USA (II)

 

Il est temps de se débarrasser des animaux



L’ancienne gauche avait des engagements intellectuels qui étaient faux de manière intéressante et théoriquement stimulante. La nouvelle gauche exige l’adhésion à des absurdités si grotesques que le simple fait de s’en divertir provoque des troubles neurologiques nauséabonds. – Xénocosmographie sur « X »


Par James Howard Kunstler – Le 7 juin 2024 – Source Clusterfuck Nation -  Le Saker francophone  

La partie la plus stupéfiante de l’aventure de Joe Biden, qui dure depuis plus de trois ans, est que le Parti du chaos et des canulars a pu prétendre, jusqu’à il y a quelques jours, que ce fantasme politique pouvait se présenter à la réélection. Aujourd’hui, les initiés du régime sont obligés d’avouer qu’ils ne peuvent plus le cacher. Ils ont vendu la mèche en tant que « sources anonymes » cette semaine dans un énorme article du Wall Street Journal. Le président est en train de se nécroser au vu et au su du monde entier. Il n’a plus toute sa tête. Il a l’air ridicule lorsqu’il se traîne devant les caméras. Il profère des absurdités et des mensonges évidents. Sa femme doit le mener comme un chien en laisse. Tout le monde le voit. Il faut qu’il parte. LE PLUS VITE POSSIBLE.

 

Son incompétence embarrassante est visible depuis la campagne de 2020, mais ses manipulateurs ont réussi à tromper la moitié du pays depuis lors, grâce à des médias capturés par les « blobs que sont les services de renseignement qui pratique la manipulation » et à la susceptibilité de la moitié du pays à la psychose collective – trouble de la pensée motivé par la peur – qui a donné une couverture à des acteurs traîtres cherchant à sauver leurs fesses même s’ils devaient détruire les États-Unis pour ce faire. Qui étaient ces acteurs ? Les Clinton et leur entourage, plongés dans la criminalité financière et le trafic sexuel ; la coterie Obama de racistes anti-blancs et de marxistes maladroits ; les escrocs Wokistes de la race et du genre, fous à lier, qui travaillent à dérégler l’ordre social fondé sur le mérite (et sont payés pour le faire) ; les escrocs du Congrès qui vivent du butin de l’industrie pharmaceutique et du Pentagone ; les hauts fonctionnaires des agences qui sont devenus une garde prétorienne corrompue pour tous les acteurs susmentionnés, qui cherchent maintenant désespérément à échapper à leur obligation de rendre des comptes.

Tout ce qu’ils ont fait depuis 2020 a servi à couvrir leurs crimes, et chaque arnaque n’a fait qu’aggraver les dommages causés à notre pays. La farce du Covid-19 a été montée pour permettre la fraude des bulletins de vote par correspondance afin d’assurer un gouvernement permanent par le peuple, dont le Parti démocrate n’est plus qu’un simple tentacule. Nous ne savons pas encore si le module vaccin ARNm de l’arnaque était un effort délibéré pour tuer un grand nombre de personnes ou une grave erreur de la part de fabricants de médicaments avides, ou encore une combinaison maléfique – avec l’aide du WEF ou de la Chine.

Ils ne peuvent pas se permettre de perdre leur emprise sur les leviers du pouvoir lors des élections de 2024 – perdre le contrôle du ministère de la Justice, du FBI et de l’appareil dit de « sécurité nationale », en particulier. L’ouverture des frontières n’est qu’une tentative d’importation illégale et d’enrôlement d’un grand nombre de nouveaux électeurs potentiels pour s’assurer une victoire électorale. Plus de vingt États disposent de « lois sur les électeurs motorisés » qui inscrivent automatiquement toute personne possédant un permis de conduire. Et ces personnes inscrites n’ont même pas besoin de voter. Leurs noms peuvent simplement être « récoltés » systématiquement, joints aux documents de vote et regroupés pour être soumis à leur place. Des millions de personnes sont entrées illégalement dans le pays depuis 2021 à l’invitation directe de « Joe Biden ». Il n’y a rien de caché à ce sujet – mais tout ce que l’on voit, c’est l’impuissance des citoyens américains actuels, incapables de l’arrêter.

Et pourtant, même cette farce pourrait ne pas suffire à maintenir au pouvoir le Parti du chaos et des canulars. Le candidat désigné « Joe Biden » est manifestement si mal en point qu’on ne peut plus compter sur les électeurs citoyens sous le charme de la psychose collective. Ses résultats dans les sondages sont catastrophiques. Il est prévu qu’il débatte avec son adversaire, le hors-la-loi Donald Trump, le 27 juin. Si ses manipulateurs permettent que cela se produise, ce sera comme la scène du démasquage dans Le Fantôme de l’Opéra : une horreur cérébrale, d’un océan à l’autre ! Bien entendu, une insulte aussi grave à l’esprit du temps obligera les dirigeants du parti à s’expliquer, et je doute personnellement qu’ils puissent s’en sortir. Les Démocrates n’ont-ils pas remarqué ?

Les candidats à sa succession – Newsom, Hillary, Pritzker, Whitmer, Harris – sont des créatures politiques au moins aussi détestables pour les électeurs que ne l’est devenu « JB ». Et l’écueil évident pour Michelle O. est que son mari ressemble à un César américain en quête d’un quatrième mandat. Qu’ont-ils d’autre ? Rien. Un gouverneur totalement inconnu qu’ils pourront pomponner dans quelques mois ? Oublie cela. Ils devront présenter l’un des détestables candidats, prendre leurs pertes et espérer que tout ira bien, peut-être en concluant un « accord » de sortie de prison avec le faiseur de marché suprême qu’est Trump.

Ou alors, ils pourraient tenter une autre arnaque de taille : le tuer. On peut imaginer qu’ils essaieront, après avoir épuisé toutes les autres possibilités. S’ils réussissent et que cela ne provoque pas une guerre civile instantanée, la faction de Trump dispose d’un « banc » assez profond de personnalités compétentes qui peuvent intervenir et se présenter contre le Parti du chaos, de l’arnaque et maintenant du meurtre. Si les assassins bâclent le travail, je ne voudrais pas être à leur place en ce jour terrible.

L’essentiel pour l’instant : « Joe Biden » est sur le point de faire ses adieux. Ils lui ont déjà posé la question. Il résiste. La seule pensée cohérente dans son esprit défaillant est qu’il a le droit de grâce tant qu’il est président. Il ne s’agit pas tant de Hunter et de cette stupide affaire d’armes à Wilmington, dont il se sortira certainement. Il s’agit plutôt des frères Jim et Frank et de tous les conjoints et enfants qui ont reçu des virements d’argent chinois, ukrainien, russe, kazakh, roumain. . . .

Si cela s’avère nécessaire, le parti et ses maîtres du blob pourraient prendre le taureau par les cornes et appliquer le 25e amendement à la vieille fraude, pour en finir rapidement, en profondeur, pratiquement du jour au lendemain, d’une nuit à l’autre. Plus vraisemblablement, ils feront « fuiter » un document des coffres des blobs qui incrimine de manière incontestable le président sur l’un des angles de corruption déjà bien rodés. En d’autres termes, ils feront semblant de découvrir que non seulement « Joe Biden » est désespérément sénile, mais qu’en fait, il a toujours été malhonnête ! Quel choc ! Nous ne nous en doutions pas jusqu’à présent ! Un vieil homme apparemment si bien intentionné, si gentil, si patriotique ! Tenez-vous prêts. Nous allons vivre un mois d’enfer.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

 

Israël/Gaza : Les masques tombent dans la société étasunienne


Par Ron Unz − Le 6 mai 2024 − Source Unz Review

Je pense que la meilleure manière de comprendre les événements frappants qui ont caractérisé la société étasunienne au cours des mois passés est de revenir sur une observation perspicace, souvent attribuée à tort à Voltaire :

Trouvez qui il est interdit de critiquer, et vous saurez qui règne sur vous

 

Depuis l’enfance, j’ai compris qu’activisme politique et manifestations constituaient un trait normal de la vie universitaire, le mouvement des années 1960 contre la guerre au Vietnam en a représenté l’un des sommets, dont l’idéalisme héroïque a ensuite fait l’objet de nombreuses éloges dans les manuels historiques. Durant les années 1980, je me souviens avoir vu les abords de l’université de Harvard, ou peut-être de Stanford, envahis de baraquements sommaires pour protester contre l’Apartheid en Afrique du Sud, et il me semble qu’à la même époque, on avait procédé à d’autres occupations à l’Université de Los Angeles pour soutenir sur la durée les Refuzniks en URSS. Les manifestations politiques apparaissaient tout aussi ancrées dans la vie universitaire que les examens de fin d’étude et, en grande partie, les rituels de bizutages et les farces potaches des fraternités traditionnelles, que des étudiants et professeurs censeurs diabolisaient de plus en plus en les désignant comme politiquement incorrects.

Au cours de la dernière décennie, le mouvement Black Lives Matter a soulevé les manifestations étudiantes à de nouveaux sommets, dans tout le pays, aussi bien sur les campus qu’à l’extérieur de ceux-ci, mettant souvent en œuvre de grands défilés, des sit-ins ou du vandalisme, et il est possible que l’influence croissante des smartphones et des réseaux sociaux aient contribué à cette évolution. Dans le même temps, les médias dominants ont, de manière répétée, chanté les louanges et assuré la promotion de ce “mouvement de justice raciale”, qui a atteint son sommet après le décès de George Floyd à l’été 2020. Cet incident a déclenché une vague massive de manifestations politiques, d’émeutes et de pillages, ayant mis en scène des personnes jeunes, qui ont submergé quelque 200 villes des États-Unis ; le pire désordre urbain observé depuis la fin des années 1960. Mais, contrairement à cette période, la plus grande partie de nos médias établis et de notre classe politique a dénoncé farouchement toute proposition de déployer la police pour tarir la violence. De fait, en de nombreuses instances, et peut-être même dans la plupart des cas, les forces de maintien de l’ordre seront restées inactives, sur fond d’un nouveau cri lancé par les maîtres politiques : “Retirez les financements à la police!”

Au cours de ces années, de nombreuses universités se sont retrouvées empêtrées dans des controverses de cette nature. Yale a changé le nom de son campus universitaire de Calhoun début 2017, et la liste des changements de nom suite aux manifestations de 2020 autour de la mort de George Floyd est tellement fournie qu’on lui a dédié une page Wikipédia, comprenant certaines de nos bases militaires les plus chargées d’histoire, comme Fort Bragg ou Fort Hood. Les attaques verbales, voire physiques, contre les symboles et statues des présidents et héros les plus célèbres des États-Unis se sont banalisées et ont souvent fait l’objet d’une couverture positive dans les médias. Des personnages comme George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln, Theodore Roosevelt, Woodrow Wilson et Christophe Colomb ont été diabolisés, parfois avec le soutien de nos élites. Un article d’opinion majeur du New York Times a demandé à ce que l’on remplace le Jefferson Memorial par une statue monumentale représentant une femme noire, cependant que les éditorialistes du Times exigeaient de manière répétée que tous les monuments faisant honneur à George Washington subissent le même sort. De nombreux observateurs ont suggéré que les États-Unis étaient entrés dans une sorte de Révolution culturelle à la chinoise à cause des répétitions à grande échelle de l’idée que l’ensemble de notre passé historique était irrémédiablement corrompu, et qu’il fallait par conséquent l’extirper du domaine public.

La plupart de ces manifestations politiques, et surtout celles qui se sont déroulées sur les campus universitaires ont été saluées, par les amplificateurs que sont les médias, comme emblématiques des grandes vertus de la démocratie étasunienne. Les nombreux défenseurs, dans l’élite, de ces bouleversements sociaux et culturels ont avancé que ces événements prouvaient la grande force de notre société, qui permettait librement les attaques les plus hardies contre nos icônes nationales et nos héros les plus sacrés. Les Étasuniens acceptaient un type d’auto-critique brûlante que certainement nulle autre partie du monde n’aurait toléré.

Cette longue histoire de laisser-faire, voire de glorification des manifestations publiques contre des injustices perçues aura naturellement été absorbée et prise à cœur par les jeunes étudiants qui ont commencé leurs études en septembre 2023. Dans les semaines qui ont suivi, un raid surprise remarquablement osé, lancé par des militants du Hamas d’une bande de Gaza sous siège, a pris les Israéliens par surprise et a débordé les défenses high-tech qui avaient coûté quelque chose comme un demi milliard de dollars à édifier. Des centaines de soldats et d’agents de sécurité israéliens ont été tués, ainsi qu’un nombre équivalent de civils, dont la plupart sont sans doute décédés à cause de tirs amis lancés par des soldats israéliens paniqués. Quelque 240 soldats et civils israéliens ont été capturés et emmenés à Gaza au titre de prisonniers, le Hamas espérant les échanger contre la liberté de milliers de civils palestiniens détenus depuis des années dans les prisons israéliennes, souvent dans des conditions brutales.

Comme d’habitude nos médias dominants, très majoritairement pro-israéliens, ont dépeint l’attaque d’une manière extrêmement partisane, totalement sortie de tout contexte historique, comme cela se fait depuis trois générations. Il s’en est suivi qu’Israël a reçu d’énormes manifestations de sympathie de la part de notre société et de ses élites, et que le pays s’est mobilisé pour lancer une attaque de représailles contre Gaza. Dans les jours qui ont suivi, Antony Blinken, notre Secrétaire d’État, a pris l’avion pour Israël en déclarant qu’il venait en tant que Juif et en promettant un soutien sans faille des États-Unis en ce moment de crise, des sentiments complètement réitérés par le président Joseph Biden et l’ensemble de son administration. Mais les combattants du Hamas et leurs captifs israéliens étaient enfouis dans un réseau de tunnels fortifiés, et les en faire sortir risquait de produire de fortes pertes, si bien que Benjamin Netanyahu, premier ministre israélien, et ses conseillers ont opté pour une stratégie différente.

Plutôt que d’attaquer le Hamas, Netanyahu a surfé sur la vague de sympathie mondiale en lançant une attaque militaire sans précédent contre les plus de deux millions de civils habitant Gaza, apparemment dans l’intention d’en tuer un grand nombre et de pousser les survivants dans le désert égyptien du Sinaï, afin qu’Israël puisse annexer leur territoire et le peupler de Juifs. Peu de temps après, le gouvernement israélien a commencé à distribuer des fusils d’assaut aux colons israéliens de Cisjordanie, en lançant une commande publique de pas moins de 24 000 fusils d’assaut pour ce faire. Mettre entre les mains de fanatiques religieux ces armes automatiques ne pouvait que produire des massacres, de nature à générer une raison pour pousser les millions de Palestiniens jusqu’en territoire de Jordanie. Le résultat final serait la création d’un Grand Israël racialement pur, s’étendant “De la Rivière à la Mer”, le rêve entretenu de longue date par le mouvement sioniste. Ainsi, s’il parvenait à ses fins, la place de Netanyahu dans l’histoire juive promettait d’être glorieuse, et ses nombreux pêchés et bévues promettaient d’être oubliés.

Alors que les envois d’aide aérienne assuraient un afflux ininterrompu de munitions, les Israéliens ont commencé une campagne massive de bombardements aériens contre une Gaza densément peuplée et ses résidents impuissants. Cachés dans leurs profonds tunnels, les combattants du Hamas sont restés relativement protégés, mais les civils de Gaza ont subi des pertes dévastatrices, dont une grande partie a été provoquée par des bombes pesant des centaines de kilos, que l’on n’avait quasiment jamais lancé contre des cibles civiles jusqu’alors. De vastes portions de la bande de Gaza se sont rapidement transformées en paysages lunaires, et l’on compte quelque 100 000 bâtiments détruits, parmi lesquels hôpitaux, églises, mosquées, universités, bureaux du gouvernement, boulangeries, et toutes autres infrastructures nécessaires au maintien de la vie civile. Le Financial Times a rapporté qu’en quelques semaines à peine, les destructions subies par une grande partie de Gaza dépassaient déjà celles qu’avaient connu les villes allemandes pendant les années de bombardements alliés de la seconde guerre mondiale.

La destruction catastrophique du nord de Gaza en une période de moins de sept semaines approche le niveau de dégâts provoqué par les bombardements systématiques des villes allemandes durant la seconde guerre mondiale.
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pic.twitter.com/vC3Nx3BP5X
— Financial Times (@FT) — 7 décembre 2023

Bien que Netanyahu soit absolument laïc, il a joué sur sa base religieuse en déclarant publiquement que les Palestiniens appartenaient à la tribu d’Amalek, dont le Dieu hébreu avait ordonné qu’elle fût exterminée jusqu’au dernier nouveau-né. De nombreux autres dirigeants israéliens ont exprimé des sentiments tout aussi génocidaires, et certains soldats et officiers israéliens religieusement zélés ont pris ces déclarations au pied de la lettre.

