Si les généraux parlent, les politiques n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes !

Par le Gal. Jean-Marie Belmer - le 01/10/2016.



 

Un certain nombre de généraux font entendre leur voix pour s’élever contre la politique gouvernementale, dont ils estiment qu’elle va à l’encontre des intérêts de la France.

 

Le ministre de la Défense s’en irrite et son cabinet les enjoint de cesser leurs critiques en vertu du devoir de réserve qui est le leur, sous peine de sanctions.

S’il est compréhensible que nombre de citoyens s’alarment devant l’affaiblissement de la France et l’apathie du gouvernement face à l’évidente montée des périls, il est plus étonnant que des généraux appartenant presque en totalité à la 2e section n’hésitent plus à sonner le tocsin.

 

Pourquoi en est-on arrivé là ?

D’abord, la situation revêt un caractère d’extrême gravité, tant les menaces qui pèsent sur la France sont lourdes et nécessiteraient des réactions exceptionnelles. Les mieux à même d’apprécier l’adéquation des parades face aux risques sont, de fait, les militaires et, parmi eux, les haut gradés que sont les généraux.

Chacun peut savoir qu’il y a près de 5.000 officiers généraux en vie dont 600, en activité, constituent la 1e section.

Le statut des militaires impose à ces derniers la réserve la plus stricte. Ils obéissent au chef des armées qui est le président de la République. Quelle que soit la politique menée par ce dernier, ils obéissent ou démissionnent.

 

Les autres, après le service actif, constituent la 2e section. Ils sont d’abord réservistes et, en tant que tels, perçoivent une solde de réserve. Ils sont soumis au même devoir de réserve que leurs jeunes camarades de l’active et peuvent être rappelés au service, si le besoin s’en fait sentir.

À l’instar du personnel d’active, ils sont fidèles au président de la République et, en matière de politique, s’expriment exclusivement par leur bulletin de vote.

 

En 2010, le Président Sarkozy a décidé que les généraux de la 2esection perdraient leur statut de réservistes après leur 67e anniversaire. De ce fait, les généraux atteignant cet âge perdaient la qualité de réservistes des armées. Cette mesure permettait de leur appliquer un régime fiscal plus avantageux… pour Bercy.

 

Ces généraux sont donc devenus retraités, percevant une pension de retraite, soumis au régime fiscal des retraités. Administrativement, ils ne sont plus militaires et, par voie de conséquence, ne sont plus soumis au même devoir de réserve des militaires.

Ne reste de leur carrière que l’obligation de ne pas diffuser les informations classifiées qu’ils ont eu à connaître.

En revanche, rien ne les oblige à garder le silence quant à la politique gouvernementale. Conformément à la loi, ils peuvent adhérer à un parti politique, approuver publiquement la politique du gouvernement et l’encenser s’ils le jugent utile, ou tout aussi bien la critiquer et s’y opposer s’ils l’estiment néfaste.

 

C’est ce qu’ils font !


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