La tribune des militaires d'active

...présentée par le Gal. Dominique Delawarde - Le  09 mai 2021.

Bonsoir à tous,


Une nouvelle tribune émanant de militaires d'active devrait être publiée dans les heures qui viennent par "Valeurs actuelles". Elle compterait de l'ordre de 2 000 signataires.

C'est pour moi une énorme surprise.

Le texte dont vous allez prendre connaissance est magnifiquement rédigé. Il est inattaquable sauf par des gens de mauvaise foi. Son contenu ira droit au coeur des signataires de la lettre ouverte des anciens militaires et de tous ceux qui nous ont soutenu. Il est presque émouvant. J'espère aussi qu'il ira droit au coeur et des cerveaux des français, de tous les partis et de toutes les confessions . Il posera certainement problème aux politiques qui ne s'y attendaient pas et comptaient imposer silence à la grande muette.

Je vous demande de ne pas la publier sur des sites ou blogs avant qu'elle ne le soit sur Valeurs actuelles. Après, vous pourrez la reprendre avec ou sans ma lettre d'envoi.

Bonne lecture

DD

Bonjour à tous,

 

Hier soir, à ma grande surprise, le téléphone sonne vers 19h00, alors que je suis en famille,

entouré de mes petits enfants. Une télévision nationale me sollicite pour intervenir lundi 10 mai sur un plateau au sujet d’une nouvelle tribune de militaires, «en activité» cette fois, qui serait publiée prochainement par Valeurs Actuelles. Elle pourrait compter, jusqu’à 2 000 signatures, ... pour commencer .....

 

J’avais bien entendu des rumeurs sur cette affaire, mais n’y croyais pas. Les états d’âme de la

grande muette restent généralement «confinés» dans la «grande cocote-minute hermétiquement fermée» que constitue l’institution militaire, en charge de défendre notre pays.

 

Cette nouvelle étonnante m’inspire immédiatement quelques réflexions personnelles à chaud :

 

1 - Pour que la «cocote-minute» militaire se fissure, elle aussi, avant peut être d’exploser, c’est que la situation est déjà beaucoup plus sérieuse que je ne l’imaginais. La pression et l’exaspération doivent être fortes .... C’est une situation que nous n’avions pas connue depuis plus d’un demi siècle.

 

2 – Si la nouvelle est avérée, elle constitue un démenti cinglant aux autorités politiques et militaires qui ont voulu tourner en dérision l’appel citoyen lancé le 13 avril par les anciens militaires, mais aussi aux médias mainstream et aux journalistes les plus serviles qui relaient et soutiennent sans relâche les mensonges de l’exécutif et de ses courtisans.

 

3 – J’imagine même un instant organiser une «section de choc» avec ces journalistes menteurs de «BFMTV ou France Intox» qui refusent de voir les réalités en face et de les envoyer en première ligne derrière le Chef des Armées (Le Président), la ministre de la défense et le ministre de l’intérieur, lorsque la situation sera vraiment hors de contrôle dans les banlieues les plus chaudes.

 

4 – Je me pose la question des sanctions, sachant que ces militaires d’active ont probablement eu l’habileté de faire authentifier leur signature par le média qui devrait publier leur tribune, mais que leur identité ne sera connue que du seul média qui publiera le texte de leur déclaration. Leur identité restera donc inconnue du grand public et sous protection des sources d'information des journalistes, décrite dans l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme.

 

5 – Toujours sur les sanctions, je relis cette admonestation au CEMA du père Richard Kalka, ancien aumônier militaire de 1985 à 2015, qui a accompagné les soldats sur tous les théâtres d’opérations depuis 30 ans.

https://www.valeursactuelles.com/politique/tu-devras-un-jour-en-repondre-devant-dieu-

ancien-aumonier-des-parachutistes-le-pere-richard-kalka-admoneste-le-chef-detat-major-des-armees/

 

6 – Je relis aussi cet article d’un ancien officier de gendarmerie Alexandre JUVING-BRUNET

https://laplumeducitoyen.org/2021/05/07/notre-armee-est-infiltree/

Elle fait apparaître une difficulté importante qui pourrait impacter la reconquête des territoires perdus de la république, d’autant que les effectifs de l’Armée d’active ont fondu depuis près de 30 ans et qu’une part importante de ces effectifs est déjà en opération hors de l’hexagone.

 

7 – Le souvenir des événements historiques de 2001 qui avaient agité la gendarmerie me revient en mémoire

https://www.leparisien.fr/archives/historique-les-gendarmes-descendent-dans-la-rue-05-12-2001-

2002636118.php

 

Cela me conduit à penser que de tels événements pourraient bien se reproduire si l’exaspération des militaires devant la montée de la violence, qu’ils soient gendarmes ou de l’Armée d’active, mais aussi des fonctionnaires de police et des pompiers, devait monter en gamme .....

 

Mais voici que je prends connaissance du texte de la tribune de nos camarades d’active.

Le voici dans sa sobriété et dans son intégralité.

Elle est, elle aussi, inattaquable et magnifiquement rédigée.

 

Je laisse aux lecteurs le soin de l’apprécier avec la gravité qui s’impose.


TRIBUNE DE NOS CAMARADES D'ACTIVE

Monsieur le Président de la République,

 

Mesdames et Messieurs les ministres, parlementaires, officiers généraux, en vos grades et qualités,

On ne chante plus le septième couplet de la Marseillaise, dit "couplet des enfants". Il est pourtant riche d'enseignements.

