REVUE DE PRESSE

 

La revue de presse du 15 avril 2024

 


Par Wayan – Le 15 avril – Le Saker Francophone

Nous avons vu la semaine dernière qu’une des dernières violations des lois internationales par Israël a été le bombardement de l’ambassade iranienne à Damas, équivalent à un acte de guerre.

La première réaction de l’Iran a été de crier vengeance :

 

« L’Iran a déclaré mardi qu’il se vengerait d’Israël pour une frappe aérienne qui a tué deux de ses généraux et cinq conseillers militaires dans l’enceinte de son ambassade à Damas, augmentant ainsi le risque d’une nouvelle escalade du conflit au Moyen-Orient… Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a juré de se venger : “Le régime sioniste sera puni par nos courageux hommes ». »

Puis, pour éviter que les membres syriens et irakiens de « l’axe de résistance » ne recommencent à s’en prendre aux soldats étasuniens basés en Irak et en Syrie et que cela dégénère :

« Selon Axios citant un responsable américain, Washington a déclaré à Téhéran qu’il « n’était pas impliqué » et n’avait aucune connaissance antérieure de la frappe israélienne. »

Dix jours après ce bombardement de l’ambassade, l’Iran n’a toujours pas riposté militairement, après une tentative bloquée de riposte diplomatique, que les médias occidentaux ont passé sous silence :

« La semaine dernière, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France se sont opposés à un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU rédigé par la Russie qui aurait condamné l’attaque.

“La Russie avait rédigé un communiqué de presse condamnant l’attaque israélienne contre les locaux diplomatiques en Syrie, mais elle a été stoppée par l’insistance de nos collègues anglo-saxons”, a déclaré à la presse l’ambassadeur de Moscou à l’ONU, Vasily Nebenzya.

“Cela illustre clairement les doubles standards employés par la “troïka” occidentale et leur approche réelle, plutôt que déclarative, de la légalité et de l’ordre dans le contexte international”, a déclaré l’ambassadeur adjoint de la Russie à l’ONU, Dmitri Polyanskiy, dans un message sur X. »

L’Iran est donc obligé de réagir militairement, sinon Israël considérera cela comme une carte blanche pour amplifier ses attaques contre ce pays :

« « Si le Conseil de sécurité de l’ONU avait condamné l’acte d’agression répréhensible du régime sioniste contre nos locaux diplomatiques à Damas et avait ensuite traduit ses auteurs en justice, l’impératif pour l’Iran de punir ce régime voyou aurait pu être évité », a déclaré la mission iranienne dans un communiqué médiatique.

L’Iran a promis de mener une réponse « décisive » à l’attaque israélienne qui a tué sept membres du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), dont deux généraux, à Damas le 1er avril. »

Donc tout le monde est dans l’attente de la réponse iranienne. Seuls les Etats-Unis semblent avoir reçu un message conciliant de l’Iran :

« Les États-Unis s’attendent à une attaque de l’Iran contre Israël, mais qui ne serait pas suffisamment importante pour entraîner Washington dans la guerre, a déclaré jeudi un responsable américain.

La Maison Blanche a déclaré plus tôt que Washington ne voulait pas de conflit, ouvrant ainsi la voie à une propagation au Moyen-Orient et que les États-Unis avaient déclaré à l’Iran qu’ils n’étaient pas impliqués dans une frappe aérienne contre un haut commandant militaire iranien à Damas.

Des sources iraniennes ont déclaré à Reuters que Téhéran avait signalé à Washington qu’il répondrait à l’attaque israélienne contre son ambassade syrienne de manière à éviter une escalade majeure et qu’il n’agirait pas à la hâte, alors que Téhéran insiste sur ses exigences, notamment une trêve à Gaza. »

Il est donc visible que l’Iran est coincé entre la nécessité de répondre à cet acte de guerre israélien sans tomber dans le piège de Netanyahou qui cherche à entrainer la région, et les Etats-Unis avec, dans une guerre dévastatrice. D’autant plus que les quelques centaines de bombes nucléaires que possède Israël ne sont pas oubliées par le gouvernement iranien.

Un véritable bal diplomatique s’est donc déroulé cette semaine pour éviter tout embrasement :

« Hossein Amir-Abdollahian et Annalena Baerbock ont eu un entretien téléphonique jeudi, au cours duquel le plus haut diplomate iranien a également critiqué l’Allemagne pour sa “neutralité” sur le génocide israélien dans la bande de Gaza.

“Lorsque le régime israélien viole complètement l’immunité des individus et des lieux diplomatiques en violation du droit international et des Conventions de Vienne, la légitime défense est une nécessité”, a déclaré Amir-Abdollahian, selon un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran.

Le communiqué indique que les deux ministres ont discuté des derniers développements dans la région et des relations bilatérales, soulignant la nécessité de maintenir la voie du dialogue.

“La politique étrangère de la République islamique d’Iran vise toujours à éviter les tensions”, a déclaré Amir-Abdollahian. “Si une attaque de missile similaire avait eu lieu sur l’un des lieux diplomatiques de la zone de guerre en Ukraine, la réaction des États-Unis et de l’Europe aurait-elle été la même ?” »

« La Russie, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont exhorté jeudi les pays du Moyen-Orient à faire preuve de retenue et Israël a déclaré qu’il se préparait à “répondre à tous ses besoins en matière de sécurité” dans une région tendue par la menace iranienne de frapper Israël.

La compagnie aérienne allemande Lufthansa, l’une des deux seules compagnies occidentales à desservir Téhéran, a prolongé la suspension de ses vols vers la capitale iranienne et la Russie a mis en garde contre les voyages au Moyen-Orient…

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, a déclaré jeudi qu’il avait clairement fait savoir à Amirabdollahian que l’Iran ne devait pas entraîner le Moyen-Orient dans un conflit plus large.

“Je suis profondément préoccupé par le risque d’erreurs de calcul conduisant à de nouvelles violences”, a déclaré Cameron sur X.

Le porte-parole du Département d’État américain, Matthew Miller, a déclaré que le secrétaire d’État Antony Blinken avait appelé ses homologues, notamment les ministres des Affaires étrangères turc, chinois et saoudien, « à préciser que l’escalade n’est dans l’intérêt de personne et que les pays devraient exhorter l’Iran à ne pas escalader ». »

Commence alors à apparaitre la stratégie occidentale que l’on a déjà vu en jeu pour la Russie et la Chine, provoquer, provoquer, mais toujours indirectement, jusqu’à ce que le pays provoqué riposte, permettant ainsi de l’accuser d’être celui qui est l’agresseur.

Il est visible que les pays occidentaux ne considèrent pas Israël comme étant responsable de cette montée des tensions mais l’Iran qui cherche pourtant à éviter l’escalade, le disant publiquement, comme on l’a vu plus haut. Les Etats-Unis réitérant leur total soutien à Israël :

« Le président américain Joe Biden a déclaré mercredi que l’Iran menaçait de lancer une « attaque significative en Israël » et qu’il avait déclaré à Netanyahu que « notre engagement en faveur de la sécurité d’Israël contre ces menaces de l’Iran et de ses mandataires était à toute épreuve ».

Les États-Unis s’attendent à une attaque de l’Iran contre Israël, mais qui ne serait pas suffisamment importante pour entraîner Washington dans la guerre, a déclaré jeudi un responsable américain. »

Alors Israël Etat proxy des Etats-Unis dans une guerre, qui semble de plus en plus inévitable, au Moyen-Orient ou Netannyahou arrivant à faire entrer directement les Etats-Unis dans cette guerre, en faisant ainsi son proxy ? la question reste en jeu.

Ce qui est sûr c’est que, quelques soient leurs motifs, les deux pays veulent cette guerre mais feront tout pour que ce soit l’Iran qui soit accusé de l’avoir déclenché, comme pour le conflit russo-ukrainien, le conflit sino-taiwanais et le conflit Israël-Hamas.

Finalement, dans la nuit de samedi à dimanche, l’Iran à exercer ses représailles :

« Plus de 200 drones et missiles ont été lancé vers Israël samedi soir par les Gardiens de la révolution iranienne, le Hezbollah libanais et les Houthis au Yémen. Certains ont été intercepté par la défense antiaérienne américaine positionnée au Moyen-Orient.

Des détonations et des sirènes d’alerte ont commencé à retentir dans le ciel de Jérusalem vers 22h45 TU, ainsi que dans plusieurs régions d’Israël. »

Avec des tirs de missiles mais aussi avec la menace de fermer le détroit d’Ormuz :

« C’est la télévision iranienne qui a confirmé cette information, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. Le navire, le MSC Aries, appartient à un milliardaire israélien. Il a été saisi par la marine des Gardiens de la révolution. Le navire a été dirigé vers les eaux territoriales iraniennes.

Selon certains sites spécialisés, cela fait partie de la réponse de Téhéran à l’attaque contre son consulat le 1ᵉʳ avril dernier qui a fait seize morts, dont deux hauts gradés des Gardiens de la révolution. Cela montre que Téhéran est prêt à une escalade. »

L’Iran considère maintenant que « l’affaire est close » exprimant ainsi de nouveau qu’il ne veut pas que la situation dégénère :

« L’Iran a appelé les États-Unis à « rester à l’écart » de l’opération lancée dans la nuit contre Israël, qui est sa « réponse » à la frappe contre son consulat à Damas. « Il s’agit d’un conflit entre l’Iran et le régime voyou israélien, dont les États-Unis DOIVENT RESTER À L’ECART ! », déclare la mission iranienne à l’ONU dans un message posté sur X.

« Menée sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations Unies relatif à la légitime défense, l’action militaire de l’Iran était une réponse à l’agression du régime sioniste contre nos locaux diplomatiques à Damas », explique-t-elle. « L’affaire peut être considérée comme close. Toutefois, si le régime israélien commettait une nouvelle erreur, la réponse de l’Iran serait considérablement plus sévère », met en garde le message de la mission auprès des Nations unies. »

Il y a peu de chance que Netanyahou l’entende ainsi.

Encore un signe évident de l’hypocrisie des dirigeants occidentaux, cette fois au sujet de la Palestine. Ils proclament haut et fort que « la solution à deux Etats est la seule bonne solution » mais bloquent cette solution quand elle est en débat à l’ONU :

« Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU n’ont pas réussi, jeudi 11 avril, à se mettre d’accord concernant la demande d’adhésion pleine et entière des Palestiniens aux Nations unies (ONU), a annoncé l’ambassadrice maltaise, qui préside le Conseil en avril. « Il n’y a pas eu de consensus » sur l’admission d’un État palestinien, a déclaré Vanessa Frazier à l’issue d’une réunion à huis-clos. Mais cette absence de consensus n’empêche pas un État membre de soumettre la question à un vote du Conseil. »

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Cette semaine les Etats-Unis ont continué leur stratégie de harcèlement contre la Chine :

Cela a commencé par un article discret du Jakarta Post, publié le 5 avril :

« Les Philippines organiseront des exercices navals conjoints avec les États-Unis, le Japon et l’Australie, ont indiqué jeudi à l’AFP deux sources diplomatiques, alors que les quatre pays approfondissent leurs liens militaires pour contrer l’influence croissante de la Chine dans la région Asie-Pacifique. L’exercice aura lieu dimanche dans la mer de Chine méridionale contestée – que Pékin revendique presque entièrement – quelques jours avant que le président américain Joe Biden ne tienne le premier sommet trilatéral avec les dirigeants des Philippines et du Japon. Les sources diplomatiques ont parlé sous couvert d’anonymat car les exercices n’ont pas encore été officiellement annoncés. »

On y apprend donc que les Etats-Unis ont enrôlé le Japon, les Philippines et l’Australie pour organiser des exercices militaires à portée des côtes chinoises. Et cela sans avoir prévenu quiconque puisque quelques jours avant qu’ils ne débutent, ces exercices n’avaient toujours pas été annoncés. On imagine facilement comment l’armée chinoise a pris la chose.

On y apprend aussi que cette réunion militaire aura son équivalent politique dans les jours qui suivent, mettant au grand jour une coalition entre les Etats-Unis, l’Australie, le Japon et les Philippines manifestement dirigée contre la Chine.

Le 6 avril, juste la veille du déclenchement de ces exercices, Reuters en parle :

« Les forces de défense des États-Unis, du Japon, de l’Australie et des Philippines mèneront une « activité de coopération maritime » le 7 avril pour soutenir une région Indo-Pacifique libre et ouverte, ont annoncé samedi les pays, dans un contexte d’affirmation croissante de la Chine dans cette voie navigable.

Les exercices maritimes d’une journée comprendront des activités de communication et des manœuvres d’officier de quart dans la zone économique exclusive (ZEE) de Manille, en mer de Chine méridionale, a déclaré aux journalistes le porte-parole du ministère philippin de la Défense, Arsenio Andolong.

Le navire de combat littoral USS Mobile, la frégate australienne HMAS Warramunga et le destroyer japonais JS Akebono rejoindront deux navires de guerre philippins, a déclaré Andolong.

