La loi Yadan, dite de «lutte contre
l’antisémitisme» tend à faire de toute critique d’Israël de l’antisémitisme. L’antisionisme serait confondu avec l’antisémitisme, et dire «Free Palestine» pourrait relever de la négation
de l’existence d’Israël.
Le 20 janvier prochain, la Commission des lois de l’Assemblée nationale examinera une proposition de loi «visant à lutter
contre les formes renouvelées de l’antisémitisme», avant une première lecture prévue le 26 janvier 2026 dans cette même assemblée.
Déposée par la députée Caroline Yadan, cette proposition de loi n°575, constitue une nouvelle menace pour la liberté d’expression, la liberté académique et,
plus largement, pour le débat démocratique en France.
Présentée comme une réponse à la montée des actes dits «antisémites», la proposition de loi Yadan s’inscrit en réalité dans un processus plus large de
criminalisation de la solidarité avec le peuple palestinien et de restriction des libertés publiques, en prévoyant plusieurs modifications du droit pénal et du droit de la presse.
Sous couvert de lutte contre l’antisémitisme, en assimilant des opinions politiques à des infractions pénales, et en élargissant dangereusement l’arsenal
répressif, ce texte vise de facto à disqualifier et à faire taire toute critique envers Israël.
En ce sens, la loi Yadan s’inscrit pleinement dans la théorie dite du «nouvel antisémitisme», qui opère un glissement majeur où l’antisémitisme n’y est plus
défini prioritairement comme un racisme visant des personnes ou des groupes juifs, mais comme une hostilité politique à l’égard d’Israël.
«Apologie du
terrorisme»
L’article 1 vise à inscrire dans la loi, des dispositions introduites par décret à l’automne 2023, qui ont déjà conduit à au moins 1000 poursuites
judiciaires pour «apologie du terrorisme».
Ces poursuites ont visé des organisations, des militants, des chercheurs ou des citoyens ayant exprimé des analyses ou des opinions ne correspondant pas au
narratif dominant au sujet du 7 octobre.
Cet article élargit considérablement le champ du délit d’apologie du terrorisme. Il ne s’agit plus seulement de sanctionner la glorification explicite
d’actes terroristes, mais aussi des propos qualifiés de «provocations
indirectes», ou encore la présentation de certains actes comme relevant d’une «légitime
résistance».
Une telle rédaction vague et imprécise ouvre la voie à une criminalisation d’analyses politiques, historiques ou juridiques portant sur des situations de
conflit armé.
Cette disposition permettrait de poursuivre pénalement des militants, des universitaires ou des journalistes pour avoir évoqué le droit des peuples à
résister à une occupation étrangère, un droit qui est pourtant reconnu par le droit international, notamment par plusieurs résolutions des Nations unies.
Brouillant ainsi la frontière entre apologie et analyse, l’article 1 laisserait aux autorités judiciaires une marge d’interprétation arbitraire incompatible
avec l’État de droit.
Interdire toute remise en cause
d’Israël
L’article 2 crée un nouveau délit punissant de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende le fait de «provoquer à la
destruction ou à la négation d’un État».
Mais appliquée de manière cohérente, cette formulation aurait interdit par exemple, de souhaiter le démantèlement de l’URSS, la fin de l’apartheid en
Afrique du Sud ou encore la réunification de l’Allemagne, qui a entraîné la disparition de la RDA.
Derrière cette prétendue généralité se cache en réalité une cible parfaitement identifiable : la Palestine.
Dans les faits, des slogans politiques largement répandus comme «Free Palestine», «De la mer au Jourdain, égalité des droits», ou encore les appels à un
État démocratique unique fondé sur l’égalité civique pourraient être assimilés à une négation de l’existence de l’État d’Israël et devenir pénalement répréhensibles.
Interdiction de comparer Israël à l’Allemagne
nazie ou l’apartheid sud-africain
L’article 4 étend le délit de contestation des crimes contre l’humanité en y intégrant les «comparaisons, analogies ou
rapprochements».
