La suprématie militaire américaine en question.

Courant 2015


Suprématie ???

 

A mon humble avis…Les américains ont perdu le monopole de la puissance militaire…ou, au minimum, présentent d'énorme lacunes dans des domaines de pointe.

 

Je m’appuierai sur quelques points techniques caractéristiques de ces derniers mois qui semblent démontrer cette idée. Ils n’ont bien sur pas été révélés ou mis en perspective par les médias, français en particulier

.

A ma connaissance, le premier « incident » significatif remonte à 2014 !

 

Le 10 avril, en mer Noire, le HMS Donald Cook est survolé par des SU 24 Russes sans que l’équipage ait pu détecter...et prévenir cette attaque « simulée ». Il faut rappeler que ce bâtiment est porteur de missiles à capacité nucléaire et qu’il embarque le nec plus ultra de la technologie US en matière de détection et de contre-mesures…

http://www.voltairenet.org/article185324.html

 

Ce même bâtiment subit le même simulacre d’attaque par le même type d’appareils, le 14 avril 2016 , mais cette fois en Mer Baltique.

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160414.OBS8498/mer-baltique-des-avions-russes-frolent-un-navire-americain-une-attaque-simulee.html

 

Malgré toute sa puissance théorique, il n’échappe pas à la surveillance russe et a été virtuellement  envoyé par le fond à deux reprises… !

 

En mars 2015, au cours d'un exercice, un sous-marin nucléaire français réussi à se mettre en position de tir et "virtuellement" couler le porte-avions USS Théodore Roosevelt...Belle performance de nos sous-mariniers, mais bel accroc à la suprématie de la marine US !

http://www.opex360.com/2015/03/04/marin-nucleaire-dattaque-francais-fictivement-coule-le-porte-avions-uss-theodore-roosevelt/ 

 

Le 03/09/2015, suite au soi-disant franchissement de la « fameuse ligne rouge » par le gouvernement Syrien (emploi de l’arme chimique ) le gouvernement US décide de frapper…et les deux premiers missiles Tomahawk tombent à la mer…. !

https://www.upr.fr/actualite/monde/guerre-missiles-t-ete-perdue-les-etats-unis-face-russie

 

Marche arrière toute des USA.... et du coup, la France se retrouve complètement isolée…

 

En revanche, en octobre suivant, lorsque la Russie décide de frapper l’EI, elle le fait à partir de petites unités de la flottille de la Caspienne, mer fermée, soit dit en passant.

Sur environ une centaine de missiles de croisière tirés à plus de 1000 km de distance, seuls deux ou trois n’atteindront pas leurs objectifs.

https://youtu.be/aatTUExHOqU

 

 Les américains n'y ont vu que du feu...!

 

Autre point « technique » qui mérite attention…Courant 2015, les marins américains n’ont plus confiance en leur système GPS…si bien qu’ils ré-instituent la navigation astronomique et ré-apprennent à utiliser leurs sextants…

Ils ne font surement pas cela pour le plaisir, mais certainement confrontés à l’expérience de la neutralisation temporaire du système GPS de leurs unités.

http://www.lemarin.fr/secteurs-activites/defense/23306-les-aspirants-navigateurs-americains-repassent-au-sextant

 

La puissance des moyens de brouillage russes pourrait aussi expliquer la discrétion de la mise en place des moyens militaires d’aide au pouvoir syrien…Car à bien y regarder, il n’y a que lorsque tout a été en place et diffusé par les médias russes que l’occident a pu évaluer les forces en présence.

Il en est de même pour certains armements nouveaux développés dans la « discrétion » la plus totale en particulier le SU 34…..

https://fr.sputniknews.com/blogs/201602121021656340-su34-syrie-missions/

 

….le char « Armata », concept révolutionnaire en matière de char de combat

http://www.athena-vostok.com/nouveau-char-russe-armata-une-revolution-dans-la-tradition

https://fr.sputniknews.com/defense/201604091024087596-armata-test-drive/

 

https://fr.sputniknews.com/defense/201604181024341352-russie-armata-robot/

 

…et enfin le BMPT « Terminator »

http://stratediplo.blogspot.co.uk/2016/05/le-terminator-bmpt.html

 

 

L’ensemble de ces éléments m’amène à penser que le gouvernement américain n’a plus la main sur le plan militaire et par conséquent diplomatique au Moyen-Orient et en Syrie.

Ajoutons à cela, la performance des services de renseignement russes qui ont rendu public quelques rapports de renseignement accablant la Turquie :

 

1)  http://reseauinternational.net/le-rapport-de-renseignement-russe-une-bombe-a-retardement-contre-la-turquie-et-au-dela/

 

2) http://reseauinternational.net/second-rapport-de-renseignement-russe-sur-laide-actuelle-turque-a-daesh/

 

3) http://www.voltairenet.org/article191952.html

 

....et  permis de « prévenir » Erdogan de l’imminence d’un coup d’état…organisé par la CIA...!

 

Plus que jamais, il faudra retenir qu’à « Défense forte, Diplomatie forte » ce qui signifie  :

       - Que V. Poutine se sent suffisamment fort pour ne pas tomber dans le piège des provocations américaines (Cf : le SU24 abattu par l’aviation turque le 24/11/2015), les manœuvres de l’OTAN dans les pays Baltes…ou l’interdiction de participation aux JO de Rio….etc  !)

     - Qu'Erdogan a senti le vent tourner et se range du coté du plus fort...

 

 

 JMR

 

 


Les forces américaines ont du mal à se remettre des coupes budgétaires de ces dernières années

par Laurent Lagneau - le 08/02/2017.


 

image: http://www.opex360.com/wp-content/uploads/f18-20161218.jpg

f18-20161218

 

En 2011, afin de réduire le déficit fédéral des États-Unis, le Congrès adopta le Budget Contral Act (BCA) qui prévoyait un mécanisme de coupes budgétaires automatiques dans les dépenses dites « discrétionnaires », dont celles du Pentagone.

À ce « séquestre budgétaire » s’est ajouté, en 2013, le « shutdown », c’est à dire la paralysie des administrations fédérales faute d’accord sur le budget et le plafond de la dette entre les élus démocrates et républicains.

Et, évidemment, cela n’a pas été sans conséquences sur les crédits alloués aux forces américaines qui, contraintes de jongler avec les gels et les annulations de crédits, ont dû revoir leurs priorités tout en ayant à financer des programmes d’équipements coûteux et à maintenir leurs engagements opérationnels. En outre, leurs marges de manoeuvres ont été parfois rognées par les élus eux-mêmes, soucieux d’éviter des dissolutions d’unités dans leurs États d’origine.

Aussi, le tableau qu’ont dressé les principaux responsables militaires américains, lors d’auditions devant le comité des Forces armées de la Chambre des représentants, n’est pas très brillant. Et le sentiment que l’on en retire est que l’armée américaine est une sorte de colosse aux pieds d’argile…

Ainsi, le général Stephen Wilson a décrit l’US Air Force, dont il est numéro deux, comme étant « la plus petite, la plus ancienne et la moins opérationnelle de notre histoire », en citant le volume des effectifs (311.000 militaires), l’âge moyen des équipements (le dernier appareil entré en service opérationnnel étant le F-22 Raptor, en 2005), le nombre d’appareils en ligne (5.500 contre 8.600 en 1991) et le taux de disponibilité des avions.