“Ils iront du sud vers le nord englobant la frontière entre les commandements ouest et nord”, a-t-il déclaré. »

La Chine a donc été obligé de réagir immédiatement :

« Le commandement du théâtre sud de l’Armée chinoise Populaire de Libération (APL) a organisé dimanche une patrouille conjointe de combat naval et aérien dans la mer de Chine méridionale, a annoncé l’APL, le même jour que les exercices conjoints auxquels ont participé les États-Unis, les Philippines, le Japon et L’Australie, qui, selon les analystes, était une mesure très provocatrice et agressive contre la Chine dans un contexte de tensions croissantes entre Pékin et Manille.

Des experts chinois ont déclaré dimanche que la patrouille de combat chinoise représentait une réponse du tac au tac aux exercices conjoints des États-Unis, des Philippines, du Japon et de l’Australie, illustrant la ferme détermination de l’APL et sa forte capacité à sauvegarder la souveraineté territoriale et les droits et intérêts maritimes de la Chine. Cela montre que la Chine, tout en faisant preuve d’une grande retenue sur la question de la mer de Chine méridionale, est également bien préparée à faire face à toute éventualité.

Ils ont également averti que l’ingérence extérieure représentée par les États-Unis dans la mer de Chine méridionale est devenue « la plus grande menace à la sécurité et à la stabilité régionales », et que le calcul des Philippines consistant à « inviter le loup dans la bergerie » n’est pas bien accueilli par les pays de la région et finira par se retourner contre lui. »

Suivi d’une déclaration du gouvernement chinois par l’entremise d’un éditorial du Global Times :

« Les quatre pays ont affirmé dans leur déclaration commune que l’exercice visait à sauvegarder « l’État de droit qui est le fondement d’une région indo-pacifique pacifique et stable » et à défendre « la liberté de navigation et de survol ». Cependant, c’est un mensonge total. Chaque année, plus de 100 000 navires et un tiers du commerce maritime transitent par la mer de Chine méridionale, et aucun ne s’est jamais plaint du fait que la Chine « entrave la liberté de navigation dans la mer de Chine méridionale ». Au contraire, des pays extérieurs à cette région, comme les États-Unis, ont fréquemment provoqué des tensions et montré leurs forces militaires en mer de Chine méridionale au fil des années, même sans changer d’excuses. Ce qu’ils veulent, ce n’est pas la liberté de navigation, mais la liberté « d’agir de manière imprudente » et la liberté d’utiliser des tactiques de « découpe en salami » en mer de Chine méridionale. Ce type de « liberté » ne fera que compromettre la paix et la stabilité régionales.

Par conséquent, il n’est pas nécessaire que les parties concernées et les médias étrangers spéculent à chaque fois sur les cibles spécifiques des actions de l’APL [l’armée chinoise]. Les forces navales et aériennes ainsi que la flotte du Southern Theatre Command sont en mesure de répondre à tout moment aux situations d’urgence. Qu’il s’agisse de patrouilles de routine ou de cette patrouille navale et aérienne conjointe, l’objectif des actions de l’APL en mer de Chine méridionale a toujours été très clair, à savoir sauvegarder résolument la souveraineté, la sécurité et les droits maritimes nationaux, ainsi que maintenir paix et stabilité en mer de Chine méridionale. Si les parties concernées entendent intensifier les tensions en mer de Chine méridionale et porter atteinte à l’intégrité territoriale et souveraine de la Chine, elles deviendront alors la cible de l’APL. Ceci n’est pas ambigu et c’est le signal correct que les parties concernées devraient recevoir des actions de l’APL. »

Réponse des Etats-Unis à cet avertissement :

« On peut s’attendre à davantage de patrouilles conjointes en mer de Chine méridionale après les exercices menés par les États-Unis, l’Australie, les Philippines et le Japon le week-end dernier, a déclaré mardi le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, avant les sommets américains cette semaine avec les dirigeants japonais et philippin. »

Le premier ministre japonais, Kishida, s’est ensuite rendu à Washington :

« Kishida, en difficulté chez lui, sera accueilli en grande pompe aux États-Unis, avec des drapeaux japonais ornant déjà les lampadaires de Washington et un dîner étincelant à la Maison Blanche avec quelque 200 invités.

Jeudi, il deviendra le deuxième dirigeant japonais à prendre la parole lors d’une réunion conjointe du Congrès après son prédécesseur assassiné, Shinzo Abe, qui avait prononcé un discours en 2015.

Les analystes politiques affirment que cette visite est une chance pour Kishida d’améliorer sa popularité nationale avant la course à la direction du Parti libéral-démocrate au pouvoir en septembre.

Les États-Unis salueront le Japon comme un allié régional et mondial vital et Kishida pourra se réjouir des réformes de défense qui ont éloigné le Japon de son pacifisme d’après-guerre.

Le porte-parole de la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, a déclaré lundi aux journalistes que les trois pays avaient « des objectifs stratégiques, des intérêts et des préoccupations de plus en plus convergents dans des zones comme la mer de Chine méridionale ».

“Nous allons chercher des moyens de continuer à approfondir la collaboration avec nos partenaires les plus proches pour garantir un Indo-Pacifique libre, ouvert, prospère et sécurisé“, a déclaré Kirby.

C’est ensuite Marcos, le président philippin, qui s’est rendu à Washington pour les rejoindre :

« Jeudi, Biden tient une réunion bilatérale avec le président philippin Ferdinand Marcos, qu’il avait déjà accueilli à Washington l’année dernière, avant que les deux ne rejoignent Kishida pour un sommet trilatéral qui devrait se concentrer sur la lutte contre la pression chinoise sur les Philippines dans la mer de Chine méridionale contestée.

“Une coopération étroite entre le Japon, les États-Unis et les Philippines est cruciale pour un ordre libre et ouvert fondé sur l’État de droit et pour la prospérité économique de la région”, a déclaré vendredi Kishida. »

Pendant qu’une coalition USA/Australie/Japon/Philippines est en train de se créer, dont le but n’est pas tant de « garantir un Indo-Pacifique libre, ouvert, prospère et sécurisé » que d’harasser la Chine, la relation sino-russe continue de de se renforcer :

« Alors que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est arrivé lundi en Chine pour une visite officielle, de nombreux observateurs ont déclaré que le partenariat stratégique global sino-russe serait encore renforcé malgré la pression américaine.

À l’invitation du Ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, qui est également membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois, le plus haut diplomate russe effectuera une visite officielle en Chine de lundi à mardi, a annoncé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning.

Mao a déclaré lundi lors d’une conférence de presse de routine que les deux parties échangeraient leurs points de vue et coordonneraient leurs positions sur le développement des relations bilatérales, la coopération dans différents domaines et les questions internationales d’intérêt commun, en marge du 75e anniversaire du début des relations diplomatiques avec la Russie. »

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Le plus incroyable dans l’attitude des Etats-Unis est le fait qu’au lendemain d’exercices militaires agressivement tournés vers la Chine, ils envoient leur ministre de l’économie implorer le gouvernement chinois de « réduire sa capacité industrielle excédentaire ». Toujours cette attitude schizophrénique :

« La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a déclaré vendredi que les inquiétudes grandissaient quant aux conséquences économiques mondiales de la capacité manufacturière excédentaire de la Chine, faisant de cette question le thème principal de quatre jours de réunions économiques avec des responsables chinois.

La Chine est trop grande pour exporter sa croissance trop rapide et bénéficierait d’une réduction de sa capacité industrielle excédentaire qui exerce une pression sur les autres économies, a déclaré Mme Yellen devant une quarantaine de représentants de la Chambre de commerce américaine à Guangzhou.

“La surcapacité n’est pas un problème nouveau, mais elle s’est intensifiée et nous constatons l’émergence de risques dans de nouveaux secteurs”, a déclaré Yellen à Guangzhou, centre d’exportation du sud de la Chine, où elle a rencontré le vice-premier ministre He Lifeng et le gouverneur de la province du Guangdong, Wang Weizhong.

Yellen et d’autres responsables de l’administration Biden sont de plus en plus préoccupés par la surproduction chinoise de véhicules électriques, de panneaux solaires, de semi-conducteurs et d’autres biens qui inondent les marchés mondiaux face à une baisse de la demande sur le marché intérieur chinois.

Elle a déclaré que cela n’est pas sain pour la Chine et nuit aux producteurs d’autres pays, exhortant Pékin à abandonner les investissements dirigés par l’État et à revenir aux réformes axées sur le marché qui ont alimenté la croissance au cours des dernières décennies. »

On se demande comment les responsables étasuniens envisagent même de faire une telle demande, réduire son économie, de plus à un pays qu’ils harcèlent continuellement. Ont-ils conscience du ridicule d’une telle demande ? Comment espèrent-ils que la Chine y réponde positivement ?

Voici la réponse de la Chine :

« Les experts chinois ont déclaré que le battage médiatique autour de la « surcapacité » et les restrictions imposées aux véhicules électriques chinois témoignent d’un état d’esprit protectionniste visant à protéger les propres industries des États-Unis et de l’UE.

La soi-disant surcapacité des véhicules électriques chinois est le reflet de l’intervention de l’UE contre les produits chinois et témoigne d’une attitude protectionniste commerciale, a déclaré lundi Cui Hongjian, professeur à l’Académie de gouvernance régionale et mondiale de l’Université des études étrangères de Pékin.

“La surcapacité n’est pas une excuse appropriée pour une protection commerciale, et la définition de ce qu’on appelle la surcapacité est très subjective et manque de données de marché”, a ajouté M. Cui.

La production chinoise de véhicules à énergies nouvelles ne connaît pas d’excédent de capacité, et l’une des raisons à cela est que l’offre de véhicules électriques chinois répond en grande partie à sa propre demande intérieure, a déclaré lundi Wu Shuocheng, un analyste automobile chevronné, au Global Times.

En outre, le rythme rapide de développement de l’industrie chinoise des véhicules électriques garantit qu’il existe une demande constante de nouveaux modèles et de nouvelles technologies, conduisant à l’élimination progressive des anciens produits, et cet environnement de marché dynamique empêche l’apparition de surcapacités, a déclaré Wu.

Selon les données de l’Association chinoise des constructeurs automobiles, en 2023, la production et les ventes de véhicules à énergies nouvelles (NEV) en Chine ont totalisé respectivement 9,587 millions et 9,495 millions d’unités. »

Arnaud Bertrand nous explique, chiffres à l’appui, ce qu’il en est :

« Il est intéressant de réfléchir à ce que dit réellement Yellen lorsqu’elle demande à la Chine de remédier à sa « surcapacité industrielle », en particulier dans des domaines comme les panneaux solaires ou les véhicules électriques.

Tout d’abord, qu’est-ce que la « surcapacité industrielle » ? La définition officielle est « lorsque les capacités de production d’une industrie dépassent la demande pour ses produits, ce qui entraîne des inefficacités et une rentabilité réduite ».

Quels sont les indicateurs clés pour évaluer si un pays présente une « surcapacité industrielle » ? Il y a 3:

– Taux d’utilisation des capacités : il s’agit du % de la capacité industrielle d’un pays réellement utilisé. Si vous n’en utilisez pas beaucoup, vous avez trop de capacité.

– Niveaux de stocks : des niveaux élevés d’invendus peuvent indiquer que la production dépasse la demande, suggérant une surcapacité.

– Marges bénéficiaires : la baisse des marges bénéficiaires dans les secteurs manufacturiers pourrait indiquer une surcapacité, car les entreprises pourraient réduire leurs prix pour stimuler les ventes.

Alors regardons le cas de la Chine pour les trois.

Commençons par les taux d’utilisation des capacités. Regardez les graphiques : il est clair qu’ils sont restés à peu près constants en Chine au cours des 10 dernières années, s’établissant actuellement à environ 76 %, ce qui est dans la même fourchette que les taux d’utilisation américains, à environ 78 %. Donc pas de problème là-bas.

Examinons maintenant les niveaux de stocks. Au début de 2024, l’indice PMI des stocks de produits finis de la Chine s’élevait à environ 49 (https://en.macromicro.me/collections/25/cn-industry-relative/5728/china-pmi-new-order-and- stock-index) contre les États-Unis à 48 pour les stocks manufacturiers (https://en.macromicro.me/collections/8/us-industry-relative/40/ism-inventory). Un indice supérieur à 50 est le signe d’une augmentation des niveaux de stocks : ce n’est le cas ici dans aucun des deux pays, il n’y a donc aucun problème avec les niveaux de stocks.

Enfin, vérifions les marges bénéficiaires. Les bénéfices industriels de la Chine ont augmenté de 10,2 % au cours des deux premiers mois de l’année (https://bloomberg.com/news/articles/2024-03-27/china-s-industrial-profits-rise-in-sign-of-stabilizing -economy?embedded-checkout=true ), consolidant une séquence de gains depuis août de l’année dernière. Donc pas de problème là non plus.

Alors ça donne quoi ? Quelle que soit la manière dont on considère les choses, il n’y a tout simplement aucun signe de surcapacité industrielle en Chine.