Laissons-lui le soin de nous les prodiguer :

"Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n'y seront plus. Nous y trouverons leur poussière, et la trace de leurs vertus. Bien moins jaloux de leur survivre que de partager leur cercueil, nous aurons le sublime orgueil de les venger ou de les suivre"

 

Nos aînés, ce sont des combattants qui ont mérité qu'on les respecte. Ce sont par exemple les vieux soldats dont vous avez piétiné l'honneur ces dernières semaines. Ce sont ces milliers de serviteurs de la France, signataires d'une tribune de simple bon sens, des soldats qui ont donné leurs plus belles années pour défendre notre liberté, obéissant à vos ordres, pour faire vos guerres ou mettre en œuvre vos restrictions budgétaires, que vous avez salis alors que le peuple de France les soutenait.

Ces gens qui ont lutté contre tous les ennemis de la France, vous les avez traités de factieux alors que leur seul tort est d'aimer leur pays et de pleurer sa visible déchéance.

Dans ces conditions, c'est à nous, qui sommes récemment entrés dans la carrière, d'entrer dans l'arène pour avoir simplement l'honneur d'y dire la vérité.

Nous sommes de ce que les journaux ont nommé "la génération du feu". Hommes et femmes, militaires en activité, de toutes les armées et de tous les grades, de toutes les sensibilités, nous aimons notre pays.

Ce sont nos seuls titres de gloire. Et si nous ne pouvons pas, réglementairement, nous exprimer à visage découvert, il nous est tout aussi impossible de nous taire.

Afghanistan, Mali, Centrafrique ou ailleurs, un certain nombre d'entre nous ont connu le feu ennemi.

Certains y ont laissé des camarades. Ils ont offert leur peau pour détruire l'islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol.

 

Presque tous, nous avons connu l'opération Sentinelle. Nous y avons vu de nos yeux les banlieues

abandonnées, les accommodements avec la délinquance. Nous avons subi les tentatives

d'instrumentalisation de plusieurs communautés religieuses, pour qui la France ne signifie rien -rien

qu'un objet de sarcasmes, de mépris voire de haine.

 

Nous avons défilé le 14 juillet. Et cette foule bienveillante et diverse, qui nous acclamait parce que nous en sommes l'émanation, on nous a demandé de nous en méfier pendant des mois, en nous interdisant de circuler en uniforme, en faisant de nous des victimes en puissance, sur un sol que nous sommes pourtant capables de défendre.

 

Oui, nos aînés ont raison sur le fond de leur texte, dans sa totalité.

Nous voyons la violence dans nos villes et villages.

Nous voyons le communautarisme s'installer dans l'espace public, dans le débat public.

Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme.

 

Ce n'est peut-être pas à des militaires de dire cela, arguerez-vous. Bien au contraire : parce que nous sommes apolitiques dans nos appréciations de situation, c'est un constat professionnel que nous livrons.

 

Car cette déchéance, nous l'avons vue dans bien des pays en crise. Elle précède l'effondrement. Elle

annonce le chaos et la violence, et contrairement à ce que vous affirmez ici où là, ce chaos et cette

violence ne viendront pas d'un "pronunciamento militaire" mais d'une insurrection civile.

 

Pour ergoter sur la forme de la tribune de nos aînés au lieu de reconnaître l'évidence de leurs constats, il faut être bien lâche.

Pour invoquer un devoir de réserve mal interprété dans le but de faire taire des citoyens français, il faut être bien fourbe.

Pour encourager les cadres dirigeants de l'armée à prendre position et à s'exposer, avant de les sanctionner rageusement dès qu'ils écrivent autre chose que des récits de batailles, il faut être bien pervers.

 

Lâcheté, fourberie, perversion : Telle n'est pas notre vision de la hiérarchie.

 

L'armée est au contraire, par excellence, le lieu où l'on se parle vrai parce que l'on engage sa vie. C'est cette confiance en l'institution militaire que nous appelons de nos vœux.

Oui, si une guerre civile éclate, l'armée maintiendra l'ordre sur son propre sol, parce qu'on le lui

demandera. C'est même la définition de la guerre civile. Personne ne peut vouloir une situation aussi terrible, nos aînés pas plus que nous, mais oui, de nouveau, la guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement.

 

Le cri d'alarme de nos Anciens renvoie enfin à de plus lointains échos. Nos aînés, ce sont les résistants de 1940, que, bien souvent, des gens comme vous traitaient de factieux, et qui ont continué le combat pendant que les légalistes, transis de peur, misaient déjà sur les concessions avec le mal pour limiter les dégâts ; ce sont les poilus de 14, qui mouraient pour quelques mètres de terre, alors que vous abandonnez, sans réagir, des quartiers entiers de notre pays à la loi du plus fort; ce sont tous les morts, célèbres ou anonymes, tombés au front ou après une vie de service.

 

Tous nos aînés, ceux qui ont fait de notre pays ce qu'il est, qui ont dessiné son territoire, défendu sa

culture, donné ou reçu des ordres dans sa langue, ont-ils combattu pour que vous laissiez la France

devenir un Etat failli, qui remplace son impuissance régalienne de plus en plus patente par une tyrannie brutale contre ceux de ses serviteurs qui veulent encore l'avertir ?

 

Agissez, Mesdames et Messieurs.

Il ne s'agit pas, cette fois, d'émotion sur commande, de formules toutes faites ou de médiatisation. Il ne s'agit pas de prolonger vos mandats ou d'en conquérir d'autres.

