INFOS MILITAIRES

Le 30/06/2017.

Un général de l’armée de l’Air accusé d’utiliser un Alphajet pour son usage personnel

par Laurent Lagneau

> > Il suffit que le Canard Enchaîné cancane et met en cause une personnalité pour que cette dernière fasse immédiatement l’objet d’une enquête. Cette fois, c’est le général Richard Reboul, ancien patron du Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) et actuel numéro deux du Commandement des forces aériennes (CFA) qui en fait les frais.

> > Selon l’hebdomaire, l’officier se servirait d’un Alphajet de la base aérienne de Cazaux, proche de celle de Bordeaux-Mérignac où est installé le CFA, à des fins personnelles, c’est à dire pour aller passer son congé de fin de semaine dans sa propriété en Provence.

> > Depuis août 2016 [en fait, il a officiellement quitté le CEAM le 5 septembre 2016, ndlr], le général Reboul aurait effectué une dizaine de voyages. A-t-il joint l’utile à l’agréable en effectuant son quota annuel d’heures de vol au titre du personnel navigant pour rejoindre Salon-de-Provence, où il a été directeur de l’enseignement de l’École de l’Air?

> > En outre, il aurait également réquisitionné un avion de 6 places [un TBM-700], « avec pilote et copilote » écrit le Canard Enchaîné. Ce qui, dans le cadre de ses fonctions, n’a rien de répréhensible.

> > Quoi qu’il en soit, les allégations de l’hebdomadaire ont conduit l’armée de l’Air à ouvrir une enquête interne. Et la ministre des Armées, Florence Parly, qui parle « d’informations sur une utilisation abusive de moyens aériens par un haut responsable militaire », a décidé « de saisir les inspecteurs généraux des armées et de leur confier une enquête de commandement afin de clarifier les faits et vérifier les circonstances d’emploi des moyens aériens, dans le cas d’espèce et plus généralement. »

> > Et d’ajouter : « Au vu des conclusions du rapport, la ministre tirera les conséquences qui s’imposent, y compris sur le plan disciplinaire, si une utilisation abusive des moyens était avérée. »

> > Reste maintenant à attendre les conclusions de ces deux enquêtes, qui devraient être menées rapidement.

La France et les États-Unis prêts à « travailler à une réponse commune en cas d’attaque chimique » en Syrie

par Laurent Lagneau

> > Lors d’un récent entretien donné à la presse européenne, le président Macron a expliqué que le départ de Bachar el-Assad n’était plus une priorité pour la France. « Longtemps nous avons été bloqués sur la personne de Bachar el-Assad. Mais Bachar, ce n’est pas notre ennemi, c’est l’ennemi du peuple syrien », a-t-il dit.

> > En revanche, l’usage d’armes chimiques en Syrie reste une ligne rouge, comme le locataire de l’Élysée l’avait déjà affirmé en présence de son homologue russe, Vladimir Poutine, le 29 mai.

> > Dans le cas où une nouvelle attaque chimique aurait lieu, alors elle « donnera lieu à des répliques, y compris de la France seule. » Et le président Macron d’ajouter : « La France sera d’ailleurs à cet égard parfaitement alignée avec les États-Unis. »

> > Alors que le Pentagone dit avoir constaté une activité « suspecte » indiquant « des préparatifs pour une utilisation possible d’armes chimiques » sur la base aérienne syrienne d’al-Shayrat (la même qui, en avril, a été visée par des missiles de croisière lancés par deux destroyers de l’US Navy après l’attaque de Khan Cheikhoun), le président Macron et son homologue américain, Donald Trump, ont abordé ce sujet lors d’un entretien téléphonique, ce 27 juin.

> > Ainsi, les deux hommes ont souligné la « nécessité de travailler à une réponse commune en cas d’attaque chimique en Syrie », a annoncé l’Élysée.

> > Cela étant, interrogé pour savoir si la France disposait des mêmes informations que les États-Unis au sujet des intentions du régime syrien, le Quai d’Orsay n’a pas répondu.

