Le "G7 2019"

Rappel sur "feu le G7"

...par Stratediplo - Le 26/08/2019.

 

 

 De formation militaire, financière et diplomatique, s'appuie sur une trentaine d'années d'investigations en sciences sociales et relations internationales.


Une fois de plus il n'est pas inutile de rappeler quelques faits.

 

La CSCE, ou Conférence pour la Sécurité et la Coopération en Europe, a cessé d'exister début 1995 quand elle a été transformée en Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe. Ses anciens membres ne peuvent pas usurper soudain le souvenir de la CSCE pour se réunir sans la totalité des membres de l'OSCE. Le secrétariat permanent des cycles de négociation de l'Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce (connu en anglais comme GATT) a cessé d'exister début 1995 quand l'Organisation Mondiale du Commerce a été créée par les signataires de l'accord. Ses anciens membres ne peuvent pas usurper soudain le souvenir du GATT pour se réunir sans la totalité des membres de l'OMC. Et le G7, ou Groupe des Sept, a cessé d'exister en 1994 quand il a été transformé en G7+1, devenu à son tour G8 en 1997. Ses anciens membres ne peuvent pas usurper soudain le souvenir du G7 pour se réunir sans la totalité des membres du G8.

 

Les règles de fonctionnement du G8 ne prévoient pas la possibilité d'en expulser un membre. C'est d'ailleurs pour cela que les six membres du G8 qui ont déclaré la guerre à la Russie début mars 2014, ainsi que le Japon sous leur influence, ont alors quitté le G8 (deux semaines avant le referendum d'autodétermination criméen) faute de pouvoir en exclure la Russie. Le sommet des 4 et 5 juin 2014 à Sotchi, convoqué lors du sommet des 17 et 18 juin 2013 à Lough Erne, a été marqué par l'absence de ces sept membres qui n'ont pas honoré l'invitation de la présidence de l'année. Ce sommet de 2014 à Sotchi a aussi été marqué par l'impossibilité de transmettre la présidence au pays qui devait succéder à la Russie, à savoir l'Allemagne, qui aurait alors fixé une date et un lieu pour le sommet de 2015. Aujourd'hui le seul moyen de relancer le G8 en sommeil depuis début 2014 serait de demander à la présidence, à savoir la Russie, de convoquer un nouveau sommet en remplacement de celui boycotté par ses ennemis déclarés. On peut relire les détails du complot ourdi par les Etats-Unis contre la présidence du G8 en mars 2014 sur http://stratediplo.blogspot.com/2015/08/fronde-au-sein-du-g8_28.html, ou dans la Dixème Arme.

 

Il est remarquable que la presse qui se prétend non alignée, anti-impéraliste ou pro-multilatéraliste ait globalement repris et diffusé la propagande des trois agences de presse monopolistiques de l'Alliance Atlantique assurant que le G8 avait expulsé la Russie et était redevenu le G7, sans avoir cherché depuis cinq ans à vérifier les règles de fonctionnement de ce forum qui ne dispose certes pas de statuts comme une organisation internationale, mais a toujours affiché clairement son règlement coutumier, respecté jusqu'en 2013. Mais il est surtout inquiétant qu'une telle propagande mensongère ait réussi à faire croire et admettre qu'un pays majeur, la Russie, avait pu être exclu d'une conférence internationale qui n'en prévoyait pas la possibilité. Aujourd'hui encore, en ce mois d'août 2019 l'axe atlantico-uniopéen rappelle au monde entier, et à ses propres populations, qu'il s'est déclaré en guerre contre la Russie, et qu'il pense pouvoir écarter un membre majeur de la communauté internationale. L'acceptation générale de tels agissements, alors qu'il serait si facile de les priver d'effets en dénonçant l'usurpation, facilite une manipulation monstre contre la paix internationale.
 
