L’insolite silence de l’Elysée....

...face aux inacceptables « exigences » algériennes

...par Bernard Lugan - Le 22/12/2020.

En parlant de la colonisation comme d’un « crime contre l’humanité », Emmanuel Macron a ouvert une boite de Pandore qu’il ne pourra plus refermer. Déjà, le 15 juillet 2019, Mohand Ouamar Bennelhadj, secrétaire général par intérim de l’ONM (Organisation nationale des moudjahidines, les anciens combattants), avait appelé les députés algériens à voter une loi criminalisant la colonisation française. Maintenant qu’il y a tout à craindre du rapport de la « commission Stora » sur la « mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie » qui devrait remis au début de l’année 2021, voilà déjà les demandes de « réparations » qui s’accumulent. Certaines exigent la remise des archives de l’Algérie française, d’autres formulent des demandes de « dédommagement » s’élevant à 100 milliards de dollars !!!
L’Etat semblant avoir renoncé à défendre l’image de la France et ses intérêts face à ces exigences à la fois surréalistes et insupportables, il ne reste donc que la réaction citoyenne et la mobilisation du « pays réel » à travers les réseaux sociaux. Tel est le but de cette analyse.
Puisque le « Système » algérien veut faire les comptes, nous allons donc lui présenter l’addition de ce que l’Algérie a coûté à la France entre 1830 et 1962…sans parler du coût colossal de l’immigration depuis cette dernière date…
Au mois de juillet 1962, au terme de 132 années de présence, la France avait créé l’Algérie, lui avait donné son nom, l’avait unifiée et lui avait offert un Sahara qu’elle n’avait, et par définition, jamais possédé puisqu’elle n’avait jamais existé auparavant. La France avait drainé ses marécages, avait bonifié ses terres, avait équipé le pays, avait soigné et multiplié par dix ses populations. Elle avait également fait entrer dans la modernité des tribus jusque-là dissociées qui n’avaient jamais eu conscience d’appartenir à un tout commun supérieur.
La France laissait en héritage à l’Algérie indépendante :
- 70.000 km de routes, 
- 4300 km de voies ferrées, 
- 4 ports équipés aux normes internationales, 
- une douzaine d’aérodromes principaux, 
- des centaines d’ouvrages d’art (ponts, tunnels, viaducs, barrages etc.), 
- des milliers de bâtiments administratifs, de mairies, de casernes, de gendarmeries, 
- 31 centrales hydroélectriques ou thermiques,
- une centaine d’industries importantes dans les secteurs de la construction, de la métallurgie, de la cimenterie, 
- des milliers d’écoles, d’instituts de formation, de lycées, d’universités, d’hôpitaux, de maternités, de dispensaires, de centres de santé, etc.
Tout cela avait été créé par la France, pensé et réalisé par des ingénieurs et des architectes français, et payé par les impôts des contribuables français.
En 1959, toutes dépenses confondues, l’Algérie engloutissait à elle seule 20% du budget de l’Etat français, soit davantage que le budget de l’Education nationale ou ceux, additionnés des Travaux publics, des Transports, de la Reconstruction et du Logement, de l’Industrie et du Commerce. 
Et cela, en pure perte car, économiquement, l’Algérie n’avait pas d’intérêt pour la France. Qu’il s’agisse des minerais, du liège, de l’alpha, des vins, des agrumes etc., toutes les productions algériennes avaient en effet des coûts supérieurs à ceux du marché. Ainsi, alors que le vin comptait pour près de 54% de toutes ses exportations agricoles vers la métropole, le prix de l’hectolitre qu’elle vendait à la France était largement supérieur à celui produit en Espagne, ce qui n’empêcha pas la métropole de se fermer au vin espagnol pour s’ouvrir encore davantage au sien… 
En 1930, le prix du quintal de blé était de 93 francs alors que celui proposé par l’Algérie variait entre 120 et 140 f, soit 30 à 50% de plus. 
Quant au pétrole, il avait lui aussi été subventionné par la France. Découverts en 1956, les hydrocarbures du Sahara furent mis en production entre 1957 et 1959, avec une exploitation qui débuta véritablement en 1961, quelques mois donc avant l’indépendance. Or, comme Daniel Lefeuvre l’a clairement montré, l’Etat français fut quasiment contraint d’imposer à des compagnies réticentes de s’investir dans cette production. En effet :
- Le pétrole algérien devait obligatoirement être vendu sur le marché mondial car il était trop léger pour la transformation en fuel dont avait alors besoin l’industrie française.
- A cette époque le marché mondial était saturé. L’URSS bradait ses huiles à bas prix et les gros producteurs du Moyen-Orient limitaient leur production. 
