Retour aux questions de politique intérieure

...par l e Gal. Dominique Delawarde - Le 19/06/2020.

Bonjour à tous,

L' audition par la commission d’enquête parlementaire d' Éliane Houlette, l'ancienne procureure financière ayant traité " l'affaire Fillon" confirme ce que tous ceux qui ont un cerveau savaient déjà depuis longtemps :

Le résultat de l'élection présidentielle française de 2017 est le fruit de la délinquance politicienne aux plus hauts niveaux d'un état que l'on peut qualifier de voyoucratie.

Les pressions, chantages, corruptions exercées sur les procureurs et les juges, la coalition des quelques milliardaires qui contrôlaient (et contrôlent toujours) nos médias mainstream, les méthodes mafieuses de type "Cambrige Analytica", ont été suffisantes, à l'époque, pour enfoncer le candidat de la droite et pour convaincre quelques 8,5 millions d'électeurs (sur 47,5 millions d'électeurs inscrits) de porter leur vote, par défaut, sur le candidat LREM au premier tour, lui ouvrant ainsi les portes du pouvoir au second.

Cette tâche originelle est incontestablement à l'origine du manque de confiance, des divisions (gilets jaunes, mais pas que ....) et des dysfonctionnements observés depuis lors dans notre pays.

Certaines langues commençant à se délier, les médias mainstream sont bien obligés de suivre avec une grande hypocrisie et en jouant les ingénus. Ils commencent seulement à relayer des faits qu'ils connaissaient parfaitement depuis plus de trois ans. Quant aux réseaux sociaux et aux médias alternatifs, ils dénoncent avec toujours plus de force et de pièces à conviction le coup d'état institutionnel que nous avons dû "subir"en mai 2017.

Pour votre information, j'ai sélectionné 4 articles des dernières 48 heures, articles qui expriment, de manière différente, une même vérité (que nous connaissions déjà) : "les électeurs français de 2017 se sont fait manipuler dans les grandes largeurs".

https://www.vududroit.com/2020/06/quand-lex-patronne-du-pnf-reconnait-implicitement-lexistence-du-raid-judiciaire-anti-fillon/


https://www.tribunejuive.info/2020/06/18/charles-meyer-linstrumentalisation-giganteque-et-flagrante-de-laffaire-fillon/

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/19/les-declarations-d-eliane-houlette-reactivent-les-doutes-visant-la-gestion-judiciaire-de-l-affaire-fillon_6043376_3224.html

https://www.lepoint.fr/societe/affaire-fillon-l-ex-procureur-national-financier-assure-avoir-subi-des-pressions-17-06-2020-2380564_23.php

Bonne lecture

DD


Quand l'ex patronne du PNF reconnait implicitement l'existence du raid anti-Fillon

...par Régis de Castelnau - Le 18/06/2020.

Source : https://www.vududroit.com/2020/06/quand-lex-patronne-du-pnf-reconnait-implicitement-lexistence-du-raid-judiciaire-anti-fillon/

Depuis la sortie du confinement, notre pays vit des heures assez extraordinaires. On ne va pas dresser la liste de toutes les péripéties qui témoignent d’un affaissement sans précédent de l’État. Histoire de gagner du temps, on ne retiendra que : l’affaire Traoré où l’on transforme un petit mafieux des quartiers en héros sans tache, une Garde des Sceaux qui viole gaiement la séparation des pouvoirs à la demande du chef de l’État, un ministre de l’intérieur qui annonce que finalement, la loi qu’il est chargé de faire respecter est à géométrie variable, et que certaines parties du peuple en sont dispensées, et qui souhaite organiser une cérémonie dans la cour de la préfecture de Paris où les policiers se mettraient à genoux (Didier Lallement compris ?), une ville moyenne de province transformée en champ de bataille ethnique entre voyous tchétchènes et marocains armés jusqu’aux dents, qui se réconcilieront à la mosquée, un président de la république qui propose de l’argent à des présidents de Régions pour qu’ils acceptent de soutenir une manipulation concernant le déroulement d’un scrutin républicain, un refus de l’État au prétexte « du secret des affaires » de communiquer des informations sur sa gestion des masques sanitaires qui a probablement provoqué de très nombreux décès, et maintenant, l’ancienne chef du Parquet National Financier, qui qui fait des révélations en forme d’aveu sur les conditions dans lesquelles s’est déroulé le raid judiciaire destiné à écarter le favori de l’élection présidentielle de 2017 au profit d’Emmanuel Macron. N’en jetez plus…

Alors quelques remarques sur cette dernière information quand même assez ébouriffante. Un article du Point nous décrit les états d’âme de Madame Éliane Houlette qui avec une certaine ingénuité avoue tout de go que le pouvoir politique est intervenu directement et indirectement à tous moment dans la procédure déclenchée contre François Fillon au mois de février 2017.