Ce gigantesque bain de sang a été encore amplifié après que le gouvernement israélien et les propagandistes qui le soutiennent ont commencé à propager des fables sur des atrocités commises par le Hamas, comme des décapitations ou crémations de bébés israéliens, des mutilations sexuelles, ou des viols en groupe. Les médias globalistes notoirement favorables à Israël ont rapporté ces récits avec crédulité pour détourner l’attention du carnage réalisé contre les civils palestiniens. Pour s’assurer que la couverture médiatique restait partisane, les Israéliens ont ciblé les journalistes indépendants présents à Gaza, et en ont tué environ 140 au cours des derniers mois, un nombre aussi important que le nombre total de journalistes tués dans toutes les guerres s’étant déroulé dans le monde entier en plusieurs années.

Les dirigeants israéliens déclarant publiquement leurs projets génocidaires à l’encontre de leurs ennemis palestiniens, et l’armée israélienne réalisant le plus grand massacre télévisé de civils sans défense de toute l’histoire du monde, les organisations internationales ont peu à peu vu la pression monter pour s’impliquer dans le conflit. À la fin décembre 2023, l’Afrique du Sud a soumis à la Cour Internationale de Justice (CIJ) un document de 91 pages accusant Israël de commettre un génocide. Dans les quelques semaines qui ont suivi, les juristes de la CIJ ont produit une suite de jugements quasiment unanimes soutenant ces accusations, et déclarant que les Gazaouis connaissaient un risque grave de génocide potentiel du fait des actions commises par Israël et même un juge désigné par Israël, un ancien Juge dirigeant la Cour Suprême israélienne, a soutenu la plus grande partie de ces verdicts.

Mais loin de reculer, le gouvernement de Netanyahu a redoublé ses assauts contre Gaza, resserrant le blocus sur les denrées alimentaires en interdisant aux organisations de l’ONU responsables de leur distribution. Apparemment, les Israéliens pensaient qu’une combinaison de famine, de bombes et de missiles pouvait constituer le moyen le plus efficace pour tuer ou faire fuir l’ensemble des Palestiniens.

Au cours des quelques mois passés, j’ai discuté de ces développements malheureux dans une longue suite d’articles, et le plus gros de cette production est également résumé dans quelques interviews avec Mike Whitney :

Au cours des dernières décennies, ces événements terribles sont passés relativement inaperçus, les gardiens pro-Israël de nos médias dominants s’assurant que le plus gros de ces informations bouleversantes ne parviennent pas aux yeux ou aux oreilles de l’Étasunien ordinaire. Mais les développements technologiques ont modifié ce paysage médiatique avec les vidéos qui sont distribuées sur des médias relativement peu censurés, comme TikTok, ou Twitter, qui permettent désormais de contourner facilement ce blocus. Malgré les décennies de douleur et d’oppression, les Palestiniens de Gaza étaient un peuple tout à fait moderne, bien équipés en smartphones, et les scènes qu’ils ont filmées ont fait le tour du monde et ont rapidement attiré d’énormes quantités de spectateurs parmi les jeunes Étasuniens qui utilisent les réseaux sociaux comme principale source d’informations.

Durant des générations, les étudiants ont été lourdement endoctrinés au sujet des horreurs de l’Holocauste, ils se sont vus répéter sans cesse qu’ils ne devaient jamais garder le silence lorsque des hommes, femmes et enfants se voyaient brutalement attaqués et massacrés. Les images qu’ils voyaient désormais, montrant des villes dévastées et des enfants mourants ressemblaient exactement à celles que l’on voit dans un film, mais elles provenaient directement du monde physique.

Il y a quelques années, les administrations Trump et Biden avaient proclamé d’une seule voix que le gouvernement chinois se rendait coupable de “génocide” contre sa minorité ouïghour, malgré l’absence de la moindre preuve indiquant qu’un nombre significatif de Ouïghours ait été blessé, ou tué. Selon cette norme, la destruction totale de Gaza et le massacre massif ou la famine délibérément infligée aux millions de Palestiniens constituaient de toute évidence un énorme “génocide” ; dans les semaines qui ont suivi, des étudiants activistes de tous les campus ont rallié le mouvement et se sont mis à organiser des manifestations publiques contre le massacre terrifiant perpétré par Israël.

Trois années plus tôt, un criminel endurci du nom de George Floyd était mort d’overdose durant une garde à vue, et une seule vidéo, très trompeuse, présentant ses derniers moments avait provoqué la plus grande vague de manifestations publiques aux États-Unis depuis la fin des années 1960. Il n’était donc guère surprenant que le distribution à grande échelle de centaines ou de milliers de vidéos présentant des enfants de Gaza morts et mutilés inspirât un puissant mouvement de protestation. Mais cette fois-ci, au lieu de recevoir des louanges pour leur engagement humanitaire, voici que ces étudiants — ainsi que les administrateurs des universités qui avaient autorisé leurs manifestations — se trouvaient férocement attaqués et punis comme je l’ai décrit à l’époque :

Avec des images très parlantes de quartiers de Gaza dévastés et d’enfants palestiniens morts répandues sur Twitter et sur les autres réseaux sociaux, les sondages ont révélé qu’une majorité de jeunes Étasuniens sont désormais favorables au Hamas et aux Palestiniens dans leur lutte actuelle contre Israël. Il s’agit d’un renversement choquant par rapport à la vision entretenue par leurs parents, dont la pensée a été façonnée par des générations de messages très majoritairement pro-israéliens dans les émissions de télévision, les films et les publications papier, et cette tendance au renversement promet de s’amplifier, à présent qu’Israël se voit poursuivi par l’Afrique du Sud et par 22 autres nations devant la Cour Internationale de Justice, accusé de commettre un génocide à Gaza.

 

En conséquence de ces forts sentiments au sein de la jeunesse, des manifestations opposées à Israël ont éclaté dans nombre de nos universités, provoquant l’indignation de nombreux milliardaires donateurs favorables à Israël. Presque sur-le-champ, certains d’entre eux ont lancé une rude campagne de représailles, de nombreux dirigeants d’entreprises déclarant qu’ils allaient s’interdire de recruter le moindre étudiant soutenant publiquement la cause palestinienne, et soulignant ces menaces par une vaste campagne de divulgation d’identités à Harvard et au sein d’autres universités réputées.

 

Il y a quelques semaines, nos dirigeants élus, uniformément favorables à Israël, ont appelé les présidents de plusieurs de nos universités d’élite — Harvard, Penn et le MIT — à témoigner au sujet d’un supposé “antisémitisme” sur leurs campus. Les membres du Congrès leur ont jeté l’opprobre pour avoir autorisé des activités opposées à Israël, allant même jusqu’à les accuser aveuglément d’avoir permis des appels publics à un “génocide juif” sur les campus.

 

La réponse de ces dirigeants d’universités a souligné leur soutien à la liberté d’expression politique, mais a été jugée insatisfaisante par les donateurs pro-israéliens et leurs alliés médiatiques, si bien que des pressions énormes ont été exercées pour qu’ils soient destitués. Dans les jours qui ont suivi, le président de Penn et le président du Conseil de l’établissement, qui le soutenait, ont été contraints à la démission, et peu après, la première présidente noire de Harvard a subi le même sort, des groupes pro-israéliens divulguant des preuves de plagias pour la contraindre à quitter son poste.

 

Je n’ai pas connaissance du moindre précédent ayant vu le président d’une université d’élite étasunienne aussi rapidement déboulonné de son poste pour des raisons idéologiques, et deux instances successives de cet événement en l’espace de quelques semaines à peine m’apparaît comme un développement absolument inédit, qui présente des implications colossales au sujet de la liberté académique.

J’ai pour idée que la plupart des étudiants concernés ont été absolument abasourdis par cette réaction. Durant des décennies, leurs prédécesseurs et eux avaient librement manifesté sur toute une gamme de causes politiques sans jamais avoir à encourir le début de la moindre trace de représailles, sans parler d’une campagne organisée contraignant à la démission deux des présidents de l’Ivy League qui avaient permis leurs manifestations. Certaines de ces organisations étudiantes ont été interdites sur-le-champ, et ceux qui protestaient ont été rudement menacés, mais les images terrifiantes en provenance de Gaza continuaient de s’afficher sur leur téléphone. Comme Jonathan Greenblatt, président de l’Anti-Defamation League, l’avait exprimé auparavant dans un coup de fil qui a fuité : Nous avons un gros problème avec Tiktok.

De fait, les Israéliens ont continué de générer une avalanche de contenus saisissants pour ces vidéos. Des foules d’activistes israéliens bloquaient de manière répétée le passage des camions apportant des denrées alimentaires et, en quelques semaines, des dirigeants de l’ONU déclaraient que plus d’un million de Gazaouis étaient au bord de la mort faute d’alimentation. Lorsque des Gazaouis désespérés et affamés se sont rués sur l’un des rares convois ayant pu se frayer un chemin, l’armée israélienne a ouvert le feu et a tué plus de 100 personnes dans le “Massacre de la farine”, et cette scène s’est ensuite répétée. Toutes ces scènes terrifiantes de mort et de famine délibérée ont été diffusées à l’échelle mondiale sur les réseaux sociaux, certains des pires exemples provenant des comptes de soldats israéliens enchantés de les diffuser, comme la vidéo prise par eux du corps d’un enfant palestinien dévoré par un chien affamé. Une autre image montrait les restes d’un prisonnier palestinien entravé qui avait été écrasé vivant par les chenilles d’un char israélien. Selon une organisation européenne des droits de l’homme, les Israéliens ont de manière répétée utilisé des bulldozers pour enterrer vivants des Palestiniens en grand nombre. Les dirigeants de l’ONU ont rapporté la découverte de fosses communes aux abords de plusieurs hôpitaux, et les victimes apparaissaient comme dévêtues et encore entravées, ce qui fait penser à des exécutions par arme à feu. Comme l’a indiqué Andrew Anglin, un provocateur sur Internet, le comportement des Juifs israéliens n’apparaît pas simplement comme “méchant” mais comme digne de “méchants de bande dessinée”, avec des crimes patents qui semblent suivre le scénario de films de propagande absolus, mais dans la vraie vie.

Bien que le bilan officiel des morts comptés à Gaza dans nos médias soit apparu comme à peu près constant au cours des dernières semaines, il s’agit presque certainement d’une illusion. Au cours des deux premiers mois de l’attaque menée par Israël, le ministère de la santé publique de Gaza avait maintenu des listes de décès très détaillées, faisant figurer les nom, âge et codes d’identité des victimes, et avait publié des mises à jour régulières des totaux, si bien que ces nombres paraissaient vraiment bien établis. Mais l’attaque israélienne a bientôt ciblé l’ensemble des bureaux du gouvernement et hôpitaux de Gaza, et début décembre, les dirigeants gazaouis responsables du récapitulatif des morts étaient eux-mêmes morts ou disparus, si bien que le décompte a naturellement eu tendance à stagner, alors même que les conditions empiraient pour ceux qui avaient survécu jusque-là dans la bande de Gaza.

Après moins de trois mois de massacre israélien, quelque 22 000 Gazaouis avaient officiellement été signalés comme morts, mais après plus de sept mois de famine et d’attaques sans relâche, ayant mis en œuvre la destruction de l’ensemble des hôpitaux et d’infrastructures de soins de Gaza, les décompte officiel des morts rapportés dans nos médias n’était monté qu’aux environs de 34 000, un nombre qui apparaît comme fort peu plausible. Début mars 2024, Ralph Nader, une icône progressiste, avait attiré l’attention du public sur ce point, en indiquant que les décès à Gaza étaient certainement fortement sous-estimés, et il avait émis l’hypothèse que le véritable nombre de décès avaient peut-être déjà atteint le nombre des 200 000. Bien que ce total me soit apparu à l’époque comme élevé, le nombre énoncé par Nader a eu le mérite de souligner le caractère ridiculement faible des nombres régulièrement cités par les médias.

Un récent article paru en première page du New York Times rapportait le cas tragique d’un pharmacien palestino-étasunien vivant dans le New Jersey, qui a personnellement perdu 200 membres de sa famille, tués à Gaza, dont ses parents et frères et sœurs. Ce seul échantillon indique la magnitude possible de la sous-estimation du décompte prodigué par les médias après sept mois d’horreur, et le professeur Jeffrey Sachs, de l’université de Columbia, a suggéré quelque chose d’approchant au cours d’une interview récente. Bien qu’il soit impossible de produire des estimations solides, il me semble qu’un bilan de 100 000 morts civils, ou même nettement supérieur, est à ce jour parfaitement plausible.

Ces terribles développements ont naturellement provoqué une vague continue de manifestations étudiantes, qui condamnent Israël pour ces crimes monstrueux, ainsi que notre propre administration Biden pour les livraisons d’argent et de munitions que nous prodiguons à cet État. Le professeur John Mearsheimer, de l’université de Chicago, est l’un de nos universitaires les plus en vue, membre des plus sobres de l’École Réaliste, et au cours d’une interview parue la semaine dernière, il n’a guère exprimé de surprise sur ces sujets. Après tout, a-t-il indiqué, Israël est de toute évidence un État d’Apartheid à l’œuvre dans des actions de génocide sous les yeux du monde entier, si bien qu’il fallait s’attendre à voir des manifestations politiques sur les campus universitaires.

Au cours des derniers mois, des partisans favorables à Israël ont régulièrement dénoncé l’anti-sionisme de leurs opposants, le qualifiant d’antisémitisme et insistant pour qu’il soit interdit. Au mois de février 2024, j’avais noté les implications ironiques de leur positionnement :

Il s’agit d’une situation des plus étranges, qui demande une analyse et des explications soignées. Le mot “antisémitisme” signifie la critique ou le mépris envers les Juifs, et au cours des dernières années, des partisans d’Israël ont demandé, et ont à peu près réussi à obtenir que le terme soit étendu pour comprendre également l’anti-sionisme, à savoir l’hostilité envers l’État juif.

 

Mais supposons que nous cédions sur ce dernier point, et acceptions avec ces activistes pro-israéliens que l’“anti-sionisme” serait bien une forme d’“antisémitisme”. Au cours des derniers mois, le gouvernement israélien a brutalement massacré des dizaines de milliers de civils sans défense à Gaza, s’adonnant au plus grand massacre télévisé de l’histoire du monde, et les hauts dirigeants israéliens ont explicitement fait usage de termes génocidaires pour décrire leurs projets vis-à-vis des Palestiniens. De fait, le gouvernement sud-africain a produit un document légal de 91 pages, déposé à la Cour Internationale de Justice, cataloguant ces déclarations israéliennes, et les juristes de cette institution ont été quasiment unanimes à juger que des millions de Palestiniens étaient confrontés à la perspective d’un génocide mené par les Israéliens.

Actuellement, la plupart des Occidentaux affirment considérer le génocide d’une manière absolument négative. Alors, par pur syllogisme, est-ce qu’il ne s’ensuit pas qu’ils devraient adopter et approuver l’“antisémitisme” ? Un visiteur provenant de la planète Mars serait certainement très troublé de constater cet étrange dilemme ainsi que les contorsions philosophiques et psychologiques qu’il semble induire.

 

Il est plutôt surprenant de voir les élites au pouvoir extrêmement policées et “politiquement correctes” des États-Unis et du reste du monde occidental s’employer à faire les éloges soutenus de l’État d’Israël racialement exclusiviste au moment même où celui-ci tue en grand nombre femmes et enfants, et s’emploie avec moult efforts à affamer jusqu’à la mort quelque deux millions de civils dans le cadre du massacre sans précédent qu’il met en œuvre. Après tout, le régime d’Apartheid que connu l’Afrique du Sud était nettement plus modéré et circonspect, et il fut universellement condamné, boycotté et sanctionné alors même qu’il ne commettait qu’une petite fraction de ces écarts.

 

Il se peut qu’un virage important ait été amorcé le 17 avril 2024, lorsque Minouche Shafik, présidente de l’université de Colombia d’origine égyptienne, s’est fait laver le cerveau par un comité du Congrès pour avoir autorisé des manifestations opposées à Israël sur son campus. Ceux qui l’interrogeaient ont affirmé que ces manifestations étaient des actions “antisémites” et avaient amené certains étudiants juifs de Columbia à “se sentir en danger”, une situation funeste qui éclipsait aussi bien la liberté d’expression que la liberté académique.