En outre, il a souligné le manque d’entraînement des pilotes de combat, qui « font en moyenne 10 sorties et 14 heures de vol par mois ». Or, « c’est trop peu », a-t-il dit. Aussi, « moins de 50% des escadrons de chasse de l’US Air Force sont sufffisamment prêts pour aller au combat, ce qui crée un risque inacceptable pour nos aviateurs, nos partenaires et notre nation », a ajouté le général Wilson.

L’aviation du Corps des Marines fait face au même problème. « Nous ne disposons tout simplement pas assez d’appareils disponibles pour répondre aux exigences de nos escadrons. Cela signifie que les moyennes d’heures de vol mensuelles par équipage sont en dessous des normes minimales requises pour atteinte et maintenir les niveaux de formation et de préparation », a déploré le général Gleen Walters, le commandant en second de l’USMC.

Le problème de l’aptitude au combat a été souligné par les homologues de ce dernier. Numéro deux de l’US Army, le général Daniel Allyn, a indiqué que seulement un tiers des brigades de combat et 25% des brigades d’aviation (hélicoptères) étaient considérées prêtes à « à combattre ce soir ».

L’US Navy est aussi confrontée à d’importants problèmes, liés à la maintenance (et donc à la disponibilité) de ses navires et de ses avions, ce qui joue sur sa préparation opérationnelle, la formation de ses équipages et sa capacité à répondre aux demandes adressées par les commandements régionaux.

Par exemple, son numéro deux, l’amiral Bill Moran a indiqué que le potentiel des avions de combat F-18 Hornet va être largement dépassé. Alors qu’ils devaient 6.000 heures, « nous sommes en train de les pousser vers les 8-9.000 heures » de vol, a-t-il dit. « Dans une journée typique de la marine, autour de 25 à 30% de nos avions sont en révision ou en maintenance », a-t-il ajouté. Et ce n’est là qu’une moyenne. Récemment, Defense News a révélé que 53% des appareils de la marine américaine (chasseurs, avions de patrouille et hélicoptères) n’étaient pas en mesure de voler.

Autre point sensible : celui de l’état des bases. « Nous avons un retard de plus de 9 milliards de dollars de dépense d’entretien de nos infrastructures », a en effet regretté le général Walters.

Bien sûr, ces responsables américains ne sont pas contre une hausse de leurs ressources financières, comme l’a promis le président Trump, qui parle d’une « grande reconstruction des forces armées des Etats-Unis. Mais ils voudraient aussi que les élus ne viennent pas leur compliquer la tâche quand il est question de réaliser des économies. « Nous pensons que nous avons 25% de capacités excédentaires dans nos bases », a ainsi avancé le général Wilson. Or, pour les fermer, encore faut-il que les sénateurs ou les représentants ne s’y opposent pas…

 

 


L’empire qui veut mener une nouvelle guerre globale contre de solides adversaires est en déclin militaire…

L’empire qui veut mener une nouvelle guerre globale contre de solides adversaires est en déclin militaire…

Le déclin et l’effondrement de l’empire Romain d’Occident fut un processus assez lent, systématique mais imperceptible à la plupart des contemporains de cette époque lointaine. Puis vint le moment où les légionnaires Romains se révoltèrent pour qu’ils se débarrassent de leurs encombrantes armures individuelles. Puis ils jetèrent leur scutum (bouclier), qu’ils trouvèrent trop lourd à porter, avant de suspendre leur gladius (épée courte portée sur la droite) à des branches d’arbres et exploiter le moindre moment pour fuir le service militaire. Le déclin militaire fut tel que Rome fit de plus en plus appel à des troupes auxiliaires recrutées parmi les autres nations jusqu’à sa disparition sous les coups d’un général barbare.

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A un peu plus de 16 siècles de distance, le même déclin frappe la première puissance militaire du monde. En dépit d’un budget astronomique frôlant le trillion de dollars US, le Pentagone se trouve forcé d’adopter une nouvelle politique dénommée « Deploy or Get Out!« , visant à mettre dehors les militaires qui ne sont pas aptes au déploiement. Grosse surprise: jusqu’ici plus de 21 000 militaires (en quatre divisions) ont été remerciés depuis l’été 2018, soit quatre fois plus que prévu, et il est à craindre que les effectifs des troupes « non déployables » dépassent ceux d’un corps d’Armée d’ici au mois de juillet 2019.

 

Pire, une étude officielle du Département US de la Défense a estimé le nombre de militaires non aptes au déploiement à près de 235 000 dont plus de 126 000 peinent ou échouent à satisfaire aux standards sportifs militaires de base. Le reste est constitué de personnels approchant la retraite ou des femmes enceinte (un pourcentage étrangement élevé cachant mal la fonction et la couverture sociales des forces armées pour certaines catégories de la population).

Du coup, le Pentagone donne un délai de douze mois aux militaires non aptes pour satisfaire aux standards de déploiement ou d’être « foutus dehors à grands coups de pieds au C… ».

A court terme, plus de 310 000 militaires US risquent de se retrouver hors-circuit si cette nouvelle politique est menée à terme.

Washington se prépare donc sérieusement à une guerre globale, non pas contre une menace fictive comme cela fut le cas depuis 2001 (avec le marketing de la guerre sans fin contre le terrorisme) mais avec deux grandes puissances redoutables: la Chine et la Russie.

Mais Washington a t-il encore les moyens d’entretenir de telles ambitions démesurées ?

 

 

Il y a quelques jours, des unités combinées de l’Armée syrienne ont effectué des exercices près du périmètre de sécurité de la base US d’Al-Tanf dans l’extrême Sud-Est de la Syrie, soit à un peu plus 55 kilomètres des Marines US retranchées derrière leurs parapets. Et pourtant, aucun avion de combat de la coalition n’a osé survoler les troupes syriennes qui manœuvraient en plein désert pour la simple raison que les T-55 et T-62 syriens bénéficiaient d’une couverture aérienne et d’un système de défense aérienne mobile. En clair, des Mig-29 SMT survolaient la zone en permanence et des systèmes de missiles SAM mobiles (des Buks) accompagnaient les unités blinées syriennes à quelques dizaines de kilomètres de la base d’Al-Tanf en territoire syrien et des camps de la coalition en Irak voisin.

 

 

Soldats syriens près du camp US d’Al-Tanf

Soldats syriens près du camp US d’Al-Tanf

 

Soit à portée de certaines batteries d’artillerie de l’OTAN déployées à la frontière irako-syrienne…

 

Unités de Marines US dans la base militaire illégale d’Al-Tanf, dans le désert de l’extrême Sud-Est de la Syrie.

Unités de Marines US dans la base militaire illégale d’Al-Tanf, dans le désert de l’extrême Sud-Est de la Syrie.

 

Une situation burlesque: stationner des forces militaires sur le territoire d’un pays souverain sans y être nullement invité, et supporter de se faire encercler de toutes parts par l’armée régulière de ce pays, laquelle en profite jusqu’à y mener des manœuvres militaires cycliques…Ce n’est pas un gag ou une caricature, c’est une réalité. Et on peut imaginer sans peine l’état d’esprit des militaires de la coalition retranchées avec pour premier niveau défensif de la chair à canon locale fournie par les forces démocratiques syriennes et surtout les satellites-espion en orbite couplés aux chasseurs-bombardiers et autres drones stationnées en Irak.

 

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Vous imaginez les forces US ou d’un quelconque pays de l’OTAN réduite à cette situation lors de l’invasion de l’Irak en mars-avril 2003? Jamais. Le déclin est toujours imperceptible. Jusqu’au coup final. Si Washington avait les moyens de sa politique, il n’aurait jamais accepté de se faire humilier de cette façon et aurait agi très énergiquement. Les Iraniens ne sont pas dupes. Ils observent la scène. Ils viennent de mobiliser l’ensemble de leurs forces pour « infliger une leçon cinglante à leurs ennemis dans la région ».

