Géopolitique - Election présidentielle états-unienne.

...par le Gal. Dominique Delawarde - le 20/02/2020.

Bonjour à tous,

 

Sous le titre "Election présidentielle états-unienne : état des lieux, perspectives et pronostics", je vous adresse une analyse de ma composition et tente de répondre aux questions suivantes :

 

- Quelles sont les forces en présence et leurs principaux soutiens ?

- Quelles sont les grandes dates du calendrier électoral ?

- Quel résultat à attendre des primaires démocrates en juillet 2020 et de l'élection présidentielle du 3 novembre prochain ?

 

Bonne lecture.

 

DD


Election présidentielle états-unienne : état des lieux, perspectives et pronostics

 

Alors que les médias mainstream s'emballent à la moindre nouvelle venue d'outre-atlantique

et commentent abondamment l'élection américaine sans vraiment maîtriser leur sujet, il n'est pas

inutile de faire un point de situation pour éclairer les lecteurs intéressés par cette élection.

Quelles sont les forces en présence et leurs principaux soutiens ? Quelles sont les grandes

dates du calendrier électoral ? Quel résultat à attendre des primaires démocrates en juillet 2020 et de l'élection présidentielle du 3 novembre prochain ?

C'est à ces trois questions que nous allons tenter de répondre le plus précisément et le plus

objectivement possible dans les lignes qui suivent.

*

 

Depuis la défaite d'Hillary Clinton en 2016, jamais l'électorat US n'est apparu aussi

profondément divisé au cours de ce siècle. Avec la complicité active d'une forte majorité des médias mainstream, le camp des perdants de 2016 harcèle quotidiennement, depuis plus de trois ans, le président élu, pour tenter de lui interdire de mettre en œuvre son programme.

 

Dans cette «guerre civile» qui ne dit pas son nom, Trump a réussi à marquer des points

considérables, à résister victorieusement aux attaques menées contre lui, à maintenir son camp

mobilisé et uni derrière lui, malgré quelques maladresses retentissantes en politique étrangère et

quelques promesses non encore tenues.

 

Le camp démocrate apparaît, quant à lui, divisé. S'il garde la faveur d'un vote populaire

majoritaire dans les grandes villes, il a du mal à faire émerger un leader charismatique qui ne soit

pas contesté et ses basses manœuvres politiciennes ont entaché sa crédibilité dans une partie non négligeable de l'opinion.

 

FORCES EN PRESENCE ET LEURS SOUTIENS

 

Le camp républicain peut se prévaloir d'une économie qui marche (en apparence): une bourse à un niveau historiquement (et artificiellement) haut, et un chômage à un niveau historiquement bas ainsi qu'une hausse du pouvoir d'achat pour une majorité de citoyens. Il en résulte que l'impopularité de Trump est moins pire qu'elle ne l'était en 2016 dans les communautés noires et hispaniques et dans les classes moyennes dans lesquelles de nombreux ex-chômeurs ont

retrouvé un emploi.

Ce que les commentateurs oublient trop souvent d'évoquer pour ne pas affoler les foules et le

reste du monde c'est que cette bonne santé économique «à la Madoff» n'est qu'apparente et fragile puisqu'elle repose sur l'explosion des déficits et de la dette qui battent chaque année de nouveaux records historiques :

déficit budgétaire 2019 : 1 311 milliards de dollars

déficit commercial 2019 : 853 milliards de dollars

dette totale 2019 : 75 750 milliards de dollars

dette fédérale 2019 : 23 280 milliards de dollars

voir : https://www.usdebtclock.org/

 

Candidat à sa ré-élection, Trump dispose de quatre atouts considérables liés à sa position de

président sortant.

1 – La quasi totalité des donateurs du camp républicain concentre ses dons sur lui, ce qui fait de lui le candidat le plus riche (en donations), et de loin, pour aborder cette campagne présidentielle 2020. Ce n'était pas le cas en 2016 où il était très largement dépassé par sa concurrente (1,3 milliard de $ pour Clinton contre 0,8 pour Trump).

 

2 – N'ayant pas à faire une campagne de primaire dure pour obtenir sa nomination de candidat

«Républicain», Trump pourra concentrer la quasi totalité de son énorme force de frappe financière

sur le face à face final. (août à octobre 2020).

 

3 – Disposant du pouvoir exécutif, Trump a changé bon nombre de responsables de l'administration «pro-démocrate» par des gens de son camp (CIA, FBI et surtout juges fédéraux ....etc). Il aura donc beaucoup moins à faire face aux innombrables attaques et accusations infondées dont il a été l'objet lors de l'élection de 2016, attaques venant de l'exécutif démocrate en place.

 

4 – Tête de l'exécutif, Trump pourra prendre, jusqu'aux derniers jours de campagne, certaines

mesures de nature à plaire à telle ou telle partie de l'électorat, ce qui n'était pas le cas en 2016. .....

Les USA (et Trump) n'en sont plus à quelques dizaines de milliards de dettes près ..... s'il s'agit de

satisfaire tout ou partie de l'électorat à la veille du scrutin .....

Par ailleurs, Trump a réussi à affaiblir ses principaux adversaires.

 

Il a fait perdre beaucoup de crédibilité aux médias mainstream et au camp démocrate, ses plus farouches adversaires, en les accusant quotidiennement, non sans raisons, de véhiculer de «fake

accusations» (collusion avec la Russie lors de l'élection de 2016, procédure d'impeachment 2019-

2020 ....). Trump a triomphé de toutes ces «affaires» qui se sont avérées contre-productives pour

ceux qui les ont initié. Dans l'élection à venir, les médias et le camp démocrate devront être plus

prudents dans ce qu'ils disent, sachant que Trump, tête de l'exécutif, peut désormais faire enquêter sur les turpitudes du camp adverse et faire publier les résultats au bon moment comme a pu le faire le camp Macron de Janvier à May 2017, dans l'élection française, avec une superbe

instrumentalisation de la justice ...

