TERRITOIRES PERDUS DE LA RÉPUBLIQUE

La France devient-elle tranquillement un narco-Etat ?

par Peter W. Logghe

Un réseau de trafiquants de drogue d’Aubergenville, un faubourg tranquille des Yvelines, a été récemment démantelé. Les trafiquants, dont la moyenne d’âge est de 20 ans, ont comparu devant le tribunal le 14 juin. L’occasion pour l’Office central de lutte contre le trafic de drogue (OFDT) de tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme, alors que la cocaïne, notamment, fait des ravages dans cette région. L’OFDT parle de «tsunami blanc». En 2022, on a recensé 2,1 millions de nouveaux consommateurs et 600 000 usagers réguliers, selon cet OFDT.

Pour le seul mois d’avril 2024, on a dénombré 511 interpellations par les forces de sécurité, près de 2 tonnes de cocaïne et de cannabis saisies, 109 armes à feu, et environ 1 million d’euros d’argent liquide provenant de la drogue. Les principales importations se font par le Maroc et l’Espagne. En 2022, les forces de police ont saisi 27,7 tonnes de cocaïne (mais aussi de nombreuses drogues de synthèse). Avec l’augmentation de la demande, les prix des drogues augmentent aussi, mais légèrement. Même si la France n’est pas encore un narco-État, certains signes indiquent que la voie est ouverte : forte augmentation du trafic de drogue et de la demande.

Des autocollants dans le métro parisien indiquent les «zones de crack»

Le gouvernement français est inquiet, l’inquiétude est encore plus grande parmi la population française, lorsque les Parisiens ont récemment constaté que dans les stations de métro, des panneaux de signalisation de la RATP (ou Régie autonome des Transports parisiens) indiquaient qu’il y avait désormais des arrêts avec des «zones de crack». Par exemple, une photo du plan de signalisation de la ligne 7 du métro est apparue sur les médias sociaux, montrant plusieurs «zones de crack» marquées – des endroits où l’on peut acheter de la drogue, en d’autres termes. Le logo de la RATP, représentant une pipe à crack, est également visible sur ces autocollants. C’est on ne peut plus clair.

Jusqu’à présent, personne n’a revendiqué la responsabilité de ces autocollants. L’intention reste également inconnue : Veulent-ils faire comprendre aux touristes qu’il vaut mieux éviter ces endroits dans la ville de Paris ? Ou s’agit-il, dans la perspective des Jeux olympiques, d’attirer de nouveaux usagers ? Quoi qu’il en soit, la Régie autonome des transports parisiens (RATP) s’est clairement distanciée de l’initiative et «condamne sans équivoque ce placardage sauvage». La RATP ajoute qu’en cas de signalement, elle envoie immédiatement des employés sur le terrain pour retirer les autocollants.

La question du narco-trfafic préoccupe également nos voisins du sud.

source : Peter Logghe

C'est ça la France

Source : MINURNE-RESISTANCE - Le 15/05/2024.

À force de nouvelles tragiques et horrifiques, on ne sait plus vraiment où donner de la tête, entre les affaires de drogue, de viols, d'assassinats, de passages à tabac, de cambriolages avec séquestration, on a bien du mal à accepter ce qu'est devenue la France !

 

Et le contraire serait malsain... Pourtant il y a une forme "d'habitude" qui se crée, et l'on se dit que cette avalanche de mauvaises nouvelles devient peu à peu une actualité "normale" !

 

Hier, nous avons appris la libération sanguinaire d'un certain Mohamed (30 ans) dans l'Eure, et la vidéo de l'attaque du transport carcéral fait - au minimum - froid dans le dos. En plein jour sur une autoroute, une voiture fonce à toute allure dans la camionnette où se trouve le prisonnier, des hommes avec des fusils mitrailleurs descendent de la voiture... Le reste n'est que carnage... 2 morts parmi les agents de sécurité, 3 autres sont blessés - dont un très gravement - c'est le bilan (provisoire ?) de cette attaque qui devrait provoquer un sentiment de ras-le-bol chez plusieurs professions de sécurité !

 

À quoi bon servir encore un état qui se préoccupe si peu de la sécurité de ses effectifs, à quoi bon faire des heures supplémentaires pour un employeur qui paye si mal, à quoi bon prendre des risques si l'on n'a pas la possibilité de se défendre sans se retrouver avec - au minimum - une mise en examen ou une incarcération ? Il est tout de même inadmissible de continuer à accepter une telle dégradation de la situation française !

 

Et lorsque j'entends une nouvelle fois que " la main de la République ne tremblera pas !" (Dupond-Moretti) et autres phrases sans lendemain de la part de politiques qui nous font des discours à longueur de journée, cela n'est plus acceptable !

 

Seront-ils retrouvés ? C'est à espérer pour notre sécurité... Et puis après ? Ce genre d’énergumènes pourrissent la vie de nos concitoyens, ils ne sont pas un "sentiment d'insécurité", ce sont des vrais dangers publics, et si je devais apprendre que le GIGN les a mis hors d'état de nuire (pour de bon !), il n'y aura aucune larme sur mes joues de chrétien ! Ce genre de poison doit apprendre la peur, et qu'importe si des Mélenchon ou la Cour Européenne des Droits de l'Homme crient aux "violences policières", il faut remettre de l'ordre dans la hiérarchie des peurs ! Malheureusement nous n'avons plus de Charles Pasqua pour terroriser ce genre de voyous capables de tout et surtout du pire !

 

Hier plusieurs familles ont donc appris avec douleur que leurs fils, leurs maris, leurs beaux-fils ne rentreraient plus à la maison, elles auraient même pu entendre de la bouche d'une députée LFI, Mathilde Panot pour ne pas la citer, qu'ils ont été "victimes d'un accident de travail"... Et oui, elle ne recule devant aucune ignominie ! Comment peut-on tolérer de tels propos ? Combien de temps devrons-nous encore supporter ce genre d'insultes à la vérité ! Chez LFI le terrorisme c'est de bonne guerre, et l'attaque mortelle d'un transport pénitentiaire c'est un "accident de travail" ! 

 

Aujourd'hui les syndicats des agents de sécurité veulent faire de cette journée, une journée de revendications avec manifestations autour des centres carcéraux. La question que je me pose : "ça servira à quoi ?", pas à mettre fin à ce cauchemar sociétal que nous vivons depuis des décennies, et qui va en s'amplifiant !

 

L'État ne joue plus son rôle, une partie de la justice n'applique plus les lois, des ministres se rendent coupables de multiples mensonges, des journalistes refusent de parler de la réalité, des professeurs ne vont plus en cours - par peur de leurs élèves - où est la limite ??

 

La seule et unique solution serait de mettre un point final au laxisme qui détruit notre nation, de mettre face à la justice des responsables politiques qui ont trahi la France, de nettoyer les quartiers "difficiles" de fond en comble, de renvoyer illico les "fichés S" radicalisés ou pas, de remettre des peines de prison dignes de ce nom, et de laisser les personnels des forces de l'ordre utiliser leurs moyens de défense !

 

C'est la seule solution, le reste c'est du discours d'enfumage !

 

Une nouvelle fois mes pensées vont d'abord vers les familles victimes de cette sauvagerie, et même si cela ne les consolera pas, je veux leur apporter mon soutien moral face à cette atrocité ! Si notre Dieu peut pardonner, moi je ne le peux plus !

 

Pascal Bachélerie

15 mai 2024

La bonne aubaine du pourrissement

Source : RzO International - Le 30/11/2023.

par H16

Tristesse en République du Bisou Démocratique : des trous dans le vivrensemble sont brutalement apparus.

La presse avait pourtant tout fait, ces dernières décennies, pour que les événements comme ceux survenus récemment à Crépol soient correctement assimilés à de simples faits divers sans aucune dimension politique. Las, plus personne ne semble croire aux contes narrés avec force persuasion par les médias de grand chemin comme autant de pommades sur les plaies purulentes que la République, indigne, laisse se multiplier.

En même temps, en Irlande, le même vivrensemble est parti en fumée avec les bus pour clandestins que la foule, excédée par l’insécurité locale galopante, a pris pour cible dans un mouvement spontané assez peu inclusif.

De façon intéressante, ce regain de tensions et ces agitations provoquent plusieurs types de réaction.

Au sein de la bruyante extrême-gauche, largement relayée par des médias avides de bien retranscrire précisément toutes ses éructations, l’opinion est claire : ces soubresauts violents sont le résultat direct d’une montée du fascisme d’extrême-droite qu’il faut réprimer aussi sévèrement que possible. Et la liberté d’expression de cette frange brune doit être largement remise en question, car tout le monde sait que cette liberté d’expression ne peut s’entendre que dans un cadre démocratique strictement défini (sous-entendu «par l’extrême-gauche»).

Sans surprise, ce désir du pénal et cette volonté de museler l’opinion inconfortable ont tendance d’une part à réduire la crédibilité de cette gauche et d’autre part à augmenter l’envie d’en découdre d’une portion croissante de la population qui n’aime pas trop être caractérisée à tort d’extrême-droite par une bande de plus en plus minoritaire de crasseux d’extrême-gauche à la morale de plus en plus souple et au Deux-Poids Deux Mesures si visible que même leurs têtes d’affiches bégayent péniblement en plateau des explications de plus en plus confuses sur leurs positions intenables.

De l’autre côté, à l’extrême-droite, les conséquences observés trouvent à peu près toutes leurs causes dans l’immigration au point d’oublier des pans entiers de problèmes et de dynamiques sociales installées depuis des lustres dans le pays. Pour cette droite, s’occuper de ce problème est non seulement prioritaire, mais permettrait de résoudre (magiquement ?) tous les autres problèmes ou presque.

Au milieu, les peuplades molles de l’extrême-centre jouent du fifrelin sur l’air du «en même temps» et tentent de composer avec ces deux extrêmes, les positions intermédiaires étant de toute façon gommées à l’ère du tout émotionnel médiatique qui a amplement remplacé l’analyse froide et posée des phénomènes que nous vivons. Cet extrême-centre, fabricant industriel d’hommes-soja, faibles et soumis à toutes les modes de pensées les plus invertébrées, est bien incapable de trancher entre les deux positions.

On pourrait croire que ce n’est pas plus mal, ces deux extrêmes représentant des non-solutions. En réalité, c’est encore pire puisque refusant le choix entre la soumission gluante de la gauche ou le combat sans stratégie ni tactique de la droite, on ne voit que des lapins ultra-centristes effrayés et immobiles, hypnotisés par la lumière puissante des gros phares du futur évident qu’ils vont se prendre en pleine poire.

En revanche, peu nombreux sont ceux qui notent que tout ceci semble se cristalliser vers une «solution» dont objectivement personne ne veut, à l’exception d’une très petite minorité de privilégiés actuellement au pouvoir.

En fait, que la solution qui se précise doucement soit voulue (c’est-à-dire qu’elle soit un but final, sciemment architecturé et obtenu avec différentes étapes clairement planifiées) ou non (par opportunisme politique qui, sans réellement planifier, reconnaît ce qui fait sa survie et ce qu’il est nécessaire de mettre en place pour garantir sa continuité et l’obéissance des troupes), l’actuelle situation contribue directement à la mise en place de l’ensemble des paramètres économiques, sociétaux et politiques pour l’avènement d’une véritable dictature.

Oui, le chaos qui se met en place, inexorablement, le pourrissement à venir d’une guerre civile larvée est une véritable aubaine pour une petite partie très sélectionnée de ceux qui nous dirigent actuellement.

De façon aussi ironique que triste, ceux qui crient sans arrêt au fascisme pour un oui ou pour un non vont s’en prendre une grosse goulée, à base de société de surveillance massive, répressive et intrusive comme jamais, et seront assez probablement les premiers à applaudir des deux mains, leur conformisme et leur grégarisme (largement démontré pendant la période covid) suffisant amplement à éteindre tout problème psychologique dans une dissonance cognitive hermétique comme un sous-marin soviétique.

Et non, ce n’est pas une exagération : il n’y a jamais de hasard en politique.

Il n’est qu’à voir la petite musique qui se met en place, discrètement mais sûrement, pour comprendre l’air qu’on va nous jouer dans les prochains mois : si vous voulez un retour à l’ordre (que tout le monde réclamera alors), la seule solution sera l’application pour tous d’une surveillance de masse, par exemple avec l’identité numérique que l’Europe s’emploie à pousser de tous les côtés.

L’apparition récente de lois de plus en plus contraignantes en matière d’ordre civil (sur le non-respect de futurs couvre-feux, par exemple) là encore ne doivent rien au hasard, tout comme le hasard n’a rien à faire dans l’accroissement massif des sanctions en cas de pensées interdites.

En réalité, la montée de ces tensions de plus en plus vives, la cristallisation des opinions en camps clairement séparés et irréconciliables (que ce soit sur ces questions migratoires ou sur d’autres sujets, depuis le conflit au Proche-Orient en passant par la guerre russo-ukrainienne, les vaccins ou d’autres encore) ne vise qu’un but : que les individus soient isolés, qu’ils ne puissent plus réellement faire corps, qu’ils ne puissent plus trouver de terrain commun pour résoudre les problèmes qu’on leur jette à la figure, voire qu’on leur crée à desseins.

Cet isolement permet de limiter la taille des rébellions, et de les écraser dès leurs prémices, dès l’apparition d’un noyau.

Car sinon, le peuple pourrait se souvenir qu’il est bien plus nombreux et plus puissant que les politiciens. Le peuple est dans leurs couloirs à leur tenir des portes, dans leurs salons à leur servir le café, dans leurs cuisines à préparer leurs repas, dans leurs voitures à les conduire, dans leurs écoles à enseigner ou garder leurs enfants.

Pour les politiciens, le pourrissement qu’on observe est une aubaine.

Pour le moment.

 

YouTube video

source : Hashtable

De plus en plus de petites villes subissent les ravages de l’immigration

Source : Riposte laïque - par Bernard Germain - Le 27/09/2023.

Le 26 septembre, hier donc, TF1 nous a gratifiés d’un reportage édifiant sur l’évolution inquiétante des petites villes en France. L’exemple pris était Guéret.

Vous ne savez pas où cela se situe ? C’est en Creuse (dans l’ex-Limousin) donc au centre de la France. Tenez-vous bien… il y a un peu moins de 13 000 habitants. Et voyez-vous, c’est la plus grosse ville du département.

Je dois dire que le reportage était assez impressionnant. Pas en soi, mais parce que j’ai habité dans le Limousin pendant des années, notamment lorsque j’étais jeune. Et je connaissais bien Guéret.

Eh bien le changement est assez sidérant, même pour une toute petite ville du fin fond de la province.

Le reportage nous a montré un paysagiste dont la voiture a brûlé l’an dernier. On découvre aussi un brave retraité dont le garage a été forcé avec un pied-de-biche.

Ensuite on apprend que de 2016 à 2022, les plaintes pour violences ont été multipliées par 3. Elles sont passées de 33 à 95. Pour une ville de 13 000 habitants !

C’est donc une évolution stupéfiante que celle qu’a connue Guéret et en très peu de temps.

Même ce type de ville voit du trafic de drogue s’y développer, indique le commissaire qui apparaît dans le reportage.

Deux facteurs expliquent cette évolution :

  • le développement incontrôlé de l’immigration et son cortège de délinquances
  • la loi SRU qui oblige les communes de plus de 5 000 habitants à avoir 25 % de logements sociaux. Or qui met-on en priorité dans ces logements ? Des migrants, dont un nombre certain se livrent au trafic de drogue, ce qui contribue à pourrir très vite le quartier et même toute la ville dès lors qu’elle est d’une taille relativement modeste.

Et pour finir, le commissaire – chef de la police de Guéret – nous apprend que sa ville est devenue un enjeu, un territoire à conquérir pour les racailles de Limoges et Montluçon. Guéret étant à mi-chemin entre ces deux villes. Limoges et Montluçon sont deux villes de beaucoup plus grande taille.

La seule conclusion qu’on peut tirer de ces éléments, c’est que même des petites villes situées à plusieurs dizaines de kilomètres de villes plus grandes deviennent l’enjeu des marchands de drogue. Il faisait bon vivre dans ces agglomérations il y a encore peu. C’est fini, la peste les a rattrapées et contaminées.

Autre exemple, Château-Thierry dans l’Aisne (02) donc dans le nord de la France. Une petite ville comptant un peu moins de 15 000 habitants.

C’était une petite ville tranquille. Ici aussi c’est terminé.

Les retraités sont partout vivre un peu plus loin, vraiment à la campagne pour y être au calme.

Ils ont été remplacés par d’autres populations auxquelles il convient de rajouter ceux qui occupent les logements sociaux. Les mêmes qu’ailleurs.

Résultat : selon les habitants, en plein été le soir à 20 heures on entend fortement du rap marseillais s’échapper des voitures.

Et puis, il y a les motos-cross qui font aussi du vacarme en tournant dans le quartier.

La boulangère le dit « la rue Carnot (l’une des principales rues) devient infréquentable le soir ».

Bref, la ville est en train de complètement changer et ne ressemble plus à ce qu’elle était il y a seulement quelques années.

Combien sont-ils, ces bourgs et petites villes, à être ainsi transformés ? Défigurés serait sans doute un terme plus approprié.

La France est vraiment partie sur une mauvaise pente avec cette immigration qui submerge tout et s’étend partout.

Il n’y a plus guère que ceux qui habitent vraiment à la campagne qui sont encore relativement préservés.

Mais pour combien de temps ?

Car les petites villes sont très proches des habitations à la campagne.

Il m’étonnerait que quelques individus n’aient pas l’idée d’aller visiter ces habitations, histoire de voir s’il n’y a rien à rapiner.

Et là on aura touché le fond.

L’immigration est un cancer qui est en train de ronger notre société. Tous les immigrés ne sont pas des délinquants, mais il faut bien reconnaître que lorsque ces populations s’installent, c’est assez souvent le début des problèmes pour les autochtones des localités concernées.

Et quand il s’agit de villes situées en grande banlieue des grandes villes, c’est encore pire. On parle alors de « banlieusardisation » de ces localités.

En quête de logements sociaux à bas coût, les ménages modestes s’éloignent de Paris et des grandes villes, et ils importent leurs codes. Pour le politologue Jérôme Fourquet, de plus en plus de populations issues de l’immigration maghrébine ou subsaharienne s’implantent dans les villes de province. C’est selon lui une des raisons qui expliquent les émeutes survenues dans ces villes après la mort du jeune Nahel.

Alors, arrêter l’immigration est une nécessité absolue, une évidence et c’est vraiment urgent.

Malheureusement ce sera absolument insuffisant.

Si nous voulons que la France reste la France, ou plus exactement redevienne la France et retrouve son visage, il faudra aussi penser à la remigration d’un nombre conséquent de ces migrants, tout particulièrement ceux qui ne veulent pas s’assimiler et ceux qui sont des délinquants.

Bernard GERMAIN

«L’attaque mortelle à Crépol signe l’extension de la criminalité jusqu’aux zones rurales»

 

Par Pierre-marie Sève - Publié le 20.11.2023

FIGAROVOX/TRIBUNE -

 

Dans la nuit de samedi à dimanche, un adolescent de 16 ans est mort en marge d’une fête de village dans la Drôme. Selon le directeur de l'Institut pour la justice Pierre-Marie Sève, ce drame met en lumière l'apparition de la violence dans des territoires traditionnellement plus calmes.

Pierre-Marie Sève est directeur de l'Institut pour la justice, une association œuvrant à une réforme de la justice et à la lutte contre la criminalité.

 

Dans la soirée de samedi à dimanche, une fête de village dans la Drôme a viré au drame.

Selon les premiers éléments, une bande a attendu la fin de la fête pour attaquer les convives, faisant vingt blessés et, pour le moment, au moins un mort. Cette attaque mortelle et en bande organisée choque car elle demeure – pour le moment - inhabituelle.

Mais, loin d'être un fait isolé, elle met en lumière un phénomène grave et nouveau :

L'apparition de la violence dans les zones rurales et périurbaines, soit les territoires traditionnellement les plus calmes de France.

La Creuse, l'Allier, ou la campagne bretonne : Dans l'imaginaire collectif français, il reste une France où il est, à priori, inutile de fermer sa porte à clé en pleine journée. Et en effet, les statistiques confirment que la délinquance et la criminalité sont largement plus élevées à mesure que la taille d'agglomération augmente.

 

Par exemple, les «vols violents sans arme» par habitant sont 24 fois plus nombreux à Paris qu'en communes rurales. Les coups et blessures volontaires sont deux fois et demie plus nombreux dans les zones de plus de 200.000 habitants que dans les communes rurales, etc.

Mais, cela fait déjà plusieurs années que cette donne change, et il y a fort à parier que, d'ici quelques années, toute la France soit obligée de verrouiller ses portes.

Ce qui change, ce sont les dynamiques. Dès 2020, une note du ministère de l'intérieur l'avait révélé : La criminalité augmente désormais plus vite dans les zones gendarmerie (environ 10.000 habitants et moins) que dans les zones police.

 

Une nouveauté, par exemple, de l'année 2022 est le nombre de cambriolages par habitant, désormais plus important dans les aires urbaines de 5.000 à 10.000 habitants que dans celles de 10.000 à 50.000 habitants. Impensable il y a peu !

 

Enfin, le trafic de drogue, inséparable de la délinquance, est un autre indice éloquent de la montée de la marée délinquante. Le politologue Jérôme Fourquet notait ainsi en janvier 2022 comment la France s'est littéralement couverte de points de deal. Pas un département de France qui en soit sauvegardé, y compris l'Ardèche et ses 14 points de deal, ou l'Allier et l'Indre-et-Loire qui en comptent 15 chacune.

 

Comment la France des champs en est-elle arrivée là ? Une partie importante de la réponse se situe dans un texte obscur : L'article 55 de la loi SRU (loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains, NDLR). Votée en décembre 2000, cette loi visait à protéger les plus pauvres, en imposant la construction de HLM dans toutes les communes.

 

Mais en réalité, elle a surtout abouti à «étaler» les foyers d'auteurs de violences à travers la

France.

 

En effet, l'ancien préfet Michel Aubouin décrivait, dans son ouvrage «40 ans dans les cités», comment la cité HLM où il a grandi à Dreux, a changé dès les années 1980. Ces

cités, d'abord peuplées d'ouvriers français, sont devenues des foyers de délinquance et

essentiellement des lieux d'hébergement temporaires pour les immigrés les plus récents, le temps que ceux-ci trouvent un autre logement.

La perte des services publics, la difficile cohabitation des cultures ont profondément transformé ces territoires… où les seuls à rester sont les trafiquants de drogue qui, toujours selon Michel Aubouin, sont également les seuls à payer leur loyer à temps. Et c'est un fait, une part désormais essentielle de la criminalité en France présente un même visage : Des auteurs jeunes, issus de

l'immigration, habitant des zones d'habitations à loyer modéré et souvent très connus par

la justice.

 

À Crépol par exemple, s'il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur le motif (agression gratuite, règlement de compte, rivalités de gangs, etc.) ou le profil des auteurs, les agresseurs seraient, selon les premiers témoignages, originaires du quartier La Monnaie, le principal quartier HLM de Romans-sur-Isère, et quartier notoirement peuplé de personnes issues de l'immigration. Ces quartiers HLM sont donc devenus les foyers principaux de la criminalité (et des récurrentes émeutes).

Le «quartier Est» de Romans-sur-Isère, qui englobe la Monnaie est ainsi une ZEP comptant 31% d'étranger, un chiffre extrêmement élevé, notamment par rapport aux 8% du reste de la commune.

Et si cette criminalité déborde désormais sur les communes rurales, c'est parce que la loi SRU a imposé des HLM dans la quasi-totalité des communes de 3500 habitants et plus, c'est-à-dire, dans toute la France. Cette loi SRU, très peu discutée dans le débat médiatique ou parlementaire, a pour effet de «quadriller le territoire» par les délinquants.

 

En effet, combien de communes françaises sont situées à plus de 30 minutes de voiture (et donc à portée des potentiels criminels) d'une commune de plus de 3500 habitants ?

 

Compte tenu de l'étendue de la catastrophe sécuritaire, inverser la progression de la

violence en France nécessitera de prendre des mesures résolues et surtout urgentes. Car chaque jour qui passe rend la tâche plus difficile, jusqu'au jour - probablement proche - où la situation ne sera pas rattrapable.

Si une réforme de l'immigration et une reprise en main de la Justice semblent à tous désormais indispensables, il faut aussi également penser l'aménagement territorial.

 

La loi SRU avait un but noble : Protéger et loger les plus vulnérables. Mais, avec la croissance ininterrompue et exponentielle de l'immigration, cette loi n'atteint pas, ou plus, ses objectifs. D'abord car les Français vulnérables quittent les HLM car ceux-ci deviennent invivables, gangrenés par les rodéos urbains, les trafics ou les agressions, et ensuite, la criminalité s'étend sur tout le territoire, poursuivant, à la campagne, ceux qui ont été obligés de les fuir à la ville.

 

Une chose est certaine, si la tendance continue, en matière de délinquance, la France boira le calice jusqu'à la lie.

L'ivresse de la barbarie

Source : Le Figaro Vox - Par Ronan Planchon -  Publié le 22/11/2023

 

ENTRETIEN - Pour le pédopsychiatre, les agressions violentes commises par des bandes

armées, à l’image de celle qui a fait un mort à Crépol, sont l’illustration d’une éducation

gravement défaillante et traduisent l’incapacité de certains individus à comprendre ce qu'est un

lien à autrui.

Maurice Berger est pédopsychiatre. Il est notamment l'auteur de Sur la violence gratuite

en France (L’Artilleur, 2019).

 

LE FIGARO. – Au vu des premiers éléments de l’enquête, l'attaque contre des jeunes en marge d'une fête de village à Crépol, le 19 novembre, illustre-t-elle un basculement vers une société d'une violence extrême et gratuite ? Comment la caractériser ?

Maurice BERGER. – Ce n'est pas toute la société qui devient violente, mais certains de ses membres. C'est pourquoi je suis réticent concernant l'utilisation du terme d'ensauvagement qui est trop général. En désignant l'ensemble de la société, il risque de jeter une sorte de brouillard qui évite de nommer les caractéristiques de ces agresseurs. Il en va de même du terme de «décivilisation», expression des plus inexacte car la plupart de ces agresseurs n'ont jamais été civilisés dans leur enfance.

Surtout, ces expressions amènent à détourner le regard d'une des causes premières de cette violence, l'incapacité de nos dirigeants à imposer les mesures nécessaires. Les politiques qui nous dirigent parlent de rétablissement de l'autorité, mais l'autorité ne prend sens que si elle est

matérialisée.

       - Un lieu festif a été pris pour cible. Les jeunes auteurs de ces attaques voient-ils la fête comme un lieu idéal pour manifester leur violence ? Pourquoi ?

L'attaque de Crépol, qui n'est pas une rixe mais une agression commise par des individus armés contre des personnes sans défense, signifie qu'une étape a été franchie : Mettre des vigiles non armés pour protéger un lieu festif tel qu'un mariage ou une fête de village devient insuffisant. Il faut maintenant réfléchir à la nécessité de la présence de forces de l'ordre armées pour préserver la joyeuse insouciance qui devrait régner dans ces moments.

Nous passons de la violence gratuite exercée sur des personnes isolées, hommes ou femmes, à la violence gratuite exercée par un groupe sur un autre groupe. Et il existe des différences fondamentales entre ces deux groupes.

Pour le groupe «paisible»le plaisir est celui de la convivialité, parler et rire ensemble, chanter, danser, manger.

Pour le groupe attaquant, le plaisir, jubilatoire, consiste à tuer, blesser, voir couler du sang, mais aussi détruire une richesse relationnelle qu'ils sont incapables d'éprouver, être enivré par la terreur qu'éprouve autrui.

Le groupe paisible crée du lien, de la vie ; le groupe attaquant détruit les liens, sème la mort.

 

Nous risquons de passer ainsi des territoires perdus de la République aux territoires «extérieurs» soumis par la violence. La différence est importante. Les territoires perdus correspondent souvent à un fonctionnement clanique avec ses codes de l'honneur ou communautaires refermés sur eux-mêmes, avec des règles collectives même si elles sont éminemment critiquables.

À propos de Crépol, on peut émettre l'hypothèse qu'on a affaire à un niveau de déclin supplémentaire de la pensée individuelle, à un groupe sans organisation précise, où tout raisonnement est absent. Il n'y a plus de codes, il ne reste que l'ivresse de la barbarie. Le groupe n'existe que dans le mimétisme et la désinhibition de «conquérir», qui confèrent à ses membres un oripeau d'identité. Ceci renvoie à une éducation terriblement défaillante.

 

Sur les réseaux sociaux, un jeune entendu dans cette affaire a affirmé ne pas être «attristé» par la mort de Thomas. Derrière ces propos, peut-on voir une absence de discernement totale des notions de bien et de mal ?

L’éducation est-elle la seule responsable ?