- L’Algérie et la Libye arrivant en même temps sur le marché la chute des cours allait être accélérée, d’autant plus que le pétrole libyen était plus facile à exploiter et à écouler que celui d’Algérie.
- Le brut algérien était cher : 2,08 $ le baril contre 1,80 $ au cours mondial. 
Résultat : là encore, la France a surpayé un pétrole dont elle avait pourtant financé les recherches et la mise en exploitation, phénomène qui se poursuivra d’ailleurs après l’indépendance.
Quant à l’immigration algérienne en France, et là encore, contrairement à tous les poncifs, elle n’a correspondu à aucune nécessité économique, l’absence de qualification et de stabilité de cette main-d’œuvre nécessitant la mise en place de mesures d’adaptation inutilement coûteuses. De plus, contrairement à la vulgate, l’afflux d’Algériens en métropole, dans les années 1950, n’a pas répondu aux besoins en main d’œuvre de l’économie française au cours des années de reconstruction ou des « Trente Glorieuses » puisque, sur 110 000 Algériens recensés en 1950 dans la région parisienne, Daniel Lefeuvre a montré que 50 000 n’avaient pas de moyens d’existence réguliers. De même, en 1957, sur 300 000 Algériens vivant en France le nombre de sans-emploi était de 100 000… 
En Algérie où tout était plus cher qu’en métropole, année après année, la France a comblé la différence. Par comparaison avec une usine métropolitaine, l’ensemble des dépenses, salaires et accessoires était ainsi de 37% plus élevé en Algérie, ce qui faisait qu’une usine qui y était construite n’étant pas rentable, il lui fallait donc, non seulement un marché subventionné par la France, mais en plus un marché protégé… 
Au lieu d’avoir pillé l’Algérie comme l’affirment contre la vérité historique et économique les dirigeants algériens, les culpabilisateurs et les « décoloniaux », la France s’y est au contraire ruinée. 
Par le labeur de ses colons la France avait également permis à l’Algérie d’être alimentairement auto-suffisante. Aujourd’hui elle est le premier importateur africain de biens alimentaires pour un total annuel moyen de 12 à 14 milliards de dollars (Centre national algérien de l'informatique et des statistiques-douanes-CNIS). 
Pour mémoire, en 1961, l’Algérie exporta 600.000 quintaux de grain et 700.000 quintaux de semoule. Aujourd’hui, la moyenne annuelle des importations de ces produits se situe entre 5 et 30 millions de quintaux par an. 
L’Algérie n’exporte plus d’oranges alors qu’avant 1962, les exportations étaient de 200.000 tonnes. Elle n’exporte plus de tomates (elle en exportait 300 000 quintaux avant 1962), de carottes, d’oignons, de petits pois, de haricots verts, de melons, de courgettes etc., toutes productions qui faisaient la richesse de ses maraîchers avant 1962. Avant cette date, les primeurs algériens débarquaient à Marseille par bateaux entiers. Notamment les pommes de terre nouvelles dont les exportations annuelles oscillaient entre 500.000 et un million de quintaux alors qu’au 4e trimestre 2020, rien qu’en semences, et pour la seule France, l’Algérie en a importé 4300 tonnes (Ouest-France 14 décembre 2020). Toujours avant 1962, l’Algérie exportait 100.000 hectolitres d’huile d’olive et 50.000 quintaux d’olives tandis qu’aujourd’hui, la production nationale ne permet même pas de satisfaire la demande locale. La seule facture de lait en poudre et de laitages atteint en moyenne annuelle quasiment 2 milliards de dollars.
Alors que la moitié de la population a moins de 20 ans, le pays est dirigé par des vieillards dont la seule « légitimité » repose sur le mythe de la résistance à la colonisation et sur d’auto-affirmations « résistancialistes » le plus souvent imaginaires. Quant aux nombreuses associations d’ « ayants-droit » auto proclamés acteurs ou héritiers de la « guerre de libération », dont les Moudjahidines ou Les enfants de martyrs, elles bloquent la jeunesse sur des schémas obsolètes qui tournent le dos à la modernité. Avec 6% de toutes les dotations ministérielles, le budget du ministère des Anciens combattants est ainsi supérieur à ceux de l'Agriculture (5%) et de la Justice (2%)…
La cleptocratie d’Etat qui, depuis 1962 a fait main-basse sur l’Algérie indépendante a dilapidé l’héritage laissé par la France avant de détourner des dizaines de milliards de dollars de recettes gazières et pétrolières sans songer à préparer l’avenir. Après avoir ruiné le pays, il ne lui reste donc plus que son habituelle recette : accuser la « France coloniale ». 
Et pourquoi cesserait-elle d’ailleurs de le faire puisque, à Paris, les héritiers des « porteurs de valises » boivent avec tant volupté au calice de la repentance…encouragés en cela par le président de la République lui-même…
Pour en savoir plus, on se reportera à mon livre Algérie l’histoire à l’endroit.
LIRE AUSSI : 

