Affaire BENALLA

(Lahcène Benalhia ?)


La Ve République et ses séides, barbouzes et autres nettoyeurs

...par Alice Braitberg - le 10/08/2018.

Le comportement du marocain Alexandre Benalla ou Lahcène Benahlia (selon un journal algérien) est fidèle à celui des  barbouzes, séides ,  nettoyeurs et autres hommes de main dont les hommes de pouvoir s’entourent immanquablement.

L’affaire du SAC en 1980 a généralement mis en lumière la persistance de diverses organisations paramilitaires extrémistes et la négligence bienveillante de l’appareil d’État à leur égard pendant deux décennies (. Source Wikipedia)

Le scandale d’Etat Macron/Benalla/Collomb a l’avantage de porter à la connaissance du public tout ce que le fonctionnement de l’Élysée et de nos institutions républicaines recèle d’actions louches, illégales, antidémocratiques et forcément obscures au profit non pas du Bien commun France mais d’intérêts personnels qui relèvent de la vie privée du président ou de ses ambitions politiques y compris de son cercle d’intérêts.

Ce système voyou n’est pas propre à Macron, tous les présidents de la République en ont usé et il semble qu’on ne puisse pas gouverner un pays sans le soutien mafieux d’hommes de l’ombre. Il est tout de même contrariant d’observer que ce qui nous a été vendu comme politique nouvelle ne soit à la nouveauté que ce que le Canada Dry est à l’alcool.

Finalement, la question est de savoir s’il est possible de diriger une Nation sans intrigues, manipulations, sans magouilles, sans tricherie en toute honnêteté et transparence. Il semblerait que non. La révision de la Constitution qui vient d’être suspendue à cause du scandale Benalla aurait pu reprendre en incluant la question des cabinets noirs et des séïdes ? Ne rêvons pas.

Quatre faits majeurs ressortent pour l’instant de cette  affaire « nauséabonde »: la présence  en nombre et fonction de musulmans d’origine marocaine au plus proche du président Macron, l’existence d’un cabinet noir dont Gérard Collomb serait le parapluie de son plein gré, l’activité illégale du séïde Alexandre Benalla au service de Jupiter et toute une kyrielle de mensonges depuis le président jusqu’au préfet et leurs nettoyeurs.

Cabinets noirs de la Ve république

Le corollaire du cabinet noir c’est  l’homme de main ou barbouze, séide, nettoyeur, sbire, ami voyou délinquant ou criminel selon ses missions.

Au prétexte de la raison d’État, les présidents se sont souvent entourés d’un « cabinet noir » effectif ou virtuel chargé d’organiser les missions de leurs séïdes (« séide » personnage de Voltaire dans Le Fanatisme, ou Mahomet le prophète, est une transcription de « Saïd » fils adoptif de Mahomet !) aussi bien pour des affaires privées que des affaires politiques. Le premier cabinet noir de la Vème république remonterait à 1960 sous la présidence de de Gaulle et aurait été animé par Jacques Foccart qui pilotait le Service d’Action Civique, le SAC. Tous les présidents de la Vème république, de De Gaulle à Hollande, ont eu des cabinets noirs dont les têtes étaient souvent connues mais dont les actions et les agents restaient dans l’ombre. Dans l’affaire Benalla, il serait vraisemblable que la tête du cabinet noir de Macron soit Gérard Collomb. Ce n’est qu’une hypothèse, ce vieux routard du PS qui a bouffé à tous les râteliers du parti et qui, récemment interrogé par la commission d’enquête (bidon) de l’Assemblée nationale, prétendait ne rien savoir. Gros mensonge dans l’intérêt de la nation ou de l’intérêt très personnel du président et de ses hommes ?

La Vème république a ainsi connu de grands scandales dont le président de la République était le commanditaire se faisant servir par des individus peu recommandables mais entièrement dévoués à leur mission. On connait la collusion du général de Gaulle avec le SAC pour lutter contre l’OAS qui refusait de quitter l’Algérie.

La présidence de Valéry Giscard d’Estaing a connu les affaires Boulin et Bokassa (diamants)  dans lesquelles on retrouve Jacques Foccart, le SAC et Charles Pasqua.

Avec François Mitterrand les affaires pleuvent : écoutes téléphoniques abusives, deuxième famille, Françafrique, attentat de la rue des Rosiers Irlandais de Vincennes, Rainbow Warrior, etc. François Mitterrand ordonne la création d’une cellule antiterroriste à l’Élysée, dirigée par le gendarme Christian Prouteau et qui n’obéit à aucun contrôle autre que celui du président. Très vite, il s’en sert pour son intérêt personnel et étouffer de gênantes affaires.

Avec Jacques Chirac on apprend que la France a vendu des armes à l’Angola (Angola gate) malgré l’embargo décrété par l’ONU. Les intermédiaires sont Charles Pasqua, l’ex préfet Mariani  .

Avec Nicolas Sarkozy on déplore l’assassinat de onze ressortissants français à Karachi pour une sombre histoire de rétrocommissions, les intermédiaires étant Alexandre Djouhri, né Ahmed, Robert Bourgi ben Mahmoud, , Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir . Ils sont tous originaires du Liban, vraisemblablement musulmans et spécialisés dans la vente d’armes.

Alexandre Ben Allah, un séïde ordinaire

Un haut fonctionnaire, a fortiori un président, exige d’être servi selon son bon vouloir et peu lui importent les moyens utilisés par ses hommes de main pour le satisfaire. Le patron exige , le serviteur obéit.

Par exemple, dans les affaires de financement des campagnes électorales, le candidat ne ment pas forcément lorsqu’il affirme ne pas être au courant de la manière dont les fonds ont été rassemblés. Il a ordonné et ne s’est pas mêlé des détails. D’ailleurs, une fois élu, comme par exemple Nicolas Sarkozy, seuls les exécutants sont sanctionnés.

Ce que nous savons de Ben Allah le dessine comme un homme dévoué au président au point de s’arroger les fonctions de la police et de la gendarmerie sans en avoir la légitimité.

Officiellement garde du corps du président et de son épouse il semble avoir été choisi , au nom de la protection de ses maîtres, de sa fidélité au PS depuis 2011 , son expérience de garde du corps auprès d’Aubry et Hollande et son absence de scrupules.

D’après l’avocate Caroline Mecary, Ben Allah aurait collecté l’ADN d’opposants à Macron (gobelets, mégots, déchets divers) afin de les identifier et de les surveiller illégalement. La fin justifie les moyens.

Les besoins du patron qui doivent être impérieusement satisfaits ne peuvent s’accommoder des principes et des serments des gardes républicains, des gendarmes et des policiers qui sont officiellement destinés à assurer sa sécurité. Ces hommes constitués en GSPR sont entraînés car ils viennent tous du GIGN. Mais s’ils sont compétents en matière de sécurité, ils ne sont pas fiables pour mener des actions secrètes plus personnelles et illégales sauf à imiter Vincent Crase, chef d’escadron de la réserve opérationnelle de la gendarmerie, acolyte de Ben Allah dans l’affaire du 1er mai.

Bien que Macron ait fréquenté depuis des décades les sphères du pouvoir et bien qu’il se soit entouré de coquins rusés et expérimentés, il semblerait que ses prétentions l’aient rendu imprudent et qu’il  ait peut-être été conseillé par des gens qui voulaient sa chute. Étant donné ce que nous savons de son narcissisme et de son cynisme, il est probable qu’il ait perdu tout sens de la mesure affecté par le vertige des hauteurs, ce qui n’est pas surprenant quand on sait qu’il fut élu puis conditionné par sa grand-mère et Brigitte sa prof de théâtre comme l’enfant le plus exceptionnel de la terre naturellement destiné à un avenir glorieux.

Le fait que Macron se soit entouré de musulmans pour le conseiller et le protéger est cohérent avec sa politique immigrationniste islamisatrice. Comme nombre de ses prédécesseurs et de l’élite politico financière du pays il éprouve un penchant marqué pour le Maghreb, en particulier pour le Maroc et l’Algérie qu’il a honorés de sa présence tout fraîchement élu. Ne s’est-il pas entouré de musulmans pour donner des gages à ses amis ? Imprudent Manu. Le séïde aurait fréquenté l’ex avocat Karim Achaoui radié pour fréquentation du grand banditisme, fondateur de la ligue de défense judiciaire des musulmans. Outre un engagement musulman, c’est une connexion utile pour recruter des hommes de main, constituer un réseau clandestin et se procurer tout ce que les marchés parallèles peuvent offrir en armes, drogues et matériel volé comme des uniformes et équipements de police ou de gendarmerie.

