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Ukraine : la France dresse le bilan des équipements militaires livrés

Source : Ministère des Armées / Publié le : 04 mars 2024

 

Depuis le début de la guerre, la France fournit des équipements et du matériel adaptés au contexte d’engagement des forces armées ukrainiennes. Ces livraisons respectent trois critères : livrer des capacités complètes (matériels avec munitions, formations et maintenance des équipements), sans fragiliser nos armées et en maîtrisant l’escalade.

 

Au bilan, la France a livré pour une valeur totale de 2,615 milliards d’euros d’équipements militaires à l’Ukraine, auxquels viennent s’ajouter 1,2 milliard d’euros donnés à la Facilité Européenne pour la Paix (FEP), soit un soutien de plus de 3,8 milliards d’euros entre le 24 février 2022 et le 31 décembre 2023. Cet effort financier s’accompagne d’une action déterminée en terme de formation puisque près de 10 000 soldats ukrainiens ont d’ores et déjà été formés par les armées en Pologne et en France.

Parallèlement, la France contribue à la sécurité du flanc est de l’Europe par des déploiements terrestres en Roumanie comme nation-cadre et en Estonie, par des déploiements aériens temporaires en Lituanie et à partir de la métropole ainsi que par une présence maritime permanente en Baltique et en Méditerranée.

 

 

Téléchargez la liste quantitative des équipements militaires effectivement livrés à l’Ukraine depuis le début de l’agression de la Russie sur le territoire ukrainien le 24 février 2022, jusqu’au 31 décembre 2023 (n’apparaissent donc pas les livraisons d’équipements effectuées en 2024).

 

 

Liste des équipements livrés à l’Ukraine

Equipements individuels

• Casques : 6 200

• Gilets pare-balles : 6 500

• Tenues NRBC : 1 100

• Effets de vol : 100

• GPS : 200

• Effets temps froid : 3 100

• Trousses premiers secours : 3 700

• Plasma lyophilisé (PLYO) : 300

 

Systèmes optiques

• Jumelles vision nocturne : 445

Systèmes Anti-Char       

• Système lance-roquettes AT4 : 1 002

• Système Milan : 3

 

• Missiles Milan : Donnée confidentielle

 

Artillerie             

• Canons TRF1 :6

• Canons Caesar : 30

• LRU : 4

• Mortiers 120 mm : 10

 

Défense sol-air

• Crotale NG : 2

• Missiles Crotale : donnée confidentielle

• Radar CM200 : 1

• Mistral : 6

• Missiles Mistral : donnée confidentielle

• Samp/T : 1

• Missiles Aster : donnée confidentielle

 

Véhicules blindés

• AMX10 RC : 38

• VAB armés et VAB sanitaires : 250

 

Véhicules de transport/ liaison

• VLTT P4 : 120

• Camions GBC 180 : 6

 

Véhicules nautiques      

• Zodiacs Futura : 30

 

Carburants 

• Citernes carburant (TRM 10 000) ACH : 10

• Produits pétroliers : 150 t

• Carburéacteur (en m3) : 30 000 m3

 

Munitions

• Munitions petit calibre (9 mm, 5.56 mm, etc.) : 1,1 million

• Grenades : 10 500

• Cartouches 12,7 mm : 1,74 million

• 105 mm AMX10 RC : 9 000

• 155 mm Caesar et TRF1 : 30 000

 

Missiles air-sol

• Scalp : Donnée confidentielle

 

Systèmes de transmission          

• Scanners de fréquence : 100

• Postes Iridium : 30

 

Drones / LAD

• Détecteurs de drones :10

• Drones de reconnaissance : 160

 

Soutien électrique         

• Groupes 300 kVA : 2

 

Génie

• Pétards : 38 000

• Détonateurs : 17 000

• Matériels pyro : 43 000

• Mines anti-char : 3 600

 

Armement petit calibre               

• Mitrailleuse 7,62 mm : 55

• Mitrailleuse 12,7 mm : 560

• Famas : 1 000

• Fusil de précision : 20 

 

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Liste des équipements livrés à l'Ukraine
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Le 03/12/2021.

Suspendu au feu vert de l’Espagne, le projet de drone MALE européen est toujours au point mort

Le programme de drone MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] européen « Eurodrone » va-t-il décoller un jour? Lancé à l’issue d’une proposition faite en 2013 par Airbus, Dassault Aviation et Leonardo, ce projet aurait dû se concrétiser, au plus tard, en 2019.

Seulement, faute d’accord sur ses coûts, alors annoncés 30% plus élevés par rapport à ce qui avait été prévu initialement, les discussions entre les industriels concernés et les États clients [France, Allemagne, Espagne et Italie] traînèrent en longueur… malgré les menaces à peine voilée de la ministre française des Armées, Florence Parly, de renoncer à ce projet.

Et il fallut attendre novembre 2020 pour voir un projet de contrat enfin finalisé, sous l’égide de l’Organisation Conjointe de Coopération en Matière d’Armement [OCCAr]. Pour autant, l’affaire était encore loin de connaître son épilogue. En effet, il fallait encore obtenir le feu vert des pays clients.

Si la France le donna sans rechigner, l’Allemagne, via la commission des finances du Bundestag [chambre basse de son Parlement], prit le temps d’examiner un rapport trés critique sur ce programme, décrit comme présentant un « risque de dérapage financier », avec des « surcoûts imprévisibles » en raison d’une « répartition des risques inhabituellement unilatérale aux frais des clients. Mais l’aspect politique du dossier l’emporta… et les députés allemands donnèrent leur accord.

Il ne restait plus qu’à obtenir l’accord de l’Italie et de l’Espagne… Lors de sa dernière audition à l’Assemblée nationale, début octobre, le Délégué général pour l’armement [DGA], Joël Barre, affirma que le feu vert des Italiens était imminent, le projet de contrat étant alors en cours d’examen par le Parlement transalpin. Et d’ajouter : « Nous attendons l’accord de la partie espagnole dans les jours à venir ». Aussi, était-il optimiste pour notifier, sans tarder, le « contrat afférent à Airbus Allemagne, qui est en est le maître d’œuvre, en association avec ses deux partenaires que sont Leonardo et Dassault ».

Sauf que les mois d’octobre et de novembre 2021 sont désormais passés… Et l’Espagne n’a toujours pas donné son accord à la poursuite du programme Eurodrone.

« Nous avons le feu vert de l’Allemagne, de l’ Italie et de la France, et nous attendons encore celui de l’Espagne », a en effet affirmé Daniela Lohwasser, la responsable du projet Eurodrone chez Airbus Defence & Space, ce 30 novembre. Et une fois qu’il sera obtenu, a-t-elle continué, « il faudra peut-être encore quelques mois avant que nous soyons prêts à enfin signer les contrats complets ».

Car le choix de la motorisation qui, selon les spécifications adoptées à la demande de l’Allemagne, reposera sur deux turbopropulseurs, n’est pas encore arrêté. Deux motoristes sont en lice, à savoir le français Safran et l’italien Avio. Mais aucun des deux n’a remis une copie satisfaisante, tant du point de vue financier que des performances. C’est, en tout cas, ce qu’avait expliqué M. Barre, en juin dernier.

« Nous travaillons à la finalisation des dernières offres. Nous annoncerons le fournisseur du moteur juste après la signature du contrat. Pas avant », a par ailleurs précisé Daniela Lohwasser.

Avant ces derniers retards, la livraison du premier Eurodrone à l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] était prévue en 2028. Tout vient à point à qui sait attendre, dit-on… Mais au rythme où vont les choses, il risque bien d’avoir une guerre de retard.