 

Le camp républicain peut compter sur l'appui du lobby militaro-industriel, sur celui des «vétérans», sur la NRA (National Riffle Association), sur l'appareil exécutif et le Sénat, sur les évangélistes et enfin sur l'AIPAC. Sauf incidents majeurs dans son pays, Netanyahu est annoncé le 1er mars à Washington. Il y apportera son onction à Trump lors du Congrès annuel de l'AIPAC, en échange du soutien de celui ci à sa personne et au Likoud dans l'élection israélienne qui aura lieu le jour suivant, le 2 mars en Israël ...... (échange de bons procédés).

 

Trump pourra aussi compter sur une myriade de médias «internet», très ardents à le promouvoir et à «démolir» ses adversaires. Il utilisera sans modération son arme de communication directe et massive avec le peuple américain: Twitter......

 

Le camp démocrate est beaucoup trop «pluriel» et divisé pour être au mieux de sa forme

aujourd'hui. Les combats électoraux fratricides de la primaires laisseront forcément des traces lors du face à face final d'autant qu'il n'y a pas grand chose de commun entre un démocrate US tendance Biden très «traditionnel» et un démocrate tendance Sanders très «social» et atypique, pour ne citer que ces deux candidats.

 

Les candidats à la candidature démocrates étaient 24 sur la ligne de départ en juillet 2019. Ils

ne sont plus que 9 après la primaire du New Hampshire. Ils ne seront probablement plus que 5 dans quinze jours, après le «Super Tuesday» . Ceux qui ont abandonné la course l'ont fait faute de

financement et bien sûr, faute de bons résultats dans les sondages. Ces deux motifs ont,

évidemment, un lien de cause à effet montrant le «haut niveau de démocratie» des élections

américaines reposant essentiellement sur les moyens financiers des candidats.....et sur de «généreux donateurs» qui réclameront évidemment un «retour sur investissement» en cas d'élection de leur champion.

 

Le camp démocrate peut compter sur l'appui inconditionnel de la quasi-totalité des médias

mainstream écrits et télévisuels qui n'ont toujours pas digéré leur défaite de 2016. Ils auront l'appui majoritaire des minorités ethniques et des lobbies féministes et gay. Ils réaliseront leurs meilleurs scores dans les grandes villes, dans les milieux universitaires et chez les bobos qui y prolifèrent, tout comme en 2016.

 

CALENDRIER ELECTOTAL : 4 points d'orgue à retenir

 

Du 1er au 3 mars : Le congrès de l'AIPAC (America Israel Public Affairs Committee), avec le

discours de Netanyahu le 1er mars où il sera, sans surprise, question des «méchants iraniens» et de la nécessité du soutien de l'exécutif US pour y faire face. Après moult remerciements de Netanyahu à Trump pour son action pro-Israël (reconnaissance de Jérusalem, annexion du Golan, deal du siècle, assassinat de Soleimani) et la réaffirmation du lien indéfectible Trump-Netanyahu, les élections législatives israéliennes du 2 mars pourrait se passer mieux que prévu pour Benjamin. Heureux hasard du calendrier ......

Enfin, le 3 mars, les résultats du Super Tuesday et les abandons qui suivront dans la primaire

démocrate devraient permettre de faire émerger le podium de la convention démocrate.

 

Concernant le Congrès de l'AIPAC, une grande nouvelle mérite d'être soulignée. La quasi

totalité des candidats démocrates à la primaire (dont Sanders et Warren) ont décliné l'invitation

d'aller y présenter leur programme et de déclarer, par leur présence, leur allégeance à

Benjamin et à ses affidés. Peut être considèrent-ils désormais comme contre-productive leur

apparition à ce type de «grand-messe» et veulent-ils éviter les images désastreuses de

compromission que cela suggère.

On se souvient, en France, de cette image peu glorieuse de notre président, s'exhibant à un rassemblement communautariste  https://www.youtube.com/watch?v=DrdNl2EP4zc et les parisiens LREM (La République Exemplaire de Macron) savent désormais, aussi bien que d'autres, que quelques secondes de vidéo diffusées sur you tube peuvent ruiner une carrière politique.....

 

Entre le 1er et le 3 mars, il ne devrait donc pas y avoir l'habituel concours de prosternation

devant le «pape de Tel Aviv» des candidats US à l'élection présidentielle. Il n'y aura donc pas un

remake de 2016 ou Clinton et Trump avait rivalisé d'obséquiosité et de servilité pour obtenir

l'onction de l'AIPAC ......

 

Du 12 au 16 juillet : La convention démocrate désignera son champion à Milwaukee.

Du 23 au 27 août : La convention républicaine couronnera Trump (74 ans) à Charlotte (si Dieu lui

prête vie...)

3 novembre 2020 : Election présidentielle US

 

LES PRIMAIRES :

S'agissant des primaires républicaine, les choses sont simples. Trump raflera la quasi totalité des délégués. Seul un décès prématuré pourrait donc l'empêcher d'être couronné à la convention républicaine qui se déroulera du 23 au 27 août prochain à Charlotte.

Ce qui est fascinant, c'est de constater que, le résultat de la primaire étant pourtant connu d'avance, un nombre inhabituel d'électeurs se déplacent tout de même pour soutenir Trump. Ainsi, dans le New Hampshire, avec 127 937 électeurs sur son nom, Trump fait beaucoup mieux que tous ses prédécesseurs ayant brigué un second mandat (Obama: 49080 en 2012, Georges Bush: 52 972 en 2004, Bill Clinton 76 797 en 1996). Il y a là des résultats qui devraient interpeller nos «experts» .....

S'agissant de la primaire démocrate, cinq noms de candidat ressortent en tête des sondages au

niveau national.

 

1 - Bernie Sanders (79 ans) arrive désormais le plus souvent en tête avec une «moyenne de

sondages» à 24,8% de l'électorat démocrate. Il est le plus «social» des candidats. De centre gauche au sens français du terme, il est pourtant qualifié de «communiste» par les républicains .....