Jupiter aurait-il oublié que bien des monarques ont été assassinés par des proches comme Indira Gandhi le fut en 1984 par deux sikh de sa garde rapprochée ?

Connaissant la stratégie des islamistes -écrite en clair par l’état islamique- qui consiste à infiltrer pour détruire de l’intérieur et puisqu’on prête à Ben Allah une appartenance aux frères musulmans et au roi du Maroc, la débandade à laquelle nous assistons n’est-elle pas préméditée ? J’avais déjà écrit sur l’omniprésence du Maroc dans notre gouvernement et chez les terroristes. On apprend que ce serait Najat Belkacem qui aurait introduit Ben Allah au PS. Quand on sait que Najat a eu Gérard Collomb comme mentor et que ce dernier a couvert Ben Allah, on a de quoi s’interroger sur ce qui ressemble à une filière intemporelle.

Je le redemande, peut-on gouverner la France proprement ? L’honnêteté et le souci du Bien commun France sont-ils incompatibles avec la direction du pays ? Le fait d’avoir humilié l’armée et manipulé la police par l’intermédiaire de SON préfet est un signe de l’intérêt de Jupiter pour les gredins au détriment des institutions républicaines.

Alice Braitberg

Pour en savoir plus et sources

Selon un certain Karim B. qui a constitué un dossier sur l’affaire, l’homme se dénommerait en réalité LAHCENE BENAHLIA et serait membre des services secrets marocains. L’info aurait été donnée par un journal algérien.

Hommes de main et cabinets noirs de la Vème république : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cabinet_noir

Présidence de De Gaulle : Le SAC, utilisé par le président pendant la guerre d’Algérie contre l’OAS puis pendant les évènements de 1968.

service d’action civique (SAC) a été, de 1960 à 1981, une association au service du général de Gaulle puis de ses successeurs gaullistes, mais souvent qualifiée de police parallèle, créée à l’origine pour constituer une « garde de fidèles » dévouée au service inconditionnel du général après son retour aux affaires en 1958. ..Par le déchaînement de violence et par les implications politiques de ces assassinats, l’affaire a eu un grand retentissement dans la presse française au début des années 1980. Elle a généralement mis en lumière la persistance de diverses organisations paramilitaires extrémistes et la négligence bienveillante de l’appareil d’État à leur égard pendant deux décennies      Source

Présidence de Valéry Giscard d’Estaing : affaire Boulin, diamants de Bokassa

Boulin menaçait de révéler des secrets sur des affaires encore inconnues sur son parti. Son emploi du temps et ses relations convergent tous vers le RPR et le Service d’action civique, bras armé de de Gaulle, dirigé par Charles Pasqua, ennemi politique de Boulin, et Jacques Foccart, l’homme secret de la République, qui semble se placer au nœud de l’affaire.

Les diamants de Bokassa : VGE avait reçu pour environ 1 million de francs de diamants qu’il n’avait pas déclarés. En 1979, à la chute de Bokassa , les soldats français détruisent les archives. Qui étaient ces « soldats français » et qui les dirigeait ? On peut penser que des hommes de l’ombre étaient derrière la destruction de ces archives compromettantes pour le président.

Présidence de François Mitterrand : écoutes téléphoniques, deuxième famille, Françafrique, Irlandais de Vincennes, etc.

Suite à l’attentat de la rue des Rosiers, en 1982, François Mitterrand ordonne la création d’une cellule antiterroriste à l’Élysée, dirigée par le gendarme Christian Prouteau et qui n’obéit à aucun contrôle autre que celui du président. Très vite, il s’en sert pour son intérêt personnel et étouffer de gênantes affaires. Entre 1983 et 1986, François Mitterrand ordonne la mise sur écoute de 150 personnalités d’horizon différent, hors de tout circuit légal.

Rainbow warrior

L’affaire du Rainbow Warrior désigne le coulage du navire amiral de l’organisation écologiste Greenpeace, le Rainbow Warrior, par les services secrets français le 10juillet 1985, ainsi que ses suites médiatiques, politiques et judiciaires. Le navire, à quai en Nouvelle-Zélande, était paré à appareiller pour l’atoll de Moruroa afin de protester contre les essais nucléaires français. L’opération de sabotage fut commanditée par le ministre de la Défense français Charles Hernu, avec l’autorisation explicite du président de la République française François Mitterrand(selon le témoignage de Pierre Lacoste, patron de la DGSE)1. L’opération fit un mort : Fernando Pereira, photographe, membre de l’équipage de Greenpeace.

Présidence de Jacques Chirac : vente d’armes à l’Angola

en pleine guerre civile dans une Angola sous embargo de l’ONU, deux marchands d’armes, le Français Pierre Falcone et le Russo-Israélien Arcadi Gaydamak, fournissent entre 1993 et 1998 pour 790 millions de dollars de chars, navires et munitions soviétiques aux forces loyalistes du président, qui s’était vu refuser l’aide officielle de la France. Mais, en sous-main, l’Hexagone et son ministre de l’intérieur de l’époque Charles Pasqua (l’incarnation même des réseaux en Afrique) facilitent les connexions. Sans accord officiel, ces ventes d’armes sont rendus possibles par des pots-de-vin qui achètent le silence de nombreux politique et facilitent les rencontres entre hommes d’affaires, élus, conseillers et écrivains : on y retrouve Jean-Christophe Mitterrand, qui bénéficie des réseaux de papa, l’ex-préfet Jean-Charles Marchiani, l’homme à tout faire Jacques Attali et même l’auteur Paul-Loup Sulitzer.

SAC-service d’action civique https://fr.wikipedia.org/wiki/Service_d%27action_civique

Les hommes de l’ombre https://www.linternaute.com/actualite/politique/hommes-de-l-ombre/

Définitions de Séïde, barbouze et homme de main  Séïde (début du XIXe siècle) Translittération du prénom arabe سعيدSaïd [1] donnant Séide, personnage de Voltaire dans Le Fanatisme, ou Mahomet le prophète, inspiré de Zayd ibn Harithah[2], esclave affranchi et fils adoptif de Mahomet. Fanatique aveuglément dévoué à un chef, une cause ou à un parti. ; Barbouze est un terme argotique péjoratif désignant les membres des diverses officines chargées de la lutte contre l’OAS par des méthodes que ne pouvaient employer officiellement ni la police ni l’armée ; homme de main (h muet)\ɔm də mɛ̃\ masculin Homme d’exécution, homme bravehardi.

 

Source : https://ripostelaique.com/la-ve-republique-et-ses-seides-barbouzes-et-autres-nettoyeurs.html


« Si les informations du Parisien sont confirmées, cette affaire de perquisition chez Benalla est énorme ! »


Alexandre Benalla et les mystères de son passeport diplomatique


L'affaire Benalla Oh la la !

...par l'Amiral François Jourdier - le 26/07/2018.

 

Faire de l’affaire Benalla une affaire d’Etat me paraît quand même quelque peu excessif. Evidemment Jupiter a eu tord de s’enticher d’un nervi d’origine douteuse qui assurait sa sécurité pendant sa campagne électorale, mais des gars (et des garces) qui bénéficient de prébendes totalement injustifiées, il y en a plein les rues, songeons aux joyeux membres du Conseil Economique, Social et Environnemental, aux anciens présidents, aux fonctionnaires des assemblées, au coiffeur de Hollande et même à l’ambassadrice aux pôles nord et sud, Ségolène Royal.


C’est la curée, alors, que les opposants à Macron cherchent à le déstabiliser cela ne me choque pas beaucoup quoique je ne sois pas sûr que ce soit une bonne idée, mais que l’ensemble de la presse alimente le scandale avec une belle unanimité m’étonne, car les grands médias sont tous aux ordres et représentent des intérêts politiques et économiques.


Qui est derrière tout ce ramdam ? Macron aurait il cessé de plaire et travaille-t-on à son remplacement ? Ce me semble quand même un pari stupide et pour mettre qui à sa place ?


D’autant que les manifestants que Benalla a corrigés ne me paraissent pas blanc-bleu et qu’on mette sur la gueule de fouteurs de merde, me réjouit personnellement.
On ne va pas tarder de dire que c’est la faute à Trump ou à Poutine.

 

Source : http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/du-cote-des-elites/item/3405-l-affaire-benalla-oh-la-la

 


Benalla, symptôme de lèpre ......



