REVUE DE PRESSE

La revue de presse du 01/07/2024


Par Wayan – Le 1er juillet 2024 – Le Saker Francophone

Cette semaine, les futurs dirigeants de l’Union Européenne viennent d’être choisis :

« Les dirigeants européens se sont entendus jeudi 27 juin pour accorder à Ursula von der Leyen un deuxième mandat à la tête de la Commission européenne, dans le cadre d’une répartition des postes clés de l’UE. La Première ministre estonienne Kaja Kallas va prendre la tête de la diplomatie européenne et l’ancien Premier ministre portugais Antonio Costa, la présidence du Conseil européen.

Ces trois noms étaient largement favoris, les jeux semblant faits avant même le sommet de Bruxelles, suite à l’accord conclu mardi entre six dirigeants européens – dont le Français Emmanuel Macron et l’Allemand Olaf Scholz – appartenant à la « grande coalition » droite/sociaux-démocrates/centristes, dans la foulée des élections européennes.

Giorgia Meloni et Viktor Orban ont été très clairs, ils n’ont pas du tout apprécié être laissés de côté pour composer cet organigramme, rapporte notre envoyé spécial à Bruxelles, Julien Chavanne. Le Premier ministre nationaliste hongrois, Viktor Orban, avait fustigé en arrivant au sommet un arrangement « honteux » : « Les électeurs européens ont été trompés. (La droite) a formé une coalition de mensonges avec la gauche et les libéraux », s’était-il emporté.

La cheffe du gouvernement italien ultraconservateur, Giorgia Meloni, laissée à l’écart des négociations entre les trois groupes politiques, avait la veille à Rome dénoncé les agissements d’une «oligarchie ». Jeudi soir, elle s’est abstenue sur Ursula von der Leyen et a voté contre Kaja Kallas et Antonio Costa, selon une source diplomatique.

Finalement, les dirigeants hongrois et italien n’ont pas joué le bras de fer trop longtemps. De toute façon, la partie était perdue d’avance. Mais la suite va se jouer au Parlement européen mi-juillet et ça s’annonce plus compliqué. Ursula von der Leyen aura besoin d’obtenir une majorité dans l’hémicycle et le soutien ou du moins la non-opposition de Giorgia Meloni pourrait être cruciale. Désormais à la tête du troisième groupe au Parlement, Giorgia Meloni est bien décidée à peser plus que jamais à Bruxelles. »

Ces trois nominés ont un point commun, ils sont tous, directement ou indirectement, soupçonnés de corruption. Pour Van der Leyen, elle a été soupçonnée avant même d’être à la tête de la commission, en 2019, quand elle était ministre de la défense allemande :

 

« Ursula von der Leyen envisage une nouvelle carrière à la tête de la Commission européenne à Bruxelles, mais le ministre allemand de la Défense a encore des questions à répondre dans son pays.

Une commission d’enquête du parlement allemand – l’instrument le plus puissant que les législateurs puissent utiliser pour enquêter sur les méfaits du gouvernement – étudie comment des contrats lucratifs de son ministère ont été attribués à des consultants extérieurs sans surveillance appropriée, et si un réseau de relations personnelles informelles a facilité ces accords.

Et les législateurs chargés de l’affaire affirment que von der Leyen devra toujours faire face à ses questions même si elle est confirmée comme présidente de la Commission lors d’un vote au Parlement européen mardi. »

Donc, en 2019 déjà, les dirigeants européens n’ont pas hésité à la nommer alors qu’elle était dans le cadre d’une enquête pour corruption. En 2024 rebelote alors qu’une autre enquête est en cours contre elle, celle portant sur les contrats pour les « vaccins » anti-covid de Pfizer :

« Le Parquet européen a ouvert une enquête sur les achats de vaccins contre le coronavirus par l’UE, une annonce qui recentrera l’attention sur le rôle de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans cette affaire.

Le Parquet européen est un organisme indépendant de l’UE chargé d’enquêter et de poursuivre les délits financiers, notamment la fraude, le blanchiment d’argent et la corruption. Dans son annonce de vendredi, le Parquet européen n’a pas précisé qui faisait l’objet d’une enquête, ni quels contrats de vaccins de l’UE étaient sous surveillance.

Cependant, deux autres agences de surveillance avaient déjà attiré l’attention sur un accord particulier impliquant des contacts de haut niveau entre les dirigeants de Pfizer et von der Leyen.

“Cette confirmation exceptionnelle fait suite à l’intérêt extrêmement élevé du public. Aucun autre détail ne sera rendu public à ce stade”, a déclaré le Parquet européen dans son bref communiqué.

En janvier de cette année, le médiateur de l’UE a accusé la Commission de mauvaise administration pour ne pas avoir recherché les SMS en réponse à une demande d’accès à l’information. Sans confirmer l’existence de ces textes, la Commission a fait valoir dans sa réponse que “les documents éphémères et de courte durée ne sont pas conservés”. Il a indiqué que la recherche des messages texte n’avait donné aucun résultat.

Puis, le mois dernier, la Cour des comptes européenne a publié un rapport dans lequel elle déclarait que la Commission avait refusé de divulguer tout détail sur le rôle personnel de von der Leyen dans les négociations concernant le contrat Pfizer.

L’organisme de surveillance du budget a constaté que le chef de l’UE s’était écarté du manuel établi lors des précédentes négociations sur les vaccins en concluant personnellement un accord préliminaire avec la multinationale étasunioenne, au lieu de compter sur des équipes de négociation conjointes. Contrairement à tous les autres contrats, la Commission a refusé de fournir au tribunal tout document concernant les négociations préliminaires pour cet accord spécifique. »

L’obstruction à l’enquête de la part de Von der Leyen est évidente mais cela ne gêne visiblement pas ceux qui viennent de la renommer.

Voyons maintenant Antonio Costa, ex premier ministre portugais. Cet article d’Euronews datant de novembre 2023, montre que c’est un cas qui devrait être encore frais dans les esprits :

« Le ministère public a annoncé mardi qu’il enquêtait sur Costa et plusieurs membres de son cabinet pour des délits présumés de corruption active et passive et de trafic d’influence.

Le Premier ministre portugais António Costa a annoncé sa démission après avoir été impliqué dans une vaste enquête pour corruption.

Le ministère public a annoncé mardi dans un communiqué qu’il enquêtait sur Costa et plusieurs membres de son cabinet pour des délits présumés de prévarication, de corruption active et passive et de trafic d’influence.

Costa, 62 ans, leader socialiste du Portugal depuis 2015, a clamé son innocence mais a déclaré dans une allocution télévisée à l’échelle nationale que « dans ces circonstances, j’ai évidemment présenté ma démission au président de la république ».

Une enquête, au cours de laquelle plus de 40 sites ont été fouillés, porte sur les concessions minières de lithium dans les mines de Romano et Barroso, dans le nord du pays, ainsi que sur un projet d’usine de production d’énergie hydrogène et un autre de construction d’un centre de données, tous deux à Sines.

Un juge d’instruction avait émis des mandats d’arrêt contre Vítor Escaria, le chef de cabinet de Costa ; le maire de la ville de Sines ; et trois autres parce qu’ils représentaient un risque de fuite et pour protéger les preuves, a indiqué le parquet dans un communiqué.

Costa semblait prêt à rester au pouvoir pendant plusieurs années après que ses socialistes aient remporté une victoire écrasante aux élections de l’année dernière. Mais en décembre 2022, son ministre de l’Infrastructure et du Logement a été contraint de démissionner suite au tollé suscité par le versement d’une indemnisation de 500 000 € à un membre du conseil d’administration de la compagnie aérienne nationale TAP Air Portugal.

Au total, 10 hauts fonctionnaires du gouvernement ont quitté leur emploi depuis que le parti de Costa a remporté les élections de 2022. »

Et Kaja Kallas, du temps où elle était premier ministre d’Estonie. Article de Politico datant d’aout 2023 donc tout frais aussi :

« Kaja Kallas prise dans une enquête sur les liens commerciaux de son mari avec la Russie.

La Première ministre Kaja Kallas fait l’objet de critiques croissantes après que les médias estoniens ont révélé les liens commerciaux de son mari avec la Russie, qui seront désormais discutés par une commission parlementaire.

Le président estonien Alar Karis a déclaré lundi que le scandale avait porté atteinte à la crédibilité de l’Estonie dans ses interactions avec ses alliés.

La semaine dernière, la chaîne publique estonienne ERR a découvert que le mari de Kallas, Arvo Hallik, détenait une participation dans Stark Logistics, qui maintient ses opérations en Russie depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en février dernier. Stark Logistics a continué à approvisionner une usine de conteneurs aérosols en Russie une à deux fois par semaine depuis le début de l’assaut de Moscou, a admis Kristjan Kraag, PDG de Stark Logistics.

Depuis les révélations de la semaine dernière, le mari de Kallas a annoncé qu’il vendrait sa participation dans l’entreprise et quitterait ses fonctions. Kallas a nié avoir eu connaissance des liens de l’entreprise de son mari avec la Russie dans une interview accordée jeudi dernier à la chaîne publique estonienne ERR.

“J’ai déjà dit à plusieurs reprises sur différentes chaînes que je suis vraiment désolé qu’une telle situation se soit produite et je m’excuse sincèrement auprès de tous ceux qui ont été offensés par cette situation. Pourtant, mon point de vue n’a en aucun cas changé – toutes les relations avec la Russie doivent cesser. Et c’est ainsi », a déclaré Kallas.

Mardi, les commissions anti-corruption et de contrôle budgétaire de l’État tiendront une réunion conjointe d’urgence pour discuter des allégations. Kallas a déclaré qu’elle ne se présenterait pas à la session conjointe. “Lorsque les commissions compétentes m’inviteront, je suis toujours prête à donner des réponses”, a-t-elle déclaré lundi.

Le député conservateur Valdor Seeder a condamné la réponse de Kallas, affirmant qu’elle avait refusé de comparaître devant plusieurs commissions et exigé qu’elle se présente au Parlement pour un interrogatoire. »

Il semble donc que l’exécutif européen soit devenu un centre d’accueil des politiciens européens en difficulté judiciaire dans leur pays d’origine. N’y aurait-il pas de politiciens propres et compétents pour occuper ces postes ? Bien sûr qu’il y en a. Pourquoi ne sont-ils pas sélectionnés et choisis est une bonne question à laquelle aucun média grand public ayant les moyens de faire une telle enquête ne semble vouloir répondre. Alors proposons une possible réponse à leur place.  Serait-ce parce que, trainant des casseroles et n’ayant pas la conscience tranquille, ils sont plus facilement manipulables par les puissances financières ?

Mais il n’y a pas que l’exécutif européen qui soit gangréné, le législatif aussi. Article d’Euronews datant de décembre 2022 :

« Un vice-président du Parlement européen et des membres du personnel d’un député européen sont impliqués dans un scandale de corruption. Voici ce que nous savons jusqu’à présent.

Un scandale de corruption a ébranlé le Parlement européen lorsque la police belge a arrêté un vice-président de l’institution et procédé à de multiples perquisitions au Parlement et dans des résidences privées.

Au moins six individus ont été arrêtés par la police belge à la suite d’une « enquête majeure » sur des faits de corruption, de blanchiment d’argent et d’organisation criminelle.

L’une d’entre elles est Eva Kaili, une eurodéputée grecque qui, jusqu’à mardi, était l’un des 14 vice-présidents du Parlement européen.

Elle est soupçonnée de faire du lobbying en faveur d’un pays du Golfe, identifié par les médias et certains députés européens comme étant le Qatar, pays hôte de la Coupe du monde de football de la FIFA 2022.

Le gouvernement qatari nie toute implication et le parquet belge n’a pas confirmé le nom du pays.

Le bureau de Kaili au Parlement a été mis sous scellés au cours de l’enquête, mais son avocat a déclaré à une chaîne de télévision grecque qu’elle était innocente et qu’elle n’avait pas accepté d’argent du Qatar.

Elle aurait été arrêtée malgré son immunité parlementaire, ce qui n’est possible que lorsqu’un député européen est “trouver en train de commettre un délit”, selon le site Internet du Parlement européen. »

Du coté des Etats-Unis, ce n’est guère mieux. Le débat Trump-Biden a permis aux Démocrates de voir ce que tous ceux qui n’étaient pas enfermés dans leur idéologie voyaient depuis son élection, Biden n’est pas en état mental de diriger un pays comme les Etats-Unis. Même les médias pro-démocrates sont maintenant obligés de le reconnaitre :

« La prestation du président Joe Biden lors du débat télévisé qui l’a opposé à Donald Trump, le 27 juin dernier, aurait difficilement pu être pire. Des personnalités démocrates se demandent s’il est possible de trouver un moyen de le remplacer en tant que candidat à l’élection de novembre. Le principal problème est qu’il a confortablement obtenu suffisamment de délégués pour remporter l’investiture de son parti. Cela signifie qu’une seule personne peut changer qui sera le candidat démocrate face à Donald Trump : M. Biden lui-même. »

Cela soulève quelques questions légitimes qu’on n’entend pourtant pas posées dans les médias grand public : 1) Comment une personne sénile peut-elle « obtenir suffisamment de délégués pour remporter l’investiture de son parti » et surtout 2) qui dirige les Etats-Unis depuis que Biden n’est plus en état mental de le faire ? Une constatation évidente est que le pays continue à fonctionner normalement avec un président sénile. C’est donc que les décisions sont prises ailleurs et que le président des Etats-Unis n’est qu’une marionnette faisant croire que c’est lui qui les a prises. Il va maintenant être difficile de prétendre que c’est une « analyse complotiste », sauf à nier l’évidence comme beaucoup continueront à le faire.

