EUROPE

L’UE fait pression pour de nouvelles sanctions qui vont encore se retourner contre elle.


Source : The Saker francophone - Par Moon of Alabama – Le 5 octobre 2022

Le 22 février, deux jours avant l’entrée des troupes russes en Ukraine, les États-Unis et l’Union européenne ont imposé à la Russie des tonnes de sanctions. Ils ont également confisqué quelque 300 milliards de dollars de réserves russes investies à l' »Ouest ». Les sanctions avaient été négociées entre l’UE et les États-Unis et préparées plusieurs mois à l’avance.

 

L’idée était de mettre la Russie en faillite en quelques semaines. Les rêveurs à l’origine de ces sanctions n’avaient aucune idée de l’ampleur réelle de l’économie russe et de l’efficacité des sanctions. Les sanctions n’ont pas réussi à influencer la Russie de quelque manière que ce soit, mais leurs conséquences ont entraîné une pénurie d’énergie en Europe et ont fait monter des taux d’inflation déjà élevés. En Russie, l’inflation est en baisse et les chiffres économiques généraux sont bons. Les prix de l’énergie, désormais plus élevés, génèrent suffisamment de revenus supplémentaires pour financer entièrement ses efforts de guerre.

Un acteur sain d’esprit conclurait que les sanctions étaient une erreur et que leur levée aiderait l’Europe plus qu’elle n’aiderait la Russie. Mais non, les pseudo-élites américaines et européennes ne sont plus capables d’agir de manière sensée. Au lieu de cela, elles redoublent d’efforts avec le plan de sanctions le plus fou dont on ait jamais entendu parler :

L’Union européenne a fait avancer, mercredi, un plan ambitieux, mais non testé, visant à limiter les revenus pétroliers de la Russie.

Si le prix mondial du pétrole reste élevé, cela compliquera les efforts de l’Union européenne pour imposer un plafonnement du prix du pétrole russe, qui devait obtenir l’approbation finale jeudi, après que les négociateurs de l’UE soient parvenus à un accord sur la mesure dans le cadre d’un nouveau train de sanctions contre Moscou.

Selon le plan, un comité comprenant des représentants de l’Union européenne, du Groupe des 7 nations et d’autres pays qui acceptent le plafonnement des prix se réunirait régulièrement pour décider du prix auquel le pétrole russe devrait être vendu, et qu’il changerait en fonction du prix du marché.

Plusieurs diplomates impliqués dans les discussions de l’UE ont déclaré que la Grèce, Malte et Chypre – les nations maritimes qui seraient les plus touchées par le plafonnement des prix – ont reçu l’assurance que leurs intérêts commerciaux seraient préservés.

Ces pays avaient retardé ce qui sera le huitième train de sanctions adopté par l’Union européenne depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, car ils craignaient qu’un plafonnement des prix du pétrole russe exporté en dehors de l’Union n’affecte leurs secteurs du transport maritime, de l’assurance et d’autres secteurs, ont indiqué les diplomates.

Les prix du pétrole étant élevés, la Russie engrange des milliards de dollars de recettes, même si elle vend de plus petites quantités. Le plafond – qui fait partie d’un vaste plan préconisé par l’administration Biden et approuvé par le G7 le mois dernier – vise à fixer le prix du pétrole russe à un niveau inférieur à celui d’aujourd’hui, mais toujours supérieur au coût. Le Trésor américain calcule que ce plafond priverait le Kremlin de dizaines de milliards de dollars par an.

Comment faire en sorte qu’un gros producteur d’une denrée rare vende ses produits en dessous du prix général du marché ? À moins d’avoir un cartel d’acheteurs très puissant qui peut également se procurer ce produit ailleurs, vous ne pouvez pas y parvenir. C’est une impossibilité économique.

Pour que la mesure soit efficace et réduise les revenus de la Russie, les États-Unis, l’Europe et leurs alliés devraient convaincre l’Inde et la Chine, qui achètent des quantités importantes de pétrole russe, de ne l’acheter qu’au prix convenu. Selon les experts, même avec des partenaires volontaires, le plafond pourrait être difficile à mettre en œuvre.

La Russie a déclaré qu’elle ne vendrait plus de pétrole à toute partie soutenant le régime de fixation des prix du G7. C’est pourquoi ni la Chine, ni l’Inde, ni aucun autre pays que l’UE et les États-Unis n’acceptera d’y adhérer.

L’idée est folle et bien trop compliquée pour aboutir à quoi que ce soit :

En vertu des nouvelles règles, les entreprises participant au transport du pétrole russe – y compris les armateurs, les assureurs et les souscripteurs – seraient tenues de s’assurer que le pétrole qu’elles aident à transporter est vendu à un prix égal ou inférieur au plafond. S’ils sont pris en train d’aider la Russie à vendre à un prix plus élevé, ils pourraient faire l’objet de poursuites dans leur pays d’origine pour violation des sanctions.

Le brut russe sera soumis à un embargo dans la plupart des pays de l’Union européenne à partir du 5 décembre, et les produits pétroliers suivront en février. Le plafonnement des prix des expéditions vers les pays non membres de l’UE a été défendu par la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, comme un complément nécessaire à l’embargo pétrolier européen.

En vertu de l’accord de l’UE, la Grèce, Malte et Chypre seront autorisés à continuer à expédier du pétrole russe. Si elles n’avaient pas accepté de placer leurs entreprises en première ligne pour l’application du plafonnement des prix, il leur aurait été interdit d’expédier ou d’assurer des cargaisons de pétrole russe en dehors de l’Union européenne, ce qui aurait porté un coup dur aux principales industries.

Plus de la moitié des pétroliers qui transportent actuellement le pétrole russe appartiennent à des Grecs. Et les services financiers qui sous-tendent ce commerce – notamment l’assurance, la réassurance et les lettres de crédit – sont très majoritairement basés dans l’Union européenne et en Grande-Bretagne.

Il s’agit bien entendu d’une invitation ouverte à d’autres pays à entrer dans le secteur du transport maritime du pétrole et des services financiers connexes au détriment des entreprises européennes.

La Chine et l’Inde y trouveront leur compte pour accroître leurs parts de marché dans ces domaines. Leurs navires transporteront le pétrole russe à qui voudra l’acheter au prix du marché moins le rabais russe toujours négociable. Les navires grecs resteront inutilisés ou seront vendus, tandis que les pétroliers indiens, chinois et asiatiques seront très, très occupés. Les grandes compagnies d’assurance chinoises seront heureuses de se joindre à ce nouveau marché mondial des services.

Le fait que les bureaucrates européens aient accepté cette idée américaine stupide, qui nuira avant tout aux entreprises européennes, est un autre signe que Bruxelles a renoncé à avoir une quelconque autonomie.

Aujourd’hui, les pays de l’OPEP+, le cartel vendeur de pétrole, ont réagi à l’idée folle de sanctions et à la dépression mondiale à venir en acceptant de diminuer leur production quotidienne de 2 millions de barils. Cela n’a pas été fait par solidarité saoudienne avec la Russie. L’Arabie saoudite a besoin d’un pétrole à plus de 80 $/bl pour financer son budget.

Le Brent, qui était tombé à 83 $/bl le 26 septembre, est depuis remonté à 93 $/bl.

La demande mondiale de pétrole est d’environ 100 millions de barils par jour. Si la demande se maintient, la réduction de 2 % de la production de l’OPEP+ aura des effets significatifs sur les prix et les 100 dollars le baril seront à portée de main.

Mais l’OPEP+ s’est engagée à assurer la stabilité des prix, et non à les augmenter de manière significative. Lors de la session de l’OPEP+ aujourd’hui, le prince saoudien Abdulazis a montré ce tableau :

Depuis le début de l’année, les prix de toutes les formes d’énergie à base de carbone, à l’exception du pétrole brut, ont considérablement augmenté. Abdulazis a fait valoir que le tableau montre que l’OPEP+ gère les prix du pétrole de manière responsable. L’UE ne fait certainement pas de même.

L’administration Biden a entre-temps réduit de près de moitié le contenu de la réserve stratégique de pétrole des États-Unis. Ceci afin de maintenir les prix à la pompe américains à un niveau bas et les Démocrates au pouvoir.

Ce n’est pas non plus une mesure responsable.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Faire « tout ce qu’il faut » pour que l’Europe reste « en ordre de marche »...

(paraphrasant Jaroslav Zajiček, ambassadeur tchèque du Coreper)

Source : The Saker freancophone.


Les dirigeants de l’UE sont résolus à ignorer les messages de protestation, aussi bruyants soient-ils.


Par Alastair Crooke – Le 12 septembre 2022 – Source Strategic Culture

Un parfum de désespoir flotte dans l’espace de combat de Bruxelles. Oubliez la guerre en Ukraine, c’est une cause perdue, et ce n’est qu’une question de temps avant son démantèlement final ; pourtant, l’Ukraine, en tant qu’icône de la façon dont l’Euro-élite a choisi de s’imaginer, ne pourrait être moins existentielle. Bruxelles la considère (cyniquement) comme un élément clé pour maintenir les 27 États membres dans le « rythme », c’est-à-dire comme une occasion de prendre le pouvoir : « nous, Européens, sommes des « victimes » , comme l’Ukraine, des actions de Poutine » ; « Nous devons tous nous sacrifier à l' »économie de guerre » nouvellement mise en place ».

Considérez les craintes (telles que perçues par Bruxelles) d’abandonner l’Ukraine pour quémander auprès de Moscou du gaz et du pétrole. Un discours du président Macron la semaine dernière a donné un avant-goût de ce qui pourrait suivre : Macron a déclaré lors d’une conférence des ambassadeurs à l’Élysée la semaine dernière, que l’UE ne devrait pas permettre aux bellicistes d’Europe de l’Est de déterminer la politique étrangère de l’UE, ni même permettre aux Européens de l’Est d’agir unilatéralement pour soutenir Kiev. Un commentateur a plaisanté en disant que Macron avait au moins évité la remarque tristement célèbre de Jacques Chirac selon laquelle les Européens de l’Est avaient manqué une occasion de « se taire » .

L’establishment de l’UE agit donc avec empressement pour assurer « une cohésion verrouillée à 27 » contre le risque de voir le consensus se dissoudre devant le scénario cauchemardesque d’une augmentation de 2 000 milliards d’euros des dépenses en gaz et en électricité ; une hausse de 200% des factures énergétiques unitaires en Europe (ce qui représente 20% du revenu disponible des ménages) (chiffres de Goldman Sachs Research). Les grandes manifestations qui ont eu lieu en Europe le week-end dernier étaient claires : « Nous voulons récupérer le gaz. F*** l’OTAN » .

Les dirigeants de l’UE sont résolus à ignorer ces messages de protestation, aussi bruyants soient-ils.

La Russie affirme que si les sanctions ne sont pas levées, aucun gaz ne passera par Nordstream 1. C’est un pistolet sur la tempe de l’UE (en réponse aux sanctions imposées à la Russie). Toutefois, si les dirigeants de l’UE répondaient à l’appel des manifestants demandant à l’UE d’oublier l’Ukraine et de lever les sanctions contre la Russie, les Européens de l’Est mettraient bien sûr une autre arme sur la tempe de l’UE (le veto sur les questions de politique étrangère de l’UE). Macron a raison.

C’est la perspective interne de la dissolution. À l’extérieur, la situation n’est pas plus rose. Le respect des valeurs de l’UE diminue sensiblement dans les pays non occidentaux. Sa position s’érode. L’Afrique et le Sud se tiennent à l’écart de l’Ukraine ; l’OPEP+ a clairement fait connaître sa position en réduisant sa production de brut (100 000 barils par jour) ; et l’Iran vient d’envoyer promener l’UE en refusant de coopérer tant que les « questions non résolues concernant les particules d’uranium » ne sont pas réglées.

Comme l’explique un éditorial du Global Times cette semaine : « Depuis que le conflit russo-ukrainien a éclaté, les États-Unis et leurs alliés ont essayé de faire en sorte que les autres soutiennent leurs sanctions, mais ils n’ont pas pris la peine de réfléchir aux raisons pour lesquelles leur bâton ne fonctionne plus. L’influence déclinante de l’Occident est tout simplement due à son abus de pouvoir, à son mépris égoïste des intérêts des autres pays et à sa prédation. Comment la communauté internationale peut-elle faire confiance à l’Occident après tout ce qu’il a fait ? » .

Pas d’OPEP ou de pétrole iranien pour apaiser le « sacrifice » de l’UE pour l’Ukraine. De nombreux pays non occidentaux se tournent plutôt vers les BRICS et l’alliance OCS.

Néanmoins, l’UE s’en tient à ses principes de « sauvetage de l’Ukraine » . Ainsi, après avoir « travaillé sans relâche pendant tout le week-end » , l’UE propose des « interventions historiques » sur le marché de l’énergie, notamment un prélèvement sur les bénéfices excédentaires des compagnies d’électricité et d’énergie, et des mesures allant du plafonnement des prix du gaz à la suspension des transactions sur les produits dérivés de l’énergie.

En un mot, tous les autres marchés de matières premières sont sur le point d’être « réglementés » ou plafonnés à mort. L’Union européenne donne à sa « guerre économique avec la Russie » une interprétation explicitement très littérale :

Le prétendu « instrument d’urgence » pour le marché intérieur, « qui doit être présenté le 13 septembre, prévoit plusieurs étapes qui confèrent à la Commission des pouvoirs variables en fonction de la situation ». Par le biais de ce nouvel instrument, la Commission cherchera à obtenir des pouvoirs d’urgence lui donnant le droit de réorganiser les chaînes d’approvisionnement, de mettre sous séquestre les actifs des entreprises, de réécrire les contrats commerciaux avec les fournisseurs et les clients, d’ordonner aux entreprises de stocker des réserves stratégiques et de les obliger à donner la priorité aux commandes de l’UE sur les exportations.

