Lors du sommet du Conseil
israélo-américain, samedi dernier, les milliardaires sionistes Miriam Adelson et Haim Saban, deux grands donateurs, ont laissé entendre qu’ils se livrent à des activités extrêmement
louches dans le but de manipuler le gouvernement américain et de promouvoir les intérêts israéliens.
Je suis sur Twitter un certain Chris Menahan,
qui publie régulièrement des extraits d’événements sionistes qui passeraient sinon inaperçus. Il révèle souvent des déclarations troublantes d’agents pro-israéliens ayant tendance à se
lâcher quelque peu lorsqu’ils s’adressent à un public aux idées similaires. J’ai récemment cité un extrait
repéré par Menahan, dans lequel l’ancienne plume d’Obama, Sarah Hurwitz, dénonçait l’impact des réseaux sociaux exposant les preuves des atrocités commises par Israël à Gaza.
Menahan a souligné des passages très révélateurs sur Adelson et Saban, tous deux citoyens américano-israéliens, qui financent l’Israeli-American
Council (IAC). En 2014, MJ Rosenberg,
du magazineThe Nation,
a écrit que Saban et Sheldon Adelson, le défunt mari de Miriam Adelson, ont eu recours à des réseaux d’influence comme l’IAC pour s’imposer comme les «frères Koch
d’Israël».
«Le Israeli-American
Council à la milliardaire sioniste Miriam Adelson : Comment achetez-vous et exercez-vous votre influence sur les politiciens américains ? Adelson : «Pouvez-vous me permettre de ne pas
répondre ?… Je préfère être honnête et il y a tant de choses dont je ne souhaite pas parler»».
«Le Conseil
israélo-américain au milliardaire Haim Saban : «Comment achetez-vous et exercez-vous votre influence sur les politiciens américains ?» Saban : «Je préfère rester prudent… Nous intervenons
simplement dans le cadre du système… Ceux qui donnent plus ont plus d’accès, et ceux qui donnent moins ont moins d’accès – c’est simple comme bonjour»».
Voilà la transcription d’une conversation très
révélatrice entre Adelson et l’animateur de l’événement, Shawn Evenhaim.
Miriam Adelson admet ici qu’en plus des centaines de
millions de dollars qu’elle et Sheldon ont offert pour financer les campagnes politiques de Donald Trump et d’autres politiciens républicains, ils ont également manipulé la
politique américaine en coulisses d’une façon qu’elle préfère taire. Probablement parce que cela provoquerait un scandale de taille si le public venait à le découvrir.
Pour mémoire, Trump a admis à plusieurs
reprises avoir accordé des faveurs politiques à Israël à la requête des Adelson lors de son premier mandat, affirmant avoir transféré l’ambassade américaine en Israël de Tel-Aviv
à Jérusalem et légitimé l’annexion israélienne du plateau du Golan pour les contenter.
En 2020, avant toutes ces révélations, le musicien Roger Waters a été qualifié
d’antisémite par l’Anti-Defamation League et d’autres groupes sionistes pour avoir déclaré que Sheldon Adelson se servait de sa fortune pour influencer la politique
américaine.
Saban s’est montré encore plus prudent qu’Adelson au sujet de ses activités politiques dans sa réponse à la même
question posée par Evenhaim :
«Je préfère rester
prudent dans mes propos…(Pause)Ce
système est déjà en place, nous ne l’avons pas créé. C’est un dispositif légal et nous agissons conformément à ses règles. Et c’est tout ! En fait, c’est vraiment très simple. Si vous
soutenez un politicien, vous êtes en principe en droit de faire part de votre opinion et d’essayer de lui faire comprendre votre point de vue. C’est ce que permet la contribution, qui
donne accès à un certain nombre de choses, dont le soutien financier. En d’autres termes… (haussement d’épaules) Ceux qui donnent plus auront un accès plus important, et ceux qui donnent
moins en auront moins. C’est aussi simple que ça. C’est comme ça, point final».