En accusant la Chine de « surcapacité industrielle », les États-Unis pourraient-ils vouloir dire que la Chine enfreint les règles de l’OMC en pratiquant le « dumping », c’est-à-dire la pratique selon laquelle les entreprises exportent des produits à des prix inférieurs à ceux qu’elles pratiquent sur leur marché intérieur, ou inférieurs au coût de production ? Non, ce n’est pas ce que la Chine est accusée de faire ici : malgré les prix très bas de ses véhicules électriques ou de ses panneaux solaires, les entreprises impliquées réalisent toujours des bénéfices (comme nous venons de le voir, les bénéfices industriels augmentent à deux chiffres), et ils facturent des prix plus élevés à l’étranger que chez eux.

Non, le véritable problème ici n’est en fait pas celui de la capacité industrielle mais celui de la compétitivité. Ce qui est clair, c’est que la compétitivité des entreprises chinoises est écrasante : aujourd’hui, dans de nombreux secteurs – comme l’énergie solaire ou les véhicules électriques – les entreprises américaines ou européennes n’ont tout simplement aucun moyen de rivaliser avec les entreprises chinoises. C’est là le vrai problème : Yellen et les dirigeants occidentaux ont peur que si les choses continuent, la Chine mange tout simplement le déjeuner de tout le monde.

Contrairement à la croyance populaire, cette compétitivité n’est pas due à la « main d’œuvre bon marché » chinoise. Tim Cook d’Apple a extrêmement bien expliqué cela (https://inc.com/glenn-leibowitz/apple-ceo-tim-cook-this-is-number-1-reason-we-make-iphones-in- china-its-not-what-you-think.html) : « Il y a une confusion à propos de la Chine. La conception populaire est que les entreprises viennent en Chine en raison du faible coût de la main d’œuvre. Je ne sais pas dans quelle partie de la Chine ils vont, mais la vérité est que la Chine a cessé d’être le pays à faible coût de main-d’œuvre il y a de nombreuses années. Et ce n’est pas une raison pour venir en Chine du point de vue de l’offre. La raison en est la compétence, la quantité de compétence présente dans un endroit et le type de compétence dont il s’agit. Il en attribue le mérite au système éducatif chinois : « J’accorde beaucoup de crédit au système éducatif pour avoir continué à insister sur ce point, même lorsque d’autres mettaient moins l’accent sur la formation professionnelle […] La Chine a appelé cela dès le début. »

Avoir une grande profondeur de compétences est une chose, mais il y a aussi le contrôle de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement puisque la Chine est le seul pays au monde à produire toutes les catégories de marchandises classées par l’Organisation mondiale des douanes (OMD). Cela lui confère un avantage clé en termes de prix finaux : lorsque vous souhaitez construire quelque chose en Chine, vous pouvez littéralement trouver toute la chaîne d’approvisionnement chez vous.

Les prix de l’énergie sont une autre affaire : par exemple, l’Agence internationale de l’énergie souligne que « une électricité à faible coût est essentielle pour la compétitivité des principaux piliers de la chaîne d’approvisionnement solaire photovoltaïque » (https://iea.org/reports/solar-pv- global-supply-chains/executive-summary) et « environ 80 % de l’électricité utilisée aujourd’hui dans la production de polysilicium est consommée dans les provinces chinoises à un prix moyen de l’électricité d’environ 75 USD par mégawattheure (MWh) ». À titre de comparaison, en 2023, les prix de l’énergie pour les clients industriels en Allemagne étaient en moyenne de 251,21 USD par mégawattheure (MWh) (https://statista.com/statistics/1346782/electricity-prices-commercial-industrial-customers-germany/) : c’est un incroyable 234,94 % plus cher !

Enfin, la Chine est devenue une puissance d’innovation. En 2023, elle a déposé à peu près autant de brevets que le reste du monde réuni (https://brevettinews.it/en/patents/wipo-annual-report-2023-more-patent-applications-but-less-trademarks-and- design/ ) et on estime désormais qu’elle est à la tête de 37 des 44 technologies critiques pour l’avenir (https://aspi.org.au/report/critical-technology-tracker ). Tout cela a également des implications en ce qui concerne les prix finaux de ses produits. Pour reprendre l’exemple des panneaux solaires, l’AIE note que « l’innovation continue menée par la Chine a réduit de moitié l’intensité des émissions de la fabrication solaire photovoltaïque depuis 2011 » (https://iea.org/reports/solar-pv-global-supply- chains/executive-summary ), ce qui signifie que non seulement la Chine a des prix de l’électricité brute immensément moins chers qu’en Occident, mais qu’elle a innové de telle manière qu’elle utilise beaucoup moins d’électricité dans la production de ses panneaux solaires…

Ainsi, « la menace d’une surcapacité industrielle de la Chine » est un mot à la mode qui signifie en réalité que la Chine est tout simplement trop compétitive, et en lui demandant de s’attaquer à ce problème, ce que Yellen demande réellement à la Chine s’apparente à un sprinter demandant à Usain Bolt de courir mojns vite parce qu’il ne peut pas suivre.

Maintenant, je ne dis pas que cette demande n’a aucun mérite. En fin de compte, il est compréhensible que lorsque vous voyez un concurrent gagner continuellement en force, vous deveniez très inquiet quant à votre propre avenir et à celui de vos collaborateurs. Mais il faut le formuler de la bonne façon : le présenter comme si la Chine faisait quelque chose de mal avec une « surcapacité » délibérée n’est qu’une caractérisation très injuste. La Chine a bien joué le jeu : comme l’explique Tim Cook, elle a investi avant tout dans sa population, dans son éducation. Ils ont également investi beaucoup de temps dans l’innovation et ne se sont pas tiré une balle dans le pied en matière de prix de l’énergie comme l’a fait l’Europe, entre autres politiques. »

Comme le conclut Simplicius (dont je recommande la lecture du texte en entier), l’Occident ferait mieux d’analyser la raison de sa perte de compétitivité face à la Chine que de lui faire des demandes ridicules :

« Les économies américaines et européennes fondées sur le marché luttent pour survivre face au modèle économique alternatif “très efficace” de la Chine, a averti une des principales représentantes américaines au commerce, selon Euractiv.

Katherine Tai a déclaré lors d’une réunion d’information à Bruxelles jeudi que les politiques “non commerciales” de Pékin causeront de graves dommages économiques et politiques, à moins qu’elles ne soient combattues par des “contre-mesures” appropriées. Les remarques de Mme Tai ont été faites alors que le Conseil du commerce et de la technologie (CCT) entre l’UE et les Etats-Unis a débuté à Louvain, en Belgique.

“Je pense que le défi que nous lance la Chine est la capacité de nos entreprises à survivre face à un système économique très efficace “, a déclaré M. Tai en réponse à une question d’Euractiv.

En bref : la Chine ne joue pas franc jeu – elle privilégie son peuple et son économie à la spéculation financière, ce qui fait que ses entreprises sont plus compétitives que les nôtres !

Mais ce dont elle parle vraiment touche à l’essence même de la différence entre les deux systèmes :

La responsable du commerce a décrit la Chine comme un système “que nous avons décrit comme n’étant pas basé sur le marché, comme étant fondamentalement nourri différemment, contre lequel un système basé sur le marché comme le nôtre aura du mal à rivaliser et à survivre”.

Ce sont des mots codés : ce qu’elle entend par “basé sur le marché” est le capitalisme de libre marché, tandis que la Chine utilise davantage un système directif à planification centralisée, comme indiqué plus haut. Rappelez-vous que j’ai récemment publié des plaintes de responsables occidentaux selon lesquelles leurs entreprises ne sont pas en mesure de concurrencer les fabricants de matériel de défense russes en raison de l’efficacité “déloyale” de leur style de “planification centralisée”.

Là encore, ce qu’ils veulent dire, c’est que le gouvernement chinois crée des directives qui font fi des “logiques de marché” et qui visent à améliorer directement la vie des citoyens ordinaires. En Occident, rien de tel n’existe : toutes les décisions du marché ne reposent que sur les spéculations des sociétés financières, totalement détachées, et sont exclusivement prises par un petit groupe d’élites financières et bancaires au sommet de la pyramide.

Vous voyez, les États-Unis sont menacés parce qu’ils savent qu’ils ne pourront jamais rivaliser équitablement avec la Chine, car il faudrait étouffer ou contenir leur propre élite financière gloutonne – il ne leur reste donc qu’une seule voie pour rester dans la course : le sabotage et la guerre.

C’est la véritable raison pour laquelle les États-Unis cherchent désespérément à attiser une invasion chinoise de Taïwan par diverses provocations, y compris des livraisons d’armes. Tout comme les États-Unis ont utilisé l’Ukraine comme bélier pour saigner et affaiblir économiquement la Russie, la déconnectant ainsi de l’Europe, ils espèrent utiliser Taïwan contre la Chine. Ils aimeraient fomenter une guerre sanglante qui laisserait la Chine meurtrie et économiquement en retrait, afin de donner un peu d’air à l’économie américaine, en pleine déliquescence et assoiffée d’argent.

Mais il est peu probable que cela fonctionne – la Chine est trop sagace pour mordre à l’hameçon et tomber dans le piège. Elle attendra patiemment que les choses se passent, laissant les États-Unis se noyer dans leur poison et leur trahison sans fin. »

Nous voyons se dérouler sous nos yeux le moment où le système politique chinois montre au monde entier qu’il est plus efficace économiquement que le système occidental. Beaucoup d’occidentaux ne le savent pas encore et continueront de l’ignorer tant qu’il se réfèreront aveuglement à ce que leur disent leurs médias.

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Mais il n’y a pas qu’aux frontières chinoises que les Etats-Unis lancent des exercices militaires. Aux frontières russes aussi :

« Les troupes américaines en Moldavie dans le cadre d’un Plan B pour l’Ukraine

La Moldavie pourrait être considérée comme une zone de transit pour les forces américaines et de l’OTAN en cas de victoire russe et d’éclatement de l’Ukraine.

De gros problèmes pourraient se préparer dans la petite Moldavie, qui commence à ressembler à une zone de transit pour l’Union européenne destinée à compenser une victoire russe qui arrive en Ukraine. Il n’est pas clair si un tel plan, s’il était tenté, réussirait. Mais la Moldavie n’est pas le pays le plus stable au monde, avec une nation divisée entre éléments pro-européens et pro-russes.

Les troupes américaines sont désormais en Moldavie avec des Roumains, pour un exercice militaire appelé JCET 2024 (Joint Command Exchange Training). L’exercice a débuté le 1er avril et se poursuivra jusqu’au 19 avril.

Selon un communiqué du ministère moldave de la Défense, « le but de l’exercice est la formation conjointe et l’échange d’expériences entre les forces spéciales moldaves, roumaines et américaines, ainsi que l’augmentation du niveau d’interopérabilité entre les contingents participants. L’événement de cette année réunira également des représentants du Service de protection et de sécurité de l’État [moldave] et des forces spéciales Pantera.

Ces exercices ne sont pas nouveaux, mais ils revêtent aujourd’hui une nouvelle urgence en raison de l’évolution de la situation en Ukraine voisine.

Les États-Unis parrainent ce qu’ils appellent le dialogue stratégique entre la Moldavie et les États-Unis à Chisinau, la capitale moldave.

Les États-Unis ont débloqué près de 320 millions de dollars américains en nouvelle aide économique, sécuritaire et humanitaire pour aider la Moldavie. Cette aide comprend 30 millions de dollars d’appui budgétaire non remboursable décaissés en décembre 2022 pour les achats d’électricité. »

Dans sa folie, le gouvernement ukrainien s’attaque à la centrale nucléaire de Zaporozhye pour la faire exploser :

« Plus tôt cette semaine, la centrale nucléaire a perdu la connexion à sa seule ligne électrique de secours restante, une source clé d’électricité dont elle a besoin pour refroidir ses réacteurs, et l’équipe de l’AIEA sur le terrain a rapporté avoir entendu « de nombreux tirs d’artillerie » à proximité de l’usine. Vendredi, la centrale nucléaire a écrit sur Telegram qu’elle avait récemment été attaquée à plusieurs reprises par des drones ukrainiens.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a mis en garde Kiev vendredi contre de nouvelles attaques contre l’usine, soulignant qu’elles pourraient endommager les infrastructures critiques et déstabiliser l’installation. Elle a également appelé l’AIEA à faire connaître au public les récentes attaques et leurs auteurs.

“Nous exhortons vivement l’AIEA et ses dirigeants à utiliser activement les experts présents à la station pour enregistrer publiquement tous les cas d’attaques du côté ukrainien et indiquer clairement d’où vient réellement la menace pour le fonctionnement sûr de cette installation”, a-t-elle déclaré dans une déclaration. »

L’IEAE a donc condamné ces attaques, sans condamner leur auteur :

« Le chef de l’agence de surveillance atomique de l’ONU a condamné dimanche une frappe de drone sur l’un des six réacteurs nucléaires de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, sous contrôle russe, en Ukraine, affirmant que de telles attaques « augmentent considérablement le risque d’un accident nucléaire majeur ».