Et donc l’Algérie doit à la France la somme de…


100 milliards pour l’Algérie, et pourquoi pas le double ?

...par Eric de Verdelhan - Le 26/12/2020.

 Source : Riposte Laïque

 

 « En un siècle, à force de bras, les colons ont, d’un marécage infernal, mitonné un paradis lumineux.

Seul l’amour pouvait oser pareil défi… Quarante ans est un temps honnête, ce nous semble, pour reconnaître que ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous, qui sommes ses enfants… ». (Boualem Sansal )

Quand, en février 2017, le candidat Emmanuel Macron a osé qualifier l’œuvre française en Algérie de « crime contre l’humanité », je me doutais bien qu’en se livrant à une repentance racoleuse, il ouvrait la boîte de Pandore, et qu’il donnait du grain à moudre aux revendications et réclamations en tous genres d’une partie de nos anciens colonisés – racialistes, décoloniaux, etc – qui entretiennent  une véritable haine de la France. À l’époque, je lui ai adressé une longue lettre qui a circulé sur Internet, puis j’ai écrit un livre pour dire ce qu’a été réellement la présence française en Algérie (1).

En fait, Macron se comportait en lèche-babouches pour s’attirer les suffrages des Franco-Algériens, en particulier ceux des enfants du jus solis. Égal à lui-même, c’est-à-dire arrogant et méprisant, il se moquait comme d’une guigne de blesser les « pieds-noirs » et les harkis. Répétant à l’envi qu’il appartient à une génération qui ne porte pas « le poids de la colonisation », il aurait pu, il aurait dû, éviter un sujet qui ne peut que creuser davantage le fossé entre les Français et une immigration revancharde qui déteste la France (mais accepte ses aides sociales diverses et variées).

Quelques mois après son élection, Macron rendait visite à la veuve du traître Maurice Audin et, une nouvelle fois, salissait le rôle de l’armée française en Algérie. Puis, histoire de mettre encore un peu de sel sur une plaie à vif, il chargeait Benjamin Stora – « pieds roses » et ancien trotskiste – d’une commission chargée de pacifier les relations franco-algériennes. Brillante idée que cette commission !!!!

L’Algérie « exige de la France qu’elle lui remette la totalité des archives de la période coloniale » a affirmé, lundi 21 décembre, Abdelmadjid Chikhi, directeur des archives algériennes. Ce Chikhi a été chargé par le Président Abselmadjid Tebboune de travailler sur la mémoire de la colonisation en Algérie, de concert avec Benjamin Stora. « Les demandes de la partie algérienne sont claires et ne nécessitent pas de concertations », a-t-il estimé, ajoutant que « la question est immuable car le passé ne saurait être effacé ou oublié ». Ceux qui connaissent l’histoire de l’Algérie française doivent penser – et ils ont raison – qu’on s’oriente  indubitablement  vers des « accords » unilatéraux, comme à Évian en mars 1962.

D’ailleurs le professeur Seddik Larkeche (2) a écrit à Macron que « la France ne pourra pas échapper à son obligation de dédommager l’Algérie pour  les crimes  commis pendant la colonisation… ».

Ce « dédommagement », il l’évalue à 100 milliards d’euros.

Une broutille, une bagatelle ! Pourquoi pas 200 ou 300 milliards ? Au diable l’avarice !   