L’objectif à peine dissimulé consiste à sanctionner pénalement toute comparaison entre la politique israélienne et d’autres régimes historiques, notamment l’Afrique
du Sud de l’apartheid ou l’Allemagne nazie.
Une telle disposition interdit de fait toute analyse critique, y compris lorsqu’elle repose sur des travaux historiques rigoureux, des enquêtes juridiques ou des
cadres antiracistes assumés et à sanctuariser Israël hors de toute mise en perspective historique.
La définition de l’IHRA : Antisionisme
assimilé à antisémitisme
La proposition de loi reprend explicitement plusieurs exemples issus de la définition dite «opérationnelle» de l’antisémitisme de l’IHRA (Alliance internationale
pour la mémoire de l’Holocauste).
Or, cette définition est largement contestée par des juristes, des universitaires, et des ONG de défense des droits humains.
En assimilant très largement l’antisionisme à l’antisémitisme, cette définition sert depuis des années d’outil politique pour réprimer la solidarité avec la
Palestine, disqualifier les critiques de l’État d’Israël et exercer des pressions sur le monde académique, culturel et militant.
En l’intégrant dans le droit positif, la loi Yadan franchit un seuil supplémentaire et transforme une définition idéologique contestée en norme pénale
contraignante.
Lettre ouverte de Tsedek ! et
l’UJFP
Plusieurs organisations juives, dont Tsedek ! et l’Union juive française pour la paix (UJFP), ont adressé une lettre aux députés pour leur demander de s’opposer au
texte, qu’elles jugent attentatoire aux libertés publiques.
Dans une lettre adressée aux députés, le collectif juif décolonial Tsedek ! et l’Union juive française pour la paix appellent à rejeter la proposition de loi n°575
portée par Caroline Yadan.
Selon les signataires, cette proposition de loi s’appuie sur la définition «opérationnelle» de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de
l’Holocauste (IHRA) qui est «controversée» et ne fait pas consensus parmi les chercheurs spécialisés.
Ils soulignent que plusieurs des exemples associés à cette définition relèvent de la critique politique de l’État d’Israël plutôt que de l’antisémitisme.
La lettre mentionne en particulier les exemples assimilant à de l’antisémitisme l’affirmation selon laquelle l’existence d’Israël serait liée à un projet raciste,
ou encore le fait d’appliquer à cet État des exigences jugées spécifiques.
Les organisations rappellent que ces positions s’appuient sur des analyses historiques et sur des constats formulés par des organisations internationales concernant
la situation des droits humains.
Les signataires estiment que l’intégration de cette définition dans la loi aurait pour effet de restreindre la liberté d’expression, notamment pour les personnes
mobilisées contre les politiques menées par l’État d’Israël à l’égard des Palestiniens.
La lettre alerte également sur les dispositions pénales prévues par la proposition de loi. L’article 1 qui introduit la notion de «provocation indirecte»
au terrorisme, est jugée comme une formulation imprécise par les organisations, qui y voient un risque d’interprétation extensive.
Un nouveau délit visant à sanctionner les propos ayant pour effet de «banaliser, minorer ou
relativiser» des actes terroristes est également critiqué.
Selon Tsedek ! et l’UJFP, cette disposition pourrait viser des discours universitaires ou militants cherchant à analyser les causes historiques et sociales de la
violence politique.
Les organisations expriment par ailleurs leur opposition à l’article 4 du texte, qui prévoit d’élargir le délit de contestation de la Shoah en intégrant les notions
de comparaison, d’analogie ou de rapprochement entre différents génocides.
Elles soulignent que l’analyse comparative constitue un outil central dans les études sur les génocides et rappellent que la notion même de génocide, telle
qu’inscrite dans le droit international en 1948, reposait sur une démarche comparatiste.
Enfin, la lettre critique l’idée selon laquelle la haine de l’État d’Israël serait intrinsèquement liée à la haine des juifs.
Les organisations estiment qu’une telle assimilation revient à associer l’ensemble des citoyens juifs aux politiques d’un État, sans tenir compte de la diversité
des opinions au sein des communautés juives.