Du renvoi du général de Villiers à la sanction contre Benalla

...par François Berte le 25/07/2018.

 

"[...] J’ai fait un parallèle très direct avec l’affaire de Villiers, qui a eu lieu il y a juste un an, et l’affaire Benalla. Un bon chef est obsédé par la mission. Il choisit donc des gens capables de le confronter, car son obsession est d’avoir un maximum d’éléments lui permettant de garantir la réussite de la mission.

Nous avons l’exact opposé de quelqu’un qui choisit des gens à sa dévotion, des disciples et des gens qui l’adulent. Mais c’est amusant de se rendre compte que ce sont ceux-là mêmes qui vont le perdre. Voir comment il a maltraité un grand serviteur de l’État qui a eu le malheur de lui rappeler son devoir, et voir comment il couvre quelqu’un qui a comme seul mérite d’être à sa dévotion, cela dit beaucoup de la personnalité d’un chef.

Privilégie-t-on la cour des admirateurs au détriment des capacités ?

Exactement. Il est très intéressant de voir le choix tel qu’il est fait, avec un rapport à la mission très problématique. Il y a également une absence totale de discernement dans la gestion de l’événement et de capacité à voir les enjeux.

Images-7Les différentes façons d’aborder les deux affaires à un an d’intervalle sont frappantes. La première avec une violence totale et la deuxième avec un silence absolu. Emmanuel Macron ne se positionne pas pour construire une équipe opérationnelle pour servir la France, mais positionne un système à sa dévotion. C’est un peu un voleur de gloire. Nous l’avons vu avec Johnny, Beltrame et les Bleus. Il s’agglutine à tous les endroits qui vont lui permettre de réfléchir sa superbe. En revanche, il est absolument absent du cloître du discernement qui lui permettrait de choisir une vision. Nous ne voyons pas où il en est dans sa vision.

On ne veut pas des transes, on veut du sens. Et le sens, c’est l’action de bon sens et en silence.

Le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron a pourtant vanté les capacités et les qualités d’Alexandre Benalla. Il est, selon lui, un spécialiste en matière d’organisation. La pression peut-elle expliquer que cet homme, qui a peut-être beaucoup de qualités, a tout simplement pété les plombs ?

La plupart des gens sont remplaçables. La seule chose qui ne l’est pas, c’est la capacité, étape après étape, à voir les enjeux et à les conduire. C’est là-dessus que l’on attend un chef. Les gens sont remplaçables. Même les héros sont remplaçables, et les héros tout seuls ne servent à rien. En l’occurrence, là, nous n’avons pas du tout un héros.

Cette personne a certainement des qualités, mais je pense que je peux vous présenter trois mille légionnaires capables de faire l’affaire, et avec beaucoup plus de retenue dans la violence. Ces liens plus que particuliers avec Emmanuel Macron sont, eux, en revanche, très troublants et inquiétants.

Le fait que son maintien enclenche un tel danger d’image et de fonctionnement au niveau de l’État montre la légèreté de notre conception de l’action politique."

 

Source : http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2018/07/du-renvoi-du-g%C3%A9n%C3%A9ral-de-villiers-%C3%A0-la-sanction-contre-benalla.html


Un syndicat de police demande la liste des experts de la réserve de la Gendarmerie


Macron s’enfonce et aggrave la crise


Ludovic Chaker: Un ami de Benalla est « chargé de mission » auprès de l’amiral Rogel (actualisé -2)


Affaire Benalla : La vérité en farce

...par le Col. Georges Michel - le 26/07/2018.

 

Nous y voilà, l’affaire Benalla n’est pas une affaire politique mais une simple affaire administrative. La République de Macron n’est pas celle des fusibles, comme le Président l’affirmait avant-hier devant son clan ; c’est celle des lampistes. Certes, on ne coupera pas de têtes – ça ne coûte rien de le dire – mais l’on est prié d’aller chercher les responsabilités, les « dysfonctionnements » du côté de la préfecture de Police de Paris. Pas le préfet, bien sûr, non un peu en dessous, et si possible bien en dessous, à l’échelon où naissent les « copinages malsains ». C’est en gros ce que l’on aura compris des auditions de la Commission parlementaire de l’Assemblée nationale, jeudi après-midi.

Certes, la nouvelle audition du contrôleur général Gibelin était nécessaire pour clarifier ses propos de lundi soir. Il a reconnu avec, semble-t-il, beaucoup de sincérité et même d’émotion, qu’il s’était trompé lorsque Marine Le Pen lui demanda si Benalla avait participé à des réunions à la préfecture de police entre le 2 mai et le 18 mai, c’est-à-dire durant sa mise à pied, ou plutôt, au vert. Non, a dit M. Gibelin. Dont acte. En revanche, oui, entre le 18 mai et le 18 juillet et ce, en contradiction avec la déclaration solennelle de Bruno Roger-Petit, le porte-parole de l’Élysée, la semaine dernière, comme l’a souligné le député LR Larrivé.

Mais la seconde audition du préfet de police, Michel Delpuech, était tout à fait superfétatoire, pour ne pas dire surréaliste. Une véritable machine à fabriquer du temps perdu. Le député Guillaume Larrivé, ainsi que d’autres députés LR, n’ont pas manqué de souligner le fait que cette audition était inutile. Et les questions des petits godillots à haut talon de La République en Marche n’ont fait que confirmer cette impression. Coralie Dubost, député de l’Hérault, avait vraisemblablement reçu pour mission d’occuper le temps de parole pour poser des questions secondaires, subalternes pour ne pas dire ancillaires, sur le fonctionnement général de la préfecture de police. On s’éloignait du Palais. C’était le but de la manœuvre. Cette juriste spécialisée dans les « modes alternatifs de règlement de conflits », comme le précise sa biographie, était donc tout à son affaire ! Dans l’ancien monde, on appelait ça noyer le poisson. Sous le regard de la garde-chiourme de service, la présidente de la Commission, Yaël Braun-Pivet, qui regardait l’horloge tourner très vite avec satisfaction. Son maître, le fameux « maître des horloges », remonté comme une pendule dans les Pyrénées, pouvait être content. On pensera à Yaël pour le prochain remaniement…

Mais alors qu’on amuse la galerie et fait perdre un temps précieux à un préfet sur des questions de notes de service et de couleur du brassard (j’exagère à peine !), les auditions plus politiques de Christophe Castaner, patron de LaRem, de Bruno Roger-Petit, d’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, sont jugées inutiles par Mme Braun-Pivet, au motif que la Commission doit se concentrer que sur les seuls faits du 1er mai. La manœuvre de diversion marche comme à la parade. Et les députés de la majorité, gonflés à la moraline, d’en rajouter sur le registre « Ils [les oppositions] font rien qu’à nous embêter », ils ne veulent pas travailler » et ça, c’est pas pro. Parce qu’à La République en marche, on ne fait pas de politique comme avant, on travaille (pour la France, bien sûr). Et si on pouvait supprimer la politique, ce serait encore mieux. C’est pour cela, du reste, que cette affaire n’est pas une affaire politique mais qu’une simple affaire administrative.

On comprend alors que la France Insoumise ait claqué la porte, ainsi que le député LR Guillaume Larrivé, co-rapporteur de la Commission d’enquête. Ce dernier, qui n’a pas l’air d’un comique troupier, refuse désormais de participer à la farce.

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/affaire-benalla-la-verite-en-farce/?mc_cid=d477df6411&mc_eid=c2875309d7

 


La République inaltérable

...par le Gal. Antoine Martinez - le 26/07/2018.

 

Depuis la publication par le journal Le Monde d'un article révélant les agissements scandaleux commis le 1er mai dernier par un très proche conseiller du président de la République, chaque jour qui passe apporte son lot de révélations toutes aussi extravagantes et incroyables les unes que les autres. Et d'une affaire qui aurait dû rester cantonnée dans son traitement au niveau individuel portant sur cet individu au comportement qu'on peut qualifier de voyou, voire de barbouze, cette affaire dite « affaire Benalla » est en train de virer au cauchemar pour la présidence de la République car l'état de droit est mis à mal et c'est un véritable scandale d'Etat qui est découvert et qui atteint directement le président de la République lui-même. Pourquoi ?

En premier lieu, le cas Alexandre Benalla, désormais poursuivi pour "violences en réunion n'ayant pas entraîné d'Incapacité", "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues de la vidéo protection" et "recel de violation du secret professionnel" doit interpeller les représentants de la nation et les citoyens français à deux titres.

