Communiqué

Frappes en Syrie : analyse critique d'une faute géostratégique !

...par le Gal. Dominique Delawarde  - le 17/04/2018.

Bonjour,

 

Au dela du message retransmis (communiqué de presse de Jacques Myard), je vous fais part de 8 avis de personnalités de divers pays, dont un ancien chef du Mossad en document attaché (3 pages)

 

Tous ces avis sont courts, voire très courts

Bonne lecture

DD


COMMUNIQUE
DE PRESSE
de Jacques MYARD
Membre Honoraire du Parlement
Maire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République



Le16 Avril 2018

 

A/S :  Frappes en Syrie : analyse critique d'une faute géostratégique !



Les forces armées françaises sur ordre du President de la République, chef des Armées, ont effectué des frappes ciblées sur des installations militaires syriennes le 14 avril dernier. Ces frappes sont justifiées, aux dires du gouvernement, "en représailles" à l'utilisation d'armes chimiques à la Ghouta le 7 Avril.



Dans sa conférence de " débriefing " du 14 avril, la ministre des Armées a visiblement voulu minorer ces frappes en insistant sur la nécessité de passer à la phase de négociation; c'est d'ailleurs ce qu' E. Macron a confirmé dans la foire d'empoigne avec les deux polémistes hier soir .



Malheureusement pour la France les conséquences sont tout autres qu'une simple frappe, et nous allons devoir faire face à des conséquences diplomatiques et géostratégiques néfastes .

 

Pour la première fois, la France a délibérément violé la Charte des Nations Unies qui interdit d'utiliser la force militaire contre un Etat sans un mandat du Conseil de sécurité (Chapitre VI de la Charte) ou sauf cas de légitime défense, individuelle ou collective ( article 51 de la Charte ).

 

L'utilisation unilatérale de la force entre dans le champ d'application de la Cour pénale internationale que la France a ratifiée , c'est un crime de guerre!

 

E. Macron a justifié ces frappes au nom de la théorie reconnue par le droit international des représailles, sauf que les représailles sont tolérées que lorsqu'un Etat est victime d'une attaque elle-même effectuée en violation du droit international et y répond. En l'occurence, la France n'a pas été attaquée par la Syrie !

 

L'utilisation unilatérale de la force par trois Etats membres permanents du Conseil de sécurité est d'ailleurs d'autant plus grave et inadmissible que ces Etats ont plus que tout autre l'obligation de respecter la Charte en raison des privilèges qu'elle leur confère !

 

De plus E. Macron parle de ces trois Etats - France, Etats-Unis et Royaume-Uni - comme représentant la Communauté internationale; c'est là une ineptie qui va faire plaisir au 190 autres Etats membres de l'ONU !

 

La réalité est tout autre, on assiste au retour du concept de la guerre juste et de l'idéologie des néo-conservateurs, mise en avant par les Américains pour intervenir en Irak et y créer le chaos qui dure encore aujourd'hui.

 

E. Macron apparaît sous son vrai visage, celui d'un atlantiste convaincu au mépris des intérêts de la France, son image est désormais fortement détériorée dans de très nombreux pays !

 

E. Macron a violé non seulement la Charte de l'ONU mais ses obligations - moins connues - qui découlent de la Convention de l'interdiction des armes chimiques signée à Paris le 13 Janvier 1993 et entrée en vigueur en Avril 1997.

 

En effet, cette Convention prévoit tout un dispositif en cas de violation de ses obligations; l'article XII stipule :

 

" Si la situation est particulièrement grave, la Conference ( des Etats Parties ) porte la question, y compris les informations et les conclusions pertinentes, à l'attention de l'Assemblée générale des Nations Unies et Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies. "

 

L'une des annexes de la Convention prévoit les modalités des inspections, c'est ce qui en cours maintenant après les frappes...

 

Mais en dehors du droit international délibérément violé par ces Etats qui s'érigent en Gendarmes du monde, se croyant encore à l'époque des canonnières où ils étaient les faiseurs de rois, ils vont devoir faire face aux conséquences géostratégiques de leur action unilatérale.