Au moment où j'écris, j'ignore l'âge des agresseurs, leur personnalité. Je peux simplement dire que depuis quelques années, j'entends souvent de la part des mineurs impliqués dans des agressions gravissimes, la phrase : «De toute manière, il serait mort un jour ou l'autre», phrase qu'ils ne prononcent évidemment jamais devant les juges.

Donc tuer quelqu'un ne serait pas grave puisque cela consisterait simplement à accélérer un

processus naturel. Cette phrase va au-delà de l'absence d'empathie, elle signifie une incapacité de comprendre ce qu'est un lien à autrui, le sentiment de tristesse, de perte.

Une phrase plus «nuancée» consiste à dire: «je lui ai pris la vie», comme s'il allait rester quelque chose d'autre à la victime. Ou encore : «il est mort, eh bien, il est mort», avec un haussement d'épaules.

Si pour ces agresseurs, la vie d'autrui n'a pas de valeur, on peut se demander s'ils considèrent que leur propre vie en a, et donc de quelle manière ils ont été élevés.

Un tel raisonnement relève clairement de l'éducation dès les premières années de la vie.

De tels sujets ne sont pas capables de distinguer le bien du mal, et c'est la notion de permis et défendu qui serait prioritaire à inculquer dès le début de l'école secondaire, non seulement en termes moraux, mais à partir du Code pénal : Voici ce qu'on risque si on commet tel délit ou tel crime.

Pour cela, il faudrait que les lois soient appliquées, et c'est là que le bât blesse car même certains articles toujours valables du Code pénal actuel ne sont utilisés que dans leur

version minimaliste par un certain nombre de juges.

Ainsi le port d'un couteau sans raison légitime est puni d'un an de prison et de 15.000 euros d'amende.

En 40 ans de pratique auprès de mineurs violents, je n'ai jamais vu appliquer cet article de loi alors que tous les jeunes admis au Centre éducatif renforcé où je travaillais avaient un couteau sur eux dès qu'ils sortaient en permission de cet établissement. Le réel rempart contre la violence, au-delà de la justice, terme là encore trop général, c'est la décision prise par des êtres

humains, les juges. Il est évident que certains d'entre eux n'ont pas saisi que la protection de l'intégrité physique des citoyens est entre leurs mains. Et il faut réaliser l'ampleur du sentiment d'impunité des individus auteurs d'une attaque, qui pensent que cela n'aura pas de conséquence pour eux. Là se situe la vraie décivilisation : Elle consiste à ne pas mettre comme priorité qu'il y ait moins de victimes et à renoncer à sanctuariser le corps humain.

 

Il faudrait en premier une modification profonde de la loi Belloubet qui interdit les courtes peines de prison dès l'entrée dans la délinquance violente de certains sujets. Il existe actuellement des débats très intéressants sur l'intérêt des différents dispositifs de privation de liberté destinés à tenter d'éviter l'apparition de tels actes et leur articulation avec le travail éducatif.

Ils sont balayés par des raisonnements idéologiques.

Et quand l'idéologie l’emporte sur la vie, c'est la mort qui survient.

Il y aura encore d'autres Crépol.

 

«La France approche dangereusement d’un point de bascule»

Source : Figaro Vox - par Thierry de Montbrial - Le 03/08/2023.

ANALYSE - L’avocat au barreau de Paris et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure livre son analyse sur l’origine et la problématique complexe des émeutes qui ont secoué le pays au début de l’été. 

 

Cet article est issu du Figaro Magazine

 

«Qui aurait pu prévoir ce qui vient de se passer ?», a questionné à plusieurs reprises le président de la République Emmanuel Macron dans les jours qui ont suivi les émeutes de ce début d’été. Posée sous forme rhétorique par l’homme le mieux informé de France, cette question est vertigineuse. En effet, policiers et gendarmes, procureurs et préfets, hauts fonctionnaires chargés de près ou de loin des questions régaliennes, élus de tous bords dès lors qu’ils sont lucides et de bonne foi, tous avaient anticipé depuis plusieurs années ce scénario tant redouté d’un embrasement généralisé de nos banlieues.

 

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Depuis longtemps, seules demeuraient deux incertitudes: le facteur déclenchant et l’intensité du phénomène. L’embrasement eut pour origine le coup de feu tiré après plusieurs minutes de course-poursuite en pleine ville de Nanterre par un policier sur le fils d’un ancien délinquant parmi les plus chevronnés des Hauts-de-Seine, «petit ange» déjà engagé à 17 ans dans un parcours en marge de la légalité.

Quant à l’intensité de ces émeutes, elle fut, à la fois statistiquement (nombre de communes concernées, dégâts observés) et de l’avis unanime des policiers et gendarmes, bien supérieure à celle de novembre 2005. Seul Emmanuel Macron a estimé l’inverse en évacuant le sujet dans son entretien accordé à TF1 et France 2, depuis la Nouvelle-Calédonie, la semaine passée.

 

Pays fracturé

 

De son côté, la première ministre, ex-socialiste, Élisabeth Borne a appelé à «prendre le temps du diagnostic», comme si elle aussi avait été surprise par cette irruption de violence et avait besoin de temps (des semaines? des mois?) pour prendre la mesure d’un pays fracturé comme jamais et miné par un ensauvagement désormais endémique.

Même le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin y est allé, certes sans enthousiasme, de sa déclaration décalée. La capacité du «premier flic de France» à prendre la mesure de l’inflammation et à mobiliser ses troupes a sans doute contribué à mettre un terme plutôt rapide à la crise et à éviter une catastrophe. Mais, contre l’évidence, il a ensuite cru devoir écarter le lien entre cet embrasement et l’immigration.

La raison? «Seuls 10 % des auteurs sont étrangers.» Et d’évoquer devant le Sénat les «Kevin et Matteo», auteurs majoritaires supposés des exactions. Compte tenu des informations auxquelles il a accès, l’embarras manifeste de l’intéressé lors de cette audition est compréhensible. Difficile de tout dire, même depuis Beauvau, au temps du «en même temps».

 

Point de bascule

 

Car, enfin, que s’est-il passé en ce début d’été ?

Les événements qui ont suivi l’affaire de Nanterre résultent de façon éminemment prévisible de l’affaissement de l’État et de la crise d’autorité qui minent le pays depuis des décennies, ainsi que d’une immigration non maîtrisée, génératrice de multiples déséquilibres. Ses effets délétères culturels, sociaux et sécuritaires ne peuvent plus être dissimulés sous des slogans désormais vides de sens («chance pour la France», «enrichissement», «vivre-ensemble») et narratif («la France a toujours été une terre d’immigration»). Ces antiennes sont historiquement fausses (peu d’immigration avant 1850) et fallacieuses (jusque dans les années 1960, l’immigration était très majoritairement de culture chrétienne et non musulmane. La distinction est fondamentale).

La vérité, c’est que la France approche dangereusement d’un point de bascule.

À supposer même que «10 %» seulement des émeutiers aient été des étrangers, cela signifie-t-il qu’il n’y a «aucun lien avec l’immigration»? Bien sûr que non, et le communiqué lunaire du gouvernement algérien publié en pleine séquence n’en est pas le seul indice flagrant.

 

Bonne politique migratoire

 

Les multiples attaques contre les symboles matériels (mairies, écoles, services publics) et humains (forces de sécurité intérieure, mais aussi élus) signent une haine de la France désormais ouvertement omniprésente dans une partie de notre société. C’est, par exemple, le cas sur les réseaux sociaux ou lors des centaines d’agressions qui se déroulent au quotidien sur notre territoire.

 

Limiter l’analyse à la question administrative de la nationalité, c’est occulter la principale exigence attendue d’une bonne politique migratoire: la capacité à assimiler les nouveaux arrivants. Nombreux sont ceux qui le souhaitent mais ne le peuvent, premières victimes des conséquences d’arrivées massives qui plombent les politiques de la ville malgré les dizaines de milliards dépensés.

 

Échouer dans cette assimilation, c’est faire de centaines de milliers, voire de millions de binationaux ou de Français de fraîche date, les acteurs potentiels d’un affrontement dont même un président (François Hollande) et un ministre de l’intérieur (Gérard Collomb), socialistes de surcroît, ont ouvertement évoqué l’hypothèse depuis des années.

 

Courage politique

 

Alors que l’Insee établit que près de 30 % de personnes vivant en France sont immigrées ou descendantes d’immigrés à une ou deux générations, il est vital de reprendre en main de façon drastique notre politique migratoire, que ce soit en termes de contrôle des frontières, d’octroi de visa, d’asile, de reconduite à la frontière ou d’accès à la nationalité.

 

Casser l’attractivité sociale et durcir l’accès à la nationalité sont des impératifs. Des solutions existent, compatibles avec un droit européen, pourtant, hélas, devenu un obstacle en la matière. Confrontés à un danger comparable, le Danemark, la Suède ou le Royaume-Uni ont commencé à agir. Il y a urgence. Aujourd’hui, même les petites villes (Montargis, Laval et tant d’autres) ont été la proie de bandes ultraviolentes. La politique dite de peuplement (sic), décidée en 2022 (mais après sa réélection) par le chef de l’État, et qui consiste à répartir les migrants sur le territoire est une folie dont les premiers effets sont visibles notamment en termes de délinquance, et qui accélère la marche vers une libanisation de notre pays.

 

Nier la dimension migratoire et ses conséquences culturelles, ethniques et religieuses sous-jacentes aux émeutes de 2023, et plus largement à la violence qui s’est installée en France, c’est s’interdire de réfléchir à la façon dont nous pouvons encore changer de trajectoire. Croire que la prospérité prévaudra toujours sur l’identité est un leurre tragique, comme l’histoire l’a démontré.

 

Au début des années 1970, le Liban était surnommé «la Suisse du Proche-Orient».

 

L’immigration comme « politique de peuplement » : Macron dit enfin les choses !

Source : Bd. Voltaire - par Aranud Florac - Le 03/08/2023.

En marge de son déplacement en Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron a accordé un entretien au Figaro. Il a évidemment été question des sujets qui n'en sont pas : le sentiment d'insécurité, couplé au sentiment d'invasions barbares. Emmanuel Macron, pas abîmé par le décalage horaire pour deux sous, est resté droit dans ses bottes. Même si chacun de ses pieds part « en même temps » d'un côté différent de l'autre, comme d'habitude. Le président de la République veut plus de fermeté et a constaté (on aimerait bien savoir comment) que la réponse judiciaire aux émeutes urbaines avait été « implacable »... mais il balaie d'un revers de main l'idée de supprimer les allocations familiales pour les familles de racailles. De même, sans désavouer Gérald Darmanin - le sociologue myope qui voit des Anglais, des Kevin et des Matteo partout -, Emmanuel Macron reconnaît qu'il y a un problème d'immigration. Jamais en retard d'une impuissance, le Président constate qu'il n'y a « pas de statistiques ethniques » en France - comme s'il n'était pas en mesure de les exiger - puis reconnaît la présence d'émeutiers issus de l'immigration, avant de conclure que 90 % d'entre eux sont français.

De la soupe. Un gloubi-boulga centriste qui résume bien l'incompréhension (volontaire ou due à l'idéologie) du phénomène d'invasion migratoire par les élites françaises autoproclamées. On y ajoute quelques approximations géographiques « croquignolesques », comme dirait Macron lui-même. Ainsi, le Président déclare notamment que la France ne peut pas sous-traiter ses migrants au Rwanda, comme le font le Danemark et le Royaume-Uni, parce qu'elle n'est « pas une île ». On croit savoir que le Danemark non plus - mais bon, avec la montée des eaux, on n'est plus sûr de rien.

La France terre d'immigration, vraiment ?

Deux phrases font froid dans le dos et montrent que Macron ne craint ni le mensonge ni la dictature (pour ceux qui en doutaient). Le mensonge, d'abord : « Nous avons toujours été un pays d'immigration. » Les premières migrations (si on exclut l'installation des Vikings en Normandie) datent de la fin du XIXe siècle et la plupart des travailleurs dont la France avait alors besoin sont ensuite retournés chez eux (deux tiers des Italiens, par exemple). Ce sont les années 1950 et 1960 qui ont changé la donne en faisant venir sur notre sol, pour la première fois (si l'on excepte deux ou trois occurrences comme la bataille de Poitiers ou l'hivernage des Turcs à Toulon), des musulmans et surtout des extra-Européens. On peut lire Jérôme Fourquet à ce sujet, notamment sur la courbe des prénoms musulmans. Et, surtout, on peut sortir de chez soi et marcher quelques mètres pour constater la présence croissante d'extra-Européens.

La dictature, ensuite : Macron veut une « politique de peuplement » pour que les gens ne vivent pas « dos à dos »« Beaucoup de gens disent "Non, nous, on ne veut pas voir de nouveaux arrivants chez nous". Moi, je pense qu’on intègre d’autant mieux qu’on le fait de manière diffuse. Si vous mettez toutes les familles ukrainiennes qui arrivent dans les mêmes endroits, vous ne les intégrez pas. » En appeler aux Ukrainiens dans ce domaine, c'est un peu comme accuser les Anglais d'avoir commis des délits au Stade de France : c'est de la mauvaise foi. Quant à une politique de « peuplement », on est, là, dans le pire de ce que les dictatures communistes (mais pas seulement) peuvent offrir : mélanger les peuples pour qu'ils n'aient plus d'identité, se soumettre aux diktats économiques qui réclament de la main-d'œuvre et abandonner les autochtones à leur sort en donnant systématiquement raison aux arrivants.

« Une politique de peuplement de manière diffuse », c'est la manière optimiste de dire que l'on va, comme Macron l'a annoncé après les émeutes, « répartir les difficultés ».

En bref : Vous ne serez plus en sécurité nulle part. Vos filles et vos fils non plus : Les unes sifflées comme des prostituées, les autres saignés pour un regard ou une clope. Vos voitures non plus : Les belles bagnoles victimes de car-jacking, les autres cramées deux fois par an (31 décembre et 14 juillet, fêtes d'obligation de la diversité). Vos maisons non plus : cambriolages avec violence ou squat pendant votre absence. C'est la France que les électeurs ont voulue : une France dans laquelle Axelle ou Lola sont tuées par des enfants d'immigrés (que nous ne sommes pas tous, malgré les slogans) dans une totale indifférence, mais où la mort du « petit ange » Nahel fait brûler le pays. Une France qui dégringole au classement PISA mais règne sur le football. Voilà le résultat de ce peuplement dont les conséquences ne sont pas dues à des facteurs socio-économiques - il faudra bien qu'on en parle un jour.

Ruben Rabinovitch, le guetteur privilégié

Source : Causeur - par Alain Neurohr - Le 01/08/2023.

Ruben Rabinovitch, le guetteur privilégié

Ce psy connaît de très près les jeunes délinquants des “quartiers” qui le consultent dans un contexte juridique. Ses interventions médiatiques lèvent le voile sur la culture qui domine dans ce milieu social, une culture de clan résolument incompatible avec la culture européenne, fondée comme elle l’est sur une notion de vengeance encore plus radicale que la loi du Talion.


Sa carrière a placé Ruben Rabinovitch dans une position privilégiée : psychologue et psychanalyste, il reçoit dans son cabinet beaucoup de délinquants issus de l’immigration maghrébine. Ceux-ci ne viennent pas le consulter pour mieux comprendre leur psyché mais pour avoir une lettre prouvant au magistrat qui les jugera qu’ils font les efforts de réinsertion qui attireront sa clémence. Il lui arrive aussi d’aller dans les tribunaux voir ses visiteurs passer devant les juges. Il se trouve ainsi comme placé sur un belvédère, avec vue imprenable sur le confluent de ces deux torrents calamiteux qui menacent de noyer la France : l’immigration incontrôlée et une justice qui, depuis Michel Foucault et la naissance du Syndicat de la Magistrature, a honte de punir et souhaite éperdument n’être qu’une ONG vouée à l’amicale compréhension des délinquants et à la clémence envers eux quoi qu’il en coûte. Et il en coûte beaucoup à la France.

Cette position de guetteur mélancolique est nécessaire mais pas suffisante. Ruben Rabinovitch a en outre un sens fracassant de la formule, un style digne d’un écrivain de haut vol, et une immense culture centrée sur la littérature, les religions et la philosophie. Sans parler du zeste d’humour grinçant qui signe les grands esprits. A preuve de la première de ces qualités, le titre d’un article paru dans un célèbre hebdomadaire :  « Une justice faible avec les barbares est une justice barbare avec les faibles ». Pour sa vaste culture, j’avancerai ses réflexions sur la loi du Talion. En brave petit étudiant en lettres classiques, je tenais « œil pour œil, dent pour dent » pour le comble de la barbarie, auquel était venu mettre un terme la naissance de la Justice splendidement racontée par Eschyle dans L’Orestie. La cascade de meurtres qui a ravagé la famille d’Agamemnon (je tue ma mère parce qu’elle a tué mon père, ma mère a tué mon père parce qu’il avait tué ma sœur) s’arrête le jour où les Dieux décident d’infliger à Oreste une peine inférieure à son crime. Il ne sera pas tué pour avoir tué, il sera poursuivi toute sa vie par les Érinyes, ces cruelles déesses de la punition divine.

Or Ruben Rabinovitch, à la suite de l’anthropologie du clan développée par le docteur Maurice Berger, nous explique qu’il y a bien pire que le Talion, c’est la loi encore plus archaïque du clan qu’il résume pittoresquement ainsi : « Pour un œil, les deux yeux, et pour une dent toute la mâchoire ». Beaucoup d’originaires d’Afrique du Nord et d’Afrique noire se vivent encore comme membres d’un clan et non comme  individus responsables. Toute blessure que je reçois est infligée à tout cet organisme vivant dont je ne suis qu’une cellule, toute blessure que j’inflige n’est pas de ma responsabilité, je ne peux en ressentir de culpabilité, pas plus qu’une main ne s’offusque d’un crime conçu ailleurs par le cerveau. Est-ce la raison pour laquelle l’idée de duel, de combat entre deux forces équilibrées, n’existe pas dans certaines cultures ? La Bible nous raconte le duel entre David et Goliath, l’histoire romaine nous parle du combat des trois Horaces et des trois Curiaces, et les duels et tournois du Moyen Age ont fini d’implanter très profondément le combat loyal dans la psyché occidentale. Pourquoi certaines cultures ne prohibent-elles pas la pratique abominable du lynchage ? Peut-être à cause de la psychologie du clan.

Redescendons de ces hauteurs théoriques au récit tristement réaliste que Ruben Rabinovitch fait d’une séance de tribunal. Deux jeunes hommes mineurs ont massacré une jeune femme près d’une caisse de supermarché. Elle leur avait demandé de faire la queue comme tout le monde, en réponse elle a été sauvagement frappée et défigurée, elle en gardera des séquelles à vie ainsi que la peur panique de sortir de chez elle. En plein prétoire, quand l’avocat évoque cette défiguration, les accusés lancent : « T’avais déjà une sale gueule, de toute façon ! » Arrive la conclusion, glaçante : « Chacun ressortit du tribunal comme il y était entré. Sans odorat, sans goût, le visage déformé et incapable de sortir de chez elle, pour la plaignante. Libres, pour les deux adolescents ».

Un cas isolé ? Non, un cas quotidien. Rédigeant cet article, j’ouvre le site du Figaro en date du 29 juillet 2023. « Trois hommes condamnés après le lynchage d’un policier sous les yeux de sa fille. Trois hommes ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Meaux à des peines allant de dix-huit mois avec sursis probatoire à 3 ans de prison, dont 1 ferme après la violente agression au début du mois de juillet d’un policier hors service à Mitry-Mory ». Gageons que le juge d’application des peines, dont je rappelle qu’il n’existe qu’en France, réduira à six mois l’année de ferme. Et qu’un ministre soucieux de l’encombrement des prisons épargnera tout passage derrière les barreaux à ce brave garçon. Justice vraiment barbare, qui pousse les condamnés à récidiver et les victimes à subir une perpétuité de souffrances physiques et morales. Le policier de Mitry-Mory n’est pas mort, mais rappelons que le relatif tassement des meurtres en France n’est dû qu’à la grande rapidité des secours et à l’efficacité des chirurgiens.

A lire aussi: Ce chaos qui vient: de nouvelles émeutes éclateront dans nos banlieues

Comment ralentir ces deux torrents ravageurs qui font tous les jours leur jonction dans nos tribunaux ? Le docteur Maurice Berger, spécialiste de la violence des ados, et le psychologue et psychanalyste Ruben Rabinovitch montrent que tout se joue dans les premières années, quand le petit garçon s’habitue à être adulé par les femmes de la famille et à voir celles-ci battues sans ménagement par les hommes. « L’absence des pères dans les « quartiers » est souvent moins délétère que leur présence », remarque cruellement Rabinovitch dans Le Point. Le fonctionnement moral et mental des individus soumis à la loi du clan n’est pas le même que celui des personnes façonnées par une culture où le père est censé poser des interdits à l’enfant et lui faire intérioriser la culpabilité devant le mal. Ce problème posé par des garçons sans limites ni culpabilité se reproduit à chaque génération, ce que je lis sous la plume de Rabinovitch ressemble à ce que j’ai découvert dans les années 1990, professeur dans le quartier sensible de Chatenay-Malabry. Par bonheur, l’imprégnation par la culture européenne fait échapper un certain nombre de ces jeunes à l’infernale mécanique, et j’ai été ravi de découvrir pendant la pandémie que bon nombre de sommités médicales se prénommaient Karim ou Mohamed. Le substitut du procureur de Meaux, qui avait requis quatre ans de prison dont trois fermes contre deux des lyncheurs de flic de Mitry-Mory et deux ans dont un ferme pour le troisième (donc bien plus que la condamnation effective), se nomme Yacine Benmohammed. « L’espoir luit comme un grain de paille » dit Verlaine dans Sagesse.

Quel Hercule nettoiera les écuries de la justice française ? La plus épaisse des couches de crasse est constituée par une bonne conscience phénoménale, une certitude généralisée chez tous les juges, même le raisonnable Georges Fenech, qu’ils ont raison de défendre ce monument d’immobilisme dangereux qu’ils appellent l’État de Droit. État de droit qui sert en premier lieu leurs intérêts corporatistes, faut-il le dire ? Quand comprendront-ils que l’anthropologie chrétienne qui conçoit l’homme pétri de mal a vaincu depuis longtemps l’anthropologie rousseauiste pour qui l’homme est bon par nature mais corrompu par la société ?

 

 

Nahel a été tué par l’impunité systémique des cités

Source : Theatrum Belli - Le 30/06/2023.

par Raphaël CHAUVANCY est officier supérieur des Troupes de marine. Il est en charge du module "stratégies de puissance" de l'École de Guerre Économique (EGE) à Paris. Il concentre ses recherches sur les problématiques stratégiques et les nouvelles conflictualités. Il est notamment l'auteur de "Former des cadres pour la guerre économique", "Quand la France était la première puissance du monde" et, dernièrement, "Les nouveaux visages de la guerre - Comment la France doit se préparer aux conflits de demain". 

Quand une jeune femme se fait assassiner sans raison à l’aube de sa vie, les Français déposent des fleurs, des nounours et des bougies. Leurs proches brisés ravalent leur souffrance et demandent que justice soit faite et l’opinion publique passe à autre chose.

 

Il est donc troublant que la mort d’un mineur de cité connu des services de police déclenche des émeutes sanglantes — plusieurs centaines de policiers et gendarmes ont été blessés — et destructrices.

 

« Ça aurait pu être mon petit frère ! » s’est exclamé un joueur de football indigné. Ça n’aurait pas pu être le mien. Ni un de mes fils. Pourquoi ? Parce que ni mon frère, ni mon fils ne se seraient retrouvés illégalement au volant d’une voiture de luxe, ni n’auraient refusé d’obtempérer lors d’un contrôle. La situation dans laquelle s’est trouvée Nahel n’est pas normale. Prétendre le contraire revient à entretenir une culture de la transgression impunie, toujours plus loin, jusqu’à l’irréparable : la mort d’un passant lors d’un rodéo, d’un policier lors d’un barrage forcé ou du délinquant lui-même. Nahel n’est pas mort d’une balle tirée par un policier. Il est mort parce que toutes les conditions structurelles ont été réunies pour préparer cette fin tragique. Si ce n’avait été lui, cela aurait été un autre.

 

Renoncement éducatif, culture de l’excuse, victimisation, communautarisme ethnoculturel, assistanat, délinquance, frustrations, ressentiment et révoltes ont été cultivés et entretenus depuis plusieurs décennies, par facilité dans le cas des autorités, par intérêt dans celui d’association ou de groupes plus ou moins subversifs. L’état actuel des banlieues résulte de l’ingénierie sociale de la révolte et de la sécession mise en place.

 

Les forces de l’ordre ont avant tout un rôle de régulation qui repose sur la peur statutaire du gendarme et sur l’acceptation de son autorité. Les réfractaires forment une minorité rejetée par le corps social et réprimée par les agents dont c’est la fonction.

 

Les choses se compliquent lorsque, forts d’une impunité structurelle et systémique, des pans entiers du territoire rejettent la loi et ceux chargés de la faire respecter. La régulation devient l’exception et la répression la norme. L’environnement devient conflictuel, dangereux. C’est le cas des quartiers qui s’enflamment depuis trois jours.

 

Multirécidiste, Nahel s’est placé une fois de trop dans une situation à risque. Sa mère, n’a pas su l’éduquer et lui apprendre à peser le poids de ses actes. L’enquête dira si le policier qui a tiré, était dans son droit ou pas. En tout état de cause, une vie a été prise, deux autres au moins ont été brisées. Il faudrait une singulière bassesse d’âme et un manque total d’esprit critique pour n’incriminer qu’un des protagonistes ou pour prendre un parti sans réserve ni compassion. Ils ont été pris dans une situation à risque devenue malheureusement tellement commune qu’elle ne pouvait statistiquement que déraper.

 

Une partie de la population qui vit en France se place dans désormais une optique de confrontation. Pour y répondre, on confie aux forces de l’ordre une mission de coercition avec les moyens et l’approche d’une simple régulation. La contradiction béante ne peut qu’engendrer mécaniquement des drames. Ces évènements ne sont pas des accidents, redisons-le, mais l’expression inévitable d’une situation de crise.

 

Le plus inquiétant est qu’elle se dégrade. Laisser la boule dévaler la pente et rouler en prenant de la vitesse, c’est accélérer la fragmentation de notre société et multiplier les drames à venir. Autant commander à l’avance des cercueils et des fleurs.

 

Malheureusement, vouloir la retenir impliquerait de changer de direction et d’admettre que les mots, les idées, les valeurs, les politiques et les comportements promus dans les banlieues depuis plusieurs décennies y ont accouché d’un désastre. Des susceptibilités seraient froissées, des habitudes perturbées, des intérêts atteints. Il faudrait s’attendre à des résistances fortes, y compris armées. Plus on est permissif, plus la reprise en main est dure. Les renoncements successifs nous ont ainsi enfermés dans un dilemme : le seul moyen d’éviter le chaos qui se profile est d’accepter une confrontation paroxysmique avec les individus, les groupes et les réseaux qui tirent profit de la situation actuelle.

 

Le sujet appelle a minima une réflexion collective au-delà de l’émotion du moment. En avons-nous encore les capacités ? Paul Valéry disait des Français qu’ils étaient le peuple le plus spirituel du monde, le seul chez lequel le ridicule ne pardonnait pas et avait joué un rôle politique. Il semble que ce jugement appartienne désormais à l’histoire. Lorsque M’Bappé, personnage sympathique au demeurant, a publiquement qualifié Nahel de « petit ange parti trop tôt », les Français n’ont pas ri.  Cela est presque aussi inquiétant que la situation des territoires perdus de la République. Alors que leur société se disloque, ils ont déjà perdu leur âme.

 

La géopolitique des armements en Ukraine crée-t-elle une menace pour la sécurité intérieure en France ?

Source : Stratpol - par Olivier Chambrin - Le 13/07/2023.

L’expression de « géopolitique des armements » s’applique généralement à des choix d’équipement étatiques, susceptibles de générer des modifications politiques en termes de puissance et de souveraineté, via des transferts et des marchés, en agissant sur l’économie.[1] On ne retient qu’un exemple d’arme légère ayant une telle empreinte sociale qu’elle a permis une action sur le fonctionnement des Etats, via révolutions, terrorismes et criminalité interétatique, c’est la large généralisation bon marché de l’automatisme individualisé,  par la diffusion de la famille Kalashnikov.

Le conflit en Ukraine a-t-il le potentiel de générer une menace de cet ordre pour l’Europe occidentale ? C’est une question soulevée par experts et médias, à la suite du « coulage » observé sur de nombreux armements transférés à l’Ukraine par l’Occident collectif pour prolonger le conflit contre la Russie, et permettre des profits économiques plus ou moins dissimulés.

Le sujet prend son sens dans le cadre d’une Union européenne qui connait des difficultés, notamment la France, car la simple présence d’armes ne peut à elle seule créer de situation de crise, comme en témoignent les années 1880 à 1939 dans notre pays[2]. En revanche, il est démontré que l’injection massive d’armes dans une société fragilisée est susceptible d’amplifier et de lourdement aggraver des situations déjà mal maitrisées[3].

