Gilets jaunes (1)...



...pour qu'ils comprennent comment on devient "Gilet jaune" !

 

...par le Gal. Dominique Delawarde - le 26/01/2019.

 

 

Bonjour à tous,    

 

 

Je vous adresse une vidéo de 2 minutes qui vient de m'être adressée et le commentaire qui lui était attaché : Pour la culture générale et sans aucune incitation, bien sûr !

 

Je ne sais pas qui ils sont, de droite, de gauche, du centre, de devant, de derrière, de dessous, de dessus ou d'ailleurs mais quand les politiques oublient qu'ils sont là pour structurer un territoire pour tous les habitants, ils méritent le chômage voire le licenciement sans indemnité pour faute grave. 

 

Ils comprendraient peut être comment on devient gilet jaune...

 

En Ukraine, la foule n’y va pas par 4 chemins, elle jette les hommes politiques dans les poubelles... L'orgueil et la fierté en prennent un coup !

Et ce n’est que justice !

 

Pas de tri sélectif, tous y passent ! C'est presque "bon enfant"......

 

Voir le lien you tube :  https://www.youtube.com/watch?v=EDf60DTzbTg

 

PS : Il y a beaucoup d'autres liens sur le même sujet .....

Tapez sur Google : UKRAINE ÉLUS À LA POUBELLE QUAND LEURS ÉLECTEURS N'EN

SONT PAS CONTENTS you tube

 

A +


....un printemps français


Les gueux


Marie Laure, enseignante, dont l’enfant vient de perdre un œil, s’adresse à monsieur Macron


Les médias ouvrent enfin les yeux sur ceux qui les perdent



Des armes suisses contre les « gilets jaunes »

Pour faire face aux manifestations, la police française dispose d’un fusil controversé de fabrication helvétique. Malgré les blessures à répétition, elle pourrait en acquérir davantage

 

Double fracture de l’orbite maxillaire et une grosse plaie ouverte. Habitué des zones de guerre (Tchétchénie, Afghanistan, Libye, Irak, Syrie…), le journaliste français Florent Marcie n’avait encore jamais été blessé dans sa carrière. Jusqu’au 5 janvier, à Paris. Alors qu’il filme une manifestation de «gilets jaunes», il reçoit en pleine figure un tir de lanceur de balles de défense (LBD 40). Fabriqué en Suisse par Brügger & Thomet (B&T), c’est «le plus léger, le plus ergonomique et le plus rapide à tirer du marché», selon la manufacture. Très utilisé lors des manifestations françaises actuelles, le petit fusil «sublétal» thounois est au centre d’une controverse qui prend une ampleur sans pareille.

«Une incitation à la haine anti-flics»

«Quand on voit les nôtres saigner, touchés par un de ces projectiles, on passe de la protestation à la confrontation violente. Ces armes sont une incitation à la haine anti-flics», se révolte Christelle Robert, meneuse des «gilets jaunes» à Yvetot, en Normandie. L’usage des LBD 40 n’est théoriquement possible en France «qu’en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée» et les tirs au visage sont prohibés. La réalité du terrain semble toutefois différente. Si aucune statistique n’existe, le journal français Libération affirme que le LBD 40 aurait fait plus de 30 blessés graves ces dernières semaines, dont 10 ont perdu un œil. Mâchoire fracturée, dents cassées, fracture du crâne, les balles de caoutchouc semi-rigide de 40 millimètres ne font pas dans le détail.

D’apparence menue, les petits fusils de 60 cm de long pour 2,1 kg sont d’ailleurs exportés par le Seco sous l’appellation «matériel de guerre».

«Ce sont les plus précis du marché», se défend Karl Brügger, CEO de B&T. «C’est vrai, ça fait mal. Mais cela reste largement moins grave que des armes létales. Et puis si les «gilets jaunes» ne lançaient pas de cocktails molotov, ils ne se feraient pas non plus tirer dessus.» Sulfureux, le fabricant d’armes de Thoune a été condamné l’année dernière pour avoir commercialisé des lance-grenades à la Nouvelle-Zélande, tout en sachant qu’ils allaient par la suite être revendus au Kazakhstan. Après la justice suisse, sa discrète entreprise est désormais la cible du mouvement des «gilets jaunes». «Ils nous envoient des mails pour dire qu’ils vont nous attaquer», dit l’homme d’affaires. Peu impressionné: «Nous restons calmes et continuons d’offrir nos prestations aux fournisseurs.»

L’Etat français en veut davantage

Les blessures s’enchaînent, la polémique enfle… et la France désire acquérir davantage de lanceurs de projectiles. En décembre dernier, le Ministère de l’intérieur français lançait un appel d’offres pour acquérir 1280 nouveaux LBD. B&T vend son appareil à environ 1300 euros la pièce, «selon si l’optique est incluse ou pas», explique Karl Brügger. L’accord de vente en question porterait donc sur plus de 1,6 million d’euros. «C’est un contrat intéressant pour la branche, dit-il. Notre fusil est le plus cher mais sa qualité est incomparable, nous soumettrons certainement un dossier.» Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 21 mars, nous a confirmé l’Etat français.

A moins bien sûr d’un revirement politique. Ce jeudi, le «Défenseur des droits» français, Jacques Toubon, a en effet demandé la suspension du recours aux LBD en raison de leur «dangerosité». Ce n’est pas la première fois que le directeur de cette institution indépendante de l’Etat inscrite dans la Constitution lance cet appel. Il y a une année, il avait déjà préconisé l’interdiction du matériel helvétique en raison des «risques disproportionnés» que les engins font courir aux manifestants.

Et l’affaire n’en finit pas de faire des vagues : le 18 décembre dernier, plusieurs personnes blessées par les LBD ont saisi d’une requête urgente la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour qu’elle interdise leur utilisation en France. Sans succès, mais la controverse ne faiblit pas. D’autant plus que les balles de caoutchouc ne semblent pas contribuer à l’apaisement de la situation. «Jusqu’à présent, le LBD 40 n’a pas dissuadé les «gilets jaunes», constate Florent Marcie sur le site de Mediapart. Il les a plutôt aguerris.» Le coût politique de l’utilisation du matériel suisse pourrait vite devenir insupportable.

 

 Sources : 

- https://www.letemps.ch/suisse/armes-suisses-contre-gilets-jaunes

- http://www.afrique-asie.fr/des-armes-suisses-contre-les-gilets-jaunes/

 

 

 


Benalla et Drouet, ou le summum de l’injustice en Macronie

...par Olivier Damien - le 17/01/2019.

 

Docteur en droit 

Commissaire divisionnaire honoraire

 Ancien secrétaire général du syndicat des commissaires de police

Il n’aura pas fallu bien longtemps pour que l’affaire Benalla ou, plus exactement, « les affaires Benalla » ne ressurgissent et viennent à nouveau occuper le devant de la scène médiatique. Cette fois-ci, il s’agit de l’utilisation, apparemment en toute illégalité, de plusieurs passeports – diplomatiques et de service – par celui qui fut, au-delà de son rôle « d’officier de sécurité » du président de la République, son véritable homme de confiance… et à tout faire ! Et l’Élysée de se trouver à nouveau empêtré dans un dossier qui, au-delà des agissements d’un véritable barbouze appointé par l’État, révèle de nouveaux dysfonctionnements, pour le moins inquiétants, au plus haut sommet de l’État.

Mais alors que notre pays, depuis plusieurs semaines, se trouve plongé en pleine crise des gilets jaunes, lesquels, sur les ronds-points et dans les rues de France, dénoncent à juste raison les multiples injustices qui ruinent notre pays, il est une question dont aucun média ne se fait l’écho. Celle de la différence de traitement, par l’institution judiciaire, des cas Benalla et Drouet. Jugeons-en plutôt.

Le premier, depuis que ses agissements ont été révélés par la presse, s’est trouvé impliqué dans plusieurs affaires pénales. Mis en examen pour des violences en réunion, pour son immixtion dans l’exercice d’une fonction publique (celle de policier), pour le port prohibé d’insignes réglementés et pour différents recels. Soupçonné d’avoir détenu illégalement des armes et d’avoir fait de fausses déclarations pour obtenir ses passeports, voici un individu qui, toutes sanctions pénales confondues, cumulerait, si le droit dans notre pays le permettait, pas moins de 25 à 30 ans de prison et plus d’un million d’euros d’amende. Pourtant, il ne fait l’objet d’aucun contrôle judiciaire, d’aucune interdiction de quitter le territoire – ce qui lui a, d’ailleurs, permis de faire de nombreux déplacements à l’étranger sous couvert de ses fameux passeports diplomatiques, et pour des raisons encore obscures -, mais surtout, n’a même jamais été placé en garde à vue.

De l’autre côté se trouve Éric Drouet. Figure emblématique des gilets jaunes. Ce routier et père de famille, qui n’avait jamais fait parler de lui auparavant, s’est vu interpellé à deux reprises, lors des manifestations parisiennes, par une armée de policiers, et placé en garde à vue pour deux infractions qui, possiblement, à elles seules, ne représentent pas plus de 18 mois de prison et 20.000 euros d’amende.

La différence de traitement entre ces deux citoyens français ne peut, bien évidemment, que choquer et surprendre. Elle est, en fait, le résultat d’une dérive qui, dans notre pays, permet aujourd’hui aux plus puissants d’être à l’abri du fonctionnement de notre Justice. Et aux plus démunis et aux plus faibles d’être les proies faciles d’un système qui a oublié jusqu’à l’essence même des mots « démocratie », « justice » et « équité ».

Oui, notre pays est malade.

Il est malade économiquement du fait d’une désindustrialisation inconsidérée, favorisée par une classe dirigeante imprévoyante et incompétente, laquelle a paupérisé la France de manière irréversible.

Il est malade socialement, parce que les injustices fiscales n’ont jamais été aussi fortes, appauvrissant sans cesse les plus modestes.

Il est malade institutionnellement, parce que notre système de gouvernance ne fonctionne désormais que dans l’intérêt des plus puissants.

Avec les cas Benalla et Drouet, c’est maintenant l’iniquité de notre Justice qui vient s’imposer aux yeux du monde.

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/benalla-et-drouet-ou-le-summum-de-linjustice-en-macronie/?mc_cid=6bb5090295&mc_eid=c2875309d7


Imaginez ce que nos médias diraient si c’étaient Poutine ou Orbán qui réprimaient ainsi des manifestants

...par Michel Janva - Le 14/01/2019

Imaginez ce que nos médias diraient si c’étaient Poutine ou Orbán qui réprimaient ainsi des manifestants

 

Jean-Yves Le Gallou analyse les violences qui émaillent les manifestations des gilets jaunes.

 

Il y a dans toute manifestation un potentiel de violences. Parce que des manifestants veulent souvent aller un peu plus loin que ce que leur autorise la police. Et que celle-ci dispose du monopole de la violence légitime dont il peut lui arriver de faire un usage disproportionné. Il y a eu des violences en 1968, en 1986 (contre la loi Devaquet), en 2006 (contre le contrat première embauche), en 2013/2014 (contre la loi Taubira) et aujourd’hui avec les gilets jaunes.

 

Quelles sont les différences, alors ?

 

La première différence tient au traitement médiatique ! Généralement, les médias se focalisent sur les « violences policières » contre les manifestants et, le cas échéant, les journalistes, et sont moins diserts sur les provocations des manifestants. Ce fut le cas en 1968, 1986, 2006. Avec les gilets jaunes comme pour la Manif pour tous, ils insistent beaucoup plus sur les « violences des manifestants ». Par parti pris idéologique particulièrement visible lors de la Manif pour tous, qui fut pourtant très policée – pour ne pas dire davantage – mais dont le moindre « débordement » était dénoncé, y compris par les… organisateurs de LMPT.

 

Avec les gilets jaunes, n’y a-t-il pas davantage de violences de la part des manifestants ?

 

Oui, bien sûr. Pour plusieurs raisons. Ce sont des manifestations spontanées sans service d’ordre. Et où des éléments radicaux peuvent donner un ton offensif. De nombreux manifestants ont aussi le sentiment d’être méprisés et comme beaucoup sont des hommes jeunes, pas toujours assis derrière une chaise, cela donne des manifestations plus « physiques ». Ajoutons à cela les consignes provocatrices du gouvernement.

 

Qu’entendez-vous là ?

Le gazage massif de foules pacifiques… ce qui peut les rendre – légitimement – « haineuses ». En voulez-vous un exemple ? À l’acte II sur les Champs-Élysées (le 1er décembre), la police a engagé les canons à eau dès 10 heures du matin et a gazé les Champs–Élysées sur 1,5 kilomètre. Ce qui a énervé des gens tranquilles situés à plusieurs centaines de mètres des barrages de police. Cette pratique s’est étendue aux grandes villes de province. C’est ce qui a radicalisé beaucoup de gilets jaunes, parfois entraînés par des éléments plus aguerris venus souvent de l’extrême gauche. Mais cela ne justifie pas les violences policières qui se sont multipliées.

 

Rappelez-nous les chiffres.

 

Plus de 5.000 interpellations, des milliers de gardes à vue, des centaines de mandats de dépôt et d’incarcérations, près de 2.000 blessés, des dizaines de fractures faciales, 12 éborgné(e)s, des fractures du crâne, et ce, dans le silence quasi total des grands médias français… Imaginez ce qu’ils diraient si c’était Poutine ou Orbán qui réprimait ainsi des manifestants chez eux ! Ce serait 20 minutes au 20 heures tous les soirs. Imaginez ce qu’ils diraient si les victimes venaient des quartiers de l’immigration ! Souvenez-vous du battage fait autour du mythomane escroc Théo, prétendument victime d’un viol à Aulnay. Mais là, cela ne compte pas : les victimes sont, pour l’essentiel, des Français ou des Françaises de souche. Vous parlez, quelle importance !

 

Mais il faut bien que la police se défende et maintienne l’ordre.

 

Certes. Mais c’est à se demander si les consignes qu’elle reçoit du trio infernal Castaner-Philippe-Macron – et qu’elle exécute – ne sont pas des consignes de guerre civile !

 

Vous n’exagérez pas un peu ? Qu’est-ce qui vous permet de dire cela ?

 

Il me semble que ce sont des consignes implicites. Si les policiers ne se sentaient pas « couverts », ils seraient beaucoup plus prudents. Et d’après de nombreux témoignages de policiers (policiers en colère, notamment), c’est la hiérarchie qui donne les ordres d’utiliser les tirs tendus. Or, la hiérarchie, c’est le ministre, le préfet puis le commissaire et/ou l’officier de gendarmerie.

 

La répression actuelle s’éloigne totalement des règles habituelles du maintien de l’ordre à la française :

– par l’usage massif du canon à eau,

– par l’engagement de blindés,

– par la venue des forces de l’ordre au contact des manifestants,

– par des passages à tabac,

– par le rétablissement des équipes de voltigeurs,

– par l’usage massif des grenades lacrymogènes, y compris sur des foules éloignées des forces de l’ordre (depuis les toits, voire – à vérifier – par hélicoptère),

– par l’usage injustifié de grenades de désencerclement,

– par la banalisation des tirs par lanceurs de balle de défense dont l’usage est, théoriquement, interdit en manifestations,

– par les tirs tendus de grenades.

 

Oui, mais c’est sans doute nécessaire.

 

Exceptionnellement, sans doute. De manière systématique et disproportionnée, sûrement pas !