> > On risque donc de se retrouver dans la même configuration qu’en août 2013, après l’attaque chimique qui, commise contre La Goutha, un faubourg de Damas, avait été attribuée au régime syrien. Si la France était prête à « punir » Bachar el-Assad avec un raid mené par des Rafale, le président Obama avait reculé au dernier moment.

> > Cependant, si une nouvelle attaque chimique doit avoir lieu, M. Trump ne tremblera pas, comme il l’a montré après celle de Khan Cheikhoun.

> > Et, s’agissant des « lignes rouges » qu’il a fixées pour la Syrie, M. Macron avait expliqué dans l’entretien donné à la presse européenne que « si vous ne savez pas les faire respecter, vous décidez d’être faible ». « Ce n’est pas choix », avait-il dit. Et d’ajouter : « S’il est avéré que des armes chimiques sont utilisées sur le terrain et que nous savons en retracer la provenance, alors la France procédera à des frappes pour détruire les stocks d’armes chimiques identifiés. »

L’aviation égyptienne a détruit un convoi transportant des armes depuis la Libye

par Laurent Lagneau

> > L’Égypte est cernée par la menace jihadiste, avec la présence, dans le Sinaï et en Libye, de groupes se réclamant de l’État islamique. C’est pourquoi elle surveille de près la frontière libyenne, afin d’éviter toute infiltration. Ce qui, au regard de sa longueur, n’est pas une mince affaire.

> > Déjà, l’aviation libyenne a effectué plusieurs frappes contre la branche libyenne de l’État islamique et des groupes affiliés à al-Qaïda. En outre, Le Caire soutient, avec les Émirats arabes unis et la Russie, l’Armée nationale libyenne (ANL), qui, commandée par le maréchal Khalifa Haftar, dépend du gouvernement d’al-Baïda (est), lequel n’est pas reconnu par la communauté internationale.

> > Pour autant, cela n’empêche pas le trafic d’armes. Ainsi, ce 27 juin, le porte-parole de l’état-major égyptien, le colonel Tamer Mohamed Mahmoud al-Rifai, a indiqué qu’un convoi de 121 véhicules 4×4 a été détruit par des frappes aériennes.

> > « Des informations faisaient état de la présence d’éléments criminels qui s’apprêtaient à infiltrer la frontière ouest de l’Egypte à bord de véhicules 4X4. […] Des unités des forces aériennes ont décollé pour ratisser la zone frontalière (…) l’opération a permis de cibler et détruire 12 véhicules 4X4 chargés d’armes, de munitions et d’explosifs », a-t-il expliqué, sans donner plus de précision sur le lieu exact, la date et les pertes infligées à ces trafiquants.

> > Ce n’est pas la première fois qu’une telle opération a lieu. Le 8 mai dernier, l’état-major égyptien avait expliqué, dans le même style que le communiqué diffusé ce jour, avoir reçu « des informations sur un grand nombre de véhicules massés à la frontière occidentale et s’apprêtant à s’infiltrer (en Egypte). » Et d’ajouter : « Nos avions ont décollé pour surveiller la zone et sont entrés en action dès que les véhicules ont violé la frontière. L’opération a duré 48 heures entre surveillance et raids. Quinze véhicules 4X4 transportant des quantités d’armes, de munitions et de produits de contrebande ont été détruits. »

> > Ces deux opérations ont-elles quelque chose à voir avec la présence signalée – mais démentie par Moscou – de forces spéciales et de drones russes à Sidi Barrani, à environ 100 km de la frontière libyenne?

Les États-Unis refusent d’être entraînés dans la guerre civile syrienne, selon le chef du Pentagone

par Laurent Lagneau

> > Durant le dernier mandat du président Barack Obama, les États-Unis lancèrent un programme visant à former et à équiper 5.400 rebelles syriens modérés en Jordanie. Programme qui vira au fiasco puisqu’à peine ces combattants mirent le pied en Syrie qu’ils furent défaits par les jihadistes du Front al-Nosra (qui se fait maintenant appeler « Front Fatah al-Cham »). « Une blague à 500 millions de dollars », ironisa la sénatrice républicaine Kelly Ayotte.

