Le billet du Col. Georges Michel

Election présidentielle : Que manigancent-ils ?

Le 12/01/2022.

Source : Bd. Voltaire.

 

Mardi 11 janvier, Gérald Darmanin, à sa demande, nous précise un communiqué laconique du Conseil constitutionnel, a rencontré Laurent Fabius, président de cette institution. « Le ministre a évoqué la possibilité que, après concertations, le Gouvernement élabore de nouvelles mesures d’organisation qui apparaîtraient rendues nécessaires par la crise sanitaire, afin de garantir le bon déroulement de l’élection présidentielle. Le Président du Conseil constitutionnel en a pris bonne note et lui a confirmé que l’adoption de telles mesures appelleraient un contrôle constitutionnel, chargé aux termes du premier alinéa de l’article 58 de la Constitution, de veiller à la régularité de l’élection du Président de la République ». Laconique, disions-nous et, il faut bien l’avouer, un peu énigmatique. Un communiqué qui n’est pas sans nous rappeler – pardon de l’évoquer une fois de plus mais l’on se rend compte que ses analyses politiques valent bien celles d’aujourd’hui et, surtout, ont gardé toute leur fraîcheur et leur actualité – les fameux « milieux autorisés » de Coluche, milieux autorisés dont vous n’êtes pas et qui s’autorisent des tas de trucs.

Comme l’a twitté Marion Maréchal : « Peut-on savoir de quel genre de mesures il s’agit ? » Pour l’instant, mystère et boule de gomme. S’il s’agit de mesures pratiques auxquelles nous sommes habitués depuis bientôt deux ans et que l’on a éprouvées lors des  régionales et départementales en 2021 (masques, distanciation, nombre de personnes maximum dans les bureaux de vote et toutes sortes d’autres choses), on ne voit pas en quoi le ministre de l’Intérieur, chargé de l’organisation des élections, a besoin de consulter le Conseil constitutionnel. Il sait faire, semble-t-il…

 

On n’imagine pas un instant, bien évidemment, que ces mesures soient, par exemple, l’obligation de présenter un passe vaccinal pour accéder aux bureaux de vote, comme on a pu le lire, ici et là. Les amendements présentés à l’ pour mettre « noir sur blanc » que tous les électeurs pourront voter aux prochaines élections (présidentielle et législatives) ont été rejetés au motif qu’« on ne met pas dans un texte de loi quelque chose qui est déjà établi par la Constitution », comme l’a déclaré à Libération, le directeur de cabinet du député LaREM Jean-Pierre Pont, rapporteur du projet de loi. Logique. Du reste, le Conseil constitutionnel avait rendu cette décision le 9 novembre dernier : « En période électorale, la présentation du ‘‘pass sanitaire’’ ne peut être exigée pour l’accès aux bureaux de vote ou à des réunions et activités politiques ». On imagine, par extrapolation, que cela exclut aussi le passe vaccinal.

Alors quelles sont ces « mesures d’organisation » ? Va-t-on, à moins de cent jours de l’échéance et à la va-vite modifier la loi organique du 29 mars 2021 portant diverses mesures relatives à l’élection du Président de la République ? Ce serait une première. Nous ne sommes pas constitutionnaliste mais l’on pourrait imaginer, par exemple, que l’on étende le vote par correspondance, prévu pour les personnes placées en détention provisoire et les détenus purgeant une peine n’entraînant pas une incapacité électorale, aux personnes non vaccinées. Après tout, si l’on en croit le président de la République, garant de notre Constitution, ces gens-là ne sont pas des citoyens à part entière. Pas comme les détenus.

Mais rassurons-nous, Jean Castex a installé, ce même 11 janvier, une instance de dialogue avec les partis politiques pour que la campagne présidentielle puisse se dérouler  dans les meilleurs conditions.

On attend donc avec impatience de savoir que seront ces mystérieuses « mesures d’organisation »…

Anne Hidalgo : Les parrainages, ça se mérite ; la défaite aussi…

Le 10/01/2022.

Source : Bd. Voltaire

 

Anne Hidalgo, 4,5 % au garrot selon le dernier sondage, ne sera sans doute pas la prochaine présidente de la République. Mais cela ne l’empêche pas de distribuer les bons points, dans la grande tradition de la « gauche morale ». C’est sa force, si l’on peut dire. À condition qu’il y ait encore assez de gogos pour y croire. Elle aurait dû faire maîtresse d’école ; elle a préféré la politique. Interviewé sur Europe 1, ce dimanche 9 janvier, la candidate à la présidence de la République déclare, à propos des difficultés de Marine Le Pen et Éric  à obtenir leurs parrainages : « S’ils ne les ont pas, c’est qu’ils ne méritent pas d’y participer. » En creux, elle, Anne Hidalgo, mérite d’y participer, à cette élection. Et d’ajouter : « Tant pis pour eux. » Nananère, moi, je les ai, pas eux ! En plus, ma liste sera plus grosse que la tienne : « On vise désormais 600 à 700 promesses de parrainage d’ici le mois de janvier », alors qu’il en faut 500. Cela dit, pour la candidate d’un parti qui monopolisa toutes les strates du pouvoir, il n’y a encore pas si longtemps, c’est une ambition relativement modeste : paraît que la Macronie vise les 4.000… Cela dit encore, si elle obtient ces 700 signatures, ça lui fera toujours une consolation pour le soir du premier tour. À moins de 5 %, c’est le fiasco financier assuré : Obligée d’aller faire des ménages pour rembourser sa campagne, c’est vraiment pas humain.

« S’ils ne les ont pas, c’est qu’ils ne méritent pas d’y participer. » Ça veut dire quoi, « mériter de participer à l’élection présidentielle » ? Faudrait qu’Anne Hidalgo développe un peu, on a du mal à saisir, là. Faut faire partie d’un club ? Au fait, c’est combien, la coti ? C’est un concours ? De circonstance, peut-être. Oui, on aimerait savoir. Ces propos sont en tout cas révélateurs de cette morgue propre à des personnages comme Anne Hidalgo, convaincus de faire partie du camp du Bien. Du Beau et du Vrai, pour faire bon poids. Pourtant, à aucun moment, bien évidemment, la loi ne mentionne la notion de mérite en ce qui concerne le parrainage ou plutôt, pour reprendre les termes exacts de la loi, la « présentation » d’un candidat au Conseil constitutionnel par les élus habilités à le faire.

De l’autre côté de l’échiquier politique, la question des parrainages se pose un peu différemment.  les aura, c’est évident. Maintenant, qu’en est-il de cette rumeur laissant entendre que les LR agiraient en sous-main pour qu’Éric  ait ses signatures, afin de pousser vers l’avant leur candidate au détriment de Marine Le Pen ? Ce serait astucieux. Mais pas du tout. La main sur le cœur, Geoffroy Didier, l’un des porte-parole de la candidate, le certifie sur facture : « Un élu LR a vocation à soutenir la candidate des Républicains ». Ce qui est logique. Et donc, en toute logique, des élus qui donneraient leur signature à Zemmour, « n’appartiendraient plus de fait aux Républicains, ils s’excluraient eux-mêmes des Républicains, de fait ». Le fait est. Cela dit, « les maires sont libres de leurs choix » et « aucune consigne n’est donnée ». Là encore, on voit l’hypocrisie d’un système qui nous éloigne encore un peu plus de ce que voulait à l’origine le législateur, et sans doute le général de Gaulle, en instituant l’élection du président de la République au suffrage universel. Il ne s’agit plus d’éliminer les candidatures farfelues, on l’aura compris. Sauf à considérer la candidature d’Éric Zemmour comme farfelue. Maintenant, Geoffroy Didier se garde bien d’évoquer le cas d’élus apparentés LR mais non membres du parti. Entre des maires encartés, investis ou ayant été soutenus par le mouvement aux dernières élections municipales, il y a toutes les nuances possibles dans le paysage  de nos « territoires » que nous aimons tant. On ne peut pas exclure quelqu’un qui n’est pas adhérent du parti. Donc, à suivre.

C’est plus fort qu’eux : Après le drapeau, l’anglais !

Le 07/01/2021.

Source : Bd. Voltaire.

 

Visiblement, ils ne peuvent pas comprendre. Ou ne veulent pas comprendre. On met le feu au torchon, le 1er janvier, en installant le drapeau européen sous l’Arc de Triomphe sans la présence de nos couleurs nationales. On le retire nuitamment et précipitamment en expliquant, de manière, il est vrai, un peu foireuse, qu’en fait, ce retrait avait été prévu d’avance. Mais on ne compte pas un sacrilège en nombre de jours. Ils ne doivent pas savoir. Ça aussi, on n’a pas dû le leur dire. L’affaire du drapeau passée, on se dit, un peu naïvement, qu’ils vont peut-être se calmer. Mais non. C’est plus fort qu’eux. Le temps de préparer le bûcher – et c’est du boulot, faut pas croire – pour ces Cathares et autres Vaudois qu’on appelle « non-vaccinés », ces gens « qu’on ne devrait même pas soigner » (dixit, non pas l’abruti du coin qui truste le Café du Commerce, mais un secrétaire d’État auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement de cette République, en l’occurrence Gabriel Attal), voilà qu’un autre ministre de cette même République remet un euro dans le nourrain. Et on continue. Et on recommence.

Tweet tout chaud, datant du 6 janvier, du très dynamique Jean-Baptiste Djebarri, ministre délégué chargé des Transports : « In Europe we trust », avec en illustration la façade de l’Élysée constellée d’étoiles sur fond bleu. Au moment même, d’ailleurs, où l’Académie française prévient que, si le gouvernement ne renonce pas à la nouvelle carte d’identité bilingue, elle saisira le Conseil d’État. Le gouvernement doit être saisi d’effroi : la preuve avec ce tweet de Djebarri… Mme le secrétaire perpétuel de l’Académie française sait d’ores et déjà à quoi s’en tenir. Personne ne contestera au ministre des Transports, pilote de ligne « dans le civil », de parler l’anglais dans son cockpit – pardon, sa cabine de pilotage -, mais pourquoi exprimer cette confiance irrépressible en l’Europe dans la langue de Shakespeare quand on est ministre de la République française, qu’il paraît ? Si tant est que l’on puisse encore qualifier ainsi le sabir technico-commercial pratiqué dans les instances internationales.

 

« In Europe we trust » : mauvaise décalcomanie de la devise des États-Unis d’Amérique « In God We Trust » (« Nous avons confiance en Dieu »). Plus aucun pays de l’ n’a pour langue officielle l’anglais (la première langue officielle de l’ est l’irlandais), mais on continue à baragouiner anglais. Parce que c’est pratique, sans doute. C’est ça, l’anglais : c’est pratique. L’Union européenne aussi, c’est pratique : l’euro, le fait d’aller et venir (pour ceux qui ont un passeport vaccinal, of course) d’un pays à l’autre sans présenter ses papiers et, d’ailleurs, parfois, sans même en avoir du tout… La « souveraineté européenne », concept macronien par excellence, c’est pratique aussi. Donc, « in Europe we trust ». C’est le nouveau credo. Ne pas y croire risque de vous conduire tout droit au bûcher, si vous n’y êtes pas déjà pour d’autres raisons que l’on sait. Ne nous y trompons pas : tout cela n’est pas anecdotique, façon distribution de goodies – pardon, d’objets promotionnels -, à l’occasion d’un événement marquant comme, par exemple, le cinquantenaire de la fête de la saucisse ou d’une énième journée mondiale de ceci ou cela. C’est la feuille de route d’un éventuel second mandat d’Emmanuel Macron. Un second mandat qui sera celui de l’irréversibilité en bien des domaines, notamment en ce qui concerne le bradage de nos derniers pans de souveraineté nationale au profit du « trust » de Bruxelles.

Au fait, la photo du tweet où l’on devine l’avant de la voiture de fonction du ministre date de quand ? Du 6 janvier soir, à l’occasion du dîner de travail avec les membres de la Commission européenne. Le vassal recevait en son château son suzerain. Ce sont des choses qui se font entre contrôlés et contrôleurs de gestion.

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