***

L’Allemagne a envoyé son ministre de l’économie, et la Pologne son président, pour une visite en Chine dans l’espoir non déclaré de calmer les tensions commerciales que la Commission Européenne a déclenché en disant vouloir augmenter les taxes douanières sur les véhicules électriques chinois, comme nous l’avons vu la semaine dernière.

« Pékin a averti vendredi que l’escalade des frictions avec l’Union européenne sur les importations de véhicules électriques pourrait déclencher une guerre commerciale, alors que le ministre allemand de l’Économie est arrivé dans la capitale chinoise avec le problème droits de douane en tête de son agenda.

Le voyage de trois jours de Robert Habeck en Chine est le premier d’un haut responsable européen depuis que Bruxelles a proposé de lourdes taxes sur les importations de véhicules électriques fabriqués en Chine pour lutter contre les subventions excessives. Cela a déclenché des contre-mesures de la part de la Chine et de sévères critiques de la part des dirigeants chinois.

“La partie européenne continue d’intensifier les frictions commerciales et pourrait déclencher une ‘guerre commerciale'”, a déclaré un communiqué attribué au porte-parole du ministère chinois du Commerce. “La responsabilité incombe entièrement à la partie européenne.”

Il a déclaré qu’avec son enquête sur le dumping, la partie européenne avait « intimidé et contraint les entreprises chinoises, menacé d’appliquer des taux de droits de douane élevés et punitifs et exigé des informations trop larges ».

La visite de Habeck a été considérée comme une opportunité pour l’Allemagne, la plus grande économie d’Europe, d’expliquer aux responsables chinois la récente annonce tarifaire tout en atténuant le risque de représailles de la Chine qui pourraient nuire aux entreprises allemandes.

La voix de l’Allemagne a un poids particulier et ses principaux constructeurs automobiles se sont fermement opposés aux tarifs douaniers de l’UE. Berlin a appelé au dialogue tout en s’attendant à ce que la Chine fasse des compromis. »

Mais, plutôt que d’assumer ses propres décisions, Habeck préfère les projeter sur la Russie :

« Les liens étroits entre la Russie et la Chine ont conduit à une détérioration des relations commerciales de Pékin avec les États membres de l’UE, a déclaré samedi le vice-chancelier allemand Robert Habeck aux journalistes lors d’une visite de trois jours dans ce pays asiatique.

Le soutien de Pékin à Moscou nuit aux liens commerciaux et économiques entre la Chine et le bloc, a déclaré Habeck, qui est également ministre allemand de l’économie et du climat. Il a ajouté que Pékin « ne peut pas simplement adopter une position neutre, puis prendre parti contre les intérêts de sécurité de l’autre pays ».

Lors d’une réunion avec son homologue chinois Zheng Shanjie samedi, le vice-chancelier a déclaré que les intérêts de sécurité de l’Allemagne et de l’UE étaient directement affectés par le conflit, mettant en garde Pékin contre les conséquences économiques potentielles de sa coopération avec Moscou. “Notre relation, notre relation directe, a déjà été affectée négativement”, a déclaré Habeck selon l’agence de presse allemande dpa. »

Reporter les conséquences de ses propres décisions sur les autres n’est pas un comportement intelligent.

Reuters, l’agence de presse étasunienne, en profite pour pousser l’Allemagne à compenser la perte du marché chinois en se tournant vers les Etats-Unis :

« Le ministre de l’Economie, Robert Habeck, soulignera la détermination de l’Allemagne à poursuivre ses relations commerciales avec la Chine lors d’une visite qui débutera vendredi, mais les experts commerciaux affirment que les facteurs économiques et politiques favorisent de plus en plus les relations américano-allemandes.

Déjà, les 60 milliards d’euros de commerce entre l’Allemagne et la Chine au premier trimestre 2024 étaient inférieurs aux 63 milliards d’euros du volume total des échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Allemagne. Cela a mis fin à une tendance qui a positionné la Chine comme le premier partenaire commercial de l’Allemagne pendant huit années consécutives.

Les chiffres officiels publiés vendredi soulignent ce changement : les exportations allemandes vers la Chine ont chuté de 14 % en mai par rapport à l’année dernière, tandis que les exportations vers les États-Unis ont augmenté de 4,1 %.

Maximilian Butek, directeur exécutif de la Chambre de commerce allemande en Chine orientale, a déclaré que les partenaires commerciaux allemands restaient pour le moment attachés à un marché chinois qui, selon eux, connaîtrait une reprise de la demande dans les prochaines années.

“Cependant, si la confiance dans le secteur privé et parmi les consommateurs chinois reste faible, il est possible que les Etats-Unis puissent s’imposer comme le principal partenaire commercial de l’Allemagne”, a-t-il déclaré à propos d’une éventuelle consolidation du marché étasunien. »

Après avoir réussi à briser les relations entre la Russie et l’Europe, les Etats-Unis cherchent à faire de même avec les relations entre la Chine et l’Europe.

La Chine voit bien que l’origine du problème est la Commission Européenne qui se soumet aux pressions étasuniennes :

« Après que l’UE a annoncé des droits supplémentaires sur les véhicules électriques (VE) chinois importés, Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne pour le commerce, a déclaré aux médias que la Chine était libre d’engager une procédure contre l’UE par l’intermédiaire de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), mais ” il n’est pas nécessaire de prendre des mesures de représailles. » Une telle logique est absurde.

L’UE brandit le bâton tarifaire contre la Chine, mais demande à celle-ci de ne pas riposter. C’est aussi absurde que de conduire un véhicule en sens inverse et de demander de manière déraisonnable aux véhicules environnants circulant dans le sens normal de ne pas entrer en collision avec lui.

Tout d’abord, il convient de noter quel parti pousse la Chine et l’UE vers un conflit commercial dangereux. » De toute évidence, la réponse est l’UE.

Il y a quelques années, bien que la position publique officielle de l’UE et de ses membres ait toujours été de s’opposer au « découplage », au protectionnisme et de soutenir la mondialisation et le multilatéralisme, certaines personnes en Europe ont généralisé le concept de sécurité économique et ont intensifié une rhétorique « de déconnection » contre la Chine. D’autant plus que Washington poussant dans cette direction, certains responsables de l’UE en sont venus à considérer la Chine comme un « concurrent économique » et un « rival systémique ».

Pire encore, le fait que certains hommes politiques européens considèrent la Chine comme un concurrent ou un rival, s’est reflétée dans la politique commerciale de l’UE. Depuis octobre 2023, l’UE a mis en œuvre un total de 41 restrictions au commerce et aux investissements ciblant la Chine, dont 35 enquêtes et mesures de recours commerciaux contre des produits chinois, pour un montant total de 28,4 milliards de dollars. Les véhicules électriques en sont un exemple typique. Le récent battage médiatique autour de la « surcapacité » poussé par certains responsables de l’UE, une enquête anti-subventions sur les importations de véhicules électriques en provenance de Chine et l’annonce de droits de douane supplémentaires sont autant d’actes malveillants visant à réduire injustement les capacités des concurrents. »

Pour montrer son mécontentement, la Chine a réservé un accueil plutôt froid au ministre allemand :

« Le vice-chancelier allemand Robert Habeck, qui est également ministre allemand des Affaires économiques et de l’action climatique, n’a pas réussi à obtenir une rencontre avec le Premier ministre chinois Li Qiang lors de son voyage de trois jours en Chine, sur fond de différends économiques et de craintes d’une guerre commerciale.

Habeck a atterri vendredi à Pékin, où il espérait rencontrer Li Qiang avant de se rendre à Shanghai samedi – mais il a été informé que le rendez-vous n’était « pas possible le matin avant le départ », a rapporté Die Welt, ajoutant que Habeck n’avait « aucune idée » de la raison pour laquelle la réunion a été annulée.

Au lieu de cela, le responsable allemand rencontrera « toute une série de collègues du cabinet », sa journée sera donc « suffisamment chargée », selon la publication. »

Les Etats-Unis et l’Europe qui poussaient depuis des dizaines d’années au « marché libre mondial » sont en train de renverser la vapeur et d’installer une politique d’isolement à coup de sanctions et de barrières douanières.

Pour montrer que la coopération est une politique bien plus intelligente que l’isolement, le média chinois Global Times a écrit un article sur un projet réussi de coopération franco-chinoise :

« La Chine a lancé samedi avec succès le Space Variable Objects Monitor (SVOM), un satellite scientifique co-développé par la Chine et la France, sur son orbite prédéfinie, ce qui, selon les initiés de la mission et les observateurs spatiaux dimanche, a marqué un exemple marquant de coopération dans l’espace entre un grand pays occidental et une puissance asiatique.

Ce satellite est actuellement le satellite le plus puissant au monde pour l’observation complète multibande des sursauts gamma et jouera un rôle important dans les découvertes scientifiques dans le domaine de l’astronomie spatiale, y compris la recherche sur les sursauts gamma (GRB), a indiqué la CNSA dans une déclaration fournie au Global Times.

Le projet SVOM est une collaboration nouée en 2014 et la deuxième coopération satellitaire entre la Chine et la France, après le satellite océanographique sino-français lancé en orbite en 2018 et devenu opérationnel.

Pour atteindre cet objectif, des scientifiques et ingénieurs chinois ont développé une paire d’instruments pour le satellite. Il s’agit du moniteur de rayons gamma pour mesurer le spectre des émissions des GRB et du télescope visible, qui recherchera la lumière émise dans les longueurs d’onde optiques immédiatement après un événement de sursaut gamma.

Parallèlement, la partie française a fourni le télescope ECLAIR et le télescope à rayons X à microcanaux à bord du SVOM.

Le satellite est également doté du système chinois de navigation par satellite BeiDou (BDS), capable d’utiliser les services de messages courts BDS ainsi que le réseau VHF français, de sorte que le SVOM puisse transmettre un signal d’alerte à la station au sol dans les cinq minutes suivant il détecte un événement GRB, pour avertir les télescopes au sol à grande ouverture du monde entier ainsi que d’autres satellites GRB tels que le SWIFT d’observer un tel événement, a appris le Global Times auprès des développeurs du projet.

La France possède une riche expérience en astronomie spatiale, océanographique et en surveillance atmosphérique. Nous espérons approfondir notre coopération avec eux dans ces domaines et même dans l’exploration de planètes en dehors du système solaire, a déclaré un membre de l’équipe.

Cette année marque le 60e anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et la France. Au cours des 60 dernières années, la Chine et la France se sont engagées dans une coopération pratique dans le domaine spatial, a indiqué la CNSA.

La mise en œuvre réussie du projet sino-français SVOM constitue un excellent exemple de coopération approfondie dans le domaine aérospatial entre les deux pays, a indiqué la CNSA, tout en énumérant d’autres coopérations marquantes réalisées ces dernières années, telles que le CFOSat lancé en 2018 et le projet français sur le détecteur à bord du Chang’e-6 chinois qui a atterri sur la face cachée de la Lune en 2024. Une coopération spatiale d’un tel niveau entre l’Occident et la Chine est considérée comme “assez rare, d’autant plus que les États-Unis ont interdit toute collaboration entre la NASA et Pékin en 2011”, a rapporté l’AFP. »

Je n’ai pas trouvé un seul média francophone parlant de ce lancement réussi. La coopération avec la Chine semble être un sujet honteux pour eux.

Puis ce fut au tour du président polonais de se rendre en Chine :

« Le président polonais Andrzej Duda est arrivé samedi à Pékin, entamant sa visite d’État en Chine, qui se déroule de samedi à mercredi. Les observateurs ont déclaré que cette visite contribue non seulement à renforcer les liens sino-polonais et à améliorer la coopération économique entre les deux pays, mais qu’une coopération renforcée avec la Chine contribue également à accroître l’influence de la Pologne au sein de l’UE.

À l’invitation du président chinois Xi Jinping, Duda et son épouse Agata Kornhauser-Duda sont venus samedi à Pékin. Ils ont été accueillis à l’aéroport de Pékin par le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Deng Li et d’autres personnes, a rapporté la télévision centrale de Chine.

La Chine est prête à travailler avec la Pologne pour profiter de cette visite comme une opportunité pour approfondir la confiance politique mutuelle, élargir les échanges et la coopération dans divers domaines, mener conjointement une coopération de haute qualité dans le cadre de l’initiative « Nouvelles routes de la soie » et la coopération de la Chine avec les pays d’Europe centrale et orientale a déclaré Li.