On ne sait pas si Shafik a adhéré à ces arguments ou non, mais il ne fait aucun doute qu’elle avait bien à l’esprit qu’à peine quelques mois plus tôt, ses homologues de Harvard et de Penn s’étaient sommairement vus purgés pour avoir donné la mauvaise réponse, et elle ne tenait pas du tout à partager le même sort. Elle a donc promis de mettre fin à tout antisémitisme public de ce genre au sein de son université, et peu de temps après, on voyait 100 policiers casqués de la brigade anti-émeutes invités sur le campus pour écraser les manifestations et arrêter les manifestants, ces derniers se voyant accusés d’“intrusion”, une accusation des plus étranges puisqu’il s’agissait d’étudiants inscrits et manifestant sur leur propre campus.

Cette sorte de descente de police brutale et immédiate semble quasiment sans précédent dans toute l’histoire moderne des manifestations politiques universitaires. Dans les années 1960, on avait assisté à quelques rares épisodes où la police avait été appelée pour arrêter des militants manifestant qui s’étaient emparés des bureaux administratifs de Harvard et les occupaient — à Harvard, paradant avec des armes à feu — à Cornell, ou ils avaient mis le feu à un bâtiment du campus — à Stanford. Mais je n’avais jamais entendu parler de manifestants politiques pacifiques arrêtés sur la zone de leur propre campus simplement en raison du contenu de leur discours politique.

Bien que les mesures de répressions à Columbia, exigées par les membres du Congrès, aient de toute évidence visé à tarir les manifestations sur les campus étasuniens, elles ont eu, comme il fallait s’y attendre, l’effet opposé. Les scènes de policiers anti-émeute casqués arrêtant des étudiants pacifiques sur leur propre campus se sont répandues viralement sur les réseaux sociaux, et ont provoqué une vague de manifestations similaires dans de nombreuses autres universités du pays, rapidement suivies le plus souvent par des arrestations par la police. Selon le dernier décompte, quelque 2 300 étudiants ont désormais été arrêtés dans des dizaines d’universités.

Les actions menées par la police d’État de Géorgie au sein de l’université d’Emory sont apparus comme particulièrement indignes, et un Tweet contenant une vidéo de l’un de ces incidents a déjà été vu 1,5 millions de fois. Une professeure titulaire d’économie, âgée de 57 ans, du nom de Carolyn Frohlin, s’est indignée de voir l’un de ses étudiants maintenu au sol et s’est dirigée vers lui, pour se voir brutalement projetée au sol, entravée, et arrêtée par deux agents musclés dirigés par un sergent. Jim Acosta, une figure de CNN, s’est montré absolument choqué en rapportant cet incident.

Des scènes pires encore se sont déroulées sur le campus de l’université de Los Angeles, où des manifestants pacifiques ont été violemment attaqués et battus par une foule de voyous pro-israéliens sans le moindre lien avec l’université, mais armés de barres, de clubs de golf et de feux d’artifices, provoquant de graves blessures. Une professeure d’histoire a décrit son indignation de voir la police juste à côté rester impassible et ne rien faire alors que les étudiants du campus se faisaient attaquer par des éléments extérieurs, pour ensuite arrêter 200 de ces étudiants. Selon les journalistes locaux, la foule violente avait été organisée et payée par Bill Ackman, un milliardaire pro-israélien.

Je n’avais jusqu’alors jamais entendu parler de foule organisée de voyous extérieurs à qui l’on permettait de s’en prendre violemment à des étudiants étasuniens manifestant pacifiquement sur leur propre campus ; il s’agit d’une scène qui parait bien plus digne d’une dictature latino-américaine. L’exemple le plus proche qui me vient à l’esprit est celui du tristement célèbre “Hard Hat Riot” qui s’était produit en 1970 à New York, au cours duquel des centaines d’ouvriers en bâtiment favorables à Nixon avaient combattu un nombre semblable de manifestants pacifistes dans les rues de Manhattan, un incident tellement indigne qu’il dispose de sa propre page Wikipédia.

Il existe peut-être une analogie un peu différente, mais bien plus proche et récente. Après que Donald Trump a lancé sa campagne présidentielle qui a réussi par surprise, des orateurs favorables à Trump et de droite invités sur des campus universitaires se sont régulièrement fait harceler et attaquer ainsi que leur auditoire par des foules d’antifas violents, ces derniers ayant apparemment été enrôlés et payés pour le faire.

Cette sorte de “déboulonnage” très physique avait pour objectif de s’assurer que leurs idées menaçantes ne parviennent jamais à des étudiants impressionnables ni n’amènent les conservateurs à commencer à organiser leurs propres groupes comme les Proud Boys pour apporter une protection physique. Des bagarres violentes se sont produites à Berkeley et sur d’autres campus, et des émeutes antifas ont perturbé à Washington l’investiture de Trump. Dans mon souvenir, la plupart des organisateurs et des soutiens financiers de ces groupes antifas violents semblaient être juifs, si bien qu’il n’est peut-être pas surprenant que d’autres dirigeants juifs aient désormais commencé à faire usage de tactiques semblables pour supprimer divers mouvements politiques qu’ils considèrent comme indésirables.

Il y a quelques années, un ancien dirigeant de l’American Israel Public Affairs Committee [un lobby créé en 1963 aux États-Unis pour soutenir Israël, NdT] s’était vanté auprès d’un journaliste qui lui était favorable que s’il écrivait n’importe quoi sur une simple serviette en papier, il pouvait dans les 24 heures obtenir les signatures de 70 Sénateurs pour le soutenir, et le pouvoir politique de l’Anti-Defamation League est tout aussi formidable. Il n’est donc guère surprenant qu’au cours de la semaine passée, une majorité écrasante et bipartisane de 320 contre 91 ait adopté à la Chambre une loi élargissant le sens de l’anti-sionisme et de l’antisémitisme dans les politiques anti-discriminatoires du Département de l’Éducation, en codifiant les définitions utilisées dans nos lois relatives aux Droits Civils, pour classifier ces idées comme discriminatoires.

Je n’ai pas essayé de lire le texte, mais son objectif est de toute évidence de contraindre les universités à bannir de leur campus les activités délétères comme les manifestations opposées à Israël, sous peine de se voir privées de leurs financements fédéraux. Il s’agit d’une attaque frontale contre la liberté académique ainsi que contre la liberté d’expression et de pensée pourtant traditionnelle aux États-Unis, et cela peut également pousser d’autres organisations privées à adopter des politiques similaires. Rebondissement particulièrement ironique, la définition de l’antisémitisme usitée dans la loi couvre clairement des portions de la Bible chrétienne, ce qui revient à dire que les législateurs Républicains ignares viennent, la main sur le cœur, d’interdire la Bible dans un pays dont les racines sont chrétiennes à 95%.

Je doute que la moindre arrestation sur ce terrain soit réellement suivie d’effets judiciaires, mais une fois que des idées controversées se voient de plus en plus interdites dans les lieux respectables, la plupart des gens, y compris un certain nombre d’agents de maintien de l’ordre déconcertés, peuvent vaguement commencer à penser que ces idées ont été déclarées interdites.

Bien que la couverture de cette loi dans les médias ait été très faible, ses implications sont des plus graves. Pour le dire simplement, l’“antisémitisme” représente le mépris ou la critique des Juifs, et l’“anti-sionisme” est la même chose vis-à-vis de l’État d’Israël. Il s’ensuit qu’interdire toute critique des Juifs ou d’Israël constituerait certainement un développement juridique des plus remarquables dans notre société.

Cette suppression massive de toute opposition politique au sionisme, mise en œuvre au travers d’un mélange de moyens légaux, quasi-légaux et illégaux a fait l’objet de peu de critiques outragées et diverses. Max Blumenthal et Aaron Mate, de jeunes progressistes juifs très critiques envers Israël et les attaques qu’il mène contre Gaza, ont émis l’idée dans une récente vidéo postée en ligne juste avant le vote du Congrès que les Sionistes constituaient la plus grande menace envers la liberté aux États-Unis, et que les États-Unis subissait une “occupation politique” par “le Lobby israélien”.

On ne saurait dire s’ils ont conscience que leur dénonciation agacée est très proche de l’une des phrases les plus célèbres produites par l’extrême-droite lors du dernier demi-siècle, qui avait condamné le système politique en place aux États-Unis, qualifié de ZOG, “Zionist Occupation Government”. Au fil du temps, la réalité factuelle commence à apparaitre, indépendamment des prédispositions idéologiques de tout un chacun.

Il est difficile d’exprimer des certitudes à cet égard, mais mon opinion est que l’adoption de cette loi controversée par la Chambre s’apparente sans doute à une gaffe stratégique majeure de la part des forces favorables à Israël, de l’Anti-Defamation League et des autres groupes juifs qui sont derrière cette décision. Les Juifs ne constituent que 2% de la population des États-Unis, et au fil des dernières générations, nombre de leurs organisations semblent avoir mené une campagne très fructueuse pour s’emparer du contrôle des points clés de notre société, mais ce processus a toujours nécessité que leur force et leur influence restent invisibles. Cependant, le soutien uniforme et tout à fait synchrone de la ligne politique étasunienne envers le massacre qu’Israël commet sur les Palestiniens a éveillé l’attention de certains éléments de notre population, et cette tentative législative visant fondamentalement à interdire la critique des Juifs et d’Israël peut produire un impact semblable. Des opinions qui n’étaient jusqu’ici entretenues que dans les franges extrémistes peuvent désormais commencer à connaître une popularité nettement plus élevée.

Par exemple, le caricaturiste Scott Adams est devenu l’un des commentateurs les plus populaires dans les cercles conservateurs et opposés au wokisme, et il vient de publier une dénonciation cinglante de la proposition de loi, qui ressemble à ce qui est habituellement exprimé par des personnalités bien plus extrémistes.

🤯🤯@ScottAdamsSays vient d’énoncer tout ce que @NickJFuentes affirme depuis des années, et s’aligne désormais avec tous les complotistes d’extrême droite sur ce sujet. pic.twitter.com/m4XAgvrsl4

— 🩺The Pharmacopiean💊 (@FarAwayAndCozy) 4 mai 2024

Au cours des premières décennies du XXème siècle, l’énorme Empire russe n’était peuplé que d’environ 4% de Juifs, mais après que les Bolcheviques, parmi lesquels les Juifs étaient massivement sur-représentés, se sont emparés du pouvoir, cette ethnie a pris massivement le pouvoir dans les plus hauts cercles du pays. Cet énorme décalage entre dirigeants et dirigés a naturellement provoqué beaucoup d’hostilité de la part du grand public, et les Bolcheviques ont répondu à ce problème en interdisant l’antisémitisme, la peine allant parfois jusqu’à l’exécution sommaire.

Comme les groupes juifs des États-Unis ne possèdent pas un pouvoir administratif aussi extrême, ils ont été contraints de s’appuyer sur la dissimulation et la manipulation politique pour parvenir à leurs fins, et il se peut qu’ils en aient trop fait avec cette dernière tentative législative visant à interdire la critique. De plus en plus de gens vont peut-être commencer à porter une attention plus soutenue aux décisions apparemment inexplicables prises par nombre de nos élus, tout en remarquant la composition inhabituelle des hautes sphères de notre gouvernement. Sur ce dernier point, l’un de mes articles de 2023 exprimait une évidence :

Prenons par exemple les personnalités de haut niveau de notre administration Biden en cours, qui jouent un rôle central pour déterminer l’avenir de notre pays et du reste du monde. La liste des départements du Cabinet s’est fortement étendue depuis les jours où Washington était président, mais disons que nous centrons notre attention sur les quelques départements les plus importants, dirigés par les personnalités qui contrôle la sécurité et l’économie du pays, et ajoutons-y les noms du Président, du Vice-Président, du directeur de cabinet, et du Conseiller de la Sécurité nationale. Bien que la “Diversité” soit devenue le mantra sacré du parti Démocrate, les antécédents de la poignées de personnalités qui dirigent notre pays frappe par sa non-diversité, surtout si l’on met de côté les deux personnages les plus haut placés.

  • Président Joe Biden (belle-famille juive)
  • Vice présidente Kamala Harris (mariée à un Juif)
  • Chef de cabinet de la Maison-Blanche, Jeff Zients (Juif), qui remplace Ron Klain (Juif, Harvard)
  • Secrétaire d’État Antony Blinken (Juif, Harvard)
  • Secrétaire au Trésor Janet Yellen (Juive, Yale)
  • Secrétaire à la Défense Lloyd Austin III (Noir)
  • Procureur général Merrick Garland (Juif, Harvard)
  • Conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan (Blanc, non-Juif, Yale)
  • Directrice des Renseignements nationaux Avril Haines (Juive)
  • Secrétaire à la Sécurité Intérieure Alejandro Mayorkas (Juif)

De manière surprenante, bien que l’impasse politique actuelle des États-Unis aurait pu alarmer des personnes bien informées depuis la première moitié du siècle dernier, cela ne les aurait sans doute pas surpris. Il y a cinq ou six ans, j’ai lu un livre fascinant écrit par le professeur Joseph Bendersky, un historien universitaire spécialisé dans les Études sur l’Holocauste et l’histoire de l’Allemagne nazie. Comme je l’avais écrit à l’époque :

Bendersky a passé dix années de recherche pour préparer ce livre, en creusant de manière exhaustive dans les archives des Renseignements militaires des États-Unis et dans les documents et correspondances personnels de plus de 100 hautes personnalités militaires et agents de renseignements. La Menace Juive s’étale sur 500 pages, comprend quelque 1350 notes de bas de page, et la liste des sources d’archives s’étend à elle seule sur sept pages. Son sous-titre est “Politiques antisémites de l’armée des États-Unis” et il soutient de manière très convaincante la thèse selon laquelle, durant la première moitié du XXème siècle, et même après cela, les hauts grades de l’armée étasunienne, et surtout les Renseignements Militaires, ont lourdement embrassé des notions qui seraient aujourd’hui universellement condamnées comme relevant de “théories du complot antisémites”.

Pour faire simple, les dirigeants de l’armée étasunienne, à cette période, pensaient pour la plupart que le monde était confronté à une menace directe de la part de la communauté juive organisée, qui avait pris le contrôle de la Russie et essayé également de subvertir et de s’emparer des rênes des États-Unis et du reste de la civilisation occidentale.

Au sein de ces cercles militaires, on pensait de manière écrasante que des éléments Juifs puissants avaient financé la Révolution bolchevique en Russie, et s’employaient à organiser des mouvements communistes semblables dans les autres pays, visant à détruire toutes les élites non-juives et à imposer une suprématie juive sur les États-Unis et le reste du monde occidental. Si certains de ces dirigeants communistes étaient des “idéalistes”, nombre des participants juifs étaient des opportunistes cyniques, qui essayaient d’exploiter leurs disciples crédules pour détruire leurs rivaux ethniques et ainsi s’attirer richesses et pouvoir suprême. Bien que les officiers de renseignements en soient venus à douter que les Protocoles des Sages de Sion constituât un document authentique, la plupart d’entre eux estimaient que ce document célèbre constituait une description raisonnablement juste des projets stratégiques des dirigeants juifs, dans le but de subvertir les États-Unis et le reste du monde, et d’établir un joug juif.

Bien que les affirmations produites par Bendersky soient sans aucun doute extraordinaires, il apporte une masse écrasante d’éléments pour les étayer, citant ou résumant des milliers de documents déclassifiés par les Renseignements, et il soutient également sa thèse sur la base de correspondances personnelles de nombres agents impliqués. Il démontre de manière convaincante que durant les mêmes années où Henry Ford publiait sa suite controversée Le Juif International, des idées semblables, mais bien plus affûtées, étaient omniprésentes au sein de notre communauté des Renseignements. De fait, alors que Ford se concentrait principalement sur la malhonnêteté, la malfaisance et la corruption juives, nos professionnels des Renseignements Militaires considéraient la Communauté juive organisée comme une menace mortelle pour la société étasunienne et la civilisation occidentale dans son ensemble. D’où le titre du livre de Bendersky.

….