 

Photographie rare du Mollah Omar, Chef suprême des Talibans d’Afghanistan, ayant combattu avec succès contre l’ensemble des forces militaires de l’OTAN et du monde Occidental. Mort invictus en 2013.

Photographie rare du Mollah Omar, Chef suprême des Talibans d’Afghanistan, ayant combattu avec succès contre l’ensemble des forces militaires de l’OTAN et du monde Occidental. Mort invictus en 2013.

 

Cette situation rappelle maintenant celle, désastreuse, de la guerre en Afghanistan. Durant des années, le Mollah Omar, chef suprême des Talibans d’Afghanistan de 2001 jusqu’à son décès en 2013, vivait et évoluait en toute quiétude, souvent à moins de dix, voire cinq kilomètres, des plus grandes bases militaires US d’où partaient des cohortes d’avions de combat, d’hélicoptères d’attaque et de blindés à la recherche d’un contact avec les Talibans.

En deux occasions, le Mollah Omar avait poussé l’audace jusqu’à camper avec armes et bagages à l’ombre des épaisses murailles en béton armé d’un complexe militaire US hyper-fortifié…

 

Sources : https://reseauinternational.net/lempire-qui-veut-mener-une-nouvelle-guerre-globale-contre-de-solides-adversaires-est-en-declin-militaire/

                     https://strategika51.org/archives/61922


Un désastre militaire.

La Russie et la Chine écrasent les États-Unis dans une simulation de combat.

...par David AXE - le 11/03/2019.

 

 

L’armée américaine continue de se faire botter les fesses pendant les simulations de guerre, a déclaré un analyste au journaliste de Breaking Defense, Sydney Freedberg Jr. Il en coûterait 24 milliards de dollars par an pour régler les problèmes les plus importants, selon le même analyste.

 

« Dans nos simulations, lorsque nous combattons la Russie et la Chine, les États-Unis se font botter le cul », déclare David Ochmanek, analyste du groupe de réflexion californien la RAND Corporation, dans le cadre d’une table ronde tenue le 7 mars 2019 au Center for a New American Security, à Washington, DC.

 

« Il s’avère que les super-armes américaines ont un peu trop d’Achille dans leurs talons », se moque Freedberg.

 

Selon Ochmanek, les bases américaines sont vulnérables aux attaques de missiles longue portée. Il en va de même pour les grands navires de guerre naviguant en haute mer. « Les choses qui dépendent d’une infrastructure de base sophistiquée comme les pistes d’atterrissage et les réservoirs de carburant sont particulièrement vulnérables », a déclaré M. Ochmanek. « Les choses qui naviguent à la surface de la mer elles aussi. »

 

La dépendance excessive des forces américaines à l’égard de grandes installations vulnérables et de grands navires rendent discutables les qualités de haute technologie des avions furtifs qui survolent ces bases et ces navires, a déclaré Robert Work, un ancien secrétaire adjoint à la défense qui a également siégé au comité du CNAS.

 

« Dans tous les cas que je connais, le F-35 domine le ciel quand il est dans le ciel, mais au sol ils seront décimés en grand nombre », déclare Freedberg.

 

La vulnérabilité croissante des forces américaines aux frappes de missiles explique en partie pourquoi la marine américaine a proposé de déclasser un porte-avions des décennies plus tôt qu’elle ne l’avait prévu, nous explique Freedberg.

 

Bien sûr, il est possible que la proposition de la Marine de mettre l’USS Harry S. Truman en réserve soit aussi un stratagème pour obtenir des fonds supplémentaires du Congrès.

 

Pourtant, les planificateurs militaires n’ont pas tort de reconsidérer les méthodes américaines traditionnelles de projection de puissance. Ochmanek estime qu’il en coûterait 24 milliards de dollars par an pendant cinq ans pour préparer l’armée américaine à une guerre de haute technologie avec la Russie et la Chine.

 

« Alors qu’achèterons-nous avec ces 24 milliards de dollars ? » se demande Freedberg.

 

Tout d'abord, des missiles. Beaucoup, beaucoup de missiles. Les États-Unis et leurs alliés continuent notoirement de sous-estimer le nombre d'armes intelligentes dont ils auront besoin pour une guerre balistique, puisqu’ils ont commencé à sécher contre des ennemis aussi faibles que les Serbes ou les Libyens. Contre la Russie ou la Chine, qui peuvent égaler non seulement notre technologie mais notre masse, nous manquerons rapidement de munitions.

Plus précisément, il faudra beaucoup de missiles offensifs à longue portée. Ochmanek a mentionné les brigades d'artillerie de l'armée de terre, qui utilisent des lanceurs de missiles MLRS, et la bombe intelligente JAGM-ER de l'armée de l'air, tandis que Work a vanté le tueur de navires LRASM de la marine.

Il faudra aussi beaucoup de missiles défensifs pour abattre les missiles offensifs, les avions et les drones de l'ennemi. Les nouvelles batteries de défense aérienne à courte portée de l'armée de terre, les missiles Stinger montés sur des véhicules blindés Stryker huit par huit, constituent une solution à court terme.

À plus long terme, les lasers, les canons sur rail et les micro-ondes de grande puissance pourraient abattre les missiles entrants à un coût beaucoup moins élevé.

 

L’armée devrait également renforcer ses réseaux de commandement et de contrôle. « Cela comprend tout, des liaisons de données à l’épreuve des brouillages aux équipements de guerre électronique sur les avions de combat et les navires de guerre », explique Freedberg.

 

« Les services aiment bien rogner sur l’électronique pour avoir autant d’avions et de bateaux que possible », raconte Ochmanek, « mais un navire de plusieurs milliards de dollars qui coule faute d’une protection électronique d’une valeur de un million de dollars est un mauvais retour sur investissement. »

 

Selon Work, le Pentagone pourrait libérer de l’argent pour ces réformes en démantelant les forces vulnérables car trop grandes. Désaffecter le USS Truman, par exemple, « me semble une bonne idée », dit-il. Il affirme également que l’armée américaine dispose de plus de brigades d’infanterie et de chars que ses forces de défense antimissile ne peuvent en protéger. Si le ministère de la Défense pouvait libérer 24 milliards de dollars, il faudrait les affecter à la branche militaire qui a les meilleures propositions pour atteindre certains résultats en temps de guerre, rajoute-t-il.

 

« Couler 350 navires de la marine et des garde-côtes chinois au cours des 72 premières heures d’une guerre, ou détruire 2 400 véhicules blindés russes », sont deux objectifs possibles selon Freedberg.

 

David Axe

Liens

Le USS Pentagone et sa mer des sargasses

 

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone. 

 

Source : http://lesakerfrancophone.fr/un-desastre-militaire-la-russie-et-la-chine-ecrasent-les-etats-unis-dans-une-simulation-de-combat


Le drone américain abattu par l'Iran, un engin d'espionnage de pointe

Le 20/06/2019.

Le drone américain abattu par l’Iran, jeudi, appartient à la famille des Global Hawk, qui sont les drones de reconnaissance historiques américains. Des engins capables d’espionner les communications au sol depuis une altitude de près de 20 km.

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C’est un très gros drone américain que Téhéran assure avoir abattu au dessus de son territoire, jeudi 20 juin, provoquant une escalade des tensions irano-américaines.