 

Je vais vous citer le cas de la jeune Fiorina, éborgnée le 8 décembre. Elle manifestait pour la première fois avec son fiancé. Castaner avait annoncé que les Champs-Élysées seraient accessibles… pour mieux les fermer. Quand Fiorina a vu que la situation se tendait, elle a cherché à en sortir. Elle en a été empêchée par un cordon de gendarmes. Elle est restée bloquée plus d’une heure. Quand il y a eu des échauffourées sur le versant sud des Champs-Élysées, elle est passée sur le versant nord comme beaucoup de manifestants pacifiques. Les CRS ont alors grenadé ces manifestants pacifiques qui s’éloignaient d’eux. Fiorina a perdu l’œil gauche et a eu la mâchoire fracturée par un tir tendu. Malheureusement pour Castaner, toutes les vidéos confirment ce point de vue. C’est lui qui devra rendre des comptes un jour, et pas seulement le CRS qui a tiré.

 

C’est un cas particulier ?

 

Non, des éborgnés, il y en a plus d’une dizaine, dont au moins deux jeunes femmes, et des mâchoires ou des membres fracturés, des dizaines d’autres. Et pour beaucoup, il s’agit de manifestants pacifiques. J’ai recueilli de nombreux témoignages, notamment de jeunes femmes, qui montrent que la doctrine de répression est la suivante : créer des nasses (pour faire du chiffre d’interpellations) et canarder des manifestants pacifiques pour les dissuader de revenir.

 

Comment est-ce possible ?

 

Grâce à la complicité des médias qui mettent en exergue les violences de certains manifestants, souvent en les sortant du contexte, comme pour le « boxeur » ou les « voltigeurs » en haut des Champs-Élysées. Et surtout en faisant le silence ou en minorant les violences policières. Avec les médias, c’est toujours deux poids deux mesures : d’habitude, tout contre les « violences policières » ; là, tout contre les « violences des manifestants ». […]

 

Source : https://www.lesalonbeige.fr/imaginez-ce-que-nos-medias-diraient-si-cetaient-poutine-ou-orban-qui-reprimaient-ainsi-des-manifestants/

 


Gilets Jaunes : la mise politique en détention provisoire de Christophe Dettinger

...par Karine Bechet-Golovko - Le 13/01/2019


Dans ma tête, c'est le grand chamboule tout.

http://corto74.blogspot.com/2019/01/dans-ma-tete-cest-le-grand-chamboule.html

 

...très proche de mon état d'esprit actuel....! JMR

 


B. Tapie a retrouvé tout son "mordant" !


Bilan des GJ blessés.

* Recensement provisoire des blessés des manifestations du mois de novembre-décembre 2018

https://desarmons.net/index.php/2019/01/04/recensement-provisoire-des-blesses-graves-des-manifestations-du-mois-de-decembre-2018/

...Même si il n'y a que la moitié de réellement blessés, c'est beaucoup.... BEAUCOUP TROP !

En revanche, pour que ce bilan soit réellement objectif, il faudrait le nombre de blessés parmi les forces de l'ordre. Habituellement très prolixes sur le sujet, les médias sont généralement silencieux ou ne mentionnent que des "victimes de violences" ! 

A chacun de "choisir" ses victimes. JMR 



La cagnotte de « soutien aux forces de l’ordre » (au gouvernement) est-elle truquée ?!



Les Gilets jaunes et la lame de fond qui vient

...par Natacha Polony - le 29/11/2018.

 

Natacha Polony est chroniqueuse au Figaro. Son dernier livre, «Ce Pays qu'on Abat», est paru en 2014 aux éditions Plon.

La fumée des barricades embrasées donnait aux illuminations de Noël un aspect d’étrange féérie. Les Champs Élysées n’avaient sans doute jamais connu un tel chaos. Et l’on pourra se demander qui, de la Marie de Paris ou des forces de l’ordre, est responsable d’avoir laissé le matériel des innombrables travaux de voirie sur un espace où était annoncée une manifestation, un espace que les CRS auraient pu sécuriser mais dont ils ont choisi de laisser l’accès libre pour ensuite déplorer le triste spectacle. L’analyse des décisions d’encadrement des forces de l’ordre devra d’ailleurs être fait : il était étonnant de voir des CRS chasser des manifestants d’un périmètre et ne pas le sécuriser par la suite, de sorte que les mêmes manifestants revenaient par des rues adjacentes. Les images enchanteront les télévisions américaines qui pourront disserter à loisir sur la France, pays de guérilla.

Bilan catastrophique, mais le pouvoir peut se féliciter. Les Français retiendront les images de la manifestation parisienne, commentées tant et plus par des chaînes d’information continue dont les innombrables experts distinguaient doctement parmi les manifestants des militants d’ultradroite et des identitaires, au motif que surnageaient quelques drapeaux bretons ou vendéens. Pourtant, sur les 106 301 Gilets jaunes officiellement recensés (chiffre vraisemblablement sous-estimé, mais hilarant de précision et surtout extrêmement important), 8000 seulement étaient à Paris. Partout ailleurs, à Bordeaux, Montauban, Toulouse ou Colmar, les gens qui défilaient l’ont fait avec une admirable dignité, dans un souci du bien commun qui force le respect. Le contraste avec les déclarations du Ministre de l’Intérieur tentant de renvoyer l’ensemble des gilets jaunes à l’extrême droite illustre la déchéance d’un pouvoir acculé.

Tous les observateurs honnêtes témoigneront que, même à Paris, la majorité des manifestant était pacifique. Quand un jeune homme s’est avisé de briser la vitrine de la boutique Zadig et Voltaire du Rond-Point, les forces de l’ordre l’ont laissé faire, et ce sont des Gilets jaunes qui se sont interposés. Mais le spectacle offert par les chaines d’info, comme les commentaires des macronistes officiels et officieux, ne laissait pas deviner ce civisme, malgré les nombreuses Marseillaises entonnées ici ou là. Le Président de la République a préféré fustiger ceux qui « ont agressé les forces de l’ordre », laissant croire qu’il s’agirait de Gilets jaunes et non ces casseurs qui s’infiltrent dans chaque manifestation.

Emmanuel Macron, du temps où il faisait la leçon à son prédécesseur, avait reproché à François Hollande son mépris pour les manifestants de la Manif pour tous. La tactique était pourtant simple, renvoyer à toutes forces les citoyens pacifiques du premier jour vers Civitas et les identitaires, laisser le mouvement se radicaliser pour mieux le décrédibiliser. Les Gilets jaunes sont un mouvement spontané, venu des tréfonds du corps politique. Une colère, une indignation, même, contre un système injuste qui empêche peu à peu les petites classes moyennes de vivre correctement de leur travail. La morgue macronienne et les caricatures de Christophe Castaner n’ont qu’un objectif : renforcer les éléments radicaux de ce mouvement pour le transformer en une éruption extrémiste. Mais la colère des Gilets jaunes est d’un autre ordre qu’une protestation contre un projet de loi. C’est une lame de fond qui monte. Les Gilets jaunes ne sont que les premiers soubresauts du séisme à venir. Car ils incarnent ce tiers état qui aspire simplement à ce que soient tenues les promesses de la démocratie. Un tiers état qui trime pour boucler ses fins de mois et qui voit les 0,1% les plus riches échapper à l’impôt, qui voit l’État s’appauvrir et couper dans les services publics plutôt que de lutter contre les procédés d’optimisation fiscale des multinationales.

La question politique qui s’impose à nous est de savoir comment on peut se retrouver, plus de deux siècles après la révolution française, face à des mouvements populaires qui ressemblent tant à ceux d’un peuple soumis à l’ancien régime. Les privilèges qui furent abolis dans la nuit du 4 août 1789 se sont reconstitués. Emmanuel Macron n’est évidemment pas la cause de ce phénomène, dont il faut chercher les sources dans le processus de dérégulation de l’économie qui a peu à peu détruit le compromis social et politique issu de la seconde guerre mondiale. Mais Emmanuel Macron avait réussi à faire croire le temps d’une campagne qu’il portait la nouveauté. Il était le changement sans le chaos, la « révolution » sans la violence mais avec l’enthousiasme. Les quelques-uns qui tentaient alors de faire valoir que le changement proposé n’était que de façade, qu’il s’agissait de remplacer les hommes pour mieux préserver le système, ont été traités de « déclinistes », de « populistes » ou de « réactionnaires ». Il était hors de question de gâcher la fête avec des interrogations désagréables, comme celle qui consistait à demander ce qui se passerait le jour où, au pied du mur, il faudrait choisir entre les propositions contradictoires de l’« en même temps », et si le macronisme – ô suspense – préférerait fâcher le peuple ou les lobbys. Il n’y aura fallu que dix-huit mois. Quelques mois pour démontrer que dans un environnement économique contraint, où l’orthodoxie budgétaire interdit tout investissement, mais où il est également inenvisageable de protéger ses filières vitales, la seule marge de manœuvre possible est l’impôt, non pas pour les plus riches, qui partirait avec les derniers capitaux, mais pour les classes moyennes assignées à résidence.

La vieille recette de la reductio ad lepenum* de toutes les oppositions ne fonctionnera plus très longtemps. En revanche, il est urgent d’offrir un débouché politique à la colère d’un peuple qui se sent acculé, condamné à la simple survie pour préserver un système dans lequel les individus sont privés de leur rôle de citoyens pour n’être que des rouages d’une machine économique orientée vers le profit de multinationales déterritorialisées et d’élites détachées de toute appartenance et de toute solidarité. Les Pierre Moscovici et les Jean-Claude Junker seraient bien avisés d’entendre le grondement de tous les Gilets jaunes du monde occidental, car nul ne peut souhaiter que la colère se transforme en rage et en désespoir.

Natacha Polony


* Reductio ad Hitlerum est une expression ironique ou sarcastique désignant, sous forme de locution latine, le procédé rhétorique consistant à disqualifier les arguments d’un adversaire en les associant à Adolf Hitler. 

Source : http://www.gaullisme.fr/2018/11/29/les-gilets-jaunes-et-la-lame-de-fond-qui-vient/

 


A Toulouse, l'observatoire des pratiques policières scrute les manifestations des "Gilets jaunes"


"Gilets Jaunes" une journaliste balance !!!


La campagne des Cents Fleurs...

...de Macron ouvre le nouveau Temps des troubles

...par Karine Bechet-Golovko - le 09/01/2019.

 

Gilets Jaunes : la campagne des Cents Fleurs de Macron
ouvre le nouveau Temps des troubles

La révélation d’une France qui dérange, car ne s’inscrit plus dans le paysage idéologique post-moderne globaliste, cristallise les tensions entre une élite hors-sol et les aspirations d’une population de vivre normalement. Mais pas d’une normalité à la Hollande, bien au contraire, revenir vers un mode de vie humain et traditionnel, entre des êtres équilibrés, avec leurs défauts, mais se comprenant. Et en cela, les Gilets Jaunes reçoivent leur premier soutien officiel, celui de l’Italie, qui a ouvert la voie. La caricature de "Grand Débat National", campagne des Cents Fleurs de Mao, s’accompagne en toute logique d’une répression qui s’intensifie et est annoncée. Le virage anti-républicain du régime Macron est acté.

 

Hollande a symboliquement ouvert la rupture sociale avec la loi sur le mariage homosexuel, Macron a continué sur la même voie avec la fête de la musique à l’Elysée. Tous les deux ont fait allégeance dès le début de leur mandat, le reste n’est qu’une continuation logique.

 

Ce mouvement anti-famille (mariage homosexuel), anti-nation (ouverture des frontières à l’immigration de masse), anti-humain (culte de la technologie et tyrannie de la (bonne) pensée), est mis à mal par cette lame de fond qu’est le mouvement des Gilets Jaunes.

 

D’un côté, vous avez BHL en appelant aux forces de l’ordre et au respect des institutions, lui qui a passé sa vie à les renverser un peu partout, démontrant ainsi que son clan a pris le pouvoir en France, pendant que sa femme se défonce à Marrakech ; vous avez de pseudo-intellectuels comme Y. Moix, qui nous imposent leurs séances de psychologie collective et demandent à ce que les parents ne puissent pas élever leurs enfants biologiques ; vous avez des professionnels du soi-disant "humanitaire", ancien ministre de la République, Bernard Kouchner, assumant le remplacement de la population française en appelant les immigrés pour "peupler les campagnes", comme si les hommes étaient interchangeables et les cultures n’existaient pas ; vous avez le président de l’Assemblée nationale, de Rugy, qui estime qu’il est normal de pouvoir vivre décemment avec 15 000 euros par an quand Chantal Jouanno touchera 14 709 euros par mois pour maîtriser un pseudo débat national, qui ne doit surtout pas toucher les sujets sensibles, notamment l’immigration.

 

De l’autre côté, vous avez un peuple qui se réveille, encore un peu groggy, d’une longue léthargie. Alors évidemment, lorsque la consultation populaire en ligne met en avant la contestation de la très symbolique loi sur le mariage homosexuel, toute la presse, d’une seule voix, estime que ce mouvement ne peut être naturel, il est le résultat d’un trucage du vote, sous l’influence des partisans de la Manif contre le mariage pour tous.

 

Car comment pourrait-il en être autrement ? Comment les "valeurs" de la minorité ne pourraient être soutenues par la majorité, jusque-là silencieuse, donc consentante ? D’ailleurs, les Gilets Jaunes n’en ont presque pas parlé .... Et pour cause. Avec la dictature "morale" qui s’est instaurée dans la société, critiquer le mariage homosexuel ou l’immigration est un crime idéologique absolument impardonnable. Mais ce n’est pas parce que les gens se taisent qu’ils ne le partagent pas. Alors quand ont leur demande leur avis, et qu’ils peuvent se protéger sous l’anonymat - ils le donnent cet avis.

 

Mais rassurez-vous, rien ne changera. Comme l’immigration a été enlevée du débat, la dimension politique d’Etat des LGBT ne sera pas remise en cause, car ce sont les piliers de cette société. D’où le RIC.

 

Le référendum d’initiative citoyenne qui émerge ces derniers temps et crispe le discours institutionnel est, en effet, particulièrement symbolique. Car finalement, le RIC est soit "trop", soit "trop peu". Trop pour le pouvoir qui ne peut prendre le risque de remettre en cause les fondements idéologiques de la société contemporaines sans provoquer sa propre chute. Trop peu pour le peuple qui ne peut gouverner ou remplacer les gouvernants à coups de référendum. Le RIC est surtout symbolique : les institutions ne sont plus représentatives de la volonté populaire. Mais sera-t-il possible de changer ces institutions pour que ça marche mieux ? Si c’était aussi simple, ce serait merveilleux. Le problème fondamental est le vide intellectuel qui caractérise notre époque : pour l’instant, il n’existe pas de penseurs qui puissent proposer et systématiser une autre pensée institutionnelle et il n’existe pas suffisamment de personnes aptes à remplir un nouveau cadre institutionnel.

 

Il y a de fortes chances pour que nous entrions ainsi dans une "période des troubles", avec un système idéologique assez fort pour ne pas tomber, mais trop faible pour convaincre ; une contestation montante assez forte pour le mettre à mal, mais trop faible pour le remplacer.

 

Le Gouvernement annonce donc le renforcement de répression "en même temps" que l’ouverture du Grand Débat national, se plaçant tout à fait dans la logique de Mao, sans tirer les leçons de l’histoire. Plus de policiers que de "manifestants officiels", sont attendus, pour frapper et incarcérer. La République est en danger. Non pas en raison des Gilets Jaunes, mais d’une élite qui gouverne contre son peuple. Car le choix des gouvernants est simple : soit se retirer, soit officiellement instaurer la dictature. Mais comme ils ne peuvent ni l’un, ni l’autre, oui, c’est bien certainement un nouveau temps des troubles qui nous attend.

