Chloroquine : Bilan après 6 mois.

...par le Dr. Gérard Maudrux - Le 03/08/2020.

Source : L'ŒIL D'UN ANTI-CONFORMISTE

 

Six mois que la chloroquine essaye de convaincre, et un débat parfois violent, plus de 100 publications, pour quel résultat ? Il est peut-être temps d’en faire une synthèse.

Il faut d’abord distinguer deux types d’études et de publications. En effet, il y a deux phases dans la maladie, deux maladies totalement différentes. La première, c’est l’infestation, la multiplication, la diffusion du virus, et la mise en place des défenses naturelles face à ce virus. Quand tout va bien, sur un porteur jeune et sain, le problème se règle tout seul dans 98% (dit-on, cela peut être discuté) des cas, comme pour la grippe saisonnière. A côté il y a une deuxième maladie, mortelle dans 30 à 50% des cas, les causes de la mort n’étant pas virales, même si sa responsabilité est engagée au départ, mais inflammatoire, vasculaire, respiratoire et cardiaque, et est grave surtout chez les personnes âgées et avec comorbidités.

Dans la première maladie, un antiviral est essentiel, afin de freiner l’évolution le temps que le corps règle le problème : freiner la diffusion dans les cellules, la multiplication, pour éviter les complications et l’hospitalisation. Dans la seconde le problème est autre, nécessitant hospitalisation et associations de traitements.

Dans les études, il faut donc distinguer 2 sortes d’études pour juger de l’efficacité des traitements : celle faites dans la première phase, et celles faites dans la seconde, chez les patients hospitalisés. A deux maladies différentes, normalement deux traitements différents.

HCQ ET HOSPITALISATION 

Les études les plus nombreuses sont faites chez les hospitalisés, et elles concordent toutes. Les résultats semblent sans appel, ils sont acceptés par les défenseurs ou opposants à tel ou tel traitement : cela ne change rien. Il fallait quand même essayer, au début, car cela aurait pu être un complément, mais il aurait fallu ensuite arrêter.

Ce n’était pas la peine non plus de trop en faire avec des études manipulées, dont on peut se demander au vu de certaines, si le but était médical ou autre. Résultat, en cherchant non pas à montrer une efficacité ou inefficacité, mais en cherchant à fabriquer une inefficacité, certains ont jeté l’opprobre sur l’ensemble des études cliniques et publications, apparaissant sous un jour peu reluisant et inquiétant pour les autres thérapeutiques : fiables ou aussi manipulées ? La remise en question du système est considérable.

Je ne les reprendrai pas toutes, car personne n’en conteste les conclusions, pour ne citer que les 3 plus célèbres, pour montrer la méthode, qui jette l’opprobre sur toutes les autres publications. La première, vantée par notre ministre auprès des élus de la nation, qui donnait de préférence HCQ aux cas les plus graves, pour être sûr que les résultats du groupe traité soient mauvais. La seconde, the Lancet gate, qui a vu OMS et autorités françaises se précipiter pour tout arrêter, sans avoir lu cette étude bidon. La troisième, Recovery, vantée par les plus hautes autorités mondiales, donnant HCQ à 3 à 4 fois la dose maxi, pour achever les patients, ne leur laissant à l’entrée dans le protocole que deux options : soit rien, soit des doses pouvant être létales, randomisation oblige ! Ce ne sont pas des charlatans qui ont validé cela, mais les plus hautes autorités médicales et scientifiques. Cela fait peur.

Voilà pour le niveau de ces études, il n’était point besoin d’en rajouter en trichant, par contre il eut été plus intelligent et plus utile pour les patients, de comparer dans ces groupes, un traitement avec ou sans antibiotiques (AZI notamment), quitte à transgresser l’adage de notre SS : les antibiotiques, c’est pas bon contre les virus.

HCQ AVANT HOSPITALISATION

Les études ici sont moins nombreuses, plus fournies en patients, mais ignorées par les autorités et le monde hospitalier. Elles se rejoignent également presque toutes en ce qui concerne les conclusions. Je les ai déjà presque toutes citées. Il y a celle de l’IHU de Marseille, près de 4 000 cas, avec diminution plus que significative de la mortalité. Fin juin, début juillet, ce sont des études Portugaise et Chinoise, la première portant sur 26 815 patients traités par HCQ pour lupus, PR et autres affections auto-immunes, la seconde sur 6 223 PR, les deux montrant que ces patients voient leur risque de contacter la Covid divisé par deux.