Faisons un pas un arrière et remettons les découvertes de Bendersky dans leur contexte. Nous devons reconnaître qu’au cours de l’ère couverte par ses recherches, les Renseignements Militaires des États-Unis constituaient presque l’ensemble de l’appareil de sécurité nationale des États-Unis — l’équivalent des actuels CIA, NSA et FBI — et était responsable aussi bien de la sécurité internationale qu’intérieure, même si la sécurité intérieure a été peu à peu transmise à l’organisation en expansion de J. Edgar Hoover à partir de la fin des années 1920.

Les années de recherches diligentes menées par Bendersky ont démontré que durant des décennies, ces professionnels d’expérience — et nombre des hauts généraux qui les dirigeaient — étaient fermement convaincus que des éléments majeurs de la communauté juive organisée complotaient implacablement pour s’emparer du pouvoir aux États-Unis, détruire nos libertés constitutionnelles traditionnelles, et en fin de compte prendre le contrôle du monde entier.

Je n’ai jamais cru que les OVNIs étaient des vaisseaux extra-terrestres, et ai toujours considéré ce type de notion comme absurde. Mais supposons que des documents déclassifiés du gouvernement révèlent que depuis des décennies, presque l’ensemble des hauts gradés de notre Air Force aient été absolument convaincus de la réalité des OVNIs. Pourrais-je maintenir mon refus insouciant de même envisager une telle possibilité ? À tout le moins, ces révélations me contraindraient à pratiquer une nouvelle évaluation de la crédibilité probable des autres personnalités qui ont produit des affirmations semblables durant la même période.

Ces opinions ont également été très bien présentées dans les derniers livres et mémoires d’agents de Renseignements Militaires de premier plan comme le professeur John Beaty ou le professeur Revilo Oliver.

Lorsqu’on se trouve confronté à un gouvernement dirigé par des personnalités qui semblent n’avoir qu’une faible indépendance politique, il est utile d’émettre l’hypothèse sur les moyens avec lesquels ces dirigeants symboliques sont contrôlés. Il y a plusieurs années, j’ai discuté des implications fortes de ces méthodes possibles, expliquant peut-être certaines décisions politiques étranges ou des renversements bizarres qui, faute de cette explication, restent des plus troublants.

Lorsque l’on examine aujourd’hui les principaux pays du monde, on constate qu’en de nombreuses instances, les dirigeants officiels sont également les dirigeants de fait : Vladimir Poutine est aux commandes en Russie, Xi Jinping et ses collègues du Politburo dirigeant bien la Chine, et ainsi de suite. Cependant, aux États-Unis ainsi que dans d’autres pays occidentaux, cela semble de moins en moins le cas, et les hauts-dirigeants ne sont guère que des hommes de paille séduisants choisis pour leurs attraits populaires et leur malléabilité politique, un développement qui peut présenter des conséquences tragiques pour les pays concernés. Comme exemple extrême, c’est un Boris Eltsine saoul qui avait librement permis le pillage de l’ensemble de la richesse nationale de la Russie par une poignée d’oligarques qui tiraient les ficelles, et le résultat en avait été l’appauvrissement absolu du peuple russe, ainsi qu’un effondrement démographique presque sans précédent dans l’histoire moderne, hors périodes de guerre.

Un problème évident d’instituer au pouvoir des marionnettes est le risque qu’ils essayent de couper leurs ficelles, à l’instar de Poutine qui a débordé puis exilé son parrain oligarque, Boris Berezovsky. Une méthode permettant de minimiser ce type de risque est de choisir des marionnettes tellement compromises qu’elles ne pourront jamais se libérer, sachant que des accusations destructrices bien enfouies dans leur passé pourraient facilement être étalées au grand jour si elles essayaient de devenir indépendantes. J’ai parfois blagué avec des amis sur l’idée que possiblement, pour un jeune homme politique, la meilleure manière de parvenir à une belle carrière serait de commettre en secret un crime monstrueux, et de s’assurer que les preuves de sa culpabilité seront détenues par certaines personnes très puissantes, afin de s’assurer une montée politique rapide.

De plus en plus d’Étasuniens qui prennent la peine de réfléchir sont en train de prendre conscience que sur tant de sujets aussi importants, nos deux partis politiques majeurs apparaissent avant tout comme les deux ailes d’une entité politique unique, parfois désignée comme “parti unique”. J’ai discuté de ce phénomène perturbant dans les paragraphes de fin de mon article de lancement de la série de la Pravda américaine :

La plupart des américains ayant contribué à l’élection de Barack Obama en 2008 voulaient que leur vote constitue une répudiation totale des politiques et du personnel de l’administration jusqu’alors en place, celle de George W. Bush. Pourtant, une fois investi, le choix central d’Obama — Robert Gates à la Défense, Timothy Geither au Trésor, et Ben Bernanke à la Federal Reserve — ne comportait que des hommes déjà en poste à haute responsabilité sous l’ère Bush, et ils ont poursuivi sans faillir leurs plans de renflouement financiers et leurs guerres à l’étranger lancés par son prédécesseur : le résultat en a été le même qu’aurait donné un troisième mandat Bush.

 

Considérons cette fascinante perspective en la personne du récemment décédé Boris Berezovsky, qui fut l’un des oligarques russes les plus puissants, et qui tint les ficelles derrière le président Boris Eltsine à la fin des années 1990. Après avoir pillé des milliards sur les deniers publics, et élevé Vladimir Poutine à la présidence, il s’est brûlé les ailes et a été contraint à l’exil. Selon le New York Times, il avait pour projet de transformer la Russie en faux État bipartite — avec un parti démocrate et un parti néoconservateur —, qui aurait vu des batailles acharnées sur des sujets clivants et symboliques, pendant que dans les coulisses chacun de ces deux partis serait en réalité contrôlé par les mêmes élites dominantes. En divisant ainsi artificiellement de manière permanente les citoyens, et en canalisant ainsi le mécontentement perpétuel dans des voies sans issues, les vrais dirigeants de la Russie espéraient pouvoir se garder richesse et puissance à des niveaux sans égal, régnant dans l’ombre et sans prendre de risques. Au vu de l’histoire des États-Unis au cours des quelques dernières décennies en date, peut-être pouvons-nous imaginer quel modèle Berezovsky a pris pour élaborer son ingénieux dessein politique.

Il y a quelques mois, un jeune soldat du nom d’Aaron Bushnell, entretenant de solides convictions chrétiennes, s’est trouvé tellement bouleversé par l’implication active de son pays dans ce qu’il considérait comme le crime suprême du génocide, qu’il s’est immolé et en est mort, une action de protestation sans doute sans précédent dans toute l’histoire des États-Unis et extraordinairement rare partout dans le monde. Bien que le récit ait rapidement été éludé de nos médias, la couverture de cette action sur les réseaux sociaux a été énorme, et il se peut qu’elle engendre des conséquences durables.

Après avoir discuté de cet incident tragique, j’ai suggéré que le terrible destin des Palestiniens de Gaza pourrait en fin de compte être considéré comme ayant un rôle semblable. Il se peut que la mort de tous ces gens révèle subitement qui dirige vraiment les États-Unis dans l’ombre, aussi bien aux yeux des Étasuniens que du reste du monde.

Pour des raisons semblables, je pense que les dizaines de milliers de morts à Gaza n’ont pas perdu la vie pour rien. Au lieu de cela, leur martyr a dominé les médias mondiaux au cours des cinq derniers mois, ce qui révèle de manière décisive face au monde entier la banqueroute morale du système mondial ayant amené à leur perte.
Ce sont sans doute des centaines de millions de personnes, dans le monde entier, qui ont commencé à s’interroger sur des sujets qu’ils n’auraient auparavant pas remis en question. Je soupçonne que les responsables de la destruction de Gaza finissent un jour par se repentir d’avoir ouvert des portes qu’ils auraient en fin de compte préféré garder étroitement fermées.

Ron Unz

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

L’imperium, ou la chronique d’une mort annoncée

Source : RzO International - Le 31/03/2024.
  1.  

     par Patrick Lawrence 

Si vous pensiez que les deux dernières décennies ont été violentes, chaotiques et destructrices, accrochez-vous : le pire est presque certainement à venir.

Je viens de lire un article remarquable dans le Seattle Times, remarquable par sa franchise nihiliste. Le titre de l’article de Ron Judd publié en août 2021 dans le Pacific NW Magazine du Times donne un bon aperçu du point de vue de l’auteur : «Le déclin de la civilisation américaine». Et le sous-titre : «La mauvaise télévision n’a jamais été aussi présente, et elle nous rend gros, paresseux, égoïstes et stupides».

Les nouvelles semblent parfois voyager lentement dans ces contrées, mais qu’à cela ne tienne. Si les observations de Judd étaient percutantes il y a trois ans, elles ont aujourd’hui la force gravitationnelle de Jupiter. La thèse de Judd est la suivante :

«Au vu de l’état actuel de dysfonctionnement national, de guerre culturelle et de psychose publique – plus d’informations à ce sujet après quelques messages publicitaires vous incitant à demander à votre médecin de vous prescrire un nouveau médicament miracle, le Byxfliptaz – il est indéniable que l’Américain lambda est doté aujourd’hui de toutes les facultés mentales d’une salade Jell-O laissée trop longtemps au soleil lors d’un pique-nique au mois d’août dans le parc Marymoor».

L’heure ne semble pas être à la mauvaise télévision ou aux cerveaux en déliquescence. En raison d’une succession rapide d’événements, dont aucun en apparence n’est lié à un autre, l’effondrement des sept décennies d’hégémonie de l’Amérique s’accélère de façon spectaculaire. Certains observateurs avisés pensent aujourd’hui que «l’ordre international fondé sur des règles», comme les cliques politiques appellent au rayonnement de la puissance américaine, est d’ores et déjà révolu. Je suppose qu’il faut choisir entre accepter cette réalité et regarder de la mauvaise télévision, et, d’accord, ce dernier choix s’avère tentant pour un nombre surprenant de personnes.

Réveillez-vous, ô dormeurs, et revenez d’entre les morts !

Sur le flanc oriental du monde atlantique, les dirigeants de l’empire ont perdu une guerre qu’ils étaient persuadés de gagner lorsqu’ils l’ont déclenchée avec le coup d’État organisé à Kiev il y a dix ans. La folle erreur de calcul de l’Occident en Ukraine fait de la Russie la gagnante, et il est bien difficile de surestimer les conséquences de ce coup porté à la puissance et au prestige des États-Unis.

En outre, les efforts déployés depuis des années par les cliques politiques pour isoler la Russie, paralyser son économie et détruire la valeur de sa monnaie ont manifestement échoué. Si l’on en juge par le taux de croissance du produit intérieur brut, l’économie russe surpasse largement celles de l’Amérique et de l’Europe. Les échanges commerciaux réalisés en roubles augmentent à un rythme effréné et la monnaie est stable. Moscou est aujourd’hui une force de premier plan alors que les pays non occidentaux, c’est-à-dire les pays du Sud, se rallient à un ordre multipolaire fondé sur des principes de souveraineté juridiquement contraignants, sur la charte des Nations unies, et d’autres textes et déclarations multilatéraux.

Certains lecteurs ne l’auront peut-être pas remarqué, mais les nouveaux dirigeants du Niger, qui ont pris le pouvoir à la suite d’un coup d’État contre le président pro-occidental du pays en juillet dernier, viennent d’envoyer un message à l’armée américaine, qui maintient depuis longtemps un avant-poste de 250 millions de dollars dans le nord-est du Niger, que le Pentagone considère comme essentiel aux activités de Washington destinées à projeter sa puissance à travers l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Voilà pour la «domination à spectre complet» dont rêvaient les néoconservateurs au tournant du siècle.

Gardant le pire pour la fin, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies vient de recevoir un rapport de 25 pages et un résumé vidéo de 12 minutes de son rapporteur spécial, Francesca Albanese, intitulé «Anatomie d’un génocide». Vous pouvez consulter toutes les excuses embrouillées du New York Times au sujet de la crise de Gaza. Il n’en reste pas moins qu’aux yeux de la majorité mondiale, les États-Unis soutiennent un régime de despotes enragés qui extermine tout un peuple. Le prix que l’impérium devra payer pour cela dans les années à venir sera très élevé.

Éteignez vos téléviseurs et réfléchissez à ces développements. Si nous les prenons dans leur ensemble, comme il se doit, ils nous indiquent deux choses. Premièrement, un nouvel ordre mondial composé de multiples pôles de pouvoir, même si Washington s’efforce de le saper, est en train d’émerger un peu partout et prend de l’ampleur à l’heure où nous parlons. Deuxièmement, les cliques politiques de Washington, si stupidement incapables d’accepter les réalités du XXIe siècle, sont susceptibles d’agir avec un désespoir accru au fur et à mesure que la primauté des États-Unis cède enfin la place à un ordre mondial digne de ce nom. Si vous pensiez que les deux dernières décennies ont été violentes, chaotiques et destructrices, accrochez-vous : le pire est presque certainement à venir.

*

Tant que le régime Biden continuera à dire que la guerre en Ukraine est «dans une impasse», et même si les médias corporatistes rabâchent fidèlement ces absurdités tels des pantins ventriloques, si le régime de Kiev perd chaque jour du terrain et qu’il n’y a pas le moindre espoir réaliste de le reconquérir, le mot que nous cherchons est «perdu». La question qu’il est temps de se poser est la suivante : que vont faire les États-Unis et leurs vassaux européens lorsque les faux-semblants n’en seront plus, et que la défaite, même si elle n’est jamais admise sur le papier, sera trop évidente pour être niée ?

Rien de bon. Étant donné qu’une paix négociée dans des conditions acceptables pour Moscou est hors de question et que l’objectif est de renverser la «Russie de Poutine», les États-Unis sont sans doute enclins à intensifier les opérations secrètes et les «guerres hybrides» au menu de Washington depuis des lustres. La situation risque de devenir vite très dangereuse. Avons-nous eu un avant-goût des problèmes à venir avec l’attaque choquante de la salle de concert et de la galerie marchande près de Moscou le 22 mars ? Voici ce que j’en pense.

La «communauté du renseignement» américaine s’est empressée de rendre publique une «évaluation»- un terme flou qui n’engage personne – selon laquelle l’attentat est l’œuvre d’un groupe d’islamistes militants, et que rien ne prouve que l’Ukraine a quelque chose à voir avec cet événement. Très vite, une ramification de l’État islamique, EI-Khorasan, a revendiqué l’attentat. Le président Poutine, qui s’était montré prudent dès le départ quant aux accusations, a fini par déclarer que les terroristes islamiques étaient effectivement coupables de la mort de 137 Russes innocents et de l’incendie de «Crocus City Hall».

Identifier l’EI-K comme étant le responsable est une affaire compliquée, gardons cela à l’esprit. Après l’effondrement du régime client de Washington à Kaboul il y a trois ans, de nombreux éléments des forces de défense et de sécurité nationales afghanes, se retrouvant soudainement à la rue, ont rejoint l’EI-K pour se mettre à l’abri du désastre. Il s’agissait d’agents de renseignement et de contre-insurrection formés par la CIA, et ils auraient été très nombreux à rejoindre l’organisation. Des rapports ultérieurs, jamais authentifiés, ont suggéré que la CIA utilisait des hélicoptères banalisés pour approvisionner l’EI-K en armes et en matériel. Il y a un an, Foreign Policy le décrivait comme «le groupe terroriste sans doute le plus brutal d’Afghanistan».

Moscou, parfaitement au courant de ces connexions, conclut aujourd’hui que la CIA, ainsi que le MI6 britannique, étaient derrière l’attaque du Crocus City Hall, avec l’agence de renseignement de Kiev, le SBU, jouant un rôle de soutien sur le terrain. La semaine dernière, le chef des services de renseignement russes a déballé tout cela en exposant les conclusions de Moscou.

«Nous estimons que l’attentat a été préparé par les islamistes radicaux, mais, bien entendu, les services spéciaux occidentaux leur ont prêté main-forte», a déclaré Alexandre Bortnikov, le chef du FSB. «Et les services spéciaux ukrainiens y sont directement impliqués».

Trop de preuves circonstancielles viennent étayer cette thèse pour pouvoir la rejeter. Le «bilan» de la CIA attribuant la responsabilité à I’EI peut être considéré comme tout à fait juste, mais il ne représente que la moitié de l’histoire. Le jour même où Bortnikov a évoqué la situation, la Russie a expédié un missile hypersonique – le genre qui échappe aux systèmes de Défense aérienne standard – pour détruire le bâtiment abritant le siège du SBU à Kiev. C’est ce que j’entends par «les choses deviennent très dangereuses, et très vite».

