SITUATION GENERALE

Des Panzers contre les Russes : Inéluctable extension du conflit à l’Ouest

 

par Martin Moisan - Le 30/01/2023.

Tous les spécialistes sérieux développent des arguments tout à fait faciles à comprendre pour dire que les quelques poignées de chars que nous allons envoyer en Ukraine ne changeront rien au plan militaire ; pas plus que l’envoi d’avions, de missiles ou quoi que ce soit d’autre.

La tragique symbolique des panzers engagés par l’Allemagne contre les Russes 

En revanche, la symbolique des panzers engagés entre les mains des bandéristes contre la Russie va changer tout le contexte de cette guerre, tout son sens, toute sa dimension historique. Il en résultera malheureusement une inéluctable extension du conflit vers l’Ouest. Bien entendu, il y a tout lieu de penser que pour rendre les choses encore plus irréversibles, l’histrion déjanté de Kiev s’empressera de confier ces chars allemands aux bataillons ukronazis, Azov, Kraken et autres.

Une anecdote pour bien comprendre l’âme russe et le sentiment patriotique profond qu’a laissé la Grande Guerre Patriotique

Irina, une jeune femme originaire de l’Oural profond m’a expliqué un jour que dans son enfance, dans les années 90, les dames de la cantine qui avaient connu la Grande Guerre Patriotique les obligeaient à ramasser les miettes de pain sur les tables pour ne pas gaspiller. Parce qu’un jour, ça allait recommencer. Voilà, c’est anecdotique mais ça dit tout de l’état d’esprit profond des Russes par rapport au passé et à leur Histoire.

Un peuple qui sait souffrir

Lors de l’effondrement de l’empire soviétique, les années Eltsine ont été un véritable cauchemar pour l’immense majorité du peuple russe. Rien ne lui a été épargné : perte d’estime de lui-même, alcoolisme, pénuries, chômage ravageur, femmes seules et enfants sans père obligés de survivre dans les pires conditions, misère noire… Pourtant, malgré le désespoir, mais avec l’immense secours de la religion et en allant chercher au plus profond de lui-même, ce peuple a tenu bon. Si tout autour de lui s’effondrait, lui est resté debout pour renaître ensuite. Et de quelle manière ! Alors oui, ces gens savent souffrir. Oui, la religion est ce qui leur reste en dernier ressort et sur quoi ils savent pouvoir s’appuyer ; tout comme sur leur âme profonde.

Poutine l’homme qui a redonné sa dignité au peuple russe 

Plus que jamais Vladimir poutine incarne à lui seul ce qu’il y a de plus profond dans l’âme russe. Pour l’immense majorité du peuple russe, il est celui qui a su relever leur pays humilié par l’effondrement de l’empire, humilié par les années Eltsine, humilié par l’Europe et l’Amérique. Et ça, les Russes ne peuvent pas l’oublier. Si tant est qu’ils aient quelque chose à pardonner à Vladimir Poutine, c’est déjà oublié, car ce n’est rien en comparaison du redressement moral et du retour à la dignité qu’il a su leur apporter. Aucun Russe n’en doute, Vladimir Poutine s’est imposé comme le seul chef capable de sauver le pays contre la tentative de destruction menée par l’Occident global.

Un jour ça recommencera

Tous les Russes, même ceux qui ne l’ont pas connue, ont été élevés dans le souvenir des souffrances de la Grande Guerre Patriotique et dans le culte des héros. Voilà le sentiment patriotique profond qu’ils partagent tous et qui nous est totalement étranger : la mémoire des souffrances et un profond sentiment de reconnaissance pour les millions de morts et surtout, surtout, l’idée qu’un jour ça recommencerait.

Une différence de potentiel moral qui fera la différence 

Totalement incompréhensibles pour nos peuples qui ont été conditionnés dans l’idée de tirer les dividendes de la paix. Anthropologiquement, c’est le jour et la nuit. Militairement, ça fera toute la différence. On le comprend bien, ce n’est évidemment pas Macron ni aucun des dirigeants occidentaux contemporains qui peuvent mesurer ce que cette différence de potentiel pèse dans la dynamique d’une confrontation.

L’unité des peuples de Russie

Souvent on s’interroge sur les raisons de l’unité de la mosaïque des peuples qui composent la Russie. C’est très simple, avec les juifs et les tziganes, ils partagent tous le souvenir d’avoir été traités de sous-hommes et d’avoir fait le sacrifice commun de millions de morts pour repousser les Allemands qui voulaient les faire disparaître.

Ça y est, ça recommence, les Allemands veulent à nouveau nous éliminer

Voilà le message que l’envoi des panzers va communiquer de manière transversale au peuple russe dans sa diversité. Car le rapport entre l’Allemagne et la Russie est bien particulier. Il n’a aucun équivalent avec aucun autre peuple au monde. Avec celle des juifs et celle des tziganes, les Allemands sont les seuls dans l’Histoire à avoir théorisé et mis en œuvre la destruction des peuples slaves et de l’Orient russe et leur mise en esclavage. En chaque Russe demeure de manière irréfragable le sentiment d’avoir été traité « d’Untermensch » par les Allemands, d’avoir été promis à l’éradication ou à l’esclavage. En chaque Russe existe le sentiment qu’ils ont su triompher du mal absolu et qu’il va falloir refaire les mêmes sacrifices que ceux qu’on fait les héros avant lui. Chaque Russe sait qu’il va devoir un jour faire face et se sacrifier s’il le faut. Avec l’envoi des panzers en Ukraine, ils comprennent que le moment est venu, qu’il n’y aura plus de report d’échéance. Chaque Russe y est prêt. Sa mère et sa femme y sont prêtes.

Un moment historique où tout converge et où leur destinée se joue

Alors oui, les Russes savent que pour eux le tragique revient dans leur Histoire et que tout va se rejouer maintenant. Chaque Russe sait qu’il faudra encore faire des sacrifices pour ne pas disparaître. Il y a là une différence anthropologique fondamentale entre eux et nos peuples suicidaires. La volonté de vivre d’un côté, le nihilisme et l’autodestruction de l’autre. Là encore, ça fera toute la différence.

Résonance historique en Russie des mots Allemagne, panzers, bandéristes, nazis, Ukraine

Ils l’ont dit, si les Russes sont entrés en Ukraine, c’était aussi pour la dénazifier. Or aujourd’hui, la célébration du nazi Bandera par ce pays et l’affichage à tous les niveaux de symboles et d’insignes nazis par les Ukrainiens leur donne raison. Donner des panzers aux nazis ukrainiens, c’est rejouer l’Histoire. Pour les Russes, le message est très clair. Il résonne comme un coup de tocsin dans leur mémoire collective et dans leur cœur, au plus profond de leur âme. Ça y est, ça recommence.

Baerbock, « nous menons une guerre contre la Russie » 

Plus de doute possible. C’est bien la ministre fédérale allemande des Affaires étrangères qui a confirmé devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe que l’UE et l’Allemagne menaient une guerre contre la Russie. Et ce sont bien des panzers allemands qui vont être livrés aux bandéristes ukrainiens. Appelez-les Léopard si vous voulez, pour les Russes ça ne change rien au symbole.

La Russie ne peut plus perdre cette guerre

Dans ces conditions, on peut confirmer ce que nous savons tous ici et qu’on a maintes fois répété. La Russie ne peut pas perdre cette guerre. D’autant moins maintenant ; que le retour tragique de l’Allemagne et de ses démons dans l’Histoire le lui interdisent. Nihilisme mortifère, haine de soi auto-destructrice ? À ce niveau, on se demande ce qui anime les Allemands pour tenter un tel retour après la branlée qu’ils ont prise au match aller. Qu’est-ce qu’ils veulent ? Revoir les Russes à Berlin ? Si tel est le cas, il semble bien qu’ils leur aient envoyé un billet de retour.

Le plus probable à ce stade si on en reste aux armes conventionnelles 

On exclut ici l’hypothèse nucléaire. Les Occidentaux vont faire durer cette guerre sur le sol ukrainien le plus longtemps qu’ils pourront. Après les chars, ce seront les avions, les missiles et les personnels pour les servir qui seront envoyés dans la fournaise ukrainienne. Alors, oui, ça va durer. Mais tout indique que l’appareil industriel occidental ne sera pas en capacité de suivre le train d’enfer que va imposer cette guerre. Tout simplement parce que le matériel occidental est un produit marketing ultra-sophistiqué et donc coûteux, fragile et non durable. Il est conçu pour être renouvelé à toute allure en fonction de l’obsolescence planifiée et d’une course insensée aux évolutions technologiques ; ceci afin dégager du chiffre d’affaires et un maximum de bénéfices pour les actionnaires de l’industrie privée. Pas pour faire de manière parcimonieuse une guerre réellement longue et dure dont plus personne en Occident ne sait ce que ça veut dire.

Anecdote : pour la conquête de l’espace, les ingénieurs de la Nasa ont dû concevoir un stylo bille spécial pour écrire en apesanteur. Les Russes, eux, se sont contentés de crayons à papier. Ce n’est évidemment pas du tout la même approche. Et c’est ce qui fait que les Russes vont gagner cette guerre. Parce qu’eux ne la font pas pour les dividendes des actionnaires ou par progressisme compulsif, mais pour leur survie et par idéal patriotique. C’est toute la différence.

À l’inverse, l’industrie russe conçoit du matériel fonctionnel et relativement simple, facile à produire en grande quantité et à moindre coût, facile à entretenir et facile à servir pour les opérateurs. Au niveau du matériel, les stocks existants et les capacités de production de l’industrie russe finiront de faire la différence. Autrement dit, on s’épuisera avant eux. Ils auront le dernier mot au plan industriel.

D’autre part, le matériel occidental demande un niveau de formation des opérateurs, intenable dans une guerre longue forcément consommatrice d’hommes. Les Occidentaux n’auront pas la capacité de former les hommes pour servir leur matériel sophistiqué au fur et à mesure des pertes. Par ailleurs, il n’est plus temps pour les concepteurs occidentaux de changer de paradigme pour la conception de leur armement. Ils devront faire avec ce qu’ils ont et ce n’est pas à leur avantage.

Qui du côté ukrainien et occidental pour faire cette guerre ? 

Côté US, depuis 45 ces gens ne savent plus faire une guerre pied à terre et ils les ont toutes perdues. Quant à celle de 45, ils n’ont brillé que parce que les Russes étaient en train de consumer la Wehrmacht sur le front de l’Est. Sans quoi ils n’auraient jamais pu débarquer. Alors stop le mythe de la toute-puissance militaire US. De surcroît, entre les obèses, les drogués, ceux qu’il faut réformer, les délinquants, les asociaux, et ceux qui ne remplissent pas les conditions suffisantes au niveau cognitif, l’armée US n’arrive plus à recruter suffisamment. Ce seraient 70% des jeunes Américains qui ne rempliraient pas les conditions requises pour entrer dans l’armée.

• https://www.opex360.com/2022/07/23/lus-army-a-de-serieux-problemes-de-recrutement
• https://www.lesechos.fr/larmee-americaine-a-un-enorme-probleme-avec-les-americains

En plus, il faut savoir que la situation politique aux États-Unis est catastrophique, que de nombreux États sont au bord de la sécession et que ce pays est au bord de la guerre civile. Dans ces conditions, il n’y aura pas de consensus dans la population pour aller faire cette guerre. Et ce ne seront pas les rednecks blancs des États républicains qui iront suivre les démocrates hystériques dans cette aventure. Ceux qui s’engagent dans cette aventure en comptant sur les USA pour faire le job se fourrent le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate. Le peuple US et l’économie US d’aujourd’hui ne sont plus ceux de décembre 41. La puissance US n’est plus dans le hard power. Elle n’est plus que financière et dans le soft power ; ce qui ne sert à rien quand seule la poudre parle.

Qui pour y aller pied à terre côté européen ? 

Clairement l’Ukraine est pratiquement à bout de ressources humaines. Alors qui d’autre dans la durée puisque c’est le parti que semble vouloir imposer l’OTAN ? Des Polonais ? Sans doute, ils y sont déjà et ce sont de bons candidats pour la suite. Savent-ils seulement à quoi ils sont candidats ?

Et ensuite ? Des Baltes, c’est zéro. Des Finlandais, c’est zéro. Des Roumains, des Bulgares ? Sans blague, qui peut y compter ?

D’autres pays de l’ancien bloc de l’Est ? Des Hongrois ? C’est non d’avance. Des Tchèques ? Peut-être quelques-uns, mais ça n’ira pas chercher bien loin.

D’autres alliés de l’OTAN ? Des Espagnols, des Italiens ? Sans blague ? Des Belges ? Oui, eux sont assez paradoxaux pour vouloir y aller, mais c’est zéro. Des pays du Nord ? Zéro ou à peu près. Des Britanniques ? Qui peut y compter aujourd’hui ? Ce peuple est détruit, il n’a plus d’armée et pas de possibilité d’en lever une.

Des Allemands ? Peut-être quelques-uns au début, mais ce pays n’est pas non plus en état de lever une armée de masse pour une guerre de haute intensité. Problèmes de consensus. Même question qu’aux États-Unis, qui va vouloir et qui va être en état d’y aller chez eux ? Et que pèse la Wehrmacht ? Réellement, pas grand-chose.

Des Français ? Je ne veux contrarier personne, mais notre armée est échantillonnaire. On a un peu de tout mais assez de rien. Et ce ne sont pas nos quelques commandos, ou la Légion (certes brillants), habitués à des coups de mains dans des guerres coloniales ou à la marge d’autres conflits de basse intensité qui pèseront quoi que ce soit dans cette affaire. Quant à nos armes, n’en parlons pas, on est déjà à poil. Cela, sans parler de notre état-major.

Le compte est vite fait : zéro + zéro = la tête à Toto

Ou à peu près, en tout cas largement insuffisant quand on parle d’une confrontation de millions d’hommes de part et d’autre.

Une différence de potentiel et une dynamique largement en faveur de la Russie

D’un côté, une Russie acculée à se battre pour sa survie, ultra-patriotique, douée d’un réel idéal appuyé sur la religion et sur l’Histoire, en état de lever un sérieuse armée de masse, et dotée d’un complexe industriel capable de fournir des armes en quantité et dans la durée. De l’autre, une coalition hétéroclite, sans idéal, sans motivation, déjà mal armée à ce stade, hors d’état de lever des armées de masse, pas du tout prête à la vraie haute intensité et dotée d’un appareil industriel certes ultra-sophistiqué mais justement trop pour être efficace à ce niveau de jeu.

Cette différence de potentiel donne nettement l’avantage à la Russie qui va nous épuiser dans un conflit que nous allons vouloir faire durer mais que nous ne pouvons ni soutenir ni gagner.

Les Russes obligés de recréer un glacis en Europe de l’Est

Compte tenu de sa symbolique et du passé, l’entrée en guerre de l’Allemagne marque de manière incontestable la volonté de l’Occident global de détruire la Russie. Tel est malheureusement le sens du message qui vient d’être envoyé aux Russes. Dans ces conditions, ils n’auront plus d’autre choix que de pousser à l’Ouest quand ils en auront fini avec l’Ukraine. Certes, ce sera encore long. Mais quand la question aura été réglée en Ukraine et que l’Occident se trouvera complètement désarmé et hors d’état de résister, les Russes pourront pousser loin à l’Ouest pour recréer un glacis devant eux et se protéger dans la durée.

Ce n’est pas ce qu’ils voulaient faire, mais c’est ce qu’ils vont devoir faire

Ne serait-ce que pour que toutes les petites Irina puissent encore vivre en paix pendant 70 ans.

Les dés sont jetés

À ce stade, les Baltes, les Polonais et sans doute les Allemands ont déjà pris leur ticket. Les Russes ne vont pas les laisser recommencer de sitôt. C’est bien malheureux, mais ils vont devoir les écraser.

Quant à nous… 

On ne pèse plus rien depuis longtemps, on s’est déjà foutus à poil de nous-mêmes. Nous sommes déjà tellement insignifiants qu’on ne pourra que subir et espérer qu’ils ne jugeront pas utile d’arriver jusqu’à Paris. Espérons qu’ils se contenteront de nous châtier en nous privant d’accès à leurs ressources et en nous boxant dans un coin de la diplomatie mondiale, là ou est désormais notre vraie place.

source : Rusreinfo

Livraison d’armes : l’OTAN veut pousser la Russie à négocier.

Source : Le Courrier des Stratèges - par "rueconomics" - Le 30/01/2023.

Livraison d’armes : l’OTAN veut pousser la Russie à négocier, par rueconomics

La huitième réunion des alliés occidentaux de l’Ukraine à la base aérienne de Ramstein s’est concrétisée par un résultat empreint de cynisme. C’est ce qu’a déclaré la journaliste ukrainienne Yanina Sokolovskaya.


Cet article est initialement paru sur le site rueconomics.ru. Il n’engage pas la ligne éditoriale du Courrier des Stratèges. 

Le 20 janvier, les ministres de la défense de l’OTAN ont discuté de l’assistance militaire à l’Ukraine au format Ramstein. Selon Sokolovskaya, les résultats de la réunion étaient connus à l’avance, car de nouvelles armes avaient déjà été envoyées par l’Alliance vers l’Europe de l’Est, et le régime de Kyiv avait préparé le terrain juridique pour de futurs changements. La journaliste estime en effet que « « la décision avait déjà été prise. Sinon les véhicules blindés pour l’Ukraine ne seraient pas arrivés sur le territoire de la Pologne, et cela n’aurait pas été annoncé. De même, l’Ukraine ne modifierait pas sa législation et n’autoriserait pas officiellement le personnel militaire étranger à combattre dans les Forces armées ukrainiennes. A partir de ce moment, ce ne sont plus des mercenaires et non des assistants au statut étrange qui interviennent, mais des unités de combat ».

L’objectif principal poursuivi par l’Occident lors des réunions de Ramstein n’est pas de fournir de vastes capacités militaires aux forces armées ukrainiennes, estime Sokolovskaya. Selon elle, la tâche principale des États-Unis et de l’OTAN est d’exercer une sorte de chantage sur Moscou afin de pousser la Russie à négocier. 

Kyiv reçoit juste assez d’armes pour que les capacités de l’armée ukrainienne soient à peu près à part égale avec celles des troupes russes. « Rappelez-vous ce qu’ils ont déclaré avant Rammstein. Leurs politologues et personnalités militaires ont indiqué : « Nous donnons à l’Ukraine juste assez d’armes pour avoir une parité de 100 % avec la Russie ». Soit un équilibre parfait. Je pense que c’est une position de négociation puissante. En d’autres termes, le message est :  si vous ne commencez pas à négocier, nous allons bouleverser l’équilibre des forces, puis nous nous attendrons vraiment que l’Ukraine lance des actions offensives », a déclaré Sokolovskaya.

Le journaliste voit des signes de la recherche d’un équilibre par l’OTAN non seulement dans les déclarations occidentales, mais aussi dans les déclarations ukrainiennes. Par exemple, le commandant en chef des forces armées d’Ukraine, Valery Zaluzhny, dans une interview de décembre avec The Economist, a appelé la tâche principale des troupes ukrainiennes à occuper les positions actuelles......