L’afflux d’armes issues de l’Ukraine peut-il amplifier la menace terroriste ?

Le terrorisme est un moyen, un mode opératoire au service d’un objectif, et non une fin en soi.

Il s’emploie généralement dans le cadre des guerres révolutionnaires et/ou de la subversion (or, la subversion peut ne pas avoir une dimension politique, v.infra). Des Etats peuvent donc naître du terrorisme, comme La Révolution Française, la Révolution Russe, l’Ukraine, l’ont démontré[4].

Les facteurs de succès de la subversion armée et leur analyse pour la France de 2023

L’étude historique distingue des facteurs nécessaires pour le succès d’une stratégie révolutionnaire terroriste :

  • Une volonté politique définissant un but
  • Une masse de manœuvre minimale
  • Une adhésion au moins partielle d’un segment de la population (cause, credo, foi…)
  • L’existence d’un sanctuaire
  • Une assistance extérieure
  • Une organisation efficace au service de la stratégie
  • L’action directe doit donc être accompagnée de la construction d’une OPA (organisation politico- administrative), démontrant la possibilité de fonctionner socialement en parallèle du système en place, dont la destruction est l’objectif.

Sur ces bases, dans la France de 2023, l’afflux d’armes militaires peut-il réellement modifier le risque terroriste existant ?

  • On peut anticiper un emploi mesuré par le terrorisme islamique[5] au travers d’actions ponctuelles, contre des avions, des lieux symboliques ou les populations[6] ; mais il semble qu’il serait contre-productif dans le moyen long terme de multiplier ces actions. La « gestion de la barbarie » théorisée depuis deux décennies s’inscrit dans une vision historique bien plus enracinée, de conquête islamique. Dans ce schéma, les actions extrêmes sont des leviers déclencheurs ou démultiplicateurs, qui ne sont efficaces que lorsque certaines conditions sont réunies dans l’Etat-cible ; cela ne semble pas le cas en France actuellement. Les parties les plus extrémistes des islamistes procéderont sûrement à des frappes terroristes, aux effets majorés par les armements venus d’Ukraine. Mais une tendance générale reste improbable, dans le cadre de la stratégie de submersion de l’Europe. Outre les rivalités internes et la recherche d’un leadership sur tous les groupes islamistes, L’EI avait besoin de la terreur comme élément de bascule et de contrôle des populations, et devait démontrer l’impuissance de l’Etat. Le temps n’en est pas encore venu en France. En revanche, la constitution de stocks permettant de nourrir une guerre civile est envisageable, car les structures existent dans les cités et les réseaux criminels disposent de points de connexion avec les terroristes.
  • L’extrémisme de droite est par essence peu favorable aux actions contre l’Etat, du moins pour les partisans de la Tradition. Les tenants d’options plus révolutionnaires issus de philosophie des années 1930 sont néanmoins davantage disposés à la révolte, notamment parmi les couches plus jeunes. D’autant que dans la France contemporaine, sur fond de pessimisme teinté de nihilisme, elles ne sont plus bridées par la diabolisation. Les jeunes ne subissent pas non plus l’effet lénifiant du conformisme et de la recherche du confort propres aux vieilles générations. Et justement, depuis les deux mandats Macron, et par suite d’un sentiment croissant de dépossession de l’appareil d’Etat et du corps social en France, il y a un rejet d’un système perçu comme un outil de répression et de soumission de la population, de ce fait délégitimé[7]. On ne peut donc exclure un emploi des armements devenus disponibles dans des opérations anti-forces ou anti-pouvoir. Le stockage en vue de préparer la guerre civile est également crédible, mais sans influence directe à court-terme. La sociologie et la démographie françaises laissent toutefois penser que ce niveau capacitaire sera vraisemblablement inférieur, ou au pire égal, à celui de l’OAS dans les années 60. Il est donc assez peu probable que l’emploi des armes puisse devenir général et dépasser le cadre de barouds ponctuels, à l’instar des actions islamistes, mais pour des causes symétriquement opposées.
  • L’extrême gauche a une violence historiquement plus ancrée et idéologiquement mieux établie. Elle dispose également d’atouts, un capital de sympathie dans une partie de la population, se traduisant par une façade politique assez largement reconnue, une complaisance médiatique et culturelle encore très bien établie, et la tolérance politique correspondant, qui inhibe l’action policière. Les tenants de l’action directe sont assez nombreux et se recrutent à la fois dans les élites et les classes défavorisées de la population. Il paraît vraisemblable que des armements seront collectés et plutôt stockés, dans la perspective d’un emploi lorsque la situation sociale aura suffisamment mûri.  On ne peut exclure des hits ponctuels à l’aide de ces moyens, à l’image de ceux des Brigade Rouges, de la Fraction Armée Rouge, voire d’action Directe, mais un emploi massif parait subordonné à la perspective d’un « grand soir ». Dans ce cadre, encore hypothétique, des lance-missiles portatifs capables de détruire un char de bataille de 50 tonnes ne feraient qu’une bouchée des moyens des Forces de l’ordre (FDO). Ni les anciens fourgons de la BRINKS recyclés par la BRI, ni les PVP de la FIPN et des BRI, ni le Titus prêté au RAID, même pas les blindés Centaures qui vont remplacer les vénérables VBRG, n’auraient une chance. Il en irait de même des hélicoptères face à des MANPADS. L’injection de ces armements militaires aurait pour effet le plus nocif de réduire, voire neutraliser, le différentiel technologique existant en faveur des forces officielles. L’emploi des armes s’inscrit cependant dans un cadre global mature, et ne serait qu’un instrument d’une stratégie politique. Leur efficacité finale serait déterminée par la capacité d’organiser la sécession et de disposer d’une base numériquement suffisante. En l’état, on peut estimer le potentiel subversif de l’extrême gauche comme étant comparable à ce qu’il était dans les années 70[8] (l’opposition n’est pas plus forte au XXIème siècle, c’est la société qui est plus faible) grâce aux nouvelles générations contestataires.
  •  Le National-socialisme est une idéologie[9] des années Trente du siècle précédent, avec des racines au XIXème siècle, qui avait développé un important corpus moral, culturel, politique, juridique et économique. Condamné éthiquement et politiquement par l’assassinat de millions d’êtres humains et un système interne oppressif, ses bases historiques, scientifiques et sociales sont obsolètes et appartiennent au passé. Le Néo-nazisme[10] en Europe occidentale est une construction hétérogène bâtie sur des frustrations sociales plus ou moins justifiées, le culte de la force brute, un certain romantisme, notamment de forme, qui n’en font pas une idéologie mais plutôt un ensemble comportemental. En Ukraine en revanche, il s’agit d’un mouvement apparenté à une idéologie inégalitaire et antidémocratique appuyée par des lois raciales et reposant sur un ultranationalisme violent nourri par la nostalgie du Reich et la haine de la Russie. En ce sens, bien que les volontaires étrangers n’aient pas brillé par leur valeur militaire, et même si les enseignements d’une guerre de haute intensité sont peu transposables dans la subversion, on ne peut pas exclure que les retours d’Ukraine de certains volontaires posent les mêmes problèmes que celui des returnees revenant du Jihad.

Sous réserve, évidemment, il semble que l’arrivée d’armes en provenance d’Ukraine ne devrait pas immédiatement et radicalement modifier les comportements des acteurs identifiés dans le cadre du terrorisme en France. En revanche, des actions terroristes amplifiées sont prévisibles aux marges.

Les critères de réussite de la lutte anti-subversive

S’il existe des facteurs nécessaires au succès de la révolution, il y a aussi des conditions nécessaires à la victoire de la réaction antisubversive :

  • La volonté politique ; elle est indispensable pour fixer un but de guerre et déterminer les actions technico-opératives requises. Elle permet aussi de faire face aux pressions diplomatiques et médiatiques extérieures.[11]
  • Une masse critique démographique. Sans cela, même les appareils répressifs les plus efficients ne peuvent réussir.[12]
  • Une capacité économico-financière. Une souveraineté économique minimale est nécessaire pour soutenir l’effort de lutte et assurer le fonctionnement de la société, malgré les attaques.[13]
  • Une résilience de la population. Celle-ci peut notamment découler d’un fond historico-culturel partagé, d’une homogénéité ethnique, d’une adhésion majoritaire à une religion ou à une forme politique et institutionnelle.[14]

Ces critères impératifs peuvent s’accompagner de facteurs additionnels :

  • Soutien(s) extérieur(s) par un ou des Etats, directs dans le cadre d’alliances, ou indirects lorsque l’opposition fait l’objet d’une hostilité idéologique, ethnique ou politique, de la part d’Etats tiers.
  • Oppositions internes aux forces de subversion, spontanées ou provoquées.
  • Actions technico-opérationnelles efficaces. Législation d’exception, choix d’options extra-judiciaires, implication et coordination de tout l’appareil d’Etat incluant les moyens militaires et spéciaux, action de mobilisation/information/conditionnement et de contrôle du corps social, politique de séduction/contrainte et infiltration de l’OPA subversive.

Toutes ces décisions technico-opérationnelles sont comparables à des décisions tactiques, elles peuvent être extrêmement efficaces mais déboucher sur un échec.[15] S’il est une erreur commune de considérer le terrorisme en soi et non comme un outil, il est tout aussi fréquent et fautif de se concentrer sur les actions de répression. Un focus technique et juridique ne permet pas de répondre aux leviers actionnés en profondeur de la société par la subversion.

Le surarmement de la criminalité peut -il devenir une menace pour la société française ?

La subversion et l’outil du terrorisme peuvent ne pas répondre à un motif idéologique ou politique, mais tout simplement s’inscrire dans une stratégie criminelle, à finalité de profits.

Dans ce cadre, les éléments énumérés supra restent d’application et pertinents.

Dans une perspective large, on constate que des Etats prédateurs existent, et qu’ils ont utilisé la guerre comme moyen de réaliser des profits ; c’est le cas des USA[16]. Le cas de la République populaire de Chine se discute, mais l’entrisme pratiqué[17] s’apparente davantage au régime des traités inégaux que la Chine elle-même subi de la part des Etats européens, entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle. Le recours massif à la guerre, à la révolution et à la déstabilisation des Etats reste une spécialité nord-américaine à l’échelle mondiale.[18]

A une échelle plus réduite, les entreprises criminelles peuvent également recourir à des moyens de guerre et de subversion pour asseoir leur emprise économique sur des territoires.

Bien souvent[19], il y a porosité et alliances plus ou moins durables entre les forces criminelles et les agents révolutionnaires (pour financer, pour bénéficier de réseaux clandestins…). De plus, les troubles politiques sont favorables au développement de la criminalité. Parfois se met en place un système du type « seigneurs de la guerre » qui fusionne ces deux dimensions criminelles et politiques pour s’opposer à l’Etat.[20]

En Europe, le crime organisé, même puissant, agit davantage comme un parasite que comme un rival des Etats. Mais lorsque l’Etat apparaît affaibli ou défaillant, la situation peut évoluer. On peut l’observer en Afrique et en Amérique latine. Cela a été le cas après l’effondrement de l’URSS en 1991 et les efforts vigoureux du Président Poutine ont consisté à reprendre la main pour le contrôle de l’Etat russe, face aux mafias et aux oligarques sur fond d’ingérence occidentale[21]. Il n’a pu y parvenir que grâce au concours des structures de force, en particulier du Renseignement et en application des principes énoncés supra. Les connexions du crime organisé avec l’establishment politique de Washington sont bien documentées, mais prennent d’autres formes, comme au Japon.

Apparition de nouveaux facteurs de subversion criminelle

L’Europe, et la France en particulier, pourraient-elles être menacées par un essor criminel gonflé par des armes militaires venant d’Ukraine ?

En France, jusqu’en 1939[22], il n’y avait aucune prohibition et les particuliers pouvaient acquérir n’importe quelle arme. Il reste un fond dormant, vieillissant, de ce parc ancien, qui consistait surtout en armes individuelles d’auto-défense[23] sans capacité géostratégique.

La France a été relativement peu touchée par les deux grandes « braderies » qu’ont été la chute de la DDR allemande en 1989 et le pillage des arsenaux albanais en 1994. De même, la revente des armes détenues par la République fédérative soviétique d’Ukraine en 1991[24] a alimenté des guerres, sans réellement impacter les rues françaises. Les forces de sécurité publique de notre pays ont eu à gérer plusieurs vagues d’armements. Le parc de la défunte Wehrmacht, les armes issues des parachutages du SOE et celles laissées par les GI ont alimenté la criminalité de l’après-guerre, qui n’avait toutefois aucune vocation à déstabiliser l’Etat.[25] La guerre d’Algérie a naturellement nourri le trafic d’armes pour le FLN, et les détournements des stocks militaires pour l’OAS. Au final, l’effet sur la société est demeuré faible. Les guerres du Liban et de L’Ex-Yougoslavie ont permis au grand banditisme de s’équiper d’armes militaires (armes automatiques, lance-roquettes, explosifs) dont l’emploi est resté ponctuel et rationnel. Mais, de concert avec les conséquences de l’immigration et des troubles naissant dans les banlieues françaises, les armes en provenance des Balkans ont commencé à devenir disponibles. Elles se sont diffusées chez les délinquants non chevronnés, sur fond de règlement de compte et de litiges de deal et ont servi à des attentats terroristes menés par des agents souvent issus de cette même population. Actuellement, les USA ont laissé un formidable arsenal en Afghanistan, mais il n’est pas certain que le nouvel Etat islamique de Kaboul décidera des exportations criminelles massives, d’autant qu’il doit équiper son armée pour faire face à des impératifs locaux.[26] L’Ukraine reste donc le fournisseur le plus probable, d’autant que les routes nécessaires existent déjà et sont placées sous le contrôle d’Etats qui ne témoignent pas forcément de la meilleure fiabilité ; le trafic bénéficie en outre de la complicité des hautes autorités de l’Etat ukrainien et de passe-droits otano-européens.

Le recours aux armes dans une perspective territoriale constitue un enjeu sécuritaire important dans notre pays (v.infra). L’Europe est en effet sillonnée de mafias diverses, qui exercent leur prédation sur les fonds privés et publics. Une menace nouvelle est caractérisée par la conjonction d’une forte immigration, conjointement à la banalisation des armements militaires. Les organisations criminelles transfrontières exploitent ces flux, de même que le trafic de drogue et celui des êtres humains. La nouveauté tient à la possible importation de « cultures professionnelles » allogènes. L’imprégnation profonde et durable d’un fonds européen en crise (sociale, démographique, économique, morale et donc politique) par ces modèles extérieurs permet de craindre un transfert sur notre sol de paradigmes criminels élaborés dans des Etats faillis et jusque lors intransposables. Généralement mal estimée, voire négligée, l’Afrique est un géant du crime international, ce qui pose évidemment problème pour les Etats ouverts aux flux migratoires qui en sont issus. Dans le rapport (2021) de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime sur l’état du crime organisé dans le monde, sur un score de 1 (meilleure situation) à 10 (pire situation), l’Afrique affiche 5,17, derrière l’Asie (5,30, mais devant les Amériques (5,06), l’Europe (4,48) et l’Océanie (3,07)[27]. En termes de résilience, c’est le continent le plus vulnérable (3,80 pour une moyenne mondiale de 4,82), à cause de mécanismes et cadres institutionnels défaillants. Selon l’ONUDC[28], depuis 2006, le marché mondial de la cocaïne a été bouleversé. La consommation de cocaïne des Etats-Unis d’Amérique a chuté très brutalement alors que celle de l’Europe a doublé. Pour contrer les efforts des services européens, les trafiquants latino-américains ont créé une zone de transit en Afrique de l’Ouest[29]. Alors que le profit de la cocaïne commence à fléchir, l’Afrique est capable de fournir de la méthamphétamine.

Les entreprises criminelles africaines sont présentes à Atlanta, Baltimore, Chicago, Dallas, Houston, Milwaukee, Newark, New York et Washington, D.C. Les « cultes » nigérians disposent d’un réseau de 80 pays[30] et sont très actifs en Italie et en France (trafic d’êtres humains, prostitution, drogue, cybercriminalité, délinquance financière).

Mais l’Afrique n’est pas la seule source criminelle. Plus de 5 000 “groupes criminels organisés” quadrillent l’Europe selon Europol. Mafias italiennes, russes ou chinoises côtoient bikers scandinaves[31], trafiquants de drogue espagnols, blanchisseurs allemands et mafias balkaniques.

C’est du côté des Balkans qu’un modèle criminel inquiétant a été élaboré, profitant de la guerre, puis de la faiblesse des nouveaux Etats. L’Albanie est une plaque tournante du trafic d’héroïne et un lieu de production de cannabis et de drogues de synthèse. Les réseaux albanais dans toute l’Europe gèrent aussi d’autres activités criminelles (70% de l’industrie du sexe au Royaume-Uni). Les organisations criminelles transcendent les clivages politiques, ethniques et historiques, et on peut voir des groupes Serbes et Monténégrins collaborer avec des Albanais ou des Bulgares. Et même des Ukrainiens avec des Russes. La corruption permet au crime organisé de gangréner les Etats. La collusion permet de confondre autorités politiques et criminelles et de subordonner l’appareil d’Etat[32] en obérant les efforts de lutte contre le crime. Cette mafia albanaise est associée à la Ndrangheta, la Camorra, la Mafia turque et la mafia corse. Elle s’oppose à la Cosa Nostra, aux Jamaïcains, à la Mara Salvatrucha (MS13), aux mafieux mexicains du Cartel de Juárez.

La question est donc de savoir si les associations transnationales criminelles qui prolifèrent en Europe ont désormais les moyens d’imposer le modèle développé au sein d’Etats faillis ou affaiblis, comme en Afrique, en Amérique latine et Centrale, et dans les Balkans, notamment en instaurant une subversion armée.

Evaluation du niveau de résilience et de la capacité de résistance étatique en France

La conjonction d’une tradition étatique forte et ancienne et d’une grande capacité d’amortissement social, ont longtemps exclu l’évolution évoquée supra, en France. L’homogénéité ethnique et culturelle, la construction ancienne d’un appareil répressif efficace, un modèle politique stabilisé depuis plus d’un siècle, et l’absence de tradition de mouvements criminels organisés[33], étaient des facteurs de résilience du pays. Cela est-il encore vrai actuellement ? comment se définit la menace ? et quelles sont les capacités de réponse ?

La fameuse « archipelisation » de la France crée un évident affaiblissement, d’autant que l’injection de personnes allogènes se poursuit, et que celles-ci semblent de moins en moins enclines à renoncer à leurs modèles socio-culturels et religieux, qu’ils recréent autant que possible sur le sol français. Cela s’oppose naturellement aux efforts de conversion des institutions, éducation nationale en tête. La crise économique affecte non seulement la capacité à intégrer par le travail, mais réduit aussi le « coussin social » qui étouffe actuellement les revendications violentes. Le malaise idéologique et existentiel interdit de séduire et convaincre les nouvelles populations, autant que de mobiliser et raffermir les anciennes. D’autant que les valeurs et paradigmes proposés ne suscitent qu’un faible écho, voire un véritable rejet- chez la plupart des nouveaux citoyens, allogènes comme indigènes.

Ces évidences sociologiques témoignent d’un évident affaiblissement de l’Etat, mais ne seront des critères effectifs d’échec que confrontés à une subversion suffisamment puissante. Actuellement malgré des indices de fissuration sociale, cela n’est pas le cas. La crainte vient donc de l’importation d’un modèle jusque lors inconnu, permettant à des organismes criminels de neutraliser le monopole et la prérogative de puissance publique d’emploi de la force. La simple disponibilité d’armes n’y suffit pas. Il faut que cela s’accompagne de l’acceptation d’un nouveau cadre de pensée qui affecte les superstructures des institutions autant que les fondements intellectuels de la société. Cela est généralement possible lorsque les formes légales ne répondent plus aux attentes de la population qui les a investies de mandats et de pouvoirs particuliers, soit par raréfaction de la ressource économique, soit par décrédibilisation complète des formes politiques officielles. Ainsi, lors de l’agression de la Serbie par l’OTAN en 1999, la population serbe du Kosovo disposait largement d’armes individuelles en accès direct ; la politique de TO territoriale et la volonté d’autodéfense garantissaient que chaque famille ait au moins un fusil Zastava M70 à domicile. Pourtant, après le retrait de l’armée, de la MUP et de la police serbe, les habitants Serbes ne purent se défendre contre les rétorsions et les exactions de l’UCK et des Albanais du Kosovo. Ils furent rapidement réduits à se rassembler dans les enclaves sous protection KFOR, ou dans la zone encore majoritairement serbe, au Nord. La seule possession d’une arme n’est donc pas en soi un facteur décisif et suffisant pour induire des effets sociaux majeurs. Le succès d’une opération de déstabilisation à grande échelle est conditionné aux facteurs énumérés supra.

Dans ce cadre, pourquoi les minorités allogènes ou issues de l’extérieur, qui manifestent une résistance à l’intégration et revendiquent des facteurs de séparatisme n’ont-ils pas basculé dans une opposition armée ? La mise à disposition d’armes de guerre pourrait-elle modifier cette attitude ? Il est probable que les générations successives témoignent d’une acculturation involontaire et partielle mais néanmoins réelle. Selon les théories gramsciste et trotskyste, un pourcentage réduit de la population peut être qualifié d’activistes. La plupart souhaitent généralement vivre tranquillement et rares sont ceux qui demeurent ardents autrement que par des mots, l’âge venant.[34] Les masses sont donc un enjeu, mais seulement après que des minorités ont pu déclencher la bascule. Tant que la vie reste supportable, voire confortable à l’aune de celle subie dans certains pays de départ, le risque demeure relativement mesuré. Cependant la menace reste latente, et l’effet de tribalisation ainsi que l’émergence de revendications géographiques[35] sapent incontestablement l’édifice républicain de la « chose commune ».[36]

En matière d’effets pervers de la banalisation des armes militaires, la difficulté à contrôler les plus jeunes,[37] dans le cadre d’une délinquance prompte à basculer immédiatement dans la criminalité sommitale (assassinat de rivaux), se conjugue à l’adoption du modèle des cartels. En effet, les terroristes « patentés », les criminels « installés », et les idéologues extrémistes devraient mesurer leur recours aux nouveaux armements, dans une perspective rationnelle[38]. Tel risque de n’être pas le cas des criminels les plus jeunes et conquérants. On observe que, bien qu’abondantes, les armes de guerre (l’emblématique Kalashnikov) sont utilisées pour régler les conflits entre criminels, mais très rarement contre les Forces de l’ordre.[39] Celles-ci subissent une intifada quotidienne. Mais, comme celle des Palestiniens, cette révolte a intérêt à conserver un profil limité, afin de ne pas autoriser le déploiement dune force coercitive supérieure. Il est bien plus pertinent de maintenir l’agression des FDO en deçà du seuil des armes à feu, car sinon l’issue ne fait pas de doute. Le harcèlement aux mortiers agricoles, aux feux d’artifices, aux bouteilles incendiaires[40], voire aux armes de chasse, est suffisant pour disputer le terrain et inhiber la présence de l’Etat, sans pour autant permettre une réaction drastique qui serait jugée disproportionnée. Comme en 2005 et en 2007, les émeutes de l’été 2023 confirment que l’emploi d’armes à feu reste restreint à des armes de chasse (pudiquement baptisées du néologisme ridicule « d’armes à grenaille » par la presse), d’armes d’alarme modifiées, de quelques armes de poing et d’un très faible nombre d’AK, surtout exhibées plus qu’utilisées. Néanmoins, il n’est pas du tout inconcevable que, disposant d’armes militaires, une frange des jeunes les utiliserait, par manque de réflexion et désinhibition.

Mais il serait bien plus grave que, sur le modèle latino-américain, les délinquants estiment être capables de challenger les forces de l’Etat pour sanctuariser leurs territoires. Pour l’instant, cette option est écartée, car une trop grande opposition s’avère contre-productive en mobilisant et attirant les forces de sécurité, ce qui trouble le trafic. Il pourrait en aller autrement si un nouvel arsenal supprimait l’actuelle supériorité des forces étatiques et si les têtes brulées se trouvaient en capacité de s’opposer aux « grands frères » régulateurs et têtes des trafics. Les troubles que connait la France après qu’un jeune délinquant routier ait été abattu à Nanterre confirment cette analyse et ce risque. Les émeutiers sont souvent des mineurs de 12 à 17 ans, agissant en prédateurs d’opportunité, peu conscients des différences entre réalité virtuelle et réalité réelle, mais ayant bien compris les avantages de l’impunité. Ils constituent une force de manœuvre capable d’user les forces de sécurité et de mettre le gouvernement devant une aporie : réprimer efficacement au risque de tuer des mineurs (et prêter le flanc aux critiques internes et internationales) ou démontrer une impuissance de plus en plus grande, d’autant que des délinquants d’habitude et asociaux divers se joignent aux émeutiers juvéniles. Les caïds et « grands frères » utilisent cette masse pour pousser leurs avantages stratégiques (en termes de contrôle des quartiers et des populations) et économiques. Malgré des tentatives de l’extrême gauche de récupérer ces mouvements, et bien qu’il existe un élément fédérateur autour de la revendication ethno-religieuses (avec une tendance à s’approprier la violence sur le modèle de Black lives Matter aux USA) et du rejet du modèle français, la sédition n’a pas un caractère structuré dépassant le cadre de la prédation économique et de la violence libertaire débridée. Il en ira probablement différemment d’ici une décennie compte tenu de l’évolution démographique. Machiavel, Marx et Engels ont écrit sur la théorie de la Révolution ; Blanqui, Lénine et Trotski ont défini des critères méthodologiques. Les Nihilistes et Anarchistes ont mis au point des schémas d’organisation et des procédés techniques. Bakounine a suggéré de recruter dans les prisons et Staline a exploité une expérience de criminel de droit commun pour financer les actions politiques. L’examen critique révèle que ces différentes méthodes ne fonctionnent que si l’Etat-cible est vulnérable[41]. Le coup d’Etat s’appuie sur l’infrastructure étatique et opère un déséquilibre de l’Intérieur, le putsch et le pronuciamento nécessitent des conditions spécifiques, actuellement absentes en France. La menace est donc plutôt celle de la révolution / de la guerre civile. C’est le projet des extrêmes idéologiques à Gauche et à Droite. En revanche, il est fort peu probable que les tenants de l’Islamisme adoptent ce modèle et cet objectif qui présente un fort potentiel de contre-productivité. Les agents de la sédition depuis la fin juin 2023, manquent quant à eux de la maturité politique et de la réflexion nécessaires pour aller au-delà de l’émeute. La première guerre mondiale a démontré qu’aucune victoire tactique ne permettait plus de vaincre un Etat industrialisé. Cela a conduit (notamment les Soviétiques) à une réflexion sur l’art opératif et la capacité de mener des actions combinées et enchainées frappant au cœur de l’appareil de production et de décision, afin de vaincre la résilience d’un Etat moderne. Il en va de même en termes de subversion : Les Etats modernes démontrent une très grande capacité de survie et d’absorption des crises. Cela ne signifie cependant aucunement qu’ils soient invulnérables, et des effondrements inattendus ne sont pas rares.[42]

Ainsi, les criminels qui gèrent des structures transnationales, fortement organisées et hiérarchisées paraissent avoir la capacité stratégique et l’expérience requises pour violemment impacter la société française.