Et bien, au risque de vous surprendre, je suis d’accord pour ce dédommagement mais, comme un bon accord nécessite des concessions réciproques, j’y mettrais seulement trois conditions :

a)- Le retour en Algérie, aux frais du gouvernement algérien, de TOUS les ressortissants algériens (et franco-algériens) qui vivent chez nous de divers subsides alloués par l’État colonisateur sans travailler. Et le renvoi au pays, avec déchéance de nationalité, des délinquants franco-algériens.

b)- La restitution des sommes indument perçues, au titre de leur retraite, par d’anciens travailleurs algériens retournés au bled et qui auraient entre 103 et… 130 ans. Ils sont plusieurs milliers. Le paiement des hospitalisations, au Val-de-Grâce ou ailleurs, des caciques du FLN venus se faire soigner en France me semblerait également assez normal.

c)- Le remboursement des travaux effectués par la France pour équiper et moderniser l’Algérie.

Pour éviter les comptes d’apothicaire, contentons-nous des dernières années de présence française en Algérie. Un rappel de l’œuvre française n’est pas inutile.

En matière d’éducation : La France a doté l’Algérie de 800 écoles primaires, 25 lycées, 24 collèges, 1 université (5 000 étudiants), et 8 écoles normales. Etablissements servis par 1 500 professeurs.

En matière de santé : Nous avons construit un hôpital de 2 000 lits, deux hôpitaux de 1 000 lits, 112 hôpitaux polyvalents, 14 établissements spécialisés, 9 cliniques privées et un Institut Pasteur. Et nous avons fourni  1 950 médecins civils aidés par 700 médecins militaires, soit un médecin pour 3 700 habitants (3).

En matière d’agriculture : 13 000 000 hectares ont été cultivés, dont 75 % appartenant aux musulmans. 200 000 hectares ont été irrigués par des barrages.      

Le cheptel était de 5 000 000 ovins et 3 000 000 caprins, dont 90 % propriété des musulmans. 3 000 000 d’ânes, bovins et chevaux. 11 000 000 de quintaux annuels de blé produits, 8 000 000 d’orge, 1 000 000 d’avoine,  450 000 hectares  de vignes. (18 000 000 hectolitres de vin). 40 000 hectares de culture maraîchère et fruitière, 20 000 hectares  de tabac, 12 000 hectares de coton, liège et alfa.

Industrie agro-alimentaire : La France a construit des conserveries de poissons, légumes, brasseries, jus de fruits et distilleries (apéritifs). Un institut agricole à Maison-Carrée et cinq autres écoles dans le pays.

Communications terrestres : Nous avons bâti  54 000 km de routes nationales et départementales, 24 000 km de pistes sahariennes.  4 420 km de voies ferrées, plus 747 km de voies étroites.

Le parc ferroviaire était de 77 locomotives diéso-électriques, 25 autorails, 41 locos-tracteurs pour les gares, 91 locomotives à vapeur (pour voies étroites), 31 motrices électriques pour la région de Bône (électrifiée), 500 wagons de voyageurs et 10 000 wagons pour le fret.

Communications maritime : La France a construit 23 ports dont Alger (4 000 000 de tonnes de fret et 450 000 passagers/an), Oran (2 000 000 de tonnes de fret et  250 000 passagers/an), Arzew : port gazier, et Bougie : port pétrolier. Ainsi que de nombreux ports de pêche de Nemours à La Calle.

Communications aériennes : Nous avons construit 3 grands aéroports : Alger, Oran et Constantine. 1 000 000 de voyageurs/an. L’aéroport d’Alger Maison-Blanche était, en 1959, le deuxième aéroport de France. Plus de nombreux petits aérodromes, sans compter les bases militaires créées à partir de 1955 (Boufarik, ou Aïn-Arnat). Une compagnie aérienne, « Air Algérie », créée en 1945. (6 Caravelles en 1960). 53 aéro-clubs et 460 avions privés.

Communications téléphoniques, radio/TV : La France a posé 6 câbles sous-marins, et 2 câbles souterrains au Sahara. 4 voies radioélectriques, 1 faisceau hertzien (et 4 au Sahara). Outre les stations radio existant depuis les années 1920, nous avons créé une station TV à Cap-Matifou en 1954, avec des relais dans toute l’Algérie. 15 centraux téléphoniques, 120 000 postes téléphoniques. 818 bureaux de poste (recette principale, annexe ou agence). Ainsi que 600 agences ou annexes postales dans le bled.

