MENSONGES D'ÉTAT

1) Géopolitique-Yémen

...par le Gal. Dominique Delawarde - le 30/04/2019.

 

Bonjour à tous,

 

 

Dans la série "mensonges d’état". je vous adresse le numéro 1 sur 2, dévoilé ces jours derniers. 

 

C'est celui, déjà connu, qui concerne l'utilisation des armes françaises au Yémen.

 

Mais qui donc est à l'origine de la fuite de documents classifiés ?

 

Bonne lecture.

DD


Mensonges de l'exécutif français sur l'emploi des armes françaises au Yemen?

Le 24/04/2019.

 

De nombreux lecteurs ont sans doute déjà entendu parlé de cette affaire. Ce papier a donc

un double but : Informer ceux qui ne l'était pas encore et apporter des éléments de réflexion sur

l'origine de la fuite d'un document classifié, sur la pratique discutable des mensonges d'état et sur

leurs conséquences parfois désastreuses. Les liens qui vous sont adressés vous permettront de

prendre conscience, par vous même, de l'ampleur de ce fiasco.

 

Alors que nos ministres des affaires étrangères et de la défense ne cessent de clamer, devant

la représentation nationale et devant les journalistes, que les armes françaises vendues aux

saoudiens et aux émiratis n'ont qu'une vocation défensive et n'ont jamais été utilisées pour agresser le Yemen et provoquer la mort de ses ressortissants, un rapport classifié "Confidentiel Défense-Spécial France" semble bien dire le contraire pour certaines de ces armes. Ce document, établi par la Direction du Renseignement Militaire (DRM), a été présenté au président et aux deux ministres concernés le 3 octobre 2018 à un conseil de défense restreint consacré au Yemen. Ces personnages ne peuvent donc pas prétendre en ignorer le contenu, à moins qu'ils aient dormi pendant la présentation du rapport, ce qui n'est pas exclu ....

 

Voir les deux liens suivants :

 

1 - pour les détails de l'enquête :

https://made-in-france.disclose.ngo/fr/chapter/yemen-papers

 

2- pour la liste et la cartographie de l'emploi au Yemen des armes de la coalition occidentale (US,

UK, FR) , et la copie du rapport classifié :

https://fr.calameo.com/read/005893118a67c18db94fe?page=1

 

Un résumé de cette enquête a été repris par de nombreux médias institutionnels et de très

nombreux sites de ré-information français et étrangers. Il suffit de taper sur Google: «Yemen

mensonge d'état» et vous trouverez plusieurs douzaine de liens vers tous ces médias.

 

La mise au jour de cette affaire de fuite qui a fait l'objet d'une plainte du ministère de la

défense et d'une enquête, toujours en cours, incite à se poser deux questions.

 

1ère question : Quid de la crédibilité de la parole de nos ministres tant en France que sur la scène

internationale lorsque deux d'entre eux, et non des moindres, se font prendre, comme des gamins, les doigts dans le pot de confiture ? A chacun de se faire son idée. L'agence russe sputnik a beau jeu de dénoncer les mensonges de Paris, en se fondant sur des sources françaises......

https://fr.sputniknews.com/france/201904151040748126-france-armes-utilisees-yemen-enquete-defense/

 

2ème question : Qui a donné ce document classifié «Confidentiel Défense - Spécial France» aux

journalistes d'investigation et pourquoi?

 

Un lanceur d'alerte français ayant eu à traiter du dossier au sein de la DRM et qui aurait été

choqué par les mensonges répétés de nos politiques et leurs conséquences meurtrières sur le

terrain ? Possible mais peu probable. Les personnels en charge du dossier sont évidemment les

premiers soupçonnés lors d'une enquête et la prison est au bout du chemin.

 

Une imprudence dans la transmission de ce dossier qui aurait pu transiter entre deux

correspondants par des voies non sécurisées (internet par exemple) ou séjourner sur un ordinateur personnel insuffisamment sécurisé ? Hypothèse parfaitement envisageable. Après tout, Hillary Clinton, Secrétaire d’État US à l'époque, a bien été victime de hackers qui ont récupéré quelques 2 500 mails et documents classifiés sur son ordinateur personnel et nous savons, depuis les révélations de Snowden, que nos dirigeants sont particulièrement «écoutés» et leurs échanges de toute nature «surveillés» par les puissances étrangères qui en ont les capacités technologiques. Nous savons aussi que ces autorités «pressées» ne prennent pas toujours les précautions nécessaires à la protection des documents parce qu'elles n'ont jamais eu de véritable formation pour le faire systématiquement.