Selon les signataires, cette approche pourrait paradoxalement exposer davantage les personnes juives en les assignant à une identité politique unique.
Tsedek ! et l’UJFP concluent en appelant les députés à s’opposer à cette proposition de loi, qu’elles considèrent comme une menace pour la liberté d’expression, la
liberté académique et la lutte effective contre l’antisémitisme.
Emmanuel Macron a dû revoir ses
ambitions à la baisse. Après un sommet de l’Élysée qui a tourné au fiasco, il a accepté une paix imposée par Trump et Poutine. De chef de guerre autoproclamé, il est devenu simple
spectateur d’un accord historique. Une leçon d’humilité géopolitique.
C’est l’histoire d’un homme qui se rêvait en Napoléon des temps modernes, mais qui a fini par se contenter du rôle de simple figurant dans un scénario écrit
par d’autres. Emmanuel Macron, après avoir tenté de jouer les chefs de guerre en Ukraine, a finalement plié face à la réalité : un accord historique
entre les États-Unis et la Russie, scellé sans lui. Une leçon d’humilité pour celui qui, il y a encore quelques jours, envisageait d’envoyer des milliers de soldats français sur le
front ukrainien.
Le sommet de l’Élysée : Un fiasco diplomatique
Le 17 février 2025, Emmanuel Macron organisait un sommet
à l’Élysée pour relancer le soutien à l’Ukraine. Las, l’Espagne a exprimé ses réserves, l’Italie a critiqué le format, et l’Allemagne s’est carrément désolidarisée. Résultat : un
échec retentissant. Pendant que Macron tentait de convaincre ses partenaires européens d’envoyer des troupes, Donald Trump et Vladimir Poutine négociaient dans l’ombre un accord de paix
historique.
Cet accord «USA-Russie», prévoit le rétablissement des ambassades, la levée des sanctions et une injonction claire à l’Europe : «Mettez-vous à table». Face
à ce bulldozer diplomatique, Macron n’a eu d’autre choix que de s’incliner.
Les accusations de Trump contre
Zelensky : Le coup de grâce
Dans la foulée, Donald Trump a lancé ses accusations contre Volodymyr Zelensky,
l’accusant d’avoir détourné des milliards de dollars d’aide américaine. Une charge qui a achevé de fragiliser la position ukrainienne et, par ricochet, celle de Macron. Pris en étau
entre le pragmatisme américain et le réalisme russe, le président français a dû revoir ses ambitions à la baisse.
Le revirement de Macron : De la guerre
à la paix
Un jour seulement après l’annonce de l’accord USA-Russie, Emmanuel Macron a publié un message sur X, marquant un revirement spectaculaire. Finie la
rhétorique guerrière, place à la paix. Dans un long texte, il a affirmé avoir discuté avec plusieurs partenaires européens, ainsi qu’avec le Canada, l’Islande et la Norvège.
«La position de la
France et de ses partenaires est claire et unie. Nous souhaitons une paix en Ukraine qui soit durable et solide», a-t-il déclaré, ajoutant que la France était «aux côtés de
l’Ukraine» et prête à assumer ses responsabilités pour assurer la sécurité en Europe.
Les principes de Macron : Une paix à
la carte
Dans son message, Macron a énuméré trois principes pour une paix «durable» :
L’Ukraine doit être
associée et ses droits respectés.
La paix doit être accompagnée de
garanties robustes.
Les préoccupations de sécurité des
Européens doivent être prises en compte.
Il a également promis d’accroître les dépenses de défense et de sécurité en Europe, annonçant des décisions dans les semaines à venir. Une manière de sauver
la face, sans doute, mais qui ne masque pas l’essentiel : Macron a dû abandonner ses ambitions guerrières pour se rallier à une paix imposée par d’autres.