Car il y a bien plus grave. Il y a eu en 2014 l'affaire du Conseil de l'Europe, où l'on a effectivement privé la délégation russe de son vote à l'assemblée parlementaire, ce qui était certes statutairement possible. Et il y a eu surtout l'année dernière l'affaire du siège new-yorkais de l'ONU, où les Etats-Unis d'Amérique ont montré leur capacité à en prendre illégalement le contrôle, en violant une fois de plus l'Accord de Siège pour interdire à un pays, en expulsant illégalement sa délégation, de participer aux travaux de l'ONU. Ces faits, ainsi que d'autres violations de la charte de l'ONU et agressions caractérisées, certaines accompagnées de déclaration de guerre à la Russie, sont solidement exposés dans le Onzième Coup de Minuit de l'Avant-Guerre (www.lulu.com/content/livre-à-couverture-souple/le-onzième-coup/24888474).
 
On peut ajouter que c'est d'ailleurs ce type de manoeuvres, et leurs conséquences possibles, qui a fait réaliser à certains lecteurs du Septième Scénario (www.lulu.com/fr/shop/stratediplo/le-septième-scénario/paperback/product-22330739.html), titulaires de hautes responsabilités de défense, que la France, qui n'est pas plus puissante ou plus intouchable que la Russie, n'est pas à l'abri d'agissements similaires lorsque certaines puissances auront décidé d'intervenir militairement sur son territoire par le biais d'une coalition multinationale d'imposition d'une autre paix...
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La communication, seul enjeu du sommet du G-7 à Biarritz

...par Thierry Meyssan - Le 27/08/2019.

Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire.

 

Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux - Du 11-Septembre à Donald Trump(2017).

Le G7, qui était originellement un lieu d’échange entre dirigeants occidentaux pour mieux comprendre les points de vue respectifs, est devenu un enjeu de communication. Loin d’exposer à huis clos le fond de leur pensée, les invités sont devenus des acteurs d’un show médiatique où chacun essaye de faire bonne figure. Le pire aura été la surprise concoctée par Emmanuel Macron pour les journalistes et contre son invité états-unien.

 

Source : https://www.voltairenet.org/article207410.html

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Un club, pas une organisation décisionnaire

 

Lors de sa création en 1976, par Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, le G-6 était un groupe de discussion informelle. Le président français et le chancelier allemand entendaient échanger avec leurs homologues pour cerner leurs pensées dans le contexte de la crise du dollar qui résultat de la fin de la guerre contre le Vietnam. Il ne s’agissait pas de prendre des décisions, mais de réfléchir sur l’avenir de l’économie occidentale. Les invités étaient les mêmes que ceux réunis par le Trésor états-unien, pour la même raison, un peu plus tôt. Cependant la réunion ne rassemblait pas cette fois les ministres des Finances, mais les chefs d’État ou de gouvernement et l’Italie avait été ajoutée. L’année suivante, le Canada a également été invité.

Avec la dissolution de l’Union soviétique et la fin de la division du monde en deux camps, le G-7 a abordé des questions politiques, puis a associé la Russie à ses discussions informelles. Mais lorsque Moscou s’est relevé, s’est opposé à l’Otan en Syrie et a refusé le coup d’État en Ukraine, la confiance fut brisée et les Occidentaux décidèrent de se réunir à nouveau entre eux. Cet épisode clôt toute velléité de faire participer la Chine.

 

 

Les derniers G-7 ont produit quantité de Déclarations et de Communiqués. Cette littérature n’a acté aucune décision, mais élaboré un discours commun, d’autant plus verbeux que la politique intérieure US était dominée par le « politiquement correct ». Comme toujours lorsque l’on n’a pas conscience d’avoir de contre-pouvoirs, la séparation entre la réalité et ce discours n’a cessée de croître.

Une dérive a eu lieu en 2005, au Royaume-Uni, où le Premier ministre britannique Tony Blair attira l’attention de tous en assurant que le G8 qu’il présidait allait annuler la dette des 18 pays les plus pauvres d’Afrique. En réalité, cette annonce était gratuite : le G8 ne prit jamais cette décision. Par la suite, 14 pays acceptèrent les conditions léonines de la Grande-Bretagne, puis s’en mordirent les doigts. 4 autres refusèrent ce piège. Cette mise en scène a laissé l’impression fallacieuse que le G7/8 était une sorte de gouvernement mondial.