Le 29 juin, c’est La Fondation Henri Ford Health System à Detroit qui possède de nombreux hôpitaux, et qui a traité dans 6 de ses hôpitaux 2 541 patient avec HCQ+AZI, le taux de décès ayant diminué de 71%, aucun effet secondaire. Le 30 juin c’est une autre étude, dans 8 hôpitaux de New York (Mont Sinai Healt System), 6 493 patients dont 3 708 hospitalisés, avec encore division par 2 du nombre de décès, toujours sans effets secondaires. N’oublions pas non plus cette étude brésilienne démontrant avec 636 patients l’efficacité du traitement en fonction de la date de prescription. Cela complète les 88 patients français (« Laissez les prescrire », avec les 700 non publiés) et les 350 de Zelenko (discutables). Plus de 12 000 patients, je passe sur les témoignages individuels de médecins traitants qui eux aussi concordent tous.  Avez-vous entendu un seul médecin dire qu’il a mis 10-20-30 patients sous HCQ ou AZI et que 30% ont dû être hospitalisés ? Passons aussi sur ces pays qui traitent largement depuis le début, sans polémique, sans se poser de questions, comme le Sénégal, 8 morts par million d’habitants, ou plus près de chez nous la Grèce, 18 morts/million, contre 447 pour la France.

ENTRE DEUX

Entre ces deux types de publications, il y a des publications ou des études, qui sont de vraies manipulations, dans quel but ? Ainsi l’étude Boulware de l’Université du Minesota, étude publiée dans The new England Journal of Medecine, qui démontre l’inefficacité d’HCQ en ambulatoire. Le problème est que quand des journalistes (France Soir) ou d’autres équipes (Watanabe) reprennent les chiffres, ils arrivent à une conclusion inverse de celle des auteurs : plus HCQ est administrée tôt, plus c’est efficace. Désolé pour les fans de la randomisation, cela n’exclut en rien les manipulations postérieures.

Je cite Watanabe, professeur éminent statisticien, non médecin, qui a relu en ne regardant que les chiffres : « Nous concluons que leur essai randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo présente des preuves statistiques, à un niveau de confiance de 99%, que le traitement des patients Covid-19 par l’hydroxychloroquine est efficace pour réduire l’apparence des symptômes s’il est utilisé avant ou juste après l’exposition au virus. Pendant 0 à 2 jours après l’exposition au virus, la réduction relative estimée des issues symptomatiques est de 72% après 0 jour, 48,9% après 1 jour et 29,3% après 2 jours… Nos résultats montrent que le temps écoulé entre l’infection et le début du traitement est crucial pour l’efficacité de l’hydroxychloroquine en tant que traitement du Covid-19. »

Enfin un article grand public fin juillet de Prescrire. Ils font comme moi le même bilan des études HCQ, pour arriver à des conclusions contraires : « Covid-19 et Plaquénil : pas d’efficacité démontrée, y compris dans les formes sans gravité ». Pour le démontrer chez les non hospitalisés, ils ne citent que deux études, occultant les plus de 12 000 patients traités par l’IHU de Marseille, les Chinois, les hôpitaux de Detroit et New York, ne retenant que moins de 400 patients traités dans 2 études randomisées. Ces deux études (première aux US et Canada, seconde en Espagne) concluent à une inefficacité du traitement. Quand on regarde de près, ce sont encore une fois des études aux résultats faussés pour satisfaire l’opinion des auteurs. Tout d’abord, ils ne concluent pas à une absence de résultat, mais à une absence de résultat « significatif », car il y a un résultat. Pour la première, au 14e jour, 24% des patients traités avaient encore des troubles, contre 30% dans le groupe témoin. 4 hospitalisations et 1 décès dans le groupe HCQ, 10 hospitalisations et 1 décès dans le groupe placebo. Dans la seconde étude, 5,9% d’hospitalisations dans le groupe HCQ, 7,1% dans le groupe placebo, et pour le temps de résolution complète des symptômes, 10 jours pour HCQ, 12 jours pour Placebo.

Donc résultats positifs indéniables. Non significatifs pour les auteurs ? La raison est très simple : faites une étude avec des patients au à la limite n’ont pas besoin de traitement, et vous ne trouverez pas ou peu d’effet dans le groupe traité ! ils ont étudié des groupes de jeunes actifs (près de 60% de personnel soignant dans la première étude) : 40 ans d’âge moyen pour la première étude, 41 ans pour la seconde, alors que les séries de Detroit et de New York avaient des âges moyens de 59 et plus de 60 ans (53 à 73) ! Chez des jeunes, où vous trouverez peu de complications dans le groupe placebo, vous en trouverez guère moins dans le groupe HCQ. Enfin HCQ seule, sans AZI. Les études randomisées, ne valent pas mieux que les autres en ce qui concerne leur interprétation, cela n’apporte aucune garantie de fiabilité, n’en déplaise à ceux qui ne jure que par Saint Random.

Pour terminer un petit tableau significatif et parlant : synthèse des résultats de la prescription de HCQ, après analyse de 39 études, donnant l’efficacité de HCQ en fonction de la date de prescription après les premiers symptômes. Source qui recense également 112 article sur HCQ, positifs et négatifs.

Efficacité HCQ fonction du délai de prescription

Et dernier article intéressant sur l’efficacité dans 53 pays. (Brut, je n’ai rien vérifié)

 

 

Dr Gérard Maudrux

Chirurgien urologue

Dans une première vie chirurgien urologue libéral à Grenoble.