 

Une taupe, civile ou militaire, ayant assisté au conseil de défense sur le Yemen, qui voudrait

rétablir la vérité ou plus simplement porter atteinte à tel ou tel membre de l'exécutif ? En politique,

tout est possible et les fuites sont monnaie courante au plus haut niveau de l'état......

 

A chacun de se faire sa propre idée sur l'origine de cette fuite. Peut être en saurons nous plus

après l'audition, le 14 mai, prochain des trois journalistes impliqués dans la divulgation du

document.

http://www.45enord.ca/2019/04/trois-journalistes-francais-vises-pour-atteintes-secret-defense-nationale/

 

Cette affaire devrait apporter deux leçons à certains d'entre nous.

 

1 – A ceux qui crient au complotisme à chaque fois que la parole de l'état et de l'exécutif est mise en doute, il y a là, j'espère, matière à nuancer leurs jugements, hélas toujours bien péremptoires ......

2 – A ceux qui ne savaient pas ce qu'est un document classifié DRM, il y a là un bel exemple de

rapport de ce type, dont le contenu, précis et circonstancié, n'a rien à voir avec les vrais «faux

documents» plutôt vagues et fumeux présentés par notre exécutif en septembre 2013 et avril 2017 comme «preuve ???» de l'implication de l'armée syrienne dans des attaques au gaz, à seule fin de justifier des frappes illégales. Les ministres imitateurs français de Colin Powell et sa poudre de perlin pimpin et les communicants des ministères de la défense et des affaires étrangères ont beaucoup de progrès à faire avant de pouvoir concocter de «vrais-faux rapports de renseignement» ayant un semblant de crédibilité.....

 

Dominique DELAWARDE


2) Géopolitique-Témoignage sur le dernier plus gros mensonge de la fin du XXème siècle

...par le Gal. Dominique Delawarde - le 04/05/2019.

 

Bonjour à tous, 

Pour faire suite à un article de Serge Halimi et Pierre Rimbert publié il y quelques jours dans le journal "Le Monde Diplomatique", sous le titre "Le plus gros bobard de la fin du XXème siècle", j'apporte dans le texte qui suit mon témoignage personnel sur le même sujet. 

Le hasard des affectations a fait que j'étais fort bien placé pour suivre l'affaire traitée par les deux journalistes dans leur article. Mon témoignage complète leurs propos et conforte leurs conclusions.

Serge Halimi est directeur du Monde Diplomatique depuis 2008.

Bonne lecture.

DD

PS: vous pouvez rediffuser mon papier à votre convenance. 


Témoignage sur le dernier plus gros mensonge géopolitique de la fin du XXème siècle

 

2 Mai 2019 : Général (2S) Dominique Delawarde

 

Il y a quelques jours, Serge Halimi et Pierre Rimbert deux journalistes reconnus ont co-signé

dans le Monde diplomatique un excellent article. Rappelons au passage que Serge Halimi est directeur du «Monde diplomatique» depuis 2008. Cet article a été repris par plusieurs sites de ré-information mais aurait mérité une diffusion beaucoup plus large. Son titre ? « Le plus gros bobard de la fin du XXe siècle». Le lien où le lecteur intéressé pourra trouver l'original de l'article ?

 

https://www.monde-diplomatique.fr/2019/04/HALIMI/59723

 

Cet article nous décrit avec précision les principaux «bobards médiatiques» qui ont façonné les

opinions occidentales pour les aligner sur celles des politiques et des états-majors et nourrir une guerre de 78 jours au Kosovo. «Pour ce qui fut sa première guerre depuis sa naissance en 1949, l’OTAN choisit d’attaquer un État qui n’avait menacé aucun de ses membres. Elle prétexta un motif humanitaire et agit sans mandat des Nations unies » (déjà....).

 

Au poste d'observation qui était le mien à l'époque, ayant vécu «l'avant, le pendant et l'après-

campagne» de bombardement au poste de chef «situation-renseignement-guerre électronique» de l’État-major Interarmées de planification opérationnelle, et ayant été impliqué en première ligne de cet état major dans cette triste affaire, je ne peux que confirmer, sans la moindre hésitation, que le Kosovo a bien été le plus grand mensonge de la fin du XXème siècle. Je vais donc rajouter quelques éléments à la liste des média-mensonges évoqués dans l'article du Monde diplomatique, mensonges que j'ai pu suivre au jour le jour, et aux premières loges, de Septembre 1998 à août 2000 (avant, pendant et après l'action) et j'y ajouterai quelques éléments de réflexion sur les conséquences considérables de ces bobards en matière de relations internationales.