Il est essentiel qu’il ne prenne pas de décision : ce serait constituer un cartel au sein de l’Assemblée générale de l’Onu et violer le principe de l’égalité entre chaque État quelle que soit sa puissance. Il existe déjà un privilège, reconnu aux principaux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, de siéger de manière permanente au Conseil de sécurité et d’y détenir un droit de veto. Privilège qui découle du réalisme : aucune majorité d’État ne peut imposer sa volonté à de si grandes puissances.

 

Le sommet 2019

 

Quoi qu’il en soit, l’importance de cette réunion informelle se mesure à la puissance cumulée de ses invités. Il convient d’abord d’observer que le G-7 réunit 9 personnalités : le président de la Commission européenne et celui du Conseil européen y sont invités. Il se trouve que pour des raisons de santé, Jean-Claude Juncker manquera à l’appel. Observons ensuite que, depuis 2015, le président tournant du G7 a invité des hôtes étrangers. Emmanuel Macron en a choisi 8, dont 3 l’avaient déjà été l’année dernière : deux des BRICS (l’Inde et l’Afrique du Sud), l’Australie (qui y a été invitée comme le Canada en tant que dominion britannique et devrait adhérer dans quelques années à l’Otan et y constituer une force anti-Chinoise avec le Japon), et des « clients » (l’Égypte, le Burkina-Faso, le Chili, le Rwanda et le Sénégal). Ces États participeront à certaines réunions, mais pas à toutes.

Le président Macron a rappelé la possibilité de réintroduire la Russie dans ce cercle fermé, en 2020 (évoquée par le président Trump qui présidera alors ce club). Cela supposerait d’abord que la Syrie soit libérée et que l’adhésion de la Crimée à la Fédération de Russie soit reconnue. En outre, pour que la participation de Moscou ait un sens, il faudrait que la Russie se mette à parler comme les Occidentaux. Sergueï Lavrov a déjà poliment répondu qu’il examinerait cette proposition (saugrenue) lorsqu’elle serait formulée.

Après le fiasco du G-7 de 2018, où l’on ne parvint pas à élaborer un discours commun, Emmanuel Macron a fait le choix de chercher un discours plus large et plus général qui fait toujours recette et ne menace personne, un sujet sociétal et surtout pas social : la « lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes ». Précautionneusement, il a prévenu qu’il n’y aurait pas cette fois de texte final.

 

 

Au plan économique, les conséquences de la guerre douanière livrée par les États-Unis à la Chine sont la principale source de préoccupation des membres du G7. N’ayant aucunement l’intention d’être à nouveau placé en situation d’accusé comme il le fut l’an dernier, le président Trump a choisi l’attaque en dénonçant les taxes françaises sur Google/Apple/Facebook/Amazon. C’est en effet le point faible de son partenaire. La France a choisi d’attaquer les Gafa au plan fiscal, mais ne réagit pas à deux questions plus importantes : leur position monopolistique et leurs violations des libertés individuelles. Ce point devrait être réglé en marge de la réunion de Biarritz par les ministres des Finances français et états-unien et renvoyé à l’OCDE.

 

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Emmanuel Macron adolescent et sa professeure de théâtre, sa future épouse, Brigitte Trogneux.

Une pièce de théâtre d’Emmanuel Macron

 

Emmanuel Macron et son ancienne professeure de théâtre, son épouse Brigitte Trogneux-Macron, avaient prévu une mise en scène particulière pour ce sommet. Nul ne peut en nier la qualité scénique et les rebondissements.

Le président a fait précéder le sommet d’une courte adresse télévisée [1] au cours de laquelle il avait annoncé diverses initiatives spectaculaires et s’était engagé à en présenter un bilan le 26 août au soir.

