Affaire Skripal


Le silence des Skripal

Le gouvernement anglais censure l’information et les médias refont l’histoire.

Il n’y a pas eu d’informations récentes sur l’affaire Skripal dans laquelle un agent double anglo-russe et sa fille ont été empoisonnés à Salisbury, en Angleterre. Il semble même y avoir des tentatives pour modifier les éléments déjà connus du public.

Le gouvernement britannique a prétendu que les Skripal avaient été empoisonnés par le Novitchok, un agent neurotoxique mortel, et a accusé la Russie. Il y a encore beaucoup de questions qui n’ont pas trouvé de réponses, mais les médias britanniques, qui d’habitude n’ont pas peur de « mettre le pied dans la porte », n’ont pas l’air de vouloir les poser. Nous avions déjà indiqué au début du mois d’avril que la presse britannique enveloppait le public de « brouillard-Novi (marque déposée) ». Elle relayait simplement les allégations scandaleuses et illogiques des « services de sécurité » et ne se souciait pas d’informer véritablement le public.

Quelqu’un a posté des photos sur twitter, qui ont permis de mieux comprendre ce que les « services de sécurité » avaient dit, et un article le 5 avril dans le London Timesavec une photo de la source probable du soi-disant poison Novichok :

via D’Aramitz

Aujourd’hui, l’ancien ambassadeur britannique Craig Murray dit que Clive Ponting, un autre ex-haut fonctionnaire soupçonne le gouvernement britannique d’avoir émis une D-Notice1. Il s’agit d’une interdiction faite aux médias britanniques de rendre compte d’une question donnée. Murray fait également référence à un tweet du correspondant de Channel 4 Alex Thomson du 12 mars, dans lequel Thomson mentionne une D-Notice interdisant à médias de masse de nommer l’agent du MI-6 qui était le contact de M. Skripal :

La D-Notice que Thomson a mentionnée est arrivée trop tard car certains médias avaient déjà donné le nom de cet agent du MI-6. Nous avons parlé de tout ça en détail dans un article du 8 mars.

Un certain Pablo Miller, un agent du MI-6 britannique, avait recruté Sergueï Skripal. L’ancien agent du MI-6 Christopher Steele était également impliqué dans l’affaire. Skripal a été arrêté par les services de sécurité russes et envoyé en prison. Pablo Miller, du MI-6, qui avait recruté  Sergueï Skripal, est devenu son contact après sa libération par la Russie dans un échange d’espions. Il vit aussi sûrement à Salisbury. Christopher Steele et Pablo Miller travaillent pour Orbis Business Intelligence qui a monté le « Dirty Dossier »2 sur Donald Trump.

Cela fait longtemps que nous pensons qu’il y a un lien entre le « Dirty Dossier » et l’affaire Skripal :

Voici quelques questions qu’on peut se poser :

·         Skripal a-t-il aidé Steele à monter le « dossier » contre Trump ?

·         Les anciennes relations de Skripal ont-elles été utilisées pour contacter d’autres personnes en Russie pour trouver des éléments incriminant Trump ?

·         Skripal a-t-il menacé de tout révéler ?

S’il y a un lien entre le Dossier et Skripal, ce qui me semble très probable, alors il y a un certain nombre de personnes et d’organisations qui ont des raisons d’en vouloir à Skripal. Beaucoup d’individus et de fonctionnaires véreux des deux côtés de l’Atlantique ont participé à la campagne anti-Trump/anti-Russie. Il y a plusieurs enquêtes et on pourrait bien un jour tomber sur un beau paquet de linge fort sale. Retirer Skripal du circuit tout en accusant la Russie semble être le meilleur moyen de se débarrasser d’un témoin gênant.

Le lanceur d’alerte Clive Ponting, cité par Murray, pense maintenant aussi que l’affaire Skripal était une opération « de l’intérieur » qui faisait suite au faux « Dirty Dossier » :

Si [Sergueï Skripal] était également impliqué dans le dossier des « golden showers »3, alors des agents américains auraient aussi une raison de s’en mêler. Tout cela était une opération interne, pas pour le tuer, d’où l’utilisation de BZ, mais pour le mettre en garde et le punir. Tout se passe comme si les autorités savaient exactement ce qu’il en était, mais voulaient le dissimuler.

(…)

Il faut aussi dire que le policier qui se trouvait « par hasard » dans les parages était presque certainement l’agent de la branche des services spéciaux chargé de la surveillance de Ioulia. Les médias ne sont pas autorisés à signaler qu’une D-Notice a été édictée.

En plus du très curieux silence des médias britanniques au sujet de l’affaire Skripal, il semble qu’il y ait de réels efforts pour supprimer des informations déjà rendues publiques.

En 2017, la journaliste d’investigation Dilyana Gaytandjiev a fait état de massifs transports aériens d’armes vers les « rebelles » syriens sous couverture diplomatique, ce qui lui a valu d’être licenciée. Le 26 avril, elle a fait une autre découverteintéressante :

Dilyana Gaytandjiev @dgaytandzhieva – 21:24 UTC – 26 avril 2018

Les #Skripal auraient été exposés au #Fentany, un analgésique opiacé, et non à l’agent neurotoxique #Novichok, d’après des informations obtenues auprès du Clinical Services Journal du Royaume-Uni httpss://www.clinicalservicesjournal.com/story/25262/response-unit-called-as-salisbury-hospital-declares-major-incidenthttpss://www.clinicalservicesjournal.com/story/25262/…

L’article du Clinical Services Journal que Gaytandjiev a trouvé date du 5 mars 2018, le lendemain de l’incident de Skripal à Salisbury. Dans la version originale, on pouvait lire :

L’hôpital du district de Salisbury a déclaré un « incident majeur » le lundi 5 mars, après que deux patients ont été exposés à un opioïde.

(…)

Cet incident succédait à un autre survenu quelques heures plus tôt, dans lequel un homme et une femme ont été exposés à du Fentanyl dans le centre-ville. L’opioïde est 10 000 fois plus puissant que l’héroïne.

Le 27 avril, le lendemain du tweet ci-dessus :

Dilyana Gaytandjiev @dgaytandzhieva – 12:12 UTC – 27 avril 2018

Les #Skripal ont été exposés au #Fentanyl, pas au #Novichok. Après que j’ai publié cette information hier (26.04.) le Clinical Services Journal(CSJ) l’a supprimée aujourd’hui httpss://www.clinicalservicesjournal.com/story/25262/response-unit-called-as-salisbury-hospital-declares-major-incidenthttpss://www.clinicalservicesjournal.com/story/25262/…

J’ai lu personnellement l’article du CSJ après le premier tweet de Gaytandjiev le 26.  Je peux confirmer qu’il a été modifié.

La première ligne du paragraphe cité ci-dessus de l’article du CSJ est maintenant :

L’hôpital du district de Salisbury a déclaré un « incident majeur » le lundi 5 mars, après que deux patients ont été exposés à ce que l’on croit être un opioïde.

La deuxième ligne est devenue :

Cet incident succédait à un autre survenu quelques heures plus tôt, dans lequel un homme et une femme ont été exposés à une substance dans le centre-ville.

Toute référence au Fentanyl comme cause de l’indisposition des Skripal a été supprimée de l’article du 5 mars entre le 26 et le 27 avril.

Archive.org a la version originale telle qu’elle était encore le 26 avril :

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La version qu’on trouve maintenant sur le site du Clinical Services Journal est la version modifiée :

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On se demande pourquoi un magazine d’aussi faible tirage se donne la peine de modifier un vieil article après qu’un journaliste en ait parlé sur Twitter.

Le CSJ n’a pas été le seul organe d’information à mentionner le Fentanyl. Le Salisbury Journal local en a parlé le 5 mars et l’article n’a pas été modifié :

La police a déclaré un incident majeur après qu’un homme dans la soixantaine et une femme dans la trentaine ont été retrouvés inconscients sur un banc du centre commercial dimanche.

Les services d’urgence sur les lieux ont pensé que la substance pouvait être un puissant analgésique appelé fentanyl, mais rien n’a encore été confirmé.

Ils ont été emmenés à l’hôpital du district de Salisbury où ils sont dans un état critique en soins intensifs.

En novembre 2017, le Salisbury Journal avait déjà mentionné un cas d’overdose de Fentanyl sans lien avec le cas Skripal. En 2016, Salisbury a connu un pic de cas d’overdoses au Fentanyl. Les services d’urgence locaux connaissaient certainement les symptômes et les effets de cette substance.

Un autre site de nouvelles locales, Devon Live, titrait le 5 mars : Incident chimique majeur déclaré après que 10 personnes ont vomi du Fentanyl ; deux d’entre elles sont gravement malades.