Haim Saban, dont les dons de campagne profitent à l’autre bord de l’échiquier politique en finançant le Parti
démocrate, affirme sans détour : «Je ne m’intéresse
qu’à une chose : Israël». En 2022,
le super PAC de l’AIPAC a invoqué
l’influence financière de Saban pour faire valoir que tout désengagement vis-à-vis d’Israël priverait les Démocrates d’un financement essentiel, déclarant :
«Nos donateurs
militants, parmi lesquels l’un des plus grands donateurs du Parti démocrate, veillent à ce que le Congrès américain, et notamment le président Biden, continue de soutenir une relation
dynamique et forte avec notre allié démocratique, Israël».
Comme pour Adelson, on peut supposer que Saban a déclaré vouloir faire preuve de «prudence» dans
la façon dont il décrit ses opérations d’influence, car un scandale majeur pourrait éclater si le peuple américain découvrait ce qu’il a orchestré.
«Après avoir été
présentée par Miriam Adelson, la procureure générale Pam Bondi explique à l’Israeli-American Council comment le ministère de la Justice travaille pour eux en poursuivant «pour la
première fois» les manifestants anti-Israël en vertu de la loi FACE et en obtenant des universités des accords à l’amiable colossaux pour «antisémitisme»».
Certains verront ces vidéos et prétendront que les partager est antisémite. D’autres les regarderont et les citeront comme preuve que le monde est gouverné
par les Juifs. Ils ne sont pour moi que la preuve que le monde est gouverné par des sociopathes richissimes et que la démocratie occidentale n’est que pure illusion.
Il est difficile de trouver meilleure illustration de la mascarade de la démocratie américaine. Deux milliardaires issus de partis politiques supposés
opposés admettent publiquement qu’ils utilisent leur fortune colossale pour manipuler la politique américaine et promouvoir les intérêts militaires et géopolitiques d’un État étranger
situé à l’autre bout de la planète.
Et comme le dit Saban, tout cela est légal. La corruption est
légale aux États-Unis d’Amérique. Les ploutocrates peuvent utiliser leur fortune pour manipuler le gouvernement américain en finançant des campagnes électorales et en exerçant des
pressions pour défendre leurs intérêts personnels, financiers et idéologiques. Si vous disposez de quelques millions de dollars, vous pouvez les utiliser pour étouffer des poursuites
judiciaires, assouplir les réglementations environnementales ou les protections des salariés qui nuisent aux marges bénéficiaires de votre entreprise, voire faire livrer des équipements
militaires à un gouvernement étranger qui les utilisera pour commettre un génocide.
Et toutes ces pratiques se perpétuent au mépris total de la volonté de l’électorat. Le peuple américain n’a aucun contrôle sur les agissements de son
gouvernement dans le système politique actuel. Il vote pour un pantin oligarchique, puis pour le pantin du parti adverse lorsque le premier échoue, sans réaliser que la structure de
pouvoir est inchangée.
Cette configuration du pouvoir porte un nom : la ploutocratie, et c’est l’unique structure politique en vigueur aux États-Unis.
Pendant
des années, les États-Unis ont exécuté le programme de déstabilisation régionale d’Israël en utilisant des terroristes fantômes pour justifier la «Guerre contre le Terrorisme». Mais le 7
octobre 2023 a mis fin au projet de guerre sans fin de Washington – d’un simple coup d’interrupteur, les adversaires des États-Unis ont désormais déclenché la «Longue Guerre» contre
Israël.
«La colonisation … est
la meilleure affaire dans laquelle le capital d’un vieux et riche pays peut s’engager … les mêmes règles de moralité internationale ne s’appliquent pas … entre les nations civilisées et
les barbares». – John Stuart Mill, cité par Eileen Sullivan dans «Liberalism and
Imperialism : JS Mill’s Défense of the British Empire», Journal of the
History of Ideas, vol. 44, 1983.
Les événements du 11 septembre 2001 devaient imposer et consacrer un nouveau paradigme exceptionnaliste au jeune XXIe siècle. Mais l’histoire en a décidé
autrement.
Présenté comme une attaque contre la patrie américaine, le 11 septembre 2001 a immédiatement engendré la Guerre mondiale contre le Terrorisme (Global War on
Terror – GWOT), lancée à 23 heures le même jour. Initialement baptisé «La Longue Guerre» par le Pentagone, le terme a ensuite été assaini par l’administration de Barack Obama sous le nom
d’«Opérations de contingence à l’étranger (OCO)».
