 E par mois en tant qu'élu cumulant plusieurs mandats.

 

. puis M Hamon. Sa semaine de 32 heures approfondira la chute de la compétitivité de nos entreprises, comme l'ont fait les 35 heures, cependant que le « revenu universel », qui coûterait chaque année autant que tout le budget de l’État, ne peut être financé qu'en doublant tous les impôts (la TVA à 40 % par exemple) ou en s'endettant comme la Grèce.

La France irait tout droit sous la tutelle du F M I, comme en 1958, situation dont nous a tirée l'arrivée de de Gaulle, remettant tout en ordre, et ouvrant le pays sur le monde pour le faire repartir.

Donc, évitons M. Hamon.

Au plan moral, jusqu'ici aucune « casserole » n'a été détectée contre lui, à ma connaissance. Mais il y a plus grave, c'est la destruction par son programme de ce qui reste de la « valeur travail » déjà mise à mal par les 35 heures.

 

. puis M Macron. On attend son programme. Le peu qu'il en ait exposé consiste à créer de nouvelles dépenses. Il ne prend parti sur rien, ou, quand il le fait, c'est pour renier ce qu'il a défendu comme ministre. Il se présente comme le candidat de la rupture et du renouveau, alors qu'il regroupe sous son aile l'essentiel des ministres de M Hollande. Bref, M Macron, c'est le nouveau Hollande.

Si on est satisfait du bilan de M Hollande, alors il faut voter Macron.

Au plan moral, pas un mot sur la gangrène islamique qui est devenue la préoccupation N° 1 des français, et qui fait le lit de Mme le Pen.

Rappelons en outre que M Macron a consommé en huit mois 80 % des frais de représentation de Bercy, dont une partie semble l'avoir été pour des fins électorales personnelles, sans qu 'aucune enquête judiciaire n'ait été ouverte pour le laver de ce soupçon.

 

. Mme le Pen : c'est le mariage des extrêmes, de gauche et de droite : son programme économique est d'extrême gauche, c'est celui de M Mélenchon (voir ci-dessus), motif pour lequel, d'ailleurs, au Parlement européen le Front national s'est vu refuser sa demande d'adhésion au groupe d'extrême droite.

Son programme monétaire est la sortie de l'euro, par création d'un euro français dont la valeur sera déterminée souverainement par l'Etat et avec lequel seraient remboursés les emprunts publics (NB : ceux-ci sont libellés pour l'essentiel en vrais euros ou en dollars, et sont détenus pour les deux tiers par des étrangers): on rêve ? On va vers des dévaluations en chaîne, dues à la perte de compétitivité des entreprises. Personne ne voudra de notre euro national. Personne ne voudra plus de nos emprunts publics.

Elle promet de fermer les frontières à l'immigration et aux marchandises et d'expulser les étrangers en situation irrégulière. C'est la politique de la Ligne Maginot et du recroquevillement national. Elle croit sans doute qu'en agissant ainsi elle empêchera les élites et les capitaux de fuir le pays pour aller créer des entreprises ailleurs et qu'elle encouragera les investissements étrangers chez nous.

Son programme budgétaire consiste à s'affranchir des règles d'équilibre de Maastricht. On fera le déficit qu'on voudra, financé par la Banque de France, enfin libérée des contraintes européennes, redevenue « souveraine . Vive la « planche à billets » et les nouveaux « assignats ».

  Mme le Pen c'est le nationalisme + le socialisme. Ça a un nom, qu'il ne faut pas prononcer, parce qu'il rappellerait de mauvais souvenirs.

Donc, évitons Mme le Pen.

Au plan moral, pour se limiter à l'actualité récente, rappelons que Mme le Pen doit personnellement 650.000 E au Parlement européen, pour avoir pris son concubin comme attaché parlementaire, ce qui est interdit à Bruxelles, et avoir fait financer sa campagne en France par les fonds européens. Elle refuse de rembourser ces sommes et fait donc l'objet de poursuites judiciaires de ce chef. Ceci ne semble émouvoir personne.

 

Alors, il reste qui, si on veut sortir du Hollandisme sans tomber encore plus bas ?

Il reste M Fillon, le seul à présenter un programme complet et cohérent de redressement du pays appuyé sur une force de caractère capable d'en assurer la mise en œuvre.

Et on irait douter de lui et du programme de redressement de la France au motif qu'il fait l'objet d'une campagne mensongère de la part des « immobilistes », profiteurs du statu quo, qui creusent des trous dans le bateau pour s'amuser un peu, en se fichant pas mal de le faire couler !

Mais où avons-nous la tête ? Nous voulons voter pour tous ces marchands d'illusions qui nous conduiront à ce que sont devenus la Grèce ou le Vénézuela (sans compter l'Argentine, Cuba et bien d'autres) ?

Ou alors allons-nous nous abstenir courageusement, pour ne pas avoir à choisir, en nous cachant la tête dans le sable pour ne pas voir ce qui va nous arriver ?

Allons donc !

Personnellement, je n'ai pas d'états d'âme. Je voterai Fillon, et je le ferais même s'il était fautif. Car mieux vaut un fautif qui sauve le pays qu'un candidat bien propre qui le conduise au précipice. Sans compter que par les temps qui courent, les candidats bien propres ne sont pas légion. Après tout, ni Colbert, ni Mazarin, ni Napoléon, ni Talleyrand, ni Clémenceau, ni la plupart des grands hommes d’Etat qui ont oeuvré pour le bien du pays, n’étaient de petits saints, malgré ce qu’ils s’efforçaient de paraître.

C’est pourquoi je voterai Fillon et je le fais savoir autour de moi pour redonner du courage à ceux qui doutent. La communication initiale de Fillon a été faible, c'est à nous de prendre le relais.

Je vous ai aidé à y voir clair ?

Amitiés à tous

 

A BRUNET


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