Il s'agit de la survie de notre pays, de votre pays.

 

 

Tout est dit. Je n’ai rien à ajouter.

Bonsoir

DD

 

AUJOURD'HUI 10 mai, la tribune vient d'être publiée par VA et Fild
Vous pouvez diffuser, publier, échanger sans limites.

Tribune diffusée aussi par Place d'armes

 

JMR

Premières réactions :

Lettre des militaires : La deuxième salve arrive. Une véritable bombe…

Source : Bd. Voltaire.

La rumeur se confirme : après la tribune d’officiers généraux en deuxième section et de militaires à la , une lettre, cette fois-ci rédigée par des militaires en activité, est sur le point d’être publiée. Une première, sans doute, dans l’ de la grande muette.

Boulevard  a eu connaissance des « meilleurs extraits » de cette tribune qui pourrait être une véritable bombe.

Elle est adressée à « Monsieur le Président de la , Mesdames et Messieurs les ministres, parlementaires, officiers généraux, en vos grades et qualités » et évoque le septième couplet de « La Marseillaise » : « Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus. » Un « couplet riche d’enseignement », selon les rédacteurs.

Rappelons ce couplet, dit celui des enfants : « Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus. Nous y trouverons leur poussière, et la trace de leurs vertus. Bien moins jaloux de leur survivre que de partager leur cercueil, nous aurons le sublime orgueil de les venger ou de les suivre. »

« Nos aînés, ce sont des combattants qui ont mérité qu’on les respecte. Ce sont par exemple les vieux soldats dont vous avez piétiné l’honneur ces dernières semaines […] Ces gens qui ont lutté contre tous les ennemis de la , vous les avez traités de factieux alors que leur seul tort est d’aimer leur pays et de pleurer sa visible déchéance. Dans ces conditions, c’est à nous, qui sommes récemment entrés dans la carrière, d’entrer dans l’arène pour avoir simplement l’honneur d’y dire la vérité. »

La perspective de la menace d’une  est clairement évoquée : « La guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement. »

Scoop : la tribune des militaires d’active que tout le monde attendait…

...par Jeanne Bourdillon - Le 09/05/2021.

Mélenchon a annoncé que, s’il était élu, il allait purger tous les “factieux” de l’armée.  Voilà de quoi lui donner un peu plus de travail, puisque 2 000 militaires d’active, dans la continuité de la première tribune impulsée par le capitaine de gendarmerie Jean-Pierre Fabre-Bernadac, prennent à leur tour la plume. Et le moins qu’on puisse dire est qu’ils sont à la hauteur des attentes suscitées. Une nouvelle étape est franchie, au service de la France.

Jeanne Bourdillon

Tribune des militaires : Mélenchon promet de “purger l’armée des factieux” s’il est élu président

 

Source : Riposte laïque

Le 10/05/2021 - 12h12

 

Bonjour à tous,


Alors que je participais par Skype à l'émission CNews de Morandini ce matin, ma connexion Wifi a été brutalement coupée alors que la parole allait m'être donnée.

Par un phénomène tout aussi étrange, le Wifi a été rétabli dès la fin de l'émiision.

Mon Wifi marche parfaitement d'habitude, et c'est le premier incident de ce genre que j'ai à déplorer.

Cette "coupure" qui survient bien opportunément pour me clouer le bec me parait bien suspecte. La coïncidence et le timing sont parfaits. Une coupure sur plus d'un an et juste au bon moment et sur la bonne durée, ça interroge.

A chacun son interprétation des événements mais tout de même, jusqu'où ira-t-on pour bâillonner les citoyens ?

DD

Entretien avec le directeur de la rédaction du magazine "Valeurs Actuelles" par "Causeur"

...par Elisabeth Lévy - Le 12/05/2021.

Source : Causeur

 

Elisabeth Lévy. La rédaction de Valeurs actuelles a-t-elle été à la manœuvre pour obtenir une deuxième tribune de militaires ?

Geoffroy Lejeune. Nous avons été sollicités par des militaires qu’on ne connaissait pas avant. Ils se sont adressés à nous parce que nous avions été le relais de la première tribune, tout simplement. Il nous a fallu quelques jours pour aboutir au texte qui a été écrit à plusieurs mains. Nous avons précipité la publication car, comme le texte circulait pour le recueil des signatures, il y avait des fuites dans la presse, C News en avait diffusé des bribes. État-major, politiques, journalistes, tous ceux qui voulaient l’avoir l’avaient lu. Pour éviter qu’il soit attaqué sur la base de quelques extraits, j’ai donc décidé de le publier intégralement.

Et pour la première, comment cela s’est-il passé ?

L’auteur du texte, Jean-Pierre Fabre-Bernadac, m’a appelé personnellement après son passage chez André Bercoff sur Sud Radio. J’ai mis quelques jours à réagir, puis nous avons travaillé deux jours avec lui, notamment pour décider de la façon dont on présenterait les signataires. Nous avons  publié le texte le 21 avril. Mais la polémique a commencé seulement quand Marine Le Pen est entrée dans la danse. Nous lui avons proposé de répondre dans le journal la semaine suivante, mais elle voulait que ça aille vite. Sa réponse a donc paru sur notre site le 23. Le lendemain, pour des raisons purement politiciennes, Jean-Luc Mélenchon s’agite sur le sujet sur le mode « des putschistes veulent prendre le pouvoir ». Au même moment l’attentat de Rambouillet le fait beaucoup moins réagir : cela donne une idée de ses priorités. C’est à ce moment que nous avons été sollicités par des militaires en activité qui voulaient défendre leurs aînés et récuser le procès en putschisme.