 

Il est fort à parier que nombre de pays pour se protéger et sanctuariser leur territoire décident de se doter d'armes nucléaires. On se souvient que les dirigeants nord coréens ont clairement dit aux Américains qu'ils voulaient l'arme nucléaire pour ne pas subir le sort de l'Irak de Saddam Hussein !



Les frappes sur la Syrie ne sont pas que des frappes techniques; lorsqu'on utilise la force dans les relations entre Etats, il faut savoir en peser toutes les conséquences, certes immédiates, mais surtout à moyen et long termes !

 

En l'occurence, elles ne font que commencer !



Quelques avis en vrac...

1 - Frappes du 14 avril: Point de vue d'un ancien chef du Mossad

Dans une interview accordée dimanche 15 avril à un programme radiodiffusé - soit un jour après

la frappe tripartite menée par les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne contre la Syrie, l'ancien chef du Mossad (1996-1998) Danny Yatom y revient. Pour lui, la frappe est quasi nulle en termes d'acquis stratégiques.

 

Yatom voit surtout à travers les frappes aériennes de la coalition américano-anglo-française

contre la Syrie "un geste symbolique, sans signification stratégique".

L’officiel israélien signale: "Nous sommes en conflit avec l'Iran et j'espère que cela ne

dégénérera pas en une confrontation directe. Ils nous ont accusés d'avoir attaqué des cibles et des militaires iraniens. Ils ne sont pas du genre à laisser une telle attaque sans réponse. Alors, "Nous devons prendre très au sérieux les menaces iraniennes contre Israël", affirme l'ex-patron du Mossad.

La portée stratégique particulièrement réduite de l'agression militaire américano-franco-

britannique fait aussi l'objet d'analyse et de commentaires non pas seulement en Israël mais aussi en Allemagne.

Citant Abdelmotalleb al-Hosseini, l’hebdomadaire Focus estime que la coalition

Washington/Londres/Paris a manqué son but qui consistait à affaiblir Assad et son armée. Assad s'en sort même renforcé puisque ces 101 missiles n'ont touché ni lui, ni son armée ni ses alliés iraniens et russes et en plus ils lui ont offert l'image d'un président inoxydable. En effet, le camp atlantiste a tout faux dans cette histoire. Il a bloqué le travail des experts de l'OIAC à Douma.

Tout compte fait, la situation politique en Syrie semble meilleure que celle d’avant les frappes".

Et l'analyste d'ajouter :"La frappe tripartite a en outre contribué à renforcer l'alliance

Syrie/Iran/Russie. Pourquoi? Puisque les Russes auront une plus grande latitude à armer et à équiper l'armée syrienne de missiles antibalistiques S-300. Or, c'est un dispositif antimissile contre quoi le Dôme de fer israélien ne peut rien. Cela risque donc de bouleverser l’équilibre de la force dans la région en faveur de Bachar al-Assad et de ses alliés russes et iraniens", conclut l'expert.

 

2 - Avis de l'ancien drecteur de la DST Yves Bonnet

L’ancien directeur de la DST française, Yves Bonnet, a réitéré, dans un entretien donné le 15

avril au site d’information algériepatriotique, son appel à ce que la France quitte l’Otan suite à la

participation de l’armée française aux dernières frappes contre la Syrie, dont il juge l’efficacité nulle.

«J'étais et reste hostile à la présence de la France au sein de l'Otan. Les enseignements du général de Gaulle sont, hélas, oubliés», a déclaré Yves Bonnet, ancien directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST) dans un entretien donné, le 15 avril 2018, au site d'information algériepatriotique, en commentant les dernières frappes contre la Syrie auxquelles a pris part l'armée française.

 

«S'agissant des accusations avancées par les pays occidentaux, il est pour le moins paradoxal

d'affirmer détenir des preuves et de demander l'intervention de l'autorité de contrôle, l'OIAC

[l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, ndlr], sans en attendre les résultats. Il faut ajouter que le précédent scandaleux et resté impuni de l'Irak en 2003, décrédibilise singulièrement les accusations avancées sans fourniture de preuves», a-t-il ajouté en soulignant qu'avec ces violations répétées du droit et des lois internationales «Pour moi, il n'y a plus de droit international».