Le RQ-4A Global Hawk, qui survolait les eaux internationales selon Washington, a une envergure similaire à celle d’un Boeing 737. Il est bien plus imposant et lent que les très redoutés drones Predator ou Reaper, utilisés par l’armée américaine pour les missions d’assassinats ciblées.

Surveiller 103 600 km² depuis le ciel

“Ces drones volent lentement à dessein car leur objectif est de collecter autant d’informations que possible”, explique au magazine Time Dan Gettinger, co-directeur au Centre d’études des drones au Bard College de New York. Le RQ-4A Global Hawk est, en effet, un avion espion. Il sert exclusivement à des missions de reconnaissance et, à cette fin, est équipé en radars, capteurs et caméras en tout genre qui en font un véritable bijou technologique volant.

Un matériel qui lui permet de faire des relevés géographiques ou photographiques très précis et même d’intercepter des communications téléphoniques ou radio au sol depuis des hautes altitudes. Il peut, en effet, continuer à espionner depuis une altitude de 19,8 km, soit environ deux fois plus haut qu’un avion traditionnel. Il peut ainsi “fournir des renseignements en temps réel sur une superficie de 103 600 km², soit un peu moins que la taille d’un État américain comme l’Illinois”, assure le constructeur de ce drone, Northrop Grumman, sur son site.

Une capacité à voler haut tout en restant opérationnel qui est, d’ailleurs, “l’un des principaux arguments de vente des Global Hawk car ils sont ainsi, en théorie, plus difficiles à abattre depuis le sol”, explique au site Wired, Ulrike Franke, spécialiste des drones au Centre européen des relations internationales.

Le fait que l’Iran y soit parvenu “démontre que le pays est technologiquement plus avancé que ce qu’on aurait pu croire. En un sens, c’est un message envoyé aux États-Unis pour les prévenir de ne pas sous-estimer leur capacité militaire”, estime Amy Zegart, co-directrice du Centre pour la sécurité internationale et la coopération de l’université de Stanford (Californie), interrogé par Time.

Après les attentats du 11 septembre 2001

Au-delà de la démonstration de force technologique iranienne, c’est aussi un coup dur financier pour les États-Unis, car les Global Hawk sont parmi les drones les plus chers de l’armée américaine. Chacun d’entre eux coûtait plus de 176 millions dollars en 2011, et, même si son prix a baissé depuis, il se vend toujours à plus de 100 millions dollars, soit 10 fois plus qu’un Predator, d’après CNN.

Le RQ-4A est le premier modèle de la famille des drones Global Hawk, et a fait ses débuts peu après les attentats du 11 septembre 2001. Son utilisation avait paru tellement stratégique à l’administration américaine pour lutter contre le terrorisme que des versions encore non-définitives de ce drone de reconnaissance avaient été déployées dès novembre 2001 en Afghanistan. Il a ensuite été utilisé en Irak, aux abords de la Corée du Nord et, même, lors de la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011, pour aider les secours. Mais en 2013, Northrop Gumman a cessé sa production pour vendre son successeur, le Global Hawk-RQ-4B, qui peut transporter plus de matériel de surveillance.

Il semblerait que le modèle qui a été abattu par l'Iran fasse partie d’un lot de quatre drones achetés par la marine américaine en 2004 à l’US Air Force, rapporte l’agence Reuters. Northrop Gumman indique, sur son site, que 37 Global Hawk-RQ-4A sont en service et ont été utilisés, entre autre, pour surveiller les mouvements des combattants du groupe terroriste État islamiste (EI) en Syrie, pour faire de la reconnaissance en mer baltique après l'annexion de l'Ukraine par la Russie ou encore pour participer aux recherches des lycéennes kidnappées en 2014 par Boko Haram au Nigeria.


Le drone abattu par l’Iran est un monstre de surveillance à un quart de milliard de dollars

Par Tyler Durden – Le 23 juin 2019 – Source ZeroHedge.com

Le drone américain que l’Iran a abattu au-dessus du détroit d’Hormuz la semaine dernière est un RQ-4A Global Hawk, un monstre de surveillance aérienne à 220 millions de dollars la pièce, explique Wired. Selon les Iraniens, un Global Hawk construit par Northrop Grumman, partie d’un programme de plusieurs milliards de dollars qui date de 2011, est entré dans leur espace aérien et s’est écrasé dans les eaux iraniennes. De leur côté les États-Unis insistent sur le fait que le drone volait dans l’espace aérien international.

 

L’incident survient après que les États-Unis ont accusé l’Iran d’avoir attaqué deux pétroliers dans le golfe d’Oman. Les États-Unis affirment également que les Iraniens ont tenté de détruire un autre drone, un MQ-9 Reaper, et qu’ils ont échoué. Enfin, les États-Unis ont également lié l’Iran à une attaque qui avait abattu un Reaper au Yémen il y a deux semaines.

Cependant, l’attaque de la semaine dernière a été lancée sur un drone beaucoup plus cher et technologiquement avancé, ce qui indique une intention d’« escalade plus explicite », selon l’article.

Thomas Karako, Directeur du projet de défense antimissile au Center for Strategic and International Studies, a déclaré : « Il se passe beaucoup de choses là-bas, et nous n’en voyons probablement qu’une partie. Il s’agit d’un aéronef de surveillance et de recueil d’informations à longue portée, plus puissant, plus coûteux, opérant à plus haute altitude. Si [les Iraniens] abattent des appareils dans l’espace aérien international au-dessus des eaux internationales, c’est sans doute pour provoquer des représailles mesurées. »

Selon M. Karako, les détails concernant les franchissements d’espace aérien ne seront pas dévoilés avant que les États-Unis en disent davantage sur la trajectoire du drone : « S’ils veulent le publier, ce sera davantage une décision d’ordre politique. Mais jusqu’à présent le CentCom affirme que l’incident a eu lieu dans l’espace aérien international. »

Il poursuit : « Une partie de l’argumentaire technique du Global Hawk est qu’il vole si haut qu’en principe, il devrait être à l’abri de la défense anti-aérienne. Il n’est pas extrêmement difficile d’abattre un appareil de ce genre, mais c’est relativement difficile, ça montre de la détermination sur le plan politique. »

Les drones comme celui qui a été abattu jeudi sont décrits comme des « plateformes de surveillance massive » et sont en service depuis 2001. Ils ont une envergure de plus de 40 mètres et un poids au décollage de plus de 16 tonnes. Son rayon d’action est de plus de 22 000 kilomètres, ils peuvent voler jusqu’à 20 000 mètres d’altitude et pendant 34 heures d’affilée. Ils n’ont aucune capacité offensive et peuvent coûter jusqu’à 220 millions de dollars chacun.

Pour leur capacité de surveillance, ils incluent « l’imagerie infrarouge et thermique, le radar et l’imagerie électro-optique dans leur arsenal de capteurs ». Ils utilisent également des téléobjectifs à longue focale pour obtenir des vues détaillées des cibles.

« Il se pourrait qu’il y ait à bord des technologies d’espionnage ultra secrètes que nous ne connaissons pas », explique Ulrike Franke, membre du Conseil européen des relations étrangères et chercheuse sur les drones.

Ulrike Franke dit qu’il est probable que ce drone, cependant, ait été un « cheval de bataille de surveillance typique » abattu pour des raisons géopolitiques plutôt que pour des raisons d’espionnage technologique. En effet, l’année dernière, Israël a dit avoir abattu un drone iranien qui était la « copie » d’un drone américain Sentinel. L’Iran l’avait capturé en 2011 et avait déclaré l’avoir ensuite soumis au reverse-engineering.