Parcequ'il est trop social, il n'est pas le candidat favori de l'appareil du parti. Le DNC (Democratic National Committee), fera tout son possible pour le faire échouer.

Bien que membre de la communauté juive, il n'est pas non plus le candidat de l'AIPAC, car il

n'est pas sioniste et n'aurait pas peur de s'opposer à Netanyahu sur la gestion du problème palestinien et sur la colonisation. Il a voté au Congrès contre les lois anti-BDS et contre la loi

tendant à assimiler l'antisionisme à l'antisémitisme. Il est, en quelque sorte, l'antithèse de Trump sur une majorité de sujet.

 

2 - Joe Biden, (78 ans) ancien vice président d'OBAMA était le favori de l'appareil démocrate et

caracolait en tête des sondage en fin 2019. Il est aujourd'hui en chute libre après la mise au jour de l'affaire «ukrainienne» dans laquelle son fils et lui même étaient directement impliqués.

Il est aujourd'hui progressivement lâché par ses soutiens de l'establishment démocrate.

L'appareil démocrate ne souhaite probablement pas que se reproduise le scénario «Clinton», battue en raison des multiples «casseroles» qu'elle traînait derrière elle. Il reste encore second au niveau national à 17,8% mais devrait encore baisser dans les semaines et les mois qui viennent. Il espère encore le soutien de la communauté afro-américaine pour effectuer une remontée.

 

3 - Michael Bloomberg (78 ans), neuvième homme le plus riche du monde, membre de la

communauté juive et propriétaire d'une des plus grandes agence de presse serait un candidat

beaucoup plus convenable, à la fois pour l'appareil du parti démocrate et pour l'AIPAC. Il pourrait

constituer un candidat de substitution à Biden lors de la convention démocrate et peut être doubler le «communiste» Sanders (humour ....) sur le fil grâce au vote des super-délégués. Il se situe aujourd'hui à 14,6% dans la moyenne des sondages nationaux pour la primaire démocrate, mais semble bien progresser inexorablement et rapidement, aidé, bien entendu, par son outil de presse et par les médias mainstream amis, parmi lesquels la quasi totalité des médias européens ....

Trump ne s'y trompe pas puisqu'il concentre désormais ses attaques contre lui.

 

Bloomberg n'a participé à aucun débat avant celui du 19 février ce qui lui a évité de dire des

âneries et de prêter le flanc à la critique, mais il compte frapper fort, d'emblée, au Super Tuesday.

Pour ce faire, il a inventé un nouveau modèle de campagne pour candidats très riches, modèle dont on ne sait pas encore s'il va être efficace. Sa nouvelle «recette» fait dire à tous ses concurrents démocrates et à son adversaire républicain qu'il veut «acheter la présidence». La méthode consiste à recruter et à rémunérer les plus gros influenceurs du pays sur les réseaux internet (ceux qui ont entre 1 000 et plusieurs millions de followers), pour qu'ils fassent campagne en sa faveur sur les réseaux sociaux. Cette méthode, qui consiste à prendre les citoyens américains pour des «cons influençables», est évidemment coûteuse, mais elle n'est pas illégale dans ce «beau modèle américain de démocratie.» Elle peut réussir.....

D'autant que dans sa pêche aux voix, Bloomberg vient de lancer un ballon d'essai en évoquant l'hypothèse d'un ticket «Bloomberg-Clinton».

Ce ticket qui mettrait deux new-yorkais farouchement pro-Israël à la tête du pays a-t-il des chances de succès ? Ce sera aux électeurs d'en décider, le plus «démocratiquement» possible, bien sûr .....

Bloomberg espère aussi faire oublier à la communauté afro-américaine qu'il n'a pas soutenu

Obama lorsque celui ci était candidat parce que la couleur de ce candidat ne lui convenait pas.

Ancien maire de New York, Bloomberg y a longtemps défendu la politique des interpellations et

fouilles arbitraires ("stop-and-frisk"), accusée d'avoir suscité une explosion des contrôles au faciès.

Il a récemment réitéré ses excuses pour cette pratique, dont il a reconnu qu'elle avait mené à

l'arrestation de "trop d'innocents", dont "une immense majorité" de Noirs ou de Latinos.

L'élection de ce candidat, sioniste avéré, à la primaire démocrate, voire à la présidence des

États-Unis, ne serait pas une bonne nouvelle pour la paix aux Proche et Moyen-Orients, ni pour

l'Union Européenne qui pourrait être entraînée, par l'intermédiaire de l'OTAN et par le jeu des

alliances, dans des conflits de grande ampleur qu'elle n'aurait pas voulu.

Bloomberg sera bien sûr aidé dans sa campagne :

par le lobby gay, par le lobby pro-israël par le lobby de la finance.

 

4 - Elisabeth Warren (71 ans) de centre gauche comme Sanders, arrive en 4ème position à 12,6%. Il n'est pas inenvisageable qu'elle fasse alliance avec Sanders, dont elle partage la sensibilité sociale, pour faire un ticket vainqueur à la convention. Elle pourrait être alors, pourquoi pas, la première femme

vice présidente des USA si ce ticket venait à

l'emporter.

5 - Pete Buttigieg (38 ans) :

(Pete Buttigieg à droite et son «mari» (husband), à gauche)

 

Beaucoup plus jeune que ses concurrents, il est gay et se place, dans les sondages, en 5ème position au niveau national à 10% (des seuls électeurs démocrates). Il sera donc soutenu par un lobby puissant: le lobby LGBT. Si son âge et son orientation sexuelle ne constituent pas nécessairement des handicaps dans certaines grandes villes, dans certains états, dans certains milieux «bobos» dont les repères ont évolué, et particulièrement dans l'électorat démocrate, il serait surprenant qu'il soit sélectionné par son parti en juillet prochain et plus surprenant encore qu'il remporte en 2020 l'élection présidentielle américaine.

L'image de l'hypothétique couple présidentiel pourrait, dans une Amérique non encore majoritairement acquise à la cause LGBT, faire reculer certains électeurs «rétrogrades»....

