Affaire Navalny


Navalny : Quand la France et l’Allemagne font perdre sa patience légendaire à la Russie

...par Karine Bechet-Golovko - Le 09/10/2020

La France et l’Allemagne prennent la direction d’une ligue régionale contre la Russie. Et le cirque autour de cet étrange empoisonnement de Navalny prend tout son sens : l’important est d’avoir un prétexte, pour ensuite pouvoir l’exploiter. Ce qui est plus inquiétant, est que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ait « trouvé » du Novitchok dans les échantillons de Navalny. Les médecins russes étant clairs sur le sujet, soit une infime dose a été injectée à Navalny déjà en Allemagne et en milieu clos (puisqu’il n’y a aucune victime collatérale), soit l’OIAC falsifie ses résultats. Pendant ce temps, Paris et Berlin accusent et menacent Moscou, avec la hargne du fanatisme. C’est-à-dire en criant d’autant plus fort que l’on ne veut pas avoir à répondre à des questions dérangeantes. De son côté, la Russie siffle la fin du jeu : non, il n’est plus possible de faire comme si de rien n’était.

Nous avons déjà souligné à plusieurs reprises l’étrangeté de l’affaire Navalny, soi-disant empoisonné avec une arme chimique, dont il ressort vivant et qui, bien que volatile, ne touche que lui dans un avion ou un aéroport (voir notre texte ici). L’absurdité de la situation est telle que, logiquement, la Russie voit en cela une opération menée par des services étrangers (voir notre texte ici).

Or, l’OIAC a déclaré avoir trouvé des traces de novichok:

L’OIAC a confirmé que les échantillons de sang et d’urine de Alexeï Navalny contenaient un «inhibiteur de la cholinestérase», similaire à deux substances chimiques de type Novitchok interdites par l’organisation en 2019.

Il y a donc trois possibilités :

  1. soit la Russie est assez stupide pour empoisonner un opposant à 2% de cote de popularité et ensuite aider à son départ du pays, alors que les frontières sont fermées et qu’il est sous le coup d’une enquête pénale (ne devant donc pas, formellement, lui permettre de quitter le territoire);
  2. soit Navalny a été empoisonné après – donc en Allemagne et en milieu stérile, puisqu’il n’y a aucune victime collatérale, ni dans l’aéroport, ni dans l’avion, ni dans l’hôpital russe;
  3. soit l’OIAC joue le jeu globaliste et falsifie les résultats.

Lorsque l’on voit les proportions que prend cette affaire, la Russie n’y a aucun intérêt. En revanche, la machine s’est parfaitement mise en route, soutenant localement l’action globale. Les dernières déclarations des ministres des Affaires étrangères français et allemand démontrent cette ligne :

« La France et l’Allemagne réitèrent leur ferme condamnation de l’empoisonnement de M. Alexeï Navalny intervenu sur le territoire russe, au moyen d’un agent neurotoxique militaire appartenant à la famille des « Novitchok » développé par la Russie. Hier, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé les résultats des analyses effectuées par nos deux pays.

Comme nous avons eu l’occasion de le souligner dans un communiqué conjoint du 4 septembre, cette terrible tentative d’assassinat constitue une atteinte aux principes élémentaires de démocratie et de pluralisme politique. C’est aussi un nouvel emploi choquant d’une arme chimique, deux ans après l’utilisation par la Russie d’une telle arme sur le territoire britannique à Salisbury, le 4 mars 2018.

Une tentative d’assassinat est intervenue sur le territoire russe, contre une figure de l’opposition russe, au moyen d’un agent neurotoxique militaire développé par la Russie.

Dans ces circonstances, la France et l’Allemagne ont demandé à plusieurs reprises à la Russie de faire toute la lumière sur les circonstances de ce crime et sur ceux qui l’ont perpétré. Aucune explication crédible n’a pour le moment été apportée par la Russie. Nous considérons dans ce contexte qu’il n’existe pas d’autre explication plausible à l’empoisonnement de M. Navalny qu’une responsabilité et une implication russes.« 

Il en suit, évidemment, des menaces de sanctions. C’est l’impasse du clan globaliste : il n’a aucune intention de mener un véritable conflit à son terme logique – le conflit armé direct, qui par ailleurs épurerait la situation. Les sanctions sont censées faire plier les gouvernements, sans faire les frais d’une guerre militaire. Mais ces sanctions ont une limite d’efficacité et il semblerait qu’elles l’aient atteinte. Sans compter l’effet positif d’un tel comportement ouvertement anti-russe : l’affaiblissement intérieur du clan globaliste russe, discrédité, car l’ampleur des concessions faites au globalisme n’entraîne qu’une concentration des attaques contre la Russie, en vue d’une « victoire finale ».

Le ministère russe des Affaires étrangères a d’ailleurs répondu : aucune réaction n’a suivi aux demandes d’informations récurrentes de la Russie concernant les analyses faites sur Navalny, à la place de quoi la France et l’Allemagne se lancent dans une coalition antirusse, alors qu’il y a peu ces pays parlaient encore de coopération. 

« Dans ce cas, nous allons en tirer les conclusions qui s’imposent. Faire du business l’air de rien avec Paris et Berlin nous semble désormais impossible dans ces conditions. »

Comme l’avait, il y a quelques jours, rappelé Vladimir Poutine lors de sa rencontre avec les chefs de partis politiques, la Russie ne peut exister que souveraine et indépendante des injonctions des organismes internationaux. Encore un pas et l’on pourra se souvenir de cette déclaration attribuée à l’Empereur russe Alexandre III, au 19e siècle, affirmant que la Russie n’a que deux alliés, son armée et sa flotte. Le temps est venu de réellement en tirer les conséquences, puisque certaines constantes ne changent pas à travers les siècles. Ce qui, d’ailleurs, en fait des constantes.

Karine Bechet-Golovko

source:http://russiepolitics.blogspot.com/2020/10/navalny-quand-la-france-et-lallemagne.html


Lavrov donne à Merkel le choix entre la Russie et Navalny

...par Rostislav Ishchenko - Le 30/09/2020.

 

La déclaration faite il y a quelques jours, dans laquelle la Russie blâme l’Allemagne pour la détérioration imminente des relations entre les pays en raison de la situation avec Navalny, avait le statut d’une déclaration du Ministère des Affaires Étrangères.

Mais puisque le département diplomatique ne publie pas de déclarations qui n’auraient pas été approuvées par son chef, nous pouvons légitimement considérer Sergueï Lavrov comme son co-auteur.

De plus, je suis absolument sûr que si Vladimir Poutine n’a pas édité cette déclaration, au moins il en connaissait le contenu. Elle a donc également reçu l’approbation du Président. C’est trop pointu.

D’une part, il est possible, en se rappelant les déclarations du Ministère des Affaires Étrangères sur l’affaire Skripal, d’y trouver des passages similaires. Mais le fait est que dans l’affaire Skripal, la Russie avait affaire au Royaume-Uni. Ce pays a toujours adopté une position hostile à l’égard de la Russie. Les liens économiques entre Moscou et Londres n’ont jamais été stratégiques. La Grande-Bretagne a toujours été un allié loyal des États-Unis. Par conséquent, il était possible d’avertir la Grande-Bretagne de la détérioration des relations en toute liberté – les Britanniques ont évidemment cherché à les détériorer, et même si nous supposons que l’opération avec les Skripal a échoué, ils auraient trouvé autre chose.

L’Allemagne, c’est une autre affaire. Moscou a fait de nombreux sacrifices, en établissant scrupuleusement et soigneusement des relations stratégiques à long terme avec Berlin. La coopération dans le secteur de l’énergie s’est longtemps développée en une coopération économique générale, et cette dernière a commencé à se transformer en un rapprochement politique, avec une tendance à établir des relations d’alliance à long terme.

La position ferme du gouvernement berlinois sur le projet Nord Stream 2, qui a conduit l’Allemagne à une confrontation avec les États-Unis, la déclaration des dirigeants allemands sur l’incapacité des États-Unis à assurer la sécurité de l’Europe et sa transition de l’état de partenaire économique à celui de concurrent – tout cela et bien d’autres choses encore (notamment les problèmes communs russo-allemands avec la Pologne) ont témoigné du grand potentiel de développement des relations russo-allemandes. Et voilà que soudain, Moscou, toujours extrêmement prudente, met en jeu le fruit de nombreuses années de travail, ne présentant à Berlin qu’un ultimatum : soit des preuves dans l’affaire Navalny, soit un conflit diplomatique aux conséquences graves pour le partenariat économique et politique.

Pourquoi ?

Pour commencer, permettez-moi de vous rappeler que ceux qui pensaient que Moscou serait toujours prudente et céderait ont eu plusieurs occasions de constater le caractère erroné de cette opinion. Le Kremlin sait choisir le moment d’un coup dur et inattendu, comme, par exemple, en août 2008 sur Saakachvili (lorsque l’armée géorgienne a été défaite, et que l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie a été reconnue) ou en mars 2014, lorsque la Crimée a été rendue à la Russie.

C’est juste que la Russie n’adopte une position dure que lorsqu’elle est absolument sûre de la victoire, et pas comme Trump, qui a effrayé Kim Jong-un avec des porte-avions, et qui a donc été obligé de négocier aux conditions nord-coréennes.

L’Allemagne a été sévèrement, je dirais même presque impoliment, intimé de réfléchir à un avenir déplaisant si elle n’arrêtait pas les bacchanales avec Navalny. La Russie a exigé le transfert des matériaux témoignant de l’empoisonnement de Navalny. C’est une demande normale, car s’il y a une allégation d’empoisonnement délibéré, il est nécessaire de mener une enquête, et il existe des accords correspondants sur l’assistance juridique entre Moscou et Berlin.

L’Allemagne peut fournir des tests, des échantillons de tissus, et tout ce que la Russie exige. Mais je crains que dans ce cas, le mensonge sur l’empoisonnement de Navalny avec un poison militaire ne soit rapidement dévoilé. L’Allemagne peut refuser de transférer ces matériaux, mais elle violera alors les accords existants, et la Russie, comme l’a déclaré le Ministère des Affaires Étrangères, percevra les actions de Berlin comme une provocation délibérée et prendra des mesures de rétorsion.

Cependant, le Ministère des Affaires Étrangères russe a laissé une petite marge de manœuvre à Berlin – ne plus en parler, ne pas rester dans la lumière, et renvoyer l’opposant récupéré dans sa patrie dès que possible. Il est peu probable que l’Allemagne puisse profiter de cette marge, on a déjà trop parlé de Navalny, l’affaire a déjà été portée au niveau de l’Union Européenne, Berlin ne peut tout simplement pas la porter seule. Mais il est important que l’Allemagne ait eu le choix entre plusieurs options et qu’elle puisse maintenant entamer des négociations avec Moscou sur une solution de sortie de crise mutuellement acceptable.

Qu’est-ce qui a donné à la Russie une telle confiance ? Après tout, Moscou compte clairement sur le fait que, sous la menace d’une confrontation, Berlin modérera ses ardeurs et tentera de clore rapidement le sujet Navalny.

Comme nous l’avons déjà mentionné, ces dernières années, l’Allemagne s’est fortement écartée des États-Unis pour des raisons objectives. En outre, ce conflit est de nature fondamentale et est insoluble dans le cadre des relations existantes. Il faut garder à l’esprit que les États-Unis ont une influence importante sur certains pays de l’Union Européenne (en particulier sur les pays d’Europe de l’Est), qui tentent de s’opposer à la domination allemande dans l’Union Européenne. La Pologne se distingue particulièrement à cet égard, qui, tout comme dans les années 1920 et 1930, tente d’évincer l’Allemagne de la position de leader régional de l’Europe Centrale et Orientale, en la remplaçant par elle-même.

L’alliance polono-américaine est assez dangereuse pour Berlin. L’Allemagne seule ne peut pas lui résister, et la France, qui est le partenaire de Berlin en ce qui concerne la nécessité de réformer l’UE, est en même temps un concurrent de l’Allemagne. De plus, Macron est en concurrence avec Merkel pour le statut personnel de leader de l’UE. L’alliance avec la France n’est pas fiable, et le soutien français n’est pas garanti. Le seul allié fiable est la Russie (ne serait-ce que parce qu’elle est elle-même la cible d’attaques, tant par les États-Unis que par la Pologne). Ce n’est qu’en s’appuyant sur la coopération avec Moscou que Berlin peut prétendre à une position de leader dans l’UE.

En promouvant le thème de « l’empoisonnement de Navalny », Berlin a clairement essayé de négocier avec la Russie certaines concessions géopolitiques (peu importe où : en Ukraine, dans les Balkans, on ne sait jamais où ailleurs). Cependant, les opposants politiques internes à la politique de rapprochement de Merkel avec la Russie ont saisi l’occasion et ont lancé une campagne contre le projet Nord Stream 2.

Merkel est très mal exposée ici. Depuis des années, les médias occidentaux disent au public local que Navalny est le principal concurrent de Poutine en Russie. Par conséquent, la nouvelle de son empoisonnement, qui a provoqué un éclat de rire chez les Russes et des questions « qui se soucie de lui ? », a plongé une partie importante de la société occidentale dans l’horreur – une fois de plus à Moscou, des concurrents politiques sont tués.