> > À l’époque, Washington considérait que le départ du président syrien, Bachar el-Assad, était un préalable à la résolution du conflit qui mine la Syrie depuis maintenant 6 ans. En décembre dernier, Barack Obama estimait encore que le chef du régime syrien « ne pouvait pas gagner sa légitimité à coups de massacres. »

> > Mais l’arrivée de l’administration Trump a rebattu les cartes. Ainsi, Washington s’accomode du maintien de Bachar el-Assad, estimant que son sort doit uniquement relever du « peuple syrien ».

> > En clair, il s’agit désormais de se concentrer uniquement sur le combat contre les groupes jihadistes, ce qui ne va pas sans créer des tensions avec les forces syriennes et leurs alliés. Cependant, les États-Unis ont maintenu leurs lignes rouges, notamment au sujet de l’usage d’armes chimiques. En avril, le président Trump n’a ainsi pas hésité à ordonner une frappe massive contre la base syrienne d’al-Shayrat, soupçonné d’avoir été à l’origine de l’attaque au gaz neurotoxique ayant visé la localité de Khan Cheikhoun, le 4 avril dernier.

> > Et, c’est parce que des activités « suspectes » indiquant « des préparatifs pour une utilisation possible d’armes chimiques » ont été repérées sur cette même base que Washington a lancé un avertissement clair, le 26 juin au soir, à Damas. Un message considéré par Moscou comme étant une « menace inadmissible ».

> > Peu avant l’avertissement lancé par Washington, le chef du Pentagone, l’ex-général James Mattis, a rappelé les nouveaux fondamentaux de la politique américaine en Syrie, alors qu’il se trouvait dans un avion le menant en Europe, où il doit prononcer un discours en Allemagne sur le lien transatlantique avant de participer à une réunion de l’Otan à Bruxelles.

> > « Nous refusons simplement de nous laisser entraîner dans les combats de la guerre civile syrienne, nous essayons d’y mettre fin au travers d’efforts diplomatiques », a ainsi affirmé M. Mattis. Seulement, ces dernières semaines, la coalition anti-jihadiste a ouvert le feu à plusieurs reprises sur les forces pro-régime dont l’attitude a été jugée hostile ou menaçante, notamment à At-Tanf et à Tabqa, où un avion d’attaque Su-22 « Fitter » syrien venait de s’en prendre aux Forces démocratiques syriennes (FDS), en première ligne face à l’EI à Raqqa.

> > « Si quelqu’un s’en prend à nous, nous bombarde, nous tire dessus, alors nous ferons ce que nous avons à faire, en application du principe d’auto-défense », a alors expliqué James Mattis.

> > Le souci est que les forces syriennes, avec l’appui de l’aviation russe et des milices chiites, s’approchent des zones où opère la coalition anti-jihadiste et ses alliés locaux engagés contre l’EI. Ce qui a donné lieu aux tensions à At-Tanf et à Tabqa. « Il faut vraiment faire attention avec cela. Plus vous vous rapprochez, plus cela devient compliqué », a souligné M. Mattis.

> > Aussi, ce dernier a souligné, à nouveau, l’importance de maintenir ouvert les canaux de communication entre le contingent russe déployé en Syrie et le commandement des opérations aériennes de la coalition, installé au Qatar. Canaux qui ont été suspendus par Moscou après l’affaire du Su-22 syrien abattu.

> > Cette histoire de fermeture, par les Russes, de ces canaux de communication n’est pas claire. Le 23 juin, un porte-parole de la coalition, le colonel Ryan Dillon, a assuré qu’ils sont restés ouverts afin d’être « utilisés pour être sûr que nous nos équipages aériens et nos forces sur le terrain sont en sécurité. »

> > Par ailleurs, autre sujet sensible, le secrétaire américain à la Défense a abordé la question des armes et des matériels fournis, en vue de la bataille de Raqqa, aux FDS, dont l’ossature est constituée par les milices kurdes syriennes, considérées comme terroristes par Ankara.