Lire la suite de cet article en vous abonnant au "Courrier des Stratèges"

 

Cul par dessus tête


Par Hugo Dionísio − Le 12 Janvier 2023 − Source The Saker’s Blog via Telegram + The Saker francophone.

8 ans de constructions fortifiées, de tunnels, de bunkers et d’interminables dépôts d’armement, deux mois de repositionnement des réserves et de pertes humaines militaires, la structure commence enfin à s’effondrer. Les pertes humaines se chiffrent en dizaines de milliers de jeunes, de moins jeunes, de nationaux et d’étrangers, et après tout cela l’inévitable se produit. Le comédien qui est président, dans ses vidéos quotidiennes depuis un bunker ou un manoir, a toujours résisté à faire ce que l’adversaire fait lorsqu’il considère que l’effort est trop grand par rapport au gain : se retirer vers une ligne de défense plus solide, en économisant hommes et matériel.

 

Le récit officiel, partagé sans cesse, sur « les plus importantes victoires depuis la deuxième grande guerre » pour le public domestique, ne sera pas méprisant, pour la décision de se battre jusqu’au dernier homme. Après tout, toute décision de qualifier de perdue cette importante ligne de fortification défensive implique un renversement total du récit propagé par la presse officielle de l’Atlantique Nord. Il faut d’abord préparer le public qui suit sans relâche ces récits. Leur dire la vérité n’est pas une option, car cela reviendrait à dire effectivement le contraire de ce qui a été dit concernant l’issue inévitable du conflit.

Dans une autre guerre utilisée comme un cycle d’accumulation capitaliste, un fait qui peut être clairement énoncé dans l’inversion de la tendance du marché mondial des armes jusqu’en 2014, qui plaçait les deux concurrents indirects (États-Unis et Fédération de Russie) en concurrence directe et avec des chiffres très proches, cette situation s’est, pour ainsi dire, inversée, les États-Unis étant aujourd’hui le leader incontesté des ventes d’armes dans le monde, avec environ 2/3 de plus en valeur des ventes que son plus grand concurrent direct (Fédération de Russie).

Cela ne signifie pas qu’ils vendent plus en quantité….. Ils vendent surtout plus cher. Les données dont nous disposons mettent en lumière l’utilisation de la guerre et du complexe militaro-industriel comme un instrument du cycle d’accumulation capitaliste ou, au contraire, comme un instrument dont l’objectif fondamental est la défense nationale.

Le « Global Fire Power 2023 », qui établit le « Fire Power Index », place les États-Unis en tête avec 0,0712, la Fédération de Russie avec 0,0714 et la RPC avec 0,0722. En d’autres termes, les deux premiers semblent à égalité et le troisième est très proche. La quatrième place, l’Inde, est beaucoup plus éloignée, avec 0,1025. Qu’est-ce que cela nous apprend sur le rôle de chaque armée ?

La première question qui vient à l’esprit est la suivante : comment se fait-il qu’un pays qui dépense 800 milliards de dollars de son budget militaire (et nous n’incluons pas ici l’« argent noir » des services secrets, ni toute la recherche payée par des programmes fédéraux qui va également à des fins militaires), ait pratiquement la même puissance de feu qu’un pays qui dépense 65 milliards de dollars, et à peine plus qu’un autre qui dépense 290 milliards de dollars ?

La réponse réside dans plusieurs aspects : 1) le complexe militaro-industriel nord-américain est privé, il vise donc la recherche du profit, l’enrichissement d’une élite et la concentration des richesses, l’État étant un instrument de cette accumulation ; 2) les deux autres ont un complexe militaro-industriel essentiellement public – pas exclusivement – principalement dans les domaines les plus sensibles, et qui n’a pas vocation à faire plus que remplir son rôle public, c’est-à-dire garantir une défense nationale efficace capable de défendre la souveraineté du pays.

Cette différence est primordiale, car si la première fabrique des armes pour les vendre, c’est-à-dire et comme le disent de nombreux spécialistes, en font des « jouets » de luxe, très sophistiqués et complexes, et donc très coûteux, tant dans l’acte d’achat, l’entretien, la formation et les exigences techniques du personnel, et lorsqu’ils sont au combat, généralement très enclins aux pannes. Au contraire, les deux autres concurrents tentent de fabriquer, au moindre coût possible, des produits efficaces, performants et durables. Le fait qu’il s’agisse pour la plupart d’entreprises publiques permet à l’État d’acheter au prix de revient, et même lorsqu’il s’agit d’entreprises privées, le prix qu’elles demandent est conditionné par un marché dominé par le secteur public des affaires, dont la dynamique d’accumulation est contrôlée par l’État, pour défendre ce qu’il considère comme l’intérêt national. Ce système, les États-Unis l’appellent « manque de liberté économique ». Pour les 1% les plus riches, bien sûr !

A ces deux facteurs, nous pouvons également ajouter d’autres variables qui ne manqueront pas d’avoir une grande importance : les économies des 2ème et 3ème places sont toutes moins financiarisées et, en ce sens, moins spéculatives, surtout dans les secteurs stratégiques, ce qui se traduit par des prix plus bas et un poids plus faible du secteur rentier sur l’industrie ; les deux pays ont un potentiel industriel installé très important, ce qui permet une production nationale quasi exclusive, avec des chaînes de production presque entièrement en monnaie nationale et donc très peu vulnérables aux attaques spéculatives ou aux perturbations d’autres types (dans le cas de la Fédération de Russie, elle a en plus l’avantage d’avoir accès à toutes les matières premières sur son territoire) ; enfin, les deux pays ont des comptes de capital fermés (du moins en partie, puisque la Fédération de Russie les a fermé avec les sanctions et que la RPC ne les ouvre que dans certains domaines et avec de nombreuses limites), ce qui permet la mise en place de chaînes de production à haute valeur ajoutée, mais à faible coût comparatif, lorsque leur produit est évalué nominalement, en $. Les avantages que nous voyons ici dans le domaine de la défense sont également visibles dans d’autres domaines tels que la recherche et le développement spatial, les chemins de fer et les banques. C’est le seul moyen de résister à des sanctions massives (comme dans le cas de la Fédération de Russie), et le seul moyen d’utiliser le potentiel accumulé pour un développement plus rapide du pays (comme dans le cas de la RPC).

Que les défenseurs du néolibéralisme et de l’« ouverture » des marchés se manifestent maintenant et fassent valoir que les pays défendent mieux leur souveraineté de cette manière, et non par le biais des mesures protectionnistes susmentionnées. Sans ces mesures, les deux économies en question seraient déjà absolument dévastées, soit par les sanctions, soit par les attaques spéculatives, et leurs peuples seraient dans la pauvreté la plus absolue, dont ils ont eu tant de mal à se sortir. Ce n’est pas un hasard si les deux principales demandes américaines pour des changements dans la RPC sont liées à la privatisation de son énorme (environ 30% de la propriété du pays) secteur des entreprises publiques (principalement les banques) et à l’ouverture complète des comptes de capitaux. Ce n’est pas non plus un hasard si les États-Unis ont accusé la Fédération de Russie de renforcer sa monnaie par des contrôles de capitaux. C’est pourquoi la Maison Blanche affirme qu’un « changement de régime » est nécessaire. Ce n’est pas dans l’intérêt de « leur » démocratie, cela rend plus difficile l’entrée des chevaux de Troie.

Mais si c’est l’un des facteurs les plus importants de la contestation, l’un des autres, l’énergie, a déjà porté ses fruits, du moins à court terme. Selon Bloomberg, les États-Unis deviendront le premier producteur de gaz au monde d’ici 2022 [sic, NdT], le tout au détriment de la transition de l’achat européen, de la Fédération de Russie vers les USA. Si, pour les USA, cette « opportunité » (comme l’a dit Blinken) était fantastique, pour l’Europe, elle montre sa fragilité globale, en termes politiques, économiques et culturels. Pour avoir une idée du coût du « découplage » avec la Russie et du « couplage » avec les États-Unis, en termes de dépendance énergétique, il suffit de regarder les données de la balance commerciale pour novembre 2022, période pendant laquelle ces pays étaient engagés dans le remplissage de leurs réserves de gaz naturel et d’autres combustibles.

Les données fournies par Golden Sachs indiquent que pour la France, novembre dernier a été le mois de novembre le plus négatif de ces 20 dernières années, en termes de déficit commercial (- 15 %). La Suède, comme la France, a également connu le pire mois de novembre depuis 20 ans, l’un des 5 sur 20 à avoir un déficit, et celui de cette année a été beaucoup plus élevé que celui de l’année dernière, qui était déjà négatif et reflétait la « grande » décision d’Ursula de commencer à acheter du gaz « sur place » au lieu de conclure des contrats à long terme (le « découplage » était déjà en préparation), comme il serait souhaitable. L’Allemagne, tout en restant sur un terrain positif, a néanmoins connu son pire mois de novembre en 18 ans. En termes de production industrielle chimique et pharmaceutique (qui nécessite du gaz), elle est en chute libre, tombant à des niveaux bien plus bas qu’en 2010, en pleine crise des subprimes. Le prix exorbitant du gaz américain rend la production non viable, et d’autre part, le manque de gaz, dû à la fermeture et à la destruction du Nord Stream par ses « alliés », oblige à choisir entre la production industrielle d’une part, et le maintien des réserves stratégiques de gaz d’autre part, si nécessaires au chauffage en plein hiver. L’Allemagne a opté pour la fermeture et la délocalisation d’entreprises. Certaines vers la RPC, d’autres vers les USA, qui ont même un secteur pharmaceutique compétitif (rien n’arrive par hasard).

Le Japon est également dans une situation compliquée, avec également le pire mois de novembre de ces 20 dernières années. Cela ne sera pas sans rapport avec la décision d’acheter à nouveau du pétrole à la Russie, notamment en reprenant le projet Sahkalin et sans respecter le plafond de prix qu’elle avait auparavant « contribué » au sein du G7 à fixer. Cette décision ne fera certainement pas le bonheur de ses maîtres atlantistes.

La conclusion de l’un des économistes de Golden Sachs qui a publié ces données est que « les champions mondiaux de l’exportation ne le sont plus ». Voilà ce qui résulte de l’abandon de la souveraineté nationale et du fait de laisser les « alliés » prendre les décisions qui reviennent à chacun d’entre eux.

La soumission totale des pays du G7 et de l’UE aux diktats de l’OTAN, une organisation créée pour les préparer, qui se confond aujourd’hui avec l’Union européenne elle-même ; l’application aveugle de toutes les sanctions et directives économiques et financières ; l’absence de mécanismes de protection des marchés intérieurs respectifs… Tout cela a l’effet auquel nous assistons, qui avait été prévu par tant de personnes réduites au silence pendant tout ce temps. Comme ils doivent détester avoir raison.

Et alors que tout le monde maintient une telle ouverture, l’« allié » atlantique adopte des mesures protectionnistes visant précisément à capter le meilleur de ce que l’industrie de ses « amis » a encore à offrir.

Après cela et l’annonce – pour faire diversion aux récentes défaites militaires – du sommet de l’Union européenne, il ne reste plus qu’à voir notre premier ministre, notre président et autres atlantistes de gauche et d’extrême droite sortir pour défendre l’entrée rapide de l’Ukraine, de la Géorgie et de la Moldavie, dans l’Union européenne… Tout cela par solidarité, bien sûr ! Je veux voir quand ces gens, qui ont tant d’entreprises qui vivent des fonds structurels européens, cesseront de les recevoir… Je suis sûr qu’ils trouveront une faute là où il n’y en a pas. Après tout, c’est leur pratique !

Ils veulent du changement ? Ils doivent faire l’inverse de ce qu’ils font !

Hugo Dionísio

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

Qu’avons-nous à gagner dans un soutien militaire offensif de l’Ukraine ?

Source : Le Courreir des Stratèges - par Jean Goychman - Le 26/01/2023.

Aucune option « pacifique » pour mettre fin à l’ « Opération spéciale » en Ukraine, par Alexandre Staver

 

Combien de fois faudra-t-il dire que la guerre qui oppose l’Ukraine à la Russie ne nous concerne pas, nous les Français ? Nous n’avons aucune frontière commune, aucun litige de quelque sorte qu’il soit.


De plus, aucun traité ne nous lie et l’Ukraine n’appartient ni à l’Union Européenne, ni à l’OTAN. Alors, nous dire que nous devons soutenir l’Ukraine au nom de la Liberté et de la Démocratie, c’est un peu court.

Vers un monde régionalisé

Les mouvements « tectoniques » montrent que le monde monopolaire projeté par les États-Unis va s’estomper au profit d’un monde « multipolaire » dont les pôles seront probablement les continents. Ces continents chercheront, et c’est normal, à préserver et défendre leurs intérêts. Dans ce monde géopolitique nouveau, l’Europe devra, en tant que continent, trouver sa place et défendre également les intérêts des peuples européens.

Trois continents au moins cherchent à retrouver une certaine indépendance, notamment par rapport au système financier du dollar qui, et c’est important, les a maintenus dans une dépendance marquée des États-Unis, voire même dans certains cas, dans un état proche de la vassalité.

Ces continents sont l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud.

Qu’en est-il de l’Europe et en particulier de la France ?

On aurait pu croire que l’un des objectifs de la « construction européenne » était justement d’atteindre une sorte de « masse critique » qui lui permettrait de pouvoir s’affranchir de toute ingérence extérieure et s’imposer comme « puissance d’équilibre ». Cette vision, que de Gaulle a essayé de promouvoir n’a, hélas, pu prospérer et dans de nombreux domaines, la tutelle américaine a présidé à notre destinée.

Aujourd’hui, cette tutelle, exercée au travers de l’OTAN, nous précipite dans le conflit qui oppose l’Ukraine et la Russie. A y regarder sous l’angle de l’Histoire, ce conflit tient plus de la « guerre civile » que d’autre chose. De ce point de vue, les États-Unis ne veulent pas s’engager directement dans ce qui deviendrait un affrontement entre eux et la Russie. D’un autre côté, l’Ukraine seule face à cette dernière n’a pratiquement aucune chance d’être victorieuse.

Le rééquilibrage doit donc se faire, du point de vue américain, grâce aux pays de l’Europe de l’Ouest. Peu importe la querelle sémantique sur l’état de cobelligérance ou pas, nous constatons que cet engagement est croissant dans le temps et risque de nous conduire à un affrontement avec la Russie. Quoiqu’en disent certains commentateurs, la Russie n’a jamais représenté et ne représente pas une menace pour la France.

Pourtant, nous avons mis le doigt dans un engrenage qui peut s’avérer fatal pour notre économie en appliquant les sanctions dont nous sommes, de toute évidence, les premières victimes. Globalement analysé, c’est l’Europe, et en particulier l’Europe de l’Ouest, qui va payer le plus lourd tribut.

Sur le plan énergétique, se priver du gaz et du pétrole russe pour lui substituer du pétrole et du gaz provenant de l’exploitation des schistes, exploitation que nous avons choisi de nous interdire, et payer beaucoup plus cher, revient à « se tirer une balle dans le pied »

Sur le plan du commerce international, nombre d’entreprises françaises, qui s’étaient implantées en Russie, ont dû fermer leurs établissements dans ce pays, alors qu’elles s’avéraient très rentables et participaient à rétablir la balance d’un commerce extérieur devenue « comateuse »

Et tout ceci pour quel bénéfice ?

On peut se demander si le jeu des États-Unis, et en particulier de l’état-profond américain qui dirige depuis des décennies sa politique étrangère, n’est pas justement de nous pousser à ce choc frontal avec la Russie ? La Russie et l’Europe s’affaibliraient mutuellement, ce dont ils seraient largement bénéficiaires. Leur hantise a toujours été, depuis Bismarck, d’empêcher tout rapprochement entre l’Europe de l’Ouest (et particulièrement l’Allemagne) et la Russie et cette stratégie a toujours été une pièce maîtresse de leur politique européenne. Ainsi, vu depuis Washington, le rôle de l’OTAN est de « contenir l’extérieur et d’occuper l’intérieur » de l’Europe.

Le pire risque d’être devant nous.

La réorganisation mondiale risque de ramener à l’isolationnisme la nation-continent que sont les Etats-Unis. En 1963, de Gaulle avait convaincu Adenauer du peu de crédit qu’on pouvait apporter à la parole américaine en cas de risque de conflit nucléaire en Europe. Ce point était un pivot du traité de l’Élysée signé en janvier 1963, dans lequel la France proposait à l’Allemagne de lui étendre son « bouclier nucléaire » et que cette garantie était beaucoup plus solide que celle, très hypothétique selon de Gaulle, apportée par l’OTAN.

Malheureusement, les Allemands se sont « aplatis » (dixit de Gaulle) devant les États-Unis et ont préféré l’OTAN pour assurer leur défense.

Est-on plus sûrs aujourd’hui qu’en cas de conflit entre l’Europe et une autre puissance nucléaire, les  Etats-Unis seraient prêts à engager leur propre survie ?

Sommes-nous également sûrs que si, comme il est prévisible, les États-Unis défendent avant tout leurs propres intérêts, cela ne se retourne pas contre nous ? Leur intérêt commande-t-il de laisser se redresser une Europe très affaiblie par leur propre politique ?

La conclusion s’impose d’elle-même : Nous pouvons bien sûr aider l’Ukraine sur un plan humanitaire, mais nous avons tout à perdre en la soutenant sur le plan militaire, y compris un éloignement irréversible de la Russie vers l’Asie, ce qui pourrait faire de l’Eurasie le continent potentiellement le plus puissant de la planète, rompant ainsi définitivement un éventuel équilibre « Westphalien »

« Les faucons américains veulent la guerre mondiale, en Europe »

 

par Olivier Renault - Le 26/01/2023.

Les États-Unis organisent tout ce qu’il faut pour jeter les peuples européens dans la Troisième Guerre mondiale. Le conflit en Ukraine est soutenu par l’OTAN, les États-Unis et Bruxelles. L’envoi de munitions et de nouvelles armes ne font que montrer au monde la volonté inexorable de faire en sorte que le conflit sur le sol ukrainien devienne une véritable guerre mondiale et les Européens sont les premiers touchés. 

Une escalade incessante très risquée pour l’Ukraine et le monde. « Macron, Zelensky et l’OTAN nous jettent vers la 3ème guerre mondiale ! », a tweeté l’ancien député européen, Florian Philippot, réclamant : « La France doit agir pour la Paix, et non [à] la guerre des faucons américains ».

L’homme politique français souligne que « sous pression des faucons américains, les pays de l’UE sont en train de partir dans un délire total sur la livraison d’armes de plus en plus lourdes à Zelensky… Les faucons américains veulent la guerre mondiale, en Europe ! »

Elon Musk, répondant à un article sur la volonté des États-Unis de prendre la Crimée, a tweeté : « Je suis super pro-Ukraine, mais une escalade incessante est très risquée pour l’Ukraine et le monde ». 