De Napoléon à
réserviste
Emmanuel Macron, qui se rêvait en chef de guerre, a finalement dû se contenter du rôle de réserviste dans un conflit où les grandes décisions se prennent
ailleurs. Entre les accusations de Trump contre Zelensky, l’accord USA-Russie et le fiasco du sommet de l’Élysée, le président français a appris à ses dépens que la diplomatie mondiale ne
se joue pas toujours à Paris.
Une leçon d’humilité pour celui qui, un temps, a cru pouvoir incarner une nouvelle ère napoléonienne. Mais dans cette partie d’échecs géopolitique, Macron a
surtout découvert qu’il n’était pas le roi, ni même la reine. Tout au plus un pion.
L’«immunité» évoquée par Paris serait
une demande de Benjamin Netanyahou en échange de la signature de l’accord de cessez-le-feu, affirment les quotidiens israéliens «Haaretz» et «Maariv».
Petit arrangement entre amis. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou aurait accepté de signer le cessez-le-feu
avec le Hezbollah, marquant l’arrêt temporaire des hostilités
au Liban, en échange d’une faveur : que Paris n’applique pas le mandat
d’arrêt émis par la CPI une semaine plus tôt. Cette révélation a été faite par deux des plus grands quotidiens israéliens ce mercredi 27 novembre, Haaretz et Maariv.
Jeudi dernier, la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité contre Benjamin Netanyahou et
son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, en raison des opérations menées dans la bande de Gaza. Cette annonce est intervenue alors que les États-Unis et la France s’activaient en
coulisses pour faire signer l’accord de cessez-le-feu au Liban.
Une fois la décision de la CPI rendue publique, la France a dit vouloir appliquer ses obligations au titre du droit international, sans toutefois préciser
si elle arrêterait Benjamin Netanyahou dans le cas où il venait à poser le pied sur le sol français. À l’inverse du Royaume-Uni ou l’Italie par exemple, qui ont été beaucoup plus clairs
dans leurs intentions.
La position française a provoqué la colère de Benjamin Netanyahou, qui a menacé d’exclure Paris des négociations, rapporte Maariv. Problème,
le Liban voulait absolument la présence de la France, proche alliée, dans ces discussions. Benjamin Netanyahou aurait alors posé son «exigence»,
explique Haaretz, et
réclamé à la diplomatie française d’invoquer «l’immunité» dont
il bénéficierait selon les Statuts de la CPI.
Une «immunité» qui fait
débat
Signé en 1998, le traité instituant la CPI aborde la question de l’immunité de dirigeants de pays ne reconnaissant pas la cour dans son article 98. Ce
dernier introduit en effet une exception concernant l’arrestation et la remise de responsables d’États non-membres de la CPI, comme c’est le cas d’Israël, et ouvre la voie aux
interprétations.
Pour ne pas faire capoter les négociations, Paris aurait donc accepté de lâcher du lest sur l’application du mandat d’arrêt. C’est pourquoi le
ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a évoqué ce mercredi de possibles «questions
d’immunité» pour «certains
dirigeants» visés par des mandats d’arrêts de la CPI. Plus tard, le quai d’Orsay a précisé que le Premier ministre israélien bénéficiait de cette «immunité» qui
«devra être
prise en considération si la CPI devait nous demander leur arrestation et remise».
Sauf que cette nouvelle interprétation française a suscité un vent de réprobation à gauche mais aussi de la part d’associations ou ONG. Amnesty
International insiste par exemple sur «les obligations
fondamentales de la France en tant qu’État partie à la CPI», tandis
que pour la directrice France de Human Rights Watch (HRW), Bénédicte Jeannerod, la position française est «profondément
choquante».
D’autres points
d’achoppement
La question du mandat d’arrêt de la CPI et de son application n’était cependant pas le seul point d’achoppement dans ces négociations. D’après le site
américain Axios,
l’autorisation pour Israël de répondre par la force en cas de violation de l’accord par le Hezbollah était débattue. Sur conseil de la France, le Liban a jugé cette «liberté
d’action» était inacceptable, mais elle a finalement été adoptée.