Dans les jours qui ont précédé ce sommet, des médias européens ont massivement relayé une campagne d’intoxication selon laquelle la totalité de la forêt amazonienne serait en feu. Sa destruction priverait la Terre d’oxygène et accélérerait le réchauffement climatique. Or, ce n’est pas la forêt qui brûle, mais les zones déforestées soumises à la technique de défrichage par brûlis ; et l’Amazonie ne fournit qu’une très petite partie de l’oxygène de l’atmosphère. En réalité, certains membres du G7 espèrent contourner l’OTCA (Organisation du Traité de coopération amazonienne) afin de pouvoir exploiter les fabuleuses richesses minérales, pharmaceutiques et boisières de cette région. Déjà Emmanuel Macron a autorisé l’exploitation de plusieurs mines aurifères en Guyane française à un consortium franco-canadien au plus grand mépris de la forêt et de ses habitants. C’est à juste titre que le président brésilien Jair Bolsonaro a dénoncé le caractère colonial de l’entreprise du G7. Les mensonges d’Emmanuel Macron seront lourds deconséquences.

Autre sujet et non des moindres : le président a lui-même prétendu qu’il avait reçu un « mandat » du G7 pour négocier avec l’Iran. C’est évidemment impossible non seulement parce que le G7 ne donne pas de mandat, mais aussi parce que jamais les États-Unis ne délèguent ce pouvoir à un pays tiers. Après que la presse internationale a repris les yeux fermés cette ineptie et que le président Trump a eu un coup de sang, Emmanuel Macron a reconnu une méprise. Sur ce, il a invité le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, qui est immédiatement arrivé à Biarritz et qu’il a rencontré. Il était impossible de faire plus spectaculaire, mais c’est au prix d’une insulte publique à son invité, Donald Trump, et d’un inconfort pour ses autres invités.

 

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Les conseillers de l’Élysée assurent que le président états-unien avait donné son accord, mais à quoi ? Mohammad Javad Zarif n’a pas été autorisé à entrer dans l’hôtel du Palais où se tient le sommet. Il a été accueilli durant trois heures par son homologue Jean-Yves Le Drian et le ministre des Finances, Bruno Lemaire, à la mairie de Biarritz. Emmanuel Macron a abandonné ses invités pour se joindre à ses deux comparses durant une demi-heure. L’entretien s’est tenu en présence de conseillers britannique et allemand. Cette visite impromptue ne fera pas avancer le conflit irano-US, mais braquera les États-Unis à la fois contre l’Iran et contre la France. Ce scénario est la première grave faute internationale d’un président dont l’inclinaison sociopathique est connue depuis bien avant son élection. Par sociopathie nous entendons une tendance générale à l’indifférence vis-à-vis des normes sociales et des droits d’autrui doublée d’un comportement impulsif.

 

Conclusion

 

Le président Donald Trump considère le « discours politiquement correct » comme le symptôme de la mainmise de l’oligarchie globaliste sur son pays. Selon le Washington Post, il se serait bien passé d’aller perdre son temps à Biarritz. A l’évidence, l’arrivée en ville d’un hôte qu’il ne voulait pas voir a transformé son ennui en colère. Ses têtes à têtes avec son homologue français se sont délicieusement passés assurent les conseillers de l’Élysée mais ont été odieux selon les siens — et ceci dès le petit-déjeuner—. Selon sa conseillère, Kelly Ann Shaw, le président souhaiterait donc que la prochaine réunion, en 2020 aux États-Unis, fixe de nouveaux objectifs.

La Déclaration finale du sommet de Biarritz [2] n’est qu’un bref catalogue des points d’accord entre ses participants. Tout le monde constatera que, malgré l’autosatisfaction du président Macron et la vénération que lui porte une certaine presse, elle aurait pu être écrite longtemps à l’avance : aucun sujet listé n’a évolué. Personne n’a forcé la main de personne.