La guerre contre le terrorisme, fabriquée par les États-Unis, a coûté huit mille milliards de dollars, un montant notoirement impossible à retracer, pour
vaincre un ennemi fantôme, a tué plus
d’un demi-million de personnes – en grande majorité des musulmans – et a débouché sur des guerres illégales à l’encontre de sept États à majorité musulmane. Tout cela a été
justifié sans relâche par des «raisons humanitaires» et prétendument soutenu par la «communauté internationale» – avant que ce terme ne soit lui aussi rebaptisé «ordre international fondé
sur des règles».
Cui Bono
? (à qui cela profite-t-il ?) reste la question primordiale pour tout ce qui a trait au 11 septembre 2001. Un
réseau serré de néoconservateurs fervents défenseurs d’Israël, stratégiquement positionnés au sein des institutions de défense et de sécurité nationale par le vice-président Dick
Cheney – qui avait été secrétaire à la défense dans l’administration du père de George W. Bush – s’est mis en action pour imposer l’agenda
prévu de longue date du Projet pour le Nouveau Siècle Américain (PNAC). Ce programme de grande envergure attendait en coulisses le bon déclencheur – un «nouveau Pearl Harbor» –
pour justifier une série d’opérations de changement de régime et de guerres dans une grande partie du Moyen-Orient et dans d’autres États musulmans, remodelant ainsi la géopolitique
mondiale au profit d’Israël.
La révélation notoire par le général américain Wesley Clark d’un complot secret du régime Cheney visant
à détruire sept grands pays islamiques sur une période de cinq ans, de l’Irak à l’Iran en passant par la Syrie et la Libye, nous a montré que la planification avait déjà été faite à
l’avance. Ces pays ciblés avaient une chose en commun : ils étaient des ennemis résolus de l’État d’occupation et de fervents défenseurs des droits des Palestiniens.
La bonne affaire, du point de vue de Tel-Aviv, était que la guerre contre le terrorisme amènerait les États-Unis et leurs alliés occidentaux à mener toutes
ces guerres en série profitant aux Israéliens au nom de la «civilisation» et contre les «barbares». Les Israéliens n’auraient pas pu être plus heureux ou satisfaits de la tournure que
prenaient les événements.
Il n’est pas étonnant que le 7 octobre 2023 soit le reflet du 11 septembre 2001. L’État d’occupation lui-même a annoncé qu’il s’agissait du «11 septembre»
d’Israël. Les parallèles abondent à plus d’un titre, mais certainement pas dans le sens attendu par les partisans d’Israël et la cabale d’extrémistes à la tête de Tel-Aviv.
Syrie :
Le tournant
L’hégémon occidental excelle dans la construction de récits et se vautre actuellement dans les marécages russophobes, iranophobes et sinophobes qu’il a
lui-même créés. Discréditer les récits officiels et immuables, comme celui du 11 septembre, reste l’ultime tabou.
Mais une construction narrative erronée ne peut pas tenir éternellement. Il y a trois ans, à
l’occasion du 20ème anniversaire de l’effondrement des tours jumelles et du début de la guerre contre le terrorisme, nous avons été témoins d’une grande confusion à
l’intersection de l’Asie centrale et de l’Asie du Sud : Les Taliban étaient de retour au pouvoir, célébrant leur victoire sur l’Hégémon dans une guerre éternelle déconcertante.
À cette époque, l’obsession des «sept pays en cinq ans» – visant à forger un «nouveau Moyen-Orient» – était en train de dérailler dans tous les domaines. La
Syrie a été le point tournant, même si certains diront que les feuilles de thé étaient déjà jetées lorsque la résistance libanaise a vaincu Israël en 2000, puis à nouveau en 2006.
Mais l’effondrement de la Syrie indépendante aurait ouvert la voie au Saint-Graal de l’hégémon – et d’Israël : Le changement de régime en Iran.