Concernant le risque que ces frappes dégénèrent en une guerre totale dans la région, en particulier entre les États-Unis et la Russie, l'ancien chef du contre-espionnage français a affirmé que «Les Américains ne veulent surtout pas de casus belli avec la Russie dont les capacités de riposte sont probablement fortes. On reste dans le domaine de la gesticulation. On montre ses muscles sans avoir envie de se battre». Et «il est exclu qu'une nouvelle frappe intervienne dans les prochains jours», a-t-il souligné.

À propos de l'impact des frappes sur la situation en Syrie et en particulier sur l'équilibre des forces, Yves Bonnet avance que «tout le monde semble d'accord pour estimer que ces frappes ne changent pas la face du monde, ni les positions des acteurs sur le terrain. [...] Si son objectif était d'intimider Damas, il n'a pas été atteint : Depuis six ans, Bachar el-Assad se sait protégé par la Russie, et je pense qu'il dort tranquille». Et c'est la raison pour laquelle «le secrétaire général de l'Otan a fait preuve de retenue et de prudence dans cette affaire, ce qui est peut-être un signe», a-t-il souligné.

 

3 – Avis des Pink Floyd

«Nous sommes obligés de convaincre notre gouvernement de ne pas interférer dans le conflit et

de ne pas larguer de bombes», a déclaré le leader du groupe les Pink Floyd lors d’un concert. Selon lui, ce sont les Casques blancs qui sont derrière la propagande de l'attaque chimique présumée à Douma.

Roger Waters, co-fondateur et leader du groupe les Pink Floyd, a condamné lors d'un concert à

Barcelone les frappes perpétrées par les États-Unis et leurs alliés en Syrie, les qualifiant d'erreur

colossale. Selon lui, bien que ce soit difficile, il faudrait apprendre à distinguer la propagande de

l'information véridique. 

«Si nous croyons à la propagande, nous ne pousserons notre gouvernement qu'à l'hostilité», a

déclaré le musicien.

Selon lui, ce sont les Casques blancs qui sont derrière la propagande de l'attaque chimique

présumée.

«Nous sommes obligés de convaincre notre gouvernement de ne pas interférer dans le conflit et

de ne pas larguer de bombes», a déclaré Roger Waters.

Juste après son discours, des applaudissements assourdissants et des exclamations encourageantes des spectateurs ont retenti dans la salle de concert.

 

4 - Avis de Paul Quiles, ancien ministre

http://paul.quiles.over-blog.com/2018/04/syrie-des-explications-confuses.html?

utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

 

5 – Avis de Paul Craig Roberts (ancien vice ministre US) excellent et sourcé (mais en anglais)

https://www.paulcraigroberts.org/2018/04/14/us-uk-fomented-crisis-syria/

 

6 -Avis d'un ancien président du Comité militaire de l'OTAN

 

« Échec politique », a ainsi qualifié l’ancien président du comité militaire de l'OTAN, Harald

Kujat, l’agression tripartite menée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni contre la Syrie.

«L’attaque tripartite américaine contre la Syrie illustre l'échec total du processus politique pour la

paix », a insisté cet ancien général de l'OTAN qui a plaidé pour une action conjointe américano-russe nécessaire pour la paix en Syrie.

S’attardant sur des frappes illégales contre la Syrie présentées comme «moralement» nécessaires, comme le prétendent Paris, Londres et Washington, cet ancien chef d'état-major de l'armée allemande, a fait remarquer qu’«il faut remercier le président russe Vladimir Poutine, pour sa position sage envers la crise syrienne, car il pouvait lui aussi se passer de cette résolution des Nations unies, et de l’article 51 de la Charte permettant d’invoquer la «légitime défense, pour punir ceux qui menacent ses intérêts dans la région et déclencher un affrontement militaire direct dangereux. »

Saluant le sang-froid de la Défense russe, cet ancien haut cadre de l'OTAN a mis en garde contre

l’escalade de la crise en Syrie et les politiques de Donald Trump qui s’est dangereusement rapproché d’une «guerre chaude».

S’agissant de l’Allemagne qui n’a pas participé aux frappes en Syrie et le rôle de ce pays dans le

conflit syrien, le général Kujat a exhorté la chancelière Angela Merkel, à endosser un rôle de médiateur pour restaurer la confiance entre les deux puissances russe et américaine et pour parvenir à la détente entre ces dernières.