 

Tout d'abord, présenté aujourd'hui comme un simple chargé de mission ou conseiller, il bénéficiait en réalité d'un statut particulier du fait de sa proximité avec le président ce qui lui donnait accès, à 26 ans, à certains privilèges et passe-droits exorbitants (logement de fonction dans une dépendance de l'Elysée, salaire insensé, véhicule haut de gamme de type berline avec chauffeur, port d'arme, badge de type H permettant l'accès dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, titre de lieutenant-colonel dans la réserve citoyenne, promesse d'appui pour une candidature au poste de sous-préfet (nomination au tour extérieur) cette candidature ayant été retirée, habilité secret défense...) qu'il considérait de nature à lui permettre de s'arroger des pouvoirs excessifs que personne n'osait ou ne pouvait contester puisque protégé par le président. C'est ainsi d'ailleurs qu'il a pu obtenir des bandes de vidéo-surveillance communiquées par trois fonctionnaires de police de haut rang. C'est dire le pouvoir de ce voyou et sa certitude d'impunité jusque là.

 

Par ailleurs, cette affaire est révélatrice d'une dérive de cette République exemplaire prônée par le président de la République. On peut même avancer qu'elle est le symptôme d'un dérèglement du pouvoir personnel et que le président démontre par ailleurs sa méconnaissance de la menace qui pèse aujourd'hui sur le pays. Sélective dans les sanctions qu'elle peut être amenée à prendre, cette République favorise curieusement l'infiltration ou le noyautage de nos institutions et des cercles dirigeants de notre pays par le recrutement ou l'entretien de relations obscures, malsaines et inquiétantes avec des personnages dont la loyauté à l'égard de l'Etat français et de de la nation peut être mise en doute. Alexandre Benalla, d'origine marocaine, dont on peut penser qu'il possède une capacité certaine d'influence sur le président, est notamment très sensible à la cause musulmane et à la « Ligue de défense judiciaire des musulmans » créée par l'avocat Karim Hachoui, avocat des voyous, radié du barreau de Paris pour manquements déontologiques et inscrit aujourd'hui au barreau d'Alger et avec lequel il entretient ou a entretenu des relations suivies. D'autres relations avec des personnes non moins embarrassantes ne peuvent pas être ignorées : Makao, ex-garde du corps du président reçu récemment à l'Elysée, s'affiche sans complexe avec Jawad Bendaoud, logeur des assassins du Bataclan ; n'oublions pas l'hésitation du président, en avril 2017, pour prendre ses distances avec Mohamed Saou, référent d'En Marche pour le Val d'Oise, qui pourtant ne cachait pas ses accointances avec « l'islam politique » ; que dire de « l'humoriste » Yassine Belattar pour qui le problème c'est l'homme blanc de plus de 60 ans et qui conseille, voire guide le président à qui le couplet sur « les deux mâles blancs » a probablement été suggéré ; sans oublier Hakim El Karoui conseiller chargé de l'islam qui préconise la création d'une taxe halal pour financer ce que le président croit être une religion. Rappelons que Alexandre Benalla a été introduit dans les rouages du parti socialiste par Najat Valaud Belkacem qui, avec d'autres, n'a fait qu'appliquer dans son action politique la stratégie culturelle islamique à l'extérieur du monde islamique élaborée par l'OCI. Enfin, dans l'optique de la création évoquée par certains d'une police parallèle au sein de l'Elysée, avec des individus comme Alexandre Benalla on ne peut pas exclure, sous couvert de la sécurité du chef de l'Etat, la mise sur pied d'une officine clandestine dérivant vers un système d'écoutes téléphoniques et le montage de coups tordus visant, entre autres, des organisations patriotiques qui dénoncent le danger islamique. La clairvoyance ne paraît pas animer nos responsables politiques et le président semble témoigner une certaine complaisance à l'égard des adeptes du système islamique.

 

En second lieu, il est évident que sans la révélation de cette affaire accablante par le journal Le Monde personne n'aurait rien su. Elle a donc été soigneusement cachée par nos dirigeants politiques qui à présent se félicitent, toute honte bue, que la justice soit saisie. Il semble cependant que le président de la République n'a pas pris la mesure de la gravité de la situation lorsqu'il a été informé au moment des faits. Mais il ne prend pas conscience non plus de la crise politique qui est en train de se développer depuis cette révélation, jetant le trouble dans les esprits, provoquant l'ébranlement de nos institutions et alimentant la tension chez nos concitoyens persuadés de l'impunité liée au pouvoir de cette « république des copains et des coquins ». Alors, seulement deux questions se posent.

 

La première porte sur la nature de la relation entre Alexandre Benalla et le président de la République. Pour quelle raison le premier bénéficiait-il de tels privilèges et passe-droits qui le conduisaient à profiter de sa position pour s'arroger en toute impunité des pouvoirs extravagants ? Et pourquoi était-il protégé par le président ? Car, si cette affaire a été soigneusement cachée, et si, de surcroît, la sanction arrêtée était totalement inadaptée – il semble cependant qu'elle n'ait pas été appliquée – c'est bien qu'il était protégé. D'ailleurs, compte tenu de la gravité des faits, le président avait la possibilité, à son retour d'Australie, de demander sa révocation. Il ne l'a pas fait alors que son exercice du pouvoir nous a habitués à des réactions immédiates et brutales lorsqu'il est contrarié. Personne ne peut oublier qu'il y a tout juste un an il poussait le général Pierre de Villiers, chef d'état-major des armées, à démissionner pour avoir fait son devoir et rappelait aux militaires que le chef, c'est lui ! Plus récemment, personne n'oublie le limogeage de Eric Fournier, ambassadeur de France en Hongrie, pour avoir dénoncé dans une note interne la «magyarophobie» des médias français et anglo-saxons. Par ailleurs, personne n'oubliera qu'en 2016, alors qu'il avait été relaxé par le tribunal, le général Christian Piquemal avait été radié des cadres des officiers généraux par M. Hollande pour avoir dénoncé le non-respect de la Constitution et la non-application des lois de la République par l'Etat à Calais. Personne n'a pu oublier, en 2013, l'éviction du général Bertrand Soubelet qui n'a dit que la vérité aux parlementaires qui l'auditionnaient. Est-ce cela la République exemplaire ?

 

La seconde porte sur l'article 40 du code de procédure pénale et sur l'obligation faite aux différentes instances ou personnes ayant eu connaissance des actes de violence commis par Alexandre Benalla d'en informer le parquet. On imagine aisément que compte tenu de la personne concernée (très proche conseiller du président, ce dernier ayant en outre une conception très verticale du pouvoir), et alors que cette question n'a pas pu ne pas être évoquée dès le 2 mai, quel responsable (ministre de l'Intérieur, préfet de police, cabinet du ministre de l'Intérieur, directeur de cabinet de l'Elysée, secrétaire général de l'Elysée) aurait pris l'initiative de saisir le parquet avec le risque de mettre le président en porte-à-faux ? Cela dit, personne n'ayant pris cette initiative, il revenait logiquement au président lui-même de le faire ou de donner aux services de l'Elysée l'ordre de le faire. Encore une fois, pourquoi le président ne l'a-t-il pas fait ? Et cette seconde question nous ramène à la première car elle sont liées. Tout converge donc vers le président.

 

Dans cette affaire grave qui tourne au scandale d'Etat, même si des têtes vont tomber, il n'y a pas de réel fusible et le président, qui le sait, est en première ligne et sortira très affaibli de cette débâcle politique. Car finalement, le plus important dans le dénouement de ce scandale ne réside pas dans l'incident du 1er mai mais dans la personnalité d'Alexandre Benalla associée aux dérives qui seront dévoilées par l'enquête. Les réponses attendues à ces deux questions légitimes détermineront si le président a manqué à ses devoirs dans l'exercice de son mandat. Auquel cas, il pourrait tomber sous le coup d'une procédure de destitution prévue par l'article 68 de notre Constitution. Si la République peut être inaltérable, elle est au service de la France et ceux qui la dirigent ne sont pas au-dessus des lois.

 

Antoine MARTINEZ

Coprésident des Volontaires Pour la France


« La promotion de Benalla au grade de lieutenant-colonel est une imposture qui a choqué profondément le monde militaire. »

...par le Col. Jacques Hogard - le 25/07/2018.


Assiégé, Emmanuel Macron tente une sortie

...par le Col. Georges Michel - le 25/07/2018.