> > Ainsi, M. Mattis a indiqué que les États-Unis s’emploieront à récupérer une partie de ces équipements. « Nous les récupérerons durant la bataille [de Raqqa], nous les réparerons et lorsqu’ils n’auront plus besoin de certaines choses ils les changeront pour des équipements dont ils ont besoin », a-t-il dit, sans plus de détails.

Pour la première fois, un hélicoptère d’attaque AH-64 Apache a utilisé une arme laser avec succès

par Laurent Lagneau

> > Par un communiqué diffusé le 26 juin, Raytheon a indiqué avoir mené, en collaboration avec l’US Army et l’US Special Operations Command (USSOCOM), le test d’un système laser à haute énergie intégré (High Energy Lasers, HEL) à bord d’un hélicoptère d’attaque AH-64 Apache. Cet essai, le premier du genre, a été réalisé avec succès sur le polygone de White Sands, au Nouveau-Mexique.

> > Ainsi, l’AH-64 Apache ainsi équipé de cette arme laser, couplée à un système MTS (Multi-Spectral Targeting System) utilisant un « capteur infrarouge électro-optique avancé, a atteint un drone en vol stationnaire, situé à 1.400 mètres de distance.

> > « C’était la première fois qu’un système laser a tiré avec succès sur une cible depuis un hélicoptère, selon une grande variété de régimes de vol, d’altitudes et de vitesses », a fait valoir Raytheon.

> > Aussi, poursuit l’industriel, cet essai montre qu’il est possible d’utiliser une arme laser à haute énergie à bord d’un AH-64 Apache. En tout cas, il a permis de collecter des données sur les effets des vibrations de l’hélicoptère, des perturbations causées par son rotor et de la poussière. Elles serviront à la conception des futurs systèmes HEL, a-t-il indiqué.

> > « En combinant des capteurs éprouvés en combat, comme le MTS, avec de multiples technologies laser, nous pouvons amener cette capacité sur le champ de bataille bientôt », a commenté Art Morrish, responsable de Raytheon Space et Airborne System.

> > D’une manière générale, le développement d’armes laser opérationnelles avance vite outre-Atlantique. Ainsi, en 2014, l’US Navy a testé, depuis l’USS Ponce, le LaWs (Laser Weapon System), un système d’une puissance de 30 kw. L’US Army n’est pas en reste, avec les programmes HEL MD (High Energy Laser Mobile Demonstrator), Mobile Expeditionary High Energy Laser 2.0 (MEHEL 2.0) et RELI (Robust Electric Laser Initiative). Dans le cadre de ce dernier, Lockheed-Martin a annoncé avoir conçu une arme à énergie dirigée ayant développé une puissance jusqu’alors inégalée de 58 kw.

Les drones Delair-Tech intègrent l’UGAP

par Nathan Gain

> > Bonne nouvelle pour le fabricant de drones toulousain Delair-Tech : ses mini-drones DT18 et DT26X font désormais partie du catalogue de l’Union des groupements d’achats publics (UGAP). Delair-Tech devient par la même occasion le second fabricant de drones à intégrer ce catalogue de 300 000 références après les Aixois de Novadem. Avec, à la clef, une première commande moins d’une semaine après la titularisation de l’entreprise, au profit du gestionnaire du réseau électrique haute tension RTE.

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> > « Nous sommes ravis que nos solutions drone incluant hardware, software et services soient intégrées au catalogue de l’UGAP », a déclaré Michael de Lagarde, président et co-fondateur de Delair-Tech, avant d’ajouter que « l’utilisation du drone DT26X permet des économies d’échelle considérables, le drone disposant des mêmes performances qu’un hélicoptère pour un prix 10 fois moins élevé ».
> > Outre ces deux drones, l’offre de Delair-Tech comprend une suite d’accessoires et de capteurs de type multispectral, LiDAR et infrarouge thermique, ainsi que des prestations de service comme la formation pour deux pilotes et la maintenance.