On sait que la police pense que le Fentanyl, un opiacé synthétique infiniment plus puissant que l’héroïne, a pu être impliqué. Un homme et une femme sont dans un état critique et une dizaine d’autres personnes sont malades.

Des officiers et des ambulanciers paramédicaux ont été appelés au centre commercial The Maltings à Salisbury après qu’un homme et une femme sont tombés malades. La femme, qui était inconsciente, a été transportée par avion à l’hôpital du district de Salisbury vers 16 h 15, tandis que l’homme a été transporté en ambulance.

(…)

On a appris récemment que le Fentanyl a coûté la vie à au moins 60 personnes au Royaume-Uni au cours des huit derniers mois.

L’article du Devon Live est toujours en place sous sa forme originale. Il renvoie à la première déclaration de la police de Wiltshire sur l’affaire et en cite des extraits. Curieusement, le lien est inactif. La première déclaration officielle de la police sur l’affaire Skripal est « actuellement indisponible ».

La presse britannique est maintenant totalement silencieuse sur l’affaire Skripal. Craig Murray et un autre ancien haut fonctionnaire pensent que le gouvernement lui a ordonné de ne plus en parler. Ils pensent aussi, comme nous, que l’affaire est liée au faux « Dirty Dossier » que les responsables de la campagne électorale de Clinton ont fait faire contre Donald Trump.

On ne voit pas pourquoi le gouvernement britannique ordonnerait  aux médias de se taire si, comme il le prétend, la Russie était à l’origine de toute l’affaire.

Pourquoi les médias ne sont-ils pas autorisés à enquêter? Où est Ioulia Skripal et comment se porte Sergueï Skripal ? Pourquoi ont-ils été réduits au silence ?

Traduction : Dominique Muselet

Notes

  1. Defence Notice (D-Notice) : demande officielle adressée aux rédacteurs en chef de ne pas publier ou diffuser des articles sur des sujets précis pour des raisons de sécurité nationale ↩
  2. Dirty Dossier : dossier infamant compilé pour nuire à Trump. httpss://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/comment-un-ex-espion-britannique-specialiste-des-affaires-explosives-est-devenu-le-cauchemar-de-donald-trump_2016502.html ↩
  3. Golden Shower : pratique sexuelle qui consiste à se faire uriner dessus. Le président américain Trump a été accusé de s’être adonné à ces pratiques dans un hôtel de Moscou en compagnie de prostituées russes en 2013. httpss://www.public.fr/News/Donald-Trump-L-affaire-des-Golden-Showers-repart-de-plus-belle-1467004 ↩

 

Source : https://lesakerfrancophone.fr/le-silence-des-skripal-le-gouvernement-anglais-censure-linformation-et-les-medias-refont-lhistoire

 


Des journalistes réussissent à pénétrer dans l’hôpital où est soigné Skripal (vidéo)

Le 12/04/2018.


Affaire SKRIPAL : Vérité ou mensonge ?

...par le Gal. Dominique Delawarde - le 18/03/2018.

Affaire SKRIPAL: vérité ou mensonge ?

 

Général (CR)Dominique Delawarde

http://www.association-eclat.fr/delawarde-dominique-E92.html

 

 

En matière criminelle, tout enquêteur sérieux explore toutes les pistes possibles et ne se limite pas à une seule. La recherche du mobile du crime, surtout lorsque celui ci est prémédité, conduit bien souvent à la découverte de l'assassin ou de son commanditaire.

 

L'affaire SKRIPAL, dont les répercussions politiques internationales sont très importantes, semble

poser aux enquêteurs, aux politiques, aux médias et aux opinions publiques un certain nombre de questions auxquelles les réponses apportées jusqu'à présent ne sont pas totalement satisfaisantes.

1 – Quels sont les faits et les premiers résultats divulgués par les enquêteurs et interprétés

par les politiques et les médias à l'attention du grand public?

2 - La Russie est-elle coupable ?

3 – Si elle ne l'était pas, qui donc pourrait donc avoir un mobile puissant et les moyens de

réaliser une telle action, probablement préméditée.

 

La réponse à ces trois questions en appelle évidemment d'autres sur l'analyse des réactions

internationales et sur leurs conséquences possibles.

 

1 – Les faits et les réactions politiques et médiatiques.

Le 4 mars 2018 Sergueï Skripal, 66 ans, un ancien colonel des services de renseignement militaires russes, ainsi que sa fille, ont été retrouvés inconscients aux abords d'un centre commercial de Salisbury, au Royaume-Uni. Recruté comme agent double par les services britanniques en 1995 et condamné en Russie à 13 ans de prison pour trahison en 2004, M. Skripal a obtenu l'asile au Royaume-Uni en 2010 après un échange d'agents de renseignement entre la Russie et les États-Unis. Selon les enquêteurs britanniques, il s'agirait d'un empoisonnement au gaz Novitchok. L'utilisation du nom précis de ce produit mystérieux et supposé mortel semble pour le moins maladroit.

L'existence d'un tel produit a été rendu publique par le témoignage dans les années 1990 d'un seul

dissident russe, Vil Mirzayanov (83 ans aujourd'hui), chimiste militaire. Ce dissident a publié aux USA un livre «State Secrets» en 2007 dans lequel il aurait donné quelques formules chimiques à l'appui de ses révélations. Si ce fait est avéré le Novitchok serait donc sorti, dès 2007 de l'exclusivité russe et aurait pu être fabriqué par n'importe qui. Les révélations de Mirzayanov n'ont jamais été confirmées par aucune source indépendante, ni par aucun autre dissident.

Mieux, l'Organisation onusienne pour l'Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) conclut dans un

rapport de 2013 d'un comité scientifique comprenant des représentants US, UK, France, Russie et Allemagne qu'«elle n'a pas d'information suffisante pour se prononcer sur l'existence et les propriétés du «Novitchok»

En 2016, le docteur Robin Black, chef du seul laboratoire de détection britannique d'arme chimique de Porton écrit dans une publication scientifique (Royal Society of Chemistry): «les indices de l'existence éventuelle d'un tel produit sont quasi-inexistants et sa composition reste inconnue. (Robin Black. (2016) Development, Historical Use and Properties of Chemical Warfare Agents.)

Les enquêteurs britanniques ont donc réalisé l'exploit d'identifier un produit dont la composition est inconnue de leur propre laboratoire d'analyse spécialisée dans le domaine !

Avec le soutien instantané et quasi unanime des médias, les politiques britanniques n'ont pas tardé à désigner la Russie comme responsable de cette «attaque contre le Royaume Uni» et ont expulsé 23 diplomates russes. Ils ont toutefois rechigné à fournir un échantillon du produit identifié à l'OIAC (Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques), organisme onusien reconnu indépendant, et refusé bien sûr, de le fournir à la Russie, qui proposait son aide aux enquêteurs britanniques. Pourquoi donc ces cachotteries ?

 

En première impression, cette affaire ne paraît pas bien nette. L'hystérie politico-médiatique

immédiate fait étrangement penser à l' «orchestration» de l'affaire des armes de destruction massive de Saddam Hussein de 2003, mais pas que..... Une hystérie semblable avait régné pendant 6 semaines lors de l'affaire de Timisoara (Roumanie) en 1989, lors de l'affaire des couveuses dont les méchants soldats de Saddam arrachaient les nourrissons en 1990, lors de l'affaire des gaz de la Goutha en 2013. Toutes ces affaires ont été reconnues, à postériori, comme des mensonges destinés à fournir des prétextes (faux évidemment) pour s'ingérer militairement dans les affaires d'un état et en faire tomber le gouvernement.

 

2 - La Russie est-elle coupable ?

Le président Poutine est tout sauf un imbécile. C'est du moins ce qu'en disent tous ceux, politiques ou journalistes occidentaux, qui l'ont rencontré.

Ce président est aujourd'hui fortement occupé par une série de défis ou de crises à résoudre de portée mondiale: la crise ukrainienne, la crise syrienne, la crise nord coréenne, la crise de l'accord nucléaire iranien, l'élection présidentielle russe à laquelle Poutine s'est porté candidat, la coupe du monde de football organisée par son pays en Juin prochain.....etc....etc...

Est-il seulement envisageable que cet homme très occupé décide, à 16 jours de l'élection présidentielle russe et alors qu'il est déjà sous très forte pression occidentale sur l'affaire de la Goutha (Syrie), d'éliminer un ex-espion qu'il a lui-même libéré en 2010 et qui ne représente plus aucune menace pour la Russie depuis bien longtemps ? Surtout en connaissant à l'avance l'hystérie politico-médiatique occidentale qui s'exercerait à l'encontre de son pays..... et pourquoi choisir ce moment ?