Hmmm. Si ces mesures étaient adoptées, l’UE deviendrait littéralement une économie de commandement en temps de guerre.

Cela aurait également pour effet d’inciter les États membres à se conformer au règlement par le biais d’un contrôle centralisé de l’ensemble de la matrice de l’infrastructure économique, pour laquelle il n’y aurait pas d’exemption (parce que… parce que « nous devons tous nous sacrifier »).

Ainsi, l’Europe ne rationnera pas le peu d’énergie qu’elle obtient par le prix, mais elle subventionnera plutôt la production industrielle et les ménages – même si le financement nouvellement imprimé implique de pousser l’Europe dans une dépression inflationniste et un effondrement de la monnaie. Les chiffres et les liquidités nécessaires pour y parvenir seront probablement énormes. À lui seul, le sauvetage des consommateurs allemands s’élève à 65 milliards de dollars.

Mais ces subventions passent à côté de l’essentiel. Elles peuvent offrir aux consommateurs européens un certain soulagement à court terme, mais les coûts ne sont pas le problème principal. Le problème reste de savoir si le pétrole et le gaz naturel seront tout simplement disponibles quelque soit leur prix – le prix est sans intérêt lorsque l’offre est proche de zéro.

L’offre est une chose. Mais les contradictions structurelles de cette économie planifiée en sont une autre. Comment ce « renflouement » explicitement inflationniste s’accorde-t-il exactement avec la détermination de la BCE à relever les taux afin de lutter contre l’inflation ? Il est clair qu’ils se contredisent. Emprunter ou imprimer de l’argent pour payer de l’énergie importée (en dollars) – tout en creusant des déficits jumeaux – est un excellent moyen de détruire sa monnaie. Et cela signifie que l’inflation n’est pas transitoire. Ainsi, par la force de la logique, l’UE doit rationner par diktat (comme à la guerre). Mais comment ?

Dans une guerre cinétique, les réponses sont beaucoup plus prévisibles : donner la priorité à la fabrication industrielle d’obus d’artillerie et de chars. Dans une guerre économique, qui vise à atteindre quelque chose d’assez différent – le fonctionnement de base d’une économie de consommation diversifiée – les choix ne sont pas aussi évidents : chauffage domestique des ménages contre besoins opérationnels des fabricants ; industrie à faible consommation d’énergie contre utilisation industrielle intensive ; industries répondant aux besoins stratégiques des consommateurs contre besoins de luxe ou de sécurité ; et équilibre de l’équité contre connexions politiques de haut niveau.

C’est le genre de questions que les économistes des systèmes entièrement planifiés se posent quotidiennement – et à propos desquelles ils se trompent parce qu’ils n’ont pas de mécanismes de tarification ou de rétroaction qui leur permettent d’orienter leurs décisions.

D’accord, nous savons tous que la réponse pavlovienne de l’UE consistera simplement à injecter de l’argent dans les énergies renouvelables, mais sera-ce la bonne réponse ? Le modèle économique de l’Europe consiste essentiellement en une production haut de gamme (c’est-à-dire coûteuse), qui s’appuie sur l’apport d’énergie bon marché en provenance de Russie. Comme l’a expliqué Zoltan Poszar, gourou du Crédit Suisse : pas moins de 2 000 milliards de dollars de valeur ajoutée manufacturière allemande dépendent de seulement 20 milliards de dollars de gaz russe, soit un effet de levier de 100. Il s’agit d’une pyramide complètement inversée reposant sur une base relativement minuscule de combustible fossile. Quelqu’un croit-il vraiment que des éoliennes à faible intensité énergétique maintiendront ces 2 000 milliards de dollars de production allemande ?

Séparément, mais dans le cadre de la guerre financière collective de l’Occident contre la Russie, les ministres des finances du G7 ont accepté de mettre en œuvre un plan visant à plafonner le prix des exportations de pétrole russe. Cette initiative ne remplacerait pas les embargos distincts des pays du G7 ou de l’UE sur le pétrole russe, mais viendrait en complément.

Étant donné que plus de 90 % des navires du monde sont assurés par des assureurs basés à Londres, comme la Lloyds of London, les responsables américains et européens s’attendent à ce que cette initiative ait un impact massif sur les revenus énergétiques russes. Le plafond serait appliqué par le biais d’une « interdiction complète des services (d’assurance) » , qui ne seraient autorisés que si les cargaisons sont achetées à un prix inférieur ou égal à un prix fixé par une « large coalition de pays » .

Ce dispositif est essentiellement l’idée de la secrétaire d’État au Trésor américain, Janet Yellen : « Ce plafonnement des prix est l’un des outils les plus puissants dont nous disposons pour lutter contre l’inflation et protéger les travailleurs et les entreprises aux États-Unis et dans le monde des futures flambées de prix causées par des perturbations mondiales. »

Dans la vision de Yellen, le prix serait fixé au-dessus du niveau de prix dont la Russie a besoin pour équilibrer son budget national (et donc inciter la Russie à continuer à pomper du pétrole) ; tout en étant inférieur au prix nécessaire pour que les économies occidentales continuent à prospérer – et assez bas de façon à réduire profondément les revenus pétroliers de la Russie, affaiblissant ainsi son économie, et son effort de guerre.

Mais cela ne marchera pas. La Russie peut facilement remplacer l’assurance occidentale. Les deux principales voies sont l’auto-assurance (vous réservez une partie de vos revenus dans un fonds pour payer les sinistres si nécessaire), et l’assurance captive (vous créez vos propres compagnies d’assurance avec la participation des parties concernées). Shakespeare l’a d’ailleurs décrit dans Le Marchand de Venise en 1598.

En termes simples, la Russie peut facilement obtenir une assurance sur d’autres marchés qui ne participent pas au boycott, notamment Dubaï, l’Inde et la Chine, ainsi que la Russie elle-même. L’assurance ne sera donc pas une arme efficace contre la Russie, et le plafonnement des prix échouera.

En substance, la Russie a effectivement gagné la guerre militaire en Ukraine et la guerre des sanctions financières mondiales (même si les deux sont loin d’être terminées). Plus le déni se poursuivra, plus l’Europe sera touchée économiquement. C’est évident, et il est tout aussi évident que l’hiver en Europe ne sera pas de tout repos.

Pourtant, jusqu’à présent, les dirigeants de l’Union européenne persistent dans leurs erreurs, car ils considèrent que la situation sert leurs ambitions plus larges. Le début de la pandémie en Europe a été caractérisé par le fait que les États membres ont fait passer leurs propres besoins nationaux – de manière quelque peu chaotique – en premier (bien que dans un contexte d’ineptie totale de l’UE). La distance sociale était d’un mètre dans un pays et de deux mètres dans un autre, tandis que les exigences en matière de masques et les règles relatives aux rassemblements sociaux étaient très variables, voire même différentes d’une région à l’autre en Allemagne.

L’establishment européen a toutefois agi tardivement. Il a senti dans cette crise l’ampleur de l’opportunité qui se présentait : il s’est lancé dans un coup de force. Il a pris le contrôle, à l’échelle européenne, des procédures de vaccination, des restrictions de voyage et, avec le confinement, des pouvoirs d’urgence sur la vie des citoyens.

Avec la coupure de l’énergie, l’UE invoque à nouveau les « pouvoirs d’urgence » , au milieu de gros titres alarmants et lugubres dans les médias. Bruxelles y voit une nouvelle occasion pour l’élite d’imposer le « verrouillage » de l’intervention aux 27 et de prendre le contrôle central de questions qui relevaient auparavant des compétences nationales (souvent soumises à la responsabilité parlementaire).

Les plafonds et les règlements sont en cours d’élaboration et, le 13 septembre, l’UE envisagera de se doter des pouvoirs nécessaires pour « réorganiser » les lignes d’approvisionnement, mettre sous séquestre des actifs, réécrire des contrats commerciaux, ordonner la constitution de stocks et affirmer la primauté des ordres de l’UE sur tous les autres.

La crise énergétique sera « utilisée » de cette manière. L’objectif est toujours le contrôle central. Pour les idéologues, c’est aussi l’occasion d’« accélérer la défossilisation » et de dénoncer les « retours en arrière en matière d’énergies renouvelables » , quelle que soit la douleur imposée aux citoyens. Ce message inonde les sites web européens.

Le ministre allemand des affaires étrangères (du parti des Verts) l’a dit clairement : J’accorderai la priorité à l’Ukraine « quoi qu’en pensent mes électeurs allemands » , ou quelle que soit la difficulté de leur vie.

Si l’on pose la question, est-ce là l’agenda du WEF (« Davos ») qui se déroule ? Il serait difficile de répondre par un « non » catégorique.

Quoi qu’il en soit, l’UE est construite comme un rouleau compresseur qui aplanit régulièrement la voie vers plus de contrôle central, plus de gestion des informations, plus de surveillance des citoyens. La CJE et la bureaucratie avancent tout simplement d’un pas décidé : la marche arrière n’a jamais été prévue. En fait, l’architecture ne prévoit pratiquement aucune possibilité de retour en arrière, sauf en invoquant l’article 50 – quitter l’Union, et cette intention a été rendue insupportablement douloureuse.

Attendez-vous donc à ce que les dirigeants européens persistent dogmatiquement à transformer l’UE en une économie planifiée de type soviétique. Et même à rechercher davantage de pouvoirs, à mesure que l’économie s’affaiblit. L’UE est convaincue que les protestations publiques peuvent être, et seront, réprimées par la force (éventuellement avec l’armée dans les rues). Les protestations ont commencé. Cependant, nous ne sommes qu’en septembre, et la brume de l’été persiste… L’hiver approche, mais semble encore bien loin.

Ce qui est certain, c’est qu’avec l’UE qui soutient massivement la demande par le biais de vastes plans de sauvetage – à un moment où l’offre est déjà réduite et aggravée par des perturbations et des pénuries typiques de l’économie planifiée – une inflation plus élevée est à venir, et l’euro sera « grillé » .

Y’a-t-il une issue ? Peut-être qu’une figure surgira, prenant tout le monde par surprise. Peut-être que l’effondrement de l’euro et les résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis en novembre seront le catalyseur qui permettra à cette figure de se manifester et d’articuler une vision qui semblera offrir une solution. La solution, après tout, est assez évidente. Mais d’abord, vient la douleur.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Dégringolade de l’économie et du niveau de vie en Europe - Le 05/10/2022.

par Oriental Review - Le 05/10/2022.

 

Les stupides sanctions prises contre la Russie ont mis en lumière les problèmes les plus saillants de l’Europe, qui est en train de perdre sa puissance économique à toute vitesse. Le nombre d’entreprises sur le point de déposer le bilan est colossal. Un afflux de migrants en provenance d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Ukraine exige des dotations budgétaires toujours croissantes. On dépense également beaucoup d’argent à soutenir le régime de Kiev. Conséquence de tout cela, les économies d’Europe se dégradent, et le niveau de vie dégringole.

Des entreprises au bord de la faillite

En Grande-Bretagne, 60% des entreprises sont au bord de la faillite en raison des prix de l’électricité. C’est le groupe d’analyse Make UK, qui représente les intérêts de l’industrie britannique, qui donne ce chiffre. 13% des usines britanniques ont réduit leurs horaires d’embauche, et 7% connaissent une fermeture temporaire. Les factures d’électricité ont connu une croissance de plus de 100% par rapport à l’année passée.

En Allemagne, si l’on s’en tient aux chiffres du Leibniz Institute for Economic Research, le nombre d’entreprises et de personnes ayant déclaré une faillite au seul mois d’août a augmenté de 26% par rapport au chiffre de l’an dernier. Cet accroissement est significativement plus important qu’anticipé par les analystes. Selon les experts, au cours de l’automne, le nombre de faillites ne va faire que croître. Ceci se produit en lien avec l’accroissement des coûts des processus de production, en particulier avec l’augmentation des prix de l’énergie.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a reconnu que de nombreux Allemands sont confrontés à des prix qui augmentent sur le carburant et les denrées alimentaires. La plupart des pays d’Europe connaissent une situation similaire. Mais les autorités sacrifient la qualité de vie de leurs peuples pour continuer d’exercer des pressions sur la Russie.

La crise ne fait que commencer

Dans le même temps, de nombreux experts croient que la fermeture du Nord Stream va provoquer la pire crise énergétique d’Europe depuis des décennies.

Manuela Schwesig, premier ministre de Mecklenburg-Vorpommern, et Markus Söder, Premier ministre de Bavière, visitent un site qui va alimenter un réseau de gazoducs déjà existant en gaz naturel à Lubmin, Allemagne, le 30 août 2022

Ces circonstances ont déjà provoqué une forte augmentation des prix des ressources énergétiques sur le marché européen. En résultat, les factures énergétiques des foyers européens ont augmenté. Selon des analystes de Goldman Sachs, le coût cumulé de l’énergie va connaître un pic début 2023, jusqu’à atteindre les 2000 milliards d’euros. Il a également entraîné à une dépréciation record de la monnaie européenne par rapport aux 20 dernières années.

L’augmentation du coût du gaz, du chauffage et de l’électricité produit un effet néfaste sur le niveau de vie des peuples. Mais un problème plus dangereux encore réside dans la chute de compétitivité des produits européens qui sont produits suivant les nouveaux coûts énergétiques. Les produits européens deviennent non-compétitifs sur le marché mondial : leur prix augmente fortement à cause du coût de l’électricité et du gaz.

Les tentatives menées par les dirigeants de l’UE d’introduire un plafond sur les prix de l’énergie en provenance de Russie ont totalement échoué.

« L’Europe récole ce qu’elle sème »

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé que les pays européens ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes au sujet des problèmes qu’ils auront à affronter l’hiver prochain suite à la diminution des livraisons de gaz russe. Pour reprendre ses termes, « l’Europe récolte ce qu’elle sème », alors que la Turquie « n’a aucun problème de fourniture de gaz ».