Si (ou quand ?) les cartels importent leur modèle en Europe, c’est non seulement l’usage de la violence et des armes, mais un autre paysage mental qui va être transféré dans nos sociétés. L’Etat y est discrédité, car les autorités et les services publics y sont l’objet de détournement et de captation, par corruption ou menace (la subversion). L’assassinat et la torture y sont généralisés comme leviers de contrainte. Parallèlement, une action sociale est menée pour séduire et « acheter » la population afin de constituer des sanctuaires, à l’image de la pratique islamiste, substituée ou complémentaire du terrorisme. En outre, les affrontements entre cartels finissent généralement par s’étendre aux forces étatiques, la police n’étant perçue que comme une faction parmi les autres dans ses efforts pour tenter de contrôler les oppositions. Le cas de Grenoble en 2012 est significatif ; il fut nécessaire de déployer la FIPN pour protéger les policiers « normaux » face à la menace de bandes organisées qui tenaient la ville, avec l’appui de celles des quartiers « sensibles »[43]. C’est la généralisation de telles démarches, aggravée par le recours à des armes modernes qui constitue le risque majeur. Il s’avère que l’Europe fait l’objet d’une démarche de la part des cartels latino-américains. A Rotterdam, le maire de la ville est sous protection policière permanente, en Belgique la famille royale a dû être protégée du risque d’enlèvement. Au Havre, un syndicaliste a été torturé et assassiné, dans les aéroports internationaux des douaniers ont été arrêté pour faits de corruption. Dans tous ces cas, il d’agit d’interventions de narcotrafiquant qui entendent recourir à leurs méthodes traditionnelles sur notre sol. D’autres entités criminelles ne sont pas en reste, on connait ainsi la “Mocro-Maffia” de la cocaïne, d’origine marocaine, basée à Dubaï, et implantée en Belgique et aux Pays-Bas, les ports d’Anvers et de Rotterdam étant les portes de l’Europe[44]. La criminalité à ce niveau prend un caractère géopolitique. Ainsi, l’opposition traditionnelle entre l’Algérie et le Maroc semble devoir être amplifiée par des choix adverses (rapprochement atlantiste de Rabat et attitude pro-russe d’Alger). Les deux pays se disputeront le contrôle de la voie littorale atlantique de l’Afrique, actuellement dominée par le Maroc, mais confrontée à l’épine du POLISARIO soutenu par Alger ; d’autant que dans le Sahara, le départ français du Mali a accru l’influence algérienne. Les cartels de la drogue ont déjà débarqué sur le littoral Ouest-africain et les flux se conjuguent à ceux de la production locale de cannabis au Maroc, vers l’Espagne. Cet axe par Gibraltar est la troisième voie de pénétration (avec le Centre méditerranée vers l’Italie, et la route des Balkans) migratoire, criminelle et terroriste. Curieusement ( ?), les ministères de force français sont dépouillés de leurs outils les plus efficaces : la suppression des prérogatives de l’article 60 du Code des Douanes est concomitante à une réorganisation de la police judiciaire qui placera cette dernière sous la coupe préfectorale, mais lui fera perdre son caractère spécialisé, indispensable pour la lutte contre le crime organisé. Globalement, l’évolution des forces de sécurité intérieure françaises semblent aller dans le mauvais sens[45], en diminuant leur capacité d’action face aux menaces émergentes. Les affaires de corruption qui fleurissent dans le monde politique, qu’il soit français, de l’Union européenne[46] ou des Etats Unis d’Amérique[47], ne sont pas davantage rassurants en matière prospective.

Conclusion

Tenter un exercice de prophétie n’aurait pas de sens ; on peut toutefois proposer trois axes de réflexion crédibles.

  • La revente de nombreuses armes[48] fournies par l’Occident collectif au régime de Kiev crée un risque d’attaques à haut profil médiatique, mais d’ordre ponctuel et limité, tant dans le cadre terroriste qu’en matière criminelle de droit commun.
  • A moyen terme, il existe un risque que ces armements favorisent l’émergence de modèles criminels encore inconnus en Europe. Ceux-ci mettraient en péril les Etats les plus fragilisés économiquement et socialement ; ils amplifieraient le processus de séparatisme autour d’isolats allogènes, alimentés financièrement par le crime, et capables de s’opposer à l’Etat[49], suivant le paradigme des cartels latino-américains ou des mafias balkaniques. Cette évolution accélérerait la bascule de nombreux petits délinquants locaux vers le crime avec emploi mortel des armes, tendance déjà observable.
  • A plus long terme, la constitution d’arsenaux clandestins pourrait mettre à mal la supériorité des forces étatiques en matière de monopole de la force et alimenter une guerre civile.[50]

Ces évolutions ne sont envisageables que si l’Etat dépérit ou se fragilise encore davantage. Il y a un risque plus insidieux : Les clivages de la société française sont déjà nombreux (ethniques, générationnels, économiques, sociaux, culturels, religieux…). Or, la guerre d’Ukraine, en opposant les traditionnalistes qualifiés de « poutinolâtres » ou prorusses, aux tenants des nouvelles idéologies (Wokisme, LGBT, décolonialistes, écologistes punitifs…) généralement pro-Ukraine, crée une fracture supplémentaire. Cette dernière est d’autant plus grave que la non-acceptation de la ligne gouvernementale, qui se confond avec le refus de la Doxa médiatique, est désormais susceptible d’acquérir une dimension d’illégalité, sur un fond de trahison en temps de guerre. Ainsi, sans validation parlementaire ni démocratique, en s’appuyant sur un effort de propagande digne de la Seconde guerre mondiale, une importante partie de la population se trouve sous la menace d’une législation d’exception et d’une répression totalitaire, justifiées par la guerre extérieure[51]. En ce sens, la multiplication des armes entrant sur notre territoire pourra être l’argument justificatif de nombreuses opérations liberticides, selon une procédure plutôt bien rôdée. Ainsi, un risque sécuritaire, pas inexistant mais potentiel, lié à ces armes, créee une menace bien réelle pour les libertés des citoyens.

Olivier CHAMBRIN

 

Ancien officier de l'Armée de Terre ayant servi comme analyste-renseignement en ambassade et dans la Police Nationale

[1] Les Etats acquéreurs exigent de plus en plus des compensations industrielles, sous formes diverses (offsets), sur fond de guerre économique ; les USA exploitent leur position dominante et le cadre de l’OTAN ainsi que l’emploi d’un Dollar « weaponisé » pour peser sur les choix d’équipement de leurs alliés et clients (au sens latin du mot).

[2] On pourrait aussi évoquer Confédération helvétique et Finlande ou Tchéquie.

[3] C’est le cas en Afrique où les programmes de l’ONU tentent sans succès de lutter contre la prolifération des armes légères.

[4] On pourrait y ajouter tous les Etats nés d’une révolte et d’une scission a-nationale, ce qui est la malédiction d’une Afrique héritée de la Colonisation

[5] Il va sans dire, mais encore mieux en le disant, comme le rappelait Talleyrand que l’on peut avoir des opinions politiques affirmées et une foi religieuse profonde sans cesser d’être un excellent citoyen, respectueux d’autrui et des lois.

[6] On peut légitimement s’inquiéter des conditions de sécurité des JO de 2024 notamment.

[7] Certains évoquent l’entrée de la France dans le cercle des Etats « illibéraux »

[8] Mobilisation massive d’insurgés juvéniles et syndicalistes en 1968, puis persistance d’une subversion encadrée idéologiquement, pratiquant un entrisme Gramsciste toujours efficace 50 ans après et coexistant avec des mouvements terroristes, Rote Armee Fraktion  allemande, Brigate rosse italiennes, Action directe Française, GRAPO espagnols, associés avec une nébuleuse terroriste, OLP, FATAH, FPLP et  IRA, ETA, à l’époque bénéficiant d’un soutien -en réalité limité et régulateur- des pays du pacte de Varsovie.

[9] De gauche, comme le Fascisme italien. L’Europe n’a connu que deux régimes autoritaires de Droite dans la péninsule ibérique, le Portugal de Salazar et l’Espagne de Franco ; l’Etat français vichyssois promouvait une révolution nationale et ses penseurs étaient issus de la gauche des années 30.

[10] A noter que le président Poutine fait toujours référence aux Néo-nazis ukrainiens, et que les objectifs de démilitarisation et de dénazification de la SVO font référence aux objectifs définis lors de la Conférence de Potsdam du 17 juillet au 2 août 1945 « Démilitarisation, Dénazification, suivis de Décartélisation, Décentralisation, Démocratisation » les journalistes francophones ignorent cette filiation historique qui éclaire le discours poutinien.

[11] L’échec français de la lutte contre les mouvements coloniaux, a des explications complexes mais se caractérise notamment par l’absence de cette volonté et de buts de guerre clairs et réalistes

[12] Cas de la Rhodésie

[13] Cas de la République d’Afrique du Sud

[14] Cas de Byzance, qui a permis de survivre un millénaire à la chute de l’empire d’Occident

[15] Cas britannique en Irlande du Nord

[16] Bien sûr, selon la lecture historico idéologique retenue, on peut aussi considérer dans une certaine mesure que c’était aussi le cas des Etats coloniaux et de la politique de mise en place de régimes « amis » par l’URSS.

[17] Il y a davantage de « cibles » chinoises à surveiller en France que d’agents pour toute la DGSI et les RT

[18] De manière symptomatique, un Etat fédéral US sans colonies et qui ne subit pas de risque de séparatisme sur son sol (Puerto Rico et Tribus natives étant des épiphénomènes) a développé un considérable corpus de Counter Insurrection (COIN)

[19] Pour ne pas dire toujours. Les exceptions sont d’ordre idéologique lorsqu’il s’agit de se concilier une population ou si un soutien extérieur très puissant permet de s’exonérer du besoin d’alliances internes contre le pouvoir en place.

[20] Cela a été le cas en Chine avant 1949, c’est le cas en Afrique, cela affecte encore partiellement l’Amérique latine.

[21] Certains considèrent qu’il a imposé sa propre mafia et vont même jusqu’à considérer le conflit en Ukraine comme une guerre de clans.  C’est généraliser des détails et négliger le fond psychologique et idéologique au profit de la seule économie, vision typiquement occidentale et même yankee.

[22] Date de promulgation d’un décret-loi d’exception, évidemment jamais revenu à la normale, jurisprudence administrative constante en matière de réduction des droits (effet « cliquet »)

[23] Dont on a mesuré toutes les limites d’emploi lorsqu’il a fallu armer la Résistance à l’occupant nazi

[24] Seul l’arsenal nucléaire a fait l’objet d’un accord international plaçant sous la tutelle de Moscou comme successeur de la RSFU, les têtes nucléaires ukrainiennes.

[25] La guerre d’Indochine a en outre permis une purge sociale, comme celle de 1914 l’avait fait pour le phénomène des Apaches parisiens

[26] Notamment vis-à-vis du voisin iranien

[27] République démocratique du Congo (RDC)= 7,75 Nigeria= 7,15 et Centrafrique= 7,04

[28] Office des Nations Unies contre la drogue et le crime

[29] Il y avait un terrain favorable depuis les années 70, les Nigérians Igbos passaient de la cocaïne et de l’héroïne depuis les diasporas vivant à proximité des zones de production (Karachi, São Paulo et Bangkok) vers les diasporas des pays consommateurs. Ce rôle de simple escale est devenu beaucoup plus important à partir de 2010.

[30] En relation avec les Yakuzas au Japon, les cartels brésiliens. A Marseille et Palerme s’affrontent Vikings, Eiye et Black Axe, qui combattent aussi les autres réseaux locaux

[31] Ces groupes s’affrontent déjà à coup de lance-roquettes et armes automatiques

[32] Au Kosovo, depuis la fin de la guerre, quinze clans se partagent le pays

[33] La France est la proie de mafias internationales (italiennes, russes, bulgares, roumaines…) mais pas indigènes

[34] Une des politiques de l’Arabie Saoudite pour déradicaliser les éléments lambdas des groupes islamistes consiste à fournir épouse et commerce à l’individu concerné, avec un fort taux de réussite.

[35] Qu’un président français a qualifié de séparation

[36] La Suède est désormais le pays de l’UE qui déplore le plus grand nombre de morts par arme à feu rapporté au nombre d’habitants, du fait des actions criminelles d’une quarantaine de clans d’origine extra-européenne

[37] Un problème, puisque l’immigration concerne de jeunes males à près de 80%

[38] L’attaque de fourgons blindés, de centres forts, même de prisons, comme à Fresnes, à l’aide d’explosifs et de lance-roquettes, entre dans ce cadre

[39] Il y a des exceptions, comme lorsqu’une « nourrice » a utilisé des armes qu’il devait conserver, une AK pour tuer un adjoint au maire qu’il avait pris pour un policier à cause du gyrophare de sa voiture, puis un RPG7, dont la roquette n’a pas eu le temps de s’armer, sur un véhicule du commissariat de Montpellier avant de se faire abattre par le GIPN local.

[40] Largement banalisées malgré le risque létal et leur classement légal qui permettrait l’ouverture du feu en réponse

[41] Malaparte a écrit sur la nécessité de confier le coup d’Etat à des professionnels, dans le cadre d’Etats modernes ; Luttwak a précisé le propos, mais en étudiant les coups contemporains dans des Etats sous-développés. Il distingue le coup d’Etat, de la Révolution, du putsch, de la guerre civile.

[42] En témoignent tous les échecs successifs de « State building » depuis trois décennies.

[43] Le déploiement des forces d’intervention, dont le MO n’est pas le métier, pour rétablir l’ordre public, est un signal inquiétant.

[44] 20 à 25 % des entrées de cocaïne en Europe passeraient par Anvers

[45] Recentrage autour de la préservation des institutions au détriment des populations, décentralisation de la sécurité publique auprès des collectivités locales, atomisation et mise sous tutelle administrative des pôles d’enquêtes, politique à court-terme du Renseignement dont les priorités changent trop rapidement et systématiquement et au détriment de l’analyse, affaiblissement idéologique et politique du modèle policier, complexification juridique, incapacité à maintenir le budget nécessaire aux paies et aux investissements immobiliers et d’équipements. Comme les entités biologiques, les organismes sociaux gèrent la perte en ressources en se recentrant sur la tête et en sacrifiant les extrémités.

[46] Corruption de la vice-présidente du Parlement Européen par le Qatar, interrogations sur les marchés imposés par l’actuelle présidente de la commission européenne, gestion opaque en tant que maire du Chancelier allemand

[47] L’implication de la famille Biden en Ukraine et ses ingérences sont bien documentées

[48] De 25 à 30 % des livraisons, d’après différentes sources, notamment nordaméricaines

[49] De telles zones grises existent au Pakistan ou au Mexique par exemple, et sous forme embryonnaire au Royaume-Uni, en Suède, en Belgique voire en France

[50] Toutefois, les armements les plus avancés technologiquement ne sont pas éternels. Les unités de refroidissement des MANPADS, les unités de commande des ATGM ont une durée de vie finie. En outre les armements livrés à Kiev sont souvent en dépassement de leur péremption théorique.

 

[51] Ou intérieure, il est vraisemblable que les troubles civils qui agitent les villes françaises serviront de justification à un accroissement du contrôle social, des réseaux sociaux, des rapprochements idéologiques et culturels.

Groupuscules violents lors des manifestations : Audition d'Alain Bauer - 06/07/203

Thibault de Montbrial : Le bilan des émeutes avec le meilleur spécialiste de la sécurité intérieure

Nadine Morano : Emeutes, quartiers et immigration de masse

Bassem, l’influenceur qui dénonce les émeutiers issus de sa « communauté »

Source : Bd. Voltaire - par Félix Perrollaz - Le 11/07/2023

Le personnage est truculent et étonnant. « Vous vous imaginez, c'est comme si des Français catholiques volaient du poisson pané en criant "Vierge Marie, Vierge Marie"... » : ces propos sont extraits d'une vidéo de Bassem, de son vrai nom Bassem Braïki, publiée le 9 juillet dernier. Blogueur et ancien rappeur franco-tunisien, il vit dans la métropole lyonnaise. Électron libre des réseaux sociaux, réputé pour son franc-parler provocateur, il n’hésite pas à s’attaquer aux émeutiers issus de sa « communauté » musulmane.

Depuis le début des émeutes, Bassem donne un avis bien tranché sur la situation. L’homme est très suivi sur les réseaux sociaux (285.000 abonnés sur TikTok, 342.000 sur YouTube) et s’adresse plutôt aux jeunes des quartiers. Il s'était fait connaître, par ailleurs, de la jeunesse de droite en 2020 lorsque, commentant la transformation d'églises en salles de sport ou en boîtes de nuit, il avait déclaré que « [C'était] un scandale ».

« Qui c’est qu’on a vu sortir du magasin, c’est une sœur de l’Église ? Non. »

Dans un autre clip, il n’hésite pas à tacler les casseurs. Revenant sur l’affaire Nahel, il diffuse une vidéo, le 30 juin, intitulée « Ma réaction ». Et il commence très fort : « En 48 heures, un drame où on a tous été touchés, où on soutenait tous à 10.000 %. Nous avions un boulevard pour faire valoir nos droits. En 48 heures, vous avez tout niqué » (sic). Un petit message à passer à la famille Traoré, peut-être ? Il continue : « Si vous pensez à sa mère, vous ne l’auriez pas fait monter sur un scooter. Et vous l’aurait pas dit de monter sur un camion en faisant la statue de la liberté. C’est pathétique et c’est inadmissible » (resic). Même s'il cautionne à demi-mot les violences contre les policiers - « À partir du moment où il y a un mort et les quartiers se battent contre l’institution, la police. Nous n’avons pas de problème avec ça, nous n’avons aucun problème avec ça, ça a toujours existé et ça existera toujours » -, toujours dans cette même vidéo, Bassem n'y va pas de main morte : « Vous vous en foutez de la mort des petits, vous faites descendre votre mère pour qu’elle aille à Lidl et sortir avec un chariot. Vous n’avez jamais mangé de votre vie ? Vous n’avez pas honte ? Vous allez voler de la nourriture. » L’homme, de confession musulmane, continue et déplore les agissements de sa « communauté » : « C’est un comportement digne de notre communauté, ça. Bah oui, on va pointer du doigt qui ? Qui c’est qu’on a vu sortir du magasin, c’est une sœur de l’Église ? Non. »

 

Un nouvel extrait vidéo a été diffusé sur Twitter, à la suite d’un direct sur le réseau social TikTok. Si BV n'a pas pris connaissance des propos tenus pendant le direct, plusieurs extraits sont, depuis, disponibles sur les réseaux sociaux. Et comme à son habitude, l'influenceur y va fort, très fort : « Tous les clochards qui allaient voler du halal à Lidl, ils sortaient avec des sacs "par Allah, par Allah". Vous vous imaginez, c'est comme si des Français catholiques volaient du poisson pané en criant "Vierge Marie, Vierge Marie"... » » Il évoque alors des femmes niçoises, non musulmanes, qui auraient crié des slogans musulmans…Drôle de tendance.

« Prends les mêmes personnes et ramène-les au bled »

Dans un autre extrait d’une vidéo en direct, diffusée la semaine dernière, il ajoute : « Est-ce que quand tu les vois faire tomber la boutique Lacoste, est-ce que tu les entends dire "Jésus, Marie, Joseph". Non. Par contre, nous "par Allah, par Allah, wallah, Allah Wakbar". » Et d'ajouter : « Est-ce que tu les entends dire "par le Saint-Esprit" quand ils jettent des trucs ? Non. Il y a que nous. Nous, même ceux qui sont pas musulmans. »

Contrairement aux jeunes de quartiers qui n’hésitent pas à s’envoyer des vidéos d’émeutes et à s’encourager pour casser, brûler, dégrader, Bassem est un dissident : « Ne comparez jamais 2005 à aujourd’hui. Car vous, aujourd’hui, c’est la course au buzz. Qui fera la plus grande dinguerie. »

À défaut d'obéir à la police ou à leurs parents, les jeunes émeutiers écouteront peut-être les conseils de cet influenceur qui conclut : « Vous avez gagné. Les couvre-feux arrivent en plein été. […]. Prends les mêmes personnes et ramène-les au bled. Demande-leur de faire la même chose. Ha ha ! Pas pareil, là. »

 

[Chronique] Émeutiers et pillards, aucun lien avec l’immigration, vraiment ?

Source : Bd. Voltaire - par Stéphane Buffetaut - Le 09/07/2023.

Un des problèmes de ce gouvernement, et de M. Darmanin en particulier, c’est qu’ils ont la fâcheuse habitude de prendre les Français pour des imbéciles voire de se moquer ouvertement d’eux. Interrogé au Sénat par la sénatrice Eustache-Brinio qui lui demandait « Pourquoi ne pas dire que beaucoup de ces jeunes sont issus de l’immigration ? C’est factuel », le ministre de l’Intérieur a répondu, avec le petit ton calme et doucereux du mauvais prédicateur, que « l’explication seulement identitaire serait erronée » mais qu’en revanche, « la question de l’intégration et de la réussite de l’assimilation est intéressante » ! Dans un pays normal, M. Darmanin aurait dû être reconduit à son ministère coiffé d’un bonnet d’âne.

Ainsi, avec la tonalité d’une conversation de salon, ce personnage concède que « la question de l’intégration et de la réussite de l’assimilation est intéressante » alors que partout en France, durant six jours, des meutes de pillards et d’émeutiers ont incendié et détruit 1.000 bâtiments, 5.000 véhicules, allumé 10.000 feux de poubelles, attaqué 250 gendarmeries ou commissariats de police (BFM TV), menacé la vie de la famille du maire de L’Haÿ-les-Roses et que le coût direct des dommages causés a été estimé à 280 millions d’euros (Fédération France assurance) ! Le calme ne serait revenu qu’à la demande des caïds de la drogue et des imams…

La réalité est qu’une partie des immigrations qui se sont installées en France ne s’est ni intégrée ni, a fortiori, assimilée. Que les enfants de ces vagues d’immigration qui ont reçu la nationalité française en raison de l’absurde droit du sol et d’un large regroupement familial, non seulement ne se sentent pas Français, mais encore sont entretenus dans la haine de la France. Ils constituent comme un corps étranger, bien que juridiquement français, au sein de la nation. Ce qui amenait François Hollande, en privé, à évoquer une inévitable partition.

Or, cette situation n’est pas le fruit du hasard mais celui de l’incurie et de l’impuissance des gouvernements de droite et de gauche qui, pendant quarante ans, ont pratiqué le «laisser-faire, laisser-passer» en matière d’immigration et se sont refusés, par crainte des activistes de gauche et des militants des droits de l’homme, de sélectionner les immigrations et de réformer un droit inadapté à la situation actuelle de la France et du monde.

Car les immigrations ne sont pas toutes semblables. A-t-on vu les Asiatiques saccager nos villes ? A-t-on vu les Arméniens, Maronites, Coptes et Syro-Caldéens, originaires du Moyen-Orient ou du Caucase, incendier nos quartiers ? Osons enfin dire que, derrière le refus de l’intégration, se profile une question de civilisation et de haine entretenue pour tirer vengeance d’une colonisation passée, le cas algérien étant emblématique.

Comment cela finira-t-il ? Mal.

Car les populations en question sont françaises en droit et, hors du cas des binationaux, ne peuvent être déchues de leur nationalité car le droit international interdit de faire des apatrides. Il existe donc un ferment de guerre civile entre des Français qui se sentent Français et des Français de droit qui rejettent la France et se considèrent en pays conquis dans certaine parties du territoire.

Il est plus que probable que le gouvernement actuel et d’éventuels gouvernements de la même mouvance ne feront rien pour remédier à cet état de fait et pour contrôler les flux migratoires. Lassés de l’inaction politique et la clémence judiciaire, les citoyens finiront par se constituer en milices d’autodéfense et nous entrerons alors dans le processus de désintégration de ce que l’on appelle la République. À l’effroi ou la consternation de beaucoup. Mais comme le disait Bossuet : « Dieu se rit de ceux qui déplorent les effets des causes qu’ils chérissent. »

PARIS : Immigration, l’analyse de Pierre BROCHAND, ex patron de la DGSE

Source : Presse agence - Le 07/12/2022

Voici le texte complet, sublime, éblouissant, exceptionnel, éclairant, de Pierre Brochand, ex patron de la DGSE et ancien Ambassadeur de France.

Il a été prononcé le 15 novembre 2022 dans les salons du Sénat, devant l’amicale Gaulliste de notre « chambre haute ».

Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Président de l’Amicale gaulliste,
Mesdames et Messieurs les sénateurs,

Elle est un grand honneur, pour quelqu’un qui a commencé à servir la France sous le Général de Gaulle et en garde, évidemment, une admiration inconditionnelle. Vous m’avez demandé de parler d’immigration et j’ai suggéré qu’on ajoute « enjeu central ». J’aurais pu aussi bien proposer « enjeu principal ».

Pour deux raisons :

– D’un côté, j’estime que, de tous les défis qu’affronte notre pays, l’immigration est le seul qui menace la paix civile et, à ce titre, j’y vois un préalable à tous les autres.
– D’un autre côté, l’immigration exerce sur l’ensemble de notre vie collective un impact transversal, que je tiens pour globalement négatif.

Mais, faute de temps, je négligerai ce second aspect, qui se traduit concrètement par une tiers-mondisation rampante de la société française et sa régression continue dans des domaines clés, tels que l’éducation, la productivité, les services publics, la sécurité, la civilité, etc. En d’autres termes, si tout ce qui va mal en France n’est pas la faute de l’immigration, loin s’en faut, elle y participe dans une mesure, à mon avis, très sous-estimée. Disant cela, je précise aussitôt que mon sujet n’est pas l’immigration en général, laquelle n’est pas du tout un mal en soi, mais bien l’immigration très particulière que nous subissons depuis 50 ans.

Qui suis-je pour sonner le tocsin ?

A priori, je n’y étais pas destiné, puisque j’ai suivi un parcours exclusivement extérieur. Mais, avec le temps, je me suis aperçu, non sans angoisse, que les dures leçons, tirées de mes expériences au-dehors, s’avéraient de plus en plus pertinentes au-dedans, dès lors que, par le jeu de l’immigration, ce  » dehors  » était devenu notre « dedans ».

Quels sont ces enseignements ou ces vérités pas toujours bonnes à dire ?

D’abord, que le réel du monde n’est ni joli, ni joyeux, et qu’il est suicidaire de l’insulter, car, tel un boomerang, il se venge au centuple. Ensuite, que, dans l’action, le pire des péchés est de prendre ses désirs pour des réalités. Que, si le pire n’est pas toujours sûr, il vaut mieux le prévoir pour le prévenir. Que les sociétés  » multi  » sont toutes vouées à se déchirer. Que nous ne sommes pas plus  » malins  » que les Libanais ou les Yougoslaves, pour faire  » vivre ensemble  » des gens qui ne le souhaitent pas. Et, enfin, surtout, que, dans les relations entre groupes humains, personne ne fait de cadeaux à personne, que les conseilleurs – fussent-ils le New York Times ou SOS Méditerranée – ne sont jamais les payeurs et que, si nous ne prenons pas en charge nos intérêts vitaux, nul ne le fera à notre place.

Deux indications complémentaires :

D’une part, je ne m’embourberai pas dans les chiffres. Car, avec près d’un demi-million d’entrées annuelles et un taux de 40% d’enfants de 0 à 4 ans d’origine immigrée, la cause me paraît entendue sur ce plan. D’autre part, il est clair qu’à ce niveau-là, nous ne sommes plus dans l’addition de cas individuels – tous singuliers -, mais bien dans la réactivation de puissantes forces collectives, ancrées dans l’Histoire. Si bien que procéder à des généralisations raisonnables – ce que l’on conspue en général sous le nom d’amalgame – n’a en fait, pour moi, rien de scandaleux.

Ceci posé, je diviserai mon intervention en trois parties :

– D’où venons-nous ?
– Où en sommes-nous ?
– Où allons-nous ?

1. D’où venons-nous, ou, si l’on préfère, de quelle immigration est-il question ?

Commençons par tordre le cou au  » canard « , selon lequel la France aurait toujours été un pays d’immigration. Pendant 1000 ans, des Carolingiens à Napoléon III, rien ne s’est produit.

Depuis 1850, en revanche, nous avons connu trois vagues :

– La première a duré un siècle. D’origine euro-chrétienne, discrète, laborieuse, reconnaissante, régulée par l’économique et le politique, elle a représenté un modèle indépassable de fusion réussie.

– La deuxième a commencé dans les années 1970 et n’a fait que s’amplifier depuis. Elle est l’exact contraire de la première. C’est une immigration de peuplement irréversible, qui n’est calibrée ni par l’emploi, ni par le politique, mais engendrée par des droits individuels, soumis au seul juge national ou supranational. Nous sommes, donc, submergés par des flux en pilotage automatique,  » en roue libre « , dont les Français n’ont jamais explicitement décidé. Mais, surtout, l’écart identitaire qui nous sépare des arrivants n’a aucun équivalent dans notre Histoire. Tous viennent du « tiers-monde », de sociétés hautement défaillantes, et la majorité est de religion musulmane, ainsi qu’originaire de nos anciennes colonies. De plus, tous sont, comme on le dit aujourd’hui,  » racisés « .

– La troisième lame a été déclenchée, il y a 10 ans, par le soi-disant  » Printemps arabe « , dont elle est une des conséquences néfastes. C’est pourquoi elle a d’abord pris la forme d’une crise d’urgence, rapidement devenue permanente, sous l’impulsion d’un nouveau dévoiement du droit, cette fois le droit d’asile, au besoin conforté par le droit de la mer et celui des mineurs.

2. Où en sommes-nous ou  » l’état des lieux  » ?

Comme pour tout phénomène social, je vais, d’abord essayer d’en prendre une photographie, avant d’en dérouler la dynamique.

On n’a pas compris grand-chose à l’immigration actuelle si l’on n’a pas perçu d’emblée qu’elle était virtuellement conflictuelle, que ces conflits n’étaient pas quantitatifs mais qualitatifs – donc insolubles – et qu’ils s’inscrivaient, in fine, dans le très douloureux retour de bâton anti-occidental, déclenché par la globalisation.

En feignant d’ignorer ce déterminisme, nous avons été assez fous pour réinjecter chez nous les ingrédients des trois tragédies qui ont causé nos pires malheurs dans le passé :

– La discorde religieuse, théoriquement enterrée en 1905.
– L’antagonisme colonial, en principe clos en 1962.
– Le fléau du racialisme, dont nous pensions être libérés depuis 1945.

