May et Poutine, ...

...par Eric Zemmour - le 21/10/2016.

 

Journaliste politique, écrivain

Institut d'études politiques (Paris)

Membre du jury au concours d'entrée à l'ENA (2006)

Valeurs actuelles – Chroniques (depuis 1999) 

Marianne – Chroniques  (depuis 1996)

Le Figaro – service chroniqueurs (depuis 1996)

Info-Matin – éditorialiste (1995)

Quotidien de Paris - service politique (1986-1994)

Ouvrages

Balladur, immobile à grands pas (1995) - Le Livre noir de la droite (1998) - Le Coup d'Etat des juges (1998) - Le Dandy rouge (1999) - Les Rats de garde (co-écrit avec P. Poivre d'Arvor) (2000) - L'Homme qui ne s'aimait pas (2002) - L'Autre (2004) - Le Premier sexe (2006) - Petit Frère (2008) - Mélancolie française (2010) - Le Bûcher des vaniteux (2012) - Le Suicide français (2014) -

Sur la scène audio-visuelle:

Sur RTL – Z comme Zemmour (depuis 2010)

Sur la chaîne câblée Histoire – Le grand débat

Sur RFO (Tempo) – L'Hebdo

Sur France 2 – On n'est pas couché (2006)

Sur i>Télé – çà se dispute (depuis 2003)



May et Poutine, ces dirigeants qui écoutent leur peuple et défendent leur pays

 

Ils hantent tous deux les nuits d’Angela Merkel et de François Hollande. Ils n’ont pourtant pas grand-chose en commun. Ils s’affrontent même durement autour de l’Ukraine ou de la Syrie. Vladimir Poutine ne connaît pas encore Theresa May ; et celle-ci considère qu’elle en connaît déjà assez sur celui-là.

 

Mais si tous deux sont devenus les têtes de Turcs favoris des grands médias internationaux et des principaux dirigeants de l’Union européenne, ce n’est pas un hasard.

Avec Poutine, c’est désormais une vieille histoire. Géorgie, Ukraine, Syrie, on sait ce que reprochent les Occidentaux au Président russe. On connaît aussi les arguments de Poutine. C’est au fond à chaque fois la même chose : il défend les intérêts de son pays à ne pas voir les forces de l’Otan aux portes de la Russie d’une part, à conserver des alliés fidèles et à lutter, à l’intérieur comme à l’extérieur, contre l’offensive djihadiste venue du monde musulman.

 

Avec Theresa May, c’est plus récent. Le nouveau Premier ministre britannique a décidé de se soumettre à la volonté de son peuple, manifestée lors du référendum sur le Brexit.

C’est peut-être ce que ne lui pardonnent pas les élites médiatiques, politiques et financières européennes. Mais, désormais, elle va plus loin. Elle fait du Margaret Thatcher à l’envers. C’est-à-dire avec la même détermination, mais pour conduire une politique exactement opposée. Thatcher, c’était le libéralisme, le libre-échange, la baisse des impôts, l’ouverture des frontières, les inégalités sociales, l’individu roi. Theresa May, ce sera le dirigisme de l’Etat dans l’économie, le protectionnisme, la préférence nationale, l’arrêt de l’immigration, la réduction des inégalités, la dénonciation "des élites cosmopolites et des citoyens du monde, qui ne sont de nulle part".

Ce sera aussi la préférence donnée à l’industrie sur la finance.

Et, last but not least, le rejet de la tutelle des grands juges européens, Cour de justice de l’Union européenne et Cour européenne des droits de l’homme.

 

Theresa May et Vladimir Poutine n’ont rien de commun, sauf d’assumer pleinement la souveraineté de leur nation. Et cela change tout.

 

Aux deux extrémités du continent européen, ils sont les deux mauvais élèves d’une petite classe européenne qui ne jure que par le droit et le marché. Une petite classe européenne convaincue que l’origine des deux guerres mondiales du XXe siècle provient du déchaînement des nationalismes ; et que la disparition des nations assurera la paix.

C’est cette illusion post-nationale que ne partagent pas les Anglais et les Russes. Peut-être parce qu’ils furent les seuls à ne pas avoir été vaincus par l’Allemagne nazie ; les seuls à ne pas avoir été "libérés" de l’occupation allemande par les armées américaines.

 


Partager : 

Écrire commentaire

Commentaires : 0