 

Thierry Meyssan

      

 


Amazonie, Iran, GAFA… Macron fait du bruit pour masquer son impuissance

....Par Caroline Galactéros - le 27/08/2019.

 

Docteur en Science politique, ancien auditeur de l'IHEDN, elle a enseigné la stratégie et l'éthique à l'Ecole de Guerre et à HEC.

Colonel de réserve, elle dirige aujourd'hui la société de conseil PLANETING et tient la chronique "Etat d'esprit, esprit d'Etat" au Point.fr.

Elle a publié "Manières du monde. Manières de guerre" (éd. Nuvis, 2013) et "Guerre, Technologie et société" (avec R. Debray et V. Desportes, éd. Nuvis, 2014).

Polémologue, spécialiste de géopolitique et d'intelligence stratégique, elle décrit sans détours mais avec précision les nouvelles lignes de faille qui dessinent le monde d'aujourd'hui.


 

Dossier Iranien, taxe GAFA, affaire amazonienne… A regarder dans le détail ces sujets, le Président Macron n’a pas beaucoup bougé les lignes. Dommage.

« No comment ». Il est des « coups de théâtre » dont on se demande s’ils visent à masquer une tragédie indépassable, ou à relancer l’intrigue d’une comédie humaine désespérément convenue. « No comment » donc. C’est ainsi que le président américain a rétorqué au coup d’éclat fomenté secrètement par Emmanuel Macron, hôte du sommet du G7, consistant à faire venir – confiné pour un entretien bilatéral dans une petite salle municipale en marge de l’Hôtel du Palais -, le ministre des affaires étrangères iranien, le subtil Jawad Sharif.

Qu’espérait notre Président de cette initiative ? La tient-il pour un succès ? Personnel, collectif ? Pouvait-il sérieusement croire que cela suffirait à replacer la France au cœur du dossier iranien et lui donner une posture dynamique et même offensive ? Le Président américain aurait « admis » in extremis l’invité surprise sulfureux. Mais enfin, depuis quand un président américain a-t-il son mot à dire sur les autres invités de l’hôte d’un sommet en territoire souverain ? Cette rodomontade présidentielle était brillante. Elle masque mal la réalité d’une docilité rémanente qui nous efface jour après jour de la scène du monde, malgré une geste créative. Nous désobéissons timidement et sans conséquences in fine.

Pour trancher et faire bouger vraiment les lignes, il eut mieux valu, voici plus d’un an, au lieu de nous coucher devant l’oukase américain dans des circonvolutions sémantiques lamentables, dire à Donald Trump que la France était et resterait pleinement satisfaite de l’Accord en l’état, qu’aucune pression ne la convaincrait d’en étendre la portée aux vecteurs balistiques, de le renégocier ou lui substituer un nouvel accord pour complaire aux exigences sans fin de Washington qui cherche l’affrontement avec Téhéran comme on cherche l’eau dans le désert.

Il eut aussi fallu se placer en soutien politique résolu de nos entreprises présentes en Iran (notamment de Total qui s’est retiré au profit de Pékin d’un gigantesque projet) au lieu de les laisser seules, donc rapidement inquiètes devant le spectre de sanctions extraterritoriales américaines si elles avaient l’aplomb de demeurer à pied d’œuvre dans le pays pour permettre à l’Iran de survivre et d’espérer un jour renaitre autrement que sous le joug avant la coupe réglée. On me rétorquera que la pression est trop forte, les amendes potentielles trop insoutenables pour nos banques… Mais pourquoi les payer ? Au nom de quoi tolérer un tel chantage ? Au nom de notre alliance avec Washington ? Traite-t-on ainsi ses alliés ? Non. Ses vassaux dont on ne craint rien, oui.