Dans une déclaration sur la plateforme de médias sociaux X, Rafael Mariano Grossi a confirmé qu’au moins trois coups directs contre les structures de confinement du réacteur principal de la ZNPP ont eu lieu. “Cela ne peut pas arriver”, a-t-il déclaré.

La Russie a imputé l’attaque à l’Ukraine, mais l’Agence internationale de l’énergie atomique de l’ONU n’a pas attribué cette responsabilité. Les responsables de Kyiv n’ont fait aucun commentaire dans l’immédiat. »

L’impossibilité à atteindre leur objectif de déstabiliser la Russie les rend fous. Voilà maintenant que certains députés étasuniens accusent leurs collègues, ceux qui disent qu’il faut trouver une porte de sortie au conflit Russo-ukrainien ou ne plus s’en occuper, de propager la « propagande russe au cœur même du Congrès » :

« Le président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, Mike Turner (Républicain de l’Ohio), a souligné la portée étendue de la propagande russe et a déclaré dimanche qu’elle avait même infesté le Congrès américain.

Dans une interview à « L’état de l’Union » de CNN avec Jake Tapper, Turner a déclaré qu’il était d’accord avec le représentant Michael McCaul (Républicain du Texas), président de la commission des affaires étrangères de la Chambre, qui a pointé du doigt les médias conservateurs et a déclaré : « La propagande russe a malheureusement fait son chemin aux États-Unis et a infecté une bonne partie de la base de mon parti. »

“Oh, c’est absolument vrai”, a déclaré Turner à Tapper à propos des remarques de McCaul. « Nous voyons directement de la Russie des tentatives visant à masquer des communications qui sont des messages anti-Ukraine et pro-russes, dont certains sont même prononcés à la Chambre. »

“Je veux dire, il y a des membres du Congrès aujourd’hui qui disent encore à tort que ce conflit entre la Russie et l’Ukraine est au sujet de l’OTAN, ce qui n’est bien sûr pas le cas”, a déclaré Turner. « [Le président russe] Vladimir Poutine a fait savoir très clairement, tant publiquement qu’à sa propre population, qu’il considérait qu’il s’agissait d’un conflit portant sur une revendication beaucoup plus large de la Russie, sur l’Europe de l’Est, et incluant la revendication de l’ensemble du territoire ukrainien comme étant celui de la Russie. »

« Maintenant, dans la mesure où cette propagande s’installe, il nous est plus difficile de réellement considérer cela comme une bataille entre l’autoritarisme et la démocratie, ce qui est bien ce dont il s’agit. Le président chinois Xi [Jinping] et Vladimir Poutine eux-mêmes l’ont identifié comme tel », a déclaré Turner.

« Nous devons défendre la démocratie. Nous devons nous assurer que nous savons que les régimes autoritaires ne s’arrêtent jamais lorsqu’ils déclenchent une agression. L’Ukraine a besoin de notre aide et de notre assistance maintenant et c’est un moment très critique pour que le Congrès américain intensifie ses efforts et fournisse cette aide », a poursuivi Turner. »

Pendant ce temps, l’enquête russe sur l’attentat à Crocus continue :

« Une entreprise ukrainienne liée à la famille Biden a été citée dans une enquête criminelle sur le financement du terrorisme, a annoncé mardi la commission d’enquête russe. Le conglomérat industriel Burisma Holdings, qui employait Hunter Biden comme directeur hautement rémunéré dans les années 2010, fait partie de plusieurs entités répertoriées par les enquêteurs.

Jusqu’à présent, les enquêteurs ont « établi que les fonds transitant par des organisations commerciales, notamment le conglomérat pétrolier et gazier Burisma Holdings, opérant en Ukraine, ont été utilisés ces dernières années pour mener des attaques terroristes en Russie », a déclaré la porte-parole de la commission, Svetlana Petrenko. Des activités terroristes ont également eu lieu dans des pays tiers, visant à « éliminer des personnalités politiques et publiques de premier plan, ainsi qu’à causer des dommages économiques », a-t-elle ajouté.

Les spécialistes du comité travaillent « en coopération avec d’autres services de renseignement et de renseignement financier », a noté Petrenko. L’examen s’articule actuellement autour de « la vérification des sources de revenus et des mouvements ultérieurs de fonds d’un montant de plusieurs millions de dollars américains » et de l’examen de l’implication potentielle de « individus spécifiques parmi les responsables gouvernementaux, les personnes appartenant à des organisations civiques et commerciales des pays occidentaux » a déclaré la porte-parole.

Burisma est probablement mieux connue au niveau international pour ses liens controversés avec l’actuelle première famille des États-Unis. Au printemps 2014, à la suite du coup d’État de Maidan à Kiev, soutenu par les États-Unis, la société énergétique ukrainienne a embauché Hunter Biden et son partenaire commercial Devon Archer comme directeurs, offrant un salaire d’un million de dollars par an.

Le père de Biden, Joe, était à l’époque vice-président du président Barack Obama et supervisait la politique de Washington en Ukraine. Il s’est un jour vanté d’avoir fait licencier un procureur chargé de la corruption – ce qui s’est produit juste après que le fonctionnaire a commencé à enquêter sur Burisma.

L’entreprise a également proposé des paiements de protection au gouvernement de Kiev, selon l’ancien député ukrainien Andrey Derkach. Son co-fondateur Nikolay Zlochevsky a payé quelque « 800 millions de hryvnias [plus de 21 millions de dollars] pour le financement du terrorisme » dans « diverses juridictions », a affirmé Derkach en janvier.

« Les dirigeants des services de sécurité ukrainiens ne cachent pas qu’ils commettent des actes terroristes et des assassinats politiques contre des fonds extrabudgétaires », avait-il déclaré à l’époque. « Une fois de plus : les partenaires de Biden dans le secteur de la corruption en Ukraine financent des actes terroristes, évitant ainsi toute responsabilité dans la corruption en Ukraine. »

Derkach a affirmé qu’il était courant que les propriétaires de grandes entreprises en Ukraine « fassent un don » à l’effort de guerre en échange d’une immunité contre les poursuites. Il a évoqué une affaire pénale contre Zlochevsky concernant un pot-de-vin de 6 millions de dollars qui s’est terminée par le paiement par le propriétaire de Burisma d’une amende de 1 800 dollars. »

A lundi prochain

 

La revue de presse du 8 avril 2024

 


Par Wayan – Le 8 avril – Source : Le Saker Francophone

On sent, en lisant les médias occidentaux, que la défaite de l’Ukraine commence à devenir une éventualité qui s’est finalement installée dans l’esprit des dirigeants :

« L’Ukraine risque fort de voir ses lignes de front s’effondrer

Selon des officiers ukrainiens de haut rang, la situation militaire est sombre et les généraux russes pourraient réussir partout où ils décideront de concentrer leur prochaine offensive. »

Du coup, l’impopulaire loi de mobilisation qui trainait depuis des mois sur le bureau de Zelensky est signée :

 

« Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a signé mardi 2 avril un projet de loi prévoyant l’abaissement de l’âge de la mobilisation militaire de 27 à 25 ans, alors que les forces armées manquent d’hommes pour faire face à l’invasion russe. Ce projet de loi, qui avait été voté il y a un an par les députés, entre en vigueur à partir de mercredi, a indiqué la Rada, le Parlement ukrainien, sur son site internet. »

L’OTAN voyant que les promesses d’aide de ses membres sont peu suivies d’effet propose de prendre le relais :

« Le chef de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a proposé un programme d’aide militaire à l’Ukraine de 100 milliards d’euros sur cinq ans, qui donnerait à l’alliance occidentale un rôle plus direct dans le soutien à Kiev, ont déclaré mardi cinq diplomates.

Selon ce plan, l’OTAN reprendrait une partie du travail de coordination d’une coalition ad hoc dirigée par les États-Unis, connue sous le nom de groupe Ramstein – une mesure destinée en partie à se prémunir contre toute réduction du soutien américain si Donald Trump revenait à la Maison Blanche, ont déclaré des diplomates. »

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L’enquête du gouvernement russe sur l’attaque terroriste contre l’hôtel de ville de Crocus avance :

« “Les premiers résultats de l’enquête confirment pleinement le caractère planifié des actions des terroristes, la préparation minutieuse et le soutien financier des organisateurs du crime. Grâce à la collaboration avec les terroristes détenus, à l’analyse des appareils techniques saisis, à l’analyse des informations concernant des transactions financières, des preuves de leurs liens avec les nationalistes ukrainiens ont été obtenues”, a déclaré la commission d’enquête russe sur Telegram.

Les terroristes ont reçu d’Ukraine d’importantes sommes d’argent et de crypto-monnaie, ont ajouté les enquêteurs russes.

Les services spéciaux russes ont accompli leur tâche en découvrant cette preuve, mais ils “refusent de nous entendre en Occident, les mécanismes mondiaux ne fonctionnent plus”, a déclaré Kirill Kabano”.

« Les Américains peuvent brandir une fiole vide et l’utiliser comme prétexte pour déclencher une guerre et détruire un État tout entier, comme ce fut le cas en Irak. Malheureusement, je ne suis pas du tout sûr que nos preuves concernant les transferts de cryptomonnaies seront entendues. Mais pour les citoyens de nombreux pays, cela pourrait améliorer leur perception de la réalité “, a noté l’expert.

Pour les habitants des pays occidentaux dont les dirigeants restent déterminés à soutenir le régime de Kiev, il est grand temps de se confronter à la réalité de ce qui se passe réellement en Ukraine, estime l’analyste. « Il est très important qu’ils commencent à comprendre tout ce qui se passe concernant l’Ukraine, y compris dans leur propre pays. Pour nous, il était clair dès le départ qui était derrière cette attaque terroriste… Je pense qu’il est temps que le monde le comprenne aussi », a déclaré Kabanov. »

La Russie a donc pris les premières mesures légales qui s’imposent :

« Moscou a exigé que l’Ukraine livre tous ceux qu’elle soupçonne de terrorisme dans le pays, y compris le patron de l’agence d’espionnage intérieure de Kiev, Vasily Malyuk, et qu’elle cesse immédiatement de soutenir toute activité connexe entreprise par ces individus et groupes, a annoncé dimanche le ministère russe des Affaires étrangères.

Le ministère a déclaré qu’il avait officiellement contacté Kiev au sujet des demandes formulées dans le cadre de la Convention internationale pour la répression des attentats terroristes à l’explosif et de la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme adoptées par l’ONU. Les exigences incluent « l’arrestation et l’extradition immédiates » de tous les suspects que Moscou a identifiés et liés aux récentes attaques terroristes contre la Russie.

L’attaque meurtrière contre l’hôtel de ville de Crocus, qui “a choqué le monde entier, n’est de loin pas la première attaque terroriste subie par notre pays récemment”, a noté le ministère. “Les enquêtes menées par les organes russes compétents indiquent que les traces de tous ces crimes mènent à l’Ukraine”, souligne-t-il. »

Le « patron de l’agence d’espionnage intérieure de Kiev, Vasily Malyuk » fait partie de la liste pour :

« être responsable de l’explosion d’un pont en Crimée qui, selon la Russie, a tué cinq personnes en octobre 2022. Le communiqué qualifie l’explosion d’”attaque à la bombe barbare” parmi plusieurs autres. »

La commission d’enquête compte bien la mener jusqu’au bout :

« La commission d’enquête russe a lancé une enquête sur les allégations selon lesquelles l’Ukraine et ses soutiens occidentaux seraient impliqués dans des activités terroristes sur le sol russe. Cela fait suite aux plaintes déposées par des députés et des personnalités publiques la semaine dernière.

Les forces de l’ordre ont annoncé lundi qu’elles poursuivaient l’enquête procédurale après avoir examiné les accusations initiales. La plainte initiale, que le Comité a confirmé avoir reçue mercredi dernier, identifiait les États-Unis et leurs alliés comme étant à l’origine d’une série d’attaques sur le sol russe. L’agence enquête sur « l’organisation, le financement et la conduite d’actes terroristes » présumés par ces pays.

Nikolay Kharitonov du Parti communiste, l’un des députés qui ont déposé la notification initiale, a insisté sur le fait que les pays occidentaux ont « bénéficié » de l’attaque terroriste contre l’hôtel de ville de Crocus, près de Moscou, au début du mois. Les opposants géopolitiques de la Russie avaient tout à gagner de cette tragédie et comptaient « sur leur inaccessibilité et leur impunité ». »

Car si les Etats-Unis ne sont, pour l’instant, pas considérés comme des participants directs à l’attaque, ils sont soupçonnés de complicité :

« Dans un communiqué de presse publié lundi, le SVR affirme avoir reçu des informations selon lesquelles des ONG et des médias affiliés aux États-Unis ont été chargés de « dissiper de la communauté internationale tout soupçon sur l’implication de Vladimir Zelensky et de son entourage dans ce crime ».

Le service a suggéré que la Maison Blanche craignait que la découverte d’une « trace de Kiev » dans l’attaque ne « mette en évidence la nature terroriste du régime ukrainien » et ne fasse dérailler les tentatives de Washington d’accroître son soutien à l’Ukraine.