Regrettant la difficulté à « se mettre d'accord pour une action commune en faveur de la paix en

 Syrie» le général allemand a plaidé pour une coopération sans condition préalable américano-russe afin d’accélérer les choses et de préparer via la diplomatie un avenir meilleur pour les Syriens.

 

7 – Avis de l'observatoire géostratégique Proche et Moyen Orient

http://prochetmoyen-orient.ch/syrie-bombardements-foireux-a-la-diafoirus/

 

8 – Avis paru sur IVERIS (Institut de Veille et d'Etudes des Relations Internationales et

Stratégiques

https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/327-le_plan_secret_des_usa_visant_damas_a_ete_dejoue


Frappes sur la Syrie, résultats, conséquences

...par le Gal. Dominique Delawarde - le 15/04/2018.

Cette analyse est une analyse «à chaud». Elle s'extrait volontairement des communiqués

officiels des trois pays coalisés USA-UK-FR, dont on peut penser qu'ils ne sont pas totalement objectifs. Elle devra être affinée dans les prochains jours, voire les prochaines semaines.

 

Examinons les faits.

Deux versions de la frappe et de ses résultats ont été diffusées :

 

La version russe :

Le ministère de la défense russe dit avoir détecté 103 missiles air-sol ou de croisière dont 71

auraient été interceptés par la défense anti aérienne-syrienne.

 

La défense anti aérienne russe n'est pas intervenue (ce que confirme les trois pays agresseurs).

L'état major russe donne la liste des cibles suivantes avec le nombre de missiles tirés et interceptés.

- 4 missiles auraient visé la zone de l'aéroport international de Damas : tous interceptés

- 12 missiles auraient visé l'aéroport militaire de Al-Dumayr : tous interceptés

- 18 missiles auraient visé l'aéroport militaire de Baly : tous interceptés

- 12 missiles auraient visé l'aéroport militaire de Shayarat : tous interceptés

- 9 missiles auraient visé l'aéroport militaire de Mezzeh : 5 interceptés

-16 missiles auraient visé l'aéroport militaire de Homs : 13 interceptés

- 30 missiles auraient visé diverses cibles dans les zones de Barzah et de Jaramani : 7 interceptés

 

Cette version russe appelle six observations :

1 - 2 missiles détectés au départ se seraient perdus en route ......

 

2 - Le nombre de missiles interceptés dans toutes les zones aéroportuaires fortement équipées en défense sol air syrienne serait impressionnant. Ce serait même une première dans l'histoire de la défense anti-aérienne. Un tel résultat de 70 % de missiles interceptés impliquerait évidemment que cette défense ait bénéficié d'un soutien russe en matière de renseignement (data tracking), voire de guerre électronique, sans que les russes n'aient eu à tirer un seul missile (ce qui est confirmé par le trio USA, UK, France). Il faut savoir que les missiles de croisière guidés par GPS sur la majeure partie du vol, passe sur un système interne en phase finale et deviennent vulnérables au système de guerre électronique russe. Ce système permet de ralentir la vitesse du missile considérablement et en fait une proie facile pour la défense antiaérienne.

 

3 – Si le résultat donné dans la version russe est le bon (70 % de missiles interceptés), les résultats de cette frappe sont tout simplement catastrophiques pour les trois agresseurs car cela signifie qu'avec intervention des S400 russes, aucun missile US-UK-FR, si intelligent et moderne soit-il, n'aurait atteint sa cible et que la plupart n'aurait même jamais atteint le territoire syrien.

 

4 – Le fait que la Russie n'ait pas activé sa défense antiaérienne pour détruire au plus loin, et peu après leur départ, les missiles tirés vers la Syrie signifie, sans le moindre doute, que la Russie avait été prévenue de la frappe et/ou qu'elle avait reçu des assurances qu'aucune de ses installations ne seraient visées. Sans doute avait-elle même reçu la liste des cibles pour évacuer d'éventuels soldats russes qui se seraient trouvés à proximité, les occidentaux souhaitant, à tout prix éviter un engrenage.