Toujours d’après Axios, ce changement de pied aurait lieu après une rencontre au G20 entre
Emmanuel Macron et le secrétaire d’État américain Antony Blinken à Rio le 19 novembre. Conscient que cette position pouvait mettre fin aux négociations, le chef de l’État français
fait une concession. Interrogée par Axios, une
source française a néanmoins démenti.
Mais les États-Unis ont aussi mis la pression sur Israël, raconte Haaretz dans
un autre article. D’après le journal d’opposition honni par le gouvernement, qui cite le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahou, l’administration Biden aurait menacé de mettre un
embargo sur les armes si Israël ne signait pas cet accord.
La Ligue des Droits de l’Homme dénonce
une manipulation du droit international pour justifier l’inaction face aux mandats de la CPI.
La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) a accusé le gouvernement français de «mentir
délibérément» au sujet des obligations internationales concernant les mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) contre le Premier ministre israélien Benyamin
Netanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant.
Selon la LDH, les déclarations du ministère français des Affaires étrangères, évoquant «l’immunité» dont
bénéficierait Netanyahou en vertu du droit international, constituent une «falsification du
droit». L’organisation rappelle que la Cour a déjà tranché la question de l’immunité dans des cas similaires, notamment celui de l’ancien président soudanais Omar el-Bechir.
Par voie de communiqué, le Quai d’Orsay avait affirmé que, bien que le Statut de Rome impose une coopération pleine et entière avec la CPI, «un État ne peut être
tenu d’agir d’une manière incompatible avec ses obligations en vertu du droit international en ce qui concerne les immunités des États non parties à la CPI», comme c’est le cas pour
Israël. Cette interprétation a également été défendue par le ministre Jean-Noël Barrot, qui a déclaré sur FranceinfoTV que
«ces
questions d’immunité» relèvent in fine des autorités judiciaires françaises.
Francesca Albanese, rapporteure spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens, a rejeté cette lecture juridique, estimant qu’elle n’avait «aucune valeur».
Interrogée par Anadolu, elle a
souligné que «l’argument de
l’immunité de l’État ne peut être invoqué», rappelant que la CPI avait déjà invalidé cet argument dans le passé. Elle a également averti que toute entrave à l’exécution d’un mandat
de la CPI pourrait être considérée comme une violation de l’article 70 du Statut de Rome, punissant l’obstruction à la justice internationale.
Pour la LDH, la position française reflète une politique de «deux poids, deux mesures» : alors que Paris a soutenu les mandats de la CPI contre Vladimir
Poutine, elle se montre réticente à appliquer les mêmes principes à Netanyahou. L’organisation appelle le gouvernement à «respecter ses
engagements internationaux» et à «cesser de sacrifier
les principes du droit international sur l’autel d’intérêts géopolitiques partisans».
Cette controverse intervient alors que la CPI a récemment émis des mandats d’arrêt contre Netanyahou, Gallant et Mohammed Deif, chef militaire du Hamas,
pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment dans la bande de Gaza. En parallèle, Israël est poursuivi devant la Cour internationale de justice pour génocide.
Déclaration du Quai
d’Orsay
Pour rappel, la France a déclaré que «l’immunité» du
Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, doit être respectée dans le cadre des obligations imposées par le droit international, notamment le Statut de Rome. «Le Statut de Rome
exige une pleine coopération avec la Cour pénale internationale (CPI)», a précisé le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères dans un communiqué publié ce mercredi.
Cependant, le texte prévoit également qu’un État «ne peut être tenu
d’agir d’une manière incompatible avec ses obligations en vertu du droit international en ce qui concerne les immunités des États non parties à la CPI». Cette disposition, selon le
ministère, s’applique au Premier ministre israélien Netanyahou ainsi qu’à ses ministres. «Ces immunités devront
être prises en considération si la CPI devait nous demander leur arrestation et remise», poursuit le communiqué.