Une semaine qu’Emmanuel Macron était retranché, assiégé au Château. De gauche comme de droite, tous y allaient de leurs pilonnages, de leurs assauts, de leurs mines. Le prince qui, habituellement, faisait le beau du haut de son donjon ou dans la basse-cour semblait se terrer dans la salle d’armes. Depuis que son héraut, le triste sire Bruno Roger-Petit, avait pompeusement claironné que Benalla avait été sévèrement puni – on lui avait, cependant, épargné le pilori -, les sorties de la garde palatine et de ses spadassins en tout genre s’étaient toutes conclues par des échecs cuisants et humiliants : l’Histoire retiendra le très comique troupier Castaner faisant de Benalla un bagagiste. On imagine la colère froide du prince : si j’ai besoin d’un bouffon à grelots, la prochaine fois, je penserai à toi.

Une semaine, donc, qu’Emmanuel Macron était muré. Les auditions en commission semblaient se resserrer sur sa personne. La tour tenue par Gérard Collomb vacillait lamentablement mais les brèches avaient pu être colmatées, vaille que vaille. On avait frôlé la catastrophe avec l’audition du contrôleur général Gibelin mais, mardi, tout était revenu dans l’ordre lorsque ce dernier avait retrouvé, comme par miracle, la mémoire. La preuve qu’à la guerre, il faut aussi avoir un peu de chance… Très difficiles furent les attaques contre l’un des principaux officiers du donjon, Patrick Strzozda, directeur de son cabinet. Un combat rude s’engagea mais, au final, les assaillants ne purent enfoncer la porte cloutée.

Mais l’état de siège ne peut pas se prolonger durablement. Pour Emmanuel Macron, qui a tout construit sur le mouvement, il fallait tenter une sortie. Ce qu’il fit, mardi soir. Il est gonflé, s’est-on dit. Il contre-attaque au moment où on ne s’y attendait pas. On confine au génie militaire ! L’espoir allait-il changer de camp ? À croire que oui, si l’on écoutait la délicieuse Aurore Bergé sur BFM TV. Les gentes dames de la Macronie semblaient reprendre des couleurs. L’émotion était presque palpable sous le bustier de Marlène Schiappa. Cependant, ce ne fut pas Arcole – certes pas Waterloo, pour paraphraser Jacques Brel –, mais la sortie ne restera pas dans les annales des grandes batailles politiques.

De quoi s’est-il agi ? D’une sortie de faible envergure d’Emmanuel Macron pour aller se réfugier dans le camp de La République en marche, sa horde d’or, son caravansérail de campagne, à la Maison de l’Amérique latine où étaient rassemblés les députés de la majorité pour un pot de fin d’année parlementaire. Emmanuel Macron était au milieu des siens. Il n’était pas le président de la République française mais celui de La République en marche. Il n’était pas le chef de tous les Français mais celui d’un clan. Au fond, ce qu’il a toujours été. Et, au milieu de sa meute qui n’en pouvait plus d’émoi, il a fait le matamore : « Le seul responsable, c’est moi, qu’ils viennent me chercher », sachant très bien que, par construction, il est irresponsable. En cela, du reste, ceux qui demandent son audition par la commission parlementaire devraient relire la Constitution.

Et puis, il a pris la posture noble du prince trahi par celui en qui il avait mis toute sa confiance. À ce moment-là, non pas une messe, mais une larme est permise. On remarquera, cependant, la grande mansuétude du prince pour son nervi : découvrant la trahison le 2 ou 3 mai, il garde cependant le favori au Château et ne le chasse définitivement que le 18 juillet. On avait connu un Emmanuel Macron plus fulgurant. Au milieu de son bivouac, Emmanuel Macron s’est même pris à « blagouner », comme François Hollande en son temps : Benalla n’avait pas les codes nucléaires, Benalla n’était pas mon amant… L’on était prié, chez les députés LREM, de sourire, d’applaudir. Une coupe de champagne et retour au Château. Le siège tient encore.

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/assiege-emmanuel-macron-tente-une-sortie/


Tout est normal, il ne se passe réellement rien. (1)

...par Roland Pietrini - Le 25 juillet 2018.

Tout est normal, il ne se passe réellement rien. (1)

 

Benalla mon ami le garde du corps.jpg

 Quand Alexandre Benalla posait pour "l'Obs" avec une arme (3)

 

Mon premier billet «Les barbouzes d’un Président exemplaire » (2) en date du 21 juillet concernant l’affaire dite à tort Benalla, se concluait par cette simple phrase : « Nous en sommes qu’au début, la suite risque d’être savoureuse ». Je dois dire que nous avons été plus que comblés dans le mauvais sens du terme. Je crains aussi d’être d’une totale banalité en rabâchant ce que tout le monde peut lire et constater.

 

Monsieur Benalla possédait un Glock,  dont le numéro est parfaitement connu, la mention de sa fonction sur son accréditation de port d’armes est claire. Monsieur Benalla était, je cite : « chargé de mission auprès du chef de cabinet du président de la république en charge de la coordination de la sécurité du président de la république avec les forces militaires et le GSPR » et contrairement aux dires du préfet de police,  qui a accordé cette autorisation, alors qu’elle avait été refusée à trois reprises auparavant, elle n’indique aucune restriction.

  

Monsieur Benalla avait donc parfaitement le droit....

 

 

Lire la suite sur le site :

 https://www.athena-vostok.com/tout-est-normal-il-ne-se-passe-relllement-rien-1?trck=notif-12541725-1364174-12IXy


À ce train-là, dans deux ans, Benalla était général !

...parJ.-P. Fabre Bernadac - le 24/07/2018.

Ancien officier de Gendarmerie

Diplômé de criminologie et de criminalistique


 

Depuis ces deux derniers jours, nous sommes au temps des « patates chaudes ». Le ministre de l’Intérieur, le directeur de cabinet et le préfet de police jouent à « Ce n’est pas moi, c’est lui … Moi, mais j’ai rien fait, monsieur, je savais rien juré, craché ! » Subitement, ces autorités miment les singes de la sagesse, ceux qui ne voient rien et n’entendent rien.

 

Aujourd’hui, les fumigènes balancés le 1er mai place de la Contrescarpe produisent de l’enfumage jusqu’à l’Élysée. Un seul but, dans ce capharnaüm présidentiel : sauver le soldat Macron. Car derrière les indignations dénonçant le comportement du « bodyguard », que trouvons-nous d’autre, sinon la responsabilité pleine et entière de l’hôte du Palais ? Oui, comment ne serait-il pas le seul, contre vents et marées, à avoir imposé ce simple garde du corps ? Comment ne pas en conclure que c’est le Président qui a mis en avant son « puncheur » ? Pour le directeur de cabinet, le secrétaire général de l’Élysée et le commandant du GSPR, l’homme ne présentait aucune importance. Ils ne lui en ont accordé que lorsque Macron les y a obligés.

Dans un précédent article, j’avais indiqué que Benalla n’était que brigadier de réserve. Mais en 2017, changement de décor, Jupiter est sacré sur les fonds électoraux. Notre Dieu élyséen veut sans doute dur comme fer l’élévation en grade de son garde du corps. C’est, en tout cas, ce que tend à démontrer la suite. Il fallait donc le faire passer de brigadier à lieutenant-colonel, un peu comme si vous demandiez, dans une entreprise, que le responsable de la maintenance devienne, du jour au lendemain, sous-directeur.

Cet homme, simple gendarme adjoint de réserve, ayant suivi deux semaines de formation en Normandie lors d’une préparation militaire et ayant effectué quelques rares missions avec, comme chef de peloton, Sébastien Lecornu, nommé, depuis, secrétaire d’État à la Transition écologique, devait passer officier supérieur. La direction se devait de s’incliner. Donc le directeur, tout en précisant le statut de « réserviste » du garçon, plia un genou mais, à la manière « gendarmique », tout en finesse et en note interne, comme le raconte Le Parisien.

Alexandre Benalla, engagé auprès de la réserve opérationnelle, en avait été radié à sa demande en 2017. Pourtant, grâce à un tour de passe-passe, il n’en a pas pour autant quitté la gendarmerie. Figurez-vous que, depuis cette date, il est devenu « expert » au sein d’un groupe de 74 personnes auxquelles fait appel la direction nationale quand elle ne dispose pas de « ressources en interne ». Ainsi serait-il intervenu pour une mission de travail lors des incendies et agressions de casernes de gendarmerie fin 2017. Une compétence qui lui confère, par l’opération du Saint-Esprit, un grade « temporaire » : celui de « lieutenant-colonel ». C’était tellement ridicule que la direction des réserves a émis un avis défavorable, mais s’oppose-t-on à la volonté du prince ?

