Revue de presse

En dressant le portrait du roi hunnique qui a terrorisé Rome et la Gaule, l'historien offre une reconstitution passionnante de l'histoire du Ve siècle...

Aujourd'hui encore, la légende sombre du personnage entretenue par les clercs d'Occident reste vivace. Le «fléau de Dieu» demeure dans les esprits ce messie de ruines, de massacres et de douleur dépêché ici-bas pour punir une Rome décadente. Du cavalier noir de la providence, tout juste consent-on à retenir après Hugo que «le prodige et le monstre ont les mêmes racines». Et si la mémoire collective, jusque dans ses plus ardentes fantaisies, ne s'égare jamais tout à fait sans raison, la lecture de cet ouvrage riche et vivant rappelle non sans plaisir qu'aucune légende n'est à l'abri de l'histoire, si haute soit-elle. (Bastien Miquel - Le Figaro du 19 juin 2009)

Ce livre, plus qu'une biographie académique, est d'abord une formidable épopée : on y voyage dans les steppes immenses, on y comprend les stratégies militaires et politiques et, surtout, le peuple com­posite des Huns, redoutables guerriers nomades. On perçoit aussi l'extraordinaire puissance d'Attila, ce «fouet de Dieu», cette «tornade tombée des montagnes» qui franchit les frontières, ravagea les villes et provoqua une onde de choc sans précédent parmi le monde romain et barbare. (Gilles Heuré - Télérama du 24 juin 2009)

Présentation de l'éditeur

Aux IVe et Ve siècles, l'empire d'Orient et d'Occident a connu d'innombrables incursions, agressions, invasions de «Barbares» qui ont profondément bouleversé la «civilisation romaine» du point de vue culturel, politique, militaire et même religieux. Mais tout cela fut peu de chose comparé à la terreur, aux dégâts matériels et moraux infligés par les Huns. Issus des confins de la Chine, ils s'agrégèrent en Europe orientale - Ukraine, Carpates, régions danubiennes... - à des tribus d'autres origines ethniques qu'eux, des Germaniques, pour constituer une force de frappe terrifiante : ne leur enseignèrent-ils pas à se servir du cheval de guerre et de l'arc à double courbure, véritables armes absolues ?

Attila, leur roi, ne correspondait guère à la calomnie qui a fait de lui une brute doublée d'un analphabète sanguinaire (de l'herbe qui ne repoussait pas après le passage de ses cavaliers à la viande cuite sous la selle tandis qu'il chevauchait) ni à la diabolisation qui a toujours cours aujourd'hui. Ennemi des plus coriaces, il menaça Rome comme Constantinople (les deux pôles de la puissance romaine), Paris, Orléans, Milan, faisant naître contre lui des coalitions inattendues sinon contre nature (celle par exemple du général romain Aetius avec le roi des Wisigoths, «barbare» entre les barbares). En presque deux décennies (v. 434-453), cet homme qui a vécu moins de soixante ans a marqué l'Histoire pour toujours.

Il était bien temps qu'avec l'oeil exercé de l'historien Michel Rouche relise et, au besoin, réinterprète des textes longtemps mal lus et surtout dépourvus des lumières fournies par l'archéologie. L'auteur de Clovis - un grand best-seller d'histoire de ces dernières années - a repris le sujet dans sa totalité. Sous sa plume, l'un des grands conquérants de l'humanité retrouve une vigueur que le mythe avait effacée.

Professeur entérite à l'université de Paris-Sorbonne, Michel Rouche est spécialiste de l'Antiquité tardive et du haut Moyen Age. De sa thèse sur l'Aquitaine wisigothique à son Clovis (Fayard, 1996), il a consacré à peu près toute son oeuvre à cette époque.




Commentaire personnel :

Livre très intéressant sur cette époque lointaine chargée de légendes.

Hors l'Histoire, j'ai été frappé par la similitude des modes opératoires stratégiques et tactiques mis en oeuvre par Attila et ceux très "actuels" de Daesh : Grande mobilité, capacité à se disperser puis  regrouper des forces significatives pour attaquer, retrait brutal, mise en oeuvre d'une "administration" de remplacement...Mais surtout, une stratégie basée sur la terreur inspirée par la sauvagerie des premières attaques provoquant l'effroi et l'effondrement  d'armées théoriquement  plus puissantes.

Dans le domaine de la terreur, le pal à été remplacé par la décapitation, mais le mode opératoire reste similaire.

La violence humaine n'est pas nouvelle.


JMR


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