Tyler Durden

Traduit par Stünzi pour le Saker francophone

Source : https://lesakerfrancophone.fr/le-drone-abattu-par-liran-est-un-monstre-de-surveillance-a-un-quart-de-milliard-de-dollars

 


Iran : Les F-35 d’Israël paralysés par la Russie ?

Le 24/07/2019.

Le journal américain National Interest a publié le lundi 22 juillet un article signé David Axe, auteur et journaliste spécialiste des questions militaires, lequel prétend que la Russie perturbe les systèmes de navigation aérienne des avions de chasse F-22 et F-35 américains survolant des zones près de l’espace aérien de l’Iran.

Fin juin 2019, la Fédération internationale des associations de pilotes de ligne et les autorités aéroportuaires israéliennes ont annoncé que de nombreux vols avaient perdu les signaux satellites du système de positionnement global (GPS) alors qu’ils entraient dans l’aéroport international Ben Gourion ou lorsqu’ils en sortaient. « Les forces russes bloquent les systèmes GPS au Moyen-Orient. Cette campagne de guerre électronique pourrait affecter les collectes de renseignements des forces américaines dans la région avant toute éventuelle attaque contre l’Iran. »

« Depuis le printemps dernier, des pilotes survolant le Moyen-Orient, en particulier autour de la Syrie, ont constaté que leurs systèmes GPS affichaient un mauvais emplacement ou cessaient complètement de fonctionner », a rapporté le journal Times of Israel à la fin du mois de juin 2019.

Les données recueillies par un centre de recherches basé aux États-Unis laissent conclure que le signal ayant perturbé les systèmes satellitaires de navigation aérienne des avions survolant Israël au cours des dernières semaines provient d’une base aérienne russe à l’intérieur de la Syrie, ajoute National Interest.

Se référant au site d’information spécialisé dans le renseignement Breaking Defense, le journal National Interest écrit que les sources israéliennes sont de plus en plus convaincues que les trois semaines de perturbations du GPS qu’ont connues les vols civils sont un contrecoup des mesures russes visant à brouiller les systèmes de navigation aérienne en Syrie. « Moscou tente d’interférer avec les avions occidentaux — y compris les avions furtifs de pointe F-22 et F-35 », ajoute la source.

National Interest rappelle que depuis avril 2019, l’armée de l’air américaine a déployé des chasseurs furtifs F-22 et F-35, respectivement au Qatar et aux Émirats arabes unis, dans le cadre des renforts militaires prévus pour affronter éventuellement l’Iran.

La source prétend également que la Russie aurait aussi perturbé les systèmes GPS en Europe.

«Des signaux GPS brouillés ont été décelés pour la première fois lors des exercices à grande échelle de l’OTAN Trident Juncture en Norvège fin octobre [2018] », écrit le site web du journal Defense News auquel se réfère le journal américain.

L’Armée américaine envisage de tester des systèmes GPS résistants aux embouteillages en Europe, ce qui marquera un premier pas dans la lutte contre la guerre électronique russe. D’après l’éditorialiste de National Interest, David Axe, le 2e régiment de cavalerie de l’armée allemande devrait recevoir un nouveau système GPS résistant aux embouteillages d’ici à fin 2019.

sources :

http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i80335-iran_les_f_35_d’israël_paralysés_par_la_russie

https://reseauinternational.net/iran-les-f-35-disrael-paralyses-par-la-russie/


L’avion de combat F-15 présenterait d’importantes vulnérabilités informatiques

...par LaurentLagneau - le 18/08/2019

« C’est un avion basé sur un logiciel, et toute plate-forme basée sur un logiciel sera susceptible d’être piratée », avait confié le général Stephen Jost, un responsable de l’US Air Force au sujet de l’avion de combat de 5e génération F-35, dans les colonnes de Defense News, en novembre 2018.

Effectivement, plus un avion militaire [mais cela est valable pour un ordinateur, une voiture, etc] est connecté à des réseaux, plus il est susceptible de présenter des vulnérabilités susceptibles d’être exploitées par un adversaire.

Tel est donc le cas du F-35, sorte de « logiciel volant » dont le fonctionnement repose sur un système d’information logistique autonome [ALIS, Autonomic Logistics Information System] ainsi que sur le JRE [Joint Reprogramming Enterprise], qui est une base de données partagée sur les systèmes d’armes d’adversaires potentiels accessible à tous les appareils de ce type en service dans le monde.

Aussi, ces systèmes, bien que faisant l’objet de toutes les attentions en matière de cybersécurité, sont toujours susceptibles de présenter des failles constituant autant de cibles potentielles pour les pirates informatiques. L’expérience que vient de faire l’US Air Force avec le F-15, un avion dit de « 4e génération », le démontre.

Ainsi, à l’occasion de la conférence Def Con, dédiée à la cybersécurité, une équipe de 7 « hackers » de la société de sécurité informatique Synack a été conviée à Las Vegas par l’US Air Force et le Defense Digital Service [DDS] afin de trouver de potentielles failles pouvant affecter le système TADS [Technical Assistance Database System] du F-15.

« Le TADS recueille des images et d’autres informations à partir des capteurs de l’avion », a expliqué le Dr Will Roper, secrétaire adjoint à l’Air Force pour les acquisitions, la technologie et la logistique. « L’objectif était de trouver les faiblesses informatiques du système », a-t-il résumé.

Pour cette expérience, les hackers ont pu avoir un accès physique au système TADS. Une première. Et, selon le Washington Post, il a fallu 48 heures de travail pour mettre au jour un « gisement de vulnérabilités » critiques pour le bon fonctionnement du F-15.

Cela étant, on ignore si le TADS pourrait être piraté en vol. Reste que pour Will Roper, le risque est réel. « Il y a des millions de lignes de code dans tous nos appareils et si l’une d’entre-elles est défectueuse, alors un pays qui ne peut construire un avion de chasse pourrait nous en abattre un avec un clavier », a-t-il résumé.

 

Le F-15EX [ou « Advanced »], c’est à dire la dernière version de cette appareil développée par Boeing, disposera d’un ordinateur de mission de combat pouvant traiter 87 milliards d’instructions par seconde.

Quant aux vulnérabilités découvertes par l’équipe de Synack, le Dr Roper a estimé qu’elles sont la conséquence d’années de « négligences » en matière de cybersécurité. Et cela, essentiellement pour des questions de coûts.

Quoi qu’il en soit, le Pentagone avait jusqu’à présent lancé des initiatives de type « Bug Bounty » en faisant appel à des hackers pour trouver des failles dans ses applications et systèmes informatiques. Aussi, le fait de s’en inspirer pour des systèmes d’armes est inédit. Car il est question désormais de faire appel à des hackers triés sur le volet pour trouver les failles éventuelles pouvant affecter les drones, voire les satellites.

« Je souhaite également ouvrir le système de contrôle au sol d’un satellite militaire opérationnel à des pirates informatiques à des fins d’essais », a en effet affirmé le Dr Roper au Washington Post. « Nous voulons amener cette communauté à s’appuyer sur de véritables systèmes d’armes et de vrais avions » car « s’ils ont des vulnérabilités, il serait préférable de les trouver avant que nous entrions en conflit », a-t-il ajouté.

 

 

Source : http://www.opex360.com/2019/08/18/lavion-de-combat-f-15-presenterait-dimportantes-vulnerabilites-informatiques/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+ZoneMilitaire+%28Zone+Militaire%29


Notes sur les aventures du USS. Harry S. Truman

...par Dedefensa.org - Le 19/09/2019.