Le concours pour devenir sous-officier va-t-il être une formalité pour les gendarmes adjoints volontaires des PSIG?

Quelques semaines après le drame de Saint-Just, au cours duquel trois gendarmes furent tués par un forcené, le directeur de la Gendarmerie [DGGN], le général Chrisitian Rodriguez, fit part de son intention de lancer la « professionnalisation complète » des 395 PSIG [Peloton de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie, ndlr].

Et celui mit en avant deux idées : le recours à l’expertise de l’armée de Terre pour la formation « tactique » des gendarmes servant au sein des PSIG et la transformation des 3000 emplois occupés par des gendarmes adjoints volontaires [GAV] en autant de postes tenus par des sous-officiers [SOG].

Lors de ses récentes auditions parlementaires, le général Rodriguez est revenu sur cette réforme. Ainsi, il a indiqué qu’un accord avait été donné par la ministre des Armées, Florence Parly, pour que les gendarmes des PSIG soit formés à « la manoeuvre sous le feu » par des régiments de l’armée de Terre. « Tout le monde est enchanté, et nous allons continuer », a-t-il dit.

Quant à l’autre mesure envisagée en début d’année, il va se concrétiser à partir de 2022. « Jusqu’à présent, les PSIG, constitués pour moitié de professionnels et de gendarmes adjoints volontaires avec un statut d’emploi-jeune, étaient engagés en premier. L’une des mesures, sur trois ans, va consister à remplacer tous les gendarmes adjoints volontaires par des gendarmes d’active. Un budget va nous être alloué en conséquence. Trois mille postes vont être transformés, ce qu’on n’avait encore jamais fait. Nous sommes très heureux de cette innovation », a expliqué le DGGN.

Reste donc à voir comment ces postes de GAV vont être ainsi « transformés ». En effet, pour être sous-officier dans la gendarmerie, deux voies sont possibles.

La première prend la forme d’un concours qui, ouvert aux titulaires d’un Baccalauréat [ou diplôme équivalent], a lieu une fois par an. Il comporte des épreuves écrite et sportive, des tests psychotechniques, une évaluation des compétences numériques et un oral devant un jury.

La seconde s’adresse aux GAV [mais aussi aux militaires du rang des autres armées] qui, après un an passé sous l’uniforme, ont la possibilité de passer un concours interne. Les modalités sont quasiment identiques à celles de la voie directe, à la différence que l’épreuve écrite porte sur les connaissances professionnelles.

Dans ces conditions, pour « professionnaliser » les PSIG, il n’y a que deux solutions : soit recruter davatange de sous-officiers par la voie directe [et réduire, mécaniquement, le recrutement des GAV], soit faire en sorte que ces mêmes GAV puissent devenir plus facilement sous-officiers. A priori, si l’on en juge par un article de GENDinfo, le magazine de la Gendarmerie nationale, la seconde va être privilégiée.

« Sur le plan des ressources humaines, les gestionnaires RH, au niveau central comme aux niveaux déconcentrés, mobiliseront tous les leviers à leurs dispositions pour réaliser cette montée en puissance. Ils porteront une attention bienveillante aux modalités de repositionnement des GAV et de comblement des postes de SOG », explique GENDinfo. Et d’ajouter : « À noter que cette vaste transformation des emplois au sein des PSIG constitue pour les GAV y servant une véritable opportunité de réussir les prochains concours SOG dont le nombre de lauréats est appelé à augmenter sensiblement ».

Par ailleurs, l’équipement des PSIG va être amélioré, avec la distribution de fusils d’assaut HK G36 dotés d’une aide à la visée, de casques avec visière balistique, de monoculaires d’obsersation nocturne, etc…

BARKHANE – Task Force Takuba : première opération conjointe du Task Group n°2 avec les Forces armées maliennes

Du 20 au 22 novembre 2021, le Task Group n°2 (TG2franco-tchèque de Ménaka et l’Unité légère de reconnaissance et d’intervention n°6 (ULRI 6) ont conduit une opération de reconnaissance dans la zone de Tideba, située à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Ménaka au Mali. Il s’agissait de la première opération des militaires maliens de l’ULRI 6, concrétisant ainsi un cycle de cinq semaines de formation initiale et d’entrainement.

Pendant trois jours, le TG2, composé de commandos marine français et de commandos tchèques, a supervisé et accompagné deux sections de militaires maliens. Objectifs : perturber les réseaux des Groupes armés terroristes (GAT), montrer la présence des militaires maliens accompagnés de la Task Force (TF) Takuba dans cette région où la menace djihadiste persiste, et évaluer les compétences acquises par l’ULRI 6. Cette opération visait, in fine, à confirmer leur capacité à mener des opérations plus longues et dans la profondeur.

Grâce à des infiltrations motorisées de jour et de nuit en hors-piste, reposant sur des renseignements d’intérêt, mais également grâce au dialogue établi avec la population, cette mission de 3A (adviceassistand accompagny - conseiller, assister, accompagner) a permis à l’ULRI 6 de mettre en application les savoir-faire nouvellement acquis tout en développant leur capacité opérationnelle.

Cette opération illustre la vocation de la Task Force Takuba qui, dans le cadre de la réarticulation de la Force Barkhane, en constitue l’une des 3 dimensions. Elle vise à accompagner les partenaires africains dans leurs opérations de lutte contre le terrorisme, grâce à l’effet démultiplicateur des détachements européens légers de forces spéciales qui composent la TF Takuba.

La Task force européenne TAKUBA, créée à l’issue du sommet de Pau du 13 janvier 2020, a pour mission de conseiller, d’assister et d’accompagner au combat les unités conventionnelles maliennes dans la lutte contre le terrorisme. Elle est intégrée à l’opération BARKHANE.

Conduite par les armées françaises, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, l’opération BARKHANE a été lancée le 1er août 2014. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad. Elle regroupe environ 5 100 militaires dont la mission consiste à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace.

Eric Denécé : « Le renseignement est le plus vieux métier du monde »

Après un premier ouvrage couvrant l'Antiquité et le Moyen-Âge, le Centre Français de Recherche sur le Renseignement (Cf2R) publie Renseignement et espionnage de la Renaissance à la Révolution(Ed. Ellipses 2021)Un ouvrage collectif de 22 auteurs co-dirigé par Éric Denécé, fondateur et directeur du Cf2R.

Entretien conduit par Marie Corcelle

 

Fild : Pourquoi un livre sur le renseignement sous un angle historique ?

Éric Denécé : Pour deux raisons. La première, c'est qu’il n’y a pas de base culturelle sur l’histoire du renseignement en France. Des documents existent à l’étranger, comme en Angleterre, en Russie ou aux États-Unis, mais nous n’avions à ce jour aucune étude exhaustive sur le sujet chez nous. Nous avons pour ambition de rédiger une encyclopédie en huit tomes, de l’Antiquité jusqu’à la période actuelle.
La seconde raison qui nous a incité à rédiger une histoire mondiale du renseignement, c'est notre volonté d'associer dans cette même démarche les anciens du métier, dont mon équipe et moi-même, et des universitaires.


Fild : Quel héritage les services de renseignement de l’époque ont-ils légué aux services de renseignement actuels ?