Le renforcement de la coopération avec la Chine profite non seulement à l’économie polonaise, mais contribue également à accroître l’influence de la Pologne au sein de l’UE, alors que Varsovie cherche à étendre son influence dans la région, a déclaré Cui. Il a noté que même si la Pologne et les États-Unis ont maintenu des contacts étroits ces dernières années, la visite de Duda indique également que ce pays d’Europe de l’Est recherche une diplomatie équilibrée pour maintenir également des liens étroits avec la Chine.

Les experts chinois ont également déclaré qu’avec Pékin et Bruxelles embourbés dans une relation compliquée et avec l’UE menaçant de mener une potentielle guerre commerciale contre la Chine, la Pologne peut jouer un rôle positif dans la négociation des relations bilatérales entre la Chine et le bloc. »

Les médias européens ont, là encore, très peu parlé de cette visite en Chine.

L’France, la France, la Pologne ; il semble que la Chine essaie de contourner les barrières érigées par l’Union Européenne en s’adressant directement aux nations européennes.

Mais tout n’est pas joué puisque des négociations commerciales ont repris entre l’UE et la Chine :

« La Chine et l’Union européenne ont convenu d’entamer des négociations sur le projet du bloc d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques fabriqués en Chine ; Pékin souhaite que les barrières soient supprimées, selon le Global Times. Les négociations avant la date limite du 21 novembre pour finaliser les prélèvements soulignent les inquiétudes officielles quant à l’orientation future des relations commerciales au sens large.

Ce problème menace davantage un commerce d’une valeur de 18 000 milliards de dollars que simplement les constructeurs automobiles. Ces dernières pouvant contourner les tarifs douaniers en ouvrant des usines dans des États membres amis de l’UE, notamment la Hongrie et la Pologne.

Pour la Chine, les véhicules électriques ne sont que la pointe du problème. Ils constituent une source d’exportations en croissance rapide, mais avec 11,5 milliards de dollars l’année dernière, le secteur ne représente que 2 % des exportations chinoises vers l’UE. Globalement, l’UE représentait 15 % des exportations chinoises en 2023 et constitue son deuxième marché d’exportation, selon les données des douanes chinoises.

Cela nuirait à Pékin d’ajouter une guerre commerciale à grande échelle avec l’UE à celle qui s’intensifie avec les États-Unis, même si la Chine prévient qu’elle prendra « toutes les mesures nécessaires » pour sauvegarder ses intérêts. Le Premier ministre Li Qiang a averti mardi que « des actions régressives de découplage entraîneraient le monde dans une spirale destructrice ».»

***

Parallèlement à la guerre militaire que mène Israël sur le terrain, ce pays et les lobbys qui le soutiennent mènent une guerre politico-médiatique en Occident pour que les populations et les gouvernements continuent à soutenir la folie israélienne qui ne se calme pas :

« Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a parlé d’empêcher la Cisjordanie occupée de devenir une partie d’un État palestinien indépendant, selon la fuite audio d’un discours qu’il a prononcé au début du mois.

Smotrich, un membre éminent d’extrême droite du cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déclaré que la manière d’empêcher la création d’un État palestinien qui mettrait en danger l’État d’Israël était de développer des colonies juives. « L’objectif est de changer l’ADN du système pour de très nombreuses années », a-t-il déclaré lors de l’assemblée.

La transcription et l’audio du discours ont été fournis à CNN par l’ONG israélienne Peace Now, qui avait un représentant dans la salle pendant le discours.

Le bureau de Smotrich a confirmé vendredi que le discours avait eu lieu. Dans un communiqué de presse plus tôt ce mois-ci, son bureau a déclaré que Smotrich participerait à un événement sur la colonisation juive – et que l’objectif était de « prévenir la création d’un État terroriste au cœur de l’État d’Israël ».

Smotrich aurait déclaré : « Après le 7 octobre, c’est un consensus dans la société israélienne. La solution consiste à développer les colonies et nous nous concentrons sur la mise en œuvre de vastes processus structurels qui permettront à l’État d’Israël de développer des colonies de manière ordonnée.

Dans l’audio, Smotrich affirme qu’un système civil distinct a été créé pour la Cisjordanie occupée, même si le ministère de la Défense continue de contrôler la zone.

« Nous avons créé un système civil séparé, il y a un bureau au sein du ministère de la Défense. Il y a un ministre là-bas. “Il y a une administration là-bas, c’est comme un bureau, il y a un PDG pour l’administration, il est accepté comme PDG d’un bureau gouvernemental, il y a tout un système au sein de l’administration”, a déclaré Smotrich.

Alors que de plus en plus de pays réclament un État palestinien indépendant, Smotrich a parlé des pouvoirs de planification étendus du ministre et de l’administration et de la perspective de développer des systèmes de transport en commun et routiers en Cisjordanie au cours des prochaines années pour y encourager la colonisation.

« C’est une révolution : c’est ainsi que nous avons amené un million de personnes en Judée et Samarie », a déclaré Smotrich, utilisant le terme par lequel de nombreux Israéliens décrivent le territoire occupé.

Dans son discours d’une demi-heure, Smotrich a déclaré qu’il était capable de « convaincre le Premier ministre », Benjamin Netanyahu, de créer une administration civile en Cisjordanie.

“Je dirai un bon mot de lui car, à son honneur, on dira que dès qu’il a compris l’événement, il était pleinement avec nous.” »

« Dans un communiqué publié dimanche, le bureau du Premier ministre a déclaré que toutes les propositions visant à renforcer les colonies dans ce qu’Israël appelle bibliquement la Judée et la Samarie seraient votées lors de la prochaine réunion du Cabinet de sécurité.

Le communiqué indique également qu’Israël examinerait les mesures à prendre contre l’Autorité palestinienne, à mesure qu’il prendrait des mesures contre Israël au sein des instances internationales.

Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, a déclaré en mai qu’Israël devrait approuver 10 000 colonies en Cisjordanie, établir une nouvelle colonie pour chaque pays reconnaissant un État de Palestine et annuler les permis de voyage des responsables de l’Autorité palestinienne.

Il n’est pas clair si l’une de ces idées radicales fait partie des propositions actuellement examinées en Israël. »

Voici un extrait du discours public de la ministre de l’égalité sociale israélienne qui confirme que le gouvernement actuel n’a aucune intention d’autoriser un gouvernement palestinien. « Ce serait récompenser les terroristes », est là encore l’argument utilisé pour justifier que toute la Palestine soit aux mains d’Israël.

Le ministre de la défense israélien est allé à Washington. Les Etats-Unis espéraient de bonnes nouvelles :

« Les responsables américains espèrent mieux comprendre les plans de guerre d’Israël lors de leurs réunions cette semaine avec le ministre de la Défense du pays, arrivé à Washington alors que le fossé se creuse entre l’administration Biden et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Yoav Gallant est devenu l’un des principaux interlocuteurs des conseillers de Biden alors que la guerre à Gaza se poursuit, et les responsables de l’administration espéraient que les pourparlers pourraient apporter plus de clarté sur les plans d’Israël après les déclarations ambiguës de Netanyahu ce week-end sur la fin de la guerre. »

Et bien il a été clair, la folie guerrière va continuer :

« Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a exhorté le secrétaire d’État américain Antony Blinken à soutenir le pays dans son conflit avec le Hezbollah au Liban voisin, affirmant que le monde surveillait les signes de tension dans les relations entre les deux alliés.

L’armée israélienne a déclaré la semaine dernière que la planification opérationnelle d’une offensive au Liban avait été approuvée, après des mois de tirs transfrontaliers entre les deux parties ont commencé à s’intensifier. Les États-Unis s’efforcent d’empêcher une guerre à grande échelle avec le groupe militant soutenu par l’Iran, qui ouvrirait un deuxième front au conflit en cours avec le Hamas à Gaza. »

Le massacre de Gaza a des répercutions majeures dans tout le monde occidental, on le voit bien en France ou le thème de l’antisémitisme est devenu un sujet central des élections législatives. En Allemagne aussi :

« Le nombre d’incidents antisémites enregistrés en Allemagne a augmenté de plus de 80 % en 2023, en particulier après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre et la guerre qui a suivi à Gaza, selon un nouveau rapport de l’organisme de surveillance RIAS.

L’Association fédérale des départements de recherche et d’information sur l’antisémitisme, connue sous le nom de RIAS, est une ONG basée à Berlin et financée par l’État, créée en 2018 à la suite d’une recrudescence des incidents antisémites.

L’étude RIAS, publiée mardi, montre que plus de la moitié des 4 782 incidents antisémites enregistrés en 2023 étaient imputables à l’activisme anti-israélien. »

Il faut dire que cette hausse des chiffres est essentiellement due au fait que toute critique du massacre des palestiniens de Gaza est considérée comme un acte antisémite (c’est ce qui est reproché à LFI qui est maintenant accusé d’être un parti antisémite).

Des policiers allemands effacent un « acte antisémite »

Donc pour que les pays occidentaux puissent faire admettre la folie sioniste à leur population, des mesures sont prises :

D’abord une intense campagne médiatico-politique pour que les populations confondent totalement critique du sionisme et antisémitisme :

« Israël finance secrètement une campagne de propagande massive visant à cibler le public américain, notamment en adoptant une législation visant à restreindre le droit des citoyens américains à la liberté d’expression lorsqu’ils critiquent Israël et sa guerre en cours contre Gaza, a rapporté The Guardian le 24 juin.

Le journal britannique a rapporté que 80 programmes étaient déjà en cours dans le cadre de la campagne de propagande massive connue sous le nom de « Voix d’Israël ».

Le programme est financé et géré par le ministère israélien des Affaires de la diaspora, dirigé par le député Amichai Chikli.

Le programme a été conçu pour mener ce qu’Israël appelle des « activités de manipulation de la conscience collective » ciblant le public américain et européen.

Voices of Israel fait partie de la « dernière incarnation » d’une « opération parfois secrète » menée par le ministère israélien pour censurer les étudiants, les organisations de défense des droits de l’homme et d’autres critiques d’Israël.

Connue auparavant sous le nom de « Concert » et avant cela de « Kela Shlomo », la campagne a été le fer de lance des efforts visant à faire adopter des lois d’État dites « anti-BDS » qui pénalisent les Américains qui s’engagent dans des boycotts ou d’autres manifestations non violentes contre Israël.

Voices of Israel travaille par l’intermédiaire d’organisations à but non lucratif et d’autres entités qui, souvent, ne divulguent pas les informations sur les donateurs. D’octobre à mai, la campagne a dépensé environ 8,6 millions de dollars pour cibler les citoyens américains avec de la propagande pro-israélienne. »

ON remarquera au passage que les « lois sur les influences étrangères » ne s’appliquent pas à l’influence israélienne qui n’est visiblement pas considérée comme « étrangère » par les gouvernements des pays occidentaux.

Puis des mesures administratives :

« Les candidats à la citoyenneté allemande devront affirmer explicitement le droit d’Israël à exister en vertu d’une nouvelle loi sur la citoyenneté entrée en vigueur mardi.

La nouvelle loi a réduit de huit à cinq ans le nombre d’années pendant lesquelles une personne doit avoir vécu en Allemagne pour obtenir un passeport. Cela permettra également aux migrants de première génération d’acquérir une double nationalité.

Dans le cadre de ce remaniement, de nouvelles questions ont été ajoutées au test de citoyenneté du pays, notamment sur le judaïsme et le droit d’Israël à exister.

« De nouvelles questions de test ont été ajoutées sur les thèmes de l’antisémitisme, du droit de l’État d’Israël à exister et de la vie juive en Allemagne », a confirmé mardi le ministère allemand de l’Intérieur.

“Nous l’avons également dit clairement : quiconque ne partage pas nos valeurs ne peut pas obtenir de passeport allemand. Nous avons tracé ici une ligne rouge très claire et rendu la loi beaucoup plus stricte qu’auparavant.”

Certaines parties du test comprennent des questions sur la responsabilité historique de l’Allemagne envers le peuple juif à la suite des crimes de l’Allemagne nazie et sur la date de fondation de l’État d’Israël. »

Aux Etats-Unis, c’est l’AIPAC, le lobby israélien, qui augmente considérablement ses financements pour faire battre tout politicien s’offusquant du massacre des palestiniens :

« Le représentant de New York, Jamaal Bowman, a perdu sa primaire démocrate face au directeur du comté de Westchester, George Latimer, marquant la première défaite d’un membre du « Squad » [ le groupe Démocrate pro-minorité, NdT] de la Chambre des représentants.