Le Quai d’Orsay a également rappelé «l’amitié historique
qui lie la France à Israël», soulignant qu’il s’agit de «deux démocraties
attachées à l’État de droit et au respect d’une justice professionnelle et indépendante». Paris entend «continuer à
travailler en étroite collaboration avec le Premier ministre Netanyahou et les autres autorités israéliennes pour parvenir à la paix et à la sécurité pour tous au
Moyen-Orient».
Situation humanitaire à
Gaza
Le conflit entre Israël et le Hamas, déclenché le 7 octobre 2023 par une attaque du mouvement palestinien, a entraîné une déclaration de guerre israélienne
contre les Palestiniens dans la bande de Gaza.
Cette riposte, marquée par des frappes aériennes et une invasion terrestre, a causé un bilan humain catastrophique : plus de 45 000 morts, dont une majorité
d’enfants et de femmes, ainsi que plus de 104 000 blessés. Les destructions massives ont laissé des centaines de milliers de personnes sans abri.
En parallèle, l’Afrique du Sud a déposé une plainte contre Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ) pour des accusations de génocide à
Gaza.
Sur i24News, David Antonelli,
président Corse-Israël, se réjouit de l’impunité de Netanyahou et méprise les victimes palestiniennes. Jusqu’où ira l’indécence ?
David Antonelli sur i24News :
«La France
s’est couchée». Quand un homme célèbre l’impunité de Netanyahou au mépris des 190 000 victimes à Gaza.
Le 27 novembre 2024, un moment de télévision a choqué bien au-delà de son auditoire habituel. David
Antonelli, président de l’association Corse-Israël, a tenu des propos indignes sur la chaîne israélienne i24News,
symbolisant une déconnexion totale face à l’horreur des massacres perpétrés à Gaza. Ce discours s’ajoute à une série de déclarations immondes, la plus marquante étant son affirmation
glaçante : «Je
me fiche éperdument des 2 millions de Gazaouis. Ce qui m’importe, c’est la vengeance !»
Un mépris assumé pour les victimes
palestiniennes
Lors de son passage sur i24News, David
Antonelli, sourire aux lèvres, n’a pas hésité à célébrer ce qu’il considère comme une «humiliation» de
la France. Selon lui, l’octroi d’une hypothétique immunité à Benjamin Netanyahou, malgré les crimes de guerre imputés à ce dernier, constitue une victoire symbolique.
Dans un ton empreint de mépris, il déclare :
«Ce soir, je suis
content. Parce que Benjamin Netanyahou ira à Paris et fera du shopping avec Sarah. C’est ça la réalité, ce soir. Donc, aujourd’hui, la France s’est couchée. La France, véritablement,
s’est couchée».
Les propos d’Antonelli interviennent alors que la France est sous les projecteurs pour son silence face aux accusations de crimes de guerre portées contre
Benjamin Netanyahou. Le Premier ministre israélien pourrait bénéficier d’une immunité de facto si la France refuse d’appliquer un éventuel mandat de la Cour
pénale internationale (CPI).
À noter : Les propos
tenus sont d’une telle violence qu’i24News a
rapidement décidé de supprimer la vidéo de son compte Twitter. Cependant, c’était sans compter sur la vigilance et la réactivité de certains internautes français, qui avaient pris soin de
la télécharger avant sa disparition.
«Quand la France donne son boule, c’est avec passion, c’est pire qu’une actrice X. Économiquement le gouvernement est éclaté contre le sol, mais pour donner
ses fesses on est la première puissance mondiale».
CAPJPO-Europalestine a annoncé, ce
vendredi, le lancement de plusieurs démarches judiciaires contre Jean-Noël Barrot.
L’association accuse le ministre français des Affaires étrangères de complicité morale et diplomatique avec le premier ministre israélien Benjamin
Netanyahou, poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
L’organisation a précisé qu’elle allait transmettre au procureur de la CPI des informations concernant les actes et déclarations de Barrot, les considérant
comme un soutien direct à la politique israélienne en dépit des mandats d’arrêt internationaux.
Par ailleurs, l’ONG prévoit de saisir le procureur général près la cour d’appel de Paris et d’informer le Procureur général près la Cour de cassation pour
examiner la conformité des actions du ministre avec le droit international.