Le Pentagone recommande ouvertement que Kiev s’empare de la Crimée. L’Ukraine a reçu le 30ème programme d’aide militaire le plus important (2,5 milliards de dollars). Washington fait pression sur les alliés de l’OTAN, exigeant d’eux la livraison d’armes lourdes, incluant des systèmes de missiles à plus large rayon d’action. 

Le nouveau paquet d’armes fourni par les Américains à Kiev comprend des munitions supplémentaires pour les systèmes de missiles sol-air (NASAMS) et huit systèmes de défense aérienne Avenger « pour aider l’Ukraine à contrer une série de menaces à courte et moyenne portée », a déclaré le Pentagone.
 
Kiev, selon le communiqué du Pentagone, recevra également :

  • 59 véhicules de combat Bradley
  • 90 véhicules de combat blindés Stryker
  • 53 véhicules blindés de transport de troupes MRAP
  • 350 Humvee
  • des missiles anti-radiations à grande vitesse (HARM)
  • 20 000 obus d’artillerie de 155 mm
  • environ 600 obus d’artillerie de 155 mm à guidage de précision (Excalibur)
  • 95 000 obus d’artillerie de 105 mm
  • environ 11 800 obus de mortier de 120 mm
  • des munitions HIMARS supplémentaires
  • 12 véhicules de soutien aux munitions
  • 6 véhicules de commandement et d’état-major
  • 22 véhicules équipés de systèmes de missiles TOW
  • environ 2000 missiles antichars
  • plus de 3 000 000 cartouches de munitions pour armes légères
  • de l’équipement pour la destruction d’obstacles
  • des mines antipersonnel Claymore
  • des appareils de vision nocturne
  • des pièces de rechange et autres équipements de terrain.  

Le directeur américain de la CIA, William Burns, qui s’est rendu à Kiev en secret, il y a plus d’une semaine pour informer le président Volodymyr Zelensky, a parlé de « l’urgence du moment » sur le champ de bataille. Quelque chose de grave arrive.
 
Le New York Times écrit que les États-Unis aideront l’Ukraine à planifier une « contre-offensive pour restituer les territoires occupés ». La cible de la contre-offensive est probablement la Crimée.  

La nouvelle assistance militaire permettra à l’Ukraine de lancer une offensive à grande échelle, a affirmé également le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg : « Des centaines de nouveaux véhicules de combat d’infanterie, de véhicules blindés et de chars de combat sont désormais fournis à l’Ukraine, ce sera d’une grande importance pour le pays… Ce soutien va non seulement permettre aux Ukrainiens de se défendre contre de nouvelles offensives russes, mais aussi leur permettre de lancer leurs propres offensives pour reprendre le territoire ».

Les analystes de The GrayZone, juste un mois après le début du conflit, ont écrit dans l’article intitulé « Dieux de la guerre : Comment les États-Unis ont armé l’Ukraine contre la Russie » : « Depuis le coup d’État organisé par les États-Unis en Ukraine en 2013-14, les troupes américaines ont formés les Ukrainiens, y compris les unités néo-nazies, pour mener des opérations de combat dans les zones urbaines et les zones civiles. Transformer l’Ukraine en outil de guerre fait partie des efforts de Washington pour ce que le Pentagone appelle « une domination totale ». Les États-Unis prolongent le conflit en Ukraine afin de maximiser leurs profits en développant leur propre production militaire, selon des observateurs qui rapportent que les États-Unis continuent avec une obstination maniaque à adhérer à la tactique de la guerre d’usure ». 

Selon le Financial Times, depuis le début des hostilités en Ukraine, en seulement 8 mois, les producteurs de pétrole américains ont reçu plus de 200 milliards de dollars. Les revenus combinés des 40 plus grandes sociétés de carburant et d’énergie aux États-Unis, au Canada et en Europe au cours des neuf mois de 2022 ont dépassé 2,64 billions de dollars, en hausse de 1 billion de dollars, ou 61%, par rapport à la même période en 2021. L’argent des Européens navigue en toute confiance à travers l’océan, alors que les citoyens de l’Europe subissent l’inflation et la crise énergétique.

Les Américains deviennent, également, les gardiens du marché mondial du GNL. Ils espèrent éjecter complètement la Russie du marché du gaz. De ce seul marché, les États-Unis recevront, en outre, jusqu’à 200 milliards de dollars par an (cela couvre plusieurs fois leurs « cadeaux » à l’Ukraine). 

Observateur Continental a signalé que le GNL américain s’éloigne de l’Europe car la baisse des prix du gaz entraîne une redistribution des contrats vers l’Asie. Dans le même temps, l’économie européenne est directement touchée en raison de la hausse du coût de toutes les marchandises. En parallèle, les États-Unis renforcent considérablement leur position sur les marchés mondiaux des céréales et des armes, poussant la Russie hors de ces secteurs tout en voulant la faire sortir, en même temps, de l’Ukraine. 

Ayant renoncé à soutenir la guerre en Afghanistan, le complexe militaro-industriel américain a trouvé un substitut avec cette demande en Ukraine. Les États-Unis ont forcé l’OTAN qui se trouvait, selon les termes du président français, Emmanuel Macron, en état de « mort cérébrale » à s’unir. Les Européens sont obligés d’augmenter les dépenses d’armement à au moins 2% du PIB (auparavant, l’Allemagne dépensait presque la moitié). Il est prévu d’augmenter le nombre d’États membres de l’OTAN au détriment de la Suède et de la Finlande. Enfin, en utilisant le conflit armé en Ukraine comme un outil diplomatique, les États-Unis aliènent davantage les anciennes républiques soviétiques de Moscou.

Oliver Renault

source : Observateur Continental

Gérer le discours de déni sur l’Ukraine

Source : The Saker francophone.

 

Regardez autour de vous : les plaques tectoniques de la géopolitique et de la géofinance sont en train de se déplacer, s’éloignant radicalement d’un Occident de plus en plus chancelant.


Par Alastair Crooke – Le 19 décembre 2022 – Source Strategic Culture

L’inflexion a commencé. Elle a été annoncée par le Financial Times (FT) et The Economist – les deux médias qui transmettent si fidèlement tout « récit de remplacement » aux sherpas mondialistes (ceux qui portent les bagages en haut de la montagne, au nom des nababs en selle).

The Economist commence par des entretiens avec Zelensky, le général Zaluzhny et le commandant militaire ukrainien sur le terrain, le général Syrsky. Tous trois sont interviewés – interviewés dans The Economist, pas moins. Une telle chose ne se produit pas par hasard. Il s’agit d’un message destiné à transmettre le nouveau récit de la classe dirigeante au « golden billion » (qui le lira et l’absorbera).

En surface, il est possible de lire l’article de The Economist comme un plaidoyer pour plus d’argent et beaucoup plus d’armes. Mais le message sous-jacent est clair : « Quiconque sous-estime la Russie court à sa perte » . La mobilisation des forces russes a été un succès ; il n’y a aucun problème de moral pour les Russes ; et la Russie prépare une énorme offensive d’hiver qui commencera bientôt. La Russie dispose d’énormes forces de réserve (jusqu’à 1,2 million d’hommes), tandis que l’Ukraine ne compte désormais plus que 200 000 hommes formés militairement pour le conflit. En d’autres termes, la situation est claire. L’Ukraine ne peut pas gagner.

Elle dispose d’une énorme liste d’achats d’armes recherchées. Mais cette liste n’est qu’un vœu pieux ; l’Occident ne les a tout simplement pas en stock. Point final.

La « Grande lecture » du FT, en revanche, est un défoulement de la colère occidentale contre les technocrates siloviki « réformistes » russes qui, au lieu de rompre avec Poutine au sujet de l’OMS, ont honteusement permis à l’économie russe de survivre aux sanctions occidentales. Le message prononcé – les dents serrées – est que l’économie russe a survécu avec succès aux sanctions occidentales.

Le colonel Douglas Macgregor, stratège militaire américain de premier plan, développe ici le message : même la fourniture de sept ou huit systèmes de missiles Patriot n’est « pas une escalade » . Elle aura au mieux un « impact marginal » sur le champ de bataille en Ukraine ; ce n’est que de la poudre aux yeux. Scott Ritter, en discussion avec le juge Neapolitano, pense que les interviews de The Economist révèlent que l’Occident écarte Zelensky – alors que Zaluzhny administre sa forte dose de réalité (qui sera choquante pour de nombreux fidèles sherpas). L’interview de The Economist mettait donc clairement l’accent sur le général Zaluzhny, Zelensky n’étant pas mis en avant ; ce qui, selon Ritter, indique que Washington souhaite « changer de cheval » . Un autre « message » ?

Pour être clair, le général Zaluzhny a déclaré un jour qu’il se considérait comme un disciple du général russe Gerasimov, le chef d’état-major général. Zaluzhny serait familier avec les écrits de ce dernier. En bref, Zaluzhny est connu à Moscou comme un soldat professionnel (bien qu’il soit acquis à la cause nationaliste ukrainienne).

Alors, l’Occident prépare-t-il son récit pour se couper de ce conflit ingagnable, l’Ukraine, et passer à autre chose ?

Est-ce faisable ? L’Occident n’est-il pas trop profondément investi narrativement dans le scénario selon lequel il faut « saigner la Russie »  et selon lequel Poutine ne doit pas être autorisé à gagner pour que cela se produise ? Non, cela peut se produire. Regardez ce qui s’est passé en Afghanistan : un énorme et rentable gâchis a été liquidé en quelques jours. Et un peu plus d’un an plus tard, lors de son anniversaire, la débâcle de Kaboul est à peine mentionnée dans la presse occidentale.

Les titres des médias sont passés sans transition de l’Afghanistan à l’Ukraine, avec à peine un regard en arrière. Et déjà, une cible facile est en train d’être préparée pour faire diversion  et pour attirer l’attention des médias occidentaux, alors que le thème de l’Ukraine est discrètement mis de côté, et que l’« agression » de la Serbie contre le Kosovo devient la nouvelle « agression » .

La Serbie peut apparaître à la classe dirigeante occidentale comme une aubaine que l’OTAN pourrait utiliser pour redorer son image ternie (post-Afghanistan et Ukraine). En d’autres termes, la Serbie est menacée quotidiennement par les responsables européens et américains : se joindre à l’Europe pour sanctionner la Russie ; reconnaître officiellement l’indépendance du Kosovo ; abandonner les Serbes qui vivent au Kosovo depuis des siècles ; rejoindre l’UE et l’OTAN en tant que membre d’un bloc anti-russe ; et « non » , tous ces accords juridiques passés n’ont aucune importance et seront ignorés.

L’essentiel ? La nette majorité des Serbes est favorable à la Russie. Il est douteux qu’un gouvernement à Belgrade puisse survivre en se conformant à de tels ultimatums ; pourtant la Serbie est dans une situation vulnérable. C’est une île entourée d’États de l’OTAN et de l’UE. Le gouvernement de Belgrade propose d’envoyer 1000 policiers serbes au Kosovo pour protéger les droits de la population serbe locale, mais l’OTAN pourrait vouloir s’en servir comme prétexte pour montrer sa puissance militaire.

La principale question est la suivante : l’Ukraine parviendra-t-elle à « atterrir en douceur » ? Le « collectif Biden » préférerait sans doute cela. Un « atterrissage en douceur » semble toutefois improbable. Le Grand Duc d’York n’a pas fait monter 10 000 hommes au sommet de la colline seulement pour les en faire redescendre ensuite (comme le dit la vieille chanson). Et Poutine n’a pas mobilisé 380 000 hommes (y compris des volontaires) pour ensuite les démobiliser. La rupture avec l’UE et les États-Unis est profonde. La déclaration du chancelier Scholz selon laquelle, lorsque la Russie se sera retirée de l’Ukraine, l’Allemagne daignera peut-être reprendre son gaz et son pétrole, est un pur délire. Dire qu’il n’y a pas de confiance est un euphémisme. Cela dit, Moscou voudra gérer les choses de manière à ne pas déclencher un conflit direct entre l’OTAN et la Russie.

Mais … l’Occident, qui a été si profondément dans le déni de l’incroyable transformation économique et militaire qui s’est produite en Russie depuis 1998, et dans le déni si véhément des capacités de l’armée russe, peut-il simplement glisser sans effort vers un autre récit ? Oui, facilement. Les néoconservateurs ne regardent jamais en arrière, ils ne s’excusent jamais. Ils passent au projet suivant…

Des efforts considérables ont été déployés pour développer le récit de la « Russie comme tigre de papier » , même si cela a amené les services de renseignement à dire des choses manifestement absurdes et fausses sur les performances de la Russie en Ukraine. Le professeur Mike Vlahos et le colonel Macgregor, dans leur débat en trois parties sur l’Ukraine et le rôle de l’armée américaine dans ce conflit, reviennent sans cesse sur le thème de l’ampleur sans précédent du « déni et de la tromperie » qui a caractérisé ce conflit. Pourquoi les services de renseignement professionnels de l’Occident ont-ils menti et de façon si puérile ?

Les deux stratèges s’étonnent que certains de leurs collègues professionnels semblent avoir cru au « récit du déni » (c’est-à-dire que la Russie d’aujourd’hui n’est pas différente de l’Union soviétique et qu’il suffirait de souffler un grand coup pour que la maison russe s’écroule à nouveau), malgré l’accumulation de preuves contradictoires dont disposaient ces collègues.

Il y a clairement un côté extatique dans ce dernier récit : la Seconde Guerre mondiale et l’implosion soviétique (dans le récit occidental) ont déclenché une victoire culturelle tectonique complète. Cela représentait une réaffirmation sans faille de la culture et de la puissance financière américaines, et donnait du crédit à la « fin de l’histoire » , de sorte que le modèle américain allait inévitablement subsumer le monde.

Alors, est-ce bien cela ? L’effondrement d’une Russie ressuscitée a-t-il été simplement vu sous cet angle ? Une victoire facile, entraînant dans son sillage un nouveau triomphe extatique ? Cela allait-il tellement de soi pour ces « vrais croyants » qu’ils n’ont même pas pris la peine de faire preuve de diligence raisonnable ?

Pourquoi ce « récit du déni » est-il devenu si convaincant pour tant d’Européens et d’Américains ? Pourquoi tant de gens ont-ils cru les mensonges évidents des relations publiques ukrainiennes ? Vlahos et Macgregor ont trouvé que cela était à la fois déroutant et une faille inquiétante dans la prise de décision occidentale rationnelle. Et qui a largement contribué au dysfonctionnement croissant de l’armée américaine.

Les deux intervenants se sont fortement concentrés sur l’aspect relations publiques (à un moment donné, l’Ukraine avait pas moins de 150 institutions de relations publiques travaillant pour son compte). Mais nous sommes aujourd’hui dans une situation différente.

Les relations publiques et le ministère de la Vérité d’Orwell sont dépassés. Has been. De l’histoire ancienne.

« L’unité mentale des foules »

« Je ne suis pas un conseiller médiatiquedit Nevo Cohen, le conseiller auquel le nouveau ministre israélien de la sécurité nationale, Ben-Gvir, attribue la victoire de l’extrême droite aux récentes élections israéliennes ; « Je suis un conseiller stratégique… Autrefois, il était possible de gagner des campagnes en tant que responsable des relations publiques. Aujourd’hui, ce n’est plus suffisant… Les médias sont un outil important dans la boîte à outils du directeur de campagne, mais je m’occupe de la conscience de masse, et c’est un arsenal d’outils complètement différent. Vous pouvez facilement remarquer une campagne électorale menée par quelqu’un issu du monde de la publicité ». (C’est nous qui soulignons.)

Vlahos et Macgregor ont analysé le divorce inexplicable entre deux réalités de guerre qui ne se touchaient tout simplement pas. Cependant, le professeur de psychologie clinique à l’université de Gand, Mattias Desmet, a abordé la question de la disparité d’un point de vue psychologique.

Un beau matin de novembre 2017, le professeur Desmet, hébergé dans le gîte d’un ami dans les Ardennes, est saisi d’une intuition soudaine : « […] j’ai été saisi par la conscience palpable et aiguë d’un nouveau totalitarisme qui a semé sa graine et fait se raidir le tissu de la société » . Ses observations, après trois années de recherche, l’ont amené à écrire son livre « Psychologie du totalitarisme » .

Nombreux sont ceux qui ont écrit sur le sujet du totalitarisme, de Hannah Arendt à Gustave Le Bon (entre autres), mais l’approche de Desmet différait en ce sens qu’il voulait expliquer le contexte psychologique du déni massif de réalités évidentes (par des scientifiques et des experts, autant que par n’importe qui).

Il a identifié certains « mécanismes psychologiques primitifs » qui devaient être présents pour qu’un récit partagé se transforme en une « formation de masse » insidieuse qui détruit la conscience éthique d’un individu et le prive de sa capacité à penser de manière critique.

La condition première est qu’il y ait un segment de la population qui n’a pas de liens communautaires ou de sens dans sa vie, et qui est en outre affligé par « l’anxiété et le mécontentement flottant librement » , qui tend vers l’agressivité (c’est-à-dire par un sentiment généralisé que « le système » et l’économie sont « truqués » injustement, contre eux).

Les mouvements de masse attirent, par essence, les gens parce qu’ils semblent offrir de l’espoir à des êtres désespérés et dysfonctionnels.

Dans cet état mental, un récit peut être « dissous » , suggérant une cause particulière à l’anxiété flottante et un moyen d’y faire face (par exemple : « La Russie menace notre avantage mondial, notre identité et nos valeurs, et si elle est détruite, l’ancien système et les valeurs se redresseront d’eux-mêmes »).

Le récit explicatif donne un sentiment immédiat de connexion et d’engagement dans un « projet héroïque » ; le sens est ainsi restauré, même si ce sens est absurde et sans rapport avec la réalité. Le sentiment de connectivité s’apparente à ce qui se passe dans La psychologie des foules. Dans l’âme des foules, croyait Gustave Le Bon, « la personnalité consciente disparaît » (True Believer, 2013) ; l’individualité s’efface et est absorbée par « l’unité mentale des foules » – ressemblant finalement à une « réunion d’imbéciles » capables des « actes les plus sanguinaires » .

Mais ce qui est peut-être le plus inquiétant, c’est qu’Eric Hoffer a découvert un autre type d’individu qui est attiré par les mouvements de masse et dont, en fait, la participation est souvent nécessaire pour que ces mouvements prospèrent. « Ce qu’Eric Hoffer a découvert, et qui a souvent été négligé par de nombreux sociologues et certainement par le grand public, c’est que les mouvements de masse attirent ce que nous appelons aujourd’hui la personnalité psychopathe – en fait, des prédateurs : des individus qui se complaisent à causer de grands dommages, qui sont peut-être même sadiques, et qui ne sont pourtant pas dérangés le moins du monde par ce qu’ils font » .