*

Il est difficile de prédire ce que va faire Washington maintenant que le Niger a déclaré que les 1000 soldats américains qui y sont stationnés sont «illégaux» et ordonné qu’ils quittent le pays. Il est plus facile de dire ce que les États-Unis ne feront pas, malheureusement. Ils n’ont rien montré de leur intention de retirer leurs troupes et de fermer leur base.

Un porte-parole du nouveau gouvernement de Niamey, détaillant la déclaration officielle du 17 mars, a affirmé que la présence américaine «viole toutes les règles constitutionnelles et démocratiques, qui exigent que le peuple souverain – notamment par l’intermédiaire de ses représentants élus – soit consulté sur toute installation d’une armée étrangère sur son territoire».

Cela peut paraître banal, mais il est extrêmement important que Niamey formule son ordre d’expulsion en ces termes. Lors d’une conférence de presse, le porte-parole du département d’État, Matthew Miller, a balayé du revers de la main la déclaration nigérienne, comme de vulgaires pellicules sur son revers de veste. Voyons comment le maître de l’ordre international fondé sur des règles va maintenant nous démontrer – comme il l’a fait dans le cas de l’Irak il y a quelques années – que les règles et l’ordre n’ont rien à voir avec le respect de la souveraineté d’autres nations ou avec les principes démocratiques que les États-Unis défendent haut et fort.

Il est peu probable que Niamey soit en mesure de forcer les États-Unis à partir, tout comme Bagdad n’a pas pu le faire lorsqu’il a ordonné le départ de toutes les troupes américaines restantes il y a quelques années. Croyez-vous que le reste du monde ne regarde que de la mauvaise télévision, et qu’il ne prêtera aucune attention au fait que les soldats américains se maintiennent dans le désert nigérien ? Si les États-Unis parviennent à défier les injonctions d’un autre pays hôte, ils perdront une nouvelle fois leur crédibilité, leur prestige et le respect auquel ils prétendent.

On entend ces jours-ci quelques commentateurs qui considèrent ces divers développements – la guerre perdue en Ukraine, l’échec de l’Occident à isoler la Russie, les hostilités croissantes contre les États-Unis en Afrique de l’Ouest, la montée inéluctable d’un nouvel ordre mondial – comme autant de signes révélateurs du déclin accéléré de l’impérium.

L’American Conservative a publié la semaine dernière un article intitulé «L’ordre fondé sur les règles est d’ores et déjà révolu». Dominick Sansone force son propos, qui se concentre sur la confrontation de l’Occident avec la Russie, mais pas tant que ça.

«Moscou s’est soustraite à l’ostracisme de l’Occident, modifiant ainsi l’équilibre des pouvoirs non seulement en Europe, mais aussi dans le monde entier», écrit-il. «L’ordre économique et politique fondé sur des règles a été irrémédiablement modifié».

Dans un autre article paru la semaine dernière, Moon of Alabama, un site web allemand à forte audience, affirme que la défaite en Ukraine annonce la fin de la «supériorité de la puissance militaire» en tant qu’«instrument de dissuasion» le plus efficace de l’Occident. L’Occident doit maintenant trouver «un nouvel outil qui lui permette de faire valoir ses intérêts face à d’autres puissances».

Et puis, en ce qui concerne la crise de Gaza, cette conclusion troublante :

«Il a choisi de faire preuve de la plus grande sauvagerie».

La guerre contre Gaza, soutenue par l’Occident, est la preuve que l’Occident est prêt à transgresser toutes les limites. Que le monde occidental est prêt à rompre avec toute forme d’humanité. Qu’il est prêt à commettre un génocide. Qu’il fera tout pour empêcher les instances internationales d’intervenir à ce sujet.

Qu’il est prêt à éliminer tout ce qui lui résiste.

Pour moi, l’article de Moon of Alabama fait froid dans le dos, précisément dans la mesure où tout ce qu’il écrit est plausible. On nous invite maintenant à nous demander si l’Occident soutient les barbaries commises par les Israéliens à Gaza parce que la barbarie fait désormais partie de la politique. Comment rejeter un tel argument ?

«Les nations qui s’engagent en faveur de la multipolarité», conclut l’article, «doivent se préparer à ce qui risque de leur être infligé». Le réconfort que l’on peut trouver ici, aussi sombre soit-il, c’est que les pays non occidentaux savent parfaitement comment s’armer contre l’imperium et les anciennes puissances coloniales. Et les Russes leur ont montré ces dernières années que c’était possible.

source : Scheerpost via Spirit of Free Speech

 

Événements marquants


Poutine confirme : “Les États-Unis ne sont pas dirigés par leurs élus”. Le Renard Vigilant sur “X”


Source : Le Saker francophone - Par James Howard Kunstler – Le 9 Février 2024 – Source Clusterfuck Nation

Les historiens du futur, réunis autour de leurs feux de camp pour braconner des queues de tatou dans leurs propres carapaces, se souviendront du jour merveilleux de 2024 où ils ont pu observer et comparer deux chefs de grandes nations qui se présentaient au monde pour être évalués. Il y avait M. Poutine, du pays appelé Russie, qui discutait calmement et en détail d’un millier d’années d’histoire de son pays. Et il y avait M. Biden, des États-Unis, face au service de presse de la Maison Blanche, réfutant avec colère la conclusion sombre d’un procureur spécial selon laquelle le président n’était pas mentalement apte à être jugé par un tribunal sur la base de la conclusion qu’il avait effectivement mal manipulé des documents classifiés.

 

Le contraste entre les deux figures pourrait même alerter les mandarins de notre Ivy League que quelque chose ne va pas du tout dans ce pays depuis une décennie ou plus, et pourrait éveiller des soupçons parmi les facultés qu’ils ont été trompés dans leur vision de notre histoire récente. Le rapport du conseiller spécial Robert Hur, publié jeudi, le dit assez clairement :

Lors de son entretien avec notre bureau, la mémoire de M. Biden était moins bonne. Il ne s’est pas souvenu de la date à laquelle il a été vice-président, oubliant le premier jour de l’entretien quand son mandat s’est terminé (“si c’était en 2013, quand ai-je cessé d’être vice-président ?”), et oubliant le deuxième jour de l’entretien quand son mandat a commencé (“en 2009, suis-je toujours vice-président ?”). Il ne s’est même pas souvenu, quelques années plus tard, de la mort de son fils Beau. Et sa mémoire semble floue lorsqu’il s’agit de décrire le débat sur l’Afghanistan, qui était autrefois si important pour lui.

Cette révélation ne manque pas de soulever des questions embarrassantes. Si la détérioration de l’état mental de Biden était évidente pour les avocats fédéraux qui l’ont interrogé – il est vrai qu’il ne s’agit pas de psychologues de haut niveau -, le même tableau ne se présenterait-il pas aux dizaines d’assistants et de subalternes occupés à travailler avec le président 24 heures sur 24 pendant trois ans à la Maison-Blanche ? Sans parler de la myriade de fonctionnaires, de directeurs d’agences, de nababs d’entreprises et de personnalités des médias qui défilent dans le Bureau ovale à chaque heure de la journée ? Et pourtant, chacun d’entre eux a continué à prétendre que Biden s’en sortait très bien et qu’il était capable de se présenter aux élections. C’est un peu étrange.

S’il y a eu des discussions sur le fait que Biden était en possession de ce que l’on appelle le “ballon nucléaire”, la mallette contenant les codes de lancement de notre arsenal de missiles et de bombardiers, elles sont passées inaperçues dans la presse. Je suppose qu’une conspiration visant à étouffer cette conversation serait qualifiée de “théorie du complot”, ce qui suggère également que les déficiences mentales de Biden ont d’une manière ou d’une autre infecté l’ensemble du corps politique des États-Unis. En d’autres termes, une grande partie de la population américaine souffre de troubles mentaux et vit dans une galerie des glaces nationale. Comment cela s’est-il produit ? Est-il possible qu’il y ait des branches de notre gouvernement qui se consacrent à rendre la population folle ? une sorte d’épreuve à la lumière du jour ?

Cette impression n’a fait que se renforcer en écoutant le président de notre supposé adversaire, la Russie, Poutine, dans sa conférence avec le journaliste indépendant Tucker Carlson. Tout d’abord, Poutine a osé exprimer la probabilité que quelqu’un, ou un groupe de personnes, dirige secrètement la branche exécutive du gouvernement américain derrière la figure de proue mentalement vide qu’est le “président Biden”, mais Poutine ne s’est pas aventuré à deviner de qui il pouvait s’agir.

Ce que Poutine a surtout montré, c’est un air de prudence, une conscience que le comportement de l’Amérique est devenu de plus en plus dangereusement déséquilibré au cours des années où il a été au pouvoir, et qu’il faut faire preuve de beaucoup de délicatesse et de patience chrétienne pour ne pas aggraver la situation. L’Ukraine était au centre de la discussion, bien sûr, puisqu’elle est devenue un point d’inflammation géopolitique dangereux. Il n’est pas certain que le public américain ait pu suivre la disquisition détaillée de Poutine sur l’histoire de l’Ukraine, et comment elle s’est soldée dernièrement par les efforts maladroits de l’Amérique pour l’arracher à la sphère d’influence de la Russie. Il a expliqué sa vision des événements entourant le “coup de Maïdan” de 2014 et le rejet par l’OTAN des accords de Minsk qui auraient pu mettre fin de manière satisfaisante aux hostilités et fournir un cadre pour rétablir le statut de l’Ukraine en tant que frontière neutre entre l’Europe et l’Asie.

Poutine a également confirmé ma propre conjecture : après la chute de l’URSS, la Russie avait une préoccupation majeure en matière d’affaires étrangères : être réadmise dans la famille européenne des nations en tant que membre à nouveau “normal”, en particulier dans les relations commerciales, après soixante-quinze ans d’expérience communiste particulière. Il en a parlé avec dépit comme d’une occasion perdue de soutenir la civilisation occidentale, aujourd’hui engagée dans un acte mystificateur de suicide collectif auquel la Russie souhaite résolument se soustraire en se réorientant stratégiquement vers le bloc des BRICs.

Ce vendredi matin, les États-Unis sont le théâtre d’une multitude d’événements. À l’heure où j’écris ces lignes, alors que l’aube se lève à peine, l’opinion sur ces questions troublantes est pratiquement inexistante sur le vaste réseau Internet – mais elle va probablement se manifester avec force au fur et à mesure que la journée avance. Si  Biden est vraiment mentalement incompétent, comme l’a établi plus ou moins légalement le conseiller spécial Hur, il existe alors le recours évident au 25e amendement – la destitution d’un président pour cause d’incapacité. Un débat à ce sujet semble aujourd’hui inévitable. La question implique également que la mascarade de la candidature de Biden à la réélection doit prendre fin. Que fera le parti Démocrate à ce sujet ?

Une part non négligeable de notre problème avec l’Ukraine réside dans le fait que notre chef d’État a été impliqué pendant des années dans des mésaventures de corruption et de blanchiment d’argent dans ce pays, ce dont il existe des preuves abondantes et puissantes, ce qui signifie qu’il pourrait avoir eu des intérêts très personnels à maintenir ce pays dans le désordre – et à y envoyer des milliards de dollars, dont une partie a certainement été détournée au sein du gouvernement de Zelensky. Il faut également savoir que l’homme de main de ces opérations, le fils du président, Hunter, pourrait bien avoir eu des démêlés avec la drogue et les prostituées lors de ses nombreux voyages en Ukraine en tant que membre du conseil d’administration de Burisma. Les archives que Hunter a lui-même constituées d’enregistrements pornographiques alimentés par la drogue lors de son tour du monde sur l’ordinateur portable qui (le FBI l’a récemment confirmé) était incontestablement le sien, suggèrent que les autorités ukrainiennes pourraient avoir leurs propres enregistrements de lui se comportant de la même manière, ou pire, et qu’elles les utilisent pour faire chanter le “président Joe Biden”.

Nous connaîtrons également le jugement, probablement avec une rapidité remarquable, de la Cour suprême dans l’affaire du Colorado qui a exclu Donald Trump du scrutin électoral. Pendant ce temps, l’affaire contre Trump dans le comté de Fulton, en Géorgie, s’effondre dans le scandale pathétiquement comique du procureur Fani Willis, avec maintenant une nouvelle tournure “nid d’amour” (payée avec de l’argent public). Le juge Engoron et le procureur général Letitia James sont peut-être en train de peser le sort de leur réputation dans l’affaire de fraude à l’évaluation immobilière bidon et mal conduite contre Trump, qui sera finalement jugée en appel à un niveau ou à un autre. Le vieil adage reste puissant : Il y a des décennies où il ne se passe rien, et des semaines où il se passe des décennies.

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

 

Le conflit sur la protection des frontières américaines s’envenime : 24 États républicains répètent leur révolte

Source : RzO International - Le 02/02/2024.

Washington/Austin. En cette année d’élections américaines, Hollywood se prépare à affronter Donald Trump : au cours des prochains mois, une vision d’avenir dystopique, intitulée «Civil War» («Guerre civile»), devrait sortir sur les écrans, évoquant les pires cauchemars des libéraux de gauche. Un président américain fictif y fait intervenir l’armée contre des Américains en révolte, de la fumée s’élève au-dessus de New York, des flots de réfugiés se déplacent le long des autoroutes.

Ce qui est authentique jusqu’à présent, c’est que la société américaine se polarise une fois de plus sur une zone de fracture connue depuis longtemps. Il s’agit de la protection de la frontière américano-mexicaine. Le conflit qui oppose depuis des années Washington à certains États américains a atteint un nouveau sommet ces derniers jours, puisque la Cour suprême américaine a récemment décidé que le Texas devait retirer les barbelés installés à certains endroits le long de la frontière avec le Rio Grande.

Mais il semblerait que cette décision de justice ne soit pas la fin d’un long conflit, mais le début d’un nouveau et peut-être plus grand round dans le bras de fer entre Washington et le Texas. Car le Texas, dirigé par le gouverneur républicain Gregory Abbott (photo), n’envisage pas de céder. Au contraire, les signes sont à l’escalade. Après que Abbott ait écrit au président Biden mercredi dernier pour faire valoir son droit constitutionnel à lutter contre une «invasion» de migrants, 24 États également dirigés par des républicains se sont joints à lui le lendemain dans une déclaration commune.

Cette déclaration est très claire. On y lit qu’au lieu de maintenir l’État de droit et de sécuriser la frontière, «l’administration Biden a attaqué et poursuivi le Texas pour son engagement à protéger les citoyens américains contre les immigrants illégaux, les drogues mortelles comme le fentanyl et les terroristes qui entrent dans notre pays».

Dans sa lettre à la Maison Blanche, Abbott avait lui aussi initialement fait valoir que le président n’avait pas «exécuté fidèlement les lois sur l’immigration promulguées par le Congrès». En raison de la «politique frontalière hors-la-loi» du président, «plus de six millions d’immigrants illégaux ont traversé notre frontière sud en seulement trois ans». Il s’agit bien sûr de chiffres qui ne peuvent pas être négligés.

Abbott semble désormais décidé à aller jusqu’au bout. Dans une interview accordée à «Bloomberg», il a annoncé : «Nous sommes en train d’installer plus de barbelés pour sécuriser encore plus la frontière». En outre, d’autres cars de migrants interceptés chaque jour à la frontière seraient envoyés dans les États du nord. Ils y causent déjà des problèmes depuis des mois. Rien qu’à New York, dirigé par le maire démocrate Eric Adams, on compte aujourd’hui 37 000 clandestins.

L’ancien et nouveau candidat à la présidence Donald Trump a également exprimé son soutien à l’action d’Abbott. Il a déclaré sur sa plateforme Truth Social : «Le Texas a invoqué à juste titre la clause d’invasion inscrite dans la Constitution et doit être pleinement soutenu dans sa défense contre l’invasion».

Les principaux médias américains évoquent désormais l’image d’une «guerre civile». Aux dernières nouvelles, les gardes-frontières et la garde nationale s’affrontent à Shelby Park, au Texas. En principe, la protection des frontières incombe à l’US Border Patrol (USBP). Mais le Texas a récemment autorisé sa Garde nationale à prendre en charge la section du Rio Grande. Depuis, les barbelés et les clôtures sont de nouveau installés – et les Texans refusent de les démonter. D’autres États envisagent également de déployer leur garde nationale. Le gouverneur de l’Oklahoma, Kevin Stitt, parle d’une «poudrière de tensions». Des convois de camionneurs seraient en route depuis différentes régions des États-Unis en signe de solidarité avec le Texas.