La crise en Europe est la résultante d’erreurs politiques. D’un côté, les sanctions contre la Russie ne profitent qu’aux États-Unis. Et de l’autre côté, l’imposition d’une économie post-hydrocarbures sur les Européens a prouvé son ineptie.

En résultat, les prix de l’énergie en Asie et en Amérique Latine sont aujourd’hui beaucoup plus faibles. Tout comme les salaires des travailleurs. En d’autres termes, les produits européens sont devenus totalement non-concurrentiels. Et nous constatons une diminution de la distribution de ces produits sur les marchés. Par conséquence, l’économie européenne a commencé à plongé dans la récession. En particulier, Christian Sewing, directeur général de la Deutsche Bank, a affirmé le 7 septembre que l’Allemagne n’est plus en mesure d’éviter une récession. Elle achète d’ores et déjà nettement moins de matières premières auprès de fournisseurs majeurs tels que le Brésil, l’Argentine ou les États-Unis.

L’Economist Intelligence Unit, un groupe de réflexion britannique, prédit que la croissance du PIB pour 2023 sera de : 5.3% en Chine, 5.1% en Inde, 1.2% aux États-Unis, 0.3% en France, 0.3% au Brésil. Et elle sera négative dans divers pays : -0.6% au Royaume-Uni, -1% en Allemagne, et -1.3% en Italie.

La pauvreté approche

La prochaine conséquence logique sera une série de fermetures en masse d’unités de production et un accroissement du chômage. Les entreprises technologiques européennes sont d’ores et déjà en train de réduire le nombre de postes d’ingénierie bien payés. Au mois de septembre, Siemens, le fabricant allemand d’éoliennes a annoncé son intention de réduire le nombre de ses salariés de 1500 personnes.

Dès lors, la montée du chômage va provoquer une chute du niveau de vie et une charge additionnelle sur les budgets gouvernementaux, au fur et à mesure que la lutte contre la pauvreté exigera de nouvelles dépenses sociales.

Les économies européennes survivent grâce à des stimuli. Mais cela aggrave l’inflation. Mark Rutte, le premier ministre hollandais, a déclaré : « On ne peut pas aider tout le monde, alors que nous autres, en Occident, allons devenir un peu plus pauvres en raison du haut niveau d’inflation, et des coûts élevés de l’énergie. »

Les migrants provoquent la ruine des budgets

Dans le même temps, la crise de l’énergie et les problèmes de production ont été aggravés par les politiques migratoires qui exigent d’autres injections budgétaires dans la sphère sociale.

L’afflux de migrants dans les pays européens au cours des deux dernières décennies est resté sous la barre du million de personnes par an. Mais l’an dernier, 1,3 millions de gens ont immigré en Europe, et cette année, on en compte déjà 1,8 millions. Il faut prendre en compte le fait que certains immigrés entrent illégalement en Europe et ne sont pas comptabilisés. Il s’agit surtout de ressortissants somaliens, nigérians, gambiens, iraniens, pakistanais, maliens, afghans, érythréens et syriens.

En outre plus de dix millions de personnes ont quitté l’Ukraine depuis la fin du mois de février. Parmi celles-ci, au moins 6 millions de gens restent dans des pays européens, dont 3,7 millions ont déjà reçu le statut de réfugiés. Le coût moyen par migrant ukrainien s’établit à 7000 euros par an. Même sans les Ukrainiens, l’Allemagne dépense à elle-seule 25 à 55 milliards d’euros par an sur l’aide aux réfugiés.

L’économie européenne pouvait se permettre de payer ces dépenses colossales avant la crise énergétique [Pas sûr que les populations rurales pauvres de France soient tout à fait d’accord avec cette affirmation, NdSF]. Mais désormais, la situation est telle que les dépenses ne font que croître, pendant que les revenus sont en chute libre.

Suite aux factures d’électricité et de chauffage catastrophiques, la population européenne est confrontée au chômage de masse, suivi par un déclin du soutien social apporté par les États. De tels processus ne peuvent que mener à un déclin du niveau de vie [et à de profonds remous sociaux, NdSF]

source : Oriental Review

traduction José Martí, relu par Wayan, pour Le Saker Francophone

Les Européens et les factures d’énergie et de nourriture

La propagande qui prétend gouverner nos vies en nous gorgeant d’hypothétiques victoires de la marionnette des USA, le très corrompu Zelensky flanqué de la folle non moins corrompue et incompétente Ursula von Leyen prétendent entrainer l’UE comme chair à canon du fascisme étatsunien. Les premières victimes ne sont pas celles de la guerre mais bien de la politique qui a besoin de la guerre, celle du capitalisme occidental en crise profonde. Partout les victimes protestent mais faute de partis communistes, faute de perspective politique, le socialisme, un autre pouvoir de classe, le risque du dévoiement fasciste grandit en Europe et aux États-Unis. La planète contemple avec inquiétude nos convulsions. Danielle Bleitrach
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Les Bulgares considèrent les prix élevés comme plus dangereux que la guerre en Ukraine

Septembre 22, 2022. Les Bulgares estiment que l’augmentation excessive des prix est un danger plus tangible que l’escalade de la guerre en Ukraine, selon un sondage international Gallup publié mardi.

Quelque 87,9% des personnes interrogées ont répondu qu’il existe un risque réel d’augmentation excessive des prix en Bulgarie. La deuxième crainte (78,3%) est qu’il n’y ait pas assez de gaz, tandis que 77,9% pensent qu’il y a un réel danger que le pays tombe dans une instabilité politique permanente. Viennent ensuite les réponses « il y aura une nouvelle vague de migrants » avec 72,3 %, et « il y aura une pénurie d’électricité » avec 69,4%.

Au total, 56,3% pensent qu’il y a un risque que la guerre en Ukraine s’aggrave. La question a été posée avant la dernière intensification du conflit1.

Des manifestations éclatent dans toute l’Autriche pour exiger une solution à la crise du coût de la vie

Septembre 19, 2022. Le samedi 17 septembre, des syndicats et d’autres sections de la classe ouvrière sont descendus dans les rues à travers l’Autriche pour protester contre l’inefficacité du gouvernement à s’attaquer à la crise actuelle du coût de la vie. Les manifestations appelées par la Fédération syndicale autrichienne (OGB) ont vu la participation de divers groupes, notamment le Parti du travail d’Autriche (PdA), le Front de la jeunesse, la Jeunesse communiste d’Autriche (KJO), le Parti communiste d’Autriche (KPO) et Links, entre autres. Des marches ont eu lieu dans des villes de tous les Länder, notamment Vienne, Eisenstadt, Bruck an der Mur, Salzbourg, Innsbruck, Bregenz, basse-Autriche et Haute-Autriche. Selon les organisateurs, plus de 30 000 personnes ont participé aux manifestations, dont 20 000 ont défilé rien qu’à Vienne. Les manifestants ont appelé les politiciens à prendre des mesures concrètes pour faire face à la crise actuelle2.

Bruxelles, théâtre d’une manifestation de masse sur la crise du coût de la vie

Septembre 21, 2022. Mercredi, la capitale belge a été le théâtre d’un rassemblement massif de plus de 10 000 manifestants qui sont descendus dans la rue pour protester contre les hausses de prix.

Les syndicats belges, organisateurs de la manifestation, ont lancé un appel aux politiciens nationaux, leur imposant la responsabilité d’atténuer la crise financière, d’assurer des augmentations de salaires et de réduire les prix de l’énergie.

Selon les syndicats, le pays a connu une augmentation écrasante des prix des factures d’énergie. Ils affirment que la facture énergétique moyenne des ménages a triplé, dépassant 700 euros.

Le président de la Fédération générale belge du travail, Thierry Bodson, a déclaré : « Ce n’est pas que nous ne voulons pas payer, mais que nous ne pouvons pas payer ». Bien que la plupart des Belges aient fait tous les efforts possibles pour réduire la consommation d’énergie, il n’y a pas de résultats positifs, a déclaré Bodson3.

source : Histoire et Société

« Nous ne nous soucions pas de ce que vous pensez : Tout sera régulé ou plafonné à mort »

par Alastair Crooke - Le 13/09/2022.

Le principal défaut de l’ensemble du plan européen est que l’Europe, les gros consommateurs, ayant perdu le contrôle des prix des matières premières au profit des producteurs d’énergie et de matières premières, veut maintenant, avec l’aide des États-Unis, le reprendre.

Au cas où quelqu’un, quelque part, ne l’aurait pas remarqué, l’Europe est en crise. Il y a six mois, les dirigeants européens étaient tout excités à l’idée que leurs projets de cesser d’acheter du gaz et du pétrole russes et de sanctionner absolument tout ce qui était russe allaient « faire sauter » l’économie russe et, du même coup, « éliminer » Poutine.

Avance rapide jusqu’à aujourd’hui, et ce sont « 6 entreprises sur 10 au Royaume-Uni qui risquent de fermer leurs portes à cause de la hausse des coûts de l’énergie », « un hiver froid pour l’Europe s’annonce », « dix hivers terribles à venir », « une inflation record dans la zone euro », et les options énergétiques de l’Allemagne qui s’amenuisent. Mais réjouissez-vous : les dirigeants européens se moquent de ce que vous pensez. Allez-vous faire voir ! « Nous soutiendrons l’Ukraine jusqu’au bout », préviennent-ils.

C’est tout simplement extraordinaire : l’UE ne cesse de se tirer une balle dans le pied, puis de recommencer. Elle a d’abord imaginé l’effondrement financier de la Russie ; elle a ensuite imaginé que l’incompétence militaire et les performances trébuchantes de la Russie permettraient à Zelensky d’humilier la Russie sur le champ de bataille. Et maintenant, au lieu de cesser de creuser son trou, l’UE propose son « plan B » : Après avoir tout sanctionné (avec des conséquences prévisibles), elle envisage maintenant de « plafonner » tout, avec des conséquences négatives tout aussi prévisibles.

Vendredi dernier, les ministres des finances du G7 ont décidé de mettre en œuvre leur plan visant à plafonner le prix des exportations de pétrole russe. Cette initiative ne remplacera pas les embargos distincts des pays du G7 sur le pétrole russe, mais sera mise en œuvre en parallèle – le 5 décembre pour le brut, et le 5 février 2023 pour les produits raffinés.

Ce plafonnement sera mis en œuvre par « l’interdiction complète des services » qui permettent le transport maritime du brut et des produits pétroliers russes. Ces services – qui comprennent l’assurance maritime – ne seront autorisés que si les produits sont achetés à un prix inférieur ou égal à un prix qui sera fixé par une « large coalition de pays ».

Ce projet est essentiellement l’œuvre de la secrétaire d’État américaine au Trésor, Janet Yellen.

Dans sa vision, le prix serait fixé au-dessus du niveau de prix dont la Russie a besoin pour équilibrer son budget national (et donc l’inciter à continuer à pomper du pétrole), mais en dessous du prix nécessaire pour maintenir la prospérité des économies occidentales – et suffisamment bas pour réduire considérablement les revenus pétroliers de la Russie, affaiblissant ainsi (ils l’espèrent) son économie et son effort de guerre.

Le plafond théorique est indéterminé, mais on l’estime à environ 50-60 dollars. Le budget russe est basé sur un pétrole équivalent à 44 dollars – en 2022. La mise en œuvre de ces mesures par l’UE nécessitera que les États membres acceptent à l’unanimité de modifier le sixième train de sanctions qui détaille l’embargo de l’Union sur le brut russe, notamment en ajustant l’interdiction des services d’assurance.

Même cet élément clé de l’assurance est discutable : La Lloyds’ de Londres est l’un des principaux assureurs maritimes. Comment, en pratique, les compagnies d’assurance vont-elles déterminer quelles cargaisons sont transportées à quel prix initial ? Vont-elles recruter une armée d’inspecteurs ? Pourquoi ces ministres du G7 supposent-ils que seuls les services d’assurance du G7 seront engagés ? L’Inde assure déjà les cargaisons russes, tout comme la Russie et la Chine. Il est plus probable que cela signifie un transfert des services d’assurance maritime de Londres vers l’Asie – un autre avantage économique occidental perdu.

La première et la plus évidente des lacunes de ce projet est qu’il dépend de la volonté des grands importateurs de pétrole russe, dont l’Inde et la Chine, d’y adhérer. Et les deux pays ont dit « non ». La Russie a prévenu qu’elle cesserait tout simplement ses exportations vers tout État participant au programme.

Puis, quelques jours après que l’UE a menacé les négociants en matières premières d’organiser une « intervention d’urgence » pour écraser les prix de l’énergie, Gazprom a annoncé (par pur hasard ?) qu’elle allait « arrêter complètement » tout le transit du Nord Stream 1 en raison d’une « fuite de pétrole ».

La nouvelle a fait plonger les marchés boursiers mondiaux et a menacé de faire remonter les prix du gaz et de l’électricité en Europe à des sommets historiques. Elle a également forcé la Suède à suivre l’Autriche et l’Allemagne en renflouant leurs entreprises énergétiques à hauteur de milliards d’euros.

Dimanche, tard dans la journée, l’Union européenne (qui a « travaillé sans relâche tout le week-end ») a proposé des « interventions historiques » sur le marché de l’énergie, notamment un prélèvement sur les bénéfices excessifs des compagnies d’électricité et d’énergie : Des plafonnements des prix du gaz à la suspension des transactions sur les produits dérivés de l’électricité, l’Union européenne s’efforce de répondre aux derniers développements de la crise qui s’aggrave.

En un mot, tous les autres marchés de matières premières sont sur le point d’être « réglementés » ou plafonnés à mort.

Le principal défaut de toute cette construction est que l’Europe, les gros consommateurs, ayant perdu le contrôle des prix des matières premières au profit des producteurs d’énergie et de matières premières, veut maintenant, avec l’aide des États-Unis, le reprendre. Et personne, en dehors de l’Occident, ne le souhaite. L’OPEP+ ne le souhaite certainement pas. En effet, l’OPEP+ est en train de réduire la production, ce qui fera grimper les prix. Les producteurs souhaitent naturellement des prix élevés. Ils n’ont pas envie de « punir » la Russie au détriment de leurs revenus.