 

Si la victoire souriait à cet heureux couple, les caricaturistes de Charlie Hebdo qui ne respectent rien ni personne et qui semblent bien avoir ni Dieu, ni maître, pourraient s'en donner à coeur joie en caricaturant les ébats sexuels du nouveau président US et de son mari (comme ils l'ont

fait avec le pape, ou le prophète...). On peut se demander si l'image, à l'étranger, de la première

puissance de la planète, en sortirait grandie dans un monde où l'immense majorité des populations est encore réfractaire à ce genre de «progrès».

 

PRONOSTIC ET CONCLUSION : Dans les élections américaines, les revirements de l'opinion

peuvent être très rapides. Tous les coups bas les plus tordus sont de mise, il est très difficile de

prévoir, avec cinq mois d'avance les résultats d'une primaire et avec huit mois d'avance les résultats d'une élection présidentielle.

Sur la primaire démocrate, les paris en ligne étant ouverts depuis plusieurs mois, les très

nombreux parieurs, confortés par les sondages et leur évolution nous disent que Sanders et

Bloomberg devraient être les deux finalistes à la convention de Juillet prochain. Je partage cette

opinion. Sanders est actuellement donné en tête au premier tour de scrutin de la convention

démocrate, par 42% des parieurs, 32% pariant sur Bloomberg, ce qui me paraît probable. Mais

Sanders n'a aucune chance d'obtenir la majorité absolue au premier tour (50% + 1 voix) des 3979

délégués démocrates élus au cours des primaires. Il y aura donc un deuxième tour.

Ce deuxième tour verra l'entrée en lice, dans le vote, de 771 «super délégués» qui représentent les notabilités du parti démocrate et qui viendront s'ajouter au vote des 3979 délégués ayant voté au premier tour. Ces notabilités sont majoritairement hostiles à Sanders. Elles auront donc le pouvoir, par leur poids dans le scrutin de 2ème tour, de modifier l'ordre d'arrivée constaté au

1er tour, si toutefois l'écart entre les deux concurrents de tête n'est pas trop grand, ce qui devrait être le cas. Il ne me surprendrait pas que Bloomberg soit placé devant Sanders au 2ème tour, même s'il est arrivé derrière au 1er tour. Cette règle qui permet aux super-délégués de désigner le vainqueur s'il n'y a pas majorité absolue au 1er tour est évidemment scélérate, mais c'est la règle du parti ...

Si une telle inversion devait survenir en juillet, les électeurs de Sanders la ferait payer à

Bloomberg et aux notables du parti démocrate le jour de l'élection présidentielle, renforçant ainsi les chances de Trump d'être élu.

Pour le résultat final, Trump n'a jamais été en position aussi favorable pour gagner. La

moyenne des sondages récents approuvant son action n'a jamais été aussi haute depuis le début de son mandat et tourne à 44 % et atteint, pour certains d'entre eux les 49%, ce qui ferait rêver bon

nombre de chefs d'état et de gouvernements européens dont le notre.

Certes, les sondages donne Trump battu, comme en 2016 et quel que soit son adversaire.

Mais les sondages aux USA sont beaucoup moins crédibles qu'en Europe.

Deux sondages effectués sur une même période avec des échantillons de même taille peuvent afficher 10 points d'écart.

Deux sondages effectués par un même institut à 3 jours d'intervalle, peuvent afficher 10 points d'écart.

En outre, ces sondages ne prennent pas en compte les règles différentes dans chaque état, mais

seulement le vote populaire que Trump devrait perdre en 2020, comme en 2016, tout en remportant l'élection présidentielle, dans le mode de scrutin défini par la constitution.

Les parieurs en ligne ne s'y trompent pas et plébiscitent massivement, dans leur pari en ligne, la victoire de Trump en négligeant les «mauvais sondages». Si aucun bouleversement géopolitique n'intervient et surtout si les démocrates ne se présentent pas totalement unis derrière un seul candidat, j'ai tendance à parier aujourd'hui sur la victoire de Trump en novembre prochain. La

tournure de la primaire démocrate dans les prochains jours (3 mars) nous donnera de précieuses

indications sur leurs chances de succès en novembre.

 

DD

 

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Ingérence russe : Faute de pouvoir gagner dans les urnes, les Démocrates relancent la propagande

...par  Karine Bechet-Golovko  - Le 21/02/2020.

La politique américaine n'en finit pas de se répéter, à l'absurde, à l'ennui, à l'exaspération des humeurs et des résistances. Les Démocrates n'ayant pas réussi à obtenir un Impeachment de Trump et ne pouvant réécrire l'histoire de leur défaite électorale tout en se sentant mal partis pour les prochaines présidentielles, accusent par avance la Russie - et personnellement Poutine - de leur futur échec. En effet, comment risquer de croire que leur idéologie mortifère ne satisfait pas la population, qui veut sortir de l'impasse socio-économique où elle a été plongée ? Trump a effectivement de très bonnes chances, ce que le Deep State ne peut accepter. Un morceau de propagande digne des grandes oeuvres de la Pravda dans le New York Times de ce matin : ils en sont certains, la Russie va chercher à faire élire Trump. Des preuves ? Quelle importance. Ils sont convaincus - j'hésite sur le nombre de syllabes.

Des députés démocrates, prévenus par les renseignements, annoncent la main sur le coeur que la Russie pourrait déstabiliser les élections présidentielles à venir et évidemment les Primaires des Démocrates. Car la Russie en général et Poutine en particulier adorent Trump et veulent qu'il gagne. Ils l'affirment, ils en sont certains, ils sont prêts à le jurer. Que vous faut-il de plus ? 

En effet, ça se répète. Toujours la même histoire, encore et encore. Et l'opposition entre Trump et certains services ne peut cesser, puisque le combat politique lui aussi continue. Trump avait accusé ces services de faire le jeu des Démocrates :

Mr. Trump has long accused the intelligence community’s assessment of Russia’s 2016 interference as the work of a “deep state” conspiracy intent on undermining the validity of his election.