Éric Denécé : En réalité, le renseignement est le plus vieux métier du monde. Manipuler les hommes et les femmes n’a pas changé depuis l’Antiquité. Il y a donc une continuité concernant la pratique. Mais la technologie a évolué. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, le renseignement technique est quasiment absent, il n’existe pas encore de photos aériennes ou d’écoutes classiques. C’est à l’occasion de celle-ci que s’est généralisée l’utilisation d’avions, de ballons d’observation et du télégraphe. L’autre aspect, c’est qu’on s’aperçoit qu'il y a eu de grandes organisations de renseignement dans les temps anciens, dont certaines ont été très pérennes et ont duré longtemps, mais ont toujours fini par disparaître à un moment donné. Sous l’Empire byzantin par exemple, il y a eu pendant plus de 1 000 ans des services secrets très structurés et intégrés à l’administration byzantine. Mais ils ont disparu avec l’effondrement de cet empire. De même, en France, de nombreux petits services de renseignement ont émergé au cours de l’histoire, qui ont duré quelques décennies avant de disparaître. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les services de renseignement modernes sont devenus permanents, ils se sont institutionnalisés en devenant des administrations d’État, et ils n’ont plus jamais été remis en cause.

« On est infiniment plus surveillé aujourd’hui »

Fild : Quelle était l’importance des cabinets noirs de la Renaissance jusqu'à la Révolution ? Peut-on dire qu’ils existent toujours aujourd'hui de manière officieuse ?

Eric Denécé : Il s’agissait à l'époque d’organisations de renseignement rattachées au souverain ou à son Premier ministre, traitant autant de questions de diplomatie, de sécurité que des affaires personnelles des dirigeants. Il y en a toujours eu dans l’histoire. Et ces organisations disparaissaient souvent à la mort du monarque ou de celui qui les avait créées. En règle générale, les cabinets noirs désignaient alors ceux qui ouvraient les courriers : ses membres étaient capables de défaire les cachets de cire, de lire les lettres, de décoder les codes à l’œuvre à l’époque, et de tout remettre en place. Aujourd’hui, ce type de structure a disparu, même s’il est possible qu’à la demande d’un président ou d’un Premier ministre, une partie d’un service se polarise sur un sujet particulier. Mais avec le contrôle démocratique et parlementaire actuel, ces dérives sont quasiment inexistantes. Les dernières en date restent celles du Watergate avec Nixon, et des écoutes de l’Élysée avec Mitterrand.

Fild : La surveillance étroite de la population était chose courante par le passé. Mais dans quels buts ? Et pensez-vous que ce soit toujours le cas aujourd’hui ?

Eric Denécé : À l’époque, le renseignement intérieur travaillait au service du souverain pour éviter qu’il soit renversé, déjouer les complots, contrôler toute opposition... Mais la surveillance pouvait être plus large. Ainsi, en France, au moment des guerres de religion, la monarchie surveillait étroitement les Protestants et leurs activités. Ce phénomène s’est accru au fil des siècles, et atteint des sommets avec la lutte antiterroriste ! Pour ne donner que quelques exemples, considérez les contrôles aux frontières, les datas, les pièces d’identité électronique, les cartes de crédit qui permettent de tracer vos dépenses... On est infiniment plus surveillé aujourd’hui !

Fild : Quelle activité clandestine de la période que vous couvrez dans le livre est à vos yeux la plus emblématique de l’époque ?

Eric Denécé : C'est ce qui est resté comme le « Secret du Roi » sous Louis XV. Ce monarque avait monté un véritable service de renseignement parallèle, qui menait une politique étrangère parfois différente, voire concurrente de celle de son ministredans le but de défendre l’intérêt national. Il a ainsi tenté, entre autres, d’intervenir à l’occasion de la succession du roi de Pologne. C’était l'un des premiers services secrets français qui a duré plusieurs décennies, et qui a eu plusieurs hommes de qualité à sa tête. Certains ont continué à opérer sous Louis XVI.

L'axe « Turquie - Qatar » en difficulté au Moyen-OrientImage supprimée par l'expéditeur.

Source : Roland Lombardi

Forcé d’apaiser ses relations avec Le Caire et Riyad, Erdoğan - le janissaire du Qatar, en grande difficulté - vient également de se « réconcilier » avec Abou Dhabi. L’Entente « Égypte - Arabie Saoudite - Émirats Arabes Unis » est-elle en train de gagner sa « guerre froide » avec l’axe « Doha - Ankara » en Méditerranée et au Moyen-Orient ? Un changement de rapport de force qui se ferait aussi au détriment des protégés islamistes de la Turquie et du Qatar, notamment les Frères musulmans.

L’édito international de Roland Lombardi

Depuis une dizaine d’années, une lutte féroce a opposé deux blocs dans le monde sunnite : l’un composé de l’Égypte de Sissi, de l’Arabie saoudite de Mohammed Ben Salman (MBS) et des Émirats arabes unis de Mohammed Ben Zayed (MBZ) et l’autre, emmené par la Turquie et le Qatar. À la suite des Printemps arabes, les premiers ont organisé dans la région les contre-révolutions avec les militaires et participé au retour de pouvoirs forts, tout en essayant de contrecarrer l’influence de l’islam politique des Frères musulmans, soutenus et financés par les seconds. L’installation par le Qatar et la Turquie d’Erdoğan de membres de la confrérie au pouvoir dans les États arabes à la faveur des révolutions et des élections, comme en Tunisie ou en Égypte, a ensuite connu ses premiers revers. D'abord avec le coup d’État de Sissi au Caire contre le pouvoir frériste de Morsi, au cœur même du pays représentant la base principale et historique de la confrérie en 2013. Et surtout après les succès militaires et diplomatiques russes en Syrie, maintenant Assad à Damas au détriment des Frères musulmans syriens qui auraient dû, dans le projet de Doha et d’Ankara, prendre les rênes du pays en cas de chute du dictateur.

Face à ces déconvenues, et de plus en plus isolés diplomatiquement, Erdoğan et l’émir Al -Thani n’avaient pas dit leur dernier mot. Leur volonté de jouer un rôle géopolitique majeur dans la région et leur désir d’installer leurs sbires à la tête de toutes les capitales arabes ne s’étaient pas éteints. En 2019, avec les nouveaux mouvements populaires traversant la région et ressemblant à une seconde phase des printemps arabes, la Turquie et le Qatar lancèrent une « contre-offensive ». Partout, l’argent qatari revigora les Frères, qui attendaient leur heure. De son côté, Erdoğan - « le janissaire géostratégique » du petit Qatar - a déployé dans la zone sa politique néo-ottomane et panislamiste agressive en soutenant notamment en Syrie, à Idleb, le dernier bastion islamiste, ou encore en envoyant des armes, des conseillers et des mercenaires jihadistes en Libye, afin de contrer l’offensive du maréchal Haftar, l’homme du Caire, d’Abou Dhabi et de Moscou. Ses provocations en Méditerranée orientale contre la Grèce et la France se sont intensifiées.

Or, comme je l’écrivais en septembre 2020, tous les pays de la région, notamment les principaux protagonistes des deux blocs sunnites qui se faisaient face, ont énormément souffert des conséquences économiques de la crise sanitaire du coronavirus. L’axe Turquie/Qatar (rejoint par l’Iran) a été plus fragilisé. Malgré son bellicisme et ses fanfaronnades, Erdoğan a été mis également de plus en plus en difficulté sur le plan intérieur.

Du côté du bloc Égypte/EAU/Arabie saoudite/Israël (suite aux Accords d’Abraham), malgré une situation financière également problématique, l’Arabie Saoudite et les Émirats possèdent en revanche beaucoup plus de réserves budgétaires que tous leurs voisins. Et surtout : ces quatre États ont bénéficié de la bienveillance de Trump et surtout du soutien de Poutine, qui est sur la même longueur d’ondes que Sissi, MBS et MBZ quant à la lutte contre l’islam politique dans la région…

Comme je l’annonçais il y a tout juste un an, c’est la fin du grand bluff d’Erdoğan qui n’a plus, en Méditerranée et au Moyen-Orient, les moyens de ses ambitions.