Je vous laisse imaginer la fureur des « pandores », officiers et gradés réunis, devant un tel avancement.

Macron est l’instigateur du « Benallagate ».

Dommage que le bagagiste des « Bleus » (dixit Castaner) soit en mauvaise posture : avec un tel protecteur, dans deux ans, il était général !

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/a-ce-train-la-dans-deux-ans-benalla-etait-general/

 


MACRONGATE : LE PETIT ROI ET SON MÉPRIS DU DROIT

...par RÉGIS DE CASTELNAU - le 23/07/2018.

 

La presse nous rapporte ce qu’aurait déclaré, en garde à vue, celui que beaucoup appellent désormais « le gorille à Manu ». La première chose qui frappe, c’est l’étonnant culot dont il fait preuve. La seconde, c’est qu’il est clair qu’il a été dûment chapitré et que la stratégie de la Macronie sera de semer la confusion en espérant continuer à profiter de la complaisance dont elle a bénéficié d’une partie du haut appareil judiciaire. C’est la raison pour laquelle il est utile sinon indispensable de revenir sur un certain nombre d’aspects essentiels de la partie qui se joue aujourd’hui. D’autant plus essentiels qu’ils constitueront les enjeux du débat judiciaire. Or, avec un exécutif aujourd’hui plaqué au sol et un législatif transformé en cirque, la justice est le seul des trois pouvoirs dont on puisse espérer qu’il sera capable de rester à peu près debout.

 

Gare au « gorille »

Le jour du déclenchement du scandale, après avoir vu la vidéo des faits, nous avions établi la nature des infractions qui devaient être reprochées à Alexandre Benalla et le caractère inadmissible de la protection dont il avait bénéficié après ses exactions. Le feuilleton qui se déroule désormais nous apporte une révélation toutes les heures sur le statut et les avantages délirants, et manifestement indus, dont bénéficiait le « gorille ». Chacun de ces faits doit faire l’objet d’une analyse juridique qui permette d’en caractériser l’aspect pénalement répréhensible, et d’en identifier les auteurs.

Dans la mesure où les événements que nous allons étudier ont fait l’objet de décisions prises par des fonctionnaires dans le cadre de structures hiérarchiques, rappelons les principes de responsabilité qui gouvernent cette matière.

Tout d’abord, en application de l’article 28 de la loi sur le statut de la fonction publique, le fonctionnaire est tenu à un devoir d’obéissance. Assorti d’un devoir de désobéissance si l’ordre qui lui est donné est manifestement illégal. L’article 122–4 du Code pénal exonère le fonctionnaire auteur d’une infraction accomplie sur ordre à la condition qu’il n’en ait pas connu le caractère illégal. Apparemment accordés à la demande d’Emmanuel Macron, les avantages dont a bénéficié Monsieur Benalla ont fait l’objet pour chacun de décisions administratives. Tous les fonctionnaires impliqués sont donc responsables et il est indispensable qu’ils en répondent.

 

Viens chez moi, j’habite chez un copain

Premier exemple, la rémunération exorbitante (environ 10 000 euros par mois) perçue par l’homme de main, selon Le Parisien. S’agissant de fonds publics, il est clair qu’il ne peut y avoir d’arbitraire dans la fixation de la rémunération des collaborateurs de l’Élysée. De ce que l’on comprend aujourd’hui, le montant était directement lié, non pas à l’utilité de la mission, mais à la faveur du prince. Celle-ci ne saurait servir de support à une décision régulière. Les chiffres qui circulent dans la presse sont effectivement complètement excessifs, et peuvent encourir les foudres de l’application de l’article 432–15 Code pénal relatif au détournement de fonds publics. Le président de la République et ses collaborateurs, et notamment son chef de cabinet, sont responsables du maniement des fonds publics dont ils sont dépositaires. Les engagements de dépenses doivent être conformes à l’intérêt public et non pas le fruit de faveurs voulues et dispensées par le chef de l’État. Emmanuel Macron sera protégé par son immunité présidentielle. Ce n’est pas le cas de son directeur de cabinet qui a dû signer le « contrat de travail » et saisir le comptable public de l’engagement des dépenses correspondant à la rémunération. Il est indispensable qu’il en réponde dans le cadre d’une procédure judiciaire. Ceci n’a rien de fantaisiste, on apprend par un télescopage du calendrier, que Maryse Joyssains, maire d’Aix-en-Provence, vient d’être condamnée pour avoir promu indûment son chauffeur et fourni à ses proches des emplois de complaisance !

Deuxième exemple, le logement de fonction. Accordé, rappelons le, le 8 juillet dernier, alors même que les communicants de l’Élysée, empêtrés dans leurs mensonges, nous affirment que le « gorille à Manu » était puni. Dans la fonction publique, concernant les logements de fonction, en application du décret du 9 mai 2012, il existe deux régimes de « concession de logement ». D’une part, celle par « nécessité absolue de service » qui impose au fonctionnaire une disponibilité totale, et ne donne pas lieu à perception d’une contrepartie, c’est-à-dire d’un loyer. D’autre part, une concession avec paiement d’un loyer, pour les fonctionnaires qui sans être assujettis à la nécessité absolue sont tenus d’accomplir un service d’astreinte. Il est clair que Monsieur Benalla, au statut complètement flou, ne rentre dans aucune des catégories. Et que l’on ne nous parle pas de sécurité, celle-ci est assurée dans le cadre de la loi républicaine par le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), composé de fonctionnaires formés. Qui a pris la décision d’attribuer ce logement ? Quelle modalité a été choisie ? Quelle est la justification de cet avantage en nature ? Monsieur Benalla est-il assujetti au versement d’un loyer en application des stipulations du décret du 9 mai 2012 ? Si cette attribution, ce qui est fort probable, est contraire à la réglementation, l’article 432–15 du Code pénal trouvera encore à s’appliquer. Même motif, même punition pour celui qui a signé sur ordre le contrat de bail.

 

Aux armes, etcaetera 

Parlons maintenant de la pseudo-sanction infligée au faux policier après ses exploits place de la Contrescarpe. Il apparaît d’ores et déjà que les soi-disant mise à pied et rétrogradation sans salaire n’ont jamais été appliquées. Qu’en est-il de la rémunération? Le bruit court qu’elle aurait quand même été versée, contrairement à ce qui a été dit. Et pourquoi donc ? À la demande de qui ? Encore le 432–15 ? Cela devient une habitude. Il serait bien de s’en expliquer devant un juge d’instruction.

Il y a également l’attribution au « gorille » d’un permis de port d’armes. Autorisation invraisemblable, mais manifestement sur ordre du château après un premier refus circonstancié de la préfecture de police. Tout simplement parce que les conditions juridiques n’étaient probablement pas réunies. Qu’à cela ne tienne, le prince cède à son homme qui rêve depuis longtemps d’être « enfouraillé ». Comme le démontre la lecture des «Macronleaks », il en avait formé la demande pendant la campagne présidentielle. La valeur juridique de cette nouvelle autorisation mériterait d’être regardée de près. Son grand ami Vincent Crase, le salarié du parti LREM, s’est quant à lui passé de l’autorisation légale puisqu’il parade, place de la Contrescarpe, avec un flingue bien visible sur les photos et les vidéos. Sous les yeux des policiers vrais et faux mélangés que ça n’a pas l’air de gêner. Port d’arme prohibé, et de première catégorie, excusez du peu. Là aussi, il serait intéressant de savoir pourquoi et comment des civils aussi douteux que nos duettistes peuvent se promener ainsi armés jusqu’aux dents. Cela relève des investigations d’un juge d’instruction.

 

Et ça continue encore et encore…

Nous avons ensuite l’hérésie d’attribuer un pass d’entrée donnant accès à tous les locaux de l’Assemblée nationale et notamment à l’hémicycle (!) à notre homme de main qui ne pouvait bien sûr y avoir droit… Il serait intéressant que François de Rugy, le président de l’Assemblée nationale, vienne s’expliquer sur ce manquement gravissime, qui serait de nature à éclairer sur le dispositif qu’Emmanuel Macron commençait à mettre en place pour privatiser à son profit les services de sécurité de l’Élysée.