Et il n'est pas le seul, des Républicains le soutiennent, quand les services accusent personnellement Poutine d'avoir ordonner d'influencer les élections américaines en faveur de Trump :

Très logiquement, certains ne voient pas en quoi il serait plus facile pour la Russie de travailler avec Trump qu'avec Sanders, par exemple. Surtout que les relations russo-américaines sont au plus mal sous cette présidence. Mais peu importe, pour les Démocrates, la Russie s'est entraînée jusqu'à présent, notamment en Géorgie, en vue des élections américaines.

C'est pathologique ? A ce niveau, c'est possible. En tout cas, c'est désespéré. Et l'article ne s'arrête pas en si bon chemin. Car le problème, au-delà de la croyance reste toujours celui de la preuve. Et jusqu'à présent, ils sont objectivement en difficulté de ce côté-là. Donc l'on apprend que les "services de Poutine" développent des méthodes quasiment indétectables. 

Quelle chance! Maintenant, il ne sera plus nécessaire de prouver les accusations d'ingérence de la Russie, puisqu'elles sont indétectables. Seuls les résultats des élections permettront de savoir si les élections américaines ont été, ou non, manipulées. S'ils sont conformes aux intérêts du Deep State, tout va bien le vote est libre et les résultats sont légitimes. Sinon, et il y a de fortes chances que tel soit le cas, la Russie aura manipulé la volonté des électeurs. C'est quand même plus confortable ainsi.

Les Démocrates ne pourraient essayer de faire campagne pour gagner réellement ces élections ? En fait, non. Ils sont dans l'impasse. Ils défendent, comme la plupart des élites aujourd'hui, une position idéologique minoritaire dans la société et qui convainc, au regard de la détérioration et des services publics, et de l'économie, et donc du niveau de vie, de moins en moins. Il devient alors de plus en plus difficile à cette élite de se maintenir au pouvoir par l'intermédiaire des mécanismes démocratiques, qui sous-entendent la volonté de la majorité. Et c'est encore plus difficile d'y revenir. Si elle garde entre ses mains les mécanismes indirects de pouvoir, la gouvernance directe reste encore indispensable, d'où l'importance de maîtriser les institutions.

 

Source : http://russiepolitics.blogspot.com/2020/02/ingerence-russe-faute-de-pouvoir-gagner.html

 


Géopolitique - Deux documents

...proposés par le Gal. Dominique Delawarde - Le 07/03/2020.

Bonjour à tous,

Aujourd'hui, je vous propose deux documents.

Le premier est la version française de l'article que je vous ai adressé hier
sur l'accord Poutine-Erdogan sur Idlib. Pensons à ceux qui ne maîtrisent pas
la langue de Shakespeare. Vous trouverez le texte sur le lien suivant:

https://reseauinternational.net/erdogan-a-perdu-la-bataille-mais-la-guerre-est-loin-detre-terminee/
(Lien interne ici)


Le second, adressé en PJ est de ma composition. Il fait le point sur l'élection états-unienne après le Super Tuesday après mon premier article du 19 février dernier. Il ouvre de nouvelles perspectives.

Bonne lecture.

DD

 


Élections états-uniennes: où en est-on après le Super Tuesday ?

 

Cet article fait suite à celui du 19 février dernier, publié sur une dizaine de sites dont celui de

l'ASAF (Association de Soutien à l'Armée Française). https://www.asafrance.fr/item/election-

presidentielle-etats-unienne-etat-des-lieux-perspectives-et-pronostics.html:

 

Il fait état des évolutions considérables constatées depuis le 19 février et donne un éclairage

aussi précis que possible sur les perspectives de résultats de la primaire démocrate de juillet prochain et sur ceux des élections présidentielles du 3 novembre.

 

Il entre également dans les grandes lignes du programme de politique intérieure et de politique

étrangère des deux candidats qui font désormais la course en tête dans le camp démocrate : Bernie Sanders et Joe Biden.*

 

 

                                  Bernie Sanders                                                            Joe Biden

 

Retour en arrière.

Le 19 février dernier, Michael Bloomberg participait pour la première fois à un débat entre 6 des

9 candidats démocrates encore en lice à cette date. Il y a subi un échec retentissant; de ceux dont on a beaucoup de mal à se remettre, face, notamment, à Elisabeth Warren. Il y a perdu gros à la veille du Super Tuesday.

 

Devant cette faiblesse inattendue de la candidature Bloomberg, l'appareil du parti démocrate a

revu sa stratégie visant à barrer la route de l'investiture à Bernie Sanders.

 

Il a donc décidé de revenir à son choix initial: «soutenir Biden» (malgré ses casseroles). Pour

relancer cette candidature, le parti démocrate s'est d'abord appuyé sur les résultats de la primaire de Caroline du Sud, où Biden, soutenu par l'électorat afro-américain, a remporté sa première victoire contre Sanders. C'était attendu, car Biden était le vice-président d'Obama (premier président afro-américain des USA), mais ce succès est allé au-delà des espérances.

 

L'appareil du parti démocrate a ensuite convaincu Pete Buttigieg et Amy Klobuchar de se retirer

de la course à l'investiture en faveur de Biden avant le super-Tuesday, dans l'intérêt de l'unité du parti (contre Sanders). Cette opération politicienne, clairement orientée contre Sanders, a considérablement renforcé la candidature Biden, d'autant qu'elle a été très fortement médiatisée à la veille du scrutin du 3 mars.

Il y a eu là un coup terrible porté, par l'appareil du parti, à la candidature du trop populaire Bernie Sanders.

 

Cerise sur le gâteau, dans son discours du premier mars au congrès de l'AIPAC (America-Israel

Public Affairs Committee), Netanyahu a eu des mots très durs contre Bernie Sanders qui a eu le courage et/ou la maladresse de s'attaquer à l'AIPAC et aux excès de la gouvernance israélienne.

 

Le décor était planté pour une remise en cause, lors du Super-tuesday, du leader de la course à

l'investiture : Bernie Sanders.