À titre d’exemple de ces tentatives visant à dissimuler l’histoire, le SVR a affirmé que les agences américaines tentaient de convaincre les alliés et partenaires des États-Unis que la branche afghane de l’État islamique, Vilayat Khorasan, était responsable de l’attaque.

Pour renforcer ce récit, les États-Unis ont « bourré » le secteur de l’information d’histoires sur la façon dont la Russie a longtemps été la cible de terroristes islamistes qui cherchent à se venger de la guerre en Tchétchénie au début des années 2000, du soutien de Moscou au président syrien Bashar Assad et pour avoir établi des liens avec les talibans en Afghanistan, a déclaré le SVR.

Le SVR a en outre rapporté que les personnalités de l’opposition russe qui ont quitté le pays ont également reçu l’ordre de « souligner le caractère infondé » de l’utilisation présumée par Moscou de l’attaque terroriste pour justifier son opération militaire en cours en Ukraine. »

Pour en être sûr, le bureau du procureur russe a demandé que certains pays occidentaux participent à l’enquête sur cette attaque terroriste, comme le demande les règlements internationaux sur le terrorisme :

« Le bureau du procureur général russe a envoyé des demandes officielles et des appels d’un groupe de députés aux États-Unis, à l’Allemagne, à la France et à Chypre, exigeant que ces pays enquêtent sur les récentes attaques terroristes contre la Russie.

Cela fait suite aux demandes de plusieurs députés de la Douma d’État d’ouvrir une enquête sur l’implication possible de personnes et d’organisations étrangères dans les attaques terroristes, ainsi que sur le sabotage des gazoducs Nord Stream.

Le bureau du procureur général a exprimé l’espoir que les autorités des quatre pays accèderont à la demande de Moscou et « rempliront les obligations qui leur sont assignées » en vertu de certaines conventions internationales.

Il s’agit notamment de la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme de 1999 et de la Convention internationale pour la répression des attentats terroristes à l’explosif de 1997. »

Poussant l’offensive diplomatique plus loin :

« Les États-Unis ont mené un effort coordonné visant à s’ingérer dans l’élection présidentielle russe de mars, ont déclaré les législateurs de Moscou dans un appel à l’ONU publié mercredi. Le document condamne les actions de « l’Occident Collectif » et appelle les instances internationales et les parlements étrangers à dénoncer les tentatives présumées de perturber le vote.

La campagne a débuté des mois avant les élections, selon l’appel rédigé par le Conseil de la Fédération de Russie, la chambre haute du parlement. Il souligne les déclarations faites par des responsables occidentaux et les documents adoptés par des organismes occidentaux qui qualifiaient l’élection d’illégitime, avant même que le vote ait lieu.

Le document russe mentionne spécifiquement une résolution adoptée par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) en octobre 2023 et des déclarations faites par la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, en février 2024.

La résolution d’octobre de l’APCE a qualifié la Russie de « dictature de facto » et a exhorté les États membres du Conseil de l’Europe « à reconnaître [le président] Vladimir Poutine comme illégitime », quel que soit le résultat du vote, et à « cesser tout contact avec lui, à l’exception des relations humanitaires ».

En février, Metsola a déclaré à la chaîne de télévision publique américaine RFE/RL que le Parlement européen « ne reconnaîtrait jamais » les résultats des élections russes de 2024.

Les tentatives d’ingérence se sont poursuivies pendant les trois jours du vote, indique l’appel, ajoutant que les appels à des actions de protestation et à des actes carrément illégaux ont été diffusés « depuis l’étranger ». Les appels publiés sur les réseaux sociaux « ont provoqué des violations flagrantes de la loi dans un certain nombre de régions russes », ajoute le document. »

Pour enfoncer le clou un peu plus profond :

« La Russie et l’OTAN sont désormais en “confrontation directe”, a déclaré le Kremlin alors que l’alliance dirigée par les États-Unis célébrait jeudi son 75e anniversaire.

Les vagues successives d’élargissement de l’OTAN à l’Est sont une obsession du président Vladimir Poutine, entré en guerre en Ukraine il y a deux ans dans le but déclaré d’empêcher l’alliance de se rapprocher des frontières russes. Au lieu de cela, la guerre a galvanisé l’OTAN, qui s’est à nouveau élargie avec l’adhésion de la Finlande et de la Suède.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré aux journalistes : “En fait, les relations ont désormais glissé jusqu’au niveau d’une confrontation directe”.

L’OTAN était “déjà impliquée dans le conflit entourant l’Ukraine (et) continue de se rapprocher de nos frontières et d’étendre son infrastructure militaire vers nos frontières”, a-t-il déclaré. »

Pendant ce temps, les attaques terroristes continuent de plus belle :

« Un responsable de l’occupation russe dans l’est de l’Ukraine, Valéri Tchaïka, est décédé, lundi 1er avril, lors de l’explosion d’une « voiture piégée » à Starobilsk, a indiqué le chef de l’administration municipale prorusse. « Notre camarade est mort », a écrit Vladimir Tchernev sur Telegram, ajoutant qu’une enquête était en cours. Par le passé, des attentats à la voiture piégée imputés à l’Ukraine ont visé à plusieurs reprises des responsables prorusses dans les régions ukrainiennes occupées, écrit l’AFP. »

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Une fois de plus, l’argument russe est utilisé pour dénigrer ceux qui proposent le dialogue avec la Russie, cette fois ci en Europe :

« Une campagne d’influence politique russe secoue l’Europe, alors que de hauts responsables ont averti que Moscou avait payé des membres du Parlement européen pour qu’ils s’immiscent dans les prochaines élections européennes.

« Cela confirme ce que nous soupçonnions : le Kremlin utilise des médias douteux se faisant passer pour des médias [et] utilise de l’argent pour acheter une influence secrète », a déclaré la vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová, à Brussels Playbook, qualifiant ces révélations de « très troublantes ».

Le scandale a éclaté lorsque le gouvernement tchèque a sanctionné mercredi un site d’information appelé Voice of Europe, qui, selon Prague, faisait partie d’une opération d’influence pro-russe. Le Premier ministre belge Alexander De Croo a déclaré jeudi que la Russie avait contacté des membres du Parlement européen (eurodéputés) et “les avait payés pour promouvoir la propagande russe”. »

Donc un média inconnu diffusant de l’information « pro-russe » interview quelques députés européens qui, comme par hasard, sont affiliés à des partis étiquetés « d’extrême droite » et donc partisan du dialogue avec la Russie, et qui sont maintenant accusés (sans preuves publiques) d’avoir reçu de l’argent pour ces interviews. Bien sûr les députés incriminés nient cela :

« Mais ni l’UE, ni la Pologne, ni la République tchèque, ni aucun autre gouvernement n’ont annoncé l’arrestation d’hommes politiques pour avoir accepté des pots-de-vin. De manière suspecte, le principal site Internet « Voix de l’Europe », considéré par les services de renseignement comme le vecteur de diffusion de la désinformation russe, est marginal et peu connu.

« Nous ne savons même pas ce qu’est la Voix de l’Europe », a déclaré à Public un porte-parole de l’ancien président tchèque Vaclav Klaus. « Nous avons dû vérifier que le président leur avait accordé une interview. Le président n’a jamais été payé pour un entretien de sa vie. Nous avons accordé cette interview parce que le vice-président du Parlement flamand l’avait officiellement demandé dans le cadre de sa visite à Prague. Sinon, nous ne l’aurions pas fourni. L’interview compte 500 vues sur YouTube.

Selon l’agence de renseignement tchèque, connue sous le nom de BIS, Petr Bystroň, candidat au Parlement européen d’origine tchèque et issu du parti allemand AfD, est l’un des hommes politiques européens qui ont reçu de l’argent de Voice of Europe. La BRI affirme que Bystroň a reçu l’argent lors d’une de ses visites en République tchèque à Prague.

Bystroň le nie catégoriquement. “J’étais en République tchèque pour une conférence, mais l’accusation des services secrets est absurde”, a déclaré Bystroň dans une interview accordée à iDNES.cz le 29 mars. “Je n’ai parlé qu’aux journalistes du site Internet.”

Un autre homme politique tchèque, Cyril Svoboda, cité dans le projet, a déclaré : « Comment aurais-je pu savoir que cela constituerait une menace pour la sécurité ? Au moment où j’ai donné l’interview, ils ne figuraient sur aucune liste. Je ne donnerais pas d’interview maintenant, mais ils ne figuraient sur aucune liste lorsque je l’ai donnée à Voice of Europe. »

Lorsqu’on lui a demandé s’il était payé, Svoboda a répondu : « Non, personne ne m’a rien donné ».

Un député italien du Parti populaire européen interrogé par Voice of Europe a déclaré qu’il n’avait jamais accepté ni reçu d’argent. “Bien sûr que non. Quelle est cette question ? il a dit à Politico. “Ça me fait rire quand on me demande si j’ai reçu de l’argent de Russie… parce que je viens d’une famille très aisée.”

De plus, a-t-il noté : « S’ils constituent une si grande menace, pourquoi le Parlement européen a-t-il laissé entrer ces journalistes de Voice of Europe ? Pourquoi ne les ont-ils pas vérifiés ?

Ni le Premier ministre ni le ministre de la Sécurité intérieure n’ont répondu à une demande de commentaire public. Le site Web de Voice of Europe est également en panne.

Mais si les services de renseignement, les responsables de l’UE et les médias avaient découvert des preuves d’activités criminelles, ils les auraient certainement produites, ainsi que les accusations portées contre les accusés. Au lieu de cela, la chose la plus grave que les gouvernements aient faite a été d’inscrire un Ukrainien pro-russe sur une liste de sanctions. »

Donc encore une baudruche instiguée par les services de renseignements tchèques et complaisamment répandue par les médias qui va se dégonfler. Mais l’impact sur les esprits conformistes, qui y verront encore « une menace russe contre nos démocraties », sera suffisant pour que les services tchèques la considèrent comme une victoire de plus dans leur guerre de propagande contre la Russie.

Voici l’article de RFI qui parle de cette affaire.

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Cette semaine Israël a, par trois fois, ignoré allègrement les règles internationales. D’abord en bombardant une ambassade :

« Des avions militaires israéliens présumés ont bombardé lundi l’ambassade d’Iran en Syrie dans une frappe qui, selon l’Iran, a tué sept de ses conseillers militaires, dont trois hauts commandants, marquant une escalade majeure dans la guerre entre Israël et ses adversaires régionaux.

“Nous condamnons fermement cette atroce attaque terroriste qui a visé le bâtiment du consulat iranien à Damas et tué un certain nombre d’innocents”, a déclaré le ministre syrien des Affaires étrangères Faisal Mekdad, qui a été vu sur les lieux en compagnie du ministre syrien de l’Intérieur.

L’ambassadeur d’Iran en Syrie a déclaré que la frappe avait touché un bâtiment consulaire dans l’enceinte de l’ambassade et que sa résidence se trouvait aux deux derniers étages.

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique iranien a déclaré dans un communiqué que sept conseillers militaires iraniens avaient été tués dans l’attaque, dont Mohammad Reza Zahedi, un haut commandant de la Force Al-Qods, une branche d’élite d’espionnage étranger et paramilitaire. »

La réponse de l’Iran continuera-t-elle à être aussi mesurée qu’elle l’a été jusqu’à maintenant. C’est le débat entre analystes. Le premier message officiel de l’Iran l’est encore :

« Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien, un organe décisionnel clé, s’est réuni lundi soir et a décidé de la réponse « requise » à la frappe, a rapporté la télévision d’État iranienne. Il a indiqué que la réunion était présidée par le président Ebrahim Raisi, mais n’a fourni aucun autre détail.

“Nous leur ferons regretter ce crime et les actes similaires”, a déclaré le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, qui a le dernier mot sur toutes les questions d’État en Iran.

Le Conseil de sécurité nationale des États-Unis a déclaré que les États-Unis n’avaient joué aucun rôle dans l’attaque à Damas et qu’ils n’en étaient pas informés à l’avance. “Nous avons communiqué cela directement à l’Iran”, a déclaré l’ambassadeur adjoint des États-Unis auprès des Nations Unies, Robert Wood, au Conseil de sécurité de l’ONU, affirmant que les États-Unis “ne peuvent confirmer aucune information sur cet événement” ».

Il semble qu’Israël ne désespère pas de transformer la région en chaudron bouillant pour obliger les Etats-Unis à attaquer l’Iran. On sait que cela fait longtemps que Netanyahou essaye de le faire et à chaque fois, il monte la température d’un cran. S’il y arrive cela voudra dire que les Etats-Unis seront tombés au point de devenir la force proxy d’un mini Etat, démontrant au reste du monde qui est la vraie puissance directrice dans le bloc occidental.

De son coté la Russie a condamné ce bombardement en le qualifiant « d’acte terroriste », un sujet sur lequel elle est particulièrement sensible en ce moment :

« Le chef du Service des renseignements extérieurs russe (SVR), Sergueï Narychkine, a qualifié la frappe aérienne de lundi contre le consulat iranien dans la capitale syrienne d’attaque terroriste commise par le gouvernement israélien.

