"Le plus haut symbole du peuple, c’est le pavé.

On marche dessus, jusqu’à ce qu’il vous tombe sur la tête". (Victor Hugo)


Gilets jaunes (2)


"Contrat social"=>"Justice"

"RIC" => "Souveraineté"

Violences policières : Du rififi entre la gendarmerie et la police nationale

...par J.-P. Fabre Bernadac - Le 10/04/2019.

Cruchot, le « gendarme de St Tropez », contre « Pinot simple flic », c’est symboliquement une des images qui émergent d’un documentaire diffusé par BFM TV. Dans un extrait, diffusé avant le reportage, on voit un colonel de gendarmerie, Michael Di Meo, réagir à une séquence, tournée le 1er décembre 2018, dans un restaurant Burger King, avenue de Wagram. On y voit des CRS s’en prendre, à coups de matraque répétés, à des personnes réfugiées dans le fast-food. « C’est de la violence policière », commente à chaud le colonel Di Meo quand on lui montre la vidéo. Puis, enfonçant le clou, il poursuit : « Malheureusement, quand les manifestants parlent de violences policières, je suis obligé d’aller dans leur sens. »

Le colonel Michael Di Meo n’est pas n’importe qui, il commande le groupement II/1 de gendarmerie mobile de Maisons-Alfort. Pourtant, sa haute fonction n’a pas empêché les réactions indignées de personnels de la police. Ainsi, le directeur général de la police nationale Éric Morvan a regretté, sur Twitter, l’utilisation du terme de « violences policières » qui « suggère un système sciemment organisé. C’est évidemment faux », poursuit le chef de la police. Dans un communiqué au titre évocateur – « La Balance » -, le syndicat de police Synergie officiers a, lui, demandé au ministre de l’Intérieur de « rappeler à l’ordre la gendarmerie qui n’est pas la directrice de conscience des policiers ».

Pour essayer d’y voir clair dans ce face-à-face, il est important de quantifier ce qui différencie, aujourd’hui, la gendarmerie de la police lors du maintien de l’ordre.
– Le CNEFG de Saint-Astier est spécifique à la gendarmerie. Il permet à la fois de former, d’entraîner et de perfectionner les personnels au MO (maintien de l’ordre) mais aussi d’expérimenter de nouveaux véhicules, de nouvelles armes et munitions et de nouvelles tenues. La police ne possède pas l’équivalent.
– La gendarmerie est un corps militaire avec un règlement, des grades, des traditions et une éthique propre à toutes les armées. Les policiers, eux, sont des civils revêtant l’uniforme, pour certains, avec des syndicats et des porte-parole désignés.

Sur un plan plus spécifique aux manifestations des gilets jaunes, il faut noter que :
– Après des violences présumées contre des gilets jaunes, le ministre de l’Intérieur a annoncé que les deux inspections (IGPN et IGGN) sont saisies de 209 enquêtes portant sur des soupçons de violences policières (on voit donc que, contrairement à ce qu’énonce Éric Morvan, celles-ci existent bien). Pour la police 199, pour la gendarmerie 10. Soit un pourcentage de 95,2 % pour la police et 4,8 % pour la gendarmerie.
– La majorité de ces 209 saisines concernent l’utilisation, par les forces de l’ordre, du lanceur de balle de défense de 40 mm (LBD-40). Or, les données de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) font état, jusqu’au début février 2019, de 13.460 tirs de LBD-40. De son côté, l’IGGN évalue à « un millier » les tirs de LBD par les gendarmes pour la même période, soit 93 % pour la police et 7 % pour la gendarmerie. À noter que, côté police, la très grande majorité des tirs de balle de défense a été le fait des policiers des BAC, constitués en détachements d’action rapide (DAR), et des compagnies d’intervention de la police.

Même si les violences policières existeront toujours, on peut affirmer que les gendarmes mobiles, grâce à leur déontologie et leur savoir-faire, ont une attitude qui minore notablement dans les manifs les risques de bavures.

 

Sources :

https://www.bvoltaire.fr/violences-policieres-du-rififi-entre-la-gendarmerie-et-la-police-nationale/

https://www.huffingtonpost.fr/entry/violences-policieres-le-ton-monte-entre-la-gendarmerie-et-la-police_fr_5cab5491e4b0a00f6d4301e4


Gilets jaunes, bilan d'étape.