 

Le 2 mars au soir, à la veille du Super-tuesday, il n'y avait donc plus que 5 candidats en lice pour

l'investiture démocrate: Sanders, Biden, Warren, Bloomberg et Gabbard

 

*

 

Les résultats du Super-Tuesday

 

Les résultats du Super Tuesday, où 16 des 50 états ont voté le même jour, rendent l'issue de la

bataille pour l'investiture démocrate plus incertaine, mais ils font apparaître clairement le duel au sommet entre Biden, le candidat de l'appareil du parti et Sanders, le candidat «hors système».

 

En effet moins de 48 heures après le Super Tuesday, Elisabeth Warren et Michael Bloomberg

jetaient l'éponge à leur tour, faute de résultats convaincants. Pour Bloomberg qui avait dépensé un demi milliard de dollars en deux mois et n'a obtenu que 61 délégués, c'est un énorme camouflet face à un Trump goguenard qu'il s'était juré d'abattre. Chaque délégué de Bloomberg lui aura donc coûté 10 millions de dollars. Ça fait cher le délégué, surtout pour abandonner dès la première participation à un scrutin !

 

L'électorat démocrate apparaît désormais profondément divisé en deux camps farouchement

opposés et d'importance quasi égale. Le camp Biden, soutenu par Bloomberg. Le camp Sanders qui pourrait être soutenu par Elisabeth Warren, voire par Tulsi Gabbard.

 

Cette division et surtout les manigances de l'appareil du parti démocrate qui apparaissent très

clairement (comme en 2016), ne sont pas de bon augure pour une victoire du candidat démocrate investi, quel qu'il soit, dans son face à face final avec Trump. Elles amusent beaucoup le camp des républicains qui pourrait bien en être le principal bénéficiaire dans quelques mois.

 

Alors que les résultats définitifs du Super Tuesday ne sont pas encore tous connus, la répartition

des délégués déjà obtenus par les deux candidats encore en course est la suivante (à l'heure où j'écris ces lignes): Biden: 664 Sanders: 573

 

Il faut toutefois souligner que le dépouillement des scrutins de la Californie, du Colorado et de

l'Utah, favorables à Sanders, n'est pas terminé et que l'écart entre les deux candidats pourrait se réduire.

Pour information, Warren avait obtenu 64 délégués avant de se retirer, Bloomberg: 61, Buttigieg:

26, Klobuchar: 7 et Gabbard: 2

 

Il faut 1 991 délégués pour être investi au premier tour de scrutin. Biden et Sanders sont encore

loin du compte, mais une élection au premier tour en juillet prochain n'est plus impossible si l'écart entre les deux candidats venait à se creuser.

 

L'idéal, pour l'appareil du parti démocrate, serait que Biden l'emporte au premier tour pour éviter

toute contestation et maintenir l'unité du parti.

 

Si un deuxième tour était nécessaire, Biden devrait l'emporter à coup sûr avec l'entrée en lice,

dans le scrutin, de 771 super-délégués (l'appareil du parti) dont une très forte majorité est hostile à Sanders.

 

Mais que reproche donc l'appareil du parti démocrate à Bernie Sanders ?

 

Le programme de Sanders franchit plusieurs lignes rouges en politique intérieure et en politique étrangère, au point qu'on puisse qualifier sa mise en application de véritable révolution.

 

Rendez vous compte : En politique intérieure, le modèle de société auquel se réfère le plus

souvent Sanders est celui du Danemark, reconnu comme l'un des meilleur au monde. Sanders souhaite instaurer la gratuité des études supérieures et de la santé: impensable aux USA où les banques prêtent sans compter aux jeunes étudiants qui passeront leur vie entière à rembourser, impensable aux USA avec le système des assurances santé qui font d'énormes profits sur le dos des usagers, avec un système de santé où la moindre prescription est payée au prix fort et où les lobbies de la médecine, de la chirurgie et de la pharmacie font la pluie et le beau temps.

 

Et en politique étrangère ? Sanders n'est pas un va-t-en guerre qui souhaite imposer, par l'ingérence et les sanctions, la suprématie US sur le reste du monde. Il a osé prétendre que certaines réalisations de la gouvernance cubaine n'étaient pas mauvaises notamment dans le domaine de la santé et de l'éducation (ce qui est vrai). Ces positions sont inacceptables pour le courant «néoconservateur» du PNAC (Project for a New American Century) et pour les partisans de «l'Amérique über alles» (ou «America First»), que l'on trouve en nombre chez les «démocrates».

 

Mais par dessus tout, l'erreur majeure et probablement fatale de Sanders, c'est la ligne directrice

de sa politique étrangère moyen-orientale. Il est opposé au «deal du siècle», il veut remettre l'ambassade US à Tel Aviv et détricoter l'essentiel de ce que Trump a concédé à Israël (reconnaissance de l'annexion du Golan et des colonies). Il critique ouvertement l'AIPAC et la gouvernance israélienne. Il dit vouloir réduire l'assistance à Israël (finance, armement) et accroître l'assistance à la Palestine. Il est pour une solution à deux états et rejette le caractère confessionnel et intégriste de la gouvernance actuelle de l'état juif.

 

On ne s'attaque pas impunément aux intérêts israéliens aux USA. Certains l'ont déjà payé de leur

vie.

 

Une «élimination» possible de Sanders ?

 

Bref, chacun l'aura compris, le programme de Sanders transgresse de nombreuses lignes rouges

et ces transgressions pourraient aller jusqu'à mettre sa vie en péril s'il se trouvait en situation d'emporter l'investiture démocrate.

 

Rappelons à ceux qui l'ignorent que 4 présidents US (sur 45) ont été assassinés et que 13 autres

présidents ont fait l'objet de tentatives d'assassinat au cours de leur mandat. Il n'est pas bon pour la santé de déranger l' «état profond» dans ce pays, ni surtout de s'opposer au projet israélien du «grand Israël».