Les mouvements de masse qui considèrent la guerre comme une partie de leur solution attirent les psychopathes, et en ont même besoin. Paradoxalement, la propension à souhaiter la destruction (disons, de tous les Russes) suscite davantage de respect de la part des autres vrais croyants et est liée à un autre élément paradoxal : ce qui lie les mouvements de formation de masse, c’est la nécessité de faire des sacrifices (c’est-à-dire, dans le mouvement pour le changement climatique, le sacrifice de l’industrialisation, des voyages, des modes de vie, des combustibles fossiles et du bien-être économique).

« Le programme de la peur, désormais un élément accepté de l’arsenal de la politique démocratique »

Gustave Le Bon a noté comment de telles formations de masse étaient exploitées par les autorités, utilisant la peur pour imposer la conformité. Et cette semaine, Janet Daley, écrivant dans le Telegraph, avertit :

La leçon essentielle qui a été absorbée de manière indélébile par les gens au pouvoir, et ceux qui les conseillent, est que la peur fonctionne. Il s’avère qu’il n’y a presque rien qu’une population ne soit prête à sacrifier si elle est systématiquement et implacablement effrayée.

 

Le phénomène Covid a fourni un entraînement inestimable aux techniques de contrôle de l’esprit public : la formule a été affinée – avec l’aide d’une publicité sophistiquée et de conseils pour former l’opinion – en un mélange étonnamment réussi d’anxiété de masse (votre vie est en danger) et de coercition morale (vous mettez la vie des autres en danger).

 

Mais ce n’est pas seulement la répétition sans fin de ce message qui a permis d’obtenir une conformité quasi universelle et tout à fait inattendue. C’est la suppression totale de la dissidence, même lorsqu’elle provient de sources expertes, et l’interdiction d’argumenter, même lorsqu’elle est accompagnée de contre-arguments, qui a vraiment fait l’affaire.

 

Si les lois du pays ne vous permettent pas d’éradiquer toutes ces opinions déviantes, vous pouvez simplement orchestrer une avalanche d’opprobre et de discrédit sur ceux qui les expriment afin de saper leur réputation professionnelle. Mais c’est là une bataille du passé. Le Covid, en tant qu’événement historique, est terminé. Parlons maintenant de la manière dont le programme de la peur, qui fait désormais partie intégrante de l’arsenal de la politique démocratique, est susceptible de fonctionner dans le présent et à l’avenir. Il se trouve qu’il existe ce qui ressemble à un modèle remarquablement similaire d’anxiété et de chantage moral appliqué à la question du changement climatique. Remarque : ces observations n’ont aucun rapport avec l’existence ou non d’une véritable « crise climatique » . Ce que je veux examiner [plutôt], c’est la manière dont les politiques formulées pour y faire face sont conçues…

Nous pouvons reconnaître clairement ces outils précisément déployés par l’Occident dans le cas de l’Ukraine également.

Ces « outils de conscience de masse » donneront-ils au « golden billion » leur victoire psychopathique sur l’humanité ?

Regardez autour de vous : les plaques tectoniques de la géopolitique et de la géofinance sont en train de se déplacer, s’éloignant radicalement d’un Occident de plus en plus chancelant. Il s’agit de forces structurelles (les forces mécaniques de la dynamique physique) sur lesquelles les outils de la conscience de masse n’ont finalement qu’une influence limitée. Moscou comprend bien ces changements qui sont en cours et sait comment les amplifier.

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

 

« Processus d’effacement »

 

par Patrick Reymond - Le 20/01/2023.

« Pour souhaiter une bonne année à nos lecteurs, notre équipe n’apporte pas que des nouvelles réjouissantes, l’événement qui marque selon nous ce début d’année 2023 c’est la concrétisation du processus d’effacement irréversible de l’Union européenne sur la scène globale du monde d’après, à l’image de l’empire ottoman qui a chuté il y a précisément un siècle ».

C’est tiré du GEAB. En fait, la mauvaise nouvelle n’en est qu’une que pour les dominants.

De fait, la rapacité de la bourgeoisie, macronienne en France, d’un autre nom ailleurs, se fait aux dépens de leur propre biotope économique. Visiblement, ils ne comprennent rien à l’économie physique, celle qui fait de la Russie « l’unique superpuissance » militaire, et dont la guerre avec l’oxydant-oxydé, se finira ainsi.

Je fais le pari que la Russie finira par annexer la totalité de l’Ukraine, mais d’une Ukraine totalement dépeuplée, qui lui servira, à l’ancienne, de glacis, qui pourrait être agricole, minier et énergétique, mais rien d’autre. Peut être touristique, comme il en était question à Marioupol, mais l’Ukraine a prouvé qu’elle pouvait être envahie moult fois. Bref, ne laisser que ce qui ne pourrait pas nuire ou qu’on ne peut déplacer.

L’empire global américain, a tenté le conflit de trop, pas au bon moment, pas avec le bon moyen. Il fallait, il y a 30 ans, endormir la Russie, ne pas l’agresser, faire ce qui a été fait à tous les pays européens avec la complicité de leurs élites. Sans excès, doucement, le patient serait mort sans s’en apercevoir…

L’outrance dans le comportement de la classe dirigeante, au profit du 0.1% fera le reste.

L’empire américain/avatar européen, sont sur la même longueur d’onde et le même diapason. Ils s’effondrent économiquement en manipulant la finance, et en consommant, mais de moins en moins, en produisant.

Ils s’effondrent aussi en faisant des guerres sans fin, qui, de moins en moins, remplissent les coffres et coûtent de plus en plus cher.

On vient d’apprendre que les armes françaises sont trop chères et trop peu nombreuses. Là aussi, on a oublié notre propre histoire. Comme à chaque fois, la guerre, c’est écraser l’ennemi à moindre coût. Quand on se met à dépenser sans compter, cela tourne mal. Et « l’Europe-la-paix », passe son temps à faire la guerre, les pays de l’Union, ayant toujours suivies de manière inégale, mais toujours, les USA dans leurs interventions. Une centaine depuis 1991.

À l’heure où les entrepreneurs s’effondrent sous le poids des notes électriques, on apprend que la France est en état de surproduction mais sans souplesse en cas de redémarrage…

Les causes du déclin ;

  1. L’exploitation sans vergogne de la classe moyenne par l’élite, qui explique pourquoi la correction financière n’ira pas jusqu’à son terme.
  2. Le déclin de l’empire américain, qui a commencé aux alentours de 1999.
  3. L’abandon des règles, des principes et des idées qui ont rendu les États-Unis aussi prospères.
  4. Une peur fanatique du réchauffement climatique et la conviction que le climat terrestre peut et doit être contrôlé.
  5. Le pouvoir politique incontesté de ce que Eisenhower appelait le « complexe militaro-industriel ».

On voit donc que les grandes peurs de 2017 et de 2022 pour le fascismeuh, ne sont que des manipulations des populations, pour qu’elles endurent encore leurs maltraitances. Génial le nazisme actuel…

Le déclin de l’empire US n’a pas commencé en 1999, mais en 1971, voire 1945. 1945, c’est le pacte du Quincy avec l’Arabie Séoudite, 1971, c’est la fin de l’étalon or, et la descente aux enfers du commerce extérieur, 1999 n’étant que l’étape qui montre à tous ceux qui ne sont pas des imbéciles patentés que l’empire est sur le déclin de manière irrémédiable.

Après, ses ennemis russes et chinois, ont su attendre.

Ce qui avait rendu les USA, l’Europe et le Japon prospère, c’est l’énergie abondante et bon marché. Le Japon avait su s’accommoder, vu sa situation géographique, à une énergie plus chère.

Le richofemenclimatic n’est qu’une religion, destinée à terroriser les serfs et les idiots.

L’hypertrophie militaire, on la voit actuellement à l’œuvre en Ukraine. Europe et USA n’ont les moyens que d’affronter des armées pygmées, et ils tombent dans le piège du broyeur. Les armes oxydentales-oxydées s’enfournent en Ukraine, mais on n’a plus de capacités de productions, du moins, avant de longues années… Et, de toute façon, 72 canons Caesar, ça doit faire rire les Russes qui doivent en avoir 10 000… En plus, avec un nombre pareil, les contre batteries, c’est plutôt aisé d’en faire. Comme les 50 000 pièces nord coréennes sur la frontière sud. Parfaitement anciennes pour la plupart, elles réduiraient en cendres en quelques minutes, une bonne partie de la Corée du sud.

En ce qui concerne leurs capacités, le Caesar tire exactement à la même cadence que le 75, modèle 1897, 6 coups minute, à la différence qu’en 1914, ils arrivaient à faire du 28 coups minute. Tout n’est que question de physique. En 1914, on pouvait admettre de perdre quelques pièces qui explosaient à force de trop tirer, Avec 72, c’est trop peu…

source : La Chute

Opération militaire spéciale : Loukachenko s’est retrouvé dans une situation désespérée

Source : Le Courrier des stratèges - par Elena Sinyavskaïa - Le 19/01/2023.

Opération militaire spéciale: Loukachenko s’est retrouvé dans une situation désespérée, par Elena Sinyavskaïa

Pour le président biélorusse Alexandre Loukachenko, l’année écoulée n’a pas été facile. Minsk est habituée à être soumise à diverses restrictions, mais elle n’a jamais été soumise à des restrictions aussi graves. Comment cela a-t-il affecté les relations entre Minsk et Moscou ?


Cet article est initialement paru sur le site politobzor.net. Il n’engage pas la ligne éditoriale du Courrier des Stratèges

« Si la Russie s’effondre, nous serons les prochains, et même pas les prochains, nous y chuterons ensemble », a déclaré Alexandre Loukachenko début mars. Ce qui signifie que si Moscou perd dans la confrontation avec l’Occident, Minsk tombera ensuite. Cette déclaration s’applique également à l’économie biélorusse. Les sanctions occidentales contre la Russie ont été dupliquées à la Biélorussie. En conséquence, le pays, déjà soumis à toutes sortes de restrictions, s’est complètement tourné vers Moscou. Cette orientation est devenue incontestée.

Le renforcement des relations entre la Biélorussie et la Russie en 2022

Au cours de l’année écoulée, l’intégration entre les deux États a sensiblement augmenté. Minsk a commencé à expédier, dans les ports russes, de la potasse bloquée du fait des sanctions. Les cargaisons étaient principalement destinées à la Chine. Le premier vice-Premier ministre Nikolai Snopkov a noté que l’infrastructure portuaire russe répond pleinement aux besoins des exportations biélorusses. Le Kremlin s’est également porté volontaire pour compenser les pertes liées au départ du marché européen. Le vice-ministre biélorusse de l’Industrie, Dmitry Kharitonchik, a déclaré que les livraisons sur le marché russe avaient augmenté d’un record de 66 % l’année dernière. Le pays a pu, pour la première fois, atteindre une balance commerciale positive avec la Russie.

L’un des événements importants dans les relations entre les deux pays a eu lieu en décembre : les parties se sont mises d’accord sur les principaux paramètres des prix des ressources énergétiques russes. Minsk demande depuis longtemps que le coût fixé pour les Biélorusses soit identique à celui déterminé pour les consommateurs russes. Mais jusqu’à présent, cela n’avait pas été possible. Si les détails de l’accord ne sont pas divulgués, il n’en reste pas moins que Loukachenko a déclaré qu’il était « satisfait ».

Une coopération active a également eu lieu dans le domaine de la substitution des importations. Depuis le printemps, les gouverneurs russes se succèdent à Minsk. Le chef de Saint-Pétersbourg, Alexander Beglov, a discuté des « liens économiques et humanitaires » avec Loukachenko. Le gouverneur de la région de Tcheliabinsk a accepté de mettre en œuvre un projet commun de construction d’un grand complexe d’élevage. Et le gouverneur de Koursk a reçu les développements biélorusses dans la production de divers types d’équipements, de l’automobile à l’agriculture.

Loukachenko entre deux chaises : ni entrer en guerre contre l’Ukraine, ni rompre avec Moscou

Alexandre Loukachenko a déclaré que « Le renforcement des liens biélorusses-russes est devenu une réponse naturelle à l’évolution de la situation dans le monde, dans laquelle nous sommes constamment testés et testés pour notre force. Je crois que, malgré quelques aspérités, nous trouvons toujours des réponses efficaces à divers défis et menaces ». Et il a averti : « Il n’est pas question que la Russie ou la Biélorussie renoncent à leur souveraineté, car ce n’est tout simplement pas nécessaire ». Lors d’une rencontre avec Poutine, le dirigeant biélorusse a prononcé cette phrase qui est devenue instantanément un slogan : « Maintenant, je vais vous montrer d’où se préparait l’attaque contre la Biélorussie ». De ce fait, la Biélorussie s’est impliquée dans le conflit militaire avec l’Ukraine. Loukachenko a même assuré que sans la frappe préventive de la Russie, Kyiv aurait attaqué Minsk. Déjà en mai dernier, le président biélorusse avait avoué : « Pour être honnête, je ne pensais pas que ce conflit s’éterniserait ». Après cela, la rhétorique de Loukachenko a virevolté comme une girouette dans un ouragan. « Ne pensez pas que je prévois une sorte d’attaque ici : nous bombarderons l’Ukraine depuis le territoire de la Biélorussie et ainsi de suite. Je n’en ai aucun désir. Au nom de quoi ? Il faut qu’on se calme », dit-il en août. Et en décembre, il déclare que la Biélorussie soutiendra plus activement son allié russe dans le NWO contre l’Ukraine, notant qu’aujourd’hui le pays a « mis en service de combat » des S-400 et des Iskanders transférés par le Kremlin.......

Lire la fin de l'article en vous abonnant au "Courrier des Stratèges"

Tout est calme (panique) sur le front occidental

 

par Pepe Escobar - Le 17/01/2023.

Shadows are falling / Les ombres tombent
And I’ve been here all day / Et j’ai été ici toute la journée
It’s too hot to sleep / Il fait trop chaud pour dormir
And time is running away / Et le temps défile
Feel like my soul / J’ai l’impression que mon âme
has turned into steel / s’est transformée en acier
I’ve still got the scars / J’ai encore les cicatrices
That the sun didn’t heal / Que le soleil n’a pas guéri
There’s not even room enough / Il n’y a même pas assez de place
To be anywhere / Pour être n’importe où
Lord it’s not dark yet / Seigneur, il ne fait pas encore nuit
but it’s getting there / mais ça s’en vient

(Bob Dylan, « Not Dark Yet »)

***

Lumières ! Action ! Réinitialisation !

La foire aux monstres de Davos du Forum économique mondial (WEF) reprend lundi.

Les grands médias de l’Occident collectif, à l’unisson, vont faire tourner sans discontinuer, pendant une semaine, toutes les « nouvelles » bonnes à imprimer pour vanter les nouvelles déclinaisons de la Grande Réinitialisation, rebaptisée Le Grand Récit, mais en réalité présentée comme une offre bénigne du « capitalisme participatif ». Telles sont les principales planches de la plateforme louche d’une ONG louche enregistrée à Cologny, une banlieue cossue de Genève.  

La liste des participants à Davos a fait l’objet d’une fuite. Proverbialement, il s’agit d’une fête de l’exceptionnalisme anglo-américain, avec la présence de hauts responsables du renseignement tels que la directrice du renseignement national américain, Avril « Madame Torture » Haines, le chef du MI6 Richard Moore et le directeur du FBI Christopher Wray. 

On pourrait écrire des encyclopédies remixées de Diderot et d’Alembert sur la pathologie de Davos – où une liste impressionnante de multimilliardaires, de chefs d’État et de chouchous du monde des affaires (appartenant à BlackRock, Vanguard, State Street et autres) « s’engagent » à vendre des paquets de dystopie démente aux masses sans méfiance. 

Mais allons droit au but et concentrons-nous sur quelques panels de la semaine prochaine, que l’on pourrait facilement confondre avec des sessions « Droit vers l’Enfer ».

La liste du mardi 17 janvier est particulièrement intéressante. Elle comprend un panel intitulé « Dé-mondialisation ou re-mondialisation ? » avec les intervenants Ian Bremmer, Adam Tooze, Niall Ferguson, Péter Szijjártó et Ngaire Woods. Trois atlantistes/exceptionnalistes se distinguent, notamment l’ultra-toxique Ferguson.

Après « En défense de l’Europe », avec un groupe de nullités, dont le Polonais Andrjez Duda, les participants seront accueillis par une Saison Spéciale en Enfer (désolé, Rimbaud), avec la dominatrice de la CE Ursula von der Leyen, connue par la grande majorité des Allemands sous le nom d’Ursula von der Leichen (« Ursula des cadavres »), en équipe avec le cerveau du WEF, l’émulateur du Troisième Reich Klaus « Nosferatu » Schwab.

Les rumeurs disent que Lucifer, dans sa demeure souterraine privilégiée, est vert de jalousie.

Il y a aussi « Ukraine : Quelle est la suite ? » avec un autre groupe de nullités, et « Guerre en Europe : Année 2 » avec la Moldave Maia Sandu et la fêtarde finlandaise Sanna Marin.

Dans la section des criminels de guerre, la place d’honneur revient à « Une conversation avec Henry Kissinger : Perspectives historiques sur la guerre », où le Dr K. vendra toutes ses permutations « Diviser pour régner ». Le soufre supplémentaire sera fourni par l’étrangleur de Thucydide, Graham Allison.

Dans son discours spécial, le chancelier « saucisse de foie » Olaf Scholz sera côte à côte avec Nosferatu, en espérant qu’il ne sera pas – littéralement – grillé.

Puis, le mercredi 18 janvier, viendra l’apothéose : « Restaurer la sécurité et la paix » avec les orateurs Fareed Zakaria – l’homme brun préféré de l’establishment américain ; Jens Stoltenberg de l’OTAN « La guerre, c’est la paix » ; Andrzej Duda – à nouveau ; et la belliciste canadienne Chrystia Freeland – dont on dit qu’elle deviendra la prochaine secrétaire générale de l’OTAN.

Et ce n’est pas tout : le comédien à la cocaïne qui se fait passer pour un chef de guerre pourrait participer par zoom depuis Kiev.

L’idée que ce panel est habilité à émettre des jugements sur la « paix » ne mérite rien de moins que son propre prix Nobel de la paix.

Comment monétiser le monde entier

Les cyniques de tous bords peuvent être excusés de regretter que M. Zircon – actuellement en patrouille océanique dans l’Atlantique, l’océan Indien et, bien sûr, la Méditerranée « Mare Nostrum » – ne présente pas sa carte de visite à Davos.

L’analyste Peter Koenig a développé une thèse convaincante selon laquelle le WEF, l’OMS et l’OTAN pourraient diriger une sorte de culte de la mort sophistiqué. La Grande Réinitialisation se mêle allègrement à l’agenda de l’OTAN en tant qu’agent provocateur, financeur et fabricant d’armes de la guerre par procuration entre l’Empire et la Russie dans le trou noir de l’Ukraine. NAKO – un acronyme pour North Atlantic Killing Organization – serait plus approprié dans ce cas.  