Quant à l’Inde et à la Chine, elles sont tout à fait satisfaites d’acheter du pétrole russe à prix réduit (du gaz liquéfié dans le cas de la Chine) et, après l’avoir « transformé », de le revendre aux Européens avec un bénéfice appréciable. Aucun des deux États n’a intérêt à contrarier Moscou inutilement – ils ne sont pas fans de l’interventionnisme occidental « fondé sur des règles ».

L’intervention prévue par l’UE « devrait être conçue de manière à éviter une augmentation de la consommation de gaz ou à compromettre les efforts visant à réduire la demande de gaz. Elle devrait être simple à mettre en œuvre et à coordonner dans l’ensemble de l’Union et être compatible avec les objectifs climatiques de l’Union », a déclaré la présidence de l’UE dans le projet de document.

« Simple à mettre en œuvre » ? C’est là que les rires fusent : Pourquoi ? Parce que, comme l’a écrit Goldman Sachs vendredi, rien de ce que fait l’Europe n’entraînera une baisse des prix, et au contraire, les prix augmenteront considérablement – ce qui suggère que les plans « historiques » de l’Europe fonctionnent en théorie et s’effondrent en pratique.

Alastair Crooke

source : Al Mayadeen

traduction Réseau International

Le suicide énergétique de l’Allemagne : Une autopsie

par Pepe Escobar-Le 09/09/2022.

L’UE a militarisé l’approvisionnement en énergie européenne pour le compte d’un racket financier, contre les intérêts de l’industrie et des consommateurs européens.

Lorsque le fanatique vert Robert Habeck, qui se fait passer pour le ministre allemand de l’Économie, a déclaré en début de semaine que « nous devons nous attendre au pire » en termes de sécurité énergétique, il a opportunément oublié de préciser que toute cette farce est une crise Made in Germany cum Made in Bruxelles.

Des lueurs d’intelligence brillent au moins encore sous de rares latitudes occidentales, puisque l’indispensable analyste stratégique William Engdahl, auteur de « A Century of Oil », a publié un résumé net et concis révélant les squelettes du placard glamour.

Tous ceux qui ont un cerveau et qui suivent les affreuses machinations des eurocrates à Bruxelles étaient au courant de l’intrigue principale – mais presque personne parmi les citoyens européens moyens. Habeck, le chancelier « Saucisse de foie » Scholz, le vice-président de la Commission européenne (CE) chargé de l’énergie verte Timmermans, la dominatrice de la CE Ursula von der Leyen, tous sont impliqués.

En bref, comme le décrit Engdahl, il s’agit du « plan de l’UE pour désindustrialiser l’une des concentrations industrielles les plus efficaces sur le plan énergétique de la planète ».

C’est une traduction pratique de l’Agenda vert 2030 de l’ONU – qui se trouve être métastasé dans la Grande Réinitialisation du crypto-méchant de James Bond Klaus Schwab – maintenant rebaptisée « Grande Narration ».

Toute cette arnaque a commencé au début des années 2000 : Je m’en souviens très bien, car Bruxelles était ma base européenne au début de la « guerre contre le terrorisme ».

À l’époque, on parlait beaucoup de la « politique énergétique européenne ». Le sale secret de cette politique est que la CE,  » conseillée  » par JP MorganChase ainsi que par les méga fonds spéculatifs habituels, s’est lancée dans ce qu’Engdahl décrit comme « une dérégulation complète du marché européen du gaz naturel ».

Cela a été vendu à la Lugenpresse (« médias menteurs ») comme une « libéralisation ». En pratique, il s’agit d’un capitalisme de casino sauvage et non réglementé, le marché « libre » fixant les prix tout en bradant les contrats à long terme – comme ceux conclus avec Gazprom.

Comment décarboniser et déstabiliser

Le processus a été accéléré en 2016, lorsque le dernier souffle de l’administration Obama a encouragé l’exportation massive de GNL à partir de l’énorme production de gaz de schiste des États-Unis.

Pour cela, il faut construire des terminaux GNL. La construction de chaque terminal peut prendre jusqu’à cinq ans. Au sein de l’UE, la Pologne et les Pays-Bas se sont lancés dans l’aventure dès le début.

Tout comme Wall Street a inventé dans le passé un marché spéculatif de « pétrole papier », cette fois-ci ils ont opté pour un marché spéculatif de « gaz papier ».

Engdahl détaille comment « la Commission européenne et son programme Green Deal visant à « décarboniser » l’économie d’ici 2050, en éliminant les carburants à base de pétrole, de gaz et de charbon, ont fourni le piège idéal qui a conduit à la flambée explosive des prix du gaz dans l’UE depuis 2021″.

La création de ce contrôle du marché « unique » impliquait de forcer des changements de règles illégaux à Gazprom. En pratique, Big Finance et Big Energy – qui contrôlent totalement tout ce qui passe pour une « politique de l’UE » à Bruxelles – ont inventé un nouveau système de tarification parallèle aux prix stables à long terme du gaz russe.

En 2019, une avalanche de « directives » énergétiques eurocrates de la CE – la seule chose que ces gens font – avait établi un marché du gaz commercial totalement déréglementé, fixant les prix du gaz naturel dans l’UE alors même que Gazprom restait le plus grand fournisseur.

Alors que de nombreux centres d’échange virtuels de contrats à terme sur le gaz commençaient à apparaître dans toute l’UE, le TTF (Title Transfer Facility) néerlandais a fait son apparition. En 2020, le TTF s’est imposé comme la véritable référence du gaz dans l’UE.

Comme le souligne Engdahl, « le TTF est une plateforme virtuelle d’échanges de contrats à terme sur le gaz entre banques et autres investisseurs financiers. En dehors, bien sûr, de tout marché réglementé.

Les prix du GNL ont donc rapidement commencé à être fixés par les transactions à terme sur la plateforme TTF, qui se trouve être la propriété du gouvernement néerlandais – « le même gouvernement qui détruit ses fermes pour une réclamation frauduleuse de pollution à l’azote. »

Par tous les moyens, la grande finance devait se débarrasser de Gazprom en tant que source fiable pour permettre aux puissants intérêts financiers à l’origine du racket du Green Deal de dominer le marché du GNL.

Engdahl évoque un cas très peu connu en Europe : « Le 12 mai 2022, bien que les livraisons de Gazprom au gazoduc Soyouz traversant l’Ukraine n’aient pas été interrompues pendant près de trois mois de conflit, malgré les opérations militaires russes en Ukraine, le régime Zelensky de Kiev, contrôlé par l’OTAN, a fermé un important gazoduc russe traversant Lougansk, qui acheminait le gaz russe à la fois vers son Ukraine et vers les États de l’UE, déclarant qu’il resterait fermé jusqu’à ce que Kiev obtienne le contrôle total de son système de gazoducs qui traverse les deux républiques du Donbass. Cette section de la ligne Soyouz ukrainienne a coupé un tiers du gaz acheminé par Soyouz vers l’UE. Cela n’a certainement pas aidé l’économie de l’UE à un moment où Kiev suppliait ces mêmes pays de l’OTAN de lui fournir davantage d’armes. Soyouz a été ouvert en 1980 sous l’Union soviétique, apportant le gaz du champ gazier d’Orenbourg ».

Guerre hybride, le chapitre énergie

En ce qui concerne l’interminable feuilleton de la turbine de Nord Stream 1, le fait crucial est que le Canada a délibérément refusé de livrer la turbine réparée à Gazprom – son propriétaire – mais l’a envoyée à Siemens Allemagne, où elle se trouve actuellement. Siemens Allemagne est essentiellement sous contrôle américain. Les gouvernements allemand et canadien refusent tous deux d’accorder une exemption de sanction juridiquement contraignante pour le transfert à la Russie.

C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase (de Gazprom). Gazprom et le Kremlin ont conclu que si le sabotage était le nom du jeu, ils ne pouvaient pas moins se soucier de savoir si l’Allemagne recevait zéro gaz via Nord Stream 1 (avec le tout nouveau Nord Stream 2, prêt à partir, bloqué pour des raisons strictement politiques).

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a pris la peine de souligner que « les problèmes de livraison [de gaz] sont dus aux sanctions imposées à notre pays et à un certain nombre d’entreprises par les pays occidentaux (…) Les problèmes d’approvisionnement n’ont pas d’autres causes ».

Peskov a dû rappeler à toute personne dotée d’un cerveau que ce n’est pas la faute de Gazprom si « les Européens (…) prennent la décision de refuser d’entretenir leurs équipements », ce qu’ils sont contractuellement tenus de faire. Le fait est que toute l’opération Nord Stream 1 repose sur « une pièce d’équipement qui a besoin d’une maintenance sérieuse ».

Le vice-Premier ministre Alexander Novak, qui s’y connaît un peu en matière d’énergie, a clarifié les détails techniques :

« L’ensemble du problème se situe précisément du côté de l’UE, car toutes les conditions du contrat de réparation ont été complètement violées, ainsi que les conditions d’expédition de l’équipement ».

Tout cela est inscrit dans ce que le vice-ministre des Affaires étrangères Sergey Ryabkov décrit comme « une guerre totale déclarée contre nous », qui est « menée sous des formes hybrides, dans tous les domaines », le « degré d’animosité de nos adversaires – de nos ennemis » étant « énorme, extraordinaire ».

Tout cela n’a donc rien à voir avec « Poutine qui arme l’énergie ». Ce sont Berlin et Bruxelles – simples messagers de la Grande Finance – qui ont militarisé l’approvisionnement en énergie européenne pour le compte d’un racket financier, et contre les intérêts de l’industrie et des consommateurs européens.

Attention au trio toxique

Engdahl a résumé comment, « en sanctionnant ou en fermant systématiquement les livraisons de gaz par des gazoducs à long terme et à faible coût vers l’UE, les spéculateurs gaziers via le PTT néerlandais ont pu utiliser chaque hoquet ou choc énergétique dans le monde, qu’il s’agisse d’une sécheresse record en Chine ou du conflit en Ukraine, ou encore des restrictions à l’exportation aux États-Unis, pour surenchérir les prix de gros du gaz dans l’UE ».

Traduction : le capitalisme de casino à son paroxysme.

Et il y a pire, quand il s’agit d’électricité. Une soi-disant réforme du marché européen de l’électricité est en cours. Selon celle-ci, les producteurs d’électricité – solaire ou éolienne – reçoivent automatiquement « le même prix pour leur électricité « renouvelable » qu’ils vendent aux compagnies d’électricité pour le réseau que celui du coût le plus élevé, c’est-à-dire le gaz naturel ». Il n’est donc pas étonnant que le coût de l’électricité en Allemagne pour 2022 ait augmenté de 860% – et ce n’est pas fini.

Baerbock répète sans cesse que l’indépendance énergétique de l’Allemagne ne peut être assurée tant que le pays n’est pas « libéré des combustibles fossiles ».

Selon le fanatisme des Verts, pour construire l’agenda vert, il est impératif d’éliminer complètement le gaz, le pétrole et l’énergie nucléaire, qui se trouvent être les seules sources d’énergie fiables à l’heure actuelle.

Et c’est ici que nous voyons le trio toxique Habeck/Baerbock/von der Leyen prêt pour son gros plan. Ils se posent en sauveurs de l’Europe en prêchant que la seule issue est d’investir des fortunes dans les énergies – peu fiables – éolienne et solaire : la « réponse » de la Providence à une débâcle du prix du gaz fabriquée par nul autre que la Grande Finance, le fanatisme vert et le « leadership » eurocrate.

Maintenant, dites cela aux ménages paneuropéens en difficulté dont les factures vont grimper en flèche pour atteindre un montant collectif énorme de 2000 milliards de dollars lorsque le général Winter frappera à la porte.

Pepe Escobar

source : Strategic Culture Foundation

traduction Réseau International

LE PROBLÈME N’EST PAS LE CLIMAT MAIS LA PÉNURIE ÉNERGÉTIQUE ! (L’Imprécateur)

7 SEPTEMBRE 2022

PUBLIÉ PAR XAVIER JESU - Source : Minurne.

De tous temps l’humanité a su gérer les problèmes de température. L’homme préhistorique se couvrait de peaux de bêtes et allumait un feu dans la grotte par temps froid. L’esquimau inuit, l’habitant du nord sibérien, de l’Alaska et côté Russie l’Aïnous des rives de Behring vivent à longueur d’année dans des températures négatives avec parfois une courte période de fortes chaleurs en été.

Inversement, les Africains, les Sud-américains, les Aborigènes australiens supportent des chaleurs extrêmes. Nous avons chaud en Europe et des soi-disant spécialistes en météo nous annoncent pire dans les années à venir, mais de leur côté les habitants de l’hémisphère sud se plaignent du froid grandissant depuis trois ans, de neige dans les déserts (Australie) et sur les forêts tropicales (Amérique du Sud).

La prévision météorologique à peu près crédible jusqu’à cinq jours est très aléatoire sur le moyen et long terme où elle est réalisée sur la base de logiciels et d’algorithmes. Les habitants des zones à cyclones le savent, même ce phénomène météo énorme, violent et destructeur est imprévisible, excepté sa direction générale orientée en principe vers le pôle le plus proche où après un adoucissement en tempête tropicale il va s’éteindre dans l’air plus froid.

Cyclone à cheval entre les Amériques Sud et Nord

LES POLITIQUES CRÉENT LES PÉNURIES

Il en est de même avec l’abondance. Notre président, en pleine crise de pessimisme depuis son échec aux législatives, nous annonce la fin de l’abondance. Il n’est pas le premier à l’annoncer. À tort ! Et le plus souvent par peur d’un manque d’énergies, gaz, électricité, pétrole et même charbon.