Citons le texte de Marc Leplongeon : « Et l’ancienne procureure de livrer son expérience personnelle dans l’affaire Fillon. Si Éliane Houlette a affirmé que la pression des journalistes était difficile à gérer – « Mais bon, ça, on peut s’en dégager, moi je n’avais pas de contacts avec eux et je ne lisais plus les journaux » –, c’est surtout la « pression du parquet général » qui l’a marquée. Les demandes incessantes pour qu’elle fasse remonter les informations le plus vite possible sur les derniers actes d’investigation, des demandes qui lui étaient parfois adressées pour « les actes de la veille », et qu’elle devait synthétiser « avant 11 heures le lendemain […] Les demandes de précisions, de chronologie générale – tout ça à deux ou trois jours d’intervalle –, les demandes d’éléments sur les auditions, les demandes de notes des conseils des mis en cause… Les rapports que j’ai adressés, je les ai relus avant cette audition [devant la commission de l’Assemblée nationale, NDLR]. Il y a des rapports qui étaient circonstanciés, qui faisaient dix pages, précis, clairs, voilà », soutient la magistrate. Qui ajoute : « On ne peut que se poser des questions [sur ce qui est fait de ces informations, NDLR]. C’est un contrôle très étroit… »

Autorisons nous quelques quelques observations en commençant par dire que Madame Houlette fait preuve d’une joviale hypocrisie. Elle a dirigé cette institution d’exception depuis sa création ex nihilo par le pouvoir socialiste après l’affaire Cahuzac. Et au vu de son activité, on peut dire aujourd’hui que le PNF était d’abord là pour servir contre les adversaires politique de François Hollande puis d’Emmanuel Macron. La magistrate commence par nous dire qu’elle ne lit plus les journaux ce qui est assez savoureux. Parce que rappelons quand même que le Canard enchaîné lançant l’affaire Fillon est publié le matin du mercredi 25 janvier 2017 . Quelques heures plus tard, le même jour, le PNF annonce l’ouverture « d’une enquête préliminaire ». Ce qui déclenche l’action publique, ce n’est donc pas une plainte, ou un signalement article 40 du code de procédure pénale, c’est un article du journal satirique… que la patronne du parquet prétend ne pas lire. Et puis soyons sérieux, qui peut croire que Madame Houlette n’a pas pris connaissance aussi des journaux (alimentés par qui ?) publiant tranquillement quelques jours plus tard les actes de sa procédure. D’ailleurs, François Fillon a déposé plainte pour cette violation de la loi sur le secret de l’enquête. S’autorisera-t-on à demander à l’actuel procureur de Paris où en est l’instruction de cette plainte ? Ceux qui prétendent que rien n’a bougé ne sont que de bien mauvaises langues. Les mêmes mauvaises langues toujours venimeuses prétendent même qu’on sait très bien d’où sont venus les fuites. Des menteries, on vous dit.

C’est d’ailleurs bien ce qui semble être le problème de Madame le procureur. Il y a eu des violations graves de la loi pénale pour permettre d’alimenter la campagne visant à disqualifier François Fillon, et c’est sur le PNF que pèsent les plus lourds soupçons. Mais on sent qu’aujourd’hui avec la faiblesse politique et l’illégitimité persistante d’Emmanuel Macron la réponse à la question : « qui l’a fait roi ? » pourrait redevenir lancinante. On ne sait jamais comment tout cela finira par tourner, alors autant être prévoyant et tenter de se débarrasser de ces soupçons en pointant les collègues du parquet général dont on laisse entendre que ce sont eux qui auraient alimenté le pouvoir politique de François Hollande. Lequel aurait transmis directement ou indirectement à la presse les infos utiles. Et notamment aux célèbres Davet et Lhomme les Plics & Plocs investigateurs du Monde et confidents officiels du président de l’époque qui les rencontrait assidûment.