Comme le résume Koenig, « l’OTAN pénètre dans tout territoire où la machine à mensonges des médias « conventionnels » et l’ingénierie sociale échouent ou n’atteignent pas assez vite leurs objectifs d’ordonnancement des populations ».

En parallèle, très peu de gens savent que le 13 juin 2019 à New York, un accord secret a été conclu entre l’ONU, le WEF, un ensemble d’ONG armées par des oligarques – avec l’OMS en première ligne – et enfin et surtout, les plus grandes entreprises du monde, qui sont toutes détenues par un labyrinthe interconnecté avec Vanguard et BlackRock au centre.  

Le résultat concret de cet accord est l’Agenda 2030 des Nations unies.

Pratiquement tous les gouvernements de la zone de l’OTAN et de « l’hémisphère occidental » (définition de l’establishment américain) ont été détournés par l’Agenda 2030 – qui se traduit essentiellement par la thésaurisation, la privatisation et la financiarisation de tous les actifs de la planète, sous prétexte de les « protéger ».

Traduction : la marchandisation et la monétisation de l’ensemble du monde naturel (voir, par exemple, iciici et ici.)

Les suppôts de Davos, comme l’insupportable Niall Ferguson, ne sont que des vassaux bien récompensés : des intellectuels occidentaux du moule de Harvard, Yale et Princeton qui n’oseraient jamais mordre la main qui les nourrit.

Ferguson vient d’écrire une colonne sur Bloomberg intitulée « Tout n’est pas calme sur le front oriental » – essentiellement pour colporter le risque d’une troisième guerre mondiale, au nom de ses maîtres, en accusant bien sûr « la Chine d’être l’arsenal de l’autocratie ».

Parmi les inepties en série, celle-ci se distingue. Ferguson écrit : « Il y a deux problèmes évidents avec la stratégie américaine (…) Le premier est que si les systèmes d’armes algorithmiques sont l’équivalent des armes nucléaires tactiques, Poutine pourrait finalement être conduit à utiliser les secondes, puisqu’il manque clairement des premières ».

L’ignorance est ici un euphémisme. Ferguson n’a manifestement aucune idée de ce que signifient les « armes algorithmiques » ; s’il fait référence à la guerre électronique, les États-Unis ont peut-être été en mesure de maintenir leur supériorité pendant un certain temps en Ukraine, mais c’est terminé.

Eh bien, c’est typique de Ferguson – qui a écrit toute une hagiographie des Rothschild, tout comme sa chronique, en s’abreuvant aux archives des Rothschild qui semblent avoir été aseptisées, car il ne sait presque rien de significatif sur leur histoire.

Ferguson a « déduit » que la Russie est faible et que la Chine est forte. C’est absurde. Les deux sont fortes – et la Russie est plus avancée technologiquement que la Chine dans le développement de ses missiles offensifs et défensifs avancés, et peut battre les États-Unis dans une guerre nucléaire car l’espace aérien russe est scellé par des défenses en couches telles que le S-400 jusqu’aux S-500 déjà testés et aux S-600 conçus.

En ce qui concerne les puces à semi-conducteurs, l’avantage de Taïwan dans la fabrication de puces réside dans la production de masse des puces les plus avancées ; mais la Chine et la Russie peuvent fabriquer les puces nécessaires à un usage militaire, sans toutefois s’engager dans une production commerciale de masse. Les États-Unis ont ici un avantage important sur le plan commercial avec Taïwan, mais ce n’est pas un avantage militaire. 

Ferguson dévoile son jeu lorsqu’il évoque la nécessité de « dissuader une combinaison naissante de type Axe composée de la Russie, de l’Iran et de la Chine de risquer un conflit simultané sur trois théâtres : l’Europe de l’Est, le Moyen-Orient et l’Extrême-Orient ».

Nous avons là une diabolisation atlantiste caractéristique des trois principaux vecteurs d’intégration de l’Eurasie, mélangée à un cocktail toxique d’ignorance et d’arrogance : c’est l’OTAN qui attise les « conflits » en Europe de l’Est ; et c’est l’Empire qui est expulsé de « l’Extrême-Orient » (oh, c’est tellement colonial) et bientôt du Moyen-Orient (en fait l’Asie occidentale).  

Une histoire de TOGOA

Personne ayant un QI supérieur à la température ambiante ne s’attendra à ce que Davos, la semaine prochaine, discute sérieusement de tout aspect de la guerre existentielle entre l’OTAN et l’Eurasie – sans parler de proposer une diplomatie. Je vous laisse donc avec une autre histoire sordide typique de la façon dont l’Empire – qui règne sur Davos – traite en pratique avec ses vassaux.

Alors que je me trouvais en Sicile au début de l’année, j’ai appris qu’un agent de très grande valeur du Pentagone avait atterri à Rome, à la hâte, dans le cadre d’une visite non programmée. Quelques jours plus tard, la raison de cette visite était publiée dans La Repubblica, l’un des journaux du toxique clan Agnelli.

Il s’agissait d’une escroquerie mafieuse : une « suggestion » face à face pour que le gouvernement Meloni fournisse impérativement à Kiev, dès que possible, le coûteux système de missiles anti-Samp-T, développé par un consortium européen, Eurosam, réunissant MBDA Italie, MBDA France et Thales.

L’Italie ne possède que 5 batteries de ce système, pas vraiment brillant contre les missiles balistiques mais efficace contre les missiles de croisière. 

Le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan avait déjà appelé le Palazzo Chigi pour annoncer « l’offre que vous ne pouvez pas refuser ». Apparemment, ce n’était pas suffisant, d’où le voyage précipité de l’émissaire. Rome devra se plier à la règle. Sinon. Après tout, n’oubliez jamais la terminologie employée par les généraux américains pour désigner la Sicile, et l’Italie dans son ensemble : TOGOA (AMGOT).

Territoire occupé par le gouvernement américain.

Amusez-vous bien avec la foire aux monstres de Davos.   

Pepe Escobar

source : Telegram/Pepe Escobar

traduction Réseau International

Situation en Ukraine : Conférence de presse de Maria Zakharova

 

Extrait de la conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 12 janvier 2022.

Sur la crise ukrainienne

Le 1er janvier, l’Ukraine célébrait au niveau national l’anniversaire de « l’agent hitlérien Bandera » – c’est ainsi que ce nationaliste ukrainien responsable de la mort de dizaines de milliers d’Ukrainiens, de Russes, de Polonais et de juifs était qualifié dans les archives déclassifiés par la CIA il y a trois ans.

Des marches aux flambeaux ont été organisées en son hommage à Kiev et dans d’autres villes. Je dirais dans les « meilleures » (c’est-à-dire les pires) traditions de tout ce qui devait rester dans le passé mais qui est réincarné aujourd’hui grâce au régime de Vladimir Zelenski. Le parlement ukrainien a publié sur les réseaux sociaux des éloges, qui ont été rapidement effacés par les autorités ukrainiennes à l’exigence du Premier ministre polonais. L’Ukraine occidentale est pratiquement prête à canoniser ce collaborateur des crimes fascistes. Cela paraît étrange, mais c’est un fait. Pour la fête de Noël célébrée par les chrétiens, notamment orthodoxes, une crèche de Noël avec sa figure a été installée dans la région de Lvov. Peut-être que cette région interprète différemment le terme « crèche » désormais ? C’est difficile à savoir compte tenu des processus qui se déroulent notamment en matière de libertés religieuses (nous en reparlerons).

Dans son élan néonazi, le régime de Vladimir Zelenski a osé remettre en question les décisions du procès de Nuremberg. En décembre 2022, la Cour suprême d’Ukraine a maintenu la décision de ne pas reconnaître comme nazis les symboles de la division SS Galicie tristement célèbre. Mais qu’est-ce que la SS ? C’est l’abréviation de quoi? Une nouvelle abréviation ou des initiales ? Les dirigeants de Kiev nous diront-ils ce qu’est la SS à leurs yeux ?

Les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ferment hypocritement les yeux sur la cultivation du nazisme en Ukraine considérant le retour du banderisme comme un élément de lutte contre la Russie. Ils ne le font pas non pas parce qu’ils ne sont pas d’accords mais soutiennent politiquement l’Ukraine. Ils le cultivent et encouragent en faisant tout précisément pour que cette idéologie devienne principale sur le territoire de l’Ukraine.

Les autorités ukrainiennes ont l’intention de légitimer « la lutte contre les conséquences de la russification » et « la lutte contre des centaines de rues Pouchkine ». En choisissant entre Stepan Bandera et Alexandre Pouchkine, Alexandre Pouchkine perd. C’est évident. Qui est Pouchkine par rapport à Bandera. C’est ce qu’a déclaré le ministre ukrainien de la Culture Alexandre Tkatchenko. Un projet de loi en ce sens a déjà été soumis au parlement ukrainien. Arriveront-ils jusqu’à Nikolaï Gogol ou il restera quelque part ? Je pense que nous n’y sommes pas loin. On s’est déjà moqué de ses œuvres, de sa biographie en le traitant de tous les noms. Je pense qu’à un moment donné, compte tenu de la puissance des œuvres de Nikolaï Gogol et de son attitude envers la Russie et la culture russe, un jour il sera effacé de l’histoire de l’Ukraine et du peuple ukrainien en détruisant ses monuments, en effaçant son nom des bâtiments de rue. Nous pouvons vérifier. Tout ce qui se passe autour d’Alexandre Pouchkine actuellement en Ukraine, tout cela est fait dans le cadre d’application de la politique de révision et de falsification de l’histoire, de la lutte contre notre passé commun. Ce n’est pas simplement notre passé commun, ce sont des faits historiques.

La démolition et la profanation de monuments aux personnalités russes et soviétiques éminentes se poursuivent partout en Ukraine. Le dernier exemple en date et le démantèlement du monument à Alexandre Matrossov érigé dans sa ville natale de Dniepropetrovsk. Les rues et les sites sociaux sont renommés en hommage à des criminels nazis. Ainsi, en 2022, la rue Tolstoï de Vinnitsa a été baptisée en hommage à Bandera. Léon Tolstoï vous gêne vraiment, M. Zelenski ? Sans lui le soleil est plus brillant au-dessus de l’Ukraine, n’est-ce pas ? La rue Pouchkine de Ternopol a été baptisée rue des défenseurs de l’Ukraine. Peut-être que le problème réside dans le fait qu’il n’y a pas de nouvelles rues ou aucun nouveau bâtiment n’est construit ? Il n’y a rien à baptiser avec des noms à immortaliser, c’est pourquoi les anciens sont rayés ? En partant des faits d’une façon imagée, tout cela ressemble à la transformation de l’Ukraine en impasse de Bandera.

Les droits de l’homme continuent d’être grossièrement bafouées en Ukraine avec une attitude méprisante envers les sentiments des millions de croyants. Nous avons déjà fait remarquer que le régime de Kiev cherchait à éliminer l’Église orthodoxe ukrainienne. Ses sanctuaires sont capturés et pillés au profit de l’église orthodoxe d’Ukraine artificiellement créée, ses prêtres reçoivent des menaces physiques. Il y a littéralement une heure, j’ai reçu des informations (qui doivent être vérifiées) que des églises et lieux de cultes qui ne se soumettent pas à la volonté de l’église orthodoxe d’Ukraine schismatique et continue de servir dans le cadre de l’Église orthodoxe ukrainienne.

Les autorités ont intentionnellement décidé de ternir la fête de Noël, organisant une provocation flagrante afin d’expulser l’église canonique de la Laure des Grottes de Kiev. Pour la première fois, dans la demeure principale du monastère, la cathédrale de la Dormition, la messe a été conduite par des représentants de l’église orthodoxe d’Ukraine. C’était une démarche politique planifiée, comme en témoigne la rédaction juridique le 1er décembre 2022 déjà de la « charte de la Laure des Grottes de Kiev de l’église orthodoxe d’Ukraine », qui a de facto légalisé le début de l’appropriation de la Laure par les schismatiques. Tout cela est fait à l’initiative du régime. Ce ne pas une question de lutte intérieure et de conservation des opinions de certains croyants de la messe canonique et d’autres. Tout cela est politiquement mis en scène. Le fait est que la mise en scène politique n’est pas l’œuvre des citoyens ukrainiens. Tout cela leur est imposé de l’extérieur, comme une décision déjà prise. Washington y joue le premier violon. Tout cela n’a pas suffi aux autorités de Kiev. À la veille de Noël, il a été annoncé qu’un décret de Vladimir Zelenski suspendait la citoyenneté de 13 métropolite et archevêques de l’Église orthodoxe ukrainienne. Cela s’appelait « outrage antireligieux » dans la littérature religieuse, philosophique et historique. C’est le cas.

Nous sommes convaincus qu’en dépit de tous ces horribles crimes le régime de Kiev n’arrivera pas à détruire l’église orthodoxe canonique en Ukraine à laquelle s’associe la grande majorité des croyants orthodoxes du pays.

Si on nous disait maintenant pourquoi en tant que représentant de structures publiques d’un autre État nous nous exprimons sur la vie religieuse, je dirais que c’est normal de défendre les libertés, y compris religieuses, des gens qu’on force à renoncer à leur langue natale et à croire que l’histoire était différente. Et maintenant en remplaçant la religion canonique traditionnelle par quelque chose qui n’a rien à voir avec l’histoire réelle. Nous voyons les régimes politiques « civilisés » occidentaux crier à différents sujets pour défendre les sectes et les organisations extrémistes qui se font passer pour religieuses et ne représentent pas les religions traditionnelles. Nous agissons uniquement dans le cadre du droit international. Nous respectons ce que nous avons signé avec la grande majorité de l’OSCE, des pays de l’ONU ont également pris des engagements appropriés et les ont réaffirmés à plusieurs reprises. Nous ne faisons rien qui ne serait prévu dans le droit international.

Le régime de Kiev continue de bombarder le territoire russe. Il frappe des quartiers civils, des hôpitaux et des écoles en multipliant le nombre de ses crimes de guerre. Le 3 janvier dernier, l’armée ukrainienne a frappé avec des lance-roquettes multiples Himars un hôpital de Tokmak, région de Zaporojié. L’onde de choc a soufflé les vitres de la pédiatrie et de la maternité où se trouvaient des gens et des enfants.

Nous appelons les organisations internationales compétentes, y compris l’Organisation mondiale de la santé et le Comité international de la Croix-Rouge, à s’exprimer sur les actions du régime de Kiev qui continue de créer des menaces pour la population civile.

La réaction cynique du régime de Kiev et de ses parrains occidentaux à la proposition russe de cesser le feu pendant le Noël orthodoxe témoigne clairement de leur volonté de poursuivre la guerre « jusqu’au dernier Ukrainien ». Vladimir Zelenski a directement interdit à l’armée ukrainienne de cesser le feu et a qualifié le geste russe purement humanitaire de « couverture hypocrite pour renforcer les troupes afin de poursuivre les hostilités avec une nouvelle force ». L’Occident ne voulait pas non plus de trêve. Le président du Conseil européen Charles Michel a qualifié le cessez-le-feu russe unilatéral de « faux et hypocrite ». Apparemment, Bruxelles a oublié sa propre histoire en réécrivant la mondiale. Je rappelle que des exemples de trêves de Noël ont eu lieu en Belgique même en 1914 pendant la Première Guerre mondiale.

Le conflit en Ukraine s’est transformé en mine d’or pour l’industrie de l’armement américaine. En utilisant le peuple ukrainien comme chair à canon (c’est peut-être la raison de l’interdiction de Léon Tolstoï), l’élite américaine indépendamment de son parti dessert les intérêts de leurs propres industriels qui se font de l’argent grâce aux fournitures en Ukraine et dans d’autres pays. En réponse aux demandes du régime de Kiev, fin décembre 2022, le Capitole a approuvé l’allocation cette année financière à l’Ukraine presque 45 milliards de dollars, et le 6 janvier il a été annoncé que Kiev recevrait une nouvelle aide d’armements pour 2,85 milliards de dollars.

Malgré tout cela, les autorités de Kiev estiment que les alliés occidentaux n’aident pas « suffisamment » l’Ukraine. C’est une histoire normale. C’est un complot afin de s’enrichir et de tirer profit sur le sang. C’est ce qu’a déclaré le ministre des Affaires étrangères Dmitri Kouleba qui exigeait obstinément de son homologue allemande Annalena Baerbock, qui s’est rendue le 9 janvier à Kiev et à Kharkov, des garanties de livraisons de chars Leopard par Berlin. L’ambassadeur d’Ukraine à Londres Vadim Pristaïko, dans une interview du 7 janvier au magazine Newsweek, a appelé les pays de l’Otan à mettre un terme aux préjugés (quel optimiste, il pense qu’ils existent encore) et à « ne pas manquer une occasion unique » en fournissant à Kiev un grand nombre d’armements dont il a besoin « pour vaincre l’ennemi juré ». Tous ceux qui tournent le dos et prétendent ne pas voir ni entendre ce qui se passe, exprimant leur pacifisme, la non-implication dans la situation et la réticence à adopter une position, savez-vous lire ? Pouvez-vous lire ces mêmes phrases ? L’ambassadeur d’Ukraine à Londres a appelé l’Occident, renonçant aux préjugés, à « ne pas manquer une occasion unique pour vaincre l’ennemi juré ». Que faut-il de plus pour comprendre ce qui se passe et dans quelle direction la situation allait ces dernières années si l’ennemi est présenté comme « juré »?

Il est bien connu que l’objectif de l’Occident en Ukraine est d’infliger un maximum de dégâts à la Russie à tout prix, qui est doctrinalement déclarée principal adversaire des États-Unis. Les armes américaines et occidentales en Ukraine, ainsi que le personnel militaire étranger qui les dessert sont des cibles légitimes pour les frappes des forces armées russes. Si l’Occident prétend ne pas le savoir, alors c’est son problème. Nous en avons parlé à plusieurs reprises.

Nous avons prêté attention aux déclarations belliqueuses continues des responsables ukrainiens. Le secrétaire du Conseil de sécurité nationale d’Ukraine Alexeï Danilov a récemment menacé ouvertement d’organiser des actes de sabotage sur le territoire de la Russie. Ne confondez pas, sur le territoire d’un autre État – ce n’est pas un acte de sabotage, mais du terrorisme. Il faut le dire comme ça la prochaine fois. Vous êtes un régime professant une logique terroriste. Il ne faut pas se cacher derrière un quelconque sabotage. C’est complètement différent. Ouvrez le dictionnaire et regardez de quel mot vient le mot « sabotage ». Je ne vais pas vous le dire, même si je l’ai dit plusieurs fois. Vos protégés sont engagés dans des actes terroristes, dont on avait également discuté. Inutile d’être modeste. Il faut appeler un chat un chat. Vous savez renommer et tout biaiser. Alors renommez les actes de sabotage que le régime de Kiev commet en actes de terrorisme, ce qu’ils sont, compte tenu de ce que vous avez fait au fil des ans.