..par Yannick Jaffré et Xavier Moreau - le 23/03/2019.


Gilets jaunes : Avant la révolution ?

...par François Boulo pour "Thinkerview - le 25/02/2019.


Analyses diverses

Documents à télécharger : 

Télécharger
Les Gilets jaunes : la partie émergée de la crise sociale française ?
2019 03 20 MONTAIGNE TUCAT étude gilets
Document Adobe Acrobat 720.6 KB
Télécharger
Les « gilets jaunes », qu’est-ce que c’est ?
2018 12 01 THE CONVERSATION VIEVORKA GIL
Document Adobe Acrobat 180.9 KB
Télécharger
« Gilets jaunes », médias et Internet : les premiers enseignements
2018 12 10 THE CONVERSATION GILETS JAUNE
Document Adobe Acrobat 386.7 KB
Télécharger
POINT DE VUE. Les "gilets jaunes" représentent-ils vraiment le peuple ?
2018 12 14 FR INFO COSTA GILETS JAUNES E
Document Adobe Acrobat 227.9 KB
Télécharger
Gilets jaunes : Guerre et Paix - 26/12/2018
2018 12 28 GALACTEROS GILETS JAUNES.pdf
Document Adobe Acrobat 99.6 KB
Télécharger
Le mouvement des Gilets jaunes comme conflit asymétrique
2019 01 26 GOYA GILETS JAUNES.docx.pdf
Document Adobe Acrobat 127.0 KB
Télécharger
LES “GILETS JAUNES“, UN DÉFI POUR UN NOUVEL ORDRE AU SENS GLOBAL DU TERME
2019 03 01 REVUE POLITIQUE CAVALIER DEFI
Document Adobe Acrobat 91.2 KB

Il est descendu de sa montagne...

..mais a-t-il les pieds sur Terre ?

Par Pascal Célérier - le 17/03/2019.

Deux observateurs aussi différents que Philippe Bilger et Frédéric Sirgant ont été saisis par la légèreté d’Emmanuel Macron s’octroyant un week-end prolongé à La Mongie alors que, lors de l’acte XVIII des gilets jaunes, plus de mille casseurs dévastaient les Champs-Élysées. Que l’on ne nous dise pas que le plus haut niveau de l’État n’était pas informé des risques de ce feu qui non seulement n’est pas éteint mais sur lequel soufflent des vents qui se renforcent, l’un des plus forts étant, justement, la gestion calamiteuse de cette crise par le pouvoir, depuis le début.

Les services du renseignement intérieur avaient prévenu. On savait que le mot d’ordre de cet acte XVIII était d’investir Paris. Mais, visiblement, le Président et son équipe ont, une fois encore, péché par assurance : Emmanuel Macron pensait avoir repris la main. Quand on ne raisonne qu’en termes d’opinions et de com’, on peut le croire et se le faire croire. Mais il y a la réalité.

Et cette réalité du 16 mars a fait redescendre le Président de sa montagne. Rentré en catastrophe des Pyrénées, il a bien été obligé d’annoncer « des décisions fortes, complémentaires » pour que les violences « n’adviennent plus », depuis la cellule de crise du ministère de l’Intérieur. « Beaucoup de choses ont été faites depuis novembre mais, très clairement, la journée d’aujourd’hui montre que sur ce sujet-là et pour ces cas-là, nous n’y sommes pas. »

« Nous n’y sommes pas » : terrible aveu d’échec.

Et, pourtant, les choses sont simples, pour peu qu’on veuille les voir telles qu’elles sont.

Primo, une crise sociale de la France périphérique qui travaille et qui n’en peut plus, à laquelle il n’a pas été répondu en profondeur. On a préféré un grand débat policé et bricolé, avec des élus et des assemblées triés. De l’entre-soi hautement médiatisé pour répondre à la France invisible des ronds-points.

Deuzio, des centaines de casseurs d’extrême gauche qu’on laisse depuis des mois, parfois des années, investir toutes les manifestations. On voit, aujourd’hui, le résultat. Un ministre de l’Intérieur qui montre les dents et déploie des moyens de répression considérables, mais pas spécifiquement contre eux.