EuroPalestine reproche à Jean-Noël Barrot d’avoir affirmé vouloir continuer à «travailler en étroite
collaboration» avec Netanyahou et d’avoir assuré que ce dernier pourrait se rendre en France sans être inquiété.
Elle rappelle que ces positions vont à l’encontre des obligations de la France en matière de coopération avec la CPI et accuse le ministre d’entrave
à la justice.
L’ONG souligne que la complicité en droit international peut être établie par un soutien moral et diplomatique aux auteurs de crimes internationaux.
Elle estime que les propos et actes de Barrot, «sans être
contredit» ni par le président français Emmanuel Macron ni par le Premier ministre Michel Barnier, participent au maintien des crimes en cours dans la bande de Gaza.
Europalestine a également rappelé qu’en octobre 2024, elle avait transmis au Procureur de la CPI des informations concernant les actes et déclarations du
président Emmanuel Macron ainsi que des anciens ministres Gabriel Attal et Stéphane Séjourné. Ces éléments visaient à établir leur éventuelle complicité dans les crimes internationaux
commis par les dirigeants israéliens.
Pour rappel, la France a réitéré ce jeudi sa position selon laquelle certains dirigeants étrangers peuvent bénéficier d’immunités face aux mandats d’arrêt
émis par la Cour pénale internationale (CPI), arguant que ces immunités sont fondées sur des obligations légales internationales.
Cette déclaration intervient alors que des critiques se multiplient, notamment de la part de Francesca Albanese, rapporteure spéciale des Nations Unies sur
les territoires Palestiniens, qui a rejeté les arguments français concernant le cas de Benyamin Netanyahou, premier ministre israélien. La Ligue des Droits de l’Homme (LDH), a également
condamné ces affirmations, les qualifiant de «fiction».
Origine de la
polémique
La CPI a émis jeudi dernier des mandats contre Benjamin Netanyahou, son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, et le chef militaire du Hamas, Mohammed
Deif, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis notamment dans la bande de Gaza. Si Israël n’est pas partie à la CPI et que les États-Unis s’en sont retirés, plusieurs pays
européens, dont l’Italie et le Royaume-Uni, ont annoncé leur intention de respecter ces mandats.
Ce mercredi, le Quai d’Orsay a déclaré que «l’immunité» du
premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, doit être respectée dans le cadre des obligations imposées par le droit international, notamment le Statut de Rome.
«Le Statut de Rome
exige une pleine coopération avec la Cour pénale internationale (CPI)», a précisé le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères dans un communiqué.
Cependant, le texte prévoit également qu’un État «ne peut être tenu
d’agir d’une manière incompatible avec ses obligations en vertu du droit international en ce qui concerne les immunités des États non parties à la CPI». Cette disposition,
selon le ministère, s’applique au Premier ministre israélien Netanyahou ainsi qu’à ses ministres.
Ces immunités devront être prises en considération si la CPI devait nous demander leur arrestation et remise.
Le Quai d’Orsay a également rappelé «l’amitié historique
qui lie la France à Israël», soulignant qu’il s’agit de «deux démocraties
attachées à l’État de droit et au respect d’une justice professionnelle et indépendante».
Paris entend «continuer à
travailler en étroite collaboration avec le premier ministre Netanyahou et les autres autorités israéliennes pour parvenir à la paix et à la sécurité pour tous au
Moyen-Orient».
Interrogé mercredi sur FranceinfoTV, le
ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a lui aussi évoqué ces «questions
d’immunité» dans le cadre des mandats d’arrêt internationaux contre Benyamin Netanyahou et Yoav Gallant. «La France est très
attachée à la justice internationale et appliquera le droit international, qui repose sur ses obligations à coopérer avec la CPI», a-t-il affirmé, tout en soulignant que «le statut de la cour
traite des questions d’immunité pour certains dirigeants». Barrot a ajouté que «c’est en dernier
ressort à l’autorité judiciaire qu’il appartiendra de se prononcer».