Ma réponse est non: cette hypothèse n'a pas une once de crédibilité et décrédibilise même complètement ceux qui la privilégient et qui nous prennent pour des imbéciles. (Politiques et médias)

Est-il envisageable qu'un service officiel russe ait échappé au contrôle de Poutine pour régler le compte de cet ex-agent sans en référer à Poutine, à ce moment précis, juste avant la présidentielle russe et de manière aussi voyante ? Ma réponse est non : Le chef de service aurait été suicidaire compte tenu des conséquences politico-médiatiques prévisibles .....

 

Est-il seulement envisageable que de «méchants hommes de main russes du FSB» aient laissé leur «proie» agoniser sur un banc, près d'un centre commercial en pleine ville de Salisbury au vu et au su des passants ?

Ma réponse est une nouvelle fois non : S'ils avaient voulu éliminer Skripal, les services spéciaux russes l'auraient fait proprement, au moment opportun et l'on aurait jamais retrouvé le corps. Alors que Skripal était libéré depuis 8 ans, ils n'auraient pas choisi de le faire à 16 jours de l'élection présidentielle russe de 2018.

La piste russe ne tient pas la route : pas de mobile, mauvais choix de date, très mauvaise exécution du «travail»... sous estimation trop flagrante de l'intelligence de Poutine.

 

En revanche, il n'est pas exclu que ce meurtre ait été commandité auprès d'une mafia quelconque

comme il en existe beaucoup dans tous les pays européens. L'habileté suprême du commanditaire aurait alors été de choisir une mafia ukrainienne ou russe évidemment..... (celles ci sévissent dans tous les pays occidentaux).

 

3 – Si la piste russe officielle est éliminée, et compte tenu de l'hystérie russophobe politico-médiatique qui a suivi, il faut en conclure que nous avons faitl'objet d'une tentative de manipulation visant à susciter une réaction de l'opinion publique russophobe, visant aussi à accroître le niveau de tension entre l'union européenne et la Russie et visant, peut être même, à préparer l'opinion à des sanctions plus sérieuses pouvant progressivement dégénérer vers un affrontement armé.

 

Quel commanditaire étatique pourrait, aujourd'hui, avoir des raisons d'en vouloir à la Russie et la

capacité d'agir tant sur le terrain, que sur les sphères politiques et médiatiques britanniques pour obtenir les résultats que nous observons aujourd'hui ?

Trois états au monde pourraient remplir ces conditions.

Le premier est incontestablement Israël : 

Sur le théâtre syrien, la solide alliance qui lie actuellement la Russie à la Syrie de Bachar El Assad, à l'Iran et au Hezbollah est de plus en plus mal perçue en Israël. Il suffit de lire la presse israélienne pour s'en convaincre. C'est en raison de cette alliance dont la Russie est le maillon fort que le plan israélo-US de démembrement de la Syrie, prélude au remodelage du Moyen Orient n'a pas encore pu aboutir après 7 ans de guerre.

 

 

Les multiples visites de Netanyahu à Poutine pour le convaincre de lâcher l'Iran et la Syrie n'ont jamais réussi à faire fléchir ce dernier. Il conviendrait donc d'agir et d'accroître la pression sur lui pour le contraindre à lâcher du lest.

Israël dispose, par le biais d'une diaspora riche et puissante et de nombreux sayanims, d'une influence considérable et d'une capacité d'action dans le monde entier mais plus particulièrement aux États-Unis, au Royaume Uni et en France, pays dans lesquels il contrôle les médias les plus influents, la politique étrangère et même, à un certain degré, les chefs d'état. Israël a facilité l'élection de certains chefs d'état par le biais de financement de campagnes électorales par la diaspora et/ou par l'appui des médias que celle-ci contrôle.

Son service de renseignement, le Mossad, ne recule devant rien d'autant qu'il se sait aujourd'hui soutenu dans le pays où il opère, tant au niveau politique que médiatique.

Si l'on considère l'ampleur du contentieux qui oppose aujourd'hui la Russie à Israël, pays tourné vers l'action et disposant d'une grande capacité d'exécuter ou de commanditer tout type d'opération secrète sur tout territoire, on ne peut pas exclure une piste israélienne.

 

2 - Les Etats Unis ont, eux aussi, d'excellentes raisons d'en vouloir à la Russie et les capacité

d'agir. Il est clair que la Russie de Poutine porte de plus en plus ombrage à la domination US sans partage du monde, souhaitée par les néoconservateurs qui ont manifestement repris la main sur la politique étrangère US. Sur la plupart des points chauds du globe, la diplomatie russe très active et brillante de Lavrov met en difficulté, voire l'emporte sur la diplomatie US d'autant qu'elle est soutenue par des forces armées de plus en plus actives et efficaces. La réussite des blocs BRICS-OCS sous la houlette de la Chine et de la Russie devient si inquiétante que ces deux pays ont été placé en tête de liste des menaces dans la dernière «Stratégie de Défense US 2018».

Par ailleurs, l'alliance entre la Russie et l'Iran et les bonnes relations entre la Russie et la Turquie font perdre progressivement aux USA le contrôle du Moyen Orient, ce qui met en péril la défense du 51ème état de l'union : Israël. Il n'est plus un secret pour personne que la politique étrangère US et la CIA sont aujourd'hui sous contrôle quasi exclusif de l'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) ou de ses affidés. 

Les États-unis veulent aussi, et peut être surtout, éviter voire interdire tout rapprochement entre son principal vassal, l'UE, et la Russie. Ils veulent, en particulier, interdire, avant qu'il ne soit trop tard, la réalisation du gazoduc north stream 2 qui faciliterait l'acheminement d'un gaz russe moins cher pour l'UE mais qui nuirait à leurs propres intérêts gaziers.

 

Bref, mettre un maximum de pression sur une Russie trop forte et, selon les néoconservateurs US,menaçante, est dans l'intérêt immédiat des États-Unis. Créer une crise majeure entre l'UE et la Russie est aussi d'un intérêt majeur pour les USA. Un «montage» anti-russe avec la complicité active du Royaume-Uni (politiques et médias) est un jeu d'enfant d'autant que ces deux larrons ont quelques précédents à leur actif.....(armes de destruction massives en Irak). S'ils étaient malins, ils auraient pu rajouter au scénario de l'enquête criminelle, quelques enregistrements de conversations téléphoniques, en langue russe, entre les assassins présumés. Leurs accusations anti-russes en auraient été renforcées.....

Les États-Unis peuvent donc incontestablement être mis sur la liste des suspects 

 

3- La «perfide» Albion, surnom fort bien porté par le Royaume-Uni, compte tenu du nombre de coups tordus qu'elle a pu monter dans l'histoire, ne manque pas, elle aussi, de mobiles pour avoir conçu et exécuté un tel montage sur son territoire.

Les services de Theresa May pourraient avoir agi comme poisson pilote des USA ou plus directement d'Israël. L'ambassade de l'état hébreu à Londre a, en effet, des connections et une influence extrêmement fortes sur la politique et les médias britanniques. Il faut rappeler que le Royaume Uni dispose de la 3ème communauté la plus importante de la diaspora après les USA et la France. Allié fidèle des États-Unis, le Royaume-Uni n'a jamais su leur refuser un service.

 

Par ailleurs, Theresa May plutôt mal élue, sait fort bien qu'instiller la peur de la Russie est

traditionnellement favorable aux conservateurs. Elle a aujourd'hui grand besoin d'un rassemblement de son opinion publique face à «un ennemi commun» fût-il imaginaire. Cette affaire Skripal vient à point nommé pour renforcer la cohésion nationale.

 

La piste «Royaume Uni» agissant pour son compte où pour le compte d'un état tiers n'est donc pas totalement à exclure.

 

*

 

Quelles conséquences faut-il attendre de cette farce politico-médiatique ?

Pour la Russie, il est probable que le score de Poutine à l'élection présidentielle soit meilleur qu'il ne l'aurait été sans cette affaire. Quand un pays se sent menacé, les électeurs se rassemblent autour d'un homme fort et expérimenté, et Poutine est incontestablement cet homme pour les russes.

Bien sûr, de nouvelles sanctions seront peut être prononcées, creusant un peu plus le fossé qui nous sépare de la Russie, à la grande satisfaction des USA. La russophobie chronique d'une partie de notre élite politique néoconservatrice va pouvoir, avec l'aide des médias mainstream, se répandre un peu plus dans la partie non négligeable de l'opinion publique qui ne cherche pas à approfondir et que l'on gave, à longueur de journée, avec des reportages et informations bidons.

La Russie, déjà sous sanction, s'organisera toujours un peu plus, à l'écart de l'Union Européenne avec les pays, toujours plus nombreux, qui lui font confiance.