Les forces d’occupation américaines sont entrées en Syrie fin 2014 sous le prétexte de lutter contre le «terrorisme». C’était l’OCO d’Obama en action. En
réalité, Washington utilisait deux groupes terroristes clés – Daech, alias ISIL, alias ISIS, et Al-Qaïda, alias Jabhat al-Nusra, alias Hayat Tahrir al-Sham – pour tenter de détruire
Damas.
Cela a été prouvé de manière concluante par un document déclassifié de 2012 de l’Agence américaine de renseignement de la Défense (DIA), confirmé plus tard
par le général Michael Flynn, chef de la DIA lorsque l’évaluation a été rédigée : «Je pense que c’était
une décision délibérée [de l’administration Obama]» lorsqu’il s’agit d’aider, et non de combattre, le terrorisme.
ISIS a été conçu pour combattre les armées irakienne et syrienne. Le groupe terroriste est issu d’Al-Qaïda en Irak (AQI), rebaptisé ensuite État islamique
en Irak (ISI), puis rebaptisé ISIL, et enfin ISIS, après avoir franchi la frontière syrienne en 2012.
Le point crucial est que tant ISIS que le Front Nusra (plus tard Hayat Tahrir al-Sham) étaient des ramifications djihadistes salafiste purs et durs.
L’entrée de la Russie sur le théâtre syrien à l’invitation de Damas en septembre 2015 a véritablement changé la donne. Le président russe Vladimir Poutine a
décidé de s’engager réellement dans une guerre contre le terrorisme sur le territoire syrien avant que ce terrorisme n’atteigne les frontières de la Fédération de Russie. C’est ce qui
ressort de la formulation standard à Moscou à l’époque : La distance entre Alep et Grozny n’est que de 900 kilomètres.
Après tout, les Russes avaient déjà été soumis à la même marque et au même modus operandi de terreur en Tchétchénie dans les années 1990. Par la suite, de
nombreux djihadistes tchétchènes se sont échappés, pour finir par rejoindre des organisations douteuses en Syrie, financées par les Saoudiens.
Le regretté et grand analyste libanais Anis Naqqash a confirmé plus tard que c’est le légendaire commandant de la Force Quds iranienne, Qassem Soleimani,
qui a convaincu Poutine, en personne, d’entrer sur le théâtre de guerre syrien et d’aider à vaincre le terrorisme. Ce plan directeur stratégique, il s’avère, devait fatalement débiliter
les États-Unis au Moyen-Orient.
L’establishment sécuritaire américain, bien sûr, ne pardonnerait jamais à Poutine, et surtout à Soleimani, d’avoir vaincu leurs fantassins djihadistes à
disposition. Sur ordre du président Donald Trump, le général iranien anti-ISIS a été assassiné à Bagdad en janvier 2020, aux côtés d’Abou Mehdi al-Mouhandis, chef adjoint des Unités de
mobilisation populaire (UMP) d’Irak, un large éventail de combattants irakiens qui s’étaient coalisés pour vaincre ISIS en Irak.
Enterrer
l’héritage du 11 septembre
Le tour de force stratégique de Soleimani, qui a consisté à mettre en place et à coordonner l’Axe de la résistance contre Israël et les États-Unis, a
nécessité des années de préparation. En Irak, par exemple, les UMP ont été propulsées au premier rang de la résistance parce que l’armée irakienne – entraînée et contrôlée par les
États-Unis – ne pouvait tout simplement pas combattre ISIS.
Les UMP ont été créées après une fatwa du grand ayatollah Sistani en juin 2014 – lorsque ISIS a commencé son saccage irakien – en implorant «tous les
citoyens irakiens» de «défendre le pays, son peuple, l’honneur de ses citoyens et ses sites sacrés».
Plusieurs UMP ont été soutenues par la Force Qods de Soleimani – qui, ironiquement, pour le reste de la décennie, serait invariablement qualifiée par
Washington de maître «terroriste». Parallèlement, le gouvernement irakien a accueilli un centre de renseignement anti-ISIS à Bagdad, dirigé par la Russie.
Le mérite de la défaite d’ISIS en Irak revenait principalement à l’UMP, complétée par son aide à Damas via l’intégration d’unités de l’UMP dans l’armée
arabe syrienne. Voilà ce qu’était une véritable guerre contre le terrorisme, et non cette construction américaine mal nommée «Guerre contre le Terrorisme».