 

Karine Bechet-Golovko 
mardi 8 janvier 2019

 

Source : https://russiepolitics.blogspot.com/2019/01/gilets-jaunes-la-campagne-des-cents.html#more

 



Emmanuel Macron, Président du « parti de l’ordre »

...par Jacques Sapir - le 05/01/2019.

Emmanuel Macron s’était présenté comme le candidat du « parti du mouvement ». Moins de deux ans après son élection, il est devenu le Président du parti de l’ordre. Les interpellations d’Eric Drouet et de ses camarades dans la nuit du 2 au 3 janvier, mais aussi les 219 incarcérations qui ont eu lieu depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, et les nombreux blessés graves que l’on a au à déplorer lors des manifestations le prouvent. Ce n’est pas par hasard si l’on utilise ici les termes de « parti du mouvement » de « parti de l’ordre ». Ils servaient à analyser la polarisation politique en France au XIXème siècle, et ils furent repris dans de nombreux ouvrages de science politique. Il y a aujourd’hui une certaine ironie à ce que le fondateur d’un mouvement appelé En Marche, ait finalement choisi le parti de l’immobilité, et en réalité – car ce fut le cas du « parti de l’ordre » au XIXème et au XXème siècle – de la réaction.

La mutation d’Emmanuel Macron

Cette mutation n’est ni étonnante, ni accidentelle. Elle était même prévisible. Au début de l’année 2017 j’avais, à la télévision russe (RT en anglais), expliqué en quoi tant Emmanuel Macron que François Fillon représentaient des candidats du passé, ou si l’on préfère de la réaction. J’avais même retraduit le texte en français et installé cette traduction sur mon blog[1], ce qui me fut d’ailleurs reproché, au point que ce fut l’un des prétextes utilisés pour me censurer. Emmanuel Macron est un parfait représentant des élites métropolisées et mondialisées face au soulèvement de la « France périphérique »[2] .

Or, c’est le soulèvement de cette « France périphérique » qui a dévoilé la nature réelle du projet politique et économique d’Emmanuel Macron. C’est le choc engendré par le soulèvement de ces couches sociales qui a provoqué le raidissement conservateur ultime de son pouvoir et qui l’a fait basculer, au vu et au su de tous, du « parti du mouvement » au « parti de l’ordre ». Ce basculement a d’abord eu comme effet la répression extrêmement violente des diverses manifestations qui ont eu lieux depuis la fin du mois de novembre. Non que toutes ces manifestations aient été pacifiques. Tout le monde a pu voir que des groupes ultra-violents, ou uniquement motivés par le pillage, s’étaient infiltrés dans ces manifestations. Mais, tout le monde a pu AUSSI constater que les brutalités policières ont bien souvent commencées avant l’irruption de ces groupes ultra-violents, et que les pilleurs ont parfois bénéficié d’une bien étrange immunité. L’emploi d’armes de tir (ce que l’on appelle les « Flash Ball ») pour viser les parties hautes du corps des manifestants ainsi que la tête doit être dénoncé. Un certain nombre de manifestants ont été éborgnés ou défigurés par ces armes[3]. On ne compte plus, hélas, les cas de pertes de mains, d’œil, de traumatismes crâniens ou de fractures du crane. Tout cela sans compter le cas de cette femme de Marseille tuée par une grenade alors qu’elle fermait ses volets au quatrième étage, un cas qui a manifestement peu ému les éditorialistes des grands médias…

L’Inspection Générale de la Police, l’IGPN a d’ailleurs ouvert au moins 48 dossiers sur ces violences. L’association Amnesty International a dénoncé les violences policières dans le cours de ces manifestations[4]. Au-delà, ces violences posent la question suivantes : le gouvernement, car nul ne peut croire qu’il puisse s’agir seulement de « bavures » individuelles même si elles existent incontestablement, le gouvernement donc a-t-il délibérément décidé de provoquer un sentiment de terreur afin de décourager les manifestants ? La mise en scène de ces violences par le gouvernement est un élément qui incite à le penser. On peut ici opposer l’attitude du Ministre de l’intérieur et celle du Préfet de Police à celle de l’homme qui fut Préfet de police en mai 1968, M. Maurice Grimaud[5], et dont les consignes et ordres permirent d’éviter le pire lors de manifestations qui étaient en réalité bien plus violentes que celles des différents « actes » des Gilets Jaunes.

Emmanuel Macron et le « débat national »

Le Président de la République a annoncé, dans son allocution du 10 décembre, un grand « débat national ». Pourtant, les revendications du mouvement des Gilets Jaunes sont bien connues : elles portent sur la justice fiscale, le pouvoir d’achat, et la nécessité de renforcer les mécanismes démocratiques dans notre pays. Sur ce dernier point, ces revendications se concentrent sur le référendum d’initiative citoyenne, qui pourrait être un remède à l’inachèvement démocratique des institutions de la France[6]. Dans son allocution du 31 décembre, allocution dite des « Vœux », le Président a pourtant réaffirmé sa volonté de mener à bien des réformes, dans l’assurance chômage, l’organisation des services publics ou sur les retraites. Soumettra-t-il ces réformes au « débat national », ce qui serait dans la logique de ce dernier ? Car, ces « réformes » ont toutes un très fort impact potentiel avec les questions qui ont émergé du mouvement des Gilets Jaunes. Ainsi, la soi-disant réforme de l’assurance chômage, dont on peut penser que le décret pris au début de l’année est une anticipation, entend stigmatiser au moins 4,5 millions de personnes (et en réalité au dessus de 6 millions), du fait de l’existence de 300 000 postes de travail non pourvus, soit dans un rapport d’1 sur 20. De même, la réforme des services publics, si elle est menée dans l’esprit des réformes antérieures, et en particulier de la SNCF, aboutira à sacrifier toujours plus la « France périphérique » au profit des grandes métropoles et de la partie boboïsée de leur population. Enfin, ce que l’on annonce de la réforme des retraites, et en particulier l’adoption d’un système par points et d’une forte réduction des pensions de réversion aura des conséquences négatives considérables sur la partie la plus fragile des retraités.

On peut donc penser que non ; le Président n’aura nulle envie de soumettre ses « réformes » à consultation populaire. Alors, si la nécessité de « cadrer » un débat, pour des raisons d’efficacité qui sont évidentes et qui renvoient à la théorie de l’information, n’est pas discutable, on sait aussi que le contrôle sur les ordres du jour est une des formes les plus classiques de capturer à son profit un processus démocratique[7]. C’est pourquoi il conviendra de lire avec attention la « lettre » que le Président entend envoyer à tous les français. C’est cette lettre qui déterminera si le Président est honnête dans sa volonté d’organiser un « débat national » ou s’il entend seulement se livrer à une opération bassement politicienne. De ce point de vue, l’interview de Christophe Bouillaut sur le site Atlantico se révèle riche d’enseignements[8].

Car, le « débat national » est déjà en train d’avoir lieu. Les « cahiers de doléances » mis à disposition du public dans de nombreuses mairies de communes rurales nous donnent à voir quelles sont les questions que les français aimeraient discuter dans ce « débat ». Un comportement démocratique de la part du Président aurait été de prendre acte de ce qui existe. Mais, pour cela, encore faudrait-il qu’il rétablisse le contact, depuis longtemps perdu, entre le sommet du pouvoir et cet échelon essentiel de la démocratie que sont les petites communes. Il faudrait aussi qu’il admette qu’un débat sans sanction n’est pas un débat. L’engagement de soumettre les réformes projetées à la sanction des français une fois le débat achevé, par exemple sous la forme d’un référendum, serait, de la part d’Emmanuel Macron le signe le plus juste et le plus indubitable, qu’il a bien entendu ce que les français ont voulu dire. A contrario, la volonté d’émasculer le débat, et de continuer comme si de rien n’était à promouvoir des réformes dont l’impact sur la vie quotidienne des français sera évident, sera le signe le plus évident que ce Président n’a rien appris ni rien oublié.

Le « parti de l’ordre » et le désordre

Emmanuel Macron s’affirme donc comme un tenant du « parti de l’ordre », et parfois dans tous ses excès. Mais, contribue-t-il à l’ordre républicain ? Remarquons que cet ordre est quelque peu asymétrique. Si la presse, souvent aux ordres, s’est largement déchaînée sur les dégradations – condamnables – survenues lors des manifestations des Gilets Jaunes, elle a été bien plus silencieuse quant aux centaines de voitures brulées lors de la nuit du 31 décembre. De plus, rien de comparable aux déploiements spectaculaires des forces de l’ordre lors de ces dites manifestations n’a été vu pour sécuriser des quartiers où se produisent, maintenant depuis des années, des violences récurrentes lors des nuits du 1erde l’an.

Mais, de plus, que ce soit dans les mots qu’il utilise, comme l’emploi tout récent de « foules haineuses » pour stigmatiser le mouvement des Gilets Jaunes, ou ses déclarations plus anciennes sur les « fainéants » et « ceux qui ne sont rien », ou que ce soit dans certains des actes qu’il a inspirés voire commandités, comme l’arrestation d’Eric Drouet ou la destruction contestable des points de rassemblements établis par les Gilets Jaunes(destructions qu’une avocate a fait déclarer illégales), il y a une incontestable volonté provocatrice. Comment appelle-t-on alors celui qui se pose en défenseur de l’ordre mais qui par ses propres actions créé le désordre ? On peut même aller plus loin. Si Emmanuel Macron avait, dans une courte déclaration (et l’on sait combien il a tendance à s’étendre), reconnu l’existence de problèmes sociaux importants et annulé l’accroissement des taxes sur les carburants et annoncé le coup de pouce au pouvoir d’achat, toutes choses qu’il a faites le 10 décembre, dès le 1er ou le 2, on peut penser que le mouvement se serait calmé de lui-même. Car, si l’on peut toujours trouver ici ou là des personnes qui ne sont motivées que par le désordre et le profit qu’ils peuvent en tirer, la moindre des honnêteté serait de reconnaître que la force, l’ampleur et la violence du mouvement sont le produit de l’insatisfaction de revendications essentielles. Ces revendications n’ont d’ailleurs reçues qu’une satisfaction très partielle, ce qui contribue à enraciner le mouvement dans la durée.

Il est des dirigeants qui ne comprennent pas la différence qu’il peut y avoir entre un accès de révolte et un mouvement plus profond. Il est aussi des dirigeants qui ne comprennent pas comment on peut glisser de l’un à l’autre. Et, ce glissement est largement le produit de l’incapacité ou de la surdité des gouvernants. A l’annonce de la prise de la Bastille, on dit que Louis XVI déclara, interrogatif : « c’est une révolte ? » et que l’un de ses courtisans lui répondit « non, Sire, c’est une révolution ». Que l’échange soit réel ou inventé après coup, il témoigne de la dangereuse pente dans laquelle glissent les pouvoirs qui ne comprennent pas les événements qui surviennent, qui en minorent tout d’abord l’ampleur puis la signification. Emmanuel Macron a-t-il commis la même erreur ? C’est bien probable. Glisse-t-il sur la même pente ? Seul l’avenir peut le dire. Mais, s’il persiste à ne pas entendre ce que lui disent les français, s’il persiste dans ses provocations, qu’elles soient volontaires ou non, il y a fort à penser qu’il contribue à transformer un mouvement au départ limité en une réelle révolution.

La peur du peuple est, bien souvent, le début de la sagesse pour les dirigeants. A l’évidence, Emmanuel Macron n’a pas encore eu assez peur.

 


 

 

[1] https://russeurope.hypotheses.org/5888


Lettre adressée à M. le premier ministre Edouard Philippe

...par Jacques GUILLEMAIN - le 15/12/2018.

 

Ex-officier de l’armée de l’Air . Pilote de ligne retraité .


15 décembre 2018

Monsieur le Premier ministre,

Vous venez de nous livrer un discours pitoyable comme on en voit peu.
Alors que le pays est au bord de l’explosion, que la fracture sociale est totale et que bientôt la fracture identitaire, que vous niez depuis toujours, va désintégrer la nation, vous venez d’ajouter à l’arrogance de l’exécutif envers les Gilets jaunes une humiliation sans précédent.

Vous croyez vraiment que le compte y est avec quelques miettes jetées à des millions de Gilets jaunes en train de crever ? Oui, je dis bien à des millions de GJ.
Car quand 75 % de la population soutient encore le mouvement, malgré vos tentatives de le discréditer, malgré les insultes de vos sbires qui les ont traînés dans la boue, on ne parle plus de 10 000 ou 15 000 GJ autour des ronds-points, mais de dizaines de millions de Français, travailleurs et retraités, jeunes et vieux, de droite comme de gauche, qui soutiennent sans restrictions ce cri de détresse de tout un peuple abandonné par une caste dirigeante, arrogante et méprisante qui s’enrichit toujours plus et laisse crever le peuple.
Ils vous l’ont dit pendant trois semaines. Ils sont en train de crever. Le 20 du mois, ils doivent choisir entre manger, se chauffer ou faire le plein. Mais vous êtes incapable de comprendre ça.

Les caisses sont vides ?

Mais à qui la faute ? Vous avez dilapidé l’héritage des Trente Glorieuses, quand la France avait le 5e niveau de vie au monde, derrière les États-Unis, le Luxembourg, la Suisse et la Suède. Aujourd’hui, les GJ ont le frigo vide.
Qui a fait venir des millions d’immigrés sans diplôme ni qualification, la plupart incapables de s’intégrer dans une économie moderne et performante et qui vont gonfler le flot des assistés ?
Vous l’ignorez sans doute, mais selon l’Insee, le social représente 4 % des revenus d’un natif, mais 22 % des revenus d’un immigré africain.
Cette immigration bas de gamme coûte plus cher en social que sa contribution au PIB. Elle ne fait qu’appauvrir le pays en le nivelant par le bas.
Le taux d’emploi des natifs est de 85 %, celui des immigrés de 65 % !
Vous accueillez des illettrés à l’heure du numérique. Votre discours n’était que dissimulation sur les véritables causes de votre impuissance à satisfaire les Gilets jaunes. C’est l’immigration de pauvres qui nous a ruinés.
Car ces GJ, c’est à eux que vous faites supporter le coût démentiel de l’immigration, 100 milliards par an, chiffre jamais démenti officiellement.
Les Gilets jaunes paient 1 038 milliards de taxes et impôts. Où vont-ils, puisque vous n’en avez jamais assez ?
Contrairement à votre discours sur la hausse des salaires, il est prouvé que le niveau de vie a baissé de 440 euros depuis 2008.
Depuis 40 ans, la France emprunte pour maintenir à crédit le niveau de vie.
Depuis 40 ans, elle paie 40 milliards d’intérêts à ses créanciers, étrangers pour la plupart. 2 points de PIB ! Plus que la croissance qui est de 1,6 % !
Difficile de s’en sortir dans ces conditions, surtout quand on charge la barque avec toute la misère du monde qui vient profiter de l’eldorado social.

Les caisses sont vides ?

