TURPITUDES DU MOMENT...

...par le Col. JJ. Noirot - Promotion St. Cyr "Serment de 14"  1963/65


Un petit billet inspiré des turpitudes du moment - Le 11/06/2017.

 

Revol. 

"Capturons-le, mettons-le en geôle et jugeons-le", dit Montholon. Il a parlé en premier, répondant, selon son caractère légaliste et prudent, à la question d'Henri III. 

Celui-ci s'était adressé auparavant à son conseil, réuni en un lieu secret, en ces termes:

"Le duc faisant état de s'emparer du royaume après en avoir abattu les colonnes, je vous demande, messieurs, vous qui êtes ces colonnes mêmes, le parti que vous me conseillez de prendre."

Chacun peut mesurer, à l'aune de sa propre sensibilité, à la fois toute la majesté de ces paroles, les dangers qu'elles évoquent et l'importance décisive des réponses que chacun va devoir prononcer, engageant l'avenir du roi, de la dynastie et du royaume.

Revol lui rétorqua avec la dernière vivacité:

"Ce sanglier là est trop puissant pour nos filets. Où trouverez-vous l'endroit pour l'enfermer, les témoins pour l'accuser, les juges pour le juger? S'agissant d'un traître avéré, il faut que la peine précède le jugement."

Le roi se fit répéter cette dernière phrase, et demanda:

"Quelle peine, Revol ?"

"La mort."(1)

Nous sommes un peu avant Noël 1588. Ce dialogue va faire basculer le cours chaotique, hésitant, incertain, menacé, d'un règne jusque là secoué d'épreuves et de malheurs. Il contient l'assassinat du duc de Guise, la décapitation de la Ligue, l'agonie de la reine mère et le couteau de Jacques Clément, tous ces événements devant aboutir à terme à la restauration pour deux siècles de l'autorité de l'état incarnée par les rois.  

 

2017.

N'y a-t-il pas quelques rapprochements à faire entre notre situation d'aujourd'hui et celle du 21 décembre 1588 ? Certes, notre président est confortablement installé dans son inexpugnable palais parisien. Les urnes crachent depuis plusieurs mois leurs verdicts sans que frémisse le peuple. Bien au rebours, ce dernier s'apprête à donner à notre nouveau monarque républicain un pouvoir quasi absolu qu'Henri troisième, dans ses rêves les plus fous, n'aurait jamais  imaginé. 

Et pourtant.... Le président, à l'instar d'Henri III dans son royaume au moment où il tient ce conseil, est-il président dans toute sa République ? 

Et cette République est-elle partout ?

Les lois républicaines s'appliquent-elles en tout temps et tous lieux ?

Toutes les citoyennes de notre pays ont-elles les mêmes droits ?

Peuvent-elles circuler où bon leur semble, vêtue comme bon leur semble à l'heure qu'elles veulent ?

N'y a-t-il pas des lieux où se prêche la haine de notre peuple, de son identité et de sa culture ? D'autres lieux où s'exerce un droit qui n'est pas républicain ?

Ne cherche-t-on pas, par maints procédés, à imposer des mœurs, des habitudes alimentaires, des tenues vestimentaires, des règles de vie sociale venues d'ailleurs ?

Les réponses à toutes ces questions sont évidentes, et font dire aux esprits lucides que la Ligue, dans ce qu'elle a eu d'intransigeant, d'intolérant, de répressif et totalitaire en cette fin du XVI ème siècle est aujourd'hui de retour sous les traits visibles et conquérants d'une religion qui, consciemment ou non, comme s'il ne pouvait en être autrement en religion, s'inspire de ses errements délétères pour s'imposer. 

 

Longtemps, Henri III a cédé en apparence aux pressions des ligueurs et de leur chef. Jusqu'à fuir sa capitale pour se réfugier à Saint Germain et préparer sa revanche. Notre nouveau président semble, malheureusement, bien parti sur cette voie du compromis forcené et de la concession circonstanciée. Ainsi des déclarations polémiques en campagne, sur la colonisation, la mixité et la culture française, ainsi du refus de nommer le réel quand coule le sang en France et en Europe, ainsi de son silence sur ce que vivent les petites gens des cités, des quartiers et des rues, qui échappent au droit commun et sombrent dans le renoncement et la soumission faute de soutien. En ayant parlé et en agissant de la sorte, il fragilise les colonnes soutenant la République, prête le flanc et ouvre la voie à ceux qui veulent les abattre. 