Tertio, une propagande politique (pour le coup venue de l’extrême gauche mais que la majorité se garde bien de réprouver) qui ne cesse de vilipender l’extrême droite, qui déclenche une commission d’enquête contre cette mouvance, alors que le Ⓐ des anarchistes, des antifas et des Black Blocs couvre les murs des Champs ! Dernière en date de cette autruche qui ne sait plus lire les Ⓐ sur les murs de sa ville et ne reconnaît plus sa droite et sa gauche : Anne Hidalgo.

Le Président et son monde ont préféré louvoyer, contourner, jouer de la com’. C’était un pari. Il est perdu. La réalité lui est revenue en pleine figure.

Mais, à ce stade, on a peu à espérer d’un Président aussi déconnecté et qui, visiblement, n’a rien appris de ses déboires. D’ailleurs, dans la nuit de samedi à dimanche, il reprenait ces éléments de langage qui lui ont si peu réussi jusqu’à présent : « Tous ceux qui étaient là se sont rendus complices. »

Et un pouvoir qui n’était pas là, lui, et qui est incapable de gérer une crise et d’éviter la reproduction de scènes pourtant prévisibles, ça s’appelle comment ?

 

Source : https://www.bvoltaire.fr/il-est-descendu-de-sa-montagne-mais-a-t-il-les-pieds-sur-terre/?mc_cid=8a8a09a955&mc_eid=c2875309d7


Macron, la grande mascarade !

...par Yvan Rioufol - le 14/03/2019


Les Gilets jaunes et la Suisse

...par Slobodan Despot et Xavier Moreau - Le 09/03/2019.


Suite à sa mission à Paris, la Commissaire Mijatović livre ses premières observations sur les questions de droits de l’homme liées au mouvement des « gilets jaunes »

...mis en ligne le 02/03/2019.

Source : Conseil de l’Europe, 29-01-2019

« Le niveau élevé de tension qui prévaut actuellement en France suscite mon inquiétude et je considère qu’il est urgent d’apaiser la situation », a déclaré aujourd’hui la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, à l’issue d’un déplacement à Paris, le 28 janvier pour discuter des questions de droits de l’homme liées au mouvement des « gilets jaunes ».

Lors de cette mission, la Commissaire a entendu les préoccupations exprimées par ses interlocuteurs concernant les violences commises lors des manifestations, y compris à l’égard de journalistes, par des membres des forces de l’ordre et certains manifestants.

La Commissaire s’inquiète en particulier du grand nombre de personnes blessées, certaines très gravement, dans les manifestations ou en marge de celles-ci, notamment par des projectiles d’armes dites de défense intermédiaire telles que le lanceur de balles de défense. Elle constate certes que les forces de l’ordre, parmi lesquelles de nombreux blessés sont aussi à déplorer, opèrent dans des conditions difficiles, notamment liées à l’hostilité de certains manifestants, mais aussi à une surcharge de travail et, pour certaines unités engagées, à une formation insuffisante aux techniques de maintien de l’ordre et à l’usage de certaines armes. Toutefois la Commissaire est gravement préoccupée par le nombre et la gravité des blessures résultant de l’usage de la force par les forces de l’ordre.

Rappelant la nécessité de respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales tout en garantissant la sécurité et la paix publique, la Commissaire souligne qu’il est crucial que la proposition de loi visant à prévenir les violences lors des manifestations et à sanctionner leurs auteurs actuellement en discussion à l’Assemblée nationale ne conduise à aucune restriction des libertés d’expression et de réunion pacifique et au droit à la liberté et à la sûreté qui ne serait ni nécessaire ni proportionnée, conformément aux exigences de la Convention européenne des droits de l’homme. A cet égard, la Commissaire est particulièrement préoccupée par la disposition visant à interdire préventivement, par une décision administrative et sans contrôle préalable d’un juge, de prendre part à une manifestation. Elle s’inquiète également de celle érigeant en délit la dissimulation volontaire partielle ou totale du visage au sein ou aux abords d’une manifestation. « De telles mesures, dont la proportionnalité me semble contestable, ne m’apparaissent pas nécessaires pour garantir efficacement la liberté de réunion et risquent d’être, au contraire, perçues comme une entrave à l’exercice de cette liberté. Dans un contexte si délicat, j’invite le gouvernement et le législateur à ne pas aller dans cette direction et à privilégier les voies du dialogue et à garantir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».