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> > En intégrant la centrale d’achat française, Delair-Tech facilite l’accès à ses produits pour les organismes publics intéressés, tels que les forces de police, l’armée et les pompiers. Candidat malheureux de la compétition pour les mini-drones de l’armée française qui avait vu triompher le Spy’Ranger de Thales, Delair-Tech persiste néanmoins dans la filière défense/sécurité et promouvait d’ailleurs la version « M » du DT26X lors du salon du Bourget sur le stand de Safran Electronics & Defense (ex-Sagem). Car non content de proposer deux drones aux performances uniques, Delair-Tech présente une structure des coûts plus compétitive que la plupart des industriels purement militaires.

> > Cette titularisation est une corde de plus à l’arc de cette PME créée en 2011. Celle-ci a notamment triplé son chiffre d’affaire en l’espace d’un an, pour plafonner à 7,1M$ en 2016. Une courbe de croissance également suivie par ses effectifs, qui devraient accueillir une vingtaine de nouveaux employés en 2017. Loin de se limiter au marché français, le « phénomène Delair-Tech » peut s’appuyer sur 150 distributeurs présents dans 80 pays afin d’atteindre ses objectifs à l’export, une priorité pour 2017.

Le COS fête ses 25 ans aux Invalides

par Jean-Marc Tanguy

 

Alors que ses opérateurs restent postés à la pointe du combat sur l'arc de crise, le Commandement des opérations spécialesfaisait rayonner ce matin aux Invalides ses 25 ans d'existence, dans la discrétion et devant quelques relais d'opinion très choisis, sous la présidence du major général de l'EMA, l'amiral Philippe Coindreau.
> > Parmi ces VIP, plusieurs parlementaires, comme les sénateurs Jacques Gautier et Daniel Reinier, qui auront font avancer la connaissance des besoins du COS en matériels, mais aussi le député européen Arnaud Danjean. Dans le carré VIP, quelques industriels aussi, comme des réprésentants de Diginext ou de Babcock MCS, ou encore du fabricant de fusils HK qui a équipé le COS de pied en cap, avec les HK416 puis lu HK417, mais bien avant, avec les HK MP5 et G36 et le PA USP.
> > Plusieurs personnels issus ou pas du COS ont été distingués par des décorations. Le général (Air, désormais en réserve) Thierry Caspar Fille-Lambie n'a jamais fait partie du COS, mais il a fait avancer la cause des forces spéciales lorsqu'il était encore dans l'armée de l'air. La plupart des autres sont des opérateurs du COS en service. Plusieurs d'entre eux ont été blessés, par des mines, IED et armes à feu. L'un d'eux est opérateur image au sein du CFST, et a tenu à être présent : il tient sur ses béquilles et a manifestement bon moral, malgré la blessure collectée au Levant. Sur d'autres béquilles, un opérateur du 1er RPIMa. Le plus touché est un commando du CPA 10, blessé le 2 octobre par un drone piégé de Daech, comme l'avait expliqué ce blog à l'époque. Avec son camarade, grièvement blessé au même moment (aussi dans les rangs), il sera aussi présent dans une autre prise d'armes, qui honorera le président de la République, dans quelques jours. Pour ces commandos aguerris, un long combat, celui de la convalescence, commence.
> > Le propre fanion du COS a été décoré, une première.La citation est assez complète, et récompense la capacité du COS à faire autrement, dans des conditions comme souvent assez dégradées.
> > Le problème du jour est qu'il y a trop de décorations (une quarantaine apparemment) pour trop de faits d'armes : une cérémonie non officielle a dû avoir lieu, hier, pour écouler en quelque sorte le stock, tout en permettant de créer un moment de cohésion et d'échange, finalement pas si courant. 
> > La plupart des opérateurs du COS présents à cette cérémonie sont multi-décorés. Les gardes au drapeau ont des poitrines lourdes : médaille militaire, valeur militaire (avec pas assez de place pour les clous), légion d'honneur. Le gardien du drapeau du 1er RPIMa a douze citations mais on retrouve le même problème un peu partout...
> > La cérémonie a mis sur le devant de la scène tout les composants du système forces spéciales : commandos, mais aussi opérateurs de la chaîne santé, innovateurs, partenaires extérieurs comme le GIGN, dont le chef est présent.  
> > Comme il l'explique en privé plus tard, le patron des opérations spéciales a tenu à mettre en valeur ses subordonnés par cette prise d'armes intime, alors que plus de 500 opérateurs sont déployés, actuellement du Sahel à l'Irak. Il a aussi tenu à honorer les blessés, les morts. Les familles, essentiellement des épouses, quelques enfants, sont les dernières distinguées ce matin, par une accolade, une phrase. Elles font, comme le dit l'amiral Laurent Isnard, partie de la "famille", même si elle ne portent pas de HK416, mais la douleur d'avoir perdu l'être aimé.