 

*

Je me souviens à quel point mes collaborateurs et moi même avons été atterrés tout au long du

conflit de voir ce que l'OTAN infligeait au peuple serbe, un allié de toujours que la France, notre pays, trahissait pour de mauvaises raisons.

 

Je me souviens d'une conversation tenue début Octobre 1998 au PC de l'OTAN, en Belgique,

avec un de mes amis, alors directeur du Joint Operation Center (JOC), cerveau et cœur de l'organisation Atlantique, le colonel US D M'G, que j'avais bien connu dans une affectation précédente aux USA, et qui, sentant que l'on finirait par frapper la Serbie, me disait que « nous allions faire une connerie » pour trois raisons :

1 - Il n'y avait pas matière à agresser la Serbie. Selon les renseignements de l'OTAN, Milosevic traitait «avec modération et faible intensité», selon ce colonel US, une rébellion d'une infime partie de la population kosovare. Toute agression relèverait donc objectivement de l'ingérence dans les affaires d'un état souverain.

 

2 - Les serbes ne cesseraient pas de résister en trois jours et il faudrait peut être plusieurs mois pour obtenir un cessez le feu. (Il a fallu 78 jours).

 

3 - S'il fallait engager des troupes au sol, les combats seraient longs, compliqués et meurtriers pour nous, compte tenu du terrain très difficile et des forces morales incontestables du peuple serbe, mises en évidence lors de la 2ème guerre mondiale.

 

Je me souviens de la réponse très claire et précise de ce colonel US à ma question: «si nous

savons que c'est une connerie, pourquoi donc allons nous finir par la faire ?».

 

Il s'agissait, selon lui et sans rentrer ici dans les détails qu'il m'a donné, de détourner l'attention

médiatique d'une affaire de politique intérieure qui écrasait alors tous les autres sujets d'actualité aux USA. Il fallait donner un «nouvel os à ronger» aux médias US pour qu'ils acceptent de lâcher celui qu'il tenait et qui menaçait la Présidence. La réponse était évidemment stupéfiante, mais la suite a prouvé que cette opération a parfaitement fonctionné.

 

La position de ce colonel US au sommet de la hiérarchie de l'OTAN (directeur du JOC), véritable

bras droit du général US Westley Clark, le commandant en chef, donnait à son propos une grande

crédibilité à mes yeux. Il me présentait l'affaire kosovare comme une opération de «diversion»..... Lui même semblait d'ailleurs très irrité de cette situation, ce qui pouvait expliquer son manque de réserve sur le sujet et son «élan de franchise».

 

Il est vrai que l'histoire a montré, peu de temps après, que le président US de l'époque savait

parfaitement utiliser la diversion pour se sortir de situation difficile. En effet, cette technique a été utilisée avec succès par Bill Clinton le 16 décembre 1998 à la veille de l’examen de sa destitution par la chambre des représentants pour ses mensonges dans l’affaire Lewinsky. Il a déclenché ce jour là des frappes sur l’Irak (Opération Desert Fox) au prétexte, encore mensonger, d'un programme irakien de développement d'armes de destruction massives...... 415 missiles Tomahawks ont été tirés faisant de 600 à 2000 tués en 3 jours. L’attention des médias a été détournée de l’affaire Lewinsky, .....qui a été donc été «oubliée».

Bien sûr, les Irakiens en ont payé le prix......

 

Pour en revenir à l'affaire du Kosovo, je me souviens aussi des rapports que le colonel français

responsable du contingent français des observateurs de la KVM (Kosovo Verification Mission, entre octobre 98 et mars 99) adressait à l'état-major. Ce colonel nous disait « ne pas comprendre ce que voulaient ses collègues anglo-saxons (US et UK) qui semblaient provoquer quotidiennement les Serbes pour les pousser à la faute et pouvoir ainsi justifier l'ingérence».

 

Selon ces rapports du colonel français, il n'y avait pas non plus matière à frapper.

 

Je me souviens des comptes-rendus des officiers français de l'opération des Nations Unies

«Alba», qui, à la frontière Kosovo-Albanie, interrogeaient les réfugiés kosovars dont les maisons avaient été brûlées. Selon ces rapports, adressés au centre des opérations de l'ONU et dont on recevait copie, à la question : Sont ce les forces serbes de Milosevic qui brûlent vos maisons ? La réponse était le plus

souvent: «Non, c'est l'UCK ( la résistance kosovare de Hashim Thaci)». Notons au passage que l'ONU n'ignorait donc pas ce qui se jouait vraiment au Kosovo.