S’agissant du religieux, c’est-à-dire l’islam, aucune « méthode Coué » ne me convaincra que cette confession, entièrement et fraîchement importée par l’immigration, ait pu soudain se transformer en homologue du christianisme, enraciné chez nous il y a quinze siècles et depuis longtemps domestiqué par une laïcité, taillée à sa mesure. D’une part, en tant que croyance, l’islam est une religion  » à l’ancienne « , un bloc d’hétéronomie, un code englobant de pratiques ostensibles, un pavé de certitudes communautaires, brutalement tombé du ciel dans la mare d’une société post-moderne, qui ne croyant plus à rien, est complètement prise à contrepied par cette effraction foudroyante (il y a aujourd’hui, en France, 25 fois plus de musulmans que dans les années 1960). D’autre part, en tant que civilisation totale, fière, guerrière, offensive, militante, l’Islam a très mal vécu son humiliation par l’Occident depuis deux siècles. Dès que la globalisation lui en a offert l’opportunité, il s’est réveillé tel un volcan. De cette éruption, nous connaissons les manifestations : djihadisme, salafisme, islamisme, réislamisation culturelle. Tous symptômes désormais présents sur notre sol, comme autant d’expressions crisogènes de l’insatisfaction d’un agent historique  » anti-statu quo « , qui aspire à l’hégémonie là où il est présent, et, quand il y parvient, ne partage pas notre déférence pour les minorités.

C’est pourquoi, il faut avoir une  » cervelle de colibri  » – de Gaulle dixit – pour oublier que musulmans et européens n’ont cessé de se disputer, depuis 13 siècles, le contrôle des rives Nord et Sud de la Méditerranée et il faut être bien naïf pour ne pas percevoir, dans les courants de population d’aujourd’hui, une résurgence de cette rivalité millénaire, qui, il convient de le rappeler, a toujours mal fini. Si, pour sa part, l’antagonisme colonial ne s’est pas estompé 60 ans après, c’est que, là aussi, nous avons été assez stupides pour imaginer, qu’en reconstituant, sous le même toit métropolitain, le face-à-face de gens qui venaient de divorcer outre-mer, on parviendrait à les rabibocher. Erreur fatale, car pas plus que les croyances, certaines mémoires ne sont conciliables. D’où le fait, jamais vu nulle part, d’une immigration à tendance victimaire et revendicative, portée autant au ressentiment qu’à l’ingratitude et qui, consciemment ou non, se présente en créancière d’un passé qui ne passe pas. Quant au clivage racial, il tient à la visibilité des nouveaux venus dans l’espace public, elle aussi sans antécédent. Ce qui conduit, hélas, à instiller dans les esprits,  » à notre insu, de notre plein gré « , une grille de lecture ethnique des rapports sociaux, où, par contamination, chacun finit par être jugé sur sa mine. Ce qui conduit aussi, deux fois hélas, à inoculer chez nous le virus mortel du modèle américain et, pire encore, de son hystérisation wokiste.

Glissement ô combien frauduleux et scandaleux, puisqu’il donne à penser à nos immigrés qu’ils sont, eux aussi, des descendants d’esclaves. De là, ce que l’on pourrait appeler le  » syndrome Traoré « , dont il ne faut surtout pas minimiser les ravages.

Mais, non contents d’avoir ranimé ces trois incendies mal éteints (religieux, colonial, racial), nous avons réussi l’exploit d’en allumer trois nouveaux, inconnus de notre histoire récente :

– Le premier tient à l’intrusion incongrue de mœurs communautaires d’un autre temps, héritées des pays d’origine et perpendiculaires à notre mode de vie : primauté des liens de sang, système de parenté patrilinéaire, contrôle des femmes, surveillance sociale de la sexualité, endogamie, culture de l’honneur et ses corollaires (justice privée, loi du talion, omerta), hypertrophie de l’amour-propre, inaptitude à l’autocritique. Sans oublier polygamie, excision, voire sorcellerie, etc.

– Autre dissension inouïe : l’alter nationalisme des arrivants, qui à la différence de leurs prédécesseurs, entendent conserver la nationalité juridique et affective de la patrie d’origine, très largement mythifiée. Avec tous les dégâts que peut causer cette dissociation rare entre passeport et allégeance.

Souvenons-nous, tous les jours, du coup de tonnerre fondateur que fut le match de football France/Algérie en 2001, tristement révélateur de l’émergence surréaliste de « Français anti-français ».

– Enfin, « cerise sur le gâteau », ces communautés venues d’ailleurs n’ont pas seulement des contentieux avec la France, mais aussi entre elles : maghrébins/sub-sahariens ; algériens/marocains ; turcs/kurdes et arméniens ; afghans, tchétchènes, soudanais, érythréens, somaliens, pakistanais, prêts à en découdre, chacun de leur côté ; roms rejetés par tous. Sans omettre l’effrayant parachutage d’un antisémitisme de type oriental.

Ainsi, sorte de  » cadeau bonus « , nous assistons au spectacle peu commun d’un territoire, transformé en champ clos de toutes les querelles de la planète, qui ne nous concernent pas.

Voilà pour la photo, pas très réjouissante, je le reconnais. J’en viens à la  » dynamique « , qui ne l’est guère davantage.

Elle se résume à trois théorèmes très simples :

Un. Les courants d’immigration sont cumulatifs. Aux effets de flux s’ajoutent des effets de stock, qui à leur tour, génèrent de nouveaux flux.

Deux. Ces courants obéissent aussi à des effets de seuil. Au-delà d’un certain volume, ils changent de nature et de signe. D’éventuellement positifs, ils passent à négatifs.

Trois. Ce seuil de saturation est d’autant plus vite atteint que le fossé entre société de départ et d’arrivée est profond.

Tentons d’appliquer ces formules dans le concret. Quand un groupe humain projette d’emménager chez un autre, il n’y a que cinq possibilités :

– (1) L’interdiction
– (2) L’absorption
– (3) La négociation
– (4) La séparation
– (5) L’affrontement

L’interdiction est tout simplement la mise en œuvre du « principe de précaution », que l’on invoque, à satiété, dans quasiment tous les domaines. Sauf apparemment celui de l’immigration, où il aurait pourtant consisté à bâtir une digue avant que n’arrive le tsunami. Autant dire qu’un projet aussi volontariste ne nous a même pas traversé l’esprit. L’absorption ou assimilation, par ralliement asymétrique et sans retour à la culture d’accueil, fut longtemps notre paradigme. Nous l’avons abandonné en rase campagne, par renoncement à nous-mêmes, mais aussi par nécessité, car les volumes que nous avons admis ont très vite excédé ce seuil très exigeant.

C’est pourquoi, nous avons cru pouvoir nous rabattre sur l’option 3.*

La négociation ou l’intégration est, en effet, une position intermédiaire, où chacun fait un pas vers l’autre, mais où les immigrés gardent leur quant à soi : un pied dedans, un pied dehors. En bref, un compromis qui n’efface pas les divisions, mais espère les transcender par accord tacite sur une plateforme minimale : le respect des lois et l’accès à l’emploi. Cependant, en pratique, il s’avère que le plus gros des efforts est à la charge du groupe qui reçoit – c’est-à-dire nous -, aussi bien en termes financiers (politique de la ville, protection sociale), que de dérogations à nos principes (discrimination positive, mixité imposée, quotas). Au final, certes, les intégrés sont plus nombreux que les assimilés, car le seuil de tolérance est plus élevé dans leur cas. Pour autant, ils ne sont pas majoritaires et je crains, surtout, que le contrat implicite, passé avec eux, ne soit qu’un CDD, susceptible de ne pas être renouvelé à échéance, si les circonstances changent et, notamment, si les immigrés et descendants franchissent – ce qui est inéluctable en prolongeant les tendances actuelles – la barre des 50% de la population. Ainsi, ces résultats, pour le moins mitigés et ambigus, ont ouvert un boulevard à l’option 4 : la séparation, qui, dans les faits, est la preuve par neuf de l’échec des trois précédentes. Car, au fond, le scénario sécessionniste est la pente la plus naturelle d’une société « multi ».

Quand des groupes répugnent à vivre ensemble, ils votent avec leurs pieds, se fuient, se recroquevillent, comme autant de répliques du séisme initial qu’est la migration. Se constituent, alors, ce qu’on appelle des diasporas, soit des noyaux durs introvertis, formés de populations extra-européennes, ni assimilées, ni intégrées et à tendance non coopérative. Ces isolats territoriaux vont inéluctablement développer une double logique de partition et d’accélération. Partition, par inversion de la pression sociale, dans le sens de la conservation et de la transmission des codes culturels d’origine, y compris – ce qui est stupéfiant – à travers la réislamisation des jeunes. Soit une espèce de contre-colonisation, par le bas, qui ne dit pas son nom. Accélération, car les diasporas, dont le taux d’accroissement naturel est déjà très supérieur à la moyenne nationale, deviennent, à leur tour, génératrices d’immigration par aspiration juridique et aide à l’accueil.

D’où, en fin de compte, deux évolutions effarantes, là encore, jamais observées :

– Une immigration, qui diverge au fil des générations
– Une immigration, qui s’autoproduit en boule de neige
Immigration: « Cafouillage organisé » :

De sorte qu’entre cet  » archipel  » et le reste du pays, s’effondre la confiance sociale, fondement même des sociétés heureuses. Là où la défiance devient système, ne tarde pas à disparaître l’altruisme au-delà des liens de parenté, c’est-à-dire la solidarité nationale. À commencer par son navire amiral : l’État providence, dont la perpétuation exige un minimum d’empathie entre cotisants et bénéficiaires. L’économiste Milton Friedman avait coutume de dire, à mon avis fort justement, que l’État providence n’était pas compatible avec la libre circulation des individus. Or, face à ces micro-contre-sociétés, nous sommes comme tétanisés. Nous y repérons, non sans raison, autant de cocottes-minute, dont nous redoutons avant tout qu’elles n’explosent en même temps. Et pour l’éviter, nous sommes prêts à passer du compromis aux compromissions, en surenchérissant sur les concessions déjà consenties pour promouvoir l’intégration. C’est ce que l’on appelle, par antiphrase, les  » accommodements raisonnables « , lesquels ne sont rien d’autre que des reniements en matière de liberté d’expression, de justice pénale, d’ordre public, de fraude sociale et de laïcité ou sous forme de clientélisme subventionné. Tous ces arrangements au quotidien ont beau se multiplier, ils ne suffisent pas à acheter la paix sociale et c’est alors que  » ce qui doit arriver arrive  » : quand plusieurs pouvoirs sont en concurrence ouverte, sur un même espace, pour y obtenir le monopole de la violence mais aussi des cœurs et des esprits, c’est le 5e cas de figure qui se réalise.

L’affrontement. Ce que l’on désigne pudiquement par l’expression « violences urbaines » et dont on connaît bien la gamme ascendante. Au plus bas, les incivilités courantes qui, parce qu’impunies, incitent à aller plus loin. Un cran au-dessus, une sur délinquance, vécue in petto, comme une juste compensation. Puis, des manifestations de protestations ou même de célébrations, qui s’achèvent en razzia ou en vandalisme. Un degré plus haut, des émeutes qui s’en prennent à tout ce qui incarne la France, y compris pompiers et médecins.

Émeutes qui dégénèrent désormais en guérillas de basse intensité, sorte d’intifada à la française ou de  » remake  » en mineur des guerres coloniales. Avec comme point culminant de ce continuum, le terrorisme djihadiste, dont notre pays est la principale cible en Europe.

Au vu de ce bilan, mon sentiment est que, si nous restons les bras croisés, nous allons au-devant de grandes infortunes et de terribles déconvenues.

3- Où allons-nous ? Que faire ?

Il y a deux préconditions à l’action : la transparence statistique et le rejet du discours intimidant.

Si l’on veut s’attaquer à un problème, il est indispensable d’en cerner la dimension réelle. Or l’appareil statistique, centré sur le critère de la nationalité, ne permet pas d’évaluer toutes les répercussions d’un phénomène qui lui échappe largement. C’est pourquoi, il est impératif de nous orienter vers des statistiques et projections dites « ethniques », dont l’interdiction n’est qu’une hypocrisie et une coupable préférence pour l’ignorance, donc le statu quo.

Quant au discours intimidant, c’est l’incroyable prêchi-prêcha que nous servent les médias, les ONG, les « people », et dont la seule finalité est d’organiser l’impuissance publique. Ces éléments de langage, que l’on nomme à tort  » État de droit « , ne sont, à mes yeux, que le reflet d’une idéologie qui, à l’instar de toutes les idéologies, n’a rien de sacré. À ceci près qu’elle est dominante depuis 50 ans. Son dogme central, nous le savons tous, est de faire prévaloir, partout et toujours, les droits individuels et universels d’êtres humains présumés interchangeables, amovibles à volonté, dans un monde sans frontières, où tout serait parfait, sans l’obstacle anachronique de l’État national, « ce pelé, ce galeux d’où vient tout le mal », car seul théoriquement capable de dire non à cette chienlit. Raison pour laquelle on s’est très soigneusement employé à le rééduquer, en l’amputant de ses bras régaliens pour le conformer au nouvel idéal : laisser aller, laisser courir, laisser tomber. Le plus grave est que cette utopie ne se préserve des assauts du réel qu’en usant d’un moyen méprisable : le chantage. Le chantage au racisme, qui, à coups de fatwas, promet la mort sociale à tous ceux qui s’aviseraient de sortir la tête de la tranchée. Or, cette doxa, en forme de conte de fées, il ne faut pas craindre de proclamer qu’elle est fausse et incohérente.

Fausse, car, s’il est vrai que les immigrés entrent comme des individus, il est non moins effectif qu’ils s’implantent comme des peuples. Et c’est précisément cette évidence limpide que le narratif officiel nous interdit de voir.

Incohérente, car ladite doxa ne cesse de se contredire. On nous raconte simultanément que l’immigration n’existe pas, qu’elle existe et que c’est une bénédiction, qu’elle a toujours existé et que c’est une fatalité, que l’accueillir est un devoir moral, mais qu’elle va payer nos retraites et pourvoir aux emplois dont les Français ne veulent pas, que si elle cause la moindre difficulté, c’est parce qu’elle est mal répartie dans l’espace ou que l’on n’y consacre pas assez de moyens budgétaires, car ce n’est qu’un problème de pauvreté, d’urbanisme ou, au pire, d’immigration irrégulière. Mais, en bout de course, on finit toujours par se heurter au même argument massue :  » ne mettez pas d’huile sur le feu, car vous faites le jeu d’un tel ou d’un tel « . Argument qui est, sans doute, le plus extravagant de tous, en ce qu’il reconnaît qu’il y a bien un incendie en cours, mais qu’il est préférable de le taire pour des raisons qui n’ont rien à voir.

Rendus à un tel niveau d’absurdité, nous nous retrouvons face à une trifurcation :

– Soit on prend au sérieux ces fariboles et on laisse tout filer : on roule vers l’abîme, en appuyant sur l’accélérateur,
– Soit on reste benoîtement dans les clous et on se borne à accompagner le phénomène, en votant, tous les 3 ou 4 ans, des lois qui font semblant de traiter de l’immigration, mais qui, en fait, relèvent de sa gestion administrative et technocratique. Ce n’est que reculer pour mieux sauter,
– Soit on réussit à se dépêtrer de notre camisole et à reprendre, en faisant enfin preuve de volonté politique, le volant du camion fou qui roule tout seul depuis 50 ans.

Vous avez deviné que mon choix est évidemment le dernier. Mais plus précisément ?

L’immigration – il est facile de le comprendre – fonctionne comme une pompe qui refoule d’un lieu et aspire vers un autre. Nous ne pouvons rien, ou presque, pour empêcher le départ. Nous pouvons tout, ou presque, pour décourager l’arrivée.

D’où 6 grands axes :

– Envoyer, urbi et orbi, le message que le vent a tourné à 180°, en s’attaquant bille en tête à l’immigration légale, qu’il convient de diviser au moins par 10.
– Trancher à la même hauteur l’accès à la nationalité, qui doit cesser d’être automatique.
– Contenir l’immigration irrégulière, en divisant par 20 ou 30 les visas, y compris étudiants, accordés aux pays à risques, en n’acceptant plus aucune demande d’asile sur notre territoire, en abolissant toutes les récompenses à la tricherie (aide médicale d’Etat, hébergement, régularisations, débarquement de navires  » sauveteurs « ).
– Atténuer l’attractivité sociale de la France, en supprimant toutes les prestations non contributives aux étrangers, HLM compris, et en limitant à 3 enfants, par famille française, des allocations familiales, revalorisées sans conditions de revenus.
– Dégonfler les diasporas, en réduisant les types, durées et nombres de titres de séjour et en excluant les renouvellements quasi-automatiques.
– Muscler notre laïcité  » chrétienne  » pour l’adapter au défi très différent de l’islam, en ne neutralisant plus seulement l’Etat et l’école, mais aussi l’espace public, les universités et le monde de l’entreprise.

Si ces propositions s’inscrivent dans le cadre du droit existant, tant mieux, sinon il faudra le changer, quel qu’en soit le prix. Car le retournement proposé relevant désormais du salut public, sa férocité n’est que la contrepartie du temps perdu. Je viens de vous présenter un diagnostic. À savoir que, si nous persistons dans notre aveuglement, nous allons vers un pays, où, a minima et par implosion lente, la vie ne vaudra plus la peine d’être vécue, ou, a maxima, vers un pays, où, à force d’explosions, on ne pourra plus vivre du tout. On peut ne pas partager cette évaluation et, dans ce cas, j’aurais parlé pour ne rien dire. Mais on peut aussi y adhérer et, dans ce cas, les mesures avancées sont notre dernière chance. J’ai conscience de ce que certains d’entre vous ont pu me trouver excessif, alarmiste, irréaliste, sans nuance, ni générosité, que sais-je encore. Je vous accorderai volontiers deux autres défauts. D’une part, mon caractère peut être qualifié d’obstiné, en ce que je n’accepterai jamais d’affirmer qu’il fait nuit en plein jour. D’autre part, c’est vrai, je suis obsédé, mais mon obsession est uniquement tournée vers la France qui vient, à échéances de 10, 20, 30 ou 40 ans : celle de nos enfants et petits-enfants, auxquels notre devoir élémentaire est de ne pas léguer un pays chaotique, alors que nous l’avons reçu de nos aînés comme un cadeau magnifique. Ultime question, dont je suppose que nous nous la posons tous, de temps à autre : que ferait le Général de Gaulle, dans le monde si différent d’aujourd’hui ?

 

Nul ne le sait, mais je suis personnellement convaincu de deux choses : s’il avait été au pouvoir au cours du dernier demi-siècle, il ne nous aurait jamais mis dans le pétrin que j’ai décrit ce soir et s’il ressuscitait, je redoute qu’il ne me prenne pour un modéré bien timoré.

 

Emeutes : Que la fête continue !

Source : Bd. Voltraire - par Philippe Joutier - Le 08/07/2023.

Interpellé à l’Assemblée, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin nous l’assure : « Moins de 10 % des interpellés étaient étrangers » et « 90 % français ». Mais de quels Français parle-t-on exactement ?

 

 

Nous découvrons, en effet, que le jeune Nahel, un garçon pourtant né à Nanterre, et qui a grandi en banlieue parisienne avec sa mère, serait algérien. En tout cas, c'est comme cela qu'on peut le comprendre, si on lit entre les lignes le communiqué du ministre des Affaires étrangères algérien. Publié jeudi 29 juin, il réaffirme « le souci constant du gouvernement algérien d’être aux côtés des membres de sa communauté nationale au moment de l’adversité et de l’épreuve ». « Communauté nationale ». Vous avez bien lu. Alors, ce malheureux Nahel, Monsieur le Ministre, français ou algérien ?

J’avais déjà réagi dans ces colonnes lorsque, sur France 24, le 4 juillet 2020, Abdelmadjid Tebboune évoquait « les six millions d’Algériens vivant en France ». Pour le président algérien, il ne s’agissait donc pas de Français ni même de Franco-Algériens mais bien d’Algériens, propos stupéfiants mais qui n’avaient malheureusement pas ému grand monde. Géniale, la double nationalité : française pour les assurances sociales, algérienne pour tout le reste ?

Xavier Driencourt, ambassadeur de France à Alger, d’abord de 2008 à 2012, puis de 2017 à 2020, ancien directeur général de l’administration du Quai d’Orsay, chef de l’Inspection générale des affaires étrangères (2012-2017), rappelle la nasse dans laquelle s’est volontairement enfermée la France, il y a cinquante ans, et dont nous supportons encore aujourd’hui les conséquences. Sur Boulevard Voltaire, le 29 mai dernier, il déclarait : « Il faut renégocier ou dénoncer l’accord de 1968 avec l’Algérie. »

En effet, le 27 décembre 1968, la France et l’Algérie signaient un accord définissant les conditions de circulation, de séjour et de travail des Algériens en France. Comme traité international, ses dispositions s’imposaient à la loi française. Dès lors, son contenu devenait hors de portée du législateur national. Ce texte garantissait à l’Algérie un statut exceptionnel et octroyait à ses ressortissants un statut dérogatoire au droit commun en acceptant qu’ils relèvent du droit international. L’accord de 1968 a été révisé en 1985, 1994 et 2001, mais ses principes ont toujours été maintenus.

Dans une tribune publiée, toujours en mai dernier, sur le site de la Fondation pour l'innovation politique, M. Driencourt estime que « cette anomalie a installé une brèche dans notre ordre juridique, d’autant plus importante que, comme l’a rapporté l’INSEE dans sa dernière enquête publiée en mars 2023, les Algériens constituent la première nationalité étrangère en France ». Il ajoute : « Or, l’accord de 1968 prive le législateur et le gouvernement français de la possibilité d’agir significativement sur les flux en provenance de l’Algérie. La situation de la France est d’autant plus défavorisée que l’Algérie ne remplit pas ses obligations, notamment en ce qui concerne la délivrance des laissez-passer consulaires sans lesquels il n’est pas possible de réaliser les obligations de quitter le territoire français (OQTF). » L'ancien diplomate en tire en toute logique la conclusion suivante : « Il apparaît donc qu’aucune politique migratoire cohérente ne soit possible sans la dénonciation de l’accord franco-algérien. »

Alger utilise en effet comme moyen de pression son pouvoir discrétionnaire de délivrer ou de refuser des laissez-passer consulaires. Ce sont ces documents indispensables à l’expulsion des clandestins indésirables. Émis par les consulats des pays d’origine des illégaux, ils conditionnent le retour effectif des personnes faisant notamment l’objet d’une obligation de quitter le territoire français. Refuser les laissez-passer, c’est rendre inexécutables ces OQTF sans recours possible.

Bien sûr, au lendemain des émeutes, on attendait l’exécutif là-dessus. Las… Les mesures immédiates annoncées se bornent à la réparation.

Quoi qu’il en coûte ? Bien sûr ! Après tout, les contribuables ne sont-ils pas là pour ça ? Et puis, on est bien d'accord : Il n'y a aucun lien avec l'immigration incontrôlée subie par la France depuis plus de quarante ans.

Alors, que la fête continue !

Lire aussi :

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Émeutes : Et si on essayait le scoutisme ?

..."ON" peut rêver...!

Rumeurs sur une seconde vague d’émeutes

Source : Le Courrier des Stratèges - Par Eric Verhaeghe - Le 06/07/2023.

Rumeurs sur une seconde vague d’émeutes

Selon nos informations, la prudence de Macron face aux émeutes qui ont parcouru le territoire n’est pas sans explication : des émeutiers annoncent discrètement qu’il va se passer “autre chose” cet été. Ces “murmures” confortent l’hypothèse d’émeutes très éloignées d’une explosion ethnique ou religieuse pour ainsi dire naturelle ou déterminée, comme on l’entend beaucoup à droite, mais ouvrent la possibilité d’une opération géostratégique avec une visée intentionnelle très différente du Grand Remplacement. Nos banlieues sont-elles devenues l’un des théâtres où les puissances s’affrontent par associations interposées ? Il reste encore beaucoup à élucider dans cette affaire décidément ténébreuse.

Une responsable associative (en l’espèce d’une association chargée d’aider à l’intégration de femmes algériennes) à Paris m’a parlé. Les femmes dont elle s’occupe, toutes mères de famille, ne vivent que des aides sociales fournies par l’Etat, par la sécurité sociale, par la municipalité. Elles expliquent que, si elles trouvent un travail, elles perdront les aides qui leur permettent de vivre. Certains de leurs enfants ont participé aux émeutes de ces derniers jours. Ils ne font jamais mystère de commettre des “larcins” (dans le texte), mais expliquent qu’ils ne violentent jamais les personnes.

Cette responsable associative, qui connait bien les enfants, me dit : “Il y a quelqu’un derrière les émeutes. Et les jeunes disent qu’ils préparent autre chose, qu’ils vont faire autrement”. Faut-il ajouter foi à ces rumeurs venues du terrain ?

L’étonnante inquiétude de Macron

Dans les phénomènes qui intriguent aujourd’hui, il y a cette inquiétude de Macron face à la situation. Durant les grandes manifestations contre les retraites, il ne manquait pas de partir à l’étranger, ostensiblement, avec ses ministres. Il annonçait la mobilisation de 12.000 policiers, pas plus, pour maintenir l’ordre.

Avec les banlieues, il a chanté une tout autre chanson : 45.000 policiers mobilisés (4 fois plus que pour les retraites, un policier ou gendarme sur cinq que compte le pays), report de sa visite d’Etat en Allemagne, et réunions de crise à répétition. Surtout, même après le “pic”, le Président a annoncé le maintien d’une mobilisation policière.

On y verra le signe d’une véritable inquiétude, portée jusqu’à exiger des réseaux sociaux des suspensions illégales de service durant les émeutes elles-mêmes.

Voilà qui en dit long sur l’angoisse du gouvernement face à des troubles à l’ordre public qui se répandent en France.

L’hypothèse d’une opération concertée

D’une manière générale, la physionomie des émeutes étonne également.

Elles ont par exemple beaucoup touché Lyon, Marseille, Lille. Montargis, qui avait connu des Gilets Jaunes remuants, a également beaucoup souffert. Il y a probablement un parallème à dresser entre les troubles durant les Gilets Jaunes, et les troubles d’aujourd’hui.

Mais une certitude se détache : les grands foyers du salafisme (à part Lyon) ont assez peu bougé. Saint-Denis, Aulnay-sous-Bois, Montreuil, sont restés relativement calmes. En dehors de quelques chauffes sporadiques, la violence en région parisienne a été moins intense qu’en province.

Accessoirement, les émeutes ont aussi surpris par l’organisation des émeutiers. le mode opératoire dans les rues laisse à penser que la police n’a pas eu à faire qu’à des débutants. Rien n’exclut que des “mouvances” ou des groupuscules soient à l’oeuvre, sinon partout, du moins dans de nombreux noyaux durs de la contestation.

Le spectre Traoré…

Pour toutes ces raisons, l’arrivée de l’anniversaire sombre de la mort d’Adama Traoré, un 19 juillet, laisse planer un doute sur une possible (mais absolument pas certaine) seconde vague d’émeutes. Dans tous les cas, on peut constater que le “visuel” des tee-shirts imprimés pour la mort de Nahel ressemble furieusement à ceux des tee-shirts imprimées pour la mort d’Adama.

On peut assez aisément imaginer que le collectif informel des Traoré a prêté main forte à la famille de Nahel pour défendre ses intérêts.

Nous reviendrons progressivement sur ce dossier. Mais il n’est pas inutile de noter que de nombreuses rumeurs suggèrent que le collectif Traoré est discrètement soutenu par George Soros. Ceci n’est pas formellement prouvé aujourd’hui, mais la rumeur est tenace. Le système Traoré repose en tout cas sur une opacité étonnante.

De là à penser que les émeutes pourraient constituer un moyen de pression de la caste mondialiste sur des options françaises, par exemple à l’approche du sommet de l’OTAN de juillet, il n’y a qu’un pas.

Garder dans un coin de mémoire :  "Les banlieues françaises, cibles de l’influence culturelle américaine" sur cette même page...

JMR

Il faut laisser les banlieues faire sécession

Source : Riposte Laïque - par Alain Falento - Le 06/07/2023.

HUMOUR ET DERISION...???

Société | Notre enquête à Marseille : checkpoints, quand les entrées des cités sont filtrées | La Provence

Check point à l’entrée d’une cité.

Depuis quelques jours, la presse anglaise s’en donne à cœur joie, raillant le pseudo-modèle français d’intégration, qui a manifestement fait montre de son échec, et faisant la promotion du leur.

Au Royaume-Uni, les notions de laïcité et d’intégration, au sens où nous l’entendons, n’ont pas de sens.

Tous ceux qui ont vécu à Londres ont pu constater que la société anglaise est une juxtaposition de communautés, qui vivent dans des quartiers différents, selon leurs coutumes propres.