 

Un Mémorandum plus détaillé sera publié dans les prochains jours.

 

Source : Conseil de l’Europe, 29-01-2019

Source : https://www.les-crises.fr/suite-a-sa-mission-a-paris-la-commissaire-mijatovic-livre-ses-premieres-observations-sur-les-questions-de-droits-de-lhomme-liees-au-mouvement-des-gilets-jaunes/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+les-crises-fr+%28Les-Crises.fr%29

 


Les Gilets jaunes se font voler leur révolution

...par Yvan Rioufol - le 13/02/2019.


Les Gilets jaunes voient leur révolution confisquée. Eux qui cherchent notamment à "démocratiser la démocratie" (expression de Laurent Fabius, ce mercredi sur RTL) ne maîtrisent plus vraiment un mouvement qui leur échappe. Il a été habilement détourné, à la fois par la gauche et par le chef de l’Etat, dans une même stratégie du coucou, du nom de cet oiseau qui pond dans le nid des autres, quitte à semer la peur chez les récalcitrants. Cela fait quelques semaines que les premiers Gilets jaunes, ces petits patrons ou employés du privé venus à Paris du fond des provinces, ont laissé place à des manifestants plus urbains, plus syndicalisés, plus politisés, plus violents. C’est un militant de la CGT du nord qui pilotait le transpalette, préalablement dérobé, qui a servi à défoncer la porte du porte-parolat du gouvernement, le 5 janvier. L’extrême gauche est désormais bien visible dans les défilés qui se radicalisent et dégénèrent. Elle est reconnaissable à ses slogans, ses drapeaux, son organisation. Les black blocs et les antifas sont là comme des poissons dans l‘eau. Parallèlement, Emmanuel Macron a, lui aussi, réussi à s’approprier une partie de la révolte populaire, en transformant le besoin d’expression de la société oubliée en un long monologue présidentiel, retransmis par toutes les chaines d’information. Se vérifie chaque semaine la critique émise par Chantal Jouanno,présidente de la commission nationale du débat public, d’un "grand débat faussé". Ce prétexte avait justifié sa décision de se retirert du processus, après une polémique sur son salaire élevé. Mais, de fait, ce devrait être aux Français d’interroger le pouvoir, et non l’inverse.

Cette stratégie du coucou est préjudiciable au mouvement de fond. Il paie là son manque d’organisation, de programmes, de leaders. Résultats : la gauche tente d’introduire dans les revendications ses marottes sur la lutte des classes, la haine du riche, l’égalitarisme au cordeau. Macron a entamé, en douce, sa campagne pour les Européennes tout en assurant qu’il n’en est rien. La macronie, habitée par ses idées fixes, tente déjà de revendre sa fiscalité écologique en la présentant cette fois-ci comme "équitable". Avant même de connaître les résultats du grand débat, 86 députés de la majorité présidentielle signent, ce mercredi dans Le Figaro, une tribune qui défend le retour à la taxe carbone, ce détonateur du réveil des Oubliés. Alors que les Gilets jaunes réclament moins de taxes et d’impôts, le gouvernement réfléchit à de nouvelles impositions. Bienvenue en Absurdie ! En fait, tout se met en place pour attiser davantage des frustrations des citoyens irrités : une fois de plus, ils sont en train de voir leur parole confisquée par des partis qui n’ont rien vu venir, et par un pouvoir qui n’entend pas changer de ligne. C’est ce que le patron des députés LREM, Gilles Le Gendre, a déclaré ce matin sur LCI : "On a changé sur la méthode, mais pas sur les objectifs". Reste que rien n’est aujourd’hui réglé de la révolution entamée, qui réclame plus de démocratie, plus de proximité, moins d’assistanat (lire ici). La France est sur un volcan. Relire Victor Hugo : "Le plus haut symbole du peuple, c’est le pavé. On marche dessus, jusqu’à ce qu’il vous tombe sur la tête".

 

Source : http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2019/02/les-gilets-jaunes-se-font-vole.html


Explication du combat des GJ


Le maintien de l’ordre doit être revu de fond en comble… Parole de vieux flic !

...par Pascal Barthon - le 09/02/2019.