L'union européenne se tirera, une fois de plus, une balle dans le pied, en perdant tout ou partie de ses positions dans un pays aux grandes potentialités, à la plus grande satisfaction de nos amis américains qui continueront, sans vergogne, à nous imposer l'extraterritorialité de leur législation.

 

En conclusion, je me garderai bien de désigner le coupable que nul ne connaîtra jamais.

Je me contente très simplement de constater que la piste d'une Russie commanditaire d'une tentative de meurtre aussi mal exécutée et à un moment aussi mal choisi n'est pas crédible et qu'une bonne partie de l'opinion publique européenne le sait déjà.

 

Si le ridicule tuait, nous aurions perdu Madame May, monsieur Boris Johnson et surtout monsieur

Williamson, le ministre UK de la défense qui, lui, malgré ou à cause de sa jeunesse, a toutes les qualités d'un «fou-furieux». Il reste à espérer que les autorités françaises ne les suivront pas trop longtemps et avec trop d'entrain sur la voie des «fake accusations».

 

Je constate aussi que de bonnes raisons existent, pour certains états, d'avoir réalisé un tel montage, d'autant qu'ils n'en seraient pas à leur coup d'essai (USA, Royaume Uni)....

Quelques commentateurs de ce texte crieront bien sûr à la «théorie du complot», mais ayant vécu, de l'intérieur du «système», des mensonges d’état relayés par des médias bien subventionnés, je reste tout à fait serein face à ce genre d'attaques dont je connais parfaitement les auteurs.

A chacun, bien sûr, de se faire sa propre opinion sur l'affaire Skripal. La mienne est faite.

 

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Affaire Skripal... ou opération Artichok ?

...par Philippe Huysmans - le 18/03/2018

LE ROYAUME-UNI, EN BUTTE À SES TURPITUDES ÉCONOMIQUES, ET SUIVANT LA DÉCONFITURE EN RASE CAMPAGNE DE SON SUZERAIN AMÉRICAIN DANS SES PROJETS DE « REGIME CHANGE » AU MOYEN ORIENT, VEUT, PLUS QUE JAMAIS, FAIRE TAIRE TOUTE VOIX DISSIDENTE... AVEC EN LIGNE DE MIRE LA CHAÎNE RUSSIA TODAY, QUALIFIÉE PAR THERESA MAY D'OFFICINE DE PROPAGANDE DE L'ÉTAT RUSSE.

Source : google street viewTout commence le 4 mars dernier, quand au sortir d'un restaurant italien, situé sur Castle Street, à Salisbury, un ancien agent russe — en fait un agent double — et sa fille, sont retrouvés inconscients sur un banc, à une trentaine de mètres de là. Immédiatement, les autorités envisagent un empoisonnement, suivent la piste d'un agent innervant de la famille des novichoks, et à peine quelques jours plus tard, désignent comme coupable la Russie de Vladimir Poutine avant de monter d'un cran hier, et d'impliquer directement la responsabilité personnelle du président russe dans cette agression.

« Il y a deux erreurs par rapport à la théorie du complot. La première c’est d’en voir partout et la deuxième c’est de n’en voir nulle part » (Frank Lepage)

À quelque chose malheur est bon, dit-on, et il se trouve que cette affaire, est un cas d'école en matière de coup monté aux fins de propagande. C'est ce que je me propose de vous démontrer, sans avoir à faire appel à des théories nébuleuses ou des références aussi rares qu'invérifiables en la matière, s'agissant de produits tellement secrets que personne ne sait exactement s'ils ont jamais existé. D'autre part, et il convient de ne pas perdre tout ceci de vue, toute cette histoire se déroule littéralement dans un mouchoir de poche, et comme nous le verrons, aucun des protagonistes ne peut être immédiatement écarté de la liste des instigateurs eux-mêmes.

Dans lequel on rappelle quelques évidences

  • Corpus delicti : Pour qu'il y ait crime, il faut d'abord qu'il y ait une ou plusieurs victimes. C'est étrange de devoir rappeler ceci, mais sans mort, pas de crime. Or en l'espèce, personne n'est mort, que je sache. C'est d'autant plus étrange quand on évoque un poison dix fois plus létal que l'agent VX — pourtant réputé comme étant l'agent le plus toxique jamais produit. Petit clin d'oeil en passant, l'agent VX a été inventé par les Anglais au plus fort de la guerre froide, en 1952, puis synthétisé et produit à Porton Down, située à moins de dix kilomètres de Salisbury. Les médias ont pris un malin plaisir, ces derniers jours, à suggérer par tous les moyens que les Skripal seraient, en fait, morts des suites de l'empoisonnement mais il n'en est rien. Aux dernières nouvelles, ils sont dans un état « critique mais stable », ce qui est légèrement... ridicule, en raison de la nature même du supposé poison.
  • Drôle de poison : Les agents innervants sont tous, depuis le sarin jusqu'au supposé « novichok » en passant par le VX, des organophosphorés : ils agissent sur la manière dont les influx nerveux sont transmis au système musculaire[1]. D'une façon générale, si un antidote n'est pas administré presque immédiatement, l'issue est fatale, même à des doses infimes. Cet antidote prendra le plus souvent la forme d'une injection d'atropine, qui est un puissant antagoniste à l'acétylcholine. Ce qui est interpellant, dans le cas de Skripal, c'est qu'on parle d'un homme retrouvé « à l'agonie », présentant tous les symptômes d'une intoxication aigüe par un agent innervant... qui se serait subitement retapé au point de pouvoir parler aux enquêteurs avant de sombrer à nouveau ? Soyon clairs : ces poisons tuent en quelques minutes, et lorsqu'ils ne tuent pas, ce qui reste, c'est plus ou moins un géranium. Si vous avez ingéré une dose suffisante pour vous plonger dans le coma (qui est l'état qui précède immédiatement la mort), vous êtes fichu, et il n'y a aucune chance de vous retrouver en état « critique mais stable ».
  • Agent... russe : il n'est pas inutile de préciser, parce que les médias s'en gardent bien, que Sergeï Skripal, s'il était bien un agent russe (il avait le grade de colonel du GRU - le renseignement militaire), a trahi son pays, et était un agent double pour le compte des services secrets de Sa Gracieuse Majesté, le MI6[2]. À ce titre, le dépeindre comme « ancien agent russe » est trompeur, c'est bien, aux dernières nouvelles, un agent britannique.

Pourquoi ça ne tient pas la route

On se trouve face à une véritable caricature, ou plus rien n'a plus de sens, sitôt que vous essayez d'admettre ou de comprendre la version telle que présentée par le gouvernement britannique. C'est donc un excellent exercice de debunking que chacun peut réaliser lui-même, il suffit d'avoir deux sous de bon sens.

  • Cui bono : la première question que doit se poser tout enquêteur amené à résoudre une affaire criminelle... À qui profite le crime ? J'ai beau me retourner le ciboulot dans tous les sens, je ne vois pas quel avantage opérationnel ou ne serait-ce que de « prestige » la Russie aurait pu tirer de l'élimination de Sergeï Skripal, et encore moins de sa fille. Il faut tout de même se rappeler que les autorités russes, lorsqu'elle se sont aperçues de la trahison de Skripal, l'ont arrêté, jugé, et condamné à 13 ans de prison. Ils l'avaient donc « sous la main », et s'ils avaient souhaité le laisser au trou, ils auraient parfaitement pu le faire. Et s'ils avaient souhaité s'en débarrasser, quoi de plus simple que de le « suicider » discrètement dans sa cellule ? L'intéressé avait été interrogé après son arrestation, et ce qui intéressait surtout le FSB, c'était la teneur des informations que Skripal avait révélées au MI6. Il est parfaitement évident que Skripal ne savait rien de plus qui aurait pu mettre en danger la vie ou la position d'autres agents russes, sans quoi jamais Dimitri Medvedev n'aurait permis qu'il fît l'objet d'un échange.
  • Signature : on ne signe un crime que lorsqu'on est sûr de son impunité, ou pour terroriser d'éventuels opposants, comme les narcotrafiquants le font régulièrement en Colombie, par exemple. Dans ce cas-ci, choisir une « arme » qui ne pourrait provenir que de l'arsenal des services secrets russes équivaudrait à laisser sur le cadavre la carte de visite de Vladimir Poutine. L'histoire nous montre que lorsque les services secrets veulent éliminer un opposant, ils choisiront au contraire des méthodes plus simples, susceptibles de ne pas éveiller l'attention des enquêteurs et des médecins : accidents domestiques, accidents de la circulation, arrêt cardiaque, bref, tout ce qui mènera à un diagnostic de mort naturelle ou accidentelle.
  • Les preuves : aucune preuve d'utilisation d'un agent innervant n'a à ce jour été communiquée par les autorités britanniques. C'est le laboratoire de Porton Down (militaire) qui a identifié le produit, ce sont les autorités britanniques qui ont mené l'enquête, et c'est le NHS qui a pris en charge les « victimes ». Comme déjà dit, tout cela se passe dans un mouchoir et les seuls à avoir eu accès aux « preuves » sont les mêmes qui accusent la Russie — voire le président russe lui-même — sans avancer le début du commencement d'un élément probant pour étayer leurs accusations. Or s'il me souvient, la charge de la preuve revient toujours à l'accusation. Dans ce cas-ci, au contraire, on en arrive à décréter que l'absence d'aveu de culpabilité de la Russie prouve « en soi » sa culpabilité, en faisant comme si on ne se rendait pas compte qu'il s'agit d'une logique circulaire. Il fallait oser.