C’est dans ce contexte, que le président turc a été forcé, ces derniers mois, d’engager une désescalade avec ses adversaires géopolitiques régionaux : l’Arabie saoudite et l’Égypte. C’est la raison pour laquelle - dans le sillage de cette « réconciliation » diplomatique avec Sissi - Erdoğan a fait pression pour que plusieurs médias proches du Qatar et des Frères musulmans cessent leurs critiques à l’égard de l’Égypte…

Depuis peu, un rapprochement avec les Émirats Arabes Unis participe aussi du dégel diplomatique en cours.

D'autant que, dans le même temps, les problèmes domestiques d’Erdoğan se sont aggravés. Sa côte de popularité est en forte baisse dans les derniers sondages. Et la chute de la livre turque est vertigineuse. En 2019, un dollar valait 5,7 livres turques ; aujourd’hui, il en vaut plus de 11. Pour les Turcs et les marchés financiers, c’est une situation très critique. Les manifestations dans le pays se multiplient. Le Qatar, lui-même en difficulté, ne peut plus, comme il le faisait jusqu’ici, assurer seul la perfusion économique de la Turquie. Dès lors, le Sultan est contraint de mettre entre parenthèse ses velléités régionales dans la région en échange d’un soutien financier émirati. En effet, le richissime émirat, profitant de la faiblesse de la monnaie turque, prévoit d’investir plus de 10 milliards de dollars dans l’économie turque, comme l’a annoncé MBZ lors de sa récente visite – historique –, le 24 novembre dernier, dans le palais présidentiel de Bestepe, de la capitale turque.

Certes, les désaccords sur certains dossiers régionaux vont perdurer, mais la rhétorique guerrière et les tensions entre les deux États vont s’apaiser. La conjoncture, très défavorable pour le maître d’Ankara le poussera même à faire des compromis. Est-ce pour autant une victoire définitive de l’Entente « Le Caire-Riyad-Abou Dhabi » sur l’axe « Ankara-Doha », et donc la fin de l’influence de l’islam politique dans la région et ailleurs ?

 

L’Europe, le ventre mou de l’offensive islamiste mondiale

Au passage, n’oublions pas que si Erdoğan est en si grande difficulté financière, il le doit aux dures sanctions votées, avant leur départ, par Pompeo et Trump (le soi-disant grand ami du leader turc !), alors que l’Union européenne a, de son côté, toujours hésité à pénaliser la Turquie lorsque celle-ci menaçait la Grèce et la France !

Si Trump avait été réélu, il aurait inscrit les Frères musulmans sur la liste américaine des organisations terroristes. Cela aurait été alors un coup décisif pour l’islam politique, le financement du terrorisme islamiste, et bien évidemment pour le Qatar et la Turquie d’Erdoğan, qui auraient ainsi perdu leur principal levier politique et géopolitique dans la région.

 

C’est bien connu : le nerf de la guerre est l’argent. Le Qatar et son « bras armé » turc ne peuvent certes plus soutenir aussi aisément qu’ils l’ont fait jusqu’ici les Frères musulmans.

Les manifestations islamistes anti-françaises il y a quelques mois dans le monde arabe, suite à la re-publication des caricatures de Charlie, fomentées par les services secrets turcs (avec les deniers de nos « chers amis du Qatar »), n’ont pas soulevé les foules et ont fait long feu.

Comme je l’écrivais en février dernier , après les Printemps arabes et le chaos généralisé qu’ils ont engendré, « on assiste même à une timide mais réelle forme d’« athéisation » progressive des jeunesses arabes. Les islamistes semblent ne plus avoir le vent en poupe. Les fiascos des Frères, un temps aux affaires, ainsi que l’anéantissement territorial de Daesh sont passés par là. Or, l’idéologie de Daesh et Al-Qaïda n’est pas morte et peut encore frapper les États faibles comme en Afrique ou en Europe ».

On l’a vu, l’entente contre-révolutionnaire Sissi-MBS-MBZ semble pour l’instant remporter la partie. Cette victoire se confirmera à la seule condition que ces autocrates, ayant senti le vent du boulet avec les révolutions arabes, poursuivent la modernisation de leurs pays, leur lutte contre la corruption, leur combat inédit et sincère contre l’islam politique sous toute ses formes, voire leur volonté de réformes théologiques de l’islam, comme actuellement à al-Azhar en Égypte ou en Arabie saoudite avec le salafisme

Pour l’heure, ni le succès relatif du Qatar qui s’est révélé incontournable en Afghanistan, ni la fin de son isolement par l’Arabie saoudite et ses alliés en janvier dernier - et sur la scène internationale depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche - ne sauraient cacher la nouvelle série de revers dans la région depuis quelques mois pour Doha, Ankara et leurs débiteurs islamistes : mise à l’écart du pouvoir des Frères musulmans tunisiens, cuisante défaite électorale des Frères au Maroc, relative défaite en Libye, coup d’État militaire au Soudan… Ce sont autant de preuves que les grands rivaux des Qataris et des Turcs, à savoir Le Caire, Riyad et Abou Dhabi, continuent de marquer des points.

Interdite dans de nombreux pays comme au Bahreïn, en Russie, en Syrie, en Égypte, aux Émirats, en Arabie Saoudite, et dissoute en Jordanie, la confrérie islamiste est en net recul partout ou littéralement sous pressions… sauf en Europe !

Pourtant, le coup de grâce pourrait venir de l’Occident, mais il n’en sera rien pour l’instant. Les Frères musulmans ne sont plus sous la menace de l’ancien président américain d’une inscription sur la liste américaine des organisations terroristes. Les tenants de l’islam politique – qui est encore pour certains idéologues démocrates la seule alternative aux « méchants dictateurs » dans le monde arabe » – et les lobbyistes du Qatar ont de nouveau l’oreille attentive de l’entourage de Biden. Et la Turquie d’Erdoğan pourrait retrouver tout son rôle dans la politique de l’administration démocrate contre l’Europe, et surtout la Russie. En Europe, seule l’Autriche a eu le courage, l’été dernier, d’interdire l’organisation islamiste frériste qui contribue pourtant à entretenir et propager ce « jihadisme d’atmosphère » (Gilles Kepel) dans nos sociétés. Or, cette mise à l’index est peu probable pour l’Allemagne, trop craintive des réactions de la Turquie, et impossible pour la France, tant que certains politiciens et le Quai d’Orsay, influencés par des « savants » « frérophiles » à la solde de Doha, regarderont encore les émirs qataris – et leurs chéquiers ! – avec les yeux de Chimène.

 

Reconstruire la défense opérationnelle du territoire pour crédibiliser la dissuasion

 

Pour le général de division (2S) Vincent Desportes l’urgence est à une forte évolution de notre modèle pour l’adapter à la réalité géopolitique actuelle.

Nos belles armées ont d’immenses qualités, dont celle de l’excellence. Elles ont quelques défauts, le moindre n’étant pas leur manque d’épaisseur, donc leur manque de résilience et de capacité à durer dès lors que les opérations changeraient de nature, de volume et de rythme.

Mais elles en ont un autre, beaucoup plus grave. Le système de forces est organisé sur un modèle dépassé, dont l’économie générale n’a pas varié depuis un quart de siècle. L’environnement, lui, a changé ; profondément. Les risques ont grandi et muté ; drastiquement. Pourtant, le modèle de forces est resté identique, ne subissant que de marginales évolutions, techniques et non stratégiques.