Lors d’un récent entretien avec Tucker Carlson, Abbott a menacé que la lutte pour des frontières sûres pourrait durer encore un certain temps – probablement jusqu’en janvier prochain, date à laquelle un nouveau président prêtera serment. Abbott fait ainsi allusion à la réélection de Trump, qui devrait alors faire appliquer la loi sur l’immigration dans tous les États, y compris en Californie et à la frontière avec le Canada.

Les choses ne semblent pas prêtes de s’arranger. Au contraire, les États-Unis s’éloignent à grands pas de toute solution négociée (mü).

source: Zuerst

Texas : Le Deep State tremble, possible guerre civile

SQource : RzO Interhnational - Le 31/01/2024

par Francesca de Villasmundo

«Guerre civile» en vue : Les craintes se multiplient que les États-Unis soient sur le point d’exploser alors que la patrouille frontalière des États-Unis et la garde nationale de l’État du Texas se font face au Texas.

Le face à face entre le gouverneur du Texas Greg Abbott et Joe Biden pourrait provoquer une guerre civile

La patrouille frontalière des États-Unis (USBP) et la Garde nationale du Texas se livrent un bras de fer : l’enjeu est la protection des frontières que le gouverneur du Texas, Greg Abbott, du parti Republicain, ne veut pas laisser entre les mains du laxiste et immigrationniste Joe Biden. Cette lutte entre le Texas et le gouvernement fédéral pour le contrôle de la frontière entre les États-Unis et le Mexique s’est encore intensifiée après que le gouverneur de l’État, Greg Abbott, a annoncé qu’il défierait l’administration Biden et la Cour suprême américaine en ordonnant l’installation d’encore plus de barbelés pour dissuader l’immigration.

L’épicentre de la querelle est le parc municipal Shelby Park, dans la petite ville texane d’Eagle Pass, à 230 km au sud-ouest de San Antonio. La ville et son parc embrassent le fleuve Rio Grande qui marque la frontière.

C’est le travail des gardes de l’USBP de patrouiller la frontière. Mais plus tôt ce mois-ci, le Texas a autorisé la Garde nationale à prendre le contrôle du parc riverain. Normalement, c’était un espace vert avec un terrain de golf et un terrain de baseball, mais à présent, la Garde nationale l’a essentiellement militarisé.

Les troupes ont installé des barbelés et des clôtures dans le but de réduire le nombre de personnes traversant illégalement la rivière et escaladant le parc pour se rendre aux États-Unis. Lundi, la Cour suprême a voté par 5 voix contre 4 en faveur du pouvoir du gouvernement fédéral de retirer le fil barbelé controversé installé le long de certains tronçons de la frontière au Texas. Malgré cela, Greg Abbott intensifie ses projets visant à tenter de clôturer certaines parties de la frontière américaine avec le Mexique.

 

La sécurisation de la frontière entre le Texas et le Mexique au centre du face à face

La semaine dernière, la Garde nationale du Texas a semblé ignorer une décision de la Cour suprême des États-Unis qui a autorisé la patrouille frontalière à retirer les barbelés installés le long de la frontière américano-mexicaine par l’État et à poursuivre les travaux de construction le long de la frontière. Abbott a justifié sa décision et critiqué Biden pour ne pas avoir appliqué les lois sur l’immigration.

Les gouverneurs républicains de plusieurs États ont soutenu Abbott dans son affrontement contre le gouvernement fédéral. Dans une interview de lundi dernier, le gouverneur du Texas a remercié ses collègues gouverneurs du GOP et a déclaré que «la moitié des Américains s’opposent désormais à l’administration Biden».

Les agents fédéraux ont reçu cette semaine une nouvelle confirmation de la Cour suprême qu’ils pouvaient retirer les barbelés, car l’application de la loi sur l’immigration relève de la compétence fédérale. Mais Abbott a soutenu que rien ne l’empêchait d’ordonner à la Garde nationale du Texas de continuer à poser davantage de barbelés. La garde nationale fait finalement partie de l’armée américaine, supervisée par le président américain en tant que commandant en chef, mais sauf dans des situations spécifiques où le président prend explicitement le contrôle fédéral, la garde nationale de chaque État reçoit ses ordres du gouverneur de son État.

Les questions d’immigration, comme l’a confirmé la Cour suprême dans l’affaire Arizona contre États-Unis en 2012, relèvent officiellement du gouvernement fédéral et non des États individuels. Greg Abbott a invoqué à plusieurs reprises la clause d’invasion, essentiellement comme une lacune, dans les constitutions américaine et texane, assimilant les migrants à un ennemi public étranger, ce qui lui donne le droit de faire respecter la sécurité des frontières et les questions d’immigration, affirme-t-il.

L’objectif de Gregg Abbott : Protéger la frontière contre l’invasion migratoire favorisée par le laxisme de Joe Biden

Il a également déclaré que ce serait une grave «erreur politique» si le président Biden nationalisait la Garde nationale du Texas, au milieu de la lutte de pouvoir en cours entre l’État et l’administration à la frontière sud.

«C’est le problème n°1 en Amérique. Les Américains veulent une frontière sûre. Si Joe Biden fédéralise notre Garde nationale, ce serait la plus grande erreur politique que vous puissiez commettre, et c’est pourquoi je pense qu’il ne le fera pas», a déclaré lundi Abbott à Sean Hannity de Fox News.

«Cela dit, bien sûr, je suis prêt au cas où il ferait une telle erreur pour garantir que le Texas sera en mesure de continuer à sécuriser notre frontière», a-t-il poursuivi. À plusieurs reprises, il a souligné que le rôle accru du ministère de la Sécurité publique du Texas et de la Garde nationale du Texas à la frontière faisait partie de l’autorité constitutionnelle de l’État pour se défendre contre une invasion. «Le Texas a donc tous les droits constitutionnels dans cette affaire, et je crois que lorsque le soleil se couchera, le Texas sera justifié et la Constitution sera renforcée», a-t-il déclaré.

Pour de nombreux Américains, l’invasion des États-Unis n’est pas due à l’incompétence mais est intentionnelle : l’administration Biden «veut» que la frontière soit ouverte.

Une possible guerre civile en miniature pourrait bien exploser dans cet État du Sud entre le Deep State immigrationniste et une population excédée par le laxisme des Democrates de Biden.

source : Médias Presse Info

C’est une hécatombe pour les grands médias

Source : RzO International - Le 26/01/2024.

par Michael Snyder

Faut-il s’étonner que l’industrie de l’information soit frappée par une vague massive de licenciements ? Les enquêtes successives montrent que les Américains ont perdu confiance dans les grands médias et que des millions d’entre nous ont décidé de se tourner vers d’autres sources d’information. Depuis des années, les grands médias perdent des téléspectateurs et des lecteurs, et aujourd’hui, bon nombre des plus grands noms de l’industrie de l’information perdent des sommes colossales. Ce n’était qu’une question de temps avant que nous n’assistions à des licenciements à grande échelle, et c’est désormais chose faite.

Bien entendu, les médias grand public ne sont pas les seuls à licencier. Selon Challenger, Gray & Christmas, le nombre de licenciements aux États-Unis en 2023 était supérieur de 98% à ce qu’il était en 2022…

Le rythme des suppressions d’emplois par les employeurs américains s’est accéléré en 2023, le nombre de licenciements ayant bondi de 98% par rapport à l’année précédente.

C’est ce qui ressort d’un nouveau rapport publié par Challenger, Gray & Christmas, selon lequel les entreprises ont prévu 721 677 suppressions d’emplois l’année dernière, soit une augmentation considérable par rapport aux 363 832 licenciements signalés en 2022.

Le problème pourrait s’aggraver en 2024, car le marché de l’emploi continue de s’affaiblir face à des taux d’intérêt élevés et à une inflation tenace.

Mais il est vrai que l’industrie de l’information est particulièrement touchée. Par exemple, Time Magazine vient d’annoncer qu’il allait licencier des travailleurs «dans plusieurs départements, notamment la rédaction, la technologie, les ventes et les studios TIME»…

Time Magazine a licencié mardi un nombre incertain d’employés dans plusieurs départements, une décision que la PDG Jessica Sibley a qualifiée de «mesure nécessaire que nous devons prendre pour faire avancer notre entreprise et améliorer notre situation financière».

Dans un mémo interne au personnel, obtenu par Max Tani de Semafor, Sibley a annoncé les réductions.

«Nous avons pris la décision difficile de supprimer aujourd’hui des postes dans plusieurs départements, notamment la rédaction, la technologie, les ventes et les studios TIME», a écrit M. Sibley au personnel. «Nous sommes immensément reconnaissants de la contribution de ces membres talentueux de l’équipe au cours de leur mandat chez TIME».

Lorsque j’étais enfant, Time Magazine était très respecté et mes parents en avaient souvent un exemplaire sur la table basse.

Mais aujourd’hui, il est en train de mourir, tout comme le reste des grands médias.

Il suffit de regarder ce qui arrive au plus grand journal de Californie. Le Los Angeles Times a décidé de supprimer «un peu plus de 20% de sa rédaction»…

Le Los Angeles Times, confronté à ce que la direction a décrit cette semaine comme une «crise financière», a entamé mardi une série de licenciements douloureux dans la salle de rédaction, une réduction d’effectifs qui s’annonce comme l’une des plus sévères des 142 ans d’histoire du journal.

Les suppressions de postes toucheront au moins 115 journalistes, a indiqué à CNN une personne au fait du dossier, soit un peu plus de 20% de la rédaction. Quelque 94 de ces suppressions concerneront des employés syndiqués, a déclaré le chef du syndicat Matt Pearce, ce qui signifie qu’un quart du syndicat sera licencié.

Devons-nous être tristes que le Los Angeles Times implose ?

Je ne le pense pas.

Ailleurs, Paramount prévoit de licencier des centaines de travailleurs

Dans un contexte de spéculation sur son avenir, Paramount Global procède à une nouvelle vague de réduction de personnel en février, selon des sources qui se sont confiées à Deadline. J’ai entendu dire que ces réductions concerneraient des centaines d’employés dans l’ensemble de la société.

Depuis plusieurs jours, des rumeurs circulent sur l’imminence d’un licenciement d’environ 800 personnes au sein de Paramount. Cela fait suite à un rapport du WSJ [Wall Street Journal] en décembre selon lequel la société envisageait la suppression potentielle de plus de 1000 emplois au début de l’année 2024 afin de réduire les coûts.

Paramount est la société mère de CBS, et il est donc probable que la division de l’information de CBS soit sur le point de devenir encore plus petite.

Bien sûr, la division de l’information de NBC se réduit elle aussi

NBC News a licencié plusieurs dizaines d’employés, la dernière des dizaines d’entreprises à commencer la nouvelle année avec de mauvaises nouvelles pour ses employés, a confirmé USA TODAY vendredi.

Une source au fait de ces projets [de licenciement] a déclaré que les employés ont reçu un préavis de 60 jours et qu’ils recevront des indemnités de départ et des services de reclassement.

Le journalisme sportif a lui aussi connu des temps difficiles.

À l’heure actuelle, il semble que l’avenir de Sports Illustrated soit très incertain et que de nombreux employés du magazine soient à la recherche d’un nouvel emploi

L’avenir du célèbre magazine Sports Illustrated s’est assombri vendredi après que l’éditeur a annoncé des licenciements massifs.

Le groupe Arena – qui avait été ébranlé par des informations selon lesquelles le célèbre magazine publiait du contenu généré par l’intelligence artificielle – a admis qu’il n’avait pas effectué le paiement trimestriel de 3,75 millions de dollars au groupe Authentic Brands, qui devait être effectué cette semaine.

En conséquence, la société Arena, cotée en bourse, a annoncé jeudi qu’elle allait procéder à une «réduction significative» de ses effectifs, qui comptent plus de 100 journalistes.

Toutes les histoires que je viens de vous raconter se sont produites au cours des sept derniers jours.

C’est fou comme les choses évoluent rapidement aujourd’hui.

Bien entendu, de nombreux autres secteurs d’activité licencient également. Plus tôt dans la journée, nous avons appris que SolarEdge allait licencier environ 16% de ses effectifs

SolarEdge, une entreprise qui fabrique des onduleurs pour panneaux solaires, va licencier environ 16% de ses employés.

L’entreprise a annoncé dimanche qu’environ 900 personnes allaient perdre leur emploi dans le cadre d’un plan de restructuration «destiné à réduire les dépenses d’exploitation et à aligner sa structure de coûts sur la dynamique actuelle du marché». Elle a qualifié les conditions du secteur de «difficiles» dans un document déposé auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC).

Vroom Automotive va licencier «la plupart de ses employés» en arrêtant définitivement ses activités liées aux véhicules d’occasion

Dans une déclaration à la SEC et une annonce sur son site web lundi soir, Vroom Automotive a indiqué qu’elle avait cessé ses activités de concessionnaire de véhicules d’occasion après qu’Ally eut suspendu sa ligne de crédit. Vroom ne vendra plus aucun de ses véhicules au détail. Elle vendra son stock sur le marché de gros. Elle licenciera la plupart de ses employés. Elle ne conservera que sa plateforme de prêts automobiles à risque, United Auto Credit (UACC), et sa plateforme d’annonces de véhicules d’occasion, CarStory, dont les clients sont tous deux d’autres concessionnaires de véhicules d’occasion.

Pour de nombreuses autres annonces de licenciements, veuillez consulter mon article précédent intitulé «Alerte ! Voici une liste de 20 grandes entreprises qui viennent de décider de procéder à des licenciements massifs».

Il semble que l’économie américaine ait atteint un point de basculement critique. Les perspectives économiques pour 2024 ne sont pas bonnes du tout, et les employeurs s’empressent de réduire les effectifs en prévision de ce qui s’en vient.

Si vous avez actuellement un bon emploi qui vous tient à cœur, accrochez-vous-y autant que possible.

En effet, de nombreux licenciements se profilent à l’horizon et vous ne voudriez pas vous retrouver sans chaise lorsque la musique s’arrêtera.

source : The Economic Collapse via La Cause du Peuple

 

 

Biden a lancé une autre guerre des États-Unis

Source : RzO International - Le 22/01/2024.

par Caitlin Johnstone

Ils font donc pleuvoir des explosifs militaires sur des habitants appauvris du Moyen-Orient pour maintenir leur statu quo, sous prétexte d’objectifs qu’ils admettent eux-mêmes ne pas atteindre. Un jour comme un autre dans l’empire, je suppose.

Le Washington Post a publié un article intitulé «Alors que les Houthis jurent de continuer à se battre, les États-Unis se préparent à une campagne soutenue», «campagne soutenue» étant le langage de l’empire pour une nouvelle guerre des États-Unis.

«L’administration Biden élabore des plans pour une campagne militaire soutenue ciblant les Houthis au Yémen après dix jours de frappes qui n’ont pas réussi à mettre fin aux attaques du groupe contre le commerce maritime, alimentant les inquiétudes de certains responsables qui craignent qu’une opération illimitée ne fasse dérailler la paix fragile de ce pays ravagé par la guerre et n’entraîne Washington dans un nouveau conflit imprévisible au Moyen-Orient», rapporte le Post.

Le Post reconnaît que «campagne militaire soutenue» signifie «guerre» dans le neuvième paragraphe de l’article, affirmant que les responsables américains anonymes cités dans le rapport «ne s’attendent pas à ce que l’opération s’étende sur des années comme les précédentes guerres américaines en Irak, en Afghanistan ou en Syrie». Ce qui est à peu près aussi rassurant qu’un pyromane disant qu’il ne s’attend pas à brûler d’autres maisons comme toutes celles qu’il a brûlées.

L’administration Biden élabore des plans pour une campagne militaire soutenue ciblant les Houthis au Yémen, alimentant les craintes de faire dérailler la paix fragile de ce pays ravagé par la guerre et d’entraîner Washington dans un nouveau conflit imprévisible au Moyen-Orient.

Ce refus étrange d’appeler une guerre une guerre est également apparu lors d’une récente conférence de presse de la porte-parole du Pentagone, Sabrina Singh, qui s’est montrée choquée et horrifiée que les journalistes puissent même demander si le fait de bombarder un pays de façon répétée pouvait être considéré comme une guerre contre lui.

«Est-il juste de dire que les États-Unis sont en guerre au Yémen ?» a demandé jeudi un journaliste de Reuters à Singh.