 

19 septembre 2019 – Après un temps assez long d’attente, l’escorte du porte-avions USS Henry S. Truman, formant avec ce navire un Groupe de porte-avions d’attaque (Carrier Strike Group), a finalement appareillé de Norfolk le 12 septembre sans son porte-avions, et rebaptisé pour l’occasion Groupe de surface d’attaque (Surface Strike Group). Le porte-avions, revenu à la grande base navale US sur l’Atlantique de Norfolk le 5 août pour préparer cette nouvelle mission, a rencontré des problèmes sérieux dans son circuit électrique, qui fait qu’il n’est pas opérationnel comme il aurait dû l’être dans ces circonstances tout à fait exceptionnelles de capacités d’emploi puisqu’il s'agit de son troisième déploiement opérationnel en quatre ans.

L’US Navy annonçait fièrement la chose il y a deux mois, selon les termes rapportés par Military.com le 4 juillet 2019, jour de la fête nationale : 

« L'exercice en cours permettra de s'assurer que ces navires, – les destroyers USS Ramage et USS Lassen, – sont certifiés pour être déployés avec le Truman et prêts pour les missions que la Navy a prévues pour eux.
» “Cet exercice mettra à l'épreuve notre force intégrée en tant que force multimissions”, a déclaré le contre-amiral Andrew J. Loiselle, commandant du Truman Strike Group. “Les manœuvres complexes de la période d’entraînement sont l’occasion de travailler en équipe, à la fois dans notre capacité à supporter des périodes prolongées en mer et à trouver des domaines où nous pouvons nous améliorer.
» La Navy n’a pas dit publiquement quand le Truman sera déployé, où il ira et combien de temps durera son déploiement. »

... La dernière phrase qui laissait entendre à quelque exaltante expérience l’on allait assister, rend désormais un son malheureux quand l’on apprend que les USS Ramage et USS Lassen, ainsi que deux autres navires de surface de renfort, sont partis sans l’essentiel, c’est-à-dire le USS Harry S. Truman. Ils étaient lassés d’attendre que le circuit électrique du grand porte-avions d’attaque soit effectivement réparé, s’il l’est finalement à temps...Cela est résumé par le site TheDrive.com le 13 septembre 2019, à la suite d’une nouvelle de l’immobilisation du Truman publiée par le site USNI News le 12 septembre.

« Un croiseur de classe Ticonderoga et trois destroyers de classe Arleigh Burke affectés au Truman Carrier Strike Group ont quitté les ports de la côte Est des États-Unis pour un déploiement prévu, mais sans deux éléments clés, le porte-avions de classe Nimitz USS Harry S. Truman et sa force aérienne embarquée. 
» Le porte-avions a été mis sur la touche depuis qu'il a subi un dysfonctionnement électrique le mois dernier et l'U.S. Navy ne sait pas encore, ni quand ni s’il pourra rejoindre son escorte. Cette situation a également ajouté à la pénurie actuelle de porte-avions déployables sur la côte Est, ce qui pourrait limiter la capacité du service à réagir en cas de crise. » 

 

L’escorte du porte-avions sans porte-avions 

 

Cette triste aventure du USS Harry S. Truman est rapidement présenté par Spoutnik-français du 18 septembre, autour d’une idée-centrale : c’est la première fois qu’un tel incident arrive pour un grand porte-avions d’attaque de l’U.S. Navy. Alors que, depuis le début août, le Truman attendait impatiemment son “‘escorte” de frégates et de croiseurs pour constituer son Groupe d’Attaque, voilà que l’“escorte” du grand porte-avions part sans lui et qu’on ignore s’il sera réparé suffisamment à temps pour “rejoindre son escorte”, celle qui est censée le protéger ! La situation est présentée sur un ton flegmatique, ce qui colore d’un certain ridicule d’un poids de 90 000 tonnes (celui du Truman) cette étrange “première” : “le fait qu’un groupe de porte d’avions d’attaque soit déployé opérationnellement sans porte-avions” est une véritable “première”, un simulacre naval sans précédent, – d’autant que la Navy, habile, a permis en rebaptisant le groupe “Surface Strike Group” d’entretenir le doute : après tout, le Truman, qui est également un bâtiment “de surface”, s’y trouverait peut-être, devenu stealthy et donc bien caché et diablement bien protégé par son “escorte”.

« ...“La réparation du porte-avions est en cours, tout est mis en œuvre pour le renvoyer en service”, a déclaré le commandement de l'US Navy.
» Comme l’ont indiqué à USNI News d’anciens militaires de l’US Navy, le fait qu’un Groupe de porte-avions d’attaque soit déployé opérationnellement sans porte-avions est sans précédent. » 

 

Une faiblesse peut en cacher une autre 

 

Nous en sommes là de cette odyssée étrange du Harry S. Truman alors qu’il faut savoir, pour bien en embrasser tout le charme, que lorsque son déploiement (le troisième de cette envergue en quatre ans) fut annoncé, nombre de commentaires soupçonneux sinon purement et simplement amers furent publiés. Il y a celui-ci, de Chris “Ox” Harmer, de War Zone, le 18 juillet 2019, qui soupçonnait que cette décision servait essentiellement à dissimuler une faiblesse de l’US Navy, celle du USS Dwight D. Eisenhower, ce qui a eu pour conséquence d’en mettre à jour une autre, celle du Truman... Ainsi parlait l’amer Harmer : 

« “Une armée marche avec son estomac”. Ce truisme de la mobilité militaire de l’époque préindustrielle a été attribué à Napoléon Buonaparte et à Frédéric le Grand. Personne n'est sûr si l'un ou l'autre l'a vraiment dit, mais tous deux ont certainement expérimenté la réalité de la maxime. En leur temps, non seulement les vastes armées de l'époque se déplaçaient à pied sur le champ de bataille, mais elles se déplaçaient à pied sur le champ de bataille. Il n'était pas rare que les fantassins marchassent des centaines de kilomètres entre les grandes batailles, et toute cette marche signifiait que les soldats devaient être bien nourris. S'ils ne l'étaient pas, ils mouraient de faim, de maladie ou étaient trop faibles pour combattre efficacement et étaient massacrés, ce qui arriva exactement à la Grande Armée de Napoléon à la suite de son invasion de la Russie avec des ressources insuffisantes.
» J'ai lu récemment que le porte-avions USS Harry S. Truman (CVN-75) de la marine américaine allait partir pour son troisième déploiement en seulement quatre ans, ce qui m'a rappelé ce dicton lapidaire. Bien que la Navy insiste sur le fait que le déploiement avait été planifié à l'avance, le fait qu'il ait été annoncé peu après que l'USS Dwight D. Eisenhower (CVN-69) eut terminé une période de maintenance de 18 mois qui devait initialement durer six mois a suscité des spéculations selon lesquelles la Navy avait déployé le Truman pour dissimuler le fait que l’Eisenhower ne pouvait simplement pas effectuer ce déploiement. »

 

Pourquoi liquider le USS Harry S. Truman ? 

 

... Mais nous n’en avons pas fini avec le USS Harry S. Truman, tant s’en faut, et tant cette formidable unité semble résumer à elle seule tous les problèmes de l’US Navy en, train de couler très rapidement, et même, disent certains, pas loin d’être menacée de perdre un jour dans années 2020 sa position de “Première Dame des Mers du Monde”. Il faut savoir qu’en février 2019, l’US Navy annonçait par le biais du détail de son budget pour l’année fiscale 2020 (FY2020) que le Truman prendrait sa retraite en 2024, soit près de dix ans avant la date qui achève le demi-siècle de carrière de ce type d’unités ; et cela, alors que l’US Navy est de plus en plus serrée du point de vue de ses super-porte-avions ; et cela, alors que le Gerald R. Ford qui doit inaugurer la super-classe succédant à la classe USS Nimitz à laquelle appartient le Truman, connaît d’innombrables problèmes techniques comme nul ne peut en ignorer.