Sans les déclarations de Mélenchon et du gouvernement, la deuxième tribune aurait-elle existé ?

Assurément, non. Comme vous l’avez constaté, le deuxième texte s’attache en premier lieu à défendre l’honneur des gens qui ont été salis par ces accusations en putschisme. Sans les envolées lyriques de Pannier-Runacher sur le « quarteron de généraux en charentaises » ou « le bruit de bottes » de Gérald Darmanin, ces militaires n’auraient pas décidé de répliquer.

Il paraît que, pour le CEMA, les anciens, c’est toujours compliqué à gérer…

Évidemment, c’est compliqué ! Mais rien n’obligeait les politiques à utiliser de tels quolibets caricaturaux et de telles invectives à l’encontre de gens qui ont servi leur pays. On s’est moqué des messagers pour disqualifier le message, leur constat sur le délitement de notre pays. Du reste, quelques jours après, un sondage Harris Interactive a montré que ce constat était largement partagé, au-delà de la droite.

Je ne vois pas de tentation insurrectionnelle au sein des armées

Avant d’en venir au fond, les signatures. Vous affichez 249 989 signatures mais cela comporte les soutiens de civils. Combien de militaires d’active parmi les signataires ?

Quand nous avons publié le texte, dans les conditions que j’ai évoquées, le processus de recueil des signatures était loin d’être achevé et il ne l’est toujours pas. Nous avons mis en place un système informatique qui permet aux gens de signer en toute sécurité et qui nous permet à nous de vérifier la qualité des signataires. Quant aux soutiens, nous avons recueilli 200 000 signatures en 24 heures et nous en sommes à 249 989. Nous n’avions jamais connu un emballement pareil.

D’accord, mais cela ne me dit pas combien de militaires en font partie, ni comment vous pouvez être sûr que ce sont des militaires.

Je ne vais pas vous dévoiler les détails, mais sachez que c’est un processus très sécurisé et assez compliqué. Notre priorité a été d’assurer aux militaires un total anonymat. Nous ne divulguerons ni les noms, ni les grades, ni quoi que ce soit. Je peux juste vous dire que tous les métiers de l’armée sont représentés. Nous ferons certifier par un huissier le nombre, l’identité et la qualité des signataires. Mais le grand public ne connaîtra que le nombre.

Pirater le système informatique de Valeurs, ça doit être faisable ?

Ça ne se passe pas sur notre site mais chez un prestataire. Reconnaissez que ce système a fait ses preuves, car pour l’instant aucun nom de signataire n’est parvenu jusqu’à vous…

Venons-en au fond. Ce n’est pas à un fils de militaire que je vais apprendre que la première vertu, et la première force de l’armée, c’est la discipline.  L’obéissance au chef. Or, le chef des armées c’est le président et il est défié dans des termes peu amènes.

Pas défié, interpelé. Je reconnais que la question se pose. Mais je suis convaincu que personne, dans les signataires de cette tribune, ne veut affaiblir les institutions. C’est un cri d’angoisse et de patriotisme et je suis très à l’aise avec cette démarche. Si j’avais perçu une volonté de déstabiliser le pays, j’aurais été plus méfiant. Bien sûr, comme tout le monde, je suis travaillé par la question de l’anonymat sur internet. Mais les militaires ne peuvent pas s’exprimer. Quand je marche dans la rue, beaucoup de soldats et beaucoup de policiers m’arrêtent : « Merci, grâce à votre journal, les gens savent ce qu’on ne peut pas dire ! »

S’ils ne peuvent pas s’exprimer, c’est pour éviter la politisation de l’armée. Or, cette tribune ne se contente pas de recenser des faits neutres car ça n’existe pas, elle fournit leur interprétation, exprimant en cela une opinion politique. Peu importe qu’on la partage ou pas. N’y a-t-il pas là une transgression d’une longue tradition républicaine ?

Ce n’est ni la mission ni le rôle des militaires de participer au débat politique. Mais il faut trouver un équilibre entre liberté d’expression et liberté d’opinion. Je persiste à penser que nombre des observations contenues dans ces deux tribunes relèvent du constat. Il est inacceptable que des militaires soient sanctionnés parce qu’ils les partagent. Rappelez-vous le général Soubelet, muté pour avoir tenu des propos prétendument trop durs sur la délinquance. Les militaires voient ce qu’ils voient pour paraphraser Péguy. Ils devraient aussi avoir le droit de dire ce qu’ils voient et de dire que la situation exige une action politique.

Tout de même, ils traitent leurs chefs de fourbes, pervers et lâches !

Quand ils sont en mission Sentinelle pendant trois semaines ou un mois, nos militaires voient beaucoup de choses qu’ils font remonter. La vérité, c’est que tout le monde sait qu’ils ont raison mais qu’on préfère étouffer leur parole. Eh bien aujourd’hui, ils se font entendre de l’ensemble des Français.

Vous savez bien que les mots qu’on choisit relèvent de l’interprétation. Par exemple, ils écrivent que la guerre civile couve. Je ne sais pas si j’adhère à cette affirmation. Je vois bien les multiples fractures qui déchirent la France, mais sommes-nous vraiment à la veille d’une guerre civile ? Et en même temps, je me demande si je fais partie de ces somnambules qui ne voient pas la catastrophe arriver ?