 

5 – Le fait, confirmé par les occidentaux, qu'il n'y ait eu aucune victime, montre à l'évidence que Bachar, lui aussi, a pû faire évacuer toutes les personnes menacées très en dehors du cercle d'efficacité des missiles. Il était donc, lui aussi, prévenu. Si les zones visées étaient vraiment sensibles (entrepôts chimiques selon la version occidentale), elles étaient forcément gardées jour et nuit dans un pays en guerre. Si aucune perte humaine n'est à déplorer, il n'y a que deux solutions :

soit ces zones n'étaient pas sensibles et il n'y avait personne pour les garder (simple hangar de ferme ou installation désaffectée depuis longtemps (version russe) rebaptisé dépôt chimique par les occidentaux pour les besoins de la frappe)

soit le personnel de garde avait été évacué sur préavis.

 

6 – Un autre fait troublant qui amène à s'interroger, est le constat que dès le lendemain, quelques heures après la frappe sur les «présumés dépôts chimiques» détruits, des civils curieux, venus aux nouvelles, se déplaçaient sans le moindre effet de protection et ne semblaient pas, le moins du monde, inquiets ou indisposés..... Cela donne une idée de la dangerosité des produits chimiques présumés, forcément disséminés par les frappes.......

 

2ème version : Celle du Pentagone donnée en conférence de presse.

 

Les forces US et alliées auraient tiré 105 missiles sur les installations présumées contenir

des armes chimiques de l'armée syrienne. (Ce chiffre est quasiment le même que les 103 détectés par les russes). Les moyens suivants auraient été utilisés :

• Le USS Monterey CG61 a tiré 30 missiles Tomahawk à partir de la mer rouge.

• Le USS Laboon DDG58 a lancé 7 missiles Tomahawk à partir de la mer rouge.

• Le USS Higgins DDG76 a lancé 23 missiles Tomahawk à partir du Golfe Persique.

• Le USS John Warner SSN785 a lancé 6 missiles Tomahawk à partir de la Méditerranée.

• La frégate française LANGUEDOC a lancé 3 missiles navals mer-sol SCALP EG à partir

de la Méditerranée.

• Les bombardiers stratégiques B-1B ont lancé 19 missiles de croisière air-sol AGM-158 JASSM.

• Les chasseurs britanniques Typhoon and Tornado ont lancé 8 missiles de croisière air-sol

Storm Shadow/SCALP EG .

• Les 5 Rafales and 4 Mirages français ont lancé 9 missiles de croisière air-sol Storm

Shadow/SCALP EG.

 

Selon le Pentagone, l'attaque n'aurait visé que trois cibles :

• 76 missiles – sur le Centre de recherche et de développement de Barzah

• 22 missiles – sur le site de stockage de Him Shinshar

• 7 missiles – “sur le bunker de stockage d'armes chimiques de Him Shinshar

 

Bien sûr, selon le Pentagone et les États majors français et britanniques, tous les

missiles auraient atteints leur cible...et aucun n'aurait été intercepté (normal pour des missiles

intelligents....). A l'appui de leurs affirmations, les américains ont montré des photos «satellite»

dans le cadre d'un «Battle Damage Assessment» (Estimation des dommages après frappe).

 

En décembre 98, lors de l'opération Desert Fox, les américains avaient frappé l'Irak et fourni

ce type de photos «satellite». Notre satellite français très précis avait donné des résultats très

différents des leurs..... Ils avaient été surpris de notre savoir faire qui les prenait en flagrant délit de mensonge.

Si la partie moyens engagés-nombre de missiles tirés est très probablement juste, et confirmée

par les russes, la partie cibles visées-résultats des tirs paraît peu crédible pour les raisons suivantes :

1 – Le centre de Barzah sensé avoir été frappé par 76 missiles n'est que très partiellement détruit ainsi qu'en atteste les photos prises au sol sur le site. Avec 76 missiles sur une aussi petite emprise, il aurait dû être pulvérisé, il n'en est rien. Rappelons que les russes disent de ce centre qu'il était désaffecté depuis plusieurs années, ce qui expliquerait l'absence de victimes civiles : affirmation que j'ai personnellement tendance à croire.