Quand bien même Donald Trump se serait affranchi à Biarritz, dans un éclair d’autonomie de pensée, de la nécessité d’enrichir les marchands d’armes des « swing states » qui tiennent sa réélection entre leurs mains, et aurait saisi l’occasion de cette « apparition » pour tendre la main à l’Iranien et amorcer un dialogue minimal, Zharif l’outragé s’y serait refusé. Il a ses ordres, ceux du Guide suprême Khamenei, qui l’a autorisé à prendre l’avion pour voir ce que le Français a dans le ventre et oserait éventuellement proposer, certainement pas pour parler au « grand Satan ». Il n’y a plus rien à négocier. Téhéran a gagné la dernière manche de l’affrontement dans le détroit d’Ormuz, mais ce n’est qu’une bataille dans une guerre ouverte ou indirecte, qui sera longue et vicieuse et se jouera sur de multiples fronts. Une guerre pour la souveraineté, l’honneur, la survie économique et l’influence régionale dans le cas iranien ; une guerre pour la déstabilisation d’un régime afin de mettre la main sur son juteux marché pour Washington. Dans cette perspective américaine, Moscou doit être convaincu de son intérêt à lâcher Téhéran en Syrie, et Pékin doit finir par voir le sien dans l’achat de pétrole américain et non plus iranien ou russe pour nourrir sa croissance. C’est là le véritable arrière-fond de la guerre commerciale actuelle comme de l’attitude américaine ambivalente face à Moscou en Syrie.

Revenons donc aux fondamentaux. En Amérique, le besoin d’ennemi est insatiable, structurel, vital. C’est le moteur de l’économie américaine. Au nom de la paix mondiale, du progrès et de la démocratie de marché naturellement. Dès qu’un ennemi disparaît, un autre doit être désigné et se dresser, diabolisé, pour nourrir le monstre du complexe militaro-industriel qui vit de, par et pour la guerre ! Le Président Eisenhower lui-même s’était en son temps alarmé de cette puissance vampirique et destructrice de tout apaisement durable.

Bilan du Sommet : « L’Iran ne doit jamais avoir l’arme nucléaire et cette situation ne doit pas menacer la stabilité de la région » conclut notre Président, qui se dit « convaincu qu’un accord pourra être trouvé si le président iranien rencontre le président américain ». On se pince. Qui menace la sécurité de la région ? Qui cherche à déstabiliser l’Iran, l’asphyxie de sanctions, a dénoncé unilatéralement un accord déjà très douloureux pour Téhéran mais qu’il respectait à la lettre ?

Nous n’avons donc rien gagné à Biarritz, sauf peut-être d’y avoir inclus l’enjeu climatique autour du drame amazonien comme nécessaire sujet de discussion… mais d’aucun accord. Quoi qu’il en soit, le climat, aussi fondamentale et urgente que soit sa prise en compte dans les politiques des grands États, n’est qu’un leurre qui masque notre impuissance et notre désaccord sur tous les autres dossiers qui comptent, ceux de l’affrontement infantile entre puissances belliqueuses, ceux du multilatéralisme en miettes, ceux de l’introuvable gouvernance mondiale. Ah oui ! Il y a la taxation française des GAFA…. Qui elle aussi sera bientôt réduite et dénaturée à la sauce OCDE.

Cerise sur le gâteau, c’est encore Trump et non Macron qui a eu l’habileté, en amont du sommet, d’appeler haut et fort à la réintégration de la Russie au sein du G7. Notre président aurait pu très facilement en prendre l’initiative, recevant son homologue russe à Brégançon, au lieu de sembler marcher sur des œufs face à Vladimir Poutine désabusé et narquois pour satisfaire les néoconservateurs et les atlantistes forcenés qui l’environnement et le brident. Ses élans pragmatiques, ses intuitions réalistes, ses initiatives à hauteur de France retombent systématiquement dans le vide, démentis, dévoyés ou réduits à des mots sans lendemain par ceux qui devraient juste mettre en œuvre sa pensée et sa vision au lieu de saper sa crédibilité face à ses interlocuteurs. En politique étrangère, la constance et la fiabilité sont des vertus cardinales si l’on prétend avoir une vision et une ambition nationales. Bref, le président français semble presque aussi prisonnier de son entourage que Trump du sien. Et c’est la logique de l’affrontement infantile qui gagne à ce double enchaînement.

