le Terminator BMPT

par "Stratediplo" - le 01/05/2016.



Enfin surgit une question militaire, huit mois après la sortie du "Septième Scénario", sur le Terminator.

 

Pour leur part les hautes autorités auxquelles cette étude a été présentée n'ont pas manifesté de grande surprise, et se sont contentées de rester silencieuses ou de féliciter l'auteur anonyme pour son travail dont aucun état-major n'avait été chargé.

Même si certaines fiches pays de la DRM relèvent désormais de l'amateurisme, ces autorités en savent plus sur les menaces qui pèsent sur la France que ce qu'elles peuvent reconnaître publiquement. Elles avaient évidemment noté que la première puissance militaire d'Afrique, et vingtième mondiale, a doublé son budget militaire depuis cinq ans (et quintuplé en quinze ans), aussi elles n'ont pas été surprises d'apprendre que toute étude de ses forces antérieure à 2013 était totalement périmée puisque la moitié de sa flotte a aujourd'hui moins de deux ans d'âge, juste le temps de former les équipages à ces équipements à la pointe de la technologie comme frégates furtives, sous-marins silencieux et missiles de croisière.

 

Certains commentateurs peu familiers des recherches et évaluations de renseignement préalables à toute évaluation opérative ou tactique n'ont vu qu'un exercice intellectuel de développements plausibles en fonction d'ennemis vraisemblables, sans s'interroger outre mesure sur les rapports de forces, les modes d'action présentés et les effectifs et matériels aux sigles abscons mis en scène dans ce qui aurait pu n'être qu'un exemple de confrontation parmi d'autres, au lieu d'un véritable scénario au sens du Livre Blanc, censé faire la synthèse d'un type de menace potentielle.

 

Un officier supérieur, tacticien d'une arme de mêlée, a d'abord suspecté une erreur typographique, bien que d'après l'emploi qui lui est assigné dans le "Septième Scénario" il ne pût s'agir d'un BMP-2 : a-t-on réellement, sans avoir l'air d'y toucher, mentionné la présence d'abord symbolique puis tactiquement significative de BMPT dit Terminator au sein des forces "sapin" ?

La réponse est oui, ce n'est ni une erreur, ni un hasard ni un épice de science-fiction.

Le BMPT est l'arme d'appui feu direct dont rêvent toutes les armées modernes ; certes l'armée française, toujours en retard d'un rêve, a plus humblement longtemps rêvé d'un simple véhicule de combat d'infanterie (ses soldats tombés dans la vallée d'Ouzbine en rêvent encore).

Dix exemplaires de Terminator auraient suffi à changer le cours et l'issue de la guerre du Liban, ou de toute confrontation militaire en milieu urbain.

Le concept est né d'une défaite cuisante de l'armée russe (et plus particulièrement des chars) à Grozny, lors de la première guerre de sécession islamiste de la république russe de Tchétchénie.

 

Pour faire simple, l'infanterie n'a ni la puissance de feu ni la protection de la cavalerie blindée, laquelle n'a ni la souplesse ni la vision panoramique de l'infanterie, et l'artillerie n'a ni la rapidité de réaction ni la précision de tir direct de l'infanterie et de la cavalerie au contact.

Et en ville un feu direct peut venir de dessous, par exemple une mine, contre quoi les véhicules de combat ou de transport d'infanterie sont peu protégés, comme il peut venir de dessus, par exemple un tir fichant du haut d'un immeuble, contre quoi les chars de combat à vision et tir coaxiaux n'ont ni l'angle de vue ni le site ou élévation de tir.

Riche en artillerie antiaérienne légère, l'armée russe a initialement pallié cette vulnérabilité en détournant de leur vocation des ZSU 23-4, canons quadri tubes de 30 mm automoteurs capables de tirer presqu'à la verticale, mais ces systèmes sont peu protégés de la ferraille du champ de bataille et totalement vulnérables à un tir direct.

Or, parenthèse, le gouvernement russe de ce début de siècle est très avare et respectueux de la vie de ses soldats, bien plus que les gouvernements d'autres pays de niveau militaire équivalent, et en particulier le gouvernement français qui n'hésiterait pas à envoyer ses soldats en taxis réquisitionnés et en Renault FT rafistolés au fil de fer par les adjudants d'escadron, affronter les armes modernes qu'il a vendues à l'ennemi.

En l'occurrence le premier Terminator a introduit de nouveaux concepts d'ergonomie (interchangeabilité des rôles sans échange de place) et surtout de protection que beaucoup de grands constructeurs d'armement n'ont pas encore copiés, comme séparation des compartiments hommes, munitions et carburant, ou sièges suspendus au toit moins vulnérables aux mines, ou encore système automatisé d'extinction d'incendie, et toujours de nouveaux blindages réactifs et même une détection de mise en joue laser, conférant au total une protection supérieure à celle du char T-90 que le BMPT accompagne pour le protéger de l'infanterie et des hélicoptères.

Le BMPT-72 dit Terminator-2, destiné à l'exportation par la conversion de l'ancien char de combat T-72, va plus loin en réduisant l'équipage (au prix de certains lance-grenades).

Et bien sûr le T-14 Armata, dans la panoplie des chars de combat où il est pour l'instant le seul représentant de la 4° génération, va encore plus loin dans la robotisation, démontrant non seulement l'avance technologique de la Russie mais surtout son souci de la vie de ses hommes (plus de tireur dans la tourelle). S

ans entrer dans les détails techniques, le BMPT a une grande variété d'armements (canons, lance-grenades, lance-missiles et mitrailleuse), surtout anti-personnels mais également anti-chars, opérables séparément, pouvant engager plusieurs cibles distinctes simultanément. Il a une grande puissance de feu à haute cadence de tir qui en fait une arme de saturation autant que de destruction ciblée, et il dispose vraisemblablement de la meilleure protection existant sur un champ de bataille actuellement.

Les tacticiens en rêvent, certains industriels y travaillent. Pour l'instant le BMPT n'a pas d'équivalent au monde. Premier au monde aussi, le pays "Sapin" a reçu et testé des BMPT, et vraisemblablement commandé plusieurs centaines de BMPT-72 ou Terminator-2 dont la livraison a peut-être commencé.

 

La seule fiction du Septième Scénario (où la déclaration de l'état d'urgence un 14 novembre était plus fortuite que prophétique), c'est d'avoir imaginé l'adjonction d'un peloton de BMPT à un bataillon d'infanterie, puis surtout l'emploi autonome d'un "bataillon d'appui feu sur BMPT", alors que le constructeur le vend comme accompagnateur de chars au sein d'unités mixtes. Ce n'est qu'une anticipation, car les armées qui envisagent la conversion d'une part importante de leur parc de T-72 en viendront certainement aussi à l'utilisation du Terminator comme appui feu autonome à l'infanterie.



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