Dans ce contexte, la campagne des forces pro-américaines en Allemagne pour l’abandon de Nord Stream 2 a reçu un soutien public suffisant pour que Merkel ne puisse pas l’ignorer. Au début, la Chancelière a déclaré que Navalny n’avait rien à voir avec le gazoduc, mais deux jours plus tard, elle a rectifié sa position et n’a pas exclu que l’Allemagne se retire du projet.

En même temps, Merkel était bien consciente que la fermeture du projet Nord Stream 2 était une nuisance pour la Russie et un désastre pour l’Allemagne. Pas seulement parce que son économie va perdre un sérieux avantage concurrentiel par rapport à l’économie américaine. Il existe d’autres moyens de livrer le gaz russe à l’Allemagne. Tout d’abord, ce serait un désastre politique. Devant le monde entier, Berlin perdrait la bataille pour le gazoduc non seulement pour Washington, mais aussi pour Varsovie.

La Pologne humilierait l’Allemagne en remportant une bataille géopolitique fondamentale avec elle, priverait Berlin de la perspective d’une alliance avec la Russie, et peut-être même arriverait-elle à ce que la plupart des membres d’Europe de l’Est de l’UE soient réorientés de Berlin vers Varsovie. Compte tenu de l’histoire des relations germano-polonaises, ce serait non seulement une défaite politique, mais aussi une défaite historique et, à cet égard, civilisationnelle.

Tentant d’éviter le pire, Merkel a déclaré que le sort des sanctions anti-russes dues à l’affaire Navalny (concernant Nord Stream 2) sera décidé non pas par l’Allemagne, mais par l’UE. Considérant que plusieurs des plus grandes entreprises énergétiques des principaux pays de l’UE sont impliquées dans le projet Nord Stream 2, l’Allemagne pourrait compter sur le fait que les sanctions seraient soit bloquées par plusieurs membres de l’UE, soit n’affecteraient pas Nord Stream 2.

Mais, premièrement, tous les membres de l’UE sont très sensibles à la pression américaine. Deuxièmement, pourquoi devraient-ils mourir sur le champ de bataille pour Nord Stream 2, qui intéresse surtout l’Allemagne, si celle-ci s’en lave les mains ? Troisièmement, tous les Européens aiment négocier – ils disent « Nous n’imposerons pas de sanctions trop sévères, mais vous nous donnez quelque chose en échange ».

En même temps, le Kremlin sait très bien que les entreprises allemandes ne pardonneront ni à Merkel ni à son parti si le projet Nord Stream 2 échoue. Ce n’est pas pour rien que les dirigeants de la CSU (un allié de la CDU de Merkel) ont déjà déclaré qu’il ne peut être question de sanctions contre Nord Stream 2. Rien ne s’est encore produit et la coalition au pouvoir de Merkel a déjà craqué. C’est alors que Moscou a lancé son ultimatum : soit l’Allemagne cesse de faire l’imbécile, soit la Russie elle-même réduira fortement le niveau de coopération.

Moscou exige que Berlin décide si les deux pays sont des alliés ou non. S’ils le sont, alors la politique orientale de l’Allemagne doit subir une révision radicale. S’il est si simple que les intérêts coïncident temporairement, alors la Russie n’a aucun intérêt à ce qu’un tel État renforce sa position en Europe. Qu’ils découvrent avec les Polonais qui a le plus de valeur pour l’histoire mère. Et Moscou a déjà diversifié ses risques dans le secteur de l’énergie. En temps de crise, lorsque la concurrence s’intensifie, il y a toujours des acheteurs pour les sources d’énergie russes moins chères, car cela réduit le coût des produits et augmente leur compétitivité.

En fin de compte, même les Américains ont déjà compris qu’ils ne peuvent pas apporter leur coûteux gaz liquéfié aux Européens, mais acheter du gaz russe bon marché et le revendre aux Allemands.

L’Allemagne se voit proposer un choix très difficile, mais au final, personne ne l’a forcée à parrainer le Maidan ukrainien en 2014, et à se précipite maintenant pour traiter Navalny, qui a été facilement soigné par les médecins d’Omsk. Et personne ne l’a forcée à organiser des provocations. Il est grand temps pour elle de savoir où est sa place et de ne pas se précipiter inutilement.

traduit par Réseau International

sources : 

https://www.stalkerzone.org

- Réseau Interantional


"Les chauffeurs de taxi savent tout"

...par Dmitiri Orlov - Le 23/09/2020.

Source : Réseau Interantional

Il se trouve qu’hier, je rentrais chez moi en taxi. Le chauffeur de taxi, qui ressemblait à Bill Murray, s’est révélé très bavard. Pendant le trajet, comme cela arrive souvent, nous avons abordé tous les sujets, du temps qu’il fait aux blondes au volant.

À un moment donné, en guise de bruit de fond, la radio diffusait les nouvelles. Après le reportage sur l’empoisonnement d’Alexei Navalny, le NordStream 2 et les éventuelles sanctions de l’UE, le chauffeur de taxi a secoué la tête et a fait une déclaration réfléchie : « Ce coup-ci, maman est coincée… »

« Quelle maman ? » Me suis-je renseigné.

« Quelle maman ? » a demandé le chauffeur de taxi. « Toujours la même, Angela Merkel. Vous savez pourquoi Navalny a été livré à l’Allemagne ? Laissez-moi vous expliquer. » Et puis, pendant un quart d’heure, le chauffeur de taxi a présenté une théorie cohérente de ce qui s’est passé, digne d’être étudiée au ministère des Affaires étrangères, qui répondait à toutes les questions qui me préoccupaient.

Voici l’histoire.

Au début du mois d’août, tout le monde se préparait aux élections en Biélorussie, dans le pays lui-même, ainsi qu’en Russie et dans les pays de l’UE. C’était un jeu passionnant dans lequel chacun pariait sur son propre candidat. Mais je dois immédiatement vous avertir que ce que nous observions n’était que la partie visible de l’iceberg, alors que les courants sous-marins n’étaient connus que de quelques-uns.

Moscou et Minsk étaient en train de casser la vaisselle de manière démonstrative, en se criant dessus et en se tirant par les cheveux, créant l’illusion d’une rupture totale des relations. C’était l’intention !

L’Europe, contente et détendue, se frottait les mains et voyait déjà comment elle allait très bientôt chasser « le dernier dictateur d’Europe » et installer un clone Biélorusse de Juan Guaidó à Minsk, s’emparant de cette délicieuse pièce de l’échiquier.

Les élections ont eu lieu. Tout le monde s’est figé. Sans se soucier d’attendre les résultats des élections, sur ordre du média provocateur polonais Nexta, l’opposition biélorusse blanc-rouge-blanc [le drapeau de l’occupant nazi] s’est mise en ordre de bataille.

Au début, tout se passait comme prévu. Des foules de blanc-rouge-blanc excités inondèrent les rues et commencèrent à menacer la police, les fonctionnaires et les journalistes, déclenchant des escarmouches et des grèves. Les ambassadeurs slovaques et espagnols en Biélorussie se sont prononcés en faveur des manifestants et « se sont rangés du côté du peuple ». Cela se passait également comme prévu. Il semblait que [le dernier dictateur d’Europe] Loukachenko était à deux doigts de tomber.

Mais ensuite, Moscou est entré dans le jeu. Elle a reconnu le résultat des élections [que Loukachenko a gagnées] et a commencé à le soutenir sur le plan organisationnel, informationnel et financier. L’Europe devait augmenter la pression. Mais comment ?

Nexta faisait des pieds et des mains et exhortait les militants blanc-rouge-blanc à être plus actifs, mais ils n’arrivaient pas à prendre le dessus dans leurs tentatives de prise de pouvoir. Ils se sont révélés trop faibles, en comparaison avec leur propre peuple. Et puis, heureusement, Navalny a été empoisonné. En tout cas, c’est ce que certains ont imaginé.

Des agents du ministère allemand des Affaires internationales, qui ont sympathisé avec le SPD de Schröder, ont pris contact avec Yulia Navalny (sa femme) et lui ont proposé de l’hospitaliser dans une clinique en Allemagne. Yulia a accepté et a fait appel à Poutine.

Puis le ministre allemand des affaires étrangères est entré dans le bureau de la Chancelière allemande et a posé son joker sur la table : « Nous pouvons aller chercher Navalny pour le faire soigner. Si Moscou tente d’empêcher cela, nous provoquerons un scandale retentissant. Nous aurons son corps et nous déciderons ensuite de la manière de jouer ». Merkel a trouvé cette proposition séduisante et, n’y réfléchissant pas trop longtemps, a accepté. Moscou ne s’est pas opposé au transfert de Navalny.

Après que Navalny a été amené en Allemagne et déposé à la clinique de la Charité dans un cortège composé de 12 voitures, maman Angela a appelé Moscou et a exigé : la Russie doit cesser de soutenir Loukachenko, sinon nous annoncerons que Navalny a été empoisonné avec du « Novichok ». Moscou a refusé et a augmenté son soutien à Loukachenko, déclarant qu’elle avait organisé une réserve de forces spéciales prête à être envoyée en Biélorussie pour en prendre le contrôle – juste au cas où quelqu’un ferait un geste soudain.

Le lendemain, Berlin a annoncé que les résultats d’analyses montraient un empoisonnement avec un inhibiteur de la cholinestérase. C’était son dernier coup de semonce. Puis il y a eu un autre appel téléphonique, pour prévenir que la prochaine fois du « Novichok » sera trouvé. Moscou a refusé, et a promis à Minsk un milliard de dollars le jour même.

À ce moment-là, la patience de Berlin s’est épuisée. Navalny fut immédiatement transféré dans un hôpital militaire, où l’on « découvrit » sans délai qu’il avait été empoisonné avec du « Novichok ». Il n’a pas été possible de trouver le « Novichok » pendant qu’il était à la Charité, car les journalistes et les fonctionnaires pouvaient exiger de voir les résultats des tests, alors que dans un hôpital militaire, de telles demandes seraient refusées : l’information est secrète. Mais même le « Novichok » n’a pas pu forcer Moscou à cesser de soutenir Minsk. Le premier ministre russe Mikhaïl Michoustine a été dépêché à Minsk avec une mallette remplie de papiers à signer.

Il s’ensuivit une tentative de Fritz Merz, l’adjoint d’Angela Merkel à la CDU, de faire pression sur Merkel pour fermer NordStream 2, mais il se fit rapidement tirer les oreilles par le lobby des entreprises allemandes qui avaient investi dans ce pipeline et, en gémissant et en pleurnichant, il replongea dans son trou.

Puis Loukachenko, étant un dur à cuire, a présenté une interception, avec un profil amateur intentionnel, de communications diplomatiques secrètes entre la Pologne et l’Allemagne dans laquelle ils discutaient de leurs plans d’empoisonnement de Navalny. Aujourd’hui, ils sont assis à Varsovie et à Berlin et ne savent pas comment réagir à ce film, nier ou prétendre ne rien avoir remarqué. Quel dilemme !

Le résultat intermédiaire est donc le suivant : Navalny est bien vivant, tranquillement installé dans un hôpital militaire allemand et se demandant périodiquement quand il sera autorisé à rentrer chez lui. Mais il ne sera pas autorisé à rentrer chez lui de sitôt.

Maintenant, à l’approche des élections, alors que la campagne électorale parlementaire commence en Allemagne, la coalition CDU/CSU de Merkel n’a pas beaucoup de soutien populaire. Certaines personnes sont même prêtes à prendre le Reichstag à mains nues et à y apposer leur propre drapeau. Et puis nous avons cette histoire toxique avec le « Novichok » !

Si Merkel annonce que c’est le crime du siècle où une grande figure de l’opposition russe a été diaboliquement empoisonnée avec du « Novichok », alors elle sera obligée de rompre toute relation avec le régime sanguinaire et de présenter des preuves. Mais il n’y aura aucune preuve à présenter. Et personne ne lui permettra de geler l’achèvement du gazoduc. Sinon, les entreprises allemandes, qui ont investi dans NordStream 2, prendront d’assaut le Reichstag avant même les citoyens allemands furieux. Dans les deux cas, la coalition CDU/CSU sera confrontée à une défaite.

Mais si elle fait marche arrière, présente des excuses et renvoie Navalny en Russie, en prétendant que ce qui s’est passé était une malheureuse série d’erreurs, et punit tous ceux qui l’ont mise dans cette situation dans toute la mesure du droit allemand, cela ne sauvera pas la situation non plus. Les électeurs allemands ne pardonneront pas à Merkel la perte de l’autorité internationale de l’Allemagne, la perte d’influence en Europe et l’incompétence totale dans la gestion des affaires étrangères, et la puniront quand même dans les urnes.

Par conséquent, son seul choix est d’attendre son heure, assise avec une fesse sur chacune des deux chaises – blâmant la Russie pour le déploiement du « Novichok » et soutenant simultanément l’achèvement de NordStream 2. Mais nous sommes sur le point de voir un flot de rapports de témoins oculaires, de photographies et de documents provenant des différents hôpitaux où le patient VIP a été traité, envoyant bouler une des deux chaises. Il ne faut donc pas écarter la possibilité du retrait de Mme Merkel avant la fin de son mandat. Dans ce cas, elle ne battra pas le record de Helmut Kohl, 16 ans comme Chancelier.

Mais qu’en est-il de l’ami de la Russie, Gerhard Schröder ? En tant que président du conseil d’administration de la société NordStream 2 et chef du SPD [ancien chef, NdT], il envisage l’avenir avec confiance et optimisme. Dans tous les cas, la coalition CDU/CSU sera dégonflée et le SPD renforcera sa position au Bundestag et, soit indépendamment, soit en coalition avec d’autres partis, installera son propre leader en tant que Chancelier. Le NordStream 2, qui a été dans les limbes politiques pendant quelques années, sera achevé et entrera en service à pleine capacité très rapidement.