Mais fermez donc les frontières au lieu d’aller à Marrakech signer le Pacte sur les migrations, un torchon onusien qui va signer notre arrêt de mort en légalisant l’immigration clandestine et en accordant le statut de réfugiés aux migrants économiques.
Car au final, c’est bien un droit que l’ONU accorde à tous les migrants et un devoir de les accueillir qu’elle impose aux pays signataires.
Supprimez l’AME, qui coûte 1 milliard chaque année et soigne les sans-papiers [i.e. “clandestins”, ndlr] couverts à 100 %, alors que plus d’un tiers des Français diffèrent leurs soins faute de moyens.
Arrêtez de payer des retraites de 830 euros à des étrangers (1 300 pour un couple) qui n’ont jamais cotisé ni travaillé en France.
Ça vous permettra d’annuler la hausse de CSG sur les retraites et le gel des revalorisations.

Vous saignez des retraités qui ont travaillé pendant 45 ans, sans connaître les 35 heures ou les 5 semaines de congés payés.
Faites donc la traque aux faux mineurs isolés qui représentent 60 % des MNA, selon le Sénat.

Vous n’avez pas un sou à donner aux GJ, mais en 2017 vous avez dépensé 1,250 milliard pour accueillir 25 000 mineurs isolés et en 2018 la facture sera de 2,5 milliards. Dont plus de 2 milliards pour les faux mineurs.
Et pendant ce temps, 25 000 de nos paysans sont en faillite et les suicides se multiplient, mais ce sont des GJ, ils peuvent donc crever en silence. 350 euros par mois pour un paysan qui trime 15 heures par jour sans vacances, mais 50 000 euros par an pour chaque MNA !

De l’argent, pour l’immigration de masse, il y en aura toujours. Les Gilets jaunes paieront. Du moins c’est ce que vous pensiez jusqu’à la révolte.
Vous attirez toute l’Afrique. Mais peut-être ignorez-vous que le milliard d’Africains produit moins de richesses chaque année que ne produisent nos Gilets jaunes qui sont les forces vives de la nation. Nous leur devons tout.
Ils sont ouvriers, paysans, infirmiers, policiers, chauffeurs routiers, commerçants.
Ce sont eux qui ont fait de la France la 5e puissance économique du monde que vous êtes en train de détruire avec l’immigration de pauvres totalement inutiles.

En Afrique, le PIB par habitant, c’est 1 000 euros par an en moyenne, beaucoup moins au Sahel. Et vous vous étonnez que le tsunami migratoire s’amplifie ?

Votre politique est pitoyable, elle va détruire la France.
La mise à sac des beaux quartiers de Paris, c’est votre faute.
La colère des Gilets jaunes accablés de taxes et impôts, c’est votre faute.Les 4 morts et les centaines de blessés, c’est votre faute.
Le ras-le-bol des forces de police, dont les effectifs ont été laminés et qui travaillent dans des conditions déplorables, c’est votre faute.
L’effondrement du niveau scolaire et l’islamisation de l’école, c’est votre faute.
Les 1 000 agressions gratuites par jour, c’est votre faute.
Les familles juives qui fuient le 9-3 pour leur sécurité, c’est votre faute.
Le terrorisme qui a fait 250 morts et 1 000 blessés depuis 2015, c’est votre faute.
L’explosion des mini-califats qui envahissent les banlieues, c’est votre faute.
La fracture identitaire et la dislocation de la nation, c’est votre faute.
La faute collective de toute une caste méprisante qui se croit revenue à l’Ancien Régime et s’octroie de plus en plus de privilèges, comme l’a montré la scandaleuse affaire Benalla. Soi-disant un simple porteur de bagages, avec appartement de fonction, voiture avec chauffeur, port d’arme, badge d’accès à l’Assemblée, grade de lieutenant-colonel de réserve à 26 ans !
Du n’importe quoi !

Oui, tous ces maux, ces fléaux, vous en êtes tous responsables car votre seule obsession c’est de promouvoir le mondialisme et le multiculturalisme quel qu’en soit le prix pour les natifs.
Emmanuel MACRON est au service de l’Union européenne et du grand capital.
Et votre seul combat c’est celui que vous menez contre les patriotes et les identitaires, ces salauds de populistes qui ont le culot de défendre leur identité et leur culture, et que les juges rouges harcèlent en permanence pendant que les vraies racailles, qui pourrissent la vie des Français, sont remises en liberté après un simple rappel à la loi.
Notre justice du « mur des cons » est tombée tellement bas qu’un immigré peut violer une jeune gamine de 15 ans en toute impunité, « parce qu’il n’a pas les codes » !

CASTANER n’a vu que des néo-nazis chez les Gilets jaunes. Mauvaise pioche. Parmi les 400 manifestants arrêtés, aucun crâne rasé avec tatouage de croix gammée.

DARMANIN, encore plus nul, a fait de la surenchère. « Sous les Gilets jaunes, il y a des chemises brunes ».

Mais le pompon revient à votre porte-parole Benjamin GRIVEAUX : « Certaines personnes arborant un gilet jaune remontaient les Champs-Élysées avec des drapeaux en disant : « On est chez nous ». Ceux-là appartiennent à une extrême droite identitaire… Et ceux-là, nous les combattrons à chaque minute, à chaque heure et à chaque journée de ce quinquennat, jusqu’au bout. »
Agiter un drapeau en clamant « on est chez nous » va bientôt mener au tribunal !

Après la dictature de la pensée, on passe au cran supérieur, comme à Cuba ?
Vous rendez-vous compte, Monsieur le Premier ministre, combien ces déclarations sont grotesques, mais aussi insultantes pour les Gilets jaunes ?
Vous rendez-vous compte que des millions de Gilets jaunes sont dans la désespérance pendant que vos sbires les insultent et les méprisent ?
Mais où donc êtes-vous allés chercher de telles nullités qui ne comprennent rien à rien. Il aura fallu que Paris s’embrase pour qu’ils réalisent enfin qu’ils étaient à côté de la plaque et que la situation devenait gravissime !

Mais qu’allez-vous faire quand les banlieues vont s’embraser à leur tour, comme en 2005, mais à la puissance 10, alors que 5 000 armes de guerre dorment dans les caves ?
Si vous êtes incapables de gérer un paisible mouvement des Gilets jaunes, ce n’est plus l’état d’urgence qu’il faudra décréter, c’est l’état de siège.
Votre incompétence et votre manque de jugement font peur.

Pour conclure, quelles que soient les mesures que vous prendrez, Emmanuel Macron ne renouera pas avec le peuple. Vous l’avez trop méprisé et trop insulté.
C’est fini, le divorce est définitif.
Et la rupture va s’aggraver avec la mondialisation et l’immigration que vous souhaitez amplifier. Le monde nouveau de MACRON, c’est en marche vers la catastrophe sociale et identitaire. On se demande s’il a tous ses esprits.

Jacques GUILLEMAIN


Gilets Jaunes : voile médiatique sur les violences policières

...par Frédéric Lemaire - le 29/12/2018.

Lundi 17 décembre, Amnesty International publiait une enquête dénonçant « le recours excessif à la force par des policiers » pendant les manifestations des Gilets Jaunes, comprenant de nombreux témoignages de victimes et de secouristes, mais aussi de photographes et journalistes. L’ONG s’inquiète du nombre de blessés très élevé (1 407 manifestants, dont 46 grièvement selon les chiffres officiels), et de l’absence de toute réaction ou de remise en cause de la part des autorités face à un tel bilan. Cette enquête a fait l’objet d’une couverture médiatique quasi-nulle, qui témoigne du désintérêt des grands médias vis-à-vis des violences en manifestation… lorsqu’elles sont commises par la police.

C’est peu dire que l’enquête d’Amnesty International sur les violences policières a eu mauvaise presse. Publiée lundi 17 décembre, elle a fait l’objet de trois brèves le jour même (sur les sites de Libération, de RT France et de Reporterre) et trois le lendemain (sur les sites de LCI, Franceinfo et de Linfo.re). Et c’est tout, à l’heure où nous écrivons cet article.

Mention spéciale pour LCI, qui accompagne l’articulet dédié à l’enquête d’Amnesty d’un extrait vidéo plein d’à-propos… intitulé « comment la police a gagné en efficacité » :

Comme son titre l’indique, ce sujet (tiré du JT de 20h du samedi 8 décembre) détaille et justifie le dispositif répressif mis en place le jour même, et qui a conduit à plus de mille interpellations et plus de 200 blessés (soit un sixième du total des blessés sur l’ensemble du mouvement). Par volonté, peut-être, de « rééquilibrer » les informations de l’enquête d’Amnesty ?

« Mutisme » de la presse sur les violences policières ?

Un article de la rubrique Checknews sur le site de Libération revient sur l’absence de couverture médiatique de l’enquête d’Amnesty International. L’auteur commence par botter en touche pour ce qui concerne les autres médias (« Nous ne pouvons répondre à la question du choix éditorial pour l’ensemble des rédactions »). S’agissant de Libération, l’auteur fait valoir que le quotidien a déjà « largement » écrit sur les violences policières (deux articles dans le journal papier, un sur le site, et quatre dans la rubrique Checknews). En tout, cinq articles sur des vidéos de violences policières ; un article avec des témoignages de trois victimes ; et un dernier sur un appel d’avocats pour interdire les grenades lacrymogènes instantanées (GLI).

Une couverture médiatique qui n’est certes pas nulle. Mais est-elle vraiment suffisante pour justifier de passer à la trappe l’alerte d’Amnesty International ? Est-elle à la hauteur de l’ampleur nouvelle de la brutalité de la répression policière, dénoncée par cet article de Bastamag, à l’origine d’un décès, d’un coma et de nombreuses mutilations ? Cela se discute [1]…

Quoi qu’il en soit, la couverture des violences policières par Libération reste largement plus fournie que celle du Parisien, qui préfère à son habitude jouer la partition de la préfecture. Elle est également plus consistante que celle du Monde, comme en témoigne le grand vide de la rubrique « violences policières » du site du quotidien. Dans le « live » du Monde dédié à la manifestation du 8 décembre, un lecteur interroge le journal sur son « mutisme » s’agissant des violences policières. Le journaliste s’en défend et avance une sélection de… trois contenus : la vidéo de l’interpellation des lycéens de Mantes-la-Jolie (republiée sur le site) ; un article évoquant l’appel des avocats sur les grenades GLI ; et un article intitulé « Gilets Jaunes, un casse-tête pour le maintien de l’ordre » où il n’est question nulle part de violences policières. À noter cependant que deux articles ont été consacrés, depuis, aux plaintes des Gilets Jaunes et de photographes et journalistes suite à la manifestation du 8 décembre.

En tout donc, pas plus de quatre ou cinq contenus sont dédiés à la question des violences policières depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes sur le site du Monde. Un bilan plus que famélique… Et pourtant, ce n’est pas le matériau qui manque. Le journaliste David Dufresne s’est attaché à répertorier et à vérifier les signalements de dérives et de violences policières depuis le début du mouvement. Il en compte plus de 200 fin décembre.

Journalisme de préfecture sur les chaînes d’info en continu

Sur les chaînes d’information en continu, c’est encore une autre affaire. Nous avons déjà documenté la manière dont les chaînes d’information en continu traitaient de la question des violences, à travers plusieurs exemples. Nous sommes revenus sur la mobilisation des éditocrates et des experts qui ont quadrillé les plateaux télévisés pour livrer un discours policier, rejeter la responsabilité des violences sur les manifestants, voire appeler à plus de répression. Nous avons évoqué, en particulier, la manière dont les humiliations et violences policières à l’égard des lycéens de Mantes-la-Jolie avaient été relativisées, voire justifiées sur certains plateaux télévisés. Nous sommes également revenus sur les démonstrations de journalisme « aux ordres », à la veille des grandes manifestations, sur BFM-TV et CNews.

Un article de Checknews relate un autre épisode représentatif de la manière dont les chaînes d’information en continu traitent les violences policières. Le dimanche 9 décembre sur BFM-TV, un gilet jaune interpellait l’animateur Bruce Toussaint sur l’absence de couverture médiatique des violences policières par les chaînes d’info en continu. L’animateur le coupe pour s’en expliquer. Il y aurait, selon lui, des règles qui interdiraient de montrer à la télévision « des personnes menottées » ou encore « des violences physiques sur une personne. » Ce qui est faux, s’agissant de la diffusion d’images de violences physiques, comme le rappelle l’article de Checknews.

L’article rapporte également les directives données par la directrice de la rédaction de BFM-TV à ses équipes, leur demandant d’éviter de diffuser en direct des images de violences contre les personnes (de la part de manifestants comme de la police) afin « de ne pas être accusé d’indécence ou de complaisance ». Hors direct, ce choix éditorial n’avait pourtant pas empêché cependant, par le passé, de diffuser des images de violences policières, comme le note l’article… « L’excuse » de Bruce Toussaint ne tient donc pas. On peut donc proposer d’autres hypothèses pour expliquer le quasi-mutisme de BFM-TV s’agissant des violences policières. Comme celle, par exemple, d’un choix éditorial délibéré et perceptible dans de nombreuses émissions, et qui consiste à adopter systématiquement un point de vue policier sans recul par rapport à la communication gouvernementale [2]…

Notons cependant que tous les journalistes de télévision ne partagent heureusement pas les scrupules de Bruce Toussaint s’agissant des violences policières. Le 13 décembre, France 2 a diffusé un numéro d’Envoyé spécial à propos de la surenchère de la violence qui revient notamment particulièrement sur les violences policières, avec des témoignages édifiants de manifestants blessés lors de précédentes manifestations.

***

Au vu de ce rapide tour d’horizon du traitement des violences policières dans les médias, on comprend que le faible retentissement du rapport d’Amnesty International sur les violences policières n’est pas vraiment une surprise. Le précédent rapport, publié l’année dernière, avait d’ailleurs déjà fait l’objet d’une couverture discutable, comme nous l’avions alors souligné. Tout se passe comme si l’ampleur croissante des violences policières était inversement proportionnelle à l’intérêt qu’elles suscitent dans les grands médias ; alors même que les violences des manifestants y sont scrutées, commentées, dénoncées à longueur de journées. Cette couverture à géométrie variable des violences témoigne une fois de plus d’une tendance médiatique lourde que nous avons pu observer pendant les mobilisations sociales de décembre : celle de l’emprise des réflexes et des mécanismes du journalisme de préfecture, dans la presse comme dans les chaînes d’info en continu, ou encore dans les péroraisons des éditocrates.

 

Frédéric Lemaire

 

 

[1] Et pour apporter des éléments à la discussion, d’autres articles de Libération sur les violences policières lors du mouvement des gilets jaunes nous ont été signalés après publication :

Gilets Jaunes : à Paris, une utilisation historique des armes du maintien de l’ordre (03/12)

Comment la jeunesse de Mantes a été mise à genoux (11/12)

Face aux lycéens, des policiers sans expérience de maintien de l’ordre (11/12)

Lanceurs de balles de défense : Beauvau en recommande 1280 (26/12)

On nous signale également que Libération a eu l’occasion, par le passé, de citer le travail d’Amnesty sur les violences policières (comme au sujet de la mort d’Adama Traoré ou de l’usage des grenades de désencerclement).

[2] Nous y sommes revenus plus particulièrement dans notre article sur le journalisme « aux ordres » de BFM-TV et de CNews à la veille des manifestations du 8 décembre.

source:https://www.acrimed.org/Gilets-jaunes-voile-mediatique-sur-les-violences

 

Source : https://reseauinternational.net/gilets-jaunes-voile-mediatique-sur-les-violences-policieres/

 

 


La matraque sélective...