Personne évidemment ne peut, n’est ce pas, prêter foi à de pareilles calomnies…

Éliane houlette pose ensuite le problème de l’ouverture de l’information judiciaire confiée à un juge d’instruction du pôle financier, Serge  Tournaire spécialisé dans les poursuites contre Nicolas Sarkozy. Reprenons pour comprendre, la lecture de l’article du Point :

« Éliane Houlette évoque également une réunion lors de laquelle on lui aurait demandé d’ouvrir une information judiciaire contre François Fillon, alors que les investigations avaient jusque-là lieu dans le cadre d’une enquête préliminaire. Selon nos informations, cette réunion s’est tenue le 15 février 2017 à Paris. « J’ai été convoquée au parquet général – j’y suis allée avec trois de mes collègues, d’ailleurs – parce que le choix procédural que j’avais adopté ne convenait pas. On m’engageait [sic] à changer de voie procédurale, c’est-à-dire à ouvrir une information judiciaire. J’ai reçu une dépêche du procureur général en ce sens », a-t-elle dit devant la représentation nationale. [….] Si Éliane Houlette assure avoir d’abord résisté – « Ce sera quand je l’aurai décidé et quand j’aurai des éléments pour le faire » –, elle avoue avoir finalement été elle-même rapidement convaincue qu’il fallait ouvrir une information judiciaire, ce qu’elle fera le 24 février 2017 »

Que voilà une noble attitude ! Traduction : je n’étais pas d’accord pour ouvrir une information judiciaire mais finalement je l’ai fait quand même. Eh oui, en février 2017, alors que François Fillon était encore en tête dans les sondages, il était nécessaire à moins de trois mois du scrutin présidentiel de faire quelque chose. Et François Fillon avait stupidement annoncé que s’il était mis en examen il ne se présenterait pas, après avoir d’ailleurs asséné avant la primaire en direction de son concurrent Nicolas Sarkozy : « imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ». Il fallait saisir une perche aussi aimablement tendue : « ouvrons une information judiciaire, confions là à un magistrat instructeur de confiance, et le tour sera joué ! » Aussitôt dit aussitôt fait, les mises en examen de François Fillon et de sa famille ont été prononcées en urgence. Beaucoup plus rapidement en tout cas que dans l’affaire Karachi qui vient de trouver son épilogue judiciaire après 25 ans… Comme l’avait dit dans un communiqué commun, le Premier président de la Cour de cassation et le Procureur général, en matière de conduite des procédures, c’est chacun son rythme…Celui de l’affaire Fillon c’était du sprint !

Ainsi Madame Houlette accuse le parquet général d’avoir fait pression pour l’ouverture de cette information, mais comme elle y aurait cédé et que ce n’est pas très glorieux elle habille ça en disant « avoir été elle-même rapidement convaincue qu’il fallait ouvrir une information judiciaire ».

Le plus extraordinaire c’est que l’ancienne patronne du PNF dit à peu près le contraire de ce qu’elle avait affirmé dans une interview à Marianne lors de son départ  le 20 juin 2019, titrée : « Je n’ai jamais subi aucune pression ». Ah bon ?

Ce revirement poursuit semble-t-il deux objectifs. Le premier, celui de faire avancer cette revendication ancienne et irrecevable de l’indépendance des parquets autorités de poursuite. Un procureur se doit d’être objectif dans le traitement de ces dossiers, mais il défend une cause, celle de l’accusation et avocat de la République, doit être partial. Il est donc normal qu’il soit hiérarchiquement soumis à un pouvoir exécutif (encore faut-il que celui-ci soit démocratique). Un parquet indépendant, c’est la porte ouverte à l’arbitraire. Au contraire le juge du siège, celui qui juge, doit être indépendant, pour être impartial. À ce stade, le retour de ce mantra n’est pas très intéressant.

Ce qui l’est beaucoup plus c’est cette tentative de parer aux accusations qui pèsent lourdement depuis le printemps 2017 sur ce qui a été un raid judiciaire mené dans l’urgence pour disqualifier le favori de la présidentielle et amener Emmanuel Macron au deuxième tour, sûr de sa victoire contre Marine Le Pen. Pour l’avoir dit, et je pense démontré très tôt j’ai eu ma part d’accusations de complotisme. Aujourd’hui, les déclarations d’Éliane Houlette apparaissent bigrement comme une tentative pour éviter les accusations d’avoir joué un rôle actif dans l’opération. Le fonctionnement global du PNF sous sa direction, dont le pouvoir socialiste et Emmanuel Macron n’ont vraiment pas eu à se plaindre peut quand même laisser très dubitatif. Mais ces déclarations ont aussi une autre conséquence c’est de constituer en creux un drôle d’aveu de la manipulation. À laquelle il apparaît, si on la suit, que les magistrats du plus haut niveau ont participé.

L’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir est le fruit d’une opération de grand style concoctée par la haute fonction publique d’État et appuyée par les grands intérêts, leur argent et leurs médias. On savait depuis les européennes de 2014 que Marine Le Pen serait au deuxième tour en 2017. Le dernier coup de pouce pour y faire accéder Emmanuel Macron fut la disqualification de François Fillon par une opération judiciaire. Globalement une forme de coup d’État. Dont nous payons les conséquences tous les jours.

