Et la Corée du Nord ?

...par le Gal. Jean Salvan - le 07/04/2017.

Officier, général de corps d'armée

Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr

Ecole d’Etat-Major 

Ecole supérieure de guerre (ESG)

Commandant la IVème Région militaire

Général de corps d’armée (1988)

Représentant français auprès du Commandement Centre-Europe de l’OTAN (1986-1988) 

Commandant de la 1ère Division blindée (1983-1985)

Commandant du 3ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine

Professeur à l’Ecole supérieure de guerre

Membre correspondant du Muséum d’Histoire Naturelle en 1964

Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées de droit public

Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux (1989-1994) ("Société et Défense") 

Président de l’Union des blessés de la face (les Gueules cassées) (1995-2002)

Ouvrages 

Liban 1978, les Casques bleus de la France (1979) - L’avifaune du Gard et du Vaucluse (1983) -

La paix et la guerre (1992) - Soldat de la guerre, soldat de la paix (2005)

Distinctions

Grand Officier de la Légion d’Honneur

Croix de la Valeur Militaire

Commandeur de l’Ordre du Cèdre du Liban

Croix d’Honneur en or de la Bundeswehr


 

Un proverbe congolais dit "Quand des éléphants se battent, il vaut mieux se mettre à l’abri".

 

Constatons que les candidats à la présidence de la république française ne semblent guère se préoccuper de la Corée du Nord et de son programme atomique, si loin de nos réels soucis : emplois fictifs, sondages, népotisme, … etc. La Corée du Nord vient de lancer un missile à longue portée, ce qui laisse nos candidats indifférents.

Pourtant s’il existe un risque de déflagration nucléaire, c’est bien en Extrême-Orient qu’il existe, comme le rappelle l’hebdomadaire "Time" du 3 avril. Résumons en quelques mots une équation à plusieurs inconnues. 

 

Kim Jong Un est l’avatar contemporain du Prince de Machiavel : après avoir fait fusiller son oncle, il vient de faire assassiner son demi-frère. Il ne veut pas être éliminé comme Kadhafi l’a été. Il entend donc disposer d’armes nucléaires capables de frapper les Etats-Unis, de façon à être invulnérable et imposer ses choix pour une réunification de la péninsule coréenne.

La Chine ne veut pas d’une réunification des deux Corée, qui mettrait un allié des Etats-Unis à sa frontière. Même si la politique nucléaire de la Corée du Nord ne l’enchante pas, elle maintient avec le régime de Pyongyang des relations  économiques qui annulent l’effet des sanctions imposées par les Etats-Unis et ses alliés.

Les Etats-Unis sont depuis longtemps inquiets du potentiel nucléaire de la Corée du Nord. Le Président Clinton avait entamé des négociations pour arrêter le programme atomique coréen : les résultats ne furent pas évidents. Le Président Obama eut d’autres priorités, mais il avertit son successeur du défi que la Corée du Nord serait durant sa présidence.

 

Car il n’y a pas d’options satisfaisantes.

Ne rien faire ? Après tout, Israël, l’Inde, le Pakistan se sont dotés d’un arsenal nucléaire, au mépris de tous les traités visant à réserver l’arme atomique aux membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU. Le monde n’est pas devenu plus dangereux pour autant. Toutefois, la tentation de la Corée du Sud et du Japon de se munir d’un arsenal nucléaire ne peut être sous-estimée, surtout si les Etats-Unis semblent s’accommoder de la situation actuelle.

 

Une frappe préemptive serait-elle possible ? Plusieurs présidents américains y auraient pensé selon  Gregory F. Treverton, ancien président du conseil américain pour le renseignement national. Mais il n’est pas sûr qu’une frappe pourrait éliminer la totalité de l’appareil nucléaire nord-coréen. Beaucoup d’installations sont cachées, secrètes, et les missiles sont mobiles. Une frappe devrait conjuguer des bombardements aériens, des "cyber-attaques", des raids de commandos.

Il faut rappeler que la capitale de la Corée du Sud est à portée de l’artillerie nord-coréenne. Toute action contre les installations atomiques de la Corée du Nord devrait être accompagnée d’une neutralisation d’une partie des moyens classiques. Une riposte "classique" du régime de Pyongyang serait probable, donc une seconde "guerre de Corée".

 

Eliminer Kim Jong Un serait-il plus sûr ? L’élimination de Kadhafi a amené le chaos en  Libye : peut-on être certain des réactions de la famille du dictateur, de son armée, de la population ? Comment assurer ensuite la maîtrise de l’arsenal nucléaire ? Kim Jong Un passe pour boire outre mesure et conduire dangereusement ses voitures. Peut-on espérer qu’un accident nous débarrasse de lui ?

L’équipe qui entoure le Président Trump souhaiterait que la Chine fasse pression sur la Corée du Nord, pour la contraindre à abandonner son programme nucléaire. Compte tenu des relations économiques entre la Chine et les Etats-Unis, c’est un rêve pieux : il n’y a guère de moyens de pression sur la Chine.

Nous sommes en présence de problèmes sans bonne solution. Espérons que nul ne perdra ses nerfs ou la maîtrise de cette crise… 

 

Source : http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/de-par-le-monde/item/3076-et-la-coree-du-nord

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