...par Pierre Duriot (Enseignant) - le 26/12/2018.

Les coups de matraque volent bas depuis un mois et, à la lumière des autres affrontements du même type survenus ces dernières années, on ne peut que se rendre à l’évidence : les forces de l’ordre semblent avoir plusieurs types de réponses en fonction des publics incriminés. Nous avions le souvenir de Sivens et de Rémi Fraisse. Les écologistes, mêlés à des alternatifs marginaux, avaient eu à déplorer un mort. Il a donné lieu à enquête, contre-enquête, débats et évolutions dans les méthodes.

Plus loin, Notre-Dame-des-Landes, avec plusieurs années d’occupation, des manifestants arrivant de toute l’Europe et entrant sur la ZAD très tranquillement, sans la moindre vérification. Et, enfin, une évacuation avec, certes, quelques empoignades, mais un niveau de violence extraordinairement élevé chez les manifestants, où l’on a vu des cocktails Molotov d’excréments, des engagements volontaires violents et déterminés : pas ou peu de blessés.

Les manifestations d’étudiants : des millions de dégâts dans les facultés, des jours entiers de casse et de défilés. Là encore, peu ou pas de coups de matraque, peu de blessés et des éditoriaux cinglants contre les violences policières.

Les banlieues, parlons-en. On y voit régulièrement les policiers fuir sous la mitraille, sous le nombre, sous les engagements physiques, à dix contre un du côté des manifestants : pas ou peu de blessés. Si, tout de même : Théo Luaka, Adama Traoré. Le premier aura même la visite, à l’hôpital, du Président François Hollande. Zied et Bouna également : trois semaines d’émeutes, des enquêtes, des contre-enquêtes, des pleureuses et des envolées lyriques jusqu’au sommet de l’État. Et des policiers en garde à vue devant se justifier.

Et puis, il y a les gilets jaunes, un mouvement dont on a largement noté que les minorités en sont absentes. Si, de la racaille, issue des banlieues, a pillé et cassé, en marge des manifestations parisiennes, comme l’ont expliqué de nombreux commentateurs. On l’a laissée faire, probablement trop heureux qu’elle vienne discréditer les manifestants provinciaux. Les blocages d’autoroutes, arrestations préventives, ont été légion, les interpellations ont battu des records, la célérité de la Justice également, pour des peines exemplaires, selon un dispositif jusqu’alors inconnu pour tous les autres types de répression. Des blessés par dizaines, des yeux, des mâchoires, des articulations, des mains, arrachés, fracassés, sans la moindre compassion du pouvoir, avec un air martial, même, de « C’est bien fait pour eux ». Aucune visite aux blessés, pas de gendarme ni de policier en garde à vue, que des félicitations aux forces de l’ordre.

À l’issue d’un mois en demi de manifestations de gilets jaunes, le premier enseignement que l’on peut tirer est que la police, la gendarmerie et la Justice sont capables d’une pleine et remarquable efficacité. Il est vrai que les forces de l’ordre, qui n’en peuvent plus du reste, exécutent les ordres du gouvernement et que la Justice, quant à elle, chacun sait ça, est indépendante…

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/la-matraque-selective/?mc_cid=c536e2d2bd&mc_eid=c2875309d7


L’ordre règne à Paris…

...par le Col. Georges Michel - le 23/12/2018.

 

Décidément, Emmanuel Macron aime bien envoyer des messages aux Français lorsqu’il est à l’étranger. Une manie, une habitude, une facilité peut-être, aussi ? On ne va pas vous refaire le coup des Gaulois réfractaires lancé depuis Copenhague, mais il faut bien avouer qu’il a le chic. Là, c’est depuis le Tchad, où il est allé réveillonner avec nos soldats de l’opération Barkhane, qu’il a tenu des propos en apparence anodins et pour lesquels aucune personne de bonne volonté ne peut être contre, mais qui, à bien y réfléchir, posent certaines questions, comme on dit.

Interrogé sur les violences qui ont émaillé les manifestations des gilets jaunes, ce samedi 22 décembre, le Président a tenu ces propos : « Il est évident que les réponses, y compris judiciaires, les plus sévères seront apportées. C’est maintenant l’ordre qui doit régner, le calme et la concorde. »

« Il est évident » : rien n’est pourtant moins évident que cela. Mais cela ne coûte rien de le dire et les mauvais esprits auront beau jeu de faire remarquer que la Justice est indépendante – on nous l’a assez dit et répété – et que le chef de l’exécutif ne peut donc préjuger de rien de ce que cette Justice décidera pour ceux qui ont été reconnus coupables d’actes de violence. Ces mêmes mauvais esprits pourraient aussi s’interroger, au passage, sur ce que seront les réponses non judiciaires (le « y compris judiciaires » laisse entendre qu’il y a des réponses non judiciaires). S’il s’agit des mesures annoncées par Emmanuel Macron lors de son allocution du 10 décembre et votées à l’arrache par l’Assemblée en fin de semaine dernière, ce serait en quelque sorte accréditer l’idée que le pouvoir a concédé ces mesures sous la pression de la rue. Pas ce que disait Gérald Darmanin, la semaine dernière. Ça doit être cela, la prime à la casse…

« C’est maintenant l’ordre qui doit régner, le calme et la concorde », ajoute le Président. C’est donc reconnaître que l’ordre, le calme et la concorde ne règnent pas dans notre pays.

À qui la faute ? 

« L’ordre doit régner » : de mauvais esprits activant leur cerveau gauche auront tôt fait, là aussi, d’évoquer des relents des pires heures de notre Histoire, comme on dit. Ce qui serait, d’une certaine manière, rétablir une sorte d’équilibre aux délires verbaux d’un Benjamin Griveaux qui voit des « racistes », des « antisémites », des « putschistes » (si, si !) comme d’autres voient des nains partout, là où il s’agit probablement et plus prosaïquement de bêtise. Mais le combat contre la bêtise, que voulez-vous, c’est moins porteur et ça peut même se retourner contre vous !

Emmanuel Macron devrait quand même se méfier de ce genre de formule : « L’ordre doit régner. » D’autant, de l’aveu même de nombreux élus, que la République n’est plus maître dans nombre de ses territoires. Une formule qui fait, d’ailleurs, écho à une autre moins heureuse : « L’ordre règne. »Par exemple, « L’ordre règne à Varsovie », phrase qui fut prononcée par un général russe après une répression sévère et sanglante en 1830 et qui inspira à Grandville une caricature restée célèbre.

On pourrait évoquer aussi, histoire de pousser le bouchon et détendre l’atmosphère, « L’ordre règne à Santiago ». Non pas la proclamation d’un caudillo de circonstance lancée du haut d’un balcon au lendemain d’un pronunciamiento, mais le titre du trente-neuvième roman de la série du regretté Gérard de Villiers, publié en 1975 ! On ne vous fait pas de dessin pour vous décrire le contexte dans lequel Son Altesse Sérénissime le prince Malko Linge accomplit sa mission au Chili.


Constitution d’un collectif pour un mouvement de libération nationale

...par Claude Beaulieu, Alain Corvez, Roland Hureaux, Michel Raimbaud, Henri Temple, Christian Teyssandier et Subbi Toma - le 16/12/2018.

Constitution d’un collectif 
pour un mouvement de libération nationale

Depuis septembre 2017, des rencontres pluralistes entre organisations ou avec des personnalités souverainistes se multiplient. L’objectif de ces rendez-vous étant de travailler à l’unification des patriotes venus d’horizons divers mais tous favorables au rétablissement urgent de la souveraineté de notre peuple- nation et de l’indépendance nationale de la France.
Comme premier résultat de cette recherche d’unité, se constitue aujourd’hui, un "collectif pour un mouvement de libération nationale" qui dépasse le clivage gauche-droite.
Nous pensons utile de rendre public le courrier adressé aux membres de cette première structure, pour la tenue d’une réunion de concertation et d’organisation. Cette dynamique de rassemblement est appelée à se poursuivre et à s’amplifier. N’hésitez pas à prendre contact ou à la rejoindre.

 

Construire pas à pas
un mouvement de libération nationale.

Chers amis,

Depuis la ratification du traité de Maastricht tous les gouvernements européistes, officiellement de droite ou issus de la social-démocratie atlantiste, appliquent un programme commun anti social et de trahison nationale.

L’un des objectifs principaux de la « construction européenne » est de détruire les nations. La question nationale et la question sociale sont intimement liées. C’est pourquoi les européistes s’attaquent méthodiquement aux acquis sociaux et politiques obtenus par notre peuple notamment à la Libération, en application du Programme du Conseil National de la Résistance.

Chaque gouvernement de la fausse alternance a détruit, davantage que les précédents la souveraineté de la France et aggravé la situation économique et sociale de notre peuple.

Aujourd’hui Emmanuel Macron envisage de céder à l’ONU, le droit de véto de la France au Conseil de sécurité, à l’Europe germano-américaine ; en même temps qu’il taxe le monde laborieux obligé d’utiliser toujours davantage l’automobile, pour les déplacements liés au travail.

Le soutien à plus de 80% des Français au mouvement quasi spontané des Gilets jaunes montre que le mécontentement et la colère de notre peuple, face aux conséquences nocives de la politique des gouvernements européistes successifs, sont profondes et se généralisent…

Cette situation est une sorte d’état d’urgence qui appelle au regroupement des forces patriotiques qui agissent séparément ici ou là pour la reconquête de la souveraineté de notre peuple-nation et de l’indépendance de la France. Cette unification nécessaire des souverainistes en se réalisant autour d’une plateforme anti-oligarchique pluraliste commune, pourra offrir en même temps, une structure appelée à devenir représentative en s’étoffant.

Nous avons envisagé ensemble la constitution d’un mouvement de libération nationale. Celle-ci est manifestement plus urgente que jamais. Nous pouvons même considérer qu’il s’agit d’une course contre la montre.

Dans cette optique, ce collectif s’est naturellement constitué. Nous vous proposons maintenant de réaliser dans les meilleurs délais une réunion de travail et de concertation afin de définir ensemble comment faire vivre au mieux notre démarche unificatrice.

 

.../...

Avec nos salutations patriotiques et républicaines

Claude Beaulieu, Alain Corvez, Roland Hureaux, Michel Raimbaud, Henri Temple, Christian Teyssandier, et Subbi Toma.

1er décembre 2018

 

Correspondance provisoire : 
info@comite-valmy.org

 

Source : https://www.comite-valmy.org/spip.php?article10678


Acte V : moins de monde, mais l’incendie a pris et on est loin du dénouement

...par Pascal Célérier - le 15/12/2018.

Le féru de littérature qu’est Emmanuel Macron peut espérer qu’avec cet acte V, la tragédie des gilets jaunes est terminée. N’est-il pas intervenu, lundi soir, tel un deus ex machina tombé de l’Olympe, pour apporter la clef du dénouement ? Christophe Castaner, qui passe ses journées en travelling permanent en train de saluer des policiers et des CRS, peut aussi lui fournir les chiffres : nettement moins de manifestants. La scène semble se vider. Et l’on sent le pouvoir pressé de tourner la page. Marlène Schiappa piaffe dans les coulisses avec impatience pour reprendre le cours normal du quinquennat. N’est-il pas temps de parler PMA pour lancer la tendance des discussions du réveillon ?

Le pouvoir se trompe. Cette révolution n’obéit ni aux règles de la tragédie classique ni au fonctionnement d’un mouvement social traditionnel. C’était vrai pour ses origines et son explosion, en dehors de tout cadre politique ou syndical ; ça l’est aussi pour sa phase de conclusion.

Certes, la mobilisation est en nette décrue, notamment à Paris. Mais c’était attendu. Annonces du Président, consignes de leaders appelant à ne pas aller à Paris, coût du voyage, contrôles dissuasifs, conscience de l’épuisement des forces de l’ordre ont freiné les ardeurs. Mais le plus étonnant, et qui devrait inquiéter le pouvoir, c’est que, malgré tout cela, il y ait encore un mouvement, des manifestations et, aussi, des heurts, une réelle tension, comme on a pu le voir à Bordeaux, à Besançon, à Nantes mais aussi à Paris.

Alors, pourquoi la persistance de ce mouvement ? Une seule explication : c’est une révolution, et pas seulement un mouvement social. Or, Emmanuel Macron ne peut ou ne veut le comprendre et ne l’a pas traitée depuis le début comme telle. À une exception près : la répression, qui ressemble bien à celle que les pouvoirs menacés réservent aux contestations sérieuses. L’Histoire retiendra qu’en décembre 2018, les centres-villes de Bordeaux et de Toulouse étaient noyés sous les gaz lacrymogènes, et certaines rues, comme la rue de Metz à Toulouse, interdites par des blindés de la gendarmerie. Des images, une atmosphère…

Révolution, ce mouvement l’est par l’ampleur des revendications, de la remise en cause demandées. Il l’est aussi par sa dispersion sur tout le territoire et son fort ancrage provincial. Il l’est encore par sa violence, verbale et physique, comme on a encore pu le voir ce samedi. Il l’est, enfin et surtout, par son émanation véritablement populaire. Que ceux qui ne l’ont pas encore compris lisent le reportage de Florence Aubenas dans Le Monde ou l’édito de Didier Maïsto, « Je suis vulgaire comme un gilet jaune », sur Lyon Capitale.

Les mesures de lundi ne pouvaient l’éteindre car elles faisaient l’impasse sur un aspect fondamental de la révolte : sa dimension politique. Cela a été dit et redit : Emmanuel Macron était la seule cible de ce mouvement. Or, le Président n’a accordé aucune réponse politique. Il a parlé argent, répondant en partie aux réelles angoisses de fins de mois. On constate que cette dimension politique s’exacerbe et se focalise sur le « référendum d’initiative citoyenne », ce fameux RIC que tous les gilets jaunes ont à la bouche. Emmanuel Macron traite cette révolution avec sa grille de lecture de banquier : il pense et parle RIB. Les gilets jaunes lui répondent RIC. En éludant, pour l’instant, cette composante de la révolte, il prend le risque de la laisser prospérer à feu doux et s’expose à devoir lâcher politiquement, un jour, beaucoup plus que s’il avait concédé une initiative politique (référendum, dissolution, changement de Premier ministre). Il croira avoir éteint l’incendie. Il continuera de couver.

Un ancien président de la République vient de livrer son analyse :

« Il y a un mouvement qui a duré déjà longtemps et qui doit trouver, je pense, son dénouement, et c’est ce que beaucoup espèrent, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas dans l’avenir, s’il y a d’autres raisons, des mouvements qui se lèveront. […] Maintenant, il y a d’autres frustrations, d’autres colères. »

Pour une fois, François Hollande a vu juste. Quelle humiliation supplémentaire pour Emmanuel Macron…

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/acte-v-moins-de-monde-mais-lincendie-a-pris-et-on-est-loin-du-denouement/?mc_cid=83ce46657e&mc_eid=c2875309d7


Le Référendum d’Initiative Citoyenne, un projet politique pour redonner pouvoir au peuple.

...par le Saker francophone - le 10/12/2018.

  

Frédéric Taddei s’étant réfugié sur une chaîne d’information étrangère, c’est là que les débats citoyens ont lieu, loin du service public, payé pourtant par nos impôts, qui vous désinforme si vous le regardez et qui vous mal-informe si vous ne le regardez pas selon l’expression du Grand Soir …

 

Ce débat, tenu juste avant l’allocution d’Emmanuel Macron ce lundi, permet de voir l’évolution de plusieurs sujets qui devraient faire irruption dans le débat public poussé par la volonté d’un véritable aristocrate, Étienne Chouard.