L’article de Me Pichon pose un vrai problème : celui de la responsabilité des fonctionnaires et militaires ayant fait usage de GLI ou de LBD de manière indue. Il est vrai qu’il s’agit de violence avec arme par un détenteur de l’autorité et que les peines encourues sont sévères. Malheureusement, je pense que les auteurs ne seront pas ou jamais clairement identifiés. Rappelons-nous l’affaire Sivens.

Par ailleurs, comment identifier un fonctionnaire quand on voit ces « meutes » de policiers en civil ou en tenue, masqués pour la plupart. À ce sujet, aucun observateur n’a jamais relevé que les policiers de la BAC, la BRI, des CRS et compagnies d’intervention et gendarmes mobiles ont le visage masqué.

Ancien officier de police, je peux vous préciser que l’utilisation de cagoules et autres masques était soumise à une décision prise au plus haut niveau qui désignait les unités autorisées. En maintien de l’ordre comme sur la voie publique, la règle est celle du visage découvert, le policier ou le militaire agit à visage découvert, il n’est pas a priori menacé s’il est reconnu. Qui oserait rappeler cette règle, sinon un vieux flic ? Quand je vois ces « flics » agir ainsi, je me remémore les images des troupes spéciales envoyées pour annexer la Crimée, où l’on voyait ces hommes en vert cagoulés sans insignes.

M.Macron, qui dénonce tant les « fake news » de RT France aurait-il pris exemple sur le modèle de son ennemi Poutine ?

Je pense que le maintien de l’ordre doit être revu de fond en comble, son éthique avant tout. Les moyens utilisables devront y être conformes. Il n’est plus question de blesser à vie des manifestants qui ne sont parfois que des citoyens égarés et non des criminels.

 

 

Source : https://www.bvoltaire.fr/le-maintien-de-lordre-doit-etre-revu-de-fond-en-comble-parole-de-vieux-flic/

 


L’Acte XII vu de l’intérieur

...par Slobodan Despot - le 11/02/2019


Gilets jaunes : Un ex de la DGSE dénonce la répression.


Qui est Etienne Chouard, l’icône des gilets jaunes ?


Gilets jaunes : Macron a peur d’être "lâché" par les policiers

...parThomas Guénolé et Jérémy Afane-Jacquart - le 28/01/2019

pour l'hebdomadaire "Marianne"

Confronté au soulèvement populaire des Gilets jaunes, Emmanuel Macron s’est engagé dans une tactique de diabolisation et d’intimidation judiciaire à l'encontre d'un groupe d'opposition pourtant distinct de ce mouvement : la France insoumise.

Le 9 janvier dernier, la députée LREM Aurore Bergé a annoncé écrire au procureur de la République de Paris pour lui rapporter des propos tenus par Thomas Guénolé (co-signataire de cette tribune) et Juan Branco.

Ces dénonciations d'éléments de la pensée, par une députée de la majorité, ne sont pas choses courantes. Elles s’inscrivent dans un plan plus large de recherche de boucs émissaires. Le 7 janvier, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a ainsi accusé Jean-Luc Mélenchon d’être « incapable d’avoir la moindre réaction » aux manifestations et à la « mise en cause » des institutions publiques et politiques « par des factieux et des violents ». Le 9 janvier sur France Info (même jour que l’annonce d’Aurore Bergé), Julien Denormandie, ministre du Logement, a dit de Jean-Luc Mélenchon qu’il « appel[ait] à soutenir ceux qui cassent les policiers, ne souhaite pas l’ordre républicain ». Plus récemment le 20 janvier, Laurent Nuñez, secrétaire d’Etat à l’Intérieur, a accusé Jean-Luc Mélenchon d’« angélisme » concernant les violences de manifestants contre des policiers. Le reste est à l’avenant.

Pour comprendre cette offensive macroniste de transformation de la France insoumise en bouc-émissaire, il faut la resituer dans le contexte du rapport périlleux qu’Emmanuel Macron entretient avec les forces de l’ordre.