Quand nous sommes arrivés chez moi, le chauffeur de taxi a demandé : « Jouez-vous aux échecs ? »

« Parfois », répondis-je avec un signe de tête.

Aux échecs, il existe une tactique appelée « pion empoisonné ». Votre adversaire, cherchant à obtenir un avantage matériel, prend ce pion, se retrouve piégé et perd inévitablement.

En sortant du taxi, quelque peu perplexe, j’ai demandé au chauffeur de taxi d’où il tenait toutes ces informations. Il m’a répondu avec un triste sourire à la Bill Murray : « De mon frère. Il vit en Allemagne et travaille également comme chauffeur de taxi ». C’est à ce moment que j’ai réalisé que les chauffeurs de taxi savent tout.

Dmitry Orlov

source : http://cluborlov.blogspot.com

traduit par Hervé, relu par Wayan pour le Saker Francophone

via https://lesakerfrancophone.fr


Arnaque, Nord Stream et Novitchok

...par Stratpol - Le 17/09/2020.


Navalny, un Yushchenko pour la Russie

...par Karine Bechet-Golovko - Le 16/09/2020.

Le novichok est décidément un produit miraculeux : Navalny, rajeuni et avec un capital politique tout neuf de martyre, s’est découvert « une mission », rien de moins. Ça y est, il a été touché par la grâce et va revenir en Russie porter la bonne parole. Il est vrai que La Charité, où il a été hospitalisé, s’y prête : ce fut le passage chanceux de la Révolution orange ukrainienne de 2004 et manifestement le scénario tente d’être répété.

Le New York Times l’annonce, et nous n’avons aucune raison de douter du New York Times, qui a été par trois fois récompensé par le Prix Pulitzer en 2020, notamment pour une série d’articles russophobes sur Poutine, ce qui prouve bien son objectivité : Navalny va rentrer en Russie porter la bonne parole, telle est sa mission ! Amen

Le procureur allemand l’a déclaré : « He’s not planning to go into exile in Germany », the official said. « He wants to go home to Russia and he wants to continue his mission« .

Autrement dit, le capital politique de Navalny, au plus bas ces derniers temps, a été regonflé avec un petit coup de novichok périmé (car, pour une arme chimique, ça n’est vraiment pas efficace). Comme Yulia Skripal, il s’est fait une cure de rajeunissement, ce qui fut confirmé par la France et la Suède, où des échantillons du sang de Navalny, qui sont manifestement envoyés partout sauf en Russie, ont été « analysés » et, Ô surprise, tout concorde. Je ne sais pas pour vous, mais moi, vraiment, je ne m’y attendais pas …

Le schéma est un peu réchauffé, mais puisque ça marche, pourquoi faire des efforts. Rappelez-vous l’Ukraine en 2004. Yushchenko, le candidat « d’opposition » choisi par l’Occident, n’arrivait pas à augmenter son capital politique et gardait son image d’ancien Premier ministre. Au bon moment, il a été « empoisonné », sans aucun risque pour sa santé, mais avec des effets dévastateurs sur le visage. L’image a été changée, dans tous les sens du terme. Soigné à … la Charité en Allemagne, comme notre ami Navalny, l’empoisonnement a été « prouvé » et il est revenu en Ukraine pour les élections en « victime », lui aussi porter sa mission. Même avec ça, il a fallu l’intervention de l’OSCE pour organiser un troisième tour, car il n’arrivait pas à gagner contre Yanukovitch, qui a d’ailleurs ensuite remporté les élections suivantes, ce qui a conduit au Maïdan de 2014 : quand tu ne peux pas gagner par les urnes, tu manipules les gens, les pousses dans la rue et tu prends le pouvoir par le soutien de la communauté internationale.

Donc, ici, nous avons un Navalny, habillé des oripeaux de l’opposant martyr, renvoyé en Russie sous peu (il faut bien rentabiliser un tel investissement), afin de « continuer sa mission ». Autrement dit, de porter la bonne parole pour les siècles des siècles élections à venir et, d’ici-là, déstabiliser la situation. Au fait, la population en Russie n’est pas encore « fatiguée » ? Ne vous inquiétez pas, ça va venir …

Karine Bechet-Golovko

source : 

http://russiepolitics.blogspot.com

- Réseau International


Novichok : La comédie continue

...par Dmitri Orlov - Le 16/09/2020.

Source : Réseau International

 

Vous avez peut-être déjà entendu l’histoire ; sinon, voici le synopsis

 

Le dictateur russe Vladimir Poutine a fait empoisonner le principal candidat de l’opposition russe, Alexei Navalny, la némésis de Poutine, avec du Novichok, une arme chimique de qualité militaire, interdite au niveau international. Navalny est tombé dans le coma et a été transporté par avion militaire allemand au centre médical de la Charité en Allemagne, où les experts médicaux militaires allemands ont trouvé des traces de Novichok sur son corps. Pour cet acte odieux, l’Occident, dans son ensemble, se regroupe et se prépare à imposer de nouvelles sanctions à la Russie, l’empêchant peut-être d’achever le gazoduc NordStream 2 sous la Baltique, ce qui rendrait l’Europe encore plus dépendante du gaz naturel de cette dernière au lieu d’acheter du gaz naturel liquéfié bon marché et abondant aux États-Unis.

Si la lecture de ce qui précède n’a pas insulté votre intelligence, alors, avant de vous sentir vraiment insulté, il y a une courbe d’apprentissage assez raide à gravir, mais je ferai de mon mieux pour vous aider à la surmonter. Et si vous vous sentez insulté, la question est de savoir à quel point vous êtes insulté. Parce que le dédain, la condescendance, l’arrogance, l’indifférence et le mépris pur et simple que vous manifestent ceux qui poussent ce faux récit est si extrême qu’il n’y a qu’une seule réponse psychologiquement saine possible, qui est de rire, d’abord de l’ensemble du récit, puis de chacun de ses éléments, qui sont tous drôles en soi, comme un parangon de stupidité illusoire et malavisée.

Le « dictateur russe Vladimir Poutine » a remporté les élections présidentielles de 2018 avec 76,69 % des voix. Selon un rapport publié le 3 septembre par le Centre Levada (un agent étranger opérant en Russie), si une élection avait lieu aujourd’hui, 77% des électeurs décidés voteraient pour Poutine et 10 fois moins pour le nationaliste Vladimir Jirinovsky. En attendant, un référendum a eu lieu cet été, où 77,92 % des votants (avec un taux de participation de 67,97 %) ont approuvé une série de changements constitutionnels, dont l’un permettra à Poutine de se présenter pour deux autres mandats présidentiels. Il en ressort clairement que la plupart des électeurs russes aiment Poutine, et que les rares qui ne l’aiment pas préféreraient quelqu’un de plus nationaliste.

Quant au « principal candidat de l’opposition et ennemi juré de Poutine, Alexeï Navalny », il se maintient à seulement 2 % des voix. Il ne semble pas y avoir beaucoup de place pour une opposition dans un environnement politique où le leadership national est si largement populaire, et on vous pardonnerait de penser que la fonction de Navalny est d’éponger le vote de la folie – les mécontents permanents, les partisans des reptiloïdes de la planète Nibiru et divers autres vomis et débris politiques – afin de maintenir une illusion de pluralisme politique dans ce qui est une politique plutôt monolithique.

Mais Navalny remplit deux fonctions supplémentaires. Premièrement, il est un pipeauteur professionnel formé à Yale (dans le cadre du Maurice R. Greenberg World Fellows Program) pour attirer les jeunes et les idiots (mais je me répète). Il les incite à faire des démonstrations de force, sans se soucier d’obtenir une autorisation. En conséquence, ils sont arrêtés et sont ensuite remis à la garde de leurs parents. La demande pour ses services est constante : chaque génération produit une nouvelle réserve de jeunes idiots qui veulent se rebeller, être gentiment réprimandés, se repentir, repartir en mode patriote et aller travailler pour un conglomérat d’État. Le service de Navalny est considéré comme précieux, surtout si l’on considère qu’il est gratuit car son financement provient de sources étrangères, occidentales.

La deuxième fonction de Navalny est d’aider la Russie à développer et à maintenir des technologies politiques pour combattre les révolutions de couleur. Il s’agit d’un savoir-faire important, qui est en train de devenir un produit d’exportation précieux. Lorsqu’une révolution colorée a été récemment tentée au Belarus, le président Alexandre Loukachenko a appelé Poutine et lui a demandé de l’aide (conformément aux termes du traité sur la création d’un État de l’Union de la Russie et du Belarus du 8 décembre 1999). En réponse, Poutine a dépêché plusieurs avions de spécialistes en révolution de couleur armés d’ordinateurs portables et de smartphones chargés de logiciels spécialisés. Navalny est utile à ce titre car il est à la fois très entraîné à suivre les méthodologies de la révolution de couleur et presque totalement inintelligent et peu créatif dans ce domaine, ce qui fait de lui un précieux spécimen de laboratoire pour les spécialistes du gouvernement qui peuvent l’étudier et l’expérimenter.

En reconnaissance de ces précieux services que Navalny rend à l’État russe, il serait approprié de l’appeler « la némésis de Poutine » uniquement si « némésis » est un nouvel euphémisme étrange pour « animal de compagnie ». En effet, il semble mener une existence charmante. Il est un peu criminel (détournement de fonds, fraude), mais il n’obtient que des peines avec sursis. Il a violé les termes de sa peine avec sursis en se faisant arrêter lors d’une manifestation organisée sans autorisation, mais il a été libéré. Et plus récemment, après que sa vie ait été héroïquement sauvée par les médecins à Omsk, où le vol pour Moscou à bord duquel il est tombé malade a fait un atterrissage d’urgence, il a été autorisé à se rendre à l’étranger en violation des restrictions de voyage ordonnées par le tribunal en attendant un procès – ce qui n’a pu être possible que si les autorités fédérales l’ont expressément autorisé.

Ce dernier incident est clairement révélateur du traitement de VIP dont il a fait l’objet de la part des autorités russes. Le Kremlin semble être satisfait de lui, mais est-il satisfait de lui-même ? Le mur impénétrable de l’indifférence électorale russe envers quelqu’un qui semble être rien de moins qu’un patriote russe à part entière, la déception à peine cachée de ses maîtres à penser occidentaux, le traitement condescendant et indulgent des tribunaux russes, le traitement doux et courtois de ses jeunes disciples un peu idiots par la police anti-émeute, l’incongruité tout à fait ridicule de son traitement flatteur dans les médias occidentaux et, peut-être pire encore, la reconnaissance éventuelle que c’est son propre travail qui a contribué à mettre un terme à la révolution colorée en permettant à l’État russe de mettre au point toute une série de contre-mesures efficaces contre celle-ci, suscitant une gratitude tacite mais palpable de son supposé ennemi juré au Kremlin – tout cela semble avoir fait des ravages, rendant Alexei déprimé et l’obligeant à prendre des antidépresseurs.

D’autres problèmes de santé ont également été mis en évidence. Navalny n’est pas vraiment un politicien, mais plutôt un blogueur. Étant donné le contenu entièrement spécieux et souvent faux de son blog, c’est un blogueur qui tente de séduire les jeunes, les personnes à la mode et presque entièrement non intellectuelles – c’est-à-dire qu’il est, plus précisément, un blogueur pute-à-clics qui diffuse de fausses nouvelles en utilisant la force de son beau froncement de sourcils, franc et déterminé. Et là, il a un problème en ce sens qu’il n’est plus particulièrement beau à voir. Il est plutôt rondouillard – rien qui mérite d’être mentionné selon les normes américaines d’obésité morbide, mais plutôt remarqué par les jeunes idiots à la mode qu’il essaie de mener au combat – ce qui lui vaut le surnom d’Ovalny. Sa propre femme s’est un jour plainte, en privé sur Internet (c’est-à-dire publiquement), que ses seins étaient plus gros que les siens. Ses seins sont en effet assez gros, comme l’atteste une photo qui a également été diffusée sur Internet.

Une autre de ses photos, dans laquelle il engloutit un bol de nouilles instantanées, a été transformée en mème.

Plutôt farfelu, Ovalny s’est mis à améliorer son image corporelle en suivant des régimes exotiques et en prenant des pilules amaigrissantes dangereuses.

Les deux derniers incidents désastreux, l’un à Khabarovsk, l’autre à Minsk, l’ont peut-être poussé à bout. À Khabarovsk, il a tenté d’inciter à une importante protestation publique concernant le licenciement, l’arrestation et le procès du gouverneur régional quelque peu populaire Sergei Furgal. Il a été accusé d’avoir passé des contrats pour faire tuer ses concurrents commerciaux alors qu’il était un mafieux essayant de reprendre le commerce régional de la ferraille dans les années 1990, qui ont été marquées par la criminalité. À Minsk, son objectif était de fomenter une rébellion menant au renversement du président biélorusse Alexandre Loukachenko. Ces deux manifestations n’ont abouti à rien. Celle de Khabarovsk s’est atrophiée lorsqu’il a été contraint de se concentrer sur Minsk, tandis que celle de Minsk s’est transformée en une fête de l’amour harmonieuse et pacifique à la suite de l’arrivée de plusieurs avions d’experts moscovites en révolutions colorées.