 

Le général Lizurey : la Gendarmerie va devoir former 50.000 nouveaux gendarmes d’ici cinq ans

 

> > Le général d’armée Richard Lizurey a annoncé dimanche que la gendarmerie allait devoir former d’ici cinq ans 50.000 nouveaux gendarmes.

> > Le directeur général de la Gendarmerie nationale s’exprimait devant le congrès annuel de l’association Les Amis de la Gendarmerie qui s’est tenu dimanche à Issy-les-Moulineaux.

> > Chaque année, 10.000 militaires devront donc être formés en raison du recrutement des gendarmes adjoints et du départ de la génération des sous-officiers arrivés en Gendarmerie au début des années 1980.

> > L’Arme va donc devoir faire face au recrutement de ces nouveaux gendarmes et à leur formation. Les écoles de gendarmerie seront donc bien remplies au cours de ces prochaines années !

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Le combat aérien du futur au Bourget

 

> > Avec le développement et l’acquisition de capacités anti-accès/déni de zone (A2/AD) par de plus en plus de pays, le maintien de la supériorité aérienne est devenu un enjeu majeur pour les forces aériennes occidentales. En France, les travaux menés par l’armée de l’Air et la DGA dans le cadre du Système de combat aérien futur (SCAF) visent précisément à identifier les technologies et les capacités devant permettre de répondre à ces défis.

> > Le combat reconfigurable et collaboratif sera au cœur de cette révolution : mettre en réseau les différentes plateformes (Rafale, drones, Awacs…) et les systèmes de commandement de l’armée de l’Air pour lui garantir la maîtrise du tempo opérationnel. En partageant notamment, en temps réel, les informations recueillies par l’ensemble de leurs capteurs, afin de bénéficier d’une image la plus fidèle possible de la situation tactique et donc d’être à même de s’adapter constamment à l’adversaire.

> > Si la L16 reste aujourd’hui l’architecture privilégiée pour cette mise en réseau, sa capacité de débit limitée et son manque de discrétion en mode émission nécessiteront un saut technologique dans les prochaines années. La DGA a donc lancé la feuille de route pour un système futur de liaisons intra-patrouilles qu’elle présente au Salon du Bourget : un cloud de combat permettant aux différentes plateformes d’échanger, en haut débit, tous types de données (images, vidéos) en temps réel. Certaines briques technologiques de ce futur dispositif font déjà l’objet de PEA et un démonstrateur est prévu pour 2025.