Les premières tensions ont commencé peu après l'annonce d’Emmanuel Macrcon de réductions du budget de l'armée. Le général Villiers exprima publiquement son désaccord, avant d'être recadré par le chef de l'État, le poussant à la démission. La démarche du général aurait dû être réprouvée : elle fut largement saluée. Cette défiance ouverte d'un chef d'état-major envers un président de la République montrait, déjà en 2017, l'inquiétante fragilité du lien entre le pouvoir politique et l'armée. Elle était le pendant chez l'armée de la colère grandissante au sein des forces de sécurité intérieure : les mauvaises conditions de travail, l'abus d'heures supplémentaires imposées aux policiers et gendarmes, étaient connus de tous.

Cette fragilité du pouvoir éclata avec la première catastrophe politique du quinquennat. Après qu’Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, eut été accusé d'avoir violenté un couple et usurpé la fonction de policier lors de manifestations du 1er mai 2018 à Paris, on découvrit ceci : il avait été chargé d’un projet de fusion des différents services de sécurité assurant la protection du chef de l’Etat destiné à créer dans la plus grande illégalité une « garde prétorienne » aux mains du seul Président. Ce projet, humiliante défiance envers leur travail, avait suscité la colère et l’indignation dans la police et la gendarmerie. Il est raisonnable de penser que les fuites ayant permis l’identification d’Alexandre Benalla, notamment par vidéo, étaient de source issue du ministère de l'intérieur.

Autrement dit, l’affaire Benalla a marqué une dégradation extrême des relations entre l’Elysée d’une part, et le monde policier d’autre part, conduisant notamment à la démission du ministre de l'intérieur Gérard Collomb.

Le soulèvement populaire des Gilets jaunes éclata quatre mois et demi seulement après cette « rupture Benalla ». Comme l’a expliqué le syndicaliste policier Alexandre Langlois, les policiers envoyés sur le terrain appliquent les ordres de leur hiérarchie policière, qui elle-même applique les consignes du ministère de l’intérieur. La stratégie de l’affrontement et de la surenchère de répression policière, les tactiques de nassage et de gazage de manifestants y compris non-violents, relèvent d’un choix politique gouvernemental. En outre, comme l’a expliqué le journaliste spécialisé David Dufresne, de plus en plus de policiers, en particulier des CRS, sont en désaccord absolu avec cette stratégie : notamment parce que, du fait de la conflictualité extrême qu’elle installe, elle rompt avec la notion même de maintien de l’ordre public.

Le pouvoir s'est cependant retrouvé dépassé : alors qu'il voulait intimider les manifestants en utilisant des techniques disproportionnées, certains policiers se sont crus inattaquables. L'explosion des bavures en est la conséquence. Le ministre de l'Intérieur ne dispose cependant plus de la force politique requise pour maintenir des limites. Il laisse faire.

Cette attitude passive du pouvoir confirme qu’Emmanuel Macron est pris d'angoisse. Dans le climat de rupture entre l’Elysée et le monde policier hérité de l’affaire Benalla, dès les premières semaines du mouvement des Gilets jaunes il risquait d’être « lâché » par les forces de l’ordre. Les policiers auraient pu faire usage de la « grève du zèle » (ils n’ont pas le droit de grève) ; ne pas appliquer les consignes de sur-répression et d’affrontement ; contester, en manifestant sur des revendications compatibles avec les Gilets jaunes ; ou même fraterniser avec le soulèvement, par un ralliement massivement aux Gilets jaunes contre le pouvoir macroniste. La promesse élyséenne de verser une prime aux policiers, faite dès le 3 décembre, apparaît ainsi comme une tentative fébrile d’acheter leur loyauté, de crainte qu’elle ne finisse de s’effriter (accessoirement, Emmanuel Macron insulte les policiers en leur prêtant la logique de mercenaires « achetables »).

Problème : cette annonce de versement d'une prime fut accueillie plus que froidement par les forces de l’ordre. Surtout, fait rare, elle fut suivie d’une manifestation de policiers le 20 décembre... sur les Champs-Élysées, devenue l’avenue-symbole des Gilets jaunes. Comble de l'ironie, des Gilets jaunes scandaient : « CRS avec nous ! ». On imagine sans peine la peur-panique de l’Élysée : une fraternisation entre la police et les Gilets jaunes.