«Non, nous ne cherchons pas la guerre», a répondu Singh. «Nous ne pensons pas être en guerre. Nous ne voulons pas d’une guerre régionale. Ce sont les Houthis qui continuent de lancer des missiles de croisière, des missiles anti-navires sur des marins innocents, sur des navires commerciaux qui ne font que transiter dans une zone qui représente 10 à 15% du commerce mondial».

Plusieurs questions plus tard, un journaliste de Politico demandé à Singh : «Vous avez dit que nous n’étions pas en guerre contre les Houthis, mais si – vous savez, ces bombardements à répétition – nous les avons bombardés cinq fois maintenant. Si ce n’est pas la guerre, pouvez-vous nous expliquer cela un peu plus ? Si ce n’est pas la guerre, qu’est-ce que la guerre ?»

«Bien sûr, Lara, bien sûr, excellente question, mais je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit formulée de cette façon», a répondu Singh avec un rire et un sourire en coin. «Écoutez, nous ne cherchons pas la guerre. Nous ne sommes pas en guerre avec les Houthis. En termes de définition, je pense qu’il s’agirait plutôt d’une déclaration claire de la part des États-Unis. Mais encore une fois, ce que nous faisons et les actions que nous entreprenons sont de nature défensive».

Il convient de noter que depuis cette conférence de presse de jeudi, le nombre de frappes américaines au Yémen est passé de cinq à sept à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Il convient également de noter que, selon la définition absurde de Singh, les États-Unis n’ont pas été en guerre depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, puisqu’il n’y a pas eu de «déclaration de guerre claire» depuis le 5 juin 1942. Les seules guerres que les États-Unis ont officiellement déclarées par l’intermédiaire du Congrès, conformément à leur propre constitution, sont la guerre de 1812, la guerre américano-mexicaine, la guerre hispano-américaine et les deux guerres mondiales.

Si l’on s’en tient à cette définition, les États-Unis font partie des pays les plus pacifiques du monde, puisqu’ils n’ont pas connu de guerre depuis huit décennies. En réalité, les États-Unis sont le pays le plus belliqueux et le plus meurtrier des temps modernes, avec des guerres d’agression qui ont tué des millions de personnes et en ont déplacé des dizaines de millions rien qu’au XXIe siècle, et ils jouent un rôle dans la plupart des grands conflits internationaux.

L’affirmation de Singh selon laquelle les attaques américaines contre le Yémen sont «de nature défensive» est également absurde : les forces yéménites n’attaquaient même pas les navires commerciaux américains avant que les États-Unis ne commencent à les attaquer. Seuls les États-Unis peuvent lancer des attaques non provoquées contre un pays étranger à l’autre bout de la planète et appeler cela de l’autodéfense.

Dave DeCamp, d’Antiwarexplique :

«Avant que les États-Unis ne commencent à bombarder les Houthis, les responsables d’Ansarullah ont clairement indiqué qu’ils ne cesseraient d’attaquer les navires commerciaux liés à Israël que si l’assaut sur Gaza prenait fin. Au lieu de faire pression sur Israël pour qu’il mette fin au massacre à Gaza, le président Biden a choisi l’escalade, et maintenant les Houthis ciblent la navigation commerciale américaine, et plusieurs navires marchands américains ont été touchés par des missiles».

Les États-Unis se préparent à une guerre ouverte contre les Houthis au Yémen
Biden a bombardé le Yémen sept fois en un peu plus d’une semaine et les Houthis ne reculent pas car ils se réjouissent de la confrontation avec les États-Unis

En fait, la seule raison pour laquelle les forces houthies ont commencé à attaquer les navires en mer Rouge était de faire pression sur Israël et ses alliés pour qu’ils cessent le massacre en cours à Gaza depuis le 7 octobre. Comme d’habitude, le gouvernement le plus meurtrier et le plus puissant du monde présente ses horribles actes d’agression extrême comme des réponses défensives innocentes à des attaques non provoquées, alors qu’en réalité l’empire américain bombarde le Yémen afin de faciliter le génocide des Palestiniens.

Et puisque nous parlons de Gaza et du Yémen, il n’est sans doute pas inutile de souligner que, selon les responsables de l’empire américain, les objectifs États de ces deux campagnes ont été totalement vains. Un nouveau rapport du Wall Street Journal indique que, selon les services de renseignement américains, Israël est loin d’avoir éliminé le Hamas, seuls 20 à 30% des membres du groupe ayant été tués depuis le mois d’octobre. Interrogé par la presse jeudi sur l’efficacité des frappes contre les Houthis, Biden a répondu : «Eh bien, quand vous dites «efficacité», est-ce qu’elles arrêtent les Houthis ? Non. Vont-elles se poursuivre ? Oui».

Ils font donc pleuvoir des explosifs militaires sur des habitants appauvris du Moyen-Orient pour maintenir le statu quo de leur domination, sous prétexte d’objectifs qu’ils admettent eux-mêmes ne pas atteindre. Un jour comme un autre dans l’empire, je suppose.

source : Caitlin Johnstone

traduction Réseau International

E. Dénecé : “Le Deep State américain s’attend à un ménage impitoyable par Donald Trump en 2025”

Source : Le Courrier des Stratèges - par Eric Veraeghe - Le 17/01/2024

Donald Trump entame sa reconquête triomphale du pouvoir

Eric Dénecé, fondateur du CF2R, passe en revue avec nous l’actualité internationale. Il souligne le raidissement stratégique des néo-conservateurs notamment au Moyen-Orient, dans la perspective d’un retour probable de Donald Trump aux affaires en 2025. Quelle tactique les néo-conservateurs déploient-ils pour anticiper ce retour ? Il est évident aujourd’hui que, sur les différents théâtres d’opérations, le Deep State américain pratique le “sauve-qui-peut”.

Dans sa “revue générale” de la situation générale, Eric Dénecé insiste sur plusieurs points essentiels :

  • l’Occident est en difficulté sur plusieurs théâtres d’opérations, à commencer par l’Ukraine où la contre-offensive tant promise a échoué
  • comme nous l’indiquions hier, une intense propagande annonce une guerre contre l’OTAN qui serait déclarée par la Russie
  • l’objectif est de souder le camp occidental en pleine dispersion face à la Russie
  • le Deep State est engagé dans une course contre-la-montre à l’approche du retour de Donald Trump
  • les USA misent massivement sur le Proche-Orient
  • un embrasement régional n’y est pas exclu, notamment vers le Yémen
  • la Chine n’est pas dans une stratégie à court terme à Taïwan

Plus que jamais, la domination américaine se traduit par un chaos global.

Prosperity Guardian : Une nouvelle guerre américaine

Source : RzO International - Le 05/01/2024.
Prosperity Guardian ou comment recommencer à bombarder le Yémen. Bibi et l’obsession néoconservatrice de la guerre contre l’Iran

par Piccole Note

Présentée comme une mission de vigilance, Prosperity Guardian est en fait le nom de la énième guerre ouverte par les États-Unis, la «nation la plus belliqueuse de l’histoire du monde», selon l’expression de l’ancien président Jimmy Carter. Oui, parce que penser défendre les navires transitant en mer Rouge des attaques des Houthis était et reste tout simplement irréaliste.

D’abord parce qu’il s’agirait d’organiser des convois au large de la mer Rouge, afin d’éviter la tâche impossible de défendre chacun des cargos qui se faufilent par le détroit de Bab el-Mandeb. Une tâche ardue car, comme le note le site de Transport Europe, elle nécessite «une formation spécifique des commandants» des navires civils, formation qu’ils n’ont pas.

Ce convoi, poursuit le site, devrait alors être protégé sur «250 milles nautiques (soit 463 kilomètres), ce qui correspond à la longueur de la côte yéménite contrôlée par les Houthis. En estimant une vitesse moyenne de 15 nœuds (environ 28 km/h) pour maintenir même les navires les plus lents en convoi, cela signifie que le convoi pourrait être exposé aux attaques yéménites pendant au moins seize heures».

Enfin, il convient de rappeler que les navires de guerre disposent de stocks limités de missiles d’interception et s’exposent au risque de saturation de leurs défenses par de multiples attaques simultanées, d’où la possibilité pour les assaillants de percer leur écran défensif.

De plus, une fois les stocks épuisés, il faut les réapprovisionner, une opération qui comporte des éléments critiques évidents : acheminer un cargo sur le site, c’est prendre le risque qu’il soit attaqué ; le navire militaire en rupture de stock reste exposé aux attaques ; ramener le navire au port pour le réarmer, c’est rendre moins efficace le bouclier de défense collective de la flotte, etc..

Prosperity Guardian, bombardement du Yémen

En résumé, lorsque les États-Unis ont annoncé leur mission, ils n’avaient aucune idée de ce qu’il fallait faire ou ils savaient parfaitement que le seul moyen de la mettre en œuvre était de chasser les transporteurs houthis en bombardant le Yémen. Nous penchons pour la seconde hypothèse, plutôt un mélange des deux.

En effet, l’idée de bombarder le Yémen, outre les risques d’extension du conflit à l’Iran, dont les Houthis sont les alliés, signifie que la mer Rouge deviendra une zone de guerre qu’aucun navire marchand n’osera traverser.

Ainsi, une mission mise en place pour permettre aux cargos de naviguer librement dans cette partie de la mer la fermerait pendant des mois, voire des années. En effet, imaginer que les Houthis seraient facilement vaincus appartient au monde des rêves : ils résistent avec acharnement à la guerre que leur a déclenchée une coalition dirigée par l’Arabie saoudite avec le soutien indéfectible des États-Unis depuis sept ans (une guerre que Riyad veut terminer, à l’opposé de la folie belliqueuse de Washington).

De plus, le détroit serait fermé non seulement aux navires à destination du port israélien d’Eilat, cible des contre-opérations des Houthis, mais aussi aux navires à destination d’autres pays. Comme il s’agit d’un carrefour stratégique pour le commerce mondial, cela entraînera une hausse des prix de diverses marchandises, en premier lieu du pétrole (qui a déjà commencé à augmenter en raison des tensions actuelles, qui ont contraint les cargos à rallonger leurs itinéraires).

Inutile d’insister sur l’aspect moral de la mission de Prosperity Guardian. Les Houthis ont déclaré que leurs opérations visant à empêcher le transit des navires à destination des ports israéliens prendraient fin lorsque l’opération militaire de Tel-Aviv à Gaza prendrait fin elle aussi. La mission lancée par les États-Unis a donc pour conséquence directe de poursuivre le massacre dans la bande de Gaza, où l’on dénombre à ce jour plus de 22 000 morts, dont 70% de femmes et d’enfants.

Aux morts et à la dévastation de Gaza s’ajouteront donc les morts et la dévastation renouvelée du Yémen, déjà décimé par sept années d’une guerre qui a fait plus de 370 000 victimes, dont de nombreux enfants…

La guerre contre l’Iran

Reste bien sûr le risque d’une extension du conflit à l’Iran – une véritable obsession pour Netanyahou et les néoconservateurs – qui a envoyé hier un de ses destroyers dans le détroit de Bab el-Mandeb. Une telle évolution aurait des conséquences catastrophiques, pour Téhéran bien sûr, mais aussi pour ceux qui la déclencheraient.

Israël serait dévasté et la machine de guerre américaine serait également mise à l’épreuve, au risque de perdre le conflit. L’Iran n’a pas l’armée de papier de Saddam et les États-Unis se retrouveraient à combattre sur un front aussi large que diversifié, de l’Irak au Liban. De plus, un tel conflit fermerait également le détroit d’Ormuz, avec des conséquences encore plus catastrophiques pour le commerce mondial.

Bien sûr, il reste toujours l’hypothèse où, acculé, Washington utiliserait la bombe atomique, mais même cette option comporte des risques : l’image des États-Unis serait brisée et le nuage radioactif hanterait tout le Moyen-Orient pendant des années. De plus, Téhéran a déjà envoyé des signaux d’une possible riposte contre la centrale atomique israélienne de Dimona…

Le risque qu’un tel élargissement se produise est très élevé. Il suffirait d’un redémarrage de l’incident du Tonkin (qui a déclenché l’intervention américaine au Viêt Nam) pour qu’il se produise. L’Iran étant si proche, il est très facile d’attribuer à Téhéran une attaque contre la flotte alliée. Ils l’ont déjà fait, ils recommenceront.

Bref, cette mission comporte tellement d’inconnues tragiques que les pays qui l’ont rejointe sont bien moins nombreux que Washington ne l’espérait. Aucun pays arabe, à l’exception de l’obscur régime bahreïni. Et ceux qui l’ont rejointe l’ont fait avec tant de réticence (les Britanniques mis à part, car ils sont en train de succomber à leurs rêves de gloire fondés sur la renaissance de la mythique anglosphère).

En effet, les navires envoyés par la France et l’Italie rempliront leur mission en dehors du commandement central de la mission, tandis que le Canada, les Pays-Bas et la Norvège n’ont envoyé que des officiers et des militaires dans le centre en question.

Reste que si la bombe à retardement déclenchée par la mission explose, personne n’échappera aux conséquences. Si guerre il y a, elle aura un impact mondial. Prosperity Guardian, un nom vraiment surréaliste pour la troisième guerre mondiale.

Note complémentaire : Aujourd’hui, un attentat a été perpétré en Iran contre un rassemblement commémorant le quatrième anniversaire de l’assassinat du général Qassem Soleimani. À l’heure où nous écrivons ces lignes, plus d’une centaine de personnes sont mortes. On assiste également à un crescendo d’attaques contre des cibles civiles en Russie. Ils veulent une guerre globale. Il est urgent d’endiguer cette folie.

source : Piccole Note via Euro-Synergies

Les Etats-Unis sont-ils une supernova ?

Source : Le Saker francophone - Par Andrei Martyanov − Le Jeudi 21 décembre 2023 − Source : Reminiscence of the Future

What is Supernova? - InspirationSeek.com

La NASA donne la définition suivante d’une supernova :

Une supernova est la plus grande explosion que l’homme ait jamais vue. Chaque explosion est l’explosion extrêmement brillante et surpuissante d’une étoile.

La NASA donne ensuite des précisions qui sont essentielles pour la suite de la discussion sur ce blog.

 

Un type de supernova est causé par le “dernier cri” d’une étoile massive mourante. Cela se produit lorsqu’une étoile d’une masse au moins cinq fois supérieure à celle de notre soleil s’éteint dans un fracas fantastique ! Les étoiles massives brûlent d’énormes quantités de combustible nucléaire en leur cœur. Cette combustion produit des tonnes d’énergie, de sorte que le centre devient très chaud. La chaleur génère de la pression, et la pression créée par la combustion nucléaire d’une étoile l’empêche de s’effondrer. Une étoile est en équilibre entre deux forces opposées. La gravité de l’étoile tente de la comprimer dans la boule la plus petite et la plus serrée possible. Mais le combustible nucléaire qui brûle dans le cœur de l’étoile crée une forte pression vers l’extérieur. Cette poussée vers l’extérieur résiste à la pression de la gravité vers l’intérieur. Lorsqu’une étoile massive n’a plus de combustible, elle se refroidit. La pression diminue alors. La gravité l’emporte et l’étoile s’effondre soudainement. Imaginez qu’un objet d’une masse un million de fois supérieure à celle de la Terre s’effondre en 15 secondes ! L’effondrement est si rapide qu’il crée d’énormes ondes de choc qui provoquent l’explosion de la partie externe de l’étoile ! En général, il reste un noyau très dense et un nuage de gaz chaud en expansion, appelé nébuleuse. La supernova d’une étoile de plus de 10 fois la taille de notre soleil peut laisser derrière elle les objets les plus denses de l’univers : les trous noirs.

Un fait important des supernovas est leur âge : il s’agit généralement d’étoiles massives qui ne vivent pas longtemps, contrairement aux étoiles comme notre soleil. Leur durée de vie se compte en dizaines de millions d’années, ce qui, dans le temps de l’univers, ne représente qu’une minute. Cette astrophysique peut-elle être une analogie avec les États-Unis ?

Je pense qu’il s’agit d’une analogie parfaite et je dois citer ici le regretté George F. Kennan qui a écrit dans son remarquable ouvrage At The Century’s Ending en 1996 :

Tout ce qui a été appelé communisme en Russie n’était pas mauvais ; tous ceux qui y ont cru ne l’étaient pas non plus…

Aujourd’hui, la reformulation n’est pas seulement justifiée, elle est irrésistible : Tout ce qui s’est fait sous le nom de démocratie aux États-Unis n’était pas mauvais, pas plus que tous ceux qui y ont cru… Moi, j’y ai cru. Et voici un moment “supernova”. Malgré la violence du processus que subit la jeune étoile avant de se transformer en supernova et pendant cette énorme explosion qui anéantit tout ce qui se trouve dans un rayon de plusieurs années-lumière, ce sont les supernova qui sont littéralement responsables, pour une fois, de la vie sur Terre. Ces explosions produisent une quantité folle d’éléments lourds critiques qui permettent la formation d’éléments tels que le fer. Nos molécules, celles qui nous constituent, sont littéralement une poussière d’étoile après la supernova.