Le résultat dans le 16e district du Congrès de New York a également été une victoire pour les groupes pro-israéliens, qui ont soutenu Latimer avec des dépenses historiques pendant la campagne. Selon la société de suivi des publicités AdImpact, la course a été la primaire la plus chère jamais enregistrée. »

« Ce consensus universel [le soutien à Israël, NdT] a soutenu la stratégie de l’Aipac aux États-Unis pendant des décennies. Ce n’est plus le cas. Avant 2018, aucun membre du Congrès ne pouvait vraisemblablement être considéré comme activement pro-palestinien, et cela ne semblait pas devoir changer. Mais le barrage a éclaté et, à partir des élections d’Alexandria Ocasio-Cortez, d’Ilhan Omar et, en particulier, de Rashida Tlaib, il y a eu pour la première fois des critiques d’Israël qui ont amené une perspective en dehors du consensus établi, et à gauche. Autrefois position marginale, le soutien à la Palestine et la critique d’Israël sont désormais monnaie courante parmi le public américain. Il continuera d’exister au Congrès, quel que soit le montant des dépenses. Des millions d’Américains ont désormais entendu ce point de vue et l’approuvent. L’ère du consensus total de l’Aipac est définitivement révolue.

Même si l’Aipac et ses alliés, ou tout groupe politique disposant de 20 millions de dollars à dépenser pour une seule primaire au Congrès, peuvent éliminer presque n’importe quel adversaire, cela ne constitue pas une stratégie durable. Bien que ce niveau de puissance financière puisse dissuader de nombreux hommes politiques de les contester dans un avenir proche, Israël constitue désormais une question partisane et polarisante. L’effondrement du consensus bipartite et des limites discursives est une catastrophe pour la position d’Israël aux États-Unis à long terme. L’Aipac n’a dépensé directement pour les élections qu’en 2021. Ce n’était pas nécessaire. La transition d’une position intouchable à une position farouchement polarisée qui nécessite des dépenses massives et sans précédent devrait être une source d’inquiétude pour l’Aipac. Israël et la Palestine constituent désormais, pour la première fois, une question d’actualité dans la politique américaine.

Ne vous y trompez pas, la victoire de Latimer est importante pour l’Aipac et l’aile conservatrice du parti démocrate et préjudiciable aux efforts de cessez-le-feu à Gaza. Mais le fait même que l’Aipac doive dépenser 100 millions de dollars pour les primaires démocrates dans une vaine tentative de faire taire ses critiques constitue un changement radical par rapport aux dernières décennies de la politique américaine. La majeure partie de leur liste de succès est toujours là. Cette victoire fut, en fin de compte, une action d’arrière-garde réussie pour le lobby israélien. Le fait que d’éminents défenseurs de la Palestine et que le discours pro-palestinien progresse vers l’acceptabilité publique aux États-Unis constitue une crise pour Israël, c’est pourquoi ses partisans dépensent autant d’argent pour y mettre un terme. Il y aura bien d’autres batailles à venir. »

J’explique régulièrement dans cette revue de presse que cette folie sioniste ne peut qu’entrainer la destruction d’Israël. Cet article d’Ilian Pappe, un historien israélien réputé, explique clairement pourquoi :

« L’assaut du Hamas du 7 octobre peut être comparé à un tremblement de terre qui frappe un vieux bâtiment. Les fissures commençaient déjà à apparaître, mais elles sont maintenant visibles jusque dans les fondations. Plus de 120 ans après sa création, le projet sioniste en Palestine – l’idée d’imposer un État juif dans un pays arabe, musulman et moyen-oriental – serait-il en train de s’effondrer ? Historiquement, une pléthore de facteurs peut faire chavirer un État. Cela peut résulter d’attaques constantes de pays voisins ou d’une guerre civile chronique. Cela peut découler de l’effondrement des institutions publiques, qui deviennent incapables de fournir des services aux citoyens. Souvent, il s’agit d’un lent processus de désintégration qui s’accélère et qui, en peu de temps, fait s’écrouler des structures qui semblaient solides et inébranlables.

La difficulté consiste à repérer les premiers indicateurs. Je soutiendrai ici que ceux-ci sont plus clairs que jamais dans le cas d’Israël. Nous sommes les témoins d’un processus historique – ou, plus exactement, des prémices d’un processus – qui devrait culminer avec la chute du sionisme. Et si mon diagnostic est exact, nous entrons dans une conjoncture particulièrement dangereuse. En effet, une fois qu’Israël aura pris conscience de l’ampleur de la crise, il déploiera une force féroce et désinhibée pour tenter de la contenir, tout comme le régime d’apartheid sud-africain au cours de ses derniers jours…Lire la suite en français »

Voilà un des premiers signes de cet échec du projet sioniste :

« Plus d’un demi-million d’Israéliens ont quitté l’entité sioniste au cours des six premiers mois de la guerre en cours contre la bande de Gaza depuis le 7 octobre et ne sont pas revenus, c’est ce qu’ont rapporté, le dimanche 23 juin, les médias israéliens.

Citant des données de l’Autorité de la Population et de l’Immigration (officielle), le site d’information « Zaman Israël » (privé) a déclaré « qu’environ 550 000 Israéliens ont quitté le pays au cours des six premiers mois de la guerre et ne sont pas encore revenus ».

Le site indique que « ce qui aurait pu être une évasion temporaire pour les Israéliens pendant la guerre, ou une difficulté technique pour y retourner, s’est désormais transformé en une tendance permanente (de migration permanente) ».

***

La Russie a, pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine, publiquement accusé les Etats-Unis d’être responsable de la mort de civils sur une plage de Crimée :

« La Russie a déclaré dimanche que les États-Unis étaient responsables de l’attaque ukrainienne contre la péninsule de Crimée annexée par la Russie avec cinq missiles fournis par les États-Unis, qui ont tué quatre personnes, dont deux enfants, et en ont blessé 151 autres.

Le ministère russe de la Défense a déclaré que quatre des missiles du système de missiles tactiques de l’armée (ATACMS) livrés par les États-Unis, équipés d’ogives à fragmentation, avaient été abattus par des systèmes de défense aérienne et que les munitions d’un cinquième avaient explosé en plein vol.

Les autorités russes en Crimée ont déclaré que des fragments de missiles étaient tombés peu après midi près d’une plage au nord de la ville de Sébastopol, où les habitants étaient en vacances.

L’incident a suscité une réaction furieuse parmi les personnalités publiques russes.

Le ministère de la Défense a déclaré que des spécialistes étasuniens avaient établi les coordonnées de vol des missiles sur la base d’informations provenant de satellites espions étasuniens, ce qui signifie que Washington en était directement responsable.

“La responsabilité de l’attaque délibérée de missiles contre les civils de Sébastopol incombe avant tout à Washington, qui a fourni ces armes à l’Ukraine, et au régime de Kiev, à partir du territoire duquel cette frappe a été menée”, a indiqué le ministère. »

Deux jours plus tard le chef du Pentagone appelait le ministre de la défense russe :

« Le chef du Pentagone et celui de la défense russe se sont entretenus par téléphone mardi dans le cadre d’une communication rare entre les deux puissances et dans un contexte de tensions croissantes après que Moscou a accusé Washington d’être responsable d’une attaque meurtrière en Ukraine au cours du week-end.

Les deux parties ont donné des versions très divergentes de la conversation – la première entre le secrétaire à la Défense Lloyd Austin et le nouveau ministre russe de la Défense Andrei Belousov, qui a remplacé Sergei Shoigu en mai.

Austin a lancé l’appel, le premier de ce type depuis mars 2023, a déclaré aux journalistes le porte-parole du Pentagone, le général de division de l’Air Force, Patrick Ryder.

Le ministère russe de la Défense a déclaré que Belousov a averti Austin des dangers de la poursuite des opérations américaines de fournitures d’armes à l’Ukraine dans cette guerre qui dure depuis 28 mois. “A.R. Belousov a souligné le danger d’une nouvelle escalade de la situation en continuant à fournir des armes américaines aux forces armées ukrainiennes”, a indiqué le ministère russe dans un communiqué publié sur l’application de messagerie Telegram. »

On retrouve une fois de plus l’attitude schizophrénique des Etats-Unis consistant à provoquer d’un côté, pour que les tensions militaires soient favorables aux ventes d’armes, et dialoguer de l’autre pour éviter que cela ne dégénère en guerre totale. Un jeu dangereux qui finira par mal tourner.

A lundi prochain.

La revue de presse du 24/06/2024 

 Publié le juin 24, 2024 par Wayan

 


Par Wayan – Le 24 juin 2024 – Le Saker Francophone

La première guerre froide confrontait les deux grandes puissances nucléaires de l’époque, les Etats-Unis et l’URSS, avec l’Europe coincée et déchirée en plein milieu. Elle était géographiquement « atlantiste ». La deuxième guerre froide s’annonce bien plus large géographiquement, englobant toute l’Asie.

C’est donc vers l’Asie que la bataille médiatico-politique s’est déplacé cette semaine. Cela a commencé par la visite de Poutine en Corée du Nord :

« La Russie et la Corée du Nord construiront ensemble l’architecture de sécurité en Eurasie, contrecarreront les sanctions occidentales et établiront des systèmes de transactions indépendants, a déclaré le président russe Vladimir Poutine dans son article pour le Rodong Sinmun de la Corée du Nord, publié sur le site Internet du Kremlin.

“Nous sommes prêts à travailler en étroite collaboration pour apporter plus de démocratie et de stabilité aux relations internationales. Pour ce faire, nous développerons des mécanismes alternatifs de commerce et de règlement mutuel non contrôlés par l’Occident, nous opposerons ensemble aux restrictions unilatérales illégitimes et façonnerons l’architecture d’égalité, de paix et de sécurité indivisible en Eurasie”, a-t-il souligné. »

 

Pour Kim Un Jong c’est un soutien et un bol d’air inespéré, alors qu’il y a encore quelques années la Russie votait pour les condamnations de la Corée du Nord par l’ONU.

« Le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté [en juin 2017] en faveur d’un élargissement des sanctions contre la Corée du Nord par une décision unanime des 15 pays membres du Conseil. »

A l’époque c’était la Chine qui soutenait vaguement la Corée du Nord :

« Le processus de détermination des sanctions [en juin 2017] a nécessité de longues discussions entre les États-Unis et la Chine, le seul allié majeur de la Corée du Nord. Alors que les États-Unis ont exprimé leur confiance plus tôt ce mois-ci dans leur capacité à convaincre la Chine d’imposer de nouvelles sanctions, vendredi marque leur première résolution commune concernant la Corée du Nord depuis l’entrée en fonction du président Trump. Reuters rapporte que les sanctions de vendredi représentent la peine minimale qui aurait pu être imposée par l’ONU. Cela est probablement dû au fait que la Chine n’est pas disposée à envisager des sanctions plus sévères contre la Corée du Nord, comme un embargo pétrolier ou une interdiction de la compagnie aérienne nord-coréenne Air Koryo, à moins que la Corée du Nord ne tente de lancer un missile à longue portée ou de procéder à un autre essai nucléaire. »

Depuis les relations Est-Ouest se sont complètement envenimées et la dernière résolution contre la Corée du Nord, en mars 2024, a été bloquée par un véto russe :

« Le veto de la Russie a mis fin à la surveillance, par les Nations Unies, des sanctions contre la Corée du Nord à cause de son programme nucléaire, suscitant des accusations occidentales disant que Moscou cherche à éviter tout examen minutieux car elle aurait violé les sanctions en achetant des armes à Pyongyang pour sa guerre en Ukraine.

Le revirement de la Russie face à l’ONU reflète la manière dont l’animosité croissante de Moscou envers les États-Unis et leurs alliés occidentaux depuis le début de la guerre en Ukraine a rendu difficile l’obtention d’un consensus, même sur les questions sur lesquelles il existait un accord de longue date. »

Après la Corée du Nord, Poutine s’est rendue au Vietnam, où il fut plutôt question d’économie :

« Selon le président russe Vladimir Poutine, environ 60 % des transactions entre la Russie et le Vietnam sont désormais effectuées dans les monnaies respectives des pays, sans tenir compte du dollar américain et de l’euro.

Le chef de l’Etat russe a fait ces remarques dans un article publié mercredi sur le site Internet du Kremlin dans le journal officiel du Parti communiste vietnamien avant sa visite de deux jours dans ce pays d’Asie du Sud-Est.

Poutine a noté que les deux pays accordaient une attention particulière au renforcement des échanges commerciaux mutuels et à la promotion des investissements, en particulier dans le rouble russe et le dong vietnamien.

“Ces transactions représentaient plus de 40 % du commerce bilatéral l’année dernière et, au premier trimestre de cette année, leur part a atteint près de 60 %”, a déclaré le dirigeant russe, ajoutant que cela s’inscrivait dans la tendance mondiale à l’élimination progressive de l’utilisation de « monnaies largement discréditées » dans le commerce et les investissements internationaux. »

Mais le sujet de « l’architecture de sécurité eurasienne », abordé par Poutine pendant sa visite en Corée du Nord, est remis sur le tapis :

« Le président russe Vladimir Poutine a déclaré vouloir construire une « architecture de sécurité fiable » dans la région Asie-Pacifique lors d’une visite d’État au Vietnam jeudi, dans le cadre d’un voyage en Asie considéré comme une démonstration de défi envers l’Occident.