Quand, au Etats-Unis, la création de la Ford T en 1908, fit peur au président Calvin Coolidge, il annonça une énorme pénurie de pétrole à venir pour le chauffage et l’éclairage, pénurie qui allait être due aux voitures à moteurs thermiques. La voiture électrique, inventée au XIXème siècle, avait été abandonnée à cause de l’insuffisance (toujours actuelle) des batteries et d’une trop faible autonomie.

Coolidge ignorait la découverte d’énormes quantités de pétrole, notamment au Texas, par les géologues et les ingénieurs. Consulter les scientifiques lui paraissait indigne de lui, comme le ressent aussi E. Macron. Il ne consulte que les scientifiques a priori de son avis. J.F. Delfraissy en est l’exemple, chef du Conseil stratégique anti-Covid, il prêchait la vaccination obligatoire demandée par Macron ; maintenant il reconnaît que les vaccins ARN ne sont pas la meilleure solution.

L’Inde l’a admis aussi, mais pas la France, et les états indiens (sauf deux) ont aussitôt réintroduit l’ivermectine, un anti-inflammatoire des poumons, et le nombre de cas de Covid a très fortement chuté. L’ivermectine prise dès les premiers symptômes stoppe rapidement le Covid qui s’attaque aux poumons.

L’Afrique, a été privée de vaccins à cause de la pénurie créée par l’égoïsme occidental résultant de l’obligation vaccinale et des inutiles rappels qui n’ont rien changé aux taux d’infection mais vidé les stocks. Elle n’a que très peu vacciné et dans tous les pays africains, le taux de mortalité par Covid est de cinq à dix fois moins élevé qu’en France*.

Le cas de la pénurie de moutarde est parlant. La France a elle seule représente 50% de la production européenne, elle ne devrait donc jamais manquer de moutarde. Mais Bruxelles a interdit l’utilisation des produits phytosanitaires protégeant les plants de moutarde des maladies et des insectes. Les rendements ont donc chuté. De plus, alors qu’une sécheresse dans l’ouest canadien en 2021 avait réduit la production, et par conséquence en 2022 les importations de graines de moutarde canadienne, le gouvernement français a choisi ce moment pour interdire l’importation et la vente de la moutarde russe. L’accumulation de ces deux facteurs dus à des décisions politiques a produit la pénurie. Souvenez-vous de cette vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux ou un grossiste français en moutarde montrait ses docks pleins de centaines de tonnes de pots de moutarde en disant « le gouvernement m’interdit de les livrer aux détaillants ».

Même causes politico-administratives pour la pénurie d’huile de palme après la décision de réduction des palmeraies pour raisons écologiques. L’huile d’arachide vient de Chine et d’Inde, qui ont profité de la situation pour réduire leurs exportations et faire monter les prix ; l’huile de tournesol arrive d’Ukraine au compte-gouttes et la panique a provoqué un sur-stockage chez beaucoup de particuliers. Il nous reste l’huile d’olive.

LA CLASSE  POLITIQUE AU POUVOIR PÊCHE SURTOUT PAR INCOMPÉTENCE

En France, la fin de l’abondance arrive en raison de l’incompétence et de l’orgueil de la classe politique. Pour elle, est noble celui qui gagne au minimum 15 000 €/mois, les autres étant « des gens de rien » comme l’a dit Macron.

En matière d’incompétence, le record est détenu par le ministre des finances. Il a déclaré :

« Avec les sanctions, nous allons mettre la Russie à genoux en trois mois« .

Le même, ministre de l’agriculture bien que ne sachant pas calculer la surface d’un hectare, puis ministre des finances du premier mandat Macron, avoua qu’il ne savait pas faire une règle de trois car « les mathématiques ne sont pas mon fort » ?

 

Ce même Bruno Le Maire vient de déclarer au sujet de la construction rapide d’un gazoduc entre l’Espagne et la France : 

« Le défi à court terme est d’avoir plus de gaz, plus d’électricité venant d’autres pays que la Russie (…). Je ne suis pas sûr qu’un nouveau gazoduc puisse nous aider à passer l’hiver »,

alors que le projet a été conçu pour permettre à l’Espagne, mais aussi au Portugal, d’acheminer du gaz, provenant, sous forme de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) des États-Unis et du Qatar, vers l’Europe centrale en passant par la France.

Qui va lui expliquer que les ports de l’Europe de l’Ouest, Portugal et Espagne, raccourcissent de quatre jours, aller et retour, le trajet des bateaux en provenance des autres rives de l’Atlantique, d’Afrique, du Moyen Orient et d’Asie, par rapport  aux ports  d’Europe du nord nécessitant de remonter et redescendre la Manche, le Pas de Calais et la Mer du nord ou la Baltique ?

LE MAIRE REFUSE LE GAZODUC ESPAGNOL QUI ÉVITERAIT UNE PÉNURIE EN 2023

Il est peu probable que ce gazoduc soit construit d’ici décembre, mais il faut penser à l’hiver  2023. Très probablement, il connaitra encore plus de pénuries d’énergies que celui de 2022 pour lequel nos élites politiques n’ont de toutes façons pas encore trouvé de solutions autres que d’aller pleurnicher en Algérie ou dans les pays arabes.

Attendre le secours des États-Unis dont la volonté d’affaiblir l’Europe est évidente par cette guerre recherchée avec la Russie serait suicidaire.

Les États-Unis ne veulent pas la mort de l’Europe car, que ce soit l’Allemagne autrefois, la Russie aujourd’hui, peut-être la Chine demain, ils ne veulent pas d’une superpuissance à la place de l’Europe. Ce qu’ils veulent, c’est une Europe affaiblie, docile et obéissante avec des chefs d’état sans caractère comme ils le sont actuellement, incapables de construire l’Europe des nations.

IL Y A UN TRÈS CLAIR MANQUE DE CAPACITÉ À ANTICIPER

Ces chefs d’état ont une lourde responsabilité dans les pénuries à venir parce qu’ils sont incapables d’anticiper les effets secondaires de leurs décisions. Comme les écolos, Greenpeace a demandé aux gouvernements des pays ayant des centrales nucléaires d’arrêter l’importation de l’uranium nécessaire au bon fonctionnement de ces centrales. Le motif est ahurissant : cet uranium est produit au Kazakhstan, premier producteur mondial, et transite par la Russie qui l’affine au passage. Il ne faut rien acheter qui transite par la Russie, ce n’est pas écolo !

La seule électricité décarbonée et durable:

19 centrales exploitent 58 réacteurs

 

On pourrait le produire en France, il y en a suffisamment. 210 mines d’uranium ont été exploitées sur le territoire français, entre 1945 et 2001. Tous ces sites ont représenté une production d’environ 76 000 tonnes d’uranium. La production était destinée au programme nucléaire français, civil et militaire. On en importe environ 10 700 tonnes par an, après l’interdiction d’exploitation exigée par les écolos en 2000, alors qu’on pourrait en exporter.
De même nous avons du gaz et du pétrole mais il est aussi interdit de les exploiter.

GREENPEACE VEUT TUER LA PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ EN FRANCE

Le plus grave est l’absence de réflexion chez Greenpeace que montre cette réclamation. D’abord parce que la décision d’arrêter une importation transitant par la Russie est une décision politique. Ensuite parce qu’à moins de passer par la Chine ou l’Iran, chemins beaucoup plus longs et coûteux, exporter vers l’Europe en passant par la Russie est pour le Kazakhstan le moyen le plus direct. Mais surtout par la catastrophe énergétique que provoquerait l’arrêt des importations d’uranium quand 70 % de l’électricité en France vient des centrales nucléaires.

On pourrait acheter de l’uranium en Ouzbékistan, au Niger, en Australie ou au Canada, autres producteurs. Leur production est déjà en quasi totalité retenue par d’autres pays. On devrait donc la payer plus beaucoup plus cher et il est fortement probable que l’on se retrouverait comme l’Allemagne dans l’obligation de relancer la production d’électricité avec des centrales à charbon pour éviter la fermeture de nos usines, d’entreprises artisanales et de commerces et quelques millions de chômeurs supplémentaires. Mais les gros volumes de charbon viennent de… Russie !

L’Imprécateur

6 septembre 2022     

Si vous n’aimez pas Poutine, c’est bien, mais pourquoi votre propre peuple devrait-il souffrir de ce que vous aimez ou non ?

Souirce : RzO International.
par Raúl Ilargi Meijer - Le 28/08/2022.

Alors que je lis la multitude d’articles quotidiens sur la Russie, l’Ukraine, l’OTAN et l’UE, il devient de plus en plus difficile d’échapper à l’idée qu’une démolition contrôlée du continent européen est en train de se produire.

Et que ni ses « dirigeants », et certainement pas son peuple, n’ont leur mot à dire là-dedans. Tout ce que nous obtenons de ces « dirigeants », ce sont des points de discussion de l’OTAN ou du Forum économique mondial. La seule voix indépendante est Victor Orban. Qui est soit réduit au silence dans les médias occidentaux, soit décrit comme complètement fou.

Mais les Hongrois de Orban ne gèleront pas cet hiver. Il vient de signer un nouveau contrat gazier avec la Russie. La principale raison invoquée pour que tous les autres ne le fassent pas est bien sûr l’opération militaire spéciale de la Russie en Ukraine.

Noam Chomsky a bien résumé cela : « Bien sûr, cela a été provoqué. Sinon, ils ne parleraient pas tout le temps d’une invasion non provoquée.

Et non, ce n’était pas seulement la Russie/Ukraine, c’est bien avant que l’Europe a bousillé ses économies. Les « dirigeants » de l’UE se sont beaucoup trop éloignés des personnes qu’ils prétendent servir, et ils le regretteront. Pour l’instant, c’est évident chez les agriculteurs, par exemple, mais quand les gens commenceront à geler, ils voudront savoir pourquoi. Et s’il n’y a pas de réponse à la fois honnête et satisfaisante.

Toute la crise énergétique et alimentaire est vendue comme « inévitable », mais il n’en est rien.

Ils sont le résultat de choix faits à Bruxelles, Berlin, Amsterdam, etc., sur lesquels personne ne vous a demandé votre avis.

Quelque chose que j’ai noté il y a quelques jours :

« L’Occident utilise-t-il l’Ukraine comme excuse pour commettre un suicide économique de masse ? Et, vous savez, atteindre certains objectifs liés au WEF ? Sinon, pourquoi couperaient-ils tous les liens économiques avec Moscou, à un moment où il est évident qu’ils n’ont pas d’autres sources pour une grande partie de ce qu’ils importent de Russie ? De plus, pourquoi un pays comme la Hollande vise-t-il à fermer 10 000 de ses fermes alors qu’il est clair que cela aggravera les prochaines crises alimentaires mondiales ? »

Si vous n’aimez pas Poutine, c’est bien, mais pourquoi votre propre peuple devrait-il souffrir de ce que vous aimez ou non ? Et bien sûr, vous pouvez vous demander si c’est une bonne idée qu’un pays de la taille d’un timbre-poste soit le numéro un mondial. 2 exportateur alimentaire. Mais il l’est. Et si vous essayez de changer cela en faisant un 180º, également sur un timbre-poste, il est très évident que cela ne va pas bien se passer. Et tous les soi-disant dirigeants le savent. Mais ils le font néanmoins.

Les prix du chauffage, de l’essence et de la nourriture devraient augmenter beaucoup plus qu’ils ne l’ont déjà fait, atténués seulement – peut-être – par le fait que de moins en moins de personnes pourront se permettre des prix toujours plus élevés.

Mais maintenant, il semble que tout cela était scénarisé. Parce que « nous » aurions pu garder ouverts les canaux de communication avec la Russie, « nous » aurions pu négocier la paix au cours des 6 derniers mois. Ne pas le faire était un choix délibéré. Un choix dans lequel vous et moi, un autre « nous » – n’avions aucune voix au chapitre.

Les Néerlandais auraient pu négocier avec leurs agriculteurs et résoudre lentement leurs problèmes perçus avec les oxydes d’azote, tout en maintenant la production alimentaire. Et nous aurions pu trouver un moyen de maintenir également les cultures russes et ukrainiennes disponibles sur les marchés mondiaux. Mais on n’a pas du tout l’impression que « nous » voulions cela.

Quelqu’un a fait une liste de ce que l’UE n’obtiendra plus avec le boycott de la Russie : « gaz naturel, terres rares, gaz inertes, potasse, soufre, uranium, palladium, vanadium, cobalt, coke, titane, nickel, lithium, plastiques , verre, céramique, produits pharmaceutiques, navires, encres, avions, polymères, gaz médicaux et industriels, bagues et membranes d’étanchéité, transmission de puissance, huiles de transformateur et de lubrification, gaz néon pour la gravure des micropuces, etc., etc. »

Et ce n’est pas tout. Engrais !! Pourquoi ils font ça, je ne sais pas. Veulent-ils tuer leur propre économie ? Cela n’a aucun sens. Et ce ne sera pas fini de sitôt.

Reuters cherche bien sûr à blâmer Poutine. Mais ce n’est pas lui qui a introduit les sanctions. Il a proposé de laisser les exportations de gaz et de pétrole continuer.

• Poutine parie que Winter Gas Chokehold apportera la paix à l’Ukraine – à ses conditions

« Les hivers froids ont aidé Moscou à vaincre Napoléon et Hitler. Le président Vladimir Poutine parie maintenant que la flambée des prix de l’énergie et les pénuries possibles cet hiver persuaderont l’Europe de presser fortement l’Ukraine pour une trêve – aux conditions de la Russie. Selon deux sources russes familières avec la pensée du Kremlin, c’est la seule voie vers la paix que Moscou voit, étant donné que Kyiv dit qu’elle ne négociera pas tant que la Russie n’aura pas quitté toute l’Ukraine. …

« Nous avons le temps, nous pouvons attendre », a déclaré une source proche des autorités russes, qui a requis l’anonymat car elles ne sont pas autorisées à parler aux médias. « Ça va être un hiver difficile pour les Européens. Nous pouvions voir des protestations, des troubles. Certains dirigeants européens pourraient réfléchir à deux fois avant de continuer à soutenir l’Ukraine et penser qu’il est temps de conclure un accord. »

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, veut que les Européens soient de petites créatures obéissantes et soient punis pour les politiques que lui et ses semblables ont élaborées. Parce que « nous » sommes destinés à gagner. M. Borrell prévoit de bien s’en sortir cet hiver, remarquez. Avec le meilleur steak que votre argent puisse acheter, du vrai bon vin, à consommer dans des maisons, des restaurants et des bureaux confortablement chauffés. Une image de Marie-Antoinette surgit dans mon cerveau.