S’adressant aux journalistes après une réunion avec ses homologues biélorusses mardi, le chef des services de renseignement a condamné la frappe, qui aurait tué plusieurs diplomates iraniens ainsi que sept officiers du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), dont deux généraux, Mohammad Reza Zahedi et Mohammad. Hadi Haji Rahimi.

Narychkine a décrit l’attaque comme « une mesure odieuse et criminelle à l’égard de l’État souverain d’Iran et à l’égard de l’État souverain de Syrie, sur le territoire duquel cet acte terroriste a été commis ». »

Les relations entre la Russie et Israël se dégradent de plus en plus.

Israël a, pour la deuxième fois dans la même semaine, outrepassé les règles internationales en détruisant totalement le plus grand hôpital de Gaza, le transformant en un véritable charnier :

« Pendant deux semaines, les forces et les chars israéliens ont assiégé l’hôpital al-Shifa à Gaza, où des milliers de civils palestiniens trouvaient refuge et recevaient des soins médicaux. A l’aide de bombardements incessants, les forces israéliennes ont commis d’horribles massacres.

Après deux semaines de carnage, les forces militaires et les chars israéliens se sont retirés lundi de l’enceinte de l’hôpital assiégé. Plus de quatre cents corps ont été découverts jusqu’à présent, dont la moitié étaient des enfants et des femmes. Des centaines de personnes gisaient, blessées et présentant des difformités grotesques ; beaucoup d’autres restent portés disparus.

L’hôpital est en ruines, les bâtiments principaux étant réduits à l’état de carcasses incendiées. L’armée israélienne a bombardé et incendié tous les bâtiments, y compris la morgue, les cours et les couloirs. Les habitants ont décrit des scènes de « destruction totale » sur le site, affirmant que les troupes israéliennes y avaient « détruit tout sens de la vie ». Selon Ismail al-Thawabta, directeur du bureau des médias de Gaza, « l’occupation a détruit et incendié tous les bâtiments à l’intérieur du complexe médical d’al-Shifa. Ils ont rasé les cours au bulldozer, enterrant des dizaines de corps de martyrs dans les décombres, transformant l’endroit en un cimetière de masse. »

Après le raid, l’hôpital ressemblait à un abattoir. Des centaines de corps gisaient éparpillés dans la terre, mutilés au point d’être méconnaissables. Des corps avec des têtes et des membres sectionnés ont été découverts à l’intérieur de l’hôpital et dans ses environs. Des chirurgiens ont été ligotés et exécutés. Certains corps ont été enterrés sous les décombres, avec des parties dépassant du sol ; d’autres ont été écrasés et aplatis par des bulldozers, les mains et les jambes liées derrière le dos. »

Puis, 3eme fois dans la semaine, Israël a outrepassé les lois internationales en ciblant et tuant des volontaires, dont 6 occidentaux, travaillant pour une ONG internationale à nourrir la population de Gaza. L’armée israélienne prétend que c’est une erreur mais le fait que trois voitures et leurs occupants, toutes portant visiblement les signes de l’ONG et s’étant identifiées auprès de l’armée israélienne, ont été détruites permet d’en douter fortement. D’ailleurs le responsable de l’ONG n’y croit pas du tout :

« Le célèbre chef Jose Andres a déclaré mercredi à Reuters dans une interview émouvante qu’une attaque israélienne qui a tué sept de ses travailleurs humanitaires à Gaza les avait ciblés “systématiquement, voiture par voiture”.

S’exprimant par vidéo, Andres a déclaré que le groupe caritatif World Central Kitchen (WCK) qu’il a fondé avait une communication claire avec l’armée israélienne, qui, selon lui, connaissait les mouvements de ses travailleurs humanitaires.

“Ce n’était pas simplement une situation de malchance où “oups”, nous avons largué la bombe au mauvais endroit”, a déclaré Andres. “C’était sur 1,5 ou 1,8 kilomètres, avec un convoi humanitaire très défini qui avait des pancartes en haut, sur le toit, un logo très coloré dont nous sommes évidemment très fiers”, a-t-il déclaré. C’est « très clair qui nous sommes et ce que nous faisons ».

“Ils nous visaient dans une zone sans conflit, dans une zone contrôlée par Tsahal. Ils savaient que c’étaient nos équipes qui circulaient sur cette route… avec trois voitures”, a-t-il déclaré.

Andres a déclaré qu’il pourrait y avoir eu plus de trois frappes contre le convoi humanitaire. Il a rejeté les affirmations israéliennes et américaines selon lesquelles la frappe n’était pas délibérée. “Au départ, je dirais catégoriquement non”, a répondu Andres lorsqu’on lui a demandé s’il acceptait cette explication. “Même si nous n’étions pas en coordination avec (les Forces de défense israéliennes), aucun pays démocratique ni aucune armée n’a le droit de cibler les civils et les humanitaires”, a-t-il ajouté. »

Cette enquête sur l’utilisation de l’Intelligence Artificielle par l’armée israélienne pour cibler « les membres du Hamas » explique en partie ce massacre indiscriminé :

« En 2021, un livre intitulé « L’équipe homme-machine : comment créer une synergie entre l’intelligence humaine et artificielle qui révolutionnera notre monde » a été publié en anglais sous le nom de plume « Brigadier General Y.S. » Dans ce document, l’auteur – un homme dont nous avons confirmé qu’il est l’actuel commandant de l’unité d’élite des renseignements israéliens 8200 – plaide en faveur de la conception d’une machine spéciale capable de traiter rapidement d’énormes quantités de données pour générer des milliers de « cibles » potentielles pour l’armée. Une telle technologie, écrit-il, résoudrait ce qu’il décrit comme « un goulot d’étranglement humain pour la localisation des nouvelles cibles et la prise de décision pour approuver les cibles ».

Il s’avère qu’une telle machine existe réellement. Une nouvelle enquête menée par +972 Magazine et Local Call révèle que l’armée israélienne a développé un programme basé sur l’intelligence artificielle connu sous le nom de « Lavander », dévoilé ici pour la première fois. Selon six officiers des renseignements israéliens, qui ont tous servi dans l’armée pendant la guerre actuelle dans la bande de Gaza et ont été directement impliqués dans l’utilisation de l’IA pour générer des cibles d’assassinat, Lavander a joué un rôle central dans le bombardement sans précédent de Palestiniens, surtout au début de la guerre. En fait, selon les sources, son influence sur les opérations militaires était telle qu’elles traitaient essentiellement les résultats de la machine IA « comme s’il s’agissait d’une décision humaine ».

Formellement, le système Lavender est conçu pour marquer tous les membres présumés des branches militaires du Hamas et du Jihad islamique palestinien (JIP), y compris ceux de bas rang, comme cibles potentielles de bombardement. Les sources ont déclaré à +972 et Local Call que, pendant les premières semaines de la guerre, l’armée s’est presque entièrement appuyée sur Lavender, qui a surveillé jusqu’à 37 000 Palestiniens considérés comme des militants présumés – ainsi que leurs maisons – en vue d’éventuelles frappes aériennes.

Au début de la guerre, l’armée a largement autorisé les officiers à adopter les listes de victimes de Lavender, sans aucune obligation de vérifier minutieusement pourquoi la machine avait fait ces choix ni d’examiner les données brutes des renseignements sur lesquelles ils étaient basés. Une source a déclaré que le personnel humain ne servait souvent que de « tampon » pour les décisions de la machine, ajoutant que, normalement, ils ne consacraient personnellement qu’environ « 20 secondes » à chaque cible avant d’autoriser un bombardement – juste pour s’assurer que la cible marquée est un homme. Et ce, même si l’on sait que le système commet ce qui est considéré comme des « erreurs » dans environ 10 % des cas, et qu’il cible occasionnellement des individus qui n’ont qu’un faible lien avec des groupes militants, voire aucun lien du tout.

De plus, l’armée israélienne a systématiquement attaqué les individus ciblés alors qu’ils se trouvaient chez eux – généralement la nuit, alors que toute leur famille était présente – plutôt que pendant le déroulement d’une activité militaire. Selon les sources, cela s’explique par le fait que, du point de vue du renseignement, il était plus facile de localiser les individus dans leurs maisons privées. Des systèmes automatisés supplémentaires, dont un appelé « Where is Daddy ? », également révélé ici pour la première fois, ont été utilisés spécifiquement pour traquer les individus ciblés lancer des bombardements lorsqu’ils pénétraient dans les résidences de leurs familles. »

Cette enquête montre donc que l’argument fréquemment utilisé par l’armée israélienne disant que « le Hamas se cache derrière les civils » pour justifier leur mort est un mensonge, comme le souligne Caitlin Johnstone :

« Le récit des « boucliers humains », devenu si populaire dans l’apologie d’Israël, insiste sur le fait que la raison pour laquelle Tsahal tue autant de civils dans ses attaques sur Gaza est parce que le Hamas s’entoure intentionnellement de non-combattants dans le but de rendre les Israéliens réticents à larguer des bombes sur eux. Mais comme Ryan Grim de The Intercept l’a récemment observé sur Twitter, cette affirmation est solidement réfutée par la révélation selon laquelle Israël a intentionnellement attendu de cibler des membres présumés du Hamas alors qu’il savait qu’ils seraient encerclés par des civils.

« L’argument d’Israël selon lequel ils tuent tant de civils parce que le Hamas utilise des « boucliers humains » est détruit par la révélation selon laquelle Tsahal préfère attaquer ses « cibles » lorsqu’elles sont chez elles avec leurs familles », a tweeté Grim. « Ce n’est pas le Hamas qui utilise des boucliers humains, c’est Israël qui chasse délibérément les familles. »

“Un bouclier humain n’est un bouclier que si votre ennemi valorise la vie humaine et cherche à minimiser les morts civiles”, ajoute Grim. « Israël maximise délibérément le nombre de civils qu’il peut tuer en attendant qu’une cible soit avec toute sa famille. Les Palestiniens ne sont pas des boucliers pour Israël, ils sont tous des cibles. »

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Ayant peu de recours face à Israël la Palestine tente d’acquérir son adhésion aux Nations Unis en tant qu’entité étatique, ce qui n’est toujours pas le cas à l’heure actuelle :

« Les Palestiniens ont officiellement relancé mardi 2 avril la procédure pour devenir État membre à part entière de l’ONU, selon une lettre de leur ambassadeur à l’ONU vue par l’AFP.

Dans ce courrier adressé au secrétaire général de l’ONU et transmis au Conseil de sécurité, Riyad Mansour annonce, « à la demande des dirigeants palestiniens », relancer cette requête datant de 2011 et appelle le Conseil à l’examiner « en avril 2024 ». »

Quelle sont les chances qu’elle y parvienne :

« Les pays souhaitant rejoindre l’ONU présentent généralement une demande au secrétaire général de l’ONU, qui l’envoie au Conseil de sécurité, composé de 15 membres, pour évaluation et vote.

Mansour a envoyé mardi une lettre au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, demandant un nouvel examen par le Conseil de sécurité de la demande palestinienne d’adhésion à part entière déposée en 2011. Guterres a envoyé la lettre au Conseil de sécurité, a déclaré le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.

Un comité du conseil composé de 15 membres évalue d’abord une candidature pour voir si elle satisfait aux conditions d’adhésion à l’ONU. La demande peut alors être soit mise de côté, soit soumise à un vote formel au Conseil de sécurité. L’approbation nécessite au moins neuf voix pour et aucun veto de la part des États-Unis, de la Russie, de la Chine, de la France ou de la Grande-Bretagne.

Si le conseil approuve la demande d’adhésion, elle est ensuite soumise à l’Assemblée générale pour approbation. Une demande d’adhésion nécessite une majorité des deux tiers pour être approuvée par l’assemblée. Un pays ne peut pas rejoindre les Nations Unies sans l’approbation du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale.

En 2011, le comité du Conseil de sécurité de l’ONU a évalué la candidature palestinienne pendant plusieurs semaines pour voir si elle satisfaisait aux exigences d’adhésion à l’ONU. Mais le comité n’a pas réussi à parvenir à une position unanime et le Conseil de sécurité n’a jamais formellement voté une résolution sur l’adhésion palestinienne.

Les diplomates ont déclaré que les Palestiniens ne disposaient pas du minimum de neuf voix nécessaires pour adopter une résolution. Même s’ils avaient obtenu suffisamment de soutien, les États-Unis avaient déclaré qu’ils opposeraient leur veto à cette décision. »

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Pendant que le bloc occidental et la Russie sont dans l’affrontement, Israël en pleine folie, le « Grand sud » poursuit sa consolidation autour de la Chine.

L’Indonésie vient d’élire son futur président, qui prendra les rênes du pays en octobre, Prabowo Subianto. Il reprendra la tradition établie par Jokowi, l’actuel président, en consacrant son premier voyage à la Chine, puis au Japon. Tous les précédents présidents indonésiens allaient aux Etats-Unis, évitant plutôt la Chine. Voici ce qu’en dit Global Times, le média anglophone officiel chinois :

« Les observateurs chinois ont déclaré que la visite de Prabowo en Chine a attiré une large attention et que sa décision de se rendre en Chine peu après avoir remporté l’élection présidentielle indonésienne de 2024 le 20 mars revêt une grande importance, car cette visite est cruciale non seulement pour le développement des relations bilatérales au moins pour les cinq prochaines années, mais il injecte également de la positivité et de la stabilité dans l’ensemble de la région de l’ASEAN.