Nous ne sommes pas en démocratie. L’élection n’est pas la démocratie et le peuple n’est pas au pouvoir.

 

Le Référendum d’Initiative Citoyenne (et pas le Référendum d’Initiative Populaire – RIP) et là pour redonner vie politique au peuple et séduit des gens de courants politiques ou sociaux différents.

Voici un graphique qui présentera rapidement ce Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC pour les intimes) :  

  

Pour ceux qui voudraient aller au delà de simples informations et participer activement au débat sur le RIC, rejoignez la page Facebook attitrée.

 

Ces idées avancent doucement mais sûrement et les voir discutées avec un journaliste du Figaro montre que ce n’est plus tabou. Le combat pour les peuples n’est pas seulement géopolitique ou métaphysique, il est aussi vivant sur chaque rond-point de France ces jours-ci et beaucoup plus radical qu’il n’y parait. Il faut déborder le système en l’attaquant sur sa légitimité, sur son monopole de la parole et de l’action publique.

 

Vous pouvez retrouver Etienne Chouard, seul, sur ce sujet sur le service public Russia Todaypendant 30′.

 

  

Voici une autre video virale qui vous présentera tous les arguments démontrant l’importance du RIC pour une reprise en main de la souveraineté politique par le peuple. 

  

Le seul bémol, et de taille, c’est que nous n’avons pas le pouvoir (et bien le RIC peut nous en redonner une grande partie) et que ce pouvoir a des alliés puissants. Le travail sur la guerre hybride d’Andrew Korybko doit aussi nous préparer à décrypter les influences extérieures.

Le Saker Francophone

 

Source :  http://lesakerfrancophone.fr/referendum-dinitiative-citoyenne

 


Le Gal. De Villiers dans l'émission "C à vous"


Quid du mouvement des Gilets jaunes ?

..par Leslie Varenne - le 06/12/2018.

 

Cette courte note est destinée aux nombreux lecteurs étrangers francophones de l’IVERIS qui se questionnent sur les événements en France. 

 


 

 

 

Avenue Kléber le 1er décembre. Crédit photo : IVERIS 

 

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce mouvement des Gilets jaunes qui se dit apolitique est extrêmement politique et porte les vraies questions : sociales, économiques, démocratiques. En remettant au goût du jour le sens des mots, peuple, pauvre, services publics, représentativité, horizontalité, fraternité, ce mouvement renoue avec la tradition française égalitaire (1).

 

En jetant aux orties, toutes les questions sociétales que sont le communautarisme, les LGBTQ, PMA et autres « me too », les Gilets jaunes renouent également avec les revendications universelles. Partage des richesses, accès à l’éducation, à la santé et à une meilleure représentation démocratique, sont des problématiques largement partagées par tous les pays du monde. Dès lors, il n’est pas surprenant que la contestation fasse tache d’huile, elle est présente, certes dans de moindres mesures, en Allemagne, en Belgique, en Serbie, en Bulgarie, aux Pays-Bas et en Irak. Une manifestation contre l’augmentation du prix du carburant et la vie chère a également eu lieu il y a quelques jours au Burkina-Faso.  

 

Semaine après semaine et malgré toutes les tentatives de dé-légitimation organisées par Emmanuel Macron et son gouvernement, le soutien du peuple français aux Gilets jaunes reste massif, 72% lors du dernier sondage, cette majorité d’opinion est remarquable.

 

Ce que ce mouvement n’est pas

Ce mouvement n’a rien à voir avec un quelconque problème de consentement à l’impôt comme cela a pu être écrit ici ou là. Les Français ont une excellente aptitude à supporter la pression fiscale, à tel point que c’est un marqueur dont les agences de notation tiennent compte lorsqu’elles attribuent la note de la France. Jusque dans un passé récent, les impôts étaient pour les citoyens une composante de la solidarité nationale. Or, depuis l’élection d’Emmanuel Macron et la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes, les Français ont le sentiment de devoir être solidaires des plus fortunés.  

 

L’IVERIS a souvent été questionné sur la spontanéité de ce mouvement. Correspondrait-il à une révolution de couleur ? Serait-il manipulé de l’étranger ? Il n’en est rien. Les Gilets jaunes sont enracinés dans les petites agglomérations, les villes moyennes et les campagnes, leur révolte est spontanée et correspond une fois encore à une très ancienne culture française dite « éruptive ». Le feu couve sous la cendre parfois pendant des années et s’enflamme à un moment inattendu. Néanmoins, ce mouvement n’est pas un épiphénomène, il s’inscrit dans la durée, les chasubles jaunes s’organisent pour tenir sur le long terme. Sur certains ronds-points des arbres de Noël sont installés, sur d’autres des cabanes en dur sont construites, après trois semaines de lutte, la détermination reste intacte…

 

L’inconséquence présidentielle

Si tous les problèmes qui explosent aujourd’hui, en sidérant une grande partie des observateurs étrangers, ne sont pas nouveaux, la gestion de la crise par le gouvernement et la personnalité du président de la République ont jeté de l’huile sur le feu. Les propos d’Emmanuel Macron distillés au fil de ces 18 mois de présidence sur les « gens qui ne sont rien », « les gaulois réfractaires » « les fainéants et les cyniques » ont blessé les Français et cristallisé le ressentiment sur sa personne. D’autres présidents avant lui avant eu des sorties « malheureuses » telles celle de Nicolas Sarkozy qui voulait « karchériser » la banlieue, ou encore François Hollande qui, en privé, nommait les pauvres les « sans dents ». Mais, l’actuel président a réitéré ses saillies à intervalles réguliers et le plus souvent depuis l’étranger. L’arrogance et le mépris de classe sont très mal supportés dans l’Hexagone, les anciens premiers ministres, Edouard Balladur, Alain Juppé, Lionel Jospin ou plus récemment Manuel Valls en ont fait les frais. Un président devrait savoir cela.

 

Quelle sera la suite ?

A cette heure, personne n’est en capacité de dire ce qui surviendra dans les jours prochains. Le samedi 8 décembre sera, de toute évidence, une journée à hauts risques. Cependant, il paraît déjà acquis que le mandat d’Emmanuel Macron est terminé, même s’il arrive à se maintenir au pouvoir, sa gestion de la crise, le pourcentage de Français qui ne lui font plus confiance, lui ôte, d’ores et déjà, toute légitimité pour conduire des réformes dans le pays.

 

Quoiqu’il advienne de ce mouvement, les Gilets jaunes ont déjà gagné sur de nombreux tableaux. D’une part, ils ont réussi à faire reculer le gouvernement sur la hausse des taxes et augmenter, faiblement certes, le salaire minimum. D’autre part, ils ont également permis de réorienter les débats de la campagne des prochaines élections européennes, qui s’annonçaient nauséabonds. Exit donc la confrontation voulue par Emmanuel Macron entre « progressistes » et « nationalistes » entre les gentils « libéraux » et les méchants « illibéraux », place aux questions centrales de la répartition des richesses, de la gestion démocratique et de la souveraineté des nations.

 

Enfin, au regard de la faible proportion de Français, 20% selon un dernier sondage, lui accordant encore un peu de crédit, Emmanuel Macron ne peut plus engager le pays dans une confrontation militaire, si celle-ci s’annonçait par ces temps troublés sur le plan international. Il n’en a plus la légitimité.

Les jours prochains seront, sans aucun doute, décisifs…

 

(1) A écouter :  45 mn avec Emmanuel Todd sur France Culture, évoquant les Gilets jaunes 
https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/cartographie-des-coleres-francaises-avec-emmanuel-todd

 

Source : https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/391-quid_du_mouvement_des_gilets_jaunes_


« Nos 8 doléances » :

Michel Onfray approuve le « programme politique » des Gilets jaunes

Titre : Nos 8 doléances

"Nous rentrerons chez nous quand ces mesures seront appliquées

1. Nous voulons de la démocratie directe à tous les niveaux. Nous voulons un gouvernement d’union nationale avec une régence d’exception pour éviter que les partis politiques, qui sont disqualifiés, n’instrumentalisent notre détresse et notre colère.

2. Nous voulons une baisse de 20% de toutes les taxes et les charges touchant la classe moyenne, les travailleurs pauvres et les entrepreneurs. Baisser ces taxes, c’est monter nos salaires. Nous voulons une action immédiate pour taxer ce qui vaut la peine d’être taxé : les GAFA et les transactions financières.

3. Nous voulons que la France arrête de vivre au-dessus de ses moyens et arrête d’accueillir la misère du monde parce qu’elle et déjà dans la misère avec ses millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. Nous voulons une immigration choisie, qui ne nous détruise pas culturellement. Nous demandons ainsi un retrait du pacte de l’immigration de l’ONU.

4. Nous voulons une relocalisation de toutes les décisions dans les régions, les villes et les communes. L’Etat et ses fonctionnaires à Paris ne sont pas qualifiés pour décider de l’avenir de nos communes.

5. Nous voulons une sortie de la PAC qui corrompt nos agriculteurs en n’allouant ses aides qu’aux productivistes et aux empoisonneurs répandant le cancer en France. Nos impôts ne doivent en aucun cas servir à financer Bayer-Monsanto.

6. Nous voulons la création de barrières commerciales pour empêcher l’Allemagne de nous vendre des produits fabriqués en Roumanie, sous le label "Deutsche Qualität" et d’ainsi détruire nos emplois.

7. Nous voulons le retrait de toutes les aides à la presse pour une vraie séparation des pouvoirs médiatiques et politiques.

8. Nous voulons une action immédiate pour arrêter l’intégration dans l’Europe car elle ne se construit que sur la ruine des petites gens.

 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nos-8-doleances-michel-onfray-210471



La crise des GJ vue de l'étranger...

Le 18/12/2018, Une page du "Frankfurter  Allgemeine  Zeitung" !

Traduction : "Et le président achète un nouveau service en porcelaine..."


Gilets Jaunes : Des CRS en colère sur la prime de Macron : «Il nous a pris pour des putes ou quoi ?»


Marlène Schiappa nous fait sa grande scène

...par le Col. Georges Michel - le 06/12/2018.

 

À deux jours de ce samedi 8 décembre, on se demande bien qui hystérise le plus le débat : les gilets jaunes ou le gouvernement ? En effet, mercredi soir, débat marathon sur BFM TV entre gilets jaunes et politiques. Du côté du gouvernement, pour monter en première ligne, les petits soldats François de Rugy et Marlène Schiappa. Celle-la nous a fait sa grande scène de la diva en colère, acte III, scène 2. Une diva de plateau télé.

 

Dramatiser : le gouvernement sait que c’est sa dernière carte pour sauver sa peau. Ayant échoué, pour l’instant, à maintenir l’ordre, il voudrait nous faire croire que la République est en danger. Alors, poitrail haletant, chevelure au vent de la climatisation, telle La Liberté, de Delacroix, Marlène Schiappa monte à l’assaut de la barricade des gilets jaunes et s’érige en défenderesse de la République. Il est évident que le risque de violences, ce samedi, à Paris et dans d’autres grandes villes, est réel. Mais Marlène Schiappa voit pire ou fait semblant de voir pire : le risque d’une dictature militaire. Carrément. Elle ne le dit pas comme ça, mais c’est tout comme. Que dit-elle ? « Quand un porte-parole des gilets jaunes, dans une matinale, propose de virer le Premier ministre pour mettre à la place un pouvoir militaire, on propose de remplacer un pouvoir démocratiquement élu par un pouvoir militaire, c’est grave. C’est une attaque gravissime contre la République. » Ah oui, quand même.

 

Mais à quoi, à qui fait-elle allusion ? Aux propos de Christophe Chalençon, le gilet jaune de Vaucluse. Lundi, sur Europe 1, voici ce qu’il demandait : « La démission du gouvernement actuel et avoir un véritable commandant. C’est-à-dire une femme ou un homme qui va prendre le devenir de la France sérieusement… » Ce Christophe Chalençon, du reste, n’est pas spécialement un homme d’« estrèmedrouate ». La preuve : « Je pense qu’aux européennes, nous ouvrons le large chemin à l’extrême droite… » Et il précise sa pensée : « Je verrais bien un général de Villiers à la tête du gouvernement. Un homme de poigne. » Le journaliste Nikos Aliagas lui demande de préciser sa pensée : « Un militaire, vous voulez un militaire à la tête du gouvernement ? » Réponse de Chalençon : « Un militaire ! Bah, il n’est plus militaire, il est à la retraite, maintenant. Il a servi la France, que ce soit de gauche ou de droite. » » Ce qui s’appelle remplacer un pouvoir démocratique par un pouvoir militaire.

 

Soit Marlène Schiappa a écouté ce monsieur et n’a pas tout compris, soit on lui a fait un mauvais compte rendu, soit elle prend ses désirs pour des réalités. La menace d’un putsch militaire, l’appel à venir protéger l’Élysée à pied, à cheval, en voiture électrique ou à trottinette doit vous procurer une excitation que seule Marlène Schiappa, cette écrivaine à succès, est capable de décrire. Le grand frisson qui fait des allers-retours entre le bas-ventre et le cerveau gauche. Marlène Schiappa reste une gauchiste dotée des bons et vieux réflexes antimilitaristes.

 

Au fait, une petite remarque, comme ça, au passage. Quand Emmanuel Macron nomme un Laurent Nuñez (ancien préfet de police) secrétaire d’État auprès de Christophe Castaner, on ne crie pas à l’instauration d’un régime policier. Non, on dit que l’on nomme un grand serviteur de l’État, un technicien qui connaît bien les problèmes de sécurité et tout ça. Nuance. En revanche, le seul fait d’évoquer, au détour d’une matinale, le nom d’un général pour remplacer le Premier ministre, alors là, c’est différent : bruits de bottes et toutes sortes d’autres choses. Alors même que, par ailleurs, c’est sous Emmanuel Macron qu’on parle aujourd’hui d’un éventuel emploi des blindés de la gendarmerie pour rétablir l’ordre dans Paris. Une première depuis… ?

Comme dirait Édouard Philippe, les politiques sont « comptables » de ce qu’ils disent. Mais Marlène Schiappa sait-elle au moins ce qu’elle dit ? « Comediante ! Tragediante ! », aurait dit le pape Pie VII à Napoléon Bonaparte, un compatriote de Marlène Schiappa.

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/marlene-schiappa-nous-fait-sa-grande-scene/?mc_cid=da57977f8a&mc_eid=c2875309d7

 


Le peuple français rejette la politique de Macron. Combien de temps y survivra-t-il ?

Le 03/12/2018.


De la Serbie à la Belgique, le mouvement des Gilets jaunes prend une dimension européenne

Le 05/12/2018.


Pour ceux qui n'ont pas vu ce qui s'est passé autour de l'Arc de Triomphe le 02/12/2018 :


Hors-contexte, anciennes ou faussement légendées...Toutes les images de violences en marge du mouvement des "gilets jaunes" ne sont pas authentiques.

Le 05/12/2018.


Point de vue sur la crise des gilets jaunes

...par Maxime Tandonnet - le 03/12/2018.


Un “gilet jaune” appelle le général de Villiers à la rescousse


La France en pré-insurrection ? La révolte du peuple de France ?

...par le Gal. François Chauvancy - le 03/12/2018.