Activités minières : Exploitation de mines de plomb et de zinc dans l’Ouarsenis, à Sidi-Kamber au nord de Constantine. De marbre à Filfila dans le Constantinois et Le Chenoua dans l’Algérois. Mines de fer à El-Hallia (Constantinois), Zaccar (Algérois), Ouenza au sud de Bône. Mine de houille à Kenadza près de Colomb-Béchar. Mines de phosphate de chaux à Tébessa et Sétif (Constantinois). Plus trois usines de production chimique à Bône, Maison-Carrée et La Sénia.

Métallurgie : Nous avons laissé environ 3 000 établissements, dont beaucoup de petits ateliers qui employaient  en gros 25 000 salariés. Quelques usines spécialisées, telles que : l’acier laminé à La Sénia, tréfilerie de cuivre-alu à Alger. Construction de bâtiments à ossature métallique à Constantine (Ets Duplan). Articles ménagers alu à Bône. Emballages de fer blanc et fûts au Gué de Constantine à Alger. Wagons de chemin de fer à Bône. Électrodes de soudure, « Air Liquide » à Alger. Fabrication de pylônes électriques à Maison-Carrée et Rouïba. Assemblage de camions Berliet à Rouïba. Aciérie à Bône, achevée en 1961.

Bâtiment : trois cimenteries à Pointe Pescade et Rivet (Algérois) et St-Lucien-La Cado (Oranie). Et une cinquantaine de briqueteries-tuileries.

Habitat urbain et rural : Dans les années 50, l’office HBM (Habitations à bon marché) a construit des logements à Bab-El-Oued, Le Ruisseau, Le Clos Salembier, Diar-es-Saâda et Mahcoul. De grandes cités nouvelles ont vu le jour à Oran, Constantine, Philippeville, Bône, Sétif, Bougie, Blida, Tlemcen, Mostaganem et Bel-Abbés. À la veille de l’indépendance, le pays possédait  274 stades, dont 5 à Oran. Entre 1959 et 1962, il s’est construit 50 à 60 000 logements urbains et 80 à 90 000 logements ruraux par an.

Énergie : Au départ de la France, il y avait 11 compagnies d’électricité en Algérie. L’ensemble a été  nationalisé, sous le sigle EGA, en 1947. En 1950, on comptait 25 centrales thermiques, dont 6 grosses installées sur les quais d’Oran, Alger et Bône, 27 barrages hydro-électriques, petits, moyens et gros, certains étaient polyvalents (irrigations des terres et alimentation d’eau des villes et villages). 21 800 km de lignes à haute tension (150 et 60 KVA), 250 000 000 de KWh produits en 1940, 1 000 000 000  en 1961.

Mais le plus beau fleuron, la plus belle réussite de l’Algérie française reste la découverte et la mise en valeur des hydrocarbures au Sahara par les ingénieurs de la « Société Nationale de Recherche Pétrolière en Algérie », (en partenariat avec « Total »)dans les années 50. En 1959, la production de pétrole était de 1 200 000 tonnes et 9 000.000 en 1962.  En 1972, lorsque les compagnies pétrolières françaises quitteront le Sahara, il y a 250 puits de pétrole forés.

Elles ont construit le premier pipe-line Hassi-Messaoud-Bougie, trouvé du gaz naturel à Hassi R’mel, construit un gazoduc Hassi R’mel-Arzew, une raffinerie à Hassi-Messaoud puis à Alger, enfin, une usine de liquéfaction de gaz à Arzew…

Pardon pour cette longue et fastidieuse liste mais elle me semblait nécessaire.

En 1961, il y avait 236 000 soldats musulmans dans l’armée française en Algérie pour lutter contre le FLN. L’armée de Boumediene qui entrait en Algérie en 1962 n’avait que 50 000 hommes… Ce sont ces hommes, ces barbares, qui ont ensuite égorgé 120 000 harkis et leurs familles, et environ 5 000 Européens, avec la complicité du gouvernement français. Ces crimes atroces ont été commis après le cessez-le-feu du 19 mars 1962, en violation des accords d’Évian garantissant la sécurité de tous. Ce n’étaient donc pas des « crimes de guerre » mais des « crimes contre l’humanité » commis dans la lâche indifférence de l’opinion publique française ; indifférence  orchestrée par le pouvoir gaulliste allié au FLN.