Prenez-le dans l’autre sens. Est-ce que la paix civile existe encore ? Selon moi, pas réellement, pas partout, et pas tout le temps en tout cas. Je vois notre pays se facturer, se communautariser. Je vois aussi l’accélération de radicalités de plus en plus antagonistes qui ne se comprendront probablement plus jamais. Mettons-nous à la place des signataires. Ils vont faire la guerre au djihadisme à l’étranger et se rendent compte quand ils rentrent en France que nous n’avons plus les moyens de nos ambitions. C’est d’ailleurs la formule la plus dévastatrice de la tribune : «lls ont offert leur peau pour détruire l’islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol ». Tous les trois jours, il y a un fait divers sordide qui se révèle à l’analyse être le symptôme d’un dysfonctionnement majeur de l’application des peines. Sur le plan régalien, il y a vraiment un effondrement. Entre Rambouillet, Mérignac, l’assassinat du policier Eric Masson à Avignon, on a le sentiment que ça craque de partout. Cela fait très peur.

Faut-il s’attendre à un mouvement de Gilets jaunes en uniformes qui, au lieu de manifester, s’exprimerait à coups de tribunes dans votre journal ?

Je ne crois pas. L’avertissement a été suffisamment fort et entendu pour qu’il n’y ait pas besoin d’en rajouter. Cependant, vous avez raison d’évoquer les Gilets jaunes. Les militaires sont des gens qui se lèvent tôt, qui travaillent dur, qui se taisent et qui encaissent : ce sont des Gilets jaunes ! Comme les policiers. Pour autant, je ne vois pas du tout de tentation insurrectionnelle au sein des armées.

Espérez-vous un changement de ton à l’Elysée ?

Pour le pouvoir, la tentation de minimiser la portée de la première tribune et de réduire ses signataires à une bande de vieillards séniles qui n’ont rien d’autre à faire était forte. La deuxième constitue un avertissement plus grave, il y a un côté « je persiste et je signe ». Cependant, ce n’est pas l’Élysée qui met de l’huile sur le feu, mais la ministre de la Défense qui s’obstine à ne pas comprendre ce qui est en train de se passer. Le ministre de l’Intérieur fait aussi une magistrale erreur de communication en réduisant ce qui est exprimé à une opinion d’extrême-droite. Et ne parlons pas de Jean Castex, qui ose affirmer : « s’ils sont si courageux, ils n’ont qu’à dire qui ils sont ». Ignore-t-il qu’ils n’en ont pas le droit et que s’ils le font, c’est parce que la première fois, la réaction de l’exécutif n’était pas la hauteur ? L’attaque du Premier ministre sur le courage est inaudible. Nous parlons de gens qui sont engagés dans des opérations pour lesquelles ils risquent leur vie.

Le procès en extrême droitisme est stupide, mais Marine Le Pen n’a-t-elle pas causé du tort à la démarche des militaires ?

J’ai plutôt tendance à penser que c’est Jean-Luc Mélenchon qui porte une immense responsabilité dans le durcissement de cette polémique. Il a agité la menace d’un putsch, alors que Marine Le Pen n’a fait que dire que ce que tout politique doit dire : votez pour moi, ça ira mieux. Le rôle de l’homme politique est de dire : je suis le moyen légal de changer les choses.

Pour nos confrères, c’est l’éternelle ritournelle : Valeurs Actuelles c’est l’extrême-droite. J’ai l’impression que cette accusation ne vous fait même plus de tort ?

Ce n’est jamais agréable. Mais il faut arrêter de perdre du temps à essayer d’y répondre. Nous avons simplement relayé les textes de gens qui font un constat sur la société française, constat partagé par 73% des Français. Si l’extrême-droite, c’est 73% des Français, alors il faut arrêter de se soucier des hurlements de Libération ou Télérama qui ne se parlent plus qu’entre eux !


...par Henri Guaino - Le 16/05/2021.

GRAND ENTRETIEN – L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République s’inquiète de la profonde crise morale qui, selon lui, ébranle toutes les institutions de l’État.

Par Alexandre Devecchio LE FIGARO. 16 mai 2021

Henri Guaino. Clairefond pour Le Figaro

LE FIGARO. – Que vous inspirent les deux tribunes publiées sur le site de l’hebdomadaire Valeurs actuelles, tour à tour signées en majorité par des généraux à la retraite puis de manière anonyme par des militaires d’active?À découvri

Henri GUAINO. – D’abord que l’hystérie et le déni de la réalité sont des poisons mortels pour notre démocratie. La première tribune ne faisait que pointer ce que vivent tous les jours des millions de Français: le délitement de la société, la montée du communautarisme, de la violence, de la haine et qu’à continuer de glisser sur cette pente, il y aurait un risque que tout cela se termine un jour en guerre civile. Parce qu’elle était signée par des vieux généraux, elle a provoqué les cris d’orfraie de ceux qui pour exister ont besoin de voir partout l’ombre de l’extrême droite, du fascisme et du putsch. Mais refuser de regarder en face cette haine et cette violence qui montent inexorablement depuis des années et qui débordent est autrement plus dangereux pour la paix civile et les libertés que la menace d’un putsch imaginaire dont le texte, que l’on a par ailleurs le droit de ne pas aimer, ne faisait aucune mention, même en creux.

À LIRE AUSSI :La nouvelle tribune de militaires agite la classe politique

Mais en parlant de guerre civile, les signataires n’agissent-ils pas comme des pompiers pyromanes?