La décision de démobilisation du Truman fit tant de bruit, tant au Pentagone qu’au Congrès où personne n’arrive (toujours pas maintenant) à comprendre les raisons qui y ont poussée, que la grogne atteignit l’Olympe de Jupiter lui-même. Le président Trump entra dans l’arène à la fin avril pour proclamer qu’il fallait abandonner cette absurde décision (de démobiliser le Truman) que lui-même avait approuvée sans ciller en signant la proposition budgétaire du Pentagone. 

Commentaire de The War Zone du 1ermai 2019 : « Le président Donald Trump a annoncé qu’il avait annulé l’“ordre” de retirer du service le porte-avions USS Harry S. Truman de la classe Nimitz avant la date prévue, un jour après que le vice-président Mike Pence eut révélé pour la première fois que l'administration prenait ses distances de ce plan pendant une visite du navire. Le plan suscite une opposition croissante, en particulier parmi les membres du Congrès, depuis qu’il a été annoncé en février 2019. À l'époque, The War Zone a exposé en détails les raisons pour lesquelles il était peu probable que la proposition soit réalisée, et combien cette décision particulièrement rapide de l’abandonner effectivement ne fait que s’interroger plus encore à propos des raisons qui ont poussé l’administration Trump, le Pentagone et l’US Navy à la présenter à l’origine. »

 

Embouteillage entre 90 0000 et 100 000 tonnes 

 

Nous en sommes donc dans une grande zone navale d’incertitude, et pas encore à la mer pour l’épisode présent, pour ce qui concerne le sort du USS Harry S.Truman. Certes, il y a l’ordre de Trump d’abandonner la décision de démobilisation du porte-avions, mais l’on sait que les “ordres” de Trump sont souvent aussi incertains qu’ils sont proclamés avec la plus grande emphase que permet le tweet. Quoi qu’il en soit, l’opposition contre la décision de la Navy reste extrême, alors que l’incident du Truman en panne vient un peu plus encore brouiller la perspective. La chose ne va-t-elle pas regonfler le camp des partisans de la démobilisation ? Dans tous les cas, elle ne simplifie certainement pas le cas du Truman, et surtout de l’énorme problème qui se pose à l’US Navy lorsque tout son contexte est considéré. C’est ce qui est fait dans un long article de Forbes.com de Craig Hooper, certes du 26 mars 2019 mais qui garde toute sa pertinence et même sa complète actualité.

Hooper détaille l’extrême imbroglio, à la fois kafkaïen et ubuesque où se trouve aujourd’hui l’US Navy. Comme on l’a déjà ressenti à l’une ou l’autre allusion, nul ne sait précisément pourquoi la Navy veut retirer le Truman à peu près une décennie avant sa fin de vie opérationnelle normale. Certains ont laissé entendre que ce pourrait être le signe que la Navy a compris que l’ère des grands porte-avions étaient terminée, avec la perspective de les voir se faire tailler d’horribles croupières du fait des missiles antinavires hypersoniques où Chinois et Russes sont passés maîtres. L’argument peut s’entendre, d’autant que trois autres porte-avions de la classe Nimitz arrivent en fin de vie opérationnelle normale en 2025-2032, le Nimitz lui-même, le Eisenhoweret le Stennis.Mais c’est sans doute mal connaître la Navy, sa bureaucratie, sa certitude de soi, sa programmation et l’hybris qui l’enivre du simple fait de contempler ces mastodontes de 90 000/100 000 tonnes.

100 000 tonnes en effet, c’est le tonnage de la nouvelle classe des “super-super”, la classe Gerald S. Ford, avec dans la foulée deux autres unités dont la construction est déjà lancée après le premier de la classe, le USS John F. Kennedy et le USS Enterprise, pour 2024 et 2028 respectivement, – en principe et en théorie, ajouterons-nous fort prudemment. Dans ce cas, on voit mal comment on peut continuer à accepter l’argument que la Navy abandonne les grands porte-avions...  Mais nous sommes d’ores et déjà emportés sur un autre champ de la polémique en cours, car l’arrivée possible/probable de ces nouvelles unités implique à la fois un grand embouteillage et un grand remue-ménage, avec des carambolages divers, et surtout le tout rythmé par les extraordinaires difficultés de mise au point que rencontre le Ford, comme on l’a vu à plusieurs reprises, avec le retard que cela implique et qui se répercutera sur les suivants. 

Que reste-t-il de l’US Navy ? 

 

Hooper nous explique donc plusieurs choses :

• Pour ces mastodontes qui demandent des périodes importantes et parfois très longues d’entretien opérationnel et de mise à niveau, il faut des chantiers navals avec leurs cales sèches, et les USA en manquent cruellement. De là la très grande difficulté de programmer la vie courante de tous ces porte-avions, la classe Nimitz en fin de vie et la classe Ford qui arriverait bientôt, à son heure (mais quand ?), à maturité, – si elle y arrive, certes...

• Au reste, les différences technologiques essentielles entre les deux classes, avec le Ford qui est présenté comme une super-merveille complètement nouvelle par rapport à la classe Nimitzimplique que les chantiers navals doivent être eux-mêmes modifiés pour traiter toutes ces choses nouvelles. Cela ajoute diablement à l’embarras, d’autant qu’il n’est pas assuré que ces installations ainsi modifiées soient encore adéquates pour traiter les classe Nimitz encore en service (d’où l’une des hypothèses pour répondre à la question : “pourquoi se débarrasser du Truman ?”).

• Mais comme l’on sait, il y a bien pire : il y a les formidables difficultés du premier de la nouvelle super-classe (voir plus haut : “d’innombrables problèmes techniques comme nul ne peut en ignorer”). Cela signifie 1) que le Ford a déjà pris du retard et qu’il passe énormément de temps dans les chantiers navals ; 2) que toutes les modifications qu’il reçoit, et dont on ne voit pas la fin, vont se répercuter sur les deux suivants qui, non contents (!) de dépasser leur date de mise en service opérationnel, vont à leur tour mobiliser les chantiers navals plus longtemps que prévu pour ces divers travaux...

Hooper : « Il pourrait être embarrassant pour la Marine ou le ministère de la Défense de l'admettre, mais la décision de retirer le Truman pourrait se résumer à une simple question de non-capacité de cale sèche “à l'ancienne”. En sacrifiant les carénage d’entretien de l’USS Harry S. Truman de 2024 à 2028, le Pentagone libérerait suffisamment de disponibilité de cale sèche pour accueillir, au besoin, des travaux de radoub ou de maintenance non planifiés mais importants sur le USS Gerald R. Ford et le USS John F. Kennedy. »

• ... Pendant ce temps, dans cet invraisemblable embouteillage de porte-avions immobilisés pour des travaux et des entretiens prévus et imprévus, sans compter les “imprévus imprévus” (les “unknown-unknowns” du philosophe Donald Rumsfeld) qui ne manqueront pas de survenir, que restera-t-il et combien restera-t-il de coques de l’US Navy encore à la mer ? Que restera-t-il de la maîtrise des mers du globe grâce aux “super” et aux “super-super” grands porte-avions d’attaque de la Navy ?