Que dire devant un tel déchaînement de violence à Paris et en province … en ce jour de commémoration d’Austerlitz (pour rappel au président Chirac en 2005) ? N’est-ce pas l’effacement de cette victoire historique par la défaite de la gouvernance du président Macron ? Je constate déjà l’effacement médiatique de la politique étrangère de la France et donc du rôle du président de la République dans son domaine réservé : G20 en Argentine ? Exit. COP24 qui commence ce 2 décembre ? Ce n’est vraiment pas le moment, exit. Maintenant, pour reprendre une vieille expression, « la Corrèze plutôt que le Zambèze » ! Et toute révolution en France commence bien souvent et depuis bien longtemps par la révolte contre les taxes et les impôts.

Nous avons pu suivre les évènements des « gilets jaunes » depuis le 1er décembre et les nombreuses images diffusées interpellent. Or, depuis les émeutes dans nos banlieues de 2005, les manifestations débouchent systématiquement, ou presque, sur des violences contre les symboles de l’État, contre les biens des personnes, avec des voitures en feu comme d’ailleurs chaque année, plus de 40 000 par an (Saint-Sylvestre, 1 000 chaque année, 14 juillet, 900 en 2017), sur des pillages, sur une volonté de tuer les représentants de l’ordre qu’ils soient policiers ou gendarmes. Et demain ?

Quand l’Etat depuis des années laisse ou tolère au nom de la liberté de manifester les manifestations violentes que ce soit celles des agriculteurs, des cheminots l’an dernier, d’autres catégories professionnelles ou encore des banlieues et refuse la moindre fermeté, hormis la fermeté verbale, comment s’étonner que la France qui ne disait rien et qui travaille finisse aussi par exprimer son mécontentement ? Aussi, je ferai plusieurs remarques.

Sur la manipulation politique

Les politiques essayent de justifier leur incompétence. Pour diaboliser les « gilets jaunes », le gouvernement a voulu donner une coloration extrémiste de droite à la manifestation du 1erdécembre dans les jours qui ont précédé. Le discours médiatique prudemment l’évoque aujourd’hui sans le prouver. Les nombreux tags peints et les images montrent la place de l’extrême gauche et contredisent la manipulation « à l’ancienne » du gouvernement. Cela a échoué. Dès les premières images, l’extrême-gauche apparaît. Elle menace la République (comme toujours). Elle doit être combattue.

Sur l’exaspération d’une autre France, celle qui peine au travail.

Les émeutes de ce week-end ont montré l’exaspération d’une autre France qui n’est pas celle que l’on voit dans les émeutes habituelles. Cette fois, le Français de base se révolte. Plus rural, provincial, il est exaspéré mais il n’y a pas que lui qui est exaspéré par les impôts, les taxes sur le carburant. Il n’a pas encore  été rejoint par le retraité (c’est vrai qu’il court moins vite) mais pour combien de temps ? Et la classe moyenne entre les personnes fragiles toujours mise en avant et les « riches » », majorité silencieuse, quand va-t-elle descendre aussi dans la rue car elle aussi souffre et paie pour les uns et les autres. Les militaires font globalement partie de la classe moyenne par leurs soldes et leur niveau de vie dégradé, année après année. Ils sont donc désormais concernés.

Sur des responsables politiques qui ne sont pas à la hauteur.

Les propos de M. Castaner, ministre de l‘intérieur au JT de 20 heures sur TF1 ce samedi 1er décembre laissent perplexes. Déclarer que la stratégie des forces de sécurité a été contrecarrée par celle des « gilets jaunes » ou de ceux qui les avaient rejoints est grave. Cela signifie que le ministère de l’intérieur n’avait pas envisagé que les manifestants allaient s’adapter au système mis en place, avec une stratégie propre. En bref, manque d’anticipation, aveuglement, arrogance. M. Castaner aurait dû démissionner pour cette incompétence de ses services, sinon la sienne, et les discours habituels et convenus sur la « fermeté » n’auront que peu d’effets. Personne n’y croit.

D’autres propos sont aussi tout aussi choquants. Peut-on encore accepter les propos de Jean-Luc Mélenchon qui avait appelé à l’insurrection « citoyenne » et qui veut « surfer » sur la crise mais rappelons-nous les comportements de ce « tribun du peuple » lors des perquisitions qui l’ont concerné alors qu’il reste invité sur une chaine publique ce 2 décembre… mais est-ce surprenant?

Sur un maintien de l’ordre à revoir.

Les forces de sécurité avaient manifestement d’abord pour mission de protéger les centres de pouvoir, en fait l’Élysée. Selon un syndicaliste, une grande partie des forces était en garde statique, soit 80%. Il n’y avait donc pas 5 000 hommes comme annoncés pour contrôler la manifestation.

Je ne suis pas un expert même si j’ai écrit une doctrine sur le sujet il y a quelques années pour l’emploi des forces armées en maintien de l’ordre certes à l’étranger, mais allons-nous supporter longtemps les lanceurs de pavé, de boules de pétanque, les lanceurs d’insultes, « citoyens » impunis qui agressent les forces de sécurité pendant des heures ? Toutes les images des manifestations montrent ces agressions qui sont en boucle sur les réseaux sociaux.

Le débat sur l’autorité est permanent dans notre société. Ces agressions en sont le symbole. Il est de nouveau d’actualité. Cette autorité ne peut s’exprimer d’abord que par le respect de nos forces de sécurité et la crainte qu’elles doivent inspirer. Prendre des pavés, de la peinture, des insultes à distance « d’homme », ne doivent plus être tolérés.

Il est temps que les forces de sécurité soient aussi équipées d’autres moyens. A un certain seuil de violence, celle-ci restant bien souvent impunie (combien de condamnations lors de la dernière manifestation des « gilets jaunes » ?) qui, de fait, l’encourage, policiers et gendarmes doivent être équipés d’armes de neutralisation à distance, en l’occurrence d’armes tirant par exemple des balles en caoutchouc. Le « violent » doit risquer son intégrité physique et l’Etat doit l’assumer, l’opinion publique l’accepter. Il est temps de calmer « le violent » en situation d ‘impunité. Encore faut-il le vouloir.

Sur le rôle de l’Armée.

Rappelons avant cela les effectifs de forces de sécurité en France après des années de déflation qui montrent les impasses gouvernementales successives et dissimulées. Les forces armées représentent environ 210 000 personnels dont moins de 20 000 utilisables en forces de maintien de l’ordre à condition qu’elles soient formées pour cela. C’était le cas il y a quelques années pour l’infanterie soit environ 12 000 hommes mais aujourd’hui ?

Globalement, la gendarmerie nationale incluant la gendarmerie mobile représente 97 000 personnels disséminés sur le territoire. La Police nationale représente 145 000 hommes. 26 000 policiers communaux les assistent. Les seules forces d’intervention mobiles de la police et de la gendarmerie représentent 30 000 hommes pour tout le territoire national dont outre-mer(13 000 CRS et 17 000 gendarmes mobiles, forces de deuxième catégorie), S’ajoutent les réservistes des armées de la gendarmerie, des armées et de la police de quelque cent mille personnels mais comment les employer dans un contexte insurrectionnel.

Dans tous les cas, pour le personnel en activité, les forces de sécurité en renfort sont aujourd’hui limitées. Les chiffres budgétaires ne sont pas les chiffres des effectifs disponibles : malades ou blessés, en stage, en permission, en récupération. Ces effectifs ne seront jamais disponibles instantanément , soit 25% en moins, encore moins sur la durée comme aujourd’hui après trois ans de guerre contre les terroristes islamistes. La sécurité a un coût en personnel qu’il faut mettre en comparaison avec le coût de l’insécurité mais c’est un choix politique.

Cependant, les forces armées, hors gendarmerie, sont une force de 3ème catégorie. Les armées restent le dernier recours de la République, comme toujours, pour la protection de ses institutions et malgré le mauvais traitement du président de la République à l’égard des armées et du général de Villiers (Cf. Extraits du Monde, « La vraie crise entre le pouvoir et l‘armée », Nathalie Guibert, 28 novembre 2018, « Qui c’est le chef ? » et mon billet du 12 novembre 2017, « Servir pour protéger », je (nous) n’oublie pas).

Je rappelle que les armées sont déjà présentes avec les gendarmes mobiles, et les sapeurs-pompiers de Paris, caillassés ce 1er décembre, d’ailleurs comme souvent lorsqu’ils interviennent dans les quartiers dits difficiles. Acceptable ? Non, mais cela continue depuis plusieurs années, en toute impunité.

Les armées en tant que telles peuvent effectivement prendre des missions au moins de garde et de soutien pour dégager des effectifs de police. Cependant, leur mission ne pourra pas se limiter à surveiller sans réagir. Disposant d’une arme de guerre, il ne devrait avoir dans ce cas aucune ambiguïté sur son usage mais il faudra beaucoup de courage politique pour assumer cette réquisition et les risques. Attaquer un soldat de la République est un geste politique. J’espère que les chefs militaires sauront rappeler dans le cas où une telle solution serait retenue qu’aucun soldat ne devra être dans une situation où il serait sans défense. La communication gouvernementale devra être claire et sans ambigüité.

Sur l’attaque des symboles de la République et de notre histoire.

Une préfecture brûlée. Inadmissible et ce n’était pas le fait de « petites frappes de banlieue ».

Un Arc de triomphe tagué parce qu’il n’était pas protégé alors que l’Élysée l’était. Inadmissible. Il est vrai que le président Macron y tançait Donald Trump ce 11 novembre en réponse à ses tweets sur l’état de la France. Intéressant comme retournement, non ?

Une place Vendôme vandalisée et un ministère de la Justice non protégé, tout un symbole mais ce ministère a eu de la chance. Peut-être que les vandales ne savaient pas que ce ministère était situé là.

Tout est symbole et j’espère que tous sauront condamner ces attaques mais je n’en suis pas sûr.

Pour conclure.

Nous devons soutenir les « gilets jaunes » et utiliser cette pré-insurrection légitime pour faire évoluer notre démocratie. Le président doit-il démissionner pour autant ? Sans doute pas constitutionnellement. Cependant les mesures qui auraient pu calmer la colère d’une partie du peuple français auraient dû être prises avant ce 1er décembre. Maintenant toute concession sera une preuve de faiblesse. Mauvais timing. Mauvaise appréciation stratégique. Mauvaise politique, d’apporter une solution à cette situation très complexe désormais. Bien que…

Cependant, soutenons les « gilets jaunes » mais pas la violence de certains d’entre eux en se souvenant qu’ils ont parfois fait les révolutions d’hier. Combattons les voyous et refondons notre République… sans toutefois passer à la VIe république.

Pour ma part, je commémore la victoire d’Austerlitz du 2 décembre 1805, symbole des saint-cyriens et d’une … gloire passée et dont les maréchaux et généraux victorieux ont leurs noms gravés sur l’Arc de Triomphe mais quelle honte aujourd’hui en 2018 pour eux qui ont fait la gloire notamment militaire de la France. Je pense qu’ils auraient agi différemment certes sous l’autorité de l’Empereur.

 

Source : http://chauvancy.blog.lemonde.fr/2018/12/03/la-france-en-pre-insurrection-la-revolte-du-peuple-de-france/


Triste jour pour notre pays, notre patrie.

...par le Col. (er) Gilles LEMAIRE - Le 02/12/2018.

Triste jour pour notre pays, notre patrie.

 

Nous avons atteint le fond.

Sidération, incroyable, hier ils ont osé. Même la chienlit de 68 ne nous avait pas conduits à pareille nausée. L’Arc de triomphe est devenu d’un coup l’Arc de la honte. Lieu sacré, symbole absolu, lieu ultime de recueillement, il a été profané par des sous-hommes que l’on a laissé agir à leur guise. Depuis longtemps l’insulte à des cimetières est devenue monnaie courante, les morts ne peuvent plus rester en paix et peu s’en soucient, la simple notion de respect étant devenue proche de l’atteinte à la liberté individuelle selon des critères trop partagés dans notre époque.

Hier, c’était trop. C’était le symbole du sacrifice pour la nation qui a été atteint. Le sacrifice d’un million quatre cent mille soldats morts, de quatre millions de blessés et invalides, mais aussi des mêmes de la deuxième guerre mondiale et de tous les conflits qui ont suivis, y compris nos plus récentes interventions extérieures. Ce pauvre gars explosé dans le plus grand sacrifice consenti par un peuple, sis en dessous d’une flamme que l’on a  décidé éternelle, s’est vu submergé par des rigolards pressés de satisfaire leur mal être en poussant à l’effondrement d’un monde qui contribue pourtant à leur médiocre existence.

Hier, nous avons eu mal à la France. Ceux qui aiment charnellement ce pays ont été atteints au plus  profond d’eux-mêmes, atteints par une détresse irréparable parce que l’irréparable a été accompli. Jamais honte ne semble avoir été aussi écrasante.

Cette vile pollution du sacrifice réclame vengeance. On invoque la justice. Il n’y a plus à comprendre mais à réprimer. Mais peut-on croire que justice sera rendue devant tant d’incapacité à conduire la chose publique ?

Problème social. Sans doute. Mais c’est l’Etat qui est atteint, il est enrayé, il ne fonctionne plus.  L’excuse sociale à cette abjection n’est plus recevable, n’est plus concevable, parce que la disparition entrevue de cet Etat rend dérisoire l’invocation d’un social qui ne peut être généré que par cet Etat. La France est une nation. Elle s’est donné un Etat qui, au respect de sa devise de liberté, d’égalité et de fraternité, s’est édicté une constitution impliquant toute sollicitude envers les plus humbles. « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » selon le premier article de cette constitution. Le social vient de réduire la démocratie qui définit cet Etat : comment quelques centaines d’individus peuvent-ils ainsi circonvenir la volonté de tous, s’en prendre au symbole profond de ce qui fonde notre unité ? Le pays est arrêté, subjugué, paralysé, sans réaction face à cette incroyable transgression, face à ce coup de force obscène rapporté par les écrans des heures durant. Incontestablement les institutions sont altérées, elles se montrent incapables de répondre au malaise.

Pour revenir à la blessure infligée à notre symbolique nationale, il serait sans doute judicieux de confier la garde de notre illustre inconnu à l’armée française comme cela se fait déjà dans beaucoup de pays de par le monde dans des lieux comparables. Sans doute la présence d’une troupe en armes dûment renforcée en la circonstance aurait pu arrêter ce lamentable spectacle qui nous a été offert hier, jour maintenant tristement inscrit dans nos mémoires.

Gilles LEMAIRE
Colonel (er)
Adhérent de l’ASAF
(Extrait de texte)

 

1176646 des policiers protegent la tombe du soldat inconnu sous l arc de triomphe alors que des gilets jaune  tags arc de triomphe

Source : https://www.asafrance.fr/item/triste-jour-pour-notre-pays-notre-patrie.html


La haine en marche : à quand un geste de Macron pour rétablir la paix sociale ?

...par le Col. Georges Michel - le 02/12/2018.

 

« Dix ans, ça suffit ! » : c’était l’un des slogans de Mai 68. Cette « révolution » de jeunes bourgeois était « fraîche et joyeuse », comme la guerre en dentelles. Lorsqu’on écoute les « anciens combattants » de Mai 68, jamais on n’entend le mot de « haine ». On dressait des barricades, on faisait le coup de poing avec les « CRS-SS » au nom d’une utopie. Au-delà des barricades, il y avait un horizon, certes factice, mais porteur d’un certain espoir. Très différent, me semble-t-il, est le climat des événements actuels.