Mieux encore, la réponse de l’Asie occidentale à la terreur était et reste non sectaire. Téhéran soutient la Syrie laïque et pluraliste et la Palestine
sunnite ; le Liban se caractérise par une alliance entre le Hezbollah et les chrétiens ; les UMP d’Irak se caractérisent par une alliance entre les sunnites, les chiites et les chrétiens.
Diviser pour régner ne s’applique tout simplement pas à une stratégie de lutte contre le terrorisme d’origine intérieure.
Ce qui s’est passé le 7 octobre 2023 a propulsé l’éthique des forces de résistance régionales à un tout autre niveau.
D’un seul coup, il a détruit le mythe de l’invincibilité militaire israélienne et sa primauté tant vantée en matière de surveillance et de renseignement.
Alors même que l’horrible génocide de Gaza se poursuit sans relâche (avec peut-être jusqu’à 200 000 morts civils, selon The
Lancet), l’économie israélienne est en train d’être éviscérée.
Le blocus stratégique du Bab al-Mandeb et de la mer Rouge imposé par le Yémen à tout navire lié ou destiné à Israël est un coup de maître en termes
d’efficacité et de simplicité. Non seulement il a déjà mis en faillite le port stratégique israélien d’Eilat, mais en prime, il a offert une humiliation spectaculaire à l’hégémon
thalassocratique, les Yéménites ayant de facto vaincu l’US Navy.
En moins d’un an, les stratégies concertées de l’Axe de la Résistance ont enterré six pieds sous terre la fausse guerre contre le terrorisme et son cortège
de milliards de dollars.
Autant Israël a profité des événements après le 11 septembre, autant les actions de Tel-Aviv après le 7 octobre ont rapidement accéléré son démantèlement.
Aujourd’hui, alors que la Majorité mondiale condamne massivement le génocide israélien à Gaza, l’État d’occupation fait figure de paria, entachant ses alliés et révélant chaque jour
l’hypocrisie de l’Hégémon.
Pour l’Hégémon, la situation est encore plus alarmante. Rappelons l’avertissement lancé en 1997 par le Dr Zbigniew Brzezinski, «Grand échiquier» :
«Il est
impératif qu’aucun challenger eurasien n’émerge capable de dominer l’Eurasie et donc de défier également les États-Unis».
En fin de compte, tout le bruit et la fureur combinés du 11 septembre, de la Guerre contre le Terrorisme, de la Longue Guerre, de l’Opération Ceci et Cela
pendant deux décennies, se sont métastasés en exactement ce que «Zbig» craignait. Ce n’est pas seulement un simple «challenger» qui a émergé, mais un véritable partenariat stratégique
entre la Russie et la Chine qui donne un nouveau ton à l’Eurasie.
Soudain, Washington a oublié le terrorisme. Ce sont elles les véritables «ennemis», désormais considérées comme les deux premières «menaces stratégiques»
des États-Unis. Il ne s’agit pas d’Al-Qaïda et de ses nombreuses incarnations, une invention fragile de la CIA, réhabilitée et aseptisée au cours de la décennie précédente sous la forme
de ces mythiques «rebelles modérés» en Syrie.
Ce qui est encore plus étrange, c’est que la Guerre contre le Terrorisme, conceptuellement absurde, forgée par les néoconservateurs immédiatement après le
11 septembre, se transforme maintenant en une guerre du (mes
italiques) terrorisme, incarnant la tentative désespérée de la CIA et du MI6 de «faire face à l’agression russe» en Ukraine.
Et cela ne peut que se métastaser dans le marais de la sinophobie, car ces mêmes agences de renseignement occidentales considèrent la montée en puissance de
la Chine comme «le plus grand défi géopolitique et de renseignement» du XXIe siècle.
La Guerre contre le Terrorisme a été démystifiée ; elle est maintenant morte. Mais préparez-vous à des guerres de terreur en série menées
par un hégémon qui n’a pas l’habitude de ne pas posséder le récit, les mers et le sol.