J’invite les gens qui nous accusent de tous les maux et osent exiger un « dédommagement » à méditer les propos tenus par des musulmans favorables à l’indépendance de l’Algérie. Citons, par exemple, l’écrivain algérien Boualem Sansal  qui a écrit: « Trente ans après l’indépendance, nous voilà ruinés, avec plus de nostalgiques que le pays comptait d’habitants et plus de Rapetoux qu’il n’abritait de colons. Beaucoup d’Algériens regrettent le départ des « pieds- noirs ». S’ils étaient restés, nous aurions peut-être évité cette tragédie…».  Avis partagé par la journaliste algérienne Malika Boussouf qui écrit: « Si les « pieds- noirs » n’étaient pas partis en masse, l’Algérie ne serait peut-être pas dans l’état désastreux dans lequel elle se trouve. »  On peut aussi citer Ferhat Abbas, président de la République algérienne,  qui reconnaissait : « La France n’a pas colonisé l’Algérie, ELLE L’A FONDÉE.»  Donnons la parole à Bachir Ben Yamed, directeur de l’hebdomadaire  « jeune Afrique » : « À son indépendance, nul pays extérieur au monde occidental, Japon et Afrique du Sud exceptés, ne disposait d’une infrastructure aussi développée que celle de l’Algérie… ».

                Jugement identique chez Ferhat Abbas, encore lui, quand il déclare : « l’œuvre  de la France est admirable ! Si la France était restée vingt ans de plus elle aurait fait de l’Algérie l’équivalent d’un pays européen. » Il devait ajouter sur le tard : « La France a commis un crime : elle a livré le peuple algérien aux tueurs et aux assassins. » C’est aussi l’écrivain Belkacem Ibazizen qui déclare : « la scolarisation française en Algérie a fait faire aux Arabes un bond de mille ans. ». Et Abderramane Fares de surenchérir : « S’il est, en Algérie,  un domaine où l’effort de la France ne se discute pas, c’est bien celui de l’enseignement. On doit dire que l’école a été un succès… Les vieux maîtres, les premiers instituteurs, ont apporté toute leur foi pédagogique, et leur influence a été extrêmement heureuse. »

Terminons avec une citation d’Hocine Aït Hamed, l’un des chefs historiques du FLN :

« Chasser les « pieds-noirs » a été plus qu’un crime, une faute, car notre chère patrie a perdu son identité sociale… N’oublions pas que les religions, les cultures juives et chrétiennes se trouvaient en Afrique bien avant les Arabo-musulmans, eux aussi colonisateurs, aujourd’hui hégémonistes. Avec les « pieds-noirs » et leur dynamisme, l’Algérie serait aujourd’hui une grande puissance africaine, méditerranéenne, hélas !  Je reconnais que nous avons commis des erreurs politiques stratégiques. Il y a eu envers les « pieds-noirs » des fautes inadmissibles, des crimes de guerre envers des civils innocents et dont l’Algérie devra répondre au même titre que la Turquie envers les Arméniens. »

Boualem Sansal parle de « tragédie », Bacir Ben Yamed  et Aït Hamed de « faute » et de « crime ».  Est-il besoin d’en rajouter ? La France a TOUT donné à l’Algérie. Ce pays a connu un essor considérable, rendant riche et fertile une terre inculte. Mais je veux bien, après tout, pour faire plaisir à Emmanuel Macron, Benjamin Stora, Abdelmadjid Chikhi et Seddik Larkeche, que la France se sente redevable de 100 milliards d’euros à l’Algérie, mais, même en chiffrant à minima les ouvrages énumérés plus haut, l’Algérie nous devrait, au bas mot, un billiard – soit 1 million de milliards – d’ euros.

Alors oui, apurons nos dettes réciproques, chiche !

Éric de Verdelhan

1)- « Hommage à NOTRE Algérie française ». Dualpha éditions ; 2019.

2)- Lequel, si j’ai bien compris, vit et  enseigne en France.

3)- Source : année 1959

LIRE AUSSI : 

 - L’indemnisation des biens perdus des rapatriés d’Algérie : Politique de retour ou innovation post-coloniale ?

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