> > Autre champ de recherche capacitaire, l’intégration de capacités d’Intelligence Artificielle (IA) pourrait elle aussi être déterminante et la DGA travaille activement sur le sujet au travers du PEA Man Machine Timing (MMT), qui devrait être notifié dans les prochains mois. Il s’agit de technologies en cours de maturation qui seront appliquées au niveau des capteurs intelligents, des systèmes (plateformes) et des systèmes de systèmes (patrouille). Un cœur numérique optimisera la gestion des capteurs, en termes d’allocation de temps et de fréquence, puis fusionnera les différentes images pour fournir une information enrichie à l’ensemble des plateformes.

> > Ces capteurs permettront aussi aux futurs UCAS et Rafale de calculer et corriger automatiquement les trajectoires optimales de pénétration pour éviter des bulles d’interdiction détectées par une des plateformes impliquées dans l’opération. Ou encore d’attribuer automatiquement des missions spécifiques ou des cibles aux différentes plateformes, pilotées ou non, participant à une opération aérienne. Soit une nouvelle relation entre l’homme et la machine. Le premier vol de démonstration est attendu en 2025, pour une entrée en service vers 2030.

RIP: les forces spéciales UK vont s'armer des munitions les plus létales

par  Evgeny Biyatov

 

Les forces spéciales britanniques SAS se verront désormais équipées des munitions les plus létales jamais conçues, qui se disloquent en huit fragments une fois la cible atteinte.

UK: plus de 50 membres des forces spéciales renvoyés pour abus de drogues

Dans le contexte de menace terroriste accrue, les autorités britanniques ont décidé d'équiper leur Special Air Service (SAS) de cartouches Radically Invasive Projectile (RIP). Le jeu de mot dans la dénomination, «rest in peace» en anglais, soit «repose en paix», est illustratif: les munitions en question sont considérées comme les plus létales jamais fabriquées.

> > Les balles, conçues par la société américaine G2 Research, se scindent en huit pétales au contact de l'objectif. En cela, chacun des fragments est aussi mortel qu'une balle dite «normale», selon les concepteurs. Les munitions sont déjà utilisées au sein des forces spéciales américaines.

> > Les cartouches sont fabriquées de façon à causer le maximum de dommages internes. La cible subit la force brute de l'impact tandis que le risque de ricochet est réduit grâce au design des balles.

«Il [le projectile RIP, ndlr] est capable de transpercer des barrières telles que des rochers, du contre-plaqué, des feuilles de métal ou des vitres et de continuer sur sa trajectoire initiale», lit-on sur le site du concepteur. «La balle transperce les objets solides et seulement après dépense son énergie.»

Les snipers ukrainiens dégomment la qualité des munitions US

G2 Research a testé les munitions dans diverses armes automatiques et semi-automatiques avec un résultat de «100%», a précisé un représentant de G2R, cité par le journal britannique Express.

> > Parallèlement aux RIP, les unités britanniques seront dotées d'«ogives creuses» qui ne se fragmentent pas mais dont la pointe de la balle s'aplatit afin de causer des blessures profondes. Les pistolets mitrailleurs MP7, la même arme que celle utilisée pour tuer Oussama ben Laden, seront chargés de ces nouveaux projectiles.

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« Armées d’aujourd’hui »

> > http://www.calameo.com/read/0003316275ffa9da85edd

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DCNS change de nom et devient Naval Group

par Philippe Chapleau

Décidément, c'est à la mode... DCNS, le grand équipementier naval français, se rebaptise et devient Naval Group, "le groupe ayant plus que jamais besoin de faire valoir haut et fort son identité".

Le groupe entend aussi refléter ses racines qui remontent au XVIIe siècle avec la création des premiers arsenaux sous l'impulsion du cardinal de Richelieu. Devenu DCN (Direction des construction navales) en 1991, il avait été renommé DCNS en 2007 lors de l'entrée de Thales dans son capital.

"Naval Group rend lisible notre expertise et notre vocation : contribuer à la souveraineté de la Marine nationale et de nos pays partenaires, et capitaliser sur nos compétences navales dans le domaine des énergies marines renouvelables", explique-t-on au sein de l'équipementier.