Certains candidats à la présidentielle US ont également fait l'objet d'attentat dans le passé : Bob Kennedy, Georges Wallace, Teddy Rooswelt entre autres.....

 

A ceux qui sont intéressés par la question des assassinats politiques, par Israël et son allié

américain, de tous ceux qui s'opposent à la politique du «Grand Israël» et aux volontés d'hégémonie américaine, je suggère la lecture de l'article très récent de l'excellent Laurent Guyenot :

https://lesakerfrancophone.fr/15-ans-avant-kennedy-les-sionistes-assassinaient-james-forrestal

 

Cet article est bien argumenté et parfaitement documenté. Pour les traditionnelles et inévitables

accusations de complotisme de la part des gens que cette recommandation de lecture et mon propos pourraient gêner, il faudra repasser, car la teneur de cet article est aujourd'hui confortée par d'autres écrits ou émissions TV présentés sur des médias mainstream. Sans remonter aux assassinats ciblés du suédois Folke Bernadotte, médiateur de l'ONU et du colonel français Serot, tous deux très critiques du sionisme, je n'en citerai que trois pour aller au plus court.

 

1er document, vidéo en anglais (sous titré français ) :

https://www.youtube.com/watch?v=jl9s09LMp10

On y apprend dès la première minute, que du personnel de l'ambassade israélienne à Londres

envisageait «d'éliminer», en 2018, Alan Duncan, ministre britannique, qui se montrait trop critique envers la colonisation israélienne: rien que ça ..... L'ambassadeur israélien a dû se confondre en excuses publiques et a dû rapatrier à Tel Aviv son diplomate («homme de main ?»), pris les doigts dans la confiture...

 

2ème document, vidéo en français :

Interview sur la chaîne Arte de Ronen Bergman où il est question des 2700 assassinats ciblés perpétrés par les israéliens sionistes dans le monde.

https://www.arte.tv/fr/videos/095349-000-A/le-journaliste-israelien-ronen-bergman-28-minutes

 

3ème document, livre de Ronen Bergman :

«Lève toi et tue le premier : Histoire secrète des assassinats ciblés (2700) commandités par Israël».

Ronen Bergman, l'auteur, est lui même israélien et sioniste et connaît parfaitement son sujet ........

 

On notera qu'un sioniste n'hésitera jamais à éliminer ou «faire éliminer» un membre de la

communauté juive si celui ci porte ou peut porter gravement atteinte, directement ou indirectement, au projet du «grand Israël»?

On se souvient de l'assassinat d'Yitzhak Rabin en 1995. Plus récemment, le décès suspect d'Epstein, l'homme (lié au Mossad) qui en savait trop, pourrait bien avoir fait partie de la

série.

Quant à Sanders qui est aussi un membre de la «communauté juive», son «projet fou» de vouloir 

s'opposer à la gouvernance israélienne peut le conduire à un «accident cardiaque» d'autant plus «naturel» qu'il est âgé et qu'il en déjà fait un au cours de l'année écoulée. Le prochain pourrait bien lui être fatal....

*

En conclusion sur l'élection américaine, on peut dire que, jusqu'à présent, les choses se présentent plutôt bien pour Trump. Pourquoi ?

 

- Parce que la profonde division du camp démocrate ne peut que lui être favorable. Il se contentera jusqu'à juillet prochain de la commenter ironiquement et même de l'attiser par tous les moyens.

 

- Parce que, malgré son âge (73 ans), Trump a cinq ans de moins que Biden (78 ans) et six ans de moins que Sanders (79 ans).

 

- Parce que Biden traîne dans son sillage autant de casseroles que Clinton en 2016 et que Trump, qui tient aujourd'hui l'appareil d'état (FBI et Justice), saura instrumentaliser cet appareil au bon moment contre le candidat démocrate dont il exploitera les faiblesse. Il ne fera d'ailleurs que rendre la monnaie de leur pièce à ceux qui l'ont attaqué en 2016 (dont Biden) en multipliant les fausses accusations.

 

- Parce que Biden, très âgé, a des «absences» de plus en plus fréquentes et multiplie les gaffes lors des débats publics. Les électeurs risquent de s'apercevoir, avant l'élection, qu'il n'a plus toute sa tête...

 

- Parce que le programme de Biden s'inscrit dans la continuité de celui d'Hillary Clinton, la perdante de 2016 . ...

 

- Parce que Sanders, s'il est investi, sera présenté comme un affreux «communiste» qui veut imposer «l'horrible modèle de société danois» à la grande Amérique pour mieux la ruiner.

 

- Parce que Trump s'est donné l'image d'un homme fort, qu'il a fait baisser le chômage, amélioré la croissance du pays et le pouvoir d'achat des américains et qu'il dispose d'une base électorale nombreuse et solide qui lui est très fidèle.

 

- Parce que Trump dispose d'un «trésor de campagne» qu'il n'a quasiment pas utilisé jusqu'à présent.

 

En clair, si aucune crise majeure de nature économique ou géopolitique ne vient changer la

donne, Trump a de bonnes chances de l'emporter le 3 novembre prochain, malgré la haine féroce qu'il suscite dans un camp démocrate, pourtant majoritaire dans le vote populaire.

 


Situation internationale et élection présidentielle américaine

...par Jean-Luc Baslé - proposé par le Gal. Dominique Delawarde - Le 27/05/2020.

 

Bonjour à tous,

je vous transmets un article intéressant de mon ami Jean Luc, qui traite de la situation internationale et de l'élection présidentielle américaine qui aura lieu début Novembre.

Bonne lecture.

DD


 

L’élection présidentielle américaine qui aura lieu en novembre, se déroulera dans un climat international tendu. Les médias n’y prêtent guère attention, préférant se concentrer sur la pandémie et ses conséquences. Ce faisant, ils ont peut-être donné l’impression aux lecteurs que les choses étaient calmes. Il n’en est rien. 