Arrive le mois de janvier, catastrophique à tous points de vue pour Emmanuel Macron. Il espérait que la chute de la mobilisation pendant les fêtes marquerait l’arrêt du soulèvement populaire des Gilets jaunes : la mobilisation repartait au contraire de plus belle. L’intimidation judiciaire d'Eric Drouet était censée dissuader le redémarrage : elle galvanise au contraire les Gilets jaunes. Les samedis en jaune reprennent, se succèdent.

Parallèlement, des révélations extraordinairement graves et choquantes de bavures policières anti-Gilets jaunes se déversent en cascade dans le débat public. A cela, plusieurs raisons : d’abord le travail méthodique de recensement précis des bavures par David Dufresne, devenu viral sur les réseaux sociaux ; ensuite la publicité massive donnée aux bavures sur les réseaux sociaux par des Gilets jaunes et des médias alternatifs ; enfin le rôle de grands médias finissant par leur emboîter le pas. À mots couverts ou ouvertement, de plus en plus de gens du monde policier réagissent en dénonçant la responsabilité politique du gouvernement dans l’explosion des bavures. Sur le front politique, la France insoumise réagit en pointant elle aussi la responsabilité du pouvoir macroniste : Alexis Corbière demande de suspendre l’utilisation des « flash-ball » ; Ugo Bernalicis porte plainte devant la Cour de justice de la République contre le ministre de l’intérieur Christophe Castaner pour entrave au droit de manifester.

Le pouvoir est dépassé par la situation. Les ressorts de l’offensive actuelle de communication macroniste deviennent limpides.

D’un côté, les divers porte-paroles du pouvoir macroniste accusent en boucle la France insoumise d’être responsable des violences. C’est une tentative de diversion médiatique, pour empêcher la mise en lumière de la responsabilité politique du gouvernement dans la conflictualité extrême entre Gilets jaunes et forces de l’ordre. Cela explique d’ailleurs pourquoi les cibles privilégiées des mises en cause sont des « personnalités médiatiques » (Thomas Guénolé ; Juan Branco quitte à le qualifier faussement de cadre de la FI ; et a fortiori Jean-Luc Mélenchon, cible principale) : les macronistes s’assurent ainsi de « faire le buzz », indispensable pour que la diversion médiatique réussisse. Cette offensive de communication est aussi une tentative de disqualifier, par diabolisation, les initiatives prises par la France insoumise pour que le gouvernement rende des comptes sur les conséquences de sa « politique du pire ». De fait, il est compréhensible que l’Elysée ait peur de voir la FI installer un débat de fond sur la responsabilité gouvernementale gravissime dans la situation délétère actuelle.

De l’autre côté, le ministre de l’intérieur Castaner nie l’explosion pourtant incontestable des bavures policières anti-Gilets jaunes. Plus largement, il multiplie ces derniers temps les déclarations de soutien politique inconditionnel envers les policiers. En réalité, c'est par lâcheté que le ministre ne reprend pas ses fonctionnaires en main : il a peur que la police et la gendarmerie n'obéissent plus aux ordres d'Emmanuel Macron. Ces déclarations insensées, alors que les bavures sont manifestes, révèlent une croyance désespérée et cynique de pouvoir s’attacher ainsi la bienveillance des forces de l’ordre.

Emmanuel Macron joue là un jeu dangereux. Qu’il s’y livre révèle à l’évidence un mélange extrêmement inquiétant de cynisme, de manque de sens des responsabilités, et surtout d’immaturité politique. La paix civile, l’ordre public, ne sont pas des variables de communication. La police, la justice, ne sont pas des pions sur un échiquier pour manœuvres politiciennes. Il est grand temps qu’à rebours de son irresponsable fuite en avant, Monsieur Macron ait le courage de se remettre en question.

Source : https://www.marianne.net/debattons/tribunes/gilets-jaunes-macron-peur-d-etre-lache-par-les-policiers


Gilets jaunes : Eric Drouet et Jérôme Rodrigues en direct sur le plateau de RT France


Macron et Castaner passibles de la Cour Pénale Internationale ?


Vous avez dit Flashball ? Démonstration !


Le Gilet jaune blessé Jérôme Rodrigues à RT France : «Il est important d'amener un message de paix»


Bizarre, les Black Blocs n’ont pas mis le bordel chez les Foulards rouges…


Rodrigues blessé : Castaner et gauchistes coupables !

Le 28/01/2019.

Commentaires: 0