 

2 – Il est possible que la coalition cherche à dissimuler d'éventuels échecs de frappes sur les

aéroports militaires en limitant les objectifs aux trois installations qui ont été touchées par quelques missiles. On peut ainsi affirmer que «tous les objectifs ont été touchés».

 

2 – Cette coalition à trois a trop menti au cours des années précédentes pour pouvoir être crédible aujourd'hui (Timisoara, couveuse du Koweït, armes de destruction massives de Saddam, Goutha 2013, affaire Skripal, Goutha avril 2018). Je me souviens personnellement des mensonges quotidien de Mr Jamie Shea, porte parole de l'OTAN, sur les fausses pertes Serbes au Kosovo de mars à mai 1999. L'Otan déclarait plus de 800 matériels majeurs détruits au 78 ème jour de bombardement. En réalité, le comptage effectué après le cessez le feu faisait état d'une petite trentaine..... Tous les MIG déclarés détruits à Pritina au premier jour de la guerre (une vingtaine) sont sortis des souterrains et ont décollé tranquillement en direction de Belgrade au moment du cessez le feu. ....

 

*

 

A chacun, bien sûr, de se faire son idée sur ces frappes. On peut toutefois noter un certain nombre de faits qui ne seront pas sans conséquences pour l'avenir.

1 – Cette frappe n'a pas affecté les forces armées syriennes qui s'en sortent intactes et vont pouvoir poursuivre la reconquête du territoire national dans les prochaines semaines. Mieux Bachar el Assad sort probablement grandi de cette affaire aux yeux d'une forte majorité de son peuple. Il restera l'homme qui a résisté sans faiblir à une coalition USA-UK-FR, ce qui n'est pas rien. Si élection il devait y avoir demain, il les remporterait sans coup férir avec des taux d'adhésion bien supérieur à ceux obtenus par Trump, May et Macron dans leurs pays respectifs.

 

2 – Parce que les 3 pays USA-UK-FR sont sensés avoir détruits les stocks d'armements chimiques présumés et le centre de fabrication lui aussi présumé, il va être difficile de monter une nouvelle accusation d'attaque au gaz dans les mois qui viennent. Il va falloir trouver autre chose.... (des couveuses peut être ???)

 

3 – Les 3 coalisés n'ont pas pris le risque de s'attaquer à la Russie ni à l'Iran alors que ceux ci étaient clairement désignés comme coresponsables de la «présumée attaque chimique». C'est un aveu de faiblesse. Ils ont montré par là qu'ils craignaient ces deux gros morceaux et préféraient s'en prendre au plus faible : la Syrie, ce qui ne les grandit pas.

 

4 – Comme il a été dit précédemment Trump a probablement fait un deal avec Poutine pour qu'il n'intervienne pas dans une frappe qui lui permettrait de sauver la face et de redorer son blason à quelques mois des élections de mi mandat. En échange, il a dû promettre de ne pas faire trop de dégâts et lui garantir qu'aucun soldat russe ne perdrait la vie. Mission accomplie. Les médias US vont pouvoir s'occuper pendant un certain temps de ces frappes dont le résultat militaire est pourtant dérisoire.

 

5 – Pour la première fois depuis 1945, la France est sortie de la légalité internationale en s'affranchissant du feu vert de l'ONU. Son image, comme celle de l'ONU d'ailleurs, n'en sortira pas nécessairement grandie......Lire à cet égard l'article paru sur le site «les crises» https://www.les-crises.fr/frappes-syrie-les-preuves-presentees-par-le-drian-le-vide-comme-nouveau-fondement-juridique-a-l-agression/#!prettyPhoto

 

«L'évaluation nationale» présentée par le gouvernement pour justifier les frappes est un document

manifestement rédigé par un communicant et non par un organisme de renseignement. Il n'a strictement aucune valeur, comme celui de 2013 d'ailleurs. Notre ministre des affaire étrangère fait dans le mauvais Colin Powell (et sa poudre de Perlin Pinpin) en présentant ce genre de document.

 

6 – Suite à ces frappes aérienne, les russes disent envisager d'équiper l'Armée syrienne en S300 pour lui permettre de se défendre encore mieux en cas de prochaine attaque. Ceci posera un vrai problème à ses adversaires potentiels, surtout lorsqu'elle aura terminé sa reconquête de l'Ouest syrien et qu'elle passera à l'Est de l'Euphrate.