Nos forces armées doivent certes changer rapidement d’échelle à l’instar des menaces, mais également intégrer non par défaut mais par volonté la menace directe sur le territoire national, avérée et permanente aujourd’hui, menace qui d’ailleurs s’amplifierait dramatiquement en cas de conflit de haute intensité.

Il faut donc revaloriser l’idée de défense opérationnelle du territoire : prenant l’Histoire à contre-pied, elle est devenue aujourd’hui un concept creux, sans substance, puisque dépouillé de moyens d’action sérieux. La puissance de nos armées doit au contraire reposer sur une base arrière solide, dotée de forces d’active dédiées à sa protection.

 

Des modèles dépassés

Quel est le problème des armées françaises — qui est en fait celui de la France ? C’est que leur modèle, inchangé depuis la professionnalisation des armées il y a 25 ans, est fondé sur un monde qui a aujourd’hui disparu.

Le modèle de la guerre froide, ce sont :

  1. Quelques moyens destinés aux opérations extérieures liées soit à nos responsabilités africaines ou moyen-orientales soit aux manœuvres de contournement périphériques soviétiques ;
  2. L’outil central de la dissuasion nucléaires dans ses différentes composantes avec leurs vastes soutiens ;
  3. Un corps de bataille soit capable (très hypothétiquement) d’arrêter un flux blindé soviétique qui, du côté de Fulda ou de Munich, aurait percé les forces alliées de la « bataille de l’avant », soit destiné à être détruit de manière à justifier aux yeux du monde et des générations futures le déclenchement de l’Apocalypse. On conserva quelque temps des forces dites de Défense opérationnelle du territoire qui avaient toute leur nécessité mais qui, pour préserver le supposé essentiel et moderniser les parcs et flottes, furent bientôt offertes en sacrifice aux comptables de Bercy.

Retournement complet de situation à la chute du mur de Berlin. D’une part l’ennemi n’est plus à « une étape du Tour de France », selon l’expression du général De Gaulle, et, d’autre part, le constat est fait que les armées françaises se battront désormais à l’extérieur du territoire national pour des enjeux qu’il sera difficile de présenter comme vitaux aux citoyens-électeurs. Les présidents Mitterrand (à l’occasion de la guerre du Golfe) et Chirac prennent acte du fait que le modèle de la conscription est momentanément condamné, d’autant qu’aucune menace ne vise plus directement le territoire national et sa population : en 1996, décision est prise, à juste titre dans les circonstances du moment, de professionnaliser l’armée. Et d’en réduire drastiquement le format. D’abord, parce que les temps sont aux illusoires « dividendes de la paix » et à la dictature de l’État-providence. Ensuite, parce qu’une armée professionnelle coûte beaucoup plus cher qu’une armée de conscription ; et enfin, pour préserver les moyens de tenir notre rang, en particulier vis-à-vis de notre grand protecteur, dans la course ruineuse à l’hyper-technologie.

Année après année nos forces perdent de l’épaisseur, avec deux décrochages terribles sous les présidences Sarkozy et Hollande. Qui pourrait s’y opposer ? Il est impossible de prouver que leur volume est insuffisant pour les opérations somme toute modestes dans lesquelles elles sont engagées. Le modèle est donc celui :

  1. D’une dissuasion nucléaire réduite mais maintenue, ce qui est parfaitement raisonnable ;
  2. D’un corps expéditionnaire à trois composantes (terre, air, mer) apte à mener à bien des engagements interarmées mineurs mais incapable de conduire des opérations d’ampleur et même de protéger l’intégralité de l’espace national, qu’il soit terrestre ou maritime.

Adapter le modèle de force aux nouvelles circonstances de la guerre à venir

 

Le modèle qui vient d’être décrit n’a pas changé mais, pour leur part, les circonstances ont profondément évolué.

Il existe d’abord un problème de volume. Nous l’avons dit, nos forces conventionnelles ont d’ores et déjà un format inadapté à la montée des menaces et à la guerre qui vient. Les volumes qui peuvent être engagés à l’instant « T » sont certes à peu près appropriés à nos opérations courantes mais ils ne le sont pas du tout à celles que nous pourrions avoir à conduire dans un avenir plus proche que beaucoup ne le pensent. Elles manquent d’épaisseur pour être capables de faire face et de durer, mais aussi simplement pour être en mesure d’encaisser le premier choc puis de rebondir afin d’assurer leur mission première de protection de la France et des Français. Elles ne sont plus « résilientes » parce que la résilience suppose de l’épaisseur et qu’elles n’en ont pas ; or, la résilience est la vertu capitale des armées qui doivent continuer à opérer dans les pires conditions, lorsqu’autour d’elles plus rien ne fonctionne. Les armées doivent être dissuasives ― cela dépasse de très loin la force nucléaire qui n’est qu’une composante du système de dissuasion globale ― pour prévenir le danger mais être également capables de s’engager en force dans un conflit de haute intensité. Nous en sommes tellement loin que de simples adaptations incrémentales seraient irréalistes : il faut désormais changer d’échelle.

On peut jurer comme le ministre de la guerre de Napoléon III à la veille de l’infamante défaite de 1870 : « Nous sommes prêts et archi-prêts. La guerre, dut-elle durer deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats ». Ou encore affirmer haut et fort à l’instar du Président du Conseil Paul Reynaud en septembre 1939 (au moment où la France, malgré son armée inadaptée à la confrontation imminente, vient de déclarer la guerre à l’Allemagne) : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts ». Ces déclarations tonitruantes ne remplacent ni la clairvoyance ni les efforts ; la France, inclinant aisément à la posture de l’autruche en ce qui concerne ses politiques militaires, doit s’en rappeler. Maintenant !

Il y a ensuite ce problème de modèle. Les armées actuelles ont été construites à partir de 1996 sur la présupposition qu’il n’y avait ― et qu’il n’y aurait pas ― de menaces internes, et qu’elles n’auraient donc pas à s’engager sur le territoire national. Sauf à la marge. Dans ce cas, la ponction minime ponctuellement pratiquée sur les forces expéditionnaires n’en affecterait ni les capacités opérationnelles, ni l’entraînement. Ce postulat est faux depuis longtemps.

D’abord parce que la menace terroriste, loin de s’estomper, a changé de nature. Elle s’est déployée sur l’intégralité du territoire national et pérennisée sous la forme de frappes individuelles imprévisibles. Cette situation conduit aujourd’hui les armées à immobiliser soit directement sur le terrain, soit en réserve immédiate ou stratégique, 10 000 hommes environ. Ce prélèvement, bien qu’utile et légitime, diminue d’autant la capacité d’intervention externe mais surtout, en ce temps d’opérations extérieures permanentes, altère profondément la capacité à maintenir l’entraînement au niveau qu’exigent les opérations du moment sans parler de celles, beaucoup plus violentes et massives, qui sont à venir.

Ensuite, on ne peut imaginer un conflit de haute intensité qui se contenterait d’être un affrontement de laboratoire, hors sol, entre deux forces de haute technologie, un moderne « combat des Trente ». Immédiatement, l’ensemble du territoire national serait affecté. Il deviendrait la proie d’attaques ponctuelles dans la profondeur et le terrain de crises humanitaires volontairement déclenchées par la cyber-altération des réseaux, voire la cible d’éventuelles agressions d’une « 5e colonne » dont on aurait tort d’affirmer l’impossible émergence. Le gouvernement devrait assurer la défense aérienne et la défense maritime, mais également déployer sur de vastes zones des volumes de forces importants pour assurer l’ordre sur le territoire et la survie des populations, la sauvegarde des organes essentiels à la défense de la nation, le maintien de sa liberté et la continuité de son action.