 Éliane houlette vient de le reconnaître implicitement.


Charles Meyer. L’instrumentalisation gigantesque et flagrante de l’affaire Fillon

Source :"Tribune juive" :  https://www.tribunejuive.info/2020/06/18/charles-meyer-linstrumentalisation-giganteque-et-flagrante-de-laffaire-fillon/

Au cœur de la campagne présidentielle de 2017, j’ai rappelé, comme beaucoup de juristes, un point technique qui signait sans aucune ambiguïté possible, une instrumentalisation giganteque et flagrante de l’affaire Fillon, qui a mené au torpillage en règle de l’élection présidentielle. Aucun avocat, aucune autre partie n’était en mesure de violer le secret de l’enquête préliminaire déclenchée à la hâte par le Parquet National Financier. Seuls les membres de ce parquet, les officiers et agents de police judiciaire qui les secondent et le pouvoir en place via les notes du Parquet, avaient alors accès au dossier. Partant de là, il était donc évident que les multiples violations du secret de l’enquête, ne pouvaient être que le fait du pouvoir. Car sauf à imaginer qu’un magistrat ou un policier prenne seul, sans garantie, d’initiative le risque de commettre contre un potentiel président de la République,  le délit prévu et réprimé par l’article 226-13 du Code pénal, et donc mette instantanément fin à sa carrière, on ne fuite pas un dossier aussi sensible et lourd de conséquences, sans être couvert au plus haut niveau. Deux possibilités restaient donc en lisse : une fuite par le pouvoir lui-même, ou une fuite sur ordre du pouvoir. C’était évident. On se rappelle alors des cris d’orfraies des macronistes et des hyènes de compétition hurlant en coeur avec la quasi totalité des médias au 《 complotisme》.
Eliane Houlette confirme aujourdhui ce que nous savions et son propos déshonore l’institution de la Justice. Il y a non seulement eu des violations  en bande organisée de la Loi, mais aussi des pressions pour temporaliser, au bon plaisir des  adversaires politiques de François Fillon, une enquête qui n’appartient qu’au Peuple et à la République.

Il sagit d’une véritable privatisation de la Justice, qui passe par le détournement d’une enquête au profit des intérêts bien compris de quelques-uns. Et cette privatisation de la Justice par des pressions exercées à l’endroit du Parquet, doublées de fuites grossières et augmentées par une enquête rocambolesque dont personne, sauf les plus avertis d’entre nous, n’a encore idée, a conduit à confisquer aux Français une élection capitale qui a accouché depuis 3 ans d’un monstre politique qu’on appelle pompeusement le 《macronisme》.

Tout ce que nous vivons depuis 3 ans, nous le devons à ce dévoiement total et multiple de politiques, de médias et de magistrats. Quelles que soient au reste notre conviction sur la culpabilité de François Fillon et nos convictions politiques en général. Pas un seul des lamentables moments que nous endurons n’est étranger à l’opération anti- démocratique et illégale qui a tué politiquement celui qui avait toutes les chances de devenir président et surtout, de permettre à l’ensemble des formations politiques, y compris (et surtout, ai-je envie de dire ) de gauche, d’échapper à la prise en otage permanente du débat démocratique que nous subissons.

Cette affaire est sale. Mais en quelque sorte il y a pire : elle continue. L’incroyable impunité avec laquelle politiques, journalistes, magistrats, ont participé à ce torpillage en règle d’une élection présidentielle se poursuit. Dans une Démocratie digne de ce nom, une commission nationale et indépendante aurait depuis longtemps traqué et puni l’ensemble des protagonistes des délits commis à l’occasion de cette affaire. Quel que soit le sort ultérieur de François Fillon.

On peut ne pas aimer Fillon, ne pas être de droite et même, penser qu’il ne méritait pas d’être élu président. En revanche, on ne peut pas, d’un autre côté, tolérer qu’on porte de la sorte atteinte aux Lois de la Republque dans l’unique dessein de noyer le débat et le suffrage souverain des Français. On ne peut pas, dans le même temps, trouver parfaitement normal que Richard Ferrand se maintienne au sommet de l’État. Que le même PNF refuse d’ouvrir une enquête avant qu’un autre Parquet, sans doute plus indépendant, y consente. On ne peut pas tolérer que l’enquête sur le financement de la campagne de Macron piétine. On ne peut pas davantage accepter la quasi impunité d’un nervis de Macron et des protections dignes d’une République bananière. Jamais l’exercice du pouvoir n’aura été aussi catastrophique et raté, enfant mort-né d’une élection tout aussi catastrophique et ratée. Le deni de Démocratie et le mensonge permanent d’un pouvoir qui ne repose plus que sur la complaisance de quelques médias était prévisible. Nous en sommes là aujourdhui.