Mis à part les fausses allégations concernant son empoisonnement au Novichok (nous y reviendrons plus tard), Navalny semble avoir été victime de sa propre vanité et de son orgueil. Il s’est effondré dans l’avion alors qu’il rentrait à Moscou après un voyage à Novossibirsk et Tomsk (à ne pas confondre avec Omsk où l’avion dans lequel il se trouvait a fait un atterrissage d’urgence). Les détails sont incertains, mais il semble que pendant ce voyage, il ait tenté de noyer son chagrin en buvant une grande quantité d’alcool de contrebande. Les effets de l’alcool, combinés aux antidépresseurs, au régime radical et aux pilules amaigrissantes, en plus du diabète dont il souffrait, ont provoqué l’effondrement de son métabolisme. L’équipe médicale d’urgence d’Omsk, aidée par une équipe spéciale venue de Moscou, a travaillé dur pour le stabiliser. Il a subi des tests approfondis pour détecter la présence de tout poison, et aucun n’a été trouvé au-delà de traces d’alcool. Il est resté comateux, mais a finalement été déclaré suffisamment stable pour voyager et 10 heures plus tard (après que les pilotes de la Bundeswehr [armée allemande, NdT] aient récupéré leur belle endormie) il a été transporté par avion en Allemagne, invité spécial de la Bundeskanzlerin Merkel.

C’est à ce moment que l’histoire du malheureux blogueur Ovalny prend une tournure vraiment sinistre, car il semble que ses mentors occidentaux déçus aient décidé qu’il doit être utilisé comme un agneau sacrificiel dans le but d’empoisonner les relations de l’Allemagne et de l’UE avec la Russie, avec Merkel, le chef de l’OTAN et divers autres responsables occidentaux qui commencent à pousser l’histoire selon laquelle Navalny a été empoisonné au Novichok, un agent neurotoxique mortel de qualité militaire. Des théoriciens du complot de tous bords ont immédiatement surgi du bois et ont commencé à s’interroger sur les différentes raisons de cette déclaration vraiment bizarre : s’agissait-il de bloquer l’achèvement de NordStream 2 ? S’agissait-il de punir la Russie pour avoir contrecarré la révolution de couleur en Biélorussie ? Je traiterai de ces réflexions aléatoires plus tard, mais laissez-moi d’abord vous dire quelques mots sur le Novichok.

Le Novichok, en tant qu’agent physique, n’existe pas vraiment – du moins pas en tant qu’arme chimique. Eh bien, il peut exister sous forme d’échantillon dans un conteneur scellé dans des laboratoires secrets aux États-Unis, au Royaume-Uni (à Porton Down) et, curieusement en République tchèque (de l’aveu même des Tchèques), mais aucune personne saine d’esprit et non suicidaire ne l’utiliserait jamais en dehors d’un laboratoire sécurisé. L’Union soviétique a développé des agents organophosphorés binaires pour attaquer les nerfs comme armes chimiques de champ de bataille dans un laboratoire d’Asie centrale. Ils sont binaires parce que la substance devient mortelle lorsque deux parties non mortelles sont combinées, et c’est une arme de champ de bataille parce qu’elle est assez puissante pour anéantir des armées entières. Il est ridicule de penser que la technologie a été développée pour la délivrer en doses homéopathiques, permettant à la victime de survivre. Si Navalny avait été empoisonné avec un agent neurotoxique organophosphoré avant ou pendant un vol vers Moscou, l’ensemble des passagers de l’avion aurait été tué, et pourtant tout le monde, y compris Navalny lui-même, a survécu. En fait, toutes les victimes supposées du Novichok, sauf une, ont survécu jusqu’à présent, et c’est tellement peu probable que je me sens assez confiant pour déclarer que le Novichok est un poison mental répandu par les médias occidentaux.

Jusqu’à présent, les principales victimes de ce poison mental semblent être les dames qui sont les figures de proue non élues des gouvernements occidentaux. Le mandat de Theresa May en tant que Premier ministre britannique s’est terminé dans la honte, ce qui a contribué à son utilisation pionnière du terme « hautement probable » en ce qui concerne l’utilisation du Novichok par la Russie dans l’empoisonnement totalement sans motif de l’espion échangé Sergei Skripal et de sa fille (qui ont tous deux survécu mais qui sont enfermés quelque part depuis). C’était la première fois que la théorie informelle des probabilités était appliquée à une enquête criminelle internationale, ce qui démontre amplement l’idiotie totale de Theresa May.

Et maintenant, Mme Merkel semble déterminée à suivre les traces de Theresa May. Vraiment, Angela ? Bien sûr, Theresa est une idiote, mais qu’est-ce qui a mal tourné dans votre vieux cerveau fracturé pour vous faire croire un instant que c’était une bonne idée ? Espérons que des cerveaux plus calmes seront là quelque part en Occident, et qu’ils décideront que cette farce avec le Novichok est allée trop loin et doit cesser.

En ce qui concerne les cerveaux surmenés des théoriciens du complot, l’Allemagne a bien plus besoin du NordStream 2 que la Russie. L’Allemagne a fermé ses installations de production d’électricité au charbon et au nucléaire au profit de l’éolien et du solaire, intermittents et peu fiables, ce qui a fait grimper ses tarifs d’électricité à six fois ceux de la Russie, rendant l’Allemagne totalement dépendante de la production d’électricité à base de gaz naturel russe pour stabiliser son réseau électrique. En attendant, la Russie n’a pas besoin du nouveau gazoduc ; elle peut désormais livrer du gaz naturel sous forme liquéfiée depuis la ville arctique de Sabetta sur la péninsule de Yamal via ses nouveaux méthaniers brise-glace et les terminaux de regazéification européens construits sur l’insistance des Américains.

Le GNL américain provient de la fracturation hydraulique, où la production de gaz naturel est concomitante à celle de pétrole, les puits fracturés plus récemment devenant plus gazeux et moins huileux. Mais la fracturation pour le GNL est une proposition perdante alors que l’industrie américaine de la fracturation est maintenant aussi comateuse que le pauvre Navalny et qu’il est peu probable qu’elle puisse fournir les volumes de gaz dont l’Allemagne aura besoin. Enfin, si les sanctions occidentales élargies empêchent la Russie d’exporter davantage de gaz naturel, elle construira d’autres usines géantes et utilisera ce gaz pour fabriquer des matériaux synthétiques qui remplaceront les importations. Comme les Russes aiment à dire : « Augmentez les sanctions, s’il vous plaît ! »

La seule conclusion générale que je puisse en tirer est que les services de renseignement et de sécurité d’État occidentaux sont pourris de fond en comble et que le Novichok est comme les champignons qui poussent au sommet d’une souche d’arbre, ce qui montre qu’elle est pourrie jusqu’aux racines et qu’il est dangereux de s’y asseoir car elle peut s’effondrer dans un vilain trou dans le sol à tout moment. Quant à Alexei, j’espère qu’il se remettra et qu’il réussira à s’échapper et à rentrer chez lui, où une foule de jeunes idiots aux yeux brillants et tout frétillants l’accueillera à son arrivée.

Dmitry Orlov

source Club Orlov

traduit par Hervé, relu par Wayan pour le Saker Francophone

via : https://lesakerfrancophone.fr


Comment le Conseil de l’Europe pouvait-il prévoir dès août une discussion à la rentrée … sur le cas Navalny ?

...par Karine Bechet-Golovko - Le 14/09/2020.

Une information aussi surprenante que significative vient d’être dévoilée par le chef de file de la délégation russe à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe : dès le mois d’août, avant que l’on ne sache ce qui se passe avec Navalny, l’ordre du jour des séances prévoyait à la rentrée une discussion … sur Navalny. Si le politiquement correct nous oblige à écarter la voie de la mise en scène concertée de l’exfiltration du blogueur-opposant et de la relance de l’attaque de la Russie, il ne reste qu’une seule explication possible : le Conseil de l’Europe a recours à des voyants … C’est tout aussi plausible que le novichok.

Pietr Tolstoï, à la tête de la délégation russe à l’APCE vient de faire une déclaration qui, à n’en pas douter, passera inaperçue dans les médias occidentaux. Et pour cause.

« Pour moi, ça a été particulièrement surprenant de voir, encore en août, à l’ordre du jour des séances de la commission des questions juridiques et des droits de l’homme un point prévoyant la discussion sur ce sujet (Navalny). Alors qu’à ce moment, il n’y avait absolument aucune information sur l’état de santé de Navalny et ni sur son diagnostic. (…) Il a été demandé aux collègues européens une aide concertée dans l’enquête sur l’incident avec le blogueur Navalny, pour que par la suite, il soit possible de discuter de la confirmation des faits et non pas des rumeurs« .

Donc, avant que l’on ne sache rien sur Navalny, il était déjà prévu de le mettre à l’ordre du jour à la rentrée et les « collègues européens » ont été priés de trouver des faits. Le hasard des calendriers est incroyable …

Il faut dire que les choses ne cessent de s’enchaîner. Navalny s’est réveillé, frais comme un gardon. Prêt à parler, ayant toute sa mémoire. Décidément, le novichok est de plus en plus mauvaise qualité … D’autant plus qu’aucune des personnes l’accompagnant pendant ce voyage n’a été contaminée … Soit. Il y en a même une, Maria Pevtchykh, grande patriote de l’opposition russe vivant de manière permanente à Londres, qui vient de s’enfuir … en Allemagne, dès que le Comité d’enquête l’a convoqué comme témoin. A moins que sur le modèle de l’opposition biélorusse, l’on n’affirme qu’elle aussi soit partie à l’insu de son plein gré sous la contrainte.  À ce rythme-là, l’Allemagne va dépasser l’Angleterre comme Eldorado des « opposants » russes …

Nous vivons vraiment une époque merveilleuse, passablement primaire, mais merveilleuse !

Karine Bechet-Golovko

source : http://russiepolitics.blogspot.com


Le ministère russe des affaires étrangères convoque l'ambassadeur allemand et annonce une possible crise internationale

...par Karine Bechet-Golovko - Le 10/09/2020.

Source : Russie Politics

 

Au regard de la poussée d'hystérie en Occident autour de l'affaire Navalny, des déclarations agressives du G7 envers la Russie et de l'implication de l'OIAC, la Russie a décidé de réagir fermement. Le ministère des affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur allemand pour lui remettre une note de protestation. Puisqu'à ce jour aucune analyse n'a été transmise aux autorités russes, Navalny est quand même citoyen russe, si les autorités russes ne reçoivent pas les documents demandés, elles considéreront cela comme une provocation hostile, avec toutes les conséquences qui, logiquement, en découlent, faisant reposer la responsabilité de cette crise internationale, non seulement sur l'Allemagne, mais aussi sur l'OTAN et l'UE. A suivre.

Quand Navalny a été exfiltré vers l'Allemagne, les médecins russes ont également donné les résultats d'analyses réalisées, afin que leurs collègues allemands puissent continuer le traitement immédiatement mis en place, qui a permis à l'opposant chéri des globalistes de rester en vie. Après quelques déclarations des responsables allemands invoquant l'empoisonnement, le laboratoire militaire a "trouvé" du Novichok chez le patient, qui pourtant n'en est pas mort et qui en plus a été le seul contaminé, dans un espace clos comme un avion. Ni à l'aéroport de départ, ni à l'hôpital non plus, personne n'a été touché. Pour une arme chimique militaire, sous forme de gaz particulièrement volatile, cela soulève de très nombreuses questions. (Voir notre texte ici).

Malgré les demandes répétées de la Russie d'avoir accès aux analyses de Navalny effectuées en Allemagne, rien n'a été transmis. Dans le même temps, la pression politique internationale monte. Les ministres des affaires étrangères du G7 déclarent unanimement la Russie coupable:

G7 : l’attaque sur Navalny est une nouvelle atteinte à la démocratie en Russie

Et évidemment, la Russie est appelée à "faire toute la lumière" sur cette affaire. Le fait que les médecins russes n'aient pas trouvé de trace de novichok, que le Comité d'enquête des transports en Sibérie n'ait lui non plus trouvé aucune trace de cette arme chimique ne change rien :

Nous, ministres des affaires étrangères du G7, appelons la Russie à faire toute la lumière, sans délai et en toute transparence, sur l’identité des auteurs de cet empoisonnement odieux 

Et toujours du côté du bien, c'est-à-dire du sien, d'assumer l'ingérence au nom "de la démocratie" :

Nous demeurons fermement déterminés à soutenir la démocratie, l’État de droit et les droits de l’Homme en Russie et à renforcer notre appui à la société civile russe./.

Qui pourrait être contre la démocratie ? Certainement pas les Irakiens, les Libyens ou les Ukrainiens - après avoir été "démocratisés".

Et ne s'arrêtant pas en si bon chemin, le communiqué conjoint des ministres allemand et français des affaires étrangères d'aller encore plus loin dans la condamnation :

Ils partagent une profonde consternation sur cette attaque conduite contre M. Navalny, qui constitue une atteinte très grave aux principes élémentaires de démocratie et de pluralisme politique. Ils constatent que cette atteinte à l’intégrité physique d’une personnalité de l’opposition russe n’est malheureusement pas un acte isolé. Ils expriment dans ce contexte leur attente que les autorités russes puissent garantir les conditions d’expression des droits civils et politiques fondamentaux de la population russe.