• Les Européens « fatigués » doivent « porter les conséquences » de la guerre en Ukraine alors que Poutine finira par clignoter : Borrell de l’UE

« Le haut représentant de l’UE et chef de la politique étrangère Josep Borrell a donné une évaluation étonnamment brutale de la guerre en Ukraine et de la position précaire de l’Europe dans une interview à l’AFP publiée mardi, admettant que le président russe Vladimir Poutine parie sur la rupture d’une réponse unie de l’UE au milieu de la situation de crise actuelle qui monte en flèche. l’extrême incertitude des prix et de l’énergie se dirige vers un long hiver. Les mots de Borrell semblaient se rapprocher de l’admission que la tactique de Poutine fonctionne à un certain niveau, ou du moins va effectivement éroder la résolution européenne à court et à long terme, étant donné qu’il a choisi des mots comme les populations de l’UE devant « endurer » la profonde douleur économique et la grave crise d’énergie. Il a cité la « lassitude » des Européens tout en appelant les dirigeants ainsi que les gens ordinaires à « en supporter les conséquences » avec une détermination continue. …

Borrell a expliqué à l’AFP que Poutine voit « la lassitude des Européens et la réticence de leurs citoyens à supporter les conséquences du soutien à l’Ukraine ». Mais Borrell a suggéré que l’Europe ne reculerait pas, quel que soit l’effet de levier que Moscou pourrait avoir, en particulier en ce qui concerne « la militarisation de l’énergie » – et a appelé les citoyens à continuer à en assumer le coût. Qui baissera les yeux en premier ? … semble être le sous-texte ici. Il a exhorté : « Nous devrons endurer, répartir les coûts au sein de l’UE », a déclaré Borrell à l’AFP, avertissant que le maintien de l’union des 27 États membres était une tâche à accomplir « au jour le jour ». …

Et pourtant, comme certains, comme le Hongrois Viktor Orbán, l’ont soutenu depuis le début de l’invasion du 24 février, il est inévitable que certains soient obligés de supporter les « coûts » beaucoup plus que d’autres. Cela se voit déjà avec des initiatives en dehors de Bruxelles comme le rationnement de la consommation de gaz, ce qui a en outre conduit à des scénarios comme des villes allemandes et même des résidences mandatées pour éteindre les lumières ou les ressources pendant des périodes déterminées la nuit. « Plus de douches froides » : nous verrons probablement plus de gros titres comme celui-ci : « Les villes allemandes imposent des douches froides et éteignent les lumières au milieu de la crise du gaz russe ». …

Parlons de Marie-Antoinette.
Emmanuel Macron est le petit homme de grande vision.
Il entrevoit la « fin de l’abondance », véritable « point de basculement » de l’histoire.
Et il est juste l’homme pour vous guider à travers cela.
Je vais lui donner ceci : il a de bons rédacteurs de discours.
Mais les rédacteurs de discours ne gardent pas les gens au chaud et nourris.

• Macron met en garde contre la « fin de l’abondance »

« La France se dirige vers la « fin de l’abondance » et des « sacrifices » doivent être faits en cette période de grands bouleversements, a déclaré mercredi le président Emmanuel Macron à son cabinet au retour des vacances d’été. Le pays a été confronté à de multiples défis ces derniers temps, allant du conflit en cours entre la Russie et l’Ukraine à la sécheresse sans précédent qui a frappé l’ensemble du continent européen cet été. Pourtant, Macron estime que la crise est en fait d’une bien plus grande ampleur et que des changements structurels sont imminents. …

Certains pourraient voir notre destin comme étant de gérer en permanence des crises ou des urgences. Je crois que nous vivons un point de basculement ou un grand bouleversement. Premièrement, parce que nous vivons… ce qui pourrait ressembler à la fin de l’abondance », a-t-il déclaré. Le pays et ses citoyens doivent être prêts à faire des « sacrifices » pour relever et surmonter les défis auxquels ils sont confrontés, a-t-il poursuivi. « Notre système basé sur la liberté dans laquelle nous avons pris l’habitude de vivre, alors que nous devons parfois la défendre, cela peut entraîner des sacrifices », a ajouté Macron. …

« Face à cela, nous avons des devoirs, dont le premier est de parler franchement et très clairement sans pessimisme », a souligné Macron. Le président a appelé son cabinet à faire preuve d’unité, à être « sérieux » et « crédible » et a exhorté les ministres à éviter la « démagogie ». « C’est facile de promettre tout et n’importe quoi, parfois de dire tout et n’importe quoi. Ne cédez pas à ces tentations, c’est de la démagogie », a déclaré le président, ajoutant qu’une telle approche « fleurit » aujourd’hui « dans toutes les démocraties dans un monde complexe et effrayant ». »

Il y a un modèle dans les messages des Marie-Antoinette d’aujourd’hui.

Borrell veut que vous le preniez couché, Macron veut que vous le fassiez pendant longtemps, comme le reste de votre vie), et le Premier ministre belge le rend plus concret : vous serez gelé pendant les 10 prochaines années. Après quoi, soi-disant, des énergies renouvelables auront été construites pour garder vos enfants au chaud. Spoiler : ils ne le seront pas.

• Premier ministre belge : « Les 5 à 10 prochains hivers seront difficiles » alors que la crise énergétique s’aggrave

« Le Premier ministre belge Alexander De Croo aurait peut-être renversé la mèche sur la durée de la crise énergétique en Europe. Il a déclaré aux journalistes lundi que « les 5 à 10 prochains hivers seront difficiles ». « L’évolution de la situation est très difficile dans toute l’Europe », a déclaré De Croo à la chaîne belge VRT. « Dans un certain nombre de secteurs, il est vraiment difficile de faire face à ces prix élevés de l’énergie. Nous suivons cela de près, mais nous devons être transparents : les mois à venir seront difficiles, les hivers à venir seront difficiles », a-t-il déclaré. Les commentaires du Premier ministre suggèrent que le remplacement des importations de gaz naturel russe pourrait prendre des années, entraînant une nouvelle catastrophe économique dans la région sous la forme d’une hyperinflation énergétique. »

De la Grèce, encore plus concret : les subventions énergétiques. 1,9 milliard d’euros en un mois. Pour garder les hordes hors des rues. Attendez, ce Belge a dit que cela durerait 5 à 10 ans. Comment le pays va-t-il payer cela ? Une chose qui me vient à l’esprit est que les Grecs voteront pour quiconque aux prochaines élections s’engage à parler à Poutine dès que possible, à rétablir les bonnes relations entre les pays et à signer un accord sur le gaz.

• Le choc des subventions à l’électricité

« Une hausse significative du prix de l’électricité annoncée par la Public Power Corporation (PPC) contrôlée par l’État pour septembre a contraint le gouvernement à augmenter sa subvention à l’électricité pour septembre à 1,9 milliard d’euros, contre 1,1 milliard d’euros en août. Le niveau de subvention suit inévitablement la politique tarifaire du PPC, puisque c’est l’acteur dominant du marché, avec 63% des consommateurs qui le choisissent. Alors que PPC avait le prix le plus bas de tous les fournisseurs d’électricité en août (0,48 € par kilowattheure), il a augmenté son prix de septembre à 0,788 € pour ceux qui consomment jusqu’à 500 kWh par mois et à 0,80 € pour les gros consommateurs. Afin de tenir son engagement d’imposer aux consommateurs une charge réelle comprise entre 0,14 et 0,17 € par kWh, le gouvernement a dû ajuster son niveau de subvention en conséquence, en l’augmentant de plus de 72%. »

Combien de temps cela va-t-il durer, dis-tu ? Eh bien, selon AP, « Washington s’attend à ce que les forces ukrainiennes » se battent pour les années à venir ». « Le package comprend des armes avancées qui sont encore en phase de développement. »

• « Des mois ou des années » avant que les armes américaines n’atteignent l’Ukraine – Médias

« Selon les médias occidentaux, des années pourraient s’écouler avant que certaines des armes du « plus grand » paquet d’assistance militaire américaine à Kiev n’atteignent réellement l’Ukraine. Mardi, un certain nombre de médias grand public ont cité des responsables américains anonymes comme décrivant l’annonce imminente d’un programme d’aide militaire de 3 milliards de dollars à l’Ukraine. S’il est confirmé, ce serait le plus grand du genre à ce jour. Washington est de loin le plus gros fournisseur de matériel militaire à l’Ukraine alors qu’elle se bat contre la Russie. Cependant, certains des équipements promis « ne seront pas entre les mains des combattants ukrainiens avant des mois ou des années », selon NBC News, l’un des médias qui a annoncé le prochain package. Le package comprend des armes avancées qui sont encore en phase de développement, a-t-il expliqué. …

La même mise en garde a été citée par l’Associated Press, qui a déclaré qu’il faudrait peut-être « un an ou deux » pour que les armes atteignent le champ de bataille, selon ses sources. Washington s’attend à ce que les forces ukrainiennes « se battent pour les années à venir », ont déclaré des responsables américains à l’AP. Le drone AeroVironment Switchblade 600 est un exemple de système d’arme qui a été promis à l’Ukraine il y a des mois mais qui n’a pas encore été livré. Defence News a déclaré cette semaine que le Pentagone prévoyait de signer le contrat nécessaire à l’envoi de 10 des soi-disant « drones kamikazes » d’ici un mois. Le mois dernier, le ministre ukrainien de la Défense Aleksey Reznikov a appelé les fournisseurs étrangers d’armes à utiliser son pays comme terrain d’essai pour de nouvelles armes. Il s’est engagé à fournir des rapports détaillés sur les expériences des soldats ukrainiens avec les prototypes qui leur ont été fournis. »

Cela ne va pas bien se passer. Ni pour les « dirigeants » européens, ni pour l’UE, ni pour l’Ukraine, ni pour les Européens.

Nous pourrions lancer un petit pari sur le nombre de dirigeants qui seront encore en place au printemps, et je parie que Zelensky n’en fera pas partie. Poutine le fera. Pour le reste, Rutte, Macron, on verra. Mais ne sous-estimez pas la colère des personnes ayant des enfants affamés et frigorifiés.

Et il n’y a aucune raison logique à ce que cela se produise il n’y a que l’idéologie de quelques poignées de petits hommes avec de grandes visions. La haine de tout ce que la Russie a fait vivre l’Occident pendant 100 ans ou plus. Et ces petits hommes se nourrissent de cela. Ils ne peuvent le faire qu’en refusant de parler. Car c’est exactement ce que la Russie ne refuse pas. Seulement, ils veulent parler d’égal à égal.

source : Bruno Bertez

L’UE amorce le début de la retraite


La BCE fore-t-elle à la recherche de pétrole ? La BCE exploite-t-elle une ferme ? La BCE conduit-elle un camion ? La BCE pilote-t-elle un cargo à travers le Pacifique ou charge-t-elle des marchandises dans le port de Los Angeles ?


Par Alastair Crooke – Le 1e août 2022 – Source Al Mayadeen + The Saker francophone.

L’UE a commencé à battre en retraite : elle a pris les premières mesures pour démanteler les sanctions énergétiques et alimentaires imposées à la Russie. D’autres mesures suivront-elles ? Ou l’axe pan-occidental et russophobe va-t-il riposter avec plus de bellicisme ? Rien n’est encore joué, mais si le retrait se poursuit et que l’accord séparé sur les exportations de céréales de l’Ukraine est maintenu, ce sera une bonne nouvelle pour la région.

La question la plus importante est de savoir si, même en cas de retrait plus important de l’UE, cela fera une différence dans le paradigme économique général. Malheureusement, la réponse est très probablement négative.

Le septième train de sanctions de l’UE à l’encontre de la Russie, tout en se présentant ostensiblement comme un renforcement des sanctions (ce qu’il est pour certaines importations d’or dans l’UE qui n’ont pas de réel impact sur la Russie) – et avec une petite extension de la liste des articles contrôlés (principalement technologiques) – le train de mesures représente, en réalité, un recul dissimulé.

En effet, si l’on creuse un peu plus, le paquet allège considérablement les sanctions dans des domaines clés. Tout d’abord, le paquet « clarifie » les mesures relatives à l’aviation (Commentaire : bien que formulé de manière opaque, ce passage semble autoriser discrètement l’exportation de pièces détachées d’Airbus vers les flottes aériennes russes). Le paquet indique que pour éviter toute conséquence négative sur la sécurité alimentaire et énergétique dans le monde, et par souci de clarté, l’UE étend l’exemption au transport de produits agricoles, aux exportations de produits (alimentaires) et d’engrais et au transport de pétrole de la Russie vers des pays tiers. En outre, elle exempte les achats par des tiers de produits pharmaceutiques et médicaux en provenance de Russie.

L’UE aime à affirmer que ses sanctions n’ont jamais inclus les denrées alimentaires et les engrais, et que l’idée qu’elles le fassent est de la propagande. Son argument est toutefois fallacieux. La formulation juridique des sanctions de l’UE était si ouverte, si opaque, qu’il n’était pas évident de comprendre si elles s’appliquaient ou non à ces produits. Les sociétés commerciales craignaient, à juste titre, les amendes rétroactives pour violation des sanctions. Elles ont fait l’amère expérience du refus du Trésor américain de dire explicitement ce qui était autorisé et ce qui ne l’était pas et, dans le cas de l’Iran, des amendes monstrueuses ont frappé les banques européennes.