Cessons de croire que ce qui est arrivé aux générations passées ne peut plus nous arriver. Comment conjurer un risque que l’on n’est même pas capable de nommer? L’histoire ne nous a-t-elle pas appris que, lorsque la violence dépassait un certain seuil, elle se répandait comme une épidémie qui pouvait contaminer toute la société, que lorsque la sauvagerie se libérait de tout ce qui dans la civilisation la refoule, de tout ce qui dans les institutions la canalise, elle dévorait tout sur son passage? Mais il est vrai que, désormais, on préfère faire le procès de l’histoire plutôt que d’en tirer des leçons.

La réponse du gouvernement vous semble-t-elle adaptée?

Non. Elle sous-estime l’importance de ce qui se joue entre le président et l’armée dont il est le chef dans un contexte où toutes les autorités vacillent. L’armée est la collectivité humaine où le mot chef a le sens le plus lourd puisque celui-ci peut être amené à demander aux militaires de faire le sacrifice de leur vie. Une armée, c’est un miracle d’engagement, d’abnégation, de discipline, de courage, de fraternité, un corps social cimenté par une histoire, des traditions, un code d’honneur, le souvenir de faits d’armes sans cesse remémorés. Comme tout miracle, celui-ci est précieux et fragile. Le protéger pour qu’il perdure, c’est le rôle du chef.

On touche là au cœur de la crise de l’autorité. Depuis dix ans, les enquêtes d’opinion indiquent avec une grande régularité que plus de 80 % des Français réclament l’autorité d’un chef, preuve qu’elle leur manque, même si chacun a son idée bien à lui du genre de chef qu’il attend. Mais pour devenir un chef, encore faut-il avoir réfléchi à ce que cela veut dire.

 

Qu’entendez-vous par là?

Qu’il ne suffit pas de proclamer qu’on est chef pour l’être. Que pour être chef, il ne suffit pas d’être nommé, ni même élu, qu’il faut en plus être reconnu, ressenti comme tel, comme le furent Clemenceau, Churchill ou de Gaulle. Qu’est-ce qui a fait des Alexandre, des Napoléon que leurs soldats étaient prêts à suivre jusqu’au bout du monde? Qu’est-ce qui a fait des Lyautey, des Leclerc, des Bigeard, si différents les uns des autres mais suscitant la même ferveur, sinon qu’ils avaient du sang froid et de la fermeté, mais aussi qu’ils savaient donner à ceux qu’ils commandaient le sentiment qu’ils les respectaient et qu’ils les aimaient? Je pense aux mots de Tom Morel, lieutenant de chasseurs alpins, saint-cyrien, qui fut le chef du maquis des Glières: «Pour être chef, il faut avoir du prestige ; et ce prestige il faut l’acquérir par la générosité, de l’entraide mutuelle, du dévouement.» Le ressort de l’obéissance militaire, c’est le sens de l’honneur, le sens du devoir et ce supplément d’âme par lequel le chef se met à la place de ceux qu’il commande pour évaluer les limites de ce qu’il peut exiger d’eux. Qu’il dépasse ces limites et le miracle de la discipline militaire cesse: même l’armée d’Alexandre refusa d’aller plus loin que les rives de l’Hyphase (fleuve de la vallée de l’Indus, situé dans l’actuel Pendjab, NDLR) et, en 1917, les mutineries menacèrent l’armée française d’effondrement parce que les chefs militaires avaient donné le sentiment que la vie des soldats n’avait aucune valeur à leurs yeux.

Les militaires sont tout de même soumis à un devoir de réserve. Ne fallait-il pas les rappeler à l’ordre?

Si, mais exclure les généraux signataires de la grande famille de l’armée, ce n’est pas un simple rappel à l’ordre, c’est une sanction très lourde qui a, pour un soldat qui a consacré sa vie à servir, une résonance affective très profonde, c’est une négation de son existence, de son engagement. Cette dimension a été sous-estimée. Mais ce qui a été encore plus gravement sous-estimé, c’est la place qu’occupe dans une armée le rapport aux anciens.

En les accablant de mépris – «généraux en charentaises», a dit un ministre -, en les mettant au ban de l’institution, on a pris le risque de créer des fêlures au sein de l’armée. Et en faisant tenir au chef d’état-major des armées le discours qu’on lui a fait tenir, on n’a fait qu’accroître ce risque. La deuxième tribune est une traduction de ces fractures, à mon sens inutilement ouvertes et qui affaiblissent l’institution militaire.

Quant au devoir de réserve, il s’impose bien sûr aux militaires mais s’il leur interdit d’engager l’institution et d’exprimer des appartenances partisanes, si l’armée n’a pas à intervenir dans le débat politique, chaque soldat est aussi un citoyen qui ne peut pas être indifférent à l’état du pays pour lequel on lui demande d’être prêt à mourir. Délicat mais nécessaire équilibre à trouver. C’est la jurisprudence qui le précise au cas par cas en appréciant la proportionnalité de la sanction à la faute. Je ne suis pas sûr que, dans le cas présent, les sanctions annoncées soient proportionnelles à la faute supposée commise. Le pouvoir exécutif remet donc son autorité entre les mains des juges au risque qu’elle en sorte encore plus affaiblie s’il est désavoué.

Que disent ces tribunes du malaise de l’armée et de son rapport au chef de l’État?