La Chine envisage ses relations avec l’Indonésie dans une perspective stratégique et à long terme et est disposée à approfondir la coopération stratégique globale avec l’Indonésie, a déclaré Xi.

Il a déclaré que la Chine travaillerait avec l’Indonésie pour construire une communauté de destin sino-indonésienne ayant une influence régionale et mondiale, afin d’apporter davantage de bénéfices aux deux peuples et de contribuer à la paix, à la stabilité et à la prospérité régionales et mondiales.

Prabowo a déclaré qu’il soutenait le développement de relations plus étroites avec la Chine et qu’il poursuivrait la politique amicale du pays envers la Chine. »

La version du Jakarta Post :

« Personne ne devrait sous-estimer l’importance de la visite du président élu Prabowo Subianto en Chine et au Japon cette semaine. Ses rencontres avec le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre japonais Fumio Kishida démontrent son intention de maintenir une politique étrangère axée sur l’économie, mais également d’insuffler des perspectives de sécurité et de défense mondiales dans un contexte de tension croissante entre la Chine et les États-Unis…

Nous pouvons également nous attendre à ce que Prabowo se rende à Washington avant octobre pour réaffirmer la politique étrangère libre et active de l’Indonésie et envoyer un message clair selon lequel l’Indonésie et la région ont toujours besoin d’une présence américaine. Sa rencontre avec Kishida, un fidèle allié de Biden dans la région, et son homologue japonais Minoru Kihara doit être considérée comme un précurseur de cet exercice d’équilibre. »

Ce net basculement vers la Chine de la part des Etats de l’ANASE se reflète dans ce sondage fait auprès d’intellectuels de la région :

« Q32 Si l’ANASE était contrainte de s’aligner sur l’un de ses rivaux stratégiques, lequel devrait-il choisir ?

Dans un changement notable de sentiment, la Chine a connu une montée en popularité parmi les répondants de l’ANASE, passant de 38,9% l’an dernier à 50,5% cette année, prenant l’avance sur les Etats-Unis pour devenir le choix d’alignement préféré dans la région. Cette tendance est particulièrement évidente parmi les répondants de Malaisie (75,1%), d’Indonésie (73,2%), du Laos (70,6 %), Brunei (70,1 %) et Thaïlande (52,2 %). Notamment, L’Indonésie, le Laos et la Malaisie qui ont bénéficié en grande partie de l’initiative chinoise « la Ceinture et la Route » (BRI) et des relations commerciales et d’investissement solides, ont été témoins d’une augmentation remarquable de plus de 20 points de pourcentage de leur préférence pour la Chine par rapport à 2023.

À l’inverse, les États-Unis ont vu leur popularité baisser, passant de 61,1% l’année dernière à 49,5% cette année. Cependant, il bénéficie toujours du soutien majoritaire des Philippines (83,3 %), du Vietnam (79,0 %), de Singapour (61,5 %), du Myanmar (57,7 %) et du Cambodge (55,0 %). Le soutien de ces pays a généralement diminué, à l’exception des Philippines, qui a connu une augmentation notable de la confiance envers les États-Unis, passant de 78,8 % l’année dernière à un sommet historique de 83,3% cette année. »

Et dans les relations de plus en plus étroites entre la Chine et l’ANASE :

« Une vague de visites en Chine peut être observée parmi les pays de l’ASEAN. Le président élu indonésien Prabowo Subianto a effectué sa première visite à l’étranger en Chine après avoir obtenu sa victoire à l’élection présidentielle, et les deux parties sont convenues de promouvoir le développement global et de haute qualité des relations bilatérales. Viennent ensuite les visites séparées en Chine du vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Laos Saleumxay Kommasith, du ministre des Affaires étrangères du Vietnam Bui Thanh Son et du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Timor-Leste Bendito dos Santos Freitas à partir de mardi jusqu’à vendredi. Il s’agit non seulement d’un véritable reflet du rapprochement des relations entre la Chine et l’ANASE, mais aussi d’une pratique vivante des pays de la région aspirant à la paix et au développement.

Il y a soixante-dix ans, la Chine et les pays d’Asie du Sud-Est mettaient en place les cinq principes de la coexistence pacifique, posant ainsi une base solide pour la paix, la stabilité et la prospérité économique dans la région. Au cours des 70 dernières années, guidée par les cinq principes de coexistence pacifique, la Chine n’a cessé d’approfondir ses échanges politiques, sa coopération économique et commerciale, ses échanges humanistes avec ces pays et de s’efforcer de construire conjointement l’Initiative la Ceinture et la Route (BRI) et une communauté d’avenir partagé. »

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Pour finir, un petit retour vers le passé. D’abord avec cette vidéo, datée du 14 septembre 2022, pour nous rappeler les mensonges, ou les illusions, dans lesquels nos représentants cherchent à nous noyer :

« L’armée russe est obligée de récupérer les puces électroniques des machines à laver et des réfrigérateurs pour réparer son matériel, parce qu’elle n’a plus de semi-conducteurs. L’industrie russe est en haillons » y déclare Von der Leyen, droite dans ses bottes.

Ensuite avec cette fuite révélée par Wikileaks qui montre que l’OTAN avait préparé, en 2010, un plan pour envahir la Russie :

« Le journal britannique The Guardian a publié un télégramme reproduit par le site WikiLeaks, représentant cette fois un plan de l’OTAN visant une attaque massive contre la Russie. Le plan de guerre à grande échelle contre les Russes prévoit le déplacement de neuf divisions militaires des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et de la Pologne. »

A lundi prochain

 

La revue de presse du 1er avril 2024

 


Par Wayan – Le 1er avril 2024 – Le Saker Francophone

Cette semaine, l’attaque terroriste contre un théâtre moscovite a fait la une des médias occidentaux et provoqué une bataille de plus dans la guerre de l’information entre la Russie et le bloc occidental.

Alors que les enquêteurs russes en étaient encore à simplement déblayer les décombres, les dirigeants occidentaux ont accusé à l’unisson un obscur groupe islamiste, IS-K, tout en niant que l’Ukraine soit impliqué :

 

« L’Ukraine n’a “aucune implication” dans le massacre de Moscou, a déclaré dimanche la Maison Blanche après que le président Poutine a suggéré un lien avec Kiev.

« L’EI est seul responsable de cette attaque », a déclaré Adrienn Watson, conseillère à la sécurité de la Maison Blanche. “IS-K est en fait, de toute évidence, responsable de ce qui s’est passé”, a reconnu la vice-présidente Kamala Harris dans une interview.

A Londres, le ministre britannique des Finances Jeremy Hunt a déclaré que le gouvernement britannique avait “très peu confiance” dans les déclarations de la Russie, l’accusant d’essayer de “défendre” son assaut contre l’Ukraine. “Nous savons maintenant qu’ils créent un écran de fumée de propagande pour défendre une invasion totalement perverse de l’Ukraine”, a-t-il déclaré. »

On notera au passage que la Russie n’avait pas besoin d’un attentat sur son propre sol pour « défendre son assaut contre l’Ukraine ».

« « Une fois encore on fait face à du mensonge, de la propagande, de la désinformation », dénonce Charles Michel, [ le président du conseil européen] « on voit qu’il est apparemment impossible pour le Kremlin […] de ne pas tomber dans la tentation du mensonge en tentant de faire de l’escalade rhétorique, en accusant de manière saugrenue l’Ukraine. […] Ça montre qu’on a raison comme Européens, avec de nombreux partenaires dans le monde, de défendre la démocratie, la liberté, la souveraineté de l’Ukraine », affirme-t-il. »

La Russie connait un attentat terroriste sur son sol… mais ferait de la désinformation à ce sujet… cela montre que l’on a raison de défendre la démocratie. La logique de Charles Michel est surprenante et surtout le signe d’une forte dissonance cognitive.

Les médias occidentaux aussi savaient déjà qui en était l’auteur, un groupe inconnu du grand public :

« IS-K est l’abréviation de État islamique-Khorasan – une filiale régionale du groupe État islamique, qui a été interdite comme organisation terroriste par les gouvernements du monde entier.

Elle se concentre sur l’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan ainsi que sur l’Asie centrale.

Le groupe s’est donné le nom de Khorasan car il faisait partie d’un califat islamique historique s’étendant sur cette région.

L’IS-K existe depuis neuf ans, mais ces derniers mois, il est devenu la branche la plus dangereuse du groupe État islamique, avec une longue portée et une réputation d’extrême brutalité et de cruauté.

Avec ce qui reste de la direction plus large du groupe en Syrie et en Irak, l’IS-K aspire à un califat islamique pannational gouverné selon une interprétation ultra-stricte de la charia, la loi islamique.

En Afghanistan, il mène une insurrection sporadique mais toujours meurtrière contre les dirigeants du pays, les talibans, auxquels il s’oppose pour des raisons idéologiques. »

En fin de cet article de la BBC, un paragraphe plein de sous-entendus qui participe à cette guerre de l’information :

« Il reste un certain nombre de questions sans réponse sur tout cet épisode.

Par exemple, pourquoi les assaillants ont-ils pu se déplacer à leur guise autour du Crocus Hall sans aucun sentiment d’urgence apparent ?

Dans un pays où la police et les services spéciaux, notamment le FSB, sont omniprésents, ces hommes armés se sont comportés comme s’ils savaient qu’ils n’allaient pas être interrompus par une équipe SWAT de la police.

Ensuite, il y a les armes – pas seulement des armes de poing, mais des fusils d’assaut automatiques puissants et modernes. Comment ont-ils pu les acquérir et les introduire clandestinement dans la salle ?

Leur capture rapide est également surprenante.

Contrairement à de nombreux jihadistes armés participant à un raid comme celui-ci, ces hommes ne portaient pas de gilet suicide ni de ceinture, à la manière de ceux qui préfèrent la mort à la capture.

Et pourtant, il n’a pas fallu longtemps aux autorités russes – celles-là mêmes qui n’ont pas réussi à empêcher le pire complot terroriste depuis 20 ans de se dérouler sous leurs yeux – pour arrêter les suspects et les traduire en justice.

Tout cela incite certains analystes à spéculer sur une sorte de « travail interne » du Kremlin, ou sur une « opération sous fausse bannière » visant à obtenir le soutien populaire à la guerre contre l’Ukraine.

Cependant, il n’existe aucune preuve tangible pour étayer cette théorie et les services de renseignement américains ont confirmé que, selon eux, c’était État islamique qui était derrière cette horrible attaque. »

La Russie est carrément accusée d’avoir planifié un attentat terroriste sur son propre sol.

Ce général français ayant travaillé pour l’OTAN va encore plus loin en prétendant [vidéo en français] que « C’est une fable inventée par les russes ». On nage en pleine théorie du complot.

Tout déclaration russe au sujet de cet attentat est considérée comme :

« “Mon oncle avait l’habitude de dire (…) que les meilleurs vendeurs de fumier portent souvent leurs échantillons dans leur bouche”, a déclaré jeudi aux journalistes le porte-parole du Conseil de sécurité nationale des États-Unis, John Kirby.

« Les responsables russes semblent être d’assez bons vendeurs de fumier », a déclaré Kirby, fustigeant ce qu’il a appelé la « propagande absurde » de la Russie. »

On constate donc que cet attentat, qui ne touche pourtant que la Russie, provoque une forte agitation nerveuse chez les dirigeants occidentaux.

Voyons maintenant comment IS-K a revendiqué cet attentat ?

« Dans un message publié sur Telegram, le groupe État islamique a revendiqué l’attaque. Des combattants de l’EI « ont attaqué un grand rassemblement (…) dans les environs de la capitale russe Moscou », a affirmé le groupe sur l’un de ses comptes Telegram. « Les combattants de l’État islamique […] se sont retirés sains et saufs », ajoute le message. »

Donc un simple message sur un réseau social suffit à convaincre immédiatement médias et dirigeants occidentaux que c’est bien cet obscur groupe afghan se battant contre les Talibans qui est l’auteur de cet attentat. On les connait habituellement plus prudents face aux publications des médias sociaux et ses possibilités de manipulation.

Mais ils vont insister lourdement sur cette culpabilité alors même que les russes ont à peine commencé leur enquête :

Pour enfoncer le clou :

« L’État islamique a revendiqué la responsabilité du massacre et les responsables américains affirment disposer de renseignements montrant qu’il a été perpétré par la branche afghane du réseau, l’État islamique du Khorasan. »

On a vu la semaine dernière la tendance des services de renseignements à politiser leur « renseignements », en particulier quand il s’agit d’Israël, de la Russie et de la Chine.

Pourtant les terroristes ont fait cela pour de l’argent, sans se revendiquer membres d’IS-K :

« L’un des suspects filmé lors de son interrogatoire par les forces de l’ordre a affirmé avoir commis le crime « pour de l’argent ». L’homme a déclaré qu’on lui avait promis 500 000 roubles (5 418 dollars) et que la moitié de cette somme avait été transférée sur sa carte de débit avant l’attaque.