Détenu à 62% par l'Etat français et à 35% par l'équipementier pour l'aérospatiale, la défense et la sécurité Thales, Naval Group entend capitaliser sur la visibilité acquise lors de l'annonce du contrat des sous-marins australiens et de la création d'une filiale spécialisée dans les énergies marines renouvelables.

 

Europe de la Défense : " Une complémentarité de la jeune adulte UE avec l'OTAN se dessine "

> > Nicolas-Gros-Verheyde, auteur d'une somme sur " La Politique européenne de sécurité et de défense commune " avec l'historien André Dumoulin (éditions du Villard, 49 €), sera au rendez-vous des Ateliers de la Citadelle, à Lille ce jeudi pour décortiquer l'éveil en cours de l'Europe de la défense face aux menaces environnantes.

 

- Pourquoi l'Europe de la défense se trouve-t-elle à un moment charnière ?

" C'est un désir depuis longtemps exprimé par les citoyens. Ce qui est nouveau, c'est que les chefs d'Etat, de gouvernements placent la sécurité et la défense parmi les trois priorités absolues de l'UE avec l'économie et la jeunesse-l'éducation. Il y a un changement de focus politique très clair et de braquet opérationnel. Cette évolution correspond à un alignement des planètes. D'abord, c'est l'effet d'une vraie conviction du personnel politique de la Commission européenne, dirigée par Jean-Claude Juncker. Ensuite, les menaces sont aux frontières. Jamais, il n'y en a eu autant en même temps : la Russie à l'est, les conflits au sud (Syrie, Libye, Sahel, Corne de l'Afrique), les flux migratoires qui concernent tous les pays en même temps, la vague de terrorisme, des alliés qui font défaut ou sont ambigus comme les Etats-Unis de Trump ou la Turquie d'Erdogan, plus le Brexit. Tous ces éléments poussent à accélérer le rythme. "

- Jusqu'ici, beaucoup d'Européens se contentaient de l'OTAN pour leur défense...

" Aujourd'hui, les Etats européens ne peuvent plus se reposer que sur l'OTAN. L'Alliance Atlantique n'a ni les moyens ni la volonté de répondre à toutes ces menaces. En réalité, l'Union européenne est un jeune adulte toujours en train de grandir et une complémentarité avec l'OTAN se dessine. On franchit une étape intéressante et audacieuse avec la mise en place d'instruments. A l'image du Fonds européen de défense pour la recherche qui après 2021, devrait monter à 1,5 milliards d'euros par an. "

- L'UE a souvent souffert d'absence de politique étrangère commune, est-ce envisageable ?

" Une politique étrangère commune est à la fois un vrai et un faux problèmes car elle ne peut pas exister. L'UE devrait assumer ce qu'elle est avec un langage uni très fort face à une politique agressive comme celle de la Russie et beaucoup de sujets où les points de vue seront très divergents comme le Moyen-Orient, Israël-Palestine. Les Européens devraient jouer sur leur diversité pour devenir un outil de négociation à travers le monde. La politique étrangère de l'Union européenne doit s'affranchir de la volonté d'être unique. "

- Les espoirs européens ont souvent été déçus en matière de sécurité et de défense commune...

" C'est tout le problème de l'Europe de la Défense. Des ambitions furent ainsi affichées au début des années 2000 qui ne furent pas toujours suivies d'effets. Comme les 60 000 hommes disponibles pour les opérations extérieures, les deux battlegroups de 3 000 hommes qui en dix ans n'ont jamais été mobilisés, le fameux mini QG européen en 2006 qui n'a jamais vu le jour. Tout n'est pas négatif. La défense européenne est surtout conçue comme un outil au service de la politique étrangère. Rien de plus. Il n'a pas encore trouvé son mode de fonctionnement mais il évolue. On le voit avec la création du corps européen des garde-frontière qui vient de se mettre en place via l'agence Frontex. Ce n'est pas de la défense au sens propre mais on défend les frontières, pas seulement face à la crise migratoire, mais contre toutes les menaces. Un modèle se met en place. "

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