Un complot

Ce qui suit est mon opinion personnelle. On me fera remarquer que je n'ai aucune preuve de ce que j'avance, je répondrai qu'à ce jour, le gouvernement britannique n'a fourni aucune preuve de ce qu'il avance non plus. On est priés de les croire... Ou pas.

Pour qu'il y ait complot, il faut qu'il y ait des conspirateurs, un mobile, des moyens, et l'occasion :

  • Les conspirateurs : pas besoin qu'ils soient bien nombreux, une demi-douzaine suffit, issus du gouvernement de Theresa May, du MI6, sans parler de Skripal dont on peut imaginer qu'il a une dent contre l'État russe.
  • Un mobile : faire retirer la license d'exploitation de Russia Today par l'Ofcom, de telle manière que le gouvernement lui-même n'aura pas à se salir les mains.
  • Les moyens : presque rien, une petite mise en scène autour d'un banc public, on ajoute les enquêteurs habillés en combinaison NBC pour faire joli et il ne reste qu'à faire monter la mayonnaise.
  • L'occasion : l'affaire étant simplissime à orchestrer, elle pouvait être déclenchée n'importe quand.

Voyons un peu comment cette théorie passe le crible qui nous avait été si obligeamment fournipar le gouvernement français lui-même ?

Question Réponse
1 Phénomènes surnaturels ou paranormaux, formes de vie extraterrestre, ovnis ? Non
2 Action d'une société secrète dont l'existence n'est actuellement pas prouvée Non
3 Conspiration mondiale impliquant l'intégralité des membres d'une communauté religieuse ou nationale Non
4 Conspiration dont les origines remontent à plusieurs décennies, voire plusieurs siècles (et qui n'a, depuis, jamais été démontrée) Non
5 Est-elle vraisemblable ou cohérente. Est-elle plus efficace qu'une autre explication Oui
6 Repose-t-elle sur une source d'information réputée pour son sérieux, sa rigueur, et qui n'a, a priori aucun intérêt politique, idéologique ou personnel à défendre cette hypothèse Neutre, j'aime à croire que oui
C L'hypothèse d'un complot ne peut raisonnablement être écartée. Oui

Force est de constater que l'hypothèse d'un complot est parfaitement plausible, au contraire des accusations, qui ne tiennent pas la route, et constituent de fait une théorie du complot nettement plus difficile à croire encore.

Véritable objectif du gouvernement britannique

L'objectif ultime, en toile de fond, c'est de mettre au silence la chaîne de télévision Russia Today, qui vient régulièrement mettre à mal la propagande du gouvernement, que ce soit dans le dossier syrien, les supposées ingérences russes dans les élections américaines, ou d'autres sujets sensibles. Mais comme elle l'avait si bien dit devant la Chambre des Communes, Theresa May ne peut prendre pareille décision sans que celle-ci ne soit vue comme totalement anti-démocratique. Ainsi, il s'agit de faire pression sur le régulateur de radiodiffusion, l'Ofcom, afin qu'il retire lui-même la licence accordée à RT.

Déclaration concernant RT | 13 mars

Suivant le discours du premier ministre à la Chambre des Communes, hier, l'Ofcom a déclaré qu'il examinerait les implications pour les licences de radiodiffusion de RT après avoir entendu les déclarations ultérieures du premier ministre.

En tant que régulateur indépendant de radiodiffusion du Royaume-Uni, l'Ofcom a un devoir permanent de s'assurer que les attributaires de licences restent aptes et adéquats à les conserver.

Nous avons écrit ce jour à ANO TV Novosti, titulaire des licences de diffusion de RT UK, qui est financé sur le budget de la Fédération de Russie. Cette lettre expliquait que, si l'enquête des autorités britanniques devait conclure à un usage illégal de la force par l'État russe à l'encontre du Royaume-Uni, nous considérerions ceci comme pertinent dans le cadre de notre devoir d'évaluation continue des critères auxquels RT doit satisfaire (fit & proper).

La lettre à RT précisait que nous mènerions notre propre évaluation indépendante des critères selon une procédure accélérée, et que nous écririons à RT sous peu pour préciser les détails de notre évaluation.

Vous aurez remarqué que c'est pour le moins étrange, un régulateur de radiodiffusion qui réévaluerait les conditions d'octroi de la licence de RT, non plus sur les critères du « fit & proper » (apte et adéquat), mais sur base de motifs politiques, sous la pression du gouvernement, et ce, sans autre élément au dossier que les accusations portées par ce même gouvernement.

Une petite note d'optimisme pour terminer

La décision de retirer la licence de radiodiffusion de RT ne peut être vue autrement que comme une censure pure et simple d'un média qui est vu comme une épine dans le pied par les gouvernements occidentaux. Nul doute que la France, dans la foulée, essaiera de jouer l'argument de « la solidarité face à l'agression scandaleuse bla bla... » pour entamer auprès de son propre régulateur, une procédure similaire. Ceci expliquerait le brutal revirement du président Macron qui, le matin déclarait que le dossier n'était étayé par aucune preuve, et l'après-midi, publiait un communiqué commun dénonçant les « comportements russes irresponsables ».

Et inévitablement, cela fait quelque peu couler le masque de la démocratie bienveillante, du sacro-saint respect de la liberté d'expression. Et forcément, ça va se voir.

 

Source : https://www.levilainpetitcanard.be/articles/actu/affaire-skripal-ou-operation-artichok_892641257

 

Notes

[1] Les organophosphorés (OP) sont des toxiques létaux, à action systémique prédominante, dont le mécanisme d'action principal est de bloquer la dégradation de l'acétylcholine au niveau des synapses cholinergiques par inhibition irréversible des cholinestérases, d'autres mécanismes encore mal connus aggravant cette toxicité. SOURCE : URGENCES-ONLINE

[2] Skripal - Treize ans de prison pour « haute trahison » : Pour son pays d’origine, Skripal est un traître. La séquence filmée de son arrestation en décembre 2004, par des hommes en civil, le montre hagard et anxieux. Il y a de quoi. L’ex-officier supérieur reconnaît avoir, jusqu’en 1995, transmis des informations au MI 6 (le service de renseignement extérieur britannique) sur les taupes russes infiltrées en Occident. Verdict : une condamnation à treize ans de prison pour « haute trahison ». Mais la vie en général, et celle de l’espionnage, en particulier, est inventive…

En 2010, alors que Skripal purge sa peine, dix agents dormants russes sont démasqués aux Etats-Unis, des « illégaux » parfaitement intégrés dans l’American way of life. Parmi eux, Anna Chapman, mariée au fils d’un homme d’affaires britannique et installée à New York. Comme au temps de l’affrontement Est/Ouest, le scandale débouche sur un échange d’agents. En juillet de cette année-là, à Vienne (Autriche), sur le tarmac d’un aéroport surchauffé, les dix agents russes expulsés des Etats-Unis (dont Chapman) sont remis à leurs autorités, contre trois de leurs compatriotes (dont Skripal), soupçonnés d’avoir renseigné l’Occident.


How does one respond to repeated lies?

...par Jean-Luc Baslé - le 17/03/2018.

 

Jean Luc Basle (former Citygroup-New York CEO)

 

The Skripal Affair is a sham, as is Russiagate. How should Russia respond ?

It has chosen the high road. Its foreign minister, Sergei Lavrov, asked the United Kingdom for samples of the substance used to poison Sergei Skripal and his daughter. Under the Chemical Weapons Convention, the United Kingdom is obliged to supply the samples. Prime minister, Theresa May, refused.