Le caractère explicite est important : les denrées alimentaires, les produits agricoles et les engrais transportés vers des pays tiers sont exemptés de sanctions. Des États comme l’Égypte peuvent désormais importer du blé d’Ukraine, de Russie et effectivement du Belarus aussi (puisque ce pays forme désormais un marché unique avec la Russie).

De même, le transport de pétrole russe vers des pays tiers comme la Chine, l’Inde, l’Iran et l’Arabie saoudite est désormais explicitement exempté.

Voici un autre manque de sincérité, pour ne pas dire une hypocrisie, implicite dans cette exemption. Depuis le début, l’UE n’a cessé de signaler qu’elle interdirait les ventes d’énergie russe à l’UE et que la perte de revenus qui en résulterait pour la Russie affamerait et paralyserait l’effort de guerre de Moscou en Ukraine.

Tout d’abord, la Russie a insisté pour que son gaz soit payé en roubles. L’UE a dit « non », puis a cédé. Ensuite, l’UE a ciblé le pétrole russe, et le G7 a vanté les mérites d’un « plafonnement » des prix du pétrole. Mais des pays comme la Chine et l’Inde ont dit « non » . Et maintenant, l’UE a cédé sur le transport du pétrole russe par des tiers. (Les propriétaires de pétroliers grecs et chypriotes avaient déjà fait pression sur leurs gouvernements pour qu’ils insistent sur une exemption antérieure, pour eux).

Que se passe-t-il ? Le marché pétrolier a été volatil récemment, les États-Unis ayant tenté de manipuler le « marché papier » (qui est bien plus important que le marché physique), afin de provoquer une baisse des prix des indices Bent et WTI. Une fois encore, l’objectif était de nuire à la Russie et de faciliter le « plafond pétrolier » de Yellen en rapprochant les prix des 60 dollars le baril sur lesquels Yellen fonde ses espoirs de plafonnement.

Cela n’a pas fonctionné, et il semble que la Maison Blanche souhaite simplement que les prix du pétrole baissent, point final. Même le faucon Victoria Nuland a déclaré vendredi que les États-Unis et leurs alliés ont besoin que les approvisionnements en pétrole russe entrent sur les marchés mondiaux afin d’éviter que le coût de cette ressource recommence à augmenter : « Nous avons besoin de voir la présence du pétrole russe sur le marché mondial, sinon la pénurie de pétrole entraînera une nouvelle hausse des prix. »

Le réalisme s’installe ! Poutine réalise toutes ses exigences clés en ce qui concerne la crise alimentaire et aujourd’hui, il vend même un volume de pétrole légèrement supérieur.

Le prix du pétrole va en effet fluctuer. Il réagira toutefois davantage aux effets de la profondeur de la récession à venir qu’aux manipulations du marché et aux efforts de Yellen pour plafonner les prix. L’establishment occidental essaie toujours de s’adapter à la nouvelle réalité : les matières premières sont considérées comme ayant une valeur innée, alors que les monnaies fiduciaires comme le dollar n’en ont pas. La nouvelle ère des matières premières représente un changement psychologique global vers la valeur intrinsèque, à une époque d’inflation croissante.

Et où ira ce transit de pétrole russe « désormais exempté » ? En grande partie vers l’UE. C’est là que le manque de sincérité devient évident : l’Inde achète du pétrole russe, le fait transiter par ses raffineries et vend des « produits raffinés indiens » où ? Eh bien, en UE. Idem pour les autres cargaisons. Idem pour l’Arabie saoudite. Les connaissements de ces navires ne mentionneront pas la Russie lorsqu’ils arriveront à leur destination européenne.

En bref, l’UE facilite discrètement le contournement de son propre régime de sanctions, qu’elle a proclamé « écrasant » .

Ce petit pas en arrière pourrait-il toutefois faire tomber le vent de la voile gonflée de la crise économique ? Non. Il y a deux sources principales d’inflation. Il y a le côté de l’offre et le côté de la demande. L’une comme l’autre peuvent être à l’origine de l’inflation, mais elles sont très, très différentes en termes de fonctionnement.

L’offre, comme son nom l’indique, provient des intrants. L’offre n’est tout simplement pas là. Les prix agricoles augmentent parce que les prix des engrais augmentent, en partie à cause de la guerre en Ukraine. Les prix du pétrole augmentent parce qu’il y a une pénurie mondiale et que les chaînes d’approvisionnement sont perturbées.

Que peut donc faire la BCE à ce sujet ? Rien. Est-ce que la BCE fore le sol à la recherche de pétrole ? La BCE exploite-t-elle une ferme ? La BCE conduit-elle un camion ? La BCE pilote-t-elle un cargo à travers le Pacifique ou charge-t-elle des marchandises dans le port de Los Angeles ?

Non, les banquiers centraux ne font rien de tout cela, et ils ne peuvent donc pas résoudre cette partie du problème. Le relèvement des taux d’intérêt n’a aucun impact sur les pénuries d’approvisionnement que nous observons. Et c’est dans cette direction que souffle l’inflation qui est le moteur de la récession européenne.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

L’UE se prépare à faire face à l’influence russe et chinoise en Amérique latine

par Alexandre Lemoine - Le 23/08/2022.

L’Union européenne se prépare à lancer en 2023 une offensive diplomatique et commerciale dans les pays d’Amérique latine pour tenter de faire face à l’influence de la Chine et de la Russie dans la région. C’est ce qu’indique un document préparé par le Service européen pour l’action extérieure (SEAE).

Ce document, envoyé aux ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’UE, est relayé par le quotidien El Pais.

D’après le texte, la Chine est le premier ou deuxième partenaire commercial des pays d’Amérique latine et des Caraïbes, supplantant l’Union européenne et devançant les États-Unis dans plusieurs pays. Tandis que la Russie renforce progressivement son influence politique dans la région.

Bruxelles est préoccupé par la hausse de l’influence de la Russie et de la Chine en Amérique latine. El Pais écrit que l’UE négligeait ses relations avec cette région pendant presqu’une décennie, se concentrant sur d’autres problèmes. Sachant qu’entre 2000 et 2020 les investissements de la Chine en Amérique latine ont été multipliés par 26.

L’Union européenne tentera de réduire l’écart grandissant avec l’Amérique latine grâce au renforcement de l’intensité des contacts, qui aura pour point culminant un sommet sous la présidence espagnole au Conseil de l’UE au second semestre 2023.

Le Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell s’est fixé pour objectif au début de son mandat de rétablir la présence et l’influence de l’UE en Amérique latine, mais la pandémie de coronavirus a empêché d’établir des liens plus étroits, écrit le quotidien. L’invasion russe en Ukraine a montré que de nombreux pays latino-américains ne partageaient pas la réaction européenne aux évènements.

Le document stipule que dans cette région il existe un risque réel de protestation sociale et de déstabilisation politique. Bruxelles ressent déjà la concurrence de Pékin et de Moscou dans la recherche du soutien de la région au sein des structures multilatérales. L’Europe a besoin systématiquement de promouvoir son engagement multilatéral avec les pays d’Amérique latine et des Caraïbes à cause du renforcement de la concurrence de la Chine, de la Russie et d’autres pays, note l’article.

Bruxelles étudie la possibilité d’un paquet d’investissements qui pourrait réunir 8 milliards d’euros grâce au capital public et privé et aux prêts. Le SEAE souligne que la Bolivie, l’Argentine et le Chili abritent ensemble 60% de toutes les réserves de lithium de la planète, alors que le Venezuela, l’Argentine et le Brésil disposent d’importantes réserves de pétrole et de gaz, ce qui est important vu la crise gazière entre l’Europe et la Russie. 

source : Observateur Continental

« L’Europe cet hiver à venir » : Le Venezuela arrête les expéditions de pétrole vers l’Europe comme alternative au tarissement de l’énergie russe

par Tyler Durden - Le 22/08/2022.

L’écriture est sur le mur pour l’Europe en ce qui concerne cet hiver à venir – ça va devenir moche. Avec des importations de gaz naturel en provenance de Russie réduites de 80% via Nord Stream 1 ainsi que la majorité des expéditions de pétrole, l’UE va se démener pour trouver toutes les sources de carburant qu’elle peut trouver pour fournir de l’électricité et du chauffage pendant l’hiver à venir. Deux sources initialement suggérées comme alternatives étaient l’Iran et le Venezuela.

L’augmentation des exportations iraniennes de pétrole et de gaz vers l’ouest dépend fortement de l’accord provisoire sur le nucléaire, mais comme Goldman Sachs l’a récemment suggéré, un tel accord est peu probable de sitôt car les délais de propositions n’ont pas été respectés et le gouvernement israélien appelle les négociateurs à « se retirer ».

Le Venezuela avait redémarré les expéditions vers l’Europe après 2 ans de sanctions américaines en vertu d’un accord qui leur permet d’échanger du pétrole contre un allégement de la dette. Cependant, le gouvernement du pays a maintenant suspendu ces expéditions, affirmant qu’il n’est plus intéressé par les accords de pétrole contre dette et qu’il souhaite plutôt des carburants raffinés de producteurs italiens et espagnols en échange de brut.

Cela peut sembler un échange à rebours, mais les propres raffineries du Venezuela ont du mal à rester en activité en raison du manque d’investissements et du manque de réparations. Les carburants raffinés les aideraient à se remettre sur pied énergétiquement et industriellement. Certaines des opérations pétrolières lourdes du Venezuela nécessitent des diluants importés pour continuer. L’UE a déclaré qu’elle n’envisageait pas actuellement de lever les restrictions sur l’accord pétrole contre dette, ce qui signifie que l’Europe a maintenant perdu une autre source d’énergie.

Les sanctions contre le Venezuela ainsi que la baisse des investissements ont étranglé son industrie pétrolière, la production globale ayant chuté de 38% en juillet par rapport à il y a un an. Les premières mesures de Joe Biden pour rouvrir les pourparlers avec Maduro ont suscité des espoirs gonflés que le pétrole vénézuélien coulerait à nouveau et compenserait les marchés mondiaux tendus et la hausse des prix. L’Europe, en particulier, aura bientôt désespérément besoin d’alternatives énergétiques, ce qui se traduira probablement par un décapage des marchés cet automne pour répondre aux exigences minimales en matière de chauffage.

Si cela se produit et qu’aucune source d’énergie régulière ne peut être trouvée pour combler le vide laissé par les sanctions russes, les prix augmenteront précipitamment dans l’UE. Non seulement cela, mais avec les pays européens qui achètent des approvisionnements énergétiques partout où ils peuvent les trouver, les sources disponibles diminueront également pour tous les autres pays, y compris les États-Unis. 

Préparez-vous à une nouvelle flambée des prix du pétrole et de l’énergie avec le retour du froid hivernal.

source : ZeroHedge

via Les Moutons Enragés

L’Union européenne connaît-elle sa dernière année de vie ?

Par Eric Zuesse − Le 30 juillet 2022 − Source Oriental Review + the Saker francophone.

Eric ZuesseL’Allemagne, jusqu’ici grande et puissante au sein de l’Union européenne, et qui a pu imposer l’austérité aux économies européennes plus faibles qu’elle, comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie et le Portugal demande à présent que les autres nations membres de l’UE viennent à l’aide des Allemands pour les sortir de ce qui promet de devenir bientôt une urgence énergétique ; l’Allemagne ayant obtempéré aux exigences étasuniennes de non seulement contribuer aux sanctions étasuniennes contre la Russie, mais d’aller jusqu’à mettre fin au projet de gazoduc Nord Stream 2, qui était supposé accroître — au lieu de décroître (comme cela sera désormais le cas) — les approvisionnements de gaz naturel russe à l’Europe. Jusque récemment, l’Allemagne était le moteur industriel de l’UE, et c’est par conséquent elle qui a le plus à perdre à cause d’approvisionnements énergétiques réduits et très coûteux. C’est le scénario qui est en train de se produire, et qui va s’aggraver au cours de l’hiver prochain.

 

Au fur et à mesure de la réduction de ces approvisionnements énergétiques, les prix vont augmenter, puis s’envoler, et l’économie allemande va s’effondrer. Les dirigeants allemands (à l’instar de ceux des autres pays de l’UE) ont obéi aux exigences de sanctions étasuniennes (basées sur de fausses « informations ») ; et il s’ensuit que le grand public allemand va bientôt connaître les rigueurs du froid, alors que l’Allemagne dépensera des sommes astronomiques pour se chauffer, par rapport au passé. La réduction drastique des approvisionnements énergétiques en provenance de Russie provoquera une augmentation en provenance d’autres pays (dont les États-Unis) dont les apports énergétiques sont nettement plus onéreux que ceux de la Russie ; et seule une petite fraction de ces approvisionnements russes en voie d’extinction donnera lieu à remplacement. Il va falloir que quelque chose cède — sans doute l’UE elle-même, à cause de l’augmentation rapide des hostilités entre nations membres de l’UE — surtout entre l’Allemagne et les nations sur lesquelles elle compte pour se renflouer — pourrait faire éclater l’UE de manière irréversible.