Où les trouverait-il ? Elles n’existent pas ! Deux solutions s’offriraient alors à lui : soit effectuer des prélèvements importants sur le corps expéditionnaire et de ce fait, le rendre inapte à sa mission première, celle de gagner la bataille de haute intensité. Ou bien « laisser tomber l’arrière », ce qui se traduirait à court terme par l’effondrement de l’avant. Pour sortir de ce dilemme, il faut adapter le modèle.

Dans une logique purement comptable, nous avions, pendant la guerre froide, préféré faire l’impasse sur les forces du territoire en niant une menace pourtant avérée, celle des Spetsnaz, ces forces spéciales russes entraînées en nombre et que la doctrine soviétique prévoyait de déployer chez l’ennemi dès le début d’un conflit pour y assassiner les responsables ― politiques en particulier ― et y semer le chaos et la panique[1].

Peut-on reconduire aujourd’hui la même tromperie ? Porter nos maigres forces au niveau qui leur permettrait de conduire efficacement leurs combats de haute intensité, sans se préoccuper du problème de l’arrière ? Autant imaginer qu’un boxeur peut se passer de ses jambes !

Nos forces doivent donc être rapidement restructurées autour de trois composantes :

  1. Nucléaire ;
  2. Expéditionnaire « de haute intensité » avec leurs trois dimensions terre-air-mer ;
  3. Défense opérationnelle du territoire.

Seul ce système ternaire ― coordonné avec les remarquables capacités complémentaires de la gendarmerie dans le domaine de la défense intérieure ― est adapté à la réalité des menaces, donc à la dissuasion globale, à la résilience et à l’action. C’est possible, pour un coût minimal. Voici comment.

 

Mettre sur pied rapidement nos forces de défense dans la profondeur

 

Quelles forces, quel volume, quel équipement ?

L’effet à obtenir est d’être en mesure de déployer sur très court préavis des troupes suffisantes, organisées, sur un terrain reconnu afin de pouvoir quadriller, circonscrire, contrôler, éventuellement réduire ou bien tenir jusqu’à l’arrivée de forces plus puissantes. Il faut donc des forces territoriales, connaissant parfaitement leur terrain (campagne et agglomérations), rustiques et robustes, autonomes, équipées d’un matériel performant, mais sans sophistication inutile[2].

Le couple cavalerie légère/infanterie motorisée, accompagné de ses appuis organiques (artillerie, génie, transmission) est adapté à ces missions. Ces forces pourraient être regroupées soit en régiments interarmes, soit en régiments d’armes embrigadés, dotés de matériels performants mais rustiques, véhicules 4×4, mortiers, camionnettes et automitrailleuses en particulier. Il serait dans un premier temps raisonnable de disposer dès que possible du volume d’une demi-brigade à deux régiments et leurs appuis pour chacune des sept zones de défense et de sécurité. Elles seraient placées sous le commandement des Officiers généraux de zone de défense et de sécurité (OGZDS) pour la conduite de la défense d’ensemble, les cinq zones ultramarines faisant l’objet d’adaptations locales. La force ainsi constituée serait, dans un premier temps, de l’ordre de la vingtaine de milliers d’hommes.

D’où proviendraient ces forces ?

La solution la moins onéreuse serait, comme d’habitude en France, de faire appel à des réservistes locaux convoqués régulièrement pour entraînement. C’est parfaitement illusoire. Tous ceux qui ont vécu la chimère des régiments dérivés connaissent ce qu’ils coutaient en temps et en substance aux régiments dérivants ; ils savent que leur valeur opérationnelle était extrêmement faible voire nulle, qu’ils étaient équipés de matériels le plus souvent parfaitement vétustes et que leurs tableaux d’effectifs étaient aussi indigents que leur entraînement.

Par ailleurs, si haute intensité il y a, elle sera par nature brutale, foudroyante, ce qui est incompatible avec les délais de montée en puissance des régiments de réserve.

Méfions-nous, donc : la France a déjà trop souffert de sa croyance dans les réserves. La débâcle de 1940, c’est justement : nous tiendrons ; en cas de percée allemande, il y aura une deuxième Marne ; nous nous rétablirons ; à l’abri de nos casemates, nous monterons en puissance avec nos réserves pendant un à deux ans avant de refaire du Foch jusqu’à la victoire. Terrible illusion : le 24 mai 1940 à l’aube les chars allemands sont devant Dunkerque, le 14 juin le gouvernement français est à Bordeaux, le 16 juin Philippe Pétain devient président du Conseil. On connait la suite. Évacuons l’hypothèse. Ces forces de défense opérationnelles du territoire doivent être opérationnelles d’emblée, ce qui ne veut pas dire qu’elles doivent être professionnelles. La France compte en général sur sa chance mais c’est un pari risqué. « Ce n’est pas moi qui ai gagné la bataille de la Marne, c’est Von Kluck qui l’a perdue » avouait le maréchal Joffre : il serait criminel de jouer à chaque fois le destin de la France sur la désobéissance d’un général ennemi… La Wehrmacht ne nous a rien offert de semblable en 1940 !

On ne peut guère douter aujourd’hui que le rétablissement d’un service militaire volontaire, même limité à une quinzaine de milliers de recrues sélectionnées par an, trouverait un écho favorable à la fois dans le corps électoral et chez la jeunesse qui viendrait sûrement en nombre sous les drapeaux. L’exemple de la Suède est parlant. Prenant acte de la montée des menaces, la monarchie a non seulement décidé de gonfler ses dépenses de défense de 85 % en 10 ans (2014-2025) mais elle a rétabli le service militaire en 2017. Celui-ci n’a rien d’obligatoire, mais fournit sans difficulté le complément de forces dont la Suède a besoin. Le coût est faible : chaque recrue reçoit 500 euros par mois plus une prime de 5 000 euros à la fin du contrat[3].

Sur les volumes évalués supra, cela ferait moins de 200 millions d’euros par an, auquel il convient d’ajouter le coût de l’encadrement d’active, celui de la vie courante, de l’entraînement et de l’équipement (dont une bonne part peut initialement venir des parcs stockés). Coût global : après un faible investissement initial, probablement entre 0,6 à 0,8 milliards d’euros par an, un coût modéré comparé au risque mortel de l’impasse sur cette assurance « défense dans la profondeur ». Les préposés aux finances ne rencontreront aucune difficulté à préciser ces chiffres.


* * *

Le modèle proposé n’est pas glamour, il est juste nécessaire. Il ne permet pas de concevoir et construire de superbes programmes d’armement de haute technologie. Il permet juste que ceux que nous possédons soient utiles, que nos superbes forces expéditionnaires puissent conduire leur mission sans qu’à la moindre alerte on prélève sur leur chair les besoins nécessaires sur le territoire, qu’elles puissent gagner la nouvelle « bataille de l’avant » sans que celle de l’arrière soit automatiquement perdue.

Il ne s’agit pas non plus d’une armée « à deux vitesses ». Bien sûr, le slogan sera vite brandi, de même que l’argument du coût qui détournerait dangereusement, au profit d’un combat sale et rustique, des budgets indispensables pour rester dans la course, de plus en plus onéreuse, aux technologies dernier cri.

Ce qui compte, ce ne sont pas les éléments, c’est le système. À quoi serviraient une marine remarquable, mais condamnée à trouver sa fin à Toulon et Mers el-Kébir, une force aérienne de tout premier plan, mais obligée de se réfugier sur des plateformes ultramarines, une armée de Terre fantastique, mais sans arrièrepour s’y régénérer ?