Bien que la loi anglaise soit supposée s’imposer à toutes les autres formes d’organisation, on y tolère des tribunaux islamiques, qui régissent, par exemple, la vie quotidienne dans certains quartiers.

Les origines indiennes du Premier ministre et de son épouse nous sont présentées comme la preuve du succès de leur système d’intégration des minorités, qui permettrait à toutes les communautés de vivre en bonne intelligence, et à tous les individus d’accéder aux plus hautes fonctions, quelle que soit leur origine.

En réalité, le système est organisé de telle sorte que les membres des différentes ethnies ne se croisent que dans un cadre professionnel, les accointances inter-ethniques étant fort rares.

La société britannique est une société ethniquement segmentée, et tout le monde semble y trouver son compte.

En vérité, la société anglaise est d’obédience néo-libérale, et Sunak est devenu Premier ministre, non pas seulement par son mérite particulier, mais surtout parce que lui et sa femme sont richissimes.

Nos amis anglais, dont la mauvaise foi est légendaire, font mine d’oublier qu’ils ont subi de nombreuses émeutes inter-ethniques en 1981, 2001 et 2011.

Ils ont eux aussi de grosses difficultés à juguler la violence des bandes de Pakistanais, d’Indiens, de Jamaïcains ou même d’Anglais de souche, qui se massacrent entre eux à coups de surins.

Ce que nous appelons des racailles, se nomment là-bas « thugs » ou « ASBO » (Anti Social Behaviour Order), et des quartiers entiers sont mis en coupe réglée par des criminels, la majorité du temps des dealers de drogue.

Cependant, force est de constater que le modèle anglais ne fonctionne pas plus mal que le nôtre, et qu’il a au moins le mérite de coûter beaucoup moins cher au contribuable.

Le Royaume-Uni n’a aucune pitié pour les parasites et les traîne-patins, et personne n’a le loisir de vivre ad vitam æternam des aides sociales.

En France, il semblerait que certains quartiers affichent une sécession de fait, ne reconnaissant plus aucune autorité extérieure, et ce quelle que soit l’ampleur des sommes investies à leur bénéfice.

Au lieu d’essayer de les intégrer de force, il serait peut-être opportun, bien au contraire, de donner à chacun d’eux une autonomie totale, équivalente à celle d’un pays enclavé, comme le Lesotho vis-à-vis de l’Afrique du Sud.

Par contre, ils doivent comprendre qu’il n’est pas envisageable d’être en semi-sécession ; la souveraineté doit être complète et sans partage.

C’est la raison pour laquelle ils seront également dotés d’une autonomie fiscale, alimentaire, énergétique, médicale, éducative, et bien entendu monétaire.

Comme tout territoire indépendant et souverain, ils seront également dotés d’une frontière, que nous espérons la plus imperméable possible.

À n’en pas douter, nos « Chances pour la France », dont on vante partout l’intelligence et les ressources intellectuelles, sauront certainement très rapidement faire fonctionner en toute autonomie des hôpitaux, un système de sécurité sociale, des centrales électriques, des usines, une industrie agro-alimentaire, une fiscalité, et la charia qu’ils affectionnent tant fera très probablement le bonheur de tout le monde.

Ainsi, nous n’aurons plus la possibilité de les empêcher de s’épanouir, comme ils le méritent.

Ces zones, une fois indépendantes, deviendront très vite des oasis économiques florissantes, dans lesquelles il fera bon vivre.

Quant à nous, nous essayerons de nous en sortir sans eux.

Ce sera difficile et douloureux, mais nous ferons de notre mieux.

Alain Falento

EMEUTES

 

Pierre Brochand (ex-patron de la DGSE) sur les émeutes : « On peut évaluer entre 100.000 et 200.000 le nombre d’émeutiers » ;

 

« Rien de comparable ne s’est produit dans les villes françaises depuis la Révolution de 1789.

 Pour ma part, je qualifierai la présente catastrophe de «soulèvement ou révolte contre l’État national français, d’une partie significative de la jeunesse d’origine extra-européenne présente sur son territoire».

 

Avec, pour enjeu principal, le monopole de la violence légitime sur ce même espace. Formulation certes alambiquée, mais qui me paraît décrire, au plus près, le stade de décomposition auquel nous sommes parvenus. En attendant mieux.

(…) C’est pourquoi l’accusation de «racisme» est la clé de voûte du système, lequel se ramène à la mise en examen permanente du peuple français, que des «indices graves et concordants» chargent de tous les malheurs de la terre: guerres mondiales, colonisation, génocide juif, réchauffement climatique, indifférence aux noyades, etc.

 

Le but est de confiner les mentalités dans le très étroit couloir de pensée, défini par l’État de droit (autre appellation de la SDI), dont il est la condition nécessaire, encore qu’insuffisante, de la viabilité. Ainsi, pour empêcher les «dérapages» et les franchissements de lignes jaune ou rouge, hors du corridor, a été mise en place une peine de mort sociale, moins douloureuse que celle physique mais tout aussi effective, infligée aux seuls réfractaires à la xénophilie obligatoire.

 

Car, nous en sommes là, pris au piège d’un simple mot – «racisme» -, détourné de son sens originel, pour englober tous ceux qui se posent la question de savoir si l’idéologie, que je viens de décrire, ne nous précipite pas dans un gouffre.

(…) J’ai représenté notre pays à Budapest, combien de fois n’y ai-je entendu «Nous avons le privilège de voir, en avant-première, les dégâts que l’immigration non européenne cause chez vous.

 

Mr Brochand est bien placé pour faire un diagnostique pertinent.

 

Que peut-on en déduire ?

 

Les émeutes se sont arrêtées,

D’une part grâce aux forces de l’ordre mais pas seulement.

En fait ces sont les groupes mafieux qui ont sifflé la fin de la partie et eux ont les « moyens » d’agir efficacement grâce à Monsieur Kalachnikov qui les a doté d’arguments convaincants !

La Convention des Droits de l’Homme, l’IGPN et autres ils s’en battent l’œil !

 

D’autre part grâce aux Imams qui sont de fait les  véritables « autorités morales » dans ces quartiers depuis que Marianne porte l’Abbaya !

Ce n’est pas la première fois que l’on observe ce scénario . (Dijon)

Nos élus qui ne sont pas idiots le savent bien. Pour garantir la paix civile c’est donc sur ces deux « forces » qu’il faut compter.

C’est déjà le cas ça s’appelle le clientélisme cher à certains maires de gauche et de DROITE, qui comme pour certains,  participaient même au trafic de drogue ou mettaient des locaux municipaux à disposition !

On peut imaginer qu’inéluctablement on fera entrer dans les équipes municipales de caïds et des imams.

On appellera cela « démarche républicaine » et le processus de partition pourra s’accélérer.

 

Victor Hugo (qui s’est trompé sur tout) disait « Quand on ouvre une école on ferme une prison ».

 

Mais « Quand on brûle une école on ouvre quoi ? »

 

J.P M - 2023

Les manifestants en France utilisent des armes fournies par l’Occident au régime de Kiev – Zakharova

Source : RzO International.

Le 07/07/2023.

La porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que les manifestants en France utilisaient des armes que les alliés occidentaux du régime de Kiev fournissaient aux militants ukrainiens. Ces propos ont été rapportés par l’agence TASS.

Mme Zakharova affirme que les armes fournies par les alliés occidentaux, l’OTAN et la France elle-même pour soutenir «les nationalistes, lesnazis et les fascistes en Ukraine n’arrivent pas seulement en boomerang sur leur territoire, mais frappent leur propre peuple», soulignant que les armes finissent entre les mains de ces mêmes manifestants français.

«Les armes fournies à Kiev finissent entre les mains de ces mêmes manifestants et sont utilisées contre la police en France», a-t-elle déclaré.

La diplomate note que l’Occident encourage le nazisme en Ukraine. Ce faisant, les pays occidentaux «ouvrent la boîte de Pandore».

«Nous pouvons déjà voir les résultats de cette politique : les nationaux-radicaux à travers l’Europe sont devenus plus actifs et enthousiastes. Ils voient que non seulement c’est possible maintenant, mais que c’est aussi bien payé, et qu’on leur fournit aussi des armes. Les radicaux nationaux lisent ces signes dans toute l’Europe et, si l’on en croit de nombreux médias, des groupes néonazis sont directement impliqués dans les troubles en France. Quelqu’un a-t-il réfléchi à cette question à l’Élysée? Si ce n’est pas le cas, il est temps», a conclu Mme Zakharova.

source : News Front

Tout à fait possible : Il y a un an, le Kalach se vendait 2500 €, aujourd'hui, il est "bradé à 500 € ! JMR

Émeutes : Dernier avertissement sans frais

Source : Riposte laïque - par Bernard Germain - Le 05/07/2023.

 

Les émeutes semblent se calmer, si l’on en croit les communiqués officiels, mais rien n’est certain en ce domaine.

Et surtout, rien ne garantit si elles s’arrêtent qu’elles ne vont pas reprendre dans quelques jours jours, par exemple à l’occasion du 14 juillet où les quartiers et nombre de leurs habitants ont pris l’habitude de brûler des voitures à cette date.

Au moment de tirer le bilan des évènements qui viennent de se passer, certains éléments sont proprement stupéfiants et méritent d’être mentionnés.

D’une manière générale, le fait le plus important est l’inversion des responsabilités et le refus obstiné de voir la réalité telle qu’elle est. Ce qu’on a d’ailleurs pu constater tout au long des évènements.

Tout d’abord, l’affaire a commencé par un refus d’obtempérer, qui s’est terminé par la mort d’un jeune de 17 ans.

L’affaire s’est envenimé très vite avec des déclarations mensongères de l’avocat de la victime, parlant de fausse déclaration écrite du policier alors qu’il n’y en a eu aucune, ainsi que des déclarations incendiaires de la gauche notamment de la LFI de Mélenchon mais aussi d’Assa Traoré qui n’a pas manqué l’occasion de venir jeter de l’huile sur le feu.

Donc la campagne anti-flic s’est lancée. Et c’était à qui serait le plus dans l’outrance.

Comment se fait-il que jusqu’au président de la république on ne soit pas capable de dire en préalable de tout :

«Tout cela ne serait pas arrivé, si ce jeune s’était arrêté lorsque la police le lui a demandé.»

On pourrait d’ailleurs ajouter deux questions :

«Comment se fait-il que si peu de personnes ne s’émeuvent de cette réalité, avant toute autre considération ?»

«Comment se fait-il qu’on constate une inversion des responsabilités entre celui qui viole la Loi et celui qui la défend et entend la faire respecter ?».

Toujours est-il qu’une explosion de violence s’est développé à partir des «quartiers» après la mort de Nahel et les déclarations insensées de ceux dont l’objectif était clairement de mettre le feu aux poudres.

On notera à ce sujet, que tout au début le nom de Nahel fut invoqué. Mais il a rapidement été oublié par les émeutiers.

Contrairement à 2005, ils sont très vite sortis de leurs quartiers pour aller dans les villes y faire d’innombrables dégâts sur des infrastructures utiles à toute la société, et y conduire des «razzias» dans d’innombrables magasins dont le butin était ramené dans les cités. Sorte de guerre des quartiers contre le reste de la société.

La mort de Nahel n’a donc été pour beaucoup qu’un prétexte à un déchaînement de violence contre la société française qu’ils détestent et l’occasion d’effectuer une multitude de vols qui provoqueront la faillite de nombreux commerces et petites entreprises. Tout cela ayant également provoqué une terrible frayeur chez les bobos immigrationnistes. Ce n’est pas parce qu’ils soutiennent les immigrés qu’ils ont envie de vivre avec.

Pour sa part, le ministre de l’Intérieur nie toute relation entre immigration et émeutiers. Il a ainsi déclaré à l’Assemblée Nationale : «sur le 4000 personnes interpellées, 90 % étaient françaises». Effectivement cet argument c’est du sérieux et en plus il serait imparable. Enfin, pas tout à fait.

En effet, l’essentiel des émeutiers venaient des cités. Mais qui vit dans ces cités ? Pour la plupart, des personnes issues de l’immigration. Elles ont certes eu des enfants qui de ce fait ont une carte d’identité française, mais sont-ils de «vrais» Français pour autant ? Pour l’immense majorité, la réponse est clairement non. Et c’est eux qui le disent. Ils ont une expression pour cela «Fais pas le Français».

Ces populations, surtout la plupart des jeunes, ne veulent pas faire partie de la société française ni adopter nos us et coutumes. Ils vivent entre eux, c’est un choix, et ne sont pas dans ces cités parce qu’ils seraient ghettoïsés. Cela leur permet de maintenir dans ces quartiers leur mode de vie. Mais lorsqu’on vit dans un autre pays, cela crée une société parallèle qui ne peut que créer des conflits avec la population du pays d’accueil dès lors qu’on la rejette.

Par ailleurs, ces quartiers ont aussi comme particularité d’être dominés par un tandem infernal -islamiste et marchand de drogue- qui y font régner l’ordre avec la charia et la kalachnikov. Par contre les Lois de la république ça ne veut rien dire pour eux et il est hors de question qu’ils s’y soumettent.

Donc lorsque le ministre de l’Intérieur dit que ces gens sont Français, il se moque du monde ou plus exactement il prend ses désirs pour des réalités.

Désolé, Monsieur Darmanin, vous prônez le «vivre ensemble», mais eux n’en veulent pas.

Ils ne manquent jamais une occasion de le rappeler. Par exemple à l’occasion de matchs de football. Qui a oublié le fameux et dernier France-Algérie avec Marseillaise sifflée, drapeaux algériens massivement déployés et nombreux incidents dont certains provoquèrent la fin prématurée du match.

Il en est de même dans moultes manifestations de rue où l’on voit régulièrement des drapeaux algériens, marocains ou palestiniens.

Et puis, faut-il redire, les dernières déclarations du président algérien qui s’est adressé de manière scandaleuse aux dirigeants de notre pays pour s’inquiéter du sort réservé par notre pays à ses «ressortissants».

C’est à dire que pour les dirigeants algériens, ceux qui sont en France sont algériens mais pas français.

Sans parler de l’hymne algérien qui vient d’être modifié pour y rajouter le couplet qui dit «Ô France, voici venu le temps de rendre des comptes…»

Peut-on dire plus clairement qu’ils ne sont pas en France pour s’assimiler ?… mais pour la conquérir.

D’ailleurs Erdogan, lui va jusqu’au bout, puisqu’il ne manque aucune occasion d’inviter ouvertement ses compatriotes à ne pas s’assimiler dans leur pays d’accueil, qu’il s’agisse de l’Allemagne de la France ou d’un autre pays européen.

Enfin, souvenons-nous de ce que disait Houari Boumédiene (président algérien) en 1974 à la tribune de l’ONU :

«Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère Sud pour aller dans l’hémisphère Nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire.»

N’est-ce pas exactement ce que nous constatons dans les quartiers, l’immense majorité y viennent et se comportent en conquérants qui entendent imposer leur mode de vie.

Dans ces quartiers ils sont chez eux et refusent toute autorité extérieure, même s’il existe toujours quelques exceptions. La police étant vue comme une bande rivale. C’est aussi à cette lumière qu’il faut voir les refus d’obtempérer qu’un nombre conséquent de ces populations refusent de plus en plus.

Donc, désolé M. Darmanin, mais il y a bien un lien entre les émeutes et l’immigration. La grande majorité des émeutiers étaient issus de quartiers où les immigrés sont ultra majoritaires et refusent presque tous de s’assimiler.

Vous ne voulez pas voir cette réalité indiscutable, mais nous la voyons donc vos paroles ne nous trompent pas, tout comme nous avons dit depuis des années, sous les critiques, les insultes et les procédures judiciaires, qu’il y avait un lien entre immigration et délinquance, avant que Darmanin, le président de la république et les bien pensants ne puissent faire autrement que de reconnaître la simple réalité.

Autre grande leçon de ces émeutes, l’incapacité de notre code pénal à répondre aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Notamment les exactions et violence dont se rendent coupables des personnes de 12 ou 13 ans.

Le code pénal doit être entièrement réécrit, s’agissant des délits commis par les jeunes et surtout il faut mettre un terme à la culture de l’excuse qui n’a comme conséquence que de faire naître un sentiment d’impunité chez les jeunes concernés. Il faut punir dès la première infraction, sans aucune exception.

Il va bien falloir accepter cette autre réalité faute de quoi, le sentiment d’impunité ne va faire que se répandre partout et son pendant : les agressions et délits en tous genres.

Enfin, il y a l’attitude de la «classe politique».

Je n’écrirai pas un mot sur la «gauche» qui s’est définitivement discréditée à l’occasion de ces émeutes. Non, je veux parler de la droite «classique» et qui se dit «républicaine».

Le maire de l’Hay-les-Roses a vu sa maison être attaquée en pleine nuit à la voiture bélier qui a ensuite été incendiée afin que les flammes se propagent à sa maison et ne la détruisent.

Sa femme et ses enfants étaient à l’intérieur. Ceux qui ont attaqué la maison du maire ont pourchassé sa femme et ses enfants en leur tirant dessus avec des mortiers d’artifice. Dans sa fuite cette femme a été gravement blessée à la jambe et a du être opérée le lendemain. Les enfants sont traumatisés.

Et qu’a déclaré ce maire quand on lui a demandé dans quel état il était suite à ces évènements tragiques ? Il a répondu qu’il était très choqué et condamnait totalement ces faits, mais… «qu’il n’avait pas de haine contre les auteurs». Version actualisée du célèbre «Vous n’aurez pas ma haine» entendu après de multiples attentats.

N’est-il pas légitime d’avoir de la haine contre ceux qui agissent ainsi contre un maire, sa famille et sa maison ?

Et sincèrement, comment fait ce Monsieur pour ne pas avoir de haine ? Que faudrait-il pour qu’il en ait ?

Ce maire est membre des LR, c’est à dire la droite classique.

Cette droite «bien propre sur elle» et «politiquement correcte» a trahi toutes les positions qu’elle défendait, et qui sont consignées par écrit dans la déclaration approuvée par toute la droite suite à la convention sur l’immigration tenue à Villepinte en 1990.

Quand je dis toute la droite c’est TOUTE la droite : Giscard, Chirac, Sarkozy, Bayrou, Juppé,… etc. Ils étaient tous là.

Ils ont tous voté le texte complet consultable en suivant ce lien :

https://www.vie-publique.fr/discours/227706-convention-des-etats-generaux-de-lopposition-sur-limmigration

En capitulant devant la gauche et les mondialistes, en renonçant à la ligne politique qu’indiquait la convention de la droite de 1990, la droite a enclenché à partir de 1995 (élection de Chirac) la terrible descente aux enfers que connaît notre pays. Et notre pays est maintenant au bord de la destruction.

Le pire étant que lorsque les patriotes, c’est à dire ceux qui sont attachés à la France et veulent la défendre, se mobilisent simplement pour exprimer leur point de vue, tout le monde leur tombe sur le dos : la gauche (en fait l’extrême gauche), les médias bien pensants (la quasi totalité), les macronistes et même les LR, les représentants de l’État.

C’est exactement ce qui s’est passé à Lyon, en pleine émeutes, un groupe d’une cinquantaine de patriote s’est rassemblé devant la mairie de Lyon et… Ô horreur, ces épouvantables individus ont osez crier :

«Bleu, blanc, rouge,… la France aux Français».

Le préfet a immédiatement fait envoyer la police pour faire cesser ce trouble à l’ordre public et des mises en garde à vue ont eu lieu.

Personne chez tous les bien pensants et dans la droite «républicaine» n’y a trouvé à redire, alors qu’au même moment l’attaque contre la maison du maire de l’Hay-les-Roses avait lieu.

Autre exemple, à Lorient des commandos de Marine ont attrapé quelques émeutiers et les ont remis aux forces de l’ordre. Au lieu d’être glorifiés, ils ont été condamnés par tous les bien pensants et une enquête de commandement a été demandée.

Ce ne sont pas les émeutiers le problème,… non ce sont ceux qui se lèvent pour défendre leur pays et la Loi.

C’est dire à quel point notre pays, sa classe politique et ses médias sont malades.

Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est mettre en application, sans délai, ce qu’il y avait dans la déclaration de Villepinte de 1990.

Si nous ne le faisons pas de nouveaux migrants vont continuer d’arriver par centaines de milliers et millions.

Les émeutes que nous avons connues cette années se reproduiront, un peu plus tôt ou un peu plus tard, mais en bien bien pire.

Qui sait comment les choses se termineront la prochaine fois ?

Il est grand temps que ceux qui aiment la France et veulent la sauver se mobilisent pour atteindre cet objectif.

Bernard GERMAIN

Les banlieues françaises, cibles de l’influence culturelle américaine

 

par Benjamin Pelletier - Le 01/07/2023.

«Rééduquer, réinformer le public français me semble être la tâche la plus fondamentale aussi bien que la plus urgente pour la politique démocratique américaine en France, et dans ce domaine presque rien d’efficace n’a été fait». (Sydney Hook, un des fondateurs du Congrès pour la Liberté de la Culture, financé par la CIA – citation du Report on the International Day of Resistance to Dictatorship and War, 1949)

***

Cet article est le deuxième volet d’une étude sur la diplomatie publique américaine en France. Alors que le précédent volet («La diplomatie publique américaine en France : étude de cas») s’intéressait à une action d’influence dans un contexte de gestion de crise pour les Américains, cette seconde partie se focalise sur les très nombreuses actions d’influence culturelle visant à façonner leur image auprès des jeunes des banlieues françaises.

Flashback – un an d’activisme US dans les banlieues françaises

Les actions d’influence culturelle des Américains en direction des banlieues françaises n’ont pas commencé avec l’arrivée du nouvel ambassadeur en août 2009. Les médias français ont déjà évoqué cet activisme, notamment au printemps 2008. Mais du fait de la personnalité du nouvel ambassadeur, un bilan sur un an donne un aperçu tout à fait significatif de ce soft power très particulier qui a pris une ampleur inédite (je salue au passage une note de Pierre Gueydier qui a donné bien des pistes à l’écriture du présent article).

3 août 2009 – Barack Obama nomme Charles Rivkin ambassadeur des États-Unis en France. Un des plus importants collecteurs de fonds pour la campagne de Barack Obama, Charles Rivkin a une longue carrière dans l’industrie du divertissement et de la publicité. Il est notamment membre des think tanks Pacific Council on International Policy et Homeland Security Advisory Council.

19 Septembre 2009 – L’ambassadeur américain inaugure un programme franco-américain d’art urbain. «L’ambassadeur Rivkin et son épouse étaient les invités d’honneur du maire de Villiers-le-Bel à l’inauguration de la première peinture murale réalisée dans le cadre d’un programme franco-américain d’échanges artistique et éducatif d’art urbain». (communiqué de l’ambassade US à Paris)

24 octobre au 9 novembre 2009 – «L’ambassade des États-Unis d’Amérique, en partenariat avec l’Acsé et AFS Vivre Sans Frontière, invite 24 lycéens français à devenir des ambassadeurs de leur culture aux États-Unis. Le programme Jeunes Ambassadeurs, mis en place pour la deuxième année consécutive en France, permettra à des lycéens de conditions modestes de passer 15 jours aux États-Unis». (communiqué de l’Acsé, Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances)

9 février 2010 – John Travolta se déplace à Rosny pour l’avant-première de son dernier film «From Paris with love».

Mars-avril 2010 – séjour aux États-Unis d’une trentaine de Français via le programme du département d’État des Visiteurs Internationaux. Parmi ces jeunes partis en avril figurent Rokhaya Diallo (de l’association Les Indivisibles), Najat Azmy (de l’Acsé) et Ekoué Labitey, rappeur du groupe La Rumeur.

2 avril 2010 – déplacement de l’ambassadeur américain Charles Rivkin à Bondy à la rencontre des jeunes de banlieue. Il leur déclare notamment : «Chez moi, c’est différent. Tu peux être africain, indien, mais tu es avant tout américain. […] J’aime parler avec tous les Français. Je sais, et je suis sûr, que le prochain leader français est en banlieue». Avant de partir, il demande aux jeunes : «Si vous aviez des artistes américains que vous voudriez rencontrer, ce serait qui ?»

13 avril 2010 – promesse tenue : l’ambassadeur Rivkin amène Hollywood en banlieue. «Il a évoqué son enfance dans le Sud du Tennessee, soulignant que né citoyen de «seconde zone» il avait su saisir toutes les opportunités grâce à ses études et sa ténacité» (communiqué de l’ambassade US à Paris). L’ambassadeur Rivkin, l’acteur Samuel L. Jackson et sa femme LaTanya Jackson, ont rencontré un groupe de jeunes originaires de Bondy. L’acteur déclare ainsi aux jeunes :

«Vous êtes l’avenir, saisissez votre chance, construisez-vous un réseau, […] dites que ce n’est pas normal que je ne vois pas à l’écran des gens qui me ressemblent».

24 juin 2010 – Organisation d’un forum intitulé Create Today à la résidence de l’ambassade des États-Unis avec des jeunes entrepreneurs américains et français. Les participants ont débattu des thèmes suivants : «Les soutiens aux jeunes entrepreneurs culturels : le pari de l’aventure ?» et «Nouvelles technologies, nouvelles pratiques : une chance pour les nouvelles productions culturelles ?». Lors du déjeuner dans le jardin de la Résidence, les invités ont assisté à la création d’une sculpture par Véronique Chalandar et écouté la chanson «Vida loca» du groupe de rap K.ommando Toxik de Villiers-le-Bel.

29 juin 2010 – L’ambassadeur Rivkin inaugure le premier Paris Hip Hop Campus au WIP-La Villette. Il assiste à la première table ronde du Paris Hip Hop Campus sur le thème France vs. US : une nouvelle école de la réussite ! (communiqué de l’ambassade US à Paris)

Juillet 2010 – Mark Taplin est nommé n°2 de l’ambassade des États-Unis en France. Diplomate de carrière, M.Taplin est un spécialiste de la diplomatie publique. Sur son profil et son parcours, voir sur ce blog l’article «La diplomatie publique américaine en France : étude de cas».

5 août 2010 – Visite à Rosny-sous-Bois des acteurs Sylvester Stallone, Jason Statham et Dolph Lundgren à l’occasion de la sortie en France du film «The Expendables». Déclaration de Stallone sur iTélé : «C’était formidable de rencontrer des gens de Rosny-sous-Bois, des gens vrais».

Septembre 2010 – Selon France Soir, l’ambassade américaine à Paris doit nommer ce mois-ci un nouvel attaché culturel, Rafic Mansour, qui vient de passer un an en Irak et dont le précédent poste était à Alger.

Les témoignages des jeunes

Les témoignages directs sont toujours plus éloquents que les analyses abstraites. Afin de se faire une idée de la perception de ces actions d’influence culturelle des Américains dans les banlieues françaises, voici donc quelques retours d’expérience.

Lors du déplacement de l’ambassadeur Charles Rivkin à Bondy le 2 avril 2010, deux élèves témoignent des relations entre les lycées de banlieues et les Américains :

  • «Ouais, on est déjà allé dans son ambassade à Paris, mais on l’avait pas vu»
  • «Voilà, nous, on a un projet. On doit partir aux États-Unis dans le cadre de notre programme d’Histoire sur la Guerre Froide, pour visiter plusieurs villes».

Rokhaya Diallo, partie en mars-avril 2010 aux États-Unis via le programme d’échange des «Visiteurs Internationaux» a fait part sur son blog Canal Plus (où elle est chroniqueuse) de son témoignage à son retour en France.

Toujours à propos du programme des «Visiteurs Internationaux», France Soir a publié le témoignage de Saïd Hammouche, 37 ans. Il est né à Paris et a grandi à Bondy, en Seine-Saint-Denis. Fondateur du cabinet de recrutement Mozaïk RH, qui vise à favoriser la diversité dans l’entreprise, il est parti fin 2008 aux États-Unis via ce programme d’échange :

«Pour eux [les Américains], ces voyages servent à briser nos idées reçues sur leur pays. On n’est pas dupes de leur démarche, on sait qu’on est peut-être manipulés mais je comprends mieux aujourd’hui la volonté de créer, d’entreprendre et d’avancer des Américains. C’est quelque chose de très fort, que je connaissais mal auparavant».

En juin 2007, le National Council for International Visitors a publié un document à propos de l’application de ce programme en France. Cette note (ici en pdf) s’intitule «L’élection présidentielle française, parfait exemple du succès du IVLP» (International Visitor Leadership Program). Elle rappelle ainsi que Nicolas Sarkozy, accompagné alors par Brice Hortefeux comme «volontaire», mais aussi François Fillon et Christine Boutin ont bénéficié du programme des Visiteurs Internationaux.

La note commence par quelques lignes sur la question de la mesure de l’efficacité du programme. Je vous traduis en français ce passage :

«Il y a plusieurs manières de mesurer l’efficacité du programme «International Visitor Leadership». L’une des manières les plus communes consiste dans le changement des attitudes et perceptions des participants durant le programme ou une fois retournés chez eux. Une autre mesure de ses effets a lieu lorsque les Visiteurs Internationaux appliquent directement leurs connaissances apprises lors du programme pour apporter des changements dans leur communauté d’origine. Par ailleurs, un programme est souvent considéré comme une réussite quand les Visiteurs Internationaux utilisent leur expérience dans le projet de renforcer les interactions avec leurs liens aux États-Unis».