On enfile un gilet jaune, on occupe un rond-point, on monte à Paris pour manifester, parce qu’on n’a plus rien à manger dans le frigo au 15 du mois, qu’on a le pressentiment que sa retraite sera misérable, que les enfants auront une situation sociale inférieure à la sienne. Bref, on enfile un gilet jaune car on ne voit pas d’horizon. Car on a la haine. Et la haine qui se développe est peut-être plus profonde que celle que l’on perçoit à travers les scènes d’insurrection de samedi. Emmanuel Macron, qui, un temps, envisagea de commémorer Mai 68 perçoit-il ce sentiment ? Un sentiment plus fort que la colère qui, elle, dans une certaine mesure, peut être sainte, saine et juste. Emmanuel Macron, qui se targue de connaître l’Histoire de France, devrait réfléchir à ces moments où tout peut basculer pour un rien plutôt que pérorer depuis l’étranger, comme il le faisait encore vendredi, en Argentine, en déclarant, toujours modeste, que « c’est dans ces moments-là qu’on teste aussi la force d’âme d’un pays, d’un peuple et, en quelques mesures, de ses gouvernants ». Et pour l’instant, les banlieues, qui s’enflammèrent en 2005, semblent rester calmes…

La semaine dernière, Valeurs actuelles faisait sa une sur « Macron, l’incendiaire ». De retour d’Argentine où, samedi soir, il rendait compte, tel un porte-parole du groupe Bilderberg, en des mots désincarnés, inutiles, creux, satisfaits, de la réunion du G20, à sa descente d’avion, il est allé immédiatement saluer les forces de l’ordre et constater l’ampleur des dégâts. Les mauvais esprits diront que les pyromanes reviennent toujours sur les lieux de commission de leurs actes.

La pire erreur que puisse faire, désormais, Emmanuel Macron – mais le pire n’est jamais sûr, on le constate depuis dix-huit mois – serait de se réfugier derrière un discours exclusivement centré sur la sécurité, cette sécurité qui est une des priorités des Français et que son gouvernement a été incapable de rétablir depuis qu’il est aux affaires et qu’il a, au contraire, contribué à dégrader. À l’évidence, on jetant de l’huile sur le feu depuis plusieurs semaines, Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Christophe Castaner sont comptables de ce qui se passe, aujourd’hui, dans le pays. Face à ce sentiment de haine qui se développe de façon inquiétante pour la paix sociale, la concorde, Emmanuel Macron ne peut pas, ne peut plus tenir des discours hors-sol ou de comptable comme celui du Charles-de-Gaulle, de mardi dernier ou de Buenos Aires. En est-il capable ?

En tout cas, on retiendra que c’est sous le principat d’Emmanuel Macron qu’on dégrada l’Arc de Triomphe sous lequel repose le Soldat inconnu. Tant de haine. Même en mai 68…

 


Communiqué de la Fédération Nationale André Maginot

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Communiqué ProfanationTombedusoldatincon
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Madame, Monsieur, chers adhérents, chers amis,

Après les scènes d'émeute qui ont défiguré le centre de la capitale, et qui étaient relatées dans mon dernier envoi, je vous adresse ce message reçu ce matin de l'Amicale de l'ETAP.
Il contient une déclaration du général B DARY qui met fin à une interrogation sur le rôle des GJ pendant ces émeutes et pose la question de celui des pouvoirs publics à propos de "l'utilisation" des casseurs pour discréditer ce mouvement de contestation populaire.

Bonne lecture


D. BADIN
Délégué ASAF 07 et 26


Communiqué du général Bruno Dary, Président du comité de la Flamme

« Chers camarades,
 
 
 
samedi dernier, à l'Arc, nous avons connu et vécu le pire et le meilleur....
 
 
 
Le pire, avec les scènes de violence sur la place de l’Etoile, de nombreux tags sur l'Arc de Triomphe et le pillage complet du magasin et du musée situés dans ce monument !
 
 
 
Mais nous avons vu aussi le meilleur avec des Gilets Jaunes qui ont protégé la Flamme pour empêcher sa profanation et ont chanté la Marseillaise avec nous ; avec nos commissaires qui ont veillé à remplir leur mission quotidienne ; et, dimanche soir, avec le le Ravivage à l’occasion du « 2S », en présence de notre CEMA, de la Secrétaire d’Etat et du Ministre de l’Education Nationale !
 
 
 
En ma qualité du « Président du Comité de la Flamme », j’invite toutes les associations du monde combattants avec leur président, leur porte drapeau et les adhérents disponibles, à venir à l’Arc mardi prochain 04 décembre, pour raviver ensemble la Flamme. Le but de ce rassemblement est d’affirmer solennellement notre attachement à ce symbole fort de la nation ; il est également de montrer notre cohésion et de rappeler notre détermination à être en mesure de défendre la « dalle sacrée », si une situation aussi triste se renouvelait !
 
 
 
Le général d’armée Bruno DARY
 
Président de la Flamme.
 

 

 

Bonsoir à tous.
 
 
Avec son accord, je vous adresse ce poème original composé à chaud sous le coup de la colère et de l’indignation par  le MG 2s François-Marie Grimaldi à la suite de la profanation de la dalle sacrée du Soldat Inconnu survenue hier sous l’Arc de Triomphe ( ci-dessous ).

Le viol de l’Inconnu

 

Dimanche 2 décembre. Quel triste matin !

Il pleut sur Austerlitz, comme il pleut sur Verdun.

Sur la Place de l’Etoile, après les cris de haine

S’activent maintenant les services d’hygiène.

 

Sous la dalle de granit l’homme qui gît ici

A vu brutalement son Arche obscurcie.

Celui qui tous les soirs recueille les honneurs

A été piétiné par des dévastateurs.

 

Profané, dégradé, tagué, détérioré,

Et même l’inconcevable, il s’est senti violé.

Lui qui s’est sacrifié au nom de la Patrie

Se sent désemparé et son corps est meurtri.

 

Du visage anonyme de notre frère d’armes,

Après l’étonnement, a coulé une larme.

Il ne comprend plus rien, il s’est senti bien seul

Alors qu’il se pensait en paix dans son linceul.

 

La flamme a vacillé sous les coups de cette foule

Qui « courageusement » se cache sous une cagoule.

Mais elle a tenu tête et n’a jamais faibli,

Seul repère allumé quand l’ordre fut rétabli.

 

La lumière est restée au centre de la Place,

Tel un phare, un jalon, symbole de l’audace.

Ce soir se tiendra un nouveau ravivage

En preuve d’unité, de force et de courage.

 

François-Marie Grimaldi

2 décembre 2018


LE GÉNÉRAL TAUZIN S’EXPRIME SUR LES GILETS JAUNES

...le 27/11/2018

 

« J’habite un village du Périgord qui ne fait pas exception à la désertification, à l’impossibilité pour les jeunes de trouver du travail, à l’obligation de prendre la voiture pour une baguette de pain, à la fermeture des services publics et à l’inexorable éloignement des services médicaux.

Contrairement à ce que le gouvernement et certains médias voudraient nous faire croire, les « gilets jaunes » ne sont pas des radicalisés extrémistes dangereux, même s’il peut y avoir infiltration de personnes mal intentionnées.

Je les connais, car je les côtoie tous les jours, au contraire de nos gouvernants pour qui la misère n’est qu’une courbe sur un graphique.

Ce sont des Français qui n’en peuvent plus, des Français à bout, responsables et travailleurs, ceux-là même que l’on qualifie avec mépris de « sans dents », « d’illettrés » parfois, et qui sont, ni plus ni moins, abandonnés par ceux qui devraient être à leur service, des Français sans espoir ni espérance. Et là est le danger.

Que les gouvernants arrêtent de faire croire qu’ils ne comprennent pas le problème de ce qui pourrait devenir un soulèvement populaire. Ils seraient alors les véritables responsables d’un affrontement. Qu’ils cessent de faire de la politique politicienne et fassent enfin de la vraie politique, et la vraie politique est SERVICE de la France et des Français ! Cette levée des Français en voie de sous-développement n’est pas non plus un problème de « droite ou de gauche », c’est la France qui souffre, la France qui n’en peut plus d’être oubliée chez elle. En prendre conscience et prendre les mesures adéquates est désormais une question de survie.

Cependant, si je comprends ce ras-le-bol, j’adjure les « gilets jaunes » de ne pas commettre d’imprudence, ni de provocation. Tout peut très vite déraper et je crains que le gouvernement ne fasse rien pour calmer la situation si tant est qu’il en soit capable. J’en veux pour preuve les manipulations de chiffres (280 000 participants annoncés pour la manifestation du 17 novembre ?!), manipulation des faits en faisant endosser toute la responsabilité des blessés aux manifestants, propos injurieux et méprisants, silence coupable de certains ressemblant à une fuite, etc.

Cela risque d’empirer et même de devenir incontrôlable. Il me paraît évident que ce mouvement était, au début, totalement spontané ; aujourd’hui, s’il prend de l’ampleur avec des leaders identifiés, il sera facile de l’infiltrer par quelque service bien entraîné et surtout par des groupuscules ne voulant que le désordre et la casse. Je vous le répète : je vous adjure d’être prudents, chaque dérapage peut être fatal, d’abord en discréditant une légitime démarche, et surtout en conduisant la France à un point de non-retour. Certains en profiteront, soyez-en sûrs, ils n’attendent que cela !

J’ai connu quatre guerres civiles sur le terrain : en Yougoslavie, en Somalie, au Liban et au Rwanda. Tout peut basculer en une nuit, je l’ai vu et vécu. En quelques heures un voisin, un ami, un membre de sa famille même peut devenir un dangereux ennemi. Nous-mêmes avons connu cela par le passé… N’en arrivons pas là ! Ne croyez surtout pas qu’une guerre civile se contrôle par ceux qui en sont les victimes, cela va très vite et surtout cela peut être provoqué par d’autres que les « gilets jaunes » !

Ne vous laissez pas manipuler, veillez aux infiltrations de toute sorte, soyez calmes et prudents, ne répondez pas aux provocations et ne vous y laissez pas entraîner. Ne vous laissez pas submerger non plus par la situation, car le désespoir peut mener à des violences qui ne résoudraient rien et ne feraient que donner des prétextes à vos opposants. Et je demande la même chose à nos forces de l’ordre : agissez avec honneur !

La beauté et la légitimité de ce mouvement ne pourront qu’éclater si le calme et l’union fraternelle transpirent de vos actions. La France peut se rebâtir et son peuple est le mieux placé pour y parvenir.

C’est le relèvement de la France à visage humain contre la France des gestionnaires ; de la France profonde contre la France centralisée ; de la France unie et patriotique contre le mépris et l’arrogance de ceux qui se croient être des élites.

Restons calmes, soyons au service les uns des autres et ne quittons jamais des yeux notre belle France. »

Didier Tauzin

 

Source : http://www.profession-gendarme.com/le-general-tauzin-sexprime-sur-les-gilets-jaunes/

 


Communiqué / gilets jaunes

...par le Gal. Antoine Martinez - le 22/11/2018

Les Volontaires Pour la France, fidèles à leur engagement, ne sont pas restés spectateurs le 17 novembre mais acteurs parmi des centaines de milliers de Français. Ils se sont associés à l’appel citoyen de cette France en colère et ont été présents dans les rassemblements sur tout le territoire afin de contribuer à faire entendre l’exaspération des Français. Ils l’ont fait, conformément aux consignes données, dans le calme, le respect des lois de la République et le refus de toute action violente.

Alors que l’action des gilets jaunes se poursuit depuis le début de la semaine, il est impératif d’éviter quelques écueils :

– dans certains secteurs, le mouvement est infiltré par des casseurs dont les actes répréhensibles visent à décrédibiliser l’action des gilets jaunes et peuvent conduire à l’arrestation de certains parmi ces derniers par les forces de l’ordre en intervention,

– il n’est pas souhaitable de bloquer indéfiniment les automobilistes car il y a un risque croissant d’opposition aux gilets jaunes d’une partie des Français, ce qui serait contre-productif, surtout si le mouvement dure. Il est donc préférable de lever les blocages routiers,

– depuis le début de la semaine, les forces de l’ordre reçoivent des instructions pour intervenir sur les points de blocage et procéder à d’éventuelles arrestations si nécessaire. Il faut éviter toute confrontation avec les forces de l’ordre.

Dans ces conditions et en attendant la manifestation annoncée pour le 24 novembre à Paris à laquelle les VPF s’associent, il convient, au niveau local, de définir d’autres modes d’actions en respectant la légalité tout en ne se trompant pas de cible (l’Etat), ni du but recherché par la majorité des citoyens (la réduction de la pression fiscale confiscatoire et punitive), et sans oublier les causes réelles non avouées de ces augmentations d’impôts et taxes (augmentation des dépenses liées notamment au service de la dette et à l’accueil des clandestins, deux priorités de l’oligarchie au pouvoir) qu’il est temps de dénoncer. Ces derniers points doivent impérativement être relayés sur le terrain par nos Volontaires gilets jaunes. Il faut dénoncer cette confusion entretenue par l’oligarchie entre fraternité et fiscalité en la rapprochant d’ailleurs du Pacte mondial sur les migrations de l’ONU sur lequel le président de la République et le gouvernement restent silencieux alors que sa signature est prévue en décembre, au Maroc. Ce pacte considère le droit de migrer tout simplement comme un droit de l’Homme avec les conséquences catastrophiques qu’on peut imaginer pour l’Europe et en particulier pour la France en matière d’immigration de masse et d’insécurité.

Après l’attaque sans précédent que les peuples européens ont subi avec la submersion migratoire engagée depuis 2015, l’ONU cherche à présent à légaliser toute migration. Un projet suicidaire que de nombreux pays européens refusent de signer en raison de la menace qu’il constitue non seulement sur le plan identitaire mais également sur le plan économique, ce dernier critère nous ramenant à ce qui précisément a déclenché l’action des gilets jaunes. Ce pacte doit donc être rapidement dénoncé et refusé. C’est une priorité à faire partager et c’est un combat que mèneront les Volontaires Pour la France.

Deux des principes fondamentaux de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen sont le droit à la sécurité et le consentement à l’impôt. Ils sont aujourd’hui totalement bafoués par ceux-là mêmes qui prétendent les défendre en cherchant à imposer cette supercherie que serait le droit de migrer, droit qui primerait sur des droits fondamentaux reconnus unanimement par l’ensemble des peuples représentés à l’ONU, droit qui primerait sur la volonté des peuples, jamais consultés en matière d’immigration et de fiscalité. Les VPF dénonceront à l’avenir, au cœur du combat de nos courageux gilets jaunes, cette manipulation des esprits et cette imposture.

 

Général Antoine MARTINEZ

Coprésident des Volontaires Pour la France

 

Source : https://volontaires-france.fr/communique-gilets-jaunes/

 

 

Pétition : Non à la signature du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

https://volontaires-france.fr/petition-non-a-la-signature-du-pacte-mondial-pour-migrations-sures-ordonnees-et-regulieres-qui-doit-etre-adopte-par-les-etats-membre-de-lonu-a-la-conference-intergouvernementale-les-10/

 


Le ministre de l'intérieur visite les Gilets Jaunes...!

Commentaires: 1
  • #1

    patrick tiso (mardi, 04 décembre 2018 13:06)

    On parle de migrations, mais des millions d'individus déferlants sur l'Europe n'est-ce pas une invasion ? l'armée ne doit-elle pas défendre le pays contre ce genre d'actions ?.