 

La Ligue n'était pas qu'un chef de haute lignée, ambitieux et prestigieux, soutenu par tout un peuple l'acclamant, à Paris et en province. Elle était aussi une cohorte de nobles petits ou grands prêts à en découdre pour satisfaire le maître et prétendre à une part de la dépouille du royaume. Certes, aujourd'hui, cette religion qui veut nous avaler n'a pas à proprement parler de chef charismatique menaçant le fauteuil élyséen. Mais elle a, en lieu et place de ces nobles avides et frondeurs, des notables, politiciens, philosophes, écrivains, gens de presse, de radio, de télévision, artistes de tous ordres et bobos extravagants, tous bons français nés sur une terre chrétienne, convaincus des bienfaits d'une immigration mono religieuse qu'il faut protéger et accueillir au nom des sacro-saints droits de l'homme et d'un humanisme débridé.

 

Quiconque aurait osé en 1588 se déclarer ennemi des Guise , non ligueur, "catholique", aurait élu domicile à Montfaucon pour l'éternité ou aurait pris son dernier bain dans un sac jeté en Seine. Quiconque aujourd'hui sort des chemins balisés de la bien-pensance et du politiquement correct pour simplement et factuellement dénoncer cette religion conquérante et ses excès de tous ordres est déclaré raciste, islamophobe et fasciste, mots péremptoires et magiques utilisés jusqu'à la nausée par cette cohorte de nantis pataugeant dans l'intellectualisme béât, le dévergondage cathodique et l'aisance, loin des fureurs des cités.

 

C'est le même schéma. L'Histoire semble se répéter sans que les acteurs suprêmes qui nous gouvernent, à la différence d'un Henri III pourtant saturé de trahisons et de complots, mais lucide, aient conscience de ce vers quoi ces potentats, geôliers de nos consciences bridées, nous entraînent. Et comme naguère, le peuple se sent enfermé dans un corset idéologique dont il ne peut s'évader sans pâtir et le condamne au mutisme. 

 

Cette religion est, sur notre sol, la seule qui radicalise et fanatise certains de ses croyants, enfants de France, souvent convertis de la dernière heure, choisis parmi les plus jeunes, pour en faire des meurtriers qu'à tort les médias appellent des terroristes. Ce ne sont que des criminels illuminés. C'est vers eux qu'il faut maintenant nous tourner. À la différence des religionnaires agissant insidieusement par les voies pacifiquement pressantes des habitudes, des conduites et des mœurs, ces assassins immatures veulent s'imposer et nous imposer leur loi par la violence.

 

Ces sangliers sont-ils trop puissants pour nos filets ? Assurément non !

Mais ensuite se pose les mêmes questions qui ont conduit Revol à émettre son avis sans appel. Où trouver les endroits, les témoins, les juges ? Comme lui, nous ne savons pas faire. Plus de quatre siècles se sont écoulés depuis ces dramatiques événements et, hélas, rien n'a changé ! Entre l'angélisme des faux curés qui prêchent la rédemption par une utopique déprogrammation psychologique, les enragés de l'enfermement préventif, les tenants ubuesques du respect absolu des principes démocratiques exigeant la preuve du délit et du crime, les zélés du pardon qui relâchent sur parole ou par faiblesse, aucun de ces marchands d'illusions et de fausses solutions a su prendre la mesure du risque réel, permanent et dramatique auquel est exposé chaque citoyen, menacé de mourir atrocement sous les coups de fanatiques pseudo religieux et traîtres avérés.

Les citoyens de France sont légalistes et tolérants. L'État devrait se faire un devoir de les protéger coûte que coûte.

Revol avait instantanément compris que sa réponse devait être une protection pour son roi: "La peine avant le jugement." Et pas n'importe laquelle : La mort. 

 

"Nous sommes en guerre", nous a-t-on trompeté à longueur d'antenne pendant le quinquennat précédent. "L'état d'urgence doit être pérennisé par la loi", nous serine-t-on désormais.

 

Le président réunit chaque semaine son conseil. Qu'attend-il ? Combien de temps et de victimes faudra-t-il pour qu'il prononce à son tour, pour protéger son peuple, la réponse de Revol ?

 

JJN

(1) "L'enfant roi". Fortune de France. R.Merle

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