On parlera aussi de la fulgurante montée en grade d’Alexandre Benalla (il était réserviste) dans la gendarmerie. Plusieurs fonctionnaires de police ont déjà été mis en garde à vue et  mis en examen. Trois d’entre eux, aux grades conséquents, ont trouvé tout à fait normal de trahir leur secret professionnel et de mettre à la disposition d’une personne visée par la justice des éléments strictement confidentiels. Encore bravo !

La liste devrait normalement s’allonger. Alors à ce stade, à tous ceux qui, par cupidité, arrivisme ou lâcheté, ont prêté la main aux dérives voulues par le chef de l’État, on rappellera l’existence d’un autre article du Code qui les concerne tous. L’article 433-1 du Code pénal, celui qui réprime tous ceux qui ont pris des mesures pour faire échec à l’exécution de la loi. Tous les faits, toutes les manœuvres, tous les ordres qui viennent d’être décrits ci-dessus en relèvent.

 

Mais que fait la justice ?

Depuis déjà un moment, la justice s’est laissée déshonorer par les agissements de la juridiction d’exception du Pôle financier flanquée du Parquet national financier (PNF). Outil politique acharné à fausser l’élection présidentielle, d’abord contre Nicolas Sarkozy puis contre François Fillon. Outil dirigé plus récemment contre le Rassemblement national. Il semble symétriquement avoir servi d’étouffoir dès lors que des choses très gênantes pouvaient être reprochées aux amis du Parti socialiste ou à la Macronie. Que sont devenus Kader Arif, Bruno Leroux, Faouzi Lamdaoui ? Où en sont les affaires Ferrand, Collomb, Las Vegas, les irrégularités financières grossières de la campagne électorale du candidat Macron ?

En allant au fond des choses, le parquet de Paris et les juges d’instruction du même tribunal ont l’occasion de commencer à reconstruire une crédibilité et une légitimité lourdement entamées auprès de l’opinion. Il serait vraiment opportun de la saisir. Pas sûr que l’histoire repasse les plats.

Quant au président de la République, il pourrait apparaître comme l’auteur initial, et par conséquent le responsable, de tout ce que le scandale vient de mettre au jour. Sachant que ce n’est probablement pas fini. À l’abri de son immunité, il va peut-être enfin faire un peu l’expérience du fait que la politique est d’abord et avant tout un rapport de force.

Son inconséquence l’a singulièrement isolé et il pourrait faire l’expérience de l’ingratitude des hommes, et de leur capacité à rapidement chercher des passerelles pour quitter le navire.

 

Source : http://www.vududroit.com/2018/07/macrongate-petit-roi-mepris-droit/


Les barbouzes d'un président exemplaire


COMMUNICATION DE LA DGGN

 

 Deux personnels, par ailleurs réservistes de la gendarmerie nationale, sont mis en cause dans une affaire de violences en service de maintien de l’ordre à Paris. Ils n’étaient pas employés en mission par la gendarmerie nationale lors des faits reprochés commis le 1er mai dernier.

 Il paraît important de vous donner quelques informations sur la situation.

 L’un d’entre eux (Alexandre B.) est engagé dans la réserve opérationnelle depuis 2009. Il n’a pas été employé depuis 2015. En 2017, il a été radié à sa demande de la réserve opérationnelle, et a été intégré comme spécialiste expert pour apporter un éclairage sur la fonction protection. Ce vivier peu connu est constitué de 74 personnes recrutées pour leurs compétences particulières (informaticiens, linguistes, communicants, juristes, spécialistes ressources humaines, cadre de sécurité etc...). Ce statut ne permet pas d’être employé en dehors de son domaine de compétence, et exclut toute mission opérationnelle. Le grade d’Alexandre B. (lieutenant-colonel) lui a été conféré au titre de son niveau d’expertise et pour le seul exercice de sa mission. Il n’a jamais été employé par la gendarmerie nationale dans ce cadre.

 Le second (Vincent C.), chef d’escadron de la réserve opérationnelle, a quant à lui intégré cette dernière en 1996. Il a effectué régulièrement des missions de formation et d’encadrement.

 Les faits reprochés à ces deux personnes, commis en dehors de tout lien avec le service de la gendarmerie, auront pour autant des conséquences disciplinaires et statutaires sur leur qualité de réserviste.


La mission d’Alexandre Benalla - le 22/07/2018

+

 

Un des collaborateurs du président Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, avait pour mission de créer un équivalent français à l’US Secret Service.

Cette agence, rattachée au département de Sécurité de la patrie (Homeland Security), est chargée de la protection du président des États-Unis et de hautes personnalités. Elle joue également un rôle pivot dans l’anti-terrorisme (et la lutte contre la fausse monnaie).

Le président Macron avait déjà institué à l’Élysée une « Task Force » (sic) de lutte contre le terrorisme dirigée par le préfet Pierre Bousquet de Florian.

Malgré son jeune âge, Monsieur Benalla, que la presse algérienne présente comme lié aux services secrets marocains (DGED), était pressenti pour diriger le futur Secret Service de l’Élysée.

 

Source : https://www.voltairenet.org/article202126.html

 


Affaire Benalla ou affaire Macron ?

...par le Col. Georges Michel - le 22/07/2018.

 

Et si on arrêtait d’appeler l’affaire qui secoue la France depuis trois jours l’« affaire Benalla » ? Benalla qui, au moment où ces lignes sont écrites, doit être présenté à un juge avec son petit camarade Vincent Crase, salarié de La République en marche, et trois policiers. En effet, comme l’a suggéré Marine Le Pen, cette affaire ne prend-elle pas un tour qui nous permet désormais de la qualifier d’« affaire Macron » ou, tout du moins, d’« affaire Benalla-Macron » ou d’« affaire Macron-Benalla » ?

On connaît le vieil adage : « La femme de César ne doit pas être soupçonnée. » Quel rapport, me direz-vous, avec l’affaire en cours ? Alexandre Benalla n’est pas la femme d’Emmanuel Macron, que l’on sache ! Plutarque prête ces mots à César, alors souverain pontife de Rome, lorsqu’il répudia sa deuxième épouse Pompeia Sulla, soupçonnée de l’avoir trompé avec Clodius Pulcher. Proche du pouvoir, Pompeia ne pouvait être suspectée. Aussi, César s’en sépara sans délai. Plus largement, l’entourage du pouvoir doit être irréprochable : c’est le sens qu’a pris avec le temps cette maxime héritée de la République romaine qui n’était pas « inaltérable » mais avait ses principes. Certes, César avait peut-être une autre idée en tête, mais ça, c’est une autre histoire… On pourrait, bien sûr, faire une lecture cynique de l’adage : les personnalités qui gravitent autour du pouvoir sont intouchables par construction car, suspectées de turpitude, c’est le pouvoir lui-même qui risquerait d’être éclaboussé. Mais peut-on imaginer, dans la « République irréprochable », que l’Élysée ait voulu cacher cette affaire qui remonte tout de même à bientôt trois mois maintenant ?

Évidemment, Alexandre Benalla n’est pas la femme d’Emmanuel Macron, disions-nous, mais l’on est tout de même un peu consterné qu’un gaillard de ce tonneau, jugé pour violences sur une femme en 2015, ait pu devenir un proche de celui qui a fait de la lutte contre les violences faites aux femmes une grande cause de son quinquennat. Objection : Benalla a été relaxé en 2016 et, d’ailleurs, qui nous dit que, les yeux dans les yeux, selon la formule consacrée depuis l’affaire Cahuzac, dans le secret du bureau présidentiel, l’intéressé n’a pas juré à son chef qu’il était blanc comme neige dans cette affaire… Mais « la femme de César ne doit pas être soupçonnée », principe de précaution en politique qui semble avoir été négligé. L’on apprend aussi qu’Emmanuel Macron avait confié à ce jeune homme le dossier de la réorganisation de la sécurité du Président. Un dossier d’une telle sensibilité ne peut, à l’évidence, être donné qu’à une personne d’un très haut niveau de compétence et par ailleurs investie de la plus grande confiance de la part du Président. En cela, Emmanuel Macron a failli. Et cela remet sérieusement en cause l’image de professionnalisme qui était, soit-disant, la marque de fabrique du macronisme.

Aussi, contrairement à ce que déclarait ce dimanche Richard Ferrand, l’inénarrable patron des godillots LREM à l’Assemblée, dépité que l’opposition ait obtenu une suspension des débats sur la réforme constitutionnelle, cette affaire est certes une affaire judiciaire, mais elle est aussi et peut-être surtout une affaire éminemment politique. En cela, c’est « l’affaire Macron ».