Notre superbe armée, capable chaque jour du meilleur, doit changer d’échelle : c’est le premier pas. Le second est d’adopter un nouveau modèle adapté à la réalité de la menace et d’assurer, par des forces d’active, conséquentes et robustes, la défense dans la profondeur : sortons la tête du sable avant que la vague ne déferle !

Texte issu du dossier 27 du G2S « Dissuader aujourd’hui ou comment prouver sa détermination »

 

Infractions à la législation sur les stupéfiants : premier état des lieux statistique.

Ce premier état des lieux statistique s'appuie sur le champ infractionnel défini par la Nomenclature statistique française des infractions (NFI) en cohérence avec la nomenclature internationale ICCS (International classification of crimes for statistical purposes).

En moyenne, entre 2016 et 2020, 208 000 personnes sont mises en cause chaque année pour des infractions à la législation sur les stupéfiants : 44 000 pour des infractions de trafic, 179 000 pour des infractions d'usage et 2 000 pour d'autres infractions relatives à la législation sur les stupéfiants, sachant que, parmi elles, 17 000 sont mises en cause pour des infractions liées à plus d'une de ces catégories. Ces 208 000 mis en cause représentent 18 % de l'ensemble des personnes mises en cause par la police ou la gendarmerie.

Le nombre de mis en cause pour usage de stupéfiants est resté quasiment stable entre 2016 et 2019 (-3 %) alors que les mis en cause pour trafic de stupéfiants ont augmenté de 15 % sur la même période. Le nombre de mis en cause pour usage et pour trafic diminue début 2020 en lien avec le contexte sanitaire (périodes de confinement et restrictions de déplacements associées). Le deuxième semestre de l'année 2020 a été marqué par l'expérimentation puis la généralisation des amendes forfaitaires délictuelles pour usage de stupéfiants. Une hausse de 22 % des mis en cause pour usage est constatée lors du dernier trimestre de 2020 comparativement à celui de 2019.

En matière d'infraction à la législation sur les stupéfiants, 91 % des mis en cause sont des hommes et 74 % ont moins de 30 ans. Neuf mis en cause sur dix sont français, correspondant à un taux annuel de 2,6 mis en cause pour usage pour 1 000 résidents de nationalité française et 0,6 ‰ pour trafic.

 

L’AAE prend le commandement de la NRF

À compter du 1er janvier 2022, l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) se verra confier le commandement de la composante aérienne de la force de réaction rapide de l’OTAN (NATO Response Force - NRF).

Afin d’être à la hauteur de l’enjeu, les Aviateurs de l’AAE se préparent depuis plus d’un an à cette échéance internationale majeure. L’exercice « Steadfast Jackal », qui a commencé le 24 novembre 2021 sur la base aérienne 942 de Lyon-Mont Verdun, entre ainsi dans cette phase finale d’entraînement et de certification.

L’exercice vise à tester et à valider les capacités de l’AAE à planifier et à conduire une opération aérienne interarmées et interalliée, dans les conditions prévues en cas de déclenchement de la NRF. L’opération doit se dérouler selon les standards de l’OTAN définis afin d’assurer l’interopérabilité des moyens et des procédures des différentes nations contributrices.

La manœuvre, organisée sous la forme d’un Computer Assisted Exercise (CAEX – exercice assisté par ordinateur), se déroule jusqu’au 9 décembre 2021 au nouveau Centre air de planification et de conduite des opérations (CAPCO). Il implique plus de 300 militaires français et étrangers, déployés sur le site lyonnais ou au sein de commandements étrangers partenaires de l’exercice.

Dans son discours d’accueil, le Deputy Com JFAC (adjoint au commandement aérien interarmées) de l’exercice a souligné auprès des équipes engagées l’importance de cette échéance pour les Aviateurs français et pour la communauté de l’OTAN: « Ce sont nos compétences et notre maîtrise des processus qui seront évaluées. L’efficacité de l’OTAN repose sur cette capacité à mobiliser rapidement les ressources humaines et matérielles de différentes nations et ce grâce à la standardisation de l’organisation générale de ses opérations. Notre implication pour intégrer ce collectif international est notre garantie pour la réussite de cet exercice. Réussite qui signifie la certification du commandement air français. »

 

La Russie hausse le ton à l’égard de l’Ukraine et de l’Otan

Le 30 novembre, pendant que les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Otan se réunissaient à Riga [Lettonie] pour évoquer les importants mouvements de troupes russes aux abords de l’Ukraine observés depuis plusieurs semaines, le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, a haussé le ton à l’égard de Kiev, en rappelant les « lignes rouges » de la Russie.

Sans surprise, l’éventuelle adhésion de l’Ukraine à l’Alliance altantique serait un « casus belli » pour la Russie, qui serait alors contrainte de répondre si l’Otan venait à déployer sur le sol de son voisin des systèmes d’armes avancés. « Si de quelconques systèmes de tirs apparaissent sur le territoire de l’Ukraine, le temps de vol jusqu’à Moscou sera de 7 à 10 minutes, ou cinq minutes dans le cas du déploiement d’une arme hypersonique. Imaginez… », a fait valoir M. Poutine, lors d’un forum d’investisseurs organisé par VTB Capital.

En outre, celui-ci a de nouveau dénoncé les manoeuvres militaires organisées par l’Otan près du territoire russe. « La Fédération de Russie éprouve certaines inquiétudes quant au fait que des exercices à grande échelle sont menés près de ses frontières, y compris des exercices non planifiés, comme ce fut le cas tout récemment en mer Noire, lorsque des bombardiers stratégiques ont volé à 20 km de notre frontière. Il peuvent transporter des armes nucléaires. Tout cela constitue une menace pour nous », a-t-il fait valoir.

Quant à la question de savoir si les forces russes se préparaient actuellement à intervenir en Ukraine, M. Poutine a assuré qu’il ne s’agissait « pas de mener ou non des combats » mais de « racommoder les liens » avec Kiev. « Si nous nous efforçons sincèrement d’y parvenir, alors personne ne se sentira menacé », a-t-il ajouté.

Cela étant, le président russe a évoqué la situation dans le Donbass, région située dans le sud-est de l’Ukraine, en proie à des combats entre des séparatistes pro-russes et les forces ukrainiennes depuis maintenant plus de sept ans. « Pour les personnes vivant dans les républiques [autoproclamées et non reconnues, ndlr] de Louhansk et de Donetsk, il y a des menaces constantes, créées quand des unités militaires se déplacent à proximité de leur territoire », a-t-il dit.

Dans le même temps, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, est allé encore plus loin en affirmant que l’Ukraine représentait une « menace directe ». Ainsi, a-t-il expliqué, « nous ne pouvons pas exclure que le régime de Kiev puisse se lancer dans une aventure militaire ». Et de prévenir : « Si l’Occident [comprendre : l’Otan] n’est pas capable de dissuader l’Ukraine, mais s’il essaye au contraire de l’encourager, alors nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour assurer notre sécurité ».

À Riga, et alors que les États-Unis et le Royaume-Uni venaient à nouveau d’adresser une nouvelle mise en garde à Moscou, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a réaffirmé le soutien « politique » et « pratique » des Alliés à l’Ukraine, qu’il a félicitée « pour sa réponse mesurée aux provocations continues de la Russie ».

« Il n’y a aucune certitude sur les intentions de la Russie. On assiste à une concentration de forces importante et inhabituelle, injustifiée et inexpliquée, accompagné d’un discours agressif et d’une désinformation accrue. Et nous savons que la Russie a déjà utilisé la force contre l’Ukraine et d’autres de ses voisins », a commencé par rappeler M. Stoltenberg, à l’issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères.