 

Noting that Russia got a similar reaction in the Litvinenko poisoning case in 2006, Lavrov

dismissed the affair as “nonsense”. This will not do. On March 14th, Theresa May expelled 23

Russian diplomats, and on May 15th, the United States, the United Kingdom, France and Germany

issued a joint statement characterizing the poisoning as “an assault on UK sovereignty”. This is a

strong statement by four of the most powerful signatories of the Atlantic Treaty. Under the

Alliance’s Article V, any attack on one country is considered an attack on all. The joint statement is alluding to this article. It goes on to state that it is “highly likely that Russia was responsible for the attack”.

 

The phrasing is interesting in that it implies that Theresa May does not have any evidence

to corroborate her accusation. This raises a question: how can she garner the support of the

United States, Germany and France? She can, because the Skripal Affair is the continuation of

Russiagate in another country. There is no more evidence in the Skripal Affair than there is in

the Russiagate file.

 

Russia is the only country which counters the United States at the periphery of its empire,

namely in Eastern Europe and the Middle East. It follows that it must be subdued. If it is,

Washington’s dream of world hegemony becomes possible. Russia is the object of a defamatory

campaign orchestrated by the intelligence agencies with the complicity of main stream media.

It began shortly after Vladimir Putin’s speech at the Munich Conference in 2007 when he stated his vision of the world. Since then, he has been compared to Hitler, demonized, and humiliated in

numerous occasions. Senator John McCain believes Russia is “a gas station masquerading as a

country”. That’s what the “nonsense” is all about. It is about provocation. It is about forcing

Russia to make mistakes to further isolate it. In this tit for tat game, the United States has the

upper hand. It can slowly increase the pressure without ever taking a drastic step. It can apply

pressure politically, economically and financially. Since the collapse of the Soviet Union, NATO

moved to Russia’s borders, anti-ballistic missiles have been installed in Poland and Rumania.

Washington plotted the coup which installed Petro Porochenko as president of Ukraine, and it

applied economic sanctions after Russia took over Crimea.

 

But, what if the Kremlin does not take the bait? What if it dispels these manoeuvers as 

nonsense ? The United States will go on increasing the pressure until Moscow makes a blunder,

allowing Washington to take drastic actions to strangle the Russian economy.

 

In this game, Russia is the underdog. If it reacts, as it did in Ukraine by annexing Crimea

after the overthrow of the government, it will be pilloried on Western mass media and subjected to economic sanctions. If it doesn’t, its absence of reaction will be understood as a sign of weakness.

In some instances, it may be powerless. What can it do if Washington freezes its dollar assets ?

Nothing.

The United States has a whole array of measures it can take. Russia only has one : its nuclear

deterrence. Pretty drastic, and pretty dangerous too.

- Suppose the US miscalculates Russia’s reaction and goes one step too far.

- Suppose it decides to cut off Russian banks from SWIFT – the electronic transfer payment system connecting all banks around the world – a vital tool in international trade and banking. - ---- Suppose further that Russia demands that Washington backs down.

What will happen then? Was Washington listening when this January at Davos, Andrey Kostin, head of VTR, a major Russian bank, spoke of “a declaration of war” if Russian banks were banned from using SWIFT ? Who doubts Andrey Kostin is Vladimir Putin’s voice ?

 

In Saint-Petersburg in 2016, Vladimir Putin told Western reporters: “How can you not

understand that the world is being pulled in an irreversible direction ?” On March 1st, he told

representatives of the Russian Federation that Russia now has hypersonic missiles which render the American anti-ballistic missiles obsolete. In effect, he was telling American and European decision-makers that he is in a position to launch a surprise attack. He invited his Western counterparts to seat down at the negotiating table to draw a peace treaty. There has been no official reaction in the United States, but American media dismissed his speech as a hostile bluff.

 

The Skripal Affair is nonsense, indeed. It could turn into a tragedy. You can poke a bear

so many times...

 


L'affaire "Skripal"

Alors que l’enquête de Scotland Yard ne fait que débuter, le gouvernement de Theresa May a déjà trouvé et dénoncé le coupable : la sauvage Fédération de Russie et son dictateur Vladimir Poutine. Tout en effet porte à le croire, sauf si l’on connaît l’histoire du novitchok : au moins le gentil Royaume-Uni et les pacifiques États-Unis devraient pour les mêmes raisons figurer sur la liste des premiers suspects.

 

Réseau Voltaire le 18/03/2018.

http://www.voltairenet.org/article200205.html

 

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Les faits sont simples : le 4 mars 2018, Sergueï Skripal et sa fille ont été victimes à Salisbury (Royaume-Uni) d’un empoisonnement par une substance neurotoxique. Reste à savoir comment, par qui et pour quel motif.

 

Selon les allégations britanniques, il s’agit d’une intoxication par un neurotoxique organophosphoré de 4ème génération de type « novitchok » (новичок en russe : petit nouveau) d’origine soviétique, commanditée par l’État russe. Celui-ci nie toute implication.

L’analyse qui suit tente de vérifier sinon l’exactitude du moins la plausibilité de la thèse britannique et d’hypothèses alternatives.

 

La Convention sur les Armes Chimiques signée en 1993 par la plupart des pays qui en produisaient stipule l’arrêt de toute production de ces armes, le démantèlement des laboratoires de recherche et de tests ainsi que la destructions des stocks existants.

Au moment de la signature de la convention, les produits de la classe « novitchok » sont donc les derniers, les plus secrets. 

Jusqu’à 80 fois plus puissant que le gaz sarin des années 30, le Novitchok-5, mortel à des doses de moins de 10 mg, est un système binaire dont les deux précurseurs relativement peu toxiques sont mélangés au moment de l’application par inhalation ou contact cutané ou muqueux. Cela suppose, dans le cas d’un usage rapproché, un système sophistiqué pour éviter tout risque pour l’agresseur.

Par exemple, l’une des deux femmes impliquées dans l’assassinat du demi-frère de Kim Jong-un en 2017 à Kuala Lumpur aurait présenté des signes d’intoxication au VX utilisé (neurotoxique d’origine britannique 8 foins moins puissant que le novitchok).

 

L’utilisation impérative de scaphandres autonomes, en matériel spécifiquement imperméable vus à la télévision lors de l’inspection d’un site supposé contaminé témoigne de la dangerosité du produit. La fabrication et l’utilisation sont ainsi rendues assez délicates pour être hors de portée de non-spécialistes entraînés. Ils ne se trouvent, jusque dans les années 2000 que dans des sites situés sur le territoire de républiques ex-soviétiques et sous contrôle de Moscou, responsable légal du démantèlement sur tous les sites.

Ces faits semblent justifier les accusations britanniques désignant la Russie, comme seule coupable possible et partant, leur sommation de dévoiler soit la violation de la convention par l’État russe, soit l’explication d’une possible perte de contrôle.

Cette logique basée sur une apparente évidence souffre de plusieurs biais de taille.

 

1. Les laboratoires gouvernementaux chargés d’accompagner le démantèlement et la décontamination des sites de production et de test des armes chimiques, sont maintenus en activité après l’achèvement de ces travaux afin de pouvoir entre autre identifier des agents illégaux et décontaminer les sites d’attentats. Ils disposent en toute légalité de petits stocks de toxiques de toutes origines ainsi que de leurs formules et mode de production, sinon du savoir-faire de leur application en situation réelle. Un exemple est celui de Porton Down à 15 kilomètres de Salisbury.

 

2. Dans les années 2000, l’application sur les sites de l’ex-Union soviétique des termes de la Convention sur les Armes Chimiques a été compliquée par la situation chaotique qui a suivi l’effondrement de l’URSS et par l’indépendance de républiques qui abritaient des centres de recherche, de production et de test. Le Département de la Défense des USA en plein accord avec la Russie, a dépensé des fonds importants à hauteur de centaines de millions de dollars pour assister ce travail. Le DOD a notamment participé activement au démantèlement du site de développement et de tests de Noukous, dans l’Ouzbékistan occidental proche de la frontière turkmène et du désert laissé par la mer d’Aral asséchée, où se trouvait le centre exclusif des tests du Novitchok-5.

Convaincus des risques croissants de l’ex-URSS dans le domaine de la sécurité de ses installation, les normes US en la matière ont été implémentées et les spécialistes US ont accompagné leurs homologues russes dans leurs travaux pratiques de démantèlement. Des spécialistes russes ont participé à des cours, des rencontres et des séminaires aux USA où réside d’ailleurs le Dr. Vil Mirzayonov depuis 1992, année au cours de laquelle il a dénoncé en tant que directeur au département de recherche sur les armes chimiques, l’état des avancées soviétiques en la matière. Cela lui a valu d’être limogé et brièvement emprisonné avant de fuir vers les USA où il a collaboré avec ses homologues US.