Le précieux témoignage de Ali Soumaré

Le 6 août 2010, France Soir a publié un étonnant témoignage. Celui de Ali Soumaré, candidat PS aux dernières élections régionales, qui en mars avait été accusé d’être un délinquant multirécidiviste par ses adversaires UMP. Je reproduis intégralement l’entretien de France Soir intitulé «Comment Ali Soumaré a été traité par l’ambassade américaine» :

France-Soir. Comment les responsables de l’ambassade vous ont-ils repéré ?

Ali Soumaré. Je suis entré dans leur base de données, qui est impressionnante, à la suite des événements de Villiers-le-Bel (il était le porte-parole des deux jeunes adolescents tués dans une collision avec une voiture de police, prélude aux émeutes des 25 et 26 novembre 2007, NDLR). Leur «listing de la diversité» dépasse de loin celui de tous les partis politiques.

F.-S. Qui a établi le contact avec vous ?

A. S. Randiane Peccoud (chargée de la société civile au bureau des affaires culturelles à l’ambassade des États-Unis). Elle a le meilleur carnet d’adresses français de la diversité, elle a tous les contacts : leaders d’opinion, politiques et associatifs. Mon émergence lors de la campagne des régionales, en mars, a développé leur intérêt pour moi. Pendant la campagne, c’était compliqué de se parler. (Ali Soumaré avait été l’objet d’une polémique sur son prétendu casier judiciaire de «délinquant multirécidiviste» qui s’est avérée sans fondement). Mais après l’élection, le responsable du bureau politique de l’ambassade a d’autant plus souhaité me rencontrer.

F.-S. Dans quel but ?

A. S. Il voulait savoir quels étaient mes contacts avec Martine Aubry (la première secrétaire du PS), comprendre ce qui s’était produit autour de moi, avoir mon point de vue sur la campagne, sur l’émergence potentielle d’autres leaders de la diversité. Il souhaitait aussi en savoir plus sur les figures actuelles : Rachida Dati, Rama Yade…

F.-S. Comment se déroulent ces rendez-vous ?

A. S. Ils vous reçoivent et ils savent être convaincants. Quand je dis «convaincants», c’est qu’ils obtiennent les réponses qu’ils veulent à leurs questions.

F.-S. Avez-vous eu l’impression d’être passé au scanner ?

A. S. Oui, ça y ressemble. Ils font un vrai travail d’enquête, ils sont précis, attentifs, ils relancent sur les questions, ils s’intéressent à tout. Avec humour, je leur ai déjà fait remarquer qu’ils devaient même noter les virgules de mes phrases.

F.-S. Quand a eu lieu votre dernier rendez-vous à l’ambassade ?

A. S. Il y a deux mois et demi, environ, sept ou huit personnes étaient présentes. L’entretien a duré près de trois heures et il aurait pu se poursuivre très longtemps ! C’est impressionnant, et quelque part c’est très flatteur. Après tout, on peut considérer qu’il ne s’agit que de mon point de vue. À un moment, j’ai fait une blague : je leur ai dit que j’allais bientôt partir pour les États-Unis. Du tac au tac, ils m’ont répondu : «Ah oui ? Quand ?»

F.-S. En quoi sont-ils intéressés par votre carrière ?

A. S. Ils veulent savoir si j’ai un plan com dans les deux ans qui viennent, si je souhaite devenir député, si l’on m’a déjà sondé sur mon envie d’être ministre. Ils ont rentré toutes les hypothèses pour 2012. Ils anticipent le retour de la gauche au pouvoir et me demandent si cela m’intéresserait d’avoir davantage de responsabilités, si, et comment, j’y travaille.

F.-S. Que leur répondez-vous ?

A. S. Que rien n’est écrit en politique, qu’il faut tout construire !

F.-S. Qu’en pense le PS ? Certains vous accusent d’avoir pris la grosse tête…

A. S. A partir du moment où ils s’intéressent à moi et pas à eux, c’est que j’ai pris la grosse tête. Pour les responsables du parti, il faudrait raser les murs, rester sans rien faire. Certains s’interrogent : on me demande si ces rendez-vous ne sont pas de la prise de renseignement liée au terrorisme. Mais on ne m’a jamais parlé de ça. On discute juste de politique.

F.-S. Evoquent-ils leurs autres interlocuteurs ?

A.-S. Non, ils se gardent bien de dire avec qui ils sont en contact. En fait, cela fait très « agent secret » !

«Comment Ali Soumaré a été traité par l’ambassade américaine», France Soir
Pour résumer, nous avons affaire à une diplomatie publique à quatre dimensions :

1) Détection : Les Américains ont mis en place un véritable système de renseignement et de techniques de «chasseurs de tête» (fichiers de contacts, entretiens poussés) pour repérer les jeunes prometteurs dans nos banlieues.

2) Anticipation : Ils sont bien plus en avance que les partis politiques français sur la question de la valorisation de la diversité, d’où l’urgence pour ces derniers de s’interroger sur leur responsabilité politique dans cette faillite.

3) Déstabilisation : Ils sont en veille active sur les failles de la société française pour en tirer profit, voire indirectement les aggraver en gagnant à leur cause des jeunes délaissés par le système social et les autorités publiques.

4) Manipulation : Ils sont prêts à jouer un rôle dans l’avenir politique des jeunes qu’ils ont repérés comme étant prometteurs (proposition de plan de communication et d’accompagnement des ambitions).

Conditionner le potentiel de situation

J’insiste sur le fait que la rédaction de cet article n’est pas animée par une humeur antiaméricaine ni par le délicieux frisson de la théorie du complot. Tout État est dans l’obligation de développer une diplomatie publique s’il veut rester maître de sa propre représentation. Y renoncer ou ne pas engager de réflexion en ce sens signifierait s’exposer au risque de voir son image façonnée selon les intérêts d’un autre État.

Dans le cas présent, les Américains recherchent par leurs actions dans les banlieues françaises quatre objectifs différents et complémentaires. Il faut là distinguer l’objectif apparent et l’objectif réel, et pour chacun le direct et l’indirect. L’objectif apparent relève de ce que les Américains admettent et revendiquent publiquement. En somme, il s’agit de l’apparence publique qu’ils donnent à leurs actions d’influence et sur laquelle ils communiquent activement. L’objectif réel concerne l’effet désiré, secrètement recherché et volontairement masqué. Ces objectifs se répartissent ainsi :

– apparent direct : Promouvoir la diversité, le respect des différences culturelles, la réussite pour tous,

– apparent indirect : Améliorer l’image des États-Unis auprès des jeunes musulmans suite aux guerres en Irak et en Afghanistan,

– réel direct : Développer un réseau d’influence américaine constitué des jeunes d’avenir issus des banlieues, amplifier les failles de la société française, affaiblir le rôle moral tenu par la France auprès des autres nations, surtout depuis son opposition à la guerre en Irak,

– réel indirect : Déprimer l’exemplarité de la culture française basée sur la triple dimension de l’universalité, de la grandeur et de l’élitisme, une culture qui reste une référence pour de nombreux étudiants, intellectuels, artistes, écrivains et autres créateurs à l’étranger.

Pour résumer ces différents enjeux, une diplomatie publique efficace doit conditionner le potentiel de situation en fonction des intérêts de l’émetteur (sur cette notion de «potentiel de situation», voyez la fin de l’article «L’interculturel intégré à la stratégie des entreprises : un exemple»). Il faut reconnaître que les Américains ont un réel talent pour percevoir et révéler le potentiel chez les jeunes des banlieues françaises. On peut alors s’interroger sur les freins et obstacles culturels qui nous rendent aveugles et indifférents à ce potentiel (voyez par exemple l’article «Approche des différences culturelles : l’art difficile de rendre visible l’invisible»).

MàJ du 04/12/2010 : Suite aux fuites Wikileaks, a été mis en ligne un rapport de l’ambassadeur Rivkin qui décrit la stratégie mise en œuvre par les Américains pour influencer les minorités en France.

article datant de septembre 2010

envoyé par Mendelssohn Moses

Émeutes : Un scénario écrit à l’avance… et les jeunes sont tombés dans le piège

Le 04/06/2023.

 

«Tout ce qui se passe est voulu… De l’ingénierie sociale appliquée aux quartiersIls ont juste besoin de vous pour justifier la suite !»

Programmation prédictive. Psy-Op confirmée.

Olivier Demeulenaere

source : Parlons peu parlons bien

Pourrons-nous éviter la guerre civile ?

Source : Bd. Voltaire - par Stéphane Buffeteaux - Le 02/07/2023.

La mort du jeune Nahel lors d’un contrôle de police a embrasé les banlieues, comme le vent ranime les braises qui couvent sous la cendre. L’enquête dira les circonstances de ce drame qui met en scène un policier aux bons états de service et un tout jeune homme qui avait déjà fait l’objet de mesures éducatives pour refus d’obtempérer. Un drame symbolique des « quartiers » et de leurs dérives. Des jeunes gens, parfois très jeunes, en déshérence qui tombent dans une spirale délictueuse, des familles dépassées, une police qui agit dans des conditions dans lesquelles la perte de sang-froid est un risque permanent. Ce qui ne justifie pas le tir mortel mais qui montre les difficultés d’une police à qui il est demandé de pallier les conséquences de l’incurie politique.

L’exploitation orchestrée par LFI démontre, si besoin était, l’irresponsabilité de ce parti qui, après l’échec historique du marxisme-léninisme, essaie de rejouer la mauvaise pièce de la révolution en instrumentalisant les populations immigrées ou d’origine immigrée, de préférence islamistes, selon la veille ritournelle, revue à la sauce woke, du conflit entre « dominants » et « dominés ».

Ces émeutes sont d’autant plus inquiétantes qu’elles n’ont rien à voir avec un mouvement politiquement construit, mais manifestent la haine de beaucoup dans une population, en partie « française de papiers », à l’égard de la France et de ses institutions. La dégradation du mémorial aux déportés situé à Nanterre et le drapeau français piétiné en sont un éclatant symbole.

Face à ces violences, il est permis de souligner qu’après l’égorgement du père Hamel dans son église, la décapitation de Samuel Paty devant son école, l’égorgement de trois fidèles à Notre-Dame de Nice, l’écrasement au camion de 86 personnes sur la promenades des Anglais, le massacre de 131 personnes au Bataclan ou sur des terrasses de café par des musulmans se réclamant de l’islam, il n’y a eu aucune émeute, aucune expédition punitive contre des mosquées ou des quartiers islamisés. L’on chercherait aussi, en vain, des traces de sollicitude pour les victimes de la part de sportifs ou d’acteurs milliardaires parfois expatriés.

Ces émeutes et la situation désastreuse de beaucoup de nos banlieues ne sont pas dues à la fatalité mais à l’aveuglement idéologique et à l’irresponsabilité politique de la gauche comme de la droite avachie au sujet d’une immigration incontrôlée. À propos des « territoires perdus de la République », nos politiciens se sont contentés de constater le désastre, depuis Hollande qui, impuissant, se demandait : « Comment peut-on éviter la partition ? » à Gérard Collomb qui disait, le 3 octobre 2018 : « Aujourd’hui, nous vivons côte à côte, je crains que demain, on vive face à face. » Ou encore à énoncer de consternantes banalités comme Chirac, le 14 novembre 2005 : « Je veux dire aux enfants des quartiers difficiles, quelles que soient leurs origines, qu’ils sont tous les filles et les fils de la République. » Outre que ce n’est pas de la République qu’il s’agit mais de la France, nous n’attendons pas des responsables politiques qu’ils constatent le désastre ou qu’ils débitent des poncifs politiquement corrects. Leur rôle est de prévenir l’effondrement et d’agir pour assurer la cohésion de la nation et la tranquillité des citoyens.

Le laisser-faire, laisser passer en matière d’immigration de populations provenant de civilisations différentes, voire antagonistes, de la nôtre, le maintien de conditions d’octroi de la nationalité inadaptées, les règles trop larges du regroupement familial, le pourrissement mafieux et le sentiment d’impunité pénale, l’effondrement de « l’école de la République » par laquelle sont passés les émeutiers, l’absence voulue de politique d’intégration et d’assimilation au nom de la diversité culturelle, l’idéologie woke qui instille l’idée que les minorités sont victimes de discriminations « systémiques » de la part des institutions, le flux continu de 250.000 à 300.000 immigrés légaux, sans compter celui des illégaux, par an, sont à l’origine du chaos actuel et interdisent toute politique efficace.

Des gouvernements de gauche, il ne fallait rien attendre puisque les immigrés sont supposés leur fournir un électorat de substitution. Quant à la droite technocratique, tétanisée par l’idéologie politiquement correcte, à court de réflexion et de courage, il serait vain d’en espérer quelque réaction. Sans changement profond des principes de l’action politique, sans libération de la pensée, sans fermeté, la France ira inéluctablement vers une guerre civile qui sera aussi une guerre de civilisation. Réveillons-nous enfin !

 

À Lorient, la défense des « anti-casseurs » s’organise contre les racailles

Source : Bd. Voltaire - par Arnaud Florac - Le 02/07/2023.

À Lorient, comme presque partout en France, la nuit de vendredi à samedi a connu son lot d'émeutes et de destructions gratuites. La cité bretonne, jadis paisible, a été à son tour la proie des violences de ce que l'on appelle pudiquement les «jeunes des quartiers», faute de pouvoir, sous peine de poursuites, leur donner leur véritable nom. Comme partout ailleurs, la prétendue « juste colère » s'est exprimée après la mort de Nahel, ce « petit ange parti beaucoup trop tôt », au volant d'une Mercedes AMG qu'il conduisait sans permis, à fond la caisse. Tout aurait dû se passer comme partout : Les policiers, courageux mais prisonniers de leurs consignes, qui subissent ; Les casseurs, qui pillent, dévalisent, agressent, brûlent et dégradent - et puis, à six heures, la fin provisoire des émeutes.

Il se trouve que ça ne s'est pas passé exactement comme ça. Ouest-France raconte que dans la nuit de vendredi à samedi, environ vingt-cinq hommes, sans chef désigné, se sont présentés aux policiers pour leur prêter main-forte. « Qui nous sommes ? Je ne peux pas vous le dire. Mais nous sommes du bon côté, nous… », a dit l'un d'eux aux forces de l'ordre. Ouest-France, fort logiquement, cherche à caractériser le profil de ces justiciers volontaires qui ont interpellé et maîtrisé plusieurs casseurs qu'ils ont ensuite paisiblement remis à la police. « Ils sont taillés en V, courent vite et se déplacent en groupe compact. » Avec un sens aigu de l'à-propos, le journal précise incidemment que la ville de Lorient abrite 4.000 militaires de la Marine nationale. Ça, alors ! Serait-on sur une piste ?

Que ces « anti-casseurs », qui assurent s'être regroupés de façon spontanée, soient ou non militaires, ce prêt de main-forte aussi spontané qu'efficace est à la fois un très bon et un très mauvais signal. C'est un très bon signal parce que cela montre qu'il existe des Français qui ne se laisseront peut-être plus faire. Ça fait quarante ans qu'ils ne font pas d'amalgame, qu'on leur sert des téléfilms sur le vivre ensemble, qu'ils s'autocensurent et subissent la violence des véritables racistes - nombreux, ceux-là. On a vu des commerçants dormir dans leur boutique et maîtriser, avec des liens de fortune, les petits sauvages qui étaient venus tout ravager gratuitement. On voit pleurer des éducatrices qui ne comprennent pas les incendies d'écoles ou de médiathèques. « Le réel, c'est quand on se cogne », disait Lacan, pour une fois très juste. Les boomers macronistes et les castors du front républicain viennent de se cogner. Et beaucoup d'entre eux saignent du nez. Ce signal d'autodéfense est donc positif à plus d'un titre.

Cependant, c'est également très mauvais signe. Cela veut dire que, dans l'esprit d'un nombre croissant de citoyens français, l'État n'est plus en mesure de les protéger et qu'ils doivent le faire eux-mêmes. Par ricochet, cela signifie que, face à des gens qui haïssent la France, il y a des gens qui sont prêts à la défendre aux côtés des flics. En bref, cela signifie la faillite du fameux « pacte républicain ». Une fois de plus, les rouleaux de palabres des parlementaires et les dialogues sortis d'un épisode de L'Instit' ont prouvé leur ridicule. Face à la racaille, des gens commencent à se lever et à aller aider la police. On peut imaginer qu'une quelconque adhérente du Syndicat de la magistrature diligentera une enquête pour trouver ces gens qui ont le mauvais goût de ne pas se laisser cracher dessus et de ne pas regarder brûler leur ville en silence.

L'anecdote de Lorient doit nous faire réfléchir. Du travail professionnel, en appui de la police, sans débordement ni message politique. Simplement d'honnêtes citoyens qui en ont assez de voir leur pays devenir, dans l'indifférence repue des contribuables (jusqu'à quand ?), une immense poubelle en feu.

 

Personne ne l'a entendu...

Il y a 47 ans, M. Poniatowski (ancien ministre) écrivait ces lignes,

lisez bien attentivement !

 

“Son âme, la France est en train de la perdre, non seulement à cause de la Mondialisation, mais aussi, et surtout, à cause de la société à la foi pluriethnique et pluriculturelle que l’on s’acharne avec de fausses idées et de vrais mensonges, à lui imposer.

Si cet essai a permis à quelques-uns de mesurer devant quels périls nous nous trouvons placés, il aura déjà atteint son but. (…) Ces pages peuvent apparaître cruelles, mais elles correspondent à un sentiment très profond. Le moment est venu de traiter énergiquement le problème de l’Immigration africaine et notamment musulmane.

Si tel n’est pas le cas, la France aura deux visages : celui du « cher et vieux Pays » et celui du campement avancé du Tiers Monde Africain. Si nous désirons voir les choses dégénérer ainsi, il suffit de leur laisser suivre leur cours. Le campement africain toujours plus grand, plus vaste, plus illégal, grignotera d’abord, puis rongera, avant de faire disparaître tout entier le cher vieux Pays, dont la défaite sera annoncée du haut des minarets de nos nombreuses mosquées.

Nos temps sont assez graves pour ne pas faire appel à de médiocres facilités politiciennes.

Nous allons vers des Saint-Barthélemy si l’Immigration africaine n’est pas strictement contrôlée, limitée, réduite et expurgée de ses éléments négatifs et dangereux, si un effort d’intégration ne vient pas aussi compléter cette nécessaire répression. Les mesures à prendre sont sévères et il ne faudra pas que le vieux Pays frémisse de réprobation chaque fois qu’un charter rapatriera des envahisseurs illégaux. Il faut donc ainsi que ce cher vieux Pays restitue à l’Etat sa place normale.

Les Libéraux l’ont affaibli, les Socialistes l’ont détruit. Où sont les grandes tâches dévolues à l’État ? La Justice, l’Armée, l’Éducation Nationale, la Sécurité, la Police, notre place en Europe ?... En miettes !...

La France est à l’abandon, et en décomposition à travers le Monde. Sa recomposition est dans un retour énergique à l’unité et à la cohérence, et de la Nation et de l’État.

 

" Si la vérité vous choque, faites-en sorte qu'elle devienne acceptable mais ne bâillonnez pas celui qui en dénonce l'absurdité, l'injustice ou l’horreur”.

 

Nous y sommes ! JMR

Criminalité liée aux trafics de drogues en France : Une menace stratégique ?

Source : Conflits - Par Michel Gandilhon - Le 02/06/2023.

Depuis une vingtaine d’années, la consommation de drogues illégales dans la société française a fortement augmenté. Dès lors, les trafics de drogues ne cessent de s’étendre et ne sont plus cantonnés aux grandes villes et à leurs banlieues. Une situation qui engendre une emprise territoriale de plus en plus grande du crime organisé, une montée des violences et de la corruption et pose un défi majeur de sécurité pour les prochaines années. Entretien avec Michel Gandilhon pour décrypter le marché français des drogues aujourd’hui.  

Michel Gandilhon est expert associé au département Sécurité défense du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et membre du conseil d’orientation scientifique de l’Observatoire des criminalités internationales (ObsCI). Il travaille depuis de nombreuses années sur les questions liées à l’offre de drogues en France et dans le monde. Il vient de publier, aux éditions du Cerf, Drugstore, drogues illicites et trafics en France.

Propos recueillis par Jean-Baptiste Noé.

Quelles sont les grandes tendances de l’évolution du trafic de drogues dans le monde ? 

Pour apprécier la situation où se trouve la France, on ne peut faire abstraction de l’environnement international.  La plupart des substances illégales qui sont consommées en France et en Europe sont en effet produites à l’étranger. Depuis 1990, le marché des drogues a crû considérablement dans le monde. Selon l’Organisation des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), depuis 2010, le nombre de consommateurs aurait augmenté de 25 %, tandis que le chiffre d’affaires de ce marché était évalué dans une fourchette comprise entre 420 et 650 milliards de dollars. Le cannabis est de loin la première substance consommée, mais c’est probablement le marché de la cocaïne qui connaît aujourd’hui la dynamique la plus notable portée par une offre en Amérique latine qui a atteint en 2021 des niveaux sans précédent. En Colombie, depuis 2010, la production de cocaïne a quadruplé. En Europe, cela s’est traduit par des saisies records en 2021, autour de 240 tonnes, soit une multiplication par 5 ou 6 en une dizaine d’années. C’est le cas notamment dans les grands ports commerciaux comme Anvers, Rotterdam, Hambourg ou encore Le Havre. Le gros du trafic passe en effet par les mers et notamment par le vecteur des conteneurs. Selon l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA), entre 2013 et 2020, la valeur du marché de la cocaïne en Europe aurait doublé passant de 5 à plus de 10 milliards d’euros, cette dernière évaluation n’incluant pas le Royaume-Uni du fait du Brexit.  L’autre grand marché en croissance est celui des stimulants synthétiques comme l’ecstasy, les amphétamines ou encore la méthamphétamine dont les saisies ont explosé à l’échelle mondiale ces dernières années. Les Pays-Bas et la Belgique en sont de gros producteurs. La nouveauté en la matière réside dans le développement dans ces deux pays de la production de méthamphétamine, un stimulant synthétique très puissant, dans le cadre d’une coopération avec certains cartels mexicains. 

L’autre grand marché dans le monde, que l’on a tendance à oublier trop souvent, est l’héroïne. Là aussi, on assiste depuis dix ans à des niveaux de production très élevés, notamment en Afghanistan où la production d’opium a été dopée par le chaos engendré par la guerre et la ruine de l’agriculture paysanne. Le pavot à opium est devenu un élément de la survie de beaucoup de familles de paysans. L’Europe est très affectée par la production d’héroïne afghane dont elle constitue le premier débouché, via la route des Balkans. Si, comme nous l’avons vu, pour la cocaïne, les routes sont essentiellement maritimes, s’agissant de l’héroïne, elles sont plutôt terrestres. De l’Afghanistan, elles traversent l’Iran, la Turquie, et débouchent sur les Balkans pour arriver notamment sur la zone de distribution très importante formée par la Belgique et les Pays-Bas. C’est le « hub criminel du nord-ouest », comme l’appelle Europol. Ce marché des drogues dynamique concourt à la prospérité d’un crime organisé qui, dans certains pays, comme le Mexique, possède un pouvoir de déstabilisation des États non négligeable. Une réalité qui ne concerne d’ailleurs plus seulement l’ex-Tiers-Monde, mais de plus en plus les États-Unis ou l’Union européenne.

Vous consacrez justement une partie aux États-Unis où la consommation très importante de drogues importées depuis le Mexique entraîne des conséquences sociales et sanitaires dramatiques.

En effet, les États-Unis sont très affectés par la situation au Mexique, puisque la plupart des drogues consommées soit y sont produites, notamment des opioïdes comme l’héroïne et le fentanyl, soit y transitent comme la cocaïne. Ce pays est en train de vivre sa pire crise de santé publique liée aux drogues de son histoire, puisqu’un million de personnes sont mortes de surdoses depuis 20 ans. Sur ce million, 700 000 sont décédées du fait de l’héroïne, mais surtout de médicaments antidouleurs très puissants prescrits ou contrefaits comme le fentanyl, fabriqués en Chine et de plus en plus au Mexique. C’est d’ailleurs ce qui fait aussi une des caractéristiques du marché des drogues aujourd’hui : l’indistinction ou le flou entre médicaments et drogues illégales. Aux États-Unis, cette épidémie d’opioïdes est partie de l’industrie pharmaceutique. Sa responsabilité a été capitale dans cette affaire. En 1995, une firme, Purdue Pharma, qui produisait un antidouleur très puissant, l’Oxycontin, réservé à des patients cancéreux en phase terminale, a décidé d’élargir le marché à des patients souffrant de simples douleurs chroniques. Ils ont sciemment ciblé certaines régions des États-Unis, notamment celles du nord-est désindustrialisé, où beaucoup de gens souffraient de douleurs chroniques liées notamment à la pénibilité du travail. Ils ont lancé une immense campagne marketing destinée à ces populations et incité les médecins généralistes à prescrire des médicaments opioïdes. Beaucoup de gens sont devenus dépendants, puis sont passés à l’héroïne et maintenant au fentanyl, cinquante fois plus puissants que cette dernière. En 2022, 75 000 Américains sont morts de surdoses liées aux opioïdes. Cette tragédie est une coproduction des cartels pharmaceutiques américains et des cartels mexicains. Le résultat : chaos sanitaire aux États-Unis et chaos criminel au Mexique, pays qui illustre de façon exemplaire le potentiel de déstabilisation géopolitique du crime organisé quand il est surpuissant. La guerre à la drogue lancée par les gouvernements mexicains depuis 2006 a fait près de 300 000 morts et 80 000 disparus. On a affaire ici à un État failli dont l’ancien ministre chargé de la lutte contre la drogue est jugé actuellement aux États-Unis pour complicité avec le cartel de Sinaloa.

L’affaire du fentanyl n’est-elle pas une illustration du passage de drogues issues de plantes à des drogues de synthèse ?

Ce sont des réalités qui coexistent. Si les drogues synthétiques telles l’ecstasy, le captagon ou encore le fentanyl montent en puissance, les substances issues de la coca et du pavot conservent une part essentielle dans le marché des drogues contemporain. Ne parlons même pas du cannabis, et de ses dérivés, qui, du fait de la légalisation médicale et non médicale dans un nombre croissant d’États, reste la première substance consommée dans le monde. Le marché de la résine de cannabis produite au Maroc reste très significatif en France, notre pays étant le premier marché en Europe. Par ailleurs, l’Union européenne est en train de devenir un énorme producteur d’herbe de cannabis. Le grand acteur en la matière est aujourd’hui l’Espagne qui a ses dernières années, semble-t-il, dépassé les Pays-Bas et le Royaume-Uni. 

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Mais revenons à la situation française. Si le marché des drogues est prospère, c’est qu’il y a beaucoup de consommateurs…

Effectivement, la dimension de la demande est primordiale. Depuis 20 ans, elle a considérablement augmenté. Pour le cannabis, les consommations de résine et d’herbe ont crû d’environ 45 % et la France compterait 5 millions d’usagers dans l’année, dont 850 000 consommateurs quotidiens. Pour la cocaïne et l’ecstasy, les consommations ont quintuplé. En 2017, dernière année pour laquelle des données sont disponibles, la France comptait plus de 600 000 usagers dans l’année de cocaïne et 400 000 d’ecstasy. C’est donc un marché en pleine croissance. Face à cette demande, une offre s’organise, avec des milliers de points de deal qui maillent le territoire. Un point de deal, selon le ministère de l’Intérieur, est un lieu de revente implanté dans l’espace public, structuré, avec notamment toute une division du travail (gérants, vendeurs, guetteurs, « nourrices », collecteurs d’argent, etc.). Leur multiplication constitue un défi majeur pour l’État, car ces enclaves criminelles tendent à lui contester le monopole de la violence et peut exercer, comme on l’a vu dans certains cas, une influence sur les pouvoirs politiques locaux par la corruption. Il faut savoir que les points de deal constituent la pointe émergée de l’iceberg et que les milliards d’euros engendrés par cette économie parallèle nourrissent aussi une criminalité en col blanc spécialisée dans le blanchiment. Le seul marché de la cocaïne est estimé à un peu moins de 2 milliards d’euros. Il aurait quasiment doublé entre 2010 et 2017. 

Qu’en est-il de l’articulation entre les réseaux de trafic implantés en France et le marché mondial ? Comment cela se coordonne-t-il ? 