Qu’effectivement, il y a un malaise et que pour soigner ce malaise, la manière compte beaucoup. Que, de l’éviction du général de Villiers à la radiation des «généraux en charentaises», la manière n’y est pas. Que l’armée n’est pas à l’abri de la crise morale qui ébranle aujourd’hui toutes les institutions.

Le chef de l’État n’a-t-il pas eu raison de rappeler son autorité légitime?

Je ne crois pas qu’elle était ébranlée par la première tribune. Mais ce qui est absolument certain, c’est que l’autoritarisme, loin de renforcer l’autorité, l’affaiblit.

On ne peut pas utiliser de la même manière la police et la gendarmerie contre des ouvriers, des pêcheurs ou des paysans désespérés et contre des voyousHenri Guaino

Au-delà de l’armée, les rapports entre le gouvernement et la police sont également dégradés. Cela est-il inquiétant?

C’est le même problème de commandement qui est posé avec un processus de dégradation qui a commencé il y a longtemps. On ne voulait pas le voir. On l’étouffait dans le devoir d’obéissance. Mais il atteint maintenant une telle intensité qu’on ne peut plus le dissimuler. Il faut cesser de croire que l’on peut tirer indéfiniment sur la corde et qu’elle ne cassera jamais. Il faut gouverner en se disant toujours que la corde peut casser.

On ne peut plus se contenter, dans la police et la gendarmerie, de l’habituel «obéis et tais-toi». Entre l’insuffisance des moyens, les juges qui oublient que leur première raison d’être dans la société est de dissuader les victimes de se faire justice elles-mêmes, un flou trop grand dans les règles qui encadrent le droit à la légitime défense des policiers, des peines insuffisamment lourdes pour leurs agresseurs, et la violence qui monte de toute part, le malaise est profond.

Il faut y ajouter cette tentation délétère de laisser les mouvements sociaux s’user contre les forces de l’ordre. La police et la gendarmerie ne sont pas faites pour ça. On ne peut pas les utiliser de la même manière contre des ouvriers, des pêcheurs ou des paysans désespérés et contre des voyous, des trafiquants, des black blocs, des casseurs professionnels.

Là encore, le problème du chef est posé. En 1968, Pompidou et le préfet Grimaud ont été des chefs. En 2005, face aux émeutes des banlieues, Sarkozy, ministre de l’Intérieur, a été un chef. L’art d’être un chef, l’art de gouverner: savoir se fixer des limites à ce que l’on peut exiger de ceux que l’on commande, à ce que l’on peut imposer à ceux que l’on gouverne.

Il faut prendre plus au sérieux qu’on ne le fait ce malaise de la police, de la gendarmerie, de l’armée, non parce que l’on prendrait le risque imaginaire du putsch ou de la rébellion, mais parce que l’on prendrait celui du désengagement de ceux qui restent en dernier ressort les ultimes garants de l’ordre contre le chaos. Nous le payerions collectivement très cher.

L’explosion de l’insécurité, les violences contre les policiers témoignent-elles d’une crise plus large de l’autorité de l’État?

Les violences contre les policiers, les gendarmes, les enseignants, les pompiers, les maires… L’autorité de l’État est en ruine, comme celle de tous les corps intermédiaires, les syndicats, les partis. Elle n’endigue plus la montée de la violence, notamment, la plus inquiétante de toutes, la violence physique. On dira que c’est l’évolution de la société. Mais ce n’est qu’en partie vrai.

Les corps qui servent l’État, ceux qui le gouvernent, ceux qui font ses lois et ceux qui les appliquent ont été les artisans de leur impuissance grandissante. Ils ont désarmé l’État matériellement, juridiquement, ils l’ont démembré en autorités indépendantes et brisé le lien entre le national et le local, ils l’ont emprisonné dans une hiérarchie des normes qui prive d’effet nos lois. Il faut cesser de mentir aux Français, l’autorité de l’État ne sera pas rétablie si nos choix économiques et budgétaires ne sont pas remis en cause, si notre édifice juridique n’est pas revu de fond en comble, si nous ne reprenons pas la maîtrise de nos frontières.

Mais le problème est plus profond. Il touche à la dislocation de notre imaginaire collectif, de toute culture commune, de toute morale partagée. Une partie croissante de la jeunesse n’a jamais appris à aimer la France, à éprouver de la fierté à être français, quand elle n’est pas élevée dans la haine de la France, de son histoire, de sa civilisation et de sa civilité. En laissant faire, en abandonnant la culture générale, en cédant à toutes les minorités agissantes qui veulent déconstruire ce qui nous permet de vivre ensemble en éprouvant une communauté de destin, nous réduisons dramatiquement les chances de vivre en paix.

C’est le socle de toute légitimité qui est atteint. Quelle autorité pour l’État, quand pour quantité de jeunes, la police n’est plus qu’une bande comme une autre?

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Dans ce contexte, que pensez-vous de la suppression du corps préfectoral? Cette réforme n’est-elle pas susceptible de renforcer l’efficacité de l’État?

Représenter l’autorité de l’État exige, comme pour l’armée, un ancrage dans des traditions, une histoire, une expérience accumulée dans la durée et qui se transmet. C’est le propre d’un corps d’assurer cet ancrage et cette transmission. Cette destruction programmée des corps de la haute fonction publique qui ouvre la voie à la cooptation d’avant-1945 et à la discrimination positive va conduire à un affaissement supplémentaire de l’autorité de l’État. L’idéologie managériale, appliquée à tort et à travers, est en train de détruire le sens de l’État, qui est ce qui distingue le service de l’État de la gestion d’une entreprise.