Un jour après avoir signé un accord de défense mutuelle avec la Corée du Nord, Poutine a reçu une salve de 21 coups de canon lors d’une cérémonie militaire au Vietnam, a été embrassé par deux de ses dirigeants communistes et généreusement félicité par l’un d’eux.

Poutine a contribué à « la paix, la stabilité et le développement » dans le monde, a déclaré le président vietnamien.

La visite de Poutine a suscité des critiques de la part des États-Unis et de leurs alliés, qui traitent le dirigeant russe comme un paria et ont protesté contre le fait qu’on ne devrait pas lui donner une tribune pour défendre la guerre russe en Ukraine. »

Poutine est donc loin d’être « isolé » comme le disent et l’espèrent les analystes occidentaux. Il est même plutôt bien accueilli en Asie comme en Afrique.

Au même moment la Chine se tournait vers la Corée du sud, proche alliée des Etats-Unis, pour la rassurer vis-à-vis de son voisin du Nord :

« La tenue d’un dialogue à une date rapprochée faisait partie des accords conclus entre la Chine et la Corée du Sud en marge de la réunion des dirigeants trilatéraux [Chine-Japon-Corée du sud] qui s’est tenue en mai, selon les médias.

Le dialogue est avant tout un mécanisme bilatéral, mais « dans le contexte du conflit prolongé entre la Russie et l’Ukraine et de l’escalade des tensions dans la péninsule coréenne, la communication entre la Chine et la Corée du Sud sur les questions de sécurité revêt en effet une importance au-delà du niveau bilatéral », a déclaré Da Zhigan, directeur de l’Institut d’études sur l’Asie du Nord-Est à l’Académie provinciale des sciences sociales du Heilongjiang, au Global Times.

Da pense qu’une communication et une coordination étroites entre la Chine et la Corée du Sud pourraient, dans une certaine mesure, compenser les bruits malveillants annonçant une confrontation entre camps et une nouvelle guerre froide en Asie du Nord-Est. »

Le premier ministre chinois était en visite en Australie :

« Le Premier ministre chinois Li Qiang a demandé mardi aux entreprises chinoises et australiennes de continuer à approfondir leur coopération dans les domaines traditionnels et à élargir leur coopération dans de nouveaux domaines tels que l’intelligence artificielle, la technologie quantique et les sciences de la vie, et a souligné l’importance de la coopération bilatérale dans la stabilisation des chaines industrielles et d’approvisionnement, alors qu’il assistait à une table ronde des PDG à Perth, en Australie, pour terminer une visite à enjeux élevés dans le pays.

Le voyage de quatre jours de Li en Australie, le premier d’un premier ministre chinois dans ce pays depuis sept ans, a été fructueux, car les deux parties ont rouvert diverses voies de dialogue, notamment dans le domaine économique et commercial, et ont lancé de nouvelles initiatives pour stimuler les échanges bilatéraux, y compris les échanges entre les peuples, ouvrant la voie à une nouvelle amélioration des relations bilatérales, ont noté les experts.

Alors que les milieux d’affaires des deux pays jouent un rôle essentiel dans des relations bilatérales stables et qu’il existe un très fort désir de collaboration parmi les entreprises des deux pays, des efforts continus sont nécessaires pour faciliter la coopération commerciale, ont déclaré les experts, exhortant la partie australienne à fournir un environnement équitable et non discriminatoire pour les entreprises chinoises et éviter les perturbations extérieures. »

Les relations Chine-Australie s’était dégradées à cause de la pression des Etats-Unis pour que l’Australie entre dans l’AUKUS, le groupe militaire anglo-saxon Australie-United Kingdom-Usa dirigé contre la Chine. Il semble que l’Australie ait, depuis, mis de l’eau dans son vin.

Il faut dire que la position de ce pays anglo-saxon, aux portes de l’Asie, le rend vulnérable à toute rétorsion économique de la part de la Chine et l’oblige à des acrobaties diplomatiques pour maintenir un équilibre entre les USA et la Chine.

Après l’Australie Li a visité la Malaisie :

« Les relations sino-malaisiennes sont à l’avant-garde des relations entre les pays de la région et constituent une référence et un exemple, et la Chine espère profiter du 50e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques comme une opportunité pour accélérer la construction d’une communauté sino-malaisienne avec un avenir commun, a déclaré le Premier ministre chinois Li Qiang lors de sa rencontre mercredi avec le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, alors qu’il effectuait sa première visite officielle dans ce pays d’Asie du Sud-Est.

Les dirigeants ont également convenu que la Chine et les pays concernés de l’ASEAN devraient gérer de manière indépendante et appropriée la question de la mer de Chine méridionale, gérer les différends et les divergences, promouvoir le dialogue et la coopération et s’en tenir à l’orientation générale du règlement bilatéral, a rapporté l’agence de presse Xinhua.

La visite de Li intervient également alors que les tensions se sont récemment exacerbées en mer de Chine méridionale en raison des provocations continues des Philippines avec le soutien des États-Unis. En tant que pays demandeur dans les différends en mer de Chine méridionale, la Malaisie s’efforce de gérer correctement la situation et de contrôler les différends, ont déclaré les experts, notant que ce consensus, convenu par plusieurs autres pays de l’ASEAN et la Chine, est clair. »

Ce message est directement adressé aux Philippines, pays membre de l’ANASE comme la Malaisie, mais qui, sous la pression des Etats-Unis et depuis que le fils Marcos a été élu, a choisi la voie de la confrontation avec la Chine, semblant prêt à suivre le destin d’une Ukraine asiatique en servant de proxy étasunien contre la Chine :

« Les Philippines ont accusé les garde-côtes chinois d’avoir lancé un « assaut brutal » à l’arme blanche lors d’un affrontement en mer de Chine méridionale plus tôt cette semaine, une escalade majeure dans un conflit latent qui menace d’entraîner les États-Unis dans un autre conflit mondial.

Des images diffusées jeudi par l’armée philippine montraient des officiers des garde-côtes chinois brandissant une hache et d’autres outils tranchants ou pointus vers des soldats philippins et lacérant leur canot pneumatique, dans ce que Manille a qualifié « d’acte d’agression éhonté ».

Les Philippines et la Chine se sont mutuellement reproché l’affrontement près du Second Thomas Shoal dans les îles Spratly contestées lundi, qui a eu lieu lors d’une mission philippine visant à réapprovisionner ses soldats stationnés sur un navire de guerre échoué volontairement, un fait accompli qui pose les revendications territoriales de Manille sur cet atoll.

Cet incident est le dernier d’une série d’affrontements de plus en plus tendus dans cette voie navigable riche en ressources et d’importance stratégique.

Mais les scènes capturées dans les dernières images marquent un point d’inflexion dans les tensions qui couvent depuis longtemps, la Chine adoptant de nouvelles tactiques beaucoup plus ouvertement agressives qui, selon les analystes, semblent calculées pour tester la façon dont les Philippines et leur principal allié en matière de défense – les États-Unis – répondront. »

Ces scènes “brutales” font partie de la stratégie médiatique du couple USA-Philippines consistant à dramatiser des escarmouches pour montrer au reste du monde que c’est la Chine qui est l’agresseur, comme l’explique cet article de Reuters :

« Regroupés dans la salle de crise présidentielle en février de l’année dernière, de hauts responsables philippins étaient confrontés à un choix difficile.

Les responsables militaires et du renseignement ont regardé les officiers des garde-côtes montrer des photos de ce que l’agence a qualifié de laser de qualité militaire que la Chine aurait pointé sur un navire philippin dans des eaux contestées, quelques jours plus tôt.

Eduardo Ano, conseiller à la sécurité nationale et président du groupe de travail sur la mer de Chine méridionale, a dû décider s’il devait divulguer les photos et risquer la colère de Pékin, ou s’abstenir face à son voisin géant.

“Le public mérite de savoir”, a déclaré le général à la retraite aux responsables. “Publiez les photographies.”

Cette réunion, jusqu’ici non divulguée, a marqué un moment charnière, quand Manille a lancé une campagne médiatique pour mettre en lumière l’intensification du conflit territorial en mer de Chine méridionale, où l’éperonnage de navires, l’utilisation de canons à eau et les protestations diplomatiques qui ont suivi ont suscité de vives tensions.

“C’était un tournant et la naissance de la politique de transparence”, a déclaré à Reuters le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Jonathan Malaya, qui a assisté à la réunion et a raconté l’échange. “L’objectif était, à terme, d’imposer de lourdes conséquences pour la réputation et l’image de marque de Pékin.”

Le président Ferdinand Marcos Jr avait demandé aux responsables de « civiliser et d’internationaliser » le conflit, ce qu’ils ont obtenu en utilisant les garde-côtes et en intégrant régulièrement des journalistes étrangers dans des missions. “Cela est devenu un élément important pour renforcer le soutien international aux Philippines, car notre public est également constitué de gouvernements étrangers”, a-t-il ajouté.

La réunion de février 2023 a eu lieu quelques jours après que Marcos ait accordé aux États-Unis l’accès à quatre bases militaires supplémentaires aux Philippines, ravivant ainsi les liens de défense qui avaient souffert sous son prédécesseur, Rodrigo Duterte.

“La Chine a peu d’options d’escalade sans déclencher le traité de défense mutuelle entre les États-Unis et les Philippines et sans risquer une confrontation militaire entre les forces chinoises et américaines”, a déclaré Ian Storey, chercheur en sécurité à l’Institut ISEAS Yusof Ishak de Singapour. »

Pendant que la Russie et la Chine sont en plein travail diplomatique pour consolider leurs relations avec le « Sud Global », le bloc occidental continue ses actes d’harassement contre le couple Chine/Russie, sans réaliser que leur effet destructeur atteint plus l’image de marque de l’Occident auprès du « Grand Sud » que les économies russe et chinoise. Autrement dit une stratégie auto-destructrice :

« Le Département d’État a approuvé la vente à Taiwan de drones et de missiles pour un montant estimé à 360 millions de dollars, a annoncé l’Agence de coopération en matière de défense et de sécurité du Pentagone.

Les États-Unis sont tenus par la loi de fournir à Taiwan, revendiqué par la Chine, les moyens de se défendre malgré l’absence de relations diplomatiques formelles, ce qui suscite la colère constante de Pékin.

La Chine a intensifié sa pression militaire contre Taiwan, notamment en organisant des exercices de guerre autour de l’île le mois dernier après l’investiture de Lai Ching-te comme président.

La vente “contribuera à améliorer la sécurité du destinataire et à maintenir la stabilité politique, l’équilibre militaire et le progrès économique dans la région”, a déclaré mardi l’agence du Pentagone. »

« Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a appelé lundi 17 juin à faire payer à la Chine le prix de son soutien à la Russie, tout en encourageant l’alliance militaire occidentale à fournir davantage d’armes à l’Ukraine. « Cela peut paraître comme étant un paradoxe, mais le chemin vers la paix passe par plus d’armes à l’Ukraine », a déclaré le chef de l’Otan dans un discours devant le Wilson Center, un centre de réflexion à Washington. « À un moment donné – et à moins que la Chine ne change de cap – les Alliés doivent imposer un coût », a-t-il affirmé en soulignant que Pékin « alimente le plus grand conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale ». »

« L’UE a déclaré lundi, après qu’une délégation de l’UE s’est rendue au Tibet et a rencontré des responsables chinois la semaine dernière, qu’elle était préoccupée par ce qu’elle a qualifié de “très grave” la situation des droits de l’homme en Chine, en particulier au Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong.

Cela inclut une répression contre les défenseurs des droits humains, les avocats et les journalistes en Chine. L’UE a exhorté la Chine à enquêter sur toute violation des droits et a exprimé ses préoccupations concernant les cas de détention illégale, de disparitions forcées, de torture et de mauvais traitements, a indiqué l’UE dans un communiqué.

En réponse, les responsables chinois ont déclaré que l’UE devrait « cesser de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine sous prétexte de droits de l’homme ».

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré aux journalistes lors d’un point de presse que ” la Chine s’oppose fermement à la politisation de la question des droits de l’homme et aux deux poids, deux mesures, et s’oppose à l’imposition de son propre modèle aux autres. Nous sommes opposés à… nous engager dans une diplomatie du microphone dans l’arène multilatérale.” »

« Le Parlement suédois a approuvé mardi 18 juin à une large majorité un accord de défense avec les États-Unis, qui, selon ses opposants, ouvre la voie à un déploiement d’armes nucléaires [dirigés vers la Russie, NdT] et à l’installation de bases américaines permanentes en Suède. 266 des 349 députés ont voté en faveur de l’Accord de coopération de défense (DCA), signé par Stockholm et Washington en décembre, 37 votants contre et 46 étant absents. »

« La présidence belge du Conseil de l’Union européenne annonce ce jeudi 20 juin que les ambassadeurs des vingt-sept États membres de l’Union européenne (UE) ont approuvé le quatorzième paquet « substantiel » de sanctions contre la Russie depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.