Le conseiller de Vladimir Zelenski, Mikhaïl Podoliak et le chef de la Direction principale du renseignement du ministère ukrainien de la Défense Kirill Boudanov continuent de « rêver » de la Crimée russe (je dirais que « c’est » un cirque, mais je ne veux pas offenser les frères Zapachny), mettant en avant des idées qui vont bien au-delà de la réalité et du bon sens et de la santé mentale. Dans le même temps, les autorités de Kiev n’hésitent pas à avouer que pour elles, les Ukrainiens ordinaires sont du consommable dans la guerre contre la Russie. L’autre jour, le ministre ukrainien de la Défense Alexeï Reznikov a ouvertement déclaré que participant au conflit avec la Russie, les forces armées ukrainiennes remplissent la mission de l’OTAN, dans laquelle l’Alliance ne verse pas son propre sang, mais les Ukrainiens le versent. Cela dépasse toute morale. Vous parlez comme ça des gens qui votaient pour vous et vous ont mis au pouvoir, à qui vous avez promis plus de beurre que de pain. Maintenant, je m’adresse au gouvernement ukrainien. Que faites-vous ? Vous dites ouvertement que vous servez l’OTAN en tuant vos propres citoyens. Vous ne le faites pas dans l’intérêt de l’Ukraine, mais pour « accomplir une mission de l’OTAN ». Il s’avère maintenant que l’image créée par de nombreuses citoyennes ukrainiennes sur le territoire du continent européen et au-delà peut déjà être extrapolée à l’ensemble du régime de Kiev dirigé par Vladimir Zelenski (« serviteurs »).

Peu importe comment l’Occident collectif essaie d’armer les forces armées ukrainiennes et d’axer les autorités ukrainiennes à poursuivre la confrontation avec la Russie, à servir les intérêts de l’Occident, à remplir les missions de l’OTAN : ces tentatives sont vouées à l’échec. Tous les objectifs de l’opération militaire spéciale dont les dirigeants russes parlaient seront mises en œuvre.

Quelques faits témoignant de l’utilisation abusive d’armes occidentales fournies à l’Ukraine

Au cours des conférences de presse et de nos autres déclarations nous avons évoqué à plusieurs reprises de nombreuses preuves d’utilisation abusive d’armes fournies par les pays de l’OTAN à l’Ukraine. Dès les premières semaines nous avons prévenu que ces fournitures se répandraient en premier lieu sur tout le continent européen, mais personne n’était à l’abri d’être victime de ces armes, qui seront distribuées sur le « marché noir ». Tout cela a déjà une « base » systémique. Ce ne sont pas seulement des cas isolés ou particuliers mais une réalité globale.

Le 1er juin 2022, le secrétaire général d’Interpol Jürgen Stock a averti qu’après la fin du conflit en Ukraine il y avait une forte probabilité d’une augmentation du commerce illégal d’armes initialement destinées à Kiev.

Le 1er juillet 2022, la chaîne RT a mené une enquête et a découvert qu’un élément important dans la mise en œuvre de transactions illégales était le segment gris d’Internet « Darknet ». On y propose d’acheter des missiles pour le système de missiles antichars Javelin pour 30 000 dollars (ils coûtent 178 000 dollars aux contribuables américains), des missiles pour le système de missiles antichars NLAW pour 15 000 dollars, des drones kamikazes Switchblade 600 – pour 7000 dollars, des armes légères, grenades et gilets pare-balles – pour 1100-3600 dollars (y compris la livraison en Ukraine). Dans le même temps, l’acheteur et le fournisseur ne se voient souvent pas : après le transfert de fonds, le client reçoit des coordonnées avec l’emplacement des armes souhaitées. Ce pour quoi le Darknet est célèbre dans d’autres domaines illégaux s’étend désormais aux armes que l’Occident fournit à l’Ukraine.

Le 21 juillet 2022, le Bureau du Conseil de sécurité nationale et de défense et le ministère de la Défense de l’Ukraine ont annoncé le lancement du système d’information et d’analyse du principal centre situationnel du pays SOTA afin d’assurer la transparence de l’approvisionnement d’armes occidentales, c’est-à-dire que le régime de Kiev lui-même il y a six mois tentait de contrôler la « circulation » des armes fournies par l’Occident sur le territoire ukrainien. Cependant, depuis l’activation du système il n’y avait aucune information sur les résultats de son travail. Parce que c’est inutile.

Le 22 juillet 2022, le porte-parole d’Europol, Jan Op Gen Oorth, dans une interview à l’agence de presse allemande DPA, a évoqué l’existence d’un risque « alarmant » que les armes fournies à l’Ukraine se retrouvent entre les mains de groupes criminels organisés et les terroristes. Selon lui de nombreux cas sont déjà connus lorsque des personnes quittaient l’Ukraine avec des armes. Selon Europol, les réseaux criminels de la région prévoient de faire passer de grandes quantités d’armes et de munitions en contrebande, y compris des armes lourdes, en utilisant les voies d’approvisionnement existantes et les plateformes en ligne. Imaginez, pas des armes blanches, mais des armes lourdes. Ce n’est pas quelque chose que les criminels réussissaient à cacher aux forces de l’ordre dans le passé. Les armes lourdes quittent désormais le territoire de l’Ukraine dans des directions inconnues, puis « font surface ». Ce sont des données d’Interpol.

Le 4 août 2022, la société de télévision américaine CBS a diffusé le documentaire « Arming Ukraine ». Cette enquête a été consacrée à la contrebande d’armes et aux cas croissants de leur apparition sur le territoire de l’Ukraine. Les volontaires et les experts militaires qui ont participé au tournage ont affirmaient que de 60 à 70% (non pas ce qui atteint les rangs des forces armées ukrainiennes puis disparaît, mais n’atteint pas du tout) de l’aide occidentale n’atteint pas les forces armées de l’Ukraine du tout. Si l’on part de ces chiffres, alors 30-40% de ces armes sont également soumis aux mêmes tendances. Pouvez-vous imaginer de quel genre de fournitures d’armes qui se répandent de manière incontrôlée il s’agit ? Cependant, quelques jours plus tard, le film a été retiré du site Web de la société de télévision sans aucun avertissement. Les auteurs l’ont expliqué par la nécessité « d’actualiser » le sujet. Les citations dénigrantes des experts militaires ukrainiens ont également disparu des annonces du film sur les réseaux sociaux. Et c’étaient les données d’experts. Tout a été retiré, y compris sur les réseaux sociaux.

Le 30 octobre 2022, dans une interview accordée à l’agence de presse locale Yle, le commissaire de la police criminelle centrale finlandaise Christer Ahlgren a déclaré que des armes initialement destinées à l’Ukraine, notamment des fusils d’assaut, des pistolets, des grenades et des drones de combat, avaient été trouvées dans plusieurs pays européens. Nous le comprenons parfaitement bien, car nous avons passé à plusieurs reprises la douane lors de l’embarquement dans l’un ou l’autre type de transport, nous avons vu des annonces et des avertissements indiquant qu’il était impossible de transporter des armes blanches, des pistolets, des grenades, etc. Oui, ça arrive. Les gens essaient de faire transporter quelque chose. Mais des drones de combat ? Ce n’est pas facile à négliger. Cela ne peut pas arriver par accident. Il est impossible de transporter un drone de combat dans une valise ni en avion, ni en train, ni en bateau. Il devrait s’agir d’un niveau complètement différent de la chaîne de livraison et d’approvisionnement de ces équipements militaires vers les pays « non destinataires ». Il est impossible de transporter un drone de combat de manière ordinaire. Au moins c’était comme ça dans le passé. Maintenant je ne serai surprise de rien. Selon lui, les groupes criminels finlandais sont « très intéressés » par l’acquisition de systèmes militaires modernes, de munitions et d’armes. Christer Ahlgren a déclaré que des armes ukrainiennes étaient déjà apparues aux Pays-Bas, au Danemark et en Suède. Les trois États se sont abstenus de commentaires.

Le 1er novembre 2022, un article du Washington Post, citant des sources anonymes du département d’État américain, notait que sur 22 000 armes nécessitant un contrôle spécial, seulement 10% étaient inspectées.

Le 17 novembre 2022, le Congrès américain a annoncé la mise en place d’un système d’audit pour toutes les livraisons et tranches financières vers l’Ukraine. Comme l’a expliqué Marjorie Taylor Greene, représentante de la chambre basse républicaine et coauteur de cette initiative, « le peuple américain mérite de savoir où va son argent durement gagné pour un pays étranger qui n’est pas membre de l’OTAN ». Je dirais que ce n’est plus une question d’argent, mais d’un tout autre sujet. Les contribuables américains et autres, ainsi que les citoyens du monde entier, ont le droit de savoir où et dans quelles quantités les armes de l’OTAN se répandent.

Le 30 novembre 2022, le président du Nigeria Muhammadu Buhari, dans le cadre du 16e sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Commission du bassin du lac Tchad, a noté que les autorités de la république avaient déjà découvert des armes destinées aux forces armées ukrainiennes chez des extrémistes. C’est le Tchad. Il n’y a pas de frontière commune avec l’Ukraine. Et cet armement était destiné à l’Ukraine.

Le 15 décembre 2022, un incident s’est produit avec une explosion d’un lance-grenades dans le bureau du commandant de la police polonaise, Jaroslaw Szymczyk. Selon la station de radio Zet, les armes ont été amenées à Varsovie depuis Kiev par un train spécial sans contrôle aux frontières. Que se passe-t-il?

Le 16 décembre 2022, le Premier ministre britannique Rishi Sunak a décidé d’auditer l’aide apportée à l’Ukraine, car Londres veut savoir « ce qu’ils ont investi et ce qu’ils en ont retiré ». Je peux vous conseiller de regarder nos briefings, alors le Royaume-Uni pourra se passer d’un audit. Nous dirons aux Britanniques ce qu’ils ont investi et ce qu’ils ont reçu.

Sur un autre refus des autorités suédoises de coopérer à l’enquête sur la situation autour de Nord Stream

Le refus de la partie suédoise de répondre à la demande d’assistance judiciaire du bureau du procureur général de la Fédération de Russie dans une affaire pénale sur les dommages aux gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2 en septembre 2022 laisse perplexe.

Stockholm explique sa position par le fait que la satisfaction de notre demande « constituerait une menace pour la sécurité » de la Suède. Merveilleux. Dites-moi, s’il vous plaît chers collègues de Stockholm, est-ce que faire sauter des gazoducs constitue une menace pour la Suède ? Si tel est le cas, je voudrais alors mener une enquête sur des bases juridiques internationales qui révélerait qui constitue réellement une menace pour la Suède et les pays, étant donné qu’il s’agissait de la mer Baltique, et m’assurer que cela ne se reproduise pas dans l’avenir. Nous nous considérons comme une partie qui a subi des dommages importants. Je ne parle même pas des pertes. Mais ce qui a été fait avec l’infrastructure qui était créée pendant de nombreuses années, y compris par la partie russe, est une perte colossale. Nous avons le droit de recevoir des informations pertinentes et de poser des questions. Et vous devez y répondre.

Soit dit en passant, en 2020, les autorités suédoises ont expliqué le refus de fournir une assistance juridique à la Russie dans le cas de l’enquête sur l’incident avec Alexeï Navalny en utilisant les mêmes arguments incroyablement vagues.

Dans le même temps la partie russe a été informée que le bureau du procureur suédois n’était pas intéressé par la mise en œuvre de l’initiative russe de créer une équipe d’enquête conjointe pour enquêter sur les dommages aux gazoducs. Qu’est-ce qui motive la partie suédoise à ne pas avoir un tel intérêt à mener une enquête complète normale avec la participation de la Russie en tant que pays qui a subi un préjudice ? En violation de toutes les règles de la communication diplomatique internationale, le message du président du gouvernement de la Fédération de Russie Mikhaïl Michoustine envoyé au chef du gouvernement suédois il y a trois mois sur la nécessité de mener une enquête approfondie et ouverte sur ce qui s’était passé avec la participation de représentants des autorités russes et Gazprom reste sans réponse.

La question est évidente: pourquoi la Suède est-elle si persistante, ainsi que les gouvernements d’autres pays voisins impliqués dans l’enquête sur ce sabotage ? Tous les détails doivent être clairs. Pourquoi ne sont-ils pas autorisés à se joindre à l’enquête ? Cachent-ils quelque chose ? En effet, aujourd’hui plus personne ne doute qu’il s’agisse d’un sabotage ou d’un attentat terroriste qui a eu lieu sur les gazoducs (ces nuances seront précisées: il ne s’agissait ni d’un accident ni d’une panne). À quelles « menaces pour la sécurité nationale » Stockholm fait-il référence ? N’est-ce pas une menace que des experts russes, au cours d’une enquête objective, arrivent à des conclusions inconfortables et, finalement, révèlent au public l’horrible vérité sur les auteurs de ces sabotages et attentats terroristes ? Qui est derrière eux ? Qui les a élaborés et mis en œuvre ? La dissimulation de faits établis témoigne irréfutablement de l’évidence – les autorités suédoises cachent quelque chose.

Présence de militaires étrangers aux Malouines (Falklands)

En janvier 2023, il y aura 190 ans que le Royaume-Uni a commencé à coloniser les Malouines/Falklands (1833). Cet événement a jeté les bases d’un conflit de longue durée entre l’Argentine et la Grande-Bretagne sur la souveraineté de l’archipel, qui a débouché sur une confrontation armée sanglante au XXe siècle.

L’ONU se penche sur cette question depuis plusieurs décennies. Son Comité spécial sur la décolonisation (S24) y travaille notamment. En conséquence, l’Assemblée générale des Nations unies et d’autres instances internationales ont adopté de nombreuses résolutions exhortant l’Argentine et la Grande-Bretagne à reprendre les pourparlers en vue d’élaborer une solution définitive sur la souveraineté des îles, et à s’abstenir de toute action unilatérale susceptible d’affecter la situation dans l’Atlantique Sud.

Dans le même temps, la Grande-Bretagne n’a montré aucun intérêt pour le règlement de ce différend. De plus, elle prend des mesures pour aggraver la situation dans l’Atlantique Sud. Ainsi, à la fin de l’année dernière, Londres et Pristina (ne soyez pas surpris, je parle du Kosovo) ont convenu d’organiser des exercices d’entraînement conjoints de l’armée britannique et des représentants des forces de sécurité du Kosovo sur le territoire des Malouines. Je comprends que cela semble apocalyptique mais c’est un fait.

Dans ce contexte, nous avons pris note d’une déclaration de l’association régionale la plus représentative – la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC). Dans cette déclaration, l’ensemble des 33 États d’Amérique latine et des Caraïbes, représentant une population totale de plus de 600 millions de personnes, ont dénoncé cette provocation de la Grande-Bretagne.

Nous sommes solidaires de cette appréciation de la CELAC. Nous voyons dans la réticence de la Grande-Bretagne à entendre la voix de l’Amérique latine son attitude dédaigneuse à l’égard des résolutions de cette organisation multilatérale. Je réalise que les personnes qui ne sont pas profondément impliquées dans les questions des Balkans ou des Malouines peuvent penser qu’elles ont mal entendu quelque chose. Qu’est-ce que l’armée du Kosovo a à voir avec la question Argentine-Royaume-Uni ? Mais c’est un fait. La réalité d’aujourd’hui est que le monde anglo-saxon a cessé d’être timide sur quoi que ce soit. Ils poursuivent la mise en œuvre de leurs objectifs et ne ressentent même pas le besoin de cacher quoi que ce soit. La Grande-Bretagne utilise cyniquement l’armée du Kosovo pour promouvoir son propre agenda dans une région où elle n’est même pas représentée. En attendant, tous les différends doivent être résolus conformément au droit international. Les mécanismes existent à cette fin.

Ainsi, en prévoyant d’utiliser l’armée kosovare dans ses opérations aux îles Malouines, la Grande-Bretagne contribue à améliorer la préparation au combat des forces de sécurité du Kosovo. De cette manière, elle agit en tant que principal soutien de leur transformation en forces armées à part entière, en violation de la résolution pertinente du Conseil de sécurité des Nations unies. Cet objectif est pire qu’il n’y paraît à première vue. La Grande-Bretagne ne poursuit pas seulement ses propres intérêts en Amérique latine, mais elle forme également les forces de sécurité du Kosovo pour leur permettre d’acquérir l’expérience nécessaire. C’est une histoire terrible. Je pense que c’est l’exemple parfait de toute la philosophie anglo-saxonne.

Nous voudrions souligner à nouveau que la position de principe russe sur les Malouines/Falklands reste la même. Nous défendons la nécessité d’une reprise rapide des pourparlers directs entre l’Argentine et la Grande-Bretagne en vue de parvenir à un règlement pacifique et définitif du différend sur la souveraineté des îles, conformément aux résolutions des Nations unies.

Nous considérons qu’il est nécessaire de s’abstenir de toute démarche susceptible de compliquer le début de ces pourparlers. Nous estimons que la militarisation de l’Atlantique Sud est inacceptable et que les parties doivent se conformer strictement à leurs engagements internationaux.

Restriction des activités des Témoins de Jéhovah en Norvège

Le 22 décembre 2022, les autorités norvégiennes ont révoqué l’enregistrement des Témoins de Jéhovah en tant que communauté religieuse, invoquant des violations systématiques de la loi et le manque de volonté des dirigeants de l’organisation d’abandonner leurs pratiques illégales.

Dans le même temps, la perte de l’enregistrement ne signifie pas que les activités de l’organisation sont interdites en Norvège – il s’agit plutôt de restrictions de l’autorité et des privilèges de l’organisation, ainsi que de la volonté des autorités norvégiennes de réagir fermement à tout manquement à la législation nationale.

Il est intéressant de noter que cette position de principe n’empêche pas Oslo de critiquer notre pays pour avoir pris des mesures à l’encontre des Témoins de Jéhovah s’ils ne se conforment pas à la loi russe et participent à des démarches anti-russes dans les forums internationaux pour protester contre les actes d’oppression d’organisations pseudo-religieuses similaires qui auraient lieu dans notre pays. Comment cela doit-il être traité ? Pourquoi en est-il ainsi ? Il s’agit de la même organisation, et la Russie et la Norvège déposent des plaintes similaires à son encontre alors que la réponse politique est complètement différente.

Lorsque la même chose se produit en Norvège, tout le monde reste silencieux et aucune déclaration n’est faite. Lorsque nous les acculons enfin et que nous leur posons ces questions en langage clair, ils répondent que « c’est la bonne chose à faire », que « c’est différent » ou que « nous allons de l’avant ».

Cette ingérence non dissimulée dans les affaires intérieures de notre pays n’a rien à voir avec les efforts visant à protéger la liberté de religion et les droits de l’homme. Soit il y a des normes uniformes et cela nous permettra d’évaluer tout ce qui se passe dans d’autres parties du monde et ce sera une norme, c’est-à-dire que nous serons sur un pied d’égalité lorsque nous discuterons de ce qui se passe au-delà de nos frontières. Ou bien chacun ne commente que les développements dans son propre pays et n’a pas le droit de regarder les autres et d’exprimer son opinion sur ce qui se passe ailleurs. Cela devrait être clairement défini.