Le consentement de la population au confinement et aux privations de liberté durant la crise sanitaire n’est-il pas malgré tout le signe d’une persistance de l’autorité de l’État?

Elle a surtout montré un État plus prompt à sanctionner les honnêtes citoyens que les voyous et exaspéré les Français par cette caricature de technocratie qui laissait entrevoir cette sorte de jouissance malsaine de pouvoir régenter sans limite toute la vie des gens jusque dans des détails ubuesques. L’obéissance n’a pas été le fruit d’une autorité ressentie comme légitime mais celui d’une politique de la peur qui est la pire de toutes les politiques. L’autorité de l’État, comme celle de la science qui a trop servi d’alibi, en sort profondément affaiblie.

Nous commémorions récemment le bicentenaire de la mort de Napoléon. En quoi peut-il servir d’exemple dans la situation actuelle?

Celui qui aurait aujourd’hui la prétention de se prendre pour Napoléon serait un fou. Mais il nous montre qu’au milieu du chaos, une volonté humaine incarnée peut les mobiliser toutes pour reconstruire une nation, une société, et les doter d’institutions qui fonctionnent encore deux cents ans plus tard. Napoléon, de Gaulle… comment continuer, sans imiter.

 

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Source : Artofuss blog


¡Caramba! Encore raté !

...par François Gex - Le 16/06/2021.

Source : Bd Voltaire

On parle beaucoup des généraux, en ce moment. À tort et à raison, surtout de travers. Qu’est-ce qu’un général ?

Un drôle de bonhomme, avec une vocation bizarre qui consiste à mettre sa peau au service de son pays. Rêvant d’aventures, il réussit, vers 20 ans, le très sélectif concours de Saint-Cyr, en sort avec un master et de solides abdos, un brevet para, un brevet commando et, parfois, une petite fiancée ou une toute jeune femme.

Chef de section en régiment vers ses 24 ans, il part et repart en mission avec une trentaine de soldats, par exemple à , pour Sentinelle ou à , où il fait connaissance avec la mort au combat. Capitaine, il recommence avec plus d’une centaine d’hommes. À 28 ans, il connaît déjà parfaitement le périmètre et les exigences que recouvre le mot « chef ». Son thermomètre, c’est le regard de confiance de ses hommes vers lui quand les balles sifflent.

Entre opérations et entraînements intensifs, il aperçoit de temps à autre ses deux tout  enfants que son épouse élève seule avec le discret et merveilleux courage des épouses de militaires.

Il va être promu commandant et retourne à l’école, d’état-major d’abord, puis – cas unique dans toute l’administration d’État – doit repasser un concours couperet, celui de l’École de guerre. S’il le rate, il le sait, sa carrière s’arrêtera automatiquement une quinzaine d’année plus tard, au grade maximum de lieutenant-colonel.

Breveté de l’École de guerre, il sert en état-major de haut niveau, en cabinet ministériel ou organismes particuliers, repart en opérations, exécute deux ans de temps de chef des opérations ou de second dans un régiment et, un jour, vers 43 ans pour les plus jeunes, il est promu colonel et reçoit une « lettre de commandement » signée du président de la  qui lui attribue un régiment pour deux ans. C’est un privilège unique qui date de l’Ancien Régime et ne concerne, aujourd’hui, que 50 % d’une promotion de Saint-Cyr. Il crée un lien direct et des obligations entre le chef des  et ses colonels commandant les régiments. Le 14 juillet, les drapeaux le saluent, inclinés à l’horizontale.

Tout se rejoue pour lui à nouveau pendant ces deux années dont l’issue est avec ou sans perspective d’étoiles. Mais il ne le sait pas !

Notre colonel repassera par les diverses cases précédentes avec des responsabilités supérieures. Certains suivront les cours du Centre des hautes études militaires (CHEM) et formeront une session avec les stagiaires civils de l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN).

Il sera promu général à un peu plus de cinquante ans pour les plus jeunes, mais ne recevra qu’une lettre confidentielle du chef d’état-major des armées (CEMA) s’il prend le commandement d’une opération. Le lien direct avec le chef des armées est rompu, sans doute parce qu’il est devenu incommandable !

Alors, après de tels parcours, nos généraux méritent-ils le traitement politique et médiatique qu’on leur fait aujourd’hui subir quand pas un ministre ne leur arrive à la cheville et qu’on en soit réduit à envoyer en première ligne un ministre doré sur tranche et sans culture militaire qui n’a, constitutionnellement, aucune compétence de commandement, et un autre dont la vertigineuse hauteur des talons charentaises n’a d’égal que l’abyssale méconnaissance de la chose militaire.

Et quelle fuite de ses responsabilités que l’incapacité du chef des armées à convoquer cette élite gauloise récalcitrante, en bloc et à guichets fermés, pour leur remonter les bretelles (c’est son droit) et régler en face à face ce qui est avant tout une affaire de commandement et une histoire d’hommes. En voie de disparition aujourd’hui.

Et puis quel beau geste eût-ce été de sabrer ensuite le champagne dans les jardins de l’Élysée tout en chantant, par exemple, le « Chant des Partisans » dont les paroles valent leur pesant de tribunes. Les Français qui aiment le panache auraient adoré. Et ç’eût beaucoup, beaucoup plus payé en com’ politique que faire joujou avec McFly et Carlito et subir le diabolique heavy metal d’Ultra Vomit qui porte si bien son nom.

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