« Ce paquet prévoit de nouvelles mesures ciblées et renforce l’impact des sanctions existantes en resserrant les mailles du filet », a indiqué la présidence belge sur le réseau social X. Pour sa part, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen s’est félicitée sur X que « ce paquet de mesures fortes va empêcher encore davantage la Russie d’avoir accès aux technologies. Il privera aussi la Russie de revenus supplémentaires dans le secteur de l’énergie ». »

« Un responsable étasunien s’est rendu au Japon après avoir rencontré le gouvernement néerlandais pour exhorter les alliés à restreindre davantage la capacité de la Chine à produire des semi-conducteurs de pointe, ont déclaré à Reuters deux personnes proches du dossier.

Alan Estevez, le chef de la politique d’exportation se rend dans les deux pays cette semaine dans le cadre des tentatives d’élargissement d’un accord de 2023 entre les trois pays visant à bloquer les équipements de fabrication de puces qui pourraient aider la Chine à moderniser son armée.

Dans une réponse mercredi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré que la Chine était opposée à ce que les États-Unis. “contraignent d’autres pays pour supprimer l’industrie chinoise des semi-conducteurs”. “Ce comportement a sérieusement entravé le développement de l’industrie mondiale des semi-conducteurs et finira par se retourner contre son auteur”, a déclaré Lin lors d’un point de presse à Pékin. »

« Le Japon a imposé des sanctions à des entreprises basées en Chine et dans plusieurs autres pays en raison de leur soutien présumé à la Russie dans le conflit ukrainien. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’un ensemble plus large de restrictions visant des entités et des personnes en Russie et au Belarus considérées comme “directement impliquées” dans la situation autour de l’Ukraine.

Les sanctions dévoilées vendredi par le ministère japonais des affaires étrangères sont les premières à viser des entreprises chinoises en raison de leur soutien présumé à Moscou. Les États-Unis et l’Union européenne avaient déjà ciblé des entreprises basées en Chine en raison de leurs exportations présumées de biens à double usage susceptibles d’être utilisés par l’armée russe. »

Les mesures de rétorsion de la Chine et de la Russie montrent qu’ils ne prennent pas ces provocations trop au sérieux, pour l’instant :

« Une frégate de la marine russe et un sous-marin à propulsion nucléaire ont fait escale mercredi dans le port de La Havane et Cuba a déclaré qu’ils ne représentaient aucune menace, mais cela a été largement considéré comme une démonstration de force russe alors que les tensions augmentent à cause de la guerre en Ukraine.

Des curieux, des pêcheurs et des policiers bordaient le boulevard du front de mer du Malecon sous un ciel gris pour accueillir les navires alors qu’ils passaient devant le château de Morro, vieux de 400 ans, à l’entrée du port.

Cuba – un allié de longue date de la Russie – a salué l’arrivée des navires avec des tirs de canon depuis le port, tandis que des diplomates russes brandissaient de petits drapeaux russes et prenaient des selfies pendant que les navires passaient devant les forteresses historiques du port.

Les quatre navires russes ont appareillé mercredi vers Cuba après avoir effectué un entraînement aux “armes de missiles de haute précision” dans l’océan Atlantique, a annoncé mercredi le ministère russe de la Défense.

Cuba a déclaré la semaine dernière que cette visite était une pratique courante pour les navires militaires des pays amis de La Havane. Le ministère des Affaires étrangères du gouvernement communiste a déclaré que la flotte ne transportait aucune arme nucléaire, ce que les États-Unis ont confirmé. »

« La Chine a ouvert une enquête antidumping sur la viande de porc importée et ses sous-produits en provenance de l’Union européenne, une mesure qui semble principalement destinée à l’Espagne, aux Pays-Bas et au Danemark, en réponse aux restrictions imposées à ses exportations de véhicules électriques.

Cette décision fait suite à une plainte déposée le 6 juin par l’Association chinoise de l’élevage d’animaux au nom de l’industrie porcine nationale, a indiqué le ministère.

Suite à l’annonce du 12 juin par la Commission européenne selon laquelle elle imposerait des droits anti-subventions allant jusqu’à 38,1 % sur les voitures chinoises importées à partir de juillet, les entreprises alimentaires mondiales sont en état d’alerte face aux mesures de rétorsion imposées par la Chine.

L’Espagne est le principal fournisseur de viande de porc de la Chine et son groupe de producteurs de viande de porc, Interporc, a déclaré qu’il coopérerait pleinement à l’enquête menée par les autorités chinoises. »

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Le journal israélien en langue anglaise Times of Israël vient de publier un article annonçant une nouvelle qui avait déjà été publiée dans les jours qui ont suivi le 7 octobre mais qui n’avait été reprise que par les médias alternatifs, comme cette semaine aussi d’ailleurs, annonçant que le gouvernement israélien avait été averti par ses services de renseignement d’une attaque imminente du Hamas. Comme le précise cet article l’avertissement était détaillé :

« Un document rédigé au sein de la division Gaza de Tsahal moins de trois semaines avant le 7 octobre avertissait que le Hamas s’entraînait en vue d’une invasion à grande échelle d’Israël au cours de laquelle des otages seraient pris en masse, a révélé lundi la chaîne publique Kan.

Intitulé « Entraînement détaillé aux raids de bout en bout », le document a été diffusé le 19 septembre et aurait été porté à l’attention d’au moins certains hauts responsables du renseignement, mais apparemment ignoré. Kan n’a pas précisé qui a produit le document ni précisé qui aurait pu le voir.

Selon des informations provenant de l’unité 8200 du renseignement militaire, le document estimait le nombre d’otages que le Hamas visait à atteindre entre 200 et 250, selon Kan, citant des sources de sécurité anonymes. Lors du massacre du 7 octobre, 251 otages ont été pris et 1 200 personnes ont été tuées par des actes de brutalité.

Le document décrit une série d’exercices menés par les forces d’élite du groupe terroriste palestinien, notamment des exercices en vue de raids sur des villes et des postes militaires israéliens, et une formation sur la façon de retenir les soldats et les civils hébergés à l’intérieur de Gaza et dans quelles circonstances ils pourraient être tués.

“À 11 heures du matin, plusieurs goupes ont été observés se rassemblant pour la prière et le déjeuner avant le début de la formation”, indique une partie du document. « A midi, du matériel et des armes sont distribués aux combattants, après quoi a lieu un exercice d’état-major de la compagnie. A 14h00, les entraînements de raid commencent”.

Le document ajouterait que les commandos du Hamas s’entraînaient également à infiltrer des avant-postes simulés des Forces de défense israéliennes, simulant des bases à la frontière de Gaza. Cet exercice a été mené par quatre compagnies du groupe terroriste, chacune étant affectée à un avant-poste différent.

Le document détaille également les zones à l’intérieur des bases que les commandos envisagent de cibler, notamment les salles de contrôle, les synagogues et les quartiers d’habitation, selon le reportage télévisé.

Les commandos de la force d’élite Nukhba du Hamas ont reçu pour instruction de ne pas laisser de documents derrière eux après avoir attaqué des bases, selon le mémo.

Le document a été porté à l’attention de hauts responsables du renseignement, du moins au sein de la division de Gaza, ont déclaré à Kan les responsables de la sécurité anonymes. Le gouvernement et les hauts responsables militaires ont affirmé qu’ils n’avaient pas été prévenus à l’époque d’une invasion imminente. »

De plus, l’armée israélienne est aussi accusée d’être à l’origine de nombreux morts du côté israélien et autres erreurs difficilement explicables pour une armée réputée être très professionnelle :

« Selon le rapport, l’enquête révèle de nombreux cas d’erreurs de tirs amis ayant entraîné des morts tragiques, des groupes de soldats des FDI trop hésitants pour affronter les envahisseurs du Hamas (alors que d’autres se sont précipités pour combattre sans avoir été formellement appelés), des commandants supérieurs ordonnant à certains groupes de soldats de rester en réserve en deuxième ligne – alors qu’ils auraient dû aller au front, et ne sachant pas comment gérer des questions complexes sur le champ de bataille concernant la prise d’otages à Be’eri. »

« Une équipe de l’état-major des forces de défense israéliennes a commencé à enquêter sur l’incident au cours duquel 12 otages détenus par des terroristes du Hamas ont été tués dans la maison de Pessi Cohen, dans le kibboutz Be’eri, le 7 octobre.

Yasmin Porat et Hadas Dagan, les deux seules survivantes de l’incident, affirment que la maison a été bombardée par un char. Cela a fait naître des soupçons selon lesquels le général de brigade Barak Hiram, le commandant de la 99e division de l’armée qui a mené les combats dans le kibboutz, a ordonné à une équipe de chars de tirer sur la maison de Cohen alors qu’il savait que des otages y étaient retenus. »

Ces articles confirment les soupçons qui pèsent sur le gouvernement Netanyahou disant qu’il a laissé faire cette attaque pour pouvoir s’en servir comme excuse pour la destruction de Gaza ; exactement ce qui est en train de se passer. L’insistance des médias/analystes à dire « oui, mais le 7 octobre…, condamnez-vous le 7 octobre ? » montre bien que cette attaque est devenue l’excuse idéale pour justifier le génocide des gazaouis.

De plus, la republication de ces informations à un moment où le gouvernement Netanyahou est soumis à de fortes critiques de la part de l’armée et après ses pieds de nez successifs à Biden ne doit rien au hasard. Mais la presse grand public, tant israélienne qu’occidentale, n’ayant toujours pas parlé de ces articles ils n’auront pas plus d’effet que la première fois. Cela montre que le gouvernement Netannyahou continue d’avoir le plein support des oligarques possédant les médias, tant israéliens qu’occidentaux, pour continuer son travail de destruction de la Palestine.

Mais la destruction de Gaza n’est pas aussi simple et rapide que, dans leur hubris, les extrémistes israéliens l’envisageaient. L’armée israélienne le dit publiquement maintenant :

« Le porte-parole de Tsahal, l’amiral Daniel Hagari a qualifié mercredi d’inatteignable l’objectif de guerre d’Israël d’éradiquer le groupe terroriste du Hamas, semblant souligner les tensions entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les hauts responsables de la défense à propos de sa gestion de la guerre à Gaza.

« Cette entreprise visant à détruire le Hamas, à faire disparaître le Hamas, c’est simplement jeter du sable aux yeux du public », a déclaré Hagari à la Treizième chaîne dans une interview.

« Le Hamas est une idée, le Hamas est un parti. C’est enraciné dans le cœur des gens : quiconque pense que nous pouvons éliminer le Hamas a tort », a-t-il poursuivi.

Hagari a également averti que « si le gouvernement ne trouve pas d’alternative, [le Hamas] restera » dans la bande de Gaza.

En réponse, le bureau de Netanyahu a déclaré dans un communiqué que le cabinet de sécurité « a défini comme l’un des objectifs de guerre la destruction des capacités militaires et de gouvernance du Hamas. Les Forces de défense israéliennes doivent s’y engager bien entendu » »

C’est une évidence que nous mettons en avant régulièrement dans cette revue de presse. On ne combat pas une idéologie, un mouvement de résistance populaire, par les armes. On ne fait que la renforcer en faisant ainsi.

Le gouvernement Netanyahou n’avait visiblement pas prévu non plus la capacité de résistance des soutiens extérieurs comme le Hezbollah et les houthis. Il est donc coincé entre faire marche arrière et négocier avec les palestiniens, chose inconcevable pour lui ou une fuite en avant du style « si on coule, tout le monde coulera avec nous ». :

« L’armée israélienne a indiqué dans la soirée du mardi 18 juin avoir approuvé des plans d’offensive au Liban sur fond d’intensification des affrontements transfrontaliers avec la milice du mouvement islamiste libanais Hezbollah. Dans le cadre d’une “évaluation de la situation” menée mardi en présence du général de division Ori Gordin, commandant de la région militaire Nord et du chef de la direction des opérations, le général de division Oded Basiuk, “des plans opérationnels pour une offensive au Liban ont été approuvés et validés”, indique l’armée dans un bref communiqué. »

« Le chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah a prévenu mercredi 19 juin qu’« aucun lieu » en Israël ne serait épargné par les missiles de sa formation si les dirigeants israéliens mettaient à exécution leurs menaces d’attaquer le Liban. « L’ennemi sait parfaitement que nous nous sommes préparés au pire […] Il sait qu’aucun lieu […] ne sera épargné par nos missiles » et il doit « nous attendre par la terre, par la mer et par les airs », a-t-il averti dans un discours retransmis en direct à la télévision. Il a aussi menacé Chypre si l’île décidait d’ouvrir ses aéroports et ses bases à Israël en cas de guerre contre son mouvement. « L’ouverture des aéroports et des bases chypriotes à l’ennemi israélien pour cibler le Liban signifierait que le gouvernement chypriote est partie prenante de la guerre ». »

« Le Hezbollah a diffusé ce mardi des images de sites militaires, commerciaux et résidentiels du nord d’Israël recueillies, selon lui, par un drone de reconnaissance. La diffusion de cette vidéo de 9 minutes 30 secondes intervient alors qu’un émissaire américain, Amos Hochstein, a entamé une visite en Israël et au Liban pour éviter que les affrontements quotidiens qui durent depuis presque neuf mois se transforment en guerre totale.