Il existe un moyen de sortir de cette contradiction. Du point de vue de l’Occident collectif, il n’y a pas de contradiction. En fait, ils pensent que c’est normal, car eux seuls, selon eux, ont le droit de contrôler tous les processus dans le monde. Personne d’autre n’en a le droit. Rappelez-vous ce commentaire [de Josep Borrell] sur le beau « jardin » [que serait l’Europe] et la « jungle » [que serait le reste du monde].

C’est un autre exemple de la politique de deux poids, deux mesures à l’égard de la Fédération de Russie, que les pays occidentaux, y compris la Norvège, ont appliquée à de nombreuses reprises. Ce n’est qu’une pièce de plus au puzzle.

L’enquête de Reuters sur les cyberattaques contre les laboratoires de recherche nucléaire américains

Parfois, la russophobie promue par le Washington officiel peut prendre des formes assez complexes. Malheureusement, cette fois, il s’agit d’une nouvelle pseudo-enquête journalistique, menée par Reuters. L’agence accuse les fameux « hackers russes » d’avoir lancé des attaques contre trois laboratoires de recherche nucléaire américains en août-septembre 2022, prétendument pour accéder à des informations sensibles. Le groupe Cold River mentionné dans ce contexte est crédité d’une implication directe dans les « opérations d’information du Kremlin. »

Il me semble que lorsqu’il s’agit d’une agence ayant une histoire, pas d’un nouveau média, pas d’un blog mais d’une agence de médias traditionnels qui prétend avoir une réputation, il serait peut-être bon de citer des faits et des preuves, plutôt que de diffuser uniquement les opinions d’une partie. Le rapport ne contient aucune preuve ni aucun fait, juste une référence aux opinions et aux évaluations de certains « experts indépendants » en technologies de l’information.

Je suis en train de parler à Reuters. Vous auriez également pu nous solliciter à ce sujet. Nous avons un département de la sécurité internationale de l’information. Nos experts travaillent dans des organisations internationales. Nous avons d’excellents contacts, des connexions avec nos collègues d’autres organismes impliqués dans la sécurité de l’information. Nous aurions fait des commentaires et aurions été heureux de fournir une réponse détaillée afin que vous n’ayez pas à vous fier à des « experts indépendants » sans nom. Vous auriez pu avoir des experts reconnus parlant en leur propre nom et prêts à discuter de ces sujets.

Il semble que cette opportunité d’information soit si farfelue que même les représentants des laboratoires respectifs et du ministère américain de l’Énergie ont refusé de faire des commentaires. Mais nous aurions fait des commentaires. Pas comme je le fais maintenant, en déboulonnant des mythes et en préparant des documents à réfuter, ou pour la section Anti-Fake News. Vous auriez pu inclure notre matériel dans l’article.

Toutefois, cette histoire s’inscrit parfaitement dans la politique menée par l’administration de Joe Biden, qui tente de présenter la Russie comme rien de moins que la principale source d’activités malveillantes dans le paysage de l’information. Les autorités américaines laissent de plus en plus les entreprises privées, les organisations non gouvernementales et les médias faire leur travail dans ce domaine. Les médias semblent heureux de s’emparer de n’importe quelle histoire montée de toutes pièces – en essayant de remplir leurs commandes du mieux qu’ils peuvent, ou simplement pour augmenter les citations – sans se soucier de la fiabilité des informations qu’ils diffusent.

Il est plus que remarquable que, dans cette affaire, les États-Unis aient choisi de ne pas utiliser les canaux de communication bilatéraux existants, créés précisément à cette fin, ou les mécanismes du dialogue en cours sur la sécurité de l’information sous les auspices de l’ONU. En particulier, il existe le groupe de travail à composition non limitée concerné, qui met en œuvre notre initiative visant à établir un répertoire intergouvernemental mondial de points de contact pour la prévention et le règlement pacifique des conflits en matière de TIC, et à utiliser pleinement les mécanismes juridiques internationaux à cette fin. Tout est là et il a été créé il y a longtemps. Au lieu de cela, un autre canard anti-Russie a été lancé.

De telles provocations irresponsables ne contribuent guère à réduire les tensions ou à renforcer la confiance dans l’environnement numérique. De plus, Washington, en détournant l’attention de la communauté internationale vers des menaces imaginaires, continue de promouvoir son propre agenda, qui est, en fait, néocolonial. Les États-Unis tentent d’établir un « ordre international fondé sur des règles » dans l’intérêt des entreprises technologiques occidentales, sans se soucier du reste du monde. Washington nomme des pays indésirables à sa propre initiative.

Sur la quatrième session du Comité spécial des Nations unies sur l’élaboration d’une convention globale sur la lutte contre l’utilisation des TIC à des fins criminelles

Le 9 janvier 2022, la quatrième session du Comité intergouvernemental spécial à composition non limitée des Nations unies (Comité spécial) a entamé son travail à Vienne pour élaborer une convention internationale globale sur la lutte contre l’utilisation des technologies de l’information et de la communication à des fins criminelles. Cet organe a été créé en 2019 à l’initiative de la Russie et en collaboration de 46 États par la résolution 74/247 de l’Assemblée générale des Nations unies. Son objectif consiste à créer sous l’égide de l’ONU le tout premier instrument juridique international universel pour lutter contre la criminalité informatique.

Au cours de la réunion les États participants liront les chapitres du futur traité international sur l’incrimination, les dispositions générales, les mesures procédurales et l’application des lois. Les formulations des articles proposés à la discussion par la présidente de la commission spéciale Faouzia Mebarki (Algérie) lors de la réunion se basent largement sur des dispositions du projet de convention russe soumis à l’ONU en été 2021, qui comprend des approches avancées pour lutter contre la criminalité liée à l’information et les pratiques d’application de la loi pour établir une coopération entre les organismes chargés de l’application de la loi des États membres de l’ONU. Le projet final du document devrait être soumis par le Comité spécial à l’Assemblée générale des Nations unies lors de sa 78ème session en 2024.

La délégation interministérielle russe est représentée par des experts du ministère des Affaires étrangères, du bureau du procureur général, de la commission d’enquête, du ministère de l’Intérieur, du ministère de la Justice et du ministère du Développement numérique. Dans le même temps nous notons le manquement des autorités de la République d’Autriche à remplir leurs obligations de recevoir les subdivisions de l’ONU et d’assurer les négociations internationales sur ladite convention sur sa plateforme, qui s’était traduit par le refus de délivrer un visa à l’un des membres de la délégation russe.

Nous comptons sur la participation constructive de tous les États membres de l’ONU au processus de négociation en vue de convenir dans les meilleurs délais d’une future convention et de son entrée en vigueur dans l’intérêt du renforcement des fondements juridiques internationaux de la coopération dans la lutte contre la criminalité informatique.

Réponses aux questions des médias :

Question : Répondant à une question sur la façon dont le secrétariat de l’ONU évalue la décision de l’Allemagne, des États-Unis et de la France de livrer des véhicules de combat d’infanterie à Kiev, le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric, a déclaré que l’objectif des Nations unies est de voir le conflit en Ukraine prendre fin le plus rapidement possible. Comment pouvez-vous commenter cette déclaration et la position des Nations unies ?

Maria Zakharova : Il y a deux points que je voudrais souligner à cet égard. Premièrement, qu’entendez-vous par « la position des Nations unies » ? Les points de vue exprimés par le secrétariat de l’ONU et les États membres de l’ONU ne sont pas les mêmes. Permettez-moi de vous rappeler qu’en vertu de l’article 97 de la Charte des Nations unies, le secrétaire général est le « plus haut fonctionnaire de l’Organisation. » Cela signifie que les fonctions du secrétariat sous sa direction sont limitées aux affaires administratives, ce qui n’implique pas l’expression d’opinions politiques indépendantes.

Deuxièmement, cela peut sembler paradoxal, mais il y a deux poids deux mesures dans les propos du porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric, concernant la nécessité d’une résolution rapide du conflit. En effet, lorsqu’ils parlent de l’Ukraine, des développements dans et autour de ce pays, les subordonnés d’Antonio Guterres disent toujours que la paix dans ce pays doit être obtenue dans le respect de la Charte des Nations unies et du droit international. C’est ce que Stéphane Dujarric a dit dans sa réponse. Pour le secrétariat, cela inclut clairement les résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU, y compris les plus ambiguës et celles adoptées sans le moindre consensus. Pour vous donner un exemple, il s’agit de la résolution 68/262 de l’Assemblée générale des Nations unies « Intégrité territoriale de l’Ukraine », qui ne reconnaît pas la Crimée comme faisant partie de la Russie. Lors du vote de cette résolution le 27 mars 2014, près de la moitié des États membres de l’ONU lui ont refusé leur soutien. Il en va de même pour les résolutions adoptées par la 11ème session extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale des Nations unies, où la Russie était invariablement qualifiée d’agresseur. Pas une seule d’entre elles n’a été adoptée par consensus.

En gardant tout cela à l’esprit, il est clair que le secrétariat de l’ONU n’a pas le courage de condamner les livraisons d’armes occidentales à Kiev, tout en lançant des accusations absurdes et non vérifiées contre la Russie. D’ailleurs, ils le font régulièrement et à tous les niveaux.

Nous nous souvenons que pendant les sept années où la résolution 2202 du Conseil de sécurité des Nations unies approuvant le paquet de mesures pour la mise en œuvre des accords de Minsk était en vigueur et fournissait un cadre international pour la promotion d’un règlement intra-ukrainien, il n’y a pas eu un seul cas où des représentants du secrétariat des Nations unies ont fait remarquer à Kiev qu’il sabotait les efforts pour mettre en œuvre ce document.

J’ai une meilleure façon de formuler cette question : Je ne me souviens pas d’un seul cas où cette question a été le sujet principal, sans parler de son intégration dans le courant dominant. Pendant toutes ces années, depuis que le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé les accords de Minsk en 2015, il n’y a pas eu un seul cas où le secrétariat a fait référence au document ouvertement et en public pour critiquer le régime de Kiev pour ne pas avoir respecté ce document. Cependant, contrairement à la résolution de l’Assemblée générale, il est contraignant pour tous les États membres de l’ONU. Il est impossible de contourner ce fait lorsqu’il s’agit de résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Toute personne, qu’elle soit investie d’une autorité ou non, a le droit de dire que ce document est contraignant pour tous et qu’il doit être respecté. Tout en assumant le rôle d’appel à l’exécution de divers instruments juridiques internationaux, les représentants du secrétariat de l’ONU ont, pour une raison ou une autre, ignoré la décision du Conseil de sécurité, principal organe de sécurité de l’ONU.

Malheureusement, en choisissant de suivre les résolutions de l’Assemblée générale, adoptées sans consensus, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU, dont la responsabilité première est de maintenir la paix et la sécurité internationales, adopte ses résolutions à l’unanimité, le secrétariat coupe court à ses aspirations d’être un honnête intermédiaire impartial dans la crise ukrainienne.

Ses fonctions impliquent des responsabilités qui doivent être honorées.

Question : Les tensions au Kosovo ne faiblissent pas. Belgrade a demandé au commandement de la mission de l’OTAN stationnée au Kosovo d’autoriser le retour dans la région d’un maximum de 1000 agents de la force publique serbes. Quelle est la position de Moscou sur cette question ?

Maria Zakharova : Les nouvelles en provenance du Kosovo sont inquiétantes. L’atmosphère de haine envers les Serbes s’intensifie. Les attaques des radicaux albanais contre de jeunes Serbes, dont un enfant de 11 ans, qui ont eu lieu la veille et l’avant-veille de Noël, sont choquantes par leur caractère blasphématoire. Ces crimes sont une conséquence directe de l’intolérance ethnique qui est alimentée de manière maniaque par le « premier ministre » local Albin Kurti, quoi qu’il en dise actuellement.

Nous avons pris note des déclarations des Kosovars selon lesquelles les auteurs seront punis, mais personne ne se fait d’illusions car trop d’incidents anti-serbes survenus ces dernières années n’ont pas fait l’objet d’une enquête.

Belgrade a envoyé une demande à la force internationale de maintien de la paix au Kosovo pour déployer jusqu’à 1000 militaires et policiers serbes au Kosovo dans le but de protéger les Serbes du Kosovo. Comme vous le savez peut-être, ce n’est pas quelque chose que Belgrade a imaginé à l’improviste ou que les autorités serbes ont trouvé du jour au lendemain. C’est inscrit dans la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon les informations, le commandement de l’OTAN a décliné la demande le 6 janvier 2023. Cette réponse était-elle prévisible ? Oui, elle l’était. En gardant cela à l’esprit, les dirigeants serbes détermineront les prochaines mesures à prendre pour parvenir à une désescalade et rétablir l’ordre au Kosovo.

Nous restons fermement fondés sur la primauté du droit international et sur la résolution fondamentale 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui contient des lignes directrices efficaces pour surmonter les difficultés qui pourraient survenir sur la voie d’un règlement au Kosovo.

Stéphane Dujarric et Antonio Guterres sont-ils maintenant prêts à demander à l’OTAN ou à la Force de paix au Kosovo d’appliquer la résolution 1244 et plus particulièrement ce paragraphe ? Ils ne feront pas d’erreur, car ce document est contraignant pour tous. Il peut être mis sous les feux de la rampe. Pourquoi pas ? C’est un sujet brûlant. On n’en discute pas seulement. On a l’impression que quelque chose est sur le point de se produire. À chaque fois, la communauté internationale et Belgrade, animés d’un esprit constructif, parviennent à maîtriser la situation. Mais ce à quoi nous assistons, c’est à une provocation après une provocation. Pourquoi le secrétariat des Nations unies, qui est si profondément impliqué dans les questions relatives à l’Ukraine, ne cite-t-il pas et ne lit-il pas la résolution 1244 lors de ses briefings et n’appelle-t-il pas les forces en présence à l’appliquer ? Pourquoi le secrétariat des Nations unies ne veut-il pas appuyer la demande de Belgrade, formulée dans cette résolution, de retour des forces militaires et policières serbes dans la province, alors que c’est ce que prévoit la résolution ?

Je le répète, personne ne commettra d’erreur s’il prend une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies et lit ses dispositions en préservant l’intégrité de ce document et des appels à sa mise en œuvre. C’est une bonne raison de montrer au Secrétariat votre position impartiale.

Le fait que les principaux pays occidentaux aient rejeté cette approche équitable est assez révélateur. L’ambassadeur américain à Belgrade a récemment remis publiquement en question la pertinence de la résolution 1244, qui aurait été adoptée dans des circonstances géopolitiques différentes et serait donc aujourd’hui dépassée. Quelqu’un a-t-il déjà essayé de la réviser ? Pas à ma connaissance. Les réalités ont-elles changé ? Si Belgrade estime que quelque chose ne va pas dans cette résolution, y a-t-il eu des tentatives pour la modifier ? Non, il n’y en a pas eu.

La remarque de l’ambassadeur américain reflète clairement la volonté de Washington de rayer de ce document de l’ONU les dispositions contestables, y compris le droit de la Serbie de renvoyer ses forces de sécurité au Kosovo. Cette fabrication résonne clairement avec les aveux révélateurs de l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel et de l’ex-président français François Hollande, qui ont mis à nu ce que les politiciens occidentaux pensaient réellement des fondements juridiques internationaux du règlement en Ukraine, y compris la résolution 2202 du Conseil de sécurité des Nations unies à l’appui du paquet de mesures pour la mise en œuvre des accords de Minsk. Voilà ce que le collectif occidental pense réellement du droit international. Lorsqu’il sert leurs intérêts, ils le citent et l’appliquent. Dans le cas contraire, ils l’oublient et insistent pour revoir la situation en dehors du cadre juridique international. S’ils ne le considèrent pas comme quelque chose d’important, ils ne s’y conformeront pas et le réviseront à la place.

Nous sommes convaincus que de nombreux facteurs de risque à l’origine de la violence récurrente au Kosovo-Metohija peuvent être neutralisés grâce à la création de la Communauté des municipalités serbes du Kosovo, qui est vitale pour la sécurité et le bien-être de la population serbe. Cependant, contrairement aux obligations découlant de l’accord de Bruxelles de 2013, Pristina continue de saboter la formation de cette entité. Il ne fait aucun doute que sans la création de la Communauté des municipalités serbes du Kosovo, la vie dans la province continuera d’être entachée d’éclats de tension causés par la vulnérabilité de la communauté serbe face aux politiques xénophobes répressives menées par les « autorités » provinciales.

Question : Il a été rapporté que les autorités de Pristina prévoient de restaurer la maison de Xhafer Deva, une figure albanaise du Kosovo qui a collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Que pouvez-vous dire de cette initiative ?

Maria Zakharova : Nous avons commenté cette question plus d’une fois (les 12, 26 et 30 décembre 2022). Nous sommes préoccupés par la pratique continue du Kosovo de réhabiliter et de glorifier le nazisme. Vous l’avez noté correctement. Je ne peux qu’ajouter quelques détails.

Le budget territorial 2023 prévoit 300 000 euros pour restaurer la maison du complice nazi Xhafer Deva à Mitrovica, au Kosovo. Il était un odieux ministre des affaires intérieures dans le gouvernement fantoche albanais pendant l’occupation allemande de 1943-1944. Il n’était pas un leader ou un champion de la démocratie, mais un collaborationniste de haut rang. Il était personnellement responsable des exécutions massives de membres du mouvement anti-fasciste et de civils, de la déportation de Juifs vers les camps de la mort et du renforcement de la division SS albanaise Scanderbeg. Si l’on vous répète qu’il était un champion des libertés, ne le croyez pas.

En février 2022, l’Union européenne et le programme de développement des Nations unies ont prudemment réduit leur participation à ce projet après que des publications à ce sujet ont provoqué un tollé international. Les travaux de restauration ont été suspendus. Cependant, Pristina ne veut pas s’arrêter (car Washington est toujours derrière elle) et a l’intention de terminer ce projet. En présentant les criminels nazis comme les chefs quasi historiques du mouvement national albanais, les Kosovars continuent de former leur identité autour de bouchers et de crapules comme Xhafer Deva, qui est connu comme l’Hitler du Kosovo. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Nous avons répété les mêmes choses aujourd’hui à propos de Stepan Bandera et de la banderisation en Ukraine.

Malheureusement, de telles actions sont manifestement encouragées par les États-Unis et les principaux pays de l’UE. En décembre de l’année dernière, ils ont voté à l’unanimité pour la première fois contre la résolution russe annuelle sur la lutte contre la glorification du nazisme à l’Assemblée générale des Nations unies. Avant cela, seuls les États-Unis et l’Ukraine avaient systématiquement voté contre. Malheureusement, les pays de l’UE les ont maintenant rejoints. Avec leur silence ostentatoire sur la politique de Pristina consistant à réviser l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, Washington et ses marionnettes européennes encouragent la poursuite de la croissance des attitudes radicales de droite au Kosovo et aggravent les menaces pour la sécurité des habitants non albanais. Tout ce que nous voyons actuellement en Ukraine se pratique là aussi.