Et comme cela est qualifié d'attaque chimique, évidemment l'OIAC doit s'en occuper. Ces déclarations datent du 9 septembre. Ca tombe bien, car il y a une semaine, le 3 septembre, cette Organisation internationale contre les armes chimiques se déclarait déjà prête à entrer dans la danse. 

La situation devient quand même cocasse. Non seulement, la Russie n'a politiquement aucun intérêt à créer une victime sacrificielle qui permettrait à la communauté internationale de relancer la vague de russophobie, mais en plus Navalny n'ayant strictement aucun capital politique à l'intérieur du pays, il fait moins de bruit vivant que malade ou mort. Donc, si les médecins russes et le Comité d'enquête n'ont trouvé aucune trace de novichok, que personne d'autre n'a été touché, il y a de fortes chances pour que, effectivement, en Russie, Navalny n'ait pas été contaminé au novichok.

De deux choses l'une : soit, et aujourd'hui, Navalny n'a aucune contamination au novichok et l'Allemagne bluffe d'où l'hésitation à envoyer des analyses à la Russie, soit aujourd'hui il est contaminé au novichok ... mais alors cela a été fait après son départ de Russie, dans l'avion spécial qui l'exfiltrait, dans les véhicules sanitaires militaires qui l'on récupéré en scaphandre à la sortie de l'avion ou à la Charité. 

N'ayant aucune réponse à ses demandes officielles d'informations, la Russie a hier fortement réagi. Tout d'abord, un communiqué officiel a été publié hier, soulignant que les autorités russes n'ont pas reçu les informations nécessaires de la part des autorités allemandes, ce qui l'empêche de pouvoir mener à bien toutes les mesures d'enquête qui sont en cours et que, par ailleurs, les médecins russes ont déjà proposé à leurs collègues allemands une étroite collaboration, mais sans réponse. Ce qui soulève des questions ... politiques :

"Parallèlement, sur fond d'une démarche aussi peu constructive des autorités allemandes, des attaques infondées contre la Russie continuent. L'ampleur de la campagne de désinformation massive démontre que ses auteurs n'ont pas pour but la santé de A. Navalny et la découverte des véritables raisons de son hospitalisation, mais la mobilisation d'une volonté de sanction."

En toute logique, mais largement passé sous silence médiatique, ce même 9 septembre, l'ambassadeur allemand a été convoqué au ministère des Affaires étrangères pour recevoir une note de protestation en raison des accusations verbales et des ultimatum adressés à la Russie, autant qu'en raison de l'instrumentalisation par l'Allemagne de l'hospitalisation d'un citoyen russe, Navanly, pour discréditer la Russie sur la scène internationale. Une demande officielle a été à cette occasion à nouveau formulée de transmettre à la Russie toutes les informations concernant l'état de santé de Navalny. Sinon :

"Il a été indiqué à l'ambassadeur que l'absence des documents indiqués ci-dessus sera considérée comme un refus de la République fédérale d'Allemagne d'établir la vérité dans le cadre d'une enquête objective et ses actions antérieures et futures liées à A. Navalny comme une provocation hostile flagrante contre la Russie, qui aura des conséquences sur les relations russo-germaniques autant que de sérieuses complications sur la scène internationale. Toute la responsabilité concernant les conséquences de cette politique repose sur la République fédérale d'Allemagne et ses alliés de l'OTAN et de l'Union européenne."

Cela fait longtemps que l'on n'a pas vu une réaction aussi forte de la Russie, c'est un excellent signe, car le combat qui s'annonce, sur fond de tentative d'ensevelissement de la Biélorussie dans le monde global et de soumission des Etats par l'intermédiaire du Covid, va être rude. 


L’Allemagne réagit aux accusations russes d’inaction concernant Alexeï Navalny

...par Irina Dmitrieva - Le 07/09/2020.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a expliqué pourquoi l’Allemagne tardait à fournir les données requises par la Russie sur l’affaire du blogueur Alexeï Navalny. Cette lenteur lui a déjà valu des accusations de «double jeu» de la part de Moscou.

L’Allemagne peut fournir les informations conformément à la demande d’assistance juridique russe dans l’affaire sur l’hospitalisation du blogueur Alexeï Navalny mais cette procédure prendra du temps, a déclaré ce dimanche 6 septembre le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

«Le ministère des Affaires étrangères a approuvé l’envoi des informations. Mais ce processus [est long, ndlr] puisque nous recevons toujours de nouvelles données. Le traitement de M.Navalny continue, on est en train d’évaluer la quantité de toxines restant dans son corps», a expliqué le ministre dans une interview accordée à la chaîne de télévision ARD.

M.Maas a précisé que la requête d’assistance juridique russe devait être approuvée par d’autres organisations dont l’hôpital de la Charité de Berlin qui étudie les échantillons.

«Les résultats des analyses constituent des données personnelles, l’autorisation [de transfert des données, ndlr] doit être donnée par celui à qui elles appartiennent», a-t-il ajouté sans préciser qui est actuellement habilité à donner cette autorisation.

En général, lorsqu’il s’agit de soins médicaux, on parle de «types spéciaux de données personnalisées» qui sont protégés par la loi contre la transmission à des tiers. Toutefois, la police et le parquet peuvent exiger de telles informations dans certains cas.M.Maas a également noté que l’affaire Navalny avait attiré l’attention du monde entier, de sorte que les autorités allemandes cherchaient à prendre des mesures de sécurité très strictes.

«Double jeu» de Berlin?

Le parquet russe a envoyé le 27 août une demande d’informations sur l’état de santé de M.Navalny, transféré de Russie en Allemagne à Berlin le 22 août. Les autorités allemandes n’ont toujours pas fourni ces informations.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré ce dimanche 6 septembre que la Russie n’avait pas la certitude que Berlin se comportait honnêtement en ce qui concerne Alexeï Navalny, évoquant «un double jeu» de l’Allemagne.

Selon elle, tout en exhortant Moscou à prendre d’urgence des mesures pour enquêter sur la situation relative à M.Navalny, Berlin retarde délibérément ce processus en ne fournissant pas d’informations concernant son état de santé.

Malaise de Navalny: empoisonnement ou hypoglycémie?

Le blogueur et opposant russe Alexeï Navalny a fait le 20 août un malaise à bord d’un avion qui se dirigeait de Tomsk à Moscou. Après un atterrissage d’urgence, il a été hospitalisé à Omsk, en Sibérie, où il a été placé en soins intensifs et dans le coma artificiel.

Les médecins d’Omsk, qui n’ont pas trouvé de traces de poison dans son sang et son urine, ont supposé qu’il souffrait de troubles métaboliques ayant causé une forte hypoglycémie.

À la demande de sa famille, M.Navalny a été transféré par avion médicalisé à l’hôpital de la Charité en Allemagne le 22 août. Le 2 septembre, Berlin a annoncé, en se référant à des médecins militaires, qu’il aurait été empoisonné par une substance du groupe des agents toxiques Novitchok.

source:https://fr.sputniknews.com/international/202009061044385890-lallemagne-reagit-aux-accusations-russes-dinaction-concernant-alexei-navalny/



Navalny, Skripal, Nemtsov… : L’absurde et incessante propagande antirusse

...par Craig Murray - Le 06/09/2020.

Une fois que Navalny se trouvait à Berlin, ce n’était qu’une question de temps avant qu’il ne soit déclaré empoisonné au Novitchok. Les russophobes sont ravis. Cela doit bien sûr éliminer tous les vestiges de doute sur ce qui est arrivé aux Skripal, et prouver la nécessité de tout un chapelet de choses, à savoir :

– la Russie doit être isolée et sanctionnée à mort ;

– nous devons dépenser des milliards incalculables en armes et en services de sécurité ;

– nous devons également accroître la surveillance intérieure, et réprimer les opinions dissidentes sur Internet ;

– Donald Trump est une marionnette russe ;

– le Brexit est un complot russe.

Je vais prouver au-delà de tout doute possible que je suis un troll russe en posant la question Cui bono (A qui profite le crime ?), brillamment identifiée par Ben Nimmo de l’Initiative pour l’intégrité comme un signe certain d’influence russe.

Je dois dire que je n’ai aucune difficulté à accepter l’idée qu’un oligarque puissant ou qu’un organe de l’État russe ait pu tenter d’assassiner Navalny. C’est un casse-pied mineur, plus connu en Occident qu’en Russie, mais ne pas être une menace majeure [malgré les billevesées de Mediapart qui en fait « un danger majeur pour le Kremlin »] ne vous protège pas contre les assassinats politiques.

Ce qui me pose problème, c’est l’idée que si Poutine, ou d’autres acteurs russes très puissants, voulaient la mort de Navalny et l’avaient attaqué alors qu’il se trouvait en Sibérie, il puisse se retrouver aujourd’hui  en Allemagne, bien vivant. Il est évident que si Poutine avait souhaité et ordonné sa mort, il serait mort.

Prenons d’abord l’arme d’attaque. Une chose « sûre »que nous savons maintenant à propos de l’agent « Novitchok », c’est qu’il ne semble pas être très efficace pour les assassinats. La pauvre Dawn Sturgess est la seule personne à avoir été prétendument tuée des suites du poison « Novitchok », accidentellement selon le récit officiel. Le « Novitchok » n’a pas tué les Skripal, la véritable cible. Si Poutine voulait la mort de Navalny, il essaierait quelque chose qui fonctionne. Comme une balle dans la tête ou un véritable poison mortel.

Le « Novitchok » n’est pas un produit chimique spécifique. C’est une classe d’armes chimiques conçues pour être improvisées sur le terrain à partir d’ingrédients à usage domestique ou industriel courants. Il est logique de l’utiliser sur un sol étranger car vous ne transportez pas l’agent neurotoxique réel et vous pourrez peut-être acheter les ingrédients localement. Mais cela n’a aucun sens dans votre propre pays, où le FSB ou le GRU peuvent se déplacer avec n’importe quelle arme mortelle, sans raison de fabriquer des agents neurotoxiques artisanaux dans l’évier. Pourquoi feraient-ils ça ?

De plus, on s’attend à ce que nous pensions que l’État russe, après avoir empoisonné Navalny, a ensuite autorisé l’avion dans lequel il voyageait, sur un vol intérieur, à se dérouter vers un autre aéroport et à effectuer un atterrissage d’urgence, afin qu’il puisse être transporté d’urgence vers un hôpital. Si les services secrets russes avaient empoisonné Navalny à l’aéroport avant le décollage, comme on le prétend, pourquoi n’insisteraient-ils pas pour que l’avion respecte son plan de vol d’origine afin qu’il meure dans l’avion ? Car ils auraient assurément prévu ce qui allait se passer dans l’avion.

Ensuite, nous sommes censés croire que l’Etat russe, après avoir empoisonné Navalny, n’a pas pu organiser sa mort dans l’unité de soins intensifs d’un hôpital d’Etat russe. Nous sommes censés croire que l’État russe malfaisant a pu falsifier tous ses tests de toxicologie et empêcher les médecins de dire la vérité sur son empoisonnement, mais que l’État russe malfaisant n’avait pas le pouvoir de débrancher le respirateur de Navalny pendant quelques minutes ou de glisser quelque chose dans sa perfusion. Dans un hôpital public russe.

 

Dès 2015, la preuve que l’opposant Boris Nemtsov avait été assassiné par Poutine…

Ensuite, nous sommes censés croire que Poutine, après avoir empoisonné Navalny avec du Novitchok, lui a permis d’être transporté par avion en Allemagne pour être sauvé, ce qui garantissait que le Novitchok serait découvert. Et que Poutine a fait cela parce qu’il craignait que Merkel soit en colère, ne réalisant pas qu’elle serait encore plus en colère quand elle découvrirait que Poutine l’avait empoisonné au Novitchok

Il y a là tout un flot de points absolument incroyables, auxquels il faut adhérer sans exception pour croire au récit occidental. Personnellement, je n’en crois pas un seul, mais il est vrai que je suis un traître russophile notoire.

Les États-Unis tiennent en effet à empêcher l’Allemagne d’achever le gazoduc Nord Stream 2, qui fournira massivement du gaz russe à l’Allemagne, en quantité suffisante pour assurer environ 40% de sa production d’électricité. Personnellement, je suis moi-même opposé à Nord Stream 2, tant pour des raisons environnementales que stratégiques. Je préférerais de loin que l’Allemagne mette sa formidable puissance industrielle dans les énergies renouvelables et l’autosuffisance. Mais mes raisons sont très différentes de celles des États-Unis, qui s’inquiètent du marché du gaz liquéfié vers l’Europe pour les produits américains et pour les alliés des États-Unis dans le Golfe. Les décisions clés concernant l’achèvement de Nord Stream 2 sont maintenant en cours en Allemagne.

Les États-Unis et l’Arabie Saoudite ont toutes les raisons de provoquer une scission entre l’Allemagne et la Russie en ce moment. Navalny est certainement victime de la politique internationale. Mais j’ai tendance à douter qu’il soit victime de Poutine.

***

Rappel : en 2012, Poutine déclarait :

Ils sont même prêts à sacrifier quelqu’un afin d’en accuser le gouvernement. Je connais ces méthodes et tactiques, cela fait dix ans qu’ils essaient de les utiliser. Cette méthode est surtout utilisée par ceux qui travaillent depuis l’étranger. Je vous l’affirme car je le sais de manière factuelle.  Ils recherchent même quelqu’un pour le transformer en martyr. Une quelconque personnalité connue. Ils vont le buter eux-mêmes, excusez-moi la vulgarité, puis en accuser le gouvernement. Il y a des gens qui en sont capables, je n’exagère pas du tout.

