Lettre ouverte au Ministre de la Défense (Version définitive)

...par le Gal. Antoine Martinez - le 15/06/2019.

Madame le ministre des Armées,

 

Le 22 mai dernier, un événement particulièrement odieux, humiliant, insupportable et inacceptable s'est déroulé dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides, haut lieu symbolique de

nos armées et donc de l'histoire de France, de cette France qui est, faut-il le rappeler, la fille aînée de l'Eglise, depuis le baptême de Clovis.

Un concert y a, en effet, été donné à l'initiative de l'ambassadeur du Kosovo, représentant d'un Etat pour le moins controversé et non reconnu par de nombreux pays, sous le prétexte invoqué

de vingtième anniversaire de « la paix au Kosovo ». Et ce concert intitulé « L'homme armé, messe pour la paix » contient un appel à la prière musulmane qui a outrageusement résonné dans cette cathédrale. Il s'agit d'une inacceptable profanation.

Personne ne peut croire que l'ambassade du Kosovo, organisatrice de cet événement, a agi de

façon irréfléchie et sans arrière-pensées. Bien sûr qu'elle a porté son choix pour ce concert sur

ce haut lieu symbolique à la fois militaire et catholique. Avoir envisagé d'y réciter le coran n'est-

ce pas vouloir délivrer, sur une terre qui n'est pas terre d'islam, le message de conquête imposé

aux musulmans par leur texte sacré ? N'est-ce pas, en outre, montrer la voie à suivre à

l'exemple du Kosovo qui, avec l'arme démographique, a réussi, en l'espace d'un siècle à peine,

à déposséder les Serbes du cœur historique de la Serbie ? C'est précisément ce qui attend

notre pays par la faute d'élites politiques qui, en l'espace de seulement une quarantaine

d'années, ont mis en péril notre héritage historique, spirituel et culturel. Des pans entiers de

notre territoire ne sont-ils pas déjà abandonnés à une autre loi que celle de la République ?

 

Ce concert n'aurait pas pu être donné sans l'aval d'une autorité à un haut niveau. C'est la raison

pour laquelle nous souhaiterions que vous fassiez rapidement une communication officielle sur

ce que l'on ne peut pas considérer comme un incident banal mais, il faut bien l'admettre, une

négation et une trahison de l'âme de la France et que soient établies les responsabilités qui ont

permis la tenue de ce concert dans ce lieu si cher à la mémoire et au cœur des militaires dont

vous avez, Madame le ministre, la charge.

 

Vous pouvez comprendre – et le président de la République en sa qualité de chef des armées

également – que face à cet événement d'une gravité exceptionnelle, face à cette profanation

scandaleuse et douloureuse à nos cœurs de soldats français et chrétiens (ou de culture

chrétienne), il est difficile de garder le silence. Comment peut-on accepter un tel concert, de

surcroît dans la cathédrale des soldats qui porte les drapeaux des victoires de nos pères ?

Comment peut-on l'accepter alors que dans le même temps nos soldats se battent à l’extérieur

de nos frontières contre le terrorisme islamique et que certains y laissent leur vie avant que

leurs cercueils soient accueillis dans ce temple symbolique pour leur rendre un dernier

hommage.?

 

Ce qui s'est passé dans ce lieu hautement symbolique traduit une démarche de soumission et

d'abdication face à l'inacceptable qui aura, n'en doutez pas, une résonance sur le plan

international et notamment dans les pays musulmans qui peuvent se réjouir aujourd'hui de ce

précédent. Cela dépasse même les principes énoncés dans leur stratégie culturelle à appliquer

hors des pays islamiques adoptée par l'OCI à Doha, au Qatar, en 2000. D'ailleurs la charte de

cette organisation internationale politique, revue et corrigée en 2008, ne laisse aucun doute sur

les objectifs poursuivis.

 

Il est aujourd'hui urgent que nos dirigeants politiques prennent enfin conscience de la gravité de

la situation et du fait que le monde est régi par des rapports de forces permanents auxquels il

est impossible d'échapper. Il ne faut donc pas être naïf dans les relations internationales,

quelles qu'elles soient, et il n'est pas dans l'intérêt de la France de faire preuve de ce qui serait

considéré – qui pourrait le contester ? - comme une marque de faiblesse face à des volontés

extérieures oeuvrant pour des intérêts totalement opposés à ceux de la nation française.

 

Nous vous prions, Madame le ministre, d'agréer l'expression de notre haute considération.

 

Le 07 juin 2019

Général CAZEMA Jacques

Général DESCHAMPS Marc

Général DUBOIS Roland

Général FORZY Bernard

Général GAUBERT François

Général GROSMAIRE Daniel

Général MARTINEZ Antoine

Général PIQUEMAL Christian

Général SCHAEFFER Daniel

Général TAUZIN Didier

Colonel AMIOT Jacques

Colonel CHANAS Jean Louis

Colonel LAFAILLE Michel

Lieutenant Colonel BONNEFOUS Roland

 

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