 

7- Enfin et surtout, si la version russe de ces frappes était exacte, et elle pourrait fort bien l'être, l'OTAN aurait désormais un sérieux problème à résoudre car cela signifierait que la Russie est désormais capable de réduire à néant toute tentative de frappes occidentales du type de celle qui vient d'être conduite par les trois plus grandes puissances de l'OTAN agissant en coalition.

 

8- Il n'aura échappé à personne que les hasards du calendrier permettent à cette frappe d'occulter le tir au pigeon des snipers israéliens sur les méchants terroristes palestiniens. Nos médias et nos politiques se réjouissent de cet heureux concours de circonstance.....

 

9 – Il n'aura échappé à personne non plus que ces douze petits missiles que nous avons lancé sur des installations probablement désaffectées (pour ne fâcher personne) permettent de redorer à moindre frais (20 millions d'euros si l'on compte les missiles et les vols) l'image d'un président écornée par des difficultés d'ordre social (Notre Dame des Landes, grèves à la SNCF, révoltes lycéenne).

Les Médias main stream vont s'en donner à cœur joie pour encenser Jupiter-Mars, chef de guerre, remarquable, déterminé ....etc...etc...

 

10 – Pas d'autre commentaire.

 

Dominique DELAWARDE 

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Commentaires: 7
  • #1

    Rabehi L. (lundi, 16 avril 2018 08:49)

    Bonjour ,M.DELAWARDE D.
    Nous vous remercions pour votre analyse détaillée des résulats des frappes sur la Syrie.
    Bravo pour votre courage et determination à donner et expertiser la réalité ,rien que la Vérité.
    Cordialement

  • #2

    VM. (lundi, 16 avril 2018 11:46)

    En ce qui concerne le point 7 de la 2eme version, Cette attaque a été un bon moyen de tester la défense anti aérienne Syrienne (et Russe au passage) les tests réel sont toujours plus significatif que des simulations... Une autre "bonne raison" de faire ces frappes et peut être la première...? on aura pas les retex :)

  • #3

    Arnaud (lundi, 16 avril 2018 16:01)

    Quel dommage que cette analyse intéressante, sérieuse, prudente, se termine sur ce blabla chouineur anti-macron.

  • #4

    naivo.ramaro@gmail.com (lundi, 16 avril 2018)

    Analyse très pertinente. Dommage que le 9ème point ait effacé cette pertinence, par des considérations plus politisées de la chose, dommage, mais merci.

  • #5

    PITSFS (lundi, 16 avril 2018 20:53)

    Ce sont les retraités qui vont etre contents, leur très chère CSG partie en fumée en syrie par l'égo sur dimensionné du président Macron obligé de rakèter les anciens pour essayer de jouer dans la cour des grands, mais luis aussi utilise des armes chimiques contre son peuple, les gaz lachrimo a Nantes et a NDDL, qui va nous envoyer des misiles pour çà?

  • #6

    GARBAGE (lundi, 16 avril 2018 21:39)

    Je suis tout à fait de votre avis, Mon Général, seuls les gogos et les naïfs, ceux qui regardent en permanence télévisuelle française, peuvent croire ce qu'elle raconte !....

  • #7

    JPC (lundi, 16 avril 2018 23:09)

    Vous cherchez une fin de carrière dans l'armée Russe? C'est ce qu'on appelle justifier un point de vue a priori par une pseudo analyse. Par définition les menteurs sont la coalition F-GB-USA et les doux agneaux la Syrie-Russie. Si l'armée russe ne veut pas de vous, demandez à Spoutnik de devenir correspondant!

@Arnaud & naivo.ramaro...

...Notez malgré tout que E. Macron et lui seul, a pris la décision de frapper un pays souverain, envers et contre toutes les lois internationales, sans mandat de l'ONU, et surtout sans l'assentiment du Peuple de France et/ou de ses représentants. Vous admettrez peut être que l'on peut critiquer pour moins que cela !

Au bilan : Où est la "DÉMOCRATIE" ?

JMR