 

Nemtsov était une vendetta occidentale dans l’affaire ukrainienne, Navalny est-il un coup de semonce au sujet de la Biélorussie ? Quoi qu’il en soit, de telles méthodes sont aussi viles qu’inefficaces.

 

Source : https://www.craigmurray.org.uk/archives/2020/09/novichok-navalny-nordstream-nonsense

Traduction : lecridespeuples.fr

via:https://lecridespeuples.fr/2020/09/05/navalny-skripal-nemtsov-labsurde-et-incessante-propagande-antirusse/

Les faits confirment mon analyse du 3 septembre

Bonjour à tous,

Les faits confirment mon analyse.

https://www.lefigaro.fr/conjoncture/l-affaire-navalny-se-repercute-sur-l-avenir-du-gazoduc-de-la-baltique-20200904?utm_source=app&utm_medium=sms&utm_campaign=fr.playsoft.lefigarov3

C'est tellement gros et grossier que c'en est pitoyable ....!

Cette dernière information a pour grand mérite de confirmer l'identité des vrais commanditaires de l'affaire Navalny.....

DD


Lire aussi : Affaire Navalny : Berlin menace Moscou de sanctions en l’absence d’explications « dans les prochains jours » (Le Monde)

..."Berlin menace Moscou"....qui a la main sur le robinet du gaz et qui peut priver l'Allemagne et l'Europe entière de cette précieuse manne en un instant...!

Mais il faut "plaire" à Uncle SAM, n'est pas, et les "médias main stream" sont à la manœuvre ?!

Doit-on en rire ?

JMR


Affaire Navalny : vérité ou mensonge ?

...par le Gal. Dominique Delawarde - Le 04/09/2020 - 08 h 00

 

Le 18 mars 2018, j'écrivais un article sur l'affaire Skripal repris par plusieurs dizaines de sites internet de réinformation. Cet article avait eu, à l'époque, un certain succès d'audience, cumulant beaucoup plus de

100 000 lecteurs sur la totalité des sites de publication, et il avait été plébiscité par une immense majorité des commentateurs. Le lecteur pourra en prendre connaissance sur le lien suivant :

https://reseauinternational.net/affaire-skripal-verite-ou-mensonge/

 

Aujourd'hui, je tiens à partager avec ceux qui s'intéressent à mes analyses une réponse faite à l'un de mes correspondants, spécialiste de la Russie, qui m'interrogeait sur l'affaire Navalny et qui me disait ne pas savoir quoi en penser.

 

Le 3 Septembre 2020

 

Mon cher François,

 

Comme vous le pressentez, je ne pense pas une seule seconde que Poutine puisse être impliqué dans ce genre d'affaire qui, comme vous le soulignez, n'est pas la première du genre. Et si c'était le cas, on l'imagine mal autoriser le transfert de la victime en Allemagne, toute trace de Novitchok dehors, et d'offrir ainsi la possibilité aux occidentaux de l'accuser, une fois de plus, d'empoisonner ses opposants.

Les médias mainstream occidentaux et la gouvernance allemande prennent Poutine pour un imbécile, ce qu'il n'est pas, et surtout nous prennent tous pour des «demeurés», incapables de réfléchir. Cette farce ne tient évidemment pas la route et la gouvernance allemande ne se grandit pas à imiter le comportement des britanniques lors de l'affaire Skripal et à tenter de faire croire une telle énormité.

 

Il est vrai que les Allemands n'en sont pas à leur coup d'essai.

 

Dans un article d’avril 2019, Serge Halimi, directeur du journal «Le Monde Diplomatique» et Pierre Rimbert, rédacteur en chef adjoint de ce même journal co-signent un excellent article sous le titre: le plus gros bobard du XXème siècle :

https://www.monde-diplomatique.fr/2019/04/HALIMI/59723

 

Ils commentent ainsi les déclarations délirante du ministre de la défense allemand, le social-démocrate Rudolf Scharping, faites en avril 1999:

 

"Les Serbes commettent un «génocide», «jouent au football avec des têtes coupées, dépècent des cadavres, arrachent les fœtus des femmes enceintes tuées et les font griller»,… Ces propos furent repris en coeur, dans une orchestration remarquable par les médias mainstream occidentaux; ils ont tué « de 100 000 à 500 000 personnes» (TF1, 20 avril 1999), incinéré leurs victimes dans des « fourneaux, du genre de ceux utilisés à Auschwitz » (The Daily Mirror, 7 juillet).

 

Une à une, ces fausses informations seront taillées en pièces — mais après la fin du conflit —, notamment par l’enquête du journaliste américain Daniel Pearl (The Wall Street Journal, 31 décembre 1999). Tout comme se dégonflera l’une des plus retentissantes manipulations de la fin du XXe siècle: le plan Potkova («fer à cheval»), un document censé prouver que les Serbes avaient programmé l’«épuration ethnique» du Kosovo. Sa diffusion par l’Allemagne, en avril 1999, servit de prétexte à l’intensification des bombardements.

 

Loin d’être des internautes paranoïaques, les principaux désinformateurs furent les gouvernements occidentaux, l’OTAN, ainsi que les organes de presse les plus respectés.»

 

L'affaire Navalny est donc, pour moi, une affaire visant à noircir, une fois de plus, l'image de Poutine et de la Russie, à le présenter comme un dictateur sanguinaire, et à l'embarrasser, au moins temporairement. Comme d'habitude, les gouvernances et les grands médias occidentaux agissent en meute et sans grande finesse: «plus c'est gros, plus ça passe». Un mensonge répété jour après jour et du matin au soir devient vérité dans l'esprit des gens. C'est ce que l'on appelle la propagande. Goebbels n'aurait pas fait mieux lors de la 2ème guerre mondiale.

 

L'analyse détaillée des cas similaires précédents (meurtre de Nemtsov le 27 février 2015, tentative d'empoisonnement de Skripal en mars 2018) montrent que ces événements se situaient toujours à des moments qui correspondaient parfaitement au calendrier électoral Russe et/ou à des affaires internationales dans lesquelles il convenait de mettre la Russie, et surtout Poutine, dans l'embarras.

 

La Question est donc aujourd'hui : Pourquoi ça et pourquoi maintenant ? Comment expliquer simplement cette affaire ?

 

Beaucoup l'ignore en occident, mais des élections nationales auront lieu en Russie le 13 Septembre prochain.

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_infranationales_russes_de_2020

 

Une affaire Navalny intervenant à quelques jours de cette échéance électorale est de nature à renforcer les résultats de l'opposition à Poutine, donc à profiter à cette opposition. Rappelons que l'affaire Skripal était intervenue elle aussi par une étrange coïncidence quelques jours avant l'élection présidentielle russe de mars 2018...

Par ailleurs au moins six affaires jugées importantes par la coalition occidentale, et impliquant la Russie, suivent leurs cours et pourraient justifier une opération visant à embarrasser Poutine.

 

* Il y a l'affaire syrienne dans laquelle la Russie s'est engagée avec prudence et succès dès Septembre 2015 et qu'elle aimerait bien conclure rapidement. La Russie y est en opposition frontale à la coalition israélo-occidentale qui aimerait voir durer le conflit syrien pour créer des faits accomplis.

 

* Il y a l'affaire du North Stream II qui suit son cours et que les USA cherchent encore et toujours à faire capoter, au détriment, d'ailleurs, de leurs alliés européens.

 

* Il y a le succès commercial du vaccin Russe (2 milliards de doses déjà commandées par plus de 20 pays), succès que les lobbies occidentaux aimeraient bien transformer en échec pour promouvoir les leurs lorsqu'ils existeront.

 

* Il y a la réactualisation en cours du concept stratégique de l'OTAN 2021, dans laquelle les USA cherchent déjà à présenter à leurs partenaires européens la Russie de Poutine comme l'une des deux menaces majeures pour l'OTAN. Il faut donc couper court à tout effort de l'UE de se rapprocher des russes …..

 

* Il y a encore l'affaire de la guerre des prix sur les marchés gazier et pétrolier sur lequel la gestion avisée de Poutine a déjà acculé à la faillite nombre d'exploitants de gaz de schiste US.

 

* Il y a enfin la tentative en cours de révolutions colorées en Biélorussie et celle qui n'est pas toujours pas abandonnée au Vénézuela, révolutions dans lesquelles les occidentaux redoutent, à tort ou à raison, les réactions russes de soutien aux pouvoirs en place.

 

 

Mettre le Président russe dans l'embarras, c'est détourner son attention et son énergie des sujets brûlants qu'il gère plutôt bien. Salir son image et celle de la Russie met Poutine sur la défensive et dans l'obligation d'être prudent, donc plus modéré, dans son action sur les six dossiers évoqués ci dessus.

Quant aux commanditaires de cette action visant à discréditer Poutine, il faut les chercher, comme dans l'affaire Skripal, dans les grands services spéciaux occidentaux et plus particulièrement parmi les trois plus efficaces dans ce genre d'opération: CIA, Mossad, MI5, en liaison, bien sûr, avec le BND allemand.

 

Voilà mon analyse à chaud.

 

Il n'est d'ailleurs pas certain que les élections du 13 septembre ne soient pas, in fine, un grand succès pour le parti de Poutine. Plus l'occident critique la Russie et paraît s'ingérer dans ses affaires, plus l'électorat russe a tendance à se regrouper autour de son Président. L'affaire Skripal et son exploitation maladroite par les occidentaux avait fait gagner 13 points en quelques jours au candidat Poutine, élu dès le premier tour. Relire à cet égard la lettre de Vladimir à Theresa du 20 mars 2018 :

https://reseauinternational.net/lettre-de-vladimir-a-theresa-general-dominique-delawarde/

 

Tout commentaire ou ajout de votre part sera le bienvenu.

Cordialement

 

Dominique DELAWARDE 

 

 


Affaire Navalny - suite et fin pour moi

Par le Gal. Dominique Delawarde - Le 04/09/2020 - 14h00

 

Bonjour à tous, .

Elle constitue pour moi LA REFERENCE à prendre en compte dans cette affaire.

 

 


Pour la vidéo (ci-dessous) : 
https://youtu.be/xiX9YQ0Dem0


Pour le texte écrit (à la suite): https://www.upr.fr/actualite/laffaire-navalny-va-t-elle-reveler-ses-secrets-loukachenko-detient-il-vraiment-la-preuve-que-merkel-aurait-menti-sciemment/

Bonne ré-information.

DD


L’affaire Navalny va-t-elle révéler ses secrets ? Loukachenko détient-il vraiment la preuve que Merkel aurait sciemment menti ?

Source : https://fr.sputniknews.com/international/202009031044368213-les-declarations-de-merkel-sur-lempoisonnement-de-navalny-sont-falsifiees-selon-loukachenko/

On n’en finit plus d’aller de surprise en surprise dans cette bien étrange affaire Navalny. J’en résume ici les grands traits (et je renvoie à ma vidéo du 26 août – mise en ligne le 28 – où j’expliquais déjà à quel point la version officielle me paraissait invraisemblable :

Pour résumer la situation, je récapitule ci-après :
1) la version occidentale des événements – le “narratif” comme on dit maintenant –
2) les points d’invraisemblance de ce narratif,
3) le président biélorusse assure avoir la preuve enregistrée du mensonge d’Angela Merkel. Bluffe-t-il ?

 

1°) VERSION OCCIDENTALE OFFICIELLE

a)- Navalny est “le principal opposant” à Vladimir Poutine. C’est un héros de la démocratie, victime de la persécution incessante des autorités russes.

b)- Vladimir Poutine est un dictateur sanguinaire qui ne supporte pas que quiconque lui résiste.

c)- Vladimir Poutine a décidé de faire assassiner Navalny en le faisant empoisonner par ses services secrets. (Ce n’est pas affirmé explicitement mais toutes les déclarations officielles vont implicitement dans ce sens).

d)- cela n’a rien d’étonnant car les dirigeants russes ont une tradition très ancienne, remontant au Moyen-Âge, qui consiste à empoisonner les opposants au tsar. Vladimir Poutine a déjà tenté de faire assassiner l’agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia à Salisbury (Angleterre) en mars 2018.

e)- les services secrets russes ont donc, sur ordre du Kremlin, versé le 20 août 2020 du poison dans une tasse de thé que Navalny prenait dans la cafétéria de l’aéroport de Tomsk (Sibérie), dans l’attente de l’avion qui devait le ramener à Moscou.

f)- le poison a conduit Navalny à pousser des cris de douleur pendant le vol, au point que le pilote a décidé de faire une escale impromptue à l’aéroport d’Omsk pour y déposer le passager malade, afin que celui-ci soit soigné à l’hôpital d’Omsk.

g)- très rapidement, une ONG (Cinema for peace, dont le siège est à Berlin) a affrété un jet médicalisé privé pour aller chercher Navalny à l’hôpital d’Omsk, à la demande de sa femme et de ses proches qui dénonçaient déjà un empoisonnement.

h)- les médecins russes de l’hôpital d’Omsk ont mené des investigations sur le malade et ont annoncé qu’ils n’avaient trouvé aucune trace de poison.

i)- Ils ont traîné les pieds pour remettre aux médecins allemands le ressortissant russe Navalny, qu’ils avaient plongé entretemps dans un coma artificiel dans le but cynique de laisser le poison disparaître sans laisser de traces….