• “Les Chinois”, suggère Hooper... 

Les Chinois rois des mers ?

 

En effet, Hooper termine son article sur les perspectives de la marine chinoise par rapport à l’US Navy, tournant autour de l’arrivée de porte-avions chinois, de leurs technologies, et notamment celle des catapultes et des systèmes électromagnétiques de lancement et de récupération des avions, qui paraît l’un des nœuds fondamentaux du formidable bond technologique en avant des nouveaux “super-super” type-Ford. (Hooper précise ainsi que les “experts” supputent et prévoient de quatre à six porte-avions chinois de technologies très avancées déployés dans les années 2020. Importante nouvelle pour notre compte.)

« Le Congrès a besoin de la vérité, aujourd'hui, pour prendre les bonnes décisions. Avec un préavis suffisant, il est possible de modifier les cales sèches ou d'en construire de nouvelles. Un plus grand nombre de travailleurs des chantiers navals peuvent être embauchés et formés. Les calendriers de livraison des porte-avions peuvent être modifiés selon une chronologie nouvelle. Les enjeux sont tout simplement trop élevés pour continuer à se perdre dans d’autres dissimulations [dont la Navy a le secret].
» Dans quelques années, le Pentagone saura avec certitude si le Ford est un fer à repasser sans fiabilité, exigeant un entretien considérable, ou s’il tient ses promesses. Mais le Congrès ne peut pas attendre. Le temps presse. Au plus tard, les systèmes électromagnétiques de lancement et de récupération de l'USS Gerald R. Ford doivent être à la fois opérationnels et fiables avant l’entrée en service des porte-avions chinois de Type-002 en 2023.
» Plus tard, l'Amérique aura de vrais problèmes.
» Le monopole américain sur les super-porte-avions est en train de s'effondrer et, considérant que la transition vers le super-porte-avions de classe Ford commencerait réellement au milieu des années 2020, la marine chinoise deviendrait une force de très-grande importante dans ce domaine des super-porte-avions, déployant de quatre à six porte-avions. 
» Si le plan actuel de construction navale de 30 ans est maintenu, les États-Unis n'auront que neuf grands porte-avions d’attaque en 2027, et plusieurs d'entre eux ne seront tout simplement pas prêts pour des opérations de guerre. Avec la diminution de la force de porte-avions des États-Unis, la Chine pourrait bien être tentée de rechercher la parité relative des porte-avions avec les États-Unis.
» Et, en dehors de la course stratégique évidente à la parité du nombre de super-porte-avions, les stratèges économiques de la Chine ont également conçu ce développement quantitatif de porte-avions comme un défi direct lancé à la position de l'Amérique en tant que leader mondial de la technologie et de l'ingénierie. De nombreux observateurs chinois pensent que les porte-avions de Type-002, les premiers grands super-porte-avions chinois de construction “maison”, n’utiliseront pas l'ancienne technologie de la catapulte à vapeur utilisée à bord des vieux porte-avions américains au profit des mêmes systèmes de lancement et de récupération électromagnétiques high-tech utilisés sur le Ford.
» Si les observateurs ont raison et que le nouveau porte-avions de Type-002 devient opérationnel à la mer avec des systèmes de lancement et de récupération électromagnétiques, la course à la parité électromagnétique sera lancée. Et, dans ce genre de concours, la tolérance de la Chine au risque dans les tests de développement, jumelée à la poursuite ciblée d'une seule technologie de pointe, donne à la Chine un avantage distinct. Les États-Unis, par contre, seront peut-être encore aux prises avec une tâche beaucoup plus ardue, celle d'intégrer systématiquement plusieurs technologies de pointe dans une coque unique mais beaucoup plus formidable.
» Il y a beaucoup de choses en jeu. Tandis que le prestige de l’US Navy diminue aux yeux du public en même temps que ses manifestations publiques, les dirigeants chinois comprennent le pouvoir inhérent aux simple affichage public de leur puissance. Même si le Ford est pleinement opérationnel d'ici 2024, les États-Unis pourraient rater une occasion de montrer en public l’incroyable nouvelle puissance technologique qu’apporte cette classe. D'autre part, les progrès en technologie électromagnétique de la Chine, – s'ils sont atteints, – peuvent recevoir une grande publicité dans quelques vidéos triomphantes d’exercice d’opérations aéronavales de grande envergure. Si la Chine gagne la course aux systèmes électromagnétiques fiables, le coup symbolique porté à la Navy sera diablement douloureux.
» Mais ce sera encore bien plus douloureux si la classe Ford ne parvient pas à résoudre toutes ses technologies et se cantonne au rôle de fers à repasser... » 

Bon signe : nous n’y comprenons pas grand’chose 

 

Reste à voir si tout cela se fera, et si “tout cela” ne sera pas pire encore... En effet, “tout cela” semble d’abord identifier une énorme crise ontologique de l’US Navy elle-même face à l’US Navy, entre sa puissance en train de s’effilocher, avec ses nouveaux mastodontes de 100 000 tonnes entre promesse du renouveau et très-possible “JSFisation” de la toute-puissante classe Gerald S. Ford, et ses interrogations au milieu du labyrinthe d’installations navales dépassées ou en nombre insuffisants, avec une classe Nimitz qu’on hésite à liquider ou à prolonger c’est selon... Le sort étrange et incertain du USS Harry S. Truman résume et symbolise bien cette formidable crise de l’US Navy, qui fut l’orgueil et le socle même de l’immense puissance militaire américaniste.

Pendant ce temps, plane la menace de la perception de la réduction à néant de la puissance des porte-avions du fait des armes hypersoniques. Les Chinois sont, avec les Russes, les maîtres de cette nouvelle arme ; mais en même temps, les experts projettent la possibilité d’une puissante flotte de porte-avions chinois qui pourrait supplanter au long des années 2020 la flotte US enfoncée dans ce désarroi labyrinthique qu’on a décrit. Les Chinois développeraient-ils un type de navires d’une puissance si considérable, dont ils savent très bien eux-mêmes l’extrême vulnérabilité face aux armes hypersoniques ? Dans tous cas prendre en compte cette perspective hypothétiique, c’est ajouter encore au désarroi de l’US Navy.

Hooper termine son article par une conclusion plaintive et si incertaine jusqu’au pathétique : « C’est pourquoi l'Amérique mérite des informations valides et véridiques pour gérer activement la transition de la classe de Nimitz en fin de carrière. Le Congrès a besoin de savoir maintenant si la retraite anticipée de l’USS Truman fait partie d'un grand plan stratégique ou s'il s'agit simplement d'un moyen de s'assurer que suffisamment d’espace est disponible dans les chantiers navals pour réparer les porte-avions défectueux de la classe Ford. »

Cette incertitude pathétique vaut certainement pour l’US Navy, pour la puissance navale en général, pour la puissance militaire conventionnelle confrontée aux inconnues et aux surprises de plus en plus catastrophique du technologisme en pleine crise, bref pour tout ce qui constitue le concept de puissance dans une époque si complètement hors du contrôle humain. Le destin du porte-avions et le destin de l’US Navy sont une illustration symbolique d’une très grande force de la Grande Crise d’Effondrement du Système. On comprend que le Congrès soit inquiet et n’y comprenne pas grand’chose. Nous non plus, nous n’y comprenons pas grand’chose, mais sans aucune inquiétude pour autant, – au contraire : c’est bien là le signe de cette Grande Crise.

Source : https://www.dedefensa.org/article/notes-sur-les-aventures-du-uss-harry-s-truman

 

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