« Nous restons unis dans notre objectif de dissuader la Russie de toute nouvelle action agressive. Nous appelons la Russie à être transparente, à désamorcer et à réduire les tensions », a-t-il continué, avant de prévenir : « Toute future agression russe contre l’Ukraine aurait un prix élevé et avoir de graves conséquences politiques et économiques pour la Russie ».

Cela étant, ces avertissements répétés n’ont pas l’air d’émouvoir les responsables russes. Ainsi, ce 1er décembre, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a accusé l’Ukraine de renforcer sa présence militaire dans le Donbass.

« L’armée ukrainienne renforce ses capacités militaires, en faisant venir des équipements lourds et du personnel » et « selon certaines informations, le nombre de soldats dans la zone de conflit a déjà atteint 125’000 personnes, « ce qui représente la moitié de ses effectifs », a-t-elle affirmé.

De son côté, M. Lavrov a accusé l’Otan de vouloir « dicter comment les forces armées russes doivent se comporter sur leur propre territoire ». Et d’avertir : Moscou « continuera de répondre à toute démarche inamicale ».

Pour le moment, le gouvernement ukrainien n’a pas réagi aux affirmations de la diplomatie russe. En revanche, ce 1er décembre, il a demandé à l’Otan un « paquet de dissuasion » contre la Russe.

« Nous sommes confiants qu’en conjuguant nos efforts, en agissant de manière coordonnée, nous pourrons dissuader le président Poutine et l’inciter à ne pas choisir le pire des scénarios que représenterait une opération militaire », a déclaré Dmytro Kuleba, le ministre ukrainien des Affaires étrangères.

Dans le même temps, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a lancé un appel au dialogue afin de désamorcer les tensions. « Nous ne pourrons pas arrêter la guerre sans négociations directes avec la Russie », a-t-il en effet déclaré, dans une adresse à la Rada, le Parlement ukrainien.

 

 

La Lettonie prête à accueillir un détachement de forces US mais "en permanence"

par Philippe Chapleau

Artis Pabriks, le ministre letton de la Défense, estime que son pays a besoin d'un coup de main de la communauté internationale pour se défendre. "On aimerait bien avoir en permanence sur notre sol une présence militaire américaine", a-t-il reconnu lundi. Et d'ajouter qu'il souhaite aussi équiper son armée de missiles sol-air, comme "des Patriot".

Pouvoir compter en permanence sur une force US, c'est l'espoir des dirigeants des trois Etats baltes, proches voisins de la Russie. Estonie, Lettonie et Lituanie disposent chacune d'un bataillon multinational mais leur souhait, c'est bien de voir Washington baser des troupes de façon durable, comme en Allemagne ou en Pologne.

Pour l'heure, la Lettonie peut compter sur le bataillon à dominante canadienne et sur les déploiements épisodiques de forces otaniennes. C'est actuellement le cas avec la tenue de l'exercice Winter Shield 2021.

Cet exercice se tient sur le camp d'Adazi, jusqu'au 4 décembre. Il rassemble des unités lettones (brigade motorisée et garde nationale), lituaniennes et otaniennes dont des Américains du 3e bataillon, du 66e régiment blindé, de la 1ere division d'infanterie.

 

Les 11 premiers peintres des Armées-Gendarmerie exposent au musée de la gendarmerie

Le musée de la gendarmerie nationale, à Melun, propose du 4 décembre 2021 au 30 janvier 2022 une exposition des œuvres des 11 artistes lauréats en 2020 comme "peintre des armées". L'entrée est gratuite.

Que ce soit la Garde républicaine de Mirota, la sculpture héroïque de Virgil ou encore le quotidien des patrouilles de surveillance général de Nicole Motte, plus de 40 œuvres de natures variées (peintures, sculptures et photographies) seront exposées pour dévoiler l'institution sous une forme artistique.

Les peintres des armées sont une institution qui remonte à l'Ancien Régime, lorsque des artistes peignaient pour le roi les places-fortes, les ports et les victoires militaires. Ces artistes "officiels" reconnus par le ministère des Armées sont sélectionnés pour être ceux qui représenteront l'institution sous une forme artistique.

En 2020, la Gendarmerie nationale a saisi l’opportunité d'agréer ses propres peintres, sculpteurs et photographes pour devenir ses ambassadeurs dans le monde artistique. Le jury du concours, qui s'est tenu le 16 septembre 2020, a retenu 11 artistes, pour être agréés par la ministre des Armées, et obtenir le titre de "peintre des armées - gendarmerie" : Eric Chaminade (photographie), Damien Charrit (peinture), Yong-Man Kwon (peinture), Joël Lemaine (peinture), Isabelle Maury (peinture), Mirota (peinture), Nicole Motte (peinture), Bruno Rédarès (photographie), Catherine Roch de Hillerin (peinture), Virgil (sculpture) et Sylvain Wajchert (sculpture).

Agréés pour trois ans renouvelables ou titulaires après au moins neuf ans, ils sont tenus d’exposer au moins une œuvre à chaque Salon des peintres des armées. Ils peuvent utiliser toutes les techniques de dessin et de peinture, mais aussi présenter une sculpture, ou encore une photographie. Ils peuvent proposer une œuvre ou en créer suite à une commande de l’Institution. Ils deviennent ainsi des témoins, par leur production artistique, de l'activité de l'Institution et des femmes et des hommes qui y servent.

 

 

Vidéo : Retour en images sur 60 ans d’histoire de la DGA

La DGA a été pionnière de grands projets comme la création de notre force de dissuasion nucléaire et la conquête spatiale française. Elle a piloté et pilote encore de nombreux programmes emblématiques dans le domaine terrestre, le domaine naval, l'aéronautique, l'espace, les systèmes de commandement et les télécommunications. La DGA c’est aussi de grandes innovations dans de nombreux domaines grâce aux compétences de ses experts et de ses centres d'expertise et d’essais. La DGA a également pendant 60 ans accompagné l'évolution du tissu industriel pour permettre à la France de conquérir et garder sa place parmi les meilleurs sur l'échiquier européen et mondial. Découvrez les grandes réussites de la DGA au travers d'une frise chronologique !

Draken a signé le contrat d'achat des F-16 néerlandais

par Philippe Chapleau

 

L'ESSD américaine a officiellement acheté des F-16 néerlandais.

Le ministère de la Défense néerlandais avait annoncé le 29 juin la vente de 12 F-16 à l'ESSD américaine Draken (voir mon post ici). Mardi, la vente de ces aéronefs a été finalisée. Bill Tart a signé pour Draken qui a racheté Cobham Aviation Services en septembre 2020 donnant naissance à Draken Europe (il y a un mois, cette société recrutait des spécialistes de la guerre électronique pour un contrat en Arabie saoudite).

Cette vente s'inscrit dans le programme End Life of Type (ELOT) qui prévoit le retrait du service des chasseurs-bombardiers de construction américaine et leur remplacement par des F-35.

 

Cerces 21 ou le coup du Caesar

 

Les artilleurs du 93e régiment d’artillerie de montagne (93e RAM) relèvent chaque année le défi un peu fou de tirer à plus de 2000m d’altitude, depuis les vallées encaissées et les versants pentus du massif des Cerces lors de l’exercice annuel de la 27e brigade d’infanterie de montagne (27e BIM), en Maurienne.

Chaque année, l’exercice interarmes Cerces permet l’entretien des savoir-faire spécifiques des unités des Troupes de montagne lorsqu’elles interviennent dans ce milieu aussi exigeant que périlleux. Parmi ces derniers, le tir d’artillerie en altitude.

 

Les tirs les plus éloignés de la « zone ennemie » sont réalisés par les Caesar, des camions équipés d’un système d’artillerie avec un canon de 155mm

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