Mais – sans que l’on nous explique pourquoi – les Russes ont fini par remettre, le 23 août, le citoyen russe malade aux Allemands venus avec l’avion affrété par Cinema for peace.

j)- à peine arrivé à Berlin (23 août), Navalny a été conduit à l’hôpital de la Charité, où son statut a fait l’objet d’informations contradictoires.
Dans un premier temps (23 août – 17h41), il a été présenté comme “invité de la Chancelière” Merkel par la chaîne de télévision allemande ZDF, se référant au ministère de l’Intérieur du pays.
https://fr.sputniknews.com/international/202008231044302108-soigne-en-allemagne-navalny-se-voit-accorder-le-statut-dinvite-de-la-chanceliere-selon-la-tv/ )

k)- dans un second temps, le 24 août, le porte-parole est revenu sur cette qualification en précisant que Navalny n’était justement PAS l’invité de la Chancelière (dépêche du 24 août – 15h00 – Sprecher: Alexej Nawalny kein förmlicher Gast der Kanzlerin : https://www.tag24.de/thema/aus-aller-welt/eu-fordert-unabhaengige-untersuchung-im-fall-alexej-nawalny-1622854 )
Ce revirement de position de la Chancelière n’a pas été expliqué.

l)- le 24 août après-midi, les médecins allemands de Navalny ont annoncé à la presse qu’il présentait « des traces d’empoisonnement », diagnostic qui contredisait donc celui des médecins russes de l’hôpital d’Omsk.

m)- le 2 septembre 2020, le gouvernement allemand déclare que Navalny a été empoisonné par “un agent toxique de type Novitchok”.

Angela Merkel déclare : « Navalny a été victime d’une attaque menée par le biais d’une substance chimique […] de type Novitchok. Ce poison a été découvert dans les analyses. Ainsi il a été prouvé que Navalny a été victime d’un crime. Il devait se taire. Je condamne cela de la manière la plus ferme au nom du gouvernement allemand»

Le Novitchok est le même poison que celui qui avait été invoqué lors de l’affaire Skripal.

n)- aussitôt, les États occidentaux habituels emboîtent le pas de la Chancelière d’Allemagne et réclament en chœur des explications au Kremlin.


Le ministre français des affaires étrangères (Jean-Yves Le Drian) déclare :
« Je veux condamner dans les termes les plus forts l’utilisation choquante et irresponsable d’un tel agent. Il y a des interrogations fortes et il est de la responsabilité des autorités russes d’y répondre ».


Le ministre britannique des affaires étrangères (Dominic Raab) déclare :
« Il est évident que le gouvernement russe doit réagir à la situation. Il doit dire la vérité au sujet de ce qui s’est passé avec Monsieur Navalny ».
John Ullyot, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, déclare :
« Les États-Unis sont profondément préoccupés par les résultats publiés aujourd’hui. L’empoisonnement d’Alexeï Navalny est hautement répréhensible. La Russie a déjà utilisé le Novitchok, un agent neurotoxique chimique [renvoi à l’affaire Skripal, à propos de laquelle la Russie rejette toutes les accusations portées contre elle]. Nous travaillerons avec les alliés et la communauté internationale afin que ces personnes en Russie en répondent».

Ursula Von der Leyen, la Présidente de la Commission européenne réagit sur Twitter en évoquant un acte «lâche» et «ignoble».

2°) LES INVRAISEMBLANCES DU NARRATIF OCCIDENTAL

a)- contrairement à ce qu’affirment les médias occidentaux, Alexeï Navalny n’est pas du tout le “principal opposant” de Vladimir Poutine.
Dans la perspective de l’élection présidentielle de 2018, les sondages lui octroyaient entre 2 et 3% des suffrages alors qu’ils en octroyaient entre 5 et 7% à Vladimir Jirinovski et au représentant du Parti communiste.
Il y a des grands partis d’opposition en Russie (dont l’un compte plus de 2 millions de membres) mais celui de Navalny n’en fait pas partie (https://meteopolitique.com/Fiches/guerre/Russie/Alexei-Navalny/Un-militant-de-la-destabilisation-fabrique-aux-Etats-Unis-oeuvrant-en-Russie.htm#05 )

Du reste, lors de l’élection présidentielle de 2018 en Russie, Vladimir Poutine l’a emporté avec 76,69% des suffrages contre Pavel Groudinine (Parti communiste) qui a obtenu 11,77% des suffrages, Vladimir Jirinovski (5,65%) et 7 autres candidats.

b)- contrairement à ce qu’affirment les médias occidentaux, Alexeï Navalny n’est pas un démocrate scrupuleux ni un chantre de la non-violence.
Il a au contraire pris des positions d’extrême-droite à de nombreuses reprises (proposant de régler le problème des Tchétchènes à coup de pistolet, etc.), ce qui lui a valu d’être exclu du parti d’opposition Iabloko en 2007. (cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexe%C3%AF_Navalny )

c)- les médias occidentaux cachent systématiquement les liens avérés de Navalny avec les services d’influence américains, et notamment la NED, qui a repris certaines des attributions de la CIA.
(cf. https://meteopolitique.com/Fiches/guerre/Russie/Alexei-Navalny/Un-militant-de-la-destabilisation-fabrique-aux-Etats-Unis-oeuvrant-en-Russie.htm#05 ou https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexe%C3%AF_Navalny )

d)- si le régime de Vladimir Poutine est sanguinaire parce qu’on le soupçonne d’avoir commandité quelques empoisonnements (d’ailleurs ratés), que dire alors du régime de Washington qui a fait assassiner froidement, par drones et selon des “procédures extra-légales, quelque 4700 personnes au début des années 2010 ?
(https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/02/20/97001-20130220FILWWW00763-les-drones-us-ont-tue-4700-personnes.php ).
Pourquoi n’y a-t-il jamais d’indignation des dirigeants français, allemands, européens devant ces assassinats de masse décidés par les maîtres de la Maison Blanche ?!?

Et cela sans parler des centaines de milliers de morts civils provoqués par les conflits armés provoqués par les États-Unis en Afghanistan ou en Irak ?

e)- pourquoi Vladimir Poutine – qui est au sommet de sa popularité et de sa gloire – aurait-il voulu faire assassiner Navalny qui est un opposant marginal et qui ne représente aucune menace électorale ?

Pourquoi Poutine, qui doit songer à la place qu’il va laisser dans les livres d’histoire, accepterait-il de ternir son image par un assassinat gratuit ?

f)- à supposer même que Vladmir Poutine ait voulu faire assassiner Navalny, pourquoi le faire maintenant ?
La période serait spécialement mal choisie, alors que la Russie va connaître des élections régionales dans 10 jours, le 13 septembre 2020, donc au risque de créer une polémique nuisant aux résultats électoraux des candidats qui soutiennent son parti Russie Unie.
(https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_infranationales_russes_de_2020 )


Notons d’ailleurs que l’empoisonnement allégué des Skripal était survenu quelques jours avant l’élection présidentielle de 2018 et ne pouvait que ternir son image de façon très inopportune alors que sa réélection haut-la-main était acquise.

g)- à supposer même que Vladmir Poutine ait voulu faire assassiner Navalny, pourquoi avoir choisi la méthode la plus visible et la plus facile à relayer sur les médias et les réseaux sociaux du monde entier (empoisonnement filmé en direct dans une cafétéria, puis dans l’avion) ?

Alors qu’il aurait été si facile d’organiser un faux accident par exemple, ou bien un empoisonnement ou un suicide maquillé en prison, comme de nombreux observateurs soupçonnent que cela a été le cas du suicide de Jeffrey Epstein en prison aux États-Unis ?

h)- si ce sont les autorités russes qui ont décidé d’empoisonner Navalny, pourquoi avoir choisi le Novitchok, qui avait déjà été prétendument utilisé contre les Skripal ?

Non seulement les Skripal ne sont pas morts – ce qui prouve que le “poison Novitchok” ne serait pas efficace – mais il est en quelque sorte devenu le synonyme du “poison utilisé par Poutine” dans l’opinion publique occidentale. On ne pouvait pas imaginer une procédure plus spontanément accusatrice contre Poutine !

i)- c’est d’ailleurs bien à tort que l’on fait croire que le Novitchok serait une exclusivité russe.

Depuis l’effondrement de l’URSS, la recette du Novitchok est passée en Occident et ce poison serait désormais produit aux États-Unis et en Angleterre (cf. https://www.upr.fr/france/une-fake-news-pour-discrediter-poutine-et-la-russie-selon-lancien-ambassadeur-britannique-en-ouzbekistan-lhistoire-du-novitchok-
serait-une-anarque-comme-les-armes-de-destruction-massi/
 )

j)- Leonid Rink, docteur ès sciences chimiques et l’un des créateurs du Novitchok, est une source russe, donc sujette à caution. Mais son autorité scientifique vaut quand même qu’on écoute ce qu’il dit.

Il a expliqué sur la chaîne YouTube Soloviev Live qu’il était impossible que Navalny ait été empoisonné par cet agent toxique car le Novitchok est un «cocktail» composé d’une multitude de composants qui n’était pas prêt à être utilisé avant qu’il n’explose.

Selon lui, la thèse selon laquelle il est possible d’utiliser le Novitchok pour tuer une personne prise à part est ridicule, car c’est un système ultra-puissant capable d’éliminer toute une unité militaire.

Si Navalny avait été empoisonné au Novitchok, il aurait présenté des symptômes tels que le myosis, des convulsions et « la personne aurait été tuée au terme de quelques secondes » !
(Source : https://fr.sputniknews.com/international/202009021044366458-un-des-createurs-du-novitchok-explique-pourquoi-navalny-na-pas-pu-etre-empoisonne-par-cet-agent/ )

k) si ce sont les autorités russes qui ont commandité et organisé l’empoisonnement de Navalny, pourquoi ont-elles donné des visas aux médecins allemands et accordé un plan de vol à l’avion de l’ONG Cinema for peace pour qu’ils viennent chercher le malade et qu’ils le transfèrent en Allemagne ?

Et cela au risque de voir l’Allemagne affirmer que Navalny avait été empoisonné, ce qui vient exactement de se passer.
C’est l’une des plus grandes invraisemblances de toute cette histoire : si Vladimir Poutine avait décidé d’empoisonner Navalny, jamais, au grand jamais, il n’aurait autorisé le transfert du malade en Occident, au risque de se faire démasquer !

l) le gouvernement russe a relevé que personne, jusqu’à présent, ne lui a fourni la moindre preuve de l’empoisonnement de Navalny.


Pourtant, le ministère allemand de la Justice a confirmé qu’une demande d’assistance juridique dans l’affaire Navalny avait été reçue de la part de la Russie jeudi 27 août, selon le journal Welt am Sonntag.


(https://fr.sputniknews.com/international/202008301044341964-berlin-confirme-la-reception-dune-lettre-du-parquet-russe-relative-a-laffaire-navalny/ )
Pourquoi les pays occidentaux – France en tête – se précipitent-ils pour réclamer des “explications” à la Russie sans avoir obtenu auparavant les moindres preuves de l’empoisonnement ?

m) rappelons enfin que Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, qui auraient été empoisonnés avec du Novitchok en Angleterre en mars 2018, sont sortis sains et saufs de leur hôpital britannique en avril 2018, mais que nul n’en a plus jamais entendu parler depuis.


Leur témoignage pourrait pourtant être très opportun pour confirmer les accusations formulées par les dirigeants occidentaux contre Vladimir Poutine, accusations qui occasionnèrent la plus grave crise diplomatique entre la Russie et les pays de l’Otan depuis la fin de la Guerre froide.
On est également sidéré qu’aucun journaliste d’investigation n’ait tenté de les joindre pour les interroger. C’eût été un scoop mondial.
La disparition totale des Skripal – qui vivaient au Royaume-Uni – reste à ce jour un mystère.

CONCLUSION : LOUKACHENKO BLUFFE-T-IL ?

On a appris, ce jeudi 3 septembre 2020 dans l’après-midi, que le Président biélorusse Loukachenko a affirmé que l’annonce de l’empoisonnement de Navalny faite par Angela Merkel hier était falsifiée.


Le président de Biélorussie s’est référé à une conversation que ses services de renseignements aurait interceptée et enregistrée entre Varsovie et Berlin.


Il a promis d’en fournir un enregistrement à la Russie et l’a expliqué dans ces termes :
« Nous avons intercepté une conversation intéressante. Je vous la donnerai à lire. Nous allons la préparer et la transmettre au FSB, [Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie, ancien KGB]. Il s’agit clairement d’une falsification ».


« Hier ou avant-hier, avant le discours de Merkel, elle a déclaré que quelqu’un voulait faire taire Navalny. Nous avons intercepté la conversation. Nous avons réalisé que Varsovie échangeait avec Berlin. Il y avait deux interlocuteurs en ligne. C’est notre service de renseignements militaire radioélectronique qui l’a interceptée ».
Affaire à suivre….

 


Le poison de Navalny

...par Israel Adam-Shamir - Le 03/09/2020.