Question : Comment considérez-vous la décision de la France de commencer à envoyer des véhicules lourdement armés en Ukraine ? Quels sont les objectifs de Paris dans cette démarche et quelles sont les conséquences probables de ses actions ?

Maria Zakharova : Nous ne sommes pas surpris par les escapades de Paris. Nous considérons les démarches de la France comme irréfléchies et irresponsables par rapport à la crise ukrainienne. La décision d’envoyer davantage d’équipements militaires en Ukraine est une action de plus qui provoque une nouvelle escalade et davantage de victimes, y compris des victimes civiles, dans ces nouvelles régions russes qui sont déjà sous le feu des armes françaises, notamment les systèmes d’artillerie automoteurs Caesar. Comme vous le savez peut-être, des preuves matérielles laissées par l’utilisation d’armes françaises contre des cibles civiles dans le Donbass ont été envoyées l’autre jour à l’ambassadeur de France en Russie, M. Pierre Levy.

Dans ce contexte, les remarques douteuses de la ministre française de l’Europe et des Affaires étrangères, Catherine Colonna, selon lesquelles la fourniture d’un véhicule de combat lourdement armé, l’AMX-10 RC, ne fait soi-disant pas de la France une partie au conflit, sont remarquables. Ils ne devraient pas être si modestes. Cet équipement fait d’elle une partie au conflit ! Avec leur décision provocatrice de faire don de chars à roues de fabrication française au régime de Kiev, les Français ouvrent encore plus largement la boîte de Pandore et approfondissent leur implication dans le conflit. Les livrez-vous juste pour le plaisir ? Ou pour être exposés dans un musée ? Ou dans le cadre d’un engagement de non-utilisation ? Bien sûr que non ! Vous ne devez pas désinformer votre propre population.

La politique de Paris consistant à remplir inconsidérément l’Ukraine d’armes a révélé le cynisme et la duplicité de ses déclarations concernant son désir d’éviter une escalade du conflit, la nécessité de maintenir un dialogue avec la Russie et son attitude sérieuse à l’égard des exigences de Moscou en matière de garanties de sécurité. Il s’agit soit d’une dichotomie, d’une situation où différentes agences contrôlées dans une certaine mesure par les dirigeants français prennent des mesures contradictoires, soit d’un ramassis de mensonges cyniques et de fraudes.

En fait, Paris continue de suivre la spirale de la confrontation et d’appeler à une victoire sur la Russie. De cette manière, elle réduit à néant les chances d’une « médiation impartiale », que la France a proposée à plusieurs reprises.

Selon nous, Paris doit reconnaître sa responsabilité directe dans l’échec des accords de Minsk et dans les efforts déployés pendant des années pour entretenir l’illusion du régime de Kiev qu’une solution militaire au conflit était possible. Cela s’est d’abord fait aux niveaux verbal et politique, et maintenant sous forme d’incitations matérielles sous la forme de fournitures d’armes.

source : Le Cri des Peuples

Biden fait-il l’objet d’un chantage pour envoyer des troupes de combat américaines en Ukraine ?

par Mike Whiney - Le 16/01/2023.

Les élites milliardaires utilisent leur pouvoir sur les médias, la classe politique et l’opinion publique pour contraindre Joe Biden à envoyer des troupes américaines en Ukraine pour empêcher une victoire russe. Les conservateurs idiots pensent que les médias font pour une fois leur travail en rapportant avec précision les prétendues transgressions de Biden. Mais, en réalité, les médias montrent simplement qu’ils peuvent changer de camp à tout moment afin de poursuivre l’agenda élitiste.

Personne ne devrait être surpris que le « problème des documents classifiés » de Joe Biden soit apparu au moment même où une ville clé d’Ukraine (Soledar) a été libérée par les troupes russes. Tous les rapports récents en provenance des lignes de front indiquent que l’armée russe ne cesse de s’emparer de nouveaux territoires dans l’est du pays tout en infligeant de lourdes pertes aux forces ukrainiennes surclassées. En bref, l’armée ukrainienne est battue à plates coutures, ce qui oblige les planificateurs de guerre américains à repenser leur approche. Ce que les États-Unis doivent faire pour l’emporter dans leur guerre par procuration avec la Russie, c’est s’assurer le concours d’une coalition de nations (États-Unis, Pologne, Roumanie et Royaume-Uni) qui sont prêtes à engager des troupes de combat dans le conflit, étant entendu que l’OTAN ne participera pas directement à une guerre terrestre avec la Russie. Biden avait auparavant rejeté l’idée d’envoyer des troupes en Ukraine, reconnaissant que cela reviendrait à lancer une troisième guerre mondiale. Mais à mesure que le scandale des « documents classifiés » prend de l’ampleur, le président malléable va probablement s’aligner et faire tout ce que l’establishment belliciste de la politique étrangère exige de lui. En bref, l’affaire des documents est utilisée par des agents de pouvoir en coulisse qui font chanter le président pour poursuivre leurs propres intérêts étroits. Ils tiennent Brandon par les c*******.

La plupart des lecteurs se souviendront que l’ordinateur portable de Hunter Biden contient une abondance d’informations liées à la vaste opération de trafic d’influence de la famille Biden. Toutes ces informations ont été délibérément supprimées dans les médias grand public afin d’ouvrir la voie à la victoire de Biden à l’élection présidentielle de 2020. Alors pourquoi – on se le demande – ce nouveau scandale a-t-il fait la une des journaux alors que l’histoire du portable a été complètement enterrée ? Et pourquoi les néoconservateurs les plus belliqueux du Sénat, comme Lindsey Graham, réclament-ils un « avocat spécial » alors qu’ils n’ont fait aucun effort pour révéler les détails sordides de l’ordinateur portable ? Ceci est tiré d’un article de Zero Hedge :

« Le sénateur Lindsey Graham (R-S.C.), l’un des principaux membres de la commission judiciaire du Sénat, a demandé mercredi au procureur général Merrick Garland de nommer un avocat spécial pour enquêter sur la manipulation de documents classifiés par le président Biden lorsqu’il était vice-président. (…)

« Je pense que si vous croyez qu’un avocat spécial est nécessaire pour rassurer le public sur la manipulation de documents classifiés par Donald Trump, vous devriez appliquer un avocat spécial à la mauvaise manipulation de documents classifiés par le président Biden lorsqu’il était vice-président », a déclaré Graham lors d’une interview avec Martha MacCallum sur Fox News. (…)

« Garland, si vous écoutez, si vous avez pensé qu’il était nécessaire de nommer un conseiller spécial concernant le président Trump, alors vous devez faire exactement la même chose concernant le président Biden quand il s’agit de traiter des informations classifiées », a déclaré Graham »1.

Alors, maintenant Lindsey Graham est un champion de la vérité et de la transparence ?

Ne me faites pas rire.

Je vous assure que si Biden annonçait demain le déploiement de troupes de combat américaines en Ukraine, Graham retirerait immédiatement sa demande d’un avocat spécial. Il s’agit de l’Ukraine, pas de documents classifiés ou d’un comportement présidentiel potentiellement illégal. Et, quoi que vous pensiez de Biden, il ne veut pas être le président qui déclenche la troisième guerre mondiale. Malheureusement, les élites qui contrôlent les médias, les politiciens et la plupart des richesses de la nation sont déterminées à élargir le conflit, ce qui explique pourquoi le discours des médias a radicalement changé la semaine dernière. Jetez un coup d’œil à ce court extrait d’un article de CNN qui, jusqu’à présent, n’avait cessé de promouvoir le mème « l’Ukraine gagne » au cours des 11 derniers mois.

« La situation est critique. Difficile. Nous nous accrochons jusqu’au dernier », a déclaré le soldat.

Le soldat fait partie de la 46e brigade aéromobile, qui mène le combat de l’Ukraine pour tenir Soledar face à un assaut massif des troupes russes et des mercenaires de Wagner. (…) Le soldat a déclaré qu’il pensait que les chefs militaires ukrainiens finiraient par abandonner la lutte pour Soledar et s’est demandé pourquoi ils ne l’avaient pas encore fait.

« Tout le monde comprend que la ville sera abandonnée. Tout le monde le comprend », a-t-il déclaré. « Je veux juste comprendre quel est l’intérêt [de se battre maison par maison]. Pourquoi mourir, si nous allons de toute façon la quitter aujourd’hui ou demain ? »… « Personne ne vous dira combien il y a de morts et de blessés. Parce que personne ne le sait avec certitude. Pas une seule personne », a-t-il dit. « Ni au quartier général, ni ailleurs. Les positions sont prises et reprises en permanence. Ce qui était notre maison aujourd’hui, devient celle de Wagner le jour suivant ».

« À Soledar, personne ne compte les morts », a-t-il ajouté. » « La situation est critique. Difficile. Nous nous accrochons jusqu’au dernier », a déclaré le soldat »2.

Pouvez-vous voir la différence dans la couverture médiatique ? Plus d’histoires sur les Ukrainiens « courageux » battant les Orques russes macabres. Non. Au lieu de cela, c’est la froide et amère vérité : l’Ukraine perd et perd durement. Mais comment expliquer ce soudain « changement narratif » ? Et pourquoi le Washington Post a-t-il offert une tribune à deux va-t-en-guerre de l’administration de George W. Bush pour qu’ils plaident avec passion en faveur d’un soutien militaire d’urgence afin de repousser l’offensive hivernale de la Russie ? Voici l’ancienne secrétaire d’État Condoleezza Rice et l’ancien secrétaire à la Défense Robert Gates lançant un appel désespéré et ultime à une aide immédiate pour empêcher l’effondrement des forces ukrainiennes dans le Donbass :

« Bien que la réponse de l’Ukraine à l’invasion ait été héroïque et que son armée se soit comportée brillamment, l’économie du pays est en ruine, des millions de personnes ont fui, ses infrastructures sont détruites et une grande partie de ses richesses minérales, de sa capacité industrielle et de ses terres agricoles considérables sont sous contrôle russe.

La capacité militaire et l’économie de l’Ukraine dépendent désormais presque entièrement des lignes de vie de l’Occident – principalement des États-Unis. (…) Dans les circonstances actuelles, tout cessez-le-feu négocié laisserait les forces russes en position de force pour reprendre leur invasion dès qu’elles seront prêtes. C’est inacceptable.

La seule façon d’éviter un tel scénario est que les États-Unis et leurs alliés fournissent d’urgence à l’Ukraine une augmentation spectaculaire des fournitures et des capacités militaires – suffisantes pour dissuader une nouvelle offensive russe et permettre à l’Ukraine de repousser les forces russes à l’est et au sud. (…)

Les membres de l’OTAN doivent également fournir aux Ukrainiens des missiles à plus longue portée, des drones perfectionnés, d’importants stocks de munitions (notamment des obus d’artillerie), davantage de moyens de reconnaissance et de surveillance, ainsi que d’autres équipements. Ces capacités sont nécessaires dans quelques semaines, et non dans quelques mois. (…) Le moyen d’éviter une confrontation avec la Russie à l’avenir est d’aider l’Ukraine à repousser l’envahisseur dès maintenant »3.

Normalement, les membres les plus âgés de l’establishment politique font preuve de plus de retenue dans leurs déclarations, mais pas ici. C’est du désespoir pur et simple. Rice et Gates déclarent sans ambages que l’Ukraine est dans une situation désespérée, que son économie et ses infrastructures sont en ruines, que des millions de personnes ont fui le pays et que la plupart des richesses naturelles de la nation sont sous contrôle russe. C’est un désastre, et c’est un désastre auquel Gates et Rice veulent remédier en injectant davantage d’armes dans un État défaillant qui n’a aucune chance de gagner la guerre. Cela a-t-il un sens ?

En ce moment même, les lignes de front ukrainiennes s’effritent, tout comme s’effrite l’illusion que les guerres sont déterminées par la compétence des services de propagande. Ce qui reste, c’est la perspective imminente que les Russes sont essentiellement sur le point de l’emporter dans la conflagration la plus sanglante et la plus conséquente de cette guerre, Bakhmout, le centre de transport oriental qui sera probablement le point tournant de la campagne générale. Lorsque Bakhmout tombera, les Ukrainiens seront contraints de se replier sur leurs troisième et quatrième lignes de défense, ce qui rapprochera de plus en plus la guerre du Dniepr, puis de Kiev. Le drapeau à damier est progressivement en vue. Mais ne me croyez pas sur parole. Voici un extrait d’une interview du général Valery Zaluzhny, qui est le commandant en chef des forces armées ukrainiennes :

« La mobilisation russe a fonctionné », déclare le général Zaluzhny. (…) « Il ne faut pas négliger l’ennemi. Ils ne sont pas faibles… et ils ont un très grand potentiel en termes d’effectifs ». (…) La mobilisation a également permis à la Russie de faire tourner ses forces sur le front et hors du front plus fréquemment, dit-il, ce qui leur permet de se reposer et de récupérer. « À cet égard, ils ont un avantage ».

« Par conséquent, tout dépend vraiment de la quantité de fournitures, et cela détermine le succès de la bataille dans de nombreux cas ». Le général Zaluzhny, qui est en train de lever un nouveau corps d’armée, déroule une liste de souhaits. « Je sais que je peux battre cet ennemi », dit-il. « Mais j’ai besoin de ressources. J’ai besoin de 300 chars, 600-700 IFV [véhicules de combat d’infanterie], 500 Howitzers ». L’arsenal progressif qu’il recherche est plus important que le total des forces blindées de la plupart des armées européennes. (…)

En privé, cependant, les responsables ukrainiens et occidentaux admettent qu’il pourrait y avoir d’autres issues. « Nous pouvons et devons prendre beaucoup plus de territoires », insiste le général Zaluzhny. Mais il reconnaît indirectement que les avancées russes pourraient s’avérer plus importantes que prévu, et les avancées ukrainiennes plus faibles. (…)

« Il me semble que nous sommes sur le fil du rasoir », prévient le général Zaluzhny… « Je n’ai aucun doute sur le fait qu’ils vont à nouveau s’en prendre à Kiev (…) Les enfants commencent à geler », dit-il. « Dans quel état d’esprit seront les combattants ? Sans eau, lumière et chaleur, peut-on parler de préparer des réserves pour continuer à se battre ? »4.

Cela ressemble-t-il à un général confiant dans ses chances de succès ou à un chef militaire fatalement résigné à la défaite ?

Ce que dit Zaluzhny, c’est qu’il a besoin d’une armée entièrement nouvelle pour pouvoir concurrencer les Russes. (« J’ai besoin de ressources. J’ai besoin de 300 chars, 600-700 IFV, 500 Howitzers ») Et, même si ses demandes sont satisfaites, le peuple ukrainien sera laissé « gelé » dans l’obscurité, « sans eau, sans lumière et sans chaleur ». C’est pourquoi, selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 8 millions d’Ukrainiens ont déjà fui en Europe et 3 millions en Russie. (Tass)

La guerre de Washington contre la Russie a transformé le pays en un désert inhabitable entièrement soutenu par la charité étrangère en échange d’un engagement résolu envers l’agenda mondialiste. En vérité, « I Stand with Ukraine » signifie « Je soutiens l’anéantissement sommaire d’une civilisation florissante pour que Washington puisse réaliser ses ambitions pernicieuses ». C’est ce que cela signifie vraiment.

Ce n’est pas un crime de guerre que de détruire des centrales électriques, privant ainsi les civils d’électricité, lorsque cette destruction a un objectif militaire, à savoir limiter de manière significative la capacité de votre ennemi à vous faire la guerre. Les centrales électriques sont des cibles militaires standard depuis près d’un siècle.
« Les centrales électriques sont généralement reconnues comme étant suffisamment importantes pour permettre à un État de répondre à ses besoins de communication, de transport et d’industrie en temps de guerre, de sorte qu’elles sont généralement considérées comme des objectifs militaires pendant les conflits armés ». – Département américain de la défense, Manuel du droit de la guerre

Nous ne critiquons pas Zaluzhny qui ne fait que son travail. Nous critiquons les faucons de guerre et les néoconservateurs américains qui ont provoqué cette guerre mais n’ont jamais anticipé la catastrophe qu’ils créaient. Ils ne se sont jamais attendus à ce qu’un jour, l’officier le plus haut gradé d’Ukraine exige une armée entièrement nouvelle pour battre les Russes. Ils n’ont jamais pensé que les sanctions économiques les plus complètes jamais imposées à un pays se retourneraient contre nous et ne feraient que nuire à nos alliés les plus proches en Europe. Ils ne se sont jamais attendus à ce que ces mêmes sanctions servent à enrichir la Russie et à renforcer ses liens avec des pays qui sont des rivaux stratégiques des États-Unis. Ils ne se sont jamais attendus à ce que la Chine et l’Inde fassent un pied de nez aux sanctions américaines et profitent pleinement du gaz et du pétrole bon marché de la Russie pour développer leurs économies, laissant l’Europe languir dans un marasme permanent provoqué par leur attachement irrationnel aux États-Unis. Ils ne s’attendaient à rien de tout cela, ce qui nous amène à conclure que la manœuvre ukrainienne est probablement la débâcle de politique étrangère la plus mal planifiée de tous les temps, qui a conduit au plus grand désastre stratégique de l’histoire américaine.

Pour les personnes qui ont suivi de près les événements en Ukraine, la plupart de ce que je dis semblera évident. Pour ceux qui croient les reportages des médias, eh bien, nous pensons qu’ils vont être très surpris par les événements à venir. L’issue des guerres terrestres interarmes n’est pas décidée par les auteurs de fiction du New York Times. La guerre en Ukraine va se terminer en faveur du camp le plus puissant, c’est certain. Jetez un coup d’œil à ce bref résumé rédigé par le lieutenant-colonel américain Alex Vershinin, ancien combattant, qui a travaillé en tant qu’officier chargé de la modélisation et des simulations au sein de l’OTAN et du développement et de l’expérimentation de concepts de l’armée américaine :

« Les guerres d’usure se gagnent en gérant soigneusement ses propres ressources tout en détruisant celles de l’ennemi. La Russie est entrée dans la guerre avec une vaste supériorité matérielle et une base industrielle plus importante pour soutenir et remplacer les pertes. Elle a soigneusement préservé ses ressources, se retirant chaque fois que la situation tactique se retournait contre elle. L’Ukraine a commencé la guerre avec un plus petit réservoir de ressources et a compté sur la coalition occidentale pour soutenir son effort de guerre. Cette dépendance a poussé l’Ukraine à lancer une série d’offensives tactiquement réussies, qui ont consommé des ressources stratégiques que l’Ukraine aura du mal à remplacer en totalité, à mon avis. La vraie question n’est pas de savoir si l’Ukraine peut regagner tout son territoire, mais si elle peut infliger des pertes suffisantes aux réservistes russes mobilisés pour saper l’unité intérieure de la Russie, la forçant à s’asseoir à la table des négociations aux conditions ukrainiennes, ou si la stratégie d’attrition des Russes fonctionnera pour annexer une partie encore plus grande de l’Ukraine »5.

La question de s