L’économie des drogues, comme n’importe quelle économie, se caractérise par une division du travail impliquant, du producteur au consommateur, un nombre d’intervenants considérable. On peut même affirmer qu’à mesure de son déploiement planétaire, elle se sophistique de plus en plus. Pour un groupe criminel français, importer de grosses quantités de résine de cannabis ou de cocaïne implique la maîtrise d’un certain nombre de savoir-faire conséquents. Il faut de bons contacts avec les grossistes locaux, une maîtrise de la logistique et de l’ingénierie financière. Il en va de même d’ailleurs pour les détaillants. Il est notable que l’on assiste à une parcellisation des tâches. Certains groupes sont spécialisés par exemple dans l’acheminement et le convoyage des produits. Aujourd’hui le paysage criminel est très éclaté. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, il n’existe pas en France d’organisations tentaculaires qui exerceraient une hégémonie sur le marché, mais une multitude d’organisations indépendantes, pilotées depuis le Maroc, l’Algérie, Dubaï, par ce que j’appelle « la bourgeoisie du trafic », qui peuvent coopérer ou se livrer, c’est selon, une concurrence féroce. On le voit par exemple à Marseille en ce moment au sein des filières franco-maghrébines ou aux Pays-Bas et en Belgique avec la prétendue « mocro-maffia », qui n’est rien d’autre qu’une nébuleuse de bandes issues de l’immigration marocaine dont certaines ont fini par acquérir une puissance critique du fait de leur rôle croissant, d’Anvers à Rotterdam, dans le marché de la cocaïne en Europe. 

En France, vous évoquiez Le Havre qui devient une véritable porte d’entrée de la cocaïne. Les ports sont donc les cibles, tout comme les aéroports ?

On estimait en 2022 que les trois-quarts des saisies de cocaïne réalisées en France le sont sur le vecteur maritime et notamment les porte-conteneurs. Il est frappant de constater à quel point ce trafic a épousé les grandes routes commerciales de la globalisation. Certains évoquent une « maritimisation » du crime. Compte tenu de l’hypertrophie du vecteur maritime dans la configuration de l’économie mondiale, les ports sont devenus des endroits névralgiques pour les échanges, qu’ils soient licites ou illicites. Chaque année, la seule Union européenne reçoit dans ses ports près de 90 millions de conteneurs. Au Havre, il y a depuis 10 ans une explosion des saisies de cocaïne qui font penser que ce port est aujourd’hui la première porte d’entrée de la cocaïne destinée au marché français. Une réalité qui va de pair avec des phénomènes très inquiétants. Le crime organisé s’implante dans les ports par la corruption et la violence. Ce sont les mêmes phénomènes qu’à Anvers. Il y a eu une étude intéressante, menée par une équipe de chercheurs sur les rémunérations offertes à des dockers de ce port pour récupérer des chargements de cocaïne. Cela peut aller de 1 000 euros par kg de cocaïne récupéré à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour des grutiers déplaçant des containers. Le personnel administratif est visé également. Par exemple pour favoriser l’embauche de membres des organisations criminelles sur le port. Il semble que les émoluments soient les mêmes au Havre. Cette corruption s’accompagne de pressions sur le personnel, en particulier : menaces sur les familles, séquestrations accompagnées de tortures et, plus rarement, assassinats. Ce qui se passe à Anvers et Rotterdam se déroule aussi en France.

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Et dans les aéroports ? 

Une partie minoritaire, mais significative de la cocaïne destinée au marché français, arrive notamment via les réseaux surinamo-guyanais par le biais du transport aérien. Ce sont des quantités plus restreintes, mais qui, mises bout à bout, deviennent au fil du temps considérables. Une « mule » peut transporter, in corpore, jusqu’à 1 kg de cocaïne et plusieurs kilos dans ses bagages. Chaque année, grâce aux milliers de passeurs qui déjouent les contrôles douaniers, 15 à 20 % de la cocaïne consommée en France proviendrait de la Guyane. C’est donc une réalité très importante qui n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis dix ans.

Vous avez évoqué la corruption au Havre, est-ce que c’est un phénomène répandu dans le reste du pays ?

J’y consacre tout un chapitre de mon livre. C’est difficile à dire. Au vu des affaires qui scandent l’actualité, on peut affirmer qu’à défaut d’être répandue, la corruption se répand. Notamment dans les municipalités qui sont confrontées à l’existence d’enclaves et qui transigent avec certains criminels en pratiquant notamment la politique dite des « grands frères ». Pour avoir la « paix » dans ces quartiers, certains édiles distribuent de l’argent public à des associations plus ou moins fictives contrôlées par des « caïds » qui, en échange, leur apportent des voix. Les villes de Corbeil-Essonnes et de Marseille, dans les années 2000, ont été marquées par des scandales impliquant des élus. Depuis, il y en a eu beaucoup d’autres, notamment dans des communes de Seine-Saint-Denis, comme Bagnolet, Saint-Denis, Aubervilliers ou encore Bobigny. J’invite vos lecteurs à lire le petit opuscule édifiant de Didier Daeninckx, Banlieue naufragée, aux éditions Gallimard, sur la situation dans l’ancienne banlieue rouge. Le dernier scandale en date, qui illustre le développement des trafics dans les petites villes, est celui de Canteleu, une commune de 15 000 habitants située au nord de Rouen. Soupçonnée de liens avec une bande particulièrement active, la maire a dû démissionner. Il y avait de telles pressions des dealers qu’elle cédait à presque toutes leurs revendications. L’enquête en cours n’a pas permis d’établir s’il y avait corruption. On peut penser que cette femme avait peur. Tout simplement.

Vous évoquiez certains quartiers tenus par les criminels. On voit notamment les conséquences dans les violences à Marseille où l’on dénombre 23 morts par balle depuis le 1er janvier. Il y a donc un accroissement des violences entre les gangs ? 

En termes quantitatifs, cette vague de règlements de compte est probablement sans précédent depuis 40 ans, même si, en 1985-86, les guerres de succession dans le milieu marseillais, après la mort de Gaëtan Zampa, l’une des grandes figures du milieu marseillais, avaient fait des dizaines de morts dans les Bouches-du-Rhône à cette époque. Les années 1970 avaient été marquées aussi par des massacres mémorables comme les tueries du Tanagra ou du bar du Téléphone. Néanmoins, la différence entre hier et aujourd’hui est moins quantitative que qualitative. C’est la différence entre l’ancien milieu corso-marseillais et la configuration de la criminalité aujourd’hui. On a l’impression que celle-ci est beaucoup moins structurée, notamment autour de figures de figures charismatiques capables de pacifier et de réguler la concurrence consubstantielle aux activités du crime organisé. La situation paraît aujourd’hui beaucoup plus anarchique et surtout affecte directement la population qui vit dans les quartiers occupés par les bandes criminelles. L’ancien milieu marseillais, spécialisé dans la production et les trafics d’héroïne, ne contrôlait pas militairement des quartiers entiers de Marseille. Dans les années 1960 et 1970, l’héroïne était alors produite dans l’arrière-pays marseillais dans des maisons individuelles où des chimistes fabriquaient l’héroïne, laquelle était directement exportée vers les États-Unis. Selon les services antidrogues, 75 % de l’héroïne qui était importée aux États-Unis provenaient de France. Il n’y avait donc pas les nuisances qu’on voit aujourd’hui avec la dissémination des points de vente, plus d’une centaine, ancrés territorialement, qui happent une partie de la jeunesse dans des carrières criminelles et y pourrissent la vie des habitants. 

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Est-ce que la police et la justice sont assez efficaces dans la lutte contre les trafiquants ? 

Visiblement non si l’on considère le développement du marché des drogues depuis 20 ans. Il y a aujourd’hui des milliers de points de deal, qui innervent les métropoles comme les villes moyennes. À cette réalité s’est ajoutée depuis une dizaine d’années, l’implantation de réseaux albanais, singulièrement dans la région Rhône-Alpes, sur le marché de l’héroïne ou Géorgiens spécialisés dans les trafics de médicaments opioïdes. Pourtant, des saisies historiques de cannabis, de cocaïne, et même d’héroïne ont été réalisées en France en 2022. Mais ce qui est très inquiétant est que cela semble n’avoir qu’impact très relatif sur le marché. Si on saisit tendanciellement de plus en plus de drogues, c’est aussi parce que la masse de substances en circulation ne cesse de croître. Si le marché était réellement affecté par ces saisies, il y aurait des situations de pénurie, les prix devraient alors augmenter et les teneurs diminuer. Or ce n’est pas le cas. Les prix de détail des principales substances illégales sont stables ou diminuent, tandis que leur pureté est en très forte augmentation. La lutte anti-drogue en France n’est pas assez efficace. Pourtant, sur le plan opérationnel, depuis 2020, l’État a considérablement augmenté les effectifs de l’Office antistupéfiants (OFAST), structure en charge de la lutte contre les trafics qui a remplacé l’OCRTIS, mais à l’évidence cela n’est pas suffisant.

D’après vous, quelles seraient les solutions pour que cette lutte soit efficace ?

Il y a un début de prise de conscience du danger que constituent la montée en puissance du crime organisé et la prolifération des enclaves où sévit en outre le « fréro-salafisme ». En décembre 2022, la Délégation parlementaire au renseignement du Sénat a produit un rapport qui s’inquiète de l’impact de la montée de la criminalité organisée liée aux drogues. Il évoque, je cite, « une menace en pleine expansion », et un possible devenir « narco-État » de la France. À Marseille, des policiers évoquent, devant la montée des règlements de comptes, sur fond d’actes de barbarie, de fusillades à l’arme de guerre, un processus de « mexicanisation ». Il s’agit donc de faire de la lutte contre la criminalité organisée une priorité nationale. Jusqu’à maintenant, beaucoup d’observateurs ont le sentiment que la réponse des gouvernements qui se succèdent est d’ordre réactive. Il faudrait, au-delà des « rustines » consistant à envoyer des renforts ici ou là, élaborer un plan pluriannuel accompagné d’une stratégie consistant notamment à renforcer la réponse pénale tant sur le plan des moyens matériels et humains que des peines prononcées. Cette question est déterminante comme l’a montrée par le passé l’éradication des filières françaises de l’héroïne. La loi du 31 décembre 1970, dans son volet réprimant la production et le trafic de stupéfiants en bande organisée, a en effet permis en durcissant considérablement les peines prononcées de dissuader certains acteurs de persister dans la production et le trafic d’héroïne. Les criminels sont aussi des êtres rationnels. Or, un rapport européen publié il y a quelques années a montré que cette réponse pénale en France en matière de trafics de stupéfiants est une des moins sévères d’Europe. Tout cela dans un contexte où, faute d’effectifs suffisants, les magistrats sont débordés. 

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À Marseille, une poignée de magistrats gèrent chacun des dizaines de dossiers particulièrement complexes. Il faudrait, dans l’esprit qui a présidé à la mise en place des juridictions interrégionales spécialisées (JIRS) en 2004, créer un parquet national antistupéfiant, systématiser les cours d’assises spéciales au lieu de recourir à l’expédient de la correctionnalisation comme on l’a vu récemment pour un réseau implanté à Saint-Ouen dans la cité des Boute-en-Train. Il n’est pas acceptable par exemple que des membres de la mafia albanaise interpellés en France pour trafic d’héroïne ne soient condamnés qu’à des peines de deux à trois ans de prison avec des obligations de quitter le territoire français (OQTF) qui ne sont pas ou peu exécutés. Il en va de même pour les ressortissants des filières sénégalaises du crack qui perdurent depuis une trentaine d’années dans la région parisienne ou plus récemment des filières sino-vietnamiennes impliquées dans la production de masse du cannabis. La loi punit la production illicite de stupéfiants en bande organisée d’une peine maximale de 30 ans de prison. Une simple application de celle-ci dissuaderait nombre d’acteurs potentiels de se risquer à la violer. L’adage, en vogue dans les années 1970 en Italie, dans les milieux brigadistes « En frapper un, pour en éduquer cent » s’applique ici parfaitement. 

Dans les politiques publiques, la question de la légalisation est de plus en plus posée. Avec le recul des différents modèles de légalisation, quel bilan peut-on dresser ?

De plus en plus de pays légalisent le cannabis à des fins récréatives à travers le monde. Récemment, dans l’Union européenne, Malte, l’Allemagne et le Luxembourg, viennent de le décider. En 2013, l’Uruguay a été le premier État souverain à le faire, suivi par le Canada, tandis qu’aux États-Unis une vingtaine d’États à ce jour ont mis en place un système de régulation malgré la loi fédérale qui continue de prohiber le cannabis. Indépendamment du terme « légalisation », qui agit chez ses partisans comme une formule magique qui résoudra tous les problèmes, il faut regarder, les dispositifs concrets mis en place. Dans mon livre, j’explique que le modèle adopté par la plupart des États américains n’est pas le bon. C’est un modèle très libéral sur le plan économique, qui confie la production du cannabis à des entreprises privées. Or la logique du privé est de faire un maximum de profit en élargissant le marché. Le Colorado, l’un des premiers États à partir de 2012-2014 à avoir légalisé le cannabis, a connu une explosion des consommations chez les adultes. Et pour faire plus de profits, les entreprises mettent sur le marché des concentrates, c’est-à-dire des formes de résine et d’huile de cannabis à des taux de THC de 60 à 80 %, plus chères, aux effets potentiellement néfastes en termes de santé publique. Ce type de légalisation n’est donc pas assez régulée. En outre, l’impact sur les réseaux criminels est relatif puisque malgré la forte croissance de l’offre légale, la part du marché noir, 30 %, reste considérable. Les groupes criminels ont profité du fait que le cannabis légal est par définition taxé, ce qui leur permet de proposer le produit à des prix compétitifs. Il y a aussi ce que les policiers appellent « l’effet ballon », c’est-à-dire des reports sur d’autres drogues. Si le trafic de cannabis a diminué aux États-Unis, ceux de méthamphétamine, de cocaïne et surtout de fentanyl ne cessent de prospérer. Compte tenu de ce bilan très mitigé, s’il décidait de légaliser, l’État serait donc avisé de mettre en place en France un monopole fixant les prix et limitant les taux de THC et interdisant la vente aux mineurs. Ce processus devra être en outre accompagné d’une stricte application de la loi pour ceux qui continueront à produire illégalement du cannabis ou d’en vendre aux mineurs. Sinon, le chaos s’installera rapidement au risque de favoriser les activités du crime organisé et de remettre en cause une des rares tendances positives du marché des drogues illégales en France : la forte baisse des consommations chez les adolescents.  

 

On le voit si incontestablement la prohibition pose un certain nombre de problèmes, la légalisation en crée aussi de nouveaux et ne saurait faire figure de remède miracle nous épargnant la confrontation avec un crime organisé posant au pays des défis d’ordre existentiels. 

 

Lorsqu’un délinquant algérien déclare au tribunal : « Maintenant, c’est l’Algérie qui baise la France »

Source : Bd. Voltaire.

 

...par Arnaud Florac - Le 31 juillet 2022 

 

C'était au tribunal de Rennes, le 7 juillet dernier, mais le site Fdesouche ne s'en est fait l'écho que tout dernièrement. Un Algérien, condamné pour vol, ainsi que pour violence sur conjoint et mineur (ce qui signifie, dans la langue vernaculaire du justiciable, qu'il a frappé sa femme et ses enfants), avait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) en juillet 2020, puis à nouveau en septembre 2021. Condamné en octobre 2021 à 8 mois de prison et 5 ans d'interdiction du territoire français, il est, vous vous en doutez, toujours là. « Toujours vivant, rassurez-vous », comme dirait Renaud.

Des histoires comme celle-là, il y en a des centaines tous les jours, dans des tribunaux engorgés qui rendent la justice aussi vite et bien que possible. Vous connaissez tous un tribunal de province : bâtiments gris et laids, en verre et métal, déjà obsolètes ; poussière en suspension, lino par terre, couloirs peints en jaune ; moquette sur les murs de la salle d'audience Simone-Veil dans laquelle des bancs en pin Ikea™ et des tableaux abstraits rappellent les plus belles heures du concile Vatican II. Au fond de la salle, en demi-cercle, se déploie la cour : une demi-douzaine de femmes ; une gynécocratie à la fois prétentieuse et terrifiée par le réel, protégée de la foule par des lunettes de gros calibre, des sentences définitives et d'épais dossiers couleur pastel. À la fin des débats, des sermons lénifiants, des peines de sursis dont tout le monde se fiche : bref, la justice.

Eh bien, il faut imaginer le même contexte au palais de justice de Rennes, quand on lit, dans le style imitation Napoléon III qui caractérise la prose juridique, les délibérations de la cour à l'endroit de ce sympathique visiteur, venu du soleil pour nous apporter la joie qui manque à notre décor. Voyez : « Il résulte des pièces du dossier que M. N. J. a été condamné pour des faits de vol et violences sur conjoint et mineur, a refusé volontairement de quitter le territoire et déclaré en audition : "L’époque où la France baise l’Algérie est révolue. Maintenant, c’est l’Algérie qui baise la France ; l’intelligence de l’Algérie est de venir en France et de la coloniser, se marier et se multiplier pour convertir le pays à l’islam, la France peut me refouler, je reviendrai avec 18 personnes." »

Ce n'est pas très poli, en effet, mais est-ce fondamentalement faux ? Oui pour une part, car la façon dont la France a « baisé » l'Algérie de 1830 à 1962 est quantifiable : 70.000 km de routes, 4.300 de voies ferrées, 4 ports internationaux, plus de dix aérodromes, 1 lit d'hôpital pour 300 habitants, une politique d'alphabétisation remarquable et… un programme de lutte contre la stérilité et d'encouragement à la natalité dont nous n'avons pas fini de nous mordre les doigts (sources : Goinard, Algérie, l'œuvre française, Paris, 1986).

Non pour l'autre part, car ce prophète involontaire a dévoilé, non pas la stratégie structurelle de l'Algérie (je ne suis pas complotiste), mais les résultats réels de cinquante ans de laxisme, de regroupement familial, de gallophobie des élites et d'ethnomasochisme du peuple français : invasion, islamisation, mépris de la France qu'il s'agit de « baiser ».

Il est surprenant d'entendre un Algérien tenir des propos « grand-remplacistes » dans une enceinte judiciaire, mais à lui, on ne lui tiendra pas rigueur. Imaginez un instant que ces propos aient été tenus par Jean-Marie Le Pen ou Bernard Lugan…

 

Merci à ce monsieur N.J., en tous les cas. Si l'on se fie à la jurisprudence, il n'est pas près de nous quitter et pourra encore nous délivrer quelques oracles. C'est tant mieux.

STADE DE FRANCE, CHAOS : DIAGNOSTIC CRIMINOLOGIQUE

...par Xavier Raufer - Le 06/06/2022.

Source : ATLANTICO.FR - Place d'armes

Le texte en PDF

Stade de France : Chaos et calembredaines, un

beau travail d’équipe

 

Susciter un tel chaos dépassait les forces d’un seul homme : ils s’y donc mis à trois - côté

sécurité ; ceci est une analyse criminologique ; donc, l’aspect sportif, organisation, etc. y

sera éludé.

 

Premier en cause, l’assez rigide préfet Lallement, peu doué pour la vision précoce et

flexible ; sous sa jolie casquette d’uniforme nord-coréen, il fait plus dans le statique et le

déjà-vu, que dans le génie créateur. Au-dessus, le ministre Darmanin, dont l’initial réflexe

est toujours de mentir.

L’homme qui, fin 2020, affichait triomphalement la baisse de la criminalité dans son fief électoral - confiné et sous couvre-feu plus d’un trimestre - et qui depuis, fait pire encore. Entre le partisan du « Plus c’est gros, mieux ça passe », et celui de « C’est comme ça, pas autrement », en cas de nouveau et d’imprévu, ça coince forcément.

 

Imprévu dû à l’ignorance des alertes du renseignement de terrain - pour l’immédiat - mais

plus profondément, à l’incompréhension des évolutions, toujours subtiles, dans les profondeurs du monde criminel.

 

Certes, voici quinze ans que la Préfecture de police a repéré les gangs juvéniles des ban-

lieues de la capitale et envisagé de les réduire. Mais la bande stable-structurée (durable,

avec vague hiérarchie et structures) n’est pas la forme criminelle suburbaine majeure. On y

trouve d’abord la meute, entité furtive qui, grâce aux portables, s’agrège subitement pour un pillage, une émeute - frappe et disparaît aussitôt, en mode essaim.

 

Sans cesse, ces meutes assaillent les policiers dans le neuf-trois (fact-checkers ! Nous

avons les détails) ; donc, sont rompues dès 12/13 ans à éviter les « keufs ».

Cette gymnastique est quasiment leur quotidien - d’abord dans « leurs » fiefs ; exemple près du Stade de France, à la cité hors-contrôle des Francs-Moisins, aux narcos si indifférents à la police qu’ils publient l’adresse de leurs fours en entier sur Instagram, avec promos du jour.

Bien sûr, ces meutes de prédateurs opportunistes ne planifient rien - pas le genre Napoléon

avant Austerlitz.

Un match de foot au stade de France ? Bof, banal, pas lucratif. Mais là !

 

Désordre et précipitation, le match fatal se prépare. Manque une pléthore de « stadiers » :

on les recrute dans le coin - notamment, sans contrôle, dans les cités alentours. Le renard

dans le poulailler : pour sûr, les lascars embauchés-stadiers font entrer les copains à l’œil,

signalent (les portables toujours) les secteurs sans sécurité ni contrôle.

 

Les premiers accourus des cités voisines voient alors le Saint Graal sous leurs yeux : par

milliers, des étrangers perdus, ballottés d’un secteur à un autre - pas toujours sobres. Leurs

montres ! Leurs téléphones ! Leurs poches pleines des euros préparés pour faire la fête ; ou

changés, pour les Britanniques.

 

L’info vole, de portable en portable : c’est la ruée. Par petits groupes de cinq-six, la dé-

pouille commence. « Dès qu’ils s’éloignaient des policiers, les gens se faisaient attraper, dit

un gradé, Ils faisaient leur marché... on n’a jamais vu ça... » - avec dix ans de 9-3 au

compteur, la remarque pèse lourd. Ces policiers du terrain, sur place toute la soirée, ont ainsi vu affluer une nuée de quelque trois cents pillards de 12 à 16 ans.

 

La police était là pour mater des hooligans - pas « des voyous en nombre », comme dit le

maire de Saint-Denis - homme peu enclin au tout-répressif. « Présence massive et

inhabituelle de centaines de délinquants ... Un vol avec violence ou par ruse toutes les deux minutes » s’étouffent les syndicats policiers. Ayant - faute d’ordres cohérents - gazé des

supporters souvent en famille, bousculés de barrières en portiques, les policiers en viennent

(tardivement) à arrêter les pillards passant sous leurs nez. Bien sûr, les agiles lascars des

cités proches sont déjà rentrés au bercail, poches et sacs à dos remplis.

Restent au fond du tamis des attardés, de benêts voleurs à la petite-semaine, ni familiers

des lieux, ni aguerris ... Des Péruviens... Un Palestinien...

Les mineurs arrêtés ? Classement sans suite... auteur inconnu... procédure irrégulière - tous dehors, et vite. La lourde et lente justice française ne sait se dépêtrer des infractions furtives, commises par des groupes agiles.

Alors, par réflexe, elle les rejette hors de sa portée.

Lallement... Darmanin... Dupont-Moretti : faisons-leur confiance pour nier l’évidence : pas

de morts ?

Tout va bien. Mais l’Europe est horrifiée par les scènes vues au stade de

France.

 

Et les forts opportunistes bandits suburbains ont capté l’impuissance des forces de

sécurité en de telles circonstances : ils ne l’oublieront pas de sitôt.

Extrait de "Zone interdite" - Le 02/02/2022.

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"ON" à laissé faire, voire encouragé soit : La théorie de la "diguette".

"Une fuite dans le barrage : Vite, on construit une diguette en aval du barrage. A chaque "fuite", "on" recule...et ainsi de suite.... au lieu de colmater le fuite.

JMR.


Attendrissant de voir la jeunesse s’intéresser au sport  - Le 02/02/2022.

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attendrissant-de-voir-la-jeunesse-sinter
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M. Dupont-Moretti aurait-il une réponse ?

JMR

Document : Écoutez l’ordre de ne pas confronter les racailles !

Le 23/04/2020.

Des policiers en colère ont enregistré l’ordre donné de ne pas confronter les individus qui mettent le feu aux banlieues de France. Écoutez… et partagez !

Association MPC@association_mpc


🔴 Oyé oyé peuple français !!!
Peut-être que ce message sur les ondes police est le plus parlant et le plus instructif quant aux consignes qui sont données à la police… Alors écoutez-le et il répondra à beaucoup de vos questions !!

 

https://twitter.com/i/status/1253401568642203648

 

Vidéo intégrée

Source : https://lalettrepatriote.com/document-ecoutez-lordre-de-ne-pas-confronter-les-racailles/

 

 


Le 22/04/2020.


Les parquets alertent sur la violence de la délinquance

Le 28/10/2020.

Dupond-Moretti demande aux magistrats d’éviter d’envoyer les délinquants en prison, ils lui répondent que la délinquance est trop extrême pour cela

Pour les magistrats, les alternatives à la prison ne correspondent pas à la réalité de leurs dossiers.

(…) « Usez du nouvel arsenal » , a insisté en substance le ministre de la Justice. Des mesures qui, depuis la loi du 23 mars 2019, permettent d’éviter le tout-carcéral au profit de toutes les alternatives, du travail d’intérêt général au sursis probatoire, sans oublier le bracelet électronique à domicile. Il aura quitté la visioconférence avant d’entendre la réponse des magistrats de terrain qui ont rappelé le seul premier ministre à la réalité de la délinquance actuelle. Tout en reconnaissant la rareté de la démarche de ce dernier envers le monde judiciaire. (…)

Catherine Champrenault, le procureur général de Paris, qui au cours de cet échange avec Jean Castex aurait alerté le premier ministre, sur le fait qu’ «  Il ne peut pas être demandé au ministère public de ne plus déférer ni requérir de mandats de dépôt. La nature de la délinquance que nous traitons impose parfois la mise à l’écart de la société, que la détention à domicile ne peut pas toujours satisfaire  », a-t-elle prévenu, loin de tout angélisme. Une façon d’expliquer à un monde politique parfois éloigné que «  le discours de régulation carcérale peut apparaître en décalage avec celui de la gestion de délinquance que les parquets ont à connaître et la réalité du niveau de criminalité qui est notre quotidien  », aurait-elle précisé en substance.

Sources : 

- Le Figaro

- FdS


Des policiers attaqués au mortier à Alençon, au cœur de la Normandie

...par Arnaud Florac - Le 27/10/2021.

Source : Bd. Voltaire

 

Alençon était autrefois une terre de tolérance et de courage. Tolérance de la « bonne duchesse » Marguerite de Valois qui, en pleine guerre de religion, fit ce qu’elle put pour accorder assez de  aux protestants et évita le bûcher ou la corde à bon nombre d’entre eux. Courage, entre autres, d’Eugène Lecointre, maire de la ville sous l’occupation prussienne, qui, menacé de pillage par les troupes ennemies, leur jeta les clés de sa propre maison en lançant crânement: « Pillez ! La force prime le droit ! », clin d’œil acide à la phrase favorite de Bismarck.

Désormais, comme tant d’autres communes normandes, Alençon vit sous une loi différente, mélange d’occupation étrangère et de guerres de religion. Mardi soir, des policiers ont été attaqués au mortier dans une cité « sensible » ou « de reconquête républicaine ». Ils avaient été appelés pour des voitures de particuliers incendiées – particuliers qui ne sont que les victimes collatérales des tensions qui se jouent sous nos yeux. Ils n’ont pas riposté, achetant une nouvelle fois la paix sociale – si on peut l’appeler ainsi. La raison de ces « scènes d’émeute » ? L’arrestation d’un dealer dans le quartier. Les pauvres ! Voir un de leurs bons amis, petit ange parti trop tôt en garde à vue, « arraché » par la  de bon matin alors qu’on ne tardera pas à découvrir que, « poli et discret », il « aidait à porter les courses » et « voulait devenir footballeur »… C’est l’horreur absolue, l’innommable. Plus jamais ça, scandent ces drôles de victimes, debout sur les berlines calcinées.

Il y a quelques mois, notre amie Sabine de Villeroché avait dit un mot sur la gangrène islamiste au sein de la riante Normandie. À Argentan, plus récemment, les policiers étaient appuyés par les CRS pour leurs contrôles d’identité. Et voici que Ouest-France (« Ouesteufrance », prononce-t-on dans le coin) nous apprend les détails de ce guet-apens, en nous précisant que cela peut durer longtemps.

La Normandie a déjà été cédée une première fois à un peuple étranger, pour acheter la paix sociale. Il s’agissait des Vikings. Deux siècles plus tard, ils soumettaient l’Angleterre. Depuis, la France n’a eu qu’à se louer de ses Normands. Faudra-t-il envisager une deuxième (sé)cession à titre gracieux pour qu’un semblant d’ordre revienne au pays des chaumières et des vergers ?

Commentaires: 1
  • #1

    tiso (mardi, 28 avril 2020 18:36)

    Je ne sais si les trois guerres mondiales du franc-maçon Albert Pike sont véridiques, mais il semblerait que oui, la destruction de l'Europe a été planifiée.