Du prestige de l'uniforme

...par Stratediplo - le 13/11/2017.

 

 

  De formation militaire, financière et diplomatique, s'appuie sur une trentaine d'années d'investigations en sciences sociales et relations internationales.

Suite à la publication du livre "Servir" du Général Pierre de Villiers, Guy Adain a écrit pour le blogue Le Colonel de Régis Ollivier un billet (http://lecolonel.net/le-prestige-de-luniforme) qui explique le prestige de l'uniforme par la grandeur et la droiture des hommes qui le portent, et dont les politiciens dépourvus de valeurs prennent parfois ombrage.

 

C'est certainement pour cela que le régime actuel a décidé de briser ce prestige de l'uniforme.

 

Déjà dans les années quatre-vingts on interdit aux officiers affectés ou en mission à Paris d'y porter l'uniforme dans la rue. A la décennie suivante le nivellement égalitariste fit ôter les bandes de commandement ("autoroutes") pour affubler les officiers d'un pantalon de sous-officier, et pour effacer l'attrait de "l'accès à l'épaulette" on remplaça celles-ci par de simples bandeaux de passant, et on y éleva les insignes de grade de sous-officiers subalternes, autrefois portés sur la manche, et même de militaires du rang. Dans les années quatre-vingt-dix on dissuada le port de la coiffure dans les enceintes militaires, et plus tard même à l'extérieur, sans omettre cependant d'ôter au képi son caractère distinctif en le généralisant à tous les personnels de toutes les armes dans toutes les tenues. On jeta la cravate, on effaça la distinction vestimentaire et calendaire entre tenues d'été et d'hiver et on abandonna le cadre sans troupe à son bon-vouloir d'apparence du jour. Puis on interdit aux cadres de réserve de porter la tenue militaire sauf exception, avant même de démilitariser leur statut. Il ne restait plus qu'à bidasser la posture du repos en tenue sur les rangs pour en faire une imposture sans retenue, et à ridiculiser l'aspect général du militaire en lui ôtant le ceinturon de veste, désormais simple accessoire du brelage de combat, afin de lui conférer un aspect débraillé au sens premier du terme, rappelant le pyjama bariolé du soudard statutairement indiscipliné états-unien. On en viendra sûrement à entreposer les brodequins de marche avec le ceinturon et le casque, et les souliers avec le képi et les gants blancs, pour s'embaboucher plus commodément en pantoufles dans les bureaux et en sandales dans les quartiers.

 

On a détruit l'uniforme pour effacer le prestige des hommes grands et droits qui l'endossent.

Source : http://stratediplo.blogspot.fr/2017/11/du-prestige-de-luniforme.html

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