 

Ce que nous comprenions alors, c'est qu' Hashim Thaci, à l'imitation de ce qui s'était passé à

plusieurs reprises en Bosnie, cherchait à susciter une intervention de l'OTAN, en provoquant l'exode de ses propres frères et en brûlant quelques maisons sous les lumières des caméras occidentales, pour se rallier l'opinion de la "communauté internationale". Toutes ces exactions étaient, bien sûr, imputées à ...Milosevic....

 

Je me souviens aussi du «vrai-faux massacre de Racak» de Janvier 1999 qui a permis à l'OTAN

de justifier son ingérence largement préméditée. Tous les détails de ce «montage» ont été révélés depuis grâce au témoignage du Dr Helena Ranta, responsable finlandaise de l’équipe d’enquêteurs internationaux sur le terrain. De nombreux médias mainstream ont repris ses déclarations, mais hélas bien trop longtemps après les faits. L'OTAN avait joué sa partie mensongère et gagné sur le terrain bien avant que les médias honnêtes de l'époque ne rendent compte de la supercherie. Sur cette affaire qui ressemble, à de nombreux égards, au super-mensonge médiatique avéré de Timisoara, relire l'article d'octobre 2003 du Berliner Zeitung, repris par le journal français «Courrier international» :

 

https://www.courrierinternational.com/article/2001/01/25/le-vrai-faux-massacre-qui-a-declenche-la-guerre-du-kosovo

 

et relire surtout l'article plus fouillé et plus argumenté de Roland Magnin en 2009 sur le lien suivant :

https://www.investigaction.net/fr/Le-massacre-serbe-de-Racak-n-a/

 

Pour les jeunes lecteurs (moins de 40 ans) qui ne sauraient peut être pas encore comment on

fabrique de faux «massacres médiatiques», taper les deux mots "massacre" et "Timisoara" et découvrez les innombrables liens sur l'autre «super bobard» médiatique occidental de la fin du XXème siècle. On comprend pourquoi, sur de tels sujets, les «décodeurs du monde» dont le travail «militant» consiste à couvrir les mensonges de leur maison mère en tentant de décrédibiliser la publication de vérités qui les dérangent, se fassent extrêmement discrets et préfèrent de regarder ailleurs...... c'est du moins ce que disent, en substance, Serge Halimi et Pierre Rimbert dans leur conclusion: «on comprend sans peine que les journalistes les plus obsédés par la question des fake news préfèrent eux aussi regarder ailleurs».

 

Je me souviens enfin des faux comptes rendus quasi quotidiens à la presse de Mr Jamie Shea,

porte parole (UK) de l'OTAN, que nous avions affublé du surnom de "Super menteur". Il laissait entendre que nous bombardions des objectifs militaires, toujours avec succès, ce qui était loin d'être exact. En fait, les avions de l'OTAN ont effectué une moyenne de 500 sorties/jour pendant 78 jours. Ils bombardaient principalement l'infrastructure civile, avec une assez faible précision d'ailleurs, ce qui aurait été très difficile à «vendre» à l'opinion occidentale. Il fallait donc mentir et inventer la fausse et belle histoire d'un affrontement entre Forces Armées excluant ou minimisant tout impact sur les populations civiles et en présentant des bilans flatteurs, mais faux.

 

Au 78ème et dernier jour du bombardement, Mr Jamie Shea déclarait 800 matériels majeurs

détruits (ce qui constituait, pour les initiés, l'ensemble du parc de matériels majeurs serbes engagés au Kosovo). Les comptages précis effectués au moment du retrait des forces serbes ont montré que seuls 30 matériels majeurs serbes n'étaient pas en état de marche (en panne, ou détruits). En d'autres termes, le contingent Serbe engagé au Kosovo était à 96% intact après 78 jours de bombardement. Le moral du contingent serbe était toujours bon. Lorsqu'au fil du conflit, je soulignais, en interne, les incohérences des déclarations de Jamie Shea, on me faisait comprendre que l'OTAN ne pouvait parler que d'une seule voix et que cette voix était celle de son porte parole anglo-saxon Jamie Shea.