Il faut ici revenir à la reformulation de Kennan : Tout ce que les États-Unis produisent n’est pas mauvais, pas plus que les personnes qui le produisent. Il faut toujours avoir une vue d’ensemble. Les exemples abondent, même si l’on essaie d’affirmer le contraire : Ce sont les États-Unis qui, bien qu’irritants et odieux, ont été le pays (et non la Grande-Bretagne et sa Magna Carta) qui a ancré l’idée du processus démocratique et du constitutionnalisme à l’époque où la France exécutait son aristocratie et ses simples d’esprit en nombre industriel et où les guillotines fonctionnaient sans relâche. C’est à cette époque que le légendaire capitaine (contre-amiral de la marine russe) John Paul Jones a offert à la Grande Catherine un exemplaire de la Constitution américaine. Quelle audace à l’époque de l’absolutisme !

Évidemment, aujourd’hui, alors que la soi-disant “démocratie” américaine fait l’objet de plaisanteries dans le monde entier et qu’elle est moquée partout avant d’entrer en supernova, nous ne pouvons pas nier l’influence américaine sur la civilisation occidentale et aujourd’hui, tout le monde comprend que les gens DOIVENT avoir le choix et que leur voix DOIT être entendue. C’est cet “élément lourd” qui a été diffusé dans le monde entier, tout comme la Déclaration des droits, qui est une réalisation remarquable, malgré le dysfonctionnement politique et idéologique des États-Unis. En fin de compte, l’expansion économique américaine et l’élan technologique qu’elle a fourni au monde entier depuis un siècle et demi ne peuvent tout simplement pas être niés. C’est le génie technologique et industriel américain qui me permet de faire ce que je fais maintenant – assis devant mon écran et tapant ce texte pour votre considération. C’est aussi cet élément lourd et crucial qui ne peut être nié. Lorsque l’Amérique était derrière la charrue, au lieu de la mitrailleuse, elle brillait, parfois de manière aveuglante.

Même la culture américaine, du début à la fin des années 90 à Hollywood, en passant par le jazz, la musique rock, la littérature vibrante et même certains éléments de la culture pop, était bonne.

Rappelez-vous : tout n’était pas mauvais, pas plus que les gens qui y croyaient. Mais l’Amérique est-elle vraiment proche d’une supernova ? Répétons-le :

Lorsqu’une étoile massive n’a plus de combustible, elle se refroidit. La pression diminue alors. La gravité l’emporte et l’étoile s’effondre soudainement. Imaginez qu’un objet d’une masse un million de fois supérieure à celle de la Terre s’effondre en 15 secondes ! L’effondrement est si rapide qu’il crée d’énormes ondes de choc qui provoquent l’explosion de la partie externe de l’étoile !

Mais toutes les supernovas ne se terminent pas par un trou noir. Il reste souvent une étoile à neutrons ou même une naine blanche lorsque l’étoile n’a pas assez de masse pour se transformer en supernova et qu’elle se dilate puis se contracte, comme cela devrait arriver à notre Soleil dans environ 4 à 5 milliards d’années. Alors, les États-Unis sont-ils une supernova, qui menace toute vie alentour, ou sont-ils simplement dans leur phase de contraction, après laquelle commence un long processus de désintégration de la naine blanche chaude en une naine noire froide et rougeâtre ? À vous de décider. Quoi qu’il en soit, on ne peut nier le fait qu’une grande étoile a brillé très fort pendant une période assez courte dans l’histoire de l’humanité, sans parler de l’échelle de temps de l’univers, et il faudra peut-être beaucoup de temps pour passer au crible des tas de faits afin de remettre les choses dans leur juste perspective.

Andrei Martyanov

Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

L’Ukraine rejoint les projets arctiques de l’OTAN dirigés contre la Russie

Source : Le Saker francophone - Le 20/12/2023.

Par M.K. Bhadrakumar – Le 19 décembre 2023 – Source Indian punchline

Dans un appel lancé plus tôt ce mois-ci aux Républicains pour qu’ils ne bloquent pas une nouvelle aide militaire à l’Ukraine, le président américain Joe Biden a averti que si la Russie était victorieuse, alors le président Vladimir Poutine ne s’arrêterait pas et attaquerait un pays de l’OTAN. La remarque de Biden a suscité une vive réprimande de la part de Poutine lorsqu’il a déclaré : « C’est absolument absurde. Je crois que le président Biden en est conscient, ce n’est qu’une façon de parler pour soutenir sa stratégie erronée contre la Russie

Poutine a ajouté que la Russie n’a aucun intérêt à se battre avec les pays de l’OTAN, car ils « n’ont aucune revendication territoriale les uns contre les autres » et la Russie ne veut pas « envenimer ses relations avec eux ». Moscou sent qu’un nouveau récit américain a du mal à naître des débris de l’ancien récit sur la guerre en Ukraine.

 

Pour rafraîchir la mémoire, le 24 février, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche le premier jour de l’intervention militaire russe en Ukraine, Biden a déclaré que les sanctions occidentales n’étaient pas conçues pour empêcher l’invasion mais pour punir la Russie après l’invasion « afin que le peuple russe sache dans quoi il (Poutine) les a embarqués ». C’est de cela qu’il s’agit.

Un mois plus tard, le 26 mars, Biden laissait échapper à Varsovie : « Pour l’amour de Dieu, cet homme (Poutine) ne peut pas rester au pouvoir. » Ces remarques et d’autres similaires qui ont suivi, notamment de la part de la Grande-Bretagne, reflétaient une stratégie américaine de changement de régime à Moscou, avec l’Ukraine comme pivot.

Cette stratégie remonte aux années 1990 et était en fait au cœur de l’expansion de l’OTAN le long des frontières russes, des pays baltes à la Bulgarie. Le conflit syrien et les activités secrètes des ONG américaines visant à fomenter des troubles en Russie étaient des ramifications de cette stratégie. Au moins depuis 2015, après le coup d’État de Kiev, la CIA supervisait un programme secret de formation intensive destiné aux forces d’opérations spéciales ukrainiennes d’élite et à d’autres personnels du renseignement. En bref, les États-Unis ont tendu un piège à la Russie pour l’enliser dans une longue insurrection, l’hypothèse étant que plus les Ukrainiens pourront soutenir l’insurrection et maintenir l’armée russe dans l’enlisement, plus la fin du régime Poutine sera probable.

Le nœud du problème aujourd’hui est que la Russie a vaincu la stratégie américaine et a non seulement pris l’initiative de la guerre, mais a également outrepassé le régime de sanctions. Le dilemme dans la Beltway se résume à la manière de maintenir la Russie en tant qu’ennemi extérieur afin que les États membres occidentaux, souvent en conflits, continuent de se rassembler sous la direction américaine.

Ce qui me vient à l’esprit est une remarque sardonique de l’académicien soviétique Gueorgui Arbatov, conseiller de Mikhaïl Gorbatchev auprès d’un groupe d’élite de hauts responsables américains, alors même que le rideau tombait sur la guerre froide en 1987 :

« Nous allons commettre un désastre terrible pour vous : Nous allons vous priver d’ennemi ».

À moins que l’humour noir dans cette vérité cardinale ne soit correctement compris, la stratégie américaine depuis les années 1990, visant à repousser les efforts de Gorbatchev, Boris Eltsine et Poutine pour établir des relations non conflictuelles avec l’Occident, ne peut être comprise.

En d’autres termes, si la stratégie russe d’après-guerre froide des États-Unis n’a pas fonctionné, c’est à cause d’une contradiction fondamentale : D’un côté, Washington a besoin de la Russie comme ennemi pour assurer l’unité interne au sein de l’alliance occidentale, tandis que de l’autre, elle a également besoin de la Russie en tant que partenaire junior coopératif et soumis pour sa lutte contre la Chine.

Les États-Unis espèrent se retirer d’Ukraine et éviter la défaite en laissant derrière eux un « conflit gelé » vers lequel ils seront libres de revenir plus tard au moment de leur choix, mais en attendant, ils considèrent de plus en plus l’Arctique comme le nouveau théâtre d’un piège.

L’adhésion de la Finlande à l’OTAN (et de la Suède à venir) signifie que le travail inachevé de l’adhésion de l’Ukraine, que la Russie a contrecarré, peut être réalisé par d’autres moyens.

Après avoir rencontré Biden à la Maison Blanche mardi dernier, le président ukrainien Vladimir Zelensky s’est rendu à Oslo le 13 octobre pour une visite fatidique visant à forger le partenariat de son pays dans les projets de l’OTAN visant à contrer la Russie dans l’Arctique. A Oslo, Zelensky a participé à un sommet des cinq pays nordiques pour discuter des « questions de coopération dans le domaine de la défense et de la sécurité ». Le sommet s’est déroulé dans le contexte de la conclusion d’accords entre les États-Unis, la Finlande et la Suède sur l’utilisation de leurs infrastructures militaires par le Pentagone.

Le tableau d’ensemble est que les États-Unis encouragent les pays nordiques à amener l’Ukraine à participer au renforcement des frontières arctiques de l’OTAN. On peut se demander quelle est « le bonus » qu’une armée décrépite comme celle de l’Ukraine peut apporter à l’OTAN. C’est là que se déroule l’histoire. En termes simples, même si l’Ukraine n’a pas d’accès direct à l’Arctique, elle peut potentiellement apporter une capacité impressionnante pour entreprendre des activités subversives sur le territoire russe dans le cadre d’une guerre hybride contre la Russie.

Par une étrange coïncidence, le Pentagone a récemment préparé le système satellite Starlink pour une utilisation dans l’Arctique, le même qui a été utilisé par l’armée ukrainienne pour organiser des attaques contre le pont de Crimée, la flotte russe de la mer Noire et des ressources stratégiques sur le territoire russe. L’accord des États-Unis avec la Finlande et la Suède donnerait au Pentagone l’accès à une série de bases navales et aériennes et d’aérodromes ainsi qu’à des terrains d’entraînement et d’essais le long de la frontière russe.

Plusieurs centaines de milliers de citoyens ukrainiens sont actuellement domiciliés dans les pays nordiques ouverts au recrutement pour « une armée entière de saboteurs comme celle que l’Allemagne a rassemblée pendant la guerre entre la Finlande et l’URSS en 1939-1940 sur les îles du lac Ladoga », comme l’a récemment déclaré un expert militaire russe à Nezavissimaïa Gazeta.

Le chef de la marine russe, l’amiral Nikolaï Evmenov, a également souligné récemment que « le renforcement de la présence militaire des forces armées unies de l’OTAN dans l’Arctique est déjà un fait établi, ce qui indique la transition du bloc vers des actions pratiques visant à former des instruments de force militaire pour dissuader la Russie dans la région. » En fait, la flotte russe du Nord forme une brigade maritime chargée de lutter contre les saboteurs afin d’assurer la sécurité de la nouvelle route maritime du Nord et des infrastructures militaires et industrielles côtières de l’Arctique.

Il est évident que, quelle que soit la défaite de l’Ukraine dans la guerre par procuration entre les États-Unis et la Russie, l’utilisation de Zelensky pour la géostratégie américaine demeure. Depuis Oslo, Zelensky a effectué le 14 décembre une visite inopinée dans une base militaire américaine en Allemagne. Les analystes qui considèrent Zelensky comme une force épuisée feraient mieux de réviser leur opinion – à moins que la lutte pour le pouvoir à Kiev ne s’exacerbe et que Zelensky ne soit renversé par un coup d’État ou une révolution de couleur, ce qui semble improbable tant que Biden est à la Maison Blanche et que Hunter Biden est en procès.

L’essentiel est que le nouveau discours de Biden diabolisant la Russie pour avoir planifié une attaque contre l’OTAN peut être vu sous plusieurs angles.

Au niveau le plus évident, il vise à bousculer le Congrès sur le projet de loi en attente d’une aide militaire de 61 milliards de dollars à l’Ukraine. Bien sûr, cela détourne également l’attention de leur défaite dans cette guerre.

Mais plus important encore, le nouveau discours vise à rallier les alliés transatlantiques des États-Unis, de plus en plus déçus par l’issue de la guerre et inquiets à l’idée que l’implication américaine en Europe puisse diminuer à mesure qu’elle se tourne vers l’Indo-Pacifique.

Lorsque Poutine réagit durement en affirmant que le nouveau discours de Biden est « absurde », il a tout à fait raison dans la mesure où la Russie se concentre sur des choses bien plus importantes que de mener une guerre continentale insensée en Europe. Après tout, c’est l’un des pères fondateurs des États-Unis, James Monroe, qui a dit qu’un roi sans pouvoir était une absurdité.

M.K. Bhadrakumar

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

 

Vous saurez tout sur les révolutions de couleur et l’infiltration par la CIA

Source : Le Courrier des Stratèges - par Eric Verhaeghe - Le 15/12/2023.

Vous saurez tout sur les révolutions de couleur et l’infiltration par la CIA

A l’approche des élections européennes, se pose à nouveau la question de l’infiltration, par le Deep State américain, des forces politiques intérieurs aux pays occidentaux. Grâce à un officier canadien, nous disposons d’une bonne connaissance du mode opératoire utilisé par la CIA et sa nébuleuse pour s’ingérer dans les affaires de n’importe quel pays, et pour en manipuler l’opinion publique. Nous vous révélons aujourd’hui ces secrets de fabrication.

De ces informations révélées par l’armée canadienne, on retiendra tout particulièrement le détail du mode opératoire utilisé pour déstabiliser un régime ou, au contraire, pour le stabiliser. La méthode passe très largement par le contrôle des oppositions au système, et par la capacité à manipuler l’opinion dans un sens comme dans un autre.

Ce document que nous évoquons contribue à documenter un sujet déjà abordé par Jean-Luc Schaffhauser lors de son audition à l’Assemblée Nationale.

On retiendra plusieurs points :

  • l’ingérence américaine dans les affaires intérieures des autres pays est parfaitement théorisée et industrialisée;
  • elle s’appuie sur un appel à la démocratie et un éloge de la mondialisation ou de l’occidentalisation;
  • elle passe par la manipulation des masses;
  • elle repose largement sur le contrôle des oppositions;

Dans la préparation des élections européennes, il faudra être vigilant à l’utilisation de ces techniques pour éviter l’émergence de mouvements contraires à la mondialisation et au multilatéralisme sous domination américaine.

 

Les jeunes Américains ne veulent pas joindre l’armée US pour mourir

Source : RzO international - Le 13/12/2023.

par Philippe Rosenthal 

Alors que les États-Unis sont engagés dans un conflit en l’Ukraine et en Israël financièrement et militairement et sur d’autres zones du monde, les jeunes Américains déclarent ne pas vouloir porter l’uniforme pour mourir au-delà des frontières US. L’armée des États-Unis a de grosses difficultés à recruter de nouveaux candidats. En fait, elle n’a plus les capacités de mener des guerres. Les citoyens américains ne veulent plus faire le gendarme du monde et mourir pour cette raison. 

L’ancien assistant spécial du président Ronald Reagan, Doug Bandow, a présenté une radiographie de l’armée US. «Les principaux républicains et démocrates soutiennent une guerre par procuration en Europe, soutiennent un conflit meurtrier au Moyen-Orient et menacent d’une guerre catastrophique en Asie», constate Doug Bandow. «Les fervents critiques de l’isolationnisme, comme le secrétaire à la Défense Lloyd Austin, semblent déterminés à défendre tout le monde sauf les Américains», déplore-t-il, soulignant l’absurdité et la limite des États-Unis : «Il y a toujours plus d’argent pour acheter des armes, même si les États-Unis courent vers l’insolvabilité». Et, là, Doug Bandow, traduit l’avis des citoyens US. «La dette fédérale envers le public représente environ 100 pour cent du PIB, soit un record proche du record établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sans changement radical, le taux d’endettement sera deux fois plus élevé d’ici le milieu du siècle. Pourtant, le budget militaire gonflé continue de grimper en flèche», stipule-t-il.  

La conclusion est que l’armée US ne trouve pas de soldats et ne peut pas mener des guerres. «