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/affaire-benalla-ou-affaire-macron/?mc_cid=eb573b103f&mc_eid=c2875309d7


Affaire Benalla : zones d’ombre sur l’Élysée !

...par J.-P. Fabre Bernadac - Ancien officier de Gendarmerie - Diplômé de criminologie et de criminalistique - le 21/07/2018.

Si tous les médias expliquent, avec l’affaire Benalla, que le pouvoir a choisi de protéger un individu en raison de son appartenance au premier cercle de la Macronie, aucun ne donne une raison et ne se pose la question : pourquoi ? Aussi, essayons d’en savoir plus sur lui et ses liens avec le Président.

Sur sa famille et son enfance, nous ne savons pratiquement rien. Des bruits circulent établissant une origine marocaine, une adolescence à Évreux et sa fréquentation de la salle de boxe du champion Jean-Marc Mormeck.

En revanche, nous connaissons son goût pour la police, au sens général du terme. Il est admis dans l’Eure en 2010 comme simple gendarme de réserve. Il sera, notamment, sous l’autorité de Sébastien Lecornu, son chef de peloton lui aussi réserviste et futur secrétaire d’État de l’actuel gouvernement. Une précision : un réserviste opérationnel n’est militaire que lorsqu’il est officiellement convoqué. Il a, alors, les mêmes obligations et les mêmes droits qu’un militaire d’active. Mais la gendarmerie nationale a précisé que, le 1er mai, il n’était pas « activé », ce qui fait du mis en cause un civil. Or, ce civil, brigadier de réserve, alors que notre secrétaire d’État est encore aujourd’hui lieutenant de réserve, s’est vu, lui, bombardé lieutenant-colonel. Pourquoi ? La réponse du « château » est la suivante : travaillant à l’Élysée avec des officiers de police, des commissaires, et des officiers de l’armée, ce chef de cabinet adjoint pouvait difficilement rester brigadier de réserve. Mettons.

Cela pose néanmoins d’autres questions.

Pourquoi Macron a gardé près de lui ce simple garde du corps qui l’avait rejoint pour la campagne moins de deux ans auparavant alors qu’il a droit aux 77 gendarmes et policiers du GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République) qui, eux, sont autrement qualifiés ? Avouez qu’il faut des liens profonds pour en arriver à une telle proximité. Des liens d’autant plus forts que même en le sachant coupable de violences en réunion, usurpation de fonction et port illégal d’insignes, l’Élysée tait l’infraction jusqu’à ce que les vidéos paraissent.

Pourquoi non seulement la Justice n’est pas informée mais, malgré la soi-disant mise à pied de quinze jours, Benalla n’en continue pas moins à assurer la protection du couple présidentiel ?
Pourquoi, au moment où le gouvernement rogne sur le budget de la police, cet individu bénéficie-t-il d’une voiture de fonction avec chauffeur et appareillages lumineux réservés à la police ?
Pourquoi habite-t-il un appartement quai Branly sous les lambris de la République depuis le 9 juillet, soit plus de deux mois après les événements du 1er mai ?

Et pourquoi ce « chargé de sécurité » particulier émargeait-il à 10.000 euros par mois, un salaire princier, plus en tout cas qu’un secrétaire d’État, comme Sébastien Lecornu, par exemple ?

Trois réponses possibles apparaissent avec ce que nous pouvons connaître, nous pauvres mortels, de Jupiter.

Une peur maladive d’être trahi, d’où le besoin de se constituer un clan acquis à sa personne. Après tout, il a vu de près les trahisons subies par ce pauvre M. Hollande…

La constitution d’une police parallèle à sa dévotion dont Benalla et Vincent Crase seraient les éléments moteurs.

Et pourquoi pas la connaissance, par le garde du corps, de secrets concernant Jupiter, obligeant ce dernier à favoriser son affidé pour le rendre muet. L’Histoire fourmille d’exemples.

Espérons que la suite de cette enquête passionnante ne s’enlisera pas et nous permettra d’en savoir plus sur ce mystère.

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/affaire-benalla-zones-dombre-sur-lelysee/?mc_cid=dc306a29ca&mc_eid=c2875309d7


La République inénarrable d’Emmanuel Macron et Alexandre Benalla

...par le Col. Georges Michel - le 21/07/2018

 

L’on a du mal, désormais, à suivre l’avalanche d’informations concernant l’affaire Benalla. Des révélations par la presse «mainstream» dont le dixième aurait fait sauter plusieurs ministres dans n’importe quelle démocratie – et pas forcément une république ! – qui ne se pousse pas du col pour donner des leçons à l’univers tout entier, comme savent si bien le faire nos donneurs de leçons professionnels.

En fait de « République inaltérable », pour reprendre l’expression d’Emmanuel Macron, nous donnons au monde l’image d’une République inénarrable !

Cette affaire, à bien y regarder, n’est pas une péripétie de la saga macronienne. Elle est, au contraire, révélatrice de ce qu’est la quintessence du macronisme. Souvenons-nous de ce que disait Emmanuel Macron à la jeunesse indienne en mars dernier : “You see? One last advice: never respect the rules.” (« Vous voyez ? Un dernier conseil : ne respectez jamais les règles. ») Certes, on peut faire dire n’importe quoi à un propos enlevé de son contexte, mais tout de même. Ne jamais respecter les règles : on va en parler à Édouard Philippe avec son 80 km/h !

Avec Emmanuel Macron, nous sommes donc servis plus qu’à notre tour pour ce qui est de ne pas respecter les règles.

Les règles ? Il y a les règles non écrites, celles que l’on pourrait appeler les convenances – et tant pis si ça fait bourgeois ! En clair, et pour faire court, Emmanuel Macron s’en moque.

On ne réprimande pas un haut responsable devant ses subordonnés et, accessoirement, devant les caméras et des délégations étrangères. Emmanuel Macron s’en fout et traite le général de Villiers comme on sait.

On n’humilie pas un ancien ministre, quoi que l’on pense de l’efficacité de sa politique, en lui commandant un rapport, puis en le lui jetant à la figure en disant, en gros, que son truc, c’était de la daube. Emmanuel Macron s’en fout et renvoie Jean-Louis Borloo comme un domestique.

On ne transforme pas la cour du palais de l’Élysée en boîte de nuit. Emmanuel Macron s’en fout. Il est chez lui.

On ne ridiculise pas la France, toujours devant les caméras – cette fois-ci, celles du monde entier –, en s’excitant comme un simple supporter dans la tribune officielle. Emmanuel Macron s’en fout, il se fait plaiz. La France perdait, qu’aurait-il fait : il arrachait sa chemise, se griffait le visage, cassait à coups de batte de baseball la limousine de Poutine ?

Il n’y a pas de règles pour Emmanuel Macron. On fabrique un lieutenant-colonel de 26 ans qui n’avait pas dépassé le grade de brigadier. Un lieutenant-colonel qui n’est même pas d’opérette : l’opérette, au moins, c’est sympathique ! Je pense à tous ces officiers qui ont blanchi sous le harnois après avoir franchi un à un les grades, comme l’avait voulu Bonaparte.

On ne fabrique pas un sous-préfet de 26 ans dont on serait très curieux de connaître les diplômes et les connaissances en administration publique ; car tel était, nous dit-on, le projet envisagé à l’auberge du bon plaisir, sise rue du Faubourg-Saint-Honoré. Qui sait, on a peut-être échappé à la Légion d’honneur. Le ruban rouge au feu… de l’action.

Il n’y a pas de règles pour Emmanuel Macron. La République prévoit des agents de l’État, gendarmes et policiers, pour assurer la sécurité, la garde du corps du Président. Mais on fait appel à un agent privé. La fonction publique, ça aussi, c’est un truc dépassé, des règles, des freins, de la rigidité. Les fonctionnaires ont du souci à se faire… On ira au mieux-offrant, au moins-disant, comme on dit dans les affaires. Tiens, d’ailleurs, Benalla, pour l’instant, il est plutôt non-disant…

Les règles, c’est des limites, des bornes, des frontières. Pas de ça, dans la République inénarrable. Il n’y a pas de frontières, dans le monde d’Emmanuel Macron.

 

Source : http://www.bvoltaire.fr/la-republique-inenarrable-demmanuel-macron-et-alexandre-benalla/?mc_cid=dc306a29ca&mc_eid=c2875309d7

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