Les images de bonne qualité diffusées par le Hezbollah montrent des sites stratégiques censés être secrets ou inconnus du grand public.

Dans les explications qui accompagnent le déroulé des images vidéos, le parti de Hassan Nasrallah pointe différents bâtiments d’un complexe militaro-industriel appartenant à l’Autorité pour le développement de l’armement, connue sous le nom de Rafael.

Le drone poursuit sa course et survole des navires de guerre amarrés dans le port de Haïfa, des installations pétrochimiques, des réservoirs de pétrole et l’aéroport de cette ville située à 30 km de la frontière libanaise, filmant au passage des plateformes du Dôme de fer ou des entrepôts d’assemblage de composants de missiles anti-aériens.

Dans ce travail de communication, le Hezbollah veut montrer aux dirigeants politiques et militaires israéliens, mais aussi à l’opinion publique en Israël, qu’il dispose d’une longue liste de cibles potentielles bien identifiées et répertoriées.   

Cette vidéo a clairement un but dissuasif à un moment où les craintes d’une guerre totale s’amplifient.

Sa diffusion intervient alors que l’émissaire de Joe Biden, Amos Hochstein, a entamé une visite en Israël et au Liban pour éviter une escalade du conflit. »

Loin « d’éviter l’escalade du conflit » comme le prétend cet article, l’émissaire de Joe Biden le provoque en apportant, une fois de plus, son plein soutien à la folie israélienne :

« Les États-Unis ont indiqué qu’ils étaient disposés à soutenir une offensive israélienne contre le Hezbollah au Liban, dans un contexte de frustration croissante face au fait que le groupe continue de lier une trêve avec Israël à un cessez-le-feu plus large et insaisissable à Gaza.

Lors de ses réunions à Beyrouth mardi, l’envoyé américain Amos Hochstein a lancé des avertissements « directs » aux responsables libanais selon lesquels Israël se prépare à lancer une offensive limitée contre le Hezbollah et bénéficiera du soutien des États-Unis si une solution diplomatique n’est pas trouvée, a déclaré un haut responsable arabe à Middle East Eye. »

Netanyahou a-t-il oublié qu’en 2006, alors que le Hezbollah n’était pas encore si développé militairement, Israël n’a pas réussi à lui « imposer une défaite » ? Ce sera encore moins le cas en 2024.

Les Houthis aussi continuent leur lutte, plus indirectement que le Hezbollah mais suffisamment pour que l’économie israélienne et même occidentale en souffre :

« Les Houthis se révèlent être des ennemis rusés et redoutables. Cinq mois après une série de frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis visant à « perturber et dégrader » leurs capacités, les militants continuent de faire des ravages. Ils obligent régulièrement la force opérationnelle dirigée par les États-Unis à intercepter leurs missiles, leurs bombardiers et leurs drones volants qui ont transformé les voies de navigation de la mer Rouge et du golfe d’Aden en un couloir dangereux – et mortel.

Les Houthis ont frappé plusieurs navires la semaine dernière, et les responsables américains affirment que ces attaques ne devraient pas prendre fin de si tôt, ce qui fait craindre que les États-Unis ne soient coincés dans une impasse coûteuse et insoutenable.

A travers leur campagne, les rebelles ont non seulement prouvé leur rôle en tant qu’atout formidable dans le réseau mandataire de l’Iran, mais ils ont également démontré qu’ils sont plus que capables de menacer à nouveau la navigation commerciale à l’avenir. »

« Les militants houthis du Yémen auraient coulé un deuxième navire, le Tutor, dans la mer Rouge, a annoncé mardi l’United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO). »

« Les Houthis du Yémen ont déclaré tôt dimanche qu’ils avaient mené une opération militaire conjointe avec le groupe militant de la Résistance islamique en Irak, visant quatre navires dans le port de Haïfa, dans le nord d’Israël.

Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a déclaré dans un communiqué télévisé que les deux groupes avaient lancé une attaque de drone contre deux cimentiers et deux cargos dans le port de Haïfa samedi.

Il a déclaré que les navires appartenaient à des compagnies qui “ont violé l’interdiction d’entrer dans les ports de la Palestine occupée”. »

Il va bien falloir que les gouvernements occidentaux acceptent que le temps où ils pouvaient renverser un gouvernement arabe facilement est terminé. L’axe de la résistance est maintenant prêt à se défendre et est en train de le démontrer.

A lundi prochain

La revue de presse du 17 juin 2024

Par Wayan – Le 17 juin 2024 – Le Saker Francophone

Cette semaine la « guerre des blocs », avec la réunion des ministres des affaires étrangères des BRICS d’un côté et la réunion des pays du G7 de l’autre est entré dans une nouvelle phase. Cette fois c’est indéniable, les gants sont jetés et une deuxième « guerre froide » est lancée.

Dans le collimateur des pays du BRICS, l’hégémonie du couple dollar/euro utilisé comme arme financière permettant de bloquer le commerce international des « pays ennemis » :

« La Chine sera un pionnier en conduisant le monde vers un système financier et monétaire nouveau et innovant, alors que les appels mondiaux à une refonte du système de Bretton Woods – en place depuis 80 ans – gagnent du terrain en raison de l’abus de l’hégémonie du dollar par les États-Unis et sa politique irresponsable, ainsi qu’une économie mondiale fragmentée, ont déclaré des universitaires chinois et étrangers.

Le nouveau système financier devrait être basé sur un ensemble diversifié de monnaies plutôt que sur une monnaie unique, ont-ils noté. Il s’agira d’un système ouvert et inclusif dans lequel les voix des économies de marché émergentes seront mieux représentées, et il permettra aux pays de s’unir pour promouvoir la croissance économique mondiale et la stabilité financière.

Ces commentaires ont été faits lors du Forum financier mondial Tsinghua PBCSF 2024 à Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est de la Chine). L’événement de deux jours s’est terminé mardi. Cette année, le forum avait pour thème « 80 ans après Bretton Woods : construire un système monétaire et financier international pour tous ». »

 

Le fameux système SWIFT, celui par lequel passait la majorité des paiement internationaux et dont la Russie a été exclue, aura bientôt un concurrent qui viendra casser son monopole :

« Moscou et Pékin développent un système de règlement qui pourra permettre de régler les transactions transfrontalières sans utiliser le système de messagerie financière occidentale SWIFT, a révélé le commissaire présidentiel russe aux droits des entreprises, Boris Titov.

Abordant les résultats de la conférence internationale « Russie et Chine : coopération dans une nouvelle ère » tenue à Moscou la semaine dernière, Titov a déclaré à TASS que les deux pays avaient accéléré leurs efforts pour s’éloigner de SWIFT et commercer en utilisant leurs monnaies nationales respectives.

“De nombreuses banques régionales le remplacent déjà (le SWIFT) par le système analogique chinois nommé CIPS”, a déclaré lundi le responsable, ajoutant que l’utilisation du système chinois pour les paiements en yuans continuerait de se développer. »

Ce nouveau système a été officiellement annoncé par Poutine :

« Dans ce qui constitue un développement historique, l’alliance économique des BRICS a officiellement annoncé le lancement d’un système de paiement indépendant. En effet, le président russe Vladimir Poutine a confirmé les travaux en cours sur le projet lors de la conférence SPIEF 2024 qui se déroule dans le pays.

Poutine a révélé que l’alliance « travaille sur notre propre système de paiement indépendant, libre de toute pression politique, abus et ingérence extérieure ». À l’inverse, les discussions sur l’intégration d’un système de paiement centré sur les BRICS ont été au centre des préoccupations du bloc pendant une grande partie de l’année dernière. »

Puis confirmé lors de la réunion des ministres des affaires étrangère des pays BRICS qui s’est tenue cette semaine :

« Les ministres des Affaires étrangères des BRICS se sont réunis à Nijni Novgorod en Russie le 10 juin et ont tenu de nombreuses discussions, dont une importante sur l’utilisation accrue des monnaies locales dans les transactions commerciales et financières entre les pays des BRICS.

Il s’agissait de la première réunion ministérielle après l’expansion des BRICS en 2023, lorsque l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont rejoint le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud en tant que membres à part entière des BRICS. »

Les monnaies numériques de banque centrale font aussi leur entrée sur le marché du commerce international et pourront esquiver non seulement le dollar mais aussi le pétrodollar :

« L’Arabie saoudite a rejoint un essai transfrontalier de monnaie numérique de la banque centrale dominé par la Chine, ce qui pourrait être une nouvelle étape vers une diminution du commerce mondial du pétrole en dollars américains.

Cette décision, annoncée mercredi par la Banque des règlements internationaux, verra la banque centrale saoudienne devenir un « participant à part entière » du projet mBridge, une collaboration lancée en 2021 entre les banques centrales de Chine, de Hong Kong, de Thaïlande et des Émirats arabes unis.

La BRI, une organisation centralisant les banques centrales mondiales, qui supervise le projet, a également annoncé que mBridge avait atteint le stade du « produit minimum viable », ce qui signifie qu’il passera à la phase de type professionnel.

Environ 135 pays et unions monétaires, représentant 98 % du PIB mondial, explorent les monnaies numériques des banques centrales, ou CBDC. Mais les nouvelles technologies qu’ils utilisent rendent les mouvements transfrontaliers à la fois techniquement difficiles et politiquement sensibles. »

Ces projets de CDBC en sont déjà à un stade avancé dans le monde entier, sauf aux Etats-Unis qui se reposaient sur le dollar :

« Au total, 130 pays représentant 98 % de l’économie mondiale explorent désormais des versions numériques de leurs monnaies, dont près de la moitié en sont à des stades avancés de développement, de pilotage ou de lancement, selon une étude étroitement suivie.

L’étude publiée mercredi par le groupe de réflexion américain Atlantic Council indique que des progrès significatifs au cours des six derniers mois signifient que tous les pays du G20, à l’exception de l’Argentine, se trouvent désormais dans l’une de ces phases avancées.

Onze pays, dont un certain nombre dans les Caraïbes et au Nigeria, ont déjà lancé des monnaies numériques de banque centrale (CBDC), comme on les appelle, tandis que les tests pilotes en Chine touchent désormais 260 millions de personnes et couvrent 200 scénarios allant du commerce électronique aux paiements de relance gouvernementaux.

Deux autres grandes économies émergentes, l’Inde et le Brésil, prévoient également de lancer des monnaies numériques l’année prochaine. La Banque centrale européenne est sur le point de lancer son projet pilote d’euro numérique avant un éventuel lancement en 2028, tandis que plus de 20 autres pays prendront également des mesures significatives vers des projets pilotes cette année.

Aux États-Unis, cependant, les progrès en matière de dollar numérique ne « progressent » que pour une version de gros (banque à banque), selon les recherches de l’Atlantic Council, alors que les travaux sur une version de détail destinée à être utilisée par la population plus large ont « bloqué”.

Le président américain Joe Biden a ordonné aux responsables gouvernementaux d’évaluer les risques et les avantages de la création d’un dollar numérique en mars 2022. »

Une des principales raisons pour lesquelles les pays du Sud ne veulent plus être dépendants du système financier international occidental est celle-ci :

« Faire rembourser par la Russie l’aide allouée à l’Ukraine. C’est la philosophie de l’accord trouvé par les pays du G7 ce jeudi 13 juin en Italie. Ils prévoient d’utiliser les intérêts de l’argent détenu par la Russie dans les pays occidentaux, et gelé depuis le début de la guerre, pour financer un méga-prêt de 50 milliards de dollars (46 milliards d’euros environ) pour l’Ukraine d’ici fin 2024. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, Moscou est en effet sous le coup de sévères sanctions économiques, notamment le gel des avoirs russes détenus à l’étranger. Une manière de faire pression sur la Russie. »

La Russie n’est pas le premier pays à s’être fait confisqué/volé ses avoirs placés en Occident. C’est déjà arrivé à l’Iran, au Venezuela, à l’Afghanistan, à l’Irak et la Lybie, petits pays qui ne pouvaient rien y faire. Mais le couple Russie/Chine est assez puissant pour rétorquer.