 

Ces faits permettent de conclure avec un niveau de confiance proche de la certitude absolue, que les USA ont la documentation exhaustive permettant de produire et maîtriser un novitchok soviétique à l’identique avec ses systèmes d’application grâce à toute la documentation attenante, en particulier les conditions des tests effectués sur le site. Le même degré de certitude peut s’appliquer au fait qu’ils en possèdent des charges originales avec différents systèmes d’application recueillis à l’époque pour en étudier la décontamination.

 

L’attentat sur les personnes de Sergei Skripal et de sa fille Youliya peut être qualifié sans qu’il soit permis le moindre doute, de provocation et non de simple exécution. Quel autre sens peut avoir une attaque avec une arme extraordinairement sophistiquée, pas assez discrète pour échapper à la sagacité des enquêteurs et dont l’origine russe ne peut pas être niée.

L’accusation portée par les Britanniques sous-entend une provocation russe. En effet, l’usage classique des toxiques —inédits par les services secrets— était guidé par la recherche de la discrétion. Nul ne peut ignorer que l’époque où les neurotoxiques étaient indétectables est révolue. Leur usage étant actuellement rapidement identifié, il ne peut que porter le message : « Tremblez ennemis, l’État russe peut frapper qui et où il veut, avec des armes terrifiantes ! ». Il méprise le droit international et est indifférent à l’étiquette d’État-voyou qui ne manquera pas de lui être attribuée.

 

Cette hypothèse suscite plusieurs questions :

Bien que l’État russe ait possédé les substances et le savoir-faire, 

 Pourquoi choisir de violer le droit international à la veille d’un événement mondial, la Coupe du monde de football, auquel la Russie attache une grande importance et a consacré un budget considérable ? 

 Pourquoi choisir d’abattre un agent double débriefé, gracié et retraité depuis plus de 5 ans (délai de carence de voyage à l’étranger pour les employés du FSB) et non un personnage plus représentatif de l’ennemi de l’État russe et de son président ? 

 Si on évoque une perte de contrôle, comment et dans quel but une substance impliquant une signature gouvernementale russe, mais bien gardée et nécessitant des connaissances spécifiques élevées, pourrait être subtilisée et utilisée par un individu ou une association pro-russe mais hors de contrôle de l’État ?

 

En conclusion, l’hypothèse d’une provocation d’origine gouvernementale russe, voire tierce pro-russe se heurte à la question fondamentale du mobile.

Une provocation d’origine russe mais antigouvernementale ne peut être exclue et fait probablement l’objet d’une enquête russe pour laquelle un échantillon fourni par le Royaume-Uni serait nécessaire. Cependant, face aux difficultés et aux risques inhérents au vol du toxique dans un laboratoire hautement sécurisé, ou confronté aux aléas de sa production clandestine et de son utilisation, Il est probable que le choix d’un hypothétique commanditaire extrémiste se porterait d’emblée sur une arme moins sophistiquée, tout aussi illégale et identifiable comme d’origine indubitablement russe.

En revanche l’hypothèse d’une provocation antirusse effectuée par un organe sous contrôle gouvernemental britannique ou US peut répondre à toutes les questions.

 

 Quant au mobile : 

Justifiée ou non, la stratégie politique anglo-saxonne actuelle tend à dénigrer la Russie, en visant son président, évoquant son mépris du droit international et des droits humanitaires, bref de la mettre au ban du « concert des nations ». Cet attentat survenu à la veille d’un événement sur lequel la Russie compte pour redorer son image face au monde entier est de nature à entourer ces manifestations d’une ambiance glauque bienvenue. La seule erreur serait en l’occurrence d’avoir choisi cette mise en scène à la veille de l’élection présidentielle russe qui n’en sera pas affectée, mais laisse quelques mois avant l’ouverture du championnat du monde de football pendant lesquels la situation pourrait échapper aux stratèges.

 

 Quant aux moyens 

Comme évoqué plus haut, il est quasi-certain que les USA disposent d’armes chimiques soviétiques originales. Une collaboration étroite avec le laboratoire britannique de Porton Down est plus que probable. La proximité de ce laboratoire hautement spécialisé dans les armes chimiques du lieu du crime est de nature à faire sourciller les observateurs les plus indulgents.

 

 Quant aux victimes 

Comme pour la Russie, Sergei Skripal ne représente plus aucun intérêt pour les Britanniques dans son domaine de compétences. En revanche il est acceptable dans le rôle de la victime de la vengeance russe. L’atteinte de sa fille accentue l’horreur du crime et le mépris de la vie humaine de la part de son agresseur, personnifié par le président russe.

Cette hypothèse ne s’appuie sur aucune preuve et reste bien sûr à démontrer. Comme dans le cas de la Russie, on ne peut pas négliger la possibilité, même infime, d’une perte de contrôle et d’un acteur non-gouvernemental. Elle a le mérite d’être plausible, d’élargir le champ des possibilités et de permettre de réfuter les arguments qui semblent désigner le gouvernement russe comme seul coupable possible de cet attentat. En effet, cette présomption axée sur l’origine soi-disant exclusive du toxique est réfutable.

 

Les exigences à l’égard du gouvernement russe devraient en toute logique être également adressées aux gouvernements US et britannique pour les mêmes motifs.

 

Sources

- Amy E. Smithson, Dr. Vil S. Mirzayonov, Maj. Gen. Roland Lajoie, (USA Ret.), Michael Krepon : Chemical Weapons Disarmament in Russia : Problems and Prospects. Report No 17, October 1995 ; The Henry L. Stimson Center. 
- Convention sur l’interdiction des armes chimiques, OIAC. 
- Les neurotoxiques organophosporés, par MC Rüttimann et PCP Dorandeu, Service médical des Sapeurs pompiers de Paris, 2003. 
- “The truth about Porton Down”, UK Defence Science and Technology Laboratory, June 27, 2016.

- Déclarations à la presse dont : 
• “Comment by the Information and Press Department on the UN Security Council meeting on Salisbury chemical incident”, Voltaire Network, 15 March 2018. 
• “Britain needs its allies to stand with us against Russia”, by Boris Johnson, Washington Post (United States) , Voltaire Network, 15 March 2018. 
• « Attentat de Salisbury : Déclaration conjointe chefs d’État et de gouvernement de la France, de l’Allemagne, des Etats-Unis et du Royaume-Uni », Réseau Voltaire, 15 mars 2018. 
• « Compte-rendu de la séance du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 14 mars 2018 ». 
• “Permanent Representative of the UK to the Organisation for the Prohibition of Chemical Weapons, on the use of a nerve agent in the UK”, by Peter Wilson, Voltaire Network, 14 March 2018. 
• « Réponse de Sergueï Lavrov sur l’incident de Salisbury », par Sergueï Lavrov, Réseau Voltaire, 14 mars 2018. 
• “Theresa May Commons Statement on Salisbury incident”, by Theresa May, Voltaire Network, 14 March 2018. 
• “Statement by Permanent Representative of the Russian Federation at the 87th session of the OPCW Executive Council on the chemical incident in Salisbury”, by Alexander Shulgin, Voltaire Network, 13 March 2018. 
• « Lettre de Theresa May au Conseil de sécurité sur l’attentat de Salisbury », par Theresa May, Réseau Voltaire, 13 mars 2018.


La punition démesurée que l’Angleterre veut infliger à la Russie doit-elle vraiment nous surprendre ?

....Viktor Marakhovsky  - le 15/03/2018

 

 

On n’a pas attendu d’en savoir long sur le scandale de l’espion russe empoisonné au Royaume-Uni – l’affaire très médiatisée a été immédiatement montée en épingle. Neuf jours seulement se sont écoulés entre l’incident survenu dans la ville de Salisbury et les terribles représailles internationales.

 

Reprenons maintenant notre souffle et revenons sur les épisodes de ce scandale supersonique.

Le soir du 4 mars, près d’une pizzeria dans la campagne britannique, un homme d’âge mûr et une jeune femme ont été retrouvés inconscients. Le 5 mars au matin, tout le monde savait que l’homme était Sergueï Skripal, un ancien colonel du GRU et un ancien espion britannique, et la femme, sa fille.

 

Vingt-quatre heures plus tard, le 7 mars, alors que la police venait juste d’établir que Skripal avait été empoisonné par un « agent innervant » le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson avait déjà fait une déclaration pour dire qu’il y avait là comme un « écho » du meurtre d’Alexandre Litvinenko, et menacer de réagir « avec fermeté » s’il « se trouvait que la Russie était impliquée ».