 

 

Qu’on en juge :

 

·       Donald Trump a qualifié le Covid-19 de « virus chinois », une accusation quelque peu surprenante et dangereuse quand les Américains sont dépendants à 80% des Chinois pour leur approvisionnement en médicaments et appareils hospitaliers. De son côté, la Chine a utilisé son expérience et ses stocks à des fins de propagande auprès des nations européennes pour tenter de les « découpler » des Etats-Unis.

 

·       Répondant aux pressions de Washington, Taiwan Semiconductor Manufacturing Company ne livrera plus de semi-conducteurs à Huawei – ce faisant les Etats-Unis touchent un nerf sensible de la Chine qui voit en Taiwan une province chinoise. Cela ne peut qu’aggraver une guerre froide sino-américaine larvée.

 

·       Des manifestations ont eu lieu à Hong Kong le 24 mai en réaction à la loi de « sécurité nationale » que Pékin entend imposer à cette ville au statut bien particulier de cité internationale et chinoise à la fois.

 

·       Donald Trump a annoncé son intention de se retirer du traité « Ciel ouvert », entré en vigueur en 2002, au prétexte que la Russie n’aurait pas respecté ses engagements – accusation que la Russie réfute notant que les Etats-Unis n’ont fourni aucune preuve.

 

·       Fin avril, les Etats-Unis réaffirment leur intention d’accorder une part plus importante aux armes nucléaires à faible rendement dans leur stratégie de défense – politique que certains dénoncent comme une incitation à leur utilisation.

 

·       Les Corée du nord et du sud ont échangé des tirs d’artillerie au début du mois de mai.

 

·       Après l’échec de la « Paix du siècle » de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, la décision de Benjamin Netanyahu d’annexer la Cisjordanie – terre de 2,8 millions de Palestiniens et de 400.000 colons israéliens – ne peut qu’envenimer l’atmosphère dans la région.

 

·       L’Iran a lancé un satellite à 465 kilomètres dans l’espace.

 

·       Les Etats-Unis dépêchent une partie de leur flotte dans la mer des Caraïbes au motif que le Venezuela est engagé dans un trafic de narcotiques.

 

·       Les Etats-Unis s’apprêtent à intervenir militairement pour interdire aux pétroliers iraniens l’accès au Venezuela où sont stationnés des militaires russes.

 

Il n’est donc pas exagéré de dire que la tension sur la scène internationale s’accroît. Cet accroissement a lieu alors même que les scientifiques du Doomsday Clock (l’horloge apocalyptique) ont tenté en janvier dernier d’alerter l’opinion publique, les chefs d’Etat et de gouvernement, de la dangerosité du monde dans lequel nous vivons en rapprochant l’aiguille de l’heure fatidique. Elle n’est plus qu’à 100 secondes de minuit – elle n’en a jamais été aussi proche depuis sa création en 1947 ! C’est dans ce contexte tendu que va se dérouler l’élection présidentielle américaine.

 

Or, les Etats-Unis sont au bord d’une crise économique d’ampleur doublée d’une crise politique sans précédent. Alors que l’économie donnait des signes de faiblesse dès septembre 2019, loin de prendre l’épidémie du coronavirus au sérieux, Donald Trump l’a ignorée. En conséquence, le chômage est passé de 3,8% à 14,7% en moins de deux mois, et le produit intérieur brut a accusé un déficit de 4,8% au premier trimestre. Compte tenu de l’évolution de l’épidémie, la performance de l’économie américaine ne peut que se détériorer dans les mois prochains et entraîner dans son sillage l’économie mondiale – elle-même fortement affaiblie par la pandémie. Le monde se rapproche donc d’une crise de type-1929, voire plus grave puisque toute l’économie mondiale sera concernée cette fois ce qui n’était pas le cas en 1929.  

 

Politiquement, les Etats-Unis sont plus divisés que jamais. Russiagate s’effondre – il ne reste rien ou presque des accusations levées contre le président et ses acolytes, et le rôle supposé de la Russie. Plus grave, il apparaît qu’il s’agit d’une machination organisée au plus haut niveau de l’Etat alors que Barack Obama était président. Les « déplorables » d’Hillary Clinton tiennent leur revanche. Ils  profiteront de l’élection présidentielle pour le faire savoir. Mais les choses sont loin d’être gagnées pour le camp républicain en raison de la personnalité du président sortant, de ses maladresses dans la gestion de la pandémie et de l’effondrement brutal de l’économie. Pour autant, les démocrates auraient tort de se réjouir trop vite. Ils sont aussi à la peine. Après avoir éliminé les candidats compétents, ils se trouvent coller avec un homme, Joseph Biden, « Joe » pour les intimes, connu pour ses bourdes à répétition. La dernière dans laquelle il accuse les noirs qui ont l’attention de voter pour Trump de ne pas être « noirs », pourrait lui coûter cher politiquement. Par ailleurs, le fameux « impeachment » mené tambour battant par Adam Schiff de la Chambre des représentants qui devait sanctionner Ukrainegate – une autre « affaire » dans laquelle aurait trempé Donald Trump – et le renvoyer à ses casinos et ses immeubles a fait « pschitt ». Il n’en plus question. Pire, l’inénarrable « Joe » est impliqué dans une troisième « affaire » aussi liée à l’Ukraine, une affaire de chantage. Il a reconnu avoir soudoyé Petro Porochenko, alors président de l’Ukraine, pour épargner à son fils une enquête judiciaire. Un vaudeville.

 

Ainsi donc, alors que la tension s’accroît sur la scène internationale, les Américains ont le choix entre un électron libre et un incompétent. Cela n’est pas de bon augure.  

 

Jean-Luc Baslé

Ancien directeur de Citigroup New-York

Auteur de "L'euro survivra-t-il ?" 

 

Source : https://www.iveris.eu/list/notes/497-situation_internationale_et_election_presidentielle_americaine

Commentaires: 1
  • #1

    tiso (mardi, 17 mars 2020 17:01)

    On ne permettra pas à Trump, un second mandat, il semblerait qu'il est la fin d'un Kennedy, cela ouvrira la guerre avec la Fédération Russe.