D’autres projets/déclarations ont été mis en avant pendant cette réunion des pays BRICS :

« 1. Réforme globale de l’ONU : Ils « soutiennent une réforme globale de l’ONU, y compris de son Conseil de sécurité » en vue de la rendre plus démocratique et « d’augmenter la représentation des pays en développement parmi les membres du Conseil »

  1. Réforme globale du système financier : Ils « reconnaissent la nécessité d’une réforme globale de l’architecture financière mondiale pour renforcer la voix des pays en développement et leur représentation au sein des institutions financières internationales ». De manière cruciale, ils ont également « souligné l’importance d’une utilisation accrue des monnaies locales dans les transactions commerciales et financières entre les pays des BRICS ».
  2. Dénonçant Israël et soutenant la création d’un État palestinien : « Les ministres ont exprimé de sérieuses inquiétudes face au mépris flagrant et continu d’Israël du droit international, de la Charte des Nations Unies, des résolutions de l’ONU et des ordonnances de la Cour. » Ils « soutiennent également l’adhésion à part entière de la Palestine aux Nations Unies » ainsi que « la création d’un État de Palestine souverain, indépendant et viable, conforme aux frontières internationalement reconnues de juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale ».
  3. Condamnant les « mesures coercitives unilatérales » et le protectionnisme : ils n’ont pas nommé les États-Unis, mais cette section ne laisse aucun doute quant à savoir à qui ils faisaient référence : « [Les ministres] ont exprimé leur inquiétude quant au recours à des mesures coercitives unilatérales, qui sont incompatibles avec les principes de la Charte des Nations Unies et produire des effets négatifs sur la croissance économique, le commerce, l’énergie, la santé et la sécurité alimentaire, notamment dans le monde en développement. Dans le même ordre d’idées, ils “s’opposent également aux mesures protectionnistes unilatérales, qui perturbent délibérément les chaînes mondiales d’approvisionnement et de production et faussent la concurrence”.»

Le statu quo géopolitique actuel est en train d’être totalement remis en question.

Joignant le geste à la parole, la Chine commence à se débarrasser de ses bons du trésor étasuniens :

« Alors que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine s’intensifie, la Chine réduit ses avoirs en obligations américaines.

Les dernières données officielles sur les flux de capitaux américains montrent que la réserve chinoise de bons du Trésor américain et d’obligations d’agences au premier trimestre de cette année a diminué d’environ 40 milliards de dollars et 10 milliards de dollars, respectivement, sur une base ajustée en fonction des valorisations.

La Chine est le plus grand détenteur de réserves de change au monde, avec une réserve de 3 200 milliards de dollars au dernier décompte en avril. La répartition monétaire n’est pas publiquement connue, mais les experts estiment que pas plus de 60 % de cette répartition est en dollars. »

Mais il n’y a pas que le dollar qui perd son statut de monnaie de réserve internationale, l’euro aussi :

« La part de l’euro dans les avoirs mondiaux en devises a chuté l’année dernière, en raison des craintes que le projet d’utiliser les avoirs russes gelés pour financer l’Ukraine ne nuise davantage à l’attrait de la monnaie unique européenne.

D’autres pays ont réduit les avoirs en euros de leurs réserves de banque centrale d’environ 100 milliards d’euros l’année dernière, soit une baisse de près de 5 pour cent, a annoncé la Banque centrale européenne dans un rapport publié mercredi. L’euro est tombé à un plus bas de 3 ans à 20 % et en baisse par rapport à 25 %.

La BCE prévient que « militariser » les monnaies ne fait que les rendre moins attrayantes et mettre en danger la capacité de l’UE à émettre de la dette à moindre coût. Les membres de l’UE détenant 13 800 milliards d’euros (14 700 milliards de dollars). Un demi % (50 points de base) représente près de 70 milliards d’euros de plus que les pays de l’UE dépenseraient en paiements d’intérêts en un an. »

Il faut bien comprendre que tous ces dollars/euros revenant dans leurs zones d’origines vont créer une augmentation de la masse monétaire et donc aggraver l’inflation que subissent déjà les Etats-Unis et la zone euro.

Face à cette attaque en règle, les pays occidentaux utilisent les tactiques habituelles. Le déni médiatique d’abord. Peu de médias grand public occidentaux parlent des initiatives des BRICS, des monnaies numériques, mais, par contre, ils vantent la solidité de leurs économies et de leurs monnaies fiduciaires :

« Quatre-vingts ans se sont écoulés depuis la Conférence de Bretton Woods, lorsque le dollar américain est devenu le pilier central de l’économie mondiale et de la gouvernance économique américaine. Et depuis huit décennies, nous assistons également à des prédictions sur la disparition prochaine du dollar. Mais depuis le début, le débat sur l’avenir du dollar rate son but. La question n’est pas de savoir si un événement, une crise ou une nouvelle technologie fera tomber le dollar de son piédestal. Il s’agit plutôt de la façon dont les concurrents, et même les partenaires des États-Unis, repoussent les limites du système financier dans une économie mondiale où le dollar domine toujours mais où le consensus de l’après-guerre froide s’effondre. »

« Si l’économie des États-Unis était un athlète, elle serait actuellement au niveau de LeBron James. Si c’était une pop star, ce serait Taylor Swift. Il y a quatre ans, la pandémie a temporairement paralysé une grande partie de l’économie mondiale. Depuis lors, les performances économiques américaines ont laissé d’autres pays dans la poussière et ont même battu certains de leurs propres records. Le taux de croissance est élevé, le taux de chômage est à son plus bas historique, la richesse des ménages augmente et les salaires augmentent plus vite que les coûts, en particulier pour la classe ouvrière. Il existe de nombreuses façons de définir une bonne économie. L’Amérique est en très bonne forme selon à peu près n’importe lequel d’entre eux. »

Pourtant :

« Le public américain ne ressent pas cela – une dynamique que beaucoup de gens, dont moi, ont récemment tenté d’expliquer. Mais si, au lieu de demander ce que les gens pensent de l’économie, nous demandons comment elle fonctionne objectivement, nous obtenons une réponse très différente. »

Même pas peur disent les médias à leur public. Dormez, tout va bien.

Pourtant les mesures prises par les Etats-Unis en tête, suivi par l’Europe, montrent au contraire des signes de grande fébrilité en augmentant les sanctions économico-financières qui, pourtant, ce sont avérées contre productives puisque ce sont elles qui ont déclenché et accéléré les mesures de rejet du dollar et de l’euro :

« Les États-Unis ont ajouté trois autres entreprises à une liste qui interdit les importations en provenance d’entreprises prétendument impliquées dans le travail forcé des Ouïghours en Chine, selon un avis du gouvernement américain publié en ligne mardi.

Les dernières cibles incluent le fabricant de chaussures Dongguan Oasis Shoes Co, le fabricant d’aluminium électrolytique Xinjiang Shenhuo Coal and Electricity Co et le transformateur alimentaire Shandong Meijia Group Co, également connu sous le nom de Rizhao Meijia Group, indique l’avis du Département américain de la sécurité intérieure (DHS). »

« Les États-Unis ont dévoilé mercredi 12 juin une nouvelle salve de sanctions visant à asphyxier l’effort de guerre russe en Ukraine. Juste avant le sommet du G7 où le sujet de nouvelles sanctions doit être discuté, Washington cherche à mettre aussi la pression sur les institutions financières traitant avec l’économie russe.

Ces mesures, qui comprennent des sanctions touchant plus de 300 entités, dont la Bourse de Moscou, ciblent « les voies d’approvisionnement restantes par lesquelles (la Russie) se procure des matériaux et des équipements à l’international, a déclaré la secrétaire au Trésor Janet Yellen. Nous augmentons le risque pour les institutions financières qui traitent avec l’économie de guerre russe, éliminons les possibilités d’évasion et diminuons la capacité de la Russie à bénéficier de l’accès aux technologies, équipements, logiciels et services informatiques étrangers », a-t-elle  précisé dans un communiqué.

Ces sanctions prises par les départements d’État et du Trésor concernent des entités situées en Russie et dans des pays comme la Chine, l’Afrique du Sud, la Turquie et les Émirats arabes unis. Parmi elles figurent la Bourse de Moscou et plusieurs filiales. L’objectif est de rendre plus difficiles les transactions de plusieurs milliards de dollars. On retrouve également des entités impliquées dans trois projets de gaz naturel liquéfié. En conséquence, la Bourse de Moscou a annoncé qu’elle allait suspendre les transactions en euros et en dollars sur son marché des changes. »

« La nouvelle a fait l’effet d’une douche froide sur les constructeurs automobiles chinois. Bruxelles a annoncé, mercredi 12 juin, jusqu’à 38,1% de droits de douane européens sur les importations de véhicules électriques chinois, taxées à partir du 4 juillet prochain. Ces montants, qui s’ajoutent aux 10% déjà existants, ont été rapidement dénoncés comme « purement protectionnistes » par Pékin.

Pour contrer l’offensive commerciale chinoise, l’Union européenne a donc décidé de multiplier les taxes « anti-dumping », destinées à compenser la différence entre le prix des marchandises importées et celui des produits fabriqués sur le sol européen. En général, « les droits de douane laissent un temps de respiration aux constructeurs européens qui font face à un coût de l’énergie et de main d’œuvre plus élevé », pointe Elvire Fabry, chercheuse spécialisée en géopolitique du commerce pour l’Institut Jacques Delors.

De nombreux secteurs de la production chinoise se retrouvent dans le viseur de l’Union européenne, qui a pendant longtemps hésité à sévir. Plusieurs enquêtes en cours scrutent les subventions aux équipements médicaux, le biodiesel, les éoliennes ou encore le constructeur ferroviaire CRRC, géant chinois du rail. Au total, l’Union européenne mène pas moins de 31 enquêtes sur des soupçons de pratiques anticoncurrentielles, dont 18 concernent la Chine.

Néanmoins, si elles témoignent d’une volonté politique de protéger le marché européen, ces enquêtes aboutissent bien souvent à des droits de douane nettement inférieurs à ceux imposés par les États-Unis. Faisant fi des règles de l’Organisation mondiale du commerce, le pays fixe des taxes douanières qui grimpent à 100% pour les véhicules électriques chinois, 50% pour les cellules photovoltaïques et les semi-conducteurs chinois, et 25% pour l’acier ou l’aluminium. »

« L’Occident doit montrer à Moscou qu’il soutient « totalement » l’Ukraine en sanctionnant tout ce qui est russe, a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron.

« Nous montrerons au [président russe Vladimir] Poutine que nous sommes complètement derrière l’Ukraine : nous chasserons l’argent et le pétrole, nous arrêterons le gaz, nous arrêterons les navires, nous ferons tout ce que nous pouvons pour arrêter la machine de guerre russe et montrer à Poutine la folie de ses actions », a déclaré Cameron au média italien.

Le Royaume-Uni « chasse » les entreprises qui font des affaires avec la Russie « partout dans le monde », a-t-il déclaré. “Nous sanctionnerons les entreprises en Chine, en Turquie, au Kirghizistan et même en Israël, qui, selon nous, fournissent du matériel à double usage” à la Russie, a-t-il ajouté. »

Les Etats-Unis n’hésitant pas à faire pression sur les « alliés » peu enthousiastes à se lancer dans cette guerre commerciale :

« Les dirigeants des banques allemandes doivent se conformer davantage aux sanctions contre la Russie et mettre fin à toute tentative visant à les contourner, a prévenu mardi la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, lors d’une réunion avec des banquiers à Francfort, selon Reuters.

Le responsable américain a souligné que la Russie ne devait pas être autorisée à se procurer des « biens sensibles » pour l’aider dans ses opérations militaires en Ukraine, et a averti que Washington avait désormais le pouvoir d’imposer des sanctions secondaires aux banques étrangères si elles étaient soupçonnées d’aider l’armée russe.

« J’exhorte toutes les institutions ici à prendre des mesures de conformité renforcées et à se concentrer davantage sur les tentatives d’évasion russe », a déclaré Yellen, avertissant que ceux qui ne le feraient pas pourraient se voir empêcher d’utiliser le dollar américain.

Plus tôt ce mois-ci, Reuters a également rapporté que le Trésor américain avait menacé de couper l’accès de la banque autrichienne Raiffeisen Bank International (RBI) au système financier américain en raison de la poursuite de ses activités en Russie.

Après cet avertissement, RBI a annoncé qu’elle ne développerait plus ses activités en Russie, tandis qu’un porte-parole du groupe a déclaré qu’il avait « considérablement réduit » sa présence dans le pays pour atténuer les risques liés aux sanctions.

La Banque centrale européenne a également fait pression sur toutes les banques de la zone euro pour qu’elles accélèrent leur retrait de Russie sous peine de sanctions américaines – et leur a demandé de soumettre d’ici le mois prochain un « plan d’action » détaillant la manière dont elles suspendront leurs opérations dans le pays. »

« L’envoyé américain à Budapest a vivement critiqué mardi le gouvernement hongrois pour ses relations politiques et commerciales étroites avec la Chine, qui “sont souvent assorties de conditions, et les intérêts sont souvent payés en termes de souveraineté“.

Dans un discours prononcé devant les entreprises américaines qui ont investi en Hongrie, à la Chambre de commerce américaine, l’ambassadeur David Pressman a critiqué la Hongrie pour avoir fait des affaires avec la Chine sur la base de contrats non transparents « en proie à la corruption ».

Il a également critiqué le gouvernement nationaliste du Premier ministre Viktor Orban pour avoir autorisé les travailleurs chinois à entrer en Hongrie et pour une coopération en matière de sécurité entre les deux pays qui autorise la présence de policiers chinois en Hongrie.

Pressmann a déclaré que les États-Unis faisaient également des affaires avec la Chine, mais « de manière transparente, sur la base de règles claires et dans le souci des intérêts de sécurité de nos alliés ». »