 

Quatre jours plus tard, le 12 mars, le premier ministre britannique Theresa May annonçait que les scientifiques britanniques avaient identifié le poison : il ressemble au « Novichok » produit en URSS dans les années 1970. Personne d’autre que la Russie n’a la formule de ce poison, a-t-elle dit. Sans attendre, May a posé un ultimatum à la Russie pour qu’elle fournisse une explication complète et exhaustive de l’empoisonnement de Skripal avant le 13 mars à minuit. Et ensuite, a-t-elle dit, nous déciderons si la Russie est le mal incarné ou si elle a tout simplement perdu le contrôle de ses armes chimiques.

Si l’explication n’était pas jugée suffisamment convaincante, l’incident devait être considéré comme l’équivalent d’une attaque contre le Royaume-Uni – avec toutes les conséquences que cela comporte.

 

La Russie, à la surprise générale, n’a pas obtempéré, toutes affaires cessantes, à cette sommation publique et solennelle. Interviewé par la BBC, le président Vladimir Poutine a recommandé au Royaume-Uni de « démêler l’affaire » lui-même avant de déranger une importante puissance nucléaire. Le ministère russe des Affaires étrangères a poliment demandé aux autorités britanniques, conformément à la Convention sur les armes chimiques, de fournir aux autorités britanniques l’accès aux documents de l’enquête, à un échantillon de l’agent innervant et à, au moins, quelques informations concrètes.

 

Le Royaume-Uni a bien sûr totalement ignoré cette demande humiliante de se conformer aux normes internationales.

Pendant ce temps, le monde a découvert que May avait un peu menti. D’une part, la Russie a détruit son stock d’armes chimiques il y a longtemps, en avance sur le calendrier, (contrairement aux États-Unis, qui sont toujours en possession de leurs armes chimiques). Par ailleurs, l’inventeur de l’agent innervant Novichok a émigré aux États-Unis, il y a une vingtaine d’années ; il a publié, il y a 10 ans, un livre dans lequel il décrit les précurseurs de l’agent innervant. La substance est actuellement loin d’être un secret bien gardé. Et ainsi de suite....

 

Pendant ce temps, le Royaume-Uni a reçu des appuis ici et là : les premiers à le soutenir inconditionnellement furent les Tigres baltes et la Pologne (c’est le contraire qui aurait été surprenant !). Un peu plus tard – et moins inconditionnellement – la France et l’Allemagne « ont exprimé leur soutien ». Rex Tillerson, le secrétaire d’État américain, a été le dernier à apporter son soutien à la pauvre victime britannique. Mais c’est sans importance, car il a été congédié quelques heures plus tard.

 

 

Pendant ce temps, le ministère britannique des Affaires étrangères a publié une subtile vidéo de propagande dont l’idée principale était que la Russie voulait « saper l’ordre mondial ».

Comme les sournois cosaques n’ont pas répondu à son ultimatum à minuit le 13 mars, May s’est rendue à son Conseil de sécurité nationale.

 

Et mercredi, le monde a vu ce qu’il a vu.

Les jeux étaient faits : Skripal a été empoisonné par la Russie, a dit May. Nous avons donné à la Russie une chance de s’expliquer, mais elle ne l’a pas saisie. Le fait est que la Russie s’est ingérée partout à l’aide de ses pirates informatiques, ses forces armées et sa propagande (on peut presque entendre les députés s’écrier « sans oublier l’explosion de l’avion MH17 ! ») Il est temps d’apporter une réponse ferme et décisive, a-t-elle fulminé. Nous allons expulser 23 diplomates russes (les députés : « Expulse aussi l’ambassadeur, il s’ingère et influence »). Nous annulerons également l’invitation adressée au ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Notre famille royale ne se rendra pas à la Coupe du Monde et il n’y aura pas de délégation gouvernementale (les députés : « Pourquoi ne pas retirer toute la Coupe du Monde à la Russie ? »). Non, ça, ce n’est pas possible.

 

Mais nous discuterons de notre indépendance énergétique mutuelle avec l’Europe (les députés : « Si Berlin est notre allié, elle doit refuser le Nord Stream 2 ! »). Nous convoquerons une réunion de l’OTAN pour discuter de la question (« Tremble, Russie ! »). On pourrait même commencer à saisir les avoirs de l’État russe en disant qu’ils sont utilisés contre notre pays. L’économie russe n’est que la moitié de la nôtre, affaiblissons-la encore plus (nous sommes curieux de savoir où May a trouvé ces chiffres, étant donné que l’économie russe se monte aux deux tiers de celle du Royaume-Uni en termes de PIB, et que, si l’on prend en compte la parité du pouvoir d’achat, elle est en fait deux fois plus grande que celle de la Grande-Bretagne). De toute façon, avec l’aide du monde entier, nous empêcherons les Russes de nous attaquer.

Applaudissements, ovations, les députés ont leur nouvelle Dame de Fer.

 

Je vous ai résumé les événements, mais je n’ai rien inventé.

 

Et maintenant, voilà mes premières conclusions.

Les internautes du monde entier – de Monsieur Tout-le-monde à Julian Assange – se moquent de May et se demandent quelle preuve elle détient, si même il y en a. Des dessins injurieux et des poèmes insultants circulent sur l’internet russe à son propos. L’Internet britannique, lui, a inventé, pour se moquer d’elle, l’agent innervant « Brexichok » et affirme que May empoisonne le Royaume-Uni avec. Quelqu’un – clairement un valet des Russes – ose demander « pourquoi la Russie empoisonnerait un traître qui a déjà passé plusieurs années dans des prisons russes ? Et pourquoi le faire juste avant les élections russes ? ». Et pour ce qui est de l’enquête, la réponse à toutes les questions est toujours la même : « La Russie sape l’ordre mondial ».

Les dirigeants d’Europe occidentale nous informent courtoisement que c’est très mal d’utiliser des armes chimiques et que la question exige une enquête approfondie et exhaustive. Ils appellent la Russie à y « participer ».

Pendant ce temps, le ministère russe des Affaires étrangères suggère qu’une de ces grandes personnes, s’il y en a encore, lise la Convention sur les armes chimiques et respecte le droit international dans sa communication.

Gazprom a annoncé la fermeture de son bureau de Londres et la cessation de ses activités.

Et, bien sûr, les analystes s’empressent de donner leur avis sur ces deux questions palpitantes, « qu’est-ce que tout cela signifie ? » et « pourquoi se ridiculisent-ils de la sorte ? ».

 

Mais nous, c’est un autre aspect des choses que nous voulons évoquer ici : pourquoi tout le monde est-il sidéré par ces développements ? C’est simple. Le monde est en état de choc à cause de l’écart entre la manière dont il se représentait le Royaume-Uni et la manière dont ce dernier se comporte dans la réalité en ce moment. Si, au lieu du Royaume-Uni, c’était l’Ukraine qui se comportait de cette façon, ou un autre pays que nous considérons tous comme fou, personne n’y aurait prêté attention.

Voilà, c’est tout. Les clichés que nous avons – et qui sont activement véhiculés par la culture de masse britannique – produisent l’image préconçue suivante : les Britanniques sont peut-être réservés, mais à Londres, il y a des dames et des messieurs incroyablement futés, spirituels et caustiques ; secrètement, sans convulsions ni hystérie, mais avec beaucoup d’ironie, ils dirigent le monde.

On vient de voir que la réalité ressemble davantage à Monty Python, avec peut-être en arrière-fond une musique de Benny Hill. La Dame de Fer s’écrie : « Oh my God ! Quelqu’un a empoisonné l’espion ! ». La Dame de Fer se dépêche de lancer un ultimatum. On n’entend plus que les grillons.

La Dame de fer demande à Berlin d’annuler le gazoduc ou à l’OTAN de faire quelque chose. Même les grillons se taisent.

Tout cela nous semble peut-être surprenant, mais c’est tout à fait normal. Il y a dans l’histoire beaucoup d’exemples de peuples qui survivent tant bien que mal au grand pays et à la grande culture dont ils viennent. Par exemple, les Romains de l’Antiquité, grands admirateurs de la culture grecque, ne comprenaient pas pourquoi les Grecs de leur époque étaient si pitoyables ; et Mark Twain a été sidéré par la différence entre l’Italie des opéras et des musées qu’il avait imaginée, et l’Italie qu’il a vue en réalité.

Nous vivons au XXIe siècle, où cohabitent deux Grande-Bretagne : une véritable Grande-Bretagne, où le Premier ministre pique sa crise et raisonne à l’envers – et une autre, une Grande-Bretagne imaginaire, où trônent encore des surhommes en vestons de tweed qui boivent du thé avec distinction et échafaudent de diaboliques conspirations.

 

Traduction : Dominique Muselet

 

Source : http://lesakerfrancophone.fr/la-punition-demesuree-que-langleterre-veut-infliger-a-la-russie-doit-elle-vraiment-nous-surprendre

 

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