Tout ça pour finir par tenir une conférence de presse de clôture avec le président américain ! Comme pour s’excuser de l’audace du « vrai-faux » invité surprise. Comme si les autres chefs d’État étaient ravalés au rang de figurants, comme si l’Occident rentrait dans le rang et avait retrouvé son père tonitruant et brutal dont on aime les coups, comme si la France était fière de juste passer les plats. Cela rappelle les « Accords de Rambouillet » en 1999, prélude manipulé à la curée lancée contre la Serbie récalcitrante. Un mauvais souvenir… Celui d’un renoncement à réfléchir et décider seuls. Nous étions en cuisine déjà. Il n’existe pas de relation stratégique privilégiée entre Paris et Washington. C’est l’écart, la sortie du rang déterminée, non la servilité qui peut la faire naitre. De la posture à la stature, il y a le courage et la cohérence. Ce sont ces invités surprise-là que l’on attend pour enfin faire la différence.

Pour le reste, sans la Russie, sans la Chine et sans l’Inde, le G7 n’a plus qu’une représentativité résiduelle. Il est complètement décalé par rapport aux nouveaux rapports de force du monde. Il fait figure de vieux club poussiéreux de ronchons déphasés qui jouent au bridge tandis que la vraie partie se joue ailleurs et sans eux, dans un gigantesque jeu de go. Vladimir Poutine l’a d’ailleurs cruellement rappelé à Brégançon. Certes, l’Occident a de beaux restes. Asinus asinum fricat. Entre Boris Johnson, désormais sans équivoque aux ordres de Washington et salivant à l’idée des retombées commerciales qu’il en attend pour une Grande-Bretagne débarrassée de l’Europe technocrate, Jair Bolsonaro – hors club mais qui éructe sa grossièreté brouillonne envers Paris, Angela Merkel qui compte les jours la séparant d’une sortie de ce panier de crabes ingrats, et les autres qui font de la figuration dans cet aréopage de carpes et de lapins, Paris va devoir changer de niveau.

Et surtout réfléchir au fond. Des actes, du courage enfin ! Un changement de pied radical sur les dossiers syrien et yéménite (il n’y aura pas un mot à Biarritz sur cette atroce guerre pour rien !), de l’audace sur l’Iran, les sanctions russes et les accords de Minsk. Voilà l’occasion d’être « disruptif » pour de bon. Sur tous ces dossiers, nous avons d’évidentes positions à prendre pour faire bouger les lignes dans le bon sens et nous rendre enfin de nouveau utiles. Vue l’aboulie des Européens sur tous ces sujets, faire la différence n’est pas difficile. L’heure est grave pour la France. Il faut se réveiller et sortir de la politique spectacle. Je ne peux croire que notre président préfère la fausse lumière des idéalités qui s’abiment dans un réel sanglant à la chaleur d’une politique moins cynique, plus humaine et enfin efficace.

 

*Caroline Galactéros, présidente de Geopragma

Source :http://geopragma.fr/index.php/2019/08/28/c-galacteros-amazonie-iran-gafa-macron-fait-du-bruit-pour-masquer-son-impuissance/


G7, ou les 7 nains au boulot

...par Patrick Robert, chef d'entreprise - le 25/08/2019.

Chez moi, dans ce qu’il était convenu d’appeler du délicieux nom de « lieux d’aisances », j’ai affiché une carte du monde. D’abord, cela permet d’apprendre la géographie mais, ensuite, et surtout, de relativiser les choses et de rester modeste.
Ce qui frappe, d’emblée, c’est le gigantisme de la Russie, avec ses 17 millions de kilomètres carrés (11 % des terres immergées). Si on y ajoute la Chine et ses 9,5 millions de kilomètres carrés, on obtient un ensemble énorme, sans même évoquer les notions de PIB (la Chine, c’est 16 % du PIB mondial) ni de population.

