Le Rap à Verdun : on ne passe pas !

par le Col. Yves Logette - Promotion "Général De Gaulle" - le 15/05/2016.

Le Rap à Verdun : on ne passe pas ! En 2016, « la France est en guerre », nous répètent nos hommes politiques. Pourtant, tout se passe comme si de rien n’était : les commerçants commercent, les manifestants manifestent, les casseurs cassent, les politiques s’offusquent et … parlotent !

La guerre nécessite l’engagement de toutes les forces vives de la nation afin qu’elle récupère son intégrité territoriale, son autonomie de décision et sa liberté d’action.

On en est loin.

D’où la surprise quand un soldat français est tué … en vrai … aux confins sablonneux où il avait été envoyé garantir les intérêts du pays. Aussitôt, médias et ministres se pressent dans la cour des Invalides pour assister, l’air grave, à l’hommage qui lui est rendu.

 

En 1916 aussi, la France était en guerre. Toutes les forces vives de la nation (humaines, économiques, financières, industrielles …) étaient mobilisées vers ce but et lorsque des milliers (des milliers !!) de soldats tombaient au champ d’honneur … chaque jour, personne ne pensait aux Invalides et aux médailles mais plutôt au moyen d’arrêter cette hémorragie.

Les combats à Verdun, notamment, commencés le 21 février, ont détruit 300.000 familles, françaises et allemandes.

Il est donc tout à fait légitime, en ce centième anniversaire, de leur rendre hommage.

C’est ce qui est fait, fort heureusement.

La commémoration internationale (les chefs des Etats impliqués, dont madame Merkel, sont invités) aura lieu le 29 mai, comme pour le cinquantenaire de 1966 avec le général de Gaulle.

 

Devant le Mémorial ou l’Ossuaire, des chants de paix entonnés par des chorales de plusieurs pays étaient envisagés mais le maire de Verdun a choisi et invité le chanteur de Rap « BlackM » afin que les jeunes puissent « s’amuser ». Au lieu de « s’ennuyer » ?

 

Le choix de ce chanteur controversé (les paroles de ses chansons sont parfois insultantes pour la France) entraîna logiquement une polémique qui s’enfla, dans les milieux patriotiques, au point que le maire dut annuler la représentation.

Bronca immédiate de la part des bien-pensants pour qui l’abandon de ce « programme d’une grande diversité culturelle » ne peut être dû qu’à « un ordre moral nauséabond » (dixit le ministre de la Culture) et qu’il ne fallait pas « capituler devant l’idéologie frontiste » (selon Jack Lang). Le secrétaire d’Etat aux anciens combattants, lui-même, y va de sa « colère de voir qu’un déferlement de haine, d’injures et de menaces force un élu à annuler le concert d’un artiste » et parle de « premier pas vers le fascisme et le totalitarisme ».

Rien que cela.

Mais hommage ne veut pas dire fête ! Sous prétexte de cérémonie mémorielle, il est inconvenant de mélanger le digne recueillement devant les tombes de soldats et l’amusement prétendument attendu des spectateurs.

Qui leur a demandé s’ils voulaient s’amuser ou plutôt se recueillir comme leurs aînés ? Les jeunes d’aujourd’hui ne sont insensibles ni à l’histoire ni à la culture. L’éducation des jeunes générations à la culture ne pourrait-elle pas, dans ce cas précis comme dans d’autres, leur offrir des œuvres classiques de haut niveau plutôt que les abrutir, une énième fois, avec des musiques qu’ils connaissent par cœur ?

C’est les mépriser que de croire qu’ils seraient incapables de s’émouvoir par le haut. Alors, comme à l’école, on croit les séduire par le bas. Ça n’en fera pas des électeurs dociles pour autant.

 

Déployer un chapiteau de chanteurs de Rap devant un mémorial ou une nécropole ne rehausse pas la cérémonie mais insulte, à coup sûr, les milliers de combattants morts pour notre liberté.

 

La « grande diversité culturelle » qu’appelle de ses vœux le ministre de la Culture peut s’exercer en tout autre lieu et avec des productions de meilleures factures. Mais on voit désormais que sont baptisées culturelles des manifestations outrancières ou choquantes comme le gigantesque Plug anal vert déployé devant le Louvre ou la sculpture rouillée dite « Vagin de la Reine » devant le château de Versailles. Jack Lang avait bien décrété que les tags sur les murs des villes étaient de l’Art. Sur les monuments aux morts aussi ?

 

Tout essayer et tout accepter n’a rien à voir avec une démarche culturelle réfléchie. Ce n’est pas un problème de droite ou de gauche mais de respect.

Monsieur Alpha Diallo (Black-Mesrimes) a bien de la chance d’être dans un pays qui lui permet, sans aller en prison, d’insulter les Français dans ses chansons. Des exemples ? « ce pays de kouffars » ou « je crois qu’il est grand temps que les pédés périssent » ou « une petite voix me chuchotait : vas-y, tire sur l’école » ou encore « les youpins s’éclatent et font des magasins ».

 

Je ne lui accorde donc pas le droit d’insulter nos morts. Bien évidemment, puisqu’il est noir de peau, je vais aussitôt être accusé d’être un infâme raciste, c’est l’argument ultime de ceux qui n’en ont pas d’autre quand on n’est pas de leur avis. Désolé, mais eût-il été blanc, jaune ou rouge, ce chanteur n’a pas sa place dans ces commémorations. Comme d’ailleurs n’a pas sa place au Panthéon, me semble-t-il, ce monsieur Jean Zay qui a insulté le drapeau français dans les termes que l’on sait.

 

Je souhaite donc aux organisateurs de rendre un magnifique et digne hommage à nos morts pour la France de 1916 en espérant qu’ils trouvent l’accompagnement sonore le plus adapté à l’événement.

 

Yves Logette

le 15.05.2016

 

 


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