L’auteur présumé a également déclaré qu’il avait « écouté les sermons… d’un prédicateur » sur Telegram pendant un certain temps avant d’être approché par les cerveaux présumés de l’attaque de vendredi « il y a environ un mois ». Interrogé sur ce qu’il avait fait à l’hôtel de ville de Crocus vendredi, l’homme a déclaré qu’il avait « abattu… des gens », ajoutant qu’il était simplement chargé de tuer des gens et que « peu importe » qui il tuerait.

Aucun des suspects n’a explicitement prêté allégeance à un groupe extrémiste lors de l’interrogatoire rendu public. »

Les Etats-Unis affirment aussi qu’ils avaient prévenu d’un acte terroriste :

« Il y a deux semaines, l’ambassade américaine en Russie avait averti ses citoyens de menaces extrémistes contre « de grands rassemblements à Moscou, y compris des concerts ». Vladimir Poutine avait dénoncé, le 19 mars, des déclarations « provocatrices » et « une volonté d’intimider et de déstabiliser notre société ».

Ce à quoi la Russie a répondu :

« Les autorités russes ne savent rien de l’incapacité présumée de Washington à partager des informations sur la menace d’un attentat terroriste à Moscou, a déclaré jeudi le porte-parole du président Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, lors d’un point de presse.

La déclaration de Peskov fait suite à un article du New York Times qui, citant des sources anonymes, affirmait que les « relations conflictuelles » entre Washington et Moscou empêchaient les responsables américains de partager tous les renseignements sur le complot terroriste.

Début mars, l’ambassade américaine à Moscou a averti les citoyens américains vivant en Russie qu’une attaque était possible, tout en envoyant un message non public contenant un avertissement similaire aux responsables de la sécurité russe.

À la question de savoir si les autorités russes savaient que les États-Unis n’avaient pas divulgué toutes les informations sur l’incident au préalable, Peskov a répondu « non, nous n’en sommes pas conscients » et a suggéré que les rapports citant des sources non confirmées, comme dans le cas du New York Times, « doivent être traités avec beaucoup de prudence. » »

Les terroristes ont été capturés en train de fuir vers la frontière ukrainienne :

« Vladimir Poutine a promis de « punir » les personnes responsables de cet attentat. Celui-ci a été revendiqué par le groupe État islamique, mais le maître du Kremlin n’y a pas fait allusion. Il a affirmé que « les quatre auteurs » présumés de l’attaque avaient été arrêtés, parmi sept autres personnes, alors qu’« ils se dirigeaient vers l’Ukraine où, selon des données préliminaires, une ”fenêtre” avait été préparée pour qu’ils franchissent la frontière ». S’il n’accuse pas directement le pays voisin que son armée a envahi il y a un peu plus de deux ans, Vladimir Poutine souligne tout de même que c’est bien vers l’Ukraine que se dirigeaient les suspects. »

Le gouvernement russe sait bien que les Etats-Unis ont utilisé les extrémistes musulmans en Afghanistan contre l’Union Soviétique, Al-Qaida, et en Syrie contre Bashar Al-Assad, Etat Islamique. De plus, de nombreux islamistes d’EI ont débarqué en Ukraine depuis le début de la guerre :

« L’Ukraine est peut-être devenue une porte de passage pratique pour les extrémistes violents cherchant à entrer dans l’UE sans se faire remarquer, a rapporté dimanche le journal autrichien Heute, citant des responsables de la sécurité. Un « grand nombre » de terroristes présumés se sont rendus dans le bloc via le territoire ukrainien, indique le communiqué.

Le média a cité l’exemple de deux ressortissants tadjiks et d’un Tchétchène arrêtés en Autriche et en Allemagne en décembre de l’année dernière, soupçonnés d’avoir planifié un attentat contre l’emblématique cathédrale Saint-Étienne de Vienne. Les suspects auraient eu pour objectif d’attaquer la cathédrale le soir du Nouvel An, en utilisant des fusils d’assaut Kalachnikov et des explosifs, selon Heute.

Les procureurs autrichiens ont déclaré en décembre que les suspects du complot de Vienne étaient « hautement radicalisés », partageaient des convictions « djihadistes » et feraient partie d’un réseau qui prévoyait des attentats à Cologne et à Madrid fin 2023.

Il existe des « indications » selon lesquelles des terroristes présumés « ont afflué en Europe de manière clandestine » depuis l’Ukraine, a indiqué le média. Notant qu’il n’y avait aucune confirmation officielle de cela, le média a déclaré qu’il « se pourrait » que les auteurs de l’attaque de vendredi à Moscou « aient eu des liens avec des personnes partageant les mêmes idées et se trouvant sur le territoire ukrainien ». »

Autre pavé dans la mare, le soi-disant « émir d’IS-K » a, selon sa fiche Wikipédia, travaillé pour des groupes soutenus par la CIA en Afghanistan :

« Le chef d’« ISIS-K » était un entrepreneur à Bagram [la prison étasunienne en Irak, célèbre pour avoir été une centre de torture], puis a travaillé pour la sécurité du baron de la drogue Rashid Dostum, un mandataire important de la CIA.

Il a ensuite travaillé pour Amrullah Saleh, chef du NDS, littéralement le bras droit de la CIA en Afghanistan.

C’est juste là sur cette page Wikipédia »

Bien sûr, les russes voient bien toute cette excitation occidentale sur un attentat qui ne devrait pas tant les concerner puisqu’aucun de leurs ressortissants n’a été touché :

« “L’Occident essaie activement de convaincre tout le monde que c’est l’œuvre d’EI et qu’il n’est plus nécessaire de soupçonner qui que ce soit, en particulier l’Ukraine”, a déclaré Lavrov à Izvestia. « Ils continuent d’insister sur le fait que Kiev n’est pas à blâmer, au point de devenir obsessionnels. »

« Nous avons répété à plusieurs reprises que nous ne tirerions aucune conclusion définitive tant que l’enquête ne serait pas terminée. L’enquête se poursuit sur les faits, de nouvelles circonstances sont révélées, mais nous n’avons tout simplement pas le droit d’exclure des possibilités évidentes », a déclaré le ministre des Affaires étrangères.

Pendant ce temps, l’Occident est « suspect » en essayant de persuader tout le monde que l’Ukraine n’a rien à voir avec l’attaque, a déclaré Lavrov.

“Pas seulement publiquement, mais ils disent aussi lors de contacts via nos missions diplomatiques : ‘Il n’est pas nécessaire de soupçonner l’Ukraine’, mais ils n’expliquent jamais pourquoi”, a-t-il ajouté. « Du point de vue de la logique, répondant à la question « à qui profite le crime », nous ne pouvons pas exclure l’Ukraine. » »

L’enquête russe continue donc :

« Les suspects de l’attaque terroriste de Moscou la semaine dernière étaient liés à des nationalistes ukrainiens, a déclaré jeudi la commission d’enquête russe, citant des conclusions préliminaires. Les auteurs ont reçu « d’importantes sommes d’argent » de l’Ukraine, ont indiqué les forces de l’ordre.

Les enquêteurs ont obtenu des « preuves étayées » selon lesquelles les assaillants présumés ont reçu un financement de l’Ukraine sous forme de cryptomonnaie, qui a ensuite été utilisée pour préparer l’attaque terroriste, indique le communiqué.

Les forces de l’ordre ont également identifié et arrêté un autre suspect qui aurait été impliqué dans le financement de l’attaque, a indiqué la commission d’enquête, sans identifier l’individu.

Plus tôt, le chef du Service fédéral de sécurité (FSB), Alexandre Bortnikov, avait déclaré aux journalistes que les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Ukraine pourraient être à l’origine de l’attaque. Les Ukrainiens préparaient peut-être une « fenêtre » leur permettant de repasser la frontière, a déclaré le responsable. “D’un autre côté, ils devaient être accueillis en héros”, a-t-il ajouté. »

De plus l’Ukraine avait déjà commis des attentats sur le sol russe. [Vidéo en français].

Là encore un épais brouillard de guerre. On devine que si le résultat de l’enquête russe accuse l’Ukraine alors l’ombre des services secrets étasunien/britannique planera aussi dessus, au moins dans l’esprit du gouvernement russe, qui ne manquera pas de considérer cela comme un acte de guerre hybride de l’Occident contre la Russie. Quelle sera alors la réponse à cette grave provocation ?

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Un autre événement de cette semaine marquera un tournant dans la géopolitique mondiale, même s’il ne fait pas la une des médias. La négation pur et simple par Israël et les Etats-Unis d’une décision de l’ONU, rendant ainsi visible aux yeux du monde entier que ces deux pays se considèrent comme au-dessus des lois internationales et montrant une fois de plus que « l’ordre international basé sur des règles » que prônent les Etats-Unis n’est qu’une hypocrite mascarade.

En début de semaine, l’ONU a enfin pu voter une résolution exigeant un cessez-le-feu et la libération des otages. Biden étant très en colère contre Netanyahou car il lui fait perdre des votes pour l’élection de novembre, les Etats-Unis n’y ont pas opposé de véto comme d’habitude et se sont contentés de s’abstenir. En conséquence, la résolution a été voté à l’unanimité :

« Les relations entre le président Joe Biden et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont atteint leur plus bas niveau lundi, les États-Unis ayant autorisé l’adoption d’une résolution de cessez-le-feu à Gaza aux Nations Unies et s’attirant de vives réprimandes de la part du dirigeant israélien.

Netanyahu a brusquement annulé cette semaine la visite à Washington d’une délégation de haut rang pour discuter de la menace d’offensive israélienne dans la ville de Rafah, dans le sud de Gaza, après que les États-Unis se soient abstenus lors d’un vote au Conseil de sécurité qui exigeait un cessez-le-feu immédiat entre Israël et le Hamas et la libération de tous les otages détenus par les militants palestiniens. »

Israël tirait vraiment trop sur la corde et commençait à complètement s’isoler diplomatiquement :

« Les États-Unis ont été confrontés à un choix difficile, d’autant plus que leur plus proche allié, le Royaume-Uni, n’était pas prêt à s’abstenir. David Cameron, le ministre des Affaires étrangères, ne pouvait plus cacher sa fureur face aux tergiversations d’Israël sur l’approvisionnement en aide.

Alors, les États-Unis pourraient-ils bloquer pour la quatrième fois un cessez-le-feu humanitaire, laissant les civils exposés à l’attaque promise par Israël sur Rafah ? Ou pourrait-il finalement reconnaître implicitement qu’en agissant continuellement en tant qu’équipe de protection diplomatique d’Israël, cela ne lui a pas valu une grande influence sur la stratégie militaire ou politique de Benjamin Netanyahu ?

En fin de compte, les États-Unis ont reconnu que leurs efforts pour s’emparer de l’agenda de l’ONU à Gaza avaient échoué, et ont plutôt reconnu l’état d’esprit général de l’ONU. Les applaudissements au Conseil de sécurité après l’adoption de la résolution ont été un élan de soulagement, rappelant pour certains le moment où le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin avait prononcé son superbe discours contre la guerre en Irak en 2003.

Israël a déjà senti le vent souffler parmi ses alliés occidentaux, mais n’est pas d’humeur à arrêter les combats jusqu’à ce que le Hamas soit complètement écrasé. « Tous ces pays qui se détournent aujourd’hui d’Israël considéreront ce moment comme une marque de honte », a déclaré la semaine dernière le ministre israélien des Affaires stratégiques, Ron Dermer. « Après toutes ces déclarations de soutien au peuple juif alors que nous sommes victimes, vous nous abandonnez maintenant, à la dernière étape avant notre victoire contre une force terroriste génocidaire ? Honteux.”

Le sentiment d’abandon en Israël sera désormais aigu, mais cela ne suffira peut-être pas à le dissuader de tester la détermination américaine en marchant seul. Quelle que soit la sympathie qu’Israël conserve, le vote constitue un moment important dans la façon dont le monde perçoit sa conduite dans cette guerre.

Rien n’indique que Biden veuille utiliser le vote comme tremplin pour une confrontation avec Netanyahu. Face aux virulentes accusations de trahison des Républicains et des Israéliens, l’administration Biden a plutôt tenté de minimiser l’importance du vote, affirmant que l’abstention américaine ne représentait pas un changement de politique et soulignant que les références au cessez-le-feu et aux otages étaient contenues dans une seule phrase. »

Non seulement les Etats-Unis vont « tenter de minimiser l’importance du vote » mais ils vont aller jusqu’à déclarer unilatéralement qu’il est « non contraignant », c’est-à-dire qu’Israël n’est pas obligé de s’y soumettre, retournant ainsi complètement le sens du vote :

« Après l’adoption de la résolution, les responsables américains se sont donnés beaucoup de mal pour affirmer que la résolution n’était pas contraignante. Le porte-parole du Département d’État, Matthew Miller, a déclaré à plusieurs reprises lors d’une conférence de presse que la résolution n’était pas contraignante, avant d’admettre que les détail