Alors, quand j’observe tout le cirque fait par Macron à cette réunion du G7, je me dis que tout cela est une esbroufe de plus.

 

Sans la Russie ni la Chine ni, même, le Brésil (cinquième pays du monde en superficie), ce G7, c’est plutôt l’un de ces petits cirques Zavatta qui tournent l’été dans les stations balnéaires comme Barnum au temps de sa splendeur.

 

Il faut tout de même être un peu sérieux : prétendre régler la question iranienne sans la présence de la Russie ni de la Chine, c’est franchement se moquer du monde, pour rester poli.

Il en va, naturellement, de même pour les sujets du climat, les questions économiques et tout le reste.

 

Et, d’ailleurs, il y a quelque chose de profondément « malsain » dans ces réunions où « ça surjoue » à tour de bras.

 

Angela me fait plutôt pitié : elle sait que sa fin politique est proche. Elle semble traîner toute la misère du monde et de son pauvre pays englué dans ses problèmes de migrants.

 

Le pétulant Trudeau, grand ami d’Emmanuel, a perdu de sa superbe et commence, lui aussi, à avoir de sérieux problèmes internes.

 

Donald, fidèle à lui-même, n’en a « strictement rien à cirer » et n’est là que pour montrer que l’Amérique, c’est l’Amérique.

 

Abe, le nippon, doit se demander si, enfin, Macron va oser évoquer le cas de Carlos Ghosn en public. Verra-t-on Abe céder ?

 

Quant à Boris, il est clair qu’il n’hésitera pas à « mettre les pieds dans le plat », tout comme il a mis le pied sur le guéridon à l’Élysée et qu’il ne cherche que des accords de libre-échange, en particulier avec son ami Donald.

 

Tout cela, cela sent « la fin de race » et il n’est que notre brillant Monsieur Loyal de président pour faire croire que le spectacle va commencer alors que c’est plutôt le clap de fin.

 

Et pendant que les sept nains font semblant de bosser à grand renfort de caméras et de trompettes, il y a fort à parier que Xi et Poutine s’occupent, eux, de choses sérieuses.

 

Comme l’Organisation de coopération de Shanghai, vous savez, cette « petite » organisation qui regroupe la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan… En tout, 3,25 milliards d’habitants et… 5,6 millions de soldats.

De quoi soutenir l’Iran, même contre les sept nains.

 

Source : https://www.bvoltaire.fr/g-7-ou-les-7-nains-au-boulot/

 


La fonction présidentielle dégradée.

L'infâme Femen Inna Shevchenko au G7 à la même table que Macron 27 Août 2019,

 

 
Objet : L'infâme Femen Inna Shevchenko a participé officiellement au G7 à la même table que Macron 27 Août 2019,

L'infâme Femen Inna Shevchenko a participé officiellement au G7 à la même table que Macron -

le 27 Août 2019,

 

 

L’information est passée quasiment inaperçue, simplement soulignée par un tweet enthousiaste de l’ineffable Marlène Schiappa et quelques articles de la mouvance “féministe” : la Femen Inna Shevchenko participait de façon officielle au G7 de Biarritz, désignée par la Macronie pour siéger au Conseil consultatif pour l’égalité femmes-hommes du G7 et se retrouver à la même table que le président de la république.

Certes, il fallait un œil très attentif pour la reconnaître. Pour l’occasion, elle avait adopté un look très embourgeoisé, loin de l’image d’hystérique dépoitraillée enchaînant les provocations antichrétiennes, les blasphèmes, les profanations et les séances d’exhibitionnisme sous l’objectif des photographes de presse et des caméras de télévision.

Pourtant, c’était bien elle.

Dès leur arrivée en France, l’ukrainienne Inna Shevchenko et son mouvement Femen avaient bénéficié d’évidentes collusions avec différents cercles du Pouvoir. Mais Inna Shevchenko apparaît désormais de plus en plus officiellement comme une interlocutrice appréciée lors des rendez-vous du Nouvel Ordre Mondial.

 

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