Nous ne savons pas encore ce qui est arrivé à Alexei Navalny ; il est toujours dans un coma provoqué médicalement dans un hôpital allemand. S’il s’agit d’un empoisonnement, (et c’est loin d’être certain) on ne sait pas encore quel poison et dans quelles circonstances il a pu l’ingérer. Ce qui ne nous empêche pas de spéculer sur ce qui est « hautement probable », comme Mme Theresa May, l’ancien Premier ministre britannique pendant l’affaire Skripal. Nous sommes tenus de pointer les suspects habituels (et politiquement bien commodes). Vous connaissez la routine. Un bébé chrétien a disparu – il est « hautement probable » qu’un juif l’ait enlevé pour ses rituels infâmes. Le lait d’une mère qui allaite se tarit – il est « très probable » qu’une sorcière soit en cause. Un ennemi des autorités russes est tombé malade – il est « très probable » que Poutine l’ait empoisonné.

Pourquoi attendre les rapports médicaux alors que l’histoire est déjà écrite ? Le complot à base de  poison, c’est une routine bien établie. Un renégat du KGB, Litvinenko, a été empoisonné par du Polonium-210 et il est mort douloureusement à Londres. À qui faut-il faire porter le chapeau? À  Poutine, évidemment. (Yasser Arafat, le leader palestinien, avait été empoisonné par la même matière radioactive au même moment, et il a été fortement suggéré que les Israéliens soient derrière tout cela, mais … de tels détails ne feraient qu’embrouiller le lecteur). Un espion à la retraite, M. Skripal (qui aurait rédigé le dossier Steele avec ses histoires de prostituées pisseuses qui ont failli faire capoter la présidence de Trump) aurait été empoisonné par un poison neurotoxique de niveau militaire, le Novichok. Cela s’est produit à proximité de Porton Down, le centre de guerre chimique britannique, mais ne vous y trompez pas: c’était encore Poutine. Skripal s’en était vite remis, mais ce n’est qu’une preuve supplémentaire (comme si nous en avions besoin !) du fait que Poutine et sa communauté de renseignement aiment l’empoisonnement non mortel par un poison complexe.

Le Washington Post a récemment sorti une litanie des cas d’empoisonnement : Piotr Verzilov (le chef des Pussy Riots  ), Vladimir Kara-Murza (un dissident) et d’autres, qui auraient été empoisonnés, mais qui ont survécu. Ce sont des personnes si négligeables qu’il faut être aux abois pour attribuer leurs problèmes d’estomac à Poutine. Pourtant, cela sert à démontrer le génie maléfique de Poutine plutôt que son incompétence. Le Washington Post affirme que l’efficacité a fait place à la théâtralité, et que désormais les empoisonnements dramatiques et non mortels avec des poisons exotiques sont la preuve (comme si nous en avions besoin !) que Poutine était derrière tout cela.

Les accusations d’empoisonnement, c’est un schéma récurrent de récit médiatique. Viktor Pelevin, l’écrivain russe moderne à gros succès, a inclus dans son thriller de 2019 un général du KGB en fuite qui avait été « empoisonné avec un composé chimique rare, qui est assez facile à tracer car à la fin du siècle dernier, son lot avait été fabriqué par le laboratoire secret de la société Krasnoyarsk-PromChimstroy Co » , et il tombe dans le coma. Après lui, un traître potentiel du KGB a été « empoisonné par un poison unique – une telle composition n’avait été fabriquée qu’à l’usine chimique Yenisei vers 2010 » et il est également tombé dans le coma. ” Bon; ce livre a été publié un an avant que Navalny ne tombe malade.

Cette nature baroque complexe de l’empoisonnement « à la russe » vise à souligner la différence entre un régime byzantin arriéré (ils ne peuvent même pas empoisonner correctement, malgré tous leurs efforts) et, disons, la « Compagnie » américaine efficace, la CIA, qui maîtrise parfaitement la capacité d’infecter ses ennemis avec un cancer mortel, comme l’a démontré le défunt président du Venezuela Hugo Chavez. En 2011, les présidents latino-américains ont été frappés parune épidémie de cancer. Les ex-présidents du Brésil, Luis Ignacio Lula de Silva et Dilma Rousseff, ont été diagnostiqués avec un cancer. La même année, la présidente de l’Argentine, Cristina Kirchner, a été diagnostiquée avec un cancer de la thyroïde. Le mari de Mme Kirchner, qui a également été président de l’Argentine et qui était un ami d’Hugo Chavez, était mort d’un cancer l’année précédente. Le premier président indien de Bolivie, Evo Morales, a souffert d’un cancer. Hugo Chavez était mort d’un cancer, et il était certain que c’était la CIA. Bien longtemps avant Chavez, Jack Ruby, qui avait tué Harvey Lee Oswald, l’assassin présumé du président Kennedy, était mort d’un cancer. Mais avant sa mort, Ruby a raconté en détail comment on lui avait implanté une tumeur maligne à l’hôpital de la prison.

La CIA est célèbre pour savoir comment provoquer silencieusement une crise cardiaque mortelle. Cet art a récemment été utilisé contre le vigoureux ambassadeur chinois à Tel-Aviv en parfaite santé. Il est mort subitement d’une crise cardiaque et aucune question embarrassante n’a été soulevée. Aucun suivi n’a été nécessaire. Aucune escroquerie n’a même été mentionnée. C’est ainsi que fonctionnent les professionnels, contrairement à … (voir ci-dessus).

Cependant, dans le cas de Skripal et de Litvinenko, la méthode hautement fantaisiste a été appliquée à des agents de renseignement qui étaient devenus des escrocs. Un ancien espion et auteur prolifique de thrillers d’espionnage, John le Carré, avait fait remarquer que l’empoisonnement des traîtres était une stratégie favorite des Russes (et des Britanniques !). Or Alexey Navalny était/est un éminent dissident, pourquoi l’empoisonner ? En général, on leur tire dessus, à ce genre de personnages, ce qui est arrivé à M. Boris Nemtsov. Alexei Navalny pourrait-il être un employé d’un des services spéciaux russes ? Il est, étonnamment, difficile de l’exclure.

Le rôle du principal dissident n’est généralement pas attribué à un type quelconque, mais à un agent fiable. Cela expliquerait la facilité avec laquelle Alexei Navalny s’est sorti de situations difficiles. Il est peut-être le seul homme dans l’histoire de la justice russe à avoir été arrêté, parce qu’il violait les termes d’une libération conditionnelle, et à s’en être sorti. « Une libération conditionnelle est une ordonnance rendue par un tribunal pénal selon laquelle un délinquant ne sera pas condamné pour une infraction à moins qu’une nouvelle infraction ne soit commise dans un délai déterminé ». En général, une deuxième violation active la peine conditionnelle précédente, et le coupable va en prison. Ce n’a pas été le cas pour M. Navalny. Bien qu’il enfreigne régulièrement les lois russes, il s’en est toujours tiré à bon compte, n’étant détenu que le temps nécessaire aux formalités pour sa libération.

Plus suggestif encore est le fait, jusqu’alors inconnu, que la femme de M. Navalny est la fille d’un puissant opérateur de l’ex-KGB et banquier chargé des avoirs russes à Londres, M. Boris Abrosimov. M. Abrosimov est un collègue de l’ex-colonel du KGB et oligarque russe Alexandre Lebedev, propriétaire et patron de quelques journaux britanniques, et son fils est récemment devenu pair du Royaume Uni. Mme Navalny (née Abrosimov) a beau avoir vu son passé effacé de l’internet, l’histoire de son puissant père a été divulguée par une mondaine russe, la filleule de Poutine, Mme Ksenia Sobchak.

Tout cela confirme que Navalny est profondément lié aux sombres recoins où les services de renseignements russes et occidentaux et leurs banquiers forgent leurs liens secrets et mènent leurs batailles secrètes.

Il s’agit-là d’une théorie conspiratoire plus ou moins solide, mais sur laquelle une personne soupçonneuse pourrait se rabattre si elle n’était pas satisfaite de la version traditionnelle de « Poutine le tueur de dissidents ». Mais laissons tomber tout cela pour l’instant et explorons une raison moins évidente mais beaucoup plus sensée.

Puisque l’histoire du poison russe a été si bien établie et scientifiquement élaborée dans les moindres détails, il serait insensé de ne pas en faire usage. Et en effet, dans le cas d’Alexei Navalny, les Américains en ont pleinement profité – pour bloquer la progression du vaccin russe Spoutnik V. Ce vaccin est appelé Spoutnik pour une bonne raison. Comme le légendaire satellite de 1957, le vaccin russe menace de faire tomber l’image du monde entier, si soigneusement construite par les artisans occidentaux. En 1957, comme en 2020, le Spoutnik a détruit le mythe du Russe attardé. Sous le choc, les élites occidentales ont à nouveau découvert que les Russes sont toujours capables de faire des choses grandes et inattendues.

Spoutnik V menace d’annuler les bénéfices en espèces de Bill Gates, le sacerdoce de l’OMS et de Big Pharma, qui s’en léchaient les babines, en prévision des montagnes d’argent qu’ils récolteraient au dernier coup de cloche de l’hystérie COVID. Nous parlons de centaines de milliards de dollars, d’un « certificat de vaccination » mondial (comportant le système d’identification ID-2020, dit « camp de concentration numérique »), d’un éternel état d’urgence sanitaire pour des milliards d’habitants de la planète, de la « nouvelle normalité », nécessitant absolument des mises à jour annuelles, du même genre que celles qui ont rendu Microsoft si détesté et Bill Gates si riche. Et tout cela va à vau-l’eau, parce que ces p… de Russes ont déployé leur astucieux vaccin.

L’avion transportant Alexei Navalny n’avait pas encore atteint Berlin, que les États-Unis avaient déjà imposé une interdiction à l’institut produisant le vaccin, et une interdiction secondaire pour le vaccin lui-même, et une interdiction tertiaire à tous ceux qui vendraient, ou achèteraient ou s’administreraient ce vaccin: autant de sanctions sous la menace de se voir interdire l’utilisation du dollar américain, de se voir déconnecté de SWIFT et de Twitter, bref banni de tout le monde dirigé par les Américains. Il s’agit d’une menace dont il ne faut pas se moquer : lorsque les États-Unis ont interdit le Nord Stream-II, toutes les entreprises européennes ont lâché l’affaire comme une patate chaude, malgré les lourdes sanctions [russes] qu’elles allaient certainement subir pour avoir rompu leurs contrats avec les Russes. Elles ont également peur de toucher au pétrole iranien ou à l’argent vénézuélien, puisque les États-Unis l’ont interdit.

S’il fallait choisir entre la pandémie et l’inimitié des États-Unis, la plupart des pays et des entreprises oublieraient rapidement les platitudes sur les personnes âgées qui souffrent et l’égoïsme cruel des sceptiques sans masque dont ils nous ont abreuvés ces six derniers mois, pour passer à autre chose. Laissez crever les personnes âgées ; laissez les enfants transpirer sous les masques pour toujours, mais que Dieu nous préserve de la fureur américaine.

Ce plan pourrait bien se retourner contre ses auteurs. Le peuple américain est bon et il a peur du COVID. Les Américains ne s’opposent pas à ce que le salut vienne de Russie, car les astronautes américains se sont précipités dans le compartiment russe de la station spatiale Soyouz lorsque le leur a présenté une fuite en 2015. La pression des électeurs américains, l’indignation des personnes qui étouffent et qui en ont assez des muselières et de la distanciation sociale, et la crainte d’une mort mondiale imminente attendue depuis trop longtemps, touot cela pourrait l’emporter sur l’interdiction américaine. Les nations d’Europe et du monde entier en ont assez de ces sanctions américaines et des coûts qu’elles entraînent. Les sanctions imposées à la Syrie, à l’Iran, à la Chine et à la Russie ont été mises en œuvre aux dépens de l’Europe. La lutte contre le vaccin russe pourrait être la paille de trop sur le dos du chameau.

Dans cette lutte titanesque pour le sort du monde, pour la vie et la santé, pour des milliards de personnes et de dollars, le sort d’Alexei Navalny ne joue qu’un très petit rôle. C’est en désespoir de cause que les auteurs de cette guerre mondiale  ont été contraints d’utiliser Alexey comme levier pour repousser le vaccin russe. Son travail est maintenant terminé. Les choses sérieuses commencent. Une fois l’interdiction américaine en place, Navalny peut se rétablir et s’envoler pour la Nouvelle-Zélande, pour s’installer à côté de chez Skripal, par exemple, ou même retourner en Russie. Nous ne pourrons jamais vraiment savoir ce qui lui est arrivé, mais cela n’a plus d’importance. Ce qui est important, c’est le vaccin.

P.S. Personnellement, je ne pense pas que le Coronavirus vaille les efforts déployés pour le contenir, et je ne pense pas non plus qu’un vaccin soit nécessaire. Mais des milliards de personnes ont été traumatisées jusqu’à l’hystérie, et il est peu probable que celle-ci disparaisse sans vaccin, qu’il s’agisse d’un placebo ou non. Je suis convaincu que le vaccin russe, créé par les meilleurs experts ex-soviétiques, qui avaient débarrassé l’ex-URSS et l’Europe de l’Est de nombreuses maladies, est au minimum plus sûr que tout ce que les grandes sociétés pharmaceutiques et Fauci (connues pour leur AZT) vont produire, et qu’il ne servirait pas à nous pucer ni n’exigerait des mises à jour comme le font les Windows de Bill Gates.

Israel Shamir

Israel Shamir peut être contacté à l’adresse suivante : adam@israelshamir.net

Source: https://www.unz.com/ishamir/navalny-poison/

Traduction: Maria Poumier

via:https://plumenclume.org/blog/601-le-poison-de-nalvalny

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