 

Ce qui a provoqué la reddition serbe, c'est donc bien la destruction de l'infrastructure civile et

non une défaite militaire armée contre armée. C'est hélas la méthode otanienne, parfaitement

appliquée en Syrie, et dénoncée par le colonel François Régis LEGRIER dans son article La bataille d'Hajin : victoire tactique, défaite stratégique ?

https://www.asafrance.fr/images/legrier_fran%C3%A7ois-regis_la-bataille-d-hajin.pdf

 

A tout ce qui précède, on peut rajouter les commentaires du colonel, envoyé comme observateur

aux négociations de Rambouillet et qui, revenant périodiquement à l’État major, parlait de nos diplomates en les qualifiant de «fous furieux bellicistes», cherchant à imposer des conditions inacceptables pour obtenir un refus de la partie serbe et donc la justification d'une ingérence.

 

Certains pourraient me reprocher un témoignage bien tardif sur ce sujet important.

Il y a plusieurs raisons à cela :

 

La première est qu'un tel témoignage n'est utile que s'il a des chances d'être entendu et non réduit à néant en un instant par le fracas orchestré des médias mainstream. Serge Halimi et Pierre Rimbert, en publiant un article difficilement attaquable, compte tenu de leur notoriété de journalistes main-stream du «Monde Diplomatique», me donnent l'opportunité de joindre ma modeste voix à la leur et de compléter leurs propos.

 

Les récidives constatées en matière de mensonges ou de montages de la coalition occidentale avec la complicité des médias mainstream depuis l'affaire du Kosovo (Irak, Libye, Syrie, Ukraine, Vénézuela, Skripal...), toujours pour justifier une ingérence intéressée, me paraissent de plus en plus intolérables. Les conséquences de ces ingérences prétendument «humanitaires» sont invariablement désastreuses et meurtrières pour les populations civiles et dans certains cas, pour les intérêts de notre pays (vagues migratoires de réfugiés, actions terroristes de représailles, énorme perte de prestige pour notre pays).

 

Pour contrer cet éternel faux prétexte de «devoir d'ingérence humanitaire» (sans accord de

l'ONU), concept inventé par les occidentaux (USA, UK, FR), pour satisfaire leurs intérêts du moment, il faut en arriver désormais au «devoir de témoignage humanitaire» et dénoncer les mensonges lorsqu'on en a connaissance. Certains l'ont fait beaucoup plus courageusement que moi (Manning, Snowden, Assange) et l'ont payé au prix fort (prison, exil).

 

*

En conclusion, cette affaire du Kosovo a eu d'énormes conséquences sur l'ensemble des relations internationales. La Russie et la Chine, trop faibles à l'époque pour réagir efficacement, mais humiliées (la Chine par le bombardement de son ambassade à Belgrade, la Russie par la défaite d'un allié fidèle et le mépris des occidentaux, agissant sans mandat de l'ONU) ont décidés de s'organiser et surtout de se réarmer. Dès le 15 juin 2001, c'est la création de l'OCS (Organisation de Coopération de Shangaï), avec une coopération économique et militaire visant à assurer la sécurité collective de ses membres. Cette organisation, créée en réaction à l'affaire du Kosovo, s'est élargie et compte aujourd'hui 8 membres dont 4 puissances nucléaires (Russie, Chine, Inde, Pakistan). Elle prône la multi-polarité et la non ingérence dans les affaires d'états souverains. Elle constitue clairement, bien qu'elle s'en défende, une opposition désormais ferme et puissante aux prétentions hégémoniques de la coalition occidentale.

 

En 2008, les BRICS ont été créés à leur tour . Cette organisation vise aussi à promouvoir la

multi-polarité, la réforme de l'ONU pour la rendre plus représentative, et surtout l'évolution de la

gouvernance et des règles du jeu de l'économie mondiale pour les rendre plus justes.

L'équilibre géopolitique du monde bascule aujourd'hui sous nos yeux et cette bascule s'opère au

détriment d'un camp occidental dont l'unité est loin d'être assurée. Un nombre croissant de pays se rallie, jour après jour, au camp OCS-BRICS, à la multi-polarité et à la non ingérence.

 

Toutes ces évolutions sont, à l'évidence, des conséquences directes du «plus gros bobard de la fin du XXème siècle».

 

Merci encore à Serge HALIMI et Pierre RIMBERT d'avoir fait ressurgir une vérité oubliée et

d'avoir rappelé que «Loin d’être des internautes paranoïaques, les principaux désinformateurs (dans l'affaire du Kosovo) furent les gouvernements occidentaux, l’OTAN ainsi que les organes de presse les plus respectés.» (dont le journal «Le Monde» qui prétend s'ériger aujourd'hui en magistère de la vérité......).

 

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Témoignage sur le dernier plus gros mens
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