Ce processus va se dérouler dans le même temps que l’UE — qui était extrêmement engagée sur la voie de réduire ses énergies nucléaires et fossiles, surtout le charbon — se hâte désormais de revenir brûler des combustibles fossiles pas verts du tout, et alors-même que les électeurs européens qui ont porté au pouvoir leurs dirigeants ne vont pas apprécier de voir ceux-ci tourner à 180°, en direction du réchauffement global. De nouvelles questions, jusqu’ici non anticipées, vont inévitablement être posées. Qui plus est, les transitions en marche arrière vers les énergies fossiles ne seront même pas possibles aussi rapidement que le promettent les dirigeants européens ; et par conséquent, non seulement les Européens vont grelotter durant l’hiver à venir, mais leurs dirigeants vont avoir beaucoup d’explications impossibles à leur fournir, et seront acculés à reconnaître qu’ils ont eu tort — tort sur toute la ligne — et ce fait indéniable promet de déclencher un chaos politique, les plaintes qui viendront de toutes parts amenant les Européens à remettre en cause l’ensemble du projet de l’UE, projet de construction d’une unique méga-nation européenne, satellite des États-Unis, incompréhensible et bureaucrate, l’« Union européenne », composée de pratiquement toutes les nations européennes. La nostalgie des belles nations européennes indépendantes, l’amertume quant à l’avenir et l’« opposition nord-sud«  vont prendre le relais, affaiblir la « construction » européenne, et remettre en cause l’ensemble de l’alliance transatlantique d’après-guerre (la soumission au gouvernement étasunien qui déteste la Russie), l’OTAN affiliée aux États-Unis et sa sœur jumelle politique, l’UE et ses milliers de serviteurs aux ordres des États-Unis installés à Bruxelles.

La présidente allemande non-élue de la Commission européenne Ursula von der Leyen

L’évaluation générale la plus récente des besoins énergétiques des nations de l’UE a été produite dans le document Europe’s Dependence on Russian Natural Gas: Perspectives and Recommendations for a Long-term Strategy, écrit par Richard J. Anderson pour le compte du centre européen George C. Marshall sur les études de sécurité, financé par les gouvernements des États-Unis et d’Allemagne. Ce rapport établissait clairement que le carburant à bas coût et à croissance rapide en Europe (sauf si les pays de l’UE établissaient des politiques adverses, ce qui ne fut pas le cas) était le gaz livré depuis la Russie, et que ces livraisons étaient centrales pour la production d’électricité, les usages industriels, les matières premières chimiques pour le plastique, etc. C’est ce qui s’est produit — une domination russe sur les approvisionnements énergétiques de l’Europe (et les approvisionnements industriels) — et, dès 2008, les pays les plus dépendants du gaz naturel russe étaient (voir l’image sur leur site) : l’Allemagne, la Pologne, la Slovénie, la Hongrie, la Turquie, l’Autriche, la Tchéquie, la Grèce, la Finlande, la Slovaquie, la Bulgarie, la Biélorussie, la Moldavie, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie.

Il est probable que ce sont ces pays qui vont particulièrement grelotter l’hiver prochain, pour maintenir la domination politique étasunienne sur l’Europe. Le supposé impératif moral qui aura déclenché cette « vague de froid » est l’invasion par la Russie de l’Ukraine au mois de février 2022, réponse inévitable de la part de la Russie au coup d’État fomenté par les États-Unis en Ukraine au mois de février 2014, et l’insistance insultante de la part de l’OTAN sur le droit souverain de ce nouveau régime fabriqué aux États-Unis, détestant la Russie, de venir installer des bases de missiles étasuniens aux abords des frontières russes, à cinq minutes de durée de vol supersonique jusque Moscou — telle est la supposée raison morale impérieuse de fermer le robinet du gaz russe (le fournisseur d’énergie le mieux-disant de l’Europe). Mais la conséquence de cette fermeture d’approvisionnement énergétique en Europe pourrait être la destruction de l’UE elle-même, et la dévastation économique, culturelle, industrielle, et dans d’autres domaines de l’Europe pour que celle-ci reste un maillage de nations inféodées aux États-Unis (leurs nations « dispensables », comme toutes les autres), au lieu de devenir ce que l’Europe aurait toujours dû être, et aurait été naturellement — la gloire radieuse du continent le plus vaste du monde : l’Eurasie, une Europe intégrant la Russie, au lieu de menacer celle-ci. La gloire de l’Europe est révolue, son sort est scellé, et la seule question qui reste est de savoir à quelle vitesse ? Ah, et aussi, POURQUOI ? Pourquoi les dirigeants européens ont-ils produit cela ? C’est cette question qui va véritablement tuer l’UE.

L’Europe qui fut, n’est plus — tuée par le régime installé à Washington DC, au travers de ses nombreux agents installés en Europe, et leurs porte-flingues de l’OTAN.

Eric Zuesse

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

Sur l’avenir de l’Europe : Une proposition à partir du 1er janvier 2023


Près de mille ans d’impérialisme occidental sont sur le point de s’achever, d’une manière ou d’une autre, par une mort honteuse et auto-infligée.


Par Batiushka – Le 24 juillet 2022 – Source The Saker Blog + The Saker francophone.

Les écoliers vous le diront, les noms des continents commencent et finissent par la même lettre, A : Asia, Africa, America, Australia, Antarctica. Il y a une exception : L’Europe, qui commence et finit toujours par la même lettre, mais la lettre n’est pas A, mais E. Pourquoi cette différence ? Peut-être parce que l’Europe n’est pas vraiment un continent ? Après tout, il ne s’agit pas d’une vaste masse terrestre entourée d’un océan (si elle était petite, on l’appellerait une île). Ses frontières sont arbitraires, elles ont souvent changé, n’ont été repoussées que relativement récemment jusqu’à l’Oural et sont encore très contestées. En réalité, l’Europe n’est-elle pas la péninsule nord-ouest de l’Asie, artificiellement isolée ? Ce n’est pas du tout un continent géographique, c’est une construction idéologique. C’est pourquoi le slogan de tant de fanatiques de l’UE, comme l’ancien président français Chirac, était : « Faisons l’Europe ».

 

Nous posons cette question parce qu’en cet hiver 2022-2023, la vieille Europe de l’UE et des pays tiers a dû faire face à une nouvelle réalité après la guerre que les États-Unis et l’OTAN ont perdue en « Ukraine », comme on l’appelait autrefois. Les émeutes de la faim à l’échelle européenne, voire mondiale, avec le pillage des supermarchés et les « boycotts de factures » (la vague de désobéissance civile avec le refus/l’incapacité de payer des factures de carburant en hausse) l’ont clairement montré. De toute évidence, une reconfiguration mondiale se profile. Le nouveau monde devient déjà multipolaire, avec plusieurs centres principaux au sein des anciens BRICS, la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, et maintenant d’autres à venir, peut-être l’Iran, la Turquie, l’Argentine, l’Égypte, l’Arabie saoudite, l’Afghanistan, le Mexique, le Liban et l’Indonésie. D’une manière générale, toute l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine ont enfin leur propre avenir en main.

Non seulement les vieilles organisations internationales totalement corrompues comme l’ONU, l’OMC, le WEF ou le FMI disparaissent à juste titre dans les égouts de l’histoire avec leur maître fantoche discrédité, l’élite américaine, mais il en va de même pour les groupements régionaux pro-américains, comme son bras politique et économique européen, l’UE, et son bras militaire européen, l’OTAN. Et ici précisément, nous demandons où la défaite des États-Unis et de l’OTAN en Ukraine laisse la péninsule européenne, à la fois la partie européenne et le reste, en dehors de l’UE ? Après la Première Guerre mondiale, l’Europe a dû être reconfigurée, puis après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, après ce que vous appelez la déroute occidentale de 2022 en Ukraine (troisième guerre mondiale ou première guerre mondiale, troisième partie), quel est son destin ?

La plus grande révélation de la guerre par procuration des États-Unis en Ukraine est certainement la dépendance de l’Europe vis-à-vis de la Russie. Sans la Russie, elle ne peut tout simplement pas survivre – bien que la Russie puisse survivre sans elle. Le fait est que, depuis quelques siècles, le plus grand pays européen est la Russie en termes de superficie et, depuis un siècle et demi, en termes de population. La langue européenne la plus répandue en Europe est le russe, la deuxième l’allemand, la troisième le français, la quatrième l’anglais, la cinquième l’italien. En ce qui concerne les ressources naturelles, qu’elles soient agricoles ou minérales, et en ce qui concerne la puissance militaire, le pays le plus important, une fois encore, est la Russie.

Cela dit, il faut admettre qu’une partie de la puissance russe, dont dépend l’Europe, provient de l’Asie, qui constitue la majorité du territoire russe. Ainsi, la Russie est aussi l’Asie, plus précisément le tiers le plus septentrional de la masse continentale asiatique, alors que l’Europe n’est que la petite pointe nord-ouest de cette même masse continentale. Quant aux peuples d’Europe, ils viennent eux aussi d’Asie et parlent principalement des langues « indo-européennes », c’est-à-dire indiennes du Nord. Quant à la religion traditionnelle de l’Europe, elle est aussi asiatique, car le Christ, qui est apparu sur terre sous la forme d’un homme couleur café et qui n’a certainement jamais porté de pantalon, a vécu en Asie, plus précisément au Moyen-Orient. Il semble évident pour quiconque possède les connaissances géographiques et historiques les plus élémentaires que le destin de l’Europe, désormais séparée de ses anciennes colonies d’Afrique, d’Amérique et d’Australie, est lié à la Russie, qui est son lien avec l’Asie.

Le territoire des quatre États de l’Union, essentiellement slaves de l’Est, à savoir la Fédération de Russie, le Belarus, la Malorussie et la Carpates-Russie (les deux derniers étant issus de l’ancienne et malheureuse Ukraine, vassale des États-Unis), écrase par sa masse le reste de l’Europe. De même, avec une population de 200 millions d’habitants, les quatre États de l’Union sont bien plus importants que n’importe laquelle des régions européennes en termes de population. Les futures régions européennes sont toujours des parties indépendantes, bien que faisant partie intégrante, de l’Eurasie, dans le cadre des ressources et de la sécurité russes, dont elles dépendent. L’Europe non russe a sa propre personnalité et sa propre culture, qui varie selon ses membres. Géographiquement, historiquement et linguistiquement, les 450 millions d’habitants de l’ancienne UE et de l’Europe non européenne peuvent être répartis en huit régions européennes. Quelles sont-elles, par ordre de population ?

1. Germania (122 millions) :

L’Allemagne, l’Autriche, le Tyrol du Sud, les Pays-Bas, la Flandre (Belgique du Nord), la Belgique orientale germanophone, le Luxembourg, la Suisse germanophone et le Liechtenstein. Ces pays, qui comptent environ deux fois plus d’habitants que la plupart des autres régions européennes, ont tous été influencés par la même culture germanique d’organisation, d’ordre et de productivité. Cela pourrait les aider à sortir du trou noir dans lequel ils se trouvent actuellement.

2. Francia (74 millions) :

La France, la Wallonie et Bruxelles, la Suisse francophone et Monaco. Tous partagent la même culture francophone catholique et post-catholique. Un retour aux anciennes racines et à l’héritage culturel historique pourrait donner une direction à cette région dans le futur.

3. La Confédération anglo-celtique (73 millions) :

Angleterre, Irlande, Écosse et Pays de Galles. Bien que géographiquement unis, ces mille îles et leurs quatre nations ont été, au cours de l’histoire, très perturbés par l’esprit centralisateur et unioniste imposé par la force par l’étranger « britannique » de Londres. (Entre les Romains impérialistes et les Normands tout aussi impérialistes, la capitale anglaise avait été Winchester). Si un accord équitable et confédéral peut être trouvé entre les quatre en rejetant tout ce qui est britannique, il y a un avenir ici. L’acronyme IONA (Iles de l’Atlantique Nord) pourrait-il donner des indices sur cet avenir ?

4. Le groupe de Visegrad (66 millions) :

Pologne, Lituanie, Hongrie, Pays tchèques, Slovaquie. La Lituanie n’est généralement pas incluse dans le « groupe de Visegrad », mais elle a tant de points communs avec la Pologne et le catholicisme national qu’elle doit faire partie de ce groupe. Tous ont en commun une culture slave occidentale/centrale et orientale, largement catholique et nationaliste.

5. Europe du Sud-Est (65 millions) :

Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro, Albanie, Macédoine du Nord, Roumanie, Moldavie, Bulgarie, Grèce et Chypre. Bien que de culture très variée, principalement orthodoxe, mais aussi catholique et musulmane, et s’étendant jusqu’aux Carpates roumaines ainsi qu’aux îles grecques et à l’île de Chypre, le centre de cet ensemble est une histoire commune, bien que souvent tragique, du Sud-Est européen.

6. Italia (62 millions) :

L’Italie, Saint-Marin, le Tessin et Malte. Tous ont une culture italienne commune, qui peut fournir la force nécessaire à un renouveau politique, économique, culturel et social.

7. Iberia (57 millions) :

L’Espagne, les Canaries, la Catalogne, le Pays basque, Gibraltar, Andorre, le Portugal, les Açores, Madère. Tous partagent une culture ibérique commune. Avec la décentralisation, ils pourraient travailler ensemble pour trouver une issue à la crise actuelle.

8. Nordica (30 millions) :

Islande, Norvège, Danemark, îles Féroé, Suède, Finlande, Estonie et Lettonie. Dotés d’un héritage culturel commun largement luthérien et post-luthérien, ces pays, dont la population ne représente que la moitié de celle de la plupart des autres groupes régionaux européens, pourraient travailler ensemble pour s’éloigner du suicide dont ils se sont si dangereusement rapprochés au cours des dernières décennies.

Beaucoup sont actuellement profondément pessimistes quant à l’avenir de la péninsule européenne. L’UE s’effondre et s’est effondrée depuis un certain temps aux yeux de tous. Cependant, nous ne voyons aucune raison à long terme pour un tel pessimisme. Une fois que l’Europe aura renoué avec ses racines géographiques et historiques en Asie, elle aura à nouveau un avenir. Avec le temps, nous sommes convaincus que l’histoire en viendra à considérer les mille dernières années de l’Europe comme une déviation et une distorsion de son destin historique, qui est de faire partie intégrante, bien qu’idiosyncrasique, de la masse continentale asiatique.

Batiushka

Recteur orthodoxe russe d’une très grande paroisse en Europe, il a servi dans de nombreux pays d’Europe occidentale et j’ai vécu en Russie et en Ukraine. Il a également travaillé comme conférencier en histoire et en politique russes et européennes.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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