Affaire Fillon : L’ex-procureure financière évoque « une énorme pression » de sa hiérarchie

Source : "Le Monde" : https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/19/les-declarations-d-eliane-houlette-reactivent-les-doutes-visant-la-gestion-judiciaire-de-l-affaire-fillon_6043376_3224.html

 

Devant la commission d’enquête parlementaire, Eliane Houlette a parlé de « très, très nombreuses demandes » de sa supérieure dans cette affaire visant François Fillon et son épouse, Pénélope

Eliane Houlette, alors procureure financière, prononce un discours au tribunal de grande instance de Paris, le 23 janvier 2017.

Eliane Houlette, alors procureure financière, prononce un discours au tribunal de grande instance de Paris, le 23 janvier 2017. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

 

La justice financière est dans la tourmente. En s’exprimant très librement, mardi 10 juin, devant des députés, l’ancienne procureure financière, Eliane Houlette, a spectaculairement réactivé les doutes visant la gestion judiciaire, en 2017, de l’affaire Fillon, et les soupçons d’instrumentalisation politique.

 

Le député Les Républicains (LR) Eric Ciotti a notamment saisi le président de la République, Emmanuel Macron, jeudi 18 juin, et réclamé l’ouverture d’une enquête pour « forfaiture ». Et ce, alors que le jugement de l’affaire, pour laquelle l’ancien premier ministre et son épouse Penelope ont comparu en correctionnelle en début d’année, doit être rendu le 29 juin…

 

Lire aussi  Comprendre les affaires impliquant François et Penelope Fillon

 

Réputée pour sa discrétion lorsqu’elle était à la tête du Parquet national financier (PNF), Eliane Houlette, à la retraite depuis 2019, s’est « lâchée » devant la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale sur « l’indépendance du pouvoir judiciaire »ainsi que l’a rapporté Le Point, jeudi 18 juin. L’ex-magistrate a notamment dénoncé les « pressions » qu’elle aurait subies de la part de sa supérieure hiérarchique, la procureure générale de Paris, Catherine Champrenault – placée sous tutelle de la chancellerie −, début 2017, en pleine campagne présidentielle, alors que la justice venait d’être saisie du scandale Fillon.

Évoquant les « très, très nombreuses demandes » de sa supérieure, elle assure que le parquet général s’ingérait « au quotidien dans l’action publique ». Ces demandes étaient « d’un degré de précision ahurissante (…). Je les ai ressenties comme une énorme pression ».

 

D’après l’ancienne procureure, le parquet général, rattaché directement au ministère de la justice, exigeait des « remontées d’informations » le plus rapidement possible : « Les demandes de précisions, de chronologie générale  tout ça à deux ou trois jours d’intervalle , les demandes d’éléments sur les auditions, les demandes de notes des conseils des mis en cause… Les rapports que j’ai adressés, je les ai relus (…). Il y a des rapports qui étaient circonstanciés, qui faisaient dix pages, précis, clairs, voilà », a déclaré Mme Houlette, allant jusqu’à glisser : « On ne peut que se poser des questions. C’est un contrôle très étroit… »

 

 Lire aussi  La défense tous azimuts de François et Penelope Fillon

 

« Convoquée au parquet général »

 

Encore plus troublant, l’ex-magistrate indique par ailleurs avoir été « convoquée au parquet général », le 15 février 2017, « parce que le choix procédural que j’avais adopté ne convenait pas ». Le PNF conduisait alors une enquête préliminaire ouverte le jour des révélations du Canard enchaîné, le 25 janvier 2017, visant d’éventuels emplois de complaisance dont Penelope Fillon aurait bénéficié avec la complicité de son époux. « On m’engageait à changer de voie procédurale, c’est-à-dire à ouvrir une information judiciaire. J’ai reçu une dépêche du procureur général en ce sens », assure Mme Houlette. De fait, à la surprise générale, dès le 24 février, le PNF, invoquant un risque de prescription, annonçait l’ouverture d’une information judiciaire, procédure débouchant sur la désignation automatique d’un juge d’instruction, seul à même de signifier des mises en examen. Et c’est bien ce qui advint, dans une subite accélération du tempo judiciaire, en pleine campagne présidentielle dont M. Fillon était l’un des favoris.

 

Il vous reste 66.4% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Affaire Fillon : l'ex-procureur national financier assure avoir subi des « pressions »

Source : "LE POINT" : https://www.lepoint.fr/societe/affaire-fillon-l-ex-procureur-national-financier-assure-avoir-subi-des-pressions-17-06-2020-2380564_23.php#

Éliane Houlette a été longuement entendue le 10 juin par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale consacrée à « l'indépendance du pouvoir judiciaire ».

 

 

 

Ce sont des propos qui détonnent chez un magistrat, et on ne se souvient pas, à vrai dire, avoir perçu une telle liberté de ton chez un ancien procureur, qui plus est très haut placé dans la hiérarchie judiciaire. Éliane Houlette, procureur national financier (PNF) de 2014 à 2019, première à occuper ce poste créé à la suite de l'affaire Cahuzac, a été auditionnée mercredi 10 juin par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale consacrée aux « obstacles à l'indépendance du pouvoir judiciaire », et présidée par le député de La France insoumise Ugo Bernalicis.

 

Après un long propos liminair..

 

Cet article est réservé aux "curieux..."

 

Éliane Houlette a été à la tête du Parquet national financier (PNF), de 2014 à 2019. © LUKAS BARTH / AFP

 


Affaire Fillon : la juge Houlette confirme que Macron a volé son élection

...par Olivier Piacentini - Le 19/06/2020.

Source : https://ripostelaique.com/affaire-fillon-la-juge-houlette-confirme-que-macron-a-vole-son-election.html

 

Madame Houlette, ancienne patronne du parquet national financier, vient enfin d’avouer, et devant l’Assemblée nationale, s’il vous plaît : oui, elle a subi des pressions pour accélérer les procédures contrer François Fillon lors de la campagne présidentielle de 2017. Des pressions qui l’auraient obligée à ouvrir une information judiciaire, alors qu’elle n’en était qu’au stade de l’enquête préliminaire, et que selon ses dires, elle n’avait pas assez d’éléments pour aller plus loin. Madame Houlette avait jusqu’à présent affirmé qu’elle n’avait subi aucune pression dans cette affaire : elle était en poste, elle ne l’est plus, ceci explique sans doute cela…

Le parquet national financier est une instance juridique récente, créée par Hollande à la suite de l’affaire Cahuzac ; madame Houlette est une militante socialiste de toujours, comme de bien entendu. Les pressions seraient venues de Mme Champrenault, patronne du parquet général, qui selon ses dires la harcelait pour faire avancer le dossier Fillon au pas de charge : Mme Champrenault a été au cabinet de Ségolène Royal. Tout se passe donc entre socialistes, on l’aurait parié…

Outre les pressions pour accélérer la procédure, dont j’avais parlé dans mon livre « OPA sur l’Élysée », qui se trouvent désormais confirmées officiellement, le dossier Fillon s’est accompagné de fuites répétées, orchestrées depuis le parquet dans un but de nuire à la défense et à l’image du candidat de droite.

Aujourd’hui, les médias relatent ce témoignage, comme s’il s’agissait d’une nouvelle parmi d’autres : en fait, c ‘est une véritable bombe, qui devrait même remettre en cause la légitimité de l’élection présidentielle de 2017, donc celle du Président élu. Car au-delà du fait relaté, le témoignage de madame Houlette devrait poser LA question qu’aucun média ne pose clairement aujourd’hui : à qui profite le « crime » ? Si le favori à l’élection présidentielle a été à ce point torpillé par une affaire instruite de façon irrégulière par les plus hautes instances juridiques du pays, c’est bien parce des gens ne voulaient pas le voir élu, et préféraient favoriser la victoire d’un autre. Un autre qui ne pouvait être que Macron, puisque Marine Le Pen ne semblait pas en mesure de gagner le deuxième tour et s’est vue elle aussi criblée d’affaires…

Dans mon livre « OPA sur l’Élysée », je démontais les rouages du complot, qui scella un pacte entre justice et médias pour faire élire Macron.

Livre qui me valut un succès de librairie, mais également des déboires, et une image de complotiste. Sur le volet justice, la principale intéressée vient de confirmer mes affirmations. Mais ceux qui m’ont ainsi traités vont-ils s’excuser, se dédire ? Et au-delà de ma simple personne, les médias vont-ils jamais reconnaître leurs torts ? Madame Angot viendra-t-elle à la télévision cracher sa haine contre madame Houlette, le ministre de la Justice, comme elle le fit en 2017 en direct face à Fillon ? Car outre la justice, la suite nous confirmera sûrement le rôle malfaisant des médias, en particulier ceux de Patrick Drahi (BFM, RMC, l’Express, Libé), de Berger et Niel (Le Monde), et le service public. Durant l’affaire, personne ne souligna le caractère exceptionnellement rapide de la procédure, qui pourtant sautait aux yeux. Et celui qui osait en parler était immédiatement taxé de complotiste, renvoyé à la question « Vous ne faites pas confiance à la justice ? » Mais les médias feront-ils un jour mea-culpa, comme la magistrate ? Hier sur LCI, face à un Geoffroy Lejeune outré par les aveux de madame Houlette, Nicolas Domenach, petit sourire en coin, répondit que de toute façon le programme anti-social de Fillon était un danger : En parlant ainsi, le gauchiste notoire avoue que l’aristocratie médiatique s’arroge le droit de détourner la vérité selon ses préférences, et tant pis pour la déontologie journalistique, la souveraineté populaire, l’équité de la justice, l’honneur d’un homme et de sa famille traînés dans la boue.

Justice et médias sont les deux instances gauchistes qui font la loi en France, et cela se voit tous les jours : Quand les gangs armés et les indigénistes peuvent tout se permettre en toute impunité, les Français honnêtes sont criblés de tracasseries, sans que personne ou presque ne vienne en parler sur les plateaux. En 2017, ce sont bien eux qui ont fait Macron, en discréditant ses adversaires. Notre Président actuel n’est là que par la volonté et le soutien sans faille de ces deux castes gauchistes qui font la pluie et le beau temps.

Et il paraît que c’est nous qui avons inventé la démocratie moderne…

Olivier Piacentini


« François Fillon n’aurait pas été présidentiable, il est évident qu’il n’y aurait pas eu une ouverture judiciaire aussi rapide »

Entretien avec Véronique Jacquier - Le 19/06/2020.

 

Source : https://www.bvoltaire.fr/veronique-jacquier-francois-fillon-naurait-pas-ete-presidentiable-il-est-evident-quil-ny-aurait-pas-eu-une-ouverture-judiciaire-aussi-rapide/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=veronique-jacquier-francois-fillon-naurait-pas-ete-presidentiable-il-est-evident-quil-ny-aurait-pas-eu-une-ouverture-judiciaire-aussi-rapide&utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=e4f182f1ee-MAILCHIMP_NL&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-e4f182f1ee-31040957&mc_cid=e4f182f1ee&mc_eid=c2875309d7

L’ancien procureur, chef du parquet national financier (PNF), Éliane Houlette révèle avoir subi des « pressions » hiérarchiques dans la conduite de l’affaire Fillon.

Explications de Véronique Jacquier, auteur de François Fillon, l’homme qui ne voulait pas être président, qui dénonce « une justice aux ordres du pouvoir » et le « deux poids deux mesures » dans le traitement des affaires judiciaires concernant les hommes politiques.

 

 

L’ex-procureur national financier, Éliane Houlette, a assuré avoir subi des pressions dans le cadre de l’affaire Fillon.

C’est une surprise sans en être une. C’est assez surprenant qu’Éliane Houlette emploie le mot pression. Si, vraiment, elle avait subi des pressions, on aurait aimé qu’elle nous le dise avant et qu’elle en fasse une affaire d’État.
À l’époque, d’autres personnes et moi-même alertions sur la célérité du parquet national financier. Dès le 24 janvier, Le Canard enchaîné titrait que Penelope recevait des salaires d’une façon indue. On n’a jamais vu un parquet national financier se saisir aussi rapidement d’une enquête.
À l’époque, cela avait déjà interpellé. Après la campagne, on s’est demandé si la Justice avait vraiment été bien nette dans cette affaire. Tout le monde peut reconnaître la vitesse qu’elle a employée pour « tuer » .
Dans mon ouvrage, j’écris qu’on a été extrêmement zélé pour s’occuper de François Fillon. En revanche, on ne l’est pas tellement pour s’occuper de François Bayrou. On attend toujours la mise en examen de Richard Ferrand dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne. Il y a donc deux poids deux mesures.
Pourquoi est-ce une affaire sans en être une ? Les procureurs sont toujours placés sous l’autorité d’un parquet général. Il n’est pas complètement ahurissant qu’Éliane Houlette rende des comptes à ses supérieurs hiérarchiques pendant la campagne. Il est normal que le parquet sache autrement que par voie de presse ce qu’il en est dans le traitement de François Fillon par le parquet national financier.
Le mini-scandale est ciblé. Éliane Houlette reconnaît qu’elle voulait en rester à l’enquête préliminaire et qu’elle ne voulait pas ouvrir une enquête judiciaire. Le parquet lui a fait comprendre qu’il voulait l’ouverture d’une information judiciaire pour flinguer le personnage, le mettre en examen et pour qu’il ne soit plus présidentiable. Cette Justice n’est plus du tout indépendante. J’ose le dire et on le savait déjà. Ceux qui avaient voté pour François Fillon l’avaient déjà compris. Cela n’enlève rien au fond de l’affaire. Pendant son procès, François Fillon s’est très mal défendu pour expliquer que Penelope avait vraiment travaillé. Il y a donc matière à juger.
Le réquisitoire est vraiment sévère. Deux ans fermes et 350.000 euros d’amende. On verra ce qu’il en est…

Le jugement sera rendu le 29 juin. Cette information pourrait-elle jouer en la faveur du couple Fillon ?

Je ne pense pas. Vous remarquerez que la Justice se montre de plus en plus sévère avec les politiques. Il suffit de regarder le couple Balkany qui écope de prison ferme pour des faits graves. Jusqu’à présent, on n’allait pas en prison pour de telles affaires. On était démuni de son patrimoine et on payait de fortes amendes, mais on ne passait pas par la case prison.
Le fait d’écoper de deux ans ferme fait qu’il pourrait en théorie ne pas faire. Y a-t-il, dans le réquisitoire, une certaine mansuétude de la part des magistrats pour qu’il garde la face ? C’est tout de même un ancien Premier ministre. Nous ne sommes pas dans le secret des dieux.
Si on regarde les faits, il est quand même normal que la Justice se montre assez sévère.
Pendant vingt-cinq ans de vie publique, cet homme a salarié sa femme sur des deniers publics et il n’a pas été en capacité de prouver qu’elle travaillait vraiment. Ses explications étaient un peu tirées par les cheveux. Il expliquait qu’elle était attachée parlementaire et payée à Paris alors qu’elle ne mettait jamais les pieds à l’Assemblée nationale. Il lui demandait de jouer un rôle dans la Sarthe.
Elle-même, devant les juges, a eu beaucoup de mal à se défendre. Cette épreuve a été assez terrible pour elle. S’il est jugé sur les faits, malheureusement, les juges risquent d’être logiquement sévères.
A posteriori, on peut se demander si les Français sont en capacité d’élire Président un homme qui, pendant trente ans de vie politique et de vie publique, a salarié sa femme avec l’argent public.
Que dirait-on si un autre homme que François Fillon se comportait comme cela ? Tout le monde lui jetterait l’opprobre.
Quand François Fillon est sorti de son silence, il restait dans le déni par rapport à toutes ces questions-là. C’est un grand orgueilleux. Il est encore blessé qu’on ne l’ait pas laissé aller au bout de sa campagne présidentielle.
Dans mon livre François Fillon, l’homme qui ne voulait pas être président, j’explique qu’il s’est très mal défendu parce qu’il n’est pas un guerrier. À partir du moment où les épreuves sont arrivées et qu’il a fallu combattre, il n’y avait plus personne. Vous remarquerez que, sur les réseaux sociaux, ce sont les derniers militants fillonistes qui réagissent. Officiellement, il n’y a aucun filloniste historique qui prend la défense de François Fillon.

Est-ce la guerre entre « les juges et les politiques » ?

Je ne pense pas que cette guerre soit propre au macronisme. Souvenez-vous, Nicolas Sarkozy avait eu le malheur de traiter les magistrats et de dire qu’ils étaient tous alignés comme des petits pois. Cela ne leur avait d’ailleurs pas plu du tout. Ils ont pris un certain plaisir à s’occuper tout particulièrement de Nicolas Sarkozy. Rappelons qu’à chaque fois, il bénéficiait de non-lieu dans toutes les affaires auxquelles ont l’avait mêlé. Cette guerre ne date pas d’aujourd’hui.
En travaillant sur mon livre et sur François Fillon, j’ai compris que les magistrats revendiquent une indépendance de la Justice qui fait qu’ils n’hésitent plus à s’immiscer dans une campagne présidentielle comme celle de François Fillon pour dire « nous sommes les patrons, si ce gars-là n’est pas net, c’est à nous de le faire savoir ».
Je pense que la Justice se met toujours du côté du pouvoir, surtout quand il est exercé depuis l’Élysée. On laisse toujours tranquille un François Bayrou ou un Richard Ferrand.
Ces choses-là se sont faites au moment de l’affaire du sang contaminé. Dans cette affaire, il n’y avait pas eu de fortes condamnations. À part Edmond Hervé, tout le monde avait bénéficié d’un non-lieu, y compris Laurent Fabius.
Je ne pense pas que la Justice soit en guerre contre le pouvoir. En revanche, je pense que la Justice est toujours aux ordres du pouvoir, tout en revendiquant de plus en plus une indépendance. Les Français n’ont